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Contre-interrogatoire 351. Je vous saurais gré d'expliquer pourquoi le diapason de Helmholtz ne produirait pas le même effet que l'une de vos barres plates, auxquelles vous faites référence. Pour cette explication, je suppose que, dans l'expérience évoquée, on remplace la barre plate par un diapason de Helmholtz, tous les autres éléments restant inchangés. R : Je n'ai pas affirmé que le diapason de Helmholtz ne produirait pas le même effet ; j'ai simplement indiqué que cette expérience n'avait jamais été tentée, à ma connaissance. Ce que j'ai dit, en substance, c'est que même si le même effet devait se produire (ce qui relève évidemment de la pure spéculation, puisque l'expérience n'a jamais été réalisée), le diapason en raison d'une surface trop réduite et d'une épaisseur ou profondeur trop importante ne constituerait pas, contrairement à la plaque plate que j'ai utilisée en novembre 1873, un diaphragme métallique appliqué contre l'oreille lorsqu'on l'y presse. Contre-interrogatoire. 352. Pouvez-vous me donner une idée de la différence de surface entre la face supérieure de l'un des plus grands diapasons récepteurs de Helmholtz et la face supérieure de la lame que vous avez utilisée dans vos expériences ? R. Je ne connais pas les dimensions des diapasons employés par Helmholtz, mais il ressort clairement de la configuration habituelle d'un diapason que plus la surface de la face supérieure de l'un de ses diapasons est grande, plus l'épaisseur de la branche doit être importante ; le rapport entre la surface et l'épaisseur étant, je suppose, sensiblement le même que pour les diapasons ordinaires que nous connaissons tous. Je dirais que la face supérieure de la plaque plate utilisée lors de mes expériences de novembre 1873 mesurait environ six pouces de longueur sur environ un pouce de largeur, et je pense que son épaisseur était d'environ un trente-deuxième de pouce. Je ne prétends pas à une précision absolue, mais j'estime que ces dimensions donnent une assez bonne idée des caractéristiques de la plaque employée. Contre-interrogatoire n° 353. Puisque je déduis de votre interrogatoire principal que vous avez mené des expériences assez approfondies sur l'épaisseur des membranes, je vous demanderai : quelle peut être l'épaisseur de la membrane d'un téléphone récepteur tout en permettant de transmettre à l'oreille une parole compréhensible ? R. Il existe un rapport entre l'épaisseur et le diamètre d'une membrane adaptée à un téléphone électrique parlant. Ce rapport a été déterminé empiriquement grâce à de nombreuses expériences. On l'observe dans les membranes des téléphones électriques parlants actuellement en usage. Si l'on utilise des membranes d'un diamètre ordinaire mais plus épaisses que celles actuellement employées, on constate que chaque augmentation d'épaisseur nuit à l'intelligibilité de l'articulation en modifiant le caractère ou la qualité de la voix. Avec des membranes très épaisses de diamètre ordinaire, il se produit une sorte d'effet « Guignol » très désagréable. Par ailleurs, si l'on utilise des membranes de diamètre habituel mais plus fines, l'intelligibilité de la parole est également affectée ; un son creux et singulier altère l'articulation ; et avec des membranes très fines, l'effet produit donne l'impression que l'on parle la tête dans un tonneau ou une grotte. Enfin, supposons que vous utilisiez des membranes d'une épaisseur comparable à celles actuellement en usage, mais de diamètres différents : l'effet « Guignol » apparaît progressivement à mesure que l'on réduit le diamètre, tandis qu'un effet creux et résonnant se manifeste si l'on augmente ce diamètre. Je ne saurais dire exactement dans quelle mesure on peut augmenter l'épaisseur d'une membrane sans nuire à l'intelligibilité ; toutefois, tout écart par rapport au rapport entre le diamètre et l'épaisseur établi pour l'appareil commercial altère l'articulation et a un effet néfaste. Contre-interrogatoire, 354. Je relève l'affirmation suivante dans l'ouvrage de Prescott sur le téléphone, que vous avez cité lors de votre interrogatoire principal : « Dans les expériences que M. Bell a menées pour déterminer l'influence des divers éléments du téléphone sur les résultats obtenus, ainsi que leurs relations mutuelles lorsque l'on obtient les meilleurs effets, il a utilisé des plaques de fer de surfaces et d'épaisseurs variées, allant de la tôle de chaudière de trois huitièmes de pouce d'épaisseur jusqu'à la plaque la plus mince qu'il ait pu se procurer. Fait remarquable, il semble qu'aucune plaque ne soit trop mince ou trop épaisse pour cet usage, mais l'épaisseur idéale est celle de la plaque de ferrotype utilisée par les photographes. La tôle étamée mince convient également très bien. » Je trouve, au bas de la page du chapitre du livre contenant ce passage, une note de bas de page qui semble indiquer que ce texte est tiré de la *Westminster Review*, bien que je ne puisse l'affirmer avec certitude. Veuillez préciser si cette affirmation a été autorisée par vous ou non. R. : J'ignore quelle est la source de cette affirmation, mais elle est essentiellement exacte. À la suite de la dernière phrase que vous avez citée « Une fine plaque d'étain convient également très bien » il est indiqué : « La plaque de fer est découpée en forme de disque d'environ deux pouces de diamètre », etc. Le fer pour ferrotypes et l'étain fin de ce diamètre conviennent très bien. Avec des plaques plus épaisses, il fallait augmenter le diamètre pour obtenir les meilleurs résultats, tandis qu'avec des plaques plus fines, il valait mieux réduire le diamètre. Toutefois, on pouvait faire varier considérablement le diamètre et l'épaisseur sans nuire à l'intelligibilité de la parole, bien que chaque modification affectât le caractère ou la qualité de l'articulation. Contre-interrogatoire, question 355. Vos brevets n° 174 465 et n° 186 787 mentionnent-ils la longueur, la largeur ou l'épaisseur des membranes, ou bien l'un de ces brevets donne-t-il des indications quant aux dimensions des membranes ? Rép. : Dans ces brevets, je n'avais pas l'intention de me limiter à des membranes d'une longueur, d'une largeur et d'une épaisseur particulières, car je savais que ces paramètres pouvaient varier dans de larges proportions ; et j'estimais que des instruments construits à partir des descriptions et des dessins de ces brevets, par des personnes compétentes dans les domaines concernés, permettraient de transmettre la parole articulée. En ce qui concerne le brevet n° 174 465, je supposais que des membranes présentant le diamètre et l'épaisseur habituellement utilisés dans la fabrication des phonautographes et autres appareils de ce type conviendraient. En ce qui concerne le brevet n° 186 787, je supposais que tout ouvrier compétent comprendrait que l'embouchure située à l'extrémité du tube E, dans la figure 1, était destinée à couvrir la bouche et devait donc avoir approximativement la taille de l'embouchure habituelle utilisée sur les tubes acoustiques et les appareils de ce genre. Fort de cette compréhension, il tirerait des dessins des figures 2 et 3 une idée suffisamment précise du diamètre et de l'épaisseur des membranes métalliques pour être en mesure de construire, sans autre description que celle fournie dans le mémoire descriptif lui-même, un téléphone électrique fonctionnel. Contre-interrogatoire n° 356. Je déduis de votre dernière réponse que la membrane marquée A, dans la figure 2 de votre brevet n° 186 787, devait avoir une hauteur et une largeur correspondant environ à trois fois le diamètre d'un tube acoustique domestique ordinaire. Ma conclusion est-elle fondée sur votre témoignage ? R.. Je ne prétends pas avoir voulu limiter la taille ou la surface. Je ne dis donc pas que la membrane métallique marquée A, dans la figure 2, doit nécessairement avoir les dimensions indiquées dans votre question. Je veux simplement dire que si elle était construite selon ces dimensions, elle fonctionnerait. Contre-interrogatoire n° 837. Je vais poser la question sous une forme légèrement modifiée. Si la figure 2 avait été réalisée à une échelle dont l'unité de mesure aurait été une distance égale au diamètre de la partie cylindrique d'un tube acoustique domestique ordinaire, la membrane A aurait eu une hauteur d'environ trois unités de cette mesure et une largeur d'environ trois unités de cette mesure. « Ne serait-ce pas... » R. J'y réfléchis. Je n'ai pas mesuré le dessin, mais j'estime que ce serait probablement inférieur à cela. À vue d'il, cela semble représenter environ trois fois le diamètre du tube E et serait donc inférieur à trois fois le diamètre de l'embouchure. Contre-interrogatoire n° 358. Au cours de vos recherches en acoustique, avez-vous déjà eu l'occasion de vérifier le diamètre habituel de la partie cylindrique d'un tube acoustique domestique ordinaire ? R. Je ne crois pas l'avoir réellement mesuré. J'en ai simplement le souvenir général, que nous partageons tous, quant aux dimensions habituelles de ce type de tube. Contre-interrogatoire n° 359. Avez-vous déjà, jusqu'à présent, utilisé le fer-blanc ordinaire du commerce comme membrane pour un transmetteur ou un récepteur téléphonique ? R. Oui. J'ai utilisé le fer-blanc ordinaire du commerce,auquel je suppose que vous faites allusion. Contre-interrogatoire n° 360. À quand remonte, de mémoire, la première utilisation d'un fil de fer étamé ordinaire, comme diaphragme pour un émetteur ou un récepteur ? Pour répondre à cette question, vous n'êtes pas limité aux téléphones électriques. R. Je ne sais pas. Il ne m'est jamais venu à l'esprit de distinguer le fer étamé du fer non étamé, et je ne peux plus comparer les expériences réalisées avec le fer étamé du commerce à celles réalisées avec des feuilles de fer non étamées ; car, bien sûr, ces expériences ont eu lieu il y a de nombreuses années. Contre-interrogatoire 361. Du fait qu'il ne vous est jamais venu à l'esprit de distinguer si le fer était étamé ou non, je conclus que cela ne change rien, pour l'utilisation des diaphragmes téléphoniques, que le fer soit étamé ou non. Ai-je raison ? R. Je ne pense pas que cela fasse une grande différence. Contre-interrogatoire 362. Cela fait-il une quelconque différence ? R. Je suis sûr de ne pas savoir. Contre-interrogatoire 363. Vous dites, en réponse à la contre-interrogatoire 352, que vous pensez que l'extérieur de la plaque plate utilisée dans vos expériences de novembre 1873 avait une longueur d'environ six pouces, d'une largeur d'environ un pouce et d'une épaisseur d'environ un trente-deuxième de pouce. Cette plaque figure-t-elle sur les dessins que vous avez mentionnés lors de votre interrogatoire principal ? Je joins à cette question les dessins faisant partie de votre déclaration préliminaire sur les interférences télégraphiques harmoniques. R. De telles plaques sont représentées sur les figures 5 et 7 des dessins de ma déclaration préliminaire sur les interférences télégraphiques harmoniques. Le mode de montage de la plaque, sous la forme d'un appareil appliqué contre l'oreille lors de mes expériences de novembre 1873, est décrit dans ma présente déposition en réponse à la question 22. J'ai décrit et représenté cet appareil dans l'affaire Dowd, en réponse à la question 18, où j'ai déclaré : « Je vais maintenant faire un dessin de mon appareil de réception préféré de novembre 1873. » Je joins ici une copie du dessin auquel il est fait référence. ![]() Contre-interrogatoire n° 364. Votre déclaration préliminaire concernant les interférences relatives au télégraphe harmonique est datée de l'Université de Boston, le 27 avril 1876 ; et la déclaration sous serment qui y est annexée est datée du 15 mai 1876. Cette déclaration préliminaire a-t-elle été préparée entre la date du 27 avril 1876 et celle de sa prestation de serment, le 15 mai 1876 ? R. Je me fonde uniquement sur la date figurant sur le document lui-même pour juger du moment de sa préparation. Je présume donc qu'elle a été préparée le 27 avril 1876 ou avant cette date, et que la déclaration sous serment a été faite le 15 mai 1876. Je n'ai aucun souvenir de la date en dehors de ce qu'indique le document. Contre-interrogatoire n° 365. Vous souvenez-vous combien de temps après la déclaration officielle des interférences relatives au télégraphe harmonique vous avez commencé à préparer la déclaration préliminaire qui a été versée au dossier ? R. La procédure d'interférence concernant le télégraphe harmonique a été officiellement déclarée, pour ce qui est de ma demande du 25 février 1875, le 16 février 1876. Ma déclaration préliminaire a été signée à l'Université de Boston le 27 avril 1876, et la déclaration sous serment a été faite le 15 mai 1876. Contre-interrogatoire. 366. « La date Boston University, 27 avril 1876 indique donc, je suppose, le moment où la déclaration préliminaire a été achevée, nest-ce pas ? » ; Rép. « Je le présume, mais je ne dispose daucune autre source dinformation que le document lui-même. Je ne me souviens de rien à ce sujet indépendamment de cela. » Contre-interrogatoire 367. « Dans cette déclaration préliminaire relative aux interférences harmoniques, vous dites : "Les expériences entreprises à Boston durant lhiver 1872-1873 portaient plus particulièrement sur les moyens mécaniques de transmettre les vibrations. Je connaissais lappareil de Helmholtz destiné à la production artificielle de sons vocaliques, et toutes mes expériences antérieures étaient calquées sur les siennes. Les figures 1 et 2 illustrent la première forme dappareil construite rue West Newton." » D'après votre déclaration et l'examen de ces figures, je conclus que l'appareil illustré sur les figures 1, 2 et 3 fonctionnait exactement de la même manière que celui de Helmholtz, à cela près, peut-être, qu'un seul diapason récepteur était utilisé au lieu de deux ou davantage ; est-ce exact ? R. Il n'était pas exactement identique. Il en différait sensiblement par l'emploi d'un manipulateur télégraphique dont l'actionnement permettait à l'appareil récepteur d'émettre des signaux musicaux longs ou courts, semblables aux points et aux traits de l'alphabet Morse. Pour le reste, j'estime que le mode de fonctionnement était essentiellement similaire à celui de l'appareil de Helmholtz, bien que différant considérablement dans les détails. Figures 1, 2 et 3 ![]() Contre-interrogatoire n° 368. Tout appareil de Helmholtz comme, par exemple, celui présenté lors de votre conférence à Londres peut servir de télégraphe harmonique pour transmettre les signaux de l'alphabet Morse, simplement en établissant et en interrompant le circuit selon la méthode habituelle des télégraphistes, n'est-ce pas ? R. Peut-être, mais je l'ignore. Je ne comprends pas suffisamment le fonctionnement de la partie émettrice de l'appareil pour pouvoir me prononcer à ce sujet. Il se peut que l'ouverture du circuit provoque l'arrêt des vibrations du diapason émetteur et que la fermeture du circuit ne suffise pas à le remettre en vibration sans une impulsion mécanique initiale. Comme je ne saisis pas parfaitement les dispositions électriques associées au diapason émetteur, je ne peux trancher la question. Helmholtz ne semble pas avoir prévu de dispositif permettant d'établir et d'interrompre le circuit de la manière envisagée. J'ai utilisé un manipulateur télégraphique, et cet élément était indispensable à mon invention. Contre-interrogatoire n° 369. L'appareil illustré à la figure 3 diffère-t-il en quoi que ce soit de l'appareil de Helmholtz, si ce n'est par l'introduction d'une clé dans le circuit ? Le but de cette question est de me permettre de mieux comprendre votre déclaration concernant les interférences dans la télégraphie harmonique, dans laquelle vous dites : « Je connaissais l'appareil de Helmholtz pour la production artificielle de sons vocaliques, et toutes mes expériences antérieures étaient calquées sur les siennes. » Je précise que j'utilise l'expression « appareil de Helmholtz » dans son sens générique, pour désigner le circuit comportant un diapason interrupteur faisant office d'émetteur et un ou plusieurs diapasons faisant office de récepteur(s)». R. Il existe de nombreuses différences dans les détails de construction et dans le mode de connexion au circuit ; mais j'estime que lorsque la clé K, figurant sur la figure 3 de ma déclaration préliminaire sur les interférences dans la télégraphie harmonique, est enfoncée de manière à placer l'émetteur et le récepteur dans le même circuit voltaïque, il existe une similitude substantielle dans le mode de fonctionnement. Contre-interrogatoire n° 370. Vous dites également, dans la déclaration préliminaire concernant les interférences dans la télégraphie harmonique : « Vers le mois de novembre 1873, un article intitulé "The Acoustic Telegraph" [Le télégraphe acoustique], publié dans "The Wonders of Electricity" [Les merveilles de l'électricité], m'a conduit à remplacer les diapasons par des lames d'acier dans mes expériences de télégraphie. Deux instruments émetteurs et deux instruments récepteurs (dont je possède encore des exemplaires sous leur forme originale) ont été fabriqués sur le modèle de ceux illustrés à la figure 5. Ils étaient disposés dans le circuit comme le montre la figure 6. » Auriez-vous l'amabilité d'indiquer quel élément de l'article intitulé « The Acoustic Telegraph » vous a amené à remplacer les diapasons par des lames d'acier ? R. Larticle mentionné concernant « le télégraphe acoustique » figurait dans un ouvrage intitulé *Wonders of Electricity* (Les Merveilles de lélectricité), traduit du français de J. Baile et publié à New York en 1872 (pages 140-143). Jai actuellement sous les yeux un exemplaire original de ce livre. Ce même article sur « le télégraphe acoustique » constitue la pièce n° 58 des documents dits « publications de Reis », qui, sauf erreur de ma part, ont été versés au dossier de la présente affaire. Le passage précis de larticle qui ma conduit à remplacer les diapasons par des lames dacier est le suivant : « Une lame vibrante produit un son et, selon la rapidité des vibrations, ces sons sont aigus ou graves. À chaque vibration, la lame entre en contact avec une petite pointe placée devant elle ; ce contact suffit à envoyer le courant dans la ligne. Lorsque la lame cesse de vibrer et revient à sa position déquilibre, elle ne touche plus la pointe métallique et le courant est par conséquent interrompu. On obtient ainsi une série dinterruptions plus ou moins rapides selon le son, le courant étant envoyé dans la ligne et interrompu à chaque vibration. À lextrémité de la ligne, le courant pénètre dans un électro-aimant qui attire une autre lame vibrante, de dimensions et de qualité identiques à la première. Attirée et repoussée très rapidement avec une précision et une rapidité égales à celles de la lame susmentionnée , cette seconde lame émet un son de même valeur musicale que le premier, puisque le nombre de vibrations par seconde est identique dans les deux cas. » Cest la lecture du passage cité ci-dessus qui ma amené à remplacer les diapasons par des lames dacier. Un modèle dappareil, construit en novembre 1873 en sinspirant de ce passage, est représenté à la figure 5 de ma déclaration préliminaire dans le cadre de la procédure dinterférence relative au télégraphe harmonique. La figure 7 représente un transmetteur, également construit à peu près à la même époque, dans lequel la plaque établissait et rompait le contact avec une pointe métallique. Des instruments de conception similaire à ceux de la figure 7, mais dépourvus de pointe métallique, furent également utilisés comme récepteurs en novembre 1873. J'ai fourni un dessin d'un tel instrument récepteur dans ma réponse à la contre-question n° 368. Contre-interrogatoire n° 871. L'appareil illustré à la figure 5 de votre déclaration préliminaire, dans l'affaire des interférences concernant le télégraphe harmonique, diffère-t-il en quoi que ce soit de l'appareil dont vous venez de donner la description ? R. Oui. Il en diffère par l'emploi d'un manipulateur télégraphique dont l'actionnement permet de faire émettre par le récepteur des signaux musicaux longs ou courts, correspondant aux points et aux traits de l'alphabet Morse. L'instrument émetteur est également d'une conception différente de celui mentionné dans le passage en question. Contre-interrogatoire n° 312. L'instrument émetteur représenté à la figure 5 diffère, si je vous comprends bien, de l'instrument émetteur décrit dans l'article, en ce qu'il utilise le dispositif de rupture de circuit de Helmholtz, tel que vous l'avez décrit précédemment. Est-ce exact ? R. Non. On utilise une lame et non un diapason ; toutefois, en vibrant, la lame amène un fil vertical à établir et à rompre le contact avec du mercure, comme dans l'appareil de Helmholtz. Contre-interrogatoire n° 313. Les dispositifs de rupture de circuit tels que ceux que vous avez décrits dans votre dernière réponse étaient couramment utilisés par les physiciens avant même que l'appareil de Helmholtz ne soit rendu public, n'est-ce pas ? R. Je l'ignore. Contre-interrogatoire n° 314. Pour poursuivre la lecture de l'article intitulé « Les Merveilles de l'électricité » là où vous vous étiez arrêté, voici le texte qui suit : « Si ce procédé venait à être perfectionné, il serait possible de transmettre le son au moyen du télégraphe, de transmettre une série de sons, un air, ou une phrase parlée ainsi qu'une conversation. Toutefois, ce résultat n'a pas encore été atteint. De nombreuses expériences ont été réalisées, le principe a été appliqué de diverses manières, et tout porte à croire que nous parviendrons un jour à un système parfait de télégraphie acoustique. Des progrès considérables ont déjà été accomplis sur la voie du succès. On a disposé une série de lames vibrantes comparables aux cordes d'une harpe ; chacune d'elles entre en vibration lorsqu'elle est sollicitée par un son spécifique et transmet un courant électrique destiné à reproduire, à l'autre extrémité de la ligne, les mêmes vibrations sur une lame correspondante ou, en d'autres termes, à produire le même son. » L'appareil décrit à la figure 6 de votre exposé préliminaire sur les « Interférences harmoniques » diffère-t-il de l'appareil décrit dans le paragraphe que je viens de lire ? R. Je pense qu'il y a une différence très substantielle. Il n'est fait aucune mention ni allusion à l'objectif même du dispositif illustré à la figure 6, à savoir : la transmission simultanée, sur un fil unique, de deux ou plusieurs messages télégraphiques distincts sans interférence mutuelle. Il n'est pas non plus fait mention ou allusion à certains des dispositifs représentés à la figure 6, qui faisaient partie intégrante de mon invention ; je fais référence à la combinaison, avec les appareils de transmission, de manipulateurs télégraphiques permettant de relier les émetteurs au fil de ligne selon les besoins et d'émettre des signaux musicaux longs et courts correspondant aux points et aux traits du code Morse. Contre-interrogatoire n° 375. Lorsque l'expression « une série de lames vibrantes » est employée dans le paragraphe que j'ai cité, comprenez-vous qu'il s'agit des mêmes lames vibrantes que celles décrites dans le paragraphe que vous avez cité ? R. Je ne sais pas. Contre-interrogatoire n° 376. En appliquant à vos expériences les informations contenues dans l'article intitulé « Wonders of Electricity » (Les Merveilles de l'électricité), aviez-vous compris à quel appareil particulier cet article faisait référence ? Rép. Non, je ne l'avais pas compris. Contre-interrogatoire n° 377. Je remarque, d'après une lettre de l'examinateur figurant dans le dossier de votre demande déposée le 25 février 1875, qu'il est fait référence à une description parue dans les *Comptes rendus* de 1860 (tome 50, p. 692) ainsi qu'au brevet anglais n° 1775 de 1863. L'appareil mentionné par l'examinateur était-il le même que celui évoqué dans « Wonders of Electricity » ? R. Je ne saurais le dire. J'ignore précisément de quel appareil il était question dans l'article intitulé « Les Merveilles de l'électricité », mais je suis porté à croire qu'il s'agissait de l'appareil de l'abbé Laborde. D'après ma conférence du 10 mai 1876 devant l'Académie américaine des arts et des sciences, je constate que les expériences de Laborde sont publiées dans les *Comptes rendus* (vol. 50, p. 692) ainsi que dans *Cosmos* (vol. 17, p. 514). J'ai pris connaissance des recherches de Laborde très peu de temps avant le 10 mai 1876. Contre-interrogatoire n° 318. Un brevet vous a-t-il jamais été délivré sur la base de votre demande du 25 février 1875, laquelle a été produite comme pièce à conviction ? R. Mes inventions de télégraphie multiple ont fait l'objet de trois demandes distinctes : l'une déposée le 25 février 1875, une autre le 6 mars 1875 et la troisième le 10 mars 1875. La deuxième de ces demandes a abouti à la délivrance du brevet n° 161 739, daté du 6 avril 1875. Ce brevet ainsi que les deux autres demandes ont fait l'objet d'une procédure de conflit d'antériorité (*interference*) avec Elisha Gray. Tous les points du litige ont été tranchés en ma faveur, mais aucun brevet n'a été délivré pour les demandes du 25 février 1875 et du 10 mars 1875. Contre-interrogatoire n° 379. Je comprends, d'après vos propos et les documents mentionnés lors de votre interrogatoire principal, que Helmholtz utilisait un seul transmetteur à rupture de circuit et deux récepteurs accordés (ou plus) de hauteurs tonales différentes dans son appareil. L'appareil représenté sur la figure 6 diffère-t-il de celui de Helmholtz, si ce n'est par l'utilisation de deux transmetteurs à rupture de circuit ? Il va sans dire que chacun d'eux est muni d'une pile. R. Oui. L'appareil représenté sur la figure 6 diffère considérablement de celui de Helmholtz, indépendamment même du fait qu'il comporte deux transmetteurs de conception différente de ceux de Helmholtz, chacun étant équipé d'une pile distincte et d'un manipulateur télégraphique. Il existe une autre différence fondamentale et très importante, dont dépend d'ailleurs le bon fonctionnement du système de télégraphie multiple illustré par la figure 6. Cette différence réside dans le fait que les hauteurs tonales des instruments récepteurs sont réglées les unes par rapport aux autres de telle sorte que les impulsions électriques émises par l'un des transmetteurs provoquent une vibration puissante dans l'un des récepteurs, et un seul. Dans l'appareil de Helmholtz, tous les instruments récepteurs, bien que de hauteurs tonales différentes, réagissaient à un seul transmetteur. Dans l'appareil de Helmholtz, les sons musicaux produits par les récepteurs étaient des harmoniques de celui produit par le diapason émetteur. Dans le mien, ce n'était pas le cas. Contre-interrogatoire n° 380. Dans votre réponse au contre-interrogatoire n° 377, vous avez fait référence à un appareil de M. labbé Laborde ainsi quaux expériences de Laborde publiées dans les *Comptes rendus* et dans *Cosmos*. Voulez-vous bien donner une description, soit sommaire, soit détaillée au choix , de cet appareil de M. labbé Laborde ? R. Il y a bien des années que j'ai lu le récit des expériences de Laborde, et je ne me souviens plus de rien à leur sujet, si ce n'est que j'avais été frappé par l'idée que le passage tiré de *Les Merveilles de l'électricité* que j'ai cité en réponse à la contre-question 870 et que j'avais lu bien auparavant faisait référence aux expériences de Laborde. Si vous souhaitez plus d'informations, je serai heureux de consulter l'article dans l'une des bibliothèques d'ici et de rafraîchir ma mémoire concernant les recherches de Laborde. Contre-question 381. Je déduis de votre réponse à la contre-question 378 que vous connaissiez l'appareil de l'abbé Laborde quelque temps avant le 10 mai 1876, ainsi qu'avant la rédaction de votre communication présentée devant l'Académie américaine des arts et des sciences. Êtes-vous en mesure d'indiquer, avec précision ou approximativement, à quel moment vous avez pris connaissance pour la première fois de l'appareil de Laborde ? R : Je peux seulement affirmer avec certitude que, dans ma communication du 10 mai 1876, j'ai fait référence aux expériences de Laborde dans une note de bas de page. J'ignore si j'avais réellement lu l'article avant cette date. Tout ce que je peux dire, c'est que j'en avais trouvé mention et que je l'ai donc signalé dans mon texte. Mon intention, dans cette communication, était de communiquer au public toutes les informations que je possédais moi-même sur les recherches d'autrui concernant la téléphonie électrique ; j'ai ainsi renvoyé aux écrits d'autres personnes, indépendamment du fait que, dans de nombreux cas, je n'avais pas lu les articles auxquels ils faisaient référence. J'ajoute que je n'étais pas en mesure de lire les articles en allemand mentionnés dans le texte original. Je ne saurais dire aujourd'hui si j'ai lu l'article de Laborde avant ou après le 10 mai 1876 ; mais si ce fut avant, ce fut très peu de temps avant cette date, et alors que je rassemblais des références en vue de la communication que j'ai présentée devant l'American Academy of Arts and Sciences. Contre-interrogatoire 382. Auriez-vous l'amabilité de distinguer, si vous le pouvez, parmi les publications imprimées citées ou mentionnées dans votre conférence devant l'American Academy, celles que vous aviez consultées ou lues de celles que vous n'aviez ni consultées ni lues ? R. Dans mon exposé du 10 mai 1876, j'ai cité ou fait référence à des publications imprimées des personnes suivantes : Page, Marrian, Beatson, Gassiot, De la Rive, Matteucci, Guillemin, Wertheim, Wartmann, Janniar, Joule, Laborde, Legat, Reis, Poggendorff, Du Moncel, Delezenne, Ferguson, Elisha Gray, Paul La Cour, Helmholtz, le chanoine Gottoin de Coma, Gore, Sullivan et Koenig. J'ai également fait allusion à tous les articles anonymes traitant de la production de son par des moyens électriques dont j'avais trouvé mention. Je ne saurais aujourd'hui distinguer les articles que j'ai lus avant le 10 mai 1876 de ceux que j'ai lus après. Comme je l'ai indiqué, je n'étais pas en mesure de lire les articles allemands dans le texte original ; en revanche, je n'ai éprouvé que très peu de difficulté avec le français. Il me semble n'avoir lu qu'un très petit nombre des articles mentionnés avant le 10 mai 1876. Peu de temps avant cette date, et en vue de préparer mon exposé, j'ai commencé à rechercher des articles relatifs à la production de son par des moyens électriques, et je me souviens avoir été surpris par le nombre de références que j'ai pu trouver. Après le 10 mai 1876, j'ai tenté de retrouver les articles eux-mêmes que je ne connaissais pas, afin de les étudier. Plus tard sans pouvoir préciser la date exacte , j'ai fait traduire bon nombre de ces articles allemands pour en comprendre le contenu. Je puis ajouter qu'à un moment ou à un autre, j'ai lu, soit dans le texte original, soit en traduction, la quasi-totalité des articles mentionnés dans ma conférence du 10 mai 1876 ; mais un très grand nombre d'entre eux ne m'ont été accessibles que des années après la délivrance de mes deux brevets, n° 174 465 et n° 186 787. Contre-interrogatoire n° 383. Pouvez-vous distinguer les publications imprimées qui vous étaient accessibles avant les dates de vos deux brevets de celles que vous n'avez pu obtenir qu'après la délivrance des brevets ? R. Je ne peux le faire qu'en précisant qu'en règle générale, les articles en anglais ou en français m'étaient accessibles, alors que ceux en allemand ne l'étaient pas. Contre-interrogatoire n° 384. Voulez-vous dire qu'en règle générale, les articles en anglais et en français vous étaient accessibles avant les dates de vos deux brevets ? Rép. Ils m'étaient accessibles, dans le sens où je pouvais les lire et les comprendre. Toutefois, je crois qu'il y a eu des cas où je n'ai pas pu trouver les ouvrages mentionnés dans les bibliothèques de Boston et où j'ai donc dû les rechercher ailleurs, à une date postérieure à celle de mon brevet du 30 janvier 1877. Je peux dire qu'avant la délivrance de mon brevet du 7 mars 1876, je connaissais très mal la littérature relative à la production de sons par des moyens électriques. Contre-interrogatoire n° 385. Je remarque que vous avez pris grand soin d'indiquer le numéro du volume, le numéro de la page et la date de publication des ouvrages auxquels vous avez fait référence lors de votre conférence devant l'Académie américaine. Avez-vous relevé ces numéros de volume et de page ainsi que ces dates directement dans les ouvrages originaux conservés en bibliothèque ? R. Dans très peu de cas. Je crois en avoir tiré un très grand nombre de l'*Encyclopädie der Physik* de Kuhn. Contre-interrogatoire n° 386. Vous avez parlé de l'obtention de traductions en allemand. Voudriez-vous avoir l'amabilité d'indiquer quels sont les extraits qui ont été traduits pour vous et, aussi précisément que possible, à quel moment ces traductions ont été réalisées ? R. Je ne saurais le dire avec précision. À une époque postérieure à la délivrance de mon brevet du 30 janvier 1877, j'ai souhaité me familiariser avec la littérature traitant de la téléphonie électrique. J'ai fait traduire la quasi-totalité des articles étrangers mentionnés dans mon mémoire du 10 mai 1876 du moins les articles en allemand et j'ai fait réaliser des copies manuscrites des articles en français et en anglais. Je ne peux pas préciser la date davantage, si ce n'est pour dire que cela s'est produit après le 30 janvier 1877. Je pense que la plupart des traductions ont été effectuées après mon mariage, le 11 juillet 1877, et qu'un grand nombre d'entre elles ne l'ont été que bien plus tard. Je crois que certaines n'ont été réalisées qu'en 1879 ou 1880. Contre-interrogatoire n° 387. Qui a réalisé les premières traductions mentionnées dans votre dernière réponse, et où ont-elles été effectuées ? R. Je ne saurais dire, à l'heure actuelle, qui a réalisé les traductions en question. Elles ont été effectuées à des époques différentes et par des personnes différentes. J'ai moi-même réalisé certaines des traductions depuis le français. Quant au lieu, certaines ont été faites dans ce pays à Boston et à Washington et d'autres en Angleterre. Contre-interrogatoire n° 388. Quand êtes-vous allé à l'étranger pour la première fois après votre arrivée en Amérique en 1870, comme vous l'avez déclaré ? R. Vers le 4 août 1877. Contre-interrogatoire n° 89. Il sagissait bien du voyage à létranger auquel vous avez fait allusion lors de votre interrogatoire principal, nest-ce pas ? R. Oui. Le premier voyage à létranger, de lautre côté de lAtlantique ; je ne suppose pas que vous qualifiiez le Canada d« étranger » dans ce contexte. Contre-interrogatoire n° 590. Jen déduis donc que les traductions, dont vous dites quelles ont été réalisées à Boston et à Washington, ont été effectuées avant le 4 août 1877 ; est-ce exact ? R. La plupart dentre elles ont été réalisées après. Il est possible que certaines aient été faites à Boston avant cette date, mais je ne peux pas en être certain aujourdhui. Celles réalisées à Washington lont certainement été après. Contre-interrogatoire n° 391. Dans la conférence que vous avez donnée devant lAcadémie américaine susmentionnée, vous avez parlé dElisha Gray et avez fait la référence suivante en note de bas de page : « Elisha Gray. Spécification de brevet anglais n° 974. Voir *Engineer*, 26 mars 1875. » Quand avez-vous pris connaissance pour la première fois de ce brevet anglais dElisha Gray ? R. Je ne sais pas avec certitude si jai jamais pris connaissance du brevet en question. Au vu de la note de bas de page figurant dans mon exposé du 10 mai 1876, je suis porté à croire que javais vu un article de l*Engineer* du 26 mars 1875 faisant allusion à ce brevet. Il se peut que jaie vu ou non la spécification du brevet elle-même ; je suis certain de ne pas pouvoir laffirmer aujourdhui. Contre-interrogatoire n° 392. Dans votre conférence du 10 mai 1876 devant lAcadémie américaine, vous mentionnez également Elisha Gray en ces termes : « Elisha Gray a aussi produit des effets audibles en faisant passer de lélectricité induite à travers le corps humain. » Et dans une note de bas de page, vous mentionnez : « Elisha Gray. Brevet anglais n° 2646. Voir *Engineer*, 14 août 1874. » Quand avez-vous vu pour la première fois ce brevet anglais d'Elisha Gray, le n° 2646 ? R. : Je ne suis pas certain d'avoir jamais vu le descriptif du brevet en question. Je suppose, d'après la note de bas de page susmentionnée, que mes informations provenaient de l'« Engineer » du 14 août 1874. Je puis dire que, dans ce cas comme dans le précédent, je suis tout à fait certain que si j'ai vu les descriptifs de brevet mentionnés, ce fut après le 10 mai 1876. Je ne doute pas un instant que les informations que j'ai intégrées dans mon exposé du 10 mai 1876 provenaient directement de l'« Engineer ». Contre-interrogatoire n° 3983. Étiez-vous abonné à la revue « The Engineer » durant les années 1874 et 1875, ou la consultiez-vous régulièrement au cours de ces années ? R. : Non. Je n'ai jamais été abonné à « The Engineer » et ne l'ai jamais consultée régulièrement. Contre-interrogatoire n° 394. Vous avez déclaré que le professeur Cross a attiré votre attention sur Reis. A-t-il attiré votre attention sur des publications imprimées relatives aux appareils de Reis ? R. : Je ne sais pas, mais je trouve très probable qu'il l'ait fait. Contre-interrogatoire n° 395. Vous souvenez-vous du moment où quelqu'un a attiré votre attention pour la première fois sur les publications concernant Reis ? R. : Je ne sache pas que quelqu'un d'autre que moi ait attiré mon attention sur les publications concernant Reis. Il est toutefois très possible voire probable que le professeur Cross ou le professeur Pickering m'aient communiqué des références à des articles traitant du téléphone de Reis. Si tel a été le cas, je ne me souviens pas précisément des circonstances ; quoi qu'il en soit, j'ai certainement découvert par moi-même des références à des publications sur Reis lors de la préparation de ma communication du 10 mai 1876, voire antérieurement. Contre-interrogatoire n° 396. Parmi les publications imprimées mentionnées dans votre conférence du 10 mai devant l'American Academy, veuillez désigner celles qui ont trait à Reis ou à son appareil. R. : Celles qui concernent spécifiquement Reis sont indiquées comme suit : sous la rubrique Reis : « Téléphonie. » Polytech. Journ., CLXVIII, p. 185 ; Böttger's Notizbl., 1863, n° 6 ; et sous la rubrique Legat : « Brix. Z. S., IX, p. 125 ». Je pense qu'un certain nombre d'articles classés sous d'autres noms contenaient également des références aux expériences de Reis, mais je ne suis pas en mesure de les identifier actuellement sur la seule base de ces références. Contre-interrogatoire n° 397. Sous la rubrique « Poggendorff », vous faites référence à deux volumes des *Poggendorffs Annalen*. À quel sujet précis entendiez-vous faire référence dans ces volumes ? R. Les *Poggendorffs Annalen* sont une revue scientifique. Les chiffres romains indiquent le numéro du volume, et les chiffres arabes la page. Je ne saurais dire à quel sujet précis ces références renvoient sans consulter la revue elle-même. Avant de rédiger mon document du 10 mai 1876, j'avais probablement trouvé une référence à ces articles dans les *Poggendorffs Annalen*, indiquant qu'ils avaient un lien avec la production de sons par des moyens électriques ; j'ai donc recopié ces références dans mon document. Contre-interrogatoire n° 3598. La plainte déposée dans le cadre du procès en équité intitulé *Harmonie Telegraph Co. et al. c. New England Telephone Co.