LE TELEPHONE HAUT PARLEUR GERMAIN
Pour la presse le "Tétéléphone
haut parleur" voit le jour en 1899 et on le doit à un
Auvergnat M. Germain Pierre,
Germain est né à
Mirefleurs (Puy-de-Dôme), le 17 juillet 1851.
Il entra au service de l'Etat en 1870, et gravit les échelons de
la carrière administrative. Il était ensuite ingénieur
des postes et télégraphes au Ministère du Commerce.
Toujours à la recherche de perfectionnements à apporter
au service et au matériel télégraphique et téléphonique,
il a inventé un certain nombre d'appareils dont quelques-uns ont
été reconnus supérieurs à ceux qui étaient
usités auparavant.
Citons la « pile-bloc », qui a été adoptée
par lEtat, par les compagnies de chemins de fer, et qui est employée
par plusieurs services télégraphiques à létranger.
Puis le « téléphone haut-parleur » qui,
après des études complètes et désormais décisifs,
fut expérimenté, le 1 er septembre 1898, en présence
du président du Conseil des ministres et des membres du Gouvernement.
Il s'est fait connaître par des travaux en électro-génie;
téléphonie souterraine ...
Il avait également résolu dimportants problèmes
de chimie industrielle et indiqué des méthodes pour extraire
des roches dAuvergne certains métaux dun isolement
jadis coûteux....
Après trente années de services dévoués, de
nombreuses améliorations apportées par cet ingénieur
au matériel de son administration, des inventions remarquables
dont nous venons de parler ont mérité hautement la croix
de chevalier de la Légion d'honneur, qui a' été conférée
à M. Pierre Germain. par décret du 29 décembre 1899,
sommaire
La Pile Germain dite « pile-bloc ».
La pile Germain est employée chez beaucoup d'abonnés et
dans un certain nombre de bureaux centraux, notamment à l'hôtel
des téléphones de Paris, rue Gutenberg.
Le modèle d'élément Germain de l'Administration des
Postes et des Télégraphes (fîg. 10), comprend un récipient
extérieur en bois dur, sous forme de bloc, qui contient :
1° Une première lame de zinc pur, non amalgamé, formant
le pôle négatif;
2° Un diaphragme des divers isomères de la cellulose amorphe,
tels que paracellulose, vasculose, xylose, paraxylose; ce diaphragme,
très élastique, est imbibé d'une dissolution de chlorure
alcalin ;
3° Une couche d'oxyde supérieur de manganèse, rendu
conducteur par la surface ;
4° Une lame de charbon placée au milieu de cette couche, et
constituant le pôle positif;
5° Un second diaphragme, semblable au premier, et également
imbibé de chlorure alcalin ;
6° Une deuxième lame de zinc, semblable à la première;
7 Un plateau en bois dur, reposant sur cette deuxième lame de zinc;
8° Une série de ressorts, en acier trempe, pressent de 150
kilogrammes environ sur l'ensemble des diverses parties énumérées
ci-dessus, et prennent appui par un couvercle en bois_ dur, visse sur
les quatre côtés du récipient. Bien celui-ci que ne
doive pas être clos hermétiquement, atin de laisser échapper
les gaz, M. Germain recommande expressément de ne pas l 'ouvrir,
pour ne pas modifier l'action antagoniste des ressorts.
Pile Germain Comparatif

Deux plots extérieurs, en laiton, reliés respectivement
aux deux zincs d une part, et au charbon d'autre part, servent de prises
de courant; les indications C et Z sont gravées au-dessus. Les
deux nombres également gravés dans le voisinage correspondent
aux numéros d'ordre et de série des éléments.
L'élément Germain est portatif; il peut être placé
impunément dans n importe quel sens. Il est livré prêt
à fonctionner et il travaille jusqu'à épuisementpresque
total sans affaiblissement ni polarisation.
Il ne se dégage du récipient ni odeurs, ni efflorescences.
Les éléments adoptés par l'Administration des Postes
et des Télégraphes sont munis de poignées en 1er,
et on peut les placer les uns sur les autres, ou bien les uns à
côté des autres, suivant l'emplacement dont on dispose.
Cette pile n'exige aucun entretien
Nous transcrivons, d'après M. Germain, le tableau comparatif des
constantes des quatre systèmes de piles usitées sur les
réseaux de l'Etat.
« Pour qu'une pile microphonique produise un travail normal, dit
M. Germain, il faut que la somme des résistances intérieures
des éléments qui la composent n'excède pas la résistance
de l'inducteur de la bobine d'induction. « La résistance
du circuit inducteur de la bobine devrait être
de 0,015 à 0,02 ohm avec la pile Germain, de 0,5 ohm avec la pile
de Lalande, de 1,25 à 1,50 ohm avec la pile Leclanché et
de 7 à 9 ohms avec la pile Callaud. On voit par là l'importance
des piles microphoniques à faible résistance. »
sommaire
LE TELEPHONE HAUT PARLEUR
La première information parue est le 4 juin
1898 dans le Journal de la jeunesse :
Le 25 octobre dernier, le ministre du Commerce a fait procéder
dans le jardin et les salons de l'hôtel de la rue de Grenelle à
une très intéressante expérience de téléphonie
à Haute voix, dont l'inventeur est M. Pierre Germain, inspecteur
des postes et télégraphes a qui l'on doit déjà
la solution d'importants problèmes de chimie appliqués à
l'électricité.
Le téléphone Germain est un appareil à pied comprenant
un récepteur, un petit.microphone et une bobine d'induction, dans
laquelle les circuits sont shuntés de manière à doubler
l'action du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits
générateurs électriques semblables, au lieu d'un,
comme cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le
précieux avantage, en outre, d'être à faible débit
et permettra l'emploi d'un haut voltage.
Le ministre du commerce et les principaux fonctionnaires du ministère
et de l'administration des postes avaient été conviés
à assister à ces expériences. Les auditeurs avaient
été placés dans le jardin de l'hôtel du ministre.
De là ils devaient entendre « les deux Grenadiers »,
« les Infinies »; « le Vallon », chants que M.
Lubert, ténor de l'Opéra-Comique où durant de longues
années il a remporté de légitimes succès,
a interprétés dans un local dépendant de l'hôtel
du ministre et très éloigné des auditeurs.
L'expérience a pleinement réussi, au moyen du récepteur
qui avait été placé dans une pièce du rez-de-chaussée,
les invités du ministre, bien que séparés du chanteur
par les bâtiments de l'hôtel et une distance de près
de 100 mètres, ont pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement
que s'ils avaient été proches de lui.
L'auteur de ce système de téléphone, M. Pierre Germain,
a fait, à son tour, dans le récepteur, une conférence
sur la téléphonie de l'avenir, puis il a énuméré
les avantages et les principales applications que l'on pourrait,faire
de la « téléphonie intensive » suppression d'un
fil sur deux, remplacement du bronze par le fer, théâtrophone
haute voix, téléphonie sans fil des trains en marche avec
les gares.
« A l'aide du téléphone Germain, a dit l'inventeur,
on peut enregistrer la parole a distance, recueillir tous les sons d'une
salle, et les mprimer mécaniquement. La caractéristique
de cet appareil est une grande simplicité d'organes. Le progrès
qui s'y trouve réalisé de toutes pièces réside,
presque exclusivement, dans la composition chimique nouvelle des organes
microphoniques, dans leur contexture physique et dans l'atténuation
de l'inertie des particules en mouvement. L'intensité nouvelle
des courants obtenus qui permet à ceux-ci de franchir des lignes
aériennes les plus longues est due à l'aptitude supérieure
qu'ont ces particules métalloïdes hétérogènes,
de modifier l'intensité des courants primaires sous l'action des
plus faibles vibrations ».
