Vienne, le 80 Mai 1894
Commutateur automatique NISSL
1885 Les lignes téléphoniques ne sont
généralement utilisées de cette époque que
dans une mesure incomplète.
Comme chaque poste doit être relié à la station
centrale par une ligne spéciale et souvent assez longue dont
on ne fait ordinairement usage que pour un court instant, les frais
d'établissement des lignes et d'installation des appareils et
commutateurs ainsi que les dépenses d'exploitation sont par ce
fait considérablement élevées.
On ne pourrait remédier à ces mauvaises conditions économiques
par l'emploi de compteurs de conversations, car il aurait seulement
pour effet d'augmenter encore plus les frais d'installation sans dispenser
les agents de la station centrale de l'obligation d'établir les
communications, bien que cet établissement pût être
alors un peu moins fréquemment réclamé par les
abonnés.
Il arrive souvent que des postes d'abonnés d'unmême réseau
soient très près les uns des autres ou même installés
dans la même maison, et cependant chacun d'eux est raccordé
par une ligne spéciale à la station centrale commune.
On réaliserait une grande économie si l'on pouvait relier
plusieurs postes d'abonnés à la station centrale par une
ligne commune dont la permutation devrait être naturellement effectuée
automatiquement pour chacun des postes raccordés par cette ligne.
Des appareils plus ou moins ingénieux ont été construits
en vue de la réalisation de ce problème, mais aucun d'entre
eux n'a donné des résultats bien pratiques et satisfaisants.
La plupart portent déjà en eux-mêmes le germe de
la défectuosité de leur fonctionnement.
Les relais polarisés à contacts délicats, les mouvements
à cadran actionnés par l'électricité, et
les mouvements d'horlogerie à marche synchronique ne présentent
aucune garantie d'un service d'une sûreté constante.
Pour l'application de ces appareils on est, d'ailleurs, obligé
de prendre des arrangements spéciaux dans les stations centrales
; le maniement des appareils des postes d'abonnés devient dans
la règle plus compliqué; les abonnés peuvent ainsi
troubler ou entendre les conversations d'autres clients reliés
à la même ligne; tous les systèmes jusqu'ici imaginés
permettent qu'un souscripteur fasse usage de la ligne pour un temps
indéfini, au détriment des autres abonnés et, enfin,
le nombre des raccordements qu'il est possible d'effectuer est très
limité.
L'appareil de M FRANZ NISSL, Ingénieur à Vienne.
dont nous donnons ci-après la description permet d'éviter
tous ces inconvénients.
Quand on en fait usage, la station centrale n'a besoin d'aucune disposition
spéciale et les appareils des abonnés restent tels qu'ils
le sont actuellement.
L'appareil de M. Nissl est protégé en Allemagne par le
brevet impérial n° 75 492 et par un brevet additionnel publié
le 18 Décembre 1898.
Il a aussi été breveté en Autriche-Hongrie, en
France, en Angleterre et en Belgique, et son inventeur est actuellement
en instance pour le faire breveter dans tous les autres Etats civilisés.

La figure 1, indique six postes I à VI raccordés par la
même ligne. Brevet NISSL Nissl, F du 12 Mar. 1895 US535,806
La station centrale est en état d'appeler chacun des postes raccordés
et, vice-versa, chaque abonné peut appeler la station centrale
sans déranger par un signal quelconque les autres postes reliés
à sa ligne. Aucun abonné ne peut troubler ou interrompre
une conversation déjà commencée. Il ne lui est
plus loisible de faire usage de la ligne aussi longtemps que cela lui
convient, le commutateur l'excluant automatiquement du circuit après
un certain temps. Le principe sur lequel ce commutateur automatique
est fondé, est le suivant.
Cet appareil comprend plusieurs disques ou cylindres mis en mouvement
par un moteur d'un genre quelconque et munis de contacts pour la ligne
commune et les abonnés qui y sont reliés, de sorte que
chaque poste soit raccordé successivement et alternativement
à la ligne commune pendant un certain temps.
La station centrale de même que les abonnés peuvent toujours
observer à chaque instant la position de ces contacts, ce qui
permet à la station centrale d'appeler chacun des abonnés,
pendant que son poste est en contact avec la ligne commune, et de leur
côté tous les abonnés peuvent appeler la station
centrale pendant que leur poste est en contact avec la ligne commune.
