Le Télégraphe
Pneumatique
Entre 1851 et 1867, le nombre de stations télégraphiques
passe de 17 à 2 200 et entraine une saturation des lignes de
la capitale.
Les services télégraphiques doivent alors utiliser des
navettes à cheval partant toutes les 15 minutes entre deux points
névralgiques du système parisien. Les résultats
étant peu satisfaisants en raison de lintense circulation
routière, il est décidé dutiliser le tube
pneumatique pour relier les stations du télégraphe à
Paris.
En 1852, Ambroise Ador, lun des inventeurs du
tube pneumatique procède à des essais au Parc Monceau
en transportant de petits colis par air comprimé.
Héron dAlexandrie
.
À lépoque victorienne, ils étaient employés
pour transmettre des télégrammes depuis les stations de
télégraphe jusque dans les immeubles alentour.
En 1854, Antoine Galy-Cazalat reproduit lexpérience
et dépose un brevet pour le transport des dépêches
par pression de lair.
Le réseau de Paris :
Le réseau pneumatique de Paris dont la construction
fut décidée en 1865 a été complètement
terminé en décembre 1884, en ce sens , que tous les quartiers
de Paris sont desservis au moyen de ce système de transport des
dépêches. Mais il est évident qu'une pareille installation
est sujette à des développements incessants et à
des améliorations qu'imposent les nécessités de
l'exploitation et dont la pratique recommande l'application.
Au début, c'est à la pression de l'eau de la ville que
l'on a eu recours pour obtenir la force dont le fonctionnement des tubes
pneumatiques comporte l'emploi ressource à coup sûr bien
restreinte qui ne pourrait répondre à des besoins de quelque
importance .
On commença à y renoncer dès l'année 1871
, et ensuite l'eau n'est employée que dans un ou deux cas exceptionnels
et a été remplacée par l'air comprimé ou
raréfié au moyen de machines à vapeur.
La première ligne, longue de 1 050 mètres est ouverte
en décembre 1866, reliant le Grand-Hôtel (12 boulevard
des Capucines) au central télégraphique de Paris-Bourse
(rue Feydeau).
Le tube dacier de 65 mm de diamètre permet de faciliter
les communications de la riche clientèle. Le message est rédigé
sur un formulaire et remis à un tubiste qui lexpédie
par le tube au central télégraphique. Là, un télégraphiste
le transmet en code vers nimporte quelle ville de France ou vers
une capitale étrangère. La réponse suit le même
chemin.
En 1867, un circuit unidirectionnel en forme dhexagone
- est constitué entre les centres télégraphiques
de la place de la Bourse et le 103 rue de Grenelle. (rue de Grenelle
> rue Boissy dAnglas > Grand Hôtel > place de la
Bourse > place du Théâtre-Français > rue des
Saints-Pères).
Toutes les 15 minutes un « train omnibus » effectue le circuit
complet en 12 minutes.
Cest à partir de ce circuit que se développe la
poste pneumatique.
À partir de 1868, les tubes sont posés
dans les égouts et les galeries souterraines.
Dès 1872, la circulation devient bidirectionnelle. Lors de la
fusion des postes et des télégraphes en 1879, le service
se développe et souvre aux particuliers. La poste pneumatique
nest plus, désormais, un vecteur auxiliaire de la télégraphie.
La bourse
Entre 1874 et 1880, installés sous les
bureaux télégraphiques, huit ateliers de force motrice
avec des machines à vapeur et des pompes à air sont fabriqués
pour produire de lair comprimé. Le maréchal Mac-Mahon
signe un décret le 25 janvier en 1879 (appliqué le 1er
mai) qui ouvre le réseau (alors long de 71 km, il est limité
à lancien octroi de Paris) au public, marquant le début
de la poste pneumatique en France.
Le petit bleu est naît en France en 1879,
suite à une réforme du prix des timbres du tube pneumatique
et crée différentes catégories dont une inscrivant
ses missives sur papier de couleur. Bleu la couleur, petit le papier,
vous laurez bien compris. Le petit bleu pour décrire familièrement¹
le télégramme, est lancé.
Contrairement aux télégrammes électriques, les
messages envoyés par la poste pneumatique n'étaient pas
facturés au mot ; il suffisait d'utiliser un petit formulaire
bleu officiel, appelé « petit bleu » . Ces
petits bleus étaient destinés aux fonctionnaires, mais
une fois que le public s'est pris d'affection pour ces élégants
ensembles de papier à lettres et que les ministères ont
compris qu'ils pouvaient en tirer profit, le réseau s'est ouvert
à tous les Parisiens en 1879.
En 1881, il est décidé d'étendre en quatre étapes
le réseau à l'ensemble de la capitale.
En février 1882, le 16e arrondissement et une partie des 17e
et 18e sont couverts.
Dès le 1er avril 1883, le réseau est étendu au
reste du 17e et du 18e ainsi qu'à une partie du 19e.
