Né au Mans (Sarthe) le 22 juin
1843, sa famille est originaire de la « Franche-Montagne
», petite province qui était autrefois enclavée
dans le canton actuel de Montbéliard.
Les barons de Maiche furent chargés, pendant près
de huit siècles, de la défense de la frontière
française contre linvasion des suisses ; le château
de Maiche était leur résidence.
Vers 1570, ils émigrèrent dans le Maine et se fixèrent
au Mans, où se continua la descendance de la branche aînée,
dont Louis Maiche était le représentant en ligne
directe
Louis Maiche manifesta, dès son adolescence, des dispositions
et des aptitudes remarquables à l'étude des sciences
naturelles.
Dès qu'il avait acquis les premières
notions d'un principe de physique, sa grande facilité d'induction,
jointe à une faculté spéciale d'assimilation
le conduisait immédiatement à toutes les applications
et à toutes les conséquences pratiques qui en découlaient
; et il ne passait d'une expérience primordiale à
une expérience complémentaire qu'après avoir
réussi à déterminer toute l'action et tous
les effets de la première.
A 18 ans il monte à Paris pour gagner
sa vie comme apprenti pâtissier puis chocolatier dans le
marais. Rapidement il reprend ses études au Conservatoire
national des Arts et Métiers en cours du soir, parallèlement
il commence par déposer son premier brevet le 1er décembre
à Paris alors que en 1862 il n'a que 19 ans : brevet
56483
du 1er décembre 1862 "Système de pile électrique",
fabricant de chocolat Adresse : Paris, 4, rue Saint-Louis-au-Marais,
75056 . Ce brevet sera suivi d'un certificat d'addition
le 15 février 1864.
Il entrera ensuite au Collège de France de la Sorbonne
ou il découvre la mécanique la physique et la chimie.
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Le brevet suivant 65786
du 7 janvier 1865 est pour le "bronzage des métaux",
puis un autre le 24 septembre 1866 brevet 73021
pour un "Procédé de dorure de l'aluminium". A
PARIS il a constaté la présence de l'or natif en quantité
notable dans un grand nombre de morceaux de quartz et de silex composant
les graviers de la Seine, dont on se sert communément pour garnir
les routes, les cours et les jardins, aux environs de Paris. Plusieurs
échantillons sont assez riches pour que l'or soit visible à
l'il, il fait aussi un brevet de tamisage, séparation de
l'amidon des autres matières ... L.Maiche
s'intéresse à tout mais l'argent ne rentre pas beaucoup.
En 1867 Il créa ensuite un procédé
dextraction de lamidon du riz par la force centrifuge, qui
est universellement employé.
Après 7 ans de cours du soir, Louis est devenu Ingénieur
et rejoint sa famille qui était retournée à Côte,
en Haute-Saône.
Pourtant il retourne souvent au Mans car il fréquentait Charlotte
Arnouillau. Il se marièrent en janvier 1872.
Maiche continuera à construire différents modèles
de piles, le 12 février 1874 nouveau Brevet 102068
"Appareil producteur de lélectricité, dit pile
électrolyte".
Louis décide de revenir dans la Sarthe pour exploiter
son invention sur l'amidon grâce aux fonds de famille de sa femme
et de son beau frère Jules Clément. Les deux hommes achètent
un terrain à Foucauge et y construisent une usine près de
la rivière l'Huine.
Ils créent la société "Louis Maiche et Arnouillau".
Ayant acheté une machine à vapeur pour l'usine, Louis cherche
rapidement à en améliorer le rendement, et déposa
même un brevet 111770
le 14 mars 1876 "Appareil d'alimentation des générateurs
à vapeur".
Lees affaires marchent et pour protéger plus durablement son invention
il dépose un brevet 126316
le 5 septembre 1878 pour "Un système d'extration de l'amidon
du riz".
Ses travaux de recherche reprennent
et le 20 février 1877, L.Maiche émet un Brevet ° 117030
"Pile électrique dite : pile à dépolarisation
catalytique".
puis le 22 octobre 1878 : Brevet 127069
"Système de pile électrique" , la pile "dépolarisante
catalytique".
 
La pile télégraphique Maiche a vivement
excité lattention des électriciens.
La dépolarisation seffectue par la combinaison de loxygène
de lair avec lhydrogène de leau, sous l'influence
de charbons platinés humides, renfermés dans un vase en
porcelaine plongeant légèrement dans de leau acidulée.
Une petite coupe en porcelaine, disposée au-dessous du vase poreux,
contient un peu de mercure, sur lequel repose le zinc.
Des conducteurs en platine transmettent le courant à deux bornes
fixées à un couvercle en ébonite qui recouvre le
bocal, et sert de support à tout le système.
Le résultat se résume ainsi : usure du zinc réduite
à ses dernières limites ; dépolarisation indéfinie
ne coûtant rien ; constance rigoureuse ; grande propreté.
Pour la télégraphie, les sonneries, les signaux, etc., on
peut dire que cest la pile par excellence. Sa force électro-motrice
est égale à 1,250, celle de Daniel étant égale
à 1,000.
Lumière électrique à
domicile : Le système de régénération
des piles, imaginé par M. L. Maiche.
Ce système nau aucun rapport direct avec les appareil dits
« accumulateurs», M. Maiche a pour but de fournir la lumière
électrique à domicile de la manière suivante, qui
est des plus simples : Étant donné une pile capable de produire
cette lumière électrique (500 bougies, par exemple), cette
pile, sans odeur, nayant besoin daucun entretien, est enfermée
dans un endroit quelconque de lappartement, ou même de la
cave.
Pour séclairer, il suffît de tourner un commutateur,
et la pile fonctionne sur toute espèce de lampe électrique.
Elle finirait par sépuiser après huit ou dix heures
de travail, mais un simple fil conducteur la met en rapport avec une usine
électrique, installée plus ou moins loin, laquelle transmet
à la pile, par ce même conducteur, un courant électrique
inverse. Ce courant régénère la pile, pendant la
journée, la remet dans son état primitif, et la rend ainsi
propre à servir de nouveau sans délai. Cette pile se régénère
ainsi indéfiniment, au fur et à mesure quon la
utilisée.
On voit, par le rapide exposé que nous venons de faire, tout lintérêt
que présente lexposition de M. Maiche.
L. Maiche infatigable enchaine travaux et expérimentations
de tous ordres, mais il s'est surtout intéressé aux
applications de l'électricité , Piles, Moteurs,
Téléphones, Télégraphes, Lumière ...
Sa collection de plus de 300 brevets, représente
une somme de labeur des plus considérables.
1877 dans la Sarthe, Léon Bédorez et de La
Guérinière sont désignes comme délégués
pour représenter la Société à la réunion
des Sociétés savantes des départements. Bédorez
est professeur du lycée du Mans : et a participé à
cette première installation, il en profita pour acheter une paire
de téléphone Bell auprès de C.Roosvelt et
les installera dans son lycée pour relier deux pièces éloignées.
A son tour le 18 Janvier 1878 il organise une conférence
pour les membres de la Société d'Agriculture, Sciences et
Arts de la Sarthe. (Bulletin de la société
d'agriculture, sciences et arts de la sarthe 1878)
1878 sera une année marquante pour L. Maiche avec l'annonce
de l'invention de Bell en 1876 "le téléphone"
et de son arrivée en France fin 1877.
Cet intérêt pour le téléphone continue
au Mans, le 28 décembre 1877 ou le conseil général
de la Sarthe organise une séance de présentation du téléphone
par M. Bouttevin, maire de Mayet qui a eut la chance d'assister
aux expériences faites par A. Breguet et A. Niaudet à l'école
des mines de Paris. L. Maiche ne manqua pas d'y assister :
|
Rapports et délibérations /
Conseil général de la Sarthe de 1877 PREMIÈRE
SÉANCE
...
« Je désire maintenant, Messieurs, vous entretenir
incidemment d'une nouvelle invention qui est probablement appelée
à détrôner le télégraphe : je
veux parler du téléphone.
« Imaginez un instrument en bois, de
dimension et de forme semblables à celles d'une patère
destinée à recevoir l'attache d'un rideau, à
ceci près qu'au lieu d'être terminée par une
pointe ou un bouton, notre patère sera terminée par
un hémisphère creux destiné à recueillir
les sons qu'on émettra devant lui. Supposez en outre que
dans cette patère on ait ménagé un trou cylindrique
central allant d'une extrémité à l'autre, et
vous avez le châssis de l'appareil. Le reste est non moins
simple. Au fond de l'hémisphère d'avant est placée
une plaque de fer étamé, de mince épaisseur,
bouchant lé trou. Derrière cette plaque, un barreau
aimanté est maintenu dans l'axe, et autour d'un de ses pôles
est nroulée une petite bobine portant un fil dont l'un des
bouts communique avec la terre, et dont l'autre
va à l'appareil récepteur. Ce dernier appareil est,
d'ailleurs, exactement semblable à celui que je viens de
décrire. Chacun sert indifféremment d'expéditeur
et de récepteur. Pour envoyer, on parle devant lui; pour
recevoir, on met l'hémisphère auprès de son
oreille.
«M. Bréguet, l'habile constructeur
d'appareils électriques, a installé, il y a quelques
jours à peine, le nouvel engin à l'École des
mines pour le soumettre à l'essai. 158 km de fil reliaient
les deux postes, qui se trouvaient donc dans les mêmes conditions
que si une distance de 158 km les eût séparés.
L'expérience a pleinement réussi. La netteté,
la hauteur, les intonations de la voix humaine, son timbre sont
conservés : seule, l'intensité est diminuée,
ce qui n'est pas étonnant si l'on songe aux résistances
passives et aux causes de perte des forces vives mises en jeu au
départ, transformation des ondes sonores en ondes électriques;
sur le trajet, la résistance du fil; à l'arrivée,
transformation inverse des ondes électriques en ondes sonores.
Aussi, sur ce point, un perfectionnement devra être introduit
encore pour amplifier le son.
« Devant une pareille découverte,
nous pensons, Messieurs, que dans l'intérêt de nos
petites lignes télégraphiques, il serait bon d'inviter
l'administration à prendre des renseignements précis
sur l'application de cette invention.
Nous croyons que les dépenses seraient de beaucoup moins
élevées si l'on pouvait substituer le téléphone
au télégraphe ; elles le seraient moins comme installation
et surtout comme manutention, puisque tout le monde pouvant se servir
de cet instrument, il ne serait pas nécessaire de faire des
études spéciales pour transmettre les correspondances.
« L'intéressé lui-même
pourrait correspondre directement avec son commettant, ce qui lui
permettrait de donner à sa pensée des développements,
dans lesquels il lui serait quelquefois difficile d'entrer en les
faisant passer par un tiers.
« Il y a dans cette invention, Messieurs,
toute une révolution dans la science télégraphique;
aussi nous vous prions d'engager l'administration à faire
diligence pour s'enquérir si on peut en faire l'application
immédiate, ou s'il faut mieux attendre des expériences
plus concluantes. »
...
|
Mais M.Bouttevin était trop en avance sur son temps car 12
ans plus tard, le préfet de la Sarthe déclare encore "
en ce qui concerne la Préfecture, je reconnais que le téléphone
est absolument inutile".
A cette date, il n'y avait que de rares installations de la sorte, en point
à point et en passant par la voie publique, il fallait une autorisation
préfectorale et l'aval de l'administration des Télégraphes
pour utiliser les liaisons télégraphiques, et le seul matériel
de licence Bell autorisé à être installé est
celui de Roosvelt. Les journaux comme l'avenir de la Sarthe et le journal
de la Sarthe ont rapidement commentés cette manifestation.
Pour L.Maiche présent
à toutes ces conférences et expériences, cela le pousse
à se pencher sur cette nouvelle technologie, à étudier
les modèles existants ou présentés dans la presse scientifique.
Partant du principe que le transmetteur Bell n'est pas très performant
et que le principe du micro de Hughes est prométteur, le 15 septembre
1878 il ne tarda pas à fabriquer un prototype qu'il appela :
l' Electrophone .
Cette fois il ne déposa pas de brevet, il revendiquera plus tard
l'antériorité de sa découverte sur celle de Louis John
Crossley alors que cela n'était pas possible car la revue "l'Electricité
du 20 juillet 1878" relate l'expérience faite à Halifax
autours de mars 1878.
Le premier microphone à contacts multiples a été publié
par Louis Maiche dans le Kosmos les mondes du 26 septembre
1878.
Quelques mois plus tard Maiche met au point son premier microphone à
charbon à contact tangentiels et en dépose le brevet :
Le 5 novembre 1879 Brevet 133462
pour "un appareil électrique dit Electrophone".
(Revue
la lumière électrique)
Nouveau téléphone, dit téléphone
Louis Maiche 135873
02.04.1880 ; MAICHE Louis Yvré-l'Evêque Le Mans (72386) (72181)
; (3 pages)
Le 16 novembre 1878 près de deux mois après
M.Hopkins dans le scientifique américan publiait
la description d'un autre microphone composé, mais ce n'est qu'au
1er février 1879 que Crossley décrit sa première
combinaison de microphones de Hugues.
Le brevet Maiche pour l'emploi de charbons cylindriques disposés
horizontalement pour obtenir les contacts tangentiels est du 5 novembre
1879, et par un certificat d'addition du 22 décembre 1879,
l'inventeur indique l'emploi de séries de charbons disposés
parallèlement ou en dérivation.
Le premier brevet Ader est seulement du 19 mars 1880 et ce n'est
que dans un certificat d'addition du 10 juillet 1880 que l'on retrouve
l'emploi de charbon cylindriques et l'assemblage en dérivation
indiqués dans les brevets MAICHE.
C'est en 1880 que la presse scientifique, présente
l'électrophone (vu dans Lélectricité
N°19 du 5 octobre 1880)
Le système de communications
téléphoniques imaginé par M. Louis Maiche
se compose de deux appareils qui sont tous deux semblables à
celui que nous allons décrire et qui sont mis en rapport à
une distance quelconque par un fil télégraphique.
Lélectrophone de ce physicien se compose dune boite
en bois AA ayant environ 25 centimètres de côté,
devant laquelle se place la personne qui veut parler.
 
