Origine
du mot Téléphone
Composé de télé- et de -phone,
tiré du grec phonê, « voix, son ; langage
» c'est un dispositif permettant de correspondre par la voix à
distance.
Considérez un instant un nom (à la fois
nom et verbe) si courant dans le langage qu'il est peu probable qu'une
journée se passe sans que la moitié, voire plus, de la
population n'y fasse référence.
Ce mot est « téléphone ».
Il dérive de deux mots grecs : l'un signifiant « loin » ;
l'autre « voix » ou « son ».
Mes premières recherches me conduisent à la Bibliothèque
historique américaine du téléphone, située
au 195 Broadway, qui conserve une lettre de Alexander
Graham Bell adressée à un correspondant anonyme le
9 avril 1888. Elle commence ainsi :
Monsieur,
Votre note du 7 courant vient de me parvenir. Je serais ravi de
contribuer à la découverte de « l'origine »
et de la date de naissance du mot « Téléphone »
».
L'inventeur se réfère donc à plusieurs sources,
contribuant ainsi à la justification du mot. Il mentionne le
« Téléphonium ou télégraphe musical
de M. Sudre » et le décrit comme « une trompette
ou un clairon audible à cinq kilomètres de distance, permettant
de produire une « parole musicale », selon la combinaison
des sept notes : ré, mi, fa, etc. ».
Il cite le Dr Romershausen, auteur de « Le Téléphone,
un moyen de communication acoustique », qui proposa
en 1838 « un moyen de communication vocale
par
lutilisation dune transmission du son à longue portée
dans des tubes étroits ».
Il mentionne les tubes parlants, proposés par un ecclésiastique
nommé Gautier et un Anglais nommé Dick. Et à propos
de l'instrument de Reis, dont Bell prétendait, soit dit en passant,
qu'il ne transmettait que la hauteur tonale et aucune autre qualité,
et était donc incapable de transmettre une parole authentique,
il écrivait :
« Je n'ai guère besoin de mentionner l'utilisation du
mot « téléphone » par Reis et d'autres
vers 1860 pour désigner un appareil destiné à transmettre
la hauteur musicale, et plus particulièrement celle de la voix
humaine.».
Il n'omettait pas non plus l'utilisation de ce mot par Elisha Gray.
Il écrivait :
à cette époque (1877), un appareil composé
de diapasons et de résonateurs fut présenté dans
ce pays par M. Elisha Gray de Chicago sous le nom de « téléphone ».
Nous donnions tous deux des conférences sur le « téléphone »
en même temps. Il donnait uniquement des conférences sur
le « téléphone », tandis que les
miennes portaient sur le « téléphone électrique
parlant ».
Bell a cité un passage d'une lettre qu'il avait écrite
à Gray, datée du 2 mars 1877, qui a servi de preuve dans
certaines affaires de brevets Bell, comme suit :
« Je n'ai généralement pas fait allusion
à votre nom en lien avec l'invention du « téléphone »
électrique, car nous semblons attribuer des significations différentes
à ce mot. J'applique ce terme uniquement à un appareil
de transmission de la voix (ce qui correspond strictement à sa
dérivation), tandis que vous semblez l'utiliser pour désigner
tout appareil de transmission de sons musicaux par courant électrique.».
Il a également abordé la transmission des sons par des
tiges de bois, des fils, le « télégraphe des
amoureux » et d'autres moyens.
La lettre de Bell est close.
Une phrase, apparaissant au début de la communication, était
la suivante : « J'ai baptisé mon appareil « Le
Téléphone Électrique Parlant », mais
le monde l'a abrégé en « Téléphone »
seul.»
Au vu des événements, cette affirmation a du poids. Car
le mot « téléphone », dans son usage
moderne, résume en trois syllabes toute l'histoire du développement
de la communication vocale, depuis le brevet initial du Dr Bell jusqu'au
téléphone par l'internet.
sommaire
En poursuivant mes recherches je suis amené
à consuleter le livre : "THE TELEPHONE AND TELEPHONE
EXCHANGES THEIR INVENTION AND DEVELOPMENT" de . E. KINGSBURY,
M.I.E.E. en 1915, qui commence son ouvrage par ce paragraphe sur l'origine
du mot Téléphone.
Avant l'avènement du téléphone
électrique parlant, il existait des appareils appelés
« téléphones » permettant de transmettre la
parole sans pour autant fonctionner à l'électricité,
tandis que d'autres, fonctionnant à l'électricité,
ne permettaient pas de converser.
Des télégraphes acoustiques ont été qualifiés
de téléphones et, inversement, des téléphones
ont été désignés sous le nom de télégraphes
parlants.
À une époque antérieure, les efforts visant à
accroître la portée de la transmission de la parole se
limitaient à l'utilisation soit d'une sorte de pavillon (ou trompette
acoustique) pour amplifier l'émission ou la réception
les ondes sonores traversant l'espace libre étant soumises
à l'effet d'atténuation de l'atmosphère soit d'un
tube reliant l'émetteur au récepteur, à l'intérieur
duquel les ondes sonores étaient confinées.
