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Le TELHARMONIUM
de Thaddeus Cahill LE TELHARMONIUM, LE RÊVE FOU D'UN JEUNE INVENTEUR Le telharmonium, teleharmonium ou dynamophone, est un instrument de musique électromécanique, développé à partir de 1897 par l'américain Thaddeus Cahill (1867 - 1934). Cest le premier véritable instrument de synthèse sonore pour la musique électronique. Il a été conçu pour distribuer de la musique sur le réseau téléphonique américain nouvellement créé qui est à la base du nom de l'instrument : « Telegraphic Harmony » Un peu avant, dans les années 1870, deux autres
grands visionnaires, Bell et Edison, faisaient la preuve, avec beaucoup
de succès, de lefficacité du téléphone
en proposant de retransmettre simultanément et en direct des
concerts en plusieurs endroits des États-Unis. Cet ancêtre du synthétiseur
nétait pas un instrument électronique mais électromécanique..
En effet, le son nétait pas produit par un oscillateur
électronique, mais par la rotation dune « roue phonique
» devant un micro composé dune bobine et dun
aimant permanent selon le même principe quun micro de guitare
électrique (ou d'un réothome dans les premières
versions. On a également comparé ce principe à
celui d'une dynamo qui produirait des impulsions électriques
brèves, d'où le nom dynamophone. Cela dit, en 1898, la
triode n'existait pas (elle apparaîtra en 1907). À ses
débuts, à défaut de pouvoir amplifier le courant
d'une bobine, les notes étaient obtenues par des roues à
contacts (comme on peut le voir sur l'extrait du brevet original illustrant
le principe de la roue phonique). Ainsi, la roue établissait
et coupait le contact dans un circuit où se trouvait ensuite
l'enroulement d'un transformateur. Ce qui explique que les rotors devaient
être placés dans une salle à part de celle où
se trouvait le clavier et/ou les haut-parleurs du fait du bruit que
produisait leur fonctionnement. Le Telharmonium comprenait sept octaves
de douze demi-tons et chaque note était construite de six harmoniques.
Cahill utilisa des cylindres métalliques dentés («
rheotones ») tournant autour dun axe dont le diamètre
déterminait la fréquence. Lorsque lon appuyait sur
une touche du clavier, les signaux électriques émis par
les « rheotones » étaient additionnés et transmis
au cornet du téléphone ou à un pavillon afin découter
le résultat localement. Cahill ayant comme objectif de développer son système de diffusion musicale par le biais du téléphone, il fallait que le telharmonium soit suffisamment puissant pour quil puisse atteindre ses auditeurs. Or, au début du XXe siècle, lamplification électrique nexistait pas encore. Cest donc en utilisant des cylindres massifs, dun diamètre de près de 50 cm, que linstrument pouvait générer des courants de 1 ampère dans le circuit téléphonique. Les cornets habituels de lépoque étaient remplacés par des sortes de haut-parleurs. La deuxième version du telharmonium mesurait une vingtaine de mètres de long et pesait 200 tonnes. Linstrument était joué à quatre mains et possédait un clavier de 36 notes par octave. Les « rheotones » permettaient de transformer
un courant continu en courant alternatif. Le résultat de ce type
de contact était plus proche dun signal carré que
dune sinusoïde. Des bobines dinductions permettaient
datténuer le signal carré et le rendaient assez
proche dun son sinusoïdal. Le premier telharmonium (qui pesait déjà
7 tonnes), vit le jour en 1901, et Cahill sassocia avec Oscar
T. Crosby et Frederick C. Todd pour obtenir le soutien financier nécessaire
à son entreprise. En 1902, Crosby créa la New England
Electric Music Company et Cahill sinstalla à Holyoke, (Massachusetts),
dans un grand atelier pour y perfectionner son invention. De là,
il fit plusieurs démonstrations concluantes, reliées par
les réseaux téléphoniques, dont lune atteignit
New York. De retour à Holyoke, Cahill sattela à la fabrication dun troisième modèle, encore plus imposant, qui fut présenté en 1910. Il sinstalla de nouveau à New York dans un autre local, en 1911, mais ne retrouva pas le succès de ses débuts. Sa nouvelle société, très endettée, disparut en 1914. On ne connaît malheureusement aucun enregistrement de cet instrument électrique précurseur. En 1950, un des frères de Thaddeus a tenté de sauver le premier prototype, mais il a finalement été envoyé à la casse. Cependant, le principe de la roue phonique a été repris et miniaturisé en 1935 pour créer lorgue Hammond, avec le succès quon lui connaît. Linvention de Cahill reste donc une des étapes fondatrices de la musique électronique Il existe aux États-Unis un ouvrage entièrement consacré au Telharmonium, « Magic music from the Telharmonium », écrit par Reynold Weidenaar et édité en 1995 par The Scarecrow Press, Inc, dont vous trouverez une version consultable ICI
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