Édouard
Estaunié
Édouard Estaunié est né à
Dijon en 1862 dune mère bourguignonne et dun père
languedocien.
Son père, né à Toulouse en 1830, reçu premier
au concours de lÉcole normale supérieure, brillant
ingénieur diplômé de lÉcole polytechnique
(il avait été reçu second au concours dentrée),
ingénieur au Corps impérial des mines, décède
dune fièvre typhoïde à lâge de
32 ans, peu avant la naissance de son fils ; celui-ci portera le prénom
du père décédé.

Édouard Estaunié fils fréquentera des établissements
scolaires tenus par les Jésuites, dabord à Dijon,
puis à Paris où il prépare pendant deux ans le
concours de Polytechnique à lÉcole dite des Postes,
rue Lhomond (de nos jours École Sainte-Geneviève, dite
Ginette, à Versailles). Il est diplômé en 1884 de
lÉcole polytechnique. De son passage à lÉcole
il écrira :
Entré dans un rang détestable, sorti
dans un rang à peine honorable, dépourvu à un degré
rare de limagination mathématique et ayant tout compte
fait mal tourné, - au point de vue polytechnique, sentend
je représente exactement la catégorie délèves
travailleurs et sans génie soi-disant sacrifiée [
]
Quai-je rapporté de mes deux années dÉcole
? Dabord et avant tout jai appris à travailler
À sa sortie de lÉcole, ayant demandé
les services civils, Estaunié se trouve sans situation. Il décide
alors de préparer le concours de lInspection des finances,
et sinscrit à ce que lon ne nommait pas encore Sciences
Po. Rapidement, ce choix lui apparaît comme une erreur.
En 1885, informé de la création du concours dingénieur
des Télégraphes, il sinscrit au concours. Il est
admis second, derrière le candidat « local », alors
que le nombre de places était limité à une seule
! Bien conseillé, il suit malgré tout les cours en élève
libre. Grâce à la chance et aux relations nouées
dans le cadre du Paris littéraire, il obtient finalement dêtre
nommé deuxième lauréat du concours.
Il devient ainsi ingénieur des Télégraphes en 1886.
Après un premier poste à Limoges, au bout de quelques
mois, il rejoint Paris où se déroulera la totalité
de sa carrière, à lexception de la période
de la Grande Guerre et de limmédiat après-guerre.
Pendant les premières années dexercice de son métier
dingénieur, lingénieur Estaunié, en
collaboration avec son collègue Émile Brylinski, conçoit
et réalise le premier dispositif permettant la mesure des courants
électriques dans les lignes téléphoniques.
(Emile Brylinski sorti de lX en 1887 dans le corps des Ingénieurs
des Télégraphes de lEtat. Président de 1918
à 1936 du Comité Electrotechnique français)
Dans un article publié par le Bulletin de la Société
des électriciens belges (mai 1889), M. Piérard, ingénieur
au télégraphe belge, rend compte d'expériences
récentes qui lui ont permis de déterminer l'intensité
des courants téléphoniques correspondant a la limite des
sons perceptibles rendus par un transmetteur. Le nombre trouvé
par M. Piérard correspond à 0,55 microampères.
Dans des expériences effectuées par MM. Estaunié
et Brylinski dans le courant de l'année dernière, nous
avons trouvé, pour ces courants, une valeur de 0,885 micro-ampères.
Les deux résultats sont donc de même ordre. La différence
entre les chiffres énoncés provient de deux raisons différentes.
M. Piérard a en effet exécuté ses expépériences
sur des téléphones montres très sensibles, tandis
que celles de MM. Estaunié et Brylinski étaient effectuées
sur un récepteur ordinaire (système d'Arsonval), déjà
ancien. De plus, pour cette intensité de 0,55 micro-ampères,
six téléphones seulement sur dix expérimentés
cessaient de donner un son. La valeur trouvée pour le courant
n'a donc même rien d'absolu.
Enfin M. Piérard suppose dans sa méthode que le circuit
téléphonique sur lequel il expérimente est un circuit
sans capacité, bien qu'il y introduise des résistances
allant jusqu'à 200.000 w . Des expériences récentes
ont montré que la capacité de pareilles résistances
était très loin d'être négligeable, et il
se peut que l'erreur provenant de ce fait soit assez considérable
pour faire varier d'un ou deux dixièmes de sa valeur le chiffre
trouvé.