Un modèle de trompette acoustique fut présenté
à la Royal Society en 1668 ; à son sujet, un contemporain
écrivit :
« J'ai fait l'essai de l'Otacousticon, qui n'était en
fait qu'une grande bouteille de verre dont le fond avait été
brisé ; en plaçant le goulot contre mon oreille, j'entendais
distinctement le clapotis des rames des bateaux sur la Tamise depuis
la fenêtre de la galerie Arundel, ce qui m'était absolument
impossible sans cet instrument. »
Le
porte-voix fut mis au point par Sir Samuel Morland,
maître mécanicien de Charles II. Morland publia un traité
détaillé sur le sujet. Voici la transcription littérale
de la page de titre : Tuba Stentoro-Phonica, un instrument d'une
grande utilité tant en mer qu'à terre ; inventé
et expérimenté sous diverses formes en l'an 1670 et humblement
présenté à Sa Très Excellente Majesté
le Roi Charles II en 1671 par S. Morland. Ces instruments (ou porte-voix),
de toutes tailles et dimensions, sont fabriqués et vendus par
M. Simon Beal, l'un des trompettes de Sa Majesté, à Suffolk
Street, Londres. Imprimé par W. Godbid et en vente chez M. Pitt,
à l'enseigne du White Hart à Little Britain, 1671.
L'ouvrage décrit et illustre plusieurs
trompettes ; il contient la copie d'une lettre du père Digby
à Lord Arlington, secrétaire d'État principal,
montrant que le Roi portait un grand intérêt à ces
trompettes la lettre ayant été rédigée
« comme le meilleur moyen de satisfaire Sa Majesté à
leur sujet » et inclut également « Un bref
discours sur la nature des sons et la manière dont (selon moi)
ils sont amplifiés, ou plutôt multipliés, par la
*Tuba Stentoro-Phonica* ».
Les résultats pratiques sont consignés dans un compte
rendu ou résumé d'époque comparable à
ce que l'on trouverait aujourd'hui dans des publications comme *Science
Abstracts* paru dans les *Philosophical Transactions* :
L'auteur de cet instrument relate d'abord les divers essais effectués
; le plus notable concerna le plus grand modèle utilisé
jusqu'alors, façonné en trompette, mesurant 5 pieds 6
pouces de long, avec un diamètre de 21 pouces à l'extrémité
large et de 2 pouces à l'extrémité étroite.
Lorsque, sur ordre exprès de Sa Majesté, il fut mis à
l'essai au château de Deal par son gouverneur, la voix fut clairement
entendue depuis le large, jusqu'à la distance où les navires
du Roi mouillent habituellement soit entre deux et trois milles
alors même que le vent soufflait depuis la terre.
C'est à ce porte-voix de Morland que Samuel Butler fait allusion
dans la troisième partie de *Hudibras*, publiée
en 1678 :
J'entendis un bruit formidable,
Aussi puissant que la voix « stentorophonique »,
Qui rugissait au loin.
La paternité du porte-voix a suscité une
controverse, tout comme, plus tard, celle du téléphone.
Butler le décrit d'ailleurs comme une « vieille
invention affublée d'un nouveau nom ». Toutefois, le débat
opposait principalement Morland à Kircher.
Le Dr Derham (1657-1735), éminent théologien et
naturaliste anglais, en attribuait le mérite à ce dernier.
Un siècle plus tard, le professeur Beckmann, de l'université
de Göttingen, a examiné attentivement les éléments
du dossier dans son ouvrage *Histoire
des inventions et des découvertes* (traduit par William Johnston
et publié par J. Bell, au 148 Oxford Street, à Londres)
en 1797.
Beckmann rapporte que « Derham refuse la paternité de l'invention
à son compatriote pour l'attribuer à Kircher ».
Mais Beckmann lui rend la pareille : il dénie cette invention
à son propre compatriote pour l'attribuer à Morland.
Kircher [dit-il] prétend avoir fait installer
une telle machine au collège des Jésuites dès l'année
1649. Mais, en supposant que cela soit vrai, on peut seulement dire
qu'il s'est alors beaucoup rapproché de l'invention du porte-voix,
au moyen d'un instrument qui, en réalité, était
conçu pour amplifier l'audition et non la voix ; par conséquent,
ce qu'il affirmait dans sa préface de 1673 à savoir
qu'il avait décrit vingt ans plus tôt, dans sa *Musurgia*,
la trompette inventée en Angleterre n'est vrai qu'à
moitié.
Une distinction importante s'établit ainsi entre le porte-voix,
destiné à amplifier les sons émis, et la trompette
acoustique, destinée à accroître l'audibilité
des sons reçus. Beckmann était enclin à attribuer
à Kircher l'invention d'un dispositif de réception tout
en lui déniant le mérite d'avoir inventé un dispositif
d'émission.
