1887 Stations automatiques Ader, Elsasser Oesterreich et Paul


Plusieurs stations sur un seul fil ..

Une antre combinaison, imaginée également pour des circuits téléphoniques à deux fils, a pour auteur M. Ader de Paris.
D'après ce système, quatre stations indépendantes d'abonnés peuvent être intercalées sur un circuit double.
A l'état de repos le lacet est complet à la station centrale et déchiré, c'està-dire en communication avec la terre, au milieu des 4 abonnés.
Quand la station centrale veut appeler l'un ou l'autre des 4 abonnés, elle interrompt l'un des deux fils et envoie dans l'autre un courant positif ou négatif qui suivant la ligne choisie et la direction du courant, agit sur l'un des quatre relais. Quand un abonné décroche son téléphone le lacet devient complet partout, la terre est exclue et la conversation téléphonique peut suivre son cours régulier.
Tout cela se comprend mieux à l'aide des figures 42 et 43.

Le dessin N° 42 représente les 4 boutons d'appel 1 à 4 de la station centrale.
A est l'annonciateur qui se met en fonction quand l'une des 4 stations de la figure appelle.
Après l'appel, la station centrale intercale à sa place un micro-téléphone. L et L1 sont les deux fils du lacet ou du circuit double, B et B1 deux piles d'appel. Un courant arrivant par L traverse les boutons d'appel 4, 3, l'annonciateur A, les boutons d'appel 2, 1 et retourne par L1à son lieu d'origine. Quand la station centrale abaisse le bouton d'appel 1, un courant négatif est lancé sur la ligne et L est interrompu. Par l'abaissement du bouton 2 un courant positif entre sur L1. De même des courants négatifs et positifs sont lancés sur la ligne L par les manipulateurs 3 et 4 .

La figure 43 montre la combinaison les 4 stations d'abonné I à IV, intercalées dans le lacet LL1.
Chacune de ces stations se compose d'un appareil microtéléphonique indiqué pour plus de simplicité par un téléphone F, d'un commutateur automatique U, d'un bouton d'appel T, d'un avertisseur S, d'un relais polarisé R, d'une sonnerie d'appel W et d'une pile locale . Outre cela les 4 stations ont encore en commun un relais R' et une pile B. L'appel émanant de la station centrale parcourt le circuit suivant: Quand le courant 1 est abaissé, un courant négatif arrive sur Li et traverse d'abord tous les commutateurs automatiques U et boutons d'appel T des 4 stations d'abonnés et les fils d, ensuite il traverse les relais R des deux stations I et II et par le point Q et l'armature du relais R il trouve la terre par laquelle il retourne à son point d'origine. Des relais R des deux stations I et II, celui de la station I répond à des courants négatifs, l'autre à des courants positifs ; à la station I le circuit de la pile locale b est donc fermé et la station est appelée. Quand la station centrale presse le bouton 2, le courant parcourt absolument le même chemin, mais il est positif et actionne par conséquent le relais de la station II. Par l'abaissement des boutons 3 ou 4 à la station centrale, des courants négatifs ou positifs sont lancés sur L, traversent les relais des stations d'abonné III et IV et retournent par Q à la terre. Le courant négatif actionne le relais de la station III, le courant positif celui de la station IV.
L'une quelconque des 4 stations d'abonnés qui est appelée, disons III, décroche son téléphone et par ce mouvement change complètement les communications. Il s'établit d'abord un contact entre le pôle positif de la pile B et la lame inférieure du commutateur automatique, et par ce contact un courant émanant de cette pile s'établit et traverse les quatre avertisseurs S. Par ce courant un double but est atteint. D'un côté l'armature de R' est attirée et la communication du système avec la terre interrompue, de l'autre côté tous les avertisseurs qui montraient auparavant un disque avec inscription „libre" portent à sa place un autre disque avec l'inscription „occupé." Le lacet est complet, sans terre des deux côtés. Le courant arrivant de la station centrale par L passe par les 4 relais, les commutateurs automatiques U et les fils v des stations I et II, le micro-téléphone F de la station III, le fil d entre III et IV, le bouton T et le commutateur U de la station IV et retourne par le fil L t à la station centrale. Il est impossible de surprendre la conversation car si une autre station, par exemple II, décrochait son téléphone, le circuit serait interrompu entre T et U de la station III.
Quand la conversation est terminée et le téléphone de nouveau accroché, le tout retourne à l'état de repos. Les avertisseurs montrent de nouveau l'indication „ libre" et la voie de Q à la terre est ouverte. Quand une des stations d'abonné abaisse son bouton d'appel T, le courant positif de la pile B passe par les fils d et les boutons T et commutateurs U sur Lt et retourne par L directement au pôle négatif de B. Les relais R et S sont polarisés, mais ils n'ont pas d'électro-aimants proprement dits. A la place de l'électro-aimant est une hélice très plate qui se meut entre les pôles d'un fort aimant. Suivant la direction du courant, cette hélice est attirée vers l'un ou l'autre pôle et ferme en R le courant de la pile h ou change le disque dans l'avertisseur S. Cette hélice sans noyau en fer présente de grands avantages visà-vis d'électroaimants polarisés, car on n'a jamais à craindre l'inversion de la polarité, soit par des courants trop forts soit par des décharges atmosphériques.