*, qui a été versée au dossier de la présente affaire, allègue la contrefaçon de certaines lettres patentes initialement accordées à Elisha Gray le 27 juillet 1875, puis réémises en deux divisions le 28 janvier 1879 ; lesdites divisions portant respectivement les numéros 8558 et 8559. J'ai déjà attiré votre attention sur ce procès, et je vous demande maintenant si le fait que j'évoque les brevets de Gray ravive, dans une certaine mesure, vos souvenirs à ce sujet. R. Non. Je ne pense pas avoir jamais eu la moindre connaissance personnelle de ce procès. Mes brevets et les sociétés constituées sur leur base ont été impliqués dans un certain nombre de procès dont j'ignore tout, personnellement. Pour autant que je m'en souvienne, le procès en question fait partie de ceux dont j'ignore tout. Je n'aurais même pas su qu'une telle action en justice avait été intentée ni par mes propres souvenirs ni par mes connaissances si vous ne l'aviez pas mentionnée. Je n'ai pas conscience d'avoir jamais pris connaissance d'éléments de preuve relatifs à cette affaire, sauf dans la mesure où vous les auriez portés à ma connaissance. Contre-interrogatoire. 399. Savez-vous si le brevet américain de Gray, auquel j'ai fait référence dans ma dernière question, portait sur le même objet que les brevets anglais de Gray que vous avez mentionnés lors de votre conférence devant l'Académie des arts, le 10 mai 1876 ? R. : Non. Je suis certain de l'ignorer. Contre-interrogatoire 400. Avez-vous déjà eu l'occasion d'examiner ces brevets américains de Gray, auxquels mes deux dernières questions faisaient référence ? R. : Non, sauf peut-être pour les avoir lus. Je n'ai ni étudié, ni approfondi, ni examiné attentivement aucun des brevets américains de M. Gray. Il se peut que je les aie lus en entier, mais je ne saurais dire si j'ai même lu les brevets spécifiques dont vous parlez sans les consulter à nouveau. Contre-interrogatoire 401. À quel moment avez-vous vu pour la première fois une publication imprimée concernant l'appareil de Reis ? R. : Je ne saurais le dire avec certitude. Toutefois, je suis intimement convaincu que j'ignorais tout des expériences de Reis avant le 26 novembre 1874. Peu de temps après cette date, le professeur Cross m'a parlé du téléphone musical de Reis ; il est possible qu'il m'ait alors renvoyé à une publication imprimée, mais je ne le sais pas. Je suis porté à croire que ma première lecture de publications relatives aux recherches de Reis remonte à une époque proche de celle de ma communication devant l'Académie américaine, le 10 mai 1876. Contre-interrogatoire 402. Lorsque le professeur Cross vous a décrit l'appareil de Reis, comme vous l'avez indiqué dans votre réponse précédente, a-t-il eu recours à des illustrations, des gravures, des dessins ou des documents imprimés quelconques ? R. : Je ne sais pas. Mes souvenirs concernant les détails de cette conversation sont très vagues. Je me souviens simplement qu'on m'a dit que Reis avait réalisé, pour l'essentiel, ce que j'ai découvert le 26 novembre 1874. Ce fait a marqué ma mémoire. Je me souviens aussi que le récepteur de Reis m'a été montré à l'Institut de technologie, sur une étagère quelconque. Je suppose que le téléphone de Reis et son fonctionnement m'ont été décrits à l'époque, mais je ne parviens plus à distinguer les connaissances qui m'ont été transmises à cette occasion de celles que j'ai acquises par la suite. J'aimerais pouvoir être plus précis dans ma réponse, mais mes souvenirs concernant les détails de la conversation sont vagues. Contre-interrogatoire n° 403. Je vous invite à consulter le volume contenant les publications de Reis, auquel vous avez fait référence, et à choisir, si vous le pouvez, un appareil semblable à celui qui vous a été montré à l'Institut de technologie, comme vous l'avez indiqué dans votre réponse précédente. R : Je ne pense pas qu'aucun des dessins soit similaire à l'instrument qui m'a été présenté à l'Institut de Technologie. L'instrument de réception présenté dans le « n° 26, Circulaire de Reis d'août 1863 » lui ressemble quelque peu, mais je ne crois pas qu'il y ait eu de boîte à sons ou de manipulateur télégraphique attaché à l'instrument. Vers le 2 mars 1875, j'ai vu l'appareil représenté sur ce dessin, émetteur et récepteur, à la Smithsonian Institution, à Washington. Si je me souviens bien, la bobine du récepteur ne dépassait pas six pouces de longueur, mais la bobine du récepteur qui m'a été présenté à l'Institut de Technologie dépassait largement ces dimensions (Cross-Int, p. 404). Le dessin du récepteur Reis auquel vous faites référence est sensiblement similaire à celui illustré dans le volume 126 des U.S. Reports, page 100, n'est-ce pas ? R. : Je pense qu'il est sensiblement similaire. Le dessin exact, cependant, se trouve à la page 60 * du même volume que vous avez mentionné. Cross-I. 405. Le professeur Cross a témoigné dans cette affaire comme suit : « Q. 148. Avez-vous déjà utilisé un récepteur Reis en circuit avec un émetteur quelconque ? [Objection : question non pertinente et sans rapport avec les questions soulevées par les plaidoiries dans cette affaire.] R. Jai utilisé un récepteur Reis en circuit avec un émetteur-microphone, lémetteur Blake ordinaire, si je me souviens bien. Q. 149. Veuillez donner les résultats de cette expérience. [Même objection.] R. Jai pu, avec soin, reproduire une parole articulée avec un récepteur connecté comme décrit. Q. 150. Veuillez indiquer si vous trouvez ou non une reproduction ou une description du récepteur Reis que vous avez utilisé dans cette expérience dans le volume 126 des U.S. Reports. [Même objection.] R. Il y a une reproduction à la page 100, le récepteur est à la droite de la reproduction. » } Quand, et si jamais, le professeur Cross a-t-il attiré notre attention sur le fait qu'il était parvenu, avec soin, à reproduire de manière articulée À quel moment, le cas échéant, le professeur Cross a-t-il attiré votre attention sur le fait qu'il avait réussi, en procédant avec soin, à reproduire une parole articulée à l'aide d'un récepteur semblable à celui illustré à la page 100 du volume 126 des *U.S. Reports*, comme il l'a déclaré dans le témoignage que l'on vient de citer ? R. : Je ne me souviens pas avoir jamais entendu parler de ce fait par le professeur Cross lui-même. Compte tenu des connaissances que j'ai communiquées au public dans mes deux brevets n° 174 465 (du 7 mars 1876) et n° 186 787 (du 30 janvier 1877), il est difficile de dire quel type de récepteur ne permettrait pas de transmettre la parole lorsqu'il est utilisé selon la méthode que j'ai décrite et revendiquée dans ces brevets. Si l'appareil récepteur de Reis, représenté à la page 100 du volume 126 des *U.S. Reports*, a jamais été réalisé avec le soin nécessaire pour reproduire une parole articulée, cela n'a pas été fait au moyen de la combinaison de dispositifs conçue par Reis, ni selon une méthode décrite par lui, mais bien grâce à la méthode que j'ai mise au point et aux connaissances que j'ai rendues publiques. Cela n'a certainement jamais été réalisé avant la délivrance de mes deux brevets n° 174 465 et n° 186 787, ni même avant l'apparition publique des microphones et des transmetteurs Blake. Cela n'a assurément pas été accompli avec la combinaison de dispositifs conçue par Reis. Les dessins auxquels vous faites référence à la page 100 du volume 126 des *U.S. Reports* en apportent eux-mêmes la preuve, puisqu'ils montrent un appareil télégraphique équipé de manipulateurs ordinaires destiné à assurer la communication. En modifiant la combinaison des dispositifs présentés par Reis et en adoptant, comme transmetteur, le transmetteur Blake ordinaire utilisé dans le commerce, nous obtenons une combinaison entièrement différente de celle conçue par Reis, fonctionnant selon un principe tout à fait distinct. Il s'agit, en fait, de ma combinaison et de ma méthode. À ma connaissance, aucun son perceptible, même de nature musicale, n'a été produit par l'action de courants ondulatoires issus du noyau d'une bobine électromagnétique fonctionnant comme le récepteur Reis, avant l'apparition publique des microphones et des transmetteurs à charbon. Dans mon mémoire du 10 mai 1876, au paragraphe 15, j'ai déclaré : « Bien que des sons émanent des armatures d'électro-aimants sous l'influence de courants électriques ondulatoires, je n'ai pu déceler aucun effet audible attribuable aux électro-aimants eux-mêmes. Un courant ondulatoire a été fait passer dans les bobines d'un électro-aimant maintenu tout contre l'oreille. Aucun son n'a été perçu tant qu'une pièce de fer ou d'acier n'a pas été présentée au pôle de l'aimant. Aucun son n'a non plus été observé lorsque le courant ondulatoire traversait du fer, de l'acier, du charbon de cornue ou de la plombagine. À cet égard, un courant ondulatoire diffère curieusement d'un courant intermittent. » Vous n'avez pas indiqué de date pour l'expérience du professeur Cross, mais il est évident que le transmetteur Blake, que le professeur Cross dit avoir utilisé, a nécessairement été fabriqué après la délivrance de mes brevets n° 174 465 et n° 186 787, car de tels instruments les transmetteurs Blake étaient inconnus auparavant. Les expériences en question ont donc nécessairement eu lieu après la délivrance des brevets susmentionnés. Contre-interrogatoire n° 406. Dans votre déclaration préliminaire relative aux procédures d'interférence « Harmonte », vous dites : « Je croyais qu'il était impossible d'obtenir un brevet dans ce pays sans fournir de modèles. »... Vous souvenez-vous à quel moment vous avez appris qu'il était impossible d'obtenir un brevet aux États-Unis sans modèles, et comment vous avez obtenu cette information ? R. : Je n'ai jamais obtenu cette information. C'était simplement une idée que je m'étais faite en raison de mon ignorance des questions de brevets ; j'ai découvert par la suite qu'il s'agissait d'une erreur. Contre-interrogatoire n° 407. À quel moment avez-vous découvert qu'il s'agissait d'une erreur ? R. Je ne saurais le dire, mais je le savais certainement au début de l'année 1875, car aucun modèle n'était exigé pour le télégraphe autographe pour lequel j'ai obtenu le brevet n° 161 739, daté du 6 avril 1875. Je fais référence au télégraphe autographe illustré à la figure 2 de ce brevet. Contre-interrogatoire n° 408. Qu'est-ce qui vous a amené à penser qu'aucun modèle n'était requis pour le cas du télégraphe autographe mentionné dans votre réponse précédente ? R. Parce qu'on ne m'a jamais demandé de modèle et que le brevet m'a été délivré malgré tout. [ ] Je supposais évidemment que mes conseils m'auraient informé si un modèle avait été nécessaire, et j'aurais été très heureux d'en fabriquer un pour le Bureau des brevets, bien que cela eût représenté une dépense importante pour moi. Contre-interrogatoire n° 409. Je conclus de votre réponse précédente que vous n'avez jamais construit de modèle de l'appareil illustré dans le dessin de votre brevet n° 161 739, ni d'aucune partie de cet appareil. Puis-je légitimement tirer cette conclusion de vos propos ? R. Non. Mes remarques concernaient la préparation d'un modèle, destiné au Bureau des brevets, du télégraphe autographe illustré à la figure 2 et visé par la revendication n° 3. Un modèle d'une partie de cet appareil a toutefois été déposé le 10 mars, mais je ne suis pas certain qu'il illustrait un élément faisant l'objet des revendications de ce brevet. Il s'agissait peut-être de l'un des interrupteurs de circuit et de l'un des récepteurs à anche accordée. J'ai déposé trois demandes distinctes et séparées pour des inventions mettant en uvre de tels émetteurs et récepteurs. Je fais référence aux demandes déposées les 25 février 1875, 6 mars 1875 (qui a abouti à la délivrance du brevet n° 161 739) et 10 mars 1875. Les instruments en question n'ont pas fait l'objet de revendications dans le brevet n° 161 739. Contre-interrogatoire n° 410. Je déduis de votre dernière réponse que vous avez bien déposé une maquette dans le cadre de la demande de brevet des États-Unis déposée auprès du Bureau des brevets des États-Unis le sixième jour de mars 1875, demande ayant abouti à la délivrance du brevet n° 161 739 ? R. En consultant le dossier et les pièces qu'il contient, je constate que j'ai effectivement déposé une maquette dans le cadre de la demande de brevet des États-Unis. Cette maquette a été déposée le dixième jour de mars 1875. Je savais pertinemment au printemps 1875 et je l'ai probablement appris par l'intermédiaire de mes conseils à Washington que j'avais eu tort de croire, selon l'idée que vous avez citée dans le contre-interrogatoire n° 406, qu'« un brevet dans ce pays ne pouvait être obtenu sans maquettes ». Cette conviction est confirmée par le fait que le dossier relatif à ma demande du 25 février 1875 porte la mention suivante de la main de l'examinateur : « Le dessin et le mémoire descriptif de ce dossier sont suffisants pour l'examen. Z. F. Wilbur, examinateur. » Contre-interrogatoire 411. La demande de brevet n° 161 739 a été déposée au Bureau des brevets le 6 mars 1875, comme l'indiquent l'imprimé officiel de la description ainsi que la copie certifiée conforme de la chemise du dossier et des pièces de la demande ; toutefois, le modèle, dites-vous, n'a été déposé que le 10 mars 1875. Pourquoi le modèle n'a-t-il pas été déposé en même temps que le reste de la demande, dont il devait faire partie intégrante ? R. Je l'ignore. Je peux préciser qu'une autre demande a été déposée le 10 mars et que le modèle correspondant a été déposé le même jour, d'après la chemise du dossier et les pièces que j'ai consultées. Il est possible que le même modèle ait servi pour les deux demandes. Contre-interrogatoire 412. Parmi les documents constituant la chemise du dossier et les pièces relatives à votre demande du 25 février 1875, je trouve la lettre suivante : À M. le Commissaire aux brevets Monsieur, dans cette affaire, nous demandons que la demande soit transmise à l'examinateur sans les modèles. Ces derniers seront déposés d'ici un jour ou deux ; ils se trouvent actuellement dans cette ville mais sont en cours d'utilisation par l'inventeur. Respectueusement, Portox & Bainny Avocats Et sur la copie certifiée conforme de la chemise du dossier, je trouve la mention suivante inscrite au crayon à papier en regard du mot « Modèle » : « voir lettre ci-jointe ». Savez-vous si un modèle a finalement été déposé dans ce dossier, que ce soit avant ou après l'examen ? Je pose cette question car les avocats indiquent dans leur lettre qu'un modèle sera déposé sous un jour ou deux, et la mention portée sur la chemise du dossier renvoie simplement à cette lettre des avocats. R. Sur la lettre que vous venez de lire figure la mention de l'examinateur que j'ai citée dans ma réponse à la contre-interrogation n° 410, à savoir : « Les dessins et le mémoire descriptif de ce dossier sont suffisants pour l'examen. Z. F. Wilber, Examinateur. Approuvé. Ervis SPRAR Commissaire par intérim » Le dossier administratif n'indique pas qu'un modèle ait été ultérieurement déposé dans cette affaire, et je ne pense pas qu'un modèle ait jamais été déposé ou exigé par le Commissaire. Contre-interrogation n° 413. J'étais conscient que la copie certifiée du dossier administratif et de ses pièces ne mentionnait pas le dépôt d'un modèle, et je savais également que l'examinateur avait indiqué que les dessins et le mémoire descriptif du dossier étaient suffisants pour l'examen. Le but de ma question était de savoir si, à votre connaissance, un modèle avait été déposé ou non dans cette affaire ; et je comprends, d'après votre réponse, que vous ne pensez pas qu'un modèle ait jamais été déposé ou exigé par le Commissaire. Savez-vous avec certitude si un modèle a été déposé ou non avec cette demande ? R. Je suis pratiquement certain qu'aucun modèle n'a jamais été déposé dans cette affaire ; aussi certain qu'on puisse l'être en témoignant de faits remontant à si longtemps. Certes, la lettre que vous avez citée dans votre précédente contre-interrogation indiquait que je possédais des modèles, qu'ils se trouvaient alors en ville et que je les utilisais. Il n'y avait donc aucune difficulté à fournir des modèles si le Commissaire les avait exigés. Pour autant que je sache, aucun modèle n'a jamais été exigé et, par conséquent, aucun n'a été déposé. Contre-interrogation. 414. Sauf erreur de ma part, aucun brevet n'a jamais été délivré, à ce jour, pour la demande que vous avez mentionnée dans votre réponse précédente. Est-ce exact ? R. C'est exact ; et c'est précisément la raison pour laquelle, dans ma réponse à la contre-question 407, je n'ai pas fait référence à ce mémoire descriptif pour prouver que je savais, en 1875, qu'il était possible d'obtenir un brevet dans ce pays sans fournir de modèle. J'ai donc préféré faire référence à ma demande du 6 mars 1875, car elle a effectivement abouti à la délivrance d'un brevet, à savoir le brevet n° 161 739 du 6 avril 1875. Je sais qu'aucun modèle du télégraphe autographe décrit et revendiqué dans ce brevet n'a jamais été déposé au Bureau des brevets, car le télégraphe autographe représenté et décrit dans ledit brevet illustré à la figure 9 et visé par la revendication A n'avait pas été construit dans son intégralité à la date de délivrance de ce brevet. Le modèle qui a été déposé ne représentait qu'une partie de l'appareil utilisé. Je peux également affirmer que le modèle déposé avec ma demande du 10 mars 1875 ne représentait pas l'objet revendiqué dans ce mémoire descriptif ; en effet, je suis tout à fait certain que, quelle que soit la nature du modèle déposé avec cette demande, il ne s'agissait ni d'un cylindre de rupture de circuit semblable à celui représenté sur les dessins du mémoire descriptif, ni d'un quelconque « appareil destiné à établir et à rompre ledit circuit un nombre défini de fois par seconde ou par toute autre unité de temps, avec des fermetures et des ruptures de durée égale, sensiblement de la manière décrite, de sorte que les impulsions positives et négatives ainsi induites dans le fil de ligne se succèdent à intervalles de temps égaux ». J'affirme cela parce que je ne disposait pas d'un tel appareil pour illustrer cela à Washington, en février ou mars 1875. Contre-interrogatoire, Q. 415. Je déduis de votre dernière réponse que vous avez eu l'impression que l'on se passait de modèles, ou que l'on s'en passait parfois, parce que les modèles accompagnant les demandes mentionnées dans votre dernière réponse n'illustraient qu'une partie de l'appareil représenté sur les dessins desdites demandes. Est-ce bien le cas ? R. Non. Je n'ai pas eu cette impression uniquement en raison des circonstances évoquées. Vers la fin février ou le début mars 1875, j'ai appris par mes conseils à Washington que le dépôt d'un modèle relevait entièrement de la discrétion du Commissaire aux brevets, et qu'aucun modèle ne devait être déposé à moins qu'il ne l'exigeât. Contre-interrogatoire, Q. 416. Un brevet vous a-t-il jamais été délivré avant le 7 mars 1876, sur la base d'une demande ne comportant pas de modèle ? R. Mon brevet pour le télégraphe autographe, n° 161 739, daté du 6 avril 1875, reposait sur une demande dont un modèle du télégraphe autographe ne faisait pas partie. Le modèle effectivement déposé n'illustrait qu'une partie de l'invention décrite et revendiquée dans le brevet. Ce fut le seul brevet qui me fut délivré avant le 7 mars 1876. Contre-interrogatoire, 417. Je remarque que, dans vos réponses précédentes, vous avez qualifié le brevet n° 161 739 de brevet pour un télégraphe autographe, alors que l'attestation du Commissaire aux brevets est libellée comme suit : « Il est certifié par la présente que le document ci-annexé est une copie conforme, tirée des registres de ce Bureau, des lettres patentes délivrées à Alexander Graham Bell, Thomas Sanders et Gardiner G. Hubbard le 6 avril 1875, sous le numéro 161 739, pour des perfectionnements apportés aux émetteurs et récepteurs de télégraphes électriques. » Pourquoi n'avez-vous pas désigné ce brevet par son titre officiel ? R. Je souhaitais attirer tout particulièrement l'attention sur un type spécifique de télégraphe électrique auquel se rapportait l'invention. Les émetteurs et récepteurs présentés dans mon brevet, lorsqu'ils étaient combinés de la manière décrite et illustrée à la figure 2, constituaient le télégraphe autographe visé par ma troisième revendication, et le brevet concernait principalement ce télégraphe autographe. Contre-interrogatoire, 418. Je conclus, d'après les termes employés dans la lettre de vos avocats relative à votre demande du 25 février 1875 lettre sur laquelle votre attention a déjà été appelée, et notamment la phrase : « Nous demandons que la demande soit transmise à l'examinateur sans les modèles. Ces derniers seront déposés d'ici un jour ou deux » qu'il était dans votre intention, ainsi que dans celle de vos avocats, de déposer un modèle dans le cadre de la demande du 25 février 1875. Ma conclusion est-elle exacte ? R. : Certainement, si le Commissaire l'avait exigé. Contre-interrogatoire n° 419. Qu'est-il advenu du modèle mentionné dans votre réponse précédente ? R. : Certains des modèles en question ont été déposés avec les demandes du 6 mars 1875 et du 10 mars 1875. Je crois avoir emporté le reste de l'appareil avec moi lorsque j'ai quitté Washington, aux alentours du 2 mars 1875, et avoir fait fonctionner les instruments devant M. Orton, président de la Western Union Telegraph Company, à New York, quelques jours après cette date. Contre-interrogatoire n° 420. Le modèle que vous aviez initialement l'intention de déposer avec la demande du 25 février 1875 a-t-il été déposé ultérieurement avec la demande du 6 mars ou celle du 10 mars ? R. Je ne saurais le dire. Je ne me souviens pas exactement de la nature des modèles déposés avec ces demandes. J'ai quitté Washington vers le 24 mars 1875. Les modèles n'ont été déposés que le 10 mars. Bien que je ne me rappelle pas exactement ce qu'étaient ces modèles, je me souviens de ce qu'ils n'étaient pas, et je peux affirmer que ce n'est pas un « modèle de télégraphe autographe » qui a été déposé avec la demande de brevet pour mon télégraphe autographe, ni un appareil destiné à produire des interruptions et des rétablissements de courant de durée égale qui a été déposé avec ma demande du 10 mars 1875. Contre-interrogatoire n° 421. Ce modèle, que vous aviez l'intention de déposer avec votre demande du 25 février, a-t-il jamais été montré à Z. F. Wilber, l'examinateur dont le nom figure dans le dossier de l'affaire ? R. Je l'ignore. Il est tout à fait possible qu'il ait vu mes modèles en fonctionnement à Washington, car ils ont été présentés à un certain nombre de personnes. Je ne saurais dire si M. Wilber figurait ou non parmi ceux qui sont venus voir l'appareil. Je ne le connaissais pas et, par conséquent, il est peu probable que je me souvienne de sa présence, à moins qu'il n'ait été spécifiquement précisé qu'il s'agissait de l'examinateur. Je ne me souviens pas qu'il ait assisté à l'une ou l'autre de ces démonstrations. C'est possible, mais je ne peux pas l'affirmer aujourd'hui. Contre-interrogatoire n° 422. À quel moment avez-vous fait la connaissance de M. Z. F. Wilber, l'examinateur mentionné dans la question et la réponse précédentes ? R. Je n'ai jamais fait suffisamment sa connaissance pour le reconnaître de vue sans qu'on me dise qui il était. Je ne sais pas quand je l'ai vu pour la première fois. Il n'est pas du tout improbable que je l'aie vu à Washington fin février ou début mars 1875, mais je ne saurais l'affirmer aujourd'hui. Si tel est le cas, c'était la première fois. Je ne pense pas l'avoir rencontré plus d'une demi-douzaine de fois au cours de ma vie ; bien sûr, cela a pu arriver, mais c'est l'impression que j'en ai. Contre-interrogatoire n° 423. Vous souvenez-vous avoir rencontré un examinateur du Bureau des brevets lors de votre première visite à Washington ? R. Je ne me souviens pas l'avoir fait, pour le moment. C'est possible, mais je n'ai pas rafraîchi ma mémoire à ce sujet. Je trouverais très étrange de ne pas avoir rencontré certains examinateurs à cette époque, mais je n'en garde aucun souvenir précis aujourd'hui. Contre-interrogatoire n° 424. Quand avez-vous rencontré pour la première fois un examinateur du Bureau des brevets ? R. Je pense avoir rencontré un examinateur du Bureau des brevets en février ou mars 1875, bien que je n'aie pas de souvenir précis de cette circonstance. Ce serait la première fois. Contre-interrogatoire n° 425. Vous souvenez-vous avoir écrit une lettre dans laquelle vous signaliez avoir rencontré l'un des examinateurs du Bureau des brevets ? R. Je n'ai pas rafraîchi ma mémoire. Il est fort probable que j'aie fait allusion à une rencontre avec l'un des examinateurs du Bureau des brevets dans une lettre, mais je ne me rappelle pas exactement de quelle lettre il s'agit ni de la date. Je ne doute pas que si je pouvais voir la lettre, cela raviverait mes souvenirs. Contre-interrogatoire n° 426. Dans votre dernière réponse d'hier, vous avez évoqué des courants électriques ondulatoires. Afin que l'on comprenne bien ce que vous entendez par courants électriques ondulatoires, je vais attirer votre attention sur la description de l'appareil de Helmholtz figurant dans votre conférence de Londres. Dans cette conférence, vous dites : « Son appareil est représenté sur la figure 18. Des diapasons de hauteurs différentes sont placés entre les pôles d'électro-aimants (a', a², etc.) et sont maintenus en vibration continue par l'action d'un courant intermittent provenant du diapason a. » Supposons que l'on retire du circuit le dispositif de rupture de Helmholtz et que l'on relie simplement les fils entre eux ; supposons en outre que l'on fasse vibrer l'un des diapasons récepteurs accordés : un courant de la nature de celui que vous appelez « ondulatoire » se formerait-il dans le circuit ? Rép. : Dans mon brevet n° 174 405 du 7 mars 1876, j'ai décrit en détail ce que j'entends par courant électrique ondulatoire et comment il se distingue d'un courant intermittent, tel que celui utilisé dans l'appareil de Helmholtz représenté sur la figure 18 de ma conférence de Londres. Quant à la modification proposée pour le montage illustré par la figure 18, j'ai quelques doutes sur ce que vous entendez par l'expression « dispositif de rupture ». Je remarque que chaque branche du diapason émetteur porte un fil qui établit et rompt le contact avec du mercure, de sorte qu'il semble y avoir deux dispositifs de rupture sur le schéma ; et je ne prétends pas savoir exactement comment fonctionne l'appareil. Je suppose donc que vous entendez retirer du circuit tout ce qui se trouve entre les points g et k ; autrement dit, retirer tout du circuit à l'exception des piles et des appareils récepteurs ; en utilisant un circuit intact et un courant continu provenant de la batterie. Je comprends en outre que, dans ces conditions, vous demandez en substance si la vibration mécanique des branches d'un des diapasons entre les pôles de son électroaimant provoquera dans le circuit un courant inductif, au sens où ce terme est employé dans mon brevet du 7 mars 1876, n° 174 465. Comme vous n'avez pas précisé comment faire vibrer le diapason, je suppose que les branches seront pincées avec les doigts, et que le diapason sera ensuite laissé à vibrer librement entre les pôles de son électroaimant. Et vous demandez si cette vibration libre provoquera dans le circuit un courant ondulatoire, au sens où je l'emploie dans mon brevet du 7 mars 1876. Je pense que oui. Contre-interrogatoire 427. N'est-il pas vrai que, dans l'appareil de Helmholtz auquel vous avez fait référence dans votre dernière réponse, les fréquences de vibration des diapasons récepteurs sont soit identiques, soit des multiples de la fréquence de vibration du diapason émetteur ? R : Elles sont toutes des multiples de la fréquence de vibration du diapason émetteur. Voir l'annexe VIII. La traduction de M. Alexander J. Ellis de l'uvre de Helmholtz est décrite et illustrée. L'appareil à voyelles de Helmholtz mentionné dans ma conférence de Londres et illustré à la figure 18 est présenté. J'en déduis que, puisque des fils conducteurs sont fixés à chaque branche du diapason transmetteur, « chaque vibration du diapason produit un courant deux fois : une fois lorsque la branche supérieure plonge dans le godet de mercure, et une fois lorsque la branche inférieure plonge dans le godet. » Selon le dispositif présenté à la figure 18 de ma conférence de Londres, il apparaît donc que le diapason récepteur de fréquence la plus basse devrait être une octave au-dessus de la fréquence du diapason transmetteur, et que pour actionner ce diapason par un diapason transmetteur de même fréquence, il est nécessaire de modifier la partie transmettrice de l'appareil. Voir l'annexe VII. Concernant l'ouvrage de Helmholtz mentionné plus haut, se référant à l'appareil vocalique illustré à la figure 18 de ma conférence londonienne, le traducteur déclare : « La disposition que je viens de décrire est préférable lorsque le diapason 1 est l'octave au-dessus du diapason. Mais si le diapason 1 effectue le même nombre de vibrations que le diapason b, le fil 7 Æ doit être retiré, et les deux autres fils se terminant par 7 doivent être connectés à 2. » Une telle modification supprimerait l'un des dispositifs de coupure de circuit et ne conserverait que l'autre. Contre-interrogatoire. 428. L'appareil à diapason à coupure de circuit qui est schématisé dans votre conférence londonienne, qui a été proposée comme preuve, est illustré par le dessin en perspective figure 33, page 178 de la traduction de l'ouvrage de Helmholtz par Alexander J. Ellis, publiée à Londres par Longmans, Green & Co., en 1875, n'est-ce pas ? R : Je ne le crois pas.. Contre-interrogatoire 429. Et linstrument de réception illustré dans Fig. 32 de la traduction de Helmholtz, mentionné dans ma dernière question, fonctionne essentiellement de la même manière, tant sur le plan électrique qu'acoustique, que n'importe lequel des diapasons récepteurs illustrés par des schémas dans votre conférence de Londres. C'est bien le cas, n'est-ce pas ? R. : C'est ce que je crois comprendre. ![]() Contre-interrogatoire n° 430. En ce qui concerne votre brevet anglais, qui a été produit et versé au dossier par les défendeurs dans la présente affaire, veuillez indiquer si, à votre connaissance, une déclaration de renonciation (*disclaimer*) a jamais été déposée auprès du Bureau des brevets britannique. R. Je le crois, en raison de la publication antérieure de mon invention par Sir William Thomson dans l'allocution qu'il a prononcée devant la *British Association for the Advancement of Science*, où il décrivait ce qu'il avait vu à l'Exposition du centenaire à Philadelphie, ainsi qu'en raison de la présentation publique qu'il a faite des téléphones que je lui avais offerts en juillet 1876. En vertu de la législation britannique sur les brevets, il était nécessaire de renoncer à toutes les parties de mon invention qui avaient été décrites ou montrées publiquement en Angleterre avant la date de mon brevet britannique. Contre-interrogatoire n° 431. Faisant référence à votre mention des « courants ondulatoires » figurant dans l'extrait cité dans votre réponse au contre-interrogatoire n° 405, et afin de bien comprendre le sens que vous attribuez à l'expression « courants ondulatoires » dans cette réponse, je vous demande d'imaginer deux récepteurs Helmholtz chacun semblable à celui illustré par la figure 52, page 176, de la traduction d'Ellis mentionnée précédemment placés dans un circuit de pile ordinaire ; je vous demande en outre de supposer que l'un des diapasons est mis en vibration mécaniquement. Dans un tel cas, un courant ondulatoire serait-il généré sur la ligne ? R. Si l'un des diapasons était mis en vibration mécaniquement de manière à produire sa note musicale, je ne doute pas que la vibration sonore du diapason engendrerait un courant ondulatoire sur la ligne. Contre-interrogatoire n° 432. Dans le cas envisagé dans la réponse précédente, l'un des diapasons de Helmholtz serait-il mis en vibration par la vibration mécanique de l'autre ? R. Dans le cas envisagé, tel que je comprends la question, il n'y a que deux diapasons récepteurs de ce type dans le circuit. Si les deux diapasons avaient la même hauteur tonale ou la même fréquence de vibration, je ne doute pas que si l'un des diapasons était forcé mécaniquement par exemple en pinçant ses branches avec les doigts de produire sa note musicale, provoquant ainsi des ondulations électriques dans le circuit, l'autre diapason entrerait également en vibration sonore. Contre-interrogatoire 433. En se référant à la figure 5 de votre brevet n° 174 469 : si l'on fait vibrer mécaniquement l'armature c, le fonctionnement électrique et acoustique de l'appareil sera-t-il identique à celui de l'appareil de Helmholtz évoqué dans la question et la réponse précédentes ? Rép. Je préférerais dire que le fonctionnement électrique et acoustique de l'appareil à diapasons de Helmholtz dans l'expérience hypothétique suggérée serait similaire à celui de l'appareil représenté sur la figure 5 de mon brevet n° 174 465, tel qu'il y est décrit comme suit : « Pour illustrer la méthode de création d'ondulations électriques, je vais présenter et décrire un type d'appareil permettant de produire cet effet. Je préfère utiliser à cette fin un électro-aimant A (fig. 5) dont la bobine n'est enroulée que sur l'une de ses branches, b. Une armature en lame d'acier, c, est fermement fixée par une extrémité à la branche nue d de l'aimant, tandis que son extrémité libre surplombe le pôle de la branche pourvue de la bobine. L'armature c peut être mise en vibration de diverses manières notamment par le souffle de l'air et produit, en vibrant, une note musicale d'une hauteur définie. Lorsque l'instrument A est inséré dans un circuit voltaïque gbefg, l'armature c s'aimante et la polarité de son extrémité libre est opposée à celle de l'aimant situé au-dessous. Tant que l'armature c reste au repos, aucun effet n'est produit sur le courant voltaïque ; mais dès qu'elle est mise en vibration pour émettre sa note musicale, une puissante induction se produit et des ondulations électriques parcourent le circuit gbefg. Le courant ondulatoire traversant la bobine de l'électro-aimant A provoque la vibration de son armature lorsque les armatures des deux instruments sont normalement à l'unisson ; en revanche, l'armature n'est pas affectée par le passage du courant ondulatoire si les hauteurs tonales des deux instruments diffèrent. » Pour répondre à cette question, supposons que le dispositif de diapason de Helmholtz supposé se construise comme suit : deux électroaimants bipolaires sont supposés disposés sur un circuit métallique avec une pile voltaïque, sans aucun autre dispositif électrique dans le circuit. Entre les pôles de chaque électroaimant sont placées les branches d'un diapason, comme illustré sur la figure 32 à la page 176 de la traduction par Ellis de l'uvre de Helmholtz, et les deux diapasons ont la même fréquence de vibration. Ensuite, si je comprends bien la nature de l'expérience, l'un de ces diapasons est mis en vibration mécaniquement afin de produire sa note musicale : dans ce cas, je n'ai aucun doute qu'un mode de fonctionnement similaire à celui que j'ai cité plus haut de mon brevet se produira ; et l'autre diapason du circuit, ayant normalement la même hauteur que le premier, sera mis en vibration sonore. L'avocat du plaignant annonce qu'à l'audience de ce procès, il produira l'ouvrage intitulé :
