Au début du XXe siècle, la téléphonie
était déjà bien implantée dans plusieurs pays.
Cependant, les communications téléphoniques restaient limitées
à des échanges nationaux ou continentaux. Le télégraphe
restait la principale solution pour les communications longues distances,
notamment entre lAmérique et lEurope, mais il présentait
linconvénient dêtre lent et limité à
des messages écrits.
Lorsque William Thomson vit l'appareil
téléphonique nouvellement inventé par Alexandre
Graham Bell à l'exposition de Philadelphie de 1876, il déclara
que «c'était là la plus grande merveille accomplie
jusqu'à présent par le télégraphe ».
Reconnaissant que les formes de cet instrument, encore imparfait, seraient
bientôt améliorées, il fit remarquer que « l'invention
était encore dans son enfance et qu'elle était susceptible
de grands progrès »; il ajouta « qu'au moyen de plans
un peu plus perfectionnés et d'appareils plus puissants, on pouvait
avoir pleine confiance en ce que M. Bell nous donnât la possibilité
de rendre audible la voix et la parole à travers le fil électrique
sur des distances de centaines de milles». Il fut donné à
Lord Kelvin de vivre assez longtemps pour voir la réalisation
de ces prophéties. Et, s'il avait vécu quelques années
de plus, il aurait pu voir la qualité de la transmission téléphonique
portée à un point voisin de la perfection et les centaines
de kilomètres étendus à des milliers.
Que Lord Kelvin ait considéré le téléphone
comme un perfectionnement du télégraphe, cela est naturel
car c'est par ce dernier que Bell y arriva. Bell, en effet, faisait des
expériences en télégraphie harmonique lorsqu'il inventa
son téléphone. Il étendait les possibilités
d'utilisation du télégraphe en utilisant une bande de fréquences
plus large que celle qui était employée dans les systèmes
d'appareils Wheatstone et Morse.
Rappelons que cest en 1852 que naît le vrai projet transatlantique;
Frederick Newton Gisborne, ingénieur télégraphiste
de l « Amérique du Nord Britannique », témoin
du succès des frères Brett dans le câble Douvre /
Calais, constitue une compagnie pour établir une ligne télégraphique
terrestre traversant Terre-Neuve de St Jean au Cap Ray et pour poser un
premier câble entre lile du Prince Edouard et lile du
Cap Breton.
Puis c'est en 1858 avec le premier câble
télégraphique transatlantique que la communication écrite
entre lEurope et lAmérique a été possible.
Comme cette bande de fréquences se révélant suffisante,
le système Bell fut ainsi en mesure de transmettre la parole aussi
bien que de simples signaux. Ainsi, le téléphone est né
du télégraphe par l'élargissement de la bande des
fréquences employée dans la transmission électrique
de la pensée. Plus récemment, un nouvel élargissement
de la bande de fréquences eut pour conséquence à
la fois l'amélioration de la qualité de la parole transmise
et la multiplication du nombre des conversations pouvant être transmises
simultanément.
Le progrès a été tel qu'il a été possible,
d'échanger des conversations par voie de terre de façon
aussi parfaite que nous pouvons le désirer, à n'importe
quelle distance, et nous pouvons le faire tout en échangeant des
centaines de conversations à la fois sur une seule ligne coaxiale.
En fait, nous sommes allés plus loin encore et nous avons élargi
la bande de fréquences de telle sorte que l'on peut transmettre,
sur de longues distances terrestres, aussi bien la télévision
que la parole.
Il n'est pas nécessaire de faire un prodigieux effort d'imagination
pour prévoir qu'on aura un jour des canaux de transmission multiples
pour la télévision de la même manière que l'on
a, aujourd'hui, des canaux de transmission multiples pour la parole.
Des conducteurs consistant en tuyaux évidés offrent la possibilité
d'une telle application.
En vérité, la largeur de la bande de fréquences est
presque devenue une commodité pour l'ingénieur des communications.
La télégraphie utilise une certaine largeur de bande, mesurée
en cycles par seconde pour une vitesse de transmission donnée,
mesurée en mots par minute. Nous pouvons assigner environ 100 cycles
par seconde à un appareil télégraphique imprimeur
transmettant 60 mots par minute.
Pour être intelligible, la communication téléphonique
exige environ 1000 c/s, quoique le dispositif original de Bell utilisât
probablement un peu moins que cela, ce qui explique les difficultés
que Kelvin éprouva à comprendre certaines paroles. La bande
dont la téléphonie commerciale a bénéficié
a été graduellement élargie jusqu'à nos jours
où l'on considère la fréquence de 3000 c/s comme
raisonnable. Elle ne procure pas, toutefois, une transmission parfaite
de la parole. Les fréquences de la parole couvrent ordinairement
8000 c/s, bien que les fréquences au-dessus de 4000 c/s contribuent
peu à l'intelligibilité et à la qualité de
l'audition. La musique exige une bande plus large que la parole. Le champ
d'audition de l'oreille humaine normale est d'environ 15 000 c/s et il
faut précisément cette largeur de bande pour la transmission
parfaite de la musique. Dans la pratique, toutefois, la musique perd peu
de sa valeur esthétique si elle est limitée à 8000
c/s. En fait, la plupart des auditeurs ne sont pas en mesure de distinguer
aisément entre la musique transmise sur une bande de fréquences
de 8000 c/s et celle transmise sur une bande de 15 000 c/s.
La télévision exige un minimum de 20 000 c/s pour la transmission
d'un portrait humain reconnaissable et jusqu'à 20 millions de c/s
ou plus pour
une vision aussi bien définie que celle du cinématographe.
Mais, dans la pratique commerciale actuelle, la largeur de la bande est
d'environ 3 millions de c/s.
Avec une ligne de transmission de largeur de bande donnée, nous
pouvons assigner à la télégraphie, à la téléphonie
et à la télévision la valeur de fréquence
qui leur convient. Vingt voies pour le télégraphe imprimeur,
avec les séparations suffisantes, correspondent à environ
ce qu'exige un canal téléphonique ordinaire, mais un canal
de télévision nous coûte, en fréquences, autant
que 1000 voies téléphoniques ou 20 000 voies télégraphiques
pour appareils imprimeurs.
En 1915 La première conversation téléphonique à
longue distance Entre New York et San Francisco a été établie.
Parlons de l'extension de la gamme des fréquences et de leur application
dans le domaine des communications transocéaniques,
en particulier de la téléphonie transatlantique.
Nous passerons d'abord en revue les conséquences de l'extension
des fréquences et nous examinerons, ensuite, quelques-unes des
possibilités futures du développement de la largeur de la
bande des fréquences dans les communications transocéaniques.
Pour avoir une vue complète, on considérera à la
fois les systèmes par fil et par sans fil.
Les premiers messages qui passèrent à travers le câble
transatlantique furent transmis au rythme de deux mots à la
minute. Exprimé en fréquences, cela indique une largeur
de bande inférieure à 1 c/s.
Lord Kelvin, au moyen de son galvanomètre à miroir et, plus
tard, avec son siphon recorder et d'autres dispositifs plus perfectionnés,
augmenta la largeur de bande effectivement utilisée et accrut la
vitesse de transmission à 3 mots par minute. Il montra comment
il fallait calculer les câbles pour augmenter les limites de fréquence,
ce qui permit de transmettre sur les câbles océaniques à
des vitesses beaucoup plus grandes.
D'autres améliorations importantes dans l'appareillage terminal
et dans les méthodes d'exploitation suivirent. L'application du
duplexage, permettant une exploitation simultanée du câble
dans les deux directions, doubla ainsi pratiquement sa capacité
de trafic. Des perfectionnements dans les méthodes de correction
de la distorsion des signaux introduite par le câble et l'emploi
de moyens de transmission mécaniques ont contribué pour
un nouveau tiers à l'augmentation de son rendement. Un autre accroissement
d'égale importance fut obtenu lorsque l'amplificateur de câble
fut introduit dans la première partie de notre siècle.
Une étape importante fut franchie, en 1924, par l'introduction
du câble chargé au permalloy. (gamme d'alliages
à propriétés magnétiques à base de
nickel et de fer, et également souvent, en moindres proportions,
de molybdène et de manganèse)
Les avantages de la charge avec bobine inductive en vue de réduire
l'affaiblissement sur les longs circuits étaient connus depuis
quelque temps et diverses applications de la méthode Krarup avaient
été faites sur des câbles téléphoniques
sous-marins de faible longueur. Néanmoins, il n'était pas
possible d'appliquer ce principe aux câbles océaniques car,
pour les fréquences télégraphiques, la charge avec
le conducteur en fer n'était pas avantageuse en raison de sa basse
perméabilité. La découverte du permalloy, matière
dont la perméabilité est très élevée
pour les faibles densités de flux et l'invention de moyens en vue
de protéger le matériel de charge contre les rudes efforts
de tension auxquels serait soumis ce matériel au fond de l'océan,
ont rendu possible la construction d'un câble disposant d'une largeur
de bande de fréquences plusieurs fois supérieure à
celle correspondant aux câbles non chargés. L'accroissement
de trafic sur un pareil câble ne fut cependant pas proportionnel
à l'accroissement de la bande de fréquences, mais assez
inférieur, car le duplexage d'un câble chargé réduit
la vitesse d'une voie beaucoup plus que dans le cas du câble non
chargé. Le câble transatlantique chargé le plus rapide
a une bande de fréquences effective de plus de 100 c/s et peut
écouler quatre fois plus de trafic qu'un câble non chargé
d'égale dimension et de même longueur.