Cette conférence a été aussi distinctement entendue
des auditeurs que si le conférencier eût été
devant eux. La voix se développait naturellement et à la
tonalité ordinaire.
Le téléphone de M. Germain constitue en somme un progrès
considérable, puisqu'il permettra désormais des applications
bien plus étendues que les instruments ordinaires. Ne serait-ce
que dans l'ordre politique, le téléphone parlant sera d'un
immense secours aux candidats qui, sans bouger de chez eux et sans avoir
à craindre les contradictions et les interruptions, téléphoneront
leurs professions de foi à leurs électeurs attentifs réunis
dans leur circonscription.
Brevet "Poste téléphonique" 278357
du 27.05.1898
Dans la revue "La Frane Libre" du 27 octobre
1898 TÉLÉPHONIE INTENSIVE :
"Lundi, à 4 heures de l'après-midi, avait été
organisée, dans le jardin et les salons du ministère du
commerce, rue de Grenelle, à Paris, une très intéresante
expérience de téléphonie à haute voix, dont
l'inventeur est M. Pierre Germain, inspecteur des postes et télégraphes,
à qui l'on doit déjà la solution d'importants problèmes
de chimie appliqués à l'électricité. Le
téléphone Germain est un appareil à pied comprenant
un récepteur, un petit microphone et une bobine d'induction, dans
laquelle les circuits sont shuntés de manière à doubler
l'action du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits
générateurs électriques semblables, au lieu d'un,
comme cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le
précieux avantage, en outre, d'être à faible débit
et permettra l'emploi d'un haut voltage. Le ministre du commerce, M. Mougeot,
sous-secrétaire d'Etat aux postes et télégraphes,
et les principaux fonctionnaires du ministère et de l'administration
des postes avaient été conviés à assister
à ces expériences. Les invités avaient été
placés dans le jardin du ministère. De là ils devaient
entendre les « Deux grenadiers », « les Infinies »,
le « Vallon », chants que M. Lubert, ténor de l'Opéra-Comique,
a interprétés dans un local dépendant de l'hôtel
du ministre et très éloigné des auditeurs. L'expérience
a pleinement réussi. Au moyen du récepteur qui avait été
placé dans une pièce du rez-de-chaussée, les invités,
bien que séparés du chanteur par les bâtiments de
l'hôtel et une distance de près de 100 mètres, ont
pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement que s'ils avaient
été proches de lui. L'auteur de ce système de téléphone,
M.Pierre Germain, a fait, à son tour, dans le récepteur,
une conférence sur la téléphonie de l'avenir, puis
il a énumérè les avantages et les principales applications
que l'on pourrait faire de la téléphonie intensive : suppression
d'un fil sur deux, remplacement du bronze par le fer, thèâtrophone
à hante voix, téléphonie sans fil des trains en marche
avec les gares. Cette conférence a été aussi distinctement
entendue des auditeurs que si le conférencier eût été
devant eux. La voix se développait naturellement et à la
tonalité ordinaire. Les expériences terminées, le
ministre a chaleureusement félicité M. Germain. Le soir,
au sous secrétariat des postes et télégraphes, en
présence de M. Mougeot et des ingénieurs de l'administration,
M, Germain à expérimenté de nouveau son appareil,
qui a obtenu autant de succès que dans la séance de l'après-midi."
Dans le journal "La Civilisation" du 30 octobre
1898
Expériences de téléphonie intensive
PAR TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR
Avant hier, à quatre heures, sous la haute direction de M. Pierre
Maruéjouls, chef de cabinet du ministre du commerce, avait, été
organisée, dans le jardin et les salons de lhôtel de
la rue de Grenelle, une très intéressante expérience
de téléphonie à haute voix, dont linventeur est
Pierre Germain, inspecteur des postes et télégraphes à
qui lon doit déjà la solution dimportants problèmes
de chimie appliqués à l'électricité.
Le téléphone Germain, que nous avons vu, est un appareil à
pied comprenant un récepteur, un petit microphone et une bobine dinduction,
dans laquelle les circuits sont shuntés de manière a doubler
laction du courant. De ce fait le microphone agit donc sur deux petits
générateurs électriques semblables, au lieu d'un, comme
cela a lieu dans les téléphones ordinaires. Il a le précieux
avantage, en outre, dêtre à faible débit et permettra
lemploi dun haut voltage.
Le ministre du commerce, M. Mougeot, sous-secrétaire dEtat
aux postes et télégraphes, et les principaux fonctionnaires
du ministère et de ladministration des postes avaient été
conviés à assister à ces expériences que Mme
Maruéjouls elle-même a honorées de sa présence.
Les invités avaient été placés dans le jardin
de lhôtel du ministre. De là ils devaient entendre Les
deux Grenadiers, Les deux infinis, Le Vallon, chants que M. Lubert, ténor
de lOpéra-Comique où durant de longues années
il a remporté de légitimes succès, a interprétés
dans un local dépendant de lhôtel nu ministre et très
éloigné des auditeurs Lexpérience a pleinement
réussi, au moyen du récepteur qui avait été
placé dans une pièce du rez-de-chaussée, les invités
de M. Maruéjouls, bien que séparés du chanteur par
les bâtiments ne i hôtel et une distance de près de 109
mètres, ont pu entendre la voix de M. Lubert aussi distinctement
que sils avaient été proches de lui...
Lauteur de ce système de téléphone, M. Pierre
Germain, à fait, à son tour, dans le récepteur, une
conférence sur la téléphonie le lavenir, puis
il a énuméré les avantages et les principales applications
que lon pourrait faire de la « téléphonie intensive
» : suppression dun fil sur deux, remplacement du bronze par
le fer, théàtrophone à haute voix, téléphonie
sans fil des trains en marche avec les gares. Cette conférence a
été aussi distinctement entendue des auditeurs que si le conférencier
eût été devant eux. La voix se développait naturellement
et à la tonalité ordinaire. Les expériences terminées,
le ministre a chaleureusement félicité M. Germain.
Le soir, au sous-secrétariat des postes et télégraphes,
en présence de M. Mougeot et des ingénieurs de ladministration.
M. Germain a expérimenté de nouveau son appareil, qui a obtenu
autant de succès que dans la séance de laprès-midi.
La concurence ne tarde pas à arriver :
Dans "L'Écho du Nord" du 27 décembre 1898.
Un téléphone haut parleur
La Science française nous apprend que M. Dussaud, un jeune
savant professeur à l'Université de Genève, vient
dexpérimenter dernièrement devant une assistance aussi
nombreuse que choisie, un téléphone haut parleur de son
invention. Cette nouvelle sera certainement bien accueillie de tous
les commerçants qui connaissent les inconvénients et les
vices du téléphone. Il suffit en effet de rappeler que pour
se servir du téléphone, il faut sinon se déranger,
au moins prendre en main lappareil et se coller contre loreille
une conque métallique plus ou moins suspecte de souillures infectieuses,
tandis que lon sexténue à crier, la bouche tout
près dune planche peut-être également malpropre.
Avec le téléphone idéal de M. Dussaud, il en est
tout autrement. Assis chacun à son bureau, les deux interlocuteurs
peuvent, une fois la communication établie.
Franz Dussaud dès 1895 a eu lidée, pour la guérison
des sourds, de combiner le phonographe Edison au microphone à charbon
conçu par Hughes
1896 Le télémicrophonographe
DUSSAUD.
