LE TELEPHONE HAUT PARLEUR GERMAIN

Pour la presse le "Tétéléphone haut parleur" voit le jour en 1899 et on le doit à un Auvergnat M. Germain Pierre,
Germain est né à Mirefleurs (Puy-de-Dôme), le 17 juillet 1851.
Il entra au service de l'Etat en 1870, et gravit les échelons de la carrière administrative. Il était ensuite ingénieur des postes et télégraphes au Ministère du Commerce.
Toujours à la recherche de perfectionnements à apporter au service et au matériel télégraphique et téléphonique, il a inventé un certain nombre d'appareils dont quelques-uns ont été reconnus supérieurs à ceux qui étaient usités auparavant.
Citons la « pile-bloc », qui a été adoptée par l’Etat, par les compagnies de chemins de fer, et qui est employée par plusieurs services télégraphiques à l’étranger.
Puis le « téléphone haut-parleur » qui, après des études complètes et désormais décisifs, fut expérimenté, le 1 er septembre 1898, en présence du président du Conseil des ministres et des membres du Gouvernement.

Il s'est fait connaître par des travaux en électro-génie; téléphonie souterraine ...
Il avait également résolu d’importants problèmes de chimie industrielle et indiqué des méthodes pour extraire des roches d’Auvergne certains métaux d’un isolement jadis coûteux....
Après trente années de services dévoués, de nombreuses améliorations apportées par cet ingénieur au matériel de son administration, des inventions remarquables dont nous venons de parler ont mérité hautement la croix de chevalier de la Légion d'honneur, qui a' été conférée à M. Pierre Germain. par décret du 29 décembre 1899,

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La Pile Germain dite « pile-bloc ».
La pile Germain est employée chez beaucoup d'abonnés et dans un certain nombre de bureaux centraux, notamment à l'hôtel des téléphones de Paris, rue Gutenberg.
Le modèle d'élément Germain de l'Administration des Postes et des Télégraphes (fîg. 10), comprend un récipient extérieur en bois dur, sous forme de bloc, qui contient :
1° Une première lame de zinc pur, non amalgamé, formant le pôle négatif;
2° Un diaphragme des divers isomères de la cellulose amorphe, tels que paracellulose, vasculose, xylose, paraxylose; ce diaphragme, très élastique, est imbibé d'une dissolution de chlorure alcalin ;
3° Une couche d'oxyde supérieur de manganèse, rendu conducteur par la surface ;
4° Une lame de charbon placée au milieu de cette couche, et constituant le pôle positif;
5° Un second diaphragme, semblable au premier, et également imbibé de chlorure alcalin ;
6° Une deuxième lame de zinc, semblable à la première;
7 Un plateau en bois dur, reposant sur cette deuxième lame de zinc;
8° Une série de ressorts, en acier trempe, pressent de 150 kilogrammes environ sur l'ensemble des diverses parties énumérées ci-dessus, et prennent appui par un couvercle en bois_ dur, visse sur les quatre côtés du récipient. Bien celui-ci que ne doive pas être clos hermétiquement, atin de laisser échapper les gaz, M. Germain recommande expressément de ne pas l 'ouvrir, pour ne pas modifier l'action antagoniste des ressorts.

Pile Germain Comparatif
Deux plots extérieurs, en laiton, reliés respectivement aux deux zincs d une part, et au charbon d'autre part, servent de prises de courant; les indications C et Z sont gravées au-dessus. Les deux nombres également gravés dans le voisinage correspondent aux numéros d'ordre et de série des éléments.
L'élément Germain est portatif; il peut être placé impunément dans n importe quel sens. Il est livré prêt à fonctionner et il travaille jusqu'à épuisementpresque total sans affaiblissement ni polarisation.
Il ne se dégage du récipient ni odeurs, ni efflorescences. Les éléments adoptés par l'Administration des Postes et des Télégraphes sont munis de poignées en 1er, et on peut les placer les uns sur les autres, ou bien les uns à côté des autres, suivant l'emplacement dont on dispose.
Cette pile n'exige aucun entretien
Nous transcrivons, d'après M. Germain, le tableau comparatif des constantes des quatre systèmes de piles usitées sur les réseaux de l'Etat.

« Pour qu'une pile microphonique produise un travail normal, dit M. Germain, il faut que la somme des résistances intérieures des éléments qui la composent n'excède pas la résistance de l'inducteur de la bobine d'induction. « La résistance du circuit inducteur de la bobine devrait être
de 0,015 à 0,02 ohm avec la pile Germain, de 0,5 ohm avec la pile de Lalande, de 1,25 à 1,50 ohm avec la pile Leclanché et de 7 à 9 ohms avec la pile Callaud. On voit par là l'importance des piles microphoniques à faible résistance. »

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LE TELEPHONE HAUT PARLEUR

La première information parue est le 4 juin 1898 dans le Journal de la jeunesse :
Le 25 octobre dernier, le ministre du Commerce a fait procéder dans le jardin et les salons de l'hôtel de la rue de Grenelle à une très intéressante expérience de téléphonie à Haute voix, dont l'inventeur est M. Pierre Germain, inspecteur des postes et télégraphes a qui l'on doit déjà la solution d'importants problèmes de chimie appliqués à l'électricité.
Le téléphone Germain est un appareil à pied comprenant un récepteur, un petit.microphone et une bobine d'induction, dans laquelle les circuits sont shuntés de manière à doubler l'action du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits générateurs électriques semblables, au lieu d'un, comme cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le précieux avantage, en outre, d'être à faible débit et permettra l'emploi d'un haut voltage.
Le ministre du commerce et les principaux fonctionnaires du ministère et de l'administration des postes avaient été conviés à assister à ces expériences. Les auditeurs avaient été placés dans le jardin de l'hôtel du ministre. De là ils devaient entendre « les deux Grenadiers », « les Infinies »; « le Vallon », chants que M. Lubert, ténor de l'Opéra-Comique où durant de longues années il a remporté de légitimes succès, a interprétés dans un local dépendant de l'hôtel du ministre et très éloigné des auditeurs.
L'expérience a pleinement réussi, au moyen du récepteur qui avait été placé dans une pièce du rez-de-chaussée, les invités du ministre, bien que séparés du chanteur par les bâtiments de l'hôtel et une distance de près de 100 mètres, ont pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement que s'ils avaient été proches de lui.
L'auteur de ce système de téléphone, M. Pierre Germain, a fait, à son tour, dans le récepteur, une conférence sur la téléphonie de l'avenir, puis il a énuméré les avantages et les principales applications que l'on pourrait,faire de la « téléphonie intensive » suppression d'un fil sur deux, remplacement du bronze par le fer, théâtrophone haute voix, téléphonie sans fil des trains en marche avec les gares.
« A l'aide du téléphone Germain, a dit l'inventeur, on peut enregistrer la parole a distance, recueillir tous les sons d'une salle, et les mprimer mécaniquement. La caractéristique de cet appareil est une grande simplicité d'organes. Le progrès qui s'y trouve réalisé de toutes pièces réside, presque exclusivement, dans la composition chimique nouvelle des organes microphoniques, dans leur contexture physique et dans l'atténuation de l'inertie des particules en mouvement. L'intensité nouvelle des courants obtenus qui permet à ceux-ci de franchir des lignes aériennes les plus longues est due à l'aptitude supérieure qu'ont ces particules métalloïdes hétérogènes, de modifier l'intensité des courants primaires sous l'action des plus faibles vibrations ».
Cette conférence a été aussi distinctement entendue des auditeurs que si le conférencier eût été devant eux. La voix se développait naturellement et à la tonalité ordinaire.
Le téléphone de M. Germain constitue en somme un progrès considérable, puisqu'il permettra désormais des applications bien plus étendues que les instruments ordinaires. Ne serait-ce que dans l'ordre politique, le téléphone parlant sera d'un immense secours aux candidats qui, sans bouger de chez eux et sans avoir à craindre les contradictions et les interruptions, téléphoneront leurs professions de foi à leurs électeurs attentifs réunis dans leur circonscription.