Toutefois, l'analyse et le verdict concernant ces prétentions
concurrentes tirent leur principal intérêt de l'accent
mis sur le critère de l'utilité pratique :
Lorsque je réunis tous les éléments en faveur de
Kircher, il semble certain qu'il a fait connaître et a utilisé
la trompette acoustique avant le porte-voix portable ; qu'il s'est certes
beaucoup rapproché de l'invention de ce dernier, mais qu'il n'en
a pas fait construire avant Sir [Samuel] Morland, à qui revient
l'honneur de l'avoir porté au point de le rendre réellement
utile.
Si efficace qu'ait pu être le porte-voix
pour la marine de Sa Majesté au XVIIe siècle, il ne répondait
plus aux exigences du service au XIXe siècle.
Les pavillons et les sémaphores avaient une portée supérieure,
bien que le recours à des codes limitât leur expressivité.
Avant de devenir un auteur de fiction hors pair, le capitaine Marryat
fut l'inventeur (en 1817) du code de signaux le plus complet jamais
mis au point ; ce système fut adopté tant par la marine
royale et la marine marchande de Grande-Bretagne que par les marines
de nations étrangères. Toutefois, aussi parfait fût-il,
ce code ne pouvait être transmis par pavillons ou sémaphores
que lorsque les conditions atmosphériques assuraient une bonne
visibilité.
En 1845, un autre capitaine, nommé John Taylor,
inventa un instrument destiné à transmettre des signaux
par temps de brouillard au moyen de sons produits par de l'air comprimé
propulsé dans des trompettes. Cet instrument fut baptisé
« le Téléphone » et fait l'objet
d'une brève description dans le *Year Book of Facts in Science
and Art* de 1845 (p. 55). La même publication décrit, en
1854 (p. 130), un « nouveau téléphone
». Il s'agissait d'une invention de M. Sudre, de Paris
; son principe ne différait pas sensiblement de celui de Taylor,
mais M. Sudre avait probablement mis au point un code plus complet.
Le système reposait sur trois notes et, lors d'une démonstration
pratique, M. Sudre émettait ces notes pour transmettre une phrase
préalablement écrite.
L'Institut de France et d'autres organismes scientifiques
auraient, dit-on, couvert cette invention d'« éloges enthousiastes
».
Lors de l'Exposition de Londres de 1851, Francis Whishaw, établi
au 9 John Street (Adelphi), présenta un « téléphone
en gutta-percha » ; bien que l'appareil ne soit pas décrit,
l'usage antérieur du terme « téléphone »
pour désigner des instruments de type porte-voix permet de supposer
qu'il s'agissait d'un porte-voix. Ce même fabricant exposa le
*telekouphonon*, qui fait l'objet d'une description et
d'une illustration. Il s'agit du familier tube acoustique domestique
ou « télégraphe parlant » constitué
d'un conduit en gutta-percha, en verre, en métal ou en tout autre
matériau approprié.
Un article consacré à la gutta-percha et à ses
applications, paru dans l'ouvrage *Stories of Inventors and Discoverers*
(1860, p. 328), affirme que M. Whishaw avait découvert très
tôt les propriétés remarquables de la gutta-percha
pour la transmission du son et avait, en conséquence, créé
le *Telekouphonon* (ou porte-voix) ; grâce à ce dispositif,
il suffisait de chuchoter pour que la voix soit transmise distinctement
sur une distance de trois quarts de mile, permettant ainsi de soutenir
une conversation.
L'auteur n'a pas transcrit le nom correctement, mais il est moins éloigné
de la réalité que le jury, dont le rapport mentionne le
terme *telekerephona*.
Puisque le « telekouphonon »
selon la désignation du catalogue était un tube
acoustique à usage domestique et non un porte-voix, il est probable
que ce nom ait été introduit par erreur dans l'article
cité. L'objet visé était vraisemblablement un porte-voix
en gutta-percha, lequel avait été répertorié
sous le nom de « téléphone en gutta-percha ».
Bien que le mot « téléphone » ait été
appliqué à des porte-voix de signalisation, il ne semble
pas s'être imposé en Angleterre pour désigner les
tubes acoustiques comme ce fut le cas en Allemagne. L'examinateur du
Bureau des brevets des États-Unis cite deux références
datant de 1869 et une de 1871 pour démontrer que « le tube
acoustique ordinaire était connu en Allemagne sous le nom de
"Téléphone" ».
Le journal *Didaskalia*, publié à Francfort, évoquait
dans son numéro du 28 septembre 1854 la suggestion de Bourseul
concernant la transmission électrique de la parole sous le titre
« Electrische Telephonie » ; de même,
Reis donna le nom de « Téléphone
» à l'appareil qu'il conçut en 1861.
L'usage antérieur du mot « téléphone »
pour désigner des appareils mis au point par Wheatstone est abordé
dans d'autres pages de ce site.