François Dussaud a notamment mis au point le cinémacrophonographe,
ou Phonorama, qui permettait l'enregistrement de sons grâce à
un microphone. Son système autorisait ainsi la projection de films
parlants.
Dans La Nature du 27 novembre 1899.
Expériences téléphoniques.
M. Dussaud présente et fait fonctionner, avec un plein succès,
son nouveau téléphone permettant denregistrer les
conversations et de les recevoir à distance. Le téléphone
Dussaud est composé dun transmetteur et dun récepteur
tous deux pourvus de plusieurs plaques vibrantes agissant par chacune
de leurs faces. Cette combinaison donne une intensité suffisante
pour enregistrer la parole, même lorsquon parle à voix
basse, et la répéter à volonté. Le téléphone
Dussaud a permis denregistrer des nouvelles téléphonées
aux journaux, des ordres dadministration, des auditions théâtro-phoniques
et des discours au moyen dun poste transmetteur dissimulé
sur la tribune de lorateur .
M. Dussaud a fait fonctionner récemment son téléphone
haut parleur associé à un phonographe répétiteur.
Les résultats ont paru satisfaisants....
Jusque là la presse n'a pas montré de gravure sur ce téléphone
haut parleur, c'est en France dans "Le Magasin pittoresque
" du 1er janvier 1899 que l'on voit cet article : LE TÉLÉPHONE
HAUT PARLEUR
L'étude de l'enregistrement, de la reproduction
et de l'amplification des sons, soit par le phonographe, soit par
le téléphone, est en ce moment, et depuis quelque temps
déjà, à l'ordre du jour. L'Académie des
sciences a écouté avec un intérêt significatif,
au cours d'une de ses dernières séances, les curieuses
communications à ce sujet de M. le docteur Marage et de M.
Dussaud, dont M. Marey s'était fait l'interprète.
Mais nous croyons que personne n'a poussé ce genre de recherches
aussi loin que M. Pierre Germain, inspecteur du service des
postes et télégraphes, qui, passant de la théorie
à la pratique, vient de doter le téléphone d'un
perfectionnement des plus remarquables.
Rappelons que l'organe principal du téléphone, tel que
nous le connaissons, est ce qu'on appelle le microphone, grâce
auquel l'invention de Graham Bell a pu rendre les immenses services
que l'on sait. Dans le système actuel, cet organe est placé
immédiatement sous la plaque de bois devant laquelle on parle.
Il se compose d'une série de petites baguettes en charbon de
cornue, assujetties de façon à ce que toutes les vibrations
de la plaque modifient les contacts de ces baguettes avec leurs supports.
Ce sont ces modifications, si légères qu'elles paraissent,
qui suffisent à déterminer les diverses variations dans
l'intensité du courant et par suite dans le magnétisme
de l'aimant du récepteur.
Le perfectionnement apporté par M. Germain réside principalement
dans la substance et dans le dispositif employés pour la construction
du microphone. Au lieu du charbon de cornue, il a eu l'idée
d'utiliser les propriétés du silicate nature, matière
pour ainsi diree inaltérahIe, en tout cas peu combustible et
beaucoup plus sensible aux vihrations sonores. En outre, l'emploi
des silicates permet chose impossible à faire auparavant, sous
peine de détraquer l'appareil d'augmenter l'intensité
du courant dans des proportions considérables, ce qui a pour
résultat d'accroitre la puissance et la « portée
» de l'instrument.
D'où le nom de téléphone haut-parleur donné
par M. Germain à son invention.
En effet, au chuchotement nasillard que l'on a coutume d'entendre
grésiller au fond des récepteùrs, le microphone
en question substitue la reproduction exacte de la parole à
haute voix, avec son timbre naturel, et qu'il est facile d'entendre
distinctement sans même s'approcher de l'appareil. Une fois
la communication établie, il vous est loisible, soit en restant
assis dans votre fauteuil, soit d'un point quelconque de la pièce,
d'engager une conversation avec un correspondant, ou 2,000 kilomètres
de distance. Pas hesoin de confier vos demandes à la petite
planchette en bois verni, pas hesoin non plus de vous emprisonner
les oreilles entre deux récepteurs pour entendre les réponses
de votre interlocuteur; vous lui
parlez comme s'il était dans la pièce, il vous répond
de même. Evocation étrange, saisissante !
Autre avantage grâce au téléphone haut-parleur,
dix, cent, mille personnes à la fois sont mises à même
d'entendre une conférence, un concert, une pièce de
théâtre, dans des conditions de réalisme que le
meilleur phonographe n'a jamais atteintes. Il va sans dire~,que le
secret d'unc conversation particulière peut toujours être
aisément assuré au moyen d'un simple commutateur.
Pierre Germain a également apporté divers perfectionnements
dans le dispositif des appareils dé réception et d'émission.,L'un
est muni d'un vaste corrnett en forme d'entonnoir destiné à
la propagation des ondes sonores quant au récepteur, sa puissance
est plus que doublée par l'adjonction
en regard de chacun des pôles de l'électro-aimant, d'une
petite bobine d'induction qui augmente l' amplitude des vibrations
de la plaque.
Comme on le voit, l'inventeur n'a rien négligé pour
que son appareil fût aussi parfait que possible. Si nous ajoutons
qu'avec les courants de grande intensité utilisés pour
le téléphone haut-parleur il n'est plus besoin de deux
fils de bronze, mais seulement d'un simple fil de fer, on comprendra
l'économie sérieuse qui devra résulter de l'adoption
du nouveau système, le bronze coûtant environ trois fois
et demie plus cher que le fer et le fil de retour étant supprimé.
En présence de M. Paul Delombre, ministre, et de M. Mougeot,
sous-secrétaire des postes et télégraphes, les
premières expériences officielles ont eu lieu ces jours-ci.
Les rares invités ont pu constater qu'à deux cents mètres
de l'appareil l'audition était encore parfaitement distincte
pour un air chanté par M. Lubert, de l'Opéra-Comique,
comme pour une conférence faite par l'inventeur. Certains n'en
croyaient pas leurs oreilles.
Encore une victoire à l'actif de la science française
!
EDOUARD Bornaffé. |
On comprend que l'nvention de cet appareil avec ce microphone
particulier soit l'invention de Germain mais le terme "Téléphone
Haut parleur" ait été repris par Dussaud puis
Gaillard Ducretet en 1904 ...
Puis dans La Science française du 2 février 1899
LE TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR SYSTÈME GERMAIN
J'y suis allé de mon petit voyage à
Fontenay-aux-Roses, attiré à la fois et par la sève
printanière et par le téléphone de M. Germain.
J'en suis revenu on revient toujours d'un voyage enchanté,
et des arbres en fleurs et de l'appareil.
Je passe sous silence le printemps et ses oeuvres pour me consacrer
entièrement à M. Germain, ou plutôt à son
nouveau système de téléphonie je ne saurais faire
de poésie avec les volts et les lois de l'acoustique.
Je dois déclarer tout d'abord qu'il faut se méfier des
phrases enthousiastes qui ont accueilli le téléphone
haut-parleur à ses débuts.
Certes, je suis loin de lui méconnaître une réelle
supériorité sur tout ce qui existe dans ce genre, mais
il me faut faire des restrictions quant à l'idéal enfin
atteint. Du reste M. Germain est le premier à s'en rendre compte
et, loin de se formaliser de cette franchise peut-être un peu
brutale, je suis persuadé qu'il sera enchanté de me
voir rester dans les limites de ce qui constitue, somme toute, son
invention.