Ce dispositif est suffisamment astucieux et performant pour quil
justifie lobtention dune médaille de bronze à
lExposition Universelle de Paris en 1889 (exposition du Centenaire
de la Révolution française pour laquelle fut construite
la tour Eiffel).
Linvention suscite surtout lintérêt de Thomas
Edison (493 inventions dEdison étaient montrées
au public) qui, visitant lexposition, déclarera que le
dispositif dEstaunié et Brylinski était le seul
objet digne dy figurer !
En 1901, Alexandre Millerand, ministre des Postes et Télégraphes
et futur Président de la République, nomme Édouard
Estaunié directeur de lÉcole Professionnelle des
Postes et Télégraphes. Il y succède à Léon
Thévenin, auteur du fameux théorème danalyse
des circuits linéaires. Estaunié avait souhaité
cette nomination, comme il lavouera lors de lentretien avec
Alexandre Millerand, afin de
« profiter dune charge moins lourde pour avoir la liberté
décrire... »
La réalité sera bien différente ! Édouard
Estaunié savait toutefois que cette nouvelle situation nétait
pas à proprement parler une sinécure, un de ses prédécesseurs
(Raynaud) étant mort à la suite dun coup de revolver
reçu dun inventeur mécontent, et surtout Millerand
ayant lintention de fermer lécole lors de lexercice
suivant. Il est donc urgent de protéger lécole en
la réformant. La première mesure radicale prise par le
nouveau directeur consiste ainsi à remercier vingt-et-un des
vingt-trois professeurs dont les enseignements vieillissaient, et à
réformer les programmes. Il aura toutefois des difficultés
à recruter un enseignant pour le cours portant sur les appareils
de télégraphie et de téléphonie. Il se résoudra
ainsi à se charger lui-même de cet enseignement. Nous verrons
plus loin que cette décision sera à lorigine de
la naissance du mot télécommunications.
Édouard Estaunié inventeur du néologisme télécommunications
Comme déjà indiqué, alors quil
est directeur de lÉcole professionnelle des postes et télégraphes,
Édouard Estaunié prend la responsabilité du cours
sur les appareils téléphoniques et télégraphiques.
Les deux domaines, le téléphone et le télégraphe,
avaient jusqualors été considérés
comme deux champs disciplinaires distincts, mais Édouard Estaunié
fut rapidement convaincu que le temps était venu dassocier
ces deux domaines, alors suffisamment murs et relevant de manière
évidente des mêmes grands principes.
En 1904, il décide donc de publier son cours sous le titre Traité
pratique de télécommunication électrique (Télégraphie,
Téléphonie).
Le mot « télécommunications » est né.
Les télécommunications sont vues par Édouard Estaunié
comme une nouvelle discipline embrassant bien sûr la télégraphie
et la téléphonie, mais aussi les radiocommunications naissantes,
bien que cette nouvelle technique noccupe quune place modeste
dans louvrage (trois pages sur un total de 670). Édouard
Estaunié fut malgré tout réticent à proposer
le néologisme :
« Jai été forcé dajouter un
mot nouveau à un dictionnaire déjà trop riche ».
Il sy décida malgré tout, peut-être se rappelant
quil avait estimé en 1895, dans un ouvrage technique précédemment
édité, que la science récente de lélectricité,
appliquée couramment (à lépoque) depuis une
dizaine dannées, possédait un vocabulaire méritant
enrichissement et normalisation.
Il bâtit le mot télécommunications à partir
du grec télé à distance et du latin communicare
(partager, être en contact).
Télé est en usage en français depuis le XVIIe siècle
(avec par exemple télescope, puis plus tard télégraphe
au XVIIIe et téléphone au XIXe). Communicare est en usage
depuis le XIVe siècle sous diverses formes, y compris le terme
communication. Toutefois, en 1904, communication est probablement pour
la première fois introduit dans le domaine technique. À
remarquer quEstaunié bâtit ainsi un néologisme
et ne donne pas une signification nouvelle à un mot déjà
existant, évitant ainsi toute confusion de sens.