Alors que le porte-voix fait l'objet d'une section distincte dans l'histoire
de Beckmann, les machines parlantes sont, de manière assez inquiétante,
classées dans un chapitre intitulé « Jongleurs ».
Les premières machines de ce genre étaient soit conçues
pour dissimuler un complice, soit constituées de dispositifs
reliés par un tube acoustique à un point éloigné
où ce complice se trouvait plus sûrement caché.
C'est cette dernière méthode qui était généralement
adoptée lorsque ces artifices étaient utilisés
à des fins religieuses. Il est impossible de déterminer
avec certitude [affirme Beckmann] si la tête d'Orphée parlait
réellement sur l'île de Lesbos ou si, ce qui est plus probable,
les réponses lui étaient transmises par les prêtres
comme ce fut le cas pour le trépied de Delphes. Que l'imposteur
Alexandre ait fait parler son Esculape de la sorte, c'est ce que rapporte
expressément Lucian (History of Inventions, iii. 333.)
Ces machines parlantes, censées répondre
à diverses questions qui leur étaient soumises, prenaient
la forme d'une silhouette ou parfois d'une simple tête
posée sur un coffre dont la façade, « pour
mieux entretenir l'illusion », dissimulait un soufflet, une table
d'harmonie, un cylindre et des tuyaux censés représenter
les organes de la parole. L'opinion publique à l'égard
de ces machines était partagée : certains soutenaient
que la voix émanait de la machine elle-même, d'autres que
l'opérateur répondait en parlant comme le font les ventriloques,
tandis que d'autres encore croyaient que les réponses étaient
fournies par un homme dissimulé quelque part. Une fois l'illusion
percée à jour, la foule s'estimait en droit de se venger
d'avoir été dupée une réaction que
l'historien jugeait manifestement fort déraisonnable. Il écrit
: Pour ma part, je ne vois pas pourquoi un
jongleur, muni d'une machine parlante, serait un imposteur plus coupable
que celui qui prétend cracher du feu et avaler de l'huile bouillante,
ou faire parler des marionnettes, comme dans le théâtre
d'ombres chinois. Les spectateurs paient pour le plaisir qu'ils retirent
d'une supercherie bien dissimulée, et leur satisfaction est d'autant
plus grande qu'elle est difficile à découvrir.
Au XVIII siècle, les automates suscitèrent un vif intérêt.
Des joueurs d'échecs, des oiseaux chanteurs et autres engins
mécaniques furent construits pour l'édification ou le
divertissement des cours européennes.
Inutiles en eux-mêmes, ils contribuèrent probablement à
développer le savoir-faire des mécaniciens, dont les aspirations
s'étendirent des joueurs d'échecs et des oiseaux chanteurs
aux machines parlantes. Vers la fin du siècle, l'intérêt
scientifique pour la parole s'accrut, et c'est à l'Académie
impériale de Saint-Pétersbourg (ou Petrograd) que l'on
doit le premier encouragement significatif à la recherche.
En 1779, l'Académie proposa deux questions pour le prix annuel.
- Premièrement, quelle était la nature et le caractère
des voyelles a e i o u, « si différentes les unes des autres
» ?
- Deuxièmement, pouvait-on construire un instrument semblable
aux tuyaux de la voix humaine de l'orgue, qui exprimerait fidèlement
les sons des voyelles ?
Le prix fut décerné au professeur Kratzenstein,
qui construisit une série de tubes qui, appliqués aux
soufflets d'un orgue, imitaient avec une précision acceptable
les cinq sons vocaliques requis. Ces tubes étaient d'une forme
des plus grotesques et complexes, sans qu'aucune raison ne soit donnée,
si ce n'est que l'expérience avait démontré que
ces formes étaient les mieux adaptées à la production
des son en question. Certains tuyaux étaient rendus sonores par
l'application d'anches vibrantes, comme celles des clarinettes. Tandis
que d'autres étaient ouvertes à la manière d'un
tuyau d'orgue ordinaire.
En 1791, De Kempelen, de Vienne, publia la description de sa
machine parlante dans laquelle les soufflets et les tuyaux n'étaient
pas fournis à des fins trompeuses, mais, comme ceux de Kratzenstein,
étaient réellement utilisés. De Kempelen tenta
d'imiter non seulement les voyelles, mais aussi les consonnes.
Consultez (en pdf) le livre de Kempelen "LE
MÉCANISME DE LA PAROLE suivi DE LA DESCRIPTION D'UNE MACHINE
PARLANTE"
M. Willis, de Cambridge (1829), était moins ambitieux
mais plus méticuleux. Il limita ses efforts aux voyelles et posa
les fondements de la recherche scientifique que Wheatstone et Helmholtz
poursuivirent.
Un contemporain de Wheatstone dans l'analyse des sons de la parole était
le Dr Rush, de Philadelphie, qui écrivit un ouvrage intitulé
« La Philosophie de la voix humaine ».
