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LE BOUTON MICRO-TÉLÉPHONE DU DOCTEUR CORNELIUS HERZ
LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
1er janvier 1887
LE BOUTON MICRO-TÉLÉPHONE DU DOCTEUR CORNELIUS
HERZ
Nos lecteurs connaissent le bouton-téléphone que nous leur
avons présenté dans le premier numéro de l'année
dernière. Rappelons néanmoins que le bouton-téléphone
est destiné à remplacer dans les installations les sonneries
ordinaires, les boutons d'appel : c'est la combinaison d'un contact de
sonnerie, d'un commutateur automatique et d'un téléphone
qui sert alternativement le transmetteur et le récepteur. Le bouton
micro-téléphone est un bouton téléphone revu
et augmenté : il comporte, en plus des organes mentionnés
ci-dessus, un transmetteur microphonique.
C'est un véritable poste téléphonique complet, moins
la pile. L'objet du présent article est de montrer qu'il est facile,
étant donné des postes de ce genre et une pile centrale,
d'utiliser le courant de cette pile pour alimenter les microphones des
différents postes, et qu'on peut établir arbitrairement
la communication d'une pièce à l'autre, soit par l'intermédiaire
d'un bureau central, soit sans bureau central. Il s'agit, bien entendu,
de téléphonie domestique, et les solutions cesseraient d'être
pratiques pour de grandes distances.

La figure 1 représente en vraie grandeur la vue extérieure
d'un bouton micro-téléphone.
L'appareil se compose de deux parties, dont l'une, généralement
fixée au mur, renferme le microphone et le commutateur automatique,
tan dis que l'autre, mobile, contient le récepteur téléphonique
et le bouton de sonnerie.
Les deux parties sont reliées par un cordon souple.
La figure 2 représente la partie mobile prise isolément
ou le bouton-téléphone seul.
Les figures 3 et 4 montrent une vue de face avec arrachement et une vue
postérieure de la partie fixe renfermant, comme nous l'avons dit,
le microphone, la bobine d'induction et le commutateur automatique. La
figure 3 permet de se rendre bien compte de la construction du microphone.
Ce dernier est composé d'un diaphragme en charbon de 2 millimètres
d'épaisseur, placé à 1,5 mm. de distance d'un bloc
également en charbon ; le contact à résistance variable
est formé par un groupe de petits crayons en charbon qui jouent
dans des ouvertures inclinées; les crayons appuient par leur extrémité
positive sur le diaphragme en charbon sous Faction de leur propre poids
et celle de petites boules de plomb qui les surmontent.
Sous le bloc de charbon dont il vient d'être fait mention se trouve
logée la bobine d'induction.
Le diaphragme de charbon est percé aux extrémités
de son diamètre horizontal de deux ouvertures, à travers
lesquelles font saillie deux petits taquets servant à la manuvre
du commutateur automatique.
Pour comprendre le fonctionnement de ce commutateur automatique dont les
organes sont logés, ainsi que l'indique la figure 4, sur la face
postérieure du socle, il est bon de se reporter au schéma
de la figure 5 qui montre les connexions entre deux postes micro-téléphoniques
alimentés par une seule pile que, pour la plus grande simplicité
du dessin, nous supposerons placée entre les deux postes.

Le commutateur est formé par une tige élastique en laiton
T disposée horizontalement sur la face postérieure de l'appareil
et à laquelle le jeu des taquets précédemment mentionnés
imprime un mouvement d'arrière en avant, quand on décroche
le bouton téléphone, et d'avant en arrière-, quand
on le replace sur son socle.
Dans le schéma de la figure 5, le poste n° 1 appelle le poste
n°'2. Le bouton d'appel (fig. 1), est poussé vers l'intérieur,
ce qui amène une pression du ressort b (poste I) contre la vis
v, supprimant ainsi le contact r pour mettre la sonnette du poste I hors
circuit et fermer le circuit de la pile à travers la sonnette du
poste II.
Il est, en effet, facile de voir que l'on a un circuit fermé en
partant du pôle positif de la pile eten passant par le fil B, le
commutateur T, le poste II, la paillette 1, la sonnette, les ressorts
r et b de ce même poste et en revenant au pôle négatif
de la pile par le fil A, le ressort b, la vis v du poste I et le fil C.