Lintérieur de cette caisse est
doublé dune seconde caisse en verre B, isolée
de la première pur une épaisse couche de ouate CC ;
cest cette caisse en verre qui reçoit les ondes sonores
produites par la parole et transforme le mouvement vibratoire de lair
en action mécanique se résumant par une différence
de pression sur deux billes en charbon D, qui fixées à
deux charnières E E reçoivent le courant électrique
dune pile composée dun ou deux éléments
et transmettent les différences dintensité résultant
des différences de pression à un téléphone
Identique situé à une distance quelconque et servant
de bobine dinduction au moyen des conducteurs ordinaires.
La bobine dinduction, les boules en charbon
et les conducteurs qui les relient sont disposés de manière
à navoir jamais besoin dêtre touchés
ni réglés. Lappareil, tel quil est sur le
dessin, peut fonctionner indéfiniment sans aucune espèce
de réparation et entre toutes les mains.
A gauche se trouve un petit bouton G, semblable
à ceux des sonneries électriques dappartement.
Quand on parle à une distance de la cloche
en verre, qui peut aller jusquà plusieurs mètres,
celle-ci vibre à lunisson de lair, et ses vibrations
se transforment instantanément et complètement en effets
mécaniques se traduisant par des différences de pression
des deux boules en charbon, lesquelles déterminent dans la
bobine les courants induits qui peuvent être recueillis à
la station darrivée de la même manière quils
ont été produits, cest-à-dire à
laide de la bobine de Ruhmkorff du récepteur.
Les mouvements moléculaires du verre,
dont la surface est cent fois plus grande que celle du disque vibrant
dun téléphone ordinaire, acquièrent une
grande intensité en se concentrant ou se totalisant sur le
point où reposent les boules en charbon.
Lintensité des effets ainsi accumulés
permet de donner aux boules en charbon et aux pièces qui les
supportent des dimensions et un poids qui assurent une parfaite stabilité
et dispensent de toute espèce de réglage, en se plaçant
bien au-dessus de toutes les causes de dérangement.
Il ny a plus rien là qui rappelle
le microphone, et cependant la sensibilité de lappareil
est si grande quune résistance de quinze cents kilomètres
nempêche pas dentendre distinctement les battements
dune montre et le souffle de la respiration.
Parmi les expériences les plus intéressantes qui ont
eu lieu sur lélectrophone, nous citerons lessai
qui a été fait entre la Chambre des députés
et le Sénat ; un autre entre le Bureau central des lignes
télégraphiques de Paris et celui de Versailles.
Deux autres postes sont établis dans les conditions les moins
favorables qui puissent se présenter, sans que le résultat
en soit influencé en quoi que ce soit. Lun relie les
forges dAntoigné (Sarthe) à la gare de
Monbizot ; lautre, partant également des forges
dAntoigné, relie cet établissement avec les bureaux
de M. Chappée, leur propriétaire, situés au
Mans, à une distance de 24 km environ.
Le fil est disposé sur les poteaux ordinaires qui supportent
les fils de lÉtat et ceux de la Compagnie du chemin de
fer de lOuest.
Le voisinage de ces fils na rien de nuisible ; le retour se
fait par la terre comme dans les installations télégraphiques
ordinaires.
On lit dans lIndépendance belge :
Une expérience des plus intéressantes
due à lheureuse initiative de M. Chappée,
a été faite samedi dernier entre le Mans et les
forges dAntoigné, au moyen de lélectrophone
Louis Maiche. On sait que la distance nest pas moindre
de 24 kilomètres. La ligne télégraphique
qui reliait les deux postes était voisine des lignes
de lEtat et de la Compagnie du chemin de fer de lOuest.
Malgré ces conditions défavorables, la parole
a été transmise dun poste à lautre
avec la plus grande netteté ; on entendait même
distinctement parler à voix basse. L'échange de
dépêches et de nouvelles a pu se faire avec une
rapidité qui n'a rien de commun avec la transmission
des dépêches télégraphiques ordinaires.
Cette expérience a affirmé de la manière
la plus positive la possibilité de transmettre la parole
à de grandes distances. |
Dans latelier de M. Louis Maiche,
que nos abonnés pourront visiter, à notre recommandation,
en nous en adressant la demande, nous avons pu entendre une conversation
en intercalant dans le circuit un morceau de bois blanc dune
épaisseur dun décimètre, et même
une cloche de verre, sans que le son de la voix fût très
notablement diminuée. Pour exécuter ces belles et
curieuses expériences, il faut appliquer de chaque côté
de la substance intercalée une feuille détain
semblable à celle dun condensateur.
Cette circonstance montre admirablement lextrême facilité
que les courants dinduction ont à se propager malgré
les obstacles dont leur route est semée.
Elle permet de concevoir lespérance
que le courant téléphonique ainsi constitué
puisse être utilisé pour faire franchir à la
parole humaine des mers profondes.
|
Louis décide d'équiper son transmetteur
(microphone) d'un téléphone de sa fabrication et le construit
avec Aurélien Baranger du Mans.
Si les expériences précédentes
sont réussies, ce n'est pas parfait en utilisant les fils télégraphiques,
les bruits d'induction de la télégraphie deviennent vite
gênants . Rien n'arrête L.Maiche, il se penche sur ces problèmes
et fini par déposer d'autres brevets :
Peu après le 23 mars 1880 L.Maiche dépose
un autre Brevet 135725
pour "un genre d'Eléctrophone" .

Le 2 avril 1880 L.Maiche dépose le brevet 135873
pour "Un nouveau téléphone dit Louis Maiche".

C'est un récepteur de type Bell modifié en employant un
aimant à deux branches . Une branche est formée d'un barreau
cylindrique en acier supportant une rondelle en fer doux à son
extrémité. L'autre branche est un tube d'acier dont la base
repose sur la rondelle de fer, la partie supérieure du tube sert
de support à la lame vibrante. Tout ceci est enfermé dans
une enveloppe en bois avec deux bornes recevant les fils extérieurs.
- 3 Aout 1880 L.Maiche dépose le brevet
: Mode de production de l'électricité 138089
pour Mode de production de l'électricité.
- 15 septembre1880 brevet 135725
pour un "Système de transmission des dépêches
électriques"
- 19 octobre 1880 brevet 139234
pour un "Système d'extinction des courants induis qui se développent
dans les lignes télégraphiques"
Fin 1880 L.Maiche réalise des expériences sur de grandes
distance entre Calais et Douvres, et Douvre et Londres.
- La Société
de l'électrophone au nom de Société
Louis Maiche et Compagnie de l'électrophone est crée
le 21 juillet 1880 au capital de 20000 francs.
En 1881 le
1er janvier Louis Maiche est fait officier de la légion d'honneur
pour ses travaux sur la pile électrique.
Maiche est prêt pour faire des expériences publiques, le
5 février 1881, il présente son téléphone
à une soirée organisée par le contre-amiral Mouchez
directeur de l'Observatoire de Paris,
Le 12 février 1881 , Grande salle du Palais de la bourse de Paris,
il est invité à présenter son appareil à une
manifestation organisée par Adolphe
Cochery ministre des P&T avec l'aide A.
Breguet.
Le lendemain Mangon directeur du Conservatoire des Arts et Métiers,
organise à son tour d'autres expériences. parmi les appareils
exposés figure l'électrophone de L.Maiche. En l'espace de
quelques jours, Maiche est devenu un savant reconnu par le tout PARIS
!
Pour se préparer à la future Exposition Internationale de
l'Electricité de Paris, Louis Maiche se remet au travail et va
déposer plusieurs brevets en quelques mois.
- Amélioration du microphone avec la cloche en verre pour revenir
à une lame vibrante en fer munie d'une rondelle en charbon qui
constitue le premier contact, le deuxième sera produit par une
boule en charbon.
Ce sera l'objet du brevet 141445
du 2 mars 1881 pour "Un appareil téléphonique dit Electrophone
multiplicateur".
Reste quelques soucis de bruits résidents et voila un brevet le
5 mars 1881 pour "Un système de transmission des courants
électriques".
Encore une nouvelle version d'un appareil contenant le microphone à
2 boules, avec une bobine qui sert à la fois d'induction et de
sonnerie, la boite est toujours cubique avec cette fois un pavillon sur
une face avant.
Brevet du 24 juin 1881
Il dépose le 19 juillet 1881, le brevet 144023
pour "Un appareil micro-téléphonique" qui sera
exposé à l'Exposition universelle de Paris.
Appareil micro-téléphonique
Et en 1881 à l'Exposition universelle de Paris,
Louis Maiche présentait son Electrophone et ses nombreux
appareils divers.
SOCIÉTÉ DE L'ÉLECTROPHONE
L. MAICHE & C ie PARIS 3,
RUE LOUIS LE GRAND PARIS
M. L. Maiche, dont les découvertes scientifiques et industrielles
sont bien connues, expose toute une série dappareils,
qui se distinguent par un caractère de frappante originalité
et une grande fécondité de conception. De nombreux problèmes,
parmi les plus complexes de la science électrique, ont été
abordés par lui avec une véritable hardiesse, et sont
résolus sous nos yeux de la manière la plus heureuse.
Chacun deux ayant une importance pratique considérable,
nous allons les examiner en détail et séparément
:
Électrophone. (Transmetteur de la parole à grandes
distances.)
Cet appareil est exposé dans la grande galerie du premier étage,
où deux postes ont pu être établis à chacune
de ses extrémités. Il fonctionne au milieu du bruit
des machines, du piétinement et des conversations des promeneurs,
sans quaucune précaution ait été prise
pour se soustraire à ces inconvénients. Ces conditions
fâcheuses ont été choisies à dessein pour
démontrer au public la supériorité de lappareil.
Nous avons été frappés par la hauteur du ton
et la netteté de la voix transmise; malgré les bruits
environnants, pas un mot dune lecture rapide à voix basse
ne nous a échappé. Il nétait pas nécessaire
de sapprocher de lappareil pour parler, nous pouvions
même lui tourner le dos. Cest certainement, suivant lopinion
de toutes les personnes présentes, le plus puissant des appareils
connus.
Mais cest surtout en vue des longues distances que M. Maiche
a combiné les différentes parties de son électrophone.
On sait que la transmission de la parole sur les lignes télégraphiques,
présente des difficultés de toutes natures; M. Maiche
les a surmontées avec un rare bonheur. Les journaux scientifiques
ont relaté les essais de son appareil, faits de Calais à
Douvres et de Douvres à Londres, dans laprès-midi,
à lheure où le service des lignes télégraphiques
est le plus actif : on sait que ces expériences ont eu le succès
le plus complet. La conversation sest effectuée entre
ces points pendant plusieurs heures, librement, et sans interruption.
Pour obtenir ce résultat, il fallait, entre autres difficultés,
supprimer les bruits dinduction produits parles fils conducteurs
les uns sur les autres, sous linfluence de lenvoi de dépêches
télégraphiques dans les lignes voisines, bruits qui
sont assez hauts pour couvrir la voix.
Suppression de linduction. Une expérience
extrêmement curieuse est faite sous nos yeux, en vue de démontrer
lefficacité des moyens employés par M. Maiche
pour anéantir ces bruits dinduction, et laisser subsister
la voix dans toute sa plénitude. On se sert dun câble
renfermant trois fils isolés. Dans lun de ces fils, passe
le courant interrompu dune pile; le deuxième est mis
en rapport avec un téléphone ordinaire, dans lequel
on entend un bourdonnement insupportable; le troisième est
celui qui relie, entre eux, deux électrophones. Le bruit produit
par le courant interrompu de la pile, et qui est entendu avec tant
de force dans le deuxième fil, nest plus perçu
dans le troisième (qui est cependant voisin du premier au même
degré que le deuxième), il se trouve complètement
anéanti, et le tic-tac dune montre, placée près
de lun des électrophones, est clairement et seul entendu
à lautre poste, bien que des résistances équivalant
à plusieurs milliers de kilomètres aient été
interposées dans le circuit.
Transmission et réception de plusieurs voix sur un seul
fil. M. Maiche nous fait aussi voir la transmission et la
réception simultanée de plusieurs voix sur une même
ligne. Au départ, deux personnes parlent en même temps.
A larrivée, deux personnes écoutent. Chacune de
ces deux personnes entend séparément la voix quelle
veut entendre, et sans aucun mélange. Dans les appareils télégraphiques
Duplex, on utilise le temps perdu entre lenvoi de chaque signal.
Ici, rien de semblable : les voix sont mélangées sur
la ligne et se séparent à larrivée.
Condensateur expéditeur de la parole. Lutilisation
du condensateur (un simple cahier de papier) comme expéditeur
de la parole est toute une révélation. Il est employé
seul, cest-à-dire sans le secours daucun téléphone,
microphone ou bobine. On avait déjà réussi à
se servir du condensateur comme récepteur, mais jusquà
présent, personne navait imaginé de lutiliser
comme transmetteur. La découverte de M. Maiche sur ce point
est certainement grosse pour lavenir, le condensateur présentant
sur le microphone des avantages pratiques marqués. Nous ne
nous étendrons pas davantage sur ce sujet; nous nous contentons
den signaler toute limportance, et de mentionner les résultats
très surprenants obtenus par M. Maiche.
M. Maiche expose aussi, dans cet ordre didées,
une collection des appareils dits « électrophones »,
quil a imaginés jusquà présent, et
qui ont subi peu à peu les transformations qui ont abouti au
type actuel. Nous remarquons, entrautres, lappareil breveté
en 1878.
Cest une caisse sonore, transmettant les vibrations du son à
une série de charbons cylindriques disposés dune
manière spéciale.
Cette disposition des charbons multiples avait donné lieu,
dans lorigine, à quelques critiques, cependant elle forme
la base des imitations que constituent certains appareils actuels
très prônés. M. Maiche y a substitué depuis
ses dispositions actuelles qui, suivant lui, sont bien préférables.
Télégraphie. On sait de quelle utilité
sont ces relais qui permettent lenvoi de dépêches
à de très grandes distances.
Le système exposé par M. Maiche permet la transmission
de ces dépêches à des distances illimitées.
Pour le démontrer, M. Maiche fait fonctionner un récepteur
ordinaire de Morse au moyen dun seul élément de
pile, même le plus faible, en employant pour résistance
le vide dun tube de Geisler. Chaque signal qui simprime
à larrivée paraît dabord sous la forme
dune lueur dans le tube, ce qui permet
au public de « voir passer » la dépêche.
Pile inusable. La pile télégraphique Maiche
a vivement excité lattention des électriciens.
La dépolarisation seffectue par la combinaison de loxigène
de lair avec lhydrogène de leau, sous l'influence
de charbons platinés humides, renfermés dans un vase
en porcelaine plongeant légèrement dans de leau
acidulée. Une petite coupe en porcelaine, disposée au-dessous
du vase poreux, contient un peu de mercure, sur lequel repose le zinc.
Des conducteurs en platine transmettent le courant à deux bornes
fixées à un couvercle en ébonite qui recouvre
le bocal, et sert de support à tout le système. Le résultat
se résume ainsi : usure du zinc réduite à ses
dernières limites ; dépolarisation indéfinie
ne coûtant rien ; constance rigoureuse ; grande propreté.
Pour la télégraphie, les sonneries, les signaux, etc.,
on peut dire que cest la pile par excellence. Sa force électro-motrice
est égale à 1,250, celle de Daniel étant égale
à 1,000.
Lumière électrique à domicile.
Il nous reste à parler du système de régénération
des piles, imaginé par M. L. Maiche.
Ce système nau aucun rapport direct avec les appareils
dits « accumulateurs» M. Maiche a pour but de fournir
la lumière électrique à domicile de la manière
suivante, qui est des plus simples : Étant donné une
pile capable de produire cette lumière électrique (500
bougies, par exemple), cette pile, sans odeur, nayant besoin
daucun entretien, est enfermée dans un endroit quelconque
de lappartement, ou même de la cave. Pour séclairer,
il suffît de tourner un commutateur, et la pile fonctionne sur
toute espèce de lampe électrique. Elle finirait par
sépuiser après huit ou dix heures de travail,
mais un simple fil conducteur la met en rapport avec une usine électrique,
installée plus ou moins loin, laquelle transmet à la
pile, par ce même conducteur, un courant électrique inverse.
Ce courant régénère la pile, pendant la journée,
la remet dans son état primitif, et la rend ainsi propre à
servir de nouveau sans délai. Cette pile se régénère
ainsi indéfiniment, au fur et à mesure quon la
utilisée.
On voit, par le rapide exposé que nous venons de faire, tout
lintérêt que présente lexposition
de M. Maiche. Cet intérêt explique laffluence de
public que lon remarque dans cette partie du Palais. Nous regrettons
que le cadre qui nous est imposé ne nous permette pas de nous
étendre davantage sur le côté technique de chacune
des inventions que nous venons dénumérer. Mais
nos lecteurs auront pu néanmoins se rendre compte de la grande
importance pratique de ces travaux considérables, et ceux qui
auront été à même de les examiner sur place
partageront certainement les impressions que nous avons exprimées
au début de cet article. |
Vers la fin de l'exposition de 1881, L.Maiche présente
même un nouveau dispositif pour supprimer l'induction en plaçant
la bobine au niveau du cental téléphonique.