M. Reale présenta devant l'American Philosophical Society,
en 1843, une machine capable d'énoncer diverses lettres et mots.
On raconte que la construction de cet instrument lui prit seize ans,
et qu'il le détruisit « dans un accès de frénésie,
sans doute de désespoir » ; et le professeur Faber
de Vienne produisit une machine, considérée comme plus
performante que toutes ses prédécesseures, qui fut exposée
à Londres en 1846.
Dans toutes les machines de ce type, les concepteurs cherchaient à
produire la parole. Ils n'y parvinrent que dans une gamme très
limitée, et même alors, de façon très imparfaite.
Les soi-disant machines parlantes qui parlaient étaient en réalité
des tubes acoustiques avec un locuteur à une extrémité
et un auditeur à l'autre, le milieu conducteur étant l'air,
les ondes qui atteignaient l'oreille étant les ondes directement
produites par la voix, mais conservant leur
puissance à une plus grande distance que dans l'atmosphère
car les parois du tube réduisaient la perte d'énergie
due à la propagation sphérique.
L'utilisation d'un milieu solide pour la transmission du son à
distance a été développée par Wheatstone,
qui, dans l'introduction de son article « Sur la transmission
des sons musicaux à travers des conducteurs linéaires
solides et sur leur réciprocité ultérieure »,
publie Le phénomène de transmission du son à
travers les corps solides comme lorsqu'on applique une extrémité
d'un bâton ou d'une tige métallique contre son oreille
tout en frappant ou en grattant l'autre extrémité
n'avait pas échappé aux observations des philosophes de
l'Antiquité ; toutefois, on a longtemps cru à tort que
seul un milieu aériforme était capable de transmettre
les impressions sonores.
C'est en vertu de cette opinion que Lord Bacon, en évoquant
cette expérience, supposa que le son se propageait grâce
à des esprits contenus dans les pores du corps. Les premières
observations exactes à ce sujet semblent avoir été
réalisées par le Dr
Hooke en 1667 ; il utilisa un fil tendu d'une longueur suffisante
pour constater que le son se propageait bien plus rapidement à
travers le fil que dans l'air. En 1788, le professeur Wunsch,
de Berlin, réalisa une expérience similaire en remplaçant
le fil par des lattes de bois assemblées sur une longueur de
1728 pieds, confirmant ainsi les résultats du Dr Hooke.
Beckmann mentionne plus précisément les philosophes de
l'Antiquité à ce sujet. « On avait remarqué
», dit-il, « dès l'époque de Pline, que le
moindre contact sur une poutre en bois pouvait être perçu
si l'on plaçait l'oreille à l'autre extrémité.
»
L'année 1667, indiquée par Wheatstone comme étant
celle des observations du Dr Hooke, a été généralement
retenue par les auteurs ultérieurs. Dans une note de son article,
Wheatstone cite la préface de l'ouvrage *Micrographia* de Hooke.
L'édition de cet ouvrage publiée en 1667 était
la deuxième. La première parut en 1665, après avoir
été « ordonnée pour impression par le Conseil
de la Royal Society le 23 novembre 1664 ». Le paragraphe partiellement
cité par Wheatstone figure dans la première édition
(1665), à la huitième page de la préface ; le texte
intégral en est le suivant :
De même que les lunettes ont considérablement amélioré
notre vue, il n'est pas improbable que l'on découvre de nombreuses
inventions mécaniques permettant d'améliorer nos autres
sens : l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher.
Il n'est pas impossible d'entendre un murmure à un stade de distance,
cela ayant déjà été réalisé
; et la nature du phénomène ne rendrait pas la chose plus
impossible si cette distance venait à être décuplée.
Bien que certains auteurs célèbres aient affirmé
qu'il était impossible d'entendre à travers la plus fine
lame de mica (ou « verre de Moscovie »), je connais un moyen
permettant d'entendre aisément quelqu'un parler à travers
un mur d'une yard d'épaisseur. On n'a pas encore examiné
à fond jusqu'où les appareils acoustiques pouvaient être
perfectionnés, ni quels autres moyens pourraient exister pour
aiguiser notre ouïe ou transmettre le son par d'autres supports
que l'air ; car ce dernier n'est pas le seul milieu de propagation.
Je puis assurer au lecteur qu'à l'aide d'un fil métallique
tendu, j'ai propagé le son sur une distance très considérable
en un instant ou avec une rapidité apparente comparable
à celle de la lumière, et du moins incomparablement supérieure
à celle de la propagation simultanée dans l'air ; et ce,
non seulement en ligne droite, mais aussi le long d'un tracé
comportant de nombreux angles.
Dix ans avant de rédiger son mémoire pour la Royal Institution,
Charles Wheatstone mit au point, en 1821 alors qu'il assistait
son oncle, facteur d'instruments de musique , une méthode
pour transmettre de la musique au moyen de tiges en bois. À l'extrémité
émettrice, la tige était fixée à un piano,
et à l'extrémité réceptrice, à une
table d'harmonie conçue pour évoquer une lyre antique,
symbole traditionnel de la musique dans les arts et la littérature.