Il n'y a en outre que l'abonné qui puisse enrayer, à lui
seul ou conjointement avec la station centrale, la marche du rouage
pour un certain temps, par exemple 3 ou 5 minutes, afin de pouvoir rester
dans cet intervalle en communication avec la station centrale et, par
l'intermédiaire de cette dernière, avec un autre abonné
du réseau. Le nombre des postes d'abonnés que l'on peut
relier à un pareil appareil est illimité en principe,
mais dans la pratique il aura une limite suivant l'importance de l'usage
de la ligne. Pendant qu'un abonné est en communication avec la
station centrale, tous ceux qui sont reliés au même commutateur
que lui restent complètement exclus du circuit; ils ne peuvent,
par conséquent, ni troubler ni écouter la conversation.
Pour observer la position des contacts on peut employer soit des signaux
optiques ou acoustiques, soit des signaux de ces deux genres.
La fig. 2 donne un plan schématique de ce système.
Il est établi sous la supposition que quatre abonnés (I
IV) sont reliés au commutateur par des circuitsmétalliques
d'aller et de retour et que la ligne commune est également composée
de deux fils. On pourrait évidemment aussi prendre la terre comme
fil de retour.
Le cylindre W est par conséquent pourvu des contacts c c' pour
la ligne commune et de 4 contactsc c1 c1' c2 c2' c3 c3' c4 c4' pour
chacun des abonnés. On a attribué deux contacts à
chaque ligne, pour assurer l'audition d'une manière plus complète.
Les contacts correspondants c1 c1' , etc., arrivent en même temps
en communication avec les ressorts de contact f1 f1', etc.
Les contacts c1 c 2, c3, c 4 sont en communication électrique
avec les contacts c1' c2' c3' c4' avec c'.
Le cylindre W est en communication avec un rouage mu par un moyen quelconque,
par exemple un poids,des ressorts, etc., et de telle façon qu'il
fait son évolution en un temps donné. S'il fait par exemple
un tour en une minute, tous les abonnés viennent une fois en
contact avec la ligne commune dans ce laps de temps. On pourrait aussi
multiplier ces contacts sur lepérimètre du cylindre, afin
que chaque abonné puisse venir deux ou plusieurs fois en communication
avecla ligne, à chaque évolution du cylindre.
Les contacts du cylindre sont effleurés par les ressorts ff de
la ligne principale et par les ressorts f1 f1', f2 f2' f3 f3' f4 f4'
des lignes conduisant aux appareils des abonnés.
Afin d'être en mesure de connaître toujours la position
du cylindre, on l'a relié à un disque ou tambour T qui
est muni en différents points donnés de saillies ou de
pointes i1 i2, i3 i4 qui font résonner par leur ébranlement
des lames toniques z lesquelles sont au nombre de 4 dans le cas représenté
par le plan schématique. Ces sons produits par ces lames agissent
sur un microphone M communiquant avec la pile B et la bobine d'induction
et respectivement avec J. Ils pourraient être aussi produits par
un autre moyen quelconque et peut-être même à l'aide
d'un cylindre de phonographe. Ils sont différents pour chaque
position et on les entend aussi bien dans les téléphones
des abonnés que dans celui de la station centrale.
Pour faciliter aux abonnés le moyen de s'assurer si la ligne
est libre on amène, en se servant pour le retour de la ligne
allant au cylindre, une ligne spéciale entre chaque poste et
le commutateur, ou circulairement d'un poste à l'autre.
Cette ligne passant par la bobine d'induction J t et par les récepteurs
t1' t2' t3" t4' des quatre abonnés, toutes les vibrations
microphoniques, c'est-à-dire non seulement les sons, mais le
bruit du rouage, du pendule, etc., sont transmises par son intermédiaire
à l'appareil de l'abonné écoutant. Celui-ci sait
alors de suite si le cylindre est en mouvement ou non, et partant, si
la ligne est libre ou occupée
Pour cette audition, il convient de faire usage du téléphone
suspendu à la fourchette fixe, parce que l'autre appareil acoustique
arrête le levier automatique du commutateur dans la position pour
la transmission de signaux.