Suivra le 3 décembre 1881 le brevet 146190
pour "Un système d'établissement des circuits téléphoniques".
Louis Maiche recevra une médaille d'or pour sa pile à l'issue
de l'Exposition Universelle de Paris de 1881.
Autre article dans le journal télégraphique
du 25 décembre 1881
L'Exposition internationale d'électricité,
par M. ROTHEN, Directeur-adjoint des télégraphes suisses.
M. Maiche s'est beaucoup occupé de perfectionner les téléphones.
Nous avons déjà eu l'occasion de parler dans le Journal
télégraphique, vol. IV, page 805, d'une de ses inventions.
Elle figurait à l'Exposition comme réminiscence historique,
mais l'objet principal de l'exposition de M. Maiche était un
transmetteur microphonique quadruple.
Le microphone ressemble beaucoup à celui de Blake. Quatre de
ces microphones sont disposés en carré, chacun muni
de son embouchure. Quand on parle devant la boîte, les, vibrations
de l'air agissent simultanément sur les quatre microphones
et il en résulte une augmentation proportionnelle de l'effet.
Nous avons essayé ce microphone sur de véritables lignes,
par exemple, entre le Palais de l'Industrie et la rue de Grenelle,
et nous avons pu constater qu'il rend très distinctement les
articulations de la voix. M. Maiche s'occupe aussi d'autres questions
concernant la téléphonie telles que la suppression de
l'induction et nous avons pu nous convaincre, sur la ligne sus mentionnée
où le même câble contenait d'autres fils fonctionnant
avec appareils Morse, qu'il était effectivement difficile de
constater les effets de l'induction.
De l'examen des appareils de M. Maiche il nous a paru que si, comme
nous n'en doutons pas, ils peuvent être perfectionnés,
ils sont appelés à avoir de l'avenir. |
1882 L'Electophone vertical
Pas tout à fait satisfait de ces dernières
créations, L.Maiche fit encore quelques améliorations.
Il commence par remplacer le bouton de sonnette par un commutateur de
son invention : lorsque le commutateur est relevé, le courant circule
dans le téléphone et permet d'écouter la conversation;
lorsqu'on parle devant le micro, on appuie sur le commutateur et le courant
passe vers le fil de ligne sans s'atténuer en passant à
travers les téléphones. C'est assez contraignant alors il
imagine une solution sans servitude .
C'est le brevet 150765
du 25 aout 1882 pour "Un nouveau système de transmission".
Puis il travaille ensuite sur la façon d'enroulement des fils sur
la bobine d'induction, ce sera un certificat d'addition 144023
du 16 juin 1882.
Pour terminer cette phase, il revise l'aspect esthétique
de son appareil pour proposer un modèle en acajou vernis comme
ceux de la concurrence à cette époque.
Conservant le principe du microphone à 2 boules,
Maiche ajoute un troisième contact, chacun ayant sa propre
bobine d'induction et sa propre pile, le brevet est déposé
le 19 avril 1882 no 148512
pour "Un nouvel appareil téléphonique".
Afin de pouvoir commercialiser un appareil haut de gamme, Maiche
s'associe avec Ladislas Lenczwski qui fabrique des instruments
de précision et d'électricité et qui a développé
une branche "téléphones" pilotée par Abdank
Abakanowicz. (D'arsonval faisait également construire ses modèles
chez Lenczwski).
Les trois hommes mettent au point en avril 1882 un magnifique appareil
en noyer.
  
Electrophone vertical, brevet du 2 mars 1881. Consultez
le catalogue Maiche 1885
Brevet déposé le 19 avril 1882 no 148512
pour "Un nouvel appareil téléphonique".
Pour encore améliorer les récepteurs qui se dérèglent
facilement du fait que le barreau aimanté est fixé sur le
manche en bois qui a tendance à se déformer, il décide
de fixer le barreau sur une cuvette métallique, le réglage
définitif peut se faire grâce à un pas de vis.
Cela donne un autre brevet 150018
du 8 juillet pour "Un système de montage du barreau aimanté
dans les téléphones"
l'écouteur Lenczwski.
Ultime aménagement dans le but de simplifier la construction de
l'appareil et d'en faciliter le montage et en augmenter la puissance avec
un certificat d'addition le 6 septembre 1882, touche finale, un manche
modifié, avec une bonnette élégante en ébonite
noire.
Suivra quelques jours plus tard le nouvel "Electrophone pupitre"
Pupitre avec un nouveau transmetteur. Disposition
protégée par un certificat d'addition du 31 aout 1882.

Maiche fait construire ses modèles par l'entreprise
Lenczwski jusqu'en janvier 1883, puis son successeur était
la Société de Branville.
Ces téléphones luxueux et plus couteux que
ceux de la concurrence, sont toutefois appréciés par les
particuliers désirant faire une installation privée.
Une station revient à 150 francs, 100 francs pour l'appareil mural
et 30 francs pour les deux téléphones récepteurs,
10 francs pour la sonnerie et 10 francs pour deux éléments
de pile. L'entretien est proposé à 30 francs par an.
C'est en 1882 que A.Cochery
émet un décret qui permet l'établissement et l'usage
des lignes télégraphiques d'intérêt privé.
Ce qui permet de pouvoir relier des lignes privées au réseau
télégraphique de l'état ou bien de relier entre eux
deux établissements privés. Les frais d'établissement
sont de 250 francs par km de ligne, les frais d'entretien sont de 20 francs
par an et par km de ligne. L'état prélève un droit
d'usage de la ligne de 15 francs par an et par km de ligne.
Dès 1882
la Société Générale
des Téléphones, la souveraine, s'inquiète
des trops nombreux constructeurs qui commençaient à proposer
des téléphones pour les installations domestiques et à
lui faire de l'ombre.
1883 la SGT décide de leur faire
un procès pour contrefaçon pour essayer d'enrayer
cette concurrence.
La SGT est représenté par Armengaud Jeune, ingénieur
conseil et administrateur de la société, et J.E.Engrand
avoué de 1ere instance auprès du tribunal de la Seine. Suivirent
des saisies descriptives chez certains constructeurs et fait assigner
devant le tribunal de la Seine des sociétés dont : La Société
anonyme Maison Bréguet; Maiche, Lenczewski, Journaux, De Locht-Labye
, Beillahache, M portevin fils... Mildé fils, la Société
du gaz de nice , Bert et D'Arsonval, D'Argy ...
A. Jeune expert en brevet tend à prouver que les appareils dérivent
des brevets français d'Edison pour l'emploi du micro à charbon
et de la bobine d'induction.
En 1883 après la reconstruction de Hotel
de ville de Paris, l'architecte émet un appel d'offre pour équiper
cet édifice en moyen de communication ... C'est Ch. Mildé
qui remporte l'affaire et propose 45 téléphones Mildé-D'Argy,
46 postes Mildé pour les téléphones internes
à bon marché et 15 postes Maiche pour pour grande
distance avec un tableau à plusieurs directions, 4 piles et une
sonnerie.
Pour améliorer la gestion de fin de conversation, L.Maiche préconise
l'installation d'un galvanomètre sur l'équipement placé
au poste central téléphonique. Le 28 aout 1883, brevet 157275
est déposé pour "Indicateur de la fin de conversation
dans les installations téléphoniques".
En 1884 L.Maiche n'ayant pas réussi à imposer ses appareils
sur les premiers réseaux exploités par l'état (la
préférence a été la maison Breguet), il continue
à améliore ses modèles pour proposer 3 nouveaux modèles
dans son catalogue de 1884.
 
Le catalogue propose les différents téléphones, piles
et accéssoires disponible :
- Elecrophone pupitre, 100 fr
- Elecrophone vertical, 100 fr
- Elecrophone portatif, 100 fr
- Téléphone Maiche, 15 fr (écouteur)
- Sonnerie d'appel, 12 fr
- Bureau central à guichet, 35 fr
- Pile pour la parole, 5 fr
- Pile Maiche type 1, 5.5 fr
- Pile type 2, 3 fr
Version 1885