Le dispositif suscita un vif intérêt tant dans les milieux
scientifiques que parmi le grand public. Des comptes rendus de la démonstration
parurent dans le *Repository of Arts* (1er septembre) et la *Literary
Gazette* (15 septembre 1821), mais le principe de fonctionnement ne
fut pas dévoilé.
Dans son article intitulé « Nouvelles expériences
sur le son » (*New Experiments on Sound*), publié en 1823
dans les *Annals of Philosophy* de Thomson, Wheatstone en a donné
une description complète. « Lors de mes premières
expériences sur ce sujet [dit-il], je plaçais un diapason,
ou une corde tendue sur un archet, à l'extrémité
d'une tige de verre ou de métal de cinq pieds de long, en contact
avec une table d'harmonie ; le son était perçu aussi instantanément
que lorsque le diapason était en contact direct, et il cessait
aussitôt que l'on retirait la tige de la table d'harmonie ou le
diapason de la tige. Il est donc évident que les vibrations,
inaudibles durant leur transmission, deviennent très nettement
perceptibles lorsqu'elles sont amplifiées par la rencontre avec
un corps sonore. En poursuivant mes recherches, j'ai découvert
le moyen de transmettre, au moyen de tiges beaucoup plus longues et
très épaisses, les sons de tous les instruments de musique
reposant sur la vibration de corps solides, ainsi que ceux de nombreux
types d'instruments à vent. Il est étonnant de constater
comment toutes les nuances de hauteur, de timbre et d'audibilité,
ainsi que toutes les combinaisons harmoniques, sont ainsi transmises
sans altération et rendues à nouveau audibles grâce
à la liaison avec un récepteur approprié.
L'une des applications pratiques de cette découverte a été
présentée à Londres il y a environ deux ans sous
le nom de "Lyre enchantée".
L'illusion était si parfaite en raison de l'intense état
vibratoire de l'instrument récepteur et de l'occultation des
sons provenant de l'instrument émetteur distant que l'on
a universellement considéré ce dispositif comme l'un des
chefs-d'uvre d'ingéniosité en matière de
mécanisme musical. »
L'affirmation selon laquelle Wheatstone aurait qualifié la «
lyre enchantée » de « téléphone
» figure dans la plupart des ouvrages traitant du sujet, mais,
pour autant que j'aie pu les examiner, sans aucune référence
à une source ou à une autorité précise.
On en a généralement déduit que la lyre enchantée
portait le nom de « téléphone » dès
sa création ; si cela s'avérait exact, l'origine du mot
remonterait à 1821. Or, il existait de bonnes raisons pour ne
pas lui attribuer une telle appellation descriptive à l'époque.
Un certain mystère était nécessaire pour susciter
l'intérêt du public. Wheatstone mimait le geste de remonter
la lyre à l'aide d'une clé, mais aucun des auteurs d'articles
de revues ne s'y est laissé prendre. La conclusion de la démonstration
fut considérée comme « manifestement une simple
ruse ». Par ailleurs, le *Repository of Arts* jugea bon d'ajouter
la déclaration de M. Wheatstone selon laquelle l'exposition illustrait
« l'application d'un principe général de transmission
du son, principe qu'il se disait capable d'exploiter bien plus avant
». Le léger subterfuge employé s'apparentait à
celui du prestidigitateur qui suscite l'intérêt par la
mystification ; il montre toutefois que Wheatstone ne souhaitait pas,
à l'époque, fournir autant d'explications qu'il l'aurait
fait s'il avait qualifié son invention de « téléphone
».
Le nom de « Lyre enchantée » était trop simple
pour se suffire à lui seul et nécessitait d'être
complété par un terme composé issu d'une langue
morte.
Ce nom alternatif était l'« Acoucryptophone
», terme qui intégrait la notion de mystère ou de
secret.
Toutefois, Wheatstone s'abstint de qualifier l'appareil de « téléphone
», et ce, même à ce stade précoce. Ni dans
les *Annals of Philosophy* de Thomson (1823), où le principe
de fonctionnement fut révélé pour la première
fois, ni dans aucune description ultérieure figurant dans le
recueil de ses travaux, Wheatstone n'emploie le mot « téléphone
». C'est pourtant un terme qu'il aurait pu inventer et
qu'il a probablement inventé , mais il est douteux que
cela se soit produit avant la mise en service du télégraphe
électrique.
Wheatstone collabora avec Cooke à la mise au point et au lancement
de leur télégraphe électrique en 1837.
Trois ans plus tard, à la suite d'un malentendu concernant leurs
« positions respectives au regard de l'invention », on eut
recours à l'arbitrage de Sir M. Isambard Brunel et du professeur
J. F. Daniell. Au cours de cette procédure d'arbitrage, convenue
le 16 novembre 1840, le mot « téléphone »
est fréquemment employé ; il s'agit probablement de sa
première apparition.