La manipulation du système Ader est des plus simples, les abonnés procèdent pour l'appel comme s'ils étaient seuls intercalés sur un lacet; à la station centrale aussi aucune complication ne se présente; outre cela le secret des conversations est sauvegardé. Mais d'un autre côté, il y a aussi des inconvénients à mentionner: les abonnés intercalés sur un lacet ne peuvent pas converser entre eux quand un abonné est en conversation avec la station centrale ou au-delà, les autres abonnés peuvent déranger cet entretien en pressant leur bouton ou en décrochant le téléphone.
Finalement la communication entre les 4 abonnés demande de 6 à 8 fils; l'application du système est donc restreinte au cas où les 4 abonnés se trouvent dans le même bâtiment .

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M. Elsasser est parvenu à éliminer le second inconvénient, mais en sacrifiant la simplicité des communications, et comme l'inconvénient nous paraît avoir peu d'importance pratique il est douteux que ces modifications fassent renoncer à l'arrangement primitif de M. Ader.
L'importance de la première catégorie de combinaisons, en vue de permettre de placer plus d'une station téléphonique sur un fil, est singulièrement amoindrie par ce fait que plusieurs des inventions qui s'y rapportent ne sont applicables que dans les réseaux à fil double qui sont aujourd'hui encore en grande minorité.

Les catégories qui vont suivre maintenant ne contiennent par contre que des arrangements qui s'adaptent au système à fil simple avec retour à la terre. Nous allons parler d'abord des systèmes à étoile, dans lesquels le fil unique rayonne d'un certain point vers les abonnés.