Consultez
un catalogue d'appareils téléphoniques de la maison MAICHE
1885 l'affaire de contrefaçon
de 1883 intentée par la SGT refait surface.
Les avocats de la SGT produisent un document pour instruire le futur procès
( à lire dans la lumière électrique du 21 mars 1885),
pour Louis Maiche la conclusion est sans appel "Ce parleur de M.Maiche
reproduit tous les caractères distinctifs du système Edison";
L.Maiche ne peut pas luter contre la mauvaise foi de la puissante et souveraine
SGT. Et c'est pareil pour les autres sociétés poursuivies
: La Société anonyme Maison Bréguet; Lenczewski,
... Bert et D'Arsonval, d'Argy, Mildé .... Cela entraina la faillite
de Locht Labye ainsi que d'autres constructeurs.
Voila Maiche saisis pour contrefaçon mais
il ne tarde pas à publier un mémoire justificatif dans la
presse, expliquant que la découverte du microphone à charbon
est reconnue à M.Hugues et pas à Edison ...
1885 L'exposition d'Eletricité de l'Observatoire
de Paris est remplacée par une importante exposition sur l'électricité
organisée par l'amiral Mouchez et Georges Berger. Cette exposition
est ouverte par le Président de la république le 21 mars.
1885, dans le "Panthéon de l'industrie"
on pouvait lire :
|
...
Nous n'avons pas ici l'intention d'énumérer toutes
les inventions auxquelles L.Maiche a attaché son nom et pour
lesquelles il a pris des brevets par centaines. Nous mentionnerons
toutefois, parmi les plus remarquables, celles qui rentrent particulièrement
dans notre cadre industriel, telles que :
Le bronzage électro-chimique d'usine et la dorure de l'aluminium
; un alimentateur d'eau pour les chaudières à vapeur
qui a l'avantage de maintenir dans les générateurs
un niveau d'eau rigoureusement constant.
Nous avons à peine besoin de signaler, parmi les découvertes
spéciales qui lui ont assigné une si, grande place
au nombre des électriciens, la pile Maiche, qui est
aujourd'hui connue de tout la monde, et qui remplace avantageusement
les meilleures piles employées jusqu'alors. Elle est applicable
à la télégraphie, à la téléphonie,
aux sonneries d'appel, aux signaux de chemins, de fer.
Citons encore le condensateur téléphonique, pour la
transmission de la parole ; le relai radiométrique, le microphone
radiométrique, appareils d'une grande sensibilité
; un système télégraphique propre à
la reconstitution des courants trop faibles par des effets d'induction,
etc., etc., etc.
Mais ce qui sera comme le chef-d'uvre
de Maiche et ce qui restera comme une des plus belles conceptions
de nos temps modernes, c'est l'Electrophone Maiche qui remplace
aujourd'hui avec tant de supériorité tous les appareils
téléphoniques ou microphoniques créés
à cette époque.
Nous avons même cru devoir, à cet égard, consacrer
à cet appareil merveilleux, que l'on peut considérer
comme la plus importante découverte du dix-neuvième
siècle, une étude spéciale que nos lecteurs
trouveront plus loin.
D'un pareil ensemble de travaux, qui suffiraient
à la gloire d'une vie tout entière, il nous sera bien
permis de conclure à une nouvelle série de découvertes
prochaines appelées à révolutionner le monde.
Nous l'avons dit, L.Maiche est un jeune, il n'a que quarante ans;
une longue carrière lui reste à parcourir, et l'aurore
du vingtième siècle, qui le trouvera encore sur la
brèche, sera pour cet infatigable travailleur , arrivé
déjà à l'apogée de la gloire scientifique,
le signal de son apothéose.
Déjà récompensé
de ses admirables découvertes par une première distinction
académique, L.Maiche ne tardera pas, nous en avons l'assurance,
à appeler sur lui l'attention du Gouvernement. La France
n'aura payé sa dette à la plus modeste et à
la plus vaillante de ses illustrations scientifiques, que lorsqu'elle
aura placé sur la poitrine de Maiche la croix de chevalier
de la Légion d'honneur.
Lélectrophone Louis Maiche
Depuis qu'Alexandre Graham Bell a inventé
le téléphone, c'est à-dire depuis quelques
années seulement, cet appareil a rendu tant de services au
commerce, à l'industrie et aux particuliers eux-mêmes
qu'il est devenu aujourd'hui une véritable
nécessité sociale. Mais il en a été
de cette invention comme de tant d'autres qui, loin d'être
parfaites du premier coup, ont subi progressivement des améliorations
et des perfectionnements qui en ont rendu la pratique de plus en
plus facile, de plus en plus accessible à la vulgarisation.
En effet, si l'on s'était arrêté
à la découverte de Bell, si elle n'avait été
complétée, en 1878, par l'invention du microphone
de Hughes, il fut resté pour ainsi dire impossible de correspondre
à de grandes distances; la transmission de la voix par le
téléphone seul manquant absolument d'ampleur, de sonorité
et de netteté.
Même ainsi complétée l'invention
laissait encore à désirer; et c'est à un Français,
un électricien des plus distingués, M. Maiche, que
revient l'honneur d'avoir trouvé la meilleure solution, grâce
à la création d'un appareil auquel il a attaché
son nom : l'Electrophone Maiche. C'est ainsi, du moins, qu'il faut
désigner ses transmetteurs et récepteurs téléphoniques
perfectionnés, dont il a fait un tout absolument pratique
et parfait.
Or, il est arrivé à M. Maiche
ce qui arrive généralement à tous les inventeurs
; la priorité de sa découverte lui a été
contestée ; et pourtant il n'est que Mondes,
le microphone à contacts multiples. Le 16 novembre de la
même année, c'est-à-dire deux mois après,
M. Hopkins publiait, dans le Scientific American, la description
d'un microphone à plusieurs charbons; enfin le 1er février
1879, Crossley décrit le merveilleux
appareil dans lequel il semble avoir résumé toute
la somme de ses facultés de conception et de son talent d'inventeur.
L'Electrophone, en effet, sorti tout entier
de ses mains, et nous pourrions dire de son cerveau, a été
par lui porté à un tel degré de perfection
qu'il peut défier désormais toute comparaison avec
les appareils téléphoniques ou microphoniques actuellement
connus.
Tous ces instruments peuvent avoir leurs qualités
spéciales et nous ne saurions refuser à chacun d'eux
sa part d'utilité incontestable ; mais nous ne pouvons oublier
que l'électrophone qui, à lui seul, résume
toutes les perfections de ses congénères en les complétant
par les sciences propres, est aussi leur aîné, par
priorité d'invention et de brevet, ainsi que nous venons
d'en énoncer les preuves.
Ennemis en principe de tous les monopoles,
nous ne saurions admettre que chaque inventeur, même dans
un ordre de faits analogues, ne puisse avoir sa place légitime
au soleil; mais, dans l'espèce, il est absolument inadmissible
que ceux qui sont arrivés les derniers avec des appareils
analogues mais moins complets, moins perfectionnés, prétendent
interdire à la Société
de l'électrophone l'exploitation d'un brevet authentique
dont la priorité ne saurait être douteuse et dont les
avantages sont incontestables.
La combinaison des contacts microphoniques dans les transmissions
téléphoniques, est, en effet, l'uvre de M. Maiche
et la propriété absolue de la Société
de l'électrophone.
Ce qui est certain, c'est que cette excellente
application de la transmission de la parole à distance a
révolutionné l'industrie, qu'elle a rendu dans les
grands établissements, les usines, les maisons de commerce,
les administrations, les plus grands services, qu'elle a facilité
et multiplié les transactions, qu'elle
a été, en un mot, un élément de richesse,
une source de fortune pour toutes nos grandes entreprises.
On conçoit en effet tout le parti qu'on
peut tirer de l'installation d'un électrophone faisant communiquer
un château à une usine, un bureau à ses dépendances,
une entreprise centrale à tous les ateliers ou chantiers
qu'elle dirige ; on comprend également son utilité
dans les grands hôtels, les maisons de commerce, les habitations
particulières, pour les instructions, les ordres à
donner, pour annoncer les visiteurs du rez-de-chaussée à
tous les étages supérieur, etc., etc., etc.
A côté de ces installations à
des distances relativement courtes, il convient de faire remarquer
que les appareils Maiche, grâce à leurs principes et
aux soins apportés à leur bonne construction, grâce
enfin aux heureuses proportions des bobines d'induction alliées
aux microphones, jouissent d'une puissance considérable qui
permet de pratiquer des transmissions téléphoniques
à 350 kilomètres et au-dessus sur des lignes ordinaires
à fil unique avec retour par la terre.
Nous devons même rappeler, à
cet égard, que c'est M. Maiche qui le premier a indiqué
l'emploi des lignes en cuivre pour la transmission téléphonique
à grande distance, et qu'il a pris un brevet spécial
pour cette application.
Ajoutons, à titre de renseignement,
que les téléphones récepteurs, système
Maiche, se font remarquer par un ensemble de dispositions réunissant
à une incomparable sensibilité une solidité
très grande et un prix de revient extrêmement réduit.
Le succès a d'ailleurs couronné
les efforts méritoires et le talent de l'inventeur; car aujourd'hui
les électrophones et les téléphones Maiche
sont adoptés partout dans les grands établissements
industriels, dans les administrations, notamment au ministère
des postes et télégraphes, à l'usine Menier
de Noisiel, dans les maisons Cahen d'Anvers, Rothschild et baron
de Hirsch, de Paris, etc., etc., etc.
|
1885 De nouveaux perfectionnements :
Pas démotivé L.Maiche se remet à l'ouvrage et
le 22 juillet 1885 il dépose un brevet 170262
pour "Des perfectionnements dans les postes téléphoniques"
, téléphone à deux crochets commutateur, le récepteur
secondaire se trouve en court-circuit lorsqu'il est raccroché.
Paul de Branville en profite pour proposer un nouvel appareil à
pupitre moins haut que le précédent; c'est le brevet 170263
pour " Un système de téléphone à pôle
et bobines multiple dit polytéléphone Maiche ".
Pour ce récepteur, l'aimant est recourbé et permet de tenir
le téléphone comme celui de C.Ader.
P. de Branville émet l'idée de négocier
avec la SGT afin de continuer à commercialiser les appareils Maiche
et D'Arsonval, à verser des droits et à poser sur chaque
appareil une plaque ou sera mentionné CONCESSIONNAIRES DE LICENCE
DE LA SOCIETE DES TELEPHONES POUR LES BREVETS EDISON.
L'appareil est équipé de deux téléphones Maiche
et un crochet commutateur à droite, à gauche il sera fixe.
A partir de la la SGT satisfaite retire sa plainte.
version 1885

1886 C'en est pas fini avec les téléphones,
Louis Maiche conçoit un téléphone avec avertisseur
: brevet 176192
du 17 mai 1886 pour "Un système de téléphone
avec avertisseur ou appel magnétique" . C'est un récepteur
à anneau avec une petite bobine autour de la pièce métallique
afin de créer un bourdonnement servant de signal d'appel.
Les auditions téléphoniques
Depuis 1883, le Musée Grévin inaugure
dans ses locaux les «auditions téléphoniques»
qui relient le musée à l'Eldorado et permettent aux visiteurs
d'entendre le spectacle en direct.
PARIS Tous les soirs de 8h. à 11h.
1ere audition, le concert de l'Eldorado
Après l'exposition de 1881, les visiteurs ont pu découvrir
et apprécier le théâtrophone de Ader diffusant des
auditions de l'opéra de Paris, le musée Grevin se met à
la page pour offrir aux Parisiens d'autres styles de divertissement.
Des lignes équipées de transmetteurs Ader sont placés
entre le musée Grevin et le café concert l'Eldorado boulevard
de Strasbourg.
Rapidement dés 1884 le musée Grevin souhaite relier les
théâtres des Nouveautés et des variétés
en sollicitant L.Maiche . L'affaire est faite en septembre Maiche installe
son système de transmission simultanée de sons de diverses
espèces. système applicable aux auditions téléphoniques
qui fut breveté le 10 octobre 1883 N° 157957
. Le journal le Gaulois du 21 septembre 1884 annonce cette nouvelle.

Chemin faisant il augmente encore la sensibilité de son micro à
charbon pour présenter une nouvelle disposition de rangées
de 24 bâtons, dans le certificat d'addition du 19 mars 1885.
1886 C'en est pas fini avec les téléphones, il conçoit
un téléphone avec avertisseur : brevet 176192
du 17 mai 1886 pour "Un système de téléphone
avec avertisseur ou appel magnétique" . C'est un récepteur
à anneau avec une petite bobine autour de la pièce métallique
afin de créer un bourdonnement servant de signal d'appel.
Puis il propose une amélioration pour pouvoir régler la
plaque vibrante en vue d'avoir la meilleure audition possible. C'est le
brevet du 12 novembre 1886 N° 179615
pour "Des perfectionnements dans les appareils de communications
téléphoniques".
  
En 1888 Louis Maiche est est fait Officier de l'Instruction
puplique
1889 L.Maiche participe à
l'exposition universelle de Paris sans grande retombée.
petit à petit l'intérêt pour le téléphone
diminue d'année en année.
Pourtant le 15 mai 1891 il dépose un brevet 213501
pour "Un système transmetteur microphonique à courant
direct". puis un second brevet le 25 mai 1891 N° 213683
pour "Un dispositif d'appareil microtéléphonique".
Travail inutile car les transmetteurs et récepteurs Maiche sont
refusés par l'Etat lors de l'agrément du 1er janvier 1893.
|
1893 Rappel sur la Normalisation de la fabrication
des appareils de téléphone :
L'abaissement des taxes après la nationalisation de 1889,
eut pour conséquence une augmentation considérable
dans le nombre des abonnements.
Chaque constructeur d'appareils électriques voulut avoir
son modèle de téléphone. Beaucoup cherchèrent
à produire à bon marché. Il en résulta
que, si les appareils avaient bel aspect, si les parties visibles
étaient soignées, les organes cachés n'étaient
pas toujours d'un fini irréprochable. « Du moment que
l'appareil fonctionne bien, disait-on dans Les milieux intéressés,
cela suffit. » Non, cela ne suffit pas, et l'Administration
chargée des réparations, tant pour son compte que
pour celui des abonnés, ne pouvait se désintéresser
de la question. Aussi, le 10 juin 1892, adressait-elle aux
constructeurs un programme auquel ils devaient se conformer, à
dater du 1er janvier 1893, sous
peine de voir prononcer l'interdiction de l'emploi de leurs appareils
sur le réseau .
« 1° Toutes les vis entrant dans la construction des appareils
téléphoniques devront être faites avec des tarauds
fabriqués avec un jeu qui sera établi par les soins
du Dépôt central des Télégraphes et dont
un exemplaire sera remis aux constructeurs qui en feront la demande.
« 2° Les contacts à butée seront absolument
proscrits et remplacés par des contacts à frottement.
« 3° Il y aura lieu de supprimer les boudins qui sortent
des joues des bobines d'induction. Noyer dans ces joues des plots
métalliques sur lesquels on prendra les communications avec
les circuits de la bobine.
« 41 Ne faire usage que de paillettes d'acier, avec contacts
platinés, pour les ressorts de communication.
« 5° Le ressort antagoniste du crochet mobile devra fonctionner,
d'une façon normale, sous des poids de 200 à 600 grammes
attachés au crochet.
« 6° Les vis à bois seront remplacées par
des vis à métaux ou par des boulons. Les têtes
des boulons seront munies d'un pied et les écrous refendus,
pour permettre le serrage au tournevis.
« 7° Toutes les communications seront établies
en fil de cuivre, recouvert d'un isolant avec tresse de coton ou
de soie et terminé par des poulies en laiton. La tresse sera
rouge pour le circuit primaire, bleue pour le circuit secondaire,
jaune pour le circuit d'appel et des trois couleurs pour les fils
communs à plusieurs circuits.
« 8° Les bornes auront la disposition et porteront les
indications : L1+L2 pour les fils de lignes, S1+S2 pour
la sonnerie d'appel, ZS+CS aux pôles - et + de la pile d'appel,
ZM+CM aux pôles - et + de la pile du microphone.
« 9° On n'emploiera, pour les joues des bobines d'induction,
que du bois de buis, bien sec et bien sain. (Depuis, l'emploi de
l'ébonite a été autorisé.)
« 10° Les cordons souples seront attachés sur les
récepteurs à des bornes extérieures.
« 11° Les membranes des récepteurs seront vernies.
» Enfin, l'Administration, sans en faire une obligation, conseille
l'adoption des dispositions suivantes :
11 - 1° Fendre les têtes des boutons pour permettre le
serrage au tournevis.
11 - 2° Placer le crochet commutateur à gauche, ce qui
permet à la personne qui se sert du téléphone
d'avoir la main droite libre..
11 - 3° Ne plus faire usage, pour les bobines des récepteurs,
de bobines en bois qui se fendent, et employer, au contraire, des
joues métalliques soudées sur le noyau, en veillant
à ce que cette carcasse métallique soit bien isolée
du fil qu'elle supporte.
|
Rapidement il faut remettre les Electrophones en conformité
en remplaçant la clé d'appel par un bouton poussoir, en
modifiant le micro et en changeant le commutateur, puis en remplaçant
le récepteur par un nouveau modèle à anneau, le reste
ne change pas.