Si l'on voulait renoncer à fournir aux abonnés la facilité
de s'assurer immédiatement si la ligne est libre, on pourrait
supprimer la ligne d'audition spéciale ainsi que la bobine d'induction
J t , de sorte que chaque poste d'abonné n'aurait besoin que
d'une seule ligne et de la terre, pour l'aller et le retour. Dans ce
cas, l'abonné ne s'aperçoit du mouvement du rouage que
lorsque son contact entre en fonction, et il n'entend que le signal
qui lui est destiné.
Il nous reste maintenant encore à expliquer comment on arrête
temporairement le rouage et le cylindre.
Dans le cas supposé par le plan schématique ici représenté,
Il emploie à cet effet une méthode semblable à
celle qui est appliquée depuis nombre d'années pour les
appareils à signaux électriques des chemins de fer. On
installe sur la ligne commune un électro-aimant qui, en excitant
une armature, fait mouvoir par son intermédiaire une fourchette
g et décroche un bras de levier H. On peut naturellement employer
cet arrangement pour les courants de pile de même direction aussi
bien que pour les courants alternatifs pour lesquels le plan schématique
est disposé et qu'il est utile d'employer pour empêcher
que le rouage du commutateur ne vienne à être arrêté
par l'électricité atmosphérique. La fourchette
est munie d'un certain nombre de palettes disposées en degrés,
ainsi qu'on le fait généralement, et le levier ne peut
donc entrer dans la fourchette qu'à la suite de plusieurs émissions
de courants dirigés en sens contraires. Le levier à deux
bras H entre dans une roue à rochet S reliée au rouage
qui meut le cylindre W et le rouage W est ainsi momentanément
arrêté. Ce mode d'arrêt du rouage du commutateur
n'a été choisi ici que pour la facilité de la
représentation schématique. Dans l'exécution pratique
du système, un levier vient se placer devant le pendule mis en
mouvement par l'armature du rouage ; on peut d'ailleurs encore obtenir
cet arrêt par d'autres moyens.
Maintenant, il faut que le levier H soit relevé après
l'écoulement du terme fixé pour la conversation, soit
après 3 ou 5 minutes, et que le rouage et le cylindre soient
ainsi de nouveau remis en liberté. Le moyen le plus facile pour
opérer ce relèvement consiste dans l'emploi d'un second
rouage qui se met en évolution au moment de la chute du levier
H et qui s'arrête de lui-même au moment fixé pour
la clôture de la conversation dès qu'il a ramené
le leviersur la fourchette G. Cette opération est représentée
schématiquement par l'excentrique e qui se trouve en communication
avec ce deuxième rouage.
On peut aussi installer l'électro-aimant E dans uneligne spéciale
de communication avec les abonnés ou dans la ligne d'audition.
Un manipulateur pour l'intercalation de l'inducteur magnétique
de la station centrale dans cette ligne spéciale ou dans la ligne
d'audition, fournit alors le moyen pour la mise en fonction de l'électro-aimant.
Dans un cas comme dans l'autre on obtient, selon les circonstances et
surtout avec les appareils disposés pour une durée prolongée
de la conversation, le grand avantage que le cylindre W peut être
arrêté seulement par l'abonné et non par la station
centrale, parce qu'il n'y a aucune perte de temps inutile, par exemple
dans le cas d'une absence de l'abonné.
En transférant l'électro-aimant dans la ligne d'audition
on réalise l'économie d'une ligne spéciale, il
est vrai, mais l'embrasement du rouage du commutateur par un poste peut
causer, par son bruit, une lésion de l'oreille de l'abonné
alors aux écoutes.
Quand le rouage du commutateur est en arrêt, les ressorts o et
p que le bras d presse l'un contre l'autre pendant la marche de ce rouage,
interrompent le circuit du microphone quand ils viennent à être
relâchés par le bras d. Ce dernier fait une évolution
sur son axe chaque fois que s'opère un déclanchement du
rouage qui commande aussi l'excentrique e et levier H, et il ferme de
cette manière de nouveau le circuit du
microphone quand le rouage du microphone se met en mouvement.