À partir du 1er février 1884, le reste du 19e ainsi que
le 12e et le 20e et enfin, le 15 décembre 1884, le reste du 15e,
le 13e et le 14e.
Constitution des ateliers de force motrice.
En ce qui concerne les ateliers de force motrice, qui fournissent à
tout le réseau la pression et le vide, ils sont au nombre de
huit.
Nous en donnons ci-après l'énumération avec indication
du nombre de chevaux-vapeur qui y sont en service, du nombre des réservoirs
et pompes à air qui y sont installés , enfin de l'importance
du réseau partiel que chacun d'eux dessert (*) .
(*) Les ateliers de force motrice, sauf celui de la Bourse, sont tous
situés à une certaine distance des appareils pneumatiques
qui en disposent et auxquels ils sont reliés par deux canalisations
: l'une de pression, l'autre de vide .
Ces canalisations sont établies avec des conduitesde 65, 100,
150 ou 200 millimètres de diamètre , suivant les besoins.
Le réseau des tubes pneumatiques absorbe donc pour son exploitation
une force de 360 chevaux-vapeur . Comme son développement est
en chiffres ronds de 157 kilomètres, c'est près de 2 chevaux
3 qu'il faut dépenser par kilomètre . Ces 360 chevaux
font un travail moyen de 14 heures
par jour pendant 360 jours ; ils coûtent annuellement 318.000
fr. , soit 0º, 172 par cheval-heure . L'exploitation kilométrique
revient donc , de ce chef, seulement à 0,395 par heure .
Les curseurs se déplacent à la vitesse de 400 m/min (soit
24 km/h, environ 6,5 m/s) dans les tubes sous l'action de hautes ou
basses pressions produites dans huit usines appelées ateliers
de force motrice, ceux mis en service en 1879 à Breteuil, Forest,
Valmy, Poliveau et Saint-Sabin, auxquels ont rajoutera Lauriston et
Pajol. Des conduites en fonte distribuent la pression et le vide à
quatorze bureaux de poste dits « centres de forces » interconnectés
qui sont le point de départ des lignes radiales. Si la pression
et le vide sont faibles, les débits sont importants et les pompes,
à piston, de grandes dimensions. À l'origine actionnées
par d'imposantes machines à vapeur, dont celle de l'Hôtel
des Postes qui sera utilisée jusqu'en 1947. Les curseurs sont
expédiés des bureaux centres de forces par la pression
et y sont ramenés par le vide. Les lignes sont composées
d'une double conduite la plupart du temps en acier, une pour chaque
sens (centrifuge et centripète), de diamètre 65 mm ou
80 mm, et desservent chacune de trois à quatre bureaux intermédiaires.
Composition et poids des trains . Les trains qui circulent dans les
tubes du réseau pneumatique se composent de deux boîtes
, l'une armée d'une collerette qui lui fait remplir l'office
de piston, l'autre simple ent fermée par un manchon en cuir et
suivant la première sans attache .
L'intervalle qui sépare les trains dépend de l'importance
des réseaux partiels et des besoins de l'exploitation. Il est
minimum entre le Poste central et la Bourse (3 minutes) et varie ailleurs
entre 5 et 20 minutes ; mais les espacements de 15 à 20 minutes
n'existent que sur des lignes tout à fait secondaires ; les envois
se font le plus généralement toutes les 5 ou 10 minutes
.
En fait , la circulation horaire est de 368 trains sur l'ensemble du
réseau .
Entre le Poste central et la Bourse où elle est la plus active
, et où elle est assurée par trois lignes , l'une directe,
les deux autres omnibus (voir la carte), elle se compose de 88 trains
à l'heure.
Une boîte-piston pèse, vide 0,475 , pleine 0,555. Le poids
d'une boîte ordinaire est de 0,377 à vide , et de 0,407
lorsqu'elle est remplie .
Chacune d'elles peut contenir environ 30 télégrammes ;
mais , pour le transport des lettres fermées pesant, au maximum,
7gr ,5, elle ne saurait en recevoir plus de 15 sans les froisser .
Le poste central et la Bourse sont les deux nuds principaux du
réseau pneumatique en même temps qu'ils sont le siège
de l'activité télégraphique la plus importante
. On voit qu'ils sont outillés de manière à échanger
par heure par la voie des tubes plus de 2.600 dépêches
.
Malgré l'ère des inventions, le moyen
d'envoi le plus courant restait la lettre, intemporelle et ordinaire,
alors appelée « pneu » .
Contrairement aux télégrammes qui numérisaient
leurs messages courts et concis, la « pneu » conservait
une dimension analogique. Autrement dit, plus une lettre était
longue, plus elle avait de caractère. L'écriture d'une
personne, ses fautes d'orthographe, ses « y » maladroits
et ses « t » mal tracés en disaient plus long qu'on
ne le croit. À quand remonte la dernière fois que vous
avez écrit à un ami ? Sauriez-vous reconnaître ses
choix d'émojis plutôt que son écriture ?