M. W. Oesterreich a pris un brevet pour une combinaison qui appartient à cette catégorie.
La partie essentielle du système est un commutateur automatique placé au point de bifurcation du fil unique vers les abonnés.
La station automatique qui est représentée par la fig. 44 se compose du commutateur proprement dit, d'un relais polarisé R' et d'autant de relais ordinaires Rt R2 R3 qu'il y a d'abonnés reliés au commutateur.
Fig44
Le commutateur de la figure 44 est disposé pour 3 abonnés dont les lignes sont indiquées par 1, 2 et 3.
Une pile P et une résistance R complètent l'arrangement. Les flèches signifient communication avec la terre. Le commutateur proprement dit n'est pas visible dans le dessin, mais on comprendra ses fonctions par ce qui suivra. Il consiste en un cylindre mobile autour d'un axe horizontal. Sur ce cylindre, qui est en matière isolante, sont encastrées, sur huit rayons, des pièces de contact. La partie Y démontre le revêtement du cylindre développé en plan avec les huit rangées de pièces de contact sur lesquelles glissent dix lames de ressort r1 à r10 .
Le cylindre est mis en rotation par la station centrale, au moyen de courants électriques qui parcourent l'électro-aimant G, dont l'armature, se terminant en échappement, avance le cylindre d'une dent à chaque fermeture du circuit.
Cette disposition ressemble beaucoup à celle des cadrans électriques qui sont mis à l'heure par une horloge type. Au lieu de faire tourner le cylindre par l'électricité elle-même, on peut produire la force de rotation par un poids; dans ce cas les impulsions électriques ne font que déclancher d'une dent la roue d'échappement. Le poids, avant d'arriver à son point inférieur, ferme le circuit d'une sonnerie d'alarme qui donne aux personnes présentes à la station du commutateur le signal de remonter le poids. Le cylindre peut prendre huit positions différentes correspondant aux huit rangées de contact 1 à 8 (voir Y). Quand le cylindre a une position telle que les pièces de contact de la rangée 1 touchent les ressorts, il y a communication électrique entre les ressorts r 1 et r2 et entre les ressorts r 4, r6 , r8, r 9 et r10. Quand, par un courant électrique passant par l'électro-aimant C, le cylindre avance d'une dent, c'est la rangée des contacts 2 qui se place sur les 10 lames r, et il y a communication électrique entre les ressorts r2, r4 , r6 et r s . Ainsi pour chacune des 8 positions du cylindre on trouve facilement les communications électriques qui s'établissent.
Le commutateur a la position de repos quand les contacts de la rangée 1 se trouvent sous les ressorts. Chacun des trois abonnés peut alors appeler la station centrale sans déranger les autres. Quand par exemple l'abonné 2 appelle, le courant prend le chemin suivant : Par 2 il traverse le relais R2 , car dans la direction du ressort r 5 il y a interruption, et par les ressorts r 6 et r9 il parvient à la terre. Mais le passage du courant par les ressorts r6 et r9 ne dure qu'un instant excessivement court, car l'armature du relais R2 touche le butoir a 2 qui ouvre au courant un chemin plus direct à la terre. Il y a en même temps un -second contact établi par l'armature du relais; une pièce isolée fixée à l'armature bute contre c2 , et un courant de la pile P peut passer par c2 , R', C et la ligne L vers la station centrale et retourner de là par la terre à P. Ce courant n'a pas la bonne direction pour faire mouvoir l'armature du relais polarisé R', ni une force suffisante pour actionner le relais C, donc il ne fait pas autre chose que d'appeler la station centrale. Cette station envoie un courant énergique pour faire avancer le cylindre d'une dent et ainsi la position 2 se trouve établie. Ce courant arrivant passe par L, C, R', r2 , r1 et une résistance artificielle R à la terre, l'armature du relais polarisé R' touche le butoir a et ouvre ainsi au courant un chemin plus direct à la terre. La position 2 du commutateur cylindrique obtenue, la conversation par téléphone entre l'abonné appelant et la station centrale peut commencer. Dans cette position 2 les autres abonnés peuvent se mêler à la conversation; ils peuvent aussi appeler, mais cela ne produit qu'un coup sec et court pour les interlocuteurs qui, par ce fait, comprennent qu'un autre abonné demande aussi la station centrale. Les trois interlocuteurs peuvent alors s'entendre entre eux pour décider lequel des deux abonnés doit avoir la préférence.
Pour établir la communication à travers la station centrale avec l'abonné d'une autre ligne, la station centrale donne au commutateur cylindrique la position 3 si c'est l'abonné 1 qui a appelé la position 4 pour l'abonné 2, la position 5 pour l'abonné 3. Pour les cas où un abonné en demande un autre du même fil, on a les positions 6, 7 et 8. Par la position 6, l'abonné 1 est mis en relation avec l'abonné 2, par 7 l'abonné 1 avec 3 et par 8 l'abonné 2 avec 3. Le chemin que parcourt le courant dans chaque cas spécial est facile à suivre : dans la position 6, par exemple, où l'abonné 1 est mis en communication avec l'abonné 2, le courant arrivant de 1 passe, sans traverser le relais Rn par le ressort r3 dans les ressorts r3 et Par rb le courant arrive chez l'abonné 2, par r2 il atteint la station centrale qui est intercalée en bifurcation pour pouvoir recevoir le signal de fin de conversation. Après la fin d'une conversation, la station centrale ramène toujours le commutateur cylindrique dans la position de repos, mais elle doit pouvoir s'assurer que cette position est en effet atteinte. Dans ce but, il y a entre les rangées de contact 8 et 1 un contact qui correspond au ressort r 2 et communique avec un pôle de la pile P, et les deux derniers contacts de la rangée 1 sont allongés vers la rangée 8. Quand le cylindre passe de la position 8 à la position 1, le ressort r 2 glisse un moment sur le contact qui est en communication avec un pôle de la pile F, tandis que l'autre pôle communique par les ressorts r9 et r 10 avec la terre ; un courant momentané atteint donc la station centrale et y donne, sur un galvanomètre, le signal indiquant que le cylindre a effectivement atteint sa position de repos. Pour que la station centrale puisse appeler un abonné elle n'a qu'à avancer le cylindre du commutateur automatique jusqu'à la position voulue, pour l'abonné 3 par exemple jusqu'à ce que la rangée 5 des contacts Y soit arrivée sous les ressorts r .
Une étude de E. Estaunié plus détaillée du sytème Oesterreich est diponible dans ce document (pdf).