Le nouvel appareil ne diffère en rien de ses semblables j'entends
par là qu'aucun élément nouveau n'entre en jeu;
il y a tout simplement et uniquement modification de certains organes
et une transformation totale du microphone.
Le courant est fourni par la pile-bloc encore une invention de M.Germain!
qui a été adoptée par l'Etat pour le service
téléphonique.
Dans toutes les expériences auxquelles j'ai assisté,
nous nous sommes placés dans les conditions les plus défavorables.
Les éléments employés sont usés et fournissent
les uns unvolt, et les autres 1 volt 23. Nous avons constamment expérimenté
sur la base de 1 volt 13, alors que l'élément de pile,
neuf marque 1 volt 60. La résistance intérieure au lieu
d'être seulement de, 08 ohm, se trouvait de ce fait portée
à un ohm. On conçoit que, dans ces conditions, l'appareil
ne puisse donner son maximum d'effets.
Toutes les expériences ont été faites à
travers une ligne artilicielle figurant le parcours de Paris-Londres;
cette ligne ne correspond pas à celle en service, maisà
ume autre projetée, ayant un peu moins de résistance
et cinq fois moins de capacité.
La bobine d'induction est du type 1,50/150 c'est-à-dire que
les résistances des circuits primaire et secondaire sont respectivement
1,5 ohm et 130 ohms: c'est le modèle ordinaire admis par l'Etat.
L'appareil récepteur, type Ader, est muni d'une petite embouchure
de 4 centimètres.
Pour les auditions en plein air, cette embouchure est remplacée
par une autre de 12 centimètres.
Le microphone constitue la base essentielle de l'invention; c'est
là qu'en réside toute l'originalité.
Il mesure 5 centimètres de diamètre, et autant d'épaisseur.
La plaque vibrante, placée au fond de l'embouchure est rendue
insensible à l'action de l'humidité. Sous cette plaque
est fixé un petit réservoir dont les parois, ainsi que
la grenaille qu'il contient, diffèrent essentiellement, comme
composition chimique, des subtances connues. N'ous avons constaté
par expérience, que les différences de pression donnent
des variations de résistanee cousidérables.
Ainsi, si Ion place un ampèremètre marquant les centiampères
dans le circuit fermé, on n'observe pour ainsi dire aucune
trace de courant lorsqu'on ne parle pas; mais dès qu'un son
vient à frapper la plaque vibrante. l'aiguille dévie
immédiatement et oscille de zéro à 10 divisions.
Si l'on élève la voix, elle peut atteindre jusqu'à
20 divisions, mais elle retombe promptement à zéro dès
que l'on cesse de parler.
En somme, le microphone débite très peu et produit cependant
des courants d'induction considérables sur le circuit primaire.
On ne peut mesurer ces courants vibratoires mais ils se traduisent
par des secousses, des picotements intolérables sur les mains
lorsqu'on s'intercale sur la ligne. Leurs effets sur le récepteur
sont tels que l'on distingue la en plein air à une distance
de 50 mètres, C'est une expérience qui a été
faite dans le jardin de M. Germain, l'appareil se trouvant placé
à une fenêtre du troisième étage. Je suis
persuadé que la nuit. alors que tous les bruits étrangers
sont éteints, dans le calme parfait de Fontenay. M. Cermain
pourrait faire entendre à tout un quartier la voix d'uu ami
habitant à plusieurs centaines de kilomètres de là.
J'ai pu également observer qu'une audition de chant est beaucoup
moins nette qu'une conversation. Les modulations semblent en effet
se gêner; du reste l'appareil n'est pas un théâtrophone
il faut, pour bien se faire entendre parler très nettement
et très lentement.
Nous avons placé ensuite un récepteur à l'intérieur
de là maison d'habitation.

J'avoue avoir eu beaucoup de peine à suivre la conversation.
Cette remarque m'a surpris, mais, après réflexion, j'en
conclus que nous avions choisi un emplacement défectueux. En
effet, le récepteur était installé dans la cage
d'escalier. l.es sons, en sortant de l'appareil, viennent frapper
les cloisons en même temps que l'oreille de l'expérimentateur.
Comme ils sont considérablement ampliliés, ils se réfléchissent
avec force dans tous les sens de sorte, que lorsque l'appareil jette
un mot, l'oreille perçoit en même temps les multiples
échos du mot précédent. C'est là une modeste
remarque d'un profane qui se permet d'en faire part à l'inventeur.
La parole peut être également enregistrée sur
un cylindre pendant l'audition; c'est un avantage considérable
lorqu'une conversation importante est engagée: le contrôle
au téléphone devient donc possible.
D'après certaines expériences en ligne, notamment entre
Paris et Marseille, on a acquis la certitude que la parole est plus
forte que les courants d'induction qui affectent tant les fils téléphoniques
très longs et placés dans le voisinai.des lils télégraphiques.
Si donc laparole est plus forte que ces courants, dits de friture,
il est possible de rendre la ligne silencieuse, en insensibilisant
les récepteurs qui seront cependant actionnés par la
voix.
Dans toutes ses expériences, M. Germain a recherché
l'économie: on lui objecte l'emploi obligatoire de deux fils.
Selon lui, la téléphonie un fil peut n'être qu'une
formule représentant mieux l'économie qu'il est possible
de réaliser avec son appareil en employant deux conducteurs
à section réduite et donnant les mêmes résultats.
On peut, dès maintenant,considérer que la téléphonie
à section réduite est réalisée avec une
économie de 30 à 70 % et une amélioration considérable
d'audition.
Dans ces conditions, l'Etat y trouverait la réalisation de
ses désirs et le particulier celle des rêves.
L. FOURNIER |
Dans le bulletin des lois on retrouve les brevets
du 27 mai 1898 et celui du 8 mars 1889 :
Extrait du petit Journal de 1899
Les découvertes scientifiques se succèdent de nos jours
avec une telle rapidité quil devient très difficile
de les noter toutes au passage. Il en est certaines, cependant, qui présentent
un intérêt si capital, ou dont les résultats sont
si extraordinaires quon ne saurait les passer sous silence. Telle
est cette admirable invention du téléphone haut parleur
qui avait fonctionné, il y a quelques mois, à titre dessai,
au Ministère des Postes et Télégraphes et qui est
entré, presque demblée, en service dans plusieurs
grands établissements. Nous ne pouvons entrer ici dans des détails
techniques au sujet de cet appareil : contentons-nous de rappeler que,
grâce à des dispositions extrêmement ingénieuses,
il permet dentendre, de tous les points de la salle où es
1 placé le récepteur une voix forte, nette; bien timbrée,
dépourvue de tout nasillement. On peut parler doucement devant
le transmetteur sans que le récepteur cesse de traduire à
haute voix les impressions quil a reçues. On peut, à
quinze mètres des appareils, entretenir une conversation sur un
ton normal. On arrive à des résultats plus merveilleux encore,
lorsque aucun bruit extérieur ne vient restreindre la portée
des ondes sonores. Cest ainsi que le soir, par un temps calme,on
entend très distinctement, à cent mètres de distance,
le chant, la musique, ou le discours dun orateur, prononcé
dune voix assez forte. Ces résultats admirables nont
pas seulement un grand intérêt de curiosité scientifique.