L'emploi de la charge au permalloy dans les câbles télégraphiques
a naturellement conduit à prévoir la possibilité
de poser un câble téléphonique
chargé à travers l'Atlantique. Qu'on l'envisage du point
de vue de l'extension de la fréquence, qui doit être portée
pour une haute qualité de transmission téléphonique
de 100 c/s à 3000 c/s, ou de celui de l'augmentation de la distance,
cette réalisation paraît formidable. Le plus long câble
téléphonique de grand fond ne mesurait que 105 milles marins
entre Key West et La Havane où trois câbles chargés
de façon continue au fer furent posés en 1921. La portée
à travers l'Atlantique exigeait, au minimum, 1350 milles de câble
par la voie des Açores ou 1800 milles par la voie plus directe
Terre-NeuveIrlande. Il était clair que, pour réaliser
un tel travail, on ne pouvait se contenter d'entreprendre de simples modifications
de structure. De nouveaux matériaux étaient nécessaires.
Pendant des années, des recherches systématiques ont été
effectuées pour améliorer les propriétés des
matériaux électriques et diélectriques en vue de
leur utilisation dans les câbles sous-marins.
Vers 1928, les progrès réalisés dans le développement
de ces matériaux et dans la structure du câble lui-même
étaient suffisamment avancés pour permettre d'entreprendre
sérieusement l'étude de la pose d'un câble téléphonique
transatlantique.
Il fut alors décidé de tenter l'essai pratique d'une section
de câble. En déterminant les conditions requises pour ce
câble, on décida de le faire passer par la voie Terre-NeuveIrlande
plutôt que par lés Açores. La plus grande longueur
du câble rendait son établissement plus difficulteux et son
coût par mille plus élevé, mais la dépense
totale et des considérations d'exploitation et d'entretien étaient
en faveur de la voie plus directe.
La structure proposée pour le câble téléphonique
Terre-NeuveIrlande était du type unifilaire avec un conducteur
central à charge continue et fil de retour concentrique analogue
aux câbles Key-West La Havane, mais il en différait
du point de vue du matériel utilisé et des dimensions. Au
lieu de se servir d'un conducteur en fer ou de permalloy pour l'inductance,
on utilisa quatre couches de très minces rubans de perminvar. Le
perminvar est un alliage qui, sous forme de ruban de charge, possède
une perméabilité et une résistivité appropriées
à l'usage téléphonique et qui a, en même temps,
une hystérésis très faible, ce qui contribue à
empêcher la distorsion de la parole due à la modulation magnétique.
Le conducteur chargé était isolé à la paragutta
plutôt qu'à la guttapercha. La paragutta est un mélange
de caoutchouc spécialement purifié et déprotéinisé,
de balata ou de guttapercha dérésinée et d'un peu
de poix. La paragutta a une constante diélectrique de 15% inférieure
à celle de la guttapercha utilisée dans les câbles
Key-WestLa Havane, et une perditance aux fréquences téléphoniques
d'environ un cinquantième plus élevée.
Ce câble a été calculé sur la base d'un affaiblissement
aussi élevé que le permettent les considérations
de bruit du côté récepteur et de puissance utile du
côté transmetteur. Puisque l'affaiblissement d'un pareil
câble croît rapidement avec la fréquence, c'est le
bruit à l'extrémité haute fréquence de la
bande vocale qui a de l'importance; ici le bruit est d'origine entièrement
thermique, car l'interférence statique ou de provenance externe
est éliminée par la mise sous écran. La puissance
d'émission est limitée par l'hystérésis magnétique
et il est peu avantageux d'insérer plus de 50 volts. La plus grande
partie de la puissance peut être concentrée dans les hautes
fréquences en plaçant, à l'extrémité
transmettrice, une section du réseau qui corrige la distorsion
du câble. Il est possible, par ce moyen, de fixer l'équivalent
admissible à 165 db pour une fréquence de 3000 c/s.
Ceci dépasse de loin l'affaiblissement admis dans la pratique téléphonique.
Le câble en question était calculé pour donner cet
affaiblissement avec le moins de dépenses possibles en matériel.
L'âme comprenait un conducteur central chargé comportant,
par mille marin, 800 livres (lb) de cuivre et 95 lb de perminvar, 720
lb d'isolant à la paragutta et un conducteur de retour concentrique
en cuivre de 1700 lb, ce qui faisait de ce câble le plus pesant
de tous ceux posés auparavant à de grandes profondeurs.
Un tronçon de ce câble, d'une longueur de 20 milles, fut
construit, en 1930, par les Norddeutsche Seekabelwerke, à Nordenham,
Allemagne, sous la surveillance des ingénieurs des Laboratoires
téléphoniques Bell. Là, il fut chargé à
bord du navire câblier «Norderney» et transporté
dans la baie de Biscaye où une profondeur de 2500 brasses était
commodément accessible. Cette profondeur était plus grande
que celle qui aurait été rencontrée sur le trajet
projeté du câble. La section de 20 miles de câble fut
filée sur le fond de l'océan et son impédance en
circuit ouvert mesurée au-dessus de la bande des fréquences
téléphoniques. Des modifications de ses paramètres
électriques purent être facilement déduites de ces
mesures. Le câble fut ensuite retiré et chargé à
destination de Frenchport Harbour près de Belmullet, comté
de Mayo, en Irlande, où il fut à nouveau posé afin
de permettre la mesure du bruit de sortie. Les mesures de l'impédance
effectuées, aussi bien depuis le bateau que depuis le rivage, révélèrent
que le câble était tout à fait intact, tant à
la profondeur de 2,5 milles qu'après avoir été relevé
et placé dans une eau peu profonde. Toutefois, les mesures de bruit
effectuées depuis le rivage montrèrent que l'emplacement
était impropre pour ce type de câble, en raison du fond raboteux.
Un tel câble est parfois microphonique en raison de l'extrême
sensibilité du perminvar et les derniers tronçons du câble
doivent reposer sur un fond calme pour assurer un faible niveau de bruit
terminal.
En même temps qu'avaient lieu ces expériences sur le câble,
des essais étaient effectués au laboratoire de New York
sur les installations terminales.
Une ligne artificielle avait été établie, représentant
exactement le câble projeté en ce qui concerne son rendement
électrique et la parole fut transmise sur cette ligne artificielle
aux niveaux fixés pour le câble.
Cette manière d'opérer était à la fois exceptionnelle
et nouvelle. L'affaiblissement élevé rendit impossible l'équilibrage
pour une conversation à deux voies et il fallut utiliser la commutation.
Aux deux extrémités, l'appareil récepteur était
relié normalement à la ligne. Les courants produits par
la voix du correspondant provoquaient la mise sur la position transmission
de l'extrémité de la ligne à laquelle il se trouvait.
Des dispositions furent prises pour éviter la perte de parole pendant
la durée de la commutation et pour réduire l'interférence
provenant d'une conversation presque simultanée des personnes placées
aux deux bouts du câble. Le temps nécessaire à la
parole pour parcourir le câble n'est pas négligeable. Dans
ce cas, il était d'environ 1/10 de seconde, ce qui est assez long
pour qu'il soit remarqué, mais pas assez important pour être
considéré comme un désavantage majeur.
Toutes les mesures effectuées en laboratoire, en mer et du rivage
concordaient pour montrer que le projet d'installation d'un câble
de ce type présentait toute garantie du point de vue technique.
Son fonctionnement aurait été supérieur à
celui de la radio.
En revanche, le coût aurait été beaucoup plus élevé
que celui d'un circuit radio. Le prix du système par câble
allant de la Nouvelle-Ecosse en Grande-Bretagne, via Terre-Neuve et l'Irlande
se serait élevé à environ 15 millions de dollars.
Lorsque le projet fut envisagé, la communication radio était
sujette à de fréquentes interruptions et le câble
était considéré comme complément très
justifié, du point de vue économique, du service radio tel
qu'il fonctionnait alors.
Renvoyé temporairement à cause de la crise générale
des affaires, ce projet de pose de câble fut abandonné définitivement
plus tard, parce que, en
raison des progrès réalisés dans le service des communications
radiotransatlantiques, la grande dépense pour un câble à
voie de transmission unique ne pouvait pas se justifier plus longtemps.
Il paraît improbable, aujourd'hui, qu'un câble semblable soit
jamais posé à travers l'Atlantique. Par bonheur, de nouveaux
progrès, plus satisfaisants, ont été réalisés
dans l'intervalle.
Mais, retraçons tout d'abord le développement de. la
radiotéléphonie transatlantique et examinons quelques-unes
de ses possibilités d'avenir.
Le développement des radiocommunications, plus frappant que celui
des communications par fil, a été caractérisé
par l'élargissement de son spectre des fréquences.
En fait, si l'on part des expériences faites par Marconi
à travers l'Atlantique, en 1901, on voit que le spectre
de fréquences s'est élargi au point de procurer aujourd'hui
quelques milliers de mégacycles par seconde. Toutefois, une faible
portion de cette bande seulement est disponible pour les communications
transocéaniques. On utilise seulement deux bandes séparées,
chacune d'elles étant, par rapport à toute la bande de fréquences
de la radio, relativement étroite. La gamme basse fréquence
ou à ondes longues constitue une bande d'une largeur de quelques
dizaines de kilocycles par seconde avec un maximum d'environ 100 kc/s.
Cette partie basse fréquence du spectre a été exploitée
intensivement au cours des vingt premières années du vingtième
siècle et, à la fin de cette période, elle était
très occupée par les transmissions radio.
Ce fut en 1915, quatorze ans après que Marconi eut fait
franchir l'Atlantique par la radiotélégraphie, que la parole
fut transmise pour la première fois à travers les océans,
d'Arlington, Va. à Paris et à Honolulu.