Pendant toutes ces années, parallélement
aux évolutions du téléphone que nous venons de voir,
L.Maiche s'intéressa à bien des domaines que nous citeronsè
sans trop de détail.
- le travail sur la vapeur
- Chercheur d'or
- les pierres précieuses
- l'art du bronze
- la lumière électrique
- les moteurs et dynamos électriques
- la télégraphie
- les appareils de mesure
- la destruction des insectes
- des jumelles à grand éclairage
- l'épuration des eaux
...
En 1897 Louis Maiche est élevé au
grade de commandeur de l'Ordre du Lion et du Soleil
En 1898 Il est fait chevalier de troisième classe de l'ordre de
Saint Anne de Russie.
En 1899 le 2 février Louis Maiche reçoit la Légion
d'honneur.
Louis Maiche a alors 56 ans et va se consacrer à
la téléphonie sans fil
Avant 1900, la transmission par les ondes
est déjà bien appropriée par les scientifiques, la
TSF et la télégraphie sans fil en seront les premières
à en bénéficier.
Cest en 1890 que M. Branly invente son tube à limaille
Ce tube perfectionné par Popoff, puis par Marconi,
fut appelé « lil électrique ».
LItalien G. Marconi, en sappuyant sur les travaux de
Hertz, Branly et Popov, réalise en 1895 la première
liaison télégraphique sans fil, incluant
linscription des signaux Morse à la sortie du récepteur.
Dès 1896 il dépose son premier brevet et frappe les
imaginations en transmettant au-dessus de la Manche un télégramme,
dans lequel il rend dailleurs hommage aux travaux dÉdouard
Branly.
En 1897, au mois de juillet, Marconi fait la démonstration
de son invention à Rome; de lAmirauté il communique
avec le roi Humbert au Quirinal. La même année se forme la
« Wireless Telegraph and Signal Company
Limited Marconi » pour lexploitation du brevet
en tous pays, sauf lItalie et ses dépendances. La première
station Marconi est construite à Needles « Ile de W ight
».
Lenthousiasme pour la nouvelle technologie est international. E.
Ducretet et G. Ferrié en France, A. Popov en Russie, A. Slaby en
Allemagne, Fessenden ou Alexanderson aux États-Unis fabriquent
des équipements de plus en plus performants.
C'est ainsi que de son laboratoire de Biot, dans
les Alpes-Maritimes, M. Marconi envoie ses dépêches
jusqu'en Corse avec une rapidité merveilleuse. Il arrive même
il transmettre simultanément plusieurs messages, ce qui, dans l'ordre
pratique, constitue un progrès dont l'importance n'échappera
à personne, puisqu'il démontre, pour l'invention nouvelle,
la possibilité de rendre les mêmes services que rend actuellement
le télégraphe avec fils.
L.Maiche travaille sur le sujet mais en se servant de la terre comme conducteur
des courants télégraphiques et téléphoniques.
Il dépose son premier brevet avec son fils Charles et un
dénommé Martenne le 18 juin 1900, brevet
301343
pour un nouveau système de transmission des courants électriques
par le sol.
En 1900 Dans la revue La socièté
française du 3 août 1900 , on lisait :
LA TÉLÉPHONIE SANS
FIL (par le sol)
Au moment où la télégraphie sans fil, à
peine libérée de l'empirisme tâtonnant du début,
s'apprête à entrer définitivement dans la pratique
courante, voici qu'il lui surgit une rivale, sur laquelle on ne devait
compter guère. Cette rivale, qui s'inspire d'un principe tout
différent, c'est la téléphonie sans fil.
On peut bien souligner ces quatre mots, car
ils sont gros d'une révolution. Songez plutôt qu'il s'agit
de la possibilité de communiquer verbalement à distance,
comme on communique effectivement par téléphone, avec
cette petite différence que les fils sont supprimés,
et qu'il n'y a plus entre les interlocuteurs d'autre lien matériel
que le sol où posent leurs pieds!
Cette oeuvre inattendue, plus étourdissante
peut-être, dans sa simplicité, que les merveilles des
ondes hertziennes et de la radioconduction, n en est encore sans doute
qu'aux premiers balbutiements, car elle est née d'hier, et
nous ne sommes peut-être pas, au moment où j'écris
ces lignes, douze à la connaître. Mais il suffit qu'elle
soit signée Maiche du nom de l'un
des hommes qui, depuis cinquante ans, auront remué le plus
d'idées, résolu le plus de problèmes, transmué
le plus d'utopies en réalités tangibles pour être
assurée d'aller loin.
Voici, au surplus, ce qu'il m'a été
donné à moi-même, pas plus tard qu'avant-hier,
de voir ou plutôt d'entendre et dont je puis, de compte à
demi avec un ancien ministre d'une nation amie, personnellement porter
témoignage.
Nous sommes dans la forêt de Saint-Germain,
à un peu moins d'un kilomètre de la maison où
est disposé l'appareil transmetteur, préalablement mis
en communication par un câble métallique, analogue à
la chaîne d'un paratonnerre, avec la terre. Nous pénétrons
dans le fourré et nous enfonçons dans le sol, n'importe
où, mais de préférence dans l'endroit le plus
humide, deux pieux de fer reliés entre eux par un fil conducteur,
de 25 ou 30 mètres l'un de l'autre. Nous attachons ensuite
à l'un de ces pieux le cordon souple d'un récepteur
téléphonique ordinaire. C'est tout la ligne je parle
par métaphore la ligne est constituée, vous n'avez plus
qu'à approcher le cornet de l'oreille pour ouïr ce qui
se passe. je dirais « au bout du fil ». s'il y avait un
fil ! J'ai pu ainsi reconnaître, avec son timbre et son accent,
une voix d'homme comptant « un », « deux »,
« trois N, » quatre », etc., jusqu'à «
deux cents ». J'ai pu également distinguer le bruit rythmique,
mais presque imperceptible, plus léger que le tic tac d'une
montre, d'un style plongeant à intervalles réguliers
dans un godet plein de mercure sous l'action d'un mouvement d'horlogerie.
La démonstration était faite.
C'était bien par la terre que le son, sous les espèces
et apparences d'un courant électrique, mesurable en milliampères
et en microfarads, avait passé. On savait déjà
sans doute que la terre pouvait, dans un circuit électrique,
jouer le rôle de fil de retour. Mais que la terre seule, sans
le concours d'aucun ni d'aller, pût véhiculer un courant
avec la précision et la fidélité d'un càble
aérien ou souterrain, c'est ce qu'il était réservé
à M. Maiche deâdécouvrir et de mettre à
profit.
Ce qui est plus étonnant peut-être,
et plus extraordinaire encore, c'est que ces courants ne s'étalent
pas, à l'exemple des ondes hertziennes en nappes circulaires
et concentriques. Ils cheminent en droite ligne, suivant une trajectoire
déterminée, tant et si bien que, pour les utiliser,
il faut avoir soin de se mettre sur leur passage. A droite et à
gauche, en effet, de la zone où ils circulent, fût-ce
même à beaucoup plus courte distance, on n'entend plus
rien. Ils sont comparables à ces faisceaux de lumière
qu'on peut, au moyen d'un réflecteur, diriger tour à
tour vers tous les points de l'horizon, en laissant dans l'ombre tout
ce qui n'est pas compris dans le cône
d'illumination.
La téléphonie sans fil, qui oriente
et canalise ses messages à son gré, et vise le destinataire
comme on vise une cible, a donc cette supériorité sur
la télégraphie sans fils sa glorieuse sur ainée
de savoir où elle va et de ne pas laisser flotter ses secrets
dans l'espace, à la merci des oreilles indiscrètes.
Je n'ai pas le droit jusqu'à nouvel ordre
d'expliquer par quels moyens infiniment simples M. Maiche réalise
ce miracle. Je dois me borner à lui donner acte qu'il le réalise.
Le téléphone tellurique-sans
fil, dont la portée est théoriquement illimitée,
ne semble pas porter, en réalité, au-delà de
100 à 1200 mètres, ce qui n'est guère, et les
sons sont peut-être encore singulièrement faibles et
confus. C'est possible, mais l'important est que le principe soit
posé, vérifié, acquis.
Au temps de faire le reste. Ce n'est pas non plus d'emblée,
si j'ai bonne mémoire, que la télégraphie sans
fil atteignit sa portée actuelle de 60 ou 80 kilomètres,
et lorsque M. Branly réussit pour la première fois
à modifier la conductibilité de son tube à
limaille d'un bout à l'autre du laboratoire de l'Institut
catholique de la rue d'Assas, il n'eut pas tort d'entonner l'hosanna.
Je doute même que les premiers essais du téléphone
(avec fils) de Graham Bell aient été plus suggestifs
et plus concluants que nos hâtives expériences de dimanche
dans les taillis de Saint-Germain.
|
Les journaux de Paris du 5 octobre 1900 annoncent
quun savant bien connu à lépoque, habitant Saint-Germain,
Monsieur Louis Maiche, a construit un appareil quil appelle le
diffuseur grâce auquel les communications télégraphiques
et téléphoniques sont établies de façon parfaite.
1er juillet 1901 Toujours en France Pilsoudzki, colonel
du génie, associé avec Popp organisent une expérience
de télégraphie sans fil alors que L.Maiche avait déjà
fait une transmission téléphonique sans fil en passant par
le sol.
( pour info en 1879 : Victor Popp crée la Compagnie des Horloges
Pneumatiques. Avec lautorisation de la ville de Paris, Monsieur
Popp monte un réseau dair comprimé pour faire fonctionner
les horloges publiques, notamment celles des gares. En envoyant une pulsation
toutes les minutes, la société mettra tout Paris à
la même heure)
Deux postes de télégraphie sans fil, fournis par Ducretet,
sont installés dans le jardin d'une villa au Vésinet,
à une distance de 600 m.
Les deux savants réussissent à transmettre par la terre
des dépêches Morse ...
A lire dans le Petit Parisien du 15 juillet 1901, un article de
Jean Frollo
A TRAVERS L'ESPACE
Les progrès de la science et de ses applications se poursuivent
à une allure qui, souvent, déconcerte la pensée,
et, avant même que l'esprit public ait eu le temps de s'habituer
complètement aux découvertes qui ont apporté
dans notre vie à tous de si profondes modifications, les chercheurs,
reprenant leur marche en avant, s'attaquent à des problèmes
qu'il nous eût, il y a quelques années seulement, paru
téméraire de poser.
C'est ainsi que le télégraphe
et le téléphone électriques, ces deux facteurs
décisifs de l'existence moderne, par qui, dans l'ordre politique
et dans l'ordre financier, les conditions de la vie civilisée
ont été au dix-neuvième siècle transformées
et rénovées, pourraient bien, au dire de quelques-uns,
passer, au cours du siècle qui commence, au rang des vieux
outils qu'on montre aux curieux dans les musées, avec un respect
attendri et ironique tout ensemble telle la marmite de Tout en faisant,
dans cette boutade, la part d'une exagération évidente,
il est cependant manifeste que les savants ne se contentent plus des
instruments actuels. Le fil conducteur, ce trait d'union presque idéal,
leur semble aujourd'hui un intermédiaire trop pesant et trop
matériel. Ils veulent en trouver un autre, ou, plus exactement,
ils veulent s'affranchir de tout intermédiaire. Le seul qu'ils
acceptent, c'est l'espace même qu'ils ont à traverser.
Hier dans les airs, aujourd'hui par le sol, ils entendent transmettre
directement la pensée humaine, et ils lui demandent, partie
d'un point, d'arriver en un autre, sans emprunter l'aide du fil métallique,
où jusqu'ici nous pensions qu'il fût nécessaire
de la canaliser. Les expériences de télégraphie
sans fil ne datent pas d'hier, et plus d'une fois nos lecteurs
ont eu l'occasion d'admirer la simplicité du principe sur lequel
elles reposent et l'importance des résultats auxquels elles
ont abouti. Je n'y reviendrai donc que pour mémoire.
La chose en elle-même est d'ailleurs assez
simple. Supposez que vous puissiez régler suivant une gradation
convenue les petites étincelles qui jaillissent d'une bobine
de Ruhmkorff. Supposez d'autre part que les décharges électriques
ainsi produites, et que les savants appellent des ondes parce qu'elles
se propagent dans toutes les directions, à la façon
des cercles concentriques qu'une pierre lancée dans une eau
tranquille y détermine, supposez, dis-je, que ces décharges
soient recueillies à distance et s'enregistrent dans un appareil
récepteur, vous vous ferez une idée très exacte
du principe de la télégraphie sans fil.
C'est ce principe qui a dirigé
les travaux, tant en France qu l'étranger, de MM. Branly, Popoff,
Ducretet et Tissot.
C'est lui qui a reçu cette année même, grâce
aux expériences de M. Marconi, sa consécration définitive.
Désormais, il est en effet établi qu'avec un générateur
d'ondes d'une suffisante puissance on peut télégraphier
jusqu'à 200 kilomètres de distance. C'est ainsi que
de son laboratoire de Biot, dans les Alpes-Maritimes, M. Marconi envoie
ses dépêches jusqu'en Corse avec une rapidité
merveilleuse. Il arrive même il transmettre simultanément
plusieurs messages, ce qui, dans l'ordre pratique, constitue un progrès
dont l'importance n'échappera à personne, puisqu'il
démontre, pour l'invention nouvelle, la possibilité
de rendre les mêmes services que rend actuellement le télégraphe
avec fils.
On pourrait dire, il est vrai, que l'utilité
de cette modification n'est pas évidente et que le système
auquel nous sommes accoutumés par une expérience de
près d'un demi siècle suffit à nos besoins. La
plus simple réflexion nous prouvera que cette thèse,
qui a été produite parce que tout progrès suscite
des adversaires, est impossible à soutenir.
La télégraphie sans fil a, dans
les relations maritimes, une importance capitale. Pour ne citer qu'un
exemple récent et qui est encore dans l'esprit de tous, le
naufrage de la Russie en a démontré l'intérêt.
Certains, je le sais, ont fait observer qu'en l'espèce, si
les marins du bâtiment échoué eussent été
exercés à se servir du vocabulaire de signaux à
bras qu'on enseigne dans les écoles de timonerie, les communications
entre le navire et la terre eussent été facilement établies.
Mais ce qui était possible dans le cas de la Russie pourrait
ne pas l'être dans d'autres, et la limite même, dans laquelle
les signaux à bras sont utilisables, strictement déterminée
par celle même du regard humain restera toujours fort étroite.
Aussi bien, la preuve n'en est plus à
faire, et tout récemment un savant étranger, M. Popoff,
la fournissait en termes décisifs. Il s'agissait d'un cuirassé
russe, le Général Amiral d'Apraxine, bloqué par
les glaces dans le golfe de Finlande. Pour organiser le sauvetage,
il fallait de toute nécessité assurer avec la terre
les communications. M. Popoff, en très peu de jours, les établit
et bientôt elles furent régulièrement transmises
à l'état-major de la Marine pendant les trois mois que
durèrent les travaux, 440 télégrammes furent
échangés; la plus longue dépêche, qui comptait
cent huit mots, fut celle qui annonça le sauvetage du cuirassé.
On avouera que c'est là pour une découverte la meilleure
des justifications et que celle-ci est passée définitivement
du terrain de la spéculation pure sur celui de l'action pratique.
C'est précisément ce qu'il fallait démontrer.
Je ne surprendrai d'ailleurs personne en disant
que ce terrain même a paru bientôt trop étroit
aux inventeurs et qu'ils ont voulu l'élargir.
C'est ce que viennent de tenter il y a quelques jours, deux
savants, MM. Pilsoudski et Victor Popp qui, laissant de côté
la télégraphie par l'air, ont cherché à
transmettre à travers le sol, les ondes chargées
par eux, de porter au loin la pensée.
Frappés de ce fait que les expériences de M. Marconi
n'avaient eu lieu que sur mer et que d'autre part, sur terre, les
ondes électriques sont gênées par les obstacles
de toute sorte, toits, arbres, collines qui s'interposent sur leur
passage, ces deux savants ont pensé que peut-être le
sol, dans ses couches profondes, se prêterait, mieux que l'air,
à la transmission des messagers et, c'est pour s'en rendre
compte qu'ils ont le 1er juillet organisé au Vésinet,
dans le département de Seine-et-Oise, un dispositif des plus
ingénieux et que je décrirai brièvement.
Dans deux villas distantes de cinq cents mètre
environ l'une de l'autre, ils ont installés leurs appareils
d'une part un transmetteur, de 1 autre un récepteur, tous les
deux du type de ceux qu'on emploie chez M. Marconi pour la télégraphie
marine.
Une plaque métallique enfoncée dans la terre et un condensateur
soigneusement isolé du sol constituent d'un côté
comme de l'autre tout le mécanisme. Les dépêches
sont envoyées absolument comme dans la télégraphie
sans fil.
On produit des étincelles et on règle les signaux en
appuyant plus ou moins. Et à l'arrivée, les ondes s'enregistrent,
sous la forme de petits traits, sur une bande de papier qui se déroule.
La transmission s'opère en langage Morse avec une netteté
parfaite, et les dépêches envoyées sont très
exactement reçues.
Il est vrai que le principe même de l'expérience
est contesté par les savants et que certains d'entre eux prétendent
qu'il n'est pas du tout démontré que ce soit par le
sol, et non pas à travers l'atmosphère, que s'opère
la transmission. Nous ne saurions prendre parti dans ce docte débat,
quelle que soit d'ailleurs la vérité, et soit qu'il
s agisse d'une découverte nouvelle, soit que nous soyons seulement
en présence d'un appareil nouveau appliquant un principe connu,
il nous semble que l'importance pra- tique n'en est pas diminuée,
et cette importance, on l'avouera, est tout à fait considérable.
Quel est en effet le gros inconvénient
du système Marconi. C'est d'être fort encombrant et surtout
très visible avec ses deux grandes antennes, il domine la ville
où il est installé, et il serait, en cas de guerre,
une cible toute désignée aux coups de l'artillerie.
Avec l'autre appareil, rien de semblable n'est à craindre dans
une place assiégée, on peut l'installer sans que personne
au dehors s'en doute et, au prix de quelques précautions, l'autre
poste pourra être sans trop de peine organisé et manié
en dehors des lignes ennemies dans quelque cave isolée.
De cette façon le problème des communications est résolu.
Le cercle d'investissement est rompu et, si le blocus matériel
est maintenu, le blocus moral est impossible.
C'est là, je le reconnais, aller, comme on dit,
plus vite que les violons, et la jeune découverte, dans son
état actuel, ne donne pas encore ces brillants résultats.
Mais ses pareilles poussent vite et celle-ci, qui n'a que quinze jours,
mérite assurément que nous lui fassions crédit.
Telle qu'elle est, elle constitue le plus étonnant peut-être
des progrès qu'on pût concevoir.
C'est cette révolution pacifique et d'ailleurs
modeste que. le colonel Pilsoudski et M. Victor Popp viennent de
préparer, sous les ombrages d'une paisible villa du Vésinet.
Il nous semble qu'elle valait la peine d'être signalée
et que l'avenir qui lui est réservé nous conseillait
d'accorder à ses débuts une bienveillance attentive
dont nous espérons tous qu'elle nous récompensera
en ajoutant notre vie quelques facilités et quelques charmes
de plus.
JEAN FROLLO
Extrait
de Google book Louis Maiche 
Ce récit est parfaitement détaillé à
cette adresse : Les
« premiers pas » de la télégraphie tellurique
au Vésinet (1901)