Les mémoires des hommes politiques français de cette époque
regorgent d'allusions aux pneus , qu'elles viennent d'alliés,
d'ennemis ou d'amants. Inviter quelqu'un à sortir, ou refuser
une proposition par pneu, exigeait plus de réflexion et de tact
que par télégramme. Laisser libre cours à ses sentiments
dans le métro était un événement. Ces significations
cachées pouvaient même évoluer au fil du trajet.
Le petit bleu est aussi, et heureusement, dun
torride romantisme, comme nous le dit Yves Montand en 1950 : «
quoi de plus simple quun télégramme quelle
pourra lire, garder, relire, apprendre par cur, porter sur elle
enfin
».
Le plus bel hommage au petit bleu demeure cependant ce long monologue
de Jean-Louis Duroc, joué par Jean-Louis Trintignant, dans «
Un Homme et Une Femme » de Claude Lelouch : « Cest
beau quand même denvoyer un télégramme comme
ça, il faut avoir du culot. Cest vrai non ? Cest
extraordinaire quune femme belle, vous envoie un télégramme
comme ça, cest merveilleux. Moi jamais je naurais
fait un truc comme ça, cest formidable de la part dune
femme, cest formidable. Quel courage !
Carte
pneumatique envoyée du Grand Hôtel en 1903.
1894 Le «pneu» de l'Affaire Dreyfus a
coupé la France en deux
Ce «petit bleu» a divisé la France en deux, avec
une violence et parfois des haines inimaginables
Il s'agit de l'Affaire Dreyfus, qui éclata en 1894 et envoya
ce valeureux capitaine au bagne à l'issue d'une machination ourdie
autour d'un bordereau du ministère de la guerre, par lequel cet
officier annonçait qu'il allait envoyer des documents militaires
confidentiels à l'attaché militaire allemand en poste
à Paris. Haute trahison ? Voire. Un an après l'arrestation
de Dreyfus, le capitaine Picquart déchiffre un «petit bleu»,
autrement dit un pneumatique découvert en morceaux à l'ambassade
d'Allemagne, et qui aurait été envoyé à
Dreyfus par l'attaché militaire. Picquart flaire l'imposture,
et découvre que l'écriture n'est pas celle de l'attaché
Mais bien celle du commandant Esterhazy qui se l'est en réalité
adressé à lui-même pour faire accuser Dreyfus. De
plus c'est la même écriture qui figurait sur le fameux
bordereau attribué à Dreyfus. Pour sa défense,
Esterhazy afrme que l'ordre venait «d'en haut». «L'affaire
du petit bleu» sonne le début de la fin pour les conspirateurs.
Mais la politique et l'antisémitisme, Dreyfus est juif
ont une rude carapace, et il faudra le retentissant article d'Emile
Zola titré «J'Accuse» à la une de «L'Aurore»
le 13 janvier 1898 pour ébranler vraiment le pouvoir et l'opinion.
Le calvaire sera encore long pour Dreyfus qui ne réintègrera
l'armée qu'en 1906.

En 1907, les P&T étendent le service du pneumatique à
certaines communes de Seine et Seine-et-Oise sans pour autant modifier
le réseau de tubes. Des « facteurs cyclistes spéciaux
» sont affectés aux terminus des lignes et chargés
de délivrer les petits bleus à leurs destinataires en
banlieue.
En 1914, la première et unique extension du réseau en
banlieue permet de desservir Neuilly où réside une clientèle
bourgeoise grande adepte du pneumatique. Il était prévu
de continuer les extensions hors des limites de Paris mais la Première
Guerre mondiale interrompt ce projet qui ne sera pas repris.
En 1934, le réseau pneumatique parisien atteint
son apogée avec une longueur de 427 km, il dessert les 130 bureaux
de la capitale et distribue une dizaine de millions de correspondances
par an avec un maximum de 30 millions de messages pour l'année
1945. Les facteurs tubistes, recrutés à partir de 14 ans,
distribuent les « petits bleus » à pied, à
vélo et, à partir de 1930, à vélomoteur
pour convoyer le courrier en banlieue. Les tubes ont différents
diamètres selon les débits utilisés, les curseurs
circulent à une vitesse de 400 mètres à 1 km par
minute.
La fumée des chaudières des machines à
vapeur provoquant des nuisances pour le voisinage, on décide
dans un premier temps d'installer des appareils fumivores en 1926. Il
est cependant rapidement décidé d'adopter une solution
plus pérenne au vu des dépenses courantes occasionnées
par l'entretien et l'alimentation de ces machines. À partir de
1927, les ateliers à vapeur sont donc électrifiés.