Cette performance, quelque peu assombrie par les événements
de la première guerre mondiale, fut le résultat d'un programme
visant à porter la parole à travers l'océan, programme
qui fut définitivement entrepris par les ingénieurs du Bell
System après qu'ils eurent établi avec succès une
communication téléphonique par fil à travers le continent
de l'Amérique du Nord. Pour cette réalisation, on développa
les premiers tubes à vide à grande puissance, ainsi que
les premiers maîtres-oscillateurs, transmetteurs à lampe
amplificatrice de puissance.
Cette expérience fut ainsi, du point de vue technique, l'avant-coureur
de la radiotéléphonie moderne, comprenant la radio-diffusion
aussi bien que la téléphonie transocéanique.
Vers 1920, la bande des fréquences utile pour de longues
distances fut élargie au centuple lorsqu'on découvrit que
les transmissions à longue distance pouvaient être effectuées
au moyen d'ondes courtes, c'est-à-dire par des fréquences
de l'ordre de 3 à 30 Mc/s.
Cette découverte porta les radiocommunications transocéaniques
à leur niveau mondial de ces années (1943).
Les ondes courtes ne contribuèrent pas seulement grandement à
l'élargissement de la bande des fréquences des communications,
mais elles contribuèrent aussi à les faire demander par
les services en raison de la réduction de la dépense, les
installations nécessaires pour l'établissement de circuits
sur ondes courtes s'étant révélées beaucoup
moins coûteuses que celles qu'il faut employer avec les ondes longues.
Comme sa devancière la télégraphie, la téléphonie
transatlantique prit le départ dans la bande des ondes longues,
relativement trop étroite, puis passa dans la zone plus libre de
la bande des ondes courtes.
Il fallut bien des études prolongées, en matière
de transmission radioélectrique et beaucoup d'autres perfectionnements
dans la technique des appareils avant qu'on pût converser à
travers l'Atlantique avec suffisamment de clarté et de sûreté,
et qu'un service pût être établi. Dans la bande des
longues ondes et pour les distances transatlantiques, la radio se trouve
sérieusement limitée à. deux points de vue:
1° le niveau de bruit est élevé, particulièrement
en été à cause de la fréquence des orages
sous les latitudes septentrionales;
2° les signaux reçus sont faibles au moment du coucher et du
lever du soleil.
Les couches ionisées de la haute atmosphère dont dépendent
lesondes longues pour leur propagation autour de la terre subissent ainsi
les conditions nées du passage du jour à la nuit. La réalisation
du tube à vide haute puissance, à refroidissement par eau,
a permis aux amplificateurs à grande puissance de fournir les dizaines
de kilowatts nécessaires pour élever le signal bien au-dessus
du niveau des atmosphériques. L'influence des atmosphériques
a été, en outre, réduite par l'emploi d'antennes
réceptrices directives. Un perfectionnement supplémentaire
fut procuré par la
technique de l'émission à bande latérale unique,
utilisée tout d'abord sur conducteurs métalliques.
Tous ces progrès et d'autres encore contribuèrent à
assurer des communications téléphoniques sûres.
Le 7 janvier 1927, le service radiotéléphonique public
put être ouvert conjointement par le General Post Office britannique
et l'American Téléphoné and Telegraph Company. La
fréquence porteuse était de 60 kc/s correspondant à
une longueur d'onde de 5000 mètres.
Le président de lAmerican Telephone and Telegraph Co converse
avec Evelyn Murray, le secrétaire dÉtat aux postes
du gouvernement britannique. Il sagit là de la première
conversation téléphonique commerciale transatlantique. Cet
événement a ouvert une nouvelle ère dans la manière
de communiquer à léchelle internationale, réduisant
considérablement la distance perçue entre les continents.
L'ouverture, en 1928, de la première communication transatlantique
téléphonique sur ondes courtes suivit de près
celle de la liaison sur onde longue ; en 1929, on établit des circuits
supplémentaires sur ondes courtes, Ce furent des années
où se produisit une augmentation des perturbations dans les communications
sur ondes courtes et, vers 1929, des dispositions furent prises des deux
côtés de l'Atlantique pour l'établissement d'une seconde
voie sur onde longue en vue d'assurer la continuité de l'exploitation.
Toutefois, ce programme de travail ne
progressa pas beaucoup à cause - des possibilités qui se
présentèrent de perfectionner dans une large mesure les
communications sur ondes courtes. En conséquence, le projet d'établissement
d'un second circuit sur onde longue fut différé et, en raison
des progrès réalisés au cours des années ultérieures,
ce projet fut abandonné définitivement. Plus récemment,
des expériences ont été effectuées et ont
démontré la possibilité de réaliser une transmission
à deux voies sur des fréquences différentes et en
employant le même équipement transmetteur. Ceci peut conduire
finalement à une exploitation plus économique d'une liaison
supplémentaire sur onde longue.
La radio sur ondes courtes a certains avantages marqués sur les
ondes longues en ce qui concerne le service transocéanique; l'affaiblissement
est
moindre, l'effet du bruit est réduit et on dispose pour l'exploitation
d'une plus large bande de fréquences.
Les deux premiers facteurs, joints à la faculté d'obtenir
aisément un degré élevé de directivité
d'antenne, permettent de réaliser de sensibles économies.
Dans le cas d'une communication radiotéléphonique entre
les Etats-Unis et l'Angleterre, le coût de l'exploitation sur ondes
courtes, de cette époque et pour une qualité de service
approximativement comparable, est environ la moitié de celui de
l'exploitation sur ondes longues. La plus grande largeur de bande donne
au service la faculté de s'étendre car, bien que la bande
des ondes courtes ne soit nullement illimitée dans son extension
et
qu'elle se soit considérablement congestionnée au cours
des dernières années, beaucoup de choses peuvent néanmoins
être accomplies moyennant un programme d'utilisation réfléchi
et coordonné; en tout cas, cette bande est des centaines de fois
plus large que celle des ondes longues. Ces avantages se sont révélés
dans l'accroissement rapide pris par, la téléphonie transocéanique
sur ondes courtes.
Au début de l'année 1939, il y avait en service par
le monde environ 170 liaisons téléphoniques à longue
distance importantes sur ondes courtes, parmi lesquelles cinq entre les
Etats-Unis et l'Europe. Il y a eu aussi la rapide progression des nombreuses
voies de transmission de radiodiffusion sur ondes courtes, dont une meilleure,
coordination reste encore à réaliser.
Néanmoins, certains désavantages de la transmission sur
ondes courtes doivent être reconnus. Le plus important de beaucoup
est celui de sa prédisposition à l'interruption partielle
ou totale à certaines périodes, en particulier au moment
du maximum du cycle des taches solaires.
Les ondes courtes sont défavorablement affectées par divers
genres de distorsion de signaux qui se produisent du fait que le signal
capté à la réception est généralement
formé de plusieurs composantes qui ont suivi différentes
routes. Celles-ci se trouvent parfois tout le long d'un même grand
cercle, mais subissent un certain nombre de réflexions entre la
terré et la couche d'Heaviside. Parfois, les composantes des signaux
arrivent par un autre chemin que le grand cercle. Accidentellement, ces
composantes se propagent suivant le plus grand arc du grand cercle passant
par le transmetteur et le récepteur, ou font même complètement
le tour du globe en produisant un phénomème distinctif connu
sous le nom d'« écho du tour du monde ». L'interférence
entre ondes arrivant par différents chemins se traduit parfois
par T« évanouissement général » causé
par les variations dans le niveau de la bande entière et, d'autres
fois, par l'« évanouissement sélectif », dans
lequel des parties de la gamme des fréquences vocales sont affectées
de manière différente.
Ces phénomènes et leurs causes n'ont jamais été
aussi complètement et intensivement étudiés que depuis
l'apparition des ondes courtes; il en est résulté que beaucoup
de progrès ont été réalisés dans l'amélioration
de la transmission téléphonique sur ondes courtes. L'émission
à bande latérale unique s'est révélée
d'un grand secours en éliminant un genre de déformation
particulièrement désagréable, commun à l'émission
à deux bandes latérales, dans lequel l'évanouissement
périodique du signal porteur imprime à la parole reçue
un caractère de rudesse et de crissement.
L'antenne dirigée à prises multiples, mise au point par
les laboratoires téléphoniques Bell et communément
appelée «MUSA» s'est révélée utile
en limitant la distorsion de la parole qui accompagne les effets d'interférence
de l'onde.
L'antenne «MUSA» réduit l'affaiblissement sélectif
en combinant les signaux arrivant par différents chemins ou en
éliminant tous les signaux, à l'exception de ceux arrivant
par un chemin déterminé. En procurant une directivité
d'antenne supplémentaire, ce système rend possible l'exploitation
dans les périodes où l'intensité des signaux est
diminuée, quoiqu'il ne puisse empêcher l'interruption des
communications pendant les périodes de très fortes perturbations.
L'émission à bande latérale unique et l'antenne «MUSA»
sont actuellement en service régulier sur les circuits téléphoniques
New York-Londres.
La combinaison de la technique des ondes courtes et de celle des ondes
longues fournit actuellement, à travers l'Atlantique, un service
téléphonique qui est acceptable pour le commerce, bien que
sa qualité soit quelque peu variable. L'interruption totale du
service à ondes courtes, obligeant de recourir au service insuffisant
des ondes longues, reste l'entrave la plus sérieuse. Ni la régularité
de fonctionnement, ni la qualité du service téléphonique
transatlantique ne sont encore au niveau d'un circuit métallique
bien construit et bien entretenu.