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Les perfectionnements se succèdent :
En 1901 : Maiche émet 7 autres brevets
19 février Brevet 308265
Système de transmission de signaux télégraphiques
et téléphoniques.
1er mars Brevet 308638
Dispositif de mise à terre pour transmission de courants électriques
particulièrement pour la télégraphie et la téléphonie
22 avril Brevet 310169
Système de transmission des courants télégraphiques
et téléphoniques.
19 juillet Brevet 312825
Système de transmission télégraphique et téléphonique
par triple dérivation.
12 août Brevet 313432
Dispositif de mise à terre pour transmissions ordinnaires télégraphique
et téléphonique applicable également à la
télégraphie et la téléphonie dites sans fil.
31 août Brevet 313915
Nouveau moyen permettant d'augmenter le nombre des récepteurs ou
l'intensité dans un seul récepteur des courants téléphoniques
ou télégraphiques .
18 octobre Brevet 313916 Nouvelle disposition de bobine d'induction.
L. Maiche en sera le premier à se faire connaître.
Du 16 au 18 janvier 1902, au château de Marchais près
de Laon, situé dans un immense parc 1600 hectares appartenant à
son Altesse Sérénissime, le Prince Charles III de Monaco
qui suit avec intérêt les progrès de la télégraphie
sans fil.
Pendant 3 jours, Maiche et ses collaborateurs, son chef de laboratoire
Emile Jardin, le baron Henri Hulot, secrétaire de la Société
Géographique de Paris et Heni Farjas, directeur de la revue universelle,
vont procéder aux essais devant le Prince de Monaco, son aide de
camp Jean de Gail, la baronne de Gail, le compte de Dax, secrétaire
général de la Société des Ingénieurs
civils, Paul Farjas, Fernad Fos, journaliste du Monde Illustré,
le capitaine X, de la revue Armée et Marine et Emile Guarini, journaliste
scientifique.
Dans le système préconisé par M. Maiche, chaque station
contient un fil isolé, dit fil de base, dont la longueur varie
avec la distance à laquelle doivent être transmis les signaux
et se termine à chaque extrémité par une plaque métallique
d'une certaine dimension, enterrée autant que possible dans une
couche relativement humide, Sur chacun de ces fils, en un point quelconque.
se trouvent intercalés les appareils transmetteurs et récepteurs,
consistant en un groupe de piles fournissant le courant à un appareil
appelé diffuseur, pour les signaux phoniques; ces piles sont reliées
en même temps à l'appareil transmetteur et au récepteur,
se composant soit dun téléphone, soit d'un manipulateur
Morse; à chaque poste peut être installé un relais
téléphonique. Effectués avec des appareils établis
pour fonctionner avec une portée de 400 m avec des fils de base
de 15 à 90 m, soit dune longueur égale environ au
vingtième de la portée, les essais furent néanmoins
poussés successivement à 500, 3500 et 7000 m, en prenant
des fils de base de plus en plus longs, Jusqu'à 3 500 m les signaux
téléphoniques ou tèlègrapliques ont été
parfaitement nets et elairs. À 7000 m, les signaux n'étaient
plus perçus que d'une façon indistincte, mais les signaux
télegraphîques avaient conservé leur netteté.
Toutefois, la proportion dans laquelle il avait fallu augmenter la longueur
de la base s'était accrue. En effet, elle avait été
portée, pour les expériences relatives aux distances de
3 500 et 7000 m à environ 400 à 450 m, soit un rapport de
1/15 à 1/18,
D'autres essais seront prochainement exécutés, lun
des postes étant installé à bord du yacht «
La Princesse Alice » du prince de Monaco
Le 16 janvier 1902, L.Maiche réalise la première
communication avec le Prince de Monaco lui même situé à
une distance de 1500 mètres de distance.
Le soir même Louis envoie une dépêche télégraphique
au directeur du Monde Illustré, qui la transmet à son journaliste
Fernand Fos.
le monde illustré du 25 janvier 1902, voici le récit
:
|
TÉLÉPHONIE ET TÉLÉGRAPHIE
SANS FIL
Parmi les problèmes scientifiques qui préoccupent
lesprit public à laube du nouveau siècle,
il en est peu daussi passionnant que la télégraphie
sans fil. Nos lecteurs sont familiers avec la théorie des
ondes hertziennes. Ils savent quon peut transmettre des dépêches
à travers les couches dair, grâce à des
décharges électriques successives. Ils savent aussi
que cette intéressante invention doit trop souvent lutter
contre les variations atmosphériques ou la trop forte chaleur.
Je suis heureux de pouvoir aujourdhui leur parler dune
autre invention ayant le même but scientifique et utilitaire,
mais y arrivant par dautres moyens qui suppriment les gros
inconvénients que nous venons de signaler. Ce nest
pas dhier que datent les premières expériences
de transmission sans fil en utilisant les ondes souterraines qui
ne sont sujettes à aucune perturbation climatérique
et permettent, par cela même, dobtenir un service régulier
et constant.
Dès 1867, M. Maiche communiquait à M. Dumoncel, alors
sous-directeur des Postes et Télégraphes, depuis membre
de lInstitut, le résultat dexpériences
sur la télégraphie sans fil par la terre, réussies
à faible distance.
En 1877 et en 1878, nouvelles tentatives permettant de communiquer
des signaux à une distance dune centaine de mètres.
Le principe de la transmission sans fil était trouvé.
Nb M. Maiche possède plus de 300 brevets
dont les principaux ont trait à 1'extraction de 1'amidon
du riz, à la pile Maiche qui est devenue classique, à
la stérilisation économique de leau qui lui
valut la croix de chevalier de la Légion d'honneur, etc.
Parmi les procédés secrets quon lui doit, il
faut citer la fabrication artificielle du vrai : ubis, les verres
doptique pratiquement achromatiques, etc.
Le premier échange de conversation
date de 1893.
Ces constatations ont été refaites trois ans plus
tard devant sir W. Crookes, à Saint-Germain,
sur trente mètres, à travers plusieurs murs et fondations.
En 1899, essais à plus longue distance, dans la forêt
de Saint-Germain, sur six cents mètres. Signaux
télégraphiques, réception téléphonique,
tout réussit également bien. Quelques mois plus tard,
en janvier 1901, nouvelles expériences de transmission
sur huit cents mètres, dont il est rendu compte par la presse
politique et la presse spéciale. On les renouvelle et avec
un semblable succès au mois doctobre de la même
année.
Enfin, en novembre 1901, sur la Seine, à Poissy,
linventeur sattache à obtenir une communication
dune grande intensité à tel point que les personnes
présentes déclarent quelles entendent mieux
que dans le téléphone ordinaire,
avec des voix pures, sans aucun son métallique et sans aucune
« friture ».
Depuis quelque temps, nous avions été prévenus
que les expériences allaient passer du domaine du laboratoire
dans celui de la pratique, les ondes souterraines pouvant être
désormais projetées à longue distance. Jeudi
soir, le directeur du Monde Illustré me communiquait une
dépêche datée du château de Marchais (Aisne),
où S. A. S. le prince de Monaco, en ami toujours sûr
des savants, donnait la plus complète clés hospitalités
à M. Maiche.
Le jour même, sur une distance de 1500 mètres, on avait
pu télégraphier et téléphoner sans fil.
Cétait la victoire ! Et le télégramme
se terminait par ces mots : « Venez. Nous recommencerons «
demain sur 3500 mètres. »
Loffre, si tentante, ne pouvait se refuser. Aussi, le lendemain,
prenai-je le premier train pour Liesse-Gizy, dans la banlieue de
Laon, avec M. Farjas qui, depuis plus dune année, est
le dévoué collaborateur de M. Maiche dans toutes ses
expériences, le comte de Dax, secrétaire général
de la Société des ingénieurs civils, et M.
Paul Farjas. En compagnie si instructive, les deux heures de route
me parurent courtes et deux vigoureux postiers nous eurent bientôt
menés à la somptueuse demeure, providence du pays.
M. Maiche nest pas loin. Nous le trouvons au Long Pont, une
maison de garde où il a établi un de ses deux postes.
Linventeur, tout joyeux encore du succès de la veille
où il avait pu échanger, à 1500 mètres,
des conversations téléphoniques et télégraphiques,
le matin même, à quelques instants avant notre arrivée,
réussi à expédier et à recevoir la parole
humaine à 3 kil 500 de distance, de la ferme de Marengo à
Long Pont, espace séparé par une petite colline et
un bois.
Le château de Marchais et le schéma d'un poste
La pièce où se trouvent les appareils est la salle
commune du brigadier des gardes du prince, où rien na
été dérangé ni bousculé, les
piles et autres instruments étant déposés sur
une seule petite table.
Rien ne paraît plus simple. Comme vous le voyez, nous
dit M. Maiche, lappareil ressemble plutôt à un
poste de campagne quà une installation télégraphique.
Il se compose dune modeste batterie de piles, dun ensemble
de sept volts environ, fournissant un vingtième dampère,
ou un tiers de watt, et vous savez quil faut plus de 700 watts
pour faire ùn cheval-vapeur. La batterie est mise en communication
avec une caisse denviron deux décimètres cubes
dans laquelle se trouve un fil enroulé dune manière
spéciale, aboutissant à une sorte de petit tambour,
désigné sous le nom de diffuseur. Un simple microphone
et un récepteur téléphonique complètent
lappareil. Il faut de plus ajouter à cet ensemble des
organes primordiaux, deux fils conducteurs qui en partent, sortent
de la maison par la porte laissée ouverte et vont, lun
à droite, lautre à gauche, aboutir chacun, à
350 mètres environ, à une lame de cuivre de un mètre
carré plongeant dans leau, mais qui aurait pu être
aussi bien enfoncée dans le sol. Mon système de ligne
se réduit donc à deux « terres » à
chaque station, sans aucune autre espèce de conducteur entre
lune et lautre. Pendant que M. Maiche nous fournit ces
intéressantes explications, nous restons sous une impression
de surprise, jallais écrire de quasi-incrédulité,
devant des résultats si stupéfiants obtenus avec des
moyens dapparence aussi simple. Mais la foi rayonne dans les
regards de M. Maiche et nous ne pouvons douter de la victoire de
Marengo qui va se renouveler pour nous dans quelques minutes, derrière
le rideau des collines brumeuses. Pendant que les chevaux, maintenant
reposés, sébrouent joyeusement, la caravane
sest complétée.
Aux voyageurs venus de Paris se joignent le baron J. de Gail, aide-de-camp
du prince, la baronne de Gail et le baron Henri Hulot. M. Maiche
reste au poste de Long Pont et nous voici en route pour Marengo
où nous arrivons après vingt minutes de trot allongé.
La maison sert dhabitation à un garde du prince en
costume très pittoresque, complet kaki avec grand feutre
à poil bourru, relevé sur le côté gauche
par une touffe de poil de sanglier.
Le
Marengo, poste d'expérience
Le poste télégraphique et téléphonique,
en tout semblable à celui de Long Pont, a été
installé par les soins de M. Emile Jardin, le chef de laboratoire
de M. Maiche, qui nous attend sur le seuil de la porte.
Presque aussitôt, à travers les tourbières du
terrain de chasse, un cavalier apparaît, de belle prestance,
la cartouchière en bandoulière, le fusil en travers
de la selle, très simplement vêtu dun costume
de chasse qui rappelle celui des gardes : cest le prince de
Monaco. Il vient, comme les jours précédents, comme
le matin, en passionné de science, suivre les expériences
dont son esprit cultivé a compris toute limportance.
Il avait dailleurs reçu, la veille, le premier message
téléphonique que M. Maiche avait envoyé à
1.500 mètres à travers le sol. Daccueil très
simple, très cordial, le prince nous fait part de sa grande
satisfaction : Figurez-vous, Messieurs, quaprès
le succès obtenu hier, M. Maiche hésitait à
répondre à mon désir dessayer détablir
une communication à 3.500 mètres. Il mobjectait
que la puissance de lappareil nétait pas calculée
pour une semblable distance et quil ne savait pas au juste
jusquoù il pourrait atteindre. Jai dû lui
faire une douce violence, mettant à sa disposition une voiture
pour rapprocher, si besoin en était, le poste récepteur
jusquà rétablissement de la communication.
Lissue heureuse de lexpérience de ce matin a
donné raison à mon audace scientifique. Le baron de
Gail, qui partage la confiance du prince, attire notre attention
sur limportance quil y aurait à installer une
ligne télégraphique reliant Tombouctou, sur le Niger,
aux postes de lExtrême-Sud Algérien à
travers le Sahara et à utiliser dans ce but le système
de M. Maiche.
A ce moment, le baron Henri Hulot, qui a établi la communication
avec M. Maiche, nous prie de prendre place devant lappareil,
ce que nous faisons tour à tour, le prince de Monaco, la
baronne de Gail et chacun de nous. Pour ma part, jentends
très nettement les signaux télégraphiques,
espacés comme il avait été convenu. Le son
arrive clair, distinct. Les personnes qui nont pas assisté
aux expériences de la veille et de la matinée, se
regardent émerveillées. Cela tient du prodige.
Et létonnement croît encore quand, aux signaux,
succède la voix humaine, tout aussi compréhensible
quau téléphone ordinaire. De là-bas,
si loin, derrière la colline, partent des ondes sonores.
Leur nombre, qui varie de 5.000 à 15.000 par seconde, traverse
sans ségarer en route limmensité de la
masse terrestre qui nous sépare. Chacune delle est
de lordre des infiniment petits et aucune delle nest
perdue !
Nous continuons léchange des transmissions, chiffres,
signaux, phrases, et jai le plaisir, après trois quarts
dheure de stupéfiantes communications, de clore la
conversation, en adressant à M. Maiche, au moyen de son appareil,
les vives félicitations du Monde Illustré.
La nuit est presque venue. Et nous rentrons au château, dans
le recueillement silencieux qui suit toujours les fortes émotions.
Avant de quitter le château, où nous attendait une
collation dans la splendide salle à manger de lancienne
demeure des ducs de Lorraine, le prince de Monaco veut bien nous
annoncer quil met à la disposition de M. Maiche,
son yacht, la Princesse Alice, qui lui servit si souvent pour
ses recherches sous-marines, pour y continuer très prochainement
ses expériences en Méditerranée.
Le lendemain de notre retour à Paris, nous apprenions, par
une dépêche officielle, que M. Maiche, à laide
des mêmes appareils et sans en augmenter la puissance électrique,
avait pu renouveler, en présence du prince de Monaco, les
mêmes expériences que nous venons de décrire,
à une distance de sept kilomètres.
Fernand Fos.
|
Témoignage du capitaine X, de la revue Armée
et Marine du 9 février 1902
| La télégraphie et la
téléphonie sans fil Communications
par la terre et par l'eau. Applications en campagne.
On a beaucoup parlé,
depuis quelques mois, de la téléphonie sans fil. On
a surtout beaucoup raconté... Une nouvelle sensationnelle
avait couru le monde : un signal, disaient les journaux anglais,
avait été transmis à travers l'Atlantique !...
Puis, peu à peu, le calme s'est f'ail et, si l'on en croit
les dernières communications de la presse quotidienne, la
nouvelle était au moins prématurée.
L'avenir dira quelles seront les applications
pratiques de la télégraphie sans fil par les ondes
hertziennes.
Au point de vue militaire, son utilisation
parait encore problématique pour plusieurs raisons :
1" Les transmissions, tributaires des
variations atmosphériques et de la température, sont
irrégulières ;
2" Les dimensions des antennes les rendent
trop visibles en cas de guerre, et le poids du matériel présente
de gros Inconvénients pour les transports ;
3° L'énorme quantité d'énergie
électrique employée constitue un danger permanent
pour les télégraphistes militaires, souvent inexpérimentés,
qui seraient chargés des transmissions.
Personne n'ignore l'importance du rôle que
doit jouer, dans la prochaine guerre, le service de la télégraphie
militaire. Chaque armée, chaque corps d'armée, reliés
entre eux, avec les divisions d'avant-garde et avec le services
de l'arrière, pourront, si ce service est convenablement
assuré, éviter bien des surprises, bien des fatigues
surtout.
Tel qu'il est organisé, il fonctionne aussi bien que possible,
mais les Installations sont longues à établir, en
raison des kilomètres de fils qui doivent être déroulés,
puis enroulés à chaque stationnement. A tel point
que, bien souvent, ainsi qu'on a pu s'en rendre compte aux grandes
manoeuvres, on a du renoncer, faute de temps, à établir
des communications télégraphiques, que remplaçaient
avantageusement des vélocipédes, des estafettes ou
des postes de correspondance.
On peut donc trouver mieux que ce qui existe
aujourd'hui et c'est aux savants qui poursuivent l'étude
du problème de la télégraphie sans fil qu'il
appartiendra de doter l'armée de l'outil idéal qui
lui manque encore pour assurer facilement ses communications rapides.
Les très intéressantes expériences
que nous avons eu la bonne fortune de suivre dernièrement,
à Marchais, près de Laon, nous ont donné l'impression
que nous étions très près d'atteindre cet idéal.
Il ne s'agit plus ici des ondes hertziennes,
mais d'une tout autre méthode, d'un moyen simple et pratique
de télégraphier et de téléphoner sans
lil, par la terre el par l'eau, en employant une source d'électricité
très faible et un appareil assez peu volumineux pour être
porté à la main.
C'est à M. Louis Maiche, ingénieur
civil et savant bien connu, que revient l'honneur de cette découverte
considérable.
Depuis longtemps déjà M. Maiche étudiait le
phénomène de la transmission des ondes électriques
par le sol et les résultats qu'il obtient aujourd'hui ne
sonl que la juste conséquence de plus de trente années
de recherches et de travaux incessants.
En 1867, en effet, il faisait connaître officiellement à
M. du Moncel, alors sous-directeur des postes et télégraphes,
le résultat de ses premières expériences sur
la télégraphie sans fil, par la terre. Dix ans plus
tard, en 1877 el 1878, il confirmait ses premiers essais par la
transmission des signaux à 100 mètres environ et communiquait
ce résultat à la Société des sciences
et des arts de la Sarthc, dont il faisait partie.