Cet ouvrage sera cité lors de l'audience pour illustrer l'état de la technique tel qu'il se présentait avant l'invention électrique d'Alexander Graham Bell. Le conseil du plaignant produit à titre de preuve le document de renonciation et le mémoire de modification de William Morgan-Brown, déposés auprès du Bureau des brevets britannique le 13 février 1878 : « Concernant les lettres patentes accordées à William Morgan-Brown, du cabinet Brandon & Morgan-Brown, ingénieurs et conseils en brevets, sis au 38 Southampton Buildings à Londres et au 1 rue Lafitte à Paris, pour l'invention intitulée "PERFECTIONNEMENTS DANS LA TÉLÉPHONIE ÉLECTRIQUE (TRANSMISSION OU PRODUCTION DE SONS POUR LA TÉLÉGRAPHIE DE MESSAGES) ET DANS LES APPAREILS TÉLÉPHONIQUES" communication venant de l'étranger de la part d'Alexander Graham Bell, de l'Université de Boston (Massachusetts, États-Unis d'Amérique), professeur de physiologie vocale, en date du 9 décembre 1876, sous le n° 4765. » [Ce document porte la mention : « Pièce produite par les plaignants : Renonciation britannique de Bell H. L. H., examinateur spécial ».] Contre-interrogatoire n° 434. Je vous prie d'examiner la renonciation et le mémoire de modification déposés auprès de l'Office britannique des brevets le 13 février 1878, et d'indiquer si une autre renonciation ou un autre mémoire de modification a été déposé auprès de cet office concernant ou affectant votre brevet anglais. R. : Je ne saurais le dire avec certitude. Toute déclaration de renonciation ou tout acte modificatif concernant ou se rapportant à mon brevet britannique y compris la déclaration de renonciation qui vient d'être produite a été préparé et déposé après que je me suis dessaisi de mes droits sur ce brevet, et ces démarches ont été effectuées par un conseil juridique agissant pour le compte des titulaires du brevet. Contre-interrogatoire n° 435. J'ai cru comprendre, d'après l'une de vos réponses précédentes, que le motif du dépôt d'une déclaration de renonciation en Angleterre était que votre invention, ou une partie de celle-ci, avait été publiée avant le dépôt de la demande de brevet britannique. Y avait-il, à votre connaissance, une autre raison justifiant le dépôt de cette déclaration ? R. : Je n'ai pas examiné la déclaration de renonciation pour vérifier ce point précis, mais je ne pense pas qu'il y ait eu d'autre motif. D'après ce que je comprends, des exemplaires imprimés de mes brevets américains n° 161 739 (du 6 avril 1875) et n° 174 465 (du 7 mars 1876) sont parvenus en Angleterre quelques semaines seulement après leur délivrance, ce qui, au regard de la législation britannique, constituait une publication en Angleterre. Par ailleurs, la communication que j'ai présentée le 10 mai 1876 devant l'American Academy of Arts and Sciences si elle a été rendue disponible dans l'une des bibliothèques d'Angleterre avant le 9 décembre 1876 aurait constitué une publication de son contenu en Angleterre, antérieurement à la date du brevet britannique. Il devenait alors nécessaire pour les titulaires du brevet de renoncer à tout ce qui était revendiqué ou décrit dans les brevets que j'ai cités, ou contenu dans la communication du 10 mai 1876. La déclaration de renonciation, telle que je la comprends, signifie simplement que les inventions faisant l'objet de cette renonciation n'étaient pas nouvelles en Angleterre au 9 décembre 1876. Elle ne signifie pas que ces inventions n'étaient pas de mon propre cru ; en fait, c'est la publication de mes inventions, et non celles d'autrui, qui a conduit à la ou aux déclarations de renonciation déposées par les détenteurs de mon brevet britannique. Contre-interrogatoire n° 436. Je remarque que la déclaration de renonciation versée au dossier contient les termes suivants : « Attendu que, depuis le dépôt du mémoire descriptif relatif audit brevet, moi, soussigné William Morgan-Brown, ai constaté que certaines des revendications y figurant sont trop larges et englobent, comme faisant partie de ladite invention, des éléments qui n'étaient pas nouveaux au Royaume-Uni à la date dudit brevet, en raison de la publication en Angleterre, avant le 9 décembre 1876, de descriptions les concernant et notamment de certaines descriptions d'appareils téléphoniques inventés et utilisés par ledit Alexander Graham Bell en Amérique avant ladite date ; attendu qu'il a été établi que certains éléments de ladite invention, tels que décrits dans ledit mémoire, ne présentent pas une utilité pratique suffisante ; et attendu que je souhaite, pour les raisons susmentionnées, modifier ledit mémoire descriptif au moyen d'une déclaration de renonciation et d'un mémoire de modification, tels qu'exposés ci-après, et limiter les revendications dudit mémoire aux agencements d'appareils téléphoniques utilisant des armatures à plaque ou des armatures autres que celles portées par une membrane, ainsi qu'aux agencements utilisant des aimants permanents ou des aimants excités par des batteries ne figurant pas dans le circuit principal ou la ligne de transmission : » Puisque vous déclarez dans votre dernière réponse ne pas avoir examiné la déclaration de renonciation (*disclaimer*), j'attire votre attention sur les termes qui y sont employés et je vous demande si, compte tenu de ces termes, vous souhaitez modifier vos réponses précédentes. R. : Je souhaite les modifier uniquement pour dire que je ne saurais prétendre connaître toutes les opinions des propriétaires de mon brevet britannique, ou de leurs conseillers juridiques, ayant influencé la rédaction de la déclaration de renonciation, sauf dans la mesure où elles ressortent de la déclaration elle-même. Contre-interrogatoire n° 437. Lors de votre interrogatoire principal, vous avez témoigné au sujet de certaines actions en justice intentées dans ce pays sur la base de vos brevets. Je vous demande de compléter votre réponse en précisant si une action en justice a été intentée ou non sur la base de votre brevet anglais et, le cas échéant, si vous avez témoigné dans le cadre de cette action. R. : Je crois qu'il y a eu des procès en Angleterre impliquant mon brevet britannique, mais j'en ignore personnellement les détails. Je n'ai témoigné dans aucun d'entre eux. Contre-interrogatoire n° 438. Les procès anglais auxquels vous faites référence dans votre dernière réponse ont-ils été engagés avant ou après le 13 février 1878, date à laquelle votre déclaration de renonciation anglaise a été déposée ? R. : Je ne le sais pas avec certitude, mais j'ai l'impression que la déclaration de renonciation a été déposée avant que le brevet britannique ne fasse l'objet d'un procès en Angleterre. Contre-interrogatoire n° 439. Le contre-interrogatoire n° 406 était libellé comme suit : « Dans votre déclaration préliminaire concernant les interférences harmoniques (*Harmonic Interferences*), vous dites : "Je croyais qu'un brevet ne pouvait être obtenu dans ce pays sans modèles"... Vous souvenez-vous à quel moment vous avez appris qu'un brevet ne pouvait être obtenu aux États-Unis sans modèles, et comment vous avez obtenu cette information ? » Vous avez attiré l'attention sur une demande pour laquelle il semblerait, d'après la mention de l'examinateur, que l'on ait temporairement dispensé de fournir une maquette au cours de l'examen ou d'une partie de l'examen du dossier ; et vous avez attiré l'attention sur un brevet délivré pour lequel, si je comprends bien, une maquette faisait partie de la demande, bien que vous affirmiez que cette maquette n'illustrait pas entièrement tout ce qui était revendiqué dans le brevet. Je vais quelque peu modifier la formulation de la question et vous demander à quel moment vous avez appris pour la première fois qu'un brevet des États-Unis pouvait être délivré dans un cas où aucune maquette ne faisait partie de la demande jusqu'au moment de sa délivrance. R. : Concernant la partie de votre question qui renvoie à la contre-interrogatoire n° 406, j'ai déclaré en substance, dans ma réponse à ce contre-interrogatoire, que je n'avais jamais reçu d'information indiquant qu'il était impossible d'obtenir un brevet dans ce pays sans maquette, et qu'il s'agissait simplement d'une idée que je m'étais faite en raison de mon ignorance en matière de brevets, à l'époque où j'ai écrit à l'honorable M. Scudamore, surintendant des télégraphes en Angleterre, comme je l'ai indiqué dans ma déclaration préliminaire relative aux conflits de priorité (« interferences ») concernant le télégraphe harmonique. Autrement dit, cette idée était présente à mon esprit au plus tard le 10 janvier 1874. J'ai également déclaré, dans ma réponse au contre-interrogatoire n° 406, que j'avais découvert par la suite qu'il s'agissait d'une idée erronée. Quant à la dernière partie de votre question, j'ignore quand j'ai appris pour la première fois qu'un brevet des États-Unis pouvait être délivré alors qu'aucun modèle ne faisait partie de la demande au moment de sa délivrance ; toutefois, j'en avais connaissance en février ou mars 1875 c'est-à-dire que je savais alors qu'il n'était pas nécessaire qu'un modèle accompagne la demande, à moins que le Commissaire ne l'exigeât. Je considérais que le dépôt d'un modèle relevait entièrement de la discrétion du Commissaire aux brevets. Contre-interrogatoire 440. A-t-on jamais attiré votre attention sur un brevet délivré avant février ou mars 1875 pour lequel aucun modèle n'avait été déposé au Bureau des brevets avant la délivrance effective du brevet ? Rép. : Je l'ignore. Contre-interrogatoire 441. Le professeur Cross a témoigné dans cette affaire comme suit : « Q. 74. Avez-vous jamais fait des déclarations concernant la transmission électrique de la parole lors de conférences ou de démonstrations de l'appareil utilisant le récepteur à boîte en fer-blanc ? [ Même objection et objection maintenue. ] R. Oui, lors de ma conférence au New England Conservatory of Music en février 1872. Q. 15. Veuillez rapporter, aussi fidèlement que vos souvenirs le permettent, la déclaration que vous avez faite à cette occasion. [ Même objection. ] R. Je ne me souviens pas, bien entendu, de mes termes exacts, mais voici en substance ce que j'ai dit : le professeur Tourjée, alors directeur du Conservatoire et présent à ma conférence, s'occupait à l'époque de constituer une chorale pour le gigantesque « Jubilé de la Paix » (Peace Jubilee) ainsi qu'on l'appelait qui devait se tenir à Boston l'été suivant et auquel des musiciens de tout le pays étaient attendus. Après avoir présenté l'appareil, j'ai dit, sur un ton quelque peu plaisant, qu'avec un tel dispositif ou une forme améliorée de transmetteur on pourrait espérer transmettre la musique du Jubilé dans tout le pays ; ou encore que, plutôt que de rassembler la chorale en un même lieu, on pourrait laisser les choristes chez eux et transmettre leur musique jusqu'à la salle de concert de Boston. Je n'ai suggéré aucun moyen de modifier l'appareil de transmission pour obtenir un tel résultat, mais j'ai estimé que l'utilisation d'un récepteur à plaque constituait une amélioration notable par rapport au récepteur de Reis. » À quel moment, le cas échéant, le professeur Cross vous a-t-il parlé de la transmission de la parole articulée en lien avec le récepteur ou le transmetteur de Reis ? R. Je déduis de votre question que vous souhaitez savoir quand et même si le professeur Cross m'a parlé de la transmission de la parole articulée au moyen d'un émetteur et d'un récepteur Reis. Il ne m'a jamais parlé d'une telle chose, ni même suggéré qu'il fût possible de transmettre la parole articulée avec cet appareil. Contre-interrogatoire, 442. J'attire votre attention sur la figure 3 de votre déclaration préliminaire dans l'affaire d'interférence « Harmonic Telegraph », et je vous demande de décrire le fonctionnement de cet instrument dans le cas où la tige fixée à l'une des branches du diapason émetteur resterait constamment immergée dans le mercure de la coupelle. Cela peut, bien entendu, selon ce que je comprends, être réalisé soit en allongeant la pointe de la tige, soit en élevant le niveau du mercure dans la coupelle. R. Je doute fort que cela puisse fonctionner. Je ne pense pas que, dans de telles circonstances, le diapason émetteur puisse vibrer. Contre-interrogatoire, 448. Voulez-vous dire que la résistance mécanique causée par l'immersion du fil dans le mercure empêcherait la vibration du diapason émetteur ? R. Non. Cela n'a rien à voir avec la difficulté. Si la tige fixée à l'une des branches du diapason émetteur reste constamment immergée dans le mercure de la coupelle, les deux branches seront constamment attirées par les pôles de l'électro-aimant, et jamais relâchées, car le circuit n'est jamais rompu. Les branches prendraient donc simplement une position résultante par rapport aux pôles de l'électro-aimant et y resteraient sans vibrer. Contre-interrogatoire. 444. Ma question précédente aurait probablement dû être formulée différemment ; je vous demande maintenant si la résistance mécanique causée par le poids de la tige et par son immersion constante dans le mercure aurait un effet significatif sur les vibrations de l'instrument émetteur ? R. Pas dans le cas envisagé, car dans ce cas, il n'y aurait aucune vibration de l'instrument émetteur. Dans le cas d'un diapason vibrant, la résistance mécanique causée par le poids de la tige et par son immersion constante dans le mercure aurait théoriquement pour effet d'entraver la vibration du diapason ; mais, en pratique, cet effet serait négligeable ou nul si la masse du diapason était importante et si le poids ainsi que le diamètre du fil immergé étaient faibles. Plus la masse du diapason est faible, et plus le poids et le diamètre du fil immergé dans le mercure sont importants, plus la vibration du diapason en serait affectée. Contre-interrogatoire 445. Veuillez décrire le fonctionnement électrique et acoustique de l'appareil illustré aux figures 2* et 3 de votre déclaration préliminaire dans l'affaire d'interférence relative au télégraphe harmonique, lorsque le diapason émetteur de cet appareil est mis en vibration mécaniquement et que sa tige reste constamment immergée dans le mercure. R. Si l'on met mécaniquement le diapason émetteur en vibration de manière à produire sa note musicale, la vibration de la branche supérieure fera plonger plus ou moins profondément dans le mercure le fil qui y est fixé. Plus le fil conducteur est immergé profondément dans le mercure, plus la surface du fil en contact avec celui-ci est grande et, par conséquent, plus la résistance électrique du trajet liquide est faible. Moins le fil conducteur est immergé profondément, plus la résistance du trajet liquide est élevée. Le fonctionnement électrique dépend donc dans une large mesure de la variation de la résistance électrique du trajet liquide. Si cette variation est très faible, il se peut qu'aucun effet électrique notable ne soit produit par la vibration mécanique du diapason, l'intensité du courant restant pratiquement uniforme ; pourtant, en théorie, une augmentation et une diminution alternées du trajet liquide se produisent à chaque vibration du diapason émetteur, engendrant ainsi des ondulations électriques correspondant aux vibrations sonores de l'air pendant que le diapason émet sa note musicale. L'effet électrique, comme je l'ai indiqué, dépend considérablement de la variation de résistance du trajet liquide lors de la vibration sonore du diapason ; cela dépend à son tour, dans une large mesure, du matériau constituant le fil plongé dans le mercure, du diamètre de ce fil et de sa profondeur d'immersion normale. En revanche, dans le fonctionnement de l'appareil tel qu'illustré aux figures 2 et 3 de mon exposé préliminaire sur les interférences du télégraphe harmonique où le fil conducteur établit et rompt le contact avec le mercure , le matériau du fil, son diamètre et sa profondeur d'immersion importent peu, pourvu que le fil sorte effectivement du mercure lors de sa remontée et entre en contact avec lui lors de sa descente. Toutefois, comme ces points revêtent une très grande importance dans le cas envisagé et que votre question ne précise ni le matériau, ni le diamètre, ni la profondeur d'immersion, je dirai que si le fil plongeant dans le mercure est constitué d'un matériau et présente un diamètre tels qu'il n'offre qu'une faible résistance au passage du courant électrique, alors la vibration du fil dans le mercure n'aura que peu d'effet ; en pratique, si le fil est un excellent conducteur, la vibration sonore du diapason ne provoquera aucun effet électrique notable, un courant d'intensité constante se maintenant dans le circuit bien qu'un effet théorique soit, naturellement, toujours produit. En revanche, si le matériau et le diamètre du fil sont tels qu'ils opposent une très forte résistance au passage du courant, alors la vibration du fil dans le mercure aura une incidence considérable sur la résistance du circuit. L'écart entre les résistances maximale et minimale sera plus important que dans le cas précédent, et l'action ondulatoire sur le courant plus marquée. Ainsi, plus la résistance du fil immergé dans le mercure est élevée, plus l'effet électrique produit par la vibration sonore du diapason est important ; inversement, plus cette résistance est faible, plus l'appareil se rapproche d'un état où la vibration ne produit aucun effet électrique. Quant à la profondeur d'immersion : la vibration du fil ne produira qu'un effet électrique relativement faible si la profondeur d'immersion normale est importante, mais un effet relativement marqué si cette profondeur est faible. Supposons, par exemple, que le fil subisse un mouvement de va-et-vient vertical dans le mercure d'une amplitude d'un centième de pouce. Si la profondeur d'immersion normale est d'un pouce, la vibration du fil ne modifiera la surface en contact avec le mercure que d'environ un pour cent de la surface totale normalement en contact avec le mercure ; en revanche, si la profondeur normale d'immersion n'est que d'environ un centième de pouce, une vibration similaire du fil entraînerait une variation de plus de cinquante pour cent de la surface normalement en contact. La résistance électrique est minimale lorsque la surface en contact avec le mercure est maximale, et inversement. Il en résulte que la variation électrique produite par une vibration donnée du diapason est minimale lorsque la profondeur normale d'immersion est maximale, et maximale lorsqu'elle est minimale étant entendu que la profondeur normale d'immersion doit être suffisante pour empêcher le fil de quitter la surface du mercure au point culminant de son oscillation. Si la profondeur normale d'immersion est très importante, la vibration sonore du diapason ne produira pratiquement aucun effet électrique ; pour obtenir un effet électrique significatif, la profondeur normale d'immersion doit donc être faible. Ainsi, en examinant le fonctionnement de l'appareil illustré aux figures 2 et 3 de mon exposé préliminaire sur les interférences dans le télégraphe harmonique : lorsque le diapason émetteur vibre de manière constante, et le style de celui-ci restant constamment immergé dans le mercure, les meilleurs effets électriques dus à la vibration du diapason sont produits en fabriquant le style avec un matériau peu conducteur, et en réduisant au minimum la profondeur d'immersion normale dans le mercure tout en veillant à ce que le circuit reste intact. Lorsque l'appareil est disposé exactement comme le montrent la figure 2 ou la figure 3, de sorte que le circuit est établi et rompu à chaque vibration du diapason, l'électro-aimant sert à entretenir continuellement la vibration du diapason émetteur ; mais dans le cas envisagé, où l'extrémité de la tige reste constamment immergée dans le mercure, l'électro-aimant de l'émetteur est inutile et constitue même une gêne pour la vibration du diapason. Les pôles de l'électro-aimant attirent les branches avec une force croissante à mesure que la tige s'enfonce davantage dans le mercure c'est-à-dire lorsque les branches s'éloignent normalement des pôles. Ainsi, lorsque le diapason est mis mécaniquement en vibration sonore, l'effet de l'électro-aimant est de freiner la vibration des branches et de les ramener au repos plus rapidement que si aucun électro-aimant n'avait été relié à l'instrument émetteur. Vous m'avez également interrogé sur le fonctionnement acoustique de l'appareil ; or, il est évident que, dans le cas envisagé, aucun effet acoustique ne sera produit autre que la note musicale résultant de la vibration mécanique du diapason émetteur, à moins que l'on n'abaisse la clé K (fig. 2 ou 3) pour placer l'instrument récepteur dans le même circuit que l'émetteur. Sur le schéma (fig. 2 ou 3), l'émetteur se trouve dans un circuit local non relié au récepteur ; mais l'abaissement de la clé K rompt le circuit local et établit le contact avec le fil de ligne menant au récepteur. Le diapason du récepteur possède normalement la même hauteur de son que celui de l'émetteur. Si donc nous abaissons la clé K et mettons mécaniquement le diapason émetteur en vibration de manière à produire sa note musicale, et si nous disposons la tige de contact de telle sorte qu'elle ne rompe pas le contact avec la surface du mercure, la vibration du diapason émetteur provoquera, dans le circuit contenant le récepteur, des ondulations électriques analogues aux vibrations sonores, et les branches du diapason récepteur entreront en vibration sous l'effet de l'attraction variable de son électro-aimant, produisant ainsi une note musicale de hauteur similaire à celle de l'émetteur. L'effet acoustique sera le plus intense lorsque les ondulations électriques seront les plus fortes, c'est-à-dire lorsque la différence entre l'intensité maximale et minimale du courant sera la plus grande. Par conséquent, les conditions qui produisent l'effet électrique le plus important grâce à la vibration du diapason émetteur produisent également l'effet acoustique le plus important au niveau de l'instrument récepteur. Ainsi,pour obtenir l'effet acoustique maximal, la tige portée par le diapason émetteur doit être constituée d'un matériau peu conducteur, et son extrémité doit plonger dans le mercure aussi peu profondément que possible, tout en garantissant que le circuit reste fermé. Contre-interrogatoire 446 : J'ai cru comprendre, d'après vos déclarations concernant les « Interférences harmoniques », que l'appareil illustré sur la figure 2 avait été construit à West Newton Street, à Boston, et que les instruments représentés sur la figure 3 avaient été construits et utilisés par vous en 1873. Ma question visait les instruments ainsi construits par vous, et non des instruments hypothétiques. Dans cette optique, pourriez-vous préciser quel effet la vibration mécanique du diapason émetteur devant les noyaux de l'électro-aimant a sur le courant traversant ses bobines ? En supposant, bien entendu, comme dans la question précédente, que la tige reste constamment immergée dans le mercure et que le circuit demeure ainsi fermé. R. Je ne suis pas tout à fait certain de comprendre comment vous souhaitez que je réponde à la question. Il me semble que vous posez des conditions hypothétiques qui n'existaient pas pour l'appareil tel qu'il a été réellement construit en 1872 et 1873, et vous n'avez pas précisé comment le diapason émetteur devait être mis en vibration mécanique. Si vous restreignez ma réponse aux instruments effectivement construits en 1872 et 1873, je dirai qu'ils étaient d'une fabrication si rudimentaire qu'il me serait extrêmement difficile de répondre à votre question de manière satisfaisante. Si vous entendez envisager le cas hypothétique d'instruments fonctionnant essentiellement comme le montrent les dessins des figures 2 et 3, et dans les conditions les plus favorables, votre question serait moins difficile à traiter. Désireux de répondre à toute question avec franchise, exhaustivité et équité, je serais heureux de savoir comment vous souhaitez que j'aborde cette question. Contre-interrogatoire n° 447. Pour répondre à cette question, vous pouvez supposer que le diapason émetteur est mis en vibration par une méthode connue dans l'état de la technique antérieur à l'époque où vous l'avez fabriqué et utilisé, méthode qui n'interrompt pas le circuit. Vous pouvez même supposer qu'il a été mis en vibration par un choc provoqué par un objet quelconque. R. Je crains de devoir considérer votre question comme étant d'ordre hypothétique, car je ne vois pas comment je pourrais, par des moyens mécaniques, produire une vibration satisfaisante du diapason émetteur avec les instruments que j'ai effectivement construits en 1872 et 1873. Ces diapasons étaient de petite taille, et le fil fixé à l'une des branches conférait à celle-ci une fréquence de vibration légèrement différente de celle de l'autre branche ; par conséquent, il est probable que la vibration ne se serait pas maintenue après le choc initial. De plus, le fil plongeant dans la coupelle de mercure était constitué d'un matériau bon conducteur, ce qui ne convenait pas à une expérience telle que celle décrite dans ma réponse au contre-interrogatoire n° 445. Je doute que les appareils que j'ai réellement construits en 1872 et 1873 et qui sont représentés sur les figures 2 et 3 de ma déclaration préliminaire dans le cadre de la procédure d'interférence relative au télégraphe harmonique auraient fonctionné en pratique de la manière décrite dans ma réponse au contre-interrogatoire n° 445. J'avais compris que cette question faisait référence à une expérience purement hypothétique, réalisée avec des instruments sensiblement analogues à ceux représentés sur les figures 2 et 3, et non à des expériences menées avec les appareils que j'ai effectivement construits en 1872 et 1873. Contre-interrogatoire. 448. Le but de ma question était simplement de déterminer quel effet, le cas échéant, est produit sur le circuit par un mouvement ou une vibration quelconque des branches du diapason émetteur en présence des noyaux aimantés. Avec cette précision supplémentaire, vous comprendrez peut-être mieux la question précédente. R. : Je considérerai la question comme se rapportant à une expérience hypothétique ; car, comme je l'ai dit, je ne vois pas comment j'aurais pu, en pratique, provoquer une vibration continue du diapason émetteur par des moyens mécaniques avec l'appareil que j'ai effectivement construit en 1872 et 1873. En me référant donc aux figures 2 et 3 de mon exposé préliminaire sur les interférences du télégraphe harmonique, je supposerai que le diapason émetteur est maintenu en vibration continue par des moyens mécaniques, produisant sans interruption sa note musicale. Je supposerai en outre que la tige plongeant dans le mercure est constituée d'un matériau peu conducteur et que sa profondeur d'immersion normale est aussi faible que possible, tout en respectant la condition que vous imposez : que son extrémité reste continuellement immergée. Je supposerai enfin que la clé est abaissée de manière à placer le récepteur dans le même circuit que l'émetteur. Dans ces conditions, il est extrêmement difficile de dire exactement quel serait le fonctionnement électrique et acoustique de l'appareil. Je ne doute pas que la vibration des branches du diapason émetteur devant les pôles de son électro-aimant engendrerait des impulsions magnéto-électriques, mais l'intensité de ces impulsions dépendrait de l'état magnétique du noyau de l'électro-aimant ; or, cet état varierait constamment en raison des fluctuations de la résistance au niveau de la coupelle de mercure, causées par la vibration de la tige dans le mercure. C'est un problème complexe. Un double effet se produirait : un effet de résistance variable au niveau de la coupelle de mercure et un effet magnéto-électrique dans les bobines de l'électro-aimant de l'appareil émetteur. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il en résulterait, dans le circuit, un effet combinant ces deux phénomènes. Je ne sais pas comment déterminer, sur la seule base de considérations théoriques, dans quelle mesure les effets acoustiques produits par le récepteur lorsque l'électro-aimant est conservé dans l'appareil émetteur différeraient de ceux obtenus si l'électro-aimant de l'émetteur était retiré. Il y aurait sans aucun doute une différence due à la superposition des courants magnéto-électriques aux effets de résistance variable engendrés par la vibration de la tige dans le mercure. Contre-interrogatoire n° 449. Dans votre déclaration préliminaire relative à la procédure d'interférence « Zarmonte », vous affirmez : « D'après ce que j'ai pu constater en examinant les brevets de M. Gray, son invention à cette époque (fin septembre ou début octobre 1874) ne consistait qu'en une méthode de transmission du son à travers des tissus vivants ; aucune revendication n'était formulée quant à l'application pratique de la téléphonie à la transmission simultanée de messages sur un fil unique. » À quels brevets de M. Gray faites-vous référence dans cette déclaration, et quand avez-vous eu l'occasion de les consulter ou de les examiner ? Je ne sais pas actuellement à quels brevets de M. Gray la déclaration fait référence, mais je présume qu'elle se rapporte à ceux qu'il avait déposés avant le début du mois d'octobre 1874. Ma déclaration préliminaire a été signée le 27 avril 1876 ; je présume donc avoir lu ou examiné ces brevets avant cette date, avec suffisamment d'attention pour pouvoir faire la déclaration citée. Je ne me souviens plus à l'heure actuelle de l'examen que j'ai personnellement effectué sur les brevets mentionnés, mais je suis enclin à penser que mon avocat m'a informé, lors de la préparation de la déclaration préliminaire, que dans ces brevets, M. Gray ne revendiquait aucune application pratique de la téléphonie à la transmission simultanée de messages sur un seul fil, et que j'ai vérifié la déclaration en examinant moi-même les brevets. Contre-interrogatoire. 450. Dans le paragraphe de votre déclaration préliminaire dans « Interférences harmoniques » qui suit immédiatement celui mentionné dans ma dernière question, vous faites allusion à un article du « Commonwealth », décrivant linvention de M. Gray, en utilisant les termes suivants : « Après un délai considérable, une mise en demeure fut complétée et transmise à M. Hubbard à Washington, pour être déposée à lOffice des brevets. Le lendemain, un article parut dans « Commonwealth », décrivant la méthode de M. Gray pour transmettre le son par télégraphie. À la fin de larticle, il était fait allusion à la transmission simultanée de messages au moyen de notes de musique, comme une invention récente de M. Gray ; et un appareil presque identique à celui mentionné dans ma mise en demeure y était décrit. Jai des raisons de supposer que cet article a été écrit par M. Hayes. » À quelle date ou période faites-vous référence par les mots : « Le lendemain, un article parut », etc. ? R : Je présume que la mise en demeure a été transmise à M. Hubbard le Le treizième jour de novembre 1874, l'article auquel il est fait allusion a été publié dans le Commonwealth le samedi 14 novembre 1874 ; toutefois, la mise en garde a été assermentée le vingt-septième jour d'octobre 1874. Contre-interrogatoire, p.451. Des témoignages ont-ils été recueillis dans le cadre des interférences Farmoni mentionnées dans votre déclaration préliminaire ? Cette question ne concerne pas les déclarations préliminaires qui ne sont que des affidavits ex parte. Rép. Des dépositions ont été recueillies en mon nom, mais je crois savoir qu'aucune déposition n'a été recueillie au nom d'Elisha Gray ou de Paul La Cour. Contre-interrogatoire n° 452. Savez-vous qui détient actuellement la demande de brevet d'Elisha Gray qui était en cause dans les procédures d'interférence relatives au télégraphe harmonique ? R. Non, je ne le sais pas. Contre-interrogatoire n° 453. Vous déclarez, en réponse à la sixième question : « Peu de temps avant mon départ de Grande-Bretagne, en 1870, je me suis procuré un exemplaire de l'édition française de son ouvrage » (en référence à l'uvre de Helmholtz). Était-ce bien en 1870, et vos connaissances en français étaient-elles suffisantes à l'époque pour vous permettre de comprendre parfaitement la description de l'appareil de Helmholtz ? R. Je pense avoir acheté l'ouvrage en 1870, mais je ne saurais être précis quant à la date exacte. En 1870, mes connaissances en français me permettaient de comprendre sans grande difficulté un langage courant, non technique. Je me souviens toutefois avoir éprouvé beaucoup de mal à comprendre le livre de Helmholtz. Il m'a fallu l'étudier attentivement pour en saisir le sens. Je crois avoir fini par comprendre, grâce à l'étude, le fonctionnement acoustique de l'appareil de Helmholtz pour les voyelles, mais pas son fonctionnement électrique. Je peux dire qu'une très grande partie de l'ouvrage reste pour moi, encore aujourd'hui, un livre fermé, même dans la traduction anglaise. Je fais allusion aux parties mathématiques de l'uvre. Contre-interrogatoire 454. Savez-vous quand la première édition allemande de l'ouvrage de Helmholtz intitulé « Die Lehre von den Tonempfindungen als physiologische Grundlage für die Theorie der Musik » a été publiée ? R. : Dans la traduction de M. Ellis, réalisée à partir de la troisième édition allemande, il est indiqué, sous l'autorité du traducteur M. Ellis, que le traité du professeur Helmholtz en question a été publié pour la première fois en 1862. Contre-interrogatoire 455. Avez-vous visité l'Amérique avant août 1870, date à laquelle vous dites être arrivé en Amérique ? R. : Non. Contre-interrogatoire 456. Pouvez-vous préciser davantage votre réponse à la question 9, donner la date exacte de votre arrivée en Amérique et indiquer quelle partie de l'Amérique vous avez visitée en premier ? R. : Je suis arrivé en Amérique avec mes parents et j'ai débarqué à Québec en août 1870. Je ne suis pas tout à fait certain de la date exacte, mais je crois que c'était le premier jour d'août 1870. Nous sommes allés directement de Québec à Paris (Ontario), où nous sommes restés environ une semaine, avant de nous installer à Tutelo Heights, près de Brantford (Ontario). J'y ai vécu avec mes parents jusqu'à mon arrivée aux États-Unis. Contre-interrogatoire n° 457. En référence à votre réponse à la question 10, étiez-vous déjà allé aux États-Unis avant le 1er avril 1871, date à laquelle vous êtes venu à Boston à l'invitation du Conseil de l'éducation ? R. Non. Contre-interrogatoire n° 458. Dans votre témoignage, vous avez évoqué plusieurs voyages entre Brantford (Ontario) et Boston. Par quels États américains êtes-vous passé lors de ces voyages ? R. Mon itinéraire habituel passait par Suspension Bridge (Niagara Falls), ce qui me faisait traverser les États de New York et du Massachusetts. À une ou deux reprises, j'ai voyagé via Montréal ; dans ce cas, je suppose que j'ai traversé les États du Vermont, du New Hampshire et du Massachusetts, ou peut-être ceux du Maine et du New Hampshire. Contre-interrogatoire n° 459. Le parent de votre élève George Sanders, mentionné dans votre réponse à l'interrogatoire n° 14, est-il la personne qui a pris un intérêt financier dans vos inventions ? R. Oui. Je fais allusion à M. Thomas Sanders, de Haverhill (Massachusetts). Contre-interrogatoire n° 460. Vous avez précédemment fait allusion à un brevet n° 161 739, daté du 6 avril 1875, ainsi qu'à deux demandes de brevet déposées les 25 février 1875 et 10 mars 1875, documents qui ont tous été versés au dossier en tant que preuves. Avez-vous, avant le 14 février 1876, déposé une autre demande de brevet aux États-Unis en dehors des trois que j'ai mentionnées ? R. : Je ne le crois pas. Contre-interrogatoire n° 461. D'après votre réponse à la question 18, je comprends que les inventions ayant abouti au brevet et aux demandes mentionnés dans la question précédente ont vu le jour avant votre installation définitive dans ce pays, en octobre 1872. Cette interprétation est-elle exacte ? R. : L'idée de la télégraphie multiple a germé dans mon esprit avant que je ne vienne m'installer définitivement aux États-Unis, en octobre 1872. Contre-interrogatoire n° 462. L'appareil décrit dans votre réponse à l'interrogatoire n° 19 était-il identique à tous égards à l'appareil de Helmholtz auquel vous faites référence dans cette même réponse ? R. Non. Pas à tous égards. Je pense qu'il différait sensiblement sur certains points. Contre-interrogatoire n° 463. Veuillez décrire les points de divergence mentionnés dans votre réponse précédente. R. La première version de l'appareil, que j'ai construite en octobre 1872, est représentée sur la figure 2 de ma déclaration préliminaire relative à la procédure d'interférence « Harmonic Telegraph » ; toutefois, je constate que dans ma réponse à l'interrogatoire n° 19, je n'ai pas décrit cet appareil, mais celui qui figure sur la figure 3 de ma déclaration préliminaire appareil qui n'a été construit qu'en 1873 , bien que la formulation de ma réponse à l'interrogatoire n° 19 puisse laisser croire que l'appareil décrit était la première version construite en octobre 1872. L'appareil de Helmholtz destiné à la production artificielle de sons vocaliques, mentionné dans ma réponse à l'interrogatoire n° 19, est représenté sur la figure 18 de ma conférence de Londres. Ce même appareil est illustré plus clairement car à plus grande échelle à la page 606 de la traduction par Ellis de l'ouvrage de Helmholtz, mentionné à plusieurs reprises au cours de cette déposition. Il y est désigné sous le nom de figure 64. Il convient de noter, comme l'indique Helmholtz lui-même, que les branches du diapason émetteur sont placées entre les pôles de l'électro-aimant, comme le montre l'illustration de cet appareil émetteur (figure 33, page 178 de la traduction d'Ellis), et que l'électro-aimant *l* visible sur la figure 64 du même ouvrage ou sur la figure 18 de ma conférence de Londres est représenté hors de sa position réelle afin de mieux illustrer les circuits électriques. Il est indiqué dans lannexe VII de la traduction de Helmholtz par Ellis en référence à la figure 64 dans lequel : « b est le diapason interrupteur, et / son électro-aimant. La position relative de ces deux derniers éléments a été quelque peu modifiée afin de rendre plus claire la disposition des circuits. » Je décrirai certaines des principales différences entre cet appareil de Helmholtz et l'invention illustrée par la figure 3 de ma déclaration préliminaire concernant les interférences du télégraphe harmonique. La figure 2 illustre la forme antérieure de l'appareil, mais je retiens la figure 3 car les instruments qui y sont représentés ressemblent davantage aux instruments de Helmholtz que ceux de la figure 2, et parce que ma réponse à la question 19 décrit les instruments de la figure 3. En effectuant cette comparaison, je ne tiendrai pas compte du fait que deux dispositifs de rupture de circuit figurent dans l'appareil de Helmholtz un fixé à chaque branche du diapason émetteur car il est indiqué dans les travaux de Helmholtz que l'appareil peut fonctionner avec une seule des coupelles à mercure représentées, et cette disposition se rapproche davantage de la conception de mon propre appareil. L'invention illustrée par la figure 3 de ma déclaration préliminaire prévoyait l'utilisation de plusieurs diapasons émetteurs de hauteurs tonales différentes et de plusieurs diapasons récepteurs ayant les mêmes hauteurs que les émetteurs, chaque diapason émetteur devant provoquer la vibration forcée du seul diapason récepteur avec lequel il était à l'unisson, lors de l'enfoncement d'une clé télégraphique mettant l'émetteur en circuit avec les récepteurs. La figure 5 montre l'un des diapasons émetteurs, l'un des diapasons récepteurs et l'une des clés télégraphiques, afin d'illustrer le mode de fonctionnement. Dans l'appareil de Helmholtz, plusieurs instruments récepteurs de hauteurs différentes sont utilisés, mais un seul diapason émetteur, relié en permanence aux instruments récepteurs sans l'intermédiaire d'aucune clé télégraphique. La vibration du diapason émetteur, au lieu de provoquer la vibration d'un seul des récepteurs les fait tous résonner simultanément. Dans l'appareil de Helmholtz, les hauteurs de son des instruments récepteurs sont en rapport harmonique les unes avec les autres ; dans le mien, ce n'est pas le cas. Dans l'appareil de Helmholtz, un seul diapason émetteur actionne tous les récepteurs ; dans le mien, il n'en actionne qu'un seul, de sorte qu'un diapason émetteur distinct est nécessaire pour chaque récepteur. Dans l'appareil de Helmholtz, les récepteurs émettent continuellement leurs notes musicales tant que le diapason émetteur vibre ; dans mon appareil, les instruments récepteurs restent normalement silencieux pendant que les émetteurs vibrent, et chaque récepteur ne produit sa note musicale qu'au moment où l'on abaisse la clé télégraphique reliée à l'émetteur correspondant à sa propre hauteur de son, ne restant en fonctionnement que tant que la clé demeure abaissée. Dans lappareil effectivement que j'ai construit, et représenté sur la figure 3 de ma déclaration préliminaire concernant les interférences du télégraphe harmonique, les diapasons utilisés étaient très petits, ceux démission et de réception étant accordés sur la même hauteur de son. Il sagissait de diapasons ordinaires, tels quon peut en acheter dans nimporte quel magasin de musique, destinés à donner la note de référence je crois, le « la » du violon. Le diapason émetteur utilisé par Helmholtz était bien plus grand que celui-ci et vibrait à une cadence beaucoup plus lente. Le diapason de Helmholtz était muni de deux fils, un fixé à chaque branche, que lon utilise une ou deux coupelles de mercure ; mon diapason émetteur, lui, navait un fil fixé quà une seule des branches, ce qui désaccordait les deux branches lune par rapport à lautre et nécessitait ou rendait souhaitable lajout dune surcharge sur lautre branche. Je me souviens que je la lestais avec des morceaux de cire. Dans mon appareil, le diapason émetteur est normalement placé dans un circuit local, sans connexion électrique avec le récepteur. Aucune disposition de ce genre napparaît dans lappareil de Helmholtz. Il existe dautres différences sur lesquelles je ne juge pas nécessaire dattirer particulièrement lattention. Contre-interrogatoire n° 464. Helmholtz, dans louvrage que vous avez mentionné dans votre réponse précédente, décrit-il ou montre-t-il des moyens de mettre hors circuit un ou plusieurs diapasons récepteurs, de sorte quun diapason émetteur puisse être utilisé avec un seul diapason récepteur, et que lon puisse, si nécessaire, exclure du circuit nimporte quel diapason récepteur ou la totalité dentre eux ? R. Oui, et cela constitue une autre différence entre son appareil et le mien. Contre-interrogatoire 465. L'appareil que vous avez décrit dans votre réponse à la question 20 diffère-t-il de l'appareil de Laborde décrit dans les *Comptes rendus* (tome 50, page 692) et dans *Cosmos* (tome 17, page 514), publications mentionnées dans votre réponse à la contre-question 377 ainsi que lors de votre conférence devant l'Académie des arts et des sciences ? R. Oui. Il diffère sensiblement de l'appareil de Laborde, mais je ne saurais en préciser les différences sans avoir sous les yeux l'article de Laborde pour rafraîchir ma mémoire. Contre-interrogatoire 466. L'appareil que vous avez décrit dans votre réponse à la question 20 permet-il d'obtenir un résultat qui ne soit pas également obtenu avec l'appareil de Laborde ? R. Je ne pense pas que le résultat ait été obtenu par l'appareil de Laborde permettant d'envoyer simultanément deux ou plusieurs messages télégraphiques sur un seul fil, ce qui était le résultat visé par mon appareil. Bien sûr, je pourrais mieux me prononcer si j'avais l'article original sous les yeux, mais cette affirmation correspond à mes souvenirs. Contre-interrogatoire 467. Par votre dernière réponse, voulez-vous dire que Laborde n'a pas réellement obtenu les résultats mentionnés, ou qu'il n'a pas décrit de moyen pour obtenir ce résultat ? R. Je ne pense pas non plus, mais je pourrais mieux me prononcer si je pouvais consulter l'article. Contre-interrogatoire 468. L'appareil décrit dans votre réponse à la question 20 diffère-t-il de l'appareil décrit ou présenté dans le brevet anglais n° 1775 de 1868, mentionné dans l'interrogation croisée 377 ? Si oui, pourriez-vous indiquer un résultat obtenu par l'appareil décrit à la question 20, qui ne pourrait pas être obtenu par l'appareil décrit dans le brevet anglais n° 1775 de 1863 ? R : J'ai l'impression qu'il y a une différence significative, mais je pourrais me prononcer plus précisément si je pouvais consulter une copie du brevet en question, afin de me rafraîchir la mémoire. Je ne me souviens plus, à l'heure actuelle,exactement de la nature du brevet auquel il est fait référence, mais il me semble l'avoir consulté il y a quelques années, et avoir conclu à des différences substantielles. Contre-interrogatoire. 