Le téléphone à Metz

Voici un extrait du site de Philippe THOEN "amateur de l'histoire de Woippy" et qui selon son souhait : "que d'autres historiens amateurs comme je le suis, fassent la même chose pour leur village ou leur ville. Au moins, et en définitive, nos recherches auront servi et ne resteront pas enfermées dans une caisse au fond du grenier pour finir un jour dans la benne papiers de la déchetterie"...

Histoire du téléphone à Metz du début en 1877 à 1913, la veille de la première guerre mondiale

Sources d' informations : la Gazette de Lorraine (GdL), le Messin (LM) ( Collection de la Bibliothèque-Médiathèque de Metz )

sommaire

Mercredi 4 juillet 1877
Par suite de l'augmentation toujours croissante des relations télégraphiques entre Berlin, Francfort et Paris, deux nouveaux fils ont été établis entre ces trois voies... La jonction des fils a pu s'établir ces jours derniers à Avricourt... (GdL)

Mardi 10 juillet 1877
Un américain vient de trouver, dit-on, un procédé qu'il a fait breveter, pour la reproduction instantanée, par voie télégraphique, de planches stéréotypiques. Une page entière de journal, peut être transmise, par ce moyen, prête à être mise sous presse, d'un lieu quelconque à un autre, avec cette circonstance avantageuse que la reproduction pourra arriver agrandie ou réduite à volonté. (GdL)
Le procédé est celui-ci : ... (cette invention du téléphone de G.A. BELL est largement documentée dans ce site, commencez par cette page )

Mercredi 11 juillet 1877
D'après les plus récentes nouvelles, la pose du câble souterrain entre Halle et Francfort avance rapidement... (GdL)

Mercredi 18 juillet 1877
M. Stephan, maître général des postes, revenu d'une tournée d'inspection qu'il a faite dernièrement à travers l'Allemagne, a cru devoir consigner dans une circulaire certaines négligences qu'il a été à même de constater dans les différentes branches de son administration... (GdL)

Mardi 28 août 1877
Le 1er septembre, un bureau télégraphique combiné avec un bureau de poste seront ouverts au public avec service restreint de jour à Uckange, arr. de Thionville.
(un autre article plus tard parle du 1er octobre) (GdL)

Vendredi 26 octobre 1877
Statistiques 1876 (GdL)

Mardi 30 octobre 1887
Un bureau de poste combiné avec un bureau télégraphique sera établi dans la maison n°5 rue de Paris au Fort Moselle... (GdL)

Mercredi 28 octobre 1877
A partir du 1er avril 1879, l'année budgétaire pour l'Alsace-Lorraine débutera le 1er avril et se terminera le 31 mars. (GdL)

Vendredi 30 novembre 1877
Endommagement des lignes télégraphiques. (GdL)

Mardi 18 décembre 1877
Le directeur général des Postes et des Télégraphes de l'Allemagne, dit l'Express, vient d'adresser à ses agents une longue circulaire relative à l'exploitation du téléphone sur les lignes télégraphiques. La taxe à percevoir pour les dépêches téléphoniques seront calculées à tant par mot, comme sur les lignes télégraphiques ordinaires. Pour assurer le secret des correspondances, les instruments téléphoniques seront installés dans des locaux particuliers où les personnes étrangères au service ne peuvent entendre celui qui envoie la dépêche verbale. Et il est interdit aux employés de communiquer à qui que ce soit le nom de l'expéditeur ou celui du destinataire. (GdL)

Samedi 29 décembre 1877
Le 1er janvier, ouverture d'un bureau télégraphique combiné avec un bureau de poste ouvert au public avec service de jour restreint à Béningen, Merlebach, Carling, Hettange-Grande, Berthelming et Heming. (GdL)

Dimanche 30 décembre 1877
Le maître des postes fait connaître officiellement qu'à partir du 1er janvier 1878, le tarif par mots sera introduit dans les communications télégraphiques entre l'Allemagne et la France. La taxe des télégraphes ordinaires échangés directement entre ces deux pays est fixée uniformément et par mot à 16 pfennig = 20 centimes. (GdL)

sommaire

Année 1878

Jeudi 3 janvier 1878
Un bureau de poste sera ouvert le 1er janvier 1878 à Cheminot, arrondissement de Metz-campagne. (GdL)