En l'état actuel des choses, les bandes dès ondes Courtes,
utilisées à bon escient, pourraient faire face à
des charges considérablement accrues. La bande des ondes longues
est beaucoup plus limitée, encore que l'on dépende de ces
ondes lorsque les ondes courtes sont en défaut, ainsi que cela
arrive de temps à autre. On a besoin d'un progrès marqué
dans le fonctionnement des systèmes actuels, ou tel autre système
nouveau et indépendant pour fournir, tour à tour, un groupe
de circuits utilisables alternativement, susceptibles d'assurer l'efficacité
d'un service sur lequel les usagers puissent compter pour leurs affaires
et leurs relations sociales. Ceci est un facteur important qui conduisit
à développer le câble téléphonique transatlantique.
Prédire le développement futur de la téléphonie
transocéanique est chose présomptueuse, pour ne pas dire
plus. Le progrès dans la science des communications a été
si rapide et les découvertes dans ce domaine ont été
si révolutionnaires qu'il est tout à fait injustifié
de fixer des limites quelconques à ce qui peut être réalisé.
Toutefois, il y a des réalisations qui ont suffisamment progressé
dans les laboratoires pour qu'il soit parlé, avec renseignements
à l'appui, de leurs prochaines applications. Il existe donc, quant
à l'avenir de la téléphonie transocéanique,
des indications sûres qui résultent des progrès réalisés
dans le domaine de la téléphonie terrestre à longue
distance.
Peut-être le plus récent et important progrès effectué
en téléphonie terrestre est-il la transmission de larges
bandes de fréquences sur les conducteurs aériens, les câbles
ou les conducteurs coaxiaux.
La transmission à large bande de fréquence signifie la transmission,
par la méthode des courants porteurs, d'un nombre considérable
de groupes de bandes téléphoniques sur des voies très
rapprochées.
Sur des lignes aériennes et sur des paires en câbles sous
plomb, 12 bandes téléphoniques situées à des
intervalles de 4000 c/s sont communément transmises en un groupe
occupant une largeur de bande totale de 48 000 c/s. Avec des conducteurs
coaxiaux, la bande a été portée à 2 millions
de c/s, ce qui permet d'y loger quelque 500 voies téléphoniques,
et on peut l'étendre encore si on a besoin d'un plus grand nombre
de voies.
L'application des méthodes de transmission à larges bandes
de fréquence à la radiotéléphonie transocéanique
peut être prévue avec une certaine
confiance. Pour arriver au but, on a besoin de systèmes amplificateurs
à large bande capables de fournir une grande puissance sans distorsion.
Un succès commercial a déjà été obtenu
avec un petit nombre de voies dans les Indes orientales, néerlandaises
et dans les systèmes à bande latérale unique exploités
entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre. Plus récemment,
en appliquant le principe de la réaction négative, les ingénieurs
des laboratoires Bell ont construit un amplificateur de transmission à
ondes courtes de 200 kW, capable de faire fonctionner 12 canaux téléphoniques,
ou davantage, à fréquences très voisines.
On peut se représenter le système radiotéléphonique
transatlantique à large bande de fréquence de l'avenir comme
formé par des groupes successifs de ces blocs de 12 voies. Le nombre
des groupes pouvant être utilisés simultanément est
naturellement limité. Là où la radiotransmission
dépend des réflexions entre l'ionosphère et la terre,
la nature fixe une limite assez bien déterminée en ce qui
concerne la bande de fréquence qui est utilisable à un moment
donné quelconque. En effet, on a prévu un chemin de transmission
entre émetteur et récepteur capable de laisser passer une
large bande de fréquences, mais toutefois limitée. Les fréquences
au-dessus de cette bande ne sont pas renvoyées uniformément
à la terre par les régions ionisées. Les fréquences
au-dessous de cette bande sont absorbées. L'extrémité
haute fréquence est marquée par une coupure nette ; la diminution
d'efficacité est plus graduelle à l'extrémité
basse fréquence. La position de la bande utile dans le spectre
se déplace selon l'heure, la saison et la phase du cycle solaire.
En outre, sa largeur varie; elle est étroite durant la nuit et
plus large pendant le jour.
Ainsi, par exemple, lorsque le soleil se trouve, en été,
au milieu de l'Atlantique, on dispose d'une bande de fréquences
utile d'environ 4 Mc/s de largeur, s'étendant approximativement
de 14 à 18 Mc/s. Elle n'est pas définie rigoureusement dans
la partie inférieure et sa position dans le spectre varie avec
la saison et le cycle des taches solaires. Mais on peut dire en gros que
la nature fournit, à n'importe quel moment, et pour le moins pendant
les heures les plus avantageuses de la journée, une largeur de
bande de l'ordre de 4 Mc/s. Si la bande entière pouvait être
utilisée en téléphonie et si elle était subdivisée
de façon précise en bandes téléphoniques de
4 kc/s de largeur, on pourrait réaliser 1000 voies téléphoniques.
Cependant, le service téléphonique transatlantique n'est
pas le, seul à demander ces importantes ondes courtes. On peut
les utiliser pour beaucoup
d'autres services, tels que la radiotélégraphie, la téléphonie
entre la côte et les navires en mer, les communications dans l'aviation,
la radiodiffusion d'outre-mer. Il existe, en dehors de l'Atlantique, encore
d'autres barrières naturelles à franchir de cette manière
et ces ondes courtes, en raison de leur large effet de dispersion à
travers le monde et en dépit de la directivité qu'on peut
leur imprimer, ne donnent pas la possibilité d'être très
souvent doublées pour un service simultané en différentes
régions du globe. Nous devons donc tenir compte que la bande disponible
de 4 Mc/s doit être subdivisée en vue de satisfaire au plus
grand nombre possible d'exigences, peut-être non moins importantes
que la route de l'Atlantique, qui occupe cependant une place essentielle.
Il y a lieu de souligner que le service téléphonique public
à travers l'Atlantique utilise environ un dixième de cette
bande. Cela signifie 400 kc/s ou 100 canaux téléphoniques
à .une voie, ce qui donne 50 circuits à deux voies, ou davantage.
Bien entendu, la demande pour un nombre pareil de circuits téléphoniques
transatlantiques dépendra, * dans une large mesure, des possibilités
économiques permettant de les réaliser, mais cette estimation
montre du moins que les ondes courtes peuvent permettre d'établir
une quantité de communications téléphoniques bien
supérieure à la limite atteinte actuellement. Nous pouvons
prévoir avec confiance un énorme développement du
trafic téléphonique transatlantique, mais, dans la mesure
où les demandes du service s'accroissent, on arrive rapidement
aux dernières possibilités matérielles, la difficulté
la plus sérieuse étant la menace d'interruption du service
par suite d'orages magnétiques.
Etat des lieux à la fin de deuxième guerre mondiale 1939-1945.
En 1943 : les premiers répéteurs immergés
(adaptés à des profondeurs de 200 brasses) sont placés
en mer d'Irlande entre Anglesey et l'île de Man et permettent un
développement considérable des câbles coaxiaux sous-marins
reliant le Royaume-Uni avec l'Allemagne , les Pays-Bas, la Belgique et
le Danemark. Une fois ces projets expérimentaux réalisés
avec succès, il est alors possible de commencer un projet transatlantique
plus ambitieux.
Ces conclusions nous conduisent à considérer de nouveau
le câble téléphonique transatlantique comme un auxiliaire
des systèmes à ondes courtes. Cependant, il est facilement
compréhensible qu'actuellement un câble à voie unique,
tel que celui projeté en 1929, serait de peu de valeur pour constituer
un appoint à un service radiotélégraphique comportant
d'aussi nombreux canaux de transmission qu'il en existera à l'avenir.
Pour qu'il soit de réelle valeur en l'occurrence, le câble
doit aussi être capable de contenir un nombre élevé
de voies téléphoniques.
C'est vers une telle possibilité que nous nous sommes tournés,
lorsque le projet d'un câble à voie unique fut ajourné.
Nous avons fait des progrès considérables dans ce sens et
j'aimerais bien vous en parler si vous voulez bien m'excuser de présenter
un projet qui renferme encore aujourd'hui beaucoup d'éléments
spéculatifs.
Il était facile de comprendre qu'un câble téléphonique
à voies multiples à travers l'océan devait être
pourvu d'amplificateurs intermédiaires, puisque
même un câble téléphonique à voie unique
sans répéteur exigeait qu'on poussât à la limite
extrême les études et les calculs relatifs à sa construction.
La considération de difficultés d'ordre mécanique
écartal'idée de placer les répéteurs ailleurs
que sur le fond de l'océan. Les problèmes de la pose et
du relevage du câble firent apparaître à l'évidence
que l'enveloppe protectrice du répéteur doit, si possible,
être incorporée à la structure même du câble
et traitée comme une partie de ce câble, plutôt que
comme un accessoire. On fut désormais conduit à construire
une enveloppe protectrice cylindrique de faible diamètre destinée
à former partie intégrante du câble et fixée
sous son armure. Toute cette structure devait être suffisamment
flexible pour pouvoir être courbée autour du touret et passée
par-dessus la poulie d'arrière d'un navire câblier.
La structure de la boîte contenant le répéteur qui
fut imaginé comportait d'abord une série d'anneaux en acier
résistant à la pression, chacun ayant un diamètre
d'environ 1,5 pouce et distants de 3/4 de pouce. Sur ceux-ci sont coulissées
de minces bagues d'acier de la même grosseur, mais placées
de façon à recouvrir les joints des anneaux internes. Ainsi
agencés, les anneaux constituent un cylindre articulé d'environ
7 pieds de longueur. Sur le cylindre et pour empêcher l'eau d'entrer,
on a fixé un tube en cuivre recuit comportant des capuchons étanches
aux extrémités. Les particularités du capuchon sont
de grande importance. C'est la combinaison d'un obturateur strictement
hermétique duquel les conducteurs ressortent sous verre avec un
joint plastique à travers lequel le passage de la vapeur d'eau
serait très lent dans le cas où le capuchon de verre serait
en défaut. En liaison avec le cylindre de cuivre, et dépassant
l'âme du câble de plusieurs pieds, se trouve une chemise de
cuivre qui sert à répartir la
flexion et à protéger le joint du conducteur au capuchon.