469. L'Examinateur, dans sa lettre mentionnée ci-dessus, déposée concernant votre demande du 25 février 1875, déclare : « La revendication 1 est rejetée sur le brevet de Bell, 161 739, du 6 avril 1875, « Teleg. Reed » et une description dans les Comptes lendus, 1860, volume 50, page bQ1, dont une copie peut être trouvée à l'Office des brevets des États-Unis. La revendication ainsi rejetée est la suivante : « 1. « Le procédé décrit ici pour transmettre simultanément deux ou plusieurs signaux ou messages télégraphiques sur un seul fil, et pour les recevoir sans confusion, par la combinaison dans un circuit électrique de deux ou plusieurs émetteurs, chaque émetteur émettant des impulsions par seconde en nombre différent des autres, en combinaison avec des récepteurs accordés sur une fréquence à laquelle ils seront mis en vibration pour produire leur tonalité fondamentale par un seul des émetteurs, sensiblement comme et aux fins décrites. » La lettre de lexaminateur est datée du 20 juillet 1889 ; et il semble que le 27 février 1892, date de la certification, cétait la dernière lettre rédigée par lexaminateur dans ce dossier. Une quelconque mesure a-t-elle été prise concernant cette lettre par vous ou vos avocats depuis le vingt-septième jour de février 1892 ? R. Pas à ma connaissance. Contre-interrogatoire n° 470. La lettre de lexaminateur indique également : « La revendication 2 est rejetée au vu des références citées ci-dessus et du brevet anglais n° 1775 de 1868. Duplex Teleg. » La revendication ainsi visée par lexaminateur est la suivante : « 2. La combinaison, au sein dun même circuit électrique, dune série de rupteurs intermittents conçus chacun pour envoyer sur la ligne un nombre déterminé dimpulsions électriques dans un laps de temps donné, et dune série de manipulateurs, un pour chaque rupteur, destinés à commander lenvoi de ces impulsions sur la ligne, sensiblement comme décrit. » Une quelconque mesure a-t-elle été prise par vous ou vos avocats concernant ce rejet depuis le vingt-septième jour de février 1892, date de la certification ? R. Pas à ma connaissance. Contre-interrogatoire 471. Qui a fabriqué les instruments mentionnés dans votre réponse à la question 227 ? R. J'ai moi-même fabriqué l'instrument mentionné dans la première partie de la réponse ; et la modification ultérieure de celui-ci, dans laquelle l'anche en acier est pourvue d'un dispositif d'accord, tel qu'illustré à la Fig. 3 de ma demande du 25 février 1875, a été réalisée pour moi dans l'atelier de M. Williams je présume par M. Watson. Contre-interrogatoire 472. L'appareil mentionné dans votre réponse à la question 23 est-il entièrement illustré à la Fig. 6 faisant partie de votre déclaration préliminaire concernant les interférences harmoniques, et l'appareil mentionné dans votre réponse à la question 23 est-il celui illustré dans ladite Fig. 6 ? R. La Fig. 6 illustre la disposition du circuit utilisée : Différentes expériences ont été réalisées en novembre 1873 avec une disposition de circuit similaire, mais avec diverses modifications des instruments d'émission et de réception. Dans certaines expériences, la forme de l'émetteur et du récepteur utilisée est celle illustrée à la Fig. 5, l'anche émettrice établissant et rompant le circuit dans une coupelle de mercure. Des émetteurs disposés comme à la Fig. 7, de manière à établir et rompre le contact avec une pointe métallique, ont également été utilisés dans une disposition de circuit similaire à celle illustrée à la Fig. 6, et des instruments de réception semblables au dessin inséré dans ma réponse au Contre-interrogatoire 363 ont également été employés sur un circuit tel qu'illustré à la Fig. 6. Dans l'expérience mentionnée dans ma réponse à l'interrogatoire 23, les instruments de réception employés étaient du type... ...construction illustrée dans le dessin joint à ma réponse au contre-interrogatoire n° 363. Les instruments émetteurs étaient soit du type illustré à la figure 5, soit de celui illustré à la figure 7 de ma déclaration préliminaire dans l'affaire des interférences relatives au télégraphe harmonique, et la configuration du circuit était celle représentée à la figure 6 . Contre-interrogatoire n° 473. En référence à la question 24 et à votre réponse à celle-ci, avez-vous été le tout premier à découvrir que la lame vibrante d'un récepteur tel que celui mentionné dans votre réponse à l'interrogatoire n° 23 pouvait être forcée d'émettre un son dont la hauteur différait de celle produite par sa vibration libre normale, ou avez-vous simplement été l'un des premiers à découvrir ce fait allégué ? Rép. J'ai découvert ce fait de manière indépendante. Je ne sais pas si j'ai été le tout premier à le découvrir ou non. Contre-interrogatoire n° 414. Qui était présent, si vous vous en souvenez, lorsque l'expérience mentionnée dans votre réponse à la question 23 a été réalisée ? R. L'expérience a eu lieu au domicile de Mme George T. Sanders, à Salem. Je ne me souviens pas aujourd'hui des personnes présentes à cette occasion. Contre-interrogatoire n° 475. Quand avez-vous entendu parler pour la première fois de la capsule de Koenig et du phonautographe de Scott, mentionnés dans votre réponse à la question 29, et où avez-vous vu ces instruments pour la première fois ? R. J'ai vu ces instruments pour la première fois à l'Institute of Technology, en 1872 ou 1873. J'en avais probablement eu connaissance auparavant grâce à des publications imprimées. Contre-interrogatoire n° 476. Qui vous a présenté ces instruments lorsque vous les avez vus pour la première fois à l'Institute of Technology ? R. Je l'ignore. Je pense qu'il s'agissait soit du professeur Pickering, soit du professeur Cross, mais je ne peux pas en être certain. Contre-interrogatoire n° 477. Dans votre réponse à la question 30, vous avez évoqué une amélioration récemment apportée au phonautographe par Morey. En quoi consistait cette amélioration et qui était Morey ? R. Je l'ignore. J'ai l'impression qu'il était étudiant à l'Institute of Technology et que son nom complet était Charles A. Morey. Lorsque j'ai vu le phonautographe pour la première fois, à l'Institute of Technology, il n'était pas disposé selon la conception originale de Léon Scott, son inventeur ; il comportait l'amélioration de Morey, qui consistait en un levier en bois actionné par la membrane et muni, à son extrémité libre, d'une soie. La soie vibrante traçait une ligne courbe sur une plaque de verre fumé plane se déplaçant horizontalement sous elle. M. Morey a publié une description de son amélioration je crois dans l'« American Journal of Science » qui permettra d'en établir la date plus précisément que je ne saurais le faire de mémoire. Contre-interrogatoire 478. La disposition de la membrane tendue, de l'embouchure conique et du levier articulé dans le phonautographe de Scott, tel qu'amélioré par Morey, était-elle sensiblement identique à la disposition de l'embouchure, de la membrane et de l'armature articulée visible sur l'instrument de gauche illustré à la figure 7 du dessin de votre brevet n° 174 465 ? R. Je pense que la disposition était sensiblement similaire ; toutefois, le levier en bois de Morey ne s'arrêtait pas au niveau de la partie centrale de la membrane (ou aux alentours) ; il se prolongeait de telle sorte que son extrémité libre dépassait considérablement le bord opposé de la membrane, portant, à cette extrémité, la soie dont il a été question. Contre-interrogatoire 479. Toujours en référence à votre réponse à la question 30 : je crois comprendre que si une personne émettait un son dans le cône du phonautographe, elle provoquait ainsi une vibration de la membrane et du levier qui y était fixé. N'est-il pas vrai, en fait, que c'est précisément la même fonction qui est assurée lorsqu'une personne parle dans l'embouchure A de l'instrument illustré à la figure 7, mentionné dans votre dernière réponse ? C'est-à-dire que, dans le cas du phonautographe, la membrane vibrante agit sur le levier articulé, tandis que pour l'instrument illustré à la figure 7, la membrane vibrante agit sur l'armature articulée ? Rép. : Tout dépend de ce que vous entendez par le mot « fonction ». Le mode de fonctionnement de la membrane est sensiblement le même dans les deux cas, mais j'estime que les fonctions sont très différentes. Dans le cas du phonautographe, la fonction de la membrane consistait à faire tracer, par la pointe du levier, une ligne courbe sur une plaque de verre fumé. Dans le cas de l'appareil représenté à la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876, la fonction de la membrane *a* consistait à amener l'armature *c* à produire, dans le circuit E, des ondulations électriques dont la forme reproduisait celle des vibrations de l'air engendrées par le son émis dans le cône A ; ainsi, grâce à l'action de l'armature et de la membrane de l'appareil récepteur, un son semblable à celui émis dans A pouvait être entendu en sortie de L. Contre-interrogatoire 480. Vous dites, en réponse à la question 30 : « J'en suis venu à la conclusion que le phonautographe nécessiterait des modifications considérables pour être adapté à mon objectif. La membrane était alourdie par sa fixation à un long levier, et la soie, située également à l'extrémité du levier, semblait avoir sa propre fréquence de vibration caractéristique. » L'instrument illustré à la figure 7 de votre brevet n° 174 465 prête-t-il le flanc à la même critique que celle que vous semblez avoir formulée à l'encontre du phonautographe, en raison de la surcharge imposée à la membrane par l'armature qui y est fixée ? R. Je ne considérais pas la simple surcharge de la membrane comme étant de nature à nuire au fonctionnement de l'appareil, car je savais que la membrane de l'oreille humaine subissait une charge bien plus importante, proportionnellement à sa taille, du fait des osselets qu'elle mettait en mouvement, que ne l'était la membrane de l'appareil représenté à la figure 7. En fait, c'est l'observation d'une véritable pièce anatomique d'oreille humaine, et la prise de conscience de l'énorme disproportion de masse entre la membrane délicate du tympan et les osselets qu'elle actionnait, qui m'ont conduit à la conception de l'appareil illustré à la figure 7. L'armature c ne constituait pas un long levier tel que le levier en bois du phonautographe qui se prolongerait bien au-delà de son point de fixation sur la membrane pour former une longue languette libre dépassant le bord opposé du support de membrane, avec une forte tendance à vibrer selon une fréquence propre déterminée. Ce n'était pas simplement la surcharge de la membrane que je jugeais problématique dans le cas du phonautographe, mais le fait de la charger avec un levier ayant tendance à vibrer à une fréquence déterminée, ainsi qu'avec une soie ayant également tendance à vibrer à une fréquence déterminée. J'ai évité ces défauts dans la conception de l'appareil illustré à la figure 7. 7 en utilisant un levier relativement court et en le fixant à ses deux extrémités. La longueur de l'armature c ne représente qu'environ la moitié du diamètre de la membrane. Une extrémité est fixée par une liaison articulée à jeu à la branche libre d de l'électro-aimant, tandis que l'autre extrémité est solidement fixée au centre de la membrane tendue a, de sorte qu'elle est contrainte de reproduire fidèlement le mouvement de la membrane ; ce qui n'était pas le cas pour le tracé du phonautographe de Morey, en raison de la vibration indépendante du levier et de la soie qui y était fixée. Dans le cas du phonautographe, j'estimais que la vibration indépendante de la soie et du levier entraînait une distorsion de la forme de la vibration, de sorte que les vibrations tracées sur le verre fumé n'avaient pas la même forme que celles exécutées par la membrane. Pour l'appareil représenté sur la figure 7, j'ai considéré avoir remédié à ce défaut et que la vibration de l'armature c aurait nécessairement exactement la même forme que la vibration de la membrane a. J'estimais que, la membrane a n'étant pas plus chargée que la membrane de l'oreille humaine, elle devait fonctionner aussi bien que cette dernière pour transmettre les vibrations. L'instrument illustré sur la figure 7 de mon brevet n° 174 465 ne prête donc pas flanc à l'objection que vous avez citée au sujet du fonctionnement du phonautographe d'après ma réponse à la question 30. Contre-interrogatoire 481. En réponse à l'interrogatoire 49, vous avez lu un extrait d'une lettre à votre père et votre mère, datée du 18 mars 1875, dans laquelle vous menti onnez votre visite à Washington. Leur aviez-vous déjà écrit pour leur raconter ce qui s'était passé à Washington pendant cette visite ? R : Oui. Contre-interrogatoire 482. Je trouve dans le volume IV imprimé des pièces du dossier American Bell Telephone Co. et al. c. The People's Telephone Co. et al., une lettre dont voici le contenu :
R. : Il s'agit bien de la lettre mentionnée dans la dernière réponse. Elle a été écrite le 5 mars 1875, dans le train, alors que je me rendais de Salem à Boston. L'original de la lettre est écrit au crayon et je l'ai sous les yeux en ce moment. Je relève, dans la copie que vous avez lue, quelques erreurs typographiques sans importance. L'original de la lettre contient, à la fin, une copie au crayon d'un protocole d'accord établi et conclu le vingt-sept février 1875 entre M. Sanders, M. Hubbard et moi-même. Cet accord, ainsi que la lettre en question, a également été produit comme pièce à conviction dans le procès susmentionné et figure dans le même dossier, immédiatement après la lettre que vous avez lue. L'accord est établi comme suit :
Contre-interrogatoire - Q. 483. Les expériences
réalisées avec la capsule manométrique de Koenig
et le phonautographe, mentionnées dans votre réponse à
la question 30, ont-elles démontré que les formes de vibration
obtenues par le phonautographe que vous utilisiez n'étaient pas
des copies exactes de la vibration de sa membrane, mais tout au plus de
simples approximations ? R.: Ma réponse demeure la même. Je ne saurais dire quelle sera l'amplitude absolue de vibration de la anche réceptrice par rapport à une vibration donnée de la anche émettrice. Mais, quelle que soit la relation absolue entre les deux, il est évident que si l'on augmente l'amplitude de vibration de la anche émettrice, l'amplitude de vibration de la anche réceptrice augmentera proportionnellement ; inversement, si l'on diminue la première, la seconde diminuera de la même manière. Je peux formuler les choses autrement : la anche de l'émetteur, en vibrant, produit une note musicale d'une hauteur déterminée, et la anche du récepteur produit une note de hauteur similaire. Si l'on fait vibrer mécaniquement la anche de l'émetteur (par exemple la anche « c » sur la figure 5 de mon brevet) de manière à produire sa note musicale, des ondulations électriques sont alors générées dans le circuit « g befg » ; la anche « h » du récepteur est alors mise en vibration par l'attraction variable de son électro-aimant « f », produisant ainsi une note musicale de même hauteur que celle générée par la vibration de la anche émettrice « c ». Je ne prétends pas préciser quel sera le volume sonore de la note produite par la anche réceptrice « h » par rapport à celui de la note produite par la anche émettrice « c » ; cela dépend, à mon sens, des circonstances. Ce que je veux dire, c'est que si l'amplitude de vibration de la anche émettrice « c » augmente rendant ainsi la note produite plus intense , alors l'amplitude de vibration de la anche réceptrice « h » augmentera également, et sa note gagnera en intensité de façon correspondante. L'inverse est tout aussi vrai : des variations dans l'intensité sonore de la note produite par « c » entraîneront des variations proportionnelles dans l'intensité sonore de la note produite par « h ». Cette affirmation ne repose pas uniquement sur des considérations théoriques, mais sur des expériences concrètes menées avec des appareils sensiblement analogues à celui illustré sur la figure 5. Contre-interrogatoire - Q. 491. L'appareil représenté sur la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876, n° 174 465, lorsqu'il est utilisé conformément aux indications fournies dans la description telle que je la comprends convertit une force mécanique en énergie électrique, puis, inversement, cette énergie électrique en force mécanique. Compte tenu de ce que vous avez déclaré lors de votre interrogatoire principal au sujet des courants générés par les instruments que vous avez utilisés, diriez-vous que votre compréhension du fonctionnement électrique et mécanique de l'appareil illustré à la figure 7 vous permet d'indiquer, avec précision ou du moins approximativement, la quantité de force perdue au cours de cette conversion ou de ce processus ? R. Non. Mes connaissances en matière électrique et mécanique ne me permettent pas d'évaluer, même approximativement, la quantité de force perdue lors du fonctionnement de l'appareil représenté sur la figure 7. Il ne fait aucun doute pour moi qu'il existe une perte considérable, car le son audible en L est bien moins intense que celui émis en A. Contre-interrogatoire - Q. 492. Si je comprends bien votre dernière réponse, l'amplitude des vibrations de la membrane tendue de l'instrument L est inférieure à celle de la membrane tendue de l'instrument A. Cette conclusion est-elle exacte ? R. Je suis porté à le croire. 493. Dans la lettre mentionnée dans la contre-interrogatoire n° 482, ainsi que dans votre réponse à celle-ci, figure le passage suivant : « Une autre circonstance heureuse a été la suivante : l'examinateur entre les mains de qui ce document parviendra se trouvait justement dans le bureau de M. Pollok le jour où je m'y suis rendu ; j'ai donc pu avoir un long entretien avec lui, au cours duquel je lui ai tout expliqué. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il a dû être convaincu que j'avais conçu l'ensemble du projet de manière indépendante. » Qui était cet examinateur avec qui vous avez eu ce long entretien ? R. : Je suppose qu'il s'agissait de M. Wilber ; mais je ne saurais l'affirmer sur la seule base de mes propres souvenirs. J'avais oublié avoir eu un tel entretien, jusqu'à ce que la lecture de cette lettre rafraîchisse ma mémoire. Contre-interrogatoire n° 494. Dans cette lettre, vous évoquez un autre examinateur du Bureau des brevets qui était sourd-muet ; de qui s'agissait-il ? R. : M. Parkinson. Contre-interrogatoire n° 495. Qui a, le premier, fabriqué et utilisé un appareil semblable à celui illustré à la figure 16 de votre déclaration préliminaire dans le cadre des procédures d'interférence relatives au « télégraphe harmonique » (Harmonic Telegraph), ou qui en a, le premier, réalisé un modèle ? R. : Je ne pense pas quun tel appareil ait jamais été fabriqué ou utilisé ou même quun modèle en ait été réalisé, pour autant que je sache. Contre-interrogatoire 496. Dois-je en déduire que vous ignorez si un appareil tel que celui représenté sur la figure 16 est capable de transmettre une parole articulée dun locuteur à un auditeur ? Rép. : Pas sur la base dexpériences concrètes. Mais, au regard de considérations théoriques, je pense que nous sommes fondés à considérer quil en est capable. Contre-interrogatoire 497. Pourriez-vous développer votre réponse précédente et expliquer pourquoi, sur la base de considérations théoriques, nous sommes fondés à penser que lappareil représenté sur la figure 16 est capable de transmettre la parole dun locuteur à un auditeur ? R. : Parce que nous savons quun tel appareil devrait être capable de transmettre simultanément des sons musicaux dintensités (ou de puissances sonores) différentes, de sorte que linstrument récepteur puisse reproduire ces sons sans en altérer lintensité relative. Contre-interrogatoire 498. Dans votre réponse à la question 34, vous utilisez les termes suivants : « Cest ainsi quà lété 1874, jai conçu le téléphone parlant ; lappareil représenté sur la figure 16 constitue la première forme de téléphone parlant qui mest venue à lesprit. » Compte tenu de cette déclaration, pourriez-vous expliquer pourquoi aucun appareil semblable à celui de la figure 16 na jamais été construit ni utilisé, depuis lété 1874 jusquà ce jour ? R. : Tout dabord, lappareil représenté sur la figure 16 a été, dès lété 1874, si profondément modifié et simplifié quil est devenu inutile, voire superflu, de tenter de construire linstrument « en forme de harpe » illustré sur cette figure pour transmettre la parole. En second lieu, il semblait probable quun appareil à « lames » (type « harpe »), tel que celui illustré à la figure 16, ne reproduirait les sons de la parole que de manière approximative ; en effet, il paraissait impossible, dans la pratique, de construire un dispositif doté du très grand nombre de lames exigé par la théorie. Je considérais la figure 16 comme représentant un téléphone parlant théorique plutôt que pratique. Contre-interrogatoire 499. Si je comprends bien votre réponse à la question 39, vous faites allusion, dans le mémoire descriptif accompagnant votre demande du 25 février 1875, à linstrument récepteur du téléphone de Reis. À quelle forme particulière d'appareil récepteur de Reis faites-vous référence dans cette réponse ? R. : Je fais référence à la forme d'appareil récepteur de Reis présentée dans les documents dits « publications de Reis », intitulés « N° 26 Circulaire de Reis d'août 1863 », qui figurent parmi les pièces à conviction dans cette affaire. Contre-interrogatoire, question 500 : S'agit-il du même récepteur que celui auquel vous faites référence dans la réponse suivante, c'est-à-dire celle donnée à la question 40 ? R. : Il s'agit essentiellement du même appareil, si ce n'est que la bobine de l'instrument que l'on m'a montré à l'Institut de technologie était plus grande et qu'elle ne comportait pas, pour autant que je m'en souvienne, les accessoires tels que le manipulateur télégraphique, etc. Contre-interrogatoire, question 501 : Dans la lettre citée dans votre réponse à la question 49, vous indiquez avoir dit au professeur Henry qu'en faisant passer un courant électrique intermittent dans une bobine vide constituée d'un fil de cuivre isolé, on pouvait entendre, en provenance de ce fil, un bruit semblable à celui que produit le téléphone. Dois-je en déduire que vous aviez suffisamment expérimenté le téléphone de Reis pour vous souvenir du type de bruit qu'il émettait ? Cette supposition est-elle exacte ? R. : Non. Je n'avais pas du tout expérimenté le téléphone de Reis ; cependant, le 26 novembre 1874, j'avais réussi à produire des sons à partir du noyau en fer d'un électro-aimant en faisant passer un courant interrompu dans sa bobine le récepteur utilisé fonctionnant de manière très similaire à celui du téléphone de Reis. Peu après cette date le 26 novembre 1874 , le professeur Cross, ou l'un des professeurs de l'Institut de technologie, m'a fait remarquer que ce bruit était comparable à celui que l'on entendait avec le récepteur du téléphone de Reis. Cela l'a conduit à me décrire le téléphone de Reis et à me montrer le récepteur dont il disposait à l'Institut de technologie. Ayant observé le son produit par le noyau d'un électro-aimant, j'ai constaté qu'un son analogue pouvait être perçu au niveau de la bobine vide, une fois le noyau retiré. Au moment où la lettre du 18 mars 1875 a été rédigée, je savais que je n'étais pas le premier à avoir découvert l'effet lié au noyau de fer ; j'en ai attribué la paternité à Reis en faisant référence à son téléphone. Contre-interrogatoire. 502. Qui a découvert, en premier, qu'un son pouvait être produit par une bobine vide après en avoir retiré le noyau , comme vous l'avez mentionné dans votre réponse précédente ? R. : Je ne saurais le dire avec certitude pour le moment. Cette découverte est de mon propre fait, mais je suis porté à croire que le phénomène avait déjà été remarqué par De la Rive. Contre-interrogatoire, question 503 : Veuillez exposer les raisons de votre réponse précédente. R. : J'ai lu un ouvrage sur l'électricité écrit par De la Rive, et je me souviens qu'un chapitre de son livre est consacré à la description d'expériences portant sur la production de sons par magnétisation. Si je ne m'abuse, il y mentionne avoir obtenu des sons à partir d'une bobine (hélice) vide constituée d'un fil de cuivre. Il est possible que ma référence soit inexacte, mais je suis convaincu d'avoir découvert, bien après ma propre découverte indépendante de ce phénomène, qu'il avait déjà été observé par d'autres. En consultant mon témoignage dans l'affaire Dowd, je constate que M. Causten Browne m'a interrogé à ce sujet lors du contre-interrogatoire. La question et la réponse étaient les suivantes : « Contre-interrogatoire, question 248 (sous réserve) : Dans votre lettre du 18 mars 1875, produite en tant que pièce à l'appui de votre cinquante-septième réponse, vous mentionnez avoir dit au professeur Henry : "qu'en faisant passer un courant électrique intermittent dans une bobine vide constituée d'un fil de cuivre isolé, on pouvait entendre, en provenance de cette bobine, un bruit semblable à celui que l'on perçoit en provenance du téléphone." N'avez-vous pas appris par la suite que ce fait avait déjà été observé par quelqu'un d'autre avant vous ? » R. : Si, tout à fait. J'ai découvert que ce phénomène avait été mis en évidence par De la Rive. Il en est fait mention dans un article de sa plume paru dans les *Annales de Chimie et de Physique*, troisième série, tome XVI, page 104. Cela montre que, dans la première partie de ma réponse précédente, je me suis trompé quant à la référence, mais pas quant à l'auteur. Contre-interrogatoire, question 504. L'ouvrage *Annales de Chimie et de Physique*, auquel vous faites référence dans votre précédente réponse, est-il cité dans la conférence que vous avez donnée devant l'American Academy, et dont il a déjà été question ? R. Dans mon mémoire pour l'American Academy, j'ai cité plusieurs écrits de De la Rive, mais cet article précis ne semble pas y figurer. Contre-interrogatoire, question 505. Lors de votre entretien avec le professeur Henry, mentionné dans la lettre adressée à vos parents, a-t-il attiré votre attention sur l'une des publications de Reis ? R. Je ne crois pas. Contre-interrogatoire, question 506. Dans votre réponse à la question 56, vous avez cité un extrait du journal du professeur Henry, qui vous a été transmis par sa fille. Si les mots cités ne constituent pas l'intégralité de l'extrait, pourriez-vous nous en donner le texte complet ? R. Voici l'extrait complet, tel qu'il figure dans le journal du professeur Henry, à la date du 2 mars 1875, et qui m'a été transmis par sa fille : « Expériences menées avec M. A. Graham Bell, de Boston, sur le son produit par un courant interrompu traversant une bobine cylindrique dépourvue de noyau de fer. Le son semblait résulter de la transmission, à travers le fil, des interruptions du circuit. Il est possible qu'il n'en soit rien. Il conviendrait de tester l'effet en plaçant une bobine à induction à l'intérieur de la bobine initiale. » Contre-interrogatoire - Question 507. Dans votre réponse à la question 60, vous faites référence à M. Frank L. Pope. S'agit-il du même Frank L. Pope qui a témoigné en qualité d'expert pour le compte de l'American Bell Telephone Company ? R. : En consultant le dossier de l'affaire *Bell Telephone Co. et al. c. Peter A. Dowd*, je constate que M. Frank L. Pope a témoigné pour le compte du défendeur, le 9 mai 1879 et les jours suivants ; et en consultant le dossier de l'affaire *American Bell Telephone Co. et al. c. The People's Telephone Co. et autres, je constate qu'il a témoigné pour le compte du demandeur, le 29 mars 1883 et les jours suivants. Je présume qu'il s'agit bien du même Frank L. Pope que celui auquel je fais référence dans ma réponse à la question 60. Contre-interrogatoire - Question 508. Dans une lettre citée en réponse à la soixante-quatrième question, vous avez tenu les propos suivants : « Les deux brevets relatifs à la transmission de notes musicales n'ont pas encore fait l'objet d'une décision. Je ne comprends pas pourquoi une procédure d'interférence n'a pas été déclarée avant cela. » À quelle procédure d'interférence faisiez-vous allusion ? R. : En consultant la copie certifiée du dossier (« file-wrapper ») et des pièces afférentes à ma demande déposée le 25 février 1875, je trouve la lettre suivante, émanant de l'examinateur, qui clarifie la situation :
Par ailleurs, en consultant la copie certifiée conforme du dossier incluant l'ensemble des pièces relatif à ma demande du 10 mars 1875, j'y trouve la lettre suivante :
Contre-interrogatoire - Question 509. Dans votre lettre à M. Hubbard, mentionnée dans votre réponse à la question 79, vous faites référence à un ouvrage français contenant une description du télégraphe de Bonelli. De quel ouvrage s'agissait-il ? R. Je ne m'en souviens pas pour le moment. Je pencherais pour l'ouvrage de De la Rive sur l'électricité, ou peut-être un ouvrage du comte Du Moncel. Contre-interrogatoire - Question 510. Qui a réalisé les dessins mentionnés dans votre réponse à la question 82, et quand ont-ils été faits ? R. Je les ai présentés lors de mon contre-interrogatoire par M. Lysander Hill, dans le cadre de l'affaire *American Bell Telephone Co. et al. c. The People's Telephone Co. et al.*, le 20 février 1883. Je ne saurais dire aujourd'hui qui est l'auteur initial de ces dessins. Contre-interrogatoire - Question 511. Si je comprends bien votre dernière réponse, le 20 février 1883 est la date la plus ancienne que vous puissiez attribuer à ces dessins. Est-ce bien cela ? R. Je le pense, en ce qui concerne ces dessins précis ; toutefois, d'autres dessins, sensiblement identiques, ont été versés au dossier en tant que preuves dans l'affaire Dowd, en 1879. J'ajoute que, pour autant que je m'en souvienne, les dessins en coupe mentionnés dans ma réponse à la question 82 et officiellement produits comme preuves le 20 février 1883 ont été réalisés à l'échelle, d'après les vestiges des téléphones à membrane originaux utilisés en juin et juillet 1875, lesquels existent toujours. Contre-interrogatoire - Question 512. En référence à votre réponse à la question 84 : pourriez-vous décrire précisément les positions relatives des appareils émetteurs et récepteurs, la distance qui les séparait, ainsi que l'emplacement, au sein du bâtiment, des pièces où ces appareils étaient installés ? R. À l'étage supérieur de l'immeuble de M. Williams se trouvait une petite pièce où était conservé mon appareil une sorte de débarras, si je me souviens bien. J'ai l'impression que cette pièce avait été cloisonnée à partir d'un espace plus vaste, formant une sorte de débarras situé à l'intérieur d'une pièce plus grande. Quoi qu'il en soit, il y avait deux pièces à cet étage, reliées par une porte ; celle-ci comportait une vitre, ou bien une vitre se trouvait à proximité, de sorte que M. Watson et moi pouvions nous voir lorsque nous menions des expériences dans les pièces adjacentes. Lors de l'expérience en question, l'un des téléphones à membrane se trouvait dans la petite pièce où je gardais mon matériel ; l'autre était situé dans l'une des pièces du rez-de-chaussée je ne saurais dire laquelle précisément, mais probablement la plus basse parmi celles occupées par les locaux de M. Williams afin d'être aussi éloigné que possible de l'autre appareil. Les deux instruments étaient reliés par un circuit métallique composé de fils de cuivre isolés. Je ne saurais préciser la distance exacte, si ce n'est que les deux appareils étaient probablement aussi éloignés l'un de l'autre que la configuration des locaux de M. Williams le permettait. Contre-interrogatoire, question 513 : Vous affirmez que les appareils étaient probablement aussi éloignés que possible. S'agit-il d'une simple supposition de votre part, ou en avez-vous un souvenir précis ? R : Mon souvenir est simplement que l'un des appareils se trouvait à l'étage et l'autre au rez-de-chaussée, les deux étant hors de portée de voix l'un de l'autre. Contre-interrogatoire 514. Veuillez préciser davantage ce que vous entendez par l'expression « hors de portée de voix les uns des autres » ; car, à mon sens, ce terme est relatif et peut désigner aussi bien une courte distance qu'une distance de plusieurs kilomètres, selon les circonstances propres à chaque cas. R. : Je veux dire que l'oreille nue de l'auditeur ne pouvait pas percevoir la voix de celui qui parlait. Il est possible que nous ne soyons pas réellement sortis de portée de voix les uns des autres, mais c'était là notre objectif et notre intention ; nous avons veillé à ce que les appareils soient suffisamment éloignés les uns des autres pour empêcher toute transmission de sons par l'air. Contre-interrogatoire 515. Combien d'étages comptait la maison de M. Williams où ces expériences ont été menées ? R. : Je ne saurais le dire de mémoire ; mais le bâtiment existe toujours, bien qu'il soit désormais affecté à d'autres usages. Je me souviens avoir dû monter un escalier pour accéder au bureau de M. Williams. Il y avait ensuite un atelier au-dessus, et je crois sans en être tout à fait certain qu'il y avait encore un autre atelier au-dessus de celui-ci. Notre salle d'expérimentation se trouvait au dernier étage. Je ne peux pas l'affirmer avec certitude ; je vous livre simplement un vague souvenir, pour ce qu'il vaut. Contre-interrogatoire 516. Quelle est l'adresse actuelle (rue et numéro) de la maison de M. Williams ? R. : L'établissement de M. Williams portait autrefois le numéro 109, Court Street. J'ignore si ce numéro a changé depuis, bien que cela soit possible. Contre-interrogatoire 517. Quel type d'activité était exercé dans cet établissement de M. Williams, mentionné dans votre réponse précédente ? R. : La fabrication d'appareils télégraphiques et électriques. Contre-interrogatoire 518. Je suppose que des machines étaient utilisées, bien entendu. À quel étage se trouvaient ces machines ? R. Je crois qu'elles se trouvaient à l'étage au-dessus du bureau de M. Williams, et peut-être même à un autre étage au-dessus de celui-là. Contre-interrogatoire 519. Le bureau de M. Williams, si je ne m'abuse, se trouvait au deuxième étage ; les machines étaient donc, si je comprends bien, situées au troisième étage. Est-ce exact ? R. Oui. Je le crois. Enfin, tout dépend si l'on considère le rez-de-chaussée comme le « premier étage » ; mais je ne m'appuie que sur de vagues souvenirs. Contre-interrogatoire 520. À quoi servait le rez-de-chaussée ou « premier étage » ? R. Je ne m'en souviens plus. Je ne crois pas du tout qu'il ait été occupé par M. Williams. Contre-interrogatoire, question 521. À quels moments de la journée les machines fonctionnaient-elles si vous vous en souvenez dans l'établissement de M. Williams ? R. Je ne saurais répondre avec certitude. Je crois que c'était jusqu'aux environs de six heures du soir. Contre-interrogatoire, question 522. À quels moments de la journée meniez-vous vos expériences dans l'établissement de M. Williams ? Je fais plus particulièrement référence à vos horaires de travail habituels. R. Je ne m'en souviens pas précisément à l'heure actuelle. Il me semble que j'avais des heures de réception fixes dans mes locaux à l'université de