Us sont susceptibles dune utilisation pratique beaucoup plus étendue
quil me semble au premier abord. Du reste, à peine linvention
était elle réalisée quelle était adoptée
pour plusieurs usages spéciaux. Il est juste de dire que cette
découverte s'est présentée du premier coup avec un
caractère en quelque sorte définitif et lon ne prévoit
guère ce quil y au fait à modifier ou à perfectionner
aux premiers appareils produits.
sommaire
Dans les livres de téléphonie, on trouve
en détail les composants du téléphone Haut parleur
Le transmetteur GERMAIN
Le microphone est
formé par deux plaques de charbon denviron 35 mm de diamètre,
striées sur leur face interne et métallisées
sur leur face externe pour leur donner de la solidité. Les
deux plaques de charbon sont assemblées par un ruban de soie
qui forme la paroi latérale dune boite souple dans laquelle
est logée la grenaille semi-conductrice.
Chacune des plaques de charbon est traversée par un boulon.
Le boulon supérieur sert à fixer le microphone sur la
planchette vibrante en sapin ; la liaison a lieu un peu au-dessous
du centre de cette planchette. Les deux boulons reçoivent chacun
un des fils de communication.
La clé dappel (fig. 78) est un bouton-poussoir
A, mobile dans une glissière et dont la course est limitée
dun côté par la tête du bouton, de lautre
par un épanouissement a de la tige.
La tige de ce bouton sappuie sur un levier B qui, traversant
de part en part un cylindre en ébonite, reçoit à
son autre extrémité le ressort antagoniste à
boudin R. Le cylindre est supporté par deux équerres
qui servent de paliers à son axe ; il peut donc, sous laction
du bouton poussoir A, subir des déplacements angulaires et
le ressort R le ramène à sa position de repos lorsque
laction du bouton-poussoir cesse de se faire sentir.
Quatre chevilles métalliques e , traversent le cylindre, les
deux dernières ayant une orientation différente de celle
des deux premières.
En regard de ces quatre chevilles sont disposés 8 ressorts
r, dont quatre restent isolés pendant que les quatre autres
sont reliés deux à deux par lintermédiaire
des chevilles e.
Le levier-commutateur est analogue à la clé d'appel.
Le cylindre en ébonite (fig. 79) porte cinq chevilles e ; le
nombre des ressorts est de dix . Le crochet mobile est monté
sur laxe du cylindre E. Ce crochet est terminé par une
fourche F entre les branches de laquelle sengage une goupille
fixe, f, qui limite ainsi la course du commutateur.
Communications intérieures. La figure 80 en donne le
diagramme.
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Le combiné GERMAIN
Le microphone, semblable à celui que nous avons déjà
décrit, est monté sur une plaque vibrante en tôle
vernie, dont la tranche est recouverte par une bague en caoutchouc.
De chacune des plaques de charbon part un petit cordon souple qui
aboutit à une borne isolée, montée sur le boîtier
métallique qui renferme le microphone. Aux deux bornes isolées
en relation avec le microphone, sont rattachés deux des brins
d'un cordon souple à quatre conducteurs; ce sont les brins
rouges qui correspondent au circuit primaire; les brins verts traversent
un tube métallique, garni dun manche, qui est vissé
sur le boîtier du microphone et qui, à son autre extrémité,
est aplati. Dans cette partie plate, terminée par un crochet
de suspension, est pratiquée une glissière sur laquelle
est monté le récepteur du modèle de M. Germain.
Cet appareil est présenté par la Société
« la Téléphonie nouvelle»
(France). |
Et beaucoup plus détaillé dans La Nature
di 1er avril 1899
LE TÉLÉPHONE HAUT PARLEUR
Dans ces derniers temps, il a été beaucoup question du téléphone
haut parleur de M. Germain. Cet appareil a fonctionné à
titre dessai au Ministère des télégraphes.
On nen avait pas donné encore de description précise.
Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer M. Germain à son aboratoire
de Fontenay-aux-Roses et il a bien voulu nous faire examiner le nouvel
appareil et nous le faire entendre. Nous sommes en mesure de décrire
cet intéressant instrument.
La figure 1 nous montre les principales dispositions adoptées.
Dans le n° 1, on aperçoit une vue densemble du transmetteur,
et dans le n° 2 une coupe transversale. En avant se trouve une ouverture,
dans laquelle aboutissent quatre petits tuyaux qui sont placés
devant des plaques vibrantes A et R. Ces plaques, formées de silicate
de potasse et de magnésie, ont une nature spéciale qui se
prête très aisément à toutes les vibrations.
Sur elles sont fixés une série de petits cylindres renfermant
du charbon en poudre.
Pour de grandes auditions, la poudre de charbon est remplacée par
de la grenaille métalloïde plus réfractaire.
Cette disposition du microphone, avec une certaine intensité de
courant, donne des résultats remarquables. A la sortie du microphone
se trouve une bobine dinduction ordinaire du modèle adopté
par lÉtat, ayant respectivement pour résistances du
circuit primaire et secondaire 1,5 ohm et 150 ohms; on aperçoit
cette bobine dans notre figure, fixée dune manière
apparente au-dessous de lembouchure.
Pour les expériences auxquelles nous avons assisté, dans
un local spécial, le transmetteur était branché à
lextrémité dune ligne artificielle représentant
la ligne de Paris à Londres; à lautre extrémité
se trouvait le récepteur (fig. 1, n° 5). Pour actionner chaque
transmetteur sur cette ligne, on employait 4 éléments de
pile bloc Germain. Avec ces 4 éléments, on fait en même
temps lappel en courants continus; par un dispositif de commutateur
multiple et de 5 petits tubes secondaires, on peut effectuer lappel
sans emploi de pile proprement dite.

A lautre extrémité de la ligne, dans le laboratoire
de linventeur, se trouvait un récepteur Germain, monté
sur un appareil à pied (fig. 1, n° 5), muni
dun petit pavillon de 0m,10 de diamètre douverture.
En parlant devant le transmetteur, on entendait en tous les points du
laboratoire une voix forte, nette, bien timbrée, sans aucun nasillement;
il faut toute fois remarquer que le chant et la musique sont beaucoup
plus intenses et très nets également. On peut parler doucement
sans quon cesse dentendre à haute voix dans la pièce
où se trouve le récepteur.
Dans le laboratoire était placé également un deuxième
récepteur formé dun tube légèrement
conique de 10 millimètres de diamètre à une extrémité
et de 70 millimètres au maximum, et dune longueur de 2 mètres
(fig. 2). Ce tube est fixé contre le mur et permet dentendre
dans le jardin entourant l'habitation. Dans la journée, les bruits
extérieurs restreignent la portée en plein air; le soir,
on peut entendre le chant, la musique, une forte voix dun
orateur à 100 mètres du récepteur. La conversation
sur un ton normal peut se faire à une distance de 15 mètres
seulement.
Dans les essais que nous venons de mentionner, il na été
fait usage que du premier modèle de microphone fonctionnant avec
4 éléments de piles.
Il existe également dautres modèles pouvant marcher
avec 6, 10, 15 éléments et même un plus grand nombre,
suivant lintensité que lon désire.
Le microphone Germain peut en effet supporter sans crachement ni trace
de friture des courants de 10 à 25 volts et de 0,5 à 25
ampères. Pour les
conversations ordinaires à haute voix, le premier modèle
suffit parfaitement; il est alimenté par 4 éléments
qui donnent une intensité de 0,5 ampère; cest la condition
économique qui convient à une bonne exploitation. Lorsquil
sagira de faire entendre à une série de personnes,
ou lorsquil faudra faire des applications comme le théàtrophone,
il sera nécessaire dadopter dautres dispositions et
de choisir des intensités de courant plus élevées.