Quand on ôte le bouton téléphone, la sonnette est
mise hors circuit par le mouvement du commutateur T, qui abandonne la
paillette 1 et fait contact avec les paillettes 1 et 3, fermant ainsi
le circuit primaire et le circuit secondaire de la bobine d'induction
I et II.
Le circuit primaire est établi comme suit :
Du pôle positif de la pile au fil B, au commutateur T, à
la paillette 3, puis à travers la bobine dont la seconde extrémité
est reliée au diaphragme en charbon ; du diaphragme, le circuit
est complété par les contacts à résistance
variable et le fil C, qui communique avec le pôle négatif
de la pile.
Le circuit secondaire passe par la paillette 2, le commutateur T, le fil
B au poste II, puis par le commutateur T, la paillette 2, la bobine II,
le récepteur R de ce poste au fil A, et retourne au récepteur
R du poste I par la bobine II et la paillette 2.
On voit que, dans cet arrangement, les circuits primaire et secondaire
ont une partie commune, partie commune qui, entre les deux postes, est
représentée par le fil B. C'est là un dispositif
très usité en Amérique, qui ne présente aucun
inconvénient, et qui permet de faire l'économie d'un fil.
Le jeu du commutateur T est assuré par le mode d'assemblage des
parties mobile et fixe du bouton micro-téléphone. Ainsi
que le montre la figure 1, la liaison des deux parties se fait par un
assemblage à baïonnette; ce mode de liaison est fort avantageux,
car les deux parties se détachent et s'accouplent très facilement
et, lorsque le poste est au repos, la position relative des pièces
fixe et mobile est toujours la même.
Le cas de la figure 5 est un cas simple qui, évidemment, ne se
présentera que rarement dans la pratique. En pratique, on aura
presque toujours un nombre n de postes qu'il s'agira de relier entre eux
et à une pile unique, de telle façon que chaque poste puisse
appeler tous les autres. Le problème ainsi posé admet un
assez grand nombre de solutions. Nous allons en indiquer quelques-unes.
Supposons l'abord que l'on s'interdise l'emploi d'un bureau central. La
première solution qui dans ce cas s'offre à l'esprit, est
celle représentée par la figure 6.

Dans cette figure, T indique le commutateur automatique, F le microphone
et le circuit primaire de la bobine d'induction, G le circuit secondaire
de cette même bobine, R le bouton d'appel, et enfin D un commutateur
à (n - 1) direction pour un nombre n de postes.
L'inspection seule de la figure montre qu'un poste peut appeler l'un quelconque
des autres postes; il lui suffira de mettre son commutateur D sur le numéro
du poste qu'il désire appeler, et d'appuyer sur le bouton R. Mais
comme la conversation ne peut s'établir que si le poste appelé
met son commutateur D sur le numéro du poste qui l'appelle, il
faudra préalablement convenir que le poste d'ordre p appellera
toujours les autres postes en appuyant p plusieurs fois sur son bouton
de sonnerie.
Bien que ce soit là un inconvénient qui, dans certains cas,
peut faire rejeter le système, nous croyons intéressant
d'indiquer avec quelle facilité il devient possible de brancher
de cette manière une installation de boutons micro-téléphoniques
sur une installation de sonneries existante. On remplace d'abord chaque
bouton de sonnette par un bouton micro-téléphone, une sonnette
et un commutateur à autant de directions qu'il y a de postes, moins
une. Puis on fait passer à travers toutes les pièces que
l'on veut relier ensemble un câble composé d'autant de fils
qu'il y a de pièces, et l'on établit les connexions comme
dans le schéma de la figure, ce qui est extrêmement facile
si l'on a soin de numéroter les fils du câble.
Si l'on veut que chaque poste soit informé, au moyen d'un annonciateur,
de l'endroit d'où vient, l'appel, l'installation devient un peu
plus complexe.
La disposition du circuit, dans ce cas, est représentée
schématiquement par la figure 7.

On retrouve toujours le commutateur T, mais cette fois le bouton unique
du bouton micro-téléphone est remplacé par autant
de boutons qu'il y a de lignes, moins une.