Boston, durant lesquelles il était entendu que je serais présent ; et que je me rendais chez M. Williams avant ou après ces heures, selon ma disponibilité par rapport à mes obligations professionnelles. Toutefois, comme cela remonte à très longtemps, je ne peux garantir l'exactitude de ma réponse. Je me souviens qu'il m'est arrivé de retenir M. Watson après les heures de travail, afin de procéder à des expériences une fois les ouvriers partis. Contre-interrogatoire, question 523. Disposiez-vous, dans l'établissement de M. Williams, des moyens nécessaires pour mener des expériences aussi bien après la tombée de la nuit qu'en journée ? R. Je ne le crois pas. Daprès mes souvenirs, lensemble du bâtiment était fermé à clé vers dix-huit heures et confié à la garde dun concierge ; il était donc très peu pratique dy mener des expériences une fois les ouvriers partis et le bâtiment fermé. Contre-interrogatoire 524. Dans votre lettre à M. Hubbard, mentionnée dans votre réponse à la question 79, vous utilisez lexpression suivante : « Lexpérience à laquelle je faisais allusion lors de notre dernière rencontre promet dêtre un franc succès. » De quelle expérience sagissait-il, et quand avez-vous vu M. Hubbard pour la dernière fois avant le 1er juillet 1875 ? R. Lexpérience en question consistait en la transmission électrique de la parole articulée, au moyen de téléphones à membrane sensiblement identiques à ceux décrits dans mon brevet du 7 mars 1876, et illustrés à la figure 7 de ce même brevet. Je ne sais pas quand jai vu M. Hubbard pour la dernière fois avant le 1er juillet 1875. Dans une lettre datée du 2 juin 1875, je lui écrivais : « Je passerai vous voir demain (mercredi) soir » ; cela laisse supposer quil se trouvait à Cambridge le 3 juin, ou quil était attendu à cette date, et il est possible que je laie rencontré à ce moment-là. Dans une autre lettre, adressée à M. Hubbard le 28 juin 1875, jindique : « Je passerai dans la soirée pour vous faire part de lavancement des travaux. » Cela suggère quil était présent à Cambridge le 28 juin et que je lai probablement rencontré ce soir-là. Je ne saurais dire avec certitude quand j'ai vu M. Hubbard pour la dernière fois avant le 1er juillet 1875. Contre-interrogatoire 525. Quand avez-vous construit, ou fait construire, pour la première fois un instrument en tout point identique à celui représenté sur la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876, n° 174 465 ? R. Je n'ai jamais construit d'instrument en tout point identique à celui mentionné ; toutefois, le 2 juin 1875, j'ai ordonné la construction de deux instruments sensiblement semblables à ceux représentés sur la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876. Ces instruments ont effectivement été construits et mis en fonctionnement en juin et juillet 1875. Cette date le 2 juin 1875 est restée gravée dans ma mémoire car, ce jour-là, j'ai réalisé l'expérience et fait la découverte que j'ai décrites en réponse à l'interrogatoire 68. Ce jour-là, M. Watson avait fait vibrer, d'un coup de doigt, l'anche accordée d'un récepteur de télégraphie multiple semblable à celui représenté sur la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 et j'ai constaté que l'anche d'un autre récepteur, réglée sur la même fréquence, entrait en vibration à chaque sollicitation. Le montage était analogue à celui illustré par la figure 5 de mon brevet, à la différence près qu'aucune pile n'était insérée dans le circuit. Cette expérience m'a profondément marqué à l'époque, car elle a immédiatement dissipé la conviction que je gardais depuis l'été 1874, à savoir que les courants magnéto-électriques générés par la vibration sonore d'une armature devant le pôle de son électro-aimant seraient trop faibles pour être utilisés, en pratique, aux fins de la télégraphie multiple ou de la transmission de la parole. La découverte du 2 juin 1875 a dissipé, en un instant, lidée que les téléphones à membrane conçus à lété 1874 lesquels étaient sensiblement analogues à ceux représentés sur la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876, à cette différence près que je ne prévoyais pas lusage dune pile relevaient davantage de la théorie que de la pratique, en raison de la faiblesse supposée des effets sonores produits à lextrémité réceptrice. La découverte du 2 juin 1875 m'a immédiatement conduit à penser que les téléphones à membrane conçus au cours de l'été 1874 s'avéreraient être des appareils de téléphonie réellement fonctionnels ; je me souviens très nettement avoir donné, sur-le-champ, des instructions pour que de tels instruments soient fabriqués. Je sais que la construction de ces appareils a été ordonnée le jour même de la découverte susmentionnée, et je garde en mémoire la date du 2 juin 1875. Cette date est confirmée par un document d'époque : une lettre que j'ai adressée à M. Hubbard le 2 juin 1875. D'après mes seuls souvenirs, j'aurais pu affirmer que les téléphones à membrane commandés le 2 juin 1875 avaient été fabriqués et mis en service quelques jours plus tard ; toutefois, une lettre que j'ai écrite à M. Hubbard le 1er juillet 1875 m'indique qu'un seul de ces téléphones à membrane avait été construit avant cette date, le second n'ayant été achevé que le 2 juillet 1875. Contre-interrogatoire, question 526. Faut-il comprendre, au vu de votre dernière réponse, qu'à ce jour le 13 juin 1892 vous n'avez jamais construit, ni fait construire, un instrument rigoureusement identique à l'un ou l'autre de ceux illustrés à la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876 ? R : En juin et juillet 1875, M. Watson a construit pour moi des instruments sensiblement analogues à ceux dont il est question. Pour ma part, je n'ai jamais construit, ni fait construire, un instrument rigoureusement identique à l'un ou l'autre de ceux illustrés à la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876 j'entends par là identique à tous égards , bien que je sache que d'autres personnes l'ont fait depuis la date de mon brevet. Les instruments construits pour moi en juin et juillet 1875 étaient, sur les points essentiels, rigoureusement semblables, bien quils différassent légèrement dans les détails de leur construction. Contre-interrogatoire n° 527. Afin que je puisse comprendre ce que vous entendez par les termes « essentiellement semblables » et lexpression « sur les points essentiels » employés dans votre dernière réponse, pourriez-vous indiquer tous les points de similitude ainsi que tous les points de divergence entre les instruments représentés sur la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876 et les instruments construits pour vous par M. Watson en juin et juillet 1875 ; et, par ailleurs, préciser quelles sont ces différences dans les détails de construction auxquelles vous avez fait allusion dans votre dernière réponse ? R. Les instruments construits pour moi par M. Watson en juin et juillet 1875 ont été décrits en détail et illustrés par des dessins dans ma réponse à linterrogatoire n° 82. Une comparaison entre ces dessins et ceux de la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876 fera apparaître précisément tous les points de similitude et de divergence, ainsi que toutes les différences dans les détails de construction. Afin que vous puissiez comprendre ce que jentends par « substantiellement similaires » et « sur des points essentiels », je précise que mon brevet du 7 mars 1876 décrit lappareil illustré à la figure 7 comme suit : « Larmature c (fig. 7) est fixée de manière souple, par lune de ses extrémités, à la branche découverte d de lélectro-aimant b ; son autre extrémité est reliée au centre dune membrane tendue, a. Un cône, A, sert à concentrer les vibrations sonores sur la membrane. Lorsquun son est émis dans le cône, la membrane a entre en vibration, ce qui entraîne larmature c dans ce mouvement ; il en résulte la création dondulations électriques dans le circuit Ebefg. Ces ondulations sont, par leur forme, analogues aux vibrations aériennes provoquées par le son cest-à-dire quelles peuvent être représentées graphiquement par des courbes semblables. Le courant ondulatoire traversant lélectro-aimant f agit sur son armature h, lamenant à reproduire le mouvement de larmature c. On entend alors, en provenance de L, un son semblable à celui qui a été émis dans A. » Or, cette description sapplique tout aussi bien aux instruments fabriqués en juin et juillet 1875, décrits en détail dans ma réponse à linterrogatoire n° 82. Ces instruments étaient donc, pour lessentiel, semblables à ceux décrits dans mon brevet, en ce qui concerne les aspects qualifiés d« essentiels » dans le brevet lui-même. En ce qui concerne les différences, je peux dire que les instruments construits en juin et juillet 1875 ne comportaient ni cône A destiné à concentrer les vibrations sonores sur la membrane (voir la figure 7 de mon brevet), ni tube acoustique L pour aider l'oreille à percevoir les sons émis par l'instrument récepteur. Ce sont là, à mon sens, les principaux points de similitude et de divergence. Contre-interrogatoire 528. Dans l'instrument décrit en détail dans votre réponse à l'interrogatoire direct n° 82 instrument auquel vous faites référence dans votre dernière réponse , je relève un dispositif désigné comme « un anneau de tension R muni de trois saillies métalliques ». Un tel dispositif est-il décrit, illustré ou mentionné dans votre brevet du 7 mars 1876, n° 174 465 ? Par ailleurs, ce brevet contient-il un quelconque moyen permettant de régler la position de la membrane ? R. Le brevet décrit la membrane « a » (fig. 7) comme une « membrane tendue ». Le moyen par lequel elle est tendue na pas dimportance et nest pas représenté spécifiquement sur le dessin. On considère que nimporte quel moyen courant ou habituel pour tendre des membranes suffit. La figure 7 nest quun schéma. Contre-interrogatoire 529. Je relève également, dans les dispositifs illustrés et décrits en détail dans votre réponse à la question 82, des éléments que vous décrivez comme suit : « Fixées à la planche F se trouvent des pièces latérales U, U, qui supportent une traverse B ; celle-ci est maintenue en place dans les extrémités fendues des pièces latérales au moyen de vis J, J. La traverse B supporte un électro-aimant HE, fixé à la traverse par une vis et un écrou au point N. » Trouvez-vous de tels dispositifs mentionnés, décrits ou illustrés dans votre brevet n° 174 465 ? R. La figure 7, comme je lai indiqué, nest quun schéma. Par exemple, larmature « c » de la figure 7 est supposée se trouver dans le champ dattraction de son électro-aimant « b », à une distance du pôle conforme aux usages dans la construction dappareils électromagnétiques. Le moyen précis utilisé pour y parvenir na pas dimportance et nest pas représenté spécifiquement sur le dessin ; on considère quil peut sagir de nimporte quel moyen bien connu, employé couramment dans la construction dappareils électromagnétiques. Contre-interrogatoire. 530. Dans votre réponse à la question 82, vous utilisez les termes suivants : « Si je me souviens bien, dans le premier instrument, nous ne réglions pas initialement l'électroaimant en modifiant la position de la traverse, mais nous procédions à ce réglage au moyen de la vis et de l'écrou indiqués en N. En dévissant légèrement l'écrou, nous pouvions rapprocher l'électroaimant de son armature et maintenir cette position à l'aide de rondelles ou de fines pièces métalliques insérées entre la traverse et la base de l'électroaimant. » Trouvez-vous, dans votre brevet n° 174 465, des dispositifs de ce type décrits, illustrés ou mentionnés ; ou bien trouvez-vous, dans ce même brevet, un quelconque moyen permettant de régler la distance entre l'électroaimant et son armature ? Rép. La figure 7, comme je l'ai déjà indiqué, n'est qu'un simple schéma. Le moyen par lequel l'armature et l'électroaimant sont maintenus en position l'un par rapport à l'autre n'y est pas spécifiquement représenté. Il est entendu que l'on a recours aux moyens habituellement employés dans la construction des appareils électromagnétiques courants. Si, par « réglage de la distance entre l'électroaimant et son armature », vous entendez un dispositif permettant de modifier cette distance, un tel dispositif est sans importance, car il suffit de fixer l'électroaimant et l'armature dans une position déterminée l'un par rapport à l'autre. Contre-interrogatoire 531. Si je comprends bien votre dernière réponse, vous affirmez que les dispositifs permettant de modifier la distance entre l'électroaimant et son armature sont sans importance. Dans ce cas, pourquoi avez-vous pris la peine de décrire et de revendiquer de tels moyens dans votre brevet n° 186 787 ? Je fais référence, en particulier, aux figures... 2 et 3 du dessin dudit brevet, et à la quatrième revendication, qui est libellée comme suit : « 4. En combinaison avec une plaque et un électro-aimant, tels que revendiqués précédemment, les moyens décrits ici, ou leurs équivalents mécaniques, permettant de régler la position relative des deux éléments de telle sorte que, sans se toucher, ils puissent être placés aussi près l'un de l'autre que possible. » R. Dans ma réponse précédente, j'ai indiqué que les dispositifs permettant de modifier la distance entre l'électro-aimant et son armature sont sans importance, car il suffit de fixer l'électro-aimant et l'armature dans une position déterminée l'un par rapport à l'autre. Dans un instrument tel que celui décrit dans mon brevet du 30 janvier 1877, n° 186 787, et illustré aux figures 2 et 3 où l'électro-aimant et l'armature ne sont pas fixés de manière immuable l'un par rapport à l'autre , un moyen de réglage peut s'avérer judicieux ; il m'a semblé que les moyens présentés étaient pratiques et réalisables, et donc dignes d'être revendiqués dans une telle combinaison. Contre-interrogatoire 532. Dans le récepteur à boîtier en fer que vous avez utilisé lors de l'Exposition du Centenaire, aviez-vous prévu des moyens pour modifier la distance entre l'armature et l'électro-aimant ? R. L'armature, constituée par le diaphragme, était en contact avec l'un des pôles de l'électro-aimant, tandis que l'autre pôle était réglable, comme le montre le dessin en coupe figurant dans ma réponse à l'interrogatoire 122. Contre-interrogatoire 533 . Le mode de réglage que vous avez mentionné dans votre dernière réponse a-t-il été conçupar vous ou par quelqu'un d'autre ? Je fais référence, bien entendu, au mode de réglage présenté dans le récepteur à boîtier en fer. R. Je ne sais pas. Il me semble me souvenir avoir donné pour instruction à M. Watson de rendre le noyau du récepteur à boîtier en fer réglable en hauteur au moyen d'une vis ; l'appareil, tel qu'il est illustré sur le dessin fourni dans ma réponse à la question 122, en est le résultat. Le dispositif de réglage en soi n'était pas nouveau, bien que son intégration dans un récepteur téléphonique fût, elle, une nouveauté. Contre-interrogatoire 534. Pourriez-vous, dans la mesure où vos souvenirs vous le permettent, retracer l'historique complet du récepteur à boîtier en fer que vous avez évoqué dans votre dernière réponse ? Précisez notamment les circonstances de sa construction, les matériaux utilisés, ainsi que les personnes ayant fabriqué ses différents composants. R. L'idée d'un tel récepteur m'est venue, je crois, en mars 1876. À cette époque, j'avais pu entendre de la parole articulée grâce à un récepteur à anche accordée semblable à celui illustré par la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 alors que l'anche était amortie par un contact étroit avec mon oreille. La tendance de l'anche à vibrer à une fréquence propre déterminée constituait un inconvénient pour son utilisation en tant que récepteur de parole ; il m'est alors apparu que l'on pourrait limiter cette tendance à une fréquence de vibration fixe en fixant solidement l'anche à ses deux extrémités, tout en soumettant son centre à l'attraction d'un noyau électromagnétique. À cette fin, j'ai conçu, en mars 1876, une nouvelle forme de récepteur constituée d'un électroaimant à trois branches parallèles. Une bobine devait être placée autour de la branche centrale, tandis qu'une lame d'acier formait un pont passant au-dessus du pôle central sans toutefois le toucher et se trouvant, à ses deux extrémités, en contact magnétique avec les deux pôles exposés de l'électroaimant. L'oreille devait être appliquée contre le centre de ce pont en acier. Un avantage majeur, tel que je l'ai perçu, résidait dans le fait que les pôles opposés de l'électroaimant se trouveraient très proches l'un de l'autre : l'extrémité de la branche pourvue de la bobine constituant un pôle, et le centre de l'armature en acier formant l'autre. En examinant le fonctionnement d'un tel appareil, il m'est apparu qu'il serait possible d'obtenir une intensité magnétique encore plus grande au centre de l'armature en acier en donnant à celle-ci la forme d'un disque mince, dont le bord serait mis en contact avec une série de branches exposées, disposées en cercle autour de la branche centrale bobinée. J'ai également envisagé qu'une boîte en fer ou un aimant tubulaire produirait un effet identique à celui de ce cercle de branches exposées. Je me souviens très nettement que l'idée du récepteur à « boîte en fer » a été développée à partir du récepteur à anche accordée, illustré par la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876, en passant par trois étapes : 1. Un récepteur doté d'un électroaimant à trois branches. 2. Un électroaimant composé d'une branche centrale recouverte, entourée d'un cercle de branches non recouvertes. 3. Un électroaimant composé d'une branche centrale recouverte, entourée d'une boîte en fer tubulaire. Je me rappelle m'être rendu chez M. Williams en mars 1876 pour faire fabriquer un récepteur perfectionné. Je ne sais plus, à l'heure actuelle, laquelle de ces trois formes améliorées j'avais alors en tête ; je pencherais toutefois pour celle à trois branches. Quoi qu'il en soit, en examinant divers objets dans l'atelier de M. Williams, j'ai remarqué un ancien appareil muni d'un aimant tubulaire ; il m'est alors immédiatement apparu que cette boîte en fer correspondait exactement à ce qu'il me fallait. Je ne saurais dire si j'avais déjà conçu l'idée d'une couronne de pôles non recouverts ou son équivalent, un aimant tubulaire avant cette visite chez M. Williams, ou si c'est la vue de cet ancien instrument qui a fait naître ces formes dans mon esprit ; je suis néanmoins porté à croire que j'avais déjà imaginé le récepteur à « boîte en fer » auparavant. Quoi qu'il en soit, je me souviens très bien qu'en découvrant cet ancien appareil, j'ai immédiatement pensé que l'aimant tubulaire était exactement ce qu'il me fallait et qu'il pouvait être transformé en ce récepteur à « boîte en fer » un concept qui m'était venu à l'esprit soit plus tôt, soit à ce moment précis. J'ai donc demandé à M. Watson de retirer le tube en fer de cet appareil. Il a reçu pour instruction de le doter d'un noyau central réglable en hauteur comme illustré sur le dessin accompagnant ma réponse à la question 122 ainsi que d'un disque plat, ou diaphragme, en acier fin, venant se placer sur le dessus du boîtier tel un couvercle. Ce disque devait établir un contact magnétique avec le bord circulaire de l'aimant tubulaire, tandis que le noyau central devait être ajusté de manière à se trouver très près du centre du diaphragme en acier, sans toutefois le toucher. Je suis porté à croire que M. Watson a également fourni la bobine qui occupait l'intérieur du boîtier en fer, mais je ne saurais l'affirmer avec certitude ; il est possible qu'elle ait déjà fait partie de l'aimant dans son état initial, mais je n'en suis pas tout à fait sûr. Contre-interrogatoire 535. Veuillez décrire l'aimant tubulaire mentionné dans votre réponse précédente, tel qu'il se présentait lorsque vous l'avez vu pour la première fois dans l'atelier de M. Williams ; n'hésitez pas, si vous le souhaitez, à accompagner vos explications de croquis. R. Je n'ai pas un souvenir suffisamment précis de cet appareil. Je me rappelle seulement qu'il y avait un vieil appareil rouillé parmi divers objets hétéroclites dans l'atelier de M. Williams. Quant à sa nature, à sa forme ou à son état, je ne m'en souviens plus aujourd'hui. Ce qui m'a intéressé, c'est qu'il contenait un aimant tubulaire ; j'ai pensé que le tube en fer pourrait servir à la construction d'un type de récepteur téléphonique connu aujourd'hui sous le nom de « récepteur à boîtier en fer » (*iron-box receiver*) ce qui permettrait d'éviter les efforts et les frais liés à la fabrication d'un tel tube. La nature exacte de ce tube peut être observée sur le « récepteur à boîtier en fer du Centenaire » (*Centennial Iron-Box Receiver*), qui existe encore aujourd'hui. Le boîtier en fer de ce récepteur faisait, à l'origine, partie de l'ancien appareil mentionné ; tout le reste a été réalisé par M. Watson, ou sous sa direction, pour autant que je sache. Contre-interrogatoire, question 536 : Quand avez-vous vu pour la première fois un aimant du type appelé « électroaimant tubulaire » ? R : Je crois avoir vu un tel aimant pour la première fois dans l'ancien appareil dont il est question, dans l'atelier de M. Williams, en mars 1876 ; toutefois, je connaissais déjà cette forme grâce à des dessins et des descriptions imprimées dès juillet 1875. Contre-interrogatoire, question 537 : Quels étaient ces dessins et ces descriptions imprimées auxquels vous faites référence dans votre réponse précédente ? R : Je fais référence à un ouvrage sur l'électricité, écrit par le comte Du Moncel, que j'étudiais en juillet 1875. Je situe cette date au 7 juillet 1875, car j'ai cité cet ouvrage dans une lettre adressée à M. Hubbard à cette date lettre dont j'ai donné lecture dans ma réponse à la question 88. Contre-interrogatoire, question 538. L'aimant tubulaire auquel vous faites référence, décrit dans l'ouvrage de Du Moncel, était-il constitué d'un noyau, d'une enveloppe cylindrique entourant l'une des extrémités du noyau et y étant reliée, d'une bobine placée entre le noyau et l'enveloppe extérieure, ainsi que d'une armature en forme de disque reposant sur l'enveloppe cylindrique ; le noyau formant l'un des pôles de l'aimant, et l'enveloppe cylindrique l'autre ? R. Si je me souviens bien, l'aimant tubulaire décrit par le comte Du Moncel se composait d'un noyau, d'une enveloppe cylindrique entourant l'une des extrémités du noyau et y étant reliée, et d'une bobine située entre le noyau et l'enveloppe extérieure ; le noyau formant l'un des pôles de l'électroaimant, et l'enveloppe cylindrique l'autre. D'après mes souvenirs du dessin, il n'y avait pas d'armature en forme de disque ; l'extrémité du noyau central se trouvait dans le même plan que le bord de l'enveloppe cylindrique, sans aucun dispositif de réglage. Ainsi, une armature appliquée contre la face de l'électroaimant tubulaire entrait en contact aussi bien avec l'extrémité du noyau central qu'avec celle de l'enveloppe cylindrique. Contre-interrogatoire, question 539. Vous avez déclaré hier que vous connaissiez la forme de l'électroaimant tubulaire, par le biais de dessins et de descriptions imprimées, dès juillet 1875, et que, selon vos souvenirs des dessins figurant dans l'ouvrage de Du Moncel, il n'y avait pas d'armature en forme de disque. Qu'en était-il de la description imprimée dans l'ouvrage de Du Moncel ? Y était-il fait mention d'une armature en forme de disque pour cet électroaimant tubulaire ? R.: L'électroaimant tubulaire ne comportait pas d'armature en forme de disque, et, pour autant que je m'en souvienne, il n'est fait aucune mention d'une telle armature dans le corps de l'ouvrage. Contre-interrogatoire, question 540. Du Moncel a, me semble-t-il, beaucoup écrit sur le sujet des électroaimants. Pourriez-vous préciser, aussi précisément que possible, à quel ouvrage particulier vous faites référence dans votre réponse à la question directe n° 88 question que vous avez évoquée hier ? R : Je crois qu'il s'agit d'un ouvrage intitulé *Exposé des applications de l'électricité*. Contre-interrogatoire, question 541. Dans la lettre que vous mentionnez dans votre réponse à la question directe n° 88, vous avez présenté une illustration d'un électroaimant « boiteux » (à branches inégales), à propos duquel vous avez écrit ce qui suit : « Je pense également que les effets dépendent, dans une certaine mesure, de la forme particulière de l'électroaimant utilisé. J'espère obtenir des éclaircissements sur ce point auprès de Moncel. » Il consacre plusieurs pages à l'analyse des particularités observées sur ce qu'il appelle un électroaimant « boiteux » (ou « à une seule branche »), tel qu'il est décrit dans son ouvrage. À la suite de cette description, on trouve l'illustration de deux électroaimants « boiteux » : dans le premier, l'armature est articulée sur la branche qui porte la bobine, tandis que dans le second, elle est articulée sur la branche dépourvue de bobine. Ces électroaimants, tels qu'ils sont représentés, sont en réalité de simples électroaimants en fer à cheval, dotés d'une bobine sur l'une de leurs branches, mais pas sur l'autre. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. : En substance, oui, je le pense. µ Contre-interrogatoire n° 542. Par ailleurs, chacun des dispositifs illustrés à la figure 5 de votre brevet n° 174 465 consiste en un électroaimant muni d'une bobine sur l'une de ses branches, et dépourvu de bobine sur l'autre. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. : Un tel électroaimant fait partie de chacun de ces dispositifs. Dans mon brevet, les dispositifs présentés à la figure 5 sont décrits comme suit : « Pour illustrer la méthode permettant de créer des ondulations électriques, je présenterai et décrirai un type d'appareil capable de produire cet effet. À cette fin, j'utilise de préférence un électroaimant, A (figure 5), dont une seule des branches, b, est pourvue d'une bobine. Une armature constituée d'un ressort en acier, c, est fixée solidement par l'une de ses extrémités à la branche nue, d, de l'aimant, tandis que son extrémité libre dépasse au-dessus du pôle de la branche munie de la bobine. L'armature c peut être mise en vibration de diverses manières notamment par l'action du vent et, en vibrant, elle produit une note musicale d'une hauteur déterminée. » Contre-interrogatoire - Question 543. L'électroaimant représenté dans l'un ou l'autre des appareils illustrés à la figure 7 de votre brevet n° 174 465 est un électroaimant « en pied de biche » (à branches inégales), doté d'une bobine sur l'une de ses branches mais dépourvu de bobine sur l'autre, avec une armature articulée sur la branche non recouverte tel qu'illustré sur la figure de droite, tirée de Du Moncel, à laquelle il est fait référence dans la lettre mentionnée dans votre quatre-vingt-huitième réponse. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. Un tel électroaimant fait partie de chacun des appareils représentés à la figure 7 de mon brevet ; toutefois, dans chaque cas, l'armature consiste en un ressort en acier semblable à celui illustré à la figure 5 du brevet dont une extrémité est fixée de manière souple à la branche non recouverte de l'électroaimant, tandis que l'autre extrémité est reliée au centre d'une membrane tendue. Contre-interrogatoire - Question 544. Y a-t-il un avantage à placer la bobine sur une seule branche de cet électroaimant « en pied de biche », comme le montre la figure 7 de votre brevet n° 174 465, plutôt que de disposer des bobines sur les deux branches ? Par ailleurs, n'est-il pas vrai que, pour un poids donné de fil de cuivre, il serait impossible d'obtenir autant de spires en enroulant tout le fil sur une seule branche qu'en le répartissant sur les deux ? R. Mes expériences ont semblé indiquer que, pour des applications téléphoniques, il était avantageux de placer la bobine sur une seule branche, plutôt que sur les deux, dans des appareils tels que celui représenté à la figure 7 de mon brevet. En ce qui concerne la seconde partie de la question : cela dépend, bien entendu, du diamètre du fil. En utilisant un fil très fin, on pourrait obtenir un nombre de spires plus élevé sur une seule branche que si l'on utilisait un fil plus épais réparti sur les deux branches ; toutefois, si l'on utilise un fil de même diamètre dans les deux cas, je suppose que votre hypothèse est correcte. Contre-interrogatoire 545. Pourquoi était-il avantageux, dans le domaine de la téléphonie, d'enrouler la bobine sur une seule branche des électroaimants utilisés, plutôt que sur les deux ? R. Des expériences comparatives semblaient indiquer que cela présentait un avantage ; par ailleurs, j'estimais que l'état magnétique du noyau en fer serait plus intense si le fil était entièrement enroulé sur une seule branche, plutôt que réparti en deux bobines, une sur chaque branche. Contre-interrogatoire 546. Si l'aimant droit, désigné par la lettre F dans les figures 2 et 3 de votre brevet n° 186 787, était courbé en forme de fer à cheval en entendant par « forme de fer à cheval » une acception générique appliquée aux électroaimants , cela ne donnerait-il pas un électroaimant du type « à branche inégale » (ou « en pied de canne »), tel que celui illustré dans l'un ou l'autre des dispositifs de la figure 7 de votre brevet n° 174 465 ? R. Oui, pour l'essentiel. Contre-interrogatoire 547. Dans votre réponse au contre-interrogatoire 524, vous déclarez : « Dans une autre lettre que j'ai adressée à M. Hubbard le 28 juin 1875, j'écris : "Je passerai dans la soirée pour faire le point sur l'avancement des travaux." » Avez-vous déjà fait référence à cette lettre au cours de votre déposition dans la présente affaire ? R. Oui. J'ai lu cette lettre dans ma réponse à l'interrogatoire 73. Contre-interrogatoire Q. 548. Dans votre réponse à la question 528, vous déclarez : « Le brevet décrit la membrane « a » (fig. 7) comme une « membrane tendue ». Le moyen par lequel elle est tendue na pas dimportance et nest pas représenté spécifiquement sur le dessin. » Dans les instruments à membrane que vous avez utilisés lors de lExposition du Centenaire, des dispositifs étaient-ils prévus pour tendre les membranes ? R. Oui. Des anneaux de tension étaient employés. Contre-interrogatoire Q. 549. Avez-vous jamais construit, ou fait construire, un téléphone à membrane dans lequel il nétait pas fait usage danneaux de tension ou de tout autre moyen pour tendre la membrane ? R. Je ne le pense pas . Mais j'ai eu connaissance de téléphones à membrane construits par d'autres , qui ne comportaient ni anneaux de tension , ni aucun moyen de modifier la tension de la membrane une fois celle-ci initialement tendue ; et ces téléphones fonctionnaient correctement . Contre-interrogatoire . 550 . À quel moment le premier téléphone a-t-il été construit par d'autres un appareil dépourvu d'anneau de tension ou de tout moyen équivalent pour tendre la membrane ? Rép. Je ne sais pas ; mais c'était après la délivrance de mes deux brevets, n° 174 465 et n° 186 787. Les téléphones à membrane auxquels je fais référence étaient, à tous égards, identiques aux instruments représentés sur la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876. Contre-interrogatoire . 551. L'instrument que vous avez mentionné dans votre réponse précédente a-t-il été construit en vue d'être utilisé dans le cadre d'un litige impliquant vos brevets , ou en lien avec un tel litige ? R . Je crois qu'ils ont été construits dans le but de vérifier si des instruments strictement identiques à ceux représentés sur la figure ... 7 de mon brevet du 7 mars 1876 , à tous égards , et sans recourir à des anneaux de tension ou à d'autres moyens de réglage de la tension de la membrane , permettaient de parler et se révélaient pratiquement fonctionnels en tant que téléphones parlants. Ils permettaient effectivement de parler, et ont été présentés comme preuve de ce fait dans certains litiges impliquant mes brevets. Contre-interrogatoire 552. Le récepteur à boîtier en fer que vous avez demandé à M. Watson de fabriquer, comme indiqué dans votre réponse à la question 534 du contre-interrogatoire, était-il le premier appareil téléphonique dont l'armature en plaque était entièrement constituée de métal ? Rép. Cela dépend entièrement de ce que vous entendez par « armature en plaque ». Dans les récepteurs à languettes accordées que j'ai construits en 1873, j'utilisais des plaques en acier en guise d'armatures ; en plaquant mon oreille contre une telle armature, je pouvais percevoir des sons musicaux produits par des vibrations forcées de la plaque, dont la hauteur différait nettement de celle du son musical produit par la vibration normale de la plaque. Par ailleurs, en mars 1876, j'ai pu entendre des mots et des phrases provenant de l'armature en plaque de l'un de mes récepteurs à languettes accordées, lorsque celle-ci était fermement pressée contre mon oreille. Ces expériences ont précédé la construction du récepteur à boîtier en fer. Contre-interrogatoire 553. L'armature en plaque à partir de laquelle vous avez entendu des mots et des phrases, comme vous l'avez déclaré dans votre réponse précédente, était-elle la même que celle qui figure dans l'un ou l'autre des appareils représentés à la figure 5 de votre brevet n° 174 465 ? Rép. Pour l'essentiel, oui, à ceci près qu'elle fonctionnait d'une manière totalement différente. Je pressais fermement mon oreille contre la languette, de façon à l'empêcher de vibrer pour produire sa note fondamentale. En amortissant ainsi les vibrations libres de la anche, j'ai pu percevoir, sous forme de son, des vibrations forcées qui, si la anche avait été disposée comme sur la figure 5 avec son extrémité libre , n'auraient pas été capables de provoquer une vibration sensible de celle-ci. Contre-interrogatoire 554. Quelqu'un a-t-il jamais tenté, à un moment donné, d'utiliser l'armature en plaque d'acier à partir de laquelle vous dites avoir entendu des mots et des phrases ou un dispositif similaire, en tant qu'émetteur de parole articulée ? Rép. Je ne le pense pas. Contre-interrogatoire 555. Vous avez fait référence à un électroaimant tubulaire décrit dans un ouvrage de Du Moncel, ainsi qu'à un instrument connu sous le nom de récepteur à « boîte en fer » (*iron-box receiver*). Si je comprends bien votre description, les seules différences notables entre le récepteur à « boîte en fer » et l'électroaimant tubulaire mentionné par Du Moncel sont que, dans ce dernier, le noyau central entrait en contact avec l'armature en forme de disque, et qu'il ne comportait pas d'armature en plaque d'acier. Mon interprétation est-elle exacte ? Rép. Non. Tout d'abord, il n'y avait absolument aucune armature en forme de disque dans l'électroaimant tubulaire décrit par Du Moncel. 1. Le noyau central de l'électroaimant tubulaire qu'il présente était fixe et non réglable et son extrémité se trouvait au même niveau que le bord de la partie tubulaire. 2. Par conséquent, pour quune armature soit efficace avec un tel aimant, elle ne devrait normalement être en contact avec aucun des deux pôles ni avec le noyau central, ni avec le bord circulaire de la partie tubulaire ; dans le cas contraire, lattraction de lélectroaimant ne pourrait pas la mettre en mouvement. En effet, si elle était en contact avec lun des pôles, elle le serait également avec lautre, et aucun mouvement ne pourrait en résulter. 3. Le dessin de laimant tubulaire 248 présenté par Du Moncel ne comportait aucune armature ; par ailleurs, le texte de louvrage ne semble faire référence à aucun autre type darmature quune masse métallique épaisse, qui ne présente nullement la forme dun disque ou dun diaphragme. Dans le cas du récepteur à boîtier en fer : 1. Le noyau central était réglable en hauteur ; en position normale, il ne se trouvait pas au même niveau que le bord circulaire de la partie tubulaire, mais en retrait par rapport à ce bord, de sorte qu'une armature en contact avec le rebord circulaire ne touchait pas le noyau central. 2. L'armature reposait normalement sur le rebord circulaire de l'aimant tubulaire et demeurait en contact magnétique permanent avec celui-ci, tandis que le centre de l'armature ne touchait pas le noyau central. 