Brevet "Poste téléphonique" 278357 du 27.05.1898

Dans la revue "La Frane Libre" du 27 octobre 1898 TÉLÉPHONIE INTENSIVE :
"Lundi, à 4 heures de l'après-midi, avait été organisée, dans le jardin et les salons du ministère du commerce, rue de Grenelle, à Paris, une très intéresante expérience de téléphonie à haute voix, dont l'inventeur est M. Pierre Germain, inspecteur des postes et télégraphes, à qui l'on doit déjà la solution d'importants problèmes de chimie appliqués à l'électricité. Le téléphone Germain est un appareil à pied comprenant un récepteur, un petit microphone et une bobine d'induction, dans laquelle les circuits sont shuntés de manière à doubler l'action du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits générateurs électriques semblables, au lieu d'un, comme cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le précieux avantage, en outre, d'être à faible débit et permettra l'emploi d'un haut voltage. Le ministre du commerce, M. Mougeot, sous-secrétaire d'Etat aux postes et télégraphes, et les principaux fonctionnaires du ministère et de l'administration des postes avaient été conviés à assister à ces expériences. Les invités avaient été placés dans le jardin du ministère. De là ils devaient entendre les « Deux grenadiers », « les Infinies », le « Vallon », chants que M. Lubert, ténor de l'Opéra-Comique, a interprétés dans un local dépendant de l'hôtel du ministre et très éloigné des auditeurs. L'expérience a pleinement réussi. Au moyen du récepteur qui avait été placé dans une pièce du rez-de-chaussée, les invités, bien que séparés du chanteur par les bâtiments de l'hôtel et une distance de près de 100 mètres, ont pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement que s'ils avaient été proches de lui. L'auteur de ce système de téléphone, M.Pierre Germain, a fait, à son tour, dans le récepteur, une conférence sur la téléphonie de l'avenir, puis il a énumérè les avantages et les principales applications que l'on pourrait faire de la téléphonie intensive : suppression d'un fil sur deux, remplacement du bronze par le fer, thèâtrophone à hante voix, téléphonie sans fil des trains en marche avec les gares. Cette conférence a été aussi distinctement entendue des auditeurs que si le conférencier eût été devant eux. La voix se développait naturellement et à la tonalité ordinaire. Les expériences terminées, le ministre a chaleureusement félicité M. Germain. Le soir, au sous secrétariat des postes et télégraphes, en présence de M. Mougeot et des ingénieurs de l'administration, M, Germain à expérimenté de nouveau son appareil, qui a obtenu autant de succès que dans la séance de l'après-midi."

Dans le journal "La Civilisation" du 30 octobre 1898

Expériences de téléphonie intensive PAR TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR
Avant hier, à quatre heures, sous la haute direction de M. Pierre Maruéjouls, chef de cabinet du ministre du commerce, avait, été organisée, dans le jardin et les salons de l’hôtel de la rue de Grenelle, une très intéressante expérience de téléphonie à haute voix, dont l’inventeur est Pierre Germain, inspecteur des postes et télégraphes à qui l’on doit déjà la solution d’importants problèmes de chimie appliqués à l'électricité.
Le téléphone Germain, que nous avons vu, est un appareil à pied comprenant un récepteur, un petit microphone et une bobine d’induction, dans laquelle les circuits sont shuntés de manière a doubler l’action du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits générateurs électriques semblables, au lieu d'un, comme cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le précieux avantage, en outre, d’être à faible débit et permettra l’emploi d’un haut voltage.
Le ministre du commerce, M. Mougeot, sous-secrétaire d’Etat aux postes et télégraphes, et les principaux fonctionnaires du ministère et de l’administration des postes avaient été conviés à assister à ces expériences que Mme Maruéjouls elle-même a honorées de sa présence. Les invités avaient été placés dans le jardin de l’hôtel du ministre. De là ils devaient entendre Les deux Grenadiers, Les deux infinis, Le Vallon, chants que M. Lubert, ténor de l’Opéra-Comique où durant de longues années il a remporté de légitimes succès, a interprétés dans un local dépendant de l’hôtel nu ministre et très éloigné des auditeurs L’expérience a pleinement réussi, au moyen du récepteur qui avait été placé dans une pièce du rez-de-chaussée, les invités de M. Maruéjouls, bien que séparés du chanteur par les bâtiments ne i hôtel et une distance de près de 109 mètres, ont pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement que s’ils avaient été proches de lui...
L’auteur de ce système de téléphone, M. Pierre Germain, à fait, à son tour, dans le récepteur, une conférence sur la téléphonie le l’avenir, puis il a énuméré les avantages et les principales applications que l’on pourrait faire de la « téléphonie intensive » : suppression d’un fil sur deux, remplacement du bronze par le fer, théàtrophone à haute voix, téléphonie sans fil des trains en marche avec les gares. Cette conférence a été aussi distinctement entendue des auditeurs que si le conférencier eût été devant eux. La voix se développait naturellement et à la tonalité ordinaire. Les expériences terminées, le ministre a chaleureusement félicité M. Germain.
Le soir, au sous-secrétariat des postes et télégraphes, en présence de M. Mougeot et des ingénieurs de l’administration. M. Germain a expérimenté de nouveau son appareil, qui a obtenu autant de succès que dans la séance de l’après-midi.

La concurence ne tarde pas à arriver :

Dans "L'Écho du Nord" du 27 décembre 1898.

Un téléphone haut parleur
La Science française nous apprend que M. Dussaud, un jeune savant professeur à l'Université de Genève, vient d’expérimenter dernièrement devant une assistance aussi nombreuse que choisie, un téléphone haut parleur de son invention. Cette nouvelle sera certainement bien accueillie de tous les commerçants qui connaissent les inconvénients et les vices du téléphone. Il suffit en effet de rappeler que pour se servir du téléphone, il faut sinon se déranger, au moins prendre en main l’appareil et se coller contre l’oreille une conque métallique plus ou moins suspecte de souillures infectieuses, tandis que l’on s’exténue à crier, la bouche tout près d’une planche peut-être également malpropre. Avec le téléphone idéal de M. Dussaud, il en est tout autrement. Assis chacun à son bureau, les deux interlocuteurs peuvent, une fois la communication établie.

Franz Dussaud dès 1895 a eu l’idée, pour la guérison des sourds, de combiner le phonographe Edison au microphone à charbon conçu par Hughes
1896 Le télémicrophonographe DUSSAUD.
François Dussaud a notamment mis au point le cinémacrophonographe, ou Phonorama, qui permettait l'enregistrement de sons grâce à un microphone. Son système autorisait ainsi la projection de films parlants.