Dans le numéro de novembre 1903 de la revue lElectricien,
une critique du livre à paraître dEstaunié
est publiée. Lauteur de la critique approuve la décision
daborder de la même façon la téléphonie
et la télégraphie, et insiste sur la nécessité
urgente dadopter largement le néologisme proposé
dans le titre. Effectivement, dès 1907, lUnion Internationale
Télégraphique donnera une première définition
du nouveau mot, très proche de celle qui sera formulée
en 1932.
En effet, en 1932, la 13e Conférence télégraphique
internationale et la 3e Conférence internationale radiotélégraphique
se tiennent ensemble à Madrid. « Télécommunications
» est alors choisi pour refléter plus fidèlement
le champ couvert par lUnion internationale télégraphique
(créée à Paris en 1865 sous le Second Empire).
LUnion internationale télégraphique deviendra de
fait lUnion internationale des télécommunications
(UIT) le 1er janvier 1934.
Cette définition éloigne en effet un peu lécueil
inévitable du dictionnaire par trop auto référen
(...)
Édouard Estaunié avait défini le
terme Télécommunication(s) comme la transmission à
distance de la pensée par lélectricité.
À la conférence de Madrid, la définition officielle
adoptée fut toute communication, par télégraphe
ou téléphone, de signes, signaux, textes, images et sons
de quelque nature, par fil, radio ou tout autre procédé
de transmission électrique ou visuelle (sémaphore). Cette
définition devait plus tard être légèrement
modifiée par lUIT : toute transmission, émission
ou réception de signes, signaux, textes, images, sons ou de renseignements
de quelque nature par fil, radioélectricité, liaison optique
ou électromagnétique. Cette dernière définition,
quoique très semblable à la première, évite
heureusement8 de définir le terme télécommunications
en se référant à communication, et insiste sur
limportance de la transmission.
Il nest pas inintéressant de mentionner une définition
encore plus récente du terme, celle de lUS Federal Communications
Commission (2004 FFC Telecom Act) : telecommunications means the
transmission between or among points specified by the user, of information
of the users choosing, without change in the form or content of
the information as sent and received.
Cette définition présente lavantage de ne pas se
référer à une technologie, et insiste elle aussi
sur létape de transmission.
On ne peut que constater aujourdhui le large usage
du mot télécommunications proposé en 1904, malgré
la lente diffusion initiale, et la concurrence, en particulier en langue
anglaise, du mot - plus court - communication. Le néologisme
dÉdouard Estaunié a toutefois été
introduit presque tel quel dans beaucoup de langues : le français
et langlais bien sûr, mais aussi par exemple le danois (telecommunicatie),
litalien (telecommunicazione), le portugais (telecommunicaçao),
le roumain (telecomunicatie), lespagnol (telecomunicaciones),
le suédois (telekommunikation). Ladministration française
des Postes, télégraphes et téléphones (P.T.T.)
ne deviendra toutefois celle des Postes et Télécommunications
(P. & T.) que dans les années 1960 !
sommaire
Dans le cadre des réformes entreprises, il décide
dinviter des scientifiques de renom tels Henri Poincaré,
Paul Langevin ou Pierre Curie à donner des conférences
aux élèves. Henri Poincaré, qui présidera
également le Comité de Perfectionnement de lécole,
acceptera ainsi dassurer tous les deux ans un cours dont il propose
le thème :
« une question délectricité à votre
choix [comprendre au choix dEstaunié], et nayant
encore jamais été traitée ». Estaunié
lui suggèrera « létude de létablissement
du courant dans la période variable ».
Poincaré improvisera sans aucune préparation préalable,
daprès Estaunié qui assiste à lexposé
une méthode de résolution de léquation
des télégraphistes. Voici un extrait de la relation du
cours rédigée par Estaunié.
Dès les premiers mots, il apparut que pas un
instant il [Poincaré] navait réfléchi à
la solution quil sagissait de trouver. Simplement nous allions
assister au travail de recherche de cet extraordinaire et génial
savant.
Quant à Pierre Curie, cest à lÉcole
des postes quil donnera la première conférence parisienne
à propos du radium quil vient de découvrir avec
son épouse Marie.