En tournant, le bras d ferme aussi pendant quelques secondes les ressorts
m n , et met ainsi en fonction le circuit d'une pile Bt , qui pourrait
d'ailleurs aussi être fourni par la pile B et l'interrupteur automatique
U qui y est installé. Ce circuit renfermant aussi la ligne primaire
de la bobine d'induction Jt , il s'y produit des émissions de
courant qui manifestent leurs effets dans la ligne secondaire, soit
la ligne d'audition, et dans les téléphones qui y sont
intercalés. Cet arrangement a un double but. En premier lieu
le faible bruit qu'occasionne l'induction avertit les abonnés
que le temps de la conversation approche de son terme, et, d'autre part,
il est possible d'appeler à l'appareil par un fort son phonique,
perceptible dans les téléphones t1' t2' t3 't'4 l'abonné
qui attend que la ligne soit devenue libre. Pour empêcher que
cet appel n'importune les autres abonnés, on peut mettre clans
chaque poste le commutateur sur R ou S, soit sur le point de repos ou
sur le point de travail (signal); dans le premier cas le circuit d'audition
est interrompu, et dans le second cas il se trouve installé dans
la ligne de transmission.
Ainsi un abonné trouvant la ligne prise n'a qu'à pousser
le levier de son commutateur sur S sans attendre que la ligne devienne
libre, car l'appareil l'appelle automatiquement quand ce moment se présente.
On peut de la sorte observer rigoureusement l'ordre de la succession
des abonnés qui demandent à se servir de la ligne. Pour
empêcher que les conversations ne puissent être entendues
lorsque des courants de charge circulent dans la ligne d'audition, on
interrompt cette dernière pour chaque abonné. Cela s'effectue
au moyen des 10 ressorts P qui, restant fermés pendant que le
rouage du commutateur est en rotation, s'ouvrent dès que le deuxième
rouage se met en mouvement. C'est aussi pour cela qu'il convient d'amener
la ligne d'audition de chaque abonné à l'appareil. Si
l'on ne fait pas usage d'une ligne d'audition, mais d'une seule ligne,
respectivement d'un double circuit, entre l'appareil et les abonnés,
en employant donc une seule bobine d'induction J, on intercale r enroulement
primaire de la bobine J dans le circuit de l'interrupteur automatique.
On dispose alors le rouage du commutateur de telle façon qu'il
entre en évolution quand les ressorts m et n sont fermés
et que les deux rouages restent par conséquent en activité
jusqu'à ce que tous les abonnés aient reçu, l'un
après l'autre, le signal d'appel phonique. Il faut naturellement
que le levier H soit alors déjà poussé sur la fourchette
H au premier contact venant après celui du poste avec lequel
la conversation a eu lieu, afin que l'abonné qui suit puisse
éventuellement arrêter le rouage du commutateur. Le commutateur
est agencé de telle sorte qu'aucun abonné ne puisse prolonger
le temps de sa conversation; son contact passe juste avant que le levier
H se pose librement sur la fourchette G. Mais il n'y aurait aucune difficulté
de prendre des arrangements qui permissent de prolonger le temps de
conversation, pour les services publics, par exemple. L'appareil fournit
aussi un moyen de communication entre des groupes d'abonnés éloignés
les uns des autres et reliés seulement par une ligne, tout abonnéd'un
groupe pouvant dans ce cas appeler un abonné quelconque de l'autre
groupe et se mettre en relation
avec lui, sans l'intermédiaire d'une station, c'est-à-dire
par une opération automatique de son appareil.
La figure 3 représente deux groupes d'abonnés 1,2, 3,
4, 5 et I, II, III, IV, V reliés par une ligne commune K K'.
Un système automatique est installé dans chacun des points
de jonction K K'.
Les électro-aimants de ces appareils ne se trouvent pas sur la
ligne commune, mais sur la ligne d'audition ou, ce qui vaut encore mieux,
sur une ligne spéciale. L'abonné 1 veut parler à
l'abonné I. Attendant le signal de ce dernier, il arrête
le rouage de son propre commutateur et il entend ensuite dans son appareil
les signaux du commutateur K'. Dès qu'il a entendu le signal
de l'abonné T il fait jouer sa sonnerie; I arrête le rouage
du commutateur K', et il peut alors s'entretenir avec son correspondant
pendant le temps fixé pour les conversations. Les autres abonnés
sont
entièrement exclus du circuit et ne peuvent entendre aucun mot
de l'entretien.
Au moment où la conversation doit finir, les abonnés qui
l'ont tenue sont de nouveau exclus automatiquement du circuit et leurs
co-abonnés sont, s'ils l'ont demandé, avertis par un signal
phonique de la reprise du fonctionnement des commutateurs.