Les figures 5 et 4 nous montrent des transmetteurs qui peuvent être
utilisés dans ces applications Nous mentionnerons enfin les expériences
très ntéressantes dinscription sur un phonographe
quétudie actuellement M. Germain. La voix dune personne
causant à 2 mètres de louverture du microphone simprime
à travers une ligne dune longueur de plus de 100 kilomètres
sur le rouleau dun phonographe. Ce moyen permet denregistrer
aisément la parole en labsence dun correspondant ou
de faire de la sténographie électrique. La figure 5 nous
montre les principales dispositions adoptées.
A droite (n° 3) se trouve le transmetteur dont nous avons parlé
plus haut, avec le microphone, la pile et la bobine dinduction.
Le courant est transmis à travers une ligne, dont la longueur peut
varier et atteindre jusquà 400 kilomètres, en partie
aérienne et en partie souterraine. La ligne, à son arrivée,
est reliée au récepteur que lon voit dans le n°
1 monté sur le phonographe. Comme le montre le détail figuré
dans le n° 2, le récepteur porte un tube qui relie son orifice
à la plaque vibrante du phonographe.
Ces expériences denregistrement, auxquelles nous avons pu
assister, sont fort intéressantes et réussissent très
bien. On entend à haute voix la conversation pendant quelle
s'enregistre.
Tels sont les principaux faits que M. Germain a bien voulu nous expliquer
et nous démontrer dans son laboratoire avec tous les renseignements
que
peut fournir un inventeur laborieux et habitué aux essais de toutes
sortes; nous le remercions de nous avoir initié aux détails
de son nouveau téléphone et nous souhaitons pour lui et
pour nous que lavenir confirme les succès de la première
heure
L.LFROY.
Lors de l'exposition d'électricité de 1900,
Germain figurait comme "inspecteur du matériel des Postes
et des Télégraphes", et présentait ses piles
électriques, et le téléphone haut-parleur, .
Plus tard dans le journal La Nature 1901
TÉLÉPHONE HAUT-PARLEUR
Nous venons de faire récemment dans La Nature un article sur le
téléphone haut-parleur de M. Gaillard. Cet
appareil peut présenter une certaine utilité pour les mécaniciens.
Nous le reproduisons donc ici.
On recherche depuis longtemps déjà un système de
téléphone haut-parleur assez pratique pour pouvoir être
utilisé dans l'industrie, et permettant de transmettre la parole
sans que la personne appelée soit obligée d'appliquer un
récepteur à ses oreilles.
L'année dernière, nous avons eu l'occasion Î de signaler
les travaux de M. Germain à ce sujet.
Il venait de construire un modèle spécial de téléphone
qui était à l'essai au Ministère des postes et télégraphes,
et nous avions pu rencontrer M. Germain dans son laboratoire de Fontenay-aux-Roses,
où il nous avait donné foutes les explications utiles et
où il nous avait été possible de faire quelques expériences
avec l'appareil, notamment sur une ligne artificielle représentant
la ligne de Paris à Londres. Plusieurs autres essais des plus intéressants
étaient également entrepris, et M. Germain avait obtenu
des résultats surprenants en remplaçant les microphones
qu'il employait tout d'abord par des micro-téléphones. Depuis
cette époque, nous n'avons plus eu de nouvelles de l'appareil Germain.
Cette question d'un téléphone haut-parleur a cependant une
grande importance au point de vue industriel. Nous devons reconnaître
en effet que le téléphone ordinaire, qui a pourtant de nombreux
avantages, présente cependant des inconvénients quand il
s'agit d'une exploitation particulière. Prenons, par exemple, le
cas d'une distribution téléphonique dans une distribution
que nous supposerons établie dans les conditions les meilleures.
L'ingénieur, chef de service, désire parler avec un contremaître,
un chef monteur, etc. Il demande d'abord au bureau central téléphonique
de l'usine de le mettre en communication avec ce contremaître, ce
chef monteur. En quelques secondes, la communication est établie,
si ces derniers sont présents à leur poste. L'ingénieur
réclame les renseignements qui lui sont nécessaires ; souvent,
au milieu du bruit, il ne peut entendre distinctement.
Ce contremaître distingue à peine ce qu'on lui demande, se
trouvant dans l'atelier où le marteau tape sur le fer, etc. Bref,
après quelques minutes, on n'a pu se comprendre suffisamment et
l'ingénieur est finalement obligé de dire au contremaître
de monter à son bureau pour avoir des explications plus claires.
Dans ces conditions, on conviendra que le téléphone ne remplit
pas entièrement le but auquel il est destiné. Et ce fait
se renouvelle tous les jours dans nombre d'installations.
M E. Ducretet a construit un téléphone haut-parleur, dû
à M. Gaillard, et cet appareil permet d'éviter les inconvénients
que nous signalions plus haut. Il se compose de deux microphones, l'un
destiné à la personne qui donne les ordres et que l'on décroche
pour parler devant, et l'autre à grand pavillon transmettant à
haute voix ces ordres dans une salle. Ce premier appareil est destiné
aux lignes de peu de longueur. Il n'exige pas la présence de la
personne au téléphone, ne nécessite aucune sonnerie.
L'appel se fait directement à haute voix, et ajoutons que cet appel
est très net.
Toutes les paroles arrivent distinctement, même au milieu du bruit.
Pour parler, il est seulement nécessaire de s'approcher du téléphone.
Chaque poste comprend un transmetteur devant lequel l'on parle et un récepteur
qui répond à haute voix. On pressent combien dans ces conditions
l'emploi du nouvel appareil évitera de pertes de temps. Les communications
arriveront de plus directement à la personne visée, et l'on
évitera ces mises en communication souvent multiples, et parfois
difficiles à obtenir.
M. Gaillard, en créant ce haut-parleur, a eu aussi en vue les applications
diverses dans la marine, où bien souvent les ordres doivent être
transmis directement, avec la plus grande rapidité, et où
il serait impossible au marin interpellé d'abandonner son poste
d'observation pour courir au téléphone.
Le même cas se présente également souvent pour un
mécanicien obligé de rester à sa machine.
Le haut-parleur de M. Gaillard nous paraît donc susceptible de rendre
des services multiples et de se substituer au téléphone
ordinaire dans un grand nombre de circonstances.
J. LAFFARGUE.
Autres brevets téléphoniques
"Système de communication téléphonique et télégraphique
inter-train" brevet 192183
du 31.07.1888
"Nouveau système de téléphone" brevet 235177
du 07.12.1893
"Poste téléphonique Germain" brevet 258260
du 25.07.1896
"Poste téléphonique pour réseaux aériens,
souterrains et sous-marins" brevet 270032
du 01.09.1897
"Poupée téléphonique brevet 291017
du 20.07.1899
"Système perfectionné d'appareils téléphoniques"
brevet 309770
du 06.04.1901
"Perfectionnements aux appareils téléphoniques"
brevet 313356
du 08.08.1901
Dans tous les brevets Germain, les mots "téléphone
haut parleur" n'apparaissent pas, c'est Dussaud qui les utilisera
pour son son Brevet "Téléphone haut parleur et téléphonographe"
299173
du 11.04.1900 .