Le premier atelier à bénéficier de cette innovation
est celui du central télégraphique de Grenelle dans lequel
on installe tout d'abord un petit groupe de trente chevaux. Chaque atelier
sera par la suite équipé de deux à quatre groupes
électropneumatiques. La puissance installée dans les ateliers
est variable mais est en moyenne de 150 chevaux. Chaque groupe comprend
un moteur électrique entrainant un compresseur et une pompe à
vide. Le compresseur aspire l'air qu'il refoule dans les canalisations
tandis que la pompe à vide aspire l'air présent dans les
tubes.
Louis Gaillard, ingénieur fraîchement diplômé
de L'École nationale supérieure des télécommunications
est chargé des ateliers de force motrice du réseau en
1932. Quelques mois plus tard, il se retrouve à la tête
de l'ensemble du service, poste qu'il conservera jusqu'en 1974. Sa reprise
en main du réseau de pneumatiques va permettre de donner au service
une nouvelle impulsion modernisatrice. L'électrification des
ateliers de force entamée à Grenelle en 1927 se poursuit
atelier par atelier sous sa direction. Elle s'achève en 1942
à l'Hôtel des Postes. Cet atelier conserve cependant pendant
plusieurs années ses pompes à vapeur, ce qui permettra
de faire face aux coupures d'électricité pendant la Seconde
Guerre mondiale. Ces groupes électropneumatiques ont une puissance
totale de 2 400 cv dont 1 400 cv en fonctionnement simultané,
certains groupes électropneumatiques étant placés
en réserve ou en révision.
Parallèlement, Louis Gaillard développe l'automatisation
du réseau : expédition automatique des curseurs, sélection
des adresses grâce à un système de palpeurs et de
contacts portés par les curseurs, éjection automatique
dans les augets de réception.
À partir de 1945, la modernisation se ralentit, le service étant
soumis à des restrictions budgétaires. Les réfections
des lignes s'effectuent au coup par coup en fonction des avaries, sans
politique générale de rénovation des tubes vétustes.
Ainsi, en 1966, 57 % des tubes de 80 mm sont usés de même
que 65 % des tubes de 65 mm. Cela provoque le blocage chronique des
curseurs dans le tube, on dénombre ainsi 270 « calages
» de cartouches en 1970 qu'il faut aller récupérer
dans les égouts. La politique tarifaire réduit par ailleurs
l'attrait du service. Le prix d'un pli revient ainsi à partir
de 1957 à cinq fois le prix d'une lettre postale alors que le
rapport était resté de un à trois depuis 1902.
Ce rapport atteindra un taux de 7,8 en 1975. Mais c'est aussi la concurrence
de nouveaux moyens de communication qui réduit l'attrait du pneumatique
avec la démocratisation du téléphone puis du télex.
En 1960, la poste pneumatique achemine quatre millions
de lettres annuellement, 2,7 millions en 1972 et en 1982, seulement
648 000.
Couramment employés dans les banques, lindustrie,
la grande distribution et les hôpitaux, le pneumatique avait même
été envisagé au 19ème de les utiliser pour
le transport de fret lourd et même de passagers. Le Titanic possédait
son pneumatique ainsi que la salle de contrôle de CAP CANAVERAL
lors du lancement des missions Apollo.
sommaire
Editorial du document "Les
cahiers pour l'histoire de La Poste" de Anne-Laure CERMAK et
Elisa LE BRIAND
Héron dAlexandrie, sans doute au Ier siècle
de notre ère, considérait les machines quil présentait
ou inventait et qui, utilisent la contraction ou la raréfaction
de lair pour ouvrir automatiquement les portes dun temple
ou faire fonctionner une horloge, comme destinées à «
susciter létonnement et lémerveillement »,
et les distinguait de celles qui « répondaient aux besoins
les plus nécessaires de la vie humaine ». Le premier mérite
des études parallèles et complémentaires dElisa
le Briand et dAnne-Laure Cermak sur la Poste pneumatique, lune
surtout tournée vers les techniques, lautre surtout sensible
aux aspects économiques et sociaux, est de montrer la nature
toute différente de lintérêt que suscitent,
au début du XIXe siècle, les propriétés
dynamiques de lair comprimé et du vide dans le sillage
de la machine à vapeur passée, de Papin à Watt,
du statut de « curiosité » à celui de moyen
de production.
Dès les premières années du siècle, lutilisation
de lair par les transports postaux est envisagée, moteur
pneumatique ou action de lair dans un tube (Murdock à Londres
en 1800, lingénieur danois Medhurt à partir de 1810,
etc
) ; alors quun visionnaire, Antoine Andraud (1795-1859)
prévoit, en 1839, les multiples utilisations de lair comprimé
et estime même quil est appelé à remplacer
lor comme étalon universel, des inventeurs déposent
des brevets, en vérifient lefficacité par des essais
publics parfois concluants que relate la presse, font
édifier en France comme en Angleterre des lignes expérimentales,
sexpriment devant des sociétés savantes.