Les inventions de M. A. L. Paul d'un côté, et de MM. Cedergren et Ericsson de l'autre, se ressemblent tellement que l'inspiration de l'un des inventeurs par l'invention de l'autre paraît être incontestable.
fig 45
Au point de bifurcation du fil unique vers les différents abonnés, M. Paul place un commutateur automatique (fig. 45) qui se compose principalement des parties suivantes: d'un galvanomètre à faible résistance et à à aiguille lourde, d'un cadran C sur lequel se meut une aiguille qui établit les contacts avec et entre les abonnés, deux électro-aimants E et Ex et une résistance artificielle K de 600 ohms. Par des courants qui traversent l'électro-aimant E, l'aiguille du cadran est avancée par degrés comme l'aiguille d'un cadran d'horloge électrique. La position que l'aiguille occupe dans la figure 45 est la position de repos ou zéro dans laquelle toutes les lignes des abonnés sont en contact avec l'aiguille, ce qui est accusé par les 5 traits, représentant les lignes des abonnés. Si le courant passe par l'électro-aimaut Ej l'aiguille du cadran, se trouvant sur un chiffre quelconque, est déclanchée et retourne d'un bond sur zéro. La station centrale peut envoyer le courant à travers l'un quelconque des deux électro-aimants E ou Er Quand le courant, arrivant par L, est positif, l'aiguille aimantée du galvanomètre est poussée vers la station a, par un courant négatif vers le butoir b et le courant qui auparavant a dû passer par la résistance E ou les stations de tous les abonnés, trouve un chemin plus court à la terre par l'aiguille aimantée elle-même. A la station centrale, les courants peuvent être lancés sur la ligne au moyen d'un manipulateur inverseur du courant ou par un appareil spécial ayant un cadran et une manivelle par laquelle on donne, à la main, les mouvements que l'on veut voir exécuter par l'aiguille du cadran de la station automatique.