3. L'armature du récepteur à boîtier en fer se présentait sous la forme d'un disque mince ou d'un diaphragme métallique. Dans l'instrument original, elle était en acier, mais on utilisait parfois du fer de type « Tagger » comme matériau. Il me semble que ce sont là les principales différences entre les deux électroaimants examinés. Contre-interrogatoire, question 556 : Les différences que vous avez mentionnées dans votre réponse précédente empêcheraient-elles l'aimant tubulaire de Du Moncel d'être utilisé comme récepteur de parole articulée ? R : Je le pense. Contre-interrogatoire, question 557 : Votre réponse précédente repose-t-elle sur une expérience que vous avez réellement effectuée ? R : Je n'ai pas mené d'expériences spécifiques pour vérifier ce point, car cela semble suffisamment évident au vu de la conception de l'appareil. Contre-interrogatoire, question 558 : Dans votre réponse à la question 545 du contre-interrogatoire, vous indiquez que des expériences comparatives semblaient montrer qu'il était avantageux d'enrouler la bobine sur une seule branche ; vous supposiez alors que l'état magnétique du noyau en fer serait plus intense si le fil était entièrement enroulé sur une seule branche, plutôt que réparti en deux bobines, une sur chaque branche. Avez-vous constaté par la suite que cette idée selon laquelle l'état magnétique du noyau en fer serait plus intense si le fil était entièrement enroulé sur une seule branche était erronée, ou vos expériences ultérieures ont-elles confirmé le bien-fondé de cette idée ? R: J'ai considéré que ce point était déjà établi et bien connu dans l'état de la technique. En d'autres termes, j'avais acquis la conviction qu'il était établi que l'état magnétique du noyau en fer serait plus intense si le fil était entièrement enroulé sur une seule branche, plutôt que s'il était réparti en deux bobines, une sur chaque branche. Je ne pouvais toutefois pas déterminer, sans expérimentation, si une telle configuration présenterait un avantage particulier pour les besoins d'un téléphone destiné à la transmission de la parole. Des expériences comparatives, menées avec des récepteurs à languette vibrante semblables à ceux illustrés dans la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 et utilisant des bobines disposées tantôt sur une branche, tantôt sur l'autre, et parfois sur les deux, semblaient indiquer que, pour les applications téléphoniques, il était avantageux de placer la bobine sur une seule branche de l'électro-aimant, comme décrit dans mon brevet ; c'est du moins ce que je croyais au moment du dépôt de la demande. Depuis lors, je n'ai trouvé aucune raison de modifier mon opinion sur ces points. Contre-interrogatoire 559. Avez-vous trouvé, dans l'ouvrage de Du Moncel auquel vous avez fait référence hier ainsi que dans votre lettre à M. Hubbard, un compte-rendu des recherches qu'il a menées concernant l'emplacement optimal de la bobine sur le noyau en fer ? Rép. Si je me souviens bien, cette question était abordée dans l'ouvrage de Du Moncel. Contre-interrogatoire 560. À quel moment avez-vous commencé à étudier l'ouvrage de Du Moncel dont vous avez parlé ? Rép. Je ne saurais le dire avec précision, mais ma lettre à M. Hubbard, datée du 7 juillet 1875, indique que je lisais ce livre à cette époque. Contre-interrogatoire 561. D'après votre réponse à la question 545, j'ai cru comprendre que vous estimiez que l'état magnétique du noyau en fer serait plus intense si le fil était entièrement enroulé sur une seule branche plutôt que réparti en deux bobines, une sur chaque branche ; et, à la lumière d'une réponse donnée ce matin, j'ai cru comprendre que vous considériez l'enroulement du fil sur une seule branche d'un aimant en fer à cheval plutôt que sur chacune de ses branches comme étant avantageux pour les applications téléphoniques. Veuillez expliquer pourquoi un tel mode de construction est particulièrement avantageux pour les travaux liés à la téléphonie. R. Mes expériences mont conduit à cette idée et il est bien entendu possible que je me trompe, car je ne prétends pas être un expert en matière délectricité. Mes expériences avec des récepteurs à lames vibrantes accordées, tels que ceux représentés à la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876, semblaient indiquer que jobtenais des résultats tout aussi satisfaisants en plaçant la bobine sur une seule des branches de lélectroaimant comme illustré dans les dessins de ce brevet quen utilisant deux bobines, une sur chaque branche. Lemploi dune bobine unique semblait donc avantageux, car cette solution est moins coûteuse et plus simple à réaliser. Jestimais par ailleurs que les effets obtenus dépendaient, dans une large mesure, de létat magnétique du noyau en fer de lélectroaimant. Ce sont ces raisons qui mont amené à adopter ce type délectroaimant dans lappareil décrit dans mon brevet du 7 mars 1876. Contre-interrogatoire, question 562. Pourriez-vous expliquer plus en détail ce que vous entendez par lexpression « les effets dépendaient, dans une large mesure, de létat magnétique du noyau en fer de lélectroaimant », utilisée dans votre réponse précédente ? R. Dans lappareil présenté dans mon brevet du 7 mars 1876 et illustré aux figures 5 et 7 , larmature constituée dune lame dacier fait partie intégrante de lélectroaimant : elle est normalement en contact magnétique avec lun des pôles, tandis que son extrémité libre se trouve au-dessus de lautre pôle. Dans la figure 5, larmature est conçue comme une lame libre, capable de vibrer de manière à produire une note musicale. Dans la figure 7 l'armature en ressort d'acier est disposée de telle sorte qu'elle n'ait pas tendance à vibrer à sa propre fréquence ; elle est fixée de manière lâche au pôle libre de l'électroaimant, tandis que son autre extrémité est solidement attachée au centre d'une membrane tendue. Ainsi, l'armature en ressort d'acier est contrainte de reproduire les caractéristiques du mouvement de la membrane à laquelle elle est reliée. Par conséquent, lorsqu'une personne émet un son à proximité de la membrane, l'armature en ressort d'acier qui y est fixée entre en vibration sonore et est forcée, par la membrane, de reproduire la nature ou la forme de la vibration aérienne. Dans les cas illustrés par les figures 5 et 7, deux instruments de conception sensiblement identique sont disposés sur un même circuit, et une pile est utilisée pour aimanter les noyaux des électroaimants. Dans ces conditions, la vibration sonore de l'extrémité libre de l'armature en acier, située face au pôle de l'électroaimant, engendre sur le circuit des ondulations électriques analogues aux vibrations sonores ; l'armature en ressort d'acier de l'instrument récepteur est alors mise en vibration sonore sous l'effet de l'attraction variable exercée par son électroaimant. Par exemple, dans le cas de la figure 7, si une personne émet un son près de la membrane « a », l'armature « c » entre en vibration sonore devant le pôle de l'électroaimant « b », créant ainsi des ondulations électriques sur le circuit « Ebefg ». Ces ondulations présentent une forme semblable à celle des vibrations aériennes provoquées par le son ; autrement dit, elles peuvent être représentées graphiquement par des courbes analogues. Le courant ondulatoire qui traverse l'électroaimant 'f' amène son armature 'h' à reproduire le mouvement de l'armature 'c'. On entend alors, en provenance de 'L', un son semblable à celui émis en 'A'. Or, les ondulations électriques en question sont produites par la vibration sonore de l'armature 'c' constituée d'un ressort en acier devant le pôle de l'électroaimant 'b'. L'armature 'c' est, en réalité, un prolongement de la branche libre 'd' de l'électroaimant, puisqu'elle est normalement en contact magnétique avec l'extrémité de cette branche. Ainsi, l'état magnétique de l'ensemble du dispositif me semble comparable à celui d'une tige droite courbée en forme de 'b-d-c' ; 'c' constituant l'un des pôles de l'aimant ainsi formé, et 'b' l'autre pôle. L'effet électrique étant engendré par la vibration sonore du pôle 'c' devant le pôle 'b', il m'a paru évident que cet effet dépendait, dans une large mesure, de l'état magnétique de l'aimant coudé 'b-d-c'. Plus cet aimant serait fortement magnétisé, plus les ondulations électriques produites par la vibration sonore de 'c' devraient être puissantes. Au moment où j'ai déposé ma demande de brevet, le 7 mars 1876, j'estimais qu'il était possible d'obtenir un état magnétique plus intense en faisant passer le courant d'une pile dans les bobines de l'électroaimant, plutôt qu'en magnétisant l'ensemble du dispositif de manière permanente ; et j'ai considéré que la disposition de la bobine adoptée dans la figure 7 était avantageuse à cet égard. Contre-interrogatoire, question 563. D'après vos deux dernières réponses, je comprends que le fait de placer la bobine sur un seul pôle (ou une seule branche) de l'électroaimant, plutôt que sur les deux comme indiqué dans votre brevet n° 174 465 n'a apporté aucun avantage particulier, si ce n'est une simplification de la construction de l'électroaimant. Invoquez-vous un autre avantage que cette simplicité de construction ? R : Mes expériences m'ont conduit à penser que j'obtenais les meilleurs résultats avec cette disposition, et je ne doute pas qu'une telle configuration de la bobine favorisait une réaction rapide de l'aimant. Contre-interrogatoire 564. Vous souvenez-vous si Du Moncel, dans l'ouvrage auquel vous avez fait référence, revendique cet avantage pour l'électro-aimant « en pied-de-biche » (ou en forme de L) illustré dans votre lettre à M. Hubbard en date du 7 juillet 1875 ? R. Je ne m'en souviens pas. Contre-interrogatoire 565. Je remarque que dans votre brevet n° 186 787 (voir en particulier les figures 2 et 3), les bobines sont enroulées sur l'un des pôles de l'électro-aimant, ou à proximité de celui-ci, comme dans les figures 5 et 7 de votre brevet n° 174 465. Considérez-vous également que cet enroulement, tel qu'illustré dans les figures 2 et 3 de votre brevet n° 186 787, favorise une réaction rapide de l'aimant ? R. Je suis porté à le croire ; mais, quoi qu'il en soit, cela améliore l'efficacité de l'appareil pour la transmission de la parole, comme je l'ai constaté au cours de nombreuses expériences. Contre-interrogatoire 566. En ce qui concerne les électro-aimants représentés dans les figures 2 et 3 de votre brevet n° 186 787, le degré de magnétisation du noyau est proportionnel au nombre de spires de la bobine, n'est-ce pas ? R. Je le suppose ; mais cela dépend également d'autres facteurs, tels que la proximité des bobines par rapport au noyau, la puissance de la pile, la résistance de la ligne, etc. Contre-interrogatoire 567. Et si le fil est enroulé sur toute la longueur de la barre F, dans la figure... 2, il y aura davantage de spires que si le fil est accumulé sur un seul pôle de l'aimant, comme le montre la figure, n'est-ce pas ? R. Je n'en doute pas. Contre-interrogatoire 568. D'après vos deux dernières réponses, il en découle donc, n'est-ce pas, qu'un courant plus intense sera nécessaire pour aimanter la barre F lorsque le fil est accumulé sur l'un des pôles, plutôt que lorsqu'il est réparti sur toute la longueur de la barre ? C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. Je ne le pense pas. D'après ce que je comprends, lorsque le fil est accumulé près d'un pôle de la barre, au lieu d'être réparti uniformément sur toute la surface de celle-ci, l'effet consiste à renforcer l'état magnétique de ce pôle et à affaiblir l'autre. Contre-interrogatoire 569. Sur quelles informations votre dernière déclaration repose-t-elle ? R. Sur des éléments contenus dans l'ouvrage du comte Du Moncel, que j'ai déjà mentionné : *Exposé des applications de l'électricité*. Contre-interrogatoire 570. D'après votre lettre à M. Hubbard, datée du 1er juillet 1875, je conclus qu'à cette date le 1er juillet 1875 vous n'aviez fabriqué qu'un seul appareil à membrane, qu'à ce moment-là, ni vous ni personne d'autre n'aviez perçu le timbre d'un quelconque son émis dans le transmetteur, et qu'à cette époque, le seul récepteur utilisé avec l'unique téléphone à membrane que vous aviez construit était un appareil connu sous le nom de « récepteur à anche accordée ». Cette conclusion est-elle exacte ? R. Pas tout à fait. J'avais perçu le timbre d'un son transmis électriquement le 2 juin 1875 ; à cette occasion, deux récepteurs à anche accordée semblables à ceux illustrés sur la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 étaient disposés comme indiqué sur ce schéma, à la différence près que la pile était absente. M. Watson avait fait vibrer l'anche émettrice disons « c », sur la figure 5 avec son doigt, tandis que mon oreille était fermement appliquée contre l'anche réceptrice « h ». J'ai distinctement perçu, au niveau de « h », non seulement la hauteur de la note musicale produite par « c », mais j'ai également pu reconnaître le timbre particulier propre à cette vibration. D'après la lettre adressée à M. Hubbard, datée du 1er juillet 1875, je suis porté à croire qu'un seul téléphone à membrane avait été construit avant cette date, et que le seul récepteur utilisé avec ce dispositif était un récepteur à anche accordée, dont l'anche était fermement appliquée contre l'oreille de l'auditeur. Contre-interrogatoire, question 571 : Hier ou avant-hier, vous avez évoqué des publications imprimées et des dessins relatifs à un électro-aimant tubulaire ; vous avez ensuite attiré l'attention sur une description d'électro-aimant tubulaire que vous aviez lue dans un ouvrage de Du Moncel. Outre celle figurant dans l'ouvrage de Du Moncel, avez-vous pris connaissance d'autres descriptions imprimées d'électro-aimants tubulaires ? R. : J'ai vu d'autres publications imprimées et des dessins concernant des aimants tubulaires, mais je ne pense pas les avoir consultés avant la construction de mon récepteur à boîtier en fer, en mars 1876 ; je suppose donc qu'ils n'entrent pas dans le cadre de votre question. Contre-interrogatoire, question 572 : D'après votre description de l'électro-aimant tubulaire mentionné dans l'ouvrage de Du Moncel, je n'ai pas obtenu une idée très précise du type d'armature qui était utilisé, selon votre compréhension. Quel type d'armature, selon ce que vous avez compris, était utilisé dans l'aimant tubulaire dont vous avez lu la description dans l'ouvrage de Du Moncel ? R. : Aucun type d'armature n'apparaissait sur le dessin ; toutefois, si je me souviens bien, la description du dessin mentionne une armature utilisée avec un électroaimant tripolaire, présentée comme convenant également à l'aimant tubulaire. D'après ce que j'ai pu déduire du dessin de cet électroaimant tripolaire, l'armature consistait en une masse métallique épaisse placée à proximité des pôles de l'aimant. Contre-interrogatoire, question 573 : Si je comprends bien votre dernière réponse, vous avez lu, dans l'ouvrage de Du Moncel, la description d'un aimant tripolaire, celle d'un aimant tubulaire, ainsi que celle d'une armature destinée à l'aimant tripolaire ; vous en avez conclu que cette armature devait être utilisée avec l'électroaimant tubulaire. Cette conclusion est-elle exacte ? R. : Oui ; toutefois, il ne s'agissait pas d'une simple supposition de ma part : pour autant que je m'en souvienne, l'ouvrage indiquait explicitement que l'armature de l'électroaimant tripolaire devait être utilisée avec l'électroaimant tubulaire. Je ne sais plus s'il existait, en dehors du dessin, une autre description de cette armature ; c'est possible, mais je ne m'en souviens pas pour l'instant. Contre-interrogatoire 574 : En faisant abstraction de l'ouvrage de Du Moncel, avez-vous déjà lu la description d'un électroaimant tubulaire qui ne comportait pas d'armature en forme de disque circulaire ? R. : Je suppose que vous faites référence à une armature en disque, semblable à celle utilisée dans mon récepteur à boîtier en fer. À ma connaissance, je n'ai jamais lu de description d'un électroaimant tubulaire doté d'une telle armature, si ce n'est dans les descriptions de mes propres appareils. Contre-interrogatoire 575. Linstrument à membrane unique que vous avez construit avant le 1er juillet 1875 est, si je comprends bien, illustré dans votre réponse à la question 82. Veuillez préciser lequel des instruments illustrés dans cette réponse est celui qui a été fabriqué avant le 1er juillet 1875. R. : Celui qui est décrit en premier dans ma réponse à la question 82. Contre-interrogatoire 576. Quest devenu linstrument fabriqué avant le 1er juillet 1875, décrit en premier dans votre réponse à la question 82, et où lavez-vous vu pour la dernière fois ? R. : Des éléments de cet appareil existent encore. Je les ai vus tout récemment dans une malle contenant danciennes pièces à conviction utilisées lors de précédents procès concernant le téléphone. Jignore ce que sont devenues les parties manquantes. Contre-interrogatoire, question 577. Daprès votre dernière réponse, je crois comprendre que vous avez récemment vu les vestiges ou certaines parties de cet instrument. À quand remonte la dernière fois que vous avez vu linstrument dans son intégralité, en parfait état de marche ? R: Je ne sais pas. Cela fait de très nombreuses années. Contre-interrogatoire, question 578. Je vous demande dessayer de préciser une date, aussi approximativement que possible, à laquelle vous avez vu cet instrument pour la dernière fois ; il est en effet très important que vous le fassiez. R : Je nai certainement pas vu linstrument dans son intégralité, en parfait état de marche, depuis juillet 1877, date de mon mariage. Après cette période, je suis parti à létranger et je ne pense pas avoir eu loccasion de revoir lappareil, jusquà ce que certains de ses éléments soient présentés dans le cadre du procès Dowd. Contre-interrogatoire, question 579. Avez-vous le souvenir précis davoir vu, en 1877, ce premier instrument fabriqué et utilisé avant le 1er juillet 1875 en parfait état de marche ? R : Non ; je ne peux pas affirmer avec certitude quil était en parfait état de marche à ce moment-là. Je ne saurais préciser la date la plus récente à laquelle je lai vu en état de marche. Contre-interrogatoire, question 580. Avez-vous le souvenir précis davoir vu, au cours de lannée 1876, ce premier instrument utilisé avant le 1er juillet 1875 en parfait état de marche ? R : Il me semble lavoir vu aussi bien en 1876 quen 1877, mais je ne peux pas garantir quil était en parfait état de marche à lune ou lautre de ces dates. Contre-interrogatoire, question 581. A quand remonte, selon vos souvenirs, la dernière fois que vous lavez vu en parfait état de marche au cours de lannée 1875 ? R : Je sais seulement qu'il a été utilisé en juin et juillet 1875, ainsi qu'ultérieurement au cours de la même année, puis mis de côté. Contre-interrogatoire 582. Veuillez préciser davantage ce que vous entendez par « mis de côté ». A-t-on tenté de le conserver après son utilisation en juin et juillet 1875 ? R. Oui ; les éléments constitutifs ont été conservés et existent toujours. Contre-interrogatoire 583. Vous faites référence aux éléments qui ont été préalablement marqués par l'examinateur aux fins d'identification dans le cadre de cette affaire, n'est-ce pas ? R. On m'a informé que les éléments auxquels j'ai fait allusion qui se trouvaient dans une malle contenant d'anciennes pièces à conviction ont été marqués aux fins d'identification dans cette affaire lors de la déposition de M. Thomas A. Watson. Contre-interrogatoire 584. Dans votre lettre à M. Hubbard, datée du 1er juillet 1875, vous mentionniez votre intention de réaliser, le lendemain, une expérience utilisant une autre membrane tendue en guise de récepteur. Il s'agit bien du second instrument évoqué dans votre réponse à l'interrogatoire 82, n'est-ce pas ? R. Je le pense. Contre-interrogatoire 585. Qu'est-il advenu de ce second instrument, mentionné dans ma précédente question, et quand l'avez-vous vu pour la dernière fois en parfait état de fonctionnement ? R. Certains de ses éléments existent encore. Je ne saurais affirmer l'avoir vu en parfait état de fonctionnement depuis 1875. Je crois me souvenir de l'avoir vu en 1876 et en 1877 ; toutefois, j'ignore s'il était en parfait état de fonctionnement à ces dates. Juste avant mon départ à l'étranger (en 1877), j'ai donné des instructions pour que cet instrument, ainsi que tout le reste du matériel présent dans mon laboratoire d'Exeter Place, soient préservés. Il me semble que tous les instruments celui-ci y compris ainsi que les divers éléments d'appareillage, ont été mis en caisse vers le mois d'août 1877 et tenus à la disposition des détenteurs de mes brevets. Contre-interrogatoire, question 586 : À quel moment, en 1875, avez-vous vu cet instrument pour la dernière fois alors qu'il était en parfait état de fonctionnement ? R : Je ne peux situer ce moment qu'en me référant à la lettre que j'ai adressée à M. Hubbard le 1er juillet. C'était donc après le 1er juillet 1875. Contre-interrogatoire, question 587 : Concernant les deux instruments décrits dans votre réponse à la question 82, quelqu'un d'autre que vous-même et M. Watson a-t-il effectué des expériences avec eux au cours de l'année 1875 ? R: Je ne m'en souviens pas à l'heure actuelle. Il est fort probable que ces instruments aient été présentés à M. Hubbard et à M. Sanders, voire à d'autres personnes, mais je ne saurais l'affirmer aujourd'hui. Contre-interrogatoire, question 588 : Au cours des années 1875 et 1876, quelqu'un d'autre que M. Watson a-t-il participé à la construction de vos instruments ? R. Je ne saurais le dire. Cest la personne que M. Williams avait spécifiquement chargée de soccuper de mon appareil ; je présume donc que mes instruments ont été construits soit par lui personnellement, soit sous sa direction. Il est possible que jaie fait fabriquer des appareils au Canada, mais je ne saurais laffirmer. Contre-interrogatoire 589. Les deux appareils à membrane mentionnés dans votre réponse à la question 82 étaient-ils les seuls appareils à membrane construits par vous, ou sous votre direction, avant le 7 mars 1876 ? R. Je suis porté à croire quil sagissait des seuls téléphones à membrane construits avant cette date, bien que, naturellement, jaie également réalisé des phonautographes et dautres instruments de ce type. Contre-interrogatoire 590. Pouvez-vous indiquer la date, en 1875, de la dernière expérience que vous avez menée avec lun ou lautre de ces téléphones à membrane ? R. Non. Mes souvenirs concernant les expériences individuelles réalisées après le début du mois de juillet 1875 sont vagues. Entre cette période et novembre 1875, mon esprit était très préoccupé par dautres questions, dordre personnel, qui ont laissé une empreinte bien plus nette dans ma mémoire que les expériences menées durant cette même période. Je sais que de nombreuses expériences ont été effectuées, mais je ne peux en préciser les détails. Contre-interrogatoire 591. Quelle est la dernière expérience, menée au cours de lannée 1875 avec ces téléphones, dont vous gardez un souvenir précis ? R. Je me souviens avoir testé deux téléphones à membrane avec M. Watson ; ils étaient reliés entre eux chez M. Williams, et des sons ont été transmis. La voix de la personne qui parlait était clairement perceptible au niveau du téléphone récepteur, et lon pouvait distinguer les intonations. Des sons articulés ont également été transmis sans ambiguïté, mais il était difficile de comprendre ce qui était dit. M. Watson semblait être en mesure d'entendre bien mieux que moi ; j'ai l'impression qu'il a affirmé pouvoir presque distinguer ce qui était dit. Je me souviens de cette expérience, mais ce ne fut pas la dernière. Je sais que de nombreuses autres expériences ont été menées par la suite, bien que je ne puisse me rappeler les détails d'aucune expérience en particulier. Je me souviens toutefois, en ce qui concerne le résultat global de toutes ces expériences, qu'elles m'ont conduit à croire que j'avais résolu le problème de la transmission de la parole articulée par l'électricité, et que des instruments conçus avec soin semblables, dans l'ensemble, à ceux que j'avais réalisés s'avéreraient être des téléphones fonctionnels. Bien que je ne puisse me remémorer les résultats d'expériences spécifiques menées durant la période en question, je garde un souvenir très net du résultat global de l'ensemble. L'exposé de ce résultat, que j'ai fourni plus haut, est confirmé par un document d'époque : une lettre que j'ai adressée à M. Hubbard le 14 août 1875, dans laquelle je résumais les conclusions auxquelles j'étais alors parvenu. J'ai donné lecture de cette lettre dans ma réponse à la question 89. Contre-interrogatoire 592. Pouvez-vous affirmer avec certitude avoir réalisé des expériences avec des téléphones à membrane au cours du mois d'août 1875 ? R : Je ne saurais l'affirmer. Je sais seulement qu'après l'expérience mentionnée dans ma réponse précédente, un grand nombre d'essais ont été effectués avec des téléphones à membrane, mais je ne suis pas en mesure de me rappeler les détails de chacune de ces expériences. Contre-interrogatoire 593. Toutes ces expériences, auxquelles vous faites référence dans votre réponse précédente, ont-elles été réalisées dans l'atelier de M. Williams ? R : Je le crois. Contre-interrogatoire 594. Si je comprends bien, vous avez affirmé que l'atelier de M. Williams était un lieu bruyant. Pourquoi n'avoir pas choisi un endroit plus calme pour mener ces expériences ? R. : J'avais pris des dispositions particulières pour réaliser mes expériences dans l'atelier de M. Williams ; j'étais par ailleurs si convaincu d'avoir résolu le problème de la transmission de la parole articulée que j'ai pris l'initiative de décrire et de revendiquer ma méthode ainsi que mon appareil dans un brevet aux États-Unis, sans attendre de meilleurs résultats. J'avais la certitude absolue que le problème était résolu et que mes instruments s'avéreraient être des téléphones vocaux fonctionnels. Je me préoccupais davantage du dépôt d'une demande de brevet (ou d'une déclaration d'intention) que de la poursuite des expérimentations. J'estimais avoir suffisamment expérimenté pour pouvoir prétendre à un brevet ; c'est ce qui ressort de ma lettre du 14 août 1875 adressée à M. Hubbard. Après cette date, mes efforts ont principalement porté sur la rédaction d'un mémoire descriptif en vue d'un brevet, ainsi que sur la recherche de personnes susceptibles de m'aider à obtenir des brevets à l'étranger, étant donné que ni M. Hubbard ni M. Sanders ne souhaitaient m'apporter leur concours à cet égard. Le mémoire descriptif en question a par la suite abouti à mon brevet du 7 mars 1876, sous le numéro 174 465. J'étais si conscient de la valeur de mon invention que je ne voulais pas me limiter à un brevet aux États-Unis ; je souhaitais également en garantir la protection dans d'autres pays. Si je navais pas accordé une telle importance à cette invention, mon brevet du 7 mars 1876 aurait pu être déposé des mois plus tôt ; en effet, la rédaction du mémoire descriptif avait débuté en septembre 1875 et était pratiquement achevée dès la mi-octobre 1875. Il existe une autre raison pour laquelle, en juillet 1875, je nai pas cherché à trouver un lieu plus calme que latelier de M. Williams pour mener mes expériences. Jai déjà évoqué le fait que mon esprit était très préoccupé et tourmenté par dautres questions, dordre personnel et sans lien direct avec mes travaux. Il me semble opportun dapporter quelques précisions à ce sujet ; une compréhension exacte de mon état desprit à lépoque permettra, jen suis certain, dexpliquer pourquoi je nai pas gardé en mémoire certains détails de mes expériences que jaurais sans nul doute retenus dans dautres circonstances et pourquoi je nai pas conservé de traces écrites, telles que des notes ou des courriers. Cela explique également pourquoi, une fois mon mémoire descriptif achevé en octobre 1875, je me suis consacré, pendant un certain temps, presque exclusivement à mes activités professionnelles plutôt quà la poursuite de mes expériences. À partir de début juillet 1875, jai été profondément préoccupé et perturbé par des difficultés dordre personnel survenues entre moi-même et la famille de M. Hubbard. Sans entrer dans les détails de ces difficultés, je peux dire quelles ne furent totalement résolues que le 25 novembre 1875, date à laquelle je me suis fiancé avec la fille de M. Hubbard. Contre-interrogatoire. 595. Dans votre réponse à la question 570, vous affirmez avoir perçu le timbre dun son transmis électriquement le 2 juin 1875 ; à cette occasion, deux récepteurs à anche accordée semblables à ceux illustrés dans la figure 5 de votre brevet du 7 mars 1876 étaient disposés comme le montre ce schéma, à la différence près que la pile était absente. Votre brevet du 7 mars 1876 contient-il une indication selon laquelle lun de ces récepteurs à anche accordée (tels que ceux représentés dans la figure 5) pourrait servir à reproduire le timbre dun son, en association avec un transmetteur quelconque ? R. : Oui. Dans mon brevet du 7 mars 1876, jai montré que si lun de ces récepteurs à anche accordée est disposé de telle sorte que son armature constituée dun ressort en acier ne présente pas de tendance à vibrer à sa propre fréquence, il peut alors servir à reproduire le timbre dun son. La figure 7 illustre dailleurs une manière de disposer cette anche en acier pour parvenir à ce résultat : au lieu dêtre fixée rigidement au pôle de son électroaimant (comme dans la figure 5), lune des extrémités du ressort en acier est fixée de façon souple à la branche libre de lélectroaimant, tandis que lautre extrémité est reliée au centre dune membrane tendue. Bien entendu, un récepteur, sil est disposé comme dans la figure 5, doté d'une armature en forme d'anche libre accordée, n'est pas adapté pour servir de récepteur restituant le timbre des sons. La tendance d'une telle anche libre à vibrer à une fréquence propre déterminée nuit au fonctionnement de l'instrument en tant que récepteur de timbre. Par conséquent, pour utiliser un tel instrument comme récepteur du timbre des sons, il est nécessaire d'éliminer la vibration libre de l'anche. Lors de mes expériences du 2 juin 1875, j'y suis parvenu en exerçant une pression sur l'anche contre mon oreille afin de l'amortir. La méthode illustrée à la figure 7 constitue une amélioration, car l'armature en forme d'anche y est conçue de telle sorte qu'elle ne présente aucune tendance à vibrer à une fréquence propre ; alors que, dans le dispositif précédent, cette tendance existait et devait être neutralisée par une pression exercée contre l'oreille. Contre-interrogatoire 596. Dans votre réponse à la question 87, je crois comprendre que, lors de vos expérimentations avec les téléphones à membrane décrits dans votre réponse à la question 82, vous cherchiez à placer votre bouche ou votre oreille selon le cas aussi près que possible de la membrane. Pourquoi, dès lors, la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876 présente-t-elle un récepteur dont la membrane ne peut être approchée de très près par l'oreille, ainsi qu'un transmetteur dont la membrane ne peut être approchée de très près par la bouche ? R. J'estimais qu'il serait avantageux d'adjoindre à mes téléphones à membrane des dispositifs destinés à assister la voix et l'audition. Je pensais qu'un cône A (figure 7) semblable à celui utilisé dans les phonautographes permettrait à la voix de l'interlocuteur de faire vibrer la membrane « a » avec plus d'intensité, et que l'emploi d'un tube acoustique ou d'un cornet L tel que ceux utilisés par les personnes malentendantes permettrait d'amplifier le son perçu par l'auditeur. Contre-interrogatoire 597. Dans votre lettre à M. Hubbard, datée du 14 août 1875 mentionnée dans votre réponse à la question 89 , vous employez les termes suivants : « Ne pensez-vous pas quil serait judicieux de déposer une déclaration dintention (*caveat*) concernant lutilisation du courant magnéto-électrique ? Compte tenu de son stade de développement actuel, il serait peut-être imprudent den informer Gray, à moins, bien entendu, que nous ne puissions en faire protéger le principe par un brevet. ». Ce passage m'est inintelligible sans explications complémentaires ; toutefois, il me donne l'impression que M. Hubbard et moi envisagions une forme de communication avec Gray. Je vous saurais gré de bien vouloir clarifier le sens de ce passage. Ce passage mest inintelligible sans explications complémentaires ; il me donne toutefois limpression que M. Hubbard et vous envisagiez une forme de communication avec Gray. Je vous saurais gré de bien vouloir en clarifier le sens. R. : Non. Nous nenvisagions nullement de communiquer avec Gray. Je savais que M. Elisha Gray revendiquait, tout comme moi, la paternité de mon invention relative à la télégraphie multiple un domaine qui intéressait tout particulièrement M. Hubbard et jétais convaincu quun courant ondulatoire présenterait un intérêt majeur pour cette technologie. Au cours de lannée 1875, et jusquà la rédaction de cette lettre le 14 août 1875 , je nourrissais des pensées peu charitables à légard de M. Gray, le soupçonnant même despionnage. Cest dailleurs cette idée qui ma conduit, par la suite, à transférer lintégralité de mon matériel depuis latelier de M. Williams vers des locaux privés, à Exeter Place. Jétais si en proie à la suspicion que je ne me sentais pas suffisamment en confiance pour faire construire mes appareils avant de mêtre protégé par un brevet ou, à tout le moins, par une déclaration dintention (« caveat ») portant sur le courant ondulatoire. Je pense que cest là le sens du passage évoqué dans ma lettre. Je me souviens que M. Hubbard mavait déconseillé de déposer une telle déclaration, y voyant laveu que mon invention était inachevée ; il estimait, quant à lui, quelle était suffisamment aboutie pour justifier lobtention dun brevet. Contre-interrogatoire, question 598 : M. Hubbard était, si je ne mabuse, avocat de profession, nest-ce pas ? Rép. : Je le crois, en effet. Contre-interrogatoire, question 599 : Dans votre réponse à la question 90, vous indiquez quau mois daoût 1875, votre état de santé sest sérieusement dégradé, ce qui vous a finalement conduit à retourner auprès de vos parents, au Canada, pour vous rétablir. À quel moment avez-vous rejoint vos parents au Canada, comme vous lévoquez ? Rép. : Je ne saurais, de mémoire, indiquer la date exacte ; toutefois, le journal de mon père atteste que je suis arrivé à Brantford le 4 septembre 1875 et que j'en suis reparti le 27 septembre 1875. Je tire ces informations du compte rendu imprimé de la déposition de mon père dans le cadre du litige opposant l'American Bell Telephone Company à la People's Telephone Company. Contre-interrogatoire, question 600. Dans votre lettre à M. Hubbard, datée du 28 septembre 1875 citée dans votre réponse à la question 93 , vous écrivez : « Ne croyez pas que j'ai délaissé la télégraphie durant mon séjour au Canada. J'ai apporté quelques appareils avec moi », etc. Ces appareils, auxquels vous faites référence, n'avaient aucun rapport avec la transmission de la parole articulée, n'est-ce pas ? R : Les appareils en question étaient des dispositifs de télégraphie multiple. Contre-interrogatoire, question 601. Dans votre réponse à la question 96, vous citez un brouillon de mémoire descriptif relatif à votre brevet du 7 mars 1876, en ces termes : « Il est connu depuis longtemps que, lorsqu'on approche un aimant permanent du pôle d'un électro-aimant, un courant électrique est induit dans les bobines de ce dernier ; et que, lorsqu'on l'en éloigne, un courant électrique de polarité opposée au premier apparaît dans le fil. Par conséquent, lorsqu'un aimant permanent est mis en vibration devant le pôle d'un électro-aimant, un courant électrique ondulatoire est induit dans les bobines de cet électro-aimant ; les ondulations de ce courant correspondent, par leur nombre par seconde, aux vibrations de l'aimant ; par leur polarité, au sens du mouvement de l'aimant permanent ; et, par leur intensité, à l'amplitude de la vibration de cet aimant permanent. » Cette déclaration visait-elle, de votre part, à exposer l'état de la technique tel qu'il existait avant toute invention de votre fait ? R. : La première phrase du paragraphe cité visait effectivement à exposer l'état de la technique. La seconde partie, qui commence par « Lorsquun aimant permanent est donc mis en vibration devant le pôle dun électro-aimant », etc., était une déduction personnelle, tirée des prémisses énoncées dans la première phrase. Contre-interrogatoire, question 602. Y a-t-il, dans le paragraphe que jai cité lors de ma précédente question, un quelconque élément qui nait pas été parfaitement connu des électriciens avant même que vous ne réalisiez la moindre invention ? Sil sy trouve un fait qui nétait pas connu avant le moment où vous avez réalisé votre invention, je vous saurais gré de bien vouloir me lindiquer. Rép. Les faits évoqués dans la première phrase, comme lindique le paragraphe lui-même, étaient « connus depuis longtemps » ; létat des connaissances était donc tel que les conséquences exposées dans lautre partie du paragraphe auraient pu être déduites des prémisses fournies. Je crois avoir été la première personne à opérer cette déduction. Le fait, par conséquent, énoncé dans la partie du paragraphe commençant par : « Lorsqu'un aimant permanent est mis en vibration devant le pôle d'un électro-aimant », etc., n'était pas une connaissance courante avant l'époque où j'ai réalisé mon invention. Contre-interrogatoire n° 603. Ces faits n'étaient-ils pas constamment mis en application dans la construction et le fonctionnement des machines magnéto-électriques avant la date de toute invention réalisée par vous ? Et s'il existe un ou plusieurs de ces faits qui n'étaient pas connus de l'opérateur ou du constructeur d'une machine magnéto-électrique ordinaire, je vous saurais gré d'en informer le Tribunal. Réponse. Aucune machine ou appareil magnéto-électrique, quel qu'il soit, n'utilisait, avant la date de mon invention, un courant électrique modulé en ondulations analogues aux vibrations sonores produites par la vibration sonore d'un aimant permanent devant le pôle d'un électro-aimant, ou générées de toute autre manière. Ces faits n'étaient donc pas appliqués dans la construction et le fonctionnement des machines magnéto-électriques ou autres appareils avant la date de toute invention réalisée par moi. Quant à la dernière partie de la question, les faits énoncés dans la première phrase du paragraphe que vous avez cité étaient connus des constructeurs de machines magnéto-électriques ordinaires. Rien, dans l'état de la technique, n'empêchait donc quiconque de tirer la déduction contenue dans la seconde partie de ce paragraphe ; mais, pour autant que je sache, personne ne l'a fait avant moi. Par conséquent, les faits énoncés dans la seconde partie du paragraphe n'étaient pas connus des opérateurs et des constructeurs de machines magnéto-électriques ordinaires avant que je ne les leur révèle. public . Contre-interrogatoire Question 604. Daprès votre dernière réponse, je suppose que vous avez entièrement mal compris ma question. Ma question ne faisait aucune référence, quelle quelle soit, à des vibrations sonores, ou à des vibrations acoustiques, ni à une quelconque invention de votre part. Jai simplement attiré votre attention sur un paragraphe qui aurait été rédigé au crayon sur une feuille de papier. Ma question ne portait que sur ce point, et rien dautre, rien au-delà ou en dehors de cela. Avec cette précision, pourriez-vous répondre à la question ? R. Le paragraphe en question a été rédigé par mes soins ; il sagissait dun brouillon dun paragraphe figurant dans mon brevet du 7 mars 1876, n° 174 465. Jai donc supposé que votre question concernait bien mon invention ; et comme mon invention portait exclusivement sur des vibrations sonores ou vibrations acoustiques , jai cru comprendre que vous souhaitiez que jattribue à ce paragraphe le sens quil était censé avoir dans mon brevet du 7 mars 1876, n° 174 465 brevet dans lequel toutes les vibrations mentionnées sont des vibrations sonores, et toutes les ondulations électriques évoquées sont des ondulations analogues aux vibrations sonores aériennes. Quoi quil en soit, ma réponse demeure identique, que lon interprète les vibrations en question comme étant des vibrations sonores, ou comme des vibrations trop lentes pour susciter la sensation du son. Cela ne change rien à ma réponse ; je précise simplement quau moment de la rédaction de ce paragraphe, mon intention était quil se rapporte à une vibration sonore de laimant permanent. Contre-interrogatoire Question 605. Et entendez-vous que vos deux réponses précédentes sappliquent à chaque fait énoncé dans le paragraphe auquel vous avez fait référence, sans aucune exception ? R. Je souhaitais quelles sappliquent uniquement à la seconde phrase du paragraphe, étant donné que, selon les termes mêmes du paragraphe, les faits mentionnés dans la première phrase sont connus depuis longtemps. « Afin de » Afin de rendre ma pensée parfaitement claire, je préciserai que la partie suivante du paragraphe décrit des faits qui étaient déjà bien connus avant toute invention de ma part : « Il est connu depuis longtemps que, lorsquon approche un aimant permanent du pôle dun électroaimant, un courant électrique est induit dans les bobines de ce dernier ; et que, lorsquon len éloigne, un courant électrique de polarité opposée au premier apparaît dans le fil. » Ce qui