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George M.
HOPKINS
LE MICROPHONE ET LE TÉLÉPHONE
PERFECTIONNÉS.
Le microphone existe aujourdhui sous différentes formes et
constitue un instrument très intéressant, bien quil
soit loin d'égaler le téléphone sous le rapport de
lutilité. Le microphone est aisément construit sous
ses formes diverses; mais toutes, à ma connaissance, ont quelque
défaut spécial. Cet instrument assez sensible, dune
part, pour transmettre les moindres bruits est trop sensible, dune
autre part, pour pouvoir transmettre les bruits les plus forts.
Les instruments, que lon voit figures 1, 2 et 3, sont considérablement
perfectionnés.
Ces microphones sont si simples et si faciles à construire que
je donne la description de chacun deux, de manière à
faciliter les expériences pour toute personne qui aura le désir
de sy livrer.
Linstrument (fig. 1) est un diaphragme en bois, de lépaisseur
de 1/8 de pouce et de 4 pouces carrés; ce diaphragme est collé
sur un cadre étroit supportés par des pieds convenables.
Deux morceaux cylindriques de charbon A, B sont fixés avec de la
cire à cacheter au diaphragme à la distance dun pouce
environ et également éloignées du centre. Toutes
deux sont inclinées obliquement sous un angle denviron 30
degrés, comme lindique la gravure. Le charbon A est plus
long que le charbon B et sa face inférieure est percée de
trois trous coniques, pratiqués avec la pointe dun canif;
ces trous sont assez larges pour recevoir les extrémités
supérieures des baguettes en graphite C.
Les extrémités inférieures de ces baguettes entrent
dans de petites cavités du charbon inférieur. Les baguettes
C sont simplement des crayons en mine de plomb pointus à chaque
extrémité et fixés assez mollement entre les charbons;
ils sont inclinés dans différents angles, de manière
à ce que le mouvement du diaphragme, qui agirait sur lun
dentre eux, mette simplement les autres en mouvement et leur fasse
transmettre les sons avec netteté. Des fils métalliques,
conducteurs du courant dune pile, sont attachés lun
au charbon A et lautre au charbon B. Les deux autres modèles
que nous avons à faire connaître ne diffèrent pas
sensiblement du système que nous venons de présenter au
lecteur.
Le diaphragme et son support (fig. 2 et 3) sont tels que nous venons de
les décrire. Le microphone, que représente la figure 2,
a un morceau de charbon de cornue, D, fixé dans une position inclinée,
au diaphragme près du centre, parle moyen de cire à cacheter.
Trois appendices en charbon, E, de dimensions différentes, sont
suspendus à des fils très minces de manière à
peser légèrement sur la surface supérieure du charbon
D. Les trois fils minces se relient tous à un des fils de la pile
et sont fixés à des distances convenables les un des autres,
en face du diaphragme, par une goutte solidifiée de cire à
cacheter. Un mince fil de laiton, enroulé autour du charbon D,
se relie avec la pile. La construction du microphone, que représente
la figure 3, est assez simple pour ne pas avoir besoin dune longue
description. Un des fils de la pile se termine par une série de
nuds, F, et il est fixé au diaphragme, plus haut que le centre.
Lautre fil se relie à une plaque de métal G, qui est
fixé au diaphragme, plus bas que le centre, cette plaque est recourbée
et dentelée pour recevoir les fils II, lesquels, pour cette raison,
doivent être très fins. Ces instruments sont employés
pour la transmission; un téléphone Bell, pour la réception.
En se servant de quantité de baguettes, de tiges ou dappendices
au lieu dune seule baguette, comme dans le microphone Hughes, on
évite beaucoup dinconvénients, parce quon peut
réaliser les faits habituellement attendus des instruments de ce
nom, tels que la transmission du tictac dune montre, la marche dune
mouche ou dune fourmi, le froissement du papier, les sons produits
en sifflant, en jouant dun instrument ou en chantant et, dans les
conditions requises, la parole articulée, les chuchotements, etc.

Linstrument, que lon voit en profil (fig. 4) et en coupe transversale,
peut fonctionner tout à la fois comme microphone et comme téléphone
transmetteur; car il fait parvenir des sons articulés aussi distinctement
et aussi clairement que nimporte quel téléphone à
formes connues.
Il nest pas nécessaire de parler directement dans linstrument,
qui peut être dans une partie delà chambre, tandis que le
parleur est à distance. Linstrument transmettra un chuchotement
ou la conversation de deux ou trois personnes ; il reproduira les sons
du violon, dune flûte ou d'un sifflet. Il semble presque incroyable
quun instrument construit de la sorte puisse produire les effets
précités; tout le fonctionnement ayant lieu à laide
dun long levier mis en action par le diaphragme ; mais ce mode de
construction augmente les vibrations du diaphragme et donne de lefficacité
à linstrument. La pièce qui renferme le diaphragme
de fer est montée sur un support et le diaphragme est resserré,
comme dans le phonographe au moyen de rondelles en caoutchouc.