M. le Conseiller des postes Oesterreich vient de publier dans une note qui a pour but de rectifier quelques erreurs que j'aurais commises en citant le réseau de Berlin dans mon „ Etude sur la téléphonie. " J'avais exprimé la pensée (pages 130 et 131) qu'il était préférable, dans un réseau téléphonique, de faire converger tous les fils des abonnés vers un même point, que de les répartir entre plusieurs stations centrales. M. Oesterreich tient à démontrer que la centralisation dont je préconise les avantages n'est pas applicable à Berlin, dont le réseau compte aujourd'hui près de 7000 communications établies et 1000 autres en projet, sans compter les 120 à 150 demandes qui se produisent mensuellement. Lorsque j'exprimais sur cette question mon opinion toute personnelle, je n'avais certainement pas l'idée d'en pousser les conséquences à l'absurde; il est bien évident que le nombre des abonnés peut atteindre des chiffres tels qu'il devienne nécessaire d'établir une seconde station centrale, ou, pour mieux préciser les choses, je suis d'avis qu'il faut créer une nouvelle station centrale quand le nombre de springjacks généraux que l'on peut appliquer à un multiple ne suffit plus pour desservir tous les abonnés. En admettant qu'on ait adopté un système de multiples avec une capacité de 4000 springjacks généraux, on sera obligé d'installer n stations centrales si le réseau possède n X 4000 abonnés. J'ai d'ailleurs exposé les considérations qui m'ont conduit à ma manière de voir concernant la réduction des stations centrales. Mes idées personnelles à cet égard peuvent être erronées, mais je crois que le développement ultérieur de la téléphonie pourra seul donner une réponse définitive à cette question. En ce qui concerne les switchboards dont j'ai parlé comme étant en usage „en Allemagne", je me suis laissé guider par le „Lehrbuch der Telephonie und Mikrophonie von C. Grawinkel", seconde édition de 1884, dont la II e partie „Die Fernsprecheinrichtungen der deutschen Reichs-Postnnd Telegraphenverwaltung" traite spécialement des installations de l'Empire germanique, décrites par un fonctionnaire supérieur de l'Administration des postes. A la page 218 de ce traité est représenté un des switchboards allemands à 50 numéros, et à la page 226 l'auteur explique la communication des switchboards entre eux. Chacun de ces derniers a 66cm de largeur, et si l'on tient compte encore de l'emplacement nécessaire pour les téléphones des employés de la station centrale et pour les autres accessoires on arrive à des dimensions assez étendues. J'ai eu l'occasion de voir la station centrale établie à Mulhouse en Alsace, et j'y ai constaté qu'un nombre très-restreint d'abonnés demandait en effet un local assez spacieux. Je tiens à ajouter que sur la question des switchboards je n'avais pas cité particulièrement les installations de Berlin. Mais je suis heureux d'avoir fourni à M. Oesterreich l'occasion de donner quelques détails intéressants sur le fonctionnement de ce réseau. Il nous apprend que la moyenne des communications y monte jusqu'à 22 par abonné et par jour. Ce chiffre est certainement très élevé, et à ma connaissance il dépasse de beaucoup toutes les moyennes établies pour d'autres villes. J'ai moi-même constaté pour Genève, où le service téléphonique est des plus actifs, les moyennes suivantes:
Octobre 1886 . . 6,07
Novembre „ ... . 5,03
Décembre „ ... . 5,45
Janvier 1887 . ... 5,43
Février „ ,....... . 4,09
Mars „ . ........... 5,05
Avril „ ........... . 5,41
Mai „ ............ . 5,85
Juin „ ........... . 6,06
On admet en outre à Berlin un maximum de 400 communications par employé et par jour, d'où suit la nécessité de faire fonctionner, pendant les heures les plus occupées, trois employés devant un seul switchboard. A Genève au contraire, chacune des dames chargées du service établit de 700 à 1000 communications par jour; une employée suffit donc pour desservir 100 abonnés, même pendant les heures où le travail est le plus actif. Il résulte de ces faits qu'à Berlin les switchboards doivent nécessairement être beaucoup plus larges qu'à Genève; mais c'est là un cas exceptionnel et qui n'infirme pas l'ensemble de mes données.
Le seul point sur lequel je me suis peutêtre trompé, c'est au sujet de la communication entre les switchboards. J'ai supposé une situation intermédiaire entre l'ancien système et le multiple d'aujourd'hui en me laissant guider par les articles parus dans la „Elektrotechnische Zeitschrift", surtout par ceux du vol. VI, page 14, et du vol. VII, page 28. Il ne m'a pas été possible, en effet, de trouver dans aucun journal scientifique des indications positives sur l'emploi, en Allemagne, du nouveau système de multiples. Un fonctionnaire supérieur de l'Administration allemande décrit bien ce système dans la „Elektrotechnische Zeitschrift", vol. VI, p. 157, mais il ne dit nulle part qu'il soit employé à Berlin ou sur l'un des autres réseaux allemands.
Je remercie M. Oesterreich des renseignements qu'il a bien voulu nous donner à cet égard, et je suis satisfait d'apprendre que nous aurons bientôt, d'une plume aussi compétente que la sienne, une description complète des installations téléphoniques de Berlin. Ce qui me semble ressortir évidemment des indications qui précèdent, c'est que la téléphonie fait des progrès si rapides que ce qui s'écrit aujourd'hui ne sera plus complètement exact demain; j'ai eu maintes fois l'occasion de constater ce fait qui ne peut d'ailleurs que réjouir tous les véritables amis de la science.

Etude sur la téléphonie par M. le Dr ROTHEN , Directeur-adjoint des télégraphes suisses.
Berne, le 11 Août 1887

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