nétait pas connu avant que je ne le révèle au monde bien que cela pût être déduit des prémisses que je viens dénoncer, et quaucun autre, à ma connaissance, navait déduit avant moi se trouve dans la seconde phrase, qui est la suivante : « Ainsi, lorsquon fait vibrer un aimant permanent devant le pôle dun électroaimant, un courant électrique ondulatoire est induit dans les bobines de cet électroaimant ; les ondulations de ce courant correspondent, par leur nombre par seconde, aux vibrations de laimant ; par leur polarité, au sens du mouvement de laimant permanent ; et, par leur intensité, à lamplitude de la vibration de cet aimant permanent. » À ma connaissance, aucune machine magnéto-électrique antérieure à la date de mon invention na fait usage dun courant électrique induit dans les bobines dun électroaimant par la vibration dun aimant permanent placé devant le pôle de cet électroaimant, courant dans lequel les ondulations électriques correspondaient, par leur nombre par seconde, aux vibrations de laimant ; par leur polarité, au sens du mouvement de laimant permanent ; et, par leur intensité, à lamplitude de la vibration de cet aimant permanent et ce, même en incluant les cas où la vibration est trop lente pour produire la sensation du son. Le fait que la vibration dun aimant permanent devant le pôle dun électroaimant puisse induire un courant correspondant au mouvement de laimant, selon les caractéristiques susmentionnées, aurait pu dis-je être déduit de prémisses déjà connues avant que je ne le fasse ; mais, à ma connaissance, personne navait formulé cette déduction avant que je ne la fasse moi-même. Et je précise cela en ce qui concerne les vibrations trop lentes pour produire la sensation du son, bien que, dans mon brevet du 7 mars 1876, jaie eu lintention de me limiter exclusivement aux vibrations sonores, cest-à-dire aux vibrations dune rapidité suffisante pour produire la sensation du son. Contre-interrogatoire, question 606. Je souhaite attirer de nouveau votre attention sur l'électroaimant « boiteux » (ou asymétrique) de Du Moncel mentionné dans votre lettre à M. Hubbard en date du 7 juillet 1875 dans lequel l'armature est articulée sur la branche non recouverte de l'électroaimant. N'est-il pas vrai que, lorsque l'armature de cet électroaimant est amenée à vibrer devant celui-ci, des courants électriques sont induits dans ses bobines ; ces courants correspondant, par leur nombre par seconde, aux vibrations de l'armature ; par leur polarité, au sens du mouvement de l'armature ; et par leur intensité, à l'amplitude de la vibration de l'armature ? En posant cette question, je ne fais aucune allusion à des inventions que vous auriez pu réaliser à un moment quelconque. R: Oui, à condition de prévoir un dispositif permettant à l'armature de vibrer librement sans entrer en contact avec le pôle de l'électroaimant situé en dessous. Toutefois, je ne pense pas que quiconque ait eu connaissance de ce phénomène avant ma propre invention, ni que quiconque ait effectivement fait vibrer une telle armature de la manière décrite. Et, assurément, personne n'avait compris ou imaginé, avant moi, que la vibration sonore d'une telle armature devant le pôle de son électroaimant induirait, dans les bobines de ce dernier, un courant électrique modelé en ondulations semblables aux vibrations sonores. La question suppose, bien entendu, que la bobine de l'électroaimant fasse partie d'un circuit fermé et que l'armature vibre au sein d'un champ magnétique. Contre-interrogatoire, question 607. Dans le passage de votre mémoire descriptif sur lequel votre attention a été attirée, vous déclarez : « Il est connu depuis longtemps que, lorsqu'on approche un aimant permanent du pôle d'un électroaimant, un courant électrique est induit dans les bobines de ce dernier ; et que, lorsqu'on l'en éloigne, un courant électrique, de polarité opposée au premier, apparaît dans le fil. » Nétait-il pas également connu depuis longtemps que, lorsque larmature dun électroaimant placé dans un circuit alimenté par une pile est amenée à se rapprocher du pôle de cet électroaimant, un courant électrique est induit dans les bobines de ce dernier ; et que, lorsque larmature est éloignée, un courant électrique de polarité opposée au premier est induit dans le fil ? R. : Je ne sais pas. Je suppose que cela aurait pu être déduit du premier fait mentionné, même si cela nétait pas explicitement connu. Je suppose quon aurait pu en déduire que les courants magnétoélectriques, induits par le mouvement de larmature, se seraient superposés au courant provenant de la pile, produisant ainsi un effet résultant sur le circuit. Il ne serait donc pas nécessairement exact daffirmer quun courant de polarité opposée apparaîtrait dans le fil. Le courant pourrait être de même nature et de même polarité, tout en présentant une intensité variable. Contre-interrogatoire 608. Avant louverture de la séance, ce matin, vous mavez indiqué que vous souhaitiez rectifier une partie de votre témoignage dhier. Je vous donne donc loccasion de le faire. R. : Dans le contre-interrogatoire 597, vous avez cité le passage suivant, extrait de ma lettre à M. Hubbard en date du 14 août 1875 : « Ne pensez-vous pas quil serait judicieux de déposer une demande de protection provisoire pour lutilisation du courant magnéto-électrique ? Compte tenu de son stade de développement actuel, il serait peut-être imprudent den informer Gray, à moins, bien entendu, que nous ne puissions en faire breveter le principe » ; et vous mavez demandé déclaircir le sens de ce passage. Dans ma réponse, jai précisé : « Nous navons jamais envisagé dentrer en communication avec Gray. » « Depuis que j'ai fait ma déposition hier, mon attention a été attirée sur ma lettre du 4 mai 1875, adressée à M. Hubbard, dont une partie a été lue en réponse à la question directe n° 59. Cette question me demandait de lire, dans ladite lettre, le passage commençant en haut de la troisième page et se poursuivant jusqu'à la fin. Je n'ai donc pas lu les première et deuxième pages de cette lettre. Je vais le faire maintenant, car cela semble avoir un lien avec le sens du passage que vous avez cité dans la contre-interrogatoire n° 597 extrait de ma lettre du 14 août 1875 adressée à M. Hubbard. Ma lettre du 4 mai 1875 à M. Hubbard, dont je tiens l'original entre mes mains, commence comme suit :
À cette époque, M. Hayes était, si je ne m'abuse, le conseil en brevets de M. Elisha Gray. J'avais oublié que M. Hayes avait insisté, auprès de mes associés et de moi-même, pour que nous unissions nos intérêts avec ceux de M. Gray ; ma mémoire a été rafraîchie hier après que j'ai répondu à la contre-interrogatoire 597 par la relecture d'un passage de ma lettre du 4 mai 1875, que j'ai cité plus haut. Je suis désormais porté à croire qu'au moment où j'ai rédigé ma lettre du 14 août 1875, M. Hubbard envisageait peut-être une proposition visant à associer nos intérêts à ceux de M. Gray. J'avais alors souhaité que M. Hubbard ne souffle mot, ni à M. Gray ni à ses conseils, au sujet de mon courant magnéto-électrique, tant que je n'aurais pas déposé une demande de brevet provisoire (« caveat ») ou de brevet définitif, afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté quant à l'identité de l'inventeur. J'ai fait tout mon possible pour expliquer le sens du paragraphe cité dans votre contre-interrogatoire 597 extrait de ma lettre du 14 août 1875 adressée à M. Hubbard ; mais il est, bien entendu, difficile, après tant d'années, d'affirmer avec certitude ce que je voulais dire exactement. Contre-interrogatoire 609. Dans votre brevet n° 174 465, vous déclarez : « Il existe de nombreuses manières de produire des courants électriques ondulatoires, dont l'effet dépend des vibrations ou des mouvements de corps capables d'exercer une action par induction. Je vais en préciser ici quelques-unes. Lorsqu'un fil, parcouru par un courant électrique continu, est mis en vibration au voisinage d'un autre fil, un courant électrique ondulatoire est induit dans ce dernier. Lorsqu'un cylindre, sur lequel sont disposés des aimants en barre, est mis en rotation devant le pôle d'un électroaimant, un courant électrique ondulatoire est induit dans les bobines de cet électroaimant. » Je ne trouve pas ce paragraphe dans l'ébauche de votre mémoire descriptif, mentionnée dans votre réponse à la question 95. Vous souvenez-vous du moment où vous avez rédigé ce paragraphe pour la première fois ? R. : Dans ma réponse à la question directe n° 95, j'ai identifié sept feuillets constituant des fragments d'ébauches du mémoire descriptif de mon brevet du 7 mars 1876 ; et, en réponse à la question directe n° 96, j'ai lu, à partir de ces feuillets, les passages qui m'ont été indiqués par mon conseil. Des ébauches du paragraphe que vous avez cité figurent sur certains des feuillets identifiés en réponse à la question 95, mais elles n'ont pas été lues lors de la réponse à la question 96. Ce paragraphe était pour l'essentiel achevé en octobre 1875. Contre-interrogatoire, question 610. Le paragraphe cité dans ma dernière question constituait-il un exposé de l'état de la technique tel qu'il existait avant toute invention réalisée par vous ? R. Non. Dans mon brevet, j'ai décrit certains dispositifs illustrés aux figures 5 et 7, destinés à produire des courants électriques ondulatoires adaptés à la télégraphie multiple et à la transmission de la parole ; et, dans le paragraphe que vous avez cité, j'ai tenté d'indiquercertains moyens équivalents pour produire des ondulations électriques semblables à des vibrations sonores. Contre-interrogatoire, question 611. Quel fait est énoncé dans le paragraphe cité qui n'était pas connu des spécialistes du domaine avant la date de toute invention réalisée par vous ? Bien entendu, ma question porte uniquement sur le paragraphe cité, et non sur d'autres parties de la description de l'un ou l'autre de vos brevets. R. Le fait que des ondulations électriques analogues à des vibrations sonores pouvaient être produites par les moyens indiqués. Contre-interrogatoire, question 612. L'un des faits énoncés dans ce paragraphe est ainsi libellé : « Lorsqu'on fait tourner un cylindre, sur lequel sont disposés des aimants en barre, devant le pôle d'un électro-aimant, un courant électrique ondulatoire est induit dans les bobines de l'électro-aimant. » Voulez-vous dire, par votre dernière réponse, que des ondulations électriques analogues à des vibrations sonores pouvaient être produites par ce moyen ? R. Afin de m'exprimer avec une clarté absolue, je précise que, le 15 décembre 1874, j'ai fait une découverte décrite dans une lettre adressée ce même jour au Dr Clarence J. Blake lettre dont j'ai donné lecture dans ma réponse à la question directe n° 43. Dans ce courrier, j'écris : « Plusieurs aimants permanents étaient disposés sur un cylindre (voir illustration) que l'on faisait tourner devant des électro-aimants. En me remplissant les oreilles d'eau et en y appliquant les fils (préalablement isolés, bien entendu), comme indiqué sur le schéma, j'ai pu percevoir une note musicale douce. » Il s'agit là de l'expérience à laquelle je fais référence dans ma demande du 10 mars 1875, en ces termes : « J'ai généré une oscillation régulière du courant induit au moyen d'aimants permanents, en remplacement des piles. Des aimants droits G, aux pôles disposés comme illustré, ont été placés à la surface d'un cylindre rotatif, en regard de plusieurs électro-aimants E (voir figure 4) ; l'espace séparant deux aimants adjacents était, en largeur, égal à la dimension du pôle de l'électro-aimant qui lui faisait face. » « Dans cette configuration, la rotation du cylindre produisait des courants induits, directs et inversés, se succédant à intervalles réguliers ; les fils reliés à la terre et à la ligne (a, b) faisaient alors office d'électrodes. Grâce à ce dispositif, les courants induits traversaient directement les oreilles, provoquant au sein même de l'oreille la perception d'une note musicale, et ce, sans l'intervention d'aucun instrument récepteur. » Je ferai remarquer, en passant, quil existe une légère erreur dans les références : la figure 4 devrait être la figure 3, et la lettre G devrait être remplacée par M. Or, au moment où jai déposé mon brevet du 7 mars 1876, jétais parvenu à concevoir ce que jai appelé un « courant électrique ondulatoire » ; un courant dans lequel les ondulations électriques étaient analogues aux vibrations sonores ; un courant caractérisé par des variations dintensité tout à fait comparables aux variations de densité de lair lors de la transmission de vibrations sonores. Dans ce brevet, jai présenté des dispositifs illustrés par les figures 5 et 7 permettant de générer des ondulations électriques semblables à des vibrations sonores. À propos de la figure 5, par exemple, jai écrit : « Pour illustrer la méthode permettant de créer des ondulations électriques, je vais présenter et décrire un type dappareil capable de produire cet effet. À cette fin, jutilise de préférence un électroaimant A (figure 5), dont lune des branches, b, est munie dune bobine. Une armature en acier, constituée dune lame flexible c, est fixée solidement par lune de ses extrémités à la branche nue d de laimant, tandis que son extrémité libre dépasse au-dessus du pôle de la branche pourvue de la bobine. Larmature c peut être mise en vibration de diverses manières notamment par laction du vent et, en vibrant, elle produit une note musicale dune hauteur déterminée. » Ayant décrit des moyens précis pour réaliser une invention totalement inédite à savoir un courant électrique modulé en ondulations rigoureusement analogues à des vibrations sonores , jai estimé être en droit de revendiquer tout dispositif équivalent permettant dobtenir le même résultat, que je laie explicitement mentionné ou non. Jai toutefois jugé opportun dapprofondir la question et dinclure dans ma demande de brevet les variantes qui métaient apparues. Par exemple, il ma semblé quil serait peut-être possible de disposer des aimants en barre sur un cylindre, de telle sorte que, lorsque ce cylindre serait mis en rotation devant le pôle dun électro-aimant, il en résulterait un courant induit identique à celui produit par la vibration de larmature « c » (fig. 5) ; jai donc, dans mon brevet, proposé ce dispositif comme variante de celui illustré à la figure 5. Contre-interrogatoire 613. Avez-vous déjà fabriqué un appareil utilisant le moyen que vous avez suggéré comme alternative à l'appareil décrit à la figure 5 ? Je fais référence à la déclaration figurant dans les deux dernières lignes de votre dernière réponse. R : Non. Contre-interrogatoire 614. Puisque vous avez attesté avoir rédigé les revendications de votre brevet n° 174 465, je vous demande si ce brevet contient une revendication faisant référence à ce moyen comme alternative à celui illustré à la figure 5. R : J'ai présumé que les revendications du brevet couvraient tous les moyens équivalents à ceux décrits et j'ai donc estimé que si l'on pouvait utiliser des aimants en barre sur un cylindre rotatif pour produire, dans les bobines d'un électroaimant, des ondulations électriques analogues aux vibrations sonores, comme celles produites par l'appareil illustré à la figure 5, les revendications du brevet couvriraient ce procédé comme équivalent du moyen illustré à la figure 5. Contre-interrogatoire 615. Quand, le cas échéant, avez-vous pris connaissance des inventions divulguées dans le brevet britannique accordé à C. F. Varley, n° 1044, de 1870 ? R : Je ne peux pas dire si jen ai jamais pris connaissance sans consulter une copie du brevet auquel vous faites référence. Contre-interrogatoire 616. Le paragraphe auquel je fais référence contient également laffirmation suivante : « Lorsquun fil conducteur parcouru par un courant électrique continu est mis en vibration à proximité dun autre fil conducteur, un courant électrique ondulatoire est induit dans ce dernier.» Avez-vous déjà construit un tel appareil, ou avez-vous déjà induit un courant électrique ondulatoire par ce moyen ? R : Oui. Je lai fait. Contre-interrogatoire 617. Cet appareil a-t-il été construit avant la date de votre brevet, le 7 mars 1876 ? R : Non. Pas avant. Contre-interrogatoire 618. Veuillez décrire brièvement l'appareil auquel vous avez fait référence dans vos deux dernières réponses. R.: Une spirale plate de fil isolé était portée par un diaphragme à la place de l'armature c (Fig. 7) et mise en vibration par l'action de la voix devant le pôle d'un électroaimant placé dans un circuit voltaïque (Fig. 7). La spirale plate était reliée à un circuit local contenant une pile. Je crois avoir testé l'effet de la suppression du noyau de fer de l'électroaimant. Je me souviens également avoir effectué des expériences en faisant vibrer un électroaimant devant le pôle d'un autre. L'électroaimant mobile était porté par un diaphragme mis en vibration par la voix du locuteur. Ces électroaimants ont été testés avec et sans noyau de fer, dans des circuits séparés avec une pile dans chaque circuit, et également dans un seul circuit contenant une pile. Contre-interrogatoire : 619. Existe-t-il une revendication de votre brevet faisant référence à la méthode d'induction d'un courant électrique ondulatoire, décrite dans le paragraphe suivant : « Lorsqu'un fil conducteur, parcouru par un courant électrique continu, est mis en vibration à proximité d'un autre fil conducteur, un courant électrique ondulatoire est induit dans ce dernier.» ? R. : Je pensais que toute revendication présentant cette méthode comme une simple alternative à la méthode décrite la couvrirait ; or, la méthode elle-même est spécifiquement revendiquée dans la 3e revendication. Contre-interrogatoire. On trouve également l'affirmation suivante dans votre brevet du 7 mars 1876 : « Des ondulations sont provoquées dans un courant voltaïque continu par la vibration ou le mouvement de corps capables d'induction, ou par la vibration du fil conducteur lui-même à proximité de ces corps.» Une revendication du brevet fait-elle spécifiquement référence à cette méthode de production d'ondulations électriques ? R. : Oui. La 3e revendication y fait spécifiquement référence. Contre-interrogatoire 621. Il me semble qu'aucun appareil n'est illustré dans le brevet, montrant la méthode de production des ondulations électriques mentionnée dans ma question précédente. Réponse : Oui. L'appareil représenté sur les figures 5 et 7. Contre-interrogatoire : 622. Comment les ondulations électriques seraient-elles produites par l'appareil représenté sur la figure 5, par la vibration du fil conducteur lui-même à proximité d'un corps capable d'induction ? Réponse : La revendication ne se limite pas à la vibration du fil conducteur lui-même à proximité d'un corps capable d'induction. Dans le cas de la figure 5, les ondulations électriques sont produites dans un courant voltaïque continu traversant le circuit par la vibration de l'armature en acier-ressort c, qui est un corps capable d'induction. La 3e revendication couvre spécifiquement cette méthode. Contre-interrogatoire, question 623. Ma dernière question ne faisait pas spécifiquement référence à la troisième revendication. Ce que je souhaitais demander, c'est s'il existe, dans le brevet, un dispositif permettant de provoquer des ondulations dans un courant voltaïque continu grâce à la vibration d'un fil conducteur situé à proximité d'un corps capable d'exercer une action inductive. R : Oui. Le brevet présente, aux figures 5 et 7, des dispositifs permettant de transmettre des vibrations sonores à tout corps que l'on souhaite faire vibrer. Par exemple, dans la figure 5, l'élément vibrant du dispositif consiste en une anche qui, comme indiqué dans le brevet, peut être mise en vibration de diverses manières notamment par le souffle, comme c'est le cas pour tout instrument de musique à anche ordinaire. Dans le cas de la figure 5, le corps capable d'exercer une action inductive est mis en vibration à proximité du fil conducteur. Si, par conséquent, nous souhaitons adopter la méthode alternative consistant à faire vibrer le fil conducteur à proximité du corps capable d'exercer une action inductive, il conviendrait de fixer le fil conducteur à l'anche « c » (figure 5) et de remplacer l'électroaimant « b » par un corps capable d'exercer une action inductive. Le moyen mécanique, décrit précisément dans le brevet, pour mettre un corps en vibration sonore de manière à produire une note musicale d'une hauteur déterminée consiste en une anche actionnée par un flux d'air. Si le corps devant être mis en vibration est constitué d'un matériau capable d'une action inductive, comme l'acier, il suffit de fabriquer l'anche dans ce matériau, ou d'y fixer un matériau approprié sur une anche de conception classique. Par ailleurs, si le corps que l'on souhaite mettre en vibration sonore pour produire une note musicale est le fil conducteur lui-même, il suffit de fixer ce fil à une anche de conception classique. Le moyen mécanique, décrit précisément dans le brevet, permettant à un corps d'être mis en mouvement par les vibrations sonores de l'air lors de la transmission d'un son de sorte que ce corps reproduise la forme de la vibration sonore aérienne et se déplace au gré des mouvements de l'air durant la transmission consiste en une membrane tendue, telle qu'illustrée par la lettre « a » sur la figure 7 ; cette membrane peut être mise en vibration par la voix humaine ou par des sons produits, de quelque manière que ce soit, à proximité immédiate. Dans le fonctionnement de l'appareil tel qu'agencé sur la figure 7, la membrane « a » sert à provoquer la vibration d'un corps qui y est fixé, capable d'exercer une action inductive, au voisinage du fil conducteur. Si, par conséquent, nous souhaitons adopter la méthode alternative consistant à faire vibrer le fil conducteur au voisinage d'un corps capable d'exercer une action inductive, nous devrions fixer le fil conducteur à la membrane « a » (figure 7) et placer, en « b », un corps capable d'exercer une action inductive. Dans ma réponse à la contre-interrogation 618, j'ai décrit des expériences qui ont été effectivement réalisées selon ce principe. La parole a été transmise de cette manière. Contre-interrogatoire 624. Dans votre réponse à la contre-interrogation 614, vous avez déclaré : « Je supposais que les revendications du brevet couvriraient tous les moyens équivalents à ceux qui sont décrits. » Faut-il comprendre, par cette réponse, que chacune des revendications du brevet couvrirait tous les moyens équivalents à ceux qui y sont décrits ? R : Oui ; pour ce qui est des moyens décrits comme étant applicables à cette revendication donnée. Contre-interrogation 625. Pourriez-vous préciser davantage votre réponse et indiquer quels sont les moyens applicables ? R : J'estime que les moyens spécifiquement décrits dans le brevet sont applicables à l'ensemble des revendications. Contre-interrogation 626. Afin que votre réponse soit parfaitement comprise, pourriez-vous indiquer à quels moyens, spécifiquement décrits dans le brevet, vous faites référence dans votre réponse précédente ? R : Aux moyens illustrés par la figure 5 ou la figure 7. Contre-interrogation 627. En vous référant à votre réponse à la contre-interrogation 623, pourriez-vous préciser la largeur et l'épaisseur que devrait avoir l'anche « c », représentée sur la figure 5, étant donné que je ne trouve aucune indication de sa largeur dans les illustrations faisant partie du brevet ? Ré : La largeur ou l'épaisseur exacte n'a aucune incidence sur le fonctionnement électrique de l'instrument, pour autant que la anche puisse être mise en vibration par un flux d'air, à l'instar de la anche d'un instrument de musique à vent ordinaire. Les instruments représentés à chaque poste sur la figure 6 possèdent chacun une hauteur tonale ou une fréquence de vibration différente ; par conséquent, les anches pourraient, elles aussi, présenter des largeurs ou des épaisseurs différentes. La largeur et lépaisseur dépendent de la hauteur de la note musicale que lon souhaite produire ; elles peuvent correspondre aux dimensions habituelles des anches produisant une note équivalente dans nimporte quel instrument de musique à vent ordinaire. Contre-interrogation 628. Quelle forme peut prendre l'anche *c*, représentée à la figure 5 ? R. : La forme des anches ordinaires utilisées dans les instruments de musique à vent. Contre-interrogation 629. Vos deux dernières réponses, concernant l'armature *c* illustrée à la figure 5, s'appliquent-elles également à l'armature *c* illustrée à la figure 7 ? R. : Elles s'appliquent en ce sens que la largeur ou l'épaisseur de l'armature *c* constituée d'un ressort en acier n'a aucune incidence sur le fonctionnement électrique de l'appareil représenté à la figure 7. Ainsi, n'importe laquelle des anches en acier illustrées aux figures 5 ou 6 conviendrait, à condition que, au lieu d'être disposée comme une anche libre accordée destinée à être mise en vibration par un flux d'air, elle soit fixée de manière souple, par une extrémité, à la branche libre de son électro-aimant, et que son autre extrémité soit reliée au centre d'une membrane tendue, comme le montre la figure 7. L'anche *c* de l'instrument représenté à la figure 5 est conçue pour vibrer efficacement à une fréquence bien précise, afin de produire une note musicale d'une hauteur déterminée ; quant aux instruments situés à chaque poste dans la figure 6, ils présentent chacun une hauteur tonale différente, ce qui implique que leurs anches doivent varier en largeur, en épaisseur, etc., afin de vibrer à la fréquence souhaitée tout comme les anches d'un instrument de musique à vent classique. Dans le cas illustré à la figure 7, en revanche, l'armature *c* (ressort en acier) est agencée de telle sorte que : (1) grâce à sa fixation souple sur l'électro-aimant, elle ne présente pas de tendance à vibrer à une fréquence unique et déterminée ; et (2) grâce à sa liaison solide avec la membrane tendue *a*, il peut être amené à vibrer avec une liberté sensiblement égale, quelle que soit la fréquence, et à reproduire non seulement la fréquence d'une vibration sonore aérienne se produisant au voisinage de la membrane *a*, mais même la forme même de cette vibration sonore. Par conséquent, les caractéristiques requises pour l'armature à ressort en acier *c* (Fig. 7) diffèrent sensiblement de celles de l'armature à anche *c* (Fig. 5) ; elle doit être conçue de manière à pouvoir être facilement mise en vibration par une membrane tendue sous l'action de la voix. Contre-interrogatoire 630. Étant donné que votre brevet n° 174 465 ne mentionne rien quant à la largeur ou à la forme des armatures *c* et *h* des instruments représentés sur la Fig. 7, et que les revendications de ce brevet ont été rédigées par vos soins vous savez donc ce qu'elles étaient censées couvrir , je vous demande de préciser quelles peuvent être la longueur, la largeur et l'épaisseur des armatures *c* et *h* dans le cadre de la portée visée par ces revendications ; veuillez également indiquer de quel matériau ces armatures peuvent être constituées, toujours dans le cadre de la portée visée par les revendications. R. Je n'ai pas eu l'intention de me limiter à une longueur, une largeur, une épaisseur ou un matériau en particulier. Vous supposez que rien n'est dit dans mon brevet n° 174 465 concernant la largeur et la forme des armatures *c* et *h* (Fig. 7) ; or, j'ai précisé dans la description que ces armatures peuvent adopter la forme entre autres caractéristiques d'une anche en acier, telle que celle représentée en *c* sur la Fig. 5. Toutefois, au lieu d'être disposée comme une anche libre destinée à être actionnée par un flux d'air, elle est fixée, de manière souple, par l'une de ses extrémités à la branche exposée *d* de l'électroaimant *b*, tandis que son autre extrémité est reliée au centre d'une membrane tendue *a*, comme illustré sur la Fig. 7. Contre-interrogatoire 631. Veuillez citer le passage, issu de l'édition spécifique à laquelle vous avez fait référence dans votre précédente réponse. R. : « Il a été indiqué plus haut que l'une des manières de faire vibrer l'armature c (fig. 5) consiste à utiliser le vent. Un autre procédé est illustré à la figure 7 : il permet de communiquer un mouvement à l'armature au moyen de la voix humaine ou d'un instrument de musique. L'armature c (fig. 7) est fixée, avec un certain jeu, par l'une de ses extrémités à la branche découverte d de l'électro-aimant b ; son autre extrémité est reliée au centre d'une membrane tendue a. » Contre-interrogatoire 632. Je ne vois pas en quoi le passage que vous venez de citer se rapporte à la largeur ou à la forme de l'armature réceptrice h. Je vais donc vous demander quelques précisions supplémentaires. R. : Le dessin (fig. 7) montre, à l'extrémité réceptrice du circuit, un électro-aimant f, une armature h et une membrane i, qui sont en tout point semblables à l'électro-aimant b, à l'armature c et à la membrane a situés à l'extrémité émettrice. Contre-interrogatoire 633. En référence à votre réponse à la question 97 : disposez-vous d'un moyen de savoir si le brouillon de votre lettre à Barclay mentionné dans ladite réponse a été rédigé avant le brouillon qui figure sur l'autre face de la même feuille ? R. J'ai des raisons de savoir que le brouillon de la lettre adressée à M. Barclay a été rédigé après le brouillon figurant au verso de la même feuille, lequel constituait une partie du mémoire descriptif de mon brevet du 7 mars 1876. Je me souviens qu'à l'époque où je travaillais à la préparation dudit mémoire descriptif, au début du mois d'octobre 1875, j'avais pour habitude après avoir étudié la formulation et apporté les modifications ou corrections qui me semblaient nécessaires de rédiger une copie au propre des passages révisés sur une autre feuille de papier, et de mettre de côté l'ancienne version comme étant devenue inutile. J'utilisais alors les espaces vierges de ces feuilles ainsi mises de côté pour rédiger des brouillons de lettres, effectuer des calculs chiffrés, etc. Par conséquent, si l'une de ces feuilles comporte deux brouillons l'un relatif au mémoire descriptif et l'autre à une lettre ou à un calcul , je peux affirmer, en me fondant uniquement sur mes souvenirs, que le brouillon du mémoire descriptif a été rédigé en premier. Je sais, pour une autre raison, que le brouillon de la lettre à M. Barclay, mentionné dans votre question, a été rédigé après le brouillon figurant au verso de la feuille. En effet, le mémoire descriptif de mon brevet du 7 mars 1876 était pratiquement achevé avant la mi-octobre 1875 ; tandis que le brouillon de ma lettre à M. Barclay a été rédigé en réponse à un mot reçu de sa part, daté du 22 octobre 1875. Ce brouillon a été rédigé entre le 22 octobre et le 4 novembre 1875, comme je l'ai indiqué dans ma réponse à la question n° 97. Une confirmation supplémentaire de mes souvenirs à ce sujet réside dans le fait suivant : le brouillon de ma lettre à M. Barclay, figurant sur la feuille 4, est rédigé à l'encre ; les derniers mots de ce texte sont inscrits par-dessus une partie du brouillon de mon mémoire descriptif, partie qui, elle, est écrite au crayon. Contre-interrogatoire 634. Si je comprends bien votre réponse à la question 99, vous étiez principalement occupé, au début du mois d'octobre 1875 juste après votre retour du Canada , à préparer le mémoire descriptif en vue du brevet du 7 mars 1876. Avez-vous bénéficié d'une assistance ou de conseils professionnels pour la préparation de ce mémoire ? Réponse : Non. Je n'ai eu aucune aide, si ce n'est l'expérience acquise à Washington en février et mars 1875, lors de la préparation de mes demandes de brevet déposées les 25 février, 6 mars et 10 mars 1875. Contre-interrogatoire, question 635. Je remarque que dans la lettre de vos avocats datée du 18 janvier 1876, que vous avez citée en réponse à la question 101, il n'est fait aucune mention d'un modèle. Y a-t-il eu, avant le 18 janvier 1876, des échanges entre vous et vos avocats concernant un modèle à fournir pour la demande mentionnée dans cette lettre ? R : Non. On ne m'a jamais demandé de modèle. Contre-interrogatoire 636. Faut-il comprendre, d'après votre dernière réponse, qu'avant le 18 janvier 1876, personne ne vous a jamais demandé que ce soit par écrit ou oralement de fournir un modèle dans le cadre de votre demande déposée le 14 février 1876 ? R : Je n'ai pas le souvenir qu'on me l'ait demandé ; quoi qu'il en soit, je sais avec certitude qu'aucun modèle n'a été exigé par le commissaire aux brevets. Contre-interrogatoire. 637. Un modèle a-t-il été construit par vous, ou selon vos instructions, pour la demande déposée le 14 février 1876 ? µ R. : Des modèles ont été préparés pour illustrer certaines parties des inventions décrites dans la demande déposée le 14 février 1876. Ces modèles ont été remis à l'honorable George Brown, qui les a emportés en Angleterre. J'aurais été très heureux de déposer des modèles dans le cadre de la demande américaine, si le commissaire l'avait exigé. Contre-interrogatoire 638 : Quelles parties de la demande déposée le 14 février 1876 les modèles mentionnés dans votre réponse précédente illustraient-ils ? R. : Les éléments relatifs à la télégraphie multiple, qui intéressaient tout particulièrement M. Brown. Contre-interrogatoire 639 : Si je vous comprends bien, ces modèles n'illustraient pas l'appareil représenté sur la figure 7 de votre brevet n° 174 465, mais ils illustraient l'appareil représenté sur les figures 5 et 6 dudit brevet ? R. : Le modèle auquel je pense plus précisément consistait en un instrument émetteur semblable à celui représenté sur la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876, doté d'une anche en acier « c » disposée comme l'anche libre d'un instrument de musique à vent, de sorte qu'elle pouvait être actionnée par un flux d'air. Il y avait également un modèle d'instrument récepteur, semblable à celui désigné par « I » sur la figure 5, muni d'un rupteur vibrant, tel que celui décrit dans mon brevet du 6 juin 1876, n° 178 399. Contre-interrogatoire 640 : À votre connaissance, un modèle de l'appareil décrit sur la figure 7 de votre brevet n° 174 465 a-t-il été réalisé à Washington après le 18 janvier 1876 ? R. : Le commissaire aux brevets na exigé aucun modèle, et je ne pense pas quil en ait été réalisé. Contre-interrogatoire 641 : Avant la délivrance de votre brevet du 7 mars 1876, un quelconque essai a-t-il été effectué, dans la ville de Washington, sur lun des appareils décrits ou représentés dans votre brevet n° 174 465 ? R. : Je ne le pense pas. Contre-interrogatoire 642 : Daprès votre dernière réponse et votre témoignage précédemment fourni dans cette affaire, jen conclus quaucun instrument ou modèle, identique en tous points à lappareil illustré à la figure 7 de votre brevet du 7 mars 1876, na été fabriqué ou testé, où que ce soit, avant la délivrance dudit brevet. Cette conclusion est-elle exacte ? R. : Des instruments ou modèles sensiblement identiques à lappareil illustré à la figure 7 de mon brevet du 7 mars 1876 ont été fabriqués et testés à Boston, avant la délivrance de mon brevet, en juin et juillet 1875. Les instruments en question différaient de ceux représentés à la figure 7 uniquement par labsence de cône A ou de cornet acoustique L. Contre-interrogatoire 643 : Mais aucun essai, tel que ceux mentionnés dans votre dernière réponse, na été réalisé dans la ville de Washington avant la délivrance de votre brevet du 7 mars 1876. Cest bien cela, nest-ce pas ? R. : Oui, cest bien cela. Contre-interrogatoire 644 : Un essai, quel qu'il soit, a-t-il été effectué avec un instrument quelconque, dans le but de vérifier sa capacité à transmettre la parole articulée, avant le 7 mars 1876, dans la ville de Washington ? R. : Pas dans la ville de Washington, pour autant que je sache. Contre-interrogatoire 645 : Si je comprends bien votre réponse à la question 102, l'honorable George Brown, de Toronto, ainsi que son frère, M. Gordon Brown, souhaitaient que le mémoire descriptif sur lequel vous travailliez en septembre 1875 ne soit pas déposé auprès du Bureau des brevets des États-Unis avant qu'ils n'aient eu le temps de déposer simultanément des demandes de brevet en Europe. Dans quels pays européens envisageaient-ils de déposer des brevets simultanément à vos brevets américains ? R. : En Grande-Bretagne et peut-être dans d'autres pays. Je ne me souviens plus exactement des termes de notre accord, mais il me semble que c'était à l'honorable George Brown qu'il revenait de déterminer dans quels autres pays, outre la Grande-Bretagne, les brevets devaient être déposés. Contre-interrogatoire 646 : D'après votre dernière réponse et les témoignages recueillis dans cette affaire, je crois comprendre que les frères Brown estimaient que le dépôt d'une demande de brevet américain pourrait, d'une manière ou d'une autre, faire obstacle à l'obtention d'un brevet en Angleterre. Était-ce bien le cas ? R. : Je suppose qu'ils craignaient que l'obtention d'un brevet aux États-Unis, avant celle d'un brevet en Angleterre, ne compromette la validité de ce dernier. C'est, du moins, l'impression que j'en ai. Contre-interrogatoire 647 : A-t-on, à un moment quelconque, tenté de réaliser, dans la ville de Washington, un modèle semblable à celui illustré sur la figure 7 de votre brevet n° 174 465, avant le 7 mars 1876 ? Une quelconque tentative a-t-elle été faite pour expérimenter un tel appareil dans la ville de Washington avant l'octroi du brevet du 7 mars 1876 ? Par le terme « tentative », j'entends toute démarche, quelle qu'elle soit, visant à construire un modèle ou à expérimenter l'appareil. R. : Non. Pas dans la ville de Washington avant le 7 mars 1876 ; du moins, pour autant que je sache. Bien entendu, de telles tentatives ont eu lieu à Boston avant cette date, comme je l'ai déjà déclaré. Contre-interrogatoire n° 648. Et, à votre connaissance, aucune tentative n'a été effectuée à Boston ou ailleurs avant le 7 mars 1876, en dehors de celles au sujet desquelles vous avez déjà témoigné. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. : Oui. C'est bien cela. Contre-interrogatoire n° 649. Vous affirmez, en réponse à la question 102, que M. Hubbard a donné pour instruction, à titre privé, à vos conseils juridiques de déposer le mémoire descriptif auprès du Bureau américain des brevets le 14 février 1876, et qu'il a effectivement été déposé ainsi, à votre insu et sans votre consentement. M. Hubbard vous a-t-il jamais expliqué les raisons pour lesquelles il a ordonné que la demande soit déposée de cette manière ? R. : Vous m'avez mal compris si vous avez cru que j'avais affirmé que M. Hubbard avait donné pour instruction à mes conseils juridiques de déposer le mémoire descriptif le 14 février 1876. J'ignore à quelle date il a donné cette instruction à mes conseils juridiques ; Je sais simplement quil était las dattendre des nouvelles de lhonorable George Brown et quil a décidé de ne plus attendre ; il a donc demandé à mes avocats de procéder au dépôt du mémoire descriptif. Jignore à quelle date il leur a donné cette instruction, mais ils ont déposé le mémoire descriptif le 14 février 1876, à mon insu. Contre-interrogatoire 650. Votre demande de brevet pour le dispositif pare-étincelles, mentionné dans votre réponse à la question 103, a-t-elle jamais été déposée auprès du Bureau des brevets des États-Unis ? R. Une demande a été préparée et envoyée à Washington en vue de son dépôt, mais, sur conseil d'un avocat, elle n'a pas été déposée. Contre-interrogatoire 651. Faut-il comprendre, d'après votre dernière réponse, qu'un examen a été effectué par un avocat concernant la nouveauté et la brevetabilité du dispositif, et qu'à la suite de cet examen, il a été conseillé de ne pas poursuivre la procédure de dépôt, en raison du manque de nouveauté de son objet ? R. Un examen a été réalisé par des avocats, qui ont déconseillé de déposer une demande de brevet. Contre-interrogatoire - Question 652. Je remarque que, dans la description technique citée dans votre réponse à la question 103, il n'est fait aucune mention de l'utilisation du dispositif pare-étincelles en tant qu'émetteur à résistance variable. À quel moment si tant est que cela se soit produit avez-vous suggéré pour la première fois qu'un tel appareil pourrait servir d'émetteur à résistance variable, et à qui avez-vous fait cette suggestion ? R. Le dispositif pare-étincelles, évoqué dans la description technique citée en réponse à la question 103, m'a inspiré le passage relatif à la « résistance variable » dans mon brevet du 7 mars 1876, qui commence par : « Des ondulations électriques peuvent également être provoquées en augmentant et en diminuant alternativement la résistance du circuit », etc., jusqu'à « en augmentant et en diminuant alternativement la puissance de la pile », ainsi que la quatrième revendication du brevet, comme je l'ai expliqué dans ma réponse à la question 103. Très peu de temps après l'octroi du brevet je crois que c'était le 9 mars 1876 , M. Watson a fabriqué pour moi un émetteur à résistance variable fondé sur le principe de ce dispositif pare-étincelles. En effet, je suis enclin à croire que l'un de mes dispositifs pare-étincelles a bel et bien été utilisé dans la construction de cet émetteur. Contre-interrogatoire 653. Vous déclarez également, en réponse à la question 103, qu'au tout dernier moment, avant d'envoyer votre mémoire descriptif à Washington en vue de sa mise en forme officielle, vous avez découvert que vous aviez omis d'y inclure la méthode à résistance variable pour produire des ondulations électriques méthode sur laquelle vous aviez travaillé au printemps 1875 et que vous aviez décrite à M. Hubbard dans votre lettre du 4 mai de cette même année. À quel moment avez-vous réalisé, pour la première fois, un dessin ou un modèle illustrant cette méthode à résistance variable servant à produire des ondulations électriques, telle qu'évoquée dans votre réponse à la question 103 ? R. J'ai décrit cette méthode à résistance variable pour produire des ondulations électriques dans ma lettre à M. Hubbard en date du 4 mai 1875, lettre dont j'ai donné lecture dans ma réponse à l'interrogatoire 59. J'ai tenté de la mettre en pratique au moyen d'une expérience réalisée sur l'un des pianos de M. Fenollosa, très peu de temps après la rédaction de cette lettre du 4 mai 1875. L'expérience ne s'est toutefois pas révélée satisfaisante, en raison de la conception même du piano les cordes étant, si je me souviens bien, reliées entre elles par des connexions métalliques et elle n'a pas été renouvelée avant la délivrance de mon brevet, le 7 mars 1876. Je pense que le modèle et l'expérience auxquels je fais référence ont été réalisés en 1879, comme indiqué dans ma réponse à la question 62. Contre-interrogatoire 654. N'est-il pas vrai que l'honorable George Brown n'a déposé aucun brevet pour votre compte dans un pays étranger ? R. C'est exact. Contre-interrogatoire 655. Si je comprends bien votre réponse à la question 105 et aux questions précédentes, votre mémoire descriptif, signé le 20 janvier 1876, a été déposé le 14 février 1876 à votre insu et sans votre consentement ; toutefois, une fois que vous en avez eu connaissance, la procédure de demande de brevet s'est poursuivie avec votre accord et votre approbation. Au cours du mois de février 1876, n'étiez-vous pas joignable par télégraphe ou par courrier ? Rép. Oui. Contre-interrogatoire 656. En vous référant à votre réponse à la question 113, veuillez préciser à quel moment vos associés, M. Sanders et M. Hubbard, ont appris pour la première fois que vous aviez réussi à transmettre la parole articulée au moyen d'un transmetteur à liquide. R. Je l'ignore. Probablement peu après la réalisation de l'expérience. Contre-interrogatoire, 657. Vous déclarez, dans votre réponse à la question 113, que MM. Sanders et Hubbard estimaient que le développement de la télégraphie multiple présenterait une valeur pécuniaire plus immédiate que les autres aspects de votre invention. Ont-ils conservé cette opinion après avoir appris qu'il était possible de transmettre une parole intelligible et articulée ? R. : Oui ; je crois qu'ils ont continué à penser ainsi. Quoi qu'il en soit, ils tenaient à ce que je consacre une grande partie de mon temps au développement du télégraphe autographe pour lequel j'avais obtenu un brevet le 6 avril 1875 et dans lequel ils avaient des intérêts financiers. Contre-interrogatoire, 658. Ils avaient des intérêts dans toutes vos inventions, n'est-ce pas, en vertu de l'accord conclu avec eux ? R. : Il existait une divergence d'opinion entre nous sur ce point. M. Hubbard ou M. Sanders je ne sais plus lequel estimait que le téléphone parlant n'entrait pas dans le champ de notre accord, alors que, pour ma part, j'estimais que si. Plus tard, lorsqu'il est apparu que le téléphone aurait de la valeur, il a été convenu de le considérer comme relevant de notre accord. Contre-interrogatoire, 659. Pour faire suite à votre dernière réponse : à quel moment a-t-on commencé à percevoir que le téléphone aurait de la valeur ? Veuillez préciser cette date autant que possible. R. : J'ai toujours cru, pour ma part, qu'il avait de la valeur ; mais je ne pense pas que les hommes d'affaires aient pris conscience de la valeur pécuniaire du téléphone parlant avant longtemps, bien après sa mise en service commerciale ce qui, si je ne m'abuse, a eu lieu en mai 1877. Contre-interrogatoire, 660. Quelle idée les hommes d'affaires se faisaient-ils du téléphone avant sa mise en service commerciale, en mai 1877 ? R. : Je ne saurais le dire. Je sais qu'ils considéraient l'appareil comme une réalisation scientifique tout à fait remarquable, mais je ne crois pas qu'ils aient imaginé que cette invention se révélerait, à l'usage, aussi utile au public qu'elle l'a été par la suite. et ils en ont certainement sous-estimé l'importance pécuniaire. Contre-interrogatoire 661. Une fois établi le fait qu'une parole intelligible et articulée avait été transmise, a-t-il été difficile d'obtenir des capitaux pour rendre l'invention économiquement rentable ? R. Je ne saurais le dire, n'ayant jamais été impliqué dans l'aspect commercial du téléphone ; je laissais cela à mes associés. Contre-interrogatoire 662. Tous les appareils présentés dans votre réponse à la question 122 sont dotés de dispositifs permettant de modifier la distance entre les aimants et la membrane, à l'exception du transmetteur à liquide. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. Oui. Mais, dans le cas du transmetteur à liquide, il n'y a aucun aimant. Contre-interrogatoire 663. L'appareil de télégraphie multiple comprenant des interrupteurs de courant et des récepteurs à lames vibrantes accordées que vous avez fait fonctionner lors de l'Exposition du Centenaire, figure-t-il dans une quelconque illustration ou un dessin versé au dossier de la présente affaire ? R. Les interrupteurs de courant étaient sensiblement identiques à l'appareil représenté sur les figures 1 et 2 de ma demande du 25 février 1875. Les récepteurs à lames vibrantes accordées étaient semblables à ceux illustrés sur la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 ; chaque récepteur était en outre équipé d'un rupteur vibrant, tel que celui représenté sur la figure 1 de mon brevet du 6 juin 1876 (n° 178 399), lequel actionnait un récepteur Morse ordinaire dans un circuit local, selon le mode décrit sur la figure 2 dudit brevet n° 178 399. Contre-interrogatoire 664. Dans votre réponse à la question 131, vous indiquez qu'en utilisant l'appareil à boîtier en fer comme transmetteur et le téléphone à membrane comme récepteur, des sons correspondant à la parole ont été transmis. Faut-il entendre par « sons correspondant à la parole » qu'une parole articulée et intelligible a été transmise lorsque l'appareil à boîtier en fer était utilisé comme transmetteur ? R. Je ne me souviens pas, à l'heure actuelle, si la parole articulée transmise était intelligible ou non, mais j'incline à penser qu'elle l'était ; toutefois, les sons produits étaient bien plus faibles que lorsque le téléphone à membrane était utilisé comme transmetteur et le dispositif à boîtier en fer comme récepteur. Bien entendu, je fais référence à l'appareil à boîtier en fer qui a été exposé lors de l'Exposition du centenaire. L'appareil à boîtier en fer d'un diamètre plus grand, réalisé par la suite dont un exemplaire fut offert à Sir William Thomson constituait un excellent transmetteur de la parole. Contre-interrogatoire 665. Dans votre réponse à la question 132, vous avez mentionné la membrane en fer ou en acier de l'appareil à boîtier métallique connu sous le nom de « récepteur à boîtier métallique du Centennial ». En réalité, la membrane était-elle en fer ou en acier ? R. Tantôt en un matériau, tantôt en l'autre. Je ne me souviens plus exactement quel matériau a été utilisé lors de l'exposition du Centennial, mais je pencherais pour l'acier. La membrane originale était en acier. Contre-interrogatoire 666. Le fait que la membrane soit en fer ou en acier entraînait-il une différence pratique dans le fonctionnement de l'appareil ? R. La membrane en acier devenait magnétisée de façon permanente ; elle fonctionnait alors mieux si je me souviens bien lorsque le courant traversait les bobines de l'électroaimant dans un sens plutôt que dans l'autre. Je ne pense pas, toutefois, que la différence entre une membrane en fer et une membrane en acier fût très significative. Contre-interrogatoire 667. Ce que je cherche à savoir, c'est quelle est la valeur pratique du fer et de l'acier lorsqu'ils sont utilisés comme membrane dans ce récepteur à boîtier métallique. Les résultats obtenus étaient-ils meilleurs lorsque la membrane était en acier plutôt qu'en fer ? R. Je ne pense pas qu'il y ait eu une grande différence, du moins lorsque le courant traversait l'électroaimant dans le sens approprié pour une membrane en acier. Contre-interrogatoire 668. Dans votre réponse à la question 134, vous déclarez : « Cette feuille de fer de type "Tagger" a été utilisée dans un certain nombre d'expériences, tant pour la réception que pour la transmission de la parole, au cours du mois de juillet 1876 ; parfois avec une pile dans le circuit, parfois sans. » Quels ont été les résultats des expériences menées sans pile dans le circuit, au cours du mois de juillet 1876 ? R. Nous avons obtenu des effets audibles en utilisant des résistances énormes. Contre-interrogatoire 669. Avez-vous obtenu une parole intelligible et articulée lorsque la feuille de tôle « Tagger » a été utilisée pour recevoir et transmettre la parole, sans pile dans le circuit, au mois de juillet 1876 ? R. Cest ce dont je me souviens. À cette époque, nous avions dépassé le stade de la simple obtention dune parole intelligible ; lobjectif principal de nos expériences était dobtenir des résultats satisfaisants sur de longues lignes. Nous avons assurément obtenu une parole intelligible et articulée, sans pile, en juillet 1876. Je ne saurais dire à quel point elle restait intelligible lorsquune résistance énorme était introduite, mais nous avons obtenu des effets audibles avec des résistances équivalentes à celles de centaines de milles de fil télégraphique. Contre-interrogatoire 670. Dois-je comprendre, daprès votre réponse à la question 134, que par lexpression « sans pile dans le circuit », vous voulez dire que vous avez remplacé, dans lappareil émetteur, un électroaimant alimenté par une pile par un électroaimant doté de noyaux aimantés en permanence ? Est-ce bien cela ? R. Dans des expériences similaires réalisées en juillet 1875, j'ai remplacé un électroaimant à noyaux en fer doux par un électroaimant doté de noyaux aimantés de façon permanente ; toutefois, je n'ai pas fait allusion à ces travaux dans ma réponse à la question 134. Pour être plus précis, disons que j'ai substitué un électroaimant à noyaux en acier aimantés de façon permanente à un électroaimant à noyaux en fer doux, lors d'expériences menées en juillet 1875 ; mais je n'avais pas l'intention d'y faire référence ici. Bien entendu, dans les deux cas, les noyaux étaient, en réalité, aimantés de façon permanente ; cependant, les noyaux en fer doux conservaient un état magnétique beaucoup plus faible que les noyaux en acier aimantés de façon permanente. J'ai pris l'habitude de qualifier le magnétisme permanent conservé par le noyau en fer doux de « magnétisme rémanent ». Il s'agit, en somme, de la même chose que le magnétisme permanent ; ce n'est qu'une question de degré, et non de nature, quant à l'état magnétique. Contre-interrogatoire 671. Les termes exacts employés dans votre réponse à la question 134, à laquelle jai fait référence, sont les suivants : « Cette feuille de fer « Tagger » a été utilisée dans un bon nombre dexpériences, tant pour la réception que pour la transmission de la parole, au cours du mois de juillet 1876 ; tantôt avec, tantôt sans pile dans le circuit. » Je comprends, daprès votre dernière réponse, que lorsque la pile était branchée sur le circuit, les expériences de juillet 1876 auraient pu être menées de différentes manières. Premièrement, les électroaimants des appareils de réception et de transmission auraient pu être laissés tels quels dans létat où ils se trouvaient lorsque la pile était utilisée et lexpérience aurait pu être menée sur cette base. Deuxièmement, des noyaux en acier aimanté de façon permanente auraient pu remplacer les noyaux en fer doux de lappareil de transmission, et lexpérience aurait pu être menée sur cette base. Troisièmement, des noyaux en acier aimanté de façon permanente auraient pu remplacer les noyaux en fer doux des appareils de réception et de transmission, et lexpérience aurait pu être menée sur cette base. Quatrièmement, des noyaux en acier aimanté de façon permanente auraient pu remplacer les noyaux en fer doux de lappareil de réception, et lexpérience aurait pu être menée sur cette base. Ce que je cherche à savoir, cest ce que vous entendez, dans cette réponse, par lexpression « sans pile sur le circuit » ; et, afin que je puisse comprendre ce que vous vouliez dire, pourriez-vous préciser si lune ou lensemble des expériences auxquelles jai fait référence ont été réalisées au cours du mois de juillet 1876, alors que la feuille de fer « Tagger » était utilisée, soit dans un appareil de réception, soit dans un appareil de transmission, ou dans les deux ? R. : Lorsque jai formulé ma réponse précédente, je navais pas remarqué que ma réponse à la question 134 faisait référence à des expériences impliquant la feuille de fer « Tagger » durant tout le mois de juillet 1876. Je souhaite donc modifier cette réponse : ma réponse à la question 134 concernait bien des expériences menées avec des noyaux en acier aimanté de façon permanente, ainsi que des expériences menées sans de tels noyaux. Toutes les expériences que vous mentionnez dans votre question actuelle ont été réalisées au mois de juillet 1876, à lexception, peut-être, de la troisième. Je sais que des noyaux en acier aimantés de façon permanente ont été utilisés dans l'émetteur, comme dans votre deuxième schéma, ainsi que dans le récepteur, comme dans votre quatrième schéma ; mais je ne peux pas affirmer avec certitude qu'ils étaient utilisés aux deux extrémités simultanément en juillet 1876, et j'aurais tendance à penser que ce n'était pas le cas. Contre-interrogatoire 672. L'aimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente, mentionné dans votre dernière réponse, est, si je ne m'abuse, celui qui a été fabriqué pour vous par M. Williams, et auquel il est fait référence plus précisément dans votre réponse à la question 147. C'est bien cela, n'est-ce pas ? R. Oui. C'est bien celui auquel je faisais allusion en parlant de noyaux en acier aimantés de façon permanente. Contre-interrogatoire 673. Et c'était le seul aimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente avec lequel vous avez expérimenté au cours du mois de juillet 1876, n'est-ce pas ? R. Je le pense. Contre-interrogatoire 674. Et cet aimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente, mentionné dans votre dernière réponse, était le premier aimant de ce type que M. Williams avait fabriqué pour vous. Est-ce exact ? R. Oui. Le premier électro-aimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente. J'ai déjà déclaré précédemment avoir utilisé, en juin 1875, un aimant permanent en acier, en forme de U, que l'on faisait vibrer comme un diapason devant les pôles d'un électro-aimant. Contre-interrogatoire 675. À quel moment avez-vous fait construire, après celui que M. Williams a réalisé pour vous et que vous mentionnez dans votre réponse à la question 147 , un autre électroaimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente ? R. : Il me semble que le suivant a été construit immédiatement après une expérience menée sur la ligne reliant Boston à Cambridge, en utilisant l'aimant permanent en acier déjà évoqué. Je ne me souviens pas de la date exacte, mais je crois que cela s'est produit quelques jours seulement après la mise en service de la ligne entre Exeter Place et l'observatoire de Cambridge. D'après ma réponse à la question 167, la ligne reliant mon laboratoire, situé à Exeter Place, à l'observatoire de Cambridge a été achevée le 10 novembre 1876. Contre-interrogatoire n° 676 : Les appareils téléphoniques que vous avez fabriqués ou utilisés durant la période mentionnée à la question 143 différaient-ils, à quelque égard que ce soit exception faite de la résistance des bobines des électroaimants , de ceux qui ont été présentés lors de l'Exposition du Centenaire ? R. : Absolument. Par exemple, dans un transmetteur, j'ai utilisé une membrane munie d'une pièce en fer dont le diamètre était presque égal à celui de la membrane elle-même. J'ai également employé un diaphragme entièrement métallique, constitué de tôle de fer fine (dite « fer Tagger »), aussi bien pour la transmission que pour la réception ; je l'ai associé à un électroaimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente, etc. Contre-interrogatoire 677. Dans votre réponse à la question 145, vous faites référence aux figures 24 et 25 de la conférence que vous avez donnée devant la « Society of Telegraph Engineers » le 31 octobre 1877, à Londres ; vous y affirmez que les instruments représentés sur ces figures avaient déjà été illustrés dans des publications en Angleterre avant cette conférence. À quelles publications faites-vous allusion ? R. Je fais référence à des descriptions publiées concernant l'exposé de Sir William Thomson devant la « British Association for the Advancement of Science », en septembre 1876. Par exemple, un article paru dans la revue « Engineering » le 22 décembre 1876, intitulé « Bell's Articulating Telephone » qui figure au dossier de la présente affaire est illustré par des dessins sensiblement identiques aux figures 24 et 25 de ma conférence londonienne. On notera que, dans les deux cas, le récepteur à boîtier en fer est représenté avec le couvercle soulevé d'un côté. Contre-interrogatoire 678. La question 147 vous demandait à quel moment vous aviez, pour la première fois, construit un électroaimant doté de noyaux aimantés en permanence, et utilisé ce dispositif dans un téléphone électrique transmettant la parole. Vous avez répondu avoir donné des instructions pour la fabrication d'un tel appareil au début du mois de juillet 1876 probablement très peu de temps après votre lettre du 2 juillet 1876 adressée à M. William Hubbard et vous avez précisé que vous situiez cette date grâce à une inscription portée dans le livre de comptes de M. Williams, en date du 15 juillet 1876, faisant état de frais engagés pour la réalisation d'un électroaimant bipolaire à noyaux aimantés en permanence. Disposez-vous d'un autre moyen de déterminer la date à laquelle vous avez ordonné la construction de ce téléphone, en dehors de la mention relative à l'aimant figurant dans les livres de M. Williams ? R. L'inscription figurant dans le registre de M. Williams concernant l'aimant, en date du 15 juillet 1876, indique que cet aimant était achevé à cette date. Les instructions pour la fabrication de l'instrument avaient, bien entendu, été données antérieurement. Dans ma lettre adressée à M. William Hubbard le 2 juillet 1876, j'écrivais : « Je suis certain qu'en remplaçant le pôle de l'électro-aimant par un aimant permanent, je pourrais faire fonctionner l'appareil sans aucune pile. » D'après mes souvenirs, j'ai donné l'ordre de fabriquer l'aimant permanent mentionné dans le registre de M. Williams immédiatement après avoir écrit cette lettre à M. Hubbard, ou, en tout cas, très peu de temps après. Les instructions de fabrication ont donc été données entre le 2 et le 15 juillet 1876, et le téléphone, équipé d'un électro-aimant doté de noyaux en acier aimantés de façon permanente, a été achevé aux alentours du 15 juillet 1876 date correspondant à l'inscription faite par M. Williams au sujet de cet aimant. Contre-interrogatoire 679. Faut-il comprendre, d'après
votre dernière réponse, que vous possédiez déjà
des appareils téléphoniques munis d'aimants à noyaux
en fer doux, et que, lorsque M. Williams a fabriqué l'aimant doté
de noyaux en acier aimantés de façon permanente, R. Pas dans le cadre de mon accord avec lhonorable George Brown et son frère. Aucun brevet na été obtenu par eux en mon nom, dans quelque pays que ce soit. Contre-interrogatoire 701. Ma question précédente ne se voulait pas restrictive. Veuillez y répondre en tenant compte de cette précision. R. Un brevet a bien été obtenu au Canada, mais je ne me souviens pas des détails. Je suppose que jai prêté serment à ce sujet, mais je nen ai aucun souvenir précis à lheure actuelle. Sil sagit dun point important, je me renseignerai volontiers pour vous communiquer les faits. Contre-interrogatoire 702. Plus dun brevet a-t-il été obtenu au Canada ? R. Je ne saurais le dire de mémoire. Contre-interrogatoire 703. Vous souvenez-vous si lobjet du brevet obtenu au Canada était le même que celui de votre brevet du 7 mars 1876 ? R. Oui ; si je me souviens bien, cet objet y était inclus. Contre-interrogatoire 704. Vous déclarez, en réponse à la question 157, quaux alentours du 11 septembre 1876, M. Watson a été engagé et rémunéré pour une partie de son temps et quil a reçu une participation dans les inventions quil aidait à commercialiser. Quelle participation a été accordée à M. Watson, et les inventions quil aidait à commercialiser correspondaient-elles à celles décrites et revendiquées dans vos brevets du 7 mars 1876 et du 30 janvier 1877 ? R. Si je me souviens bien, il a reçu une participation dun dixième. Les inventions décrites et revendiquées dans mon brevet du 7 mars 1876 et dans celui du 30 janvier 1877 figuraient parmi celles pour lesquelles il devait m'aider à assurer une exploitation commerciale. Du moins, c'est ce dont je me souviens. Contre-interrogatoire 705. Cet accord a-t-il jamais été mis en uvre, et M. Watson a-t-il reçu une participation d'un dixième dans les inventions mentionnées dans votre réponse précédente ? R. Je le crois. Contre-interrogatoire 706. Si je comprends bien votre réponse à la question 158, vers la fin du mois de septembre 1876, la valeur pécuniaire des inventions liées au téléphone parlant n'était pas pleinement appréciée, bien que l'invention fût considérée comme quelque chose de tout à fait extraordinaire. En utilisant l'expression « pleinement appréciée », faisiez-vous référence à MM. Sanders et Hubbard, ou au public en général ? R. Au public en général, y compris MM. Sanders et Hubbard. Contre-interrogatoire 707. Vous indiquez, dans cette même réponse, que vos associés, MM. Sanders et Hubbard, souhaitaient qu'une attention particulière soit également portée aux inventions relevant de la télégraphie multiple, qui avaient été quelque peu délaissées. Ces messieurs considéraient-ils, à l'époque, la télégraphie multiple comme ayant plus de valeur que le téléphone parlant ? R. Je pense que oui. Contre-interrogatoire 708. La télégraphie multiple, mentionnée dans cette même réponse, a-t-elle jamais fait l'objet d'une quelconque exploitation commerciale ? R. Non. Contre-interrogatoire 709. Dans votre réponse à la question 163, vous indiquez que, lorsque vous avez repris l'étude de ce sujet au début du mois d'octobre 1876, vous avez décidé de renouveler les expériences avec des téléphones à membrane chacun étant muni d'une fine plaque de fer dont le diamètre était presque égal à celui de la membrane à laquelle elle était fixée et de concevoir et tester des téléphones dotés uniquement de diaphragmes métalliques. Vous précisez qu'en application de cette décision, M. Watson a préparé deux téléphones à membrane munis d'électroaimants unipolaires, dotés d'anneaux de tension et de supports réalisés à partir des mêmes moules que ceux utilisés pour les téléphones à membrane de l'exposition du Centenaire ; sur chaque membrane, il a collé une fine plaque de fer circulaire, d'un diamètre presque égal à celui de la membrane elle-même. Aucun embout buccal n'était utilisé, et l'électroaimant était disposé du côté opposé de la membrane par rapport à la configuration des appareils du Centenaire, son pôle étant orienté vers la membrane, à l'intérieur de l'anneau de support. L'un de ces appareils existe-t-il encore, ou bien en existe-t-il un quelconque dessin ? R. Il est fort probable que les appareils originaux existent toujours, parmi les modèles conservés par l'American Bell Telephone Company, mais je ne saurais l'affirmer avec certitude à l'heure actuelle. Je pense qu'il existe également des dessins ou des schémas. Contre-interrogatoire, question 710. Mais ces instruments, ou leurs dessins, nont pas été présentés dans le cadre de cette affaire au cours de votre déposition, nest-ce pas ? R : Non. Contre-interrogatoire, question 711. Dans votre réponse à la même question, vous affirmez que, lors dune expérience menée le 9 octobre 1876, une véritable conversation dans les deux sens, sur une même ligne et au moyen des mêmes instruments utilisés de manière réciproque a pu être établie avec succès pour la première fois sur une ligne réelle longue de plusieurs milles. À quel moment une telle conversation, dans les deux sens, sur une même ligne et au moyen des mêmes instruments utilisés de manière réciproque, a-t-elle été réalisée avec succès, quelle que soit la longueur de la ligne ? R : Les instruments construits en juin et juillet 1875 permettaient un usage réciproque ; par ailleurs, avec les téléphones à membrane fabriqués et utilisés en mars, avril et mai 1876, des conversations ont été menées avec succès les instruments étant utilisés de manière réciproque sur des circuits courts, comme décrit au paragraphe 12 de la conférence que jai donnée devant lAmerican Academy of Arts and Sciences le 10 mai 1876. Contre-interrogatoire, question 712. Pourriez-vous préciser exactement dans quel sens vous employez lexpression « utilisés de manière réciproque » dans votre réponse précédente ? R : Je veux dire que chaque appareil téléphonique servait, tour à tour, démetteur et de récepteur. Contre-interrogatoire 713. Dans votre réponse à la question 166, vous indiquez quimmédiatement après les expériences en conditions réelles menées à Walworth, vous utilisiez des tôles de fer ou dacier dont lépaisseur était suffisante pour quelles puissent supporter leur propre poids lorsquelles étaient maintenues horizontalement par lun de leurs bords. Comment lépaisseur de ces tôles se comparait-elle à celle dune tôle de fer étamé telle quon en trouve couramment dans le commerce ? R. : Je dirais que lépaisseur était à peu près la même, voire peut-être légèrement supérieure. Contre-interrogatoire 714. Certaines de ces tôles de fer ou dacier, mentionnées dans votre réponse précédente, existent-elles encore aujourdhui ? R. : Je le pense. À défaut des tôles elles-mêmes, il en existe certainement dautres qui leur sont semblables. Contre-interrogatoire 715. Mais elles nont pas été présentées au cours du recueil de votre témoignage dans la présente affaire, nest-ce pas ? R. : Non. Contre-interrogatoire n° 716. Vous dites également, dans la même réponse, que vers le 19 ou le 20 octobre, des téléphones en forme de boîte ont été construits, chacun contenant un électro-aimant unipolaire ; qu'une plaque de fer ou d'acier formait l'une des parois de la boîte et que l'électro-aimant situé à l'intérieur était disposé de manière à ce que son pôle soit très proche du centre de la membrane métallique ; que chaque boîte était de forme rectangulaire et comportait initialement, sur sa partie supérieure, une ouverture dans laquelle on parlait. Cet appareil existe-t-il encore aujourd'hui ? R. Il me semble qu'après quelques modifications, l'un de ces instruments a servi de modèle pour mon brevet du 30 janvier 1877 ; et il existe encore, je présume. Contre-interrogatoire n° 717. Faut-il comprendre, d'après votre dernière réponse, que l'instrument a été déposé en tant que modèle auprès du Bureau des brevets des États-Unis et qu'il y a été utilisé à ce titre ? R. C'est bien ce que je veux dire. Contre-interrogatoire n° 718. Il ressort de la question 169 que le mémoire descriptif provisoire de votre brevet anglais contenait, entre autres, le paragraphe suivant : « Ou bien les bobines représentées sur les figures 24, 25 et 26 peuvent être des bobines d'induction de construction courante, des piles locales étant placées dans le circuit des fils primaires de manière à aimanter les noyaux en fer doux des bobines. » Quand avez-vous construit ou utilisé pour la première fois un téléphone dans lequel les bobines étaient des bobines d'induction de construction courante et dans lequel des piles locales étaient placées dans le circuit des fils primaires afin d'aimanter les noyaux en fer doux des bobines ? R. En juin 1875, j'ai construit un appareil téléphonique composé d'une anche accordée, semblable à celle illustrée sur la figure 5 de mon brevet du 7 mars 1876 ; dans ce dispositif, une pile locale était placée dans un circuit comprenant une bobine primaire qui entourait la branche non recouverte (telle que représentée sur la figure 5, de manière à magnétiser le noyau en fer doux de la branche recouverte, dont la bobine constituait un circuit secondaire. Je ne saurais dire avec précision quand j'ai utilisé pour la première fois une bobine d'induction dans un téléphone transmettant la parole, mais je sais que je l'ai fait aux alentours du 10 novembre 1876. Interrogatoire contradictoire n° 719. Veuillez décrire cette expérience du 10 novembre 1876, si vous ne l'avez pas déjà fait ; et si vous l'avez déjà décrite, veuillez indiquer la partie de votre témoignage où cette expérience est relatée. R. Vers le 10 novembre 1876, j'ai réalisé plusieurs expériences visant à induire des effets d'un circuit vers un autre. Je ne me souviens plus si, à cette occasion, j'ai utilisé une bobine d'induction de conception classique, mais mes expériences m'ont conduit à conclure qu'une telle bobine fonctionnerait très bien. Je me rappelle une expérience effectuée à cette époque, dans laquelle deux électroaimants unipolaires étaient placés face à face. La bobine de l'un d'eux était reliée, au sein d'un circuit, à un téléphone à membrane métallique et à une pile locale ; la bobine de l'autre était placée dans un circuit indépendant, reliée à un second téléphone faisant office de récepteur, sans aucune pile dans ce circuit. Lorsque l'on parlait dans le téléphone relié au circuit comportant la pile, les sons de la voix étaient clairement reproduits par le téléphone récepteur situé dans le circuit dépourvu de pile ; par ailleurs, il était possible d'introduire une résistance considérable dans ce circuit sans altérer de manière significative les résultats audibles. Je pense également qu'aux alentours du 10 novembre 1876, j'ai tenté de diviser la bobine de l'électroaimant unipolaire utilisé en deux parties, formant ainsi deux bobines distinctes entourant une unique tige de fer droite. Une pile était reliée à l'une de ces bobines afin de magnétiser la tige, tandis que l'autre bobine était intégrée à un circuit comprenant le téléphone récepteur, sans aucune pile. À ce jour, je ne peux affirmer avec certitude si cet essai a bien eu lieu le 10 novembre 1876, mais je suis porté à le croire. Si ce n'est pas à cette date, l'expérience a été réalisée peu de temps après. Quant à l'autre expérience mentionnée, je suis convaincu qu'elle a bien été effectuée ce jour-là. Contre-interrogatoire. 720. Vous déclarez, en réponse à la question 169, quun jour ou deux après le 10 novembre 1876, vous avez réalisé une expérience entre Boston et lobservatoire de Cambridge, en utilisant à cette occasion le même électro-aimant à noyaux aimantés en permanence, qui avait été fabriqué pour vous par M. Charles Williams vers le 15 juillet 1876 ; et que le téléphone contenant cet électro-aimant se trouvait à lextrémité de la ligne située à Boston, fonctionnant avec succès sans aucune pile dans le circuit aussi bien comme émetteur que comme récepteur de parole articulée. Je comprends, daprès cette déclaration, que lors de cette expérience, vous naviez et navez utilisé quun seul électro-aimant à noyaux aimantés en permanence, et quil sagissait de celui fabriqué pour vous par M. Charles Williams vers le 15 juillet 1876. Mon interprétation de votre témoignage est-elle exacte ? R. Oui. À cette occasion, je nen avais quun seul doté de noyaux en acier aimantés en permanence ; lautre appareil était muni de noyaux en fer doux qui présentaient une légère aimantation permanente, due au magnétisme rémanent. Contre-interrogatoire, question 721. Si je comprends bien
votre témoignage, le résultat de cette expérience
était identique à ce qu'il aurait été si un
électroaimant doté de noyaux aimantés de façon
permanente avait été utilisé, simultanément,
dans l'appareil émetteur et dans l'appareil récepteur pour
un même message. Est-ce bien cela ? Contre-interrogatoire 785. Par le terme « puissance
» (« power ») utilisé dans la 4e revendication
de votre brevet, entendiez-vous désigner la force électromotrice,
ou bien aviez-vous une autre signification en tête ? Contre-interrogatoire Int. 853. Si je comprends
bien votre réponse à la question 219, vous avez affirmé
qu'il serait possible de faire parler l'appareil de Reis en tirant parti
du principe de résistance variable tel qu'utilisé
dans le microphone et les transmetteurs à carbone, et revendiqué
par vous dans votre brevet n° 174 465. À quelle revendication
spécifique du brevet n° 174 465 faisiez-vous référence
dans cette réponse ? Contre-interrogatoire 855. Qu'est-ce qui, dans ma dernière
question, vous a échappé ? Je serais heureux de la formuler
différemment, si vous pouviez m'indiquer votre point de vue à
ce sujet. Contre-interrogatoire 866. Avant le 7 mars 1876, avez-vous
été représenté auprès du Bureau des
brevets par une quelconque personne, un mandataire ou un conseil, autre
que MM. Pollok & Bailey ? Reprise de l'interrogatoire principal. Reprise du contre-interrogatoire. Q n° 895 (sous réserve). Veuillez examiner
les dossiers imprimés relatifs aux affaires *Bell Telephone Company
c. Peter A. Dowd* et *American Bell Telephone Company et autres c. The
People's Telephone Company et autres* affaires auxquelles vous
avez fréquemment fait référence lors de votre interrogatoire
principal et indiquer, par leur numéro, toutes les réponses
aux questions qui vous ont été posées lors du contre-interrogatoire
dans la présente affaire et qui figurent dans ces dépositions
imprimées ; veuillez, pour plus de clarté, mentionner les
numéros des questions et des réponses dans toutes les dépositions
concernées. Q 896 (sous réserve). Je crois comprendre que vous
avez déclaré à la Cour, en réponse à
la question 893, que l'essentiel de votre témoignage dans la présente
déposition figure déjà dans vos dépositions
antérieures ; afin que cette réponse soit intelligible pour
la Cour, je vous ai demandé d'indiquer ou de désigner par
leur numéro toutes les réponses aux questions qui vous ont
été posées lors du contre-interrogatoire dans la
présente affaire et qui, comme vous l'avez affirmé, se trouvent
dans vos dépositions antérieures. Ce faisant, j'estime vous
avoir simplement demandé d'expliquer et de préciser une
réponse donnée lors de votre interrogatoire principal ;
cela étant, je serai tenu de vous demander de répondre à
la question au mieux de vos capacités. Veuillez noter que ma question
ne requiert aucune explication concernant vos témoignages antérieurs
ou votre témoignage dans la présente affaire, mais simplement
l'indication chiffrée des réponses que vous avez fournies
dans cette affaire et qui figurent dans vos dépositions antérieures
; notez également que la question se limite aux réponses
apportées lors du contre-interrogatoire. Contre-interrogatoire Q 897 (sous réserve).
Je comprends, d'après votre réponse à la dernière
question, que vous allez à titre d'explication concernant
la question 893 et de réponse aux deux questions précédentes
produire et présenter les exemplaires imprimés de
vos dépositions dans l'affaire *Bell Telephone Company c. Peter
A. Dowd* et dans l'affaire *American Bell Telephone Company et al. c.
The People's Telephone Company et al.* Est-ce bien exact ? Question 898 (sous réserve). Avant de répondre
à la question 893, avez-vous examiné attentivement vos dépositions
dans l'affaire *Bell Telephone Company c. Peter A. Dowd* et dans l'affaire
*American Bell Telephone Company et autres c. The People's Telephone Company
et autres*, afin de déterminer dans quelle mesure les faits que
vous avez relatés dans la présente affaire figuraient dans
lesdites dépositions ? Le premier brevet de Bell
Le deuxième brevet de Bell .
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