Poussant plus loin celte étude, et passant de la télégraphie
à la téléphonie, il obtenait en 1893 un premier
échange de conversation sur une trentaine de mètres,
à travers plusieurs murs et fondations, expérience
renouvelée, en 1806, en présence de sir William Crookes,
à Saint-Germain,
C'est par un procédé, dont l'analogie nous parait
assez curieuse, qu'un autre chercheur français, dont les
récentes expériences étaient relatées
ici même, la semaine dernière, constata, à la
même distance, la réalisation d'un phénomène
du même ordre.
Dès 1890, les travaux de M. Louis Maiche prenant plus d'importance,
il transporta ses appareils dans la forêt de Saint-Cermain
et, progressivement, avec un succès constant, il porta ses
transmissions télégraphiques et téléphoniques
de 600 à 800 mètres et enfin à 1200 mètres.
Au mois de novembre dernier, sur la Seine, à Poissy, il échangeait
avec son chef de laboratoire et plusieurs personnes présentes,
des conversations complètes, la voix arrivant avec son timbre
naturel et la plus grande netteté.
Pour entre définitivement dans la pratique, il fallait à
l'inventeur des terrains plus vastes, une circonstance heureuse
s'offrit à lui.
S. A. S. le prince de Monaco, qui suivait avec intérêt
les progrès de la télégraphie
sans fil, avait eu connaissance des procédés spéciaux
employés par M. Maiche. Avec la bienveillance
si encourageante qu'il réserve aux savants et aux chercheurs,
il mit gracieusement à la disposition de l'inventeur son
domaine de Marchais, dont l'étendue se prêtait merveilleusement
à une démonstration définitive.
Les expériences se sont poursuivies
pendant trois jours, avec un plein succès, en présence
du prince, de son aide de camp, le baron Jean de Gail, de la baronne
de Gail et de plusieurs invités. L'inventeur était
accompagné de son chef de laboratoire, M. Jardin, el de ses
collaborateurs, M. Henri Farjas et le baron Henry Hulot.
Deux postes furent installés à
la hâte. A la fois transmetteurs et récepteurs, ils
se composaient chacun d'une batterie de piles d'une énergie
électrique de 7 volts.et d'un vingtième d'ampère,
reliée à l'appareil proprement dit, lequel comprenait
une bobine, un vibrateur ou diffuseur, un manipulateur Morse pour
l'expédition des signaux, un microphone pour la transmission
de la parole et un récepteur téléphonique.
L'appareil est mis en communication avec deux
fils aboutissant de part et d'autre à des plaques de cuivre
qui sont, suivant la nature du terrain, plongées dans l'eau
ou enfoncées dans le sol, transmettant ainsi les courants
électriques à la masse terrestre environnante qui
les absorbe et les propage au loin suivant une
loi d'un ordre tout nouveau prévue par M. Maiche, qu'il a
bien voulu nous expliquer et qui nous a paru un des points les plus
saillants de son système.
Nous ne nous étendrons pas sur les premières conversations
téléphoniques échangées à Marchais,
à des distances progressives, qui ont permis de transmettre
la parole de là façon la plus nette, ainsi que l'ont
constaté toutes les personnes présentes, à
1500 et à 3500 mètres; nous examinerons surtout la
dernière épreuve, la plus intéressante, selon
nous, au point de vue militaire, tant à cause de la rusticité
de l'installation qu'en raison de la distance franchie.
Le fragment de la carte d'état-major au cinquante millième
qui est reproduite ici donne l'ensemble de la région où
cette expérience eut lieu.
Sept kilomètres séparaient les deux postes, choisis,
l'un (poste n° 2), à la ferme de Marengo, à l'est
de Marchais, l'autre (poste n° 1), à l'ouest, aux confins
du domaine, en pleine forêt de Samoussy, et entre eux s'étendaient
des obstacles de toutes sortes : bois, lignes d'eau, village, etc.
Les environs de Marchais, où ont eu lieu
les expériences de téléphonie sans fil.
Le Prince était à Marengo, pour contrôler
les résultats avec les amis de l'inventeur,. M. Maiche et
le baron de Gail étaient au poste n" 1.
Nous avons pu assister personnellement à l'installation
de ce poste. Une simple carte et une boussole ordinaire ont permis
d'orienter les plaques dans la direction de Marengo avant de les
enfoncer dans le sol au moyen d'une petite tranchée; un escabeau
fut placé dans un endroit quelconque pour recevoir les appareils...
et c'était tout !
A l'heure fixée (trois heures quarante),
les premiers signaux téléphoniques partis de Marengo
arrivaient nettement à l'oreille, tantôt longs, tantôt
courts, et l'inventeur répondait aussitôt par d'autres
signaux reçus de la même façon au poste n"
2.
Cette épreuve semble décisive
et nous pensons que le moment n'est plus éloigné où
le matériel actuel de nos télégraphistes militaires
cédera la place à plus léger que lui.
Ce sera, à coup sûr, une amélioration
importante, dont on pourra étudier les avantages aux grandes
manoeuvres, mais, si l'on envisage la question à un point
de vue plus large, plus français peut-être, en raison
de ses conséquences immédiates, on est amené
à examiner la possibilité d'une
utilisation prochaine de ces nouveaux procédés pour
relier le Sud algérien avec les postcs trop isolés
de notre domaine africain.
Ce sujet était d'ailleurs de circonstance, car le baron J.
de Gail, capitaine de cavalerie, qui créa jadis le peloton
des méharistes soudanais, fut le premier qui eut l'idée
d'appliquer la télégraphie sans fil à la traversée
du Sahara.
Cette idée fait encore aujourd'hui l'objet do ses préoccupations
et il en entrevoit les suites avec plus de confiance, depuis qu'il
a constaté par lui-même, au poste téléphonique
de la forêt de Samoussy, l'avenir réservé à
une découverte dont les premiers résultas lui ont
paru considérables, eu égard à la faiblesse
des moyens mis en oeuvre.
On pourrait, pour commencer, relier entre
eux les différents postes du Soudan et du Congo qui n'ont
actuellement aucun moyen de communication rapide, puis il appartiendrait
à une mission d'étude de déterminer la meilleure
voie à suivre pour établir la ligne saharienne.
Celle-ci ne s'écarterait pas beaucoup
sans doute de l'itinéraire des caravanes qui descendent du
Touatà Tombouctou par Akabli, Bou-Bernous, Gucttara, les
rives de l'ouled Salem, Taodeni et Araouan.
C'est là une idée bien française,
car elle affranchirait notre Ouest africain des câbles étrangers
dont elle ne peut se passer aujourd'hui; c'est en même temps
une idée pratique et nous souhaitons de tout coeur qu'elle
puisse se réaliser bientôt.
Capitaine X...
|
Tous les journaux s'emparent rapidement de ses travaux, comme nous le
décrivons ci dessous.
En France dans le Bulletin mensuel / Association
des abonnés au téléphone on peut lire l'article
:
|
La nouvelle téléphonie.
Louis Maiche.
Par ces temps d'inventions plus sensationnelles les unes que les
autres, où l'on voit les omnibus marcher sans chevaux et
les aéroplanes lutter de vitesse avec les pigeons voyageurs,
les esprits les plus fermes ont tendance à ne considérer
que le fait du jour et à négliger les origines des
inventions qui frappent le plus.
C'est ainsi que, pour les expériences delà téléphonie
sans fil faites â la Tour Eiffel par MM. Colin et Jeance,
personne n'a songé à repérer le" terrain
parcouru.
C'est cependant un travail intéressant si nous en jugeons
par le plaisir qu'il nous a procuré et nous espérons
que les lecteurs du Bulletin de l'Association des abonnés
au téléphone le partageront.
De toutes les recherches auxquelles nous nous sommes livrés,
il apparaît bien nettement que la priorité de la téléphonie
sans fil appartient à Louis Maiche.
En effet, en 1893, il obtenait une communication téléphonique
sans fil à une distance qui n'excédait pas, il est
vrai, 30 mètres et cela à travers des obstacles
accumulés. Poursuivant ses expériences, Louis Maiche
arrivait à parler à 1.500 mètres dans la forêt
de Saint-Germain en présence de MM. Emile Gautier, le ministre
des finances du Brésil et plusieurs autres notabilités.
Le Figaro publiait le compte
rendu des expériences qui fut reproduit dans toute la presse.
En 1902, les 16, 17, 18 janvier, au château de Marchais (Aisne),
Louis Maiche téléphona sans fil à 7 kilomètres,
en présence de S. A. S. le prince de Monaco, de soft aide
de camp le baron de Gail, du baron Hulot et du secrétaire
général de la Société des Ingénieurs
civils.
Les communications étaient obtenues
par un système de mise à terre.
Profitant du navire la Princesse Alice, à Toulon, pour y
installer une station à bord, en laissant un fil dans l'eau,
il communique avec une station à terre basée à
Ajaccio avec son fils Charles. Par le même procédé,
Louis Maiche parvint peu après à communiquer entre
Toulon et Ajaccio à la distance de 314 kilomètres
en se servant de la mer pour la transmission des ondes.
Suivirent expérimentations et brevet jusqu'en 1906.
En septembre 1906, L.Maiche réussi à
téléphoner sans fil, sans antennes,
sans mise à terre.
Le Matin, dans son numéro du 7 septembre,
rendait compte des expériences :
Téléphonie
sans fil "Le dernier cri de la, science".
Un jeune savant est en train de réaliser une grande idée
il établit des relations téléphoniques entre
Toulon et Ajaccio sans fil conducteur.
Lorsque, il y a un peu moins de trente; ans, le savant
américain Graham Bell réussit, pour la première
fois, à faire entendra sa voix d'une pièce à
une autre dans son appartement, on crut que ces merveilleuses expériences
ne sortiraient jamais du domaine des curiosités de laboratoire.
On sait cependant combien fut rapide la fortune de l'industrie téléphonique,
combien éclatante la révolution sociale que créa
le téléphone.
Quelque étonnante que soit cette découverte,
que le grand physicien anglais, lord, Kelvin, appelle la «merveille
des merveilles », on se l'explique aisément; on comprend
encore la télégraphie sans fil, où des étincelles,
partant d'un point, communiquent; à l'éther des ondulations
qui se transmettent de proche en proche pour reproduire au loin
des signes conventionnels mais imaginer que deux personnes puissent
se parler, à distance sans qu'un fil les relie, sans que
la terre même serve de lien conducteur, faire en un mot de
la téléphonie sans fil comme on fait de la télégraphie
sans fil, n'est-ce pas vraiment prodigieux ?
C'est ce prodige que nous avons. vu hier dans le calme jardin d'une
charmante villas sur les coteaux de Saint-Germain. Mince
et agile, la figure, barrée d'une moustache blanche, la barbe
en pointe, M, Maiche, qui en ces derniers trente, ans a remué
un nombre considérable d'idées et fait de remarquables
travaux dans le domaine de la chimie et de l'électricité,
ainsi, que sur la stérilisation de l'eau, nous montra ses
nouveaux appareils.
Ils sont d'une simplicité remarquable. Sur
une table, placée dans le jardin, un appareil téléphonique
relié à une batterie de piles, composée seulement
de trois éléments et à une bobine d'induction
particulière construite par M. Maiche. Le courant, électrique
passe dans un cadre formé de l'enroulement de fils isolés.
C'est tout.
Une installation analogue est disposée dans le cabinet
de travail de M. Maiche, qui donne sur la rue, à l'extrémité
opposée de la maison et du jardin. Plusieurs épaisseurs
de murs des portes et des fenêtres séparent les deux
postes situés à une trentaine de mètres de
distance.
Alors, on peut causer. Dans le récepteur
téléphonique, approché de mon oreille, j'entendis
compter un, deux, trois jusque trente, des chiffres dit au hasard,
les modulations d'un sifflet. La voix, qui parvenait ainsi à
travers l'espace, était affaiblie et lointaine, mais elle
était d'une netteté parfaite les sons, d'une pureté
remarquable que ne connaissent point toujours les appareils téléphoniques
ordinaires. La preuve était faite.
Je demandai alors à M. Maiche quelques détails;
Il me les donna volontiers.
Il y a cinq ans environ, à Saint-Germain,
puis au château de Marchais, chez la prince de Monaco, j'ai
procédé à des expériences de télégraphie
et de téléphonie sans fil en me servant de la terre
comme lien conducteur. Ces essais furent assèz concluants,
On a pu communiquer à plus de trois kilomètres de
distance.
Un an après ce sont Ià des expériences inédites
j'ai pu, ajoute M.Maiche, faire des communications téléphoniques
entre Toulon et Ajaccio, à plus due trois cents kilomètres,
de distance, en servant dé la mer pour la transmission des
ondes électriques mais les expériences nouvelles auxquelles
vous venez d'assister me semblent plus importantes. Elle sont
à leur début, certes, et la distance que la parole
peut franchir ne dépasse pas trente ou quarante mètres,
mais les appareils dont je me sert sont d'une puissance infinie,
et nul perfectionnement n'a encore été fait.
Les utilisations pratiques de ce nouveau moyen de communication
sont des plus nombreuses.
Une application ne pourrait-elle être faite
aux sous-marin ? Aujourd'hui, aucun moyen de communication ne peut
être établi entra des sous-marins. Ni la télégraphie
avec ou sans fil ni la téléphonie ne peuvent les mettre
en relation s'ils sont au fond de la mer. La téléphonie
sans fil peut remédier à cet inconvénient qui
peut avoir son importance en temps de guerre, lorsqu une flottille
de sous-marins doit manuvrer dans les mêmes eaux et
participer à une attaque commune.
Cette découverte est à ses débuts,
nous disait son inventeur il est possible que la téléphonie
sans fil, hier un jouet, arrive, comme sa sur aînée,
la télégraphie sans fil, à des résultats
importants et pratiques.
Le Matin est heureux de pouvoir annoncer le premier que la science
a fait un nouveau progrès et que cette merveilleuse découverte
est due à un savant français.
|
Maiche crée sa dernière société
la Société Générale
de Téléphonie sans fil
le 17 avril 1907, avec des capitaux Anglais.
Vu aussi dans la presse, avec un peu d'humour :
En 1906
Dans le journal Jean qui rit : un amusant dialogue avec une
demoiselle téléphone, de Léon Valbert
Un jeune savant français, M.Maiche est en train de réaliser
une grande idée : il établit des relations téléphoniques
entre Toulon et Ajaccio sans fil conducteur
Dans la Lanterne, un article reprend le même dialogue : TÉLÉPHONE
SANS FIL de Léon Valbert
Un jeune savant français, M. Maiche, est en
train de réaliser une grande idée : il établit
des relations téléphoniques entre Toulon et Ajaccio
sans fil conducteur.
A la première lecture de cette information,
soucieux de la compléter pour les lecteurs du Supplément,
je me suis précipité sur l'appareil téléphonique
de la rédaction et j'ai tourné le moulin à café.
Une sonnerie stridente a répondu à mon appel (au bout
d'une petite demi-heure). J'ai appliqué fébrilement,
les récepteurs contre mes esgourdes. Après quoi :
MOI. - Aliô, allô ! Vous êtes
là, mademoiselle ?
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE. -
Allô, allô ! j'écoute ! - - - --
Moi. - Comment ?
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE.
Pardon ! Je voulais dire : « J'écoute»
quel numéro demandez vous ?
Moi. Aucun
l LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE. Alors pourquoi
me sonnez-vous, espèce de fourneau ?
Moi. Permettez, mademoiselle. Je ne demande
aucun numéro parce que c'est avec vous même que je voudrais
entrer en communication.
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE.
Ah ! bon. Eh bien ! c'est entendu. Venez me prendre ce soir, à
la sortie du bureau, rue Gutenberg : vous me reconnaîtrez facilement.
J'ai un panama à plume, comme Polaire, un petit boléro
comme la beme Otéro, une trotteuse en laine flocon comme la
Lune et des chaussettes bleues comme Paméla.
Moi. Vous êtes fort aimable, mon
enfant, et je ne doute point que vous soyez charmante ainsi mais la
communication que je désire obtenir de vous est une communication
exclusivement téléphonique.
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE, vexée.
A votre aise. Mais vous ne savez pas ce que vous perdez. Enfin
qu'est-ce qu'il y a polir votre service.
Moi. Voiba. Vous avez lu sans doute que
plusieurs savants s'occupent à résoudre ce problème
: supprimer les fils télégraphiques et téléphoniques
qui dénaturent fâcheusement les paysages. Vous citerai-je
Marconi. ?
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE.
Et mèche
Moi. Et Maiche, vous l'avez dit. Ce savant
a, paraît-il, résolu la partie la plus difficultueuse
de la question : la téléphonie sans fil. Jusqu'à
présent, pour téléphoner sans fil, y avait pas
mèche. Mais, maintenant qu'il y a Maiche, y a mèche
!
LA DEMOISELLE OU TÉLÉPHONÉ.
sur que ce Maiche-là n'est pas moche
Moi. Sans compter qu'on voit assez souvent
des mèches qui filent pour se féliciter de rencontrer
enfin un Maiche sans fil !
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE. -
Seulement, si c'est tout ce que vous avez à me raconter, j'vas
vous le couper, le fil
Moi. Non, non. une minute encore. Il
faut absolument que je vous demande votre avis, mademoiselle, sur
une modification qu'entraînera nécessairement l'adoption,
qu'on peut prévoir prochaine. de la téléphonie
sans fil.
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE.
Et c'est ?
Moi. C'est qu'à ce moment on ne
vous appellera plus seulement : « Les demoiselles du téléphone
». mais on dira de vous : « Les demoiselles du téléphone
sans fil. »
LA DEMOISELLE DU TÉLÉPHONE.
Qu'est-ce que vous en savez, vieux cochon ?
La communication est interrompue brusquement.
|
A peine un an plus tard, ne supportant plus les investisseurs
Anglais , il se retire des affaires, la société est dissoute,
mais L.Maiche restera comme le pionnier de la téléphonie
sans fil.
En 1910 Louis Maiche tombe malade et décède le 22 février
1910; il n'a alors que 67 ans.
En Amérique, un article du Auckland Star du
6 mars 1907 présentait l'inventeur français Louis
Maiche
Dans cet article, M. Maiche décrit comment tout a commencé
:
Mes premiers essais ont eu lieu en 1867, mais ils concernaient davantage
la télégraphie sans fil, et ce n'est qu'en 1893 que j'ai
échangé une conversation par téléphone sans
fil à une distance de 30 mètres ...