Dans La Nature du 27 novembre 1899.
Expériences téléphoniques.
— M. Dussaud présente et fait fonctionner, avec un plein succès, son nouveau téléphone permettant d’enregistrer les conversations et de les recevoir à distance. Le téléphone Dussaud est composé d’un transmetteur et d’un récepteur tous deux pourvus de plusieurs plaques vibrantes agissant par chacune de leurs faces. Cette combinaison donne une intensité suffisante pour enregistrer la parole, même lorsqu’on parle à voix basse, et la répéter à volonté. Le téléphone Dussaud a permis d’enregistrer des nouvelles téléphonées aux journaux, des ordres d’administration, des auditions théâtro-phoniques et des discours au moyen d’un poste transmetteur dissimulé sur la tribune de l’orateur .
M. Dussaud a fait fonctionner récemment son téléphone haut parleur associé à un phonographe répétiteur. Les résultats ont paru satisfaisants....


Jusque là la presse n'a pas montré de gravure sur ce téléphone haut parleur, c'est en France dans "Le Magasin pittoresque " du 1er janvier 1899 que l'on voit cet article : LE TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR

L'étude de l'enregistrement, de la reproduction et de l'amplification des sons, soit par le phonographe, soit par le téléphone, est en ce moment, et depuis quelque temps déjà, à l'ordre du jour. L'Académie des sciences a écouté avec un intérêt significatif, au cours d'une de ses dernières séances, les curieuses communications à ce sujet de M. le docteur Marage et de M. Dussaud, dont M. Marey s'était fait l'interprète.
Mais nous croyons que personne n'a poussé ce genre de recherches aussi loin que M. Pierre Germain, inspecteur du service des postes et télégraphes, qui, passant de la théorie à la pratique, vient de doter le téléphone d'un perfectionnement des plus remarquables.
Rappelons que l'organe principal du téléphone, tel que nous le connaissons, est ce qu'on appelle le microphone, grâce auquel l'invention de Graham Bell a pu rendre les immenses services que l'on sait. Dans le système actuel, cet organe est placé immédiatement sous la plaque de bois devant laquelle on parle. Il se compose d'une série de petites baguettes en charbon de cornue, assujetties de façon à ce que toutes les vibrations de la plaque modifient les contacts de ces baguettes avec leurs supports. Ce sont ces modifications, si légères qu'elles paraissent, qui suffisent à déterminer les diverses variations dans l'intensité du courant et par suite dans le magnétisme de l'aimant du récepteur.
Le perfectionnement apporté par M. Germain réside principalement dans la substance et dans le dispositif employés pour la construction du microphone. Au lieu du charbon de cornue, il a eu l'idée d'utiliser les propriétés du silicate nature, matière pour ainsi diree inaltérahIe, en tout cas peu combustible et beaucoup plus sensible aux vihrations sonores. En outre, l'emploi des silicates permet chose impossible à faire auparavant, sous peine de détraquer l'appareil d'augmenter l'intensité du courant dans des proportions considérables, ce qui a pour résultat d'accroitre la puissance et la « portée » de l'instrument.
D'où le nom de téléphone haut-parleur donné par M. Germain à son invention.
En effet, au chuchotement nasillard que l'on a coutume d'entendre grésiller au fond des récepteùrs, le microphone en question substitue la reproduction exacte de la parole à haute voix, avec son timbre naturel, et qu'il est facile d'entendre distinctement sans même s'approcher de l'appareil. Une fois la communication établie, il vous est loisible, soit en restant assis dans votre fauteuil, soit d'un point quelconque de la pièce, d'engager une conversation avec un correspondant, ou 2,000 kilomètres de distance. Pas hesoin de confier vos demandes à la petite planchette en bois verni, pas hesoin non plus de vous emprisonner les oreilles entre deux récepteurs pour entendre les réponses de votre interlocuteur; vous lui
parlez comme s'il était dans la pièce, il vous répond de même. Evocation étrange, saisissante !
Autre avantage grâce au téléphone haut-parleur, dix, cent, mille personnes à la fois sont mises à même d'entendre une conférence, un concert, une pièce de théâtre, dans des conditions de réalisme que le meilleur phonographe n'a jamais atteintes. Il va sans dire~,que le secret d'unc conversation particulière peut toujours être aisément assuré au moyen d'un simple commutateur.

Pierre Germain a également apporté divers perfectionnements dans le dispositif des appareils dé réception et d'émission.,L'un est muni d'un vaste corrnett en forme d'entonnoir destiné à la propagation des ondes sonores quant au récepteur, sa puissance est plus que doublée par l'adjonction
en regard de chacun des pôles de l'électro-aimant, d'une petite bobine d'induction qui augmente l' amplitude des vibrations de la plaque.
Comme on le voit, l'inventeur n'a rien négligé pour que son appareil fût aussi parfait que possible. Si nous ajoutons qu'avec les courants de grande intensité utilisés pour le téléphone haut-parleur il n'est plus besoin de deux fils de bronze, mais seulement d'un simple fil de fer, on comprendra l'économie sérieuse qui devra résulter de l'adoption du nouveau système, le bronze coûtant environ trois fois et demie plus cher que le fer et le fil de retour étant supprimé.
En présence de M. Paul Delombre, ministre, et de M. Mougeot, sous-secrétaire des postes et télégraphes, les premières expériences officielles ont eu lieu ces jours-ci. Les rares invités ont pu constater qu'à deux cents mètres de l'appareil l'audition était encore parfaitement distincte pour un air chanté par M. Lubert, de l'Opéra-Comique, comme pour une conférence faite par l'inventeur. Certains n'en croyaient pas leurs oreilles.
Encore une victoire à l'actif de la science française !
EDOUARD Bornaffé.

On comprend que l'nvention de cet appareil avec ce microphone particulier soit l'invention de Germain mais le terme "Téléphone Haut parleur" ait été repris par Dussaud puis Gaillard Ducretet en 1904 ...