Ces premiers pas de la poste atmosphérique et lesprit de
progrès -voire les polémiques qui les accompagnent - sont
comparables à ce que lon peut alors observer dans dautres
domaines de la science et de ses inséparables applications ;
lambition est grande, y compris celle de transporter des correspondances,
mais aussi des colis, voire des passagers dans des tubes dune
taille plus conséquente, ce quon expérimentera,
sans
dommages, mais aussi sans lendemain, au début des années
1860, à Battersea, puis à Crystal Palace.
Cest en effet à Londres, que, dès 1853, Latimer
Clark installa la première ligne de transport pneumatique de
messages pour le compte de lElectric and International Company
trois autres furent de même édifiées dans
les années qui suivirent - ; celle-ci entendant ainsi relier
la Bourse à ses proches succursales et éviter lencombrement
des lignes télégraphiques et les délais de transmission
résultant de la nécessité de transcrire en morse
des informations dont la disponibilité la plus immédiate
était attendue. En France, où lextension du télégraphe
électrique avait été plus tardive, le réseau
pneumatique parisien fut, comme le montrent les auteurs, également
une extension, pour la même raison, du réseau télégraphique,
mais résulta aussi de la volonté politique de Napoléon
III de moderniser le pays et son capitalisme, voire de répondre
au souhait plus large des parisiens et en particulier des entreprises
et des notables, privés de petite poste, de pouvoir communiquer
rapidement. On envoya donc un fonctionnaire
enquêter sur les réseaux londoniens, trois ans avant de
charger, en 1864, un fabricant de tubes de réaliser une première
liaison, entre la Bourse et le Grand Hôtel, pour le compte de
ladministration impériale du Télégraphe :
brevet, essais, précision et modulations du projet, construction,
tout cela fut réalisé entre le 31 janvier et décembre
1866 ; un prolongement vers la rue Jean-Jacques Rousseau et, rive droite,
vers le centre télégraphique de la rue de Grenelle fut
mis en service le 1er août 1867.
Dans les années qui suivirent, tous les bureaux télégraphiques
furent reliés par un réseau, composé de polygones
censés éviter les encombrements du centre, il privilégiait
la compression de lair et non le vide, comme à Londres
-, qui était obtenue grâce à lutilisation
de leau, disponible et peu coûteuse, - et non par la chaudière
à charbon et la vapeur, comme à Berlin, où la première
ligne avait été ouverte dès 1865 les tubes
empruntaient le réseau dégouts, que le Paris dHaussmann
devait, comme ses adductions deau, à lingénieur
Belgrand.
Toutefois, pour Elisa Le Briand et Anne-Laure Cermak, qui citent des
articles très critiques sur la lenteur du réseau et son
encombrement en 1878, la principale originalité du pneumatique
parisien découle dune décision du 25 janvier 1879
à peu près concomitante de la fusion en une administration
unique des Postes et des Télégraphes et significative
de son dynamisme, la création dune « poste pneumatique
» ; il échappe ainsi à son statut dauxiliaire
des télégrammes parisiens et son trafic et son produit
sont presque multipliés par deux en un an : lensemble du
public peut déposer des formulaires ouverts ou fermés
et bientôt à partir de 1898, des lettres par exprès
- avec un tarif très accessible ; le service et le réseau
sont rapidement étendus à lensemble des arrondissements
parisiens, et le service de distribution des plis renforcé :
dès la fin de 1878, on expérimente le recrutement de «
petits télégraphistes » âgés de 12
à 15 ans ; plus tard (en 1907), on étendra la distribution
des pneumatiques à certaines communes de banlieue, mais avec
des cyclistes à partir de bureaux parisiens car seul Neuilly-sur-Seine
bénéficie dune ligne puis des motocyclistes.
Comme le montrent les auteurs, et en particulier Anne-Laure Cermak,
Paris nest pas la seule grande ville à disposer dun
réseau de transmission pneumatique, ni même dun réseau
ouvert au public dont disposent, outre Marseille et Alger, qui
nont quune extension très limitée, Berlin
et 7 autres villes allemandes, Prague ou New York, sans compter les
villes où ce mode de transmission est réservé aux
quelques professionnels, à Londres, dans trois autres villes
anglaises, mais aussi dans les cinq principales cités suisses.
Toutefois, avec 427 km de tubes en 1933, le réseau « pneumatique
» parisien est le plus grand du monde ; il est alors bénéficiaire
et dispose pour le chargement et la transmission des dépêches,
leur distribution ou le fonctionnement du système, dagents
particulièrement qualifiés. Ce mode de
communication postal discret et rapide, avec une remise au destinataire
dans un délai de quelques deux heures, est bien intégré
à la vie de la capitale et de sa proche banlieue pour les hommes
daffaires, les administrations, les gens pressés, les écrivains,
les amoureux, voire les espions. Il connaît une utilisation record
pendant la deuxième guerre mondiale : le trafic passe de 4 millions
dobjets en 1940 à 16 en 1945.