Dans Google Book, "le The Christian Work and the Evangelist,
Volume 82"
|
Un peu plus tôt, le
New York Times avait également publié
un article sur M. Maiche et son invention du téléphone
sans fil.
Dans l'article, l'inventeur évoque ses expériences
réussies avec la télégraphie et décrit
ensuite son travail avec le téléphone sans fil :
« J'ai alors utilisé le sol comme
moyen de transmission.
La découverte d'aujourd'hui me permet de supprimer tous les
moyens visibles de communication et de projeter les mots dans une
direction donnée sans risquer de les rayonner ailleurs; et,
plus intéressant encore, je le fais avec une dépense
infinitésimale d'électricité, tandis que, comme
vous le savez bien, d'autres systèmes télégraphiques
et téléphoniques sans fil dépensent d'énormes
quantités d'électricité rayonnaient dans toutes
les directions. "
Une fois perfectionné, mon appareil peut
être utilisé pratiquement à un coût insignifiant.
Pour le moment, il en est encore au stade du laboratoire et de l'expérimentation.
Vous voyez", dit M. Maiche, " que
nos expériences ont réussi malgré tous les obstacles.
Ni l'eau, ni les rochers, ni la glace ne peuvent interférer.
Tout ce que le télégraphe considère comme des
barrières insurmontables, nous le franchissons facilement.
Tout ce que nous avons fait jusqu'à présent, c'est de
pouvoir converser distinctement jusqu'à une distance d'un peu
plus de 1 800 pieds. Mais une fois le caractère pratique de
la théorie établi, alors le mécanisme doit être
perfectionné. "
"Elle se perfectionne jour après
jour ... et nous semble appelé à un destin très
différent, non comme aide à la guerre, mais comme aide
à la paix, comme sauveur de la vie humaine. |
Dans l'article d'Auckland Star, M. Maiche
donne quelques exemples de l'utilisation future de son téléphone
sans fil :
| " Imaginez deux paquebots naviguant dans un
brouillard. Avec mon petit appareil le capitaine peut dire la direction
prise par l'autre navire. En cas d'accident d'un sous-marin, mon appareil
permettrait à l'équipage en danger de communiquer avec
le remorqueur de convoi sans craindre le rupture d'une ligne comme
dans le cas d'une bouée téléphonique. Les mineurs
ensevelis après un désastre comme celui de Courrières
pouvaient communiquer avec l'équipe de sauvetage. Deux corps
d'armée effectuant une attaque de nuit pouvaient rester en
contact permanent sans risque d'interruption. Le citoyen ordinaire
pourrait l'avoir dans son salon, et ne dépendrait plus des
caprices du central téléphonique. " |
Les deux articles comprennent également quelques
descriptions techniques de l'utilisation du nouveau téléphone
sans fil de M. Maiche.
Il est possible que les théories de l'inventeur français
n'aient pas eu autant de succès qu'il le pensait lui-même.
Maiche n'est pas le seul à travailler dans
ce domaine, Citons Villot, Pilsoudzki ...
|