Des boîtes protectrices de ce type ont été essayées
à des pressions beaucoup plus élevées que celles
qu'un câble transatlantique aurait à supporter.
Elles ont de même été soumises à des flexions
répétées autour d'un tambour de 6 pieds, sans qu'il
se produise de défaut. A l'intérieur de la boîte,
les éléments du répéteur sont renfermés
séparément dans des cylindres plastiques d'environ 6 pouces
de longueur, et ajustés de façon assez lâche à
l'intérieur des anneaux d'acier. Les connexions entre ces éléments
sont faites au moyen de conducteurs flexibles.
Un répéteur doit, bien entendu, être alimenté
en courant et comme il est impossible de pourvoir d'un revêtement
aussi mince une source de courant primaire, le courant doit être
fourni au répéteur par le câble, à partir d'une
source de courant continu. Le voltage de l'alimentation constitue l'un
des écueils dans le calcul d'un tel système de câble.
Il ne doit pas être trop élevé pour ne pas mettre
en danger l'isolement du câble ou les éléments du
répéteur.
Un potentiel de 2000 volts, appliqué aux deux extrémités
du câble, fut adopté. La tension serait fournie sur la base
d'un courant stable afin que les
fluctuations du potentiel de terre ne causent pas de variations dans l'alimentation
en courant. Les éléments du répéteur furent
calculés pour supporter le voltage prévu. Des essais de
l'âme du câble et des obturateurs, faits au cours d'une longue
période, n'ont pas révélé de variations visibles
sous le voltage appliqué.
Les difficultés, que l'on rencontre pour relever un câble
sous-marin de grand fond, en vue de réparations, sont telles qu'elles
empêchent pratiquement d'accéder fréquemment aux répéteurs
pour les entretenir. C'est pourquoi le répéteur doit être
constitué par des éléments ne requérant que
rarement une intervention. Une période de vingt ans pendant laquelle
il n'est pas nécessaire de remplacer des pièces du dispositif
a été admise comme condition raisonnable.
Le problème de durée et de maintenance se ramène
à celui que pose la réalisation d'un tube à vide
robuste et de longue vie. Les tubes à vide ont
une durée de service limitée du fait que les cathodes thermoioniques
dissipent de la matière. En fixant le niveau des signaux transmis
relativement bas, le courant électronique peut être maintenu
très faible.
Eh donnant une surface relativement large à la cathode, ce faible
courant peut être obtenu à une température tellement
basse qu'on peut espérer une
durée beaucoup plus grande des cathodes des tubes.
Ceci fait aborder le problème du tube de façon bien différente
de celle à laquelle on est habitué.
De nouveaux types basés sur ces principes ont été
construits et soumis à des essais de durée, il y a plus
de cinq ans. Jusqu'à maintenant, ils n'ont
pas révélé de signe de détérioration,
de sorte que l'on peut raisonnablement admettre, en se basant sur la façon
dont ils se sont comportés et sur
certaines considérations physiques, que leur vie sera d'au moins
dix ans. Il y a de bonnes raisons de penser qu'ils dureront plusieurs
fois ce temps,
mais de nouvelles observations seront nécessaires pour qu'une durée
d'au moins vingt ans puisse être prédite avec certitude.
Ces tubes doivent être
plus robustes que les tubes à vide ordinaires, car le câble
sera sujet à des vibrations considérables et peut-être
à de gros chocs au cours de la pose et de son relevage, bien que
les tubes puissent être protégés jusqu'à un
certain point par des montures à ressort.
D'autres parties constitutives du répéteur, comme les bobines
et les condensateurs, sont sujettes à des conditions particulières,
tout à la fois électriques et mécaniques. Celles-ci
ont été satisfaites au préalable et le répéteur,
réuni à son boîtier, a été soumis à
des essais en laboratoire. Bien que les conditions électriques
requises pour un tel câble soient très strictes, le répéteur
téléphonique sôus-marin est, à certains égards,
plus simple qu'un répéteur pour communication terrestre.
La température au fond de l'océan est presque constante;
en conséquence, le répéteur n'a pas besoin d'être
soumis à des réglages pour équilibrer les variations
des caractéristiques du câble avec la température.
Ainsi, une fois le câble posé, il se trouve dans un endroit
tranquille et, sauf s'il est posé en eaux peu profondes, au voisinage
de la côte, il ne risque pas facilement d'être dérangé.
Il est vrai que les caractéristiques électriques du câble
peuvent manifester des effets de vieillissement, mais les variations sur
un long espace de temps ne sont pas grandes et on en peut tenir compte
en prévoyant une certaine marge dans le calcul électrique.
Dans le circuit du répéteur, les filaments de chauffage
des tubes amplificateurs sont placés en série avec le conducteur
central du câble. La chute
de tension à travers les filaments de chauffage fournit le potentiel
de plaque pour les lampes. Des circuits appropriés compensent la
variation de l'affaiblissement du câble avec la fréquence.
Un circuit de réaction négative donne un degré de
stabilité élevé sur une large bande de fréquences
et réduit l'effet de variation des caractéristiques des
lampes. Il est intéressant de noter que l'amplification fournie
par une seule lampe peut tomber jusqu'à un centième de sa
valeur normale avec un effet à peine appréciable sur le
rendement du répéteur.
Le nombre et l'espacement des répéteurs dépendent
naturellement de la longueur et du calcul du câble. Pour un câble
d'une longueur de 2000 milles
reliant Terre-Neuve à la Grande-Bretagne, on a calculé une
âme comportant 516 livres de cuivre par mille isolé avec
370 livres de paragutta, et entouré d'un conducteur de retour de
600 livres. Ceci est analogue à l'âme du câble téléphonique
de 1930 Key WestLa Havane, mais un peu plus faible. La paragutta
fut choisie comme substance isolante parce qu'elle avait fait l'objet
d'une longue expérimentation. En faisant intervenir dans les calculs
les caractéristiques de l'un des nouveaux isolants synthétiques,
on aurait obtenu un résultat un peu plus favorable. Sur le câble
en question, 47 répéteurs à intervalles de 42 milles
l'un de l'autre assureraient la transmission sur une largeur de bande
de 48 000 c/s.
Le répéteur est un dispositif à une voie; pour l'établissement
de conversations à deux voies, deux câbles ont été
prévus, l'un en direction de l'est et
l'autre en direction de l'ouest. Ceci constitue la solution la plus simple
du problème à deux voies, mais il n'est pas inconcevable
que ce problème puisse être résolu au moyen d'un seul
câble. En utilisant deux câbles, transmettant chacun 48 000
c/s, le nombre des circuits téléphoniques dépendra
de la bande assignée à chaque voie. Si l'on se réfère
à la meilleure pratique actuelle d'exploitation sur lignes terrestres
et si l'on assigne 4000 c/s par voie, on aura suffisamment d'espace pour
loger 12 circuits téléphoniques. En sacrifiant quelque peu
la qualité, le nombre des circuits peut être sensiblement
augmenté. On pourra même établir jusqu'à 24
circuits fonctionnant de façon tout à fait satisfaisante
en affectant seulement 2000 c/s à chaque voie.
Bien que, dans les laboratoires Bell, un long chemin ait été
parcouru en ce qui concerne le projet d'un câble téléphonique
sous-marin à large bande de fréquences, muni de répéteurs
et que beaucoup de ses parties essentielles aient été développées,
je ne voudrais pas donner l'impression que tous les problèmes que
pose la préparation d'un tel câble aient été
résolus, ou que le moment soit venu de procéder à
sa construction et à son installation. En effet, ce n'est qu'en
construisant des sections d'essai d'un tel câble et en les soumettant
plusieurs fois à des épreuves plus dures encore que celles
auxquelles un câble est vraisemblablement exposé, qu'on pourra
connaître complètement ces problèmes. D'amples essais
électriques devront ainsi être effectués sur un ensemble
complet de répéteurs avec des lignes artificielles représentant
les sections du câble. Il reste
encore à faire cela.
Le degré de minutie qu'exige la construction d'un câble sous-marin
ne se rencontre que dans de rares autres cas. Il n'est pas possible, habituellement,
de prévoir toutes les mesures de sécurité et un défaut
dans une seule partie, tel qu'une rupture dans le conducteur ou une perte
dans l'isolant, détruit complètement le fonctionnement du
système entier.
Des expériences portant sur plus de 80 ans, faites depuis l'insuccès
de la première tentative de pose d'un câble sous-marin, ont
conduit au développement de méthodes donnant la meilleure
garantie pour la sûreté de fonctionnement des câbles
de construction simple, mais lorsqu'un projet du genre de celui du répéteur
envisagé est élaboré, on introduit une pouvelle part
de hasard. Reste à savoir jusqu'à quel point l'on peut se
prémunir suffisamment contre ce hasard de façon à
justifier les aléas concernant le projet d'établissement
d'un tel câble; cependant, j'envisage avec optimisme le fait que
ces risques pourront être limités à un niveau acceptable,
par la fabrication suffisamment minutieuse du câble et un programme
d'essais bien préparé. Pour atteindre ce but, quelques années
seront nécessaires et l'on doit s'attendre, dans les meilleures
conditions, à ce qu'une
part d'inconnu subsiste toujours. Les câbles sous-marins, de même
que toutes les choses placées dans la mer, ne sont jamais à
l'abri de quelque possibilité de sinistre.