Dimanche 6 janvier 1878
Nous avons dit dernièrement que le directeur général des Postes et de Télégraphes de l'Allemagne avait adressé à ses agents une longue circulaire relative à l'exploitation du téléphone sur les lignes télégraphiques. Voici, en abrégé, quelques-unes des principales dispositions contenues dans la circulaire de M. Stephan. Les bureaux qui seront ouverts au public pour le service des dépêches télégraphiques en Allemagne seront considérés comme des établissements indépendants, mais ils seront en même temps rattachés aux bureaux télégraphiques ordinaires, lesquels se chargeront de la transmission sur leurs fils des télégrammes envoyés au moyen du téléphone. La transmission aura lieu de la manière suivante: le bureau qui aura un télégramme à expédier invitera le bureau de destination à mettre l'appareil en place. Dès que les cornets du téléphone auront été ajustés, le bureau de transmission donnera le signal de l'envoi de la dépêche verbale. L'expéditeur devra parler lentement, d'une manière claire et sans forcer la voix, les syllabes seules seront nettement séparées dans la prononciation; on aura soin surtout de bien articuler les syllabes finales et d'observer une pause après chaque mot, afin de donner à l'employé récepteur le temps nécessaire à la transcription. Lorsque le télégramme a été reçu et transcrit, l'employé du bureau de destination vérifie le nombre des mots envoyés, puis il répète à l'aide du téléphone, le télégramme entier rapidement et sans pause, afin de constater qu'aucune erreur n'a été commise. Pour assurer le secret des communications, les instruments téléphoniques sont installés dans des locaux particuliers, où les personnes étrangères au service ne peuvent entendre celui qui envoie la dépêche verbale, et il est interdit aux employés de communiquer à qui que ce soit le nom de l'expéditeur ou celui du destinataire. Les taxes à percevoir pour les dépêches téléphoniques sont calculées à tant par mot, comme sur les lignes télégraphiques ordinaires. (GdL)

Mardi 8 janvier 1878
Congrès international de télégraphie le 1er juillet à Londres. (GdL)

Vendredi 11 janvier 1878
Le téléphone a été essayé avec succès entre la France et l'Angleterre. De nouvelles expériences ont eu lieu samedi matin, à l'aide du câble sous-marin qui relie Saint-Margareth's bay près de Douvres, au village de Sangatte, sur la côte de France... (GdL)

Dimanche 27 janvier 1878
Le 1er février prochain, une station télégraphique établie à Solgne et fonctionnant au moyen d'un téléphone sera ouvert au public avec service restreint de jour. Cette station télégraphique sera réunie au bureau de poste de ladite localité. (GdL)

Jeudi 31 janvier 1878
Le réseau télégraphique intérieur de l'Allemagne doit s'étendre sur le territoire dans toutes les directions qui ont de l'importance... (GdL)
+ description de la machine à creuser

Mercredi 13 février 1878
Budget de l'Empire présenté au Reichstag.
Lignes télégraphiques. (GdL)

Mardi 13 mars 1878
Nombre des bureaux télégraphiques d'Allemagne. Du 1er janvier 1875 au 1er janvier 1878, le nombre des bureaux télégraphiques est passé de 1686 à 3320. Dans cette même période, le nombre des employés est passé de 3590 à 3275. (GdL)

Vendredi 15 mars
Paris. Expérience téléphonique entre le Grand Théâtre et un immeuble voisin. (GdL)

Samedi 13 mars 1878
Nous avons parlé plusieurs fois déjà du téléphone, qui permet de transmettre la voix à des distances indéfinies. Voilà maintenant qu'on a trouvé le moyen de conserver la voix indéfiniment avec la faculté de la reproduire à volonté... (GdL)

Samedi 6 avril 1878
Nombre de télégrammes expédiés sur les lignes télégraphiques de l'Empire. 1877 - 11 391 846 ; 1876 - 10 649 994 (GdL)

Vendredi 19 avril 1878
Le téléphone et le phonographe dépassés par l'aérophone. (GdL)

Mardi 23 avril 1878
L'aérophone. (GdL)

Mercredi 8 mai 1878
Demande de télégraphe pour Saint-Quirin. (GdL)

Jeudi 9 mai 1878
Ouverture d'un bureau de poste à la gare de Thionville. (GdL)

Mercredi 15 mai 1878
On sait que le télégraphe souterrain est en voie de construction entre Berlin, Carlsruhe, Strasbourg et Metz. La ligne est achevée jusqu'à Hemsbach dans le Grand Duché de Bade. Ces travaux occupent 600 ouvriers. (GdL)

Mardi 28 mai 1878
Le 1er juin prochain, des bureaux télégraphiques combinés avec les bureaux de poste et à service de jour restreint, seront ouverts au public à Niederweileret à Vallérysthal, arrondissement de Sarrebourg, ainsi qu'à Goetzenbruck, arr. de Sarreguemines. (GdL)
L'Hôtel des Postes est situé rue des Parmentiers Le bureau du Télégraphe est situé Place Royale. (GdL)

Mercredi 26 juin 1878
Des nouveaux bureaux télégraphiques seront ouverts le 1er juillet prochain, aux nouvelles gares de Metz et de Thionville, ainsi qu'à Rodemacker, Waldwisse, Nébing et Hombourg-Haut. (GdL)

Dimanche 14 juillet 1878
Le 16 courant, des bureaux télégraphiques réunis aux bureaux de poste seront ouverts à Marsal et à Maizières-les-Vic. Au dernier endroit, le service se fera par le téléphone. Le bureau télégraphique de la station de Carling sera fermé pour la correspondance privée à partir du 1er août. (GdL)