Les lignes aboutissent au tableau annonciateur et traversent un petit
électro-aimant, dont la palette ferme le circuit de la sonnette,
lorsque l'électro est traversé par un courant. Ceci a pour
but d'empêcher que les sonnettes de tous les postes se mettent en
mouvement, lorsqu'un poste quelconque en appelle un autre. On pourrait,
évidemment, au lieu d'employer autant d'électro-aimants
qu'il y a de lignes, n'en employer qu'un et faire passer dessus tous les
enroulements correspondant aux différentes lignes.
Lorsqu'on a baissé un bouton d'appel, on ouvre le circuit de sa
propre sonnerie et on met en court circuit le numéro de son tableau
annonciateur, qui correspond au poste que l'on veut appeler, afin de ne
cas faire sortir soi-même des numéros dans son propre poste.
Le commutateur T fonctionne comme précédemment, mais on
remarquera que le bouton d'appel devra être maintenu abaissé
tout le temps que dure la conversation.
La figure 10 représente la disposition schématique d'un
poste microphonique automatique, basé sur le système que
nous venons de décrire.
Les deux bornes marquées d'un M sont celles auxquelles aboutissent
les fils du microphone. Le contact Y, qui est représenté
en détail sur la figure il, sert au rappel des numéros sortis.
Le butoir e du crochet porte-téléphone est un ressort fixé
d'un côté seulement, qui ne touche pas le contact Y, sous
la seule action du poids du téléphone; mais il suffit d'appuyer
légèrement, en accrochant le téléphone après
une conversation, pour fermer momentanément le circuit des bobines
de rappel et effacer le numéro sorti.
Les figures 8 et 9 représentent un dispositif qui peut être
employé pour maintenir automatiquement abaissés les boutons
d'appel pendant la durée de la communication téléphonique,
et pour les relever de même lorsque la conversation est achevée.
Le commutateur T commande, au moyen d'une bielle B, une série de
leviers coudés mobiles autour d'un axe commun o. Lorsque le téléphone
est accroché, les leviers Z permettent de sonner librement, mais
lorsque le téléphone sera décroché, les leviers
auront joué de manière à empêcher que l'on
puisse abaisser les boutons levés ou relever ceux qui sont abaissés.
On comprend donc, aisément, qu'il suffira d'abaisser un bouton
d'une main et d'accrocher le téléphone de l'autre, pour
établir la communication téléphonique correspondante.
Cette communication se maintient d'elle-même jusqu'au moment où,
la conversation étant terminée, on raccroche le téléphone.
En ce faisant, on efface les numéros parus, on relève le
bouton abaissé et en se place ainsi automatiquement dans la position
d'attente.
Le principal inconvénient du système que nous venons de
décrire est le grand nombre de fils qu'il nécessite. Il
faut, en effet, pour n postes un nombre de fils égal à (n
-1/ 2) + 2, expression qui croit très rapidement avec n.
Lorsque le nombre des postes à faire communiquer ensemble est assez
petit, on pourra souvent se contenter de relier les postes deux à
deux, suivant le schéma de la figure 12 ou de la figure 14, ce
qui nécessitera l'emploi de n (n-1) + 3 ou de n [n - 1) - 2 fils,
selon que les microphones seront capables de supporter le courant d'une
fraction de la pile (fig. 12) ou celui de la pile entière (fig.
14).
Dès que le nombre de postes dépasse une certaine limite,
la nécessité d'un bureau central apparaît. Le bouton
micro-téléphone se prête très bien à
ce genre d'installation : le système que nous allons décrire
est celui qui, depuis plus de six mois, fonctionne de la façon
la plus satisfaisante aux bureaux de notre journal. L'installation comprend
une pile de quatre éléments Leclanché, un tableau
annonciateur et seize postes micro-téléphoniques répartis
dans les bureaux de la rédaction, l'imprimerie, l'administration
et la loge du concierge. Chaque poste est relié au tableau annonciateur
par quatre fils, et les connexions sont établies suivant le schéma
de la figure 16.