Quant au coût d'un tel projet de câble pour l'établissement
d'un système téléphonique à large bande avec
l'Angleterre, voie Terre-Neuve, on ne
saurait faire actuellement que des estimations bien sommaires. Toutefois,
même en appliquant des charges annuelles un peu plus élevées
que celles qui ont été communément en usage lorsqu'il
s'agit de câbles, il apparaît que le coût total, par
circuit téléphonique, pour un système de deux câbles,
équipement compris, peut être comparé à celui
des futurs systèmes par radio sur ondes courtes. Une sensible augmentation
du coût du câble, par rapport à la radio, se justifierait
par la meilleure qualité de la transmission et le sérieux
avantage du secret. En plus de cela, la valeur du câble réside
encore en ce qu'il peut être considéré comme complément
des systèmes radio à la défaillance desquels il ferait
face.
A vrai dire, il est possible que, le câble une fois en service,
la radio soit considérée comme son auxiliaire.
La comparaison entre la téléphonie par câble et
la téléphonie par radio n'est pas aisée à
faire.
C'est l'association du câble et de la radio qui assure la continuité
du service, car, tandis que la radio est sensible aux perturbations provoquées
par les orages magnétiques, le câble l'est moins ; le service
radio, en revanche, n'est, pas exposé dans la même mesure
aux possibilités d'interruption dues à des avaries mécaniques
ou à la malveillance. Un avantage des systèmes radio est
leur souplesse, grâce à laquelle de nouvelles communications
peuvent être établies ou d'anciennes abandonnées,
sans engager des frais excessifs. En outre, des dispositions peuvent être
prises en vue de l'extension, suivant les besoins, des facilités
en matière de radiocommunications, sans avoir, pour cela, à
installer, tout d'abord, des circuits supplémentaires en grand
nombre. La perspective d'avenir d'un système combiné câble-radio
a quelque chose de favorable en ce sens qu'il réunit les avantages
des deux types de service.
Dans cette discussion, j'ai traité du problème de la téléphonie
transocéanique, en tant que problème transatlantique et,
plus particulièrement, en tant
que problème de la liaison entre l'Amérique du Nord et la
Grande-Bretagne. La communauté de la langue et beaucoup d'intérêts
font ressortir de façon particulière la valeur de cette
liaison, mais, tout bien considéré, elle ne constitue qu'une
des nombreuses liaisons transocéaniques qu'exigera la constitution
du réseau téléphonique mondial de l'avenir.
Si l'on envisage la question à d'autres points de vue, les avantages
relatifs de la radio et du câble pèsent de façon différente.
Les liaisons radioélec-
triques sur ondes courtes ont le grand avantage d'offrir des communications
directes entre points du globe très éloignés les
uns des autres et la tendance a été d'établir des
communications sur ondes courtes directement entre centres importants
plutôt qu'entre de grandes distances terrestres, en particulier
là où les barrières politiques formaient un obstacle.
Un vaste réseau de communications radio à une voie sur ondes
courtes, exploité avec une énergie réduite, s'est
ainsi développé, assurant, pour une partie du temps, un
bon service, mais sur lequel on ne pourrait constamment se fier. Plusieurs
de ces liaisons utilisent des routes qui ne peuvent s'accommoder de systèmes
à larges bandes de fréquences de la nature de ceux dont
j'ai parlé. L'introduction des méthodes à larges
bandes pour la radiotéléphonie transocéanique tendra
à favoriser la concentration du trafic radio sur un plus petit
nombre des plus importants bureaux radio terminaux, encore qu'on ait de
la peine à admettre que tout le trafic radiotransocéanique
sera ainsi centralisé.
Même avec des systèmes radio, dispersés plutôt
que centralisés, le câble à large bande de fréquences
sera encore utilisé comme complément efficace du service
radio, non seulement entre l'Amérique du Nord et la Grande-Bretagne,
mais aussi entre l'Amérique du Nord et toute l'Europe, au moyen
de lignes, terrestres ramifiant leurs circuits vers tous les centres importants
du continent européen. On peut aussi s'attendre à ce que
le câble trouve une application intéressante en d'autres
lieux qu'à travers l'Atlantique du Nord.
Il est, notamment, d'une utilisation pleine de perspectives pour le service
transméditerranéen, étant donné que les principes
de construction prévus
pour le câble transatlantique peuvent être appliqués
sur des distances beaucoup plus courtes. Moyennant quelques modifications
du projet, le répéteur peut être adapté aux
câbles sous plomb prévus pour les eaux peu profondes et offrir
les avantages de la transmission par courants porteurs aussi bien que
celle du système à large bande de fréquences.
Si l'on essaie d'imaginer le réseau transocéanique mondial
de l'avenir, on doit certainement envisager un réseau comportant
un grand nombre de petites liaisons et, en plus, un petit nombre de liaisons
chargées sur les voies les plus importantes. Les petites liaisons
représenteront des communications directes sur ondes courtes à
simple voie ou des communications à double voie utilisant une puissance
relativement faible. Les liaisons chargées comprendront les systèmes
radio sur ondes courtes comportant des dispositifs à grande puissance
de transmission à large bande perfectionnés et utilisant
à plein les fréquences et les antennes de réception
dirigées, complétées par les câbles sous-marins
à large bande et même, dans quelques cas, par des systèmes
radio à ondes longues.
Si l'on fait intervenir seulement des considérations purement physiques,
il apparaît possible d'assurer tous les services téléphoniques
entre tous les points du globe où ses habitants le demanderont.
Jusqu'à quel point ces services pourront être développés
actuellement, cela dépendra du facteur demande et, pour une part
considérable, du facteur dépense.
Il sera intéressant d'examiner brièvement cette question
des besoins d'avenir, de voir si, après tout, ils seront assez
importants pour justifier l'établissement d'un câble à
large bande de fréquences et des systèmes radio comme ceux
qui sont envisagés ici.
Tant de facteurs contribuent à créer des besoins téléphoniques
qu'il est impossible de faire des estimations tant soit peu sûres.
En plus du prix interviennent la différence d'heure, de langue
et des habitudes téléphoniques, de même que la communauté
d'intérêt et la célérité du service.
Des considérations analogues affectent le service télégraphique,
mais le service télégraphique transatlantique, dans son
évolution, a eu plus de temps pour arriver à complète
maturité ; avec une plus grande exactitude que le téléphone,
il est en mesure de refléter le désir de voir s'établir
des communications rapides entre l'Europe et l'Amérique.
Un mode d'estimation possible, quant à savoir ce que l'avenir tient
en réserve ' en matière de téléphonie transatlantique,
est de comparer le mouve-
ment du trafic télégraphique, entre Londres et NewYork,
avec celui échangé entre New York et une ville américaine
quelconque de la côte occidentale, et d'examiner ensuite dans quelle
mesure l'intensité du trafic téléphonique s'est développée
par rapport au télégraphe dans les deux relations. Le trafic
NewYorkSan Francisco, en raison d'une stabilité relative
pendant une longue suite d'années, offre une intéressante
base de comparaison. La distance entre les deux villes, ainsi que l'écart
dans l'heure légale, rendent aisée la comparaison avec la
liaison NewYorkLondres. La différence de communauté
d'intérêt se trouve compensée, jusqu'à un certain
point,par la différence qui existe dans l'étendue des villes
de Londres et de San Francisco.
Cette comparaison peut être établie sur deux bases, de nature
presque analogue, mais conduisant à des résultats très
divergents. Dans le premier cas, comparons les deux voies en ce qui concerne
le trafic télégraphique, utilisant pour notre mesure le
nombre total des mots transmis au cours d'une seule année.
Dans le second cas, prenons pour mesure le nombre des messages télégraphiques
du service public, abstraction faite du trafic télégraphique
compris sous les vocables de service de presse, service de location de
lignes; télégrammes en langage convenu et chiffré.
Dans chaque cas, l'estimation est basée sur les chiffres du trafic
terminal, et exclut le trafic transitant par ces villes. Les chiffres
pour l'année 1937 sont utilisés; précisément,
cette année-là offre quelque avantage supplémentaire
en ce sens qu'elle représente en quelque sorte une moyenne entre
l'époque de pointe de 1929 et celle du creux de la période
de dépression qui suivit.
D'après le premier mode de comparaison, on trouve que le nombre
total des mots télégraphiques transmis, en 1937, entre New
York et San Francisco a été approximativement le même
qu'entre New York et Londres. Avec le second mode de comparaison, on trouve
que le nombre des télégrammes a été environ
sept fois plus important entre New York et Londres qu'entre New York et
San Francisco. La différence sensible entre ces deux comparaisons
est due, sans contredit, en partie au tarif et en partie au caractère
des relations commerciales et des rapports sociaux. De ces deux systèmes
comparatifs, le second, qui est basé sur les messages du service
public à plein tarif, apparaîtrait comme étant le
plus significatif pour ce qui concerne la demande du service téléphonique.
Les informations transmises sous forme de messages télégraphiques
de presse ou codés sont apparemment du trafic d'enregistrement.
Il semble que la télégraphie publique qui, en quelque sorte,
permet une évaluation plus approximative de l'échange d'idées
par téléphone, est une meilleure indication en ce qui concerne
la demande téléphonique.
Sur la base de ces indications, on peut supposer que la demande en puissance
pour ce qui concerne la liaison téléphonique entre New York
et Londres se situe à peu près entre une et sept fois celle
de la liaison New YorkSan Francisco. En réalité, en
1937, le trafic téléphonique entre New York et San Francisco
fut égal à environ trois fois celui échangé
entre New York et Londres. Il apparaîtrait ainsi que pas plus d'un
tiers et peut-être pas plus d'un vingtième de la demande
téléphonique possible a été réalisée.