Il est presque inutile d'ajouter que les appareils travaillent indépendamment,
les uns des autres, soit sans aucun synchronisme.
Pour plus de clarté, nous croyons devoir indiquer le chemin suivi
par les courants dans la méthode représentée par
la figure 2.
Il nous faut premièrement encore remarquer quecomme le microphone
doit toujours être très sensible, il est possible de l'ajuster
en conséquence. A cet effet, on a construit un microphone particulier
qui se compose seulement d'un diaphragme de charbon sur lequel est légèrement
fixé un petit bouton de charbon garni de platine. Ce microphone
n'est sujet à aucune variation; il ne nécessite pour la
transmission qu'une force de courant très minime, un élément
Meidinger, avec une résistance de 50 ohm installée dans
le circuit étant déjà suffisant pour le faire fonctionner
pendant plusieurs mois. En considération de la faible quantité
de courant requis pour le travail du microphone, on peut aussi employer
d'autres éléments à cet effet,
par exemple des Leclanché avec une résistance intercalée
devant eux dans le circuit.
La combinaison de la résistance avec l'hélice primaire
des bobines d'induction présente alors quelque avantage.
Dans le circuit du microphone le courant suit le chemin ci-après:
De la pile B 54, 55, quand les ressorts sont fermés par le bras
d, par le ressort o au ressort p 56, 57, an microphone M 58, 59, 65,
à travers l'enroulement primaire de la bobine d'induction J de
nouveau à la pile B.
On entend les transmissions microphoniques dans les téléphones
des lignes reliées aux enroulements secondaires des bobines d'induction
J1 et J.
Le courant du circuit de l'interrupteur automatique U prend le chemin
suivant:
De la pile B1 60, 61, 62, 63, 64, 65 à l'enroule ment primaire
des bobines j1 66, 67, quand les ressorts m et n sont fermés,
pour retourner de là par 68, 69, 70 à la pile B1
Aussi longtemps que les ressorts m et n restent fermés, l'appel
phonique peut être entendu dans les téléphones de
la ligne qui est raccordée à l'enroulement secondaire
de J1 .
Dans les téléphones de la ligne raccordée à
l'enroulement secondaire de la bobine d'induction J, l'appelphonique
n'est entendu que très faiblement, n'étant pas directement
induit par l'enroulement primaire; il est donc très approprié
pour avertir que le temps de la conversation arrive à son terme.
Quand la station centrale veut appeler un abonné, par exemple
I, la marche du courant est la suivante:
La station attend en premier lieu le signal pour l'Itinéraire
du courant: De la station centrale à 1, 2, à l'électro-aimant
E, 3, 4, 5, par l'enroulement se condaire de la bobine d'induction J,
à 6, 7, de là par le ressort f\ le contact étant
établi avec cn à f1, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et de là
à travers le multiplicateur de la sonnerie d'induction J K 14
à l'inducteur J d fermé en court circuit, à 15,
16, 17, f1', c1' f' 18, 19, 20, 21, 22, d'où il revient à
la station centrale. Cette dernière ayant entendu le signal,
sonne l'abonné I:
Le courant fait alors le même chemin que précédemment,
mais la sonnerie du poste I se met en jeu. L'armature de l'électro-aimant
E entre en même- temps en activité, le levier s'engage
dans la fourchette et enraie momentanément le rouage et le cylindre
W. À cause des contacts p dans q, l'électro-aimant E et
la bobine d'induction J se trouvent pendant la conversation en dérivation
de la communication directe, à partir de 2, par 71, 72, 73, q.,
p, 74, 75 jusqu'à 6, et ils n'exercent donc
aucun effet nuisible sur la communication. Les autres détails
de l'opération ont déjà été décrits
précédemment. La même chose a lieu quand l'abonné
appelle la station centrale.
Dans la ligne d'audition, le courant suit la voie ci-après: Chaque
station qui veut écouter pousse le levier de son commutateur
sur S et applique à l'oreille le téléphone suspendu
au crochet fixe. Commençons par I : de 23, 24, 25, 26 à
travers la première paire de ressorts E, 27, 28, par l'hélice
secondaire de la bobine Jt , à 29, 30, 31, de là par la
cinquième paire de ressorts F à 32, 33, 34, t 2, puis
par S à 35, 36,37, 38, de là par la seconde paire de ressorts
F, à 39, 40 et plus loin par R, 41, 42, 43, 44, par la troisième
paire de ressorts F, à 45, 46. 47, 48, t4' d'où il arrive
à S, et après avoir traversé 49, 50, 51, 52 retourne,
en passant par la quatrième paire de ressorts F, 53, 17 et 16
à R.