Dans une brochure imprimée exposant sa position, le professeur
Wheatstone déclare :
« La question de la communication télégraphique
a occupé mes pensées pendant de nombreuses années.
Lorsque j'ai découvert, en 1823, que des sons de toute nature
pouvaient être transmis parfaitement et avec puissance par l'intermédiaire
de fils et de tiges solides, pour être ensuite reproduits à
distance, j'ai pensé disposer d'un moyen efficace et économique
d'établir une communication télégraphique (ou plutôt
téléphonique) entre deux lieux éloignés.
»
Dans ce même document, il évoque sa proposition de télégraphe
à deux fils, utilisant des étincelles électriques
et son miroir tournant. Il en donne une brève description et
ajoute :
« Je n'ai pas poursuivi ces expériences, mais les principes
qui y étaient mis en uvre m'ont été d'une
grande utilité dans mes recherches les plus récentes.
» Mon téléphone rythmique, inventé l'année
dernière [1839], n'en est qu'une modification, dans laquelle
les coups d'une cloche sont substitués aux étincelles,
et le courant voltaïque à la décharge électrique.
Alors que Wheatstone lui-même n'emploie le mot « téléphone
» qu'en relation avec une sonnerie électrique, et le mot
« téléphonique » de manière incidente
par souci de précision terminologique, ses adversaires dans la
procédure d'arbitrage désignent fréquemment son
appareil sous le nom de « téléphone ».
Dans l'exposé de M. Wilson présenté aux arbitres
le 27 février 1841, en guise d'introduction aux éléments
de preuve devant être produits pour le compte de M. Cooke, il
est fait référence à maintes reprises au «
téléphone » .
Je soutiens, Messieurs, que cest alors [après que Cooke
lui a été présenté], et pas avant, que le
professeur Wheatstone sest intéressé au télégraphe
électrique pratique ; et que, jusquà cette date,
il navait rien réalisé de plus concret que son télégraphe
à électricité ordinaire avec miroir tournant, ou
que son idée mentionnée dans sa lettre dun
téléphone reliant Londres à Édimbourg.
Il est manifeste que le professeur Wheatstone sétait penché
sur le téléphone et le télégraphe électrique
pendant quatorze ou quinze ans sans aboutir à aucun résultat
pratique. Il existe dautres références de même
nature, mais il est inutile de les citer davantage.
En 1841, le mot « téléphone » nest pas
employé par Wheatstone lui-même, mais par le représentant
juridique de la partie adverse, et il lest plus souvent que ne
lexigeait réellement la situation. Il faut en chercher
la raison dans la nature même de la question soumise à
larbitrage : à qui revenait le mérite davoir
introduit le télégraphe électrique pratique ?
Lusage fréquent du mot « téléphone
» par lavocat de M. Cooke sexplique probablement par
sa volonté de souligner le caractère irréalisable
de lidée de Wheatstone. Le terme « téléphone
» servait, en fait, de reproche. Il désignait une invention
peu pratique et sans lendemain, alors que le télégraphe
électrique, lui, était le « télégraphe
électrique pratique » et que les travaux de Cooke en la
matière avaient apporté un avantage considérable
au public.
Compte tenu de lobjet de larbitrage, cette ligne dargumentation
nétait pas injustifiée. Malgré tout lintérêt
scientifique de lexpérience de la « lyre enchantée
», celle-ci navait jamais dépassé, sur le
plan pratique, le stade dune communication dune pièce
à lautre.
Toutefois, quelle quait pu être lappellation antérieure
sujet qui prête à une certaine incertitude ,
cest le terme « téléphone » qui, par
la suite, a été le plus couramment employé pour
désigner ce dispositif.
En 1855, une démonstration eut lieu à la Polytechnic Institution
devant la reine Victoria ; M. C. K. Salaman la qualifia de « concert
téléphonique » dans une lettre adressée
à la revue *The Choir*, et une illustration accompagnant une
version de cet appareil adaptée à une table de conférence
porte le titre de « Concert téléphonique miniature
» dans l'ouvrage de Pepper intitulé *Cyclopaedic Science
Simplified*, publié en 1869. Tyndall utilisa cette illustration
lors d'une série de conférences sur le son à la
Society of Arts. L e *Journal* de la Société*, daté
du 5 mai 1871, indique que « parmi de nombreuses autres illustrations
intéressantes figurait un exemple du "concert téléphonique"
de Sir Charles Wheatstone ». Par ailleurs, le *Handbook to the
Special Loan Collection of Scientific Apparatus* (1876) précise
que la transmission du son dans le bois « fut démontrée
de manière ingénieuse par Wheatstone. Son téléphone
se composait de longues tiges de pin léger », etc.