Si nous supposons, ce qui semble raisonnable, que ce même rapport,
demande maximum / demande réalisée, existe pour toutes les
liaisons Europe Amérique du Nord comme pour la liaison New
YorkLondres, on peut estimer qu'au lieu des cinq cir cuits téléphoniques
existant avant-guerre à travers l'Atlantique, il faudra de 15 à
100 circuits. Lequel de ces chiffres faudra-il prendre? Cela dépendra
indubitablement et en grande partie du prix d'établissement des
circuits, mais je ne pense pas que je puisse être équitablement
accusé d'optimisme excessif en prédisant une demande de
40 circuits téléphoniques, ou davantage, pour le prochain
avenir, si l'on tire complètement parti des possibilités
techniques, ne serait-ce que pour diminuer les frais et accroître
l'efficacité du service.
Pour l'estimation des besoins d'extension, ce serait une erreur d'attacher
une importance trop grande au coût du service. La rapidité
et la qualité de la liaison sont tout aussi importantes. S'il devient
possible d'avoir une communication téléphonique dans l'espace
, de deux minutes, ce qui est approximativement le temps normal requis
pour une conversation à longue distance aux Etats-Unis d'Amérique,
et si la liaison assure la clarté de
transmission et l'absence de bruit d'une conversation téléphonique
locale, le service téléphonique transatlantique pourra alors
être utilisé à un niveau non encore égalé
à l'heure actuelle.
Pour faire face à cette augmentation du nombre de circuits et pour
se rapprocher du niveau de régularité de fonctionnement
et de qualité du service des lignes terrestres, il faudra utiliser
les trois types de systèmes de transmission: à ondes courtes,
à ondes longues et par câbles avec répéteurs.
Les considérations de dépense, de souplesse et de rendement
de la liaison font penser que la part la plus importante du trafic transatlantique
sera écoulée sur ondes courtes, mais qu'un service assez
important pour justifier un nombre aussi élevé de circuits
que celui qui a été évalué, aurait à
se mettre à un niveau de sécurité et de fonctionnement
plus élevé que celui que des circuits à ondes courtes
seuls sont en mesure d'assurer. Un câble entre l'Amérique
et la Grande-Bretagne serait susceptible de fournir cette sécurité
de fonctionnement, tout en constituant une garantie contre les graves
interruptions de service qui pourraient résulter d'un arrêt
simultané de toutes les communications sur ondes courtes au cours
d'orages magnétiques. De plus, ce câble serait à même
d'assurer les transmissions à un haut degré de perfection,
concurremment avec les ondes courtes. Le câble, le groupe des circuits
à ondes courtes, plus quelques circuits à ondes longues
pourraient garantir une sûreté de fonctionnement d'un niveau
élevé et une transmission excellente à un niveau
de frais qui permettrait de garantir le développement continu du
service.
Il n'est pas nécessaire d'attendre jusqu'à ce que lé
développement du service téléphonique transatlantique
fournisse assez de trafic pour utiliser à plein un câble
du type décrit. Quand les ingénieurs seront prêts
à donner une garantie raisonnable au sujet du fonctionnement de
ce câble, je pense qu'il n'y aura pas lieu d'attendre une complète
justification du point de vue économique, en raison de l'extraordinaire
importance qu'il aurait en assurant le secret et la continuité
du service transatlantique téléphonique. Ce que le câble
attend, réellement, c'est sa mise au point technique. Pour parvenir
au but, il faut agir puisqu'il ne semble pas y avoir de difficultés
insurmontables. Il y aura toujours assez à faire et beaucoup de
difficultés devront être éliminées avant que
le câble à large bande avec répéteur puisse
être établi, mais il ne m'apparaît pas que ce soit
là un problème plus difficile que beaucoup d'autres qui
ont été résolus dans le passé.
En développant cette description de la téléphonie
transatlantique, je me suis efforcé de rester dans la sphère
du fait technique et de ne pas tabler
sur des réalisations qui restent encore à sortir de l'imagination
des inventeurs. En fait, j'ai pu être conservateur à l'extrême
car il existe déjà des inventions partiellement au point
qui seraient de nature à modifier grandement cette description.
L'une d'elles est le « vocoder », dispositif qui, dans
un sens, comprime la parole dans une bande étroite. Plus exactement,
il dissèque la parole, la transmet en code et la rétablit
à l'autre extrémité de la ligne. Grâce au vocoder,
cent conversations, ou même davantage, peuvent être transmises
simultanément sur une paire de câbles munis de répéteurs.
Il est bien évident que le vocoder transmettrait les éléments
essentiels de la conversation, sans cependant offrir toutes les autres
qualités d'une conversation ordinaire. Le vocoder réalise
un gain en ce qui concerne la largeur de bande mais c'est au détriment
du naturel de la parole; mais, même ainsi, il peut trouver une application
intéressante.
De 1936 à 1939, les laboratoires Bell développent, sous
la direction de lingénieur acoustique et électronique
Homer Dudley, le premier synthétiseur vocal électronique.
La synthèse vocale de cette machine se fait via une interface rappelant
celle dune machine à écrire. Les commandes étaient
constituées dun clavier ainsi que de pédales permettant
de moduler les effets sonores.
Le Vocoder est une version simplifiée du célèbre
Vocoder développé par Homer Dudley de 1926 à 1939.
Le Vocoder, dont le nom est la contraction de Voice Encoder
a été conçu suite à la volonté des
laboratoires Bell de réduire le coût des appels téléphoniques
transcontinentaux. Pour cela, il effectuait une opération dencodage
du côté de la personne parlant et décodait le signal
du côté de la personne qui lécoutait. Cela permettait
de faire transiter un minimum dinformations et donc déconomiser
de la bande passante.
Lastuce consistait à découper le signal sonore en
une multitude de plages de fréquences grâce à des
filtres passe-bande. Ainsi il était possible danalyser lamplitude
du signal de chacune de ces plages de fréquences. Ces caractéristiques
étaient ensuite appliquées à une fréquence
fondamentale transformée en y appliquant les modulations provenant
des différentes bandes. (Pour en savoir plus, voir la présentation
rédigée par Thomas Carney dans le cadre du Graduate Program
in Audio and Acoustics, de luniversité de Sidney)
D'autres inventions pourront encore étendre, bien
au delà de la limite envisagée ici, la largeur de la bande
des fréquences utilisée dans les communications transocéaniques.
Des projets comme ceux de systèmes radio à ondes courtes
et de dispositifs de guidage sous-marin des ondes, qui apparaissaient
fantastiques , pourront, un jour, être du domaine de la réalité.
Les voies électriques par lesquelles les peuples d'un continent
échangent leurs correspondances les plus urgentes avec ceux d'un
autre continent ont toujours été d'un grand intérêt
technique. Depuis que les premières impulsions, transportant les
mots à travers l'océan, ont été dessinées
dans le galvanomètre à miroir de Kelvin, le perfectionnement
de ces communications a constitué un champ d'activité fécond
pour les savants et les inventeurs. Mais ces moyens de transmission de
la pensée ont une signification plus large que de simples réalisations
techniques. Ils sont des liens visant à unir toujours plus étroitement
entre eux les continents éloignés.
Un de ces nouveaux liens, la téléphonie sous-marine, doit
encore atteindre sa maturité. Aussi longtemps que les conversations
ne pourront pas être transmises entre continents aussi facilement
et avec autant de sécurité qu'entre villes d'un même
continent, on ne pourra prétendre que la science de la téléphonie
transocéanique ait atteint sa majorité. Lorsque ce moment
arrivera, on réalisera probablement, en jetant un coup d'oeil en
arrière, que la demi-douzaine de circuits téléphoniques
existant en 1930 constituait, en effet, un pont bien frêle pour
relier par la parole les peuples de l'Amérique du Nord à
ceux de l'Europe. Quelques dizaines de kilocycles de largeur de bande
paraîtront alors aussi insuffisants que les mots, lentement transmis
sur le premier câble transatlantique, nous apparaissent à
nous-mêmes aujourd'hui.
Extrait d'une étude de OLIVIER E. BUCKLEY, Ph. D. 1943 (Traduction
du Bureau de l'Union).
1944 Parmi les progrès les plus récents
en téléphonie, signalons les systèmes permettant
de transmettre de larges bandes de fréquences sur les conducteurs
aériens, les câbles ou les conducteurs coaxiaux. Sur des
lignes aériennes et sur des paires en câbles sous plomb,
12 bandes téléphoniques situées à des intervalles
de 4000 c/s sont couramment transmises en un groupe occupant une largeur
de bande totale de 48 000 c/s. Avec des conducteurs coaxiaux, la bande
a été portée à 2 millions de c/s, ce qui permet
d'y loger 500 voies téléphoniques, et on peut l'étendre
encore si l'on a besoin d'un plus grand nombre de voies.
L'application des méthodes de transmission à larges bandes
de fréquence à la radiotéléphonie transocéanique
peut être prévue. Pour arriver au but, on a besoin de systèmes
amplificateurs à large bande capables de fournir une grande puissance
sans distorsion. Une réalisation a déjà été
obtenue avec un petit nombre de voies dans les Indes orientales néerlandaises
et dans les systèmes à bande latérale unique exploités
entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre. Plus récemment,
en appliquant le principe de la réaction négative, les ingénieurs
des laboratoires Bell ont construit un amplificateur d'émission
à ondes courtes de 200 kW, capable de faire fonctionner 12 canaux
téléphoniques, ou davantage, à fréquences
très voisines.