Le dessin montre tous les postes reliés au bureau central (deux
postes quelconques peuvent, en effet, être reliés l'un à
l'autre d'une façon permanente); les lettres I M désignent
les microphones et les bobines d'induction, T le commutateur automatique,
b le bouton d'appel du bouton micro-téléphone et d un deuxième
bouton d'appel placé au-dessus du bouton micro-téléphone
et qui est représenté sur la vue perspective de la figure
1. Ce deuxième bouton permet de toujours appeler le bureau central,
même lorsqu'on est en communication permanente avec l'un des autres
postes du réseau. Le bureau central, dont les figures 13 et 15
donnent une vue extérieure et un schéma, comprend une pile
P, un bouton micro-téléphone avec sonnette, semblable à
ceux des autres postes, et un nombre d'annonciateurs égal à
celui des postes. Au-dessous de chaque annonciateur se trouve un commutateur
à cheville servant à mettre en relation deux postes ; ces
communications s'établissent au moyen de cordons souples à
un seul fil terminé par des chevilles F (fig. i5).

Ceci posé, il est facile de se rendre compte du fonctionnement
du système. Lorsqu'un des postes appuie sur le bouton b, il fait
tomber la plaque d (fig. 18), qui découvre son numéro sur
le tableau annonciateur, car, en appuyant sur le bouton b, il ferme entre
B et C (fig. 18), le circuit de la pile dans lequel se trouve l'électro-aimant
E. Pour mettre en communication deux postes quelconques, le bureau central
n'a qu'à enfoncer les deux chevilles F, qui terminent un cordon
souple, dans les trous correspondants aux numéros à relier
(fig. 18); par cette opération, il rompt pour chaque poste la communication
des lignes C et D et établit la continuité de la ligne C
d'un poste à l'autre. Les deux postes sont alors reliés
par trois fils, suivant le schéma de la figure 5 ; ils peuvent
se sonner l'un l'autre et, en décrochant leurs boutons-téléphones,
entrer en conversation.
Comme le bouton micro-téléphone du tableau annonciateur
est monté absolument de la même façon que les postes
de la ligne, la personne placée au bureau central commence par
se mettre elle-même en communication avec le poste qui appelle,
pour demander avec qui ce poste veut être relié. - On n'a
pas, en général, besoin d'affecter à ce service une
personne spéciale; il suffira, par exemple, lorsqu'il s'agit d'une
administration, de mettre le tableau annonciateur dans une pièce
où se tiennent plusieurs employés; ils pourront, à
tour de rôle, donner les communications. - Ce service pourra également
être fait par les garçons de bureau qui sont chargés
de recevoir les visiteurs.
S'il n'y avait que les trois fils ABC, deux postes reliés par l'intermédiaire
du bureau central ne pourraient plus appeler ce même bureau pour
demander à être reliés à d'autres postes; de
là la nécessité d'un quatrième fil D (fig.
16).

Par ce fil, chaque poste reste constamment relié au bureau central,
et il lui suffit d'appuyer sur le bouton d pour faire apparaître
son numéro au tableau annonciateur.
Ce système est extrêmement simple et il a subi, comme nous
le disions plus haut, avec succès l'épreuve d'une pratique
de plus de six mois.
Il nous reste à parler d'une variante de l'appareil micro-téléphonique,
dont on comprendra les avantages par la description qui suit. Une cause
d'inconvénients dans les postes téléphoniques ordinaires
réside dans les dimensions relativement considérables du
transmetteur et dans ce fait que la personne qui parle est obligée
de prendre une certaine position, définie par rapport à
l'appareil. Portant le récepteur à l'oreille, elle doit
tourner la tête vers le transmetteur et s'en approcher assez près.
L'attention de l'opérateur, qui devrait pouvoir se porter tout
entière sur la conversation, est distraite dans une large mesure
par cette nécessité où il est de subordonner tous
ses mouvements aux conditions de bon fonctionnement de l'appareil.