Puis dans La Science française du 2 février 1899

LE TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR SYSTÈME GERMAIN

J'y suis allé de mon petit voyage à Fontenay-aux-Roses, attiré à la fois et par la sève printanière et par le téléphone de M. Germain.
J'en suis revenu on revient toujours d'un voyage enchanté, et des arbres en fleurs et de l'appareil.
Je passe sous silence le printemps et ses oeuvres pour me consacrer entièrement à M. Germain, ou plutôt à son nouveau système de téléphonie je ne saurais faire de poésie avec les volts et les lois de l'acoustique.
Je dois déclarer tout d'abord qu'il faut se méfier des phrases enthousiastes qui ont accueilli le téléphone haut-parleur à ses débuts.
Certes, je suis loin de lui méconnaître une réelle supériorité sur tout ce qui existe dans ce genre, mais il me faut faire des restrictions quant à l'idéal enfin atteint. Du reste M. Germain est le premier à s'en rendre compte et, loin de se formaliser de cette franchise peut-être un peu brutale, je suis persuadé qu'il sera enchanté de me voir rester dans les limites de ce qui constitue, somme toute, son invention.
Le nouvel appareil ne diffère en rien de ses semblables j'entends par là qu'aucun élément nouveau n'entre en jeu; il y a tout simplement et uniquement modification de certains organes et une transformation totale du microphone.
Le courant est fourni par la pile-bloc encore une invention de M.Germain! qui a été adoptée par l'Etat pour le service téléphonique.
Dans toutes les expériences auxquelles j'ai assisté, nous nous sommes placés dans les conditions les plus défavorables. Les éléments employés sont usés et fournissent les uns unvolt, et les autres 1 volt 23. Nous avons constamment expérimenté sur la base de 1 volt 13, alors que l'élément de pile, neuf marque 1 volt 60. La résistance intérieure au lieu d'être seulement de, 08 ohm, se trouvait de ce fait portée à un ohm. On conçoit que, dans ces conditions, l'appareil ne puisse donner son maximum d'effets.
Toutes les expériences ont été faites à travers une ligne artilicielle figurant le parcours de Paris-Londres; cette ligne ne correspond pas à celle en service, maisà ume autre projetée, ayant un peu moins de résistance et cinq fois moins de capacité.
La bobine d'induction est du type 1,50/150 c'est-à-dire que les résistances des circuits primaire et secondaire sont respectivement 1,5 ohm et 130 ohms: c'est le modèle ordinaire admis par l'Etat.
L'appareil récepteur, type Ader, est muni d'une petite embouchure de 4 centimètres.
Pour les auditions en plein air, cette embouchure est remplacée par une autre de 12 centimètres.
Le microphone constitue la base essentielle de l'invention; c'est là qu'en réside toute l'originalité.
Il mesure 5 centimètres de diamètre, et autant d'épaisseur. La plaque vibrante, placée au fond de l'embouchure est rendue insensible à l'action de l'humidité. Sous cette plaque est fixé un petit réservoir dont les parois, ainsi que la grenaille qu'il contient, diffèrent essentiellement, comme composition chimique, des subtances connues. N'ous avons constaté par expérience, que les différences de pression donnent des variations de résistanee cousidérables.
Ainsi, si Ion place un ampèremètre marquant les centiampères dans le circuit fermé, on n'observe pour ainsi dire aucune trace de courant lorsqu'on ne parle pas; mais dès qu'un son vient à frapper la plaque vibrante. l'aiguille dévie immédiatement et oscille de zéro à 10 divisions.
Si l'on élève la voix, elle peut atteindre jusqu'à 20 divisions, mais elle retombe promptement à zéro dès que l'on cesse de parler.
En somme, le microphone débite très peu et produit cependant des courants d'induction considérables sur le circuit primaire. On ne peut mesurer ces courants vibratoires mais ils se traduisent par des secousses, des picotements intolérables sur les mains lorsqu'on s'intercale sur la ligne. Leurs effets sur le récepteur sont tels que l'on distingue la en plein air à une distance de 50 mètres, C'est une expérience qui a été faite dans le jardin de M. Germain, l'appareil se trouvant placé à une fenêtre du troisième étage. Je suis persuadé que la nuit. alors que tous les bruits étrangers sont éteints, dans le calme parfait de Fontenay. M. Cermain pourrait faire entendre à tout un quartier la voix d'uu ami habitant à plusieurs centaines de kilomètres de là. J'ai pu également observer qu'une audition de chant est beaucoup moins nette qu'une conversation. Les modulations semblent en effet se gêner; du reste l'appareil n'est pas un théâtrophone il faut, pour bien se faire entendre parler très nettement et très lentement.
Nous avons placé ensuite un récepteur à l'intérieur de là maison d'habitation.

J'avoue avoir eu beaucoup de peine à suivre la conversation. Cette remarque m'a surpris, mais, après réflexion, j'en conclus que nous avions choisi un emplacement défectueux. En effet, le récepteur était installé dans la cage d'escalier. l.es sons, en sortant de l'appareil, viennent frapper les cloisons en même temps que l'oreille de l'expérimentateur. Comme ils sont considérablement ampliliés, ils se réfléchissent avec force dans tous les sens de sorte, que lorsque l'appareil jette un mot, l'oreille perçoit en même temps les multiples échos du mot précédent. C'est là une modeste remarque d'un profane qui se permet d'en faire part à l'inventeur.
La parole peut être également enregistrée sur un cylindre pendant l'audition; c'est un avantage considérable lorqu'une conversation importante est engagée: le contrôle au téléphone devient donc possible.
D'après certaines expériences en ligne, notamment entre Paris et Marseille, on a acquis la certitude que la parole est plus forte que les courants d'induction qui affectent tant les fils téléphoniques très longs et placés dans le voisinai.des lils télégraphiques.
Si donc laparole est plus forte que ces courants, dits de friture, il est possible de rendre la ligne silencieuse, en insensibilisant les récepteurs qui seront cependant actionnés par la voix.
Dans toutes ses expériences, M. Germain a recherché l'économie: on lui objecte l'emploi obligatoire de deux fils.
Selon lui, la téléphonie un fil peut n'être qu'une formule représentant mieux l'économie qu'il est possible de réaliser avec son appareil en employant deux conducteurs à section réduite et donnant les mêmes résultats.
On peut, dès maintenant,considérer que la téléphonie à section réduite est réalisée avec une économie de 30 à 70 % et une amélioration considérable d'audition.
Dans ces conditions, l'Etat y trouverait la réalisation de ses désirs et le particulier celle des rêves.
L. FOURNIER

Dans le bulletin des lois on retrouve les brevets du 27 mai 1898 et celui du 8 mars 1889 :


Extrait du petit Journal de 1899
Les découvertes scientifiques se succèdent de nos jours avec une telle rapidité qu’il devient très difficile de les noter toutes au passage. Il en est certaines, cependant, qui présentent un intérêt si capital, ou dont les résultats sont si extraordinaires qu’on ne saurait les passer sous silence. Telle est cette admirable invention du téléphone haut parleur qui avait fonctionné, il y a quelques mois, à titre d’essai, au Ministère des Postes et Télégraphes et qui est entré, presque d’emblée, en service dans plusieurs grands établissements. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails techniques au sujet de cet appareil : contentons-nous de rappeler que, grâce à des dispositions extrêmement ingénieuses, il permet d’entendre, de tous les points de la salle où es 1 placé le récepteur une voix forte, nette; bien timbrée, dépourvue de tout nasillement. On peut parler doucement devant le transmetteur sans que le récepteur cesse de traduire à haute voix les impressions qu’il a reçues. On peut, à quinze mètres des appareils, entretenir une conversation sur un ton normal. On arrive à des résultats plus merveilleux encore, lorsque aucun bruit extérieur ne vient restreindre la portée des ondes sonores. C’est ainsi que le soir, par un temps calme,on entend très distinctement, à cent mètres de distance, le chant, la musique, ou le discours d’un orateur, prononcé d’une voix assez forte. Ces résultats admirables n’ont pas seulement un grand intérêt de curiosité scientifique. Us sont susceptibles d’une utilisation pratique beaucoup plus étendue qu’il me semble au premier abord. Du reste, à peine l’invention était elle réalisée qu’elle était adoptée pour plusieurs usages spéciaux. Il est juste de dire que cette découverte s'est présentée du premier coup avec un caractère en quelque sorte définitif et l’on ne prévoit guère ce qu’il y au fait à modifier ou à perfectionner aux premiers appareils produits.

sommaire

Dans les livres de téléphonie, on trouve en détail les composants du téléphone Haut parleur