Vendredi 26 juillet 1878
Le téléphone, un instrument qui permet de causer à voix basse et à une distance kilométrique presque infinie. (Lettre de l'exposition) (GdL)

Mercredi 9 octobre 1878
Le 1er courant, un bureau télégraphique combiné avec le bureau de poste a été ouvert au public avec service de jour restreint à la gare de Hagondange. (GdL)

Mardi 29 octobre 1878
On sait que la ligne télégraphique souterraine Francfort-Strasbourg a été récemment terminée. Aujourd'hui les journaux de Berlin annoncent que les travaux nécessaires pour la pose d'un câble souterrain entre Cologne, Coblence, Trèves et Metz seront commencés dès le mois de mars 1879. (GdL)

Vendredi 8 novembre 1878
Rapport administratif au Conseil général de la Lorraine. Poste et télégraphe. Nombre de bureaux de poste de la Lorraine : 106 en 1876, 110 en 1877. Nombre de bureaux télégraphiques en Lorraine : 38 en 1876, 55 en 1877 dont 54 combinés avec un bureau de poste. L'administration se propose de créer en 1878, 11 nouveaux bureaux télégraphiques, éventuellement avec téléphone.
Une ligne doit être établie instamment entre Forbach et Klein-Rosselle, Metz-Woippy, Metz-Vigy, Valerysthal et Hessen, Abbersvillers et Saint-Quirin. (GdL)

Vendredi 13 décembre 1878
On sait que la Direction générale des Postes et Télégraphes d'Allemagne a établi depuis quelques temps des lignes de téléphone. Il résulte d'un rapport de l'administrateur que le nombre des stations téléphoniques existant actuellement est de 272 et que l'on a reconnu que, pour une distance de 50 kilomètres, ces appareils fonctionnent très bien. (GdL)

Mercredi 25 décembre 1878
Le 1er janvier, une agence de poste combinée avec un bureau télégraphique et comportant un service de jour restreint, sera ouvert au public à Longeville-lès-Metz. (GdL)

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Année 1879

Jeudi 10 avril 1879
Les travaux pour la pose du câble télégraphique souterrain, destiné à relier Cologne à Metz, ont été inaugurés le 1er de ce mois, sur la rive gauche du Rhin, à Kalh. ... (GdL)

Vendredi 11 avril 1879
Depuis le 1er courant, un service télégraphique de jour, réuni au bureau de poste est ouvert au public à Chambrey, Petite-Rosselle, Vigy et Woippy.
A Chambrey, le service se fait au moyen de l'appareil téléphonique. (GdL)

Dimanche 4 mai 1879
Les journaux rhénans annoncent que la câble télégraphique souterrain qui doit relier Cologne à Metz a été posé les 29 et 30 avril dans les rues de Coblence et dans le lit du Rhin. Le revêtement métallique destiné à protéger le câble contre les attaques de l'eau ne pèse pas moins de 60 000 kg. (GdL)

Vendredi 20 juin 1879
Les travaux pour la pose du câble téléphonique souterrain de Cologne à Metz viennent d'être achevés jusqu'à Thionville. Le câble, de Cologne à Metz, a une longueur d'environ 310 kilomètres, dont 282 kilomètres sont actuellement posés, il ne reste donc plus que 28 kilomètres, qu'on doit achever en 10 jours de sorte que les travaux commencés vers le 10 avril n'auront duré en tout que 3 mois. C'est la compagnie Felsen et Guillaume de Cologne qui fait la pose. Le câble, dit la Gazette de Thionville, se compose de sept fils télégraphiques isolés au moyen d'une matière composée de gutta-percha. Les sept fils isolateurs, enveloppés de chanvre goudronné, sont réunis en une seule et même masse et entourés de nouveau de fils de fer protecteurs qui, eux-mêmes enveloppés d'une préparation de chanvre, constituent le câble. Les différents câbles sont roulés par morceaux de 1000 mètres sur des voitures spécialement construites à cet effet. Au moment de la pose, le câble se déroule facilement dans les fossés, on comble ces derniers et on continue le travail. La jonction des différents morceaux se fait par une soudure qui elle-même est entourée de gutta-percha et enveloppée de tuyaux en fonte. ... (GdL)

Mercredi 25 juin 1879
Les ouvriers occupés à ces travaux sont déjà arrivés près du fort de St Julien, et demain on pourra les voir à l'œuvre à l'intérieur de la ville. (GdL)

Jeudi 26 juin 1879
La pose du câble (GdL)

Mercredi 2 juillet 1879
La ligne télégraphique de Strasbourg. (GdL)

Vendredi 4 juillet 1879
Le progrès n'a pas de limite. Après le télégraphe, le téléphone, le phonographe, voici que... (GdL)