Voici quelques extraits des mémoires dEstaunié relatant
cette conférence :
Javais prévu de lui faire faire à lécole
des PTT une conférence sur le radium qui serait la première
faite à Paris. [
] Ce fut une séance inoubliable
dont retentit la presse. Il vint, très simple et cordial comme
toujours, et avec une clarté souveraine exposa le résultat
de ses travaux, ponctuant chacun deux à laide dexpériences
magnifiques et impressionnantes. La conférence finie, la salle
une fois vidée de ses auditeurs mais toute vibrante encore de
leurs ovations, Curie, toujours simple et paisible, récolta sur
la table ce quil avait apporté pour ses expériences,
à savoir le tube de radium, et une éprouvette dans laquelle
brillait encore lémanation du radium qui, elle, ne disparaîtrait
quaprès un temps donné. Et je noublierai jamais
le spectacle du départ qui suivit. Imaginez la cour du ministère,
obscure car il était près de sept heures du soir
un manteau de nuit appliqué aux murailles, en dépit
des fenêtres éclairées aux étages
et le pavé désertique de ce lieu officiel quà
cette heure personne ne traversait. De lune des portes donnant
sur cette cour, voici que sort un homme très grand, une redingote
trop longue battant ses jambes : aux deux ou trois personnes qui lescortaient
il fait signe de rester : Inutile de maccompagner : je
trouverai bien un fiacre.
Puis il se dirige vers la rue, passant pareil à tous les passants,
sil ne tenait à la main une lanterne prodigieuse, ver luisant,
de dimension démesurée et de couleur ineffable, lumière
liquide, morceau de ciel capté cest-à-dire
léprouvette où demeure lémanation.
Arrivée au grand porche dentrée, la lueur tourna
dans la rue de Grenelle, se mêla une seconde à la cohue
indifférente, puis le flacon miraculeux cessa dêtre
visible, et soudain je sentis que je venais dassister à
la fois à la naissance dun cycle prodigieux et à
la disparition dun autre. Hélas, je ne devais plus jamais
revoir le porteur de lumière : moins de deux ans après,
Curie mourait tragiquement dans la rue, frappé à la tête
par un camion imbécile.
Édouard Estaunié introduira également des enseignements
de langues étrangères et de culture générale,
donnant lui-même un cours libre dhistoire de lart
et emmenant ses élèves au Louvre le dimanche matin. Il
contribua largement à initier le mouvement qui devait amener
lÉcole des postes au niveau dexcellence qui est le
sien aujourdhui. Rappelons quen 1943, lÉcole
professionnelle des postes et télégraphes prit le nom
quon lui connaît aujourdhui, École nationale
supérieure des télécommunications3. En 1905, Estaunié
quitte à contrecur lÉcole des postes et devient
directeur du Matériel et de la Construction des postes et télégraphes,
puis en 1909 directeur de lExploitation téléphonique.
Durant cette période, il aura à faire face à plusieurs
situations de crise : lincendie
du central téléphonique Gutenberg en 1908, les inondations
de Paris par la Seine en 1910, chacun de ces deux accidents provoquant
la coupure de 6 000 lignes téléphoniques (chiffre considérable
à lépoque), les grèves insurrectionnelles
des fonctionnaires du ministère (les syndicats de fonctionnaire
sont alors interdits, seules les associations de secours mutuel sont
autorisées) et la Conférence Internationale des Administrations
des Postes et Télégraphes, quil co-organise à
Paris en 1910.
Durant cette conférence, il devra lutter contre les délégués
allemands qui demandaient le transfert à Berlin des étalons
électriques conservés à Sèvres. Il effectue
également plusieurs missions à létranger
(Italie, Yougoslavie, Angleterre
).
Il étéit Directeur de l'Exploitation Téléphonique
du réseau téléphonique français du 4 août
1909 jusqu'au 19 mai 1911.
Poste créé par décret du 4 août 1909. JORF
5 août 1909 page 8520. Départ à sa demande vers
d'autres fonctions (dont celle de romancier).
En 1911, il démissionne une première fois pour se consacrer
à lécriture. Toutefois, durant la Grande Guerre,
il est mobilisé dans la télégraphie militaire avec
le grade de lieutenant-colonel : à partir de sa sortie de lÉcole
polytechnique, il avait régulièrement participé
à des périodes pour réservistes au camp de Saint
Maur les Fossés, au titre de chef de section de la télégraphie
militaire.
En 1914, il est inspecteur général au Grand Quartier britannique
pour les liaisons télégraphiques franco-anglaises.