Le transmetteur GERMAIN

— Le microphone est formé par deux plaques de charbon d’environ 35 mm de diamètre, striées sur leur face interne et métallisées sur leur face externe pour leur donner de la solidité. Les deux plaques de charbon sont assemblées par un ruban de soie qui forme la paroi latérale d’une boite souple dans laquelle est logée la grenaille semi-conductrice.
Chacune des plaques de charbon est traversée par un boulon. Le boulon supérieur sert à fixer le microphone sur la planchette vibrante en sapin ; la liaison a lieu un peu au-dessous du centre de cette planchette. Les deux boulons reçoivent chacun un des fils de communication.
— La clé d’appel (fig. 78) est un bouton-poussoir A, mobile dans une glissière et dont la course est limitée d’un côté par la tête du bouton, de l’autre par un épanouissement a de la tige.
La tige de ce bouton s’appuie sur un levier B qui, traversant de part en part un cylindre en ébonite, reçoit à son autre extrémité le ressort antagoniste à boudin R. Le cylindre est supporté par deux équerres qui servent de paliers à son axe ; il peut donc, sous l’action du bouton poussoir A, subir des déplacements angulaires et le ressort R le ramène à sa position de repos lorsque l’action du bouton-poussoir cesse de se faire sentir.
Quatre chevilles métalliques e , traversent le cylindre, les deux dernières ayant une orientation différente de celle des deux premières.
En regard de ces quatre chevilles sont disposés 8 ressorts r, dont quatre restent isolés pendant que les quatre autres sont reliés deux à deux par l’intermédiaire des chevilles e.
— Le levier-commutateur est analogue à la clé d'appel.
Le cylindre en ébonite (fig. 79) porte cinq chevilles e ; le nombre des ressorts est de dix . Le crochet mobile est monté sur l’axe du cylindre E. Ce crochet est terminé par une fourche F entre les branches de laquelle s’engage une goupille fixe, f, qui limite ainsi la course du commutateur.

Communications intérieures. — La figure 80 en donne le diagramme.

Le combiné GERMAIN

Le microphone, semblable à celui que nous avons déjà décrit, est monté sur une plaque vibrante en tôle vernie, dont la tranche est recouverte par une bague en caoutchouc.
De chacune des plaques de charbon part un petit cordon souple qui aboutit à une borne isolée, montée sur le boîtier métallique qui renferme le microphone. Aux deux bornes isolées en relation avec le microphone, sont rattachés deux des brins d'un cordon souple à quatre conducteurs; ce sont les brins rouges qui correspondent au circuit primaire; les brins verts traversent un tube métallique, garni d’un manche, qui est vissé sur le boîtier du microphone et qui, à son autre extrémité, est aplati. Dans cette partie plate, terminée par un crochet de suspension, est pratiquée une glissière sur laquelle est monté le récepteur du modèle de M. Germain.
Cet appareil est présenté par la Société « la Téléphonie nouvelle» (France).

Et beaucoup plus détaillé dans La Nature di 1er avril 1899

LE TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR
Dans ces derniers temps, il a été beaucoup question du téléphone haut parleur de M. Germain. Cet appareil a fonctionné à titre d’essai au Ministère des télégraphes. On n’en avait pas donné encore de description précise. Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer M. Germain à son aboratoire de Fontenay-aux-Roses et il a bien voulu nous faire examiner le nouvel appareil et nous le faire entendre. Nous sommes en mesure de décrire cet intéressant instrument.
La figure 1 nous montre les principales dispositions adoptées. Dans le n° 1, on aperçoit une vue d’ensemble du transmetteur, et dans le n° 2 une coupe transversale. En avant se trouve une ouverture, dans laquelle aboutissent quatre petits tuyaux qui sont placés devant des plaques vibrantes A et R. Ces plaques, formées de silicate de potasse et de magnésie, ont une nature spéciale qui se prête très aisément à toutes les vibrations. Sur elles sont fixés une série de petits cylindres renfermant du charbon en poudre.


Pour de grandes auditions, la poudre de charbon est remplacée par de la grenaille métalloïde plus réfractaire.
Cette disposition du microphone, avec une certaine intensité de courant, donne des résultats remarquables. A la sortie du microphone se trouve une bobine d’induction ordinaire du modèle adopté par l’État, ayant respectivement pour résistances du circuit primaire et secondaire 1,5 ohm et 150 ohms; on aperçoit cette bobine dans notre figure, fixée d’une manière apparente au-dessous de l’embouchure.
Pour les expériences auxquelles nous avons assisté, dans un local spécial, le transmetteur était branché à l’extrémité d’une ligne artificielle représentant la ligne de Paris à Londres; à l’autre extrémité se trouvait le récepteur (fig. 1, n° 5). Pour actionner chaque transmetteur sur cette ligne, on employait 4 éléments de pile bloc Germain. Avec ces 4 éléments, on fait en même temps l’appel en courants continus; par un dispositif de commutateur multiple et de 5 petits tubes secondaires, on peut effectuer l’appel sans emploi de pile proprement dite.

A l’autre extrémité de la ligne, dans le laboratoire de l’inventeur, se trouvait un récepteur Germain, monté sur un appareil à pied (fig. 1, n° 5), muni
d’un petit pavillon de 0m,10 de diamètre d’ouverture. En parlant devant le transmetteur, on entendait en tous les points du laboratoire une voix forte, nette, bien timbrée, sans aucun nasillement; il faut toute fois remarquer que le chant et la musique sont beaucoup plus intenses et très nets également. On peut parler doucement sans qu’on cesse d’entendre à haute voix dans la pièce où se trouve le récepteur.
Dans le laboratoire était placé également un deuxième récepteur formé d’un tube légèrement conique de 10 millimètres de diamètre à une extrémité et de 70 millimètres au maximum, et d’une longueur de 2 mètres (fig. 2). Ce tube est fixé contre le mur et permet d’entendre dans le jardin entourant l'habitation. Dans la journée, les bruits extérieurs restreignent la portée en plein air; le soir, on peut entendre le chant, la musique, une forte voix d’un
orateur à 100 mètres du récepteur. La conversation sur un ton normal peut se faire à une distance de 15 mètres seulement.
Dans les essais que nous venons de mentionner, il n’a été fait usage que du premier modèle de microphone fonctionnant avec 4 éléments de piles.
Il existe également d’autres modèles pouvant marcher avec 6, 10, 15 éléments et même un plus grand nombre, suivant l’intensité que l’on désire.
Le microphone Germain peut en effet supporter sans crachement ni trace de friture des courants de 10 à 25 volts et de 0,5 à 25 ampères. Pour les
conversations ordinaires à haute voix, le premier modèle suffit parfaitement; il est alimenté par 4 éléments qui donnent une intensité de 0,5 ampère; c’est la condition économique qui convient à une bonne exploitation. Lorsqu’il s’agira de faire entendre à une série de personnes, ou lorsqu’il faudra faire des applications comme le théàtrophone, il sera nécessaire d’adopter d’autres dispositions et de choisir des intensités de courant plus élevées.