Elisa Le Briand sattache à létude des capacités
de ce service public à se moderniser, en recherchant à
la fois léconomie de moyens et la meilleure efficacité.
Après des efforts pour réduire la consommation en eau,
par des injecteurs imaginés par lingénieur Worms
de Romilly initialement spécialiste des machines à
vapeur et par des turbines, ladministration diminue le
nombre de machines à air comprimé, puis introduit, en
1871, la
machine à vapeur, avant den généraliser lusage
(1879) en retouchant progressivement lensemble du réseau
: il est composé désormais de lignes à double tube,
dont les têtes les centres de force, elles-mêmes
reliées entre elles sont alimentées en air par
neuf ateliers de force. De même, les terminaux doù
partent et où arrivent les dépêches comme les pistons,
eux-mêmes, devenus boîtes à dépêches,
sont améliorés pour répondre à une augmentation
du nombre des envois, à la séparation des activités
de contact avec le public et dentrée ou de sortie du réseau,
comme pour éviter les interruptions de la circulation des autres
« trains » de la ligne pendant le chargement ou le déchargement,
voire les erreurs. Les inventions sont dues à certains industriels,
mais aussi à des cadres de ladministration comme linspecteur
Gissot ; et linstallation dune nouvelle entité est
volontiers, comme pour le nouvel atelier de lhôtel des Postes,
inauguré en 1888, une occasion pour des innovations.
Toutefois, dès les premières années du XXe siècle,
on peut déceler des limites financières à leur
généralisation, et cette situation est plus visible encore
après la Grande Guerre : lélectrification des ateliers
de force, décidée en 1927, sétale jusquà
la deuxième guerre mondiale. Certes, lingénieur
Gaillard organise rationnellement le réseau à partir de
1932 avec des mesures de la circulation dair, avec un service
de maintenance qui diminue le nombre dincidents ; mais son automatisation,
dont la première application avait été réalisée
en 1931 par une firme allemande, peut être dans le cadre des réparations,
ou parce que ses homologues françaises avaient pris du retard
en la matière, bien que décidée à titre
expérimental pour quatre lignes en 1935 et confiée à
des entreprises françaises lannée suivante, se heurte
à des difficultés, puis à létat de
guerre, avant dêtre revue à la baisse en 1942 ; elle
ne fut en fin de compte réalisée, avec des curseurs commandant
eux-mêmes leur éjection, que sur la moitié du
réseau. De même, les tubes en plastique, mieux adaptés
à lavancée des curseurs plus résistants,
plus silencieux dans les bureaux, ne vinrent remplacer les tubes dacier
que tardivement à partir de 1965 et seulement à
loccasion dinterventions ponctuelles.
Elisa Le Briand et Anne-Laure Cermak, voient là des prémices
du déclin du réseau, et de larrêt du service,
décidé en 1984, tout en rappelant quen 1966, le
Journal du ministère des PTT le présentait comme «
un centenaire qui se porte bien. » Il est de fait, comme elles
lindiquent, quà partir des années 70 au moins,
les incidents dus au blocage des curseurs augmentent, et que le réseau
est particulièrement mal entretenu : en 1983, un peu plus de
la moitié des lignes est inutilisable, et, dans les lacunes ainsi
créées, les plis sont acheminés en surface, par
des cyclistes ou des motocyclistes ; les installations avaient vieilli
- et sans doute souffert des restrictions de la guerre ; leur
adaptation au rôle économique nouveau de
certaines banlieues un temps envisagée sous forme dextension
des lignes est vite abandonnée dans un pays appauvri ; leur renouvellement
lui même eût été dautant plus coûteux
que le système sétendait sur un vaste territoire,
alors même que son exploitation entraînait un déficit
croissant, même si les chiffres annoncés alors ont été
contestés. Il sexplique par une désaffection du
public qui saccentue de 4 millions au début des
années 60, les envois passent de 2,7 millions en 1973 à
650 000 en 1982 -, et qui nest pas seulement due à une
baisse de la qualité de service (elle ne paraît guère
critiquée par la presse) ni à une hausse des tarifs (qui
passent pour la carte pneumatique de trois fois à cinq fois celui
de la
lettre en 1959), ni même à un certain oubli dun service
qui ne bénéficie daucune publicité (alors
même quelle connaissait alors, en général,
un fort développement), mais à un phénomène
de société : il saccentue lorsque les communications
téléphoniques, qui avaient déjà presque
doublé depuis lavant-guerre à la fin des années
50, se multiplient après le VIIe Plan et le rattrapage du retard
pris, et lorsque le télex, puis la télécopie sont
mises à la disposition des entreprises, naguère grandes
utilisatrices des « pneus ».