Les postes II et IV, dont les leviers de communication sont arrêtés
sur S, peuvent écouter la marche du rouage et recevoir éventuellement
le signal phonique.
Les appareils des abonnés sont donc installés dans ce
système de la même manière que dans ceux qui sont
aujourd'hui en usage, à cette seule exception qu'on fait usage
d'un levier de commutation et qu'il faut, dans le but de l'audition,
apporter une légère modification à la mise en circuit;
on pourrait d'ailleurs aussi supprimer le levier si les abonnés
ne voyaient aucun inconvénient à entendre l'appel phonique
toutes les fois que le rouage du commutateur se remet en mouvement..
Les deux figures donneront une idée très complète,
présente les avantages suivants :
1. Cet appareil permet d'utiliser les lignes téléphoniques
dans la mesure la plus étendue possible.
2. Le nombre des postes que l'on peut installer dans une ligne commune
est illimité en théorie. Au delà de deux on peut
en étendre le nombre autant que la pratique le permet. Dans certaines
circonstances la limite de ce nombre pourrait être très
considérable si l'on ournissait par exemple au public, à
l'aide de cet appareil, des facilités dont il n'userait que dans
de certaines éventualités, par exemple pour demander l'assistance
d'un médecin, pour appeler la police et le corps des pompiers,
etc.
3. La station centrale peut appeler chaque poste d'abonné séparément
et peut, vice-versa, être aussi appelé ainsi par chaque
abonné.
4. Aucun poste n'a la possibilité de troubler ou d'écouter
la conversation échangée entre- deux autres abonnés.
5. Les stations centrales fonctionnent avec les mêmes appareils
et dispositifs que ceux dont elles ont fait usage jusqu'ici.
6. Les appareils téléphoniques des abonnés restent,dans
leur agencement et leur manipulation, aussi simples que précédemment.
7. La possibilité est enlevée à chaque abonné
de faire un usage exagéré des lignes téléphoniques.
8. Pour les services publics, l'appareil peut être disposé
de façon à permettre une prolongation du temps de la conversation.
9. L'appareil permet de réaliser une économie notable
dans les constructions de lignes qui deviennent d'ailleurs de plus en
plus difficiles et dans les installations des stations centrales. Une
station disposée pour un certain nombre de lignes pourra desservir
un nombre d'abonnés de plusieurs fois plus considérable.
10. L'appareil facilite dans une plus grande mesure la centralisation
du service téléphonique.
11. Il rend le service plus sûr, par le fait que la marche du
rouage doit pouvoir être entendue quand la ligne est libre et
en bon état.
12. Il résulte du chiffre 11 que cet arrangement permet la suppression
de la ligne de contrôle dont il est fait usage pour les commutateurs
multiples.
18. L'appareil fournit le moyen d'égaliser les taxes d'une manière
rationnelle.
14. Il permet de développer le service téléphonique
dans une mesure beaucoup plus étendue que jusqu'ici.
15. Il annonce automatiquement aux abonnés que le temps fixé
pour les conversations arrive à sa fin et que la ligne est devenue
libre.
16. Si l'on considère que, sur les lignes parallèles sur
un long parcours, les transports de courants et l'induction peuvent
avoir pour effet que la conversation échangée par un fil
soit entendue dans le circuit voisin, on appréciera encore mieux
l'avantage que présente cet appareil en excluant automatiquement
du circuit tous les abonnés, à l'exception de ceux qui
sont en conversation.
17. En installant chacun un commutateur aux points de raccordement,
deux groupes d'abonnés reliés par une ligne commune peuvent
communiquer
l'un avec l'autre de façon à ce quechaque poste de l'un
des deux groupes puisse correspondre avec un poste quelconque de l'autre
groupe, sans l'intervention de la station centrale.
18. En raison des fonctions multiples que l'appareil exécute
avec plus de tranquillité et de précision que ne pourrait
le faire la main de l'homme, il est certainement d'une grande simplicité
et son fonctionnement ne laisse absolument rien à désirer
sous le rapport de la sûreté.
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