Les figures 5 et 4 nous montrent des transmetteurs qui peuvent être utilisés dans ces applications Nous mentionnerons enfin les expériences très ntéressantes d’inscription sur un phonographe qu’étudie actuellement M. Germain. La voix d’une personne causant à 2 mètres de l’ouverture du microphone s’imprime à travers une ligne d’une longueur de plus de 100 kilomètres sur le rouleau d’un phonographe. Ce moyen permet d’enregistrer aisément la parole en l’absence d’un correspondant ou de faire de la sténographie électrique. La figure 5 nous montre les principales dispositions adoptées.
A droite (n° 3) se trouve le transmetteur dont nous avons parlé plus haut, avec le microphone, la pile et la bobine d’induction. Le courant est transmis à travers une ligne, dont la longueur peut varier et atteindre jusqu’à 400 kilomètres, en partie aérienne et en partie souterraine. La ligne, à son arrivée, est reliée au récepteur que l’on voit dans le n° 1 monté sur le phonographe. Comme le montre le détail figuré dans le n° 2, le récepteur porte un tube qui relie son orifice à la plaque vibrante du phonographe.
Ces expériences d’enregistrement, auxquelles nous avons pu assister, sont fort intéressantes et réussissent très bien. On entend à haute voix la conversation pendant qu’elle s'enregistre.
Tels sont les principaux faits que M. Germain a bien voulu nous expliquer et nous démontrer dans son laboratoire avec tous les renseignements que
peut fournir un inventeur laborieux et habitué aux essais de toutes sortes; nous le remercions de nous avoir initié aux détails de son nouveau téléphone et nous souhaitons pour lui et pour nous que l’avenir confirme les succès de la première heure
L.LFROY.

Lors de l'exposition d'électricité de 1900, Germain figurait comme "inspecteur du matériel des Postes et des Télégraphes", et présentait ses piles électriques, et le téléphone haut-parleur, .

Plus tard dans le journal La Nature 1901

TÉLÉPHONE HAUT-PARLEUR
Nous venons de faire récemment dans La Nature un article sur le téléphone haut-parleur de M. Gaillard. Cet appareil peut présenter une certaine utilité pour les mécaniciens. Nous le reproduisons donc ici.
On recherche depuis longtemps déjà un système de téléphone haut-parleur assez pratique pour pouvoir être utilisé dans l'industrie, et permettant de transmettre la parole sans que la personne appelée soit obligée d'appliquer un récepteur à ses oreilles.
L'année dernière, nous avons eu l'occasion Î de signaler les travaux de M. Germain à ce sujet.
Il venait de construire un modèle spécial de téléphone qui était à l'essai au Ministère des postes et télégraphes, et nous avions pu rencontrer M. Germain dans son laboratoire de Fontenay-aux-Roses, où il nous avait donné foutes les explications utiles et où il nous avait été possible de faire quelques expériences avec l'appareil, notamment sur une ligne artificielle représentant la ligne de Paris à Londres. Plusieurs autres essais des plus intéressants étaient également entrepris, et M. Germain avait obtenu des résultats surprenants en remplaçant les microphones qu'il employait tout d'abord par des micro-téléphones. Depuis cette époque, nous n'avons plus eu de nouvelles de l'appareil Germain.
Cette question d'un téléphone haut-parleur a cependant une grande importance au point de vue industriel. Nous devons reconnaître en effet que le téléphone ordinaire, qui a pourtant de nombreux avantages, présente cependant des inconvénients quand il s'agit d'une exploitation particulière. Prenons, par exemple, le cas d'une distribution téléphonique dans une distribution que nous supposerons établie dans les conditions les meilleures. L'ingénieur, chef de service, désire parler avec un contremaître, un chef monteur, etc. Il demande d'abord au bureau central téléphonique de l'usine de le mettre en communication avec ce contremaître, ce chef monteur. En quelques secondes, la communication est établie, si ces derniers sont présents à leur poste. L'ingénieur réclame les renseignements qui lui sont nécessaires ; souvent, au milieu du bruit, il ne peut entendre distinctement.
Ce contremaître distingue à peine ce qu'on lui demande, se trouvant dans l'atelier où le marteau tape sur le fer, etc. Bref, après quelques minutes, on n'a pu se comprendre suffisamment et l'ingénieur est finalement obligé de dire au contremaître de monter à son bureau pour avoir des explications plus claires. Dans ces conditions, on conviendra que le téléphone ne remplit pas entièrement le but auquel il est destiné. Et ce fait se renouvelle tous les jours dans nombre d'installations.
M E. Ducretet a construit un téléphone haut-parleur, dû à M. Gaillard, et cet appareil permet d'éviter les inconvénients que nous signalions plus haut. Il se compose de deux microphones, l'un destiné à la personne qui donne les ordres et que l'on décroche pour parler devant, et l'autre à grand pavillon transmettant à haute voix ces ordres dans une salle. Ce premier appareil est destiné aux lignes de peu de longueur. Il n'exige pas la présence de la personne au téléphone, ne nécessite aucune sonnerie. L'appel se fait directement à haute voix, et ajoutons que cet appel est très net.
Toutes les paroles arrivent distinctement, même au milieu du bruit. Pour parler, il est seulement nécessaire de s'approcher du téléphone.
Chaque poste comprend un transmetteur devant lequel l'on parle et un récepteur qui répond à haute voix. On pressent combien dans ces conditions l'emploi du nouvel appareil évitera de pertes de temps. Les communications arriveront de plus directement à la personne visée, et l'on évitera ces mises en communication souvent multiples, et parfois difficiles à obtenir.
M. Gaillard, en créant ce haut-parleur, a eu aussi en vue les applications diverses dans la marine, où bien souvent les ordres doivent être transmis directement, avec la plus grande rapidité, et où il serait impossible au marin interpellé d'abandonner son poste d'observation pour courir au téléphone.
Le même cas se présente également souvent pour un mécanicien obligé de rester à sa machine.
Le haut-parleur de M. Gaillard nous paraît donc susceptible de rendre des services multiples et de se substituer au téléphone ordinaire dans un grand nombre de circonstances.
J. LAFFARGUE.

Autres brevets téléphoniques
"Système de communication téléphonique et télégraphique inter-train" brevet 192183 du 31.07.1888
"Nouveau système de téléphone" brevet 235177 du 07.12.1893
"Poste téléphonique Germain" brevet 258260 du 25.07.1896
"Poste téléphonique pour réseaux aériens, souterrains et sous-marins" brevet 270032 du 01.09.1897
"Poupée téléphonique brevet 291017 du 20.07.1899
"Système perfectionné d'appareils téléphoniques" brevet 309770 du 06.04.1901
"Perfectionnements aux appareils téléphoniques" brevet 313356 du 08.08.1901

Dans tous les brevets Germain, les mots "téléphone haut parleur" n'apparaissent pas, c'est Dussaud qui les utilisera pour son son Brevet "Téléphone haut parleur et téléphonographe" 299173 du 11.04.1900 .

Dussaud, qui a l'idée de l'enregistrement et de la reproduction électriques dès 1894, inventa le microphonographe, enregistreur ou reproducteur, père du "pick-up". La première expérience eut lieu le 21 novembre 1897. Il avait même l'idée d'un amplificateur, qu'il appelait multiphone, et qui fut présenté à l'Académie de médecine, en 1899.

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En 1901
Téléphone Haut-parleur R.Gaillard Ducretet
Images du catalogue Ducretet Gaillard

Système microtéléphonique de démonstration

Toutes les armées ont étudié ou fait étudier les téléphones haut-parleurs ; la marine en a adopté. Dans les mines on l’utilise également.