Toutefois, les auteurs, tout en rappelant que les réseaux comparables,
notamment aux Etats-Unis, ont également disparu, considèrent
que les télécommunications responsables delexploitation
du système de transmission et la Poste, chargée de la
réception et de la distribution, ont pour ainsi dire programmé
la fin du pneumatique. Le fait quun même ingénieur
soit resté pendant plus de quarante ans, entre 1932 et 1974,
à la tête du réseau pneumatique est sans doute déjà
le signe dun certain isolement, voire dun oubli au sein
dune administration dirigée par des polytechniciens de
mieux en mieux formés aux modes les plus modernes de la transmission
du signal, et désireux, comme le souhaitait du reste la
population, de les mettre en uvre. La dynamique des fluides, voire
la mécanique étaient relativement délaissées,
même si lautomation était à lordre du
jour : lair comprimé ou raréfié, avec ses
vieilles machines, étaient éloigné des formes modernes
du progrès, ne faisait plus rêver, comme au début
du siècle précédent, et ce réseau comme
du reste, celui du télégraphe, paraissaient des rivaux
anachroniques et de plus en plus coûteux de ceux du futur ; cette
impression saffirma après le rapport Nora-Minc et lorsque
la Direction Générale des Télécommunications
proposa nombre de nouveaux services. La Poste, tout en se préparant
à une éventuelle disparition de plus en plus souhaitée
par son partenaire, était plus circonspecte : elle admettait
certes que quelques 500 000 pneumatiques pesaient peu par rapport aux
14 milliards dobjets quelle traitait chaque année
; mais elle ne souhaitait pas perdre des clients au profit des télécoms,
même si, au moment où la motorisation de la distribution
sétendait, les transports terrestres lui semblaient avoir
plus davenir que les réseaux dair comprimé
; elle disposait certes de services de substitution, encore jeunes,
comme la télécopie publique, Posteclair, offerte sur tout
le territoire, et Postexpress, et était très attentive
à la meilleure gestion des agents motorisés de la distribution
et au développement du courrier express, qui quelques mois plus
tard fut confié à une filiale. La Poste défendait
donc face aux télécommunications, le pneumatique, avec
moins dénergie, il est vrai, que le télégraphe.
Le cabinet et le ministre lui-même estimèrent peu opportune
la suppression de ce dernier service, certes en perte de vitesse, mais
encore utile à bien des gens, et modernisable, et décidèrent
larrêt définitif et du réseau strictement
parisien de pneumatique, de moins en moins utilisé et pour ainsi
dire irréparable, et pour le remplacement
duquel, sur un territoire plus vaste, des services nouveaux étaient
disponibles.
Les syndicats, dont Anne-Laure Cermak décrivent soigneusement
les ultimes batailles en faveur de ce réseau, dénoncèrent
le recul du service public il conquérait, il est vrai,
de nouvelles plages - ; les mouvements de protestation du public, contre
lesquels on nous mettait en garde, ne se produisirent pas : la presse
exprima surtout de la nostalgie, et je nai gardé le souvenir
que dune seule réclamation, celle dun expéditeur,
que larrêt du fonctionnement avait spolié de la distribution
urgente quil attendait. Sans doute, y eût-il perte de savoir
faire ; mais, comme lindiquent ces études - et le confirment
lévolution des moyens de télécommunication
le réseau et sa conception étaient surannés
dès lors quil ne prenait en
charge que les lettres ; il eût fallu en fait un nouveau réseau
capable de transporter des objets postaux, colis compris, jusquaux
centres de distribution, comme à Hambourg ou se contentent
de relier entre elles de grandes entreprises, comme dans les villes
suisses. De tels projets nont guère été évoqués
au moment de la suppression, car ni la Poste, ni les télécommunications
navaient la volonté et les capacités de les mettre
en uvre, et lon peut se demander aujourdhui, à
lépoque du courriel, si des investissements importants
eussent été alors un choix judicieux encore que
lon doive se demander si lutilisation de réseaux
souterrains, voire de lair comprimé ne retrouveront pas
un nouvel avenir, comme la suggéré la DATAR au moment
où lon sinquiète de lencombrement des
centre villes et de laugmentation du prix de lénergie.
On saura gré, en tout état de cause, à Elisa Le
Briand et à Anne-Laure Cermak, davoir complété
une lecture extensive des ouvrages et articles consacrés à
la poste pneumatique à Paris, par la consultation et surtout
lanalyse originale de nombreux documents darchives
ou rassemblés par des collectionneurs ; elles donnent, pour leur
premier travail de recherche, des synthèses intelligentes, qui
abordent les évolutions de la technologie et de sa place dans
la société, la prise en compte des besoins sociaux, lhistoire
aussi des politiques suivies, de leur financement et des prises de décision
tour à tour déterminées, sagissant dune
administration, qui a prouvé son dynamisme, par la volonté
de lempereur, le pouvoir des ingénieurs et des grands commis,
et la décision dun ministre. Tout en dégageant les
caractères spécifiques de cette aventure parisienne du
« pneumatique », quelles confrontent à dautres,
ces jeunes historiennes ouvrent la voie à des recherches complémentaires
qui permettront, notamment à partir des documents budgétaires
et financiers, pour autant quils soient disponibles, dapprofondir
leurs conclusions.