La téléphonie transocéanique par câble a, de
son côté, l'avenir pour elle. Ce n'est pas d'hier que l'on
parle de la réalisation possible de projets de
pose de câbles à large bande, munis de répéteurs
sous-marins, ces derniers devant être constitués d'éléments
très résistants ne requérant que rarement une intervention.
Il ne semble pas y avoir de difficultés insurmontables à
la réalisation de pareil projet. Cependant, des essais sérieux
seront encore nécessaires jusqu'à ce que la mise au point
technique soit définitivement réalisée.
On ne peut faire actuellement que des estimtions quant au prix de revient
d'un système téléphonique à large bande entre
les Etats-Unis d'Amérique et l'Angleterre, voie Terre-Neuve. Le
coût total, par circuit téléphonique, pour un système
de deux câbles, équipement compris, peut être comparé
à celui des futurs systèmes par radio sur ondes courtes.
Une sensible augmentation du coût du câble, par rapport à
la radio, se justifierait d'ailleurs par la meilleure qualité de
la transmission et le sérieux avantage du secret.
Signalons, comme commencement de réalisation dans ce domaine, qu'un
répéteur du type Buckley, de 1,50 m de longueur et de 37,5
cm de diamètre et comportant 3 tubes à chauffage direct,
a été immergé en un câble reliant la Grande-Bretagne
et l'Irlande.
Cette année encore, il-est bien difficile de donner une image précise
des perfectionnements dont a bénéficié la technique
des radiocommunications en 1943.
1945 Attribution de fréquences radio pour
les communications à grande distance.
Le problème de l'attribution future des fréquences radioélectriques
pour les communications à grande distance a fait l'objet d'un débat
lors de la réunion de janvier de la section radioélectrique
de l'Institution des Ingénieurs électriciens à Londres.
Le Dr R. L. Smith-Rose limita ses remarques aux fréquences comprises
entre 10 et 300 kc/s, et entre 3 et 30 Mc/s, parce qu'elles sont considérées
comme les plus favorables pour assurer un trafic à grand rendement.
Ce qui justifie le choix de ces bandes est le progrès réalisé
en ce qui concerne la connaissance de la propagation des ondes, depuis
que la répartition actuelle des fréquences fut établie
à la Conférence du Caire, en 1938.
La bande intermédiaire, de 300 à 3000 kc/s, n'est pas économique
lorsqu'il s'agit de liaisons dont la portée dépasse 1000
milles, car l'atténuation de
l'onde terrestre et l'absorption des ondes ionosphériques empêchent
toute stabilité de communication au delà de cette distance.
L'expérience acquise avec l'émetteur du Post Office britannique
de Rugby a justifié la continuation de l'emploi de la partie inférieure
de la bande de 10 à 300 kc/s (jusqu'à 100 kc/s) par des
stations fixes dont la portée dépasse 1000 milles, tandis
que la partie supérieure de cette bande (jusqu'à 300 kc/s
environ) pourrait être utilement réservée aux services
transocéaniques, afin d'obtenir une utilisation maximum de la portée
sûre de l'onde terrestre. Une liaison radiotéléphonique
au moins a été exploitée avec succès sur une
fréquence porteuse voisine de 60 kc/s; il aurait peut-être
été intéressant de rechercher si la bande de fréquences
requise pour un tel service n'aurait pas pu être utilisée
plus utilement et plus économiquement par la télégraphie.
Il ne fut pas facile de suggérer une répartition des fréquences
dans la bande de 3 à 30 Mc/s...
En ce qui concerne l'ordre de priorité des divers services, il
fut admis que ceux qui intéressent la sécurité de
la vie humaine et les communications
avec et entre les stations mobiles, en particulier les navires et les
aéronefs, devraient avoir priorité sur les services de communication
entre points fixes. La téléphonie transocéanique
devrait aussi être placée au premier plan. La proposition
américaine de transmettre les programmes de adiodiffusion internationale
à grande distance par l'intermédiaire des stations fixes,
puis de les relayer par les réseaux nationaux a recueilli quelques
suffrages. Il en résulterait une économie dans les largeurs
des bandes, car on pourrait utiliser alors des transmissions à
bande latérale unique.
Les premières utilisations opérationnelles
de la fibre optique remontent aux années 1950.
En 1956, le premier câble téléphonique
transatlantique a été mis en service. Ce câble, posé
conjointement par le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada,
mesurait 2240 milles de long, s'étendant de Granagh Bay au Royaume-Uni
à Clarenville au Canada, et pouvait transmettre simultanément
36 conversations vocales, inaugurant ainsi l'ère de la téléphonie
transocéanique
Ce câble a été considéré
comme une réussite technologique majeure, rien de moins quune
base solide pour la recherche et l'amélioration future. Il a ouvert
la voie à de nouveaux développements tels que les câbles
transatlantiques sophistiqués à fibre optique numérique,
qui peuvent passer des dizaines de milliers d'appels simultanément.
La téléphonie internationale aujourdhui
Plus dun siècle après cet exploit,
il est difficile dimaginer un monde sans téléphonie
internationale.
Les appels téléphoniques internationaux sont aujourdhui
accessibles instantanément et gratuitement grâce aux réseaux
mobiles et aux services en ligne tels que WhatsApp, Zoom ou Skype.
Pourtant, cette révolution numérique repose sur des fondations
posées dès ce premier appel historique du 7 janvier 1927.
19862002. Lère des fibres optiques 1986 : les câbles à fibre optique sont conçus
pour transmettre les signaux numériques : les 0 et les 1 du code
binaire sont codés sous la forme de très brèves impulsions
lumineuses, émises par des diodes laser microscopiques.
Ils sont constitués dune, deux ou trois paires de fibres
placées dans un bloc optique recouvert dune armature dacier,
dune enveloppe de cuivre pour lalimentation électrique,
dune gaine disolation en polyéthylène. Le tout
est protégé par une à trois armures dacier,
au voisinage des côtes.
Le premier câble transatlantique à fibres optiques, le TAT
8, est posé en 1988, et permet, grâce à une
unité de branchement en mer, de relier simultanément la
France, lAngleterre et les U.S.A. Ce câble offre une capacité
de 40 000 communications téléphoniques simultanées.
Comme les câbles coaxiaux, les câbles optiques sont équipés
de répéteurs (à partir des années 1990, ils
sont espacés de plus de 100 km).
Depuis 1995, des régénérateurs "tout
optique" compensent latténuation du signal dans la fibre,
ce qui permet daugmenter considérablement le nombre des circuits
(le TAT 14 posé en 2001 a une capacité de plus de 7 000
000 de communications simultanées.
En 1988, mise en service de TAT8, premier câble
transatlantique à fibres optiques (2 × 280 Mbit/s) équivalent
à 40 000 circuits téléphoniques.
En 1990, mise au point de la fenêtre 1 550 nm, longueur
d'onde dans le verre de la fibre optique minimisant les effets de la diffraction.
La bande passante utile est portée à 12,5 THz (soit 12 500
GHz).
En 1995, génération tout optique
des liaisons avec la mise au point de l'amplification optique dans les
répéteurs par fibres dopées à l'erbium. Technique
EDFA (Erbium Doped Fibre Amplified). Mise en service des câbles
transatlantiques TAT12, TAT13 et TPC5 à amplification optique à
correction d'erreurs. La capacité passe de la technologie 560 Mbit/s
par fibre à 60 Gbit/s.
En 1998, première génération
de système de filtrage optique WDM (multiplexage en longueurs d'onde
où plusieurs couleurs portant chacune un signal différent
sont transmises simultanément). La capacité par paire de
fibres est de 20 à 40 Gbit/s. Pose du câble AC1 États-Unis-Allemagne
utilisant cette technique, avec deux fibres et 16 couleurs, transporte
160 Gbit/s.
A partir de 1998, après la construction du transatlantique
TAT 8, un troisième réseau se met progressivement en place.
Le 23 août 1999, mise en service de Sea-Me-We 3, premier câble
à technologie WDM, relie tous les pays d'Europe et tout l'océan
Indien jusqu'au Japon. 40 atterrissements, 40 000 km, permettant une capacité
initiale de 500 Mbit/s. La modularité des équipements terrestres
permettant des mises à niveau des terminaux sans toucher à
la partie maritime, ce câble a aujourd'hui une capacité de
130 Gbit/s par paire de fibres, soit 260 fois sa capacité initiale.
En 2000, nouvelle amélioration de la technologie
EDFA, la capacité passe à 10 Gbit/s par couleur, soit 160
Gbit/s par paire de fibres
En 2001, mise en service du câble TAT-14, États-Unis
- Grande-Bretagne - Allemagne - France. Technique : amplificateurs optiques
EDFA (Erbium Doped Fiber Amplifier) sur 64 couleurs, capacité :
5,12 térabits par seconde.
En 2001, après une production de 70.000
Km dans ses trois usines de Calais, Sydney et Portland, Alcatel doit faire
face à la crise des télécommunications.
France Télécom connaît une évolution différente
du fait de la dérégulation des télécommunications
dans la communauté européenne (1995).
La direction de l'opérateur s'impose de nouveaux objectifs : s'implanter
dans le monde entier et construire deux réseaux terrestres en Amérique
du Nord et en Europe reliés par des câbles sous-marins. Simultanément,
des secteurs d'activité sont abandonnés (Enseignement et
Recherche), d'autres sont filialisés.
C'est ainsi que France Télécom Marine est créée
le 1er janvier 2000 avec pour objectif d'assurer la rentabilisation des
quatre navires câbliers.
La base marine de La Seyne sur Mer perd sa fonction d'accueil des câbles
sous-marins. Ceux-ci quittent le littoral français puisque deux
grandes liaisons à fibres optiques ont été installées
entre 1990 et 2003 : SEA-ME-WE 2 (1994) et France - Grèce (1996).