Dussaud, qui a l'idée de l'enregistrement et de
la reproduction électriques dès 1894, inventa le microphonographe,
enregistreur ou reproducteur, père du "pick-up". La première
expérience eut lieu le 21 novembre 1897. Il avait même l'idée
d'un amplificateur, qu'il appelait multiphone, et qui fut présenté
à l'Académie de médecine, en 1899.
sommaire
En 1901
Téléphone
Haut-parleur R.Gaillard Ducretet
Images du catalogue
Ducretet Gaillard
Système microtéléphonique de démonstration
Toutes les armées ont étudié
ou fait étudier les téléphones haut-parleurs ; la
marine en a adopté. Dans les mines on lutilise également.
sommaire
Une dernière rubrique ou Pierre Germain a participé au début
de la cinématographie :
1895, revue d'histoire du cinéma "Le
centenaire d'une rencontre : Auguste Baron et la synchronisation du son
et de l'image animée"
( Vers
le spectacle : les expérimentations dAuguste Baron et dautres
pionniers)
En 1899, Auguste Baron réalisait dans son studio
vitré dAsnières ses premiers films sonores, à
laide dune technologie alors révolutionnaire : quatre
microphones à charbon au-dessus de la scène pour capter
la voix des acteurs, une caméra montée sur rails, le tout
relié à un phonographe inscripteur équipé
dun moteur électrique, dun récepteur téléphonique,
dun cornet acoustique et/ou dun graveur à électro-aimant.
Lenregistrement en son direct, en synchronisme avec la caméra,
a bel et bien été inauguré il y a un siècle
par Baron, même si les résultats nont pas été
à la hauteur de ses espérances....
Lenregistrement synchrone par le microphone et le
téléphone
Baron utilise deux systèmes : la méthode denregistrement
avec le micro-phonographe de Franz Dussaud et une méthode qui sappuie
sur plusieurs procédés utilisés dans dautres
domaines, comme la télégraphie.
Entre 1898 et 1899, Baron a effectué plusieurs essais avec le microphonographe
enregistreur et sur un dessin daté précisément de
18987, il représente « linscripteur » du phonographe,
baptisé sur un deuxième dessin micro-phonographe inscripteur.
Cet « inscripteur » est équipé dune tête
de gravure ou de lecture électro-magnétique, pourvue de
deux électro-aimants.
Le deuxième type denregistrement synchrone basé
sur lutilisation dun récepteur téléphonique
relié au phonographe est le fruit de plusieurs recherches
effectuées dans différentes branches de la communication
à distance.
Parmi les expérimentations qui ont pu inspirer Baron pour
mettre au point la deuxième méthode, il faut citer une expérience
intéressante tentée en 1899, au Ministère des télégraphes,
par un nommé Germain.
Un microphone constitué de petits cylindres contenant du charbon
à poudre et des plaques vibrantes de silicate de potasse et de
magnésie, est équipé dune bobine dinduction
et de quatre piles. Un récepteur, ou « téléphone
haut-parleur », placé à des centaines de kilomètres,
permet dentendre tout ce que capte le microphone : « On entendait
[
] une voix forte, nette, bien timbrée, sans aucun nasillement
; [
] le chant et la musique sont beaucoup plus intenses et très
nets également. »
Germain ne se contente pas de capter les sons à distance, il les
enregistre également sur un phonographe, celui-ci étant
alors directement relié au récepteur téléphonique
monté sur la plaque vibrante du burin inscripteur. Il sagit
à quelques variantes près de la méthode
utilisée par Baron.
Et exactement comme celui-ci, Germain imagine pour la captation des sons
quatre hottes en pyramides tronquées, ou mieux encore, un mur de
36 pyramides contenant autant de microphones.
Le procédé Germain, avec sa bobine à induction et
son système de gravure électrique direct, paraît plus
simple et plus efficace que celui de Baron. Il resterait à
savoir si Germain a influencé Baron, ou linverse
; mais on sait aussi que bien souvent, dans lhistoire des sciences,
il est arrivé que plusieurs chercheurs, sans se connaître,
trouvent à peu près la même solution.
Peut-être déçu par le microphonographe
Dussaud, Baron va opérer une synthèse de tous les procédés
alors existants, et mettre au point une deuxième solution technique.
Celle-ci sera finalement retenue, si lon en croit ses mémoires
: « La scène portait un dispositif en dôme portant
les microphones ultra-sensibles qui venaient tous se réunir à
une seule ligne téléphonique par des relais amplificateurs,
de façon à actionner dans une chambre spéciale et
toute capitonnée, le microphone reproducteur dun haut-parleur
situé en face du cornet de linscripteur. Les sons ainsi reproduits
et amplifiés sortant du haut-parleur actionnaient mécaniquement
le microphone inscripteur, lui donnant la force nécessaire à
linscription des sons sur le cylindre de cire vierge. »
Ce procédé consiste donc à capter les sons par quatre
microphones, à relancer les sons par trois relais électriques
jusquà un récepteur amplificateur de type téléphonique
équipé dun cornet directionnel. Ce récepteur,
avec son cornet diffuseur, est placé en face du pavillon dun
phonographe acoustique (supposé de type graphophone) chargé
denregistrer les sons transmis par le récepteur.
Ce système oblige Baron à isoler phoniquement lappareil
enregistreur à lintérieur dune salle capitonnée.
Celle-ci est disposée à lautre bout du studio, loin
de la scène on voit parfaitement cette disposition dans
deux dessins représentant le studio dAsnières et réalisés
par Baron. Le résultat dune telle méthode, on sen
doute, devait être presque inaudible. En effet, si Baron a résolu
le problème de la prise de sons à distance, ce système
de passage à plusieurs relais amplificateurs entraîne forcément
une perte sensible dans la qualité du signal sonore. Baron ne dispose
pas de véritables systèmes amplificateurs électriques
(et encore moins électroniques) suffisamment fiables pour assurer
la sonorisation dune salle public de grand volume. Baron ne traite
pas des microphones dans ses brevets, puisquil nen est pas
linventeur ; ce sont dans ses dessins que lon trouve leur
description. Sur lun des calques, daté 1899, il décrit
son « microphone A. Baron » : « Microphone composé
: dun tambour métallique E fermé par deux rondelles
en celluloïd FF ; deux disques en ébonite A et B fendus
pour laisser passer librement les peignes C ; 8 peignes C en cuivre ou
laiton ; 24 grains ovoïdes D en charbon. Un microphone peut supporter
8 volts [
]. Courant maxima [
] : 1 Amp. 52. Angle de variation
au galvanomètre, 45° sous laction de deux piles Leclanché
dont le zinc nest plongé dans leau que de 2 à
3 cm. »
Nous avons vu que pour capter les sons, Baron dispose
quatre microphones à grains de charbon au-dessus de la scène
où évoluent les sujets à enregistrer et à
filmer. Pour cela, il fabrique quatre hottes, ou quatre pyramides tronquées,
à lintérieur desquelles il place chaque microphone.
Selon Baron, on peut parler à 4 ou 5 mètres du groupe microphonique.
Un relais électro-mécanique est intercalé entre ce
groupe de microphones et le phonographe enregistreur. Plus tard, il semble
que Baron disposera trois relais successifs pour amplifier les courants
modulés des micros. Il assure, dans les marges dun dessin
représentant un relais amplificateur électro-mécanique
à spires, que les sons, ainsi relancés, peuvent parcourir
50 mètres. Les vibrations phoniques, captées par les microphones,
arrivent dans le relais électrique par des bornes qui aimantent
plus ou moins un électro-aimant. Celui-ci attire proportionnellement
des ressorts qui sont pourvus dun plot. Ce plot, en venant sappuyer
sur des balais, augmente lintensité des vibrations envoyées
par les bornes à un récepteur amplificateur de type téléphonique
à cornet qui diffuse les sons en face dun pavillon relié
au phonographe à cylindre.
Même avec les inscripteurs microphonographiques de type Dussaud
que Baron a également utilisés, il paraît douteux
que les sons ainsi captés, transportés, amplifiés
et gravés sur cylindre, restent de bonne qualité.