Jeudi 10 juillet 1879
On nous écrit de Courcelles-Chaussy le 8 juillet. Le télégraphe souterrain... bagarre et blessés le jour de paie... (GdL)

Vendredi 11 juillet 1879
Suite de la bagarre. (GdL)

Vendredi 1er août 1879
Le congrès télégraphique de Londres a terminé ses travaux. La nouvelle convention a été signée le 28 et entrera en vigueur en avril 1880. Prochain congrès à Berlin en 1884. (GdL)

Mercredi 13 août 1879
La pose du câble souterrain reliant Berlin et Strasbourg, par Magdebourg, Cologne et Metz est terminée jusqu'à Haguenau. Encore quinze jours et toute la ligne sera achevée. (GdL)

Dimanche 17 août 1879
Le câble est terminé... (GdL)

Samedi 13 septembre 1879
Le câble sous-marin entre l'Allemagne et la Norvège est en exploitation depuis le 5 septembre (GdL)

Mardi 16 septembre 1879
Signalement des incendies par le télégraphe. Vienne et Berlin en 1860. (GdL)

Samedi 27 septembre 1879
Interdiction de faire des fouilles près des câbles télégraphiques. (GdL)

Vendredi 3 octobre 1879
A en croire la Gazette de Cologne , de grands travaux vont être entrepris pour réunir par des lignes télégraphiques souterraines les grandes places fortes de Metz et de Strasbourg avec les principaux points stratégiques de l'Allemagne. La forteresse de Bitche, déjà, se trouve en communication avec le grand câble qui relie ces deux villes, et le même travail va, selon toute probabilité être exécuté pour Thionville. D'autre part, un câble souterrain reliera Neuf-Brisach avec Strasbourg qui depuis l'an dernier se trouve, comme l'on sait, en communication télégraphique au moyen d'un câble souterrain avec la capitale de l'Allemagne. (GdL)

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Année 1880

Jeudi 1er janvier 1880
Le 1er janvier 1880, une agence postale sera créée à Rombas. Cette agence sera desservie par un courrier en voiture circulant entre Hagondange et Rombas aux heures suivantes: Départ de Hagondange à 6 heures du matin, arrivée à Rombas à 7 heures. Départ de Rombas à 3h40 du soir, arrivée à Hagondange à 4h40. La circonscription postale de Rombas comprendra les localités suivantes: Bronvaux, Clouange, Guisbonne, Marange-Silvange, Moulin-de-Marange, Moulin-Ste-Croix, Moulin-de-Ternel, Pierrevillers, Point du jour, Ramonville, Silvange et Villers-lès-Rombas. + Poste de Hagondange (GdL)

Samedi 28 février 1880
A partir du 1er mars, les forts de St-Quentin et Lessy, ainsi que le Sauvage, la caserne dite du Plateau, le fort de Plappeville, les communes de Tignomont et de Plappeville seront desservies par le bureau de poste de Longeville. (GdL)

Mardi 2 mars 1880
Poste et courrier de Longeville (GdL)

Vendredi 26 mars 1880
Convention internationale de télégraphie (GdL)

Lundi 29 et mardi 30 mars 1880
Le téléphone vient d'être employé aux Etats-Unis à un usage assez inattendu. Une citation à comparaître devant le tribunal de la ville de St-Louis, a été notifiée par huissier à l'aide du téléphone, et l'exploit téléphonique a été déclaré par les juges parfaitement valable. (GdL)

Mercredi 7 avril 1880
Abréviations pour les dépêches. (GdL)

Vendredi 30 avril 1800
Le 1er mai prochain, un bureau télégraphique combiné avec le bureau de poste, et avec service de jour restreint, sera ouvert à Rombas. Ce bureau sera desservi par des appareils téléphoniques. (GdL)

Vendredi 25 juin 1880
Ouverture d'un bureau de poste à Saint-Julien-lès-Metz. (GdL)

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Année 1883

Jeudi 11 janvier 1883
A Metz, le nombre des boîtes à lettres est de 33, celui des bureaux de poste est de 4 dont ceux de la Place de la Comédie et de la Gare et du Fort Moselle avec service télégraphique. Celui des fils télégraphiques de 27. Metz est rattachée au grand réseau télégraphique souterrain de l'Empire et reliée directement, par câble, avec Berlin, Cologne, Coblence, Mayence, Francfort et Strasbourg. (GdL)

Samedi 13 janvier 1883
Chambre de commerce. Metz le 15 novembre 1882. Téléphone et télégraphe. Relation entre les postes. (GdL)

Jeudi 25 janvier 1883
Le téléphone en Amérique pour instruction judiciaire, dans le journal "L'électricité" que dirige Hallez d'Arros. (GdL)