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Une dernière rubrique ou Pierre Germain a participé au début de la cinématographie :

1895, revue d'histoire du cinéma "Le centenaire d'une rencontre : Auguste Baron et la synchronisation du son et de l'image animée"
( Vers le spectacle : les expérimentations d’Auguste Baron et d’autres pionniers)

En 1899, Auguste Baron réalisait dans son studio vitré d’Asnières ses premiers films sonores, à l’aide d’une technologie alors révolutionnaire : quatre microphones à charbon au-dessus de la scène pour capter la voix des acteurs, une caméra montée sur rails, le tout relié à un phonographe inscripteur équipé d’un moteur électrique, d’un récepteur téléphonique, d’un cornet acoustique et/ou d’un graveur à électro-aimant. L’enregistrement en son direct, en synchronisme avec la caméra, a bel et bien été inauguré il y a un siècle par Baron, même si les résultats n’ont pas été à la hauteur de ses espérances....

L’enregistrement synchrone par le microphone et le téléphone
Baron utilise deux systèmes : la méthode d’enregistrement avec le micro-phonographe de Franz Dussaud et une méthode qui s’appuie sur plusieurs procédés utilisés dans d’autres domaines, comme la télégraphie.
Entre 1898 et 1899, Baron a effectué plusieurs essais avec le microphonographe enregistreur et sur un dessin daté précisément de 18987, il représente « l’inscripteur » du phonographe, baptisé sur un deuxième dessin micro-phonographe inscripteur. Cet « inscripteur » est équipé d’une tête de gravure ou de lecture électro-magnétique, pourvue de deux électro-aimants.
Le deuxième type d’enregistrement synchrone – basé sur l’utilisation d’un récepteur téléphonique relié au phonographe – est le fruit de plusieurs recherches effectuées dans différentes branches de la communication à distance.
Parmi les expérimentations qui ont pu inspirer Baron pour mettre au point la deuxième méthode, il faut citer une expérience intéressante tentée en 1899, au Ministère des télégraphes, par un nommé Germain.
Un microphone constitué de petits cylindres contenant du charbon à poudre et des plaques vibrantes de silicate de potasse et de magnésie, est équipé d’une bobine d’induction et de quatre piles. Un récepteur, ou « téléphone haut-parleur », placé à des centaines de kilomètres, permet d’entendre tout ce que capte le microphone : « On entendait […] une voix forte, nette, bien timbrée, sans aucun nasillement ; […] le chant et la musique sont beaucoup plus intenses et très nets également. »
Germain ne se contente pas de capter les sons à distance, il les enregistre également sur un phonographe, celui-ci étant alors directement relié au récepteur téléphonique monté sur la plaque vibrante du burin inscripteur. Il s’agit – à quelques variantes près – de la méthode utilisée par Baron.
Et exactement comme celui-ci, Germain imagine pour la captation des sons quatre hottes en pyramides tronquées, ou mieux encore, un mur de 36 pyramides contenant autant de microphones.
Le procédé Germain, avec sa bobine à induction et son système de gravure électrique direct, paraît plus simple et plus efficace que celui de Baron. Il resterait à savoir si Germain a influencé Baron, ou l’inverse ; mais on sait aussi que bien souvent, dans l’histoire des sciences, il est arrivé que plusieurs chercheurs, sans se connaître, trouvent à peu près la même solution.

Peut-être déçu par le microphonographe Dussaud, Baron va opérer une synthèse de tous les procédés alors existants, et mettre au point une deuxième solution technique. Celle-ci sera finalement retenue, si l’on en croit ses mémoires : « La scène portait un dispositif en dôme portant les microphones ultra-sensibles qui venaient tous se réunir à une seule ligne téléphonique par des relais amplificateurs, de façon à actionner dans une chambre spéciale et toute capitonnée, le microphone reproducteur d’un haut-parleur situé en face du cornet de l’inscripteur. Les sons ainsi reproduits et amplifiés sortant du haut-parleur actionnaient mécaniquement le microphone inscripteur, lui donnant la force nécessaire à l’inscription des sons sur le cylindre de cire vierge. »
Ce procédé consiste donc à capter les sons par quatre microphones, à relancer les sons par trois relais électriques jusqu’à un récepteur amplificateur de type téléphonique équipé d’un cornet directionnel. Ce récepteur, avec son cornet diffuseur, est placé en face du pavillon d’un phonographe acoustique (supposé de type graphophone) chargé d’enregistrer les sons transmis par le récepteur.
Ce système oblige Baron à isoler phoniquement l’appareil enregistreur à l’intérieur d’une salle capitonnée. Celle-ci est disposée à l’autre bout du studio, loin de la scène – on voit parfaitement cette disposition dans deux dessins représentant le studio d’Asnières et réalisés par Baron. Le résultat d’une telle méthode, on s’en doute, devait être presque inaudible. En effet, si Baron a résolu le problème de la prise de sons à distance, ce système de passage à plusieurs relais amplificateurs entraîne forcément une perte sensible dans la qualité du signal sonore. Baron ne dispose pas de véritables systèmes amplificateurs électriques (et encore moins électroniques) suffisamment fiables pour assurer la sonorisation d’une salle public de grand volume. Baron ne traite pas des microphones dans ses brevets, puisqu’il n’en est pas l’inventeur ; ce sont dans ses dessins que l’on trouve leur description. Sur l’un des calques, daté 1899, il décrit son « microphone A. Baron » : « Microphone composé : d’un tambour métallique E fermé par deux rondelles en celluloïd FF’ ; deux disques en ébonite A et B fendus pour laisser passer librement les peignes C ; 8 peignes C en cuivre ou laiton ; 24 grains ovoïdes D en charbon. Un microphone peut supporter 8 volts […]. Courant maxima […] : 1 Amp. 52. Angle de variation au galvanomètre, 45° sous l’action de deux piles Leclanché dont le zinc n’est plongé dans l’eau que de 2 à 3 cm. »

Nous avons vu que pour capter les sons, Baron dispose quatre microphones à grains de charbon au-dessus de la scène où évoluent les sujets à enregistrer et à filmer. Pour cela, il fabrique quatre hottes, ou quatre pyramides tronquées, à l’intérieur desquelles il place chaque microphone. Selon Baron, on peut parler à 4 ou 5 mètres du groupe microphonique. Un relais électro-mécanique est intercalé entre ce groupe de microphones et le phonographe enregistreur. Plus tard, il semble que Baron disposera trois relais successifs pour amplifier les courants modulés des micros. Il assure, dans les marges d’un dessin représentant un relais amplificateur électro-mécanique à spires, que les sons, ainsi relancés, peuvent parcourir 50 mètres. Les vibrations phoniques, captées par les microphones, arrivent dans le relais électrique par des bornes qui aimantent plus ou moins un électro-aimant. Celui-ci attire proportionnellement des ressorts qui sont pourvus d’un plot. Ce plot, en venant s’appuyer sur des balais, augmente l’intensité des vibrations envoyées par les bornes à un récepteur amplificateur de type téléphonique à cornet qui diffuse les sons en face d’un pavillon relié au phonographe à cylindre.
Même avec les inscripteurs microphonographiques de type Dussaud que Baron a également utilisés, il paraît douteux que les sons ainsi captés, transportés, amplifiés et gravés sur cylindre, restent de bonne qualité.
Certes, on peut citer la longue expérience du Théâtrophone, qui fonctionna comme nous l’avons vu une première fois à Paris en 1881 grâce à Clément Ader. La qualité des microphones du Théâtrophone semblait bonne (pour l’époque), selon les témoignages, même si la réception restait de type téléphonique. Mais il n’y a pas eu, semble-t-il, d’enregistrement des sons sur phonographe.