Dans
ce document vous accédez à tous les détails
de cette fabuleuse histoire.
sommaire
LA VITESSE RELATIVE ET SES FREINS
Cependant les utilisateurs se plaignent toujours de
la lenteur de lacheminement des cartes pneumatiques.
Il est facile dimaginer que le service des pneumatiques comprend
de nombreux kilomètres de tubulures, en perpétuelle évolution
et que lutilisation se complique au fur et à mesure que
le réseau sétend. Il suffit dune erreur dorientation
au départ dun tube et avant que la carte postale retrouve
la bonne direction il peut sécouler pas mal de temps. En
principe, une fois arrivée dans le bon bureau, la carte était
portée au domicile du destinataire par un jeune employé
des postes.
Sur la carte ci-dessous dessinée par un certain D.MURER on peut
voir le préposé au pneumatique à gauche qui actionne
lappareil propulseur, et à droite les jeunes gens qui attendent
quon leur remette une carte postale à aller porter.
Carte représentant les PTT, facteurs et le service des pneumatiques.
Quand la carte pneumatique est prise en compte par le
livreur pour être remise au destinataire, ce dernier part à
pied. Entre le bureau de poste et le domicile du destinataire, il peut
se produire différents « incidents de parcours »
de nature à ralentir la rapidité dexécution
de la tâche. Cest le cas par exemple de ce petit télégraphiste
qui rencontre en chemin un ami pâtissier parti livrer une brioche.
Alléché par la bonne odeur du gâteau que son camarade
lui met sous le nez, il semble quune conversation sengage
entre les deux livreurs, et pendant ce temps quelquun quelque
part, simpatiente de ne pas voir arriver la brioche commandée,
et ailleurs on attend toujours de voir arriver le pneumatique.
Paris Salle de courrier pneumatique.
Dans le film de François
Truffaut, Baisers Volés (1968), on peut suivre le parcours
physique du cur brisé du protagoniste à travers
la ville, après qu'il a glissé avec émotion une
lettre d' adieu dans la fente « PNEUMATIQUES » .

Le 30 mars 1984, le service de la Poste pneumatique
de Paris est interrompu après 117 années de fonctionnement.
Il est alors connu pour acheminer des correspondances, quon appelle
des « pneus », au moyen du vide ou de la pression dans un
réseau de tubes souterrains.
Avec lui disparaît un service particulier des Postes et Télécommunications,
un mode de transport rapide des correspondances, une spécificité
parisienne et un ensemble de techniques originales.
Ci dessous : Groupes dépresseurs-surpresseurs d'air servant de
force motrice aux curseurs circulant dans les tubes de la poste pneumatique
à Paris en 1984
A droite appareil pneumatique postal Fortin-Hermann centenaire encore
en service dans les années 1980 sur le réseau ministériel
(Ici à Paris-Central, rue de Grenelle).
Le service des pneumatiques de la ville de Paris
Réseau « Officiel » de Paris
11 lignes spécifiques ont relié 6 ministères
: Intérieur, Affaires étrangères, Marine, Défense,
France d'Outre-Mer et PTT (la Griffe), le Sénat et l'Assemblée
nationale exploitées manuellement par le central télégraphique
Grenelle depuis une salle spéciale et à l'exception d'une
antenne vers un site éloigné du ministère des Affaires
étrangères. Y était aussi raccordé le gouverneur
militaire de Paris à l'hôtel des Invalides. Une double
ligne automatique indépendante desservait à toute heure
le Sénat, l'Assemblée nationale et le Journal officiel
de la République française.
Schéma du réseau postal pneumatique Officiel à
Paris en 1967.
Ces lignes souterraines avaient l'avantage de garantir l'authenticité
des documents originaux transmis et de sécuriser les liens entre
des pôles stratégiques du pouvoir en cas de troubles. Des
correspondances spécifiques, que l'on nomme plis de service,
y circulaient. Ces plis émanent du président de l'Assemblée
nationale, du président du Conseil de la République ou
encore de hauts fonctionnaires ou des services administratifs des P&T.
La possibilité d'expédier des documents originaux et confidentiels
en un temps court est très prisée par les différents
services de l'administration publique centrale française.
Le tube reliant le Sénat et le Journal officiel via l'Assemblée
nationale est le dernier à avoir été utilisé
à Paris. Il permettait de transférer en quelques instants
les textes législatifs afin de procéder à des allers-retours
entre la chambre haute et le JO avec un arrêt possible à
l'Assemblée nationale.
Ce service exploité avec des appareils automatiques Lamson-Louis
Gaillard a été maintenu jusqu'en 2004.
sommaire

Le courrier pneumatique de New York
sommaire