Samedi 27 janvier 1883
L'incendie à l'Hôtel des Postes hier soir est dû à l'explosion d'un tuyau de gaz dans une pièce faisant partie de l'appartement de M. Bolhe, directeur supérieur des Postes. De là, le feu s'était communiqué au second étage habité par M. Jesse, directeur des Postes. Les dégâts commis dans les deux appartements par le feu et l'eau des pompiers sont des plus considérables. Le bureau d'expédition du rez-de-chaussée a été également fort détérioré par l'eau et on s'est vu obligé de transmettre momentanément ce bureau à la grande gare. Au reste, le service postal n'a subi aucune interruption à la suite du sinistre. (GdL)

Samedi 15 avril 1883
Correspondance téléphonique entre New York et Chicago distants 1 609 kilomètres. Le fil d'acier est recouvert de cuivre. (GdL)

Lundi 23 juillet 1883
Grammaire hiéroglyphique au télégraphe pour moins payer au nombre de mots. Projet de loi. (GdL)

Mardi 24 juillet 1883
Séance du Conseil municipal des 13 et 20 juillet. La communication téléphonique établie entre la tour de la Mutte et le poste des pompiers de l'Hôtel de ville ayant donné de bons résultats, l'établissement de téléphones pour annoncer les incendies recevra une extension nouvelle. On a arrêté provisoirement d'établir des stations pour les signaler aux endroits suivants: à la demeure du sacristain près de l'église St-Simon, à l'école de la rue du Pontiffroy, au logement du concierge du Lycée et à celui du concierge de l'Hôtel de la Présidence du Département, à l'hospice israélite, aux lavoirs de la rue des Capucins et de la rue Vigne St-Arnould, à l'école de la place St-Simplice et au poste central de la direction de la Police. Si les autorités intéressées y donnent leur consentement, ces divers endroits seront mis en communication téléphonique avec l'Hôtel de ville, dans le cas où l'Etat se chargerait d'une partie des frais. (GdL)

Vendredi 5 octobre 1883
L'emploi du téléphone se généralise de plus en plus. Faisant droit à une demande qui lui a été adressée par MM. Lion et Caen , l'administration des Postes et Télégraphes fait établir en ce moment, un fil téléphonique qui reliera les bureaux de cette maison, rue St-Georges, avec la gare centrale. Une communication semblable existe déjà entre la gare et les bureaux de M. Brettschneider, camionneur, place de Chambre. (GdL)

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Année 1884

Mercredi 11 juin 1884
Une nouvelle application du téléphone. (GdL)

Samedi 23 août 1884
Publicité pour le télégraphe électrique par la maison M. Oetringer, rue de la Tour aux rats, 14. (GdL)

Samedi 6 septembre 1884
Les lignes télégraphiques sont souvent endommagées... (GdL)

Jeudi 1er décembre 1884
Endommagement des lignes téléphoniques... (GdL)

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Année 1887

Mardi 29 mars 1887
L'établissement du réseau téléphonique pour la ville de Metz est unanimement reconnu utile et bien désirable, d'après les communications faites par l'administration des Postes, la réalisation de ce projet est possible, seulement il sera nécessaire de trouver un certain nombre de participants (au prix d'abonnement de 150 marks par an). Une invitation de participer à cette entreprise sera prochainement publiée par les soins de la Mairie. Pour utiliser le réseau téléphonique pour le service d'annonce des incendies, on offrira aux propriétaires d'un téléphone placés aux endroits convenables, de payer une partie de l'abonnement de l'année sur les fonds de la ville, sous la condition qu'ils tiennent le téléphone pour signaler les incendies à la disponibilité du public et qu'ils lui donnent à cet effet toujours rapidement accès. (GdL)

Dimanche 22 mai 1887
M. le Maire fait connaître qu'on a l'intention d'établir pour la ville de Metz des communications téléphoniques, qui permettront à chaque particulier de se mettre directement en rapport, au moyen des appareils téléphoniques avec tous les autres participants, ainsi que d'envoyer indirectement, c'est-à-dire par l'entremise de la station centrale, des lettres et dépêches dans toutes les directions. L'installation sera faite par l'administration impériale des Postes, et chaque participant devra payer à cette administration un abonnement de 150 marks par an. On pourra prendre connaissance des autres conditions à la Mairie et recevoir aussi des imprimés contenant les détails.
Pour la réalisation de ce projet, qui sera d'une grande importance pour le développement de notre ville, il importe avant tout de réunir un certain nombre de participants, par conséquent, tous ceux qui voudront faire établir un téléphone chez eux -administration, industriels, commerçants...- sont priés d'en informer l'administration municipale qui entrera alors en négociation avec l'administration des Postes, dès que le nombre suffisant de participants sera atteint. On aura tous les égards pour des vœux spéciaux à formuler, autant que cela sera possible dans l'intérêt général.
Une partie de l'abonnement annuel pourrait être remboursée, par la Caisse municipale, à ceux des participants qui mettent leur téléphone à la disposition du public pour annoncer les incendies et qui rendront l'accès possible à toutes les heures. Des déclarations à ce sujet seront également reçues à la Mairie.
Comme il serait peut-être possible d'étendre le réseau téléphonique jusqu'aux villages des environs de la ville, les habitants des communes de Montigny, Sablon, Plantières, Queuleu, Vallières, St-Julien, Woippy, Lorry, Plappeville, Devant-les-Ponts, Ban-St-Martin, Longeville, Scy et Moulins, sont également invités à prendre connaissance des conditions dont il s'agit et à faire connaître leurs intentions à la Mairie de Metz. (GdL)