Certes, on peut citer la longue expérience du Théâtrophone,
qui fonctionna comme nous lavons vu une première fois à
Paris en 1881 grâce à Clément Ader. La qualité
des microphones du Théâtrophone semblait bonne (pour lépoque),
selon les témoignages, même si la réception restait
de type téléphonique. Mais il ny a pas eu, semble-t-il,
denregistrement des sons sur phonographe.
Si Baron réussit effectivement à graver
en direct sur le cylindre dun phonographe les sons produits par
des acteurs et captés par des microphones, tandis que la caméra
filme tous leurs mouvements, quen est-il de la restitution des sons
et des images ? Là-dessus Baron, une fois de plus, nest guère
bavard, même dans ses dessins. Un microphonographe, même avec
un pavillon étudié à cet effet, suffit-il pour faire
entendre les sons dans une salle, lorsque le film défile en synchronisme
sur lécran ? Baron reprend-il le système de Dussaud,
qui consiste à équiper les spectateurs-auditeurs de deux
récepteurs téléphoniques, leur permettant ainsi découter
les chants ou la musique en relation avec les images qui défilent
sur lécran ? Ici, on pense aux frères Lumière,
lorsquils conseillaient en 1896, dutiliser une batterie de
récepteurs téléphoniques disposés devant lécran
(nous y reviendrons). Le résultat sonore devait être calamiteux
dans une salle. À lépoque, certains phonographes étaient
assez puissants pour être installés dans des grandes salles
de spectacle. Lexemple de Lioret mérite dêtre
cité : en 1897, lun de ses phonographes fonctionne dans limmense
salle du Trocadéro, devant des centaines de spectateurs. Lappareil
possède une sorte de boîte plate formant résonateur,
un stylet au bout arrondi, un pavillon de grand format en deux parties.
Selon un témoin, Henri de Parville, « le phonographe disposé
sur la scène sentendait parfaitement de toutes les parties
de la salle ». Cest seulement, plus tard, dans les années
1910, que Léon Gaumont aura recours à lair comprimé
pour mieux diffuser les sons à travers les grandes salles, le Gaumont-Palace
par exemple.
Notre perplexité sur lefficacité dans
une présentation publique du système Baron est motivée
par le fait que lenregistrement obtenu en studio devait être
déjà, sans doute, dune qualité sonore assez
faible. À cette époque, comment seffectuait lenregistrement
sonore ? Comme nous lavons déjà expliqué lors
de la présentation du phonographe et du microphone, entre 1877
et 1924, le son dun instrument ou dune voix était enregistré
par le biais dun cornet acoustique, placé à proximité
immédiate de lartiste. Le principe en est simple : les sons
émis produisent la vibration dune membrane qui transmet les
oscillations captées à un burin, lequel, à son tour,
les grave sur un cylindre ou sur un disque. Pour la reproduction, la pointe
reproductrice (pointe à saphirs ou aiguille), directement montée
sur la membrane vibrante dune capsule acoustique, lit les sillons
gravés sur le disque ou le rouleau. Les sons reproduits sont «
amplifiés » et diffusés par un pavillon, le plus souvent
métallique. Toutes ces opérations sont strictement mécaniques,
puisque lenregistrement électrique et donc lintroduction
du microphone dans le circuit de lenregistrement et de la restitution,
ninterviendront quen 1925. Mais nous ne sommes alors quen
1899 ; or à cette époque Baron parle, dans ses dessins,
de microphones, damplificateur, de récepteur, de graveurs
électro-magnétiques
Il faut nuancer ces propos et
les resituer dans le cadre des premiers essais denregistrements
électriques, plutôt que des réussites concrètes.
À lépoque des pionniers, lartiste
doit faire preuve dune grande puissance vocale et dune résistance
physique à toute épreuve. Jusquen 1895, les cylindres
sont en fait fabriqués à lunité, ce qui oblige
linterprète à enregistrer autant de fois que le nombre
de supports demandés (jusquà 80 fois, dit-on, pour
Charlus). Deux lithographies représentant les chanteurs Mercadier,
Maréchal et Charlus, publiées par Daniel Marty dans sa remarquable
Histoire illustrée du phonographe14, montrent comment on utilisait
le cornet acoustique lors dune séance denregistrement
: Charlus est placé tout près de lembouchure de quatre
cornets qui captent le son de sa voix et la restituent sur un cylindre.
Un clarinettiste, installé derrière Charlus, joue quasiment
contre son oreille. Le dispositif est archaïque ; mais il est pourtant
en usage jusquau début des années 1920. Pourquoi ?
Simple problème de mise au point technique qui a pris environ trente
ans avant dêtre reglé ? Opportunité financière,
car ladoption du nouveau système électrique aurait
mis à mort le système mécanique du vieux phonographe
qui vient de trouver une diffusion auprès dun large public
? Ou alors, faut-il mettre en avant la prudence des interprètes
à légard dun objet encore mystérieux
? Nous pourrions nous poser encore beaucoup de questions, mais finalement
lensemble de ces obstacles peut expliquer la longue absence du microphone
électrique dans les techniques du spectacle.
Il est aussi un handicap que Baron na évoqué
officiellement quen 1933, et qui aurait pu soulever de sérieux
problèmes en cas dexploitation du graphophonoscope : en 1898,
un cylindre ne peut être copié. Il constitue donc une pièce
unique ; si lon veut un deuxième cylindre identique, il faut
recommencer la prise de son et, dans le cas de Baron, la prise de vues.
Baron y vit les raisons de son échec commercial : « Lorsque
je voulus rendre industrielle mon invention, je me heurtai à des
difficultés insurmontables à cette époque. En effet,
le phono ne pouvait employer que des rouleaux de cire vierge, dont il
était impossible de tirer des duplicata, ce qui forçait
à recommencer film et inscription15. »
Malgré tout, en 1899-1900, Baron est bien lauteur
de films sonorisés par le phonographe avec quelle qualité
sonore, avec quel synchronisme exact, il est difficile de le préciser
dans létat actuel des connaissances. Ces films ont été
réalisés à lintérieur dun théâtre
vitré bâti spécialement à cet effet. Il sagit
sans doute du premier studio cinématographique entièrement
consacré au cinéma sonore...
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sommaire
En 1886, Auguste Baron inventa le Kinétophone,
un appareil combinant son et image. Des microphones, placés au-dessus
d'un décor, étaient reliés à une cabine d'enregistrement
où les signaux transmis étaient gravés sur du cuivre.
Un seul moteur actionnait simultanément la caméra et le
phonographe à la même vitesse. En 1898, Baron, avec l'aide
de Félix Mesguich, créa un studio où il tourna des
films de quatre minutes montrant des personnes chantant. Faute de moyens
financiers, il dut rapidement abandonner ce projet....
Baron ne traite pas des microphones dans ses brevets,
puisqu'il n'en est pas l'inventeur; ce sont dans ses dessins, inédits
jusqu'à présent, que l'on trouve leur description. Sur l'un
des calques, daté 1899, il décrit son « microphone
A. Baron »
Microphone composé : d'un tambour métallique E fermé
par deux rondelles en celluloïd FF' ; deux disques en ébonite
A et B fendus pour laisser passer librement les peignes C; 8 peignes C
en cuivre ou laiton; 24 grains ovoïdes D en charbon. Un microphone
peut supporter 8 volts [...]. Courant maxima [...]: 1 Amp. 52. Angle de
variation au galvanomètre, 45° sous l'action de deux piles
Leclanché dont le zinc n'est plongé dans l'eau que de 2
à 3 cm. 55

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