Si Baron réussit effectivement à graver en direct sur le cylindre d’un phonographe les sons produits par des acteurs et captés par des microphones, tandis que la caméra filme tous leurs mouvements, qu’en est-il de la restitution des sons et des images ? Là-dessus Baron, une fois de plus, n’est guère bavard, même dans ses dessins. Un microphonographe, même avec un pavillon étudié à cet effet, suffit-il pour faire entendre les sons dans une salle, lorsque le film défile en synchronisme sur l’écran ? Baron reprend-il le système de Dussaud, qui consiste à équiper les spectateurs-auditeurs de deux récepteurs téléphoniques, leur permettant ainsi d’écouter les chants ou la musique en relation avec les images qui défilent sur l’écran ? Ici, on pense aux frères Lumière, lorsqu’ils conseillaient en 1896, d’utiliser une batterie de récepteurs téléphoniques disposés devant l’écran (nous y reviendrons). Le résultat sonore devait être calamiteux dans une salle. À l’époque, certains phonographes étaient assez puissants pour être installés dans des grandes salles de spectacle. L’exemple de Lioret mérite d’être cité : en 1897, l’un de ses phonographes fonctionne dans l’immense salle du Trocadéro, devant des centaines de spectateurs. L’appareil possède une sorte de boîte plate formant résonateur, un stylet au bout arrondi, un pavillon de grand format en deux parties. Selon un témoin, Henri de Parville, « le phonographe disposé sur la scène s’entendait parfaitement de toutes les parties de la salle ». C’est seulement, plus tard, dans les années 1910, que Léon Gaumont aura recours à l’air comprimé pour mieux diffuser les sons à travers les grandes salles, le Gaumont-Palace par exemple.

Notre perplexité sur l’efficacité dans une présentation publique du système Baron est motivée par le fait que l’enregistrement obtenu en studio devait être déjà, sans doute, d’une qualité sonore assez faible. À cette époque, comment s’effectuait l’enregistrement sonore ? Comme nous l’avons déjà expliqué lors de la présentation du phonographe et du microphone, entre 1877 et 1924, le son d’un instrument ou d’une voix était enregistré par le biais d’un cornet acoustique, placé à proximité immédiate de l’artiste. Le principe en est simple : les sons émis produisent la vibration d’une membrane qui transmet les oscillations captées à un burin, lequel, à son tour, les grave sur un cylindre ou sur un disque. Pour la reproduction, la pointe reproductrice (pointe à saphirs ou aiguille), directement montée sur la membrane vibrante d’une capsule acoustique, lit les sillons gravés sur le disque ou le rouleau. Les sons reproduits sont « amplifiés » et diffusés par un pavillon, le plus souvent métallique. Toutes ces opérations sont strictement mécaniques, puisque l’enregistrement électrique et donc l’introduction du microphone dans le circuit de l’enregistrement et de la restitution, n’interviendront qu’en 1925. Mais nous ne sommes alors qu’en 1899 ; or à cette époque Baron parle, dans ses dessins, de microphones, d’amplificateur, de récepteur, de graveurs électro-magnétiques… Il faut nuancer ces propos et les resituer dans le cadre des premiers essais d’enregistrements électriques, plutôt que des réussites concrètes.

À l’époque des pionniers, l’artiste doit faire preuve d’une grande puissance vocale et d’une résistance physique à toute épreuve. Jusqu’en 1895, les cylindres sont en fait fabriqués à l’unité, ce qui oblige l’interprète à enregistrer autant de fois que le nombre de supports demandés (jusqu’à 80 fois, dit-on, pour Charlus). Deux lithographies représentant les chanteurs Mercadier, Maréchal et Charlus, publiées par Daniel Marty dans sa remarquable Histoire illustrée du phonographe14, montrent comment on utilisait le cornet acoustique lors d’une séance d’enregistrement : Charlus est placé tout près de l’embouchure de quatre cornets qui captent le son de sa voix et la restituent sur un cylindre. Un clarinettiste, installé derrière Charlus, joue quasiment contre son oreille. Le dispositif est archaïque ; mais il est pourtant en usage jusqu’au début des années 1920. Pourquoi ? Simple problème de mise au point technique qui a pris environ trente ans avant d’être reglé ? Opportunité financière, car l’adoption du nouveau système électrique aurait mis à mort le système mécanique du vieux phonographe qui vient de trouver une diffusion auprès d’un large public ? Ou alors, faut-il mettre en avant la prudence des interprètes à l’égard d’un objet encore mystérieux ? Nous pourrions nous poser encore beaucoup de questions, mais finalement l’ensemble de ces obstacles peut expliquer la longue absence du microphone électrique dans les techniques du spectacle.

Il est aussi un handicap que Baron n’a évoqué officiellement qu’en 1933, et qui aurait pu soulever de sérieux problèmes en cas d’exploitation du graphophonoscope : en 1898, un cylindre ne peut être copié. Il constitue donc une pièce unique ; si l’on veut un deuxième cylindre identique, il faut recommencer la prise de son et, dans le cas de Baron, la prise de vues. Baron y vit les raisons de son échec commercial : « Lorsque je voulus rendre industrielle mon invention, je me heurtai à des difficultés insurmontables à cette époque. En effet, le phono ne pouvait employer que des rouleaux de cire vierge, dont il était impossible de tirer des duplicata, ce qui forçait à recommencer film et inscription15. »

Malgré tout, en 1899-1900, Baron est bien l’auteur de films sonorisés par le phonographe – avec quelle qualité sonore, avec quel synchronisme exact, il est difficile de le préciser dans l’état actuel des connaissances. Ces films ont été réalisés à l’intérieur d’un théâtre vitré bâti spécialement à cet effet. Il s’agit sans doute du premier studio cinématographique entièrement consacré au cinéma sonore...

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En 1886, Auguste Baron inventa le Kinétophone, un appareil combinant son et image. Des microphones, placés au-dessus d'un décor, étaient reliés à une cabine d'enregistrement où les signaux transmis étaient gravés sur du cuivre. Un seul moteur actionnait simultanément la caméra et le phonographe à la même vitesse. En 1898, Baron, avec l'aide de Félix Mesguich, créa un studio où il tourna des films de quatre minutes montrant des personnes chantant. Faute de moyens financiers, il dut rapidement abandonner ce projet....
Baron ne traite pas des microphones dans ses brevets, puisqu'il n'en est pas l'inventeur; ce sont dans ses dessins, inédits jusqu'à présent, que l'on trouve leur description. Sur l'un des calques, daté 1899, il décrit son « microphone A. Baron »

Microphone composé : d'un tambour métallique E fermé par deux rondelles en celluloïd FF' ; deux disques en ébonite A et B fendus pour laisser passer librement les peignes C; 8 peignes C en cuivre ou laiton; 24 grains ovoïdes D en charbon. Un microphone peut supporter 8 volts [...]. Courant maxima [...]: 1 Amp. 52. Angle de variation au galvanomètre, 45° sous l'action de deux piles Leclanché dont le zinc n'est plongé dans l'eau que de 2 à 3 cm. 55

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