Jeudi 7 juillet 1887
Nous rappelons aux commerçants de notre ville l'avis du Maire de Metz en date du 17 mai dernier au sujet de l'établissement projeté de communications téléphoniques à Metz. Il importe pour la réussite de cette utile entreprise que les déclarations de participations arrivent bientôt en grand nombre à la mairie. Les téléphones sont établis par les soins de la Direction impériale des Postes à laquelle chaque participant a un abonnement de 150 marks par an à payer. De cette façon, il se trouvera dans la possibilité de se mettre directement en rapport avec tous les autres participants. Le poste des pompiers à l'Hôtel de ville et le poste central de police devant être reliés au réseau téléphonique, il pourra, en particulier, requérir de suite des secours, en cas d'incendie ou de tout autre danger. Indirectement, c'est-à-dire par l'intermédiaire de la station centrale, il pourra envoyer des lettres et des dépêches dans toutes les directions. Une partie de cet abonnement sera remboursée par la ville à ceux des participants qui mettront leur téléphone à la disposition du public pour annoncer les incendies. Les déclarations relatives à l'acceptation d'un arrangement de cette espèce sont également reçues à la Mairie. (GdL)

Mardi 19 juillet 1887
En présence de l'importance et de l'extension de la ville de Metz avec sa population intelligente, de ses nombreux établissements industriels, et de son commerce développé, il faut s'étonner que Metz ne soit pas encore dotée d'un réseau téléphonique. Luxembourg, qui est une ville bien moins considérable que Metz a son réseau téléphonique depuis plusieurs années; actuellement cette installation dessert 280 abonnés. Nancy et plusieurs autres villes voisines possèdent également leur service téléphonique. Est-il besoin d'insister sur les nombreux avantages que présenterait un réseau téléphonique pour le monde commercial, pour les propriétaires de fabrique, les hommes d'affaire, les commerçants, les maisons de banque, les entreprises d'expédition? La sécurité publique gagnerait aussi à l'établissement d'un réseau téléphonique en ce sens qu'il serait possible de créer des postes d'alarme pour les incendies. Il y aurait pour tous les adhérents une grande économie de temps, et times is money. Les Américains, en gens pratiques, l'ont parfaitement compris, et, il n'est pas une ville de 10 000 habitants aux Etats-Unis qui n'ait aujourd'hui son Téléphone-Exchange.
L'Allemagne n'est pas restée en arrière, au mois d'août 1886, on comptait 109 villes possédant un réseau téléphonique ; Strasbourg, Guebviller et Thann figurent dans le nombre, et cependant Guebviller n'a que 12 000 habitants et Thann 7 500 seulement. Il est certain que Metz ne saurait rester plus longtemps en arrière. L'établissement d'un réseau téléphonique ne sera réellement profitable qu'à la condition que cette entreprise soit secondée par le public dans la mesure du possible. Dans toute chose, il faut un commencement. L'édilité messine comprenant les intérêts de la cité s'est montrée favorable à l'entreprise à laquelle l'administration des Postes et des Télégraphes témoigne toute sa sympathie. Pour que le projet entre dans le domaine de la réalisation, il faut une participation de 20 abonnés. On sait que le prix de l'abonnement n'est que de 150 marks par an. Que nos concitoyens ne tardent pas à prendre l'initiative, il y va d'un grand progrès à faire sur le terrain des relations commerciales à Metz. (GdL)

Jeudi 21 juillet 1887
La Chambre de commerce de Metz a émis un avis favorable au sujet de l'établissement d'un réseau téléphonique à Metz. Seulement elle estime que le prix d'abonnement -150 marks par an- est trop élevé en raison de la situation commerciale à Metz et qu'il faudrait réduire l'abonnement à 80 marks ou à 100 marks au plus. (GdL)