Il est tout dabord détaché auprès de larmée
britannique en Flandre, puis en 1918, à la suite de larmistice
et du retour de lAlsace et de la Lorraine, il est chargé
de la réorganisation des Postes et Télégraphes
dans les provinces libérées, à nouveau sous lautorité
dAlexandre Millerand, lui-même nommé Commissaire
général de lAlsace
Bien que menant une vie mondaine de grand bourgeois
évoluant dans les milieux littéraires et artistiques de
la capitale, Édouard Estaunié, orphelin de père,
est un homme seul, vivant une relation fusionnelle avec sa mère
dont le décès le blessera intimement. Lors de sa mobilisation
en 1914, comme il lui est demandé de donner ladresse de
la personne à prévenir en cas de décès,
il fournit celle dun domestique. En 1916, à 54 ans, il
se marie enfin avec lépouse dun ami décédé5.
Bien quaucune naissance ne couronnât de cette union, celle-ci
fut sans aucun doute très heureuse. En 1919, il démissionne
à nouveau de la fonction publique, cette fois-ci définitivement
; il va pouvoir enfin se consacrer pleinement à la littérature.
Dans son temps libre, il écrit des romans.
Ses premiers romans, Un Simple et Bonne Dame, parus en 1891, sont des
tableaux de murs dans la province française, qui s'inscrivent
dans le courant naturaliste. Nombre de ses uvres sont situées
en province, notamment en Bourgogne. Parmi ses romans suivants, L'Empreinte
(1896), nourri de ses souvenirs et reflétant son anticléricalisme,
est une satire de la vie dans un collège de Jésuites.
Toutefois, peu après ses premiers romans, Édouard Estaunié
oriente ses uvres autour de tout ce qui est tu, ce qui ne se dit
pas, ainsi que sur ce que peuvent receler les silences, il creuse ainsi
les caractères de ses personnages et les drames qui se nouent.
Fin psychologue et moraliste, il est le peintre mélancolique
de la bourgeoisie. Selon Robert de Flers, il a « écrit
cinq ou six fois le roman de la détresse humaine ».
Il a par ailleurs contribué à plusieurs revues littéraires
françaises.
Une grande partie de ses uvres est rédigée dans
sa maison de campagne de Saint-Julia-de-Gras-Capou située dans
la Haute-Garonne en Lauragais.
Il devient membre non résidant de l'Académie des sciences,
arts et belles-lettres de Dijon en 1920. Il est élu membre de
l'Académie française le 15 novembre 1923, dans le fauteuil
précédemment occupé par Alfred Capus. Il est aussi
président de la Société des gens de lettres entre
1926 et 1929.
Estaunié avait épousé Jeanne Engel
(1878-1960).
Édouard Estaunié meurt le 1er avril 1942 à Paris,
en son domicile 41 rue Raffet.
Édouard Estaunié, ingénieur, enseignant et artiste,
avait tous les atouts pour laisser une trace et modestement influencer
le futur. Au-delà dune uvre littéraire reconnue,
la création du concept de télécommunications en
est certainement une manifestation visible.
Les dernières années de la vie dÉdouard Estaunié
seront en partie occupées par la quête de la foi catholique9,
quête longtemps vaine malgré, ou à cause de, léducation
reçue des jésuites. La grâce de mourir muni de cette
certitude lui sera donnée quelques mois avant son décès,
le Jeudi Saint, 2 avril 1942. Le père mariste Thoral, qui lassista
aux derniers jours, écrira :
Lâme de Mr Estaunié a quitté ce monde...
il a suffi dune heure de parfaite lucidité pour quil
put se montrer tout lui-même (...) le chrétien absolument
conscient de son état sest révélé
dans un entretien ultime combien impressionnant dans sa loyauté.
Ouvrages scientifiques
- Les sources dénergie électrique, collection Bibliothèque
des sciences et de lindustrie, Librairies imprimeries réunies
(ancienne maison Quantin), Paris (1895).
- Traité Pratique de Télécommunication Electrique
(Télégraphie, Téléphonie), Vve Ch. Dunod
éditeur, Paris (1904).
- De nombreuses études dans les journaux et revues scientifiques
ou l'on trouve de précieux renseignements sur l'histoire du téléphone.
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