Une mince tige de bois formant ressort est adapté à lappareil
comme le représente la figure 4, il sétend verticalement
suivant un diamètre du cercle servant de cadre au diaphragme de
fer; il sappuie au centre de celui-ci par lintermédiaire
dun petit disque métallique auquel il est relié à
laide dune vis de pression. Ce disque nest pas directement
en contact avec le centre du diaphragme; il sy appuie par linterposition
dun morceau de caoutchouc. La tige de bois mince formant ressort
sétend jusquà la partie inférieure du
pied de lappareil, elle est reliée à une petite baguette
de charbon de cornue, qui sappuie contre un morceau de même
substance adapté à lextrémité dun
petit ressort métallique (voir la figure) ; le contact peut être
établi au moyen dune vis de pression montée dans ce
ressort.
La disposition des fils conducteurs est suffisamment indiquée par
notre gravure. Cet instrument placé dans un circuit électrique,
où se trouve un téléphone Bell, transmet la parole
avec une netteté remarquable.
On na besoin ni de cri ni de signal dappel, car un son distinct
introduit directement dans le système, produit dans linstrument
récepteur un bruit qui peut être entendu dans une partie
quelconque dune salle ayant des dimensions assez considérables.
G. H. HOPKINS. Daprès le Scienlific American.
George M. Hopkins n'a pas inventé
le premier téléphone, mais il a popularisé les plans
permettant de fabriquer des téléphones fonctionnels simples
et artisanaux ainsi que des dispositifs à induction dans son ouvrage
de la fin du XIXe siècle, *Experimental Science*. Il a également
mis au point, indépendamment, une balance à induction à
peu près au même moment où Alexander Graham Bell en
concevait une pour localiser une balle dans le corps du président
Octobre 1878 dans le "Scientic American"
Hopkins décrit comment
fabriquer son téléphone :
Le téléphone, bien que généralement bien
connu aujourd'hui, n'est pas moins intéressant qu'il ne l'était
au début. Il existe de nombreuses formes de ce merveilleux
instrument, dont certaines sont très simples, faciles à
construire et à utiliser, tandis que d'autres sont plus compliquées.
Le principe est le même dans toutes.
Dans la gravure ci-jointe, la figure 1 représente un téléphone
en service ; la figure 2 est un instrument facile à construire
; la figure 3 est une coupe verticale d'une partie du même ;
la figure 4 est un téléphone de la forme Bell ; et les
figures 5 et 6 illustrent les méthodes de magnétisation
des barres pour téléphones.
Le téléphone représenté sur la figure
2 utilise deux aimants en U ordinaires, qui peuvent être de
n'importe quelle taille pratique et peuvent être achetés
dans presque n'importe quelle quincaillerie ou magasin de jouets.
Un noyau de fer de 80 pieds est serré entre deux pôles
similaires des aimants et est fileté pour recevoir la bobine,
sur laquelle est formée une bride pour supporter le diaphragme
et l'embouchure. Les extrémités du fil qui forme la
bobine sont reliées aux bornes de connexion vissées
dans la bride. Le disque ou diaphragme est constitué d'une
plaque de ferrotype ordinaire, telle qu'on peut s'en procurer chez
n'importe quel photographe.
Le téléphone représenté sur la figure
4 a un manche en bois qui contient un aimant en barre ronde, K, ayant
à une extrémité une bobine, L, en fil fin isolé.
Les bornes de la bobine sont reliées aux bornes de connexion,
N, à l'extrémité du manche. Le disque en fer,
J, est supporté dans l'embouchure près de l'extrémité
de l'aimant.
Lorsque les ondes sonores frappent le disque du téléphone
émetteur, le disque vibre devant l'aimant, et comme il est
lui-même un aimant par induction, sa puissance change constamment
pendant qu'il vibre. Lorsque la plaque se déplace vers la bobine,
un courant est induit dans cette dernière, qui traverse toute
la longueur du fil la reliant à un instrument distant ; lorsque
la plaque revient, un courant inverse s'ensuit. Ces courants ondulants
produisent dans le disque de l'instrument récepteur des vibrations
similaires à celles de l'instrument émetteur.
A l'intention de tous ceux qui désirent construire un téléphone,
nous avons publié dans le SUPPLÉMENT SCIENTIFIC AMERICAN,
n° 142, des instructions complètes, accompagnées
de dessins grandeur nature, pour la fabrication d'un téléphone
fonctionnel.
SUPPLÉMENT 142 page 2261 : COMMENT FABRIQUER
UN TÉLÉPHONE FONCTIONNEL. Par Georce M. Hopkins.
Comme la plupart, sinon tous les lecteurs de ce journal, connaissent
le principe du téléphone articulé, et comme une
compréhension approfondie du principe sur lequel il fonctionne
n'est pas essentielle à la construction de l'instrument, je
vais omettre les détails du principe de fonctionnement, et
je vais procéder immédiatement à la description
de la manière dont un téléphone peut être
facilement fabriqué.
La figure 1 de la gravure de la page 2260 montre le téléphone
en fonctionnement actif, un téléphone utilisant des
aimants en U ordinaires.
La figure 3 est une vue en coupe détaillée du même.
La figure 4 est une élévation latérale partiellement
en coupe d'un téléphone qui est essentiellement le même
que celui de Bell. Les figures 5 et 6 représentent des dispositifs
pour magnétiser les barres des téléphones. Les
figures 2, 3 et 4 représentent la taille réelle des
instruments.
Le téléphone représenté sur les figures
2 et 3 est très facile à fabriquer. Les deux aimants
en U, B, qui peuvent être de la taille indiquée sur la
gravure, ou plus grands ou plus petits, peuvent être achetés
dans presque toutes les quincailleries ou magasins de jouets, et le
noyau en fer doux, A, sur lequel est placée la bobine, D, peut
être fileté extérieurement et aplati pour s'adapter
entre les aimants par n'importe quel forgeron ou ouvrier en fer. Le
noyau en fer, A, doit avoir un diamètre de 30 pouces, et l'extrémité
aplatie qui s'étend sur environ 1 pouce entre les aimants doit
avoir une épaisseur de 14 pouces, et les autres pôles
doivent être séparés de la même distance
par un bloc de bois.
Les deux aimants sont fermement serrés ensemble par les vis,
C, et la vis, qui s'étend à travers l'un d'eux dans
un trou taraudé dans l'autre. Les aimants doivent être
disposés avec des pôles similaires en contact avec le
noyau en fer doux, A.
La bobine en bois, D, a un diamètre de 1 pouce et une longueur
de 50, et a sur son extrémité extérieure une
bride concave, E ayant une surface d'appui annulaire pour le diaphragme
; F. La bride a un diamètre de 244 pouces et la surface d'appui
annulaire a une largeur de 1/2 pouce, ce qui laisse la partie médiane
du diaphragme, qui a un diamètre de 134 pouces, libre de vibrer.
La bobine est enroulée avec 1/2 once de fil de cuivre recouvert
de soie n° 36 ou n° 38, et les extrémités du
fil sont fixées à de petites vis de serrage, a, qui
dépassent de l'arrière de la bride concave, E.
Le diaphragme, qui est simplement un disque de fer étamé
très léger ou une plaque de ferrotype, a le même
diamètre que la bride, E, sur laquelle il est placé.
L'embouchure, G, est fixée à la bride, E, par trois
petites vis ; le diaphragme étant fixé à trois
endroits équidistants pour permettre ce mode de fixation. Le
diamètre de l'ouverture de l'embouchure est de 14 pouces et
l'embouchure, comme la bride, doit être concave.
La distance entre le diaphragme F et l'extrémité du
noyau en fer doux A est réglée en vissant la bobine
D vers le haut ou vers le bas sur le noyau. Le meilleur réglage
consiste probablement à placer le diaphragme aussi près
que possible de l'extrémité du noyau sans provoquer
de secousses lorsque l'on parle à l'instrument.
Ce téléphone, lorsqu'il est connecté à
un autre du même type au moyen de deux fils porteurs fixés
dans les bornes de connexion, fonctionnera admirablement. Un seul
fil peut être utilisé pour connecter une borne de connexion
de chaque téléphone, l'autre borne de connexion étant
connectée à la conduite d'eau ou à un fil de
terre correctement connecté à de grandes plaques métalliques
enterrées dans la terre constamment humide.
Le téléphone ainsi décrit est plus facile à
fabriquer que celui représenté sur la figure 4, car
le problème de magnétisation de l'acier est évité.
En remplaçant le noyau de fer A par un aimant en barre de 3
pouces de diamètre et de 5 pouces de long, fileté à
une extrémité, on obtient un téléphone
très compact et facile à régler.
Le téléphone représenté en coupe partielle
sur la figure 4 se compose de 5 parties principales : la poignée
H, l'embouchure I, le diaphragme J, l'aimant K et la bobine L. La
poignée est percée longitudinalement au centre pour
recevoir l'aimant rond K et il y a deux petits trous sur les côtés
opposés de l'aimant, à travers lesquels passent les
fils robustes M, qui sont soudés aux bornes de la bobine L
et reliés aux vis de fixation N à l'extrémité
de la poignée. La poignée H est logée pour recevoir
la bobine L et possède une embouchure I et un diaphragme J
qui sont de la même taille que ceux décrits précédemment.
Dans le cas présent, l'embouchure ou le capuchon est vissé
sur la poignée, mais il peut être fixé avec tout
autant d'avantages au moyen de petites vis, comme le montrent les
figures 2 et 3.
La bobine doit être remplie d'environ 1 once. de fil de cuivre
recouvert de soie n° 36 ou n° 38, et les aimants doivent être
placés aussi près que possible du diaphragme sans le
toucher, et lorsqu'il est correctement réglé, il est
serré par une vis, O, à l'extrémité la
plus petite de la poignée. L'aimant en barre, K, a un diamètre
de 3 pouces 1/2 et une longueur de 6 pouces.
La connexion entre deux ou plusieurs téléphones et la
connexion à la terre est effectuée de la manière
décrite précédemment.
Il existe deux méthodes de magnétisation des barres
que je vais décrire. La première chose à faire
est de durcir et de tremper la barre. Cela se fait en la chauffant
jusqu'à ce qu'elle soit rouge cerise foncé et en la
plongeant dans de l'eau froide, puis en tirant la trempe jusqu'à
ce qu'elle soit de couleur paille. La première méthode
de magnétisation consiste à placer à chaque extrémité
de la barre d'acier trempé, Q (fig. 5), un capuchon en fer
doux, R, et à enfermer la barre ainsi armée dans une
hélice, P, faite de trois ou quatre couches de fil de cuivre
isolé n° 16, et à connecter l'hélice à
4 ou 6 piles Bunsen disposées en fonction de la quantité.
L'hélice doit s'étendre jusqu'aux extrémités
des capuchons en fer doux, et elle doit être déconnectée
de la batterie avant de retirer l'aimant.
Une autre méthode consiste à faire passer une hélice,
8, sur la barre, T (fig. 6). L'hélice, 8, est composée
d'environ 10 onces. Le fil de cuivre isolé n° 16 a un diamètre
intérieur de 40 pouces et une longueur d'environ 144 pouces.
L'hélice étant connectée à une batterie
de 6 cellules Bunsen, elle est tirée sur la barre d'un bout
à l'autre et ramenée au milieu de la barre lorsque la
batterie doit être déconnectée. Ce sont des méthodes
de magnétisation faciles et peuvent être pratiquées
par toute personne possédant les appareils, mais les aimants
ne posséderont pas la force présentée par des
aimants chargés par une puissante machine magnéto-électrique.
Le fil de la ligne téléphonique doit être isolé
de la même manière que les fils télégraphiques.
Pour les lignes courtes, un fil de retour doit être utilisé
; pour les lignes longues, il faudra une connexion à la terre. |
Le téléphone Hopkins
transmetteur à mercure 1880-1882
La forme de ce transmetteur est celle d'un téléphone
ordinaire, avec diaphragme de mica.
Au centre de la surface inférieure de ce diaphragme est fixé
un cylindre de charbon du charbon de cornue, de préférence
d'environ 5 mm de longueur et de 5 mm de diamètre. Le pied
du transmetteur est un cylindre creux contenant une fiole à cou
long et étroit, où se trouve une certaine quantité
de mercure. Dans le mercure plonge une tige de charbon de lampe électrique.
Cette tige est assez longue pour sortir de la fiole et presser contre
le charbon du disque. Une vis permet de faire monter et descendre la fiole
et ainsi d'augmenter et de diminuer la pression des deux charbons. Les
deux extrémités du fil primaire d'une bobine d'induction
relient, à travers une pile d'un ou deux éléments
Meidinger, l'un de ces charbons au transmetteur; un fil est en contact
avec le mercure, l'autre avec le charbon du disque et le courant traverse
les deux charbons. Le charbon supérieur doit avoir une surface
plane, le charbon inférieur une surface sphérique, les deux
surfaces étant aussi lisses que possible. Le fil secondaire de
la bobine d'induction contient les téléphones récepteurs
des deux stations. Si au lieu d'éléments constants, on veut
en employer d'inconstants, par exemple des éléments Leclanché,
il faut placer un interrupteur dans le circuit primaire et ne fermer le
circuit que quand on veut se servir du transmetteur. Récepteur
et transmetteur sont disposés sur une console, le premier renversé
sur une ouverture qui correspond avec un orifice en forme d'entonnoir
recourbé qui permet d'entendre un appel d'une place quelconque
de la pièce où se trouvent les appareils. Le transmetteur
a un orifice semblable, mais un peu plus petite. Avec un permutateur on
pourrait aussi remplacer cet appel par une sonnerie.
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