Jeudi 21 juillet 1887
Comme nous n'avons reçu que tardivement, après nos confrères, et en texte allemand, la communication faite aux journaux relativement aux avantages que présenterait l'établissement d'un service téléphonique en notre ville, nous n'avons pas eu à la publier, puisque nos confrères l'avaient déjà fait.
Il ne s'agit pas, d'ailleurs, - et la Metzer Zeitung le reconnaît très bien dans son numéro d'hier - de démontrer au public les avantages généraux du téléphone. Il les comprend si bien, que, M. Lanique et ses amis, dont la Metzer rappelle la déconvenue, se faisaient forts de réunir au bas mot 100 premières adhésions.
Ce qu'il faut se demander d'abord, c'est si les conditions d'installation et d'abonnement sont en rapport avec la situation de la ville de Metz. Or, les avis semblent maintenant unanimes pour trouver ces conditions trop onéreuses. La Chambre de commerce, tout en se déclarant favorable au projet, estime qu'il faudrait abaisser le prix d'abonnement à 80 ou 100 Mk, et la Metzer Zeitung se fait l'écho des négociants, tant indigènes qu'immigrés en taxant de trop élevé le prix demandé de 150 Mk par an.
Nous aussi, nous sommes partisans convaincus de l'établissement d'un service téléphonique. Une pareille innovation constitue un progrès sérieux, et nous sommes pour tous progrès, téléphone aussi bien que la lumière électrique ; c'est également le vœu de notre administration municipale, à laquelle il faut savoir le plus grand gré de tous les efforts qu'elle fait pour arriver sur ces deux points à une solution favorable.
Mais les bonnes volontés se heurtent à une difficulté fondamentale : le prix de 150 Mk est uniforme pour toute l'Allemagne, et l'Administration des Postes se retranche derrière ce tarif unique, invoquant comme compensation le chiffre de 20 adhésions dont elle se contentera pour commencer. C'est précisément cette compensation qui est dérisoire, car 20 abonnements ne sauraient constituer un réseau télégraphique de valeur sérieuse. Quel avantage pratique chacun des 20 abonnés trouverait-il à communiquer uniquement avec ses 19 coparticipants ?
On voit donc qu'au contraire le service téléphonique n'aura de signification que s'il rencontre un grand nombre d'adhésions. Or, il ne peut en réunir à Metz que si les prix d'abonnement sont largement abaissés. La situation de notre ville ne comporte pas d'autre solution, car il ne viendra à l'esprit de personne que nous puissions être traités sur le même pied que Berlin et Francfort, voire même que Strasbourg et Mulhouse.
Nous aurons à revenir demain sue cette question, que nous désirons vivement voir aboutir. (LM)

Vendredi 22 juillet 1887
Nous recevons la lettre suivante :
Metz, le 21 juillet 1887.
Monsieur le Rédacteur en chef,
Dans votre article d'hier, relatif à l'établissement du téléphone à Metz, vous avez constaté, d'accord avec le sentiment général, que le prix d'abonnement élevé imposé uniformément par l'administration des postes à toutes les villes de l'Empire, était le seul obstacle sérieux à la réalisation d'un progrès que nous désirons tous.
Ce progrès, il faut bien le dire, nous ne pouvons l'espérer tant que subsistera cet obstacle, -le prix d'abonnement trop élevé-, étant donné notre situation commerciale et industrielle, que l'on ne saurait, ainsi que vous l'avez fait ressortir, assimiler à celle de Berlin, Francfort, Strasbourg ou Mulhouse.
Il est en outre un point très important, selon moi, et sur lequel il nous faudrait être fixés, parce qu'il est de nature à influencer un grand nombre de décision. La Metzer Zeitung a bien voulu reconnaître que l'élément indigène forme la majorité du commerce au double point de vue du nombre et du chiffre d'affaires. Or, parmi nos commerçants indigènes, beaucoup ne savent encore que le français. Leur sera-t-il permis, lorsqu'ils auront à s'entretenir avec le bureau central administré par des employés de l'Etat, de s'exprimer dans la seule langue qu'ils connaissent, c'est-à-dire en français.
Je ne parle pas des conversations particulières d'abonné à abonné, où ils pourront évidemment se servir de leur langue maternelle ; j'entends les rapports avec l'Administration, tels que la demande de mise en communication, la transmission de télégrammes, etc. Ces commerçants ne seront-ils pas exposés à s'entendre répondre par l'employé de service qu'il ne comprend pas les langues étrangères ? Dans ce cas, quels sont les services que pourrait rendre à ces commerçants un réseau téléphonique ?
En résumé, je crois qu'un nombre suffisant de nos concitoyens sont disposés à s'abonner au téléphone, le jour où les conditions en seront compatibles avec la situation matérielle et morale de notre cité. Ce jour-là, en face d'un progrès à réaliser, chacun fera taire ses sentiments particuliers, s'il en éprouve, et personne n'hésitera devant l'intérêt général.
Dans l'intérêt même d'une heureuse solution, il me paraît nécessaire de demander un éclaircissement sur le point important que je viens de signaler. Je trouverais également désirable, et profitable à la réalisation de l'idée qui nous occupe, l'envoi d'une traduction en français des conditions d'abonnement pour le réseau téléphonique à chacun des intéressés parlant cette langue.
Veuillez agréer, etc. (H. Lanique)
La lettre de l'honorable M. Lanique confirme nos appréciations d'hier.
Nous aimons à croire que si l'on arrive à une entente, désirable à tous égards, sur le point principal du prix d'abonnement, la question posée par M. Lanique recevra de la part de l'Administration des Postes une solution satisfaisante.
Comme il importe avant tout d'aboutir, nous sommes heureux de constater, qu'au cas échéant, les bonnes volontés de la part des commerçants indigènes ne feront pas défaut. C'est là un des points les plus importants de la question. L'Administration des Postes de l'Empire fera sans doute bientôt connaître s'il est possible de faire des concessions et comment.
En attendant, nous pouvons déjà donner nous-mêmes satisfaction dans la mesure de notre publicité à l'un des désirs exprimés par M. Lanique, et nous publierons demain la traduction en français que nous avons faite des conditions d'abonnement au réseau téléphonique. (LM)