L'appareil que nous allons décrire est destiné à
éviter ces inconvénients. Il consiste essentiellement, ainsi
que le montre la figure 17, qui représente l'ensemble de deux postes,
en une coquille allongée F, amincie à l'une de ses extrémités
et évasée à l'autre, un cylindre G, attaché
à la partie évasée de la coquille par un anneau fileté
K et une pièce formant embouchure H. La coquille F contient la
bobine d'induction I, le bouton d'appel L, le bouton M, qui commande le
mouvement du commutateur T et le microphone. Le diaphragme N du microphone
est assujetti à l'extrémité évasée
et ouverte de la coquille. En arrière du diaphragme, qui est en
matière conductrice et parallèle à ce diaphragme,
se trouve disposé un barreau 0, en matière isolante, fixé
aux parois de la coquille; au centre de ce barreau est placé un
petit tube a en charbon ou en toute autre substance microphonique. Le
tube a laisse passer librement une tige de charbon qui, par une de ses
extrémités, est en contact avec le diaphragme N, l'autre
extrémité étant reliée par l'intermédiaire
du bouton b au ressort de réglage c.
Le cylindre G renferme un récepteur téléphonique,qui
ne présente rien de particulier.
La coquille Fest munie d'une série d'ouvertures V, placées
immédiatement en arrière du barreau o; des ouvertures analogues
sont ménagées dans l'anneau K, ouvertures qui communiquent
avec l'espace compris entre le diaphragme N et le rebord rentrant du cylindre
G.
Les communications électriques dans l'appareil, ainsi que le jeu
des boutons L et M, se lisent à l'inspection seule de la figure.
Le bouton L, quand il est abaissé, établit le contact entre
le ressort d et une pièce fixe e. Le bouton M sert à manuvrer
le commutateur T ; à l'état de repos, le bras T est en contact
avec la vis j; lorsqu'on appuie sur le bouton M on rompt d'une part le
contact entre j et T et on établit d'auire part le contact entre
T et i, en même temps que par la lamelle métallique f isolée
du bras T on fait communiquer les contacts g' et h.
Le fonctionne ment de l'appareil a lieu comme suit :
Si le poste I désire établir la communication, l'opérateur
saisit l'instrument de façon à appuyer sur le bouton L,
sans toucher au bouton M. Le contact est ainsi produit entre d et e, ce
qui ferme le circuit de la pile sur la sonnette du poste II, savoir :
du pôle positif de la pile par la ligne D, le fil D' du poste II,
la sonnerie de ce poste, le fil E, le contact j, le bras T, les fils /
et B', la ligne B, le conducteur B' du poste I, le contact e, le ressort
d, le fil C', le fil de ligne C et enfin le pôle négatif
de la pile.
L'opérateur du poste II étant ainsi avisé que le
poste I désire parler, saisira l'instrument de façon à
pousser le bouton L, sans toutefois toucher le bouton M. Ceci met en activité
la sonnerie du poste I, la marche du courant étant la même
que celle qui vient d'être décrite.
Les deux opérateurs cessent alors d'appuyer sur le bouton L et
appuient tous deux sur le bouton M, ce qui a pour effet de fermer le circuit
microphonique de chaque poste sur la pile et de fermer également
le circuit commun aux deux récepteurs.
Pour le poste I, le circuit du microphone est le suivant: du pôle
positif de la pile au pôle négatif par le fil de ligne D,
le conducteur D', le diaphragme N, le contact microphonique a, le fil
ni, les contacts gfh, le circuit primaire de la bobine d'induction (r,
1), l'extrémité fixe du ressort d, le conducteur C', et
enfin le fil de ligne C. Pour le poste II, le circuit microphonique est
exactement le même.
Le circuit commun aux deux récepteurs, normalement ouvert en i,
se trouve fermé en ce point par suite de la manuvre du commutateur
T ; ce circuit est complété en dehors des appareils par
les fils de ligne A, B et les conducteurs souples A' B'.
Durant la conversation, l'appareil est constamment maintenu appuyé
contre l'oreille et les mots sont articulés sur le ton ordinaire
de la conversation, sans qu'il soit nécessaire de diriger les vibrations
sonores vers un point particulier de l'espace; les ondes sonores se propagent
suivant des sphères concentriques et par les ouvertures V et W,
agissent sur le microphone de la manière ordinaire.
La conversation peut donc être entretenue avec une très grande
facilité et sans aucune contrainte pour la personne qui se sert
du téléphone.
L'ensemble des appareils que nous venons de décrire constitue,
à nos yeux, un progrès important dans la question si intéressante
de la téléphonie domestique.
B. MARINOVITCH
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