La proposition de Wheatstone n'avait rien de commun avec le téléphone
d'usage courant aujourd'hui. Il visait la transmission mécanique
ou moléculaire des vibrations acoustiques et, même sur
ce plan (hormis pour des démonstrations purement locales), il
n'avait pas dépassé le stade de la simple suggestion.
C'est sous un angle théorique plutôt que pratique qu'il
convient d'envisager cette suggestion, que l'avocat de M. Cooke qualifiait
de « téléphone ».
La conclusion de l'article de Wheatstone, dont le passage introductif
a été cité à la page, s'énonce comme
suit :
Lorsque le son se diffuse dans toutes les directions à partir
d'un centre, son intensité diminue, selon la théorie,
en raison inverse du carré de la distance ; en revanche, s'il
est canalisé dans une direction rectiligne unique, aucune diminution
d'intensité ne devrait se produire. Toutefois, cela suppose que
le corps conducteur soit parfaitement homogène et de structure
uniforme, des conditions qui ne sont jamais réunies dans nos
expériences réelles. Si l'on parvenait à rendre
une substance conductrice parfaitement uniforme en densité et
en élasticité, de manière à permettre aux
ondes de se propager à une vitesse constante, sans réflexions
ni interférences, il serait tout aussi aisé de transmettre
des sons d'Aberdeen à Londres à travers de tels conducteurs
qu'il l'est aujourd'hui d'établir une communication d'une pièce
à l'autre. Il appartiendra aux savants de l'avenir de déterminer
s'il est possible de rendre une substance ainsi homogène et uniforme.
Wheatstone percevait clairement les limites de toute méthode
de transmission fondée sur une approche moléculaire, tout
comme il saisissait les avantages considérables qu'offrirait
la transmission de la parole si une méthode viable venait à
être découverte.
Il poursuit en ces termes :
La transmission à longue distance et la multiplication des exécutions
musicales sont des objectifs bien moins importants que la transmission
des articulations de la parole. J'ai constaté par l'expérience
que toutes ces articulations, ainsi que les inflexions musicales de
la voix, peuvent être transmises parfaitement, bien que faiblement,
à l'un quelconque des instruments récepteurs décrits
précédemment, en reliant le conducteur soit directement
à une partie du cou ou de la tête proche du larynx, soit
à la table d'harmonie contre laquelle la bouche de l'orateur
ou du chanteur est étroitement appliquée.
La difficulté, qui semble presque insurmontable, de transmettre
à des corps solides, avec une intensité suffisante, des
sons produits dans l'air pourrait nous faire désespérer
de tout succès ultérieur ; mais si des articulations semblables
à celles produites par les organes de la parole humaine pouvaient
être engendrées directement au sein de corps solides, leur
transmission pourrait s'effectuer avec n'importe quel degré d'intensité
requis. Certaines recherches récentes permettent d'espérer
que nous sommes proches d'atteindre ces objectifs ; et si l'on parvenait
à obtenir ainsi toutes les articulations, la construction d'une
machine capable de les agencer en syllabes, en mots et en phrases ne
nécessiterait aucune connaissance au-delà de celles que
nous possédons déjà.
Nous restons dans l'incertitude quant à la nature de la machine
à construire. Les « instruments récepteurs décrits
précédemment » étaient du type table d'harmonie
ou lyre, de conception relativement simple, mais une machine dont la
fonction serait d'agencer les vibrations transmises « en syllabes,
en mots et en phrases » suggère un dispositif bien plus
complexe. Il semble que l'on ait supposé que la reproduction
de la parole nécessiterait des mécanismes complexes capables
de la produire artificiellement.
La suggestion de Bourseul (1854) et les tentatives expérimentales
de Reis (1861) n'ont guère contribué à dissiper
cette idée. Si l'on se demandait qui, parmi les prédécesseurs
du véritable inventeur, aurait dû créer le téléphone,
la réponse s'imposerait sans hésitation : Charles Wheatstone.
Il fut le premier à mener des expériences pratiques dans
ce domaine. Ses études en acoustique étaient originales
et approfondies. Il fut le premier à énoncer la théorie
des timbres vocaliques. Il possédait également de solides
connaissances en électricité et dans ses applications
pratiques. Il était renommé pour ses inventions mécaniques
ingénieuses et disposait d'une équipe d'ouvriers spécialement
formés pour réaliser, sous forme d'instruments d'une finition
parfaite, les créations issues de son esprit. Toutefois, l'idée
exposée dans son article de 1831 selon laquelle des machines
complexes étaient indispensables à la transmission de
la parole ne fut pas abandonnée. Malgré l'optimisme
de Wheatstone quant à la possibilité de fabriquer de telles
machines, il n'est guère surprenant que les inventeurs aient
hésité à se lancer dans une entreprise où
les expériences s'annonçaient coûteuses et les chances
de succès bien minces. Même dans les milieux scientifiques,
la parole humaine conservait une part de mystère et de magie.
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