Samedi 23 juillet 1887
Voici la traduction dont nous avons parlé hier :
Conditions pour participer aux communications téléphoniques dans une ville.
I - But de l'entreprise.
Le téléphone donne à chaque participant, pendant les heures de service de la station centrale, soit de sept heures du matin en été et huit heures en hiver jusqu'à neuf heures du soir, la faculté de :
a) Communiquer directement avec tout autre abonné ;
b) Transmettre au bureau central des messages qui, à volonté, seront soit portés par express, par la poste (par lettre ou carte postale), soit télégraphiés aux destinataires de la ville ou de l'extérieur.
II - Raccords.
Il sera établi, aux frais de l'administration des postes et télégraphes de l'Empire, un fil télégraphique pour chaque participant, qui reliera le téléphone placé, sur sa demande, dans l'appartement, les bureaux, le magasin, etc, avec la station centrale ; l'appareil téléphonique sera muni de tous ses accessoires et livré au participant, contre une indemnité une fois payée, pour en faire tout l'usage qu'il lui plaira. L'entretien de la communication et de l'appareil sera également à la charge de l'administration des postes, en tant que le propriétaire en aura soin comme il le doit. C'est lui qui devra prendre à sa charge toute détérioration causée avec intention ou par sa propre négligence.
Il est interdit de louer le téléphone ou de l'employer contre payement dans des affaires concernant des tiers.
Par contre, le propriétaire d'une maison reliée téléphoniquement à la station centrale pourra faire placer des téléphones dans les différents appartements, bureaux ou magasins de cette maison, et permettre à ses locataires l'emploi de ces téléphones contre payement.
La communication entre ces locaux et la station intermédiaire et, par celle-ci, avec les autres abonnés, sera établie avec la participation d'une personne à ce préposé par le maître de la maison (concierge ou autre).
III - Raccord de plusieurs téléphones appartenant au même propriétaire.
Il est de règle que chaque poste soit relié par un fil spécial à la station centrale ; cependant un abonné pourra être autorisé à adjoindre, comme poste intermédiaire, un second téléphone au fil du premier, à condition que ce second téléphone ne soit pas éloigné de plus de 500 mètres du fil en question (fil primitif). Pour assurer le bon fonctionnement des communications, il ne pourra pas être établi plus d'un appareil supplémentaire.
Après entente avec la direction, il pourra être établi un second, troisième, etc, téléphone ou sonnerie électrique (Fernsprechwecker) dans une autre pièce de la maison appartenant au même propriétaire.
IV - Tarif annuel
Il sera payé pour participation au service téléphonique :
a) Pour tout téléphone à l'intérieur de la localité, qu'il soit intermédiaire ou tête de ligne, il devra être payé annuellement 150 marks.
b) Pour les téléphones situés en dehors de la localité, le montant de la redevance annuelle s'augmente par chaque kilomètre ou fraction de kilomètre, compté à partir de la limite du réseau central, de 50 m.
c) Pour un ou plusieurs autres appareils installés par des abonnés différents dans une même maison ou propriété desservie par un raccordement unique, outre les droits stipulés par paragraphes a et b pour le raccord du premier appareil avec le bureau central, il sera payé pour chaque appareil supplémentaire un droit de 50 m., mais à la condition que le minimum par maison, par an soit de 100 m.
d) Pour l'établissement d'un second, troisième appareil, etc, dans d'autres pièces de la même propriété, il sera payé annuellement par téléphone un supplément de 20 m.
e) Pour l'établissement d'une sonnerie ordinaire, dans les conditions du paragraphe précédent, il sera payé un supplément annuel de 10 m.
f) Pour tout appareil d'espèce particulière, différent des sonneries ordinaires, indépendamment desdits 10 m., les frais d'achat, d'installation et d'entretien seront à la charge des intéressés.
En cas d'indemnité à payer à des particuliers pour utilisation de terrains où devraient être placés les poteaux téléphoniques, l'administration des postes se réserve le droit de récupérer ces indemnités au moyen d'un supplément proportionnel une fois payé, mis à la charge des abonnés. Si ce supplément dépasse un quart de la somme due en vertu des paragraphes a et b, l'abonné aura le droit de résilier avant expiration de son engagement, mais pas avant la fin du trimestre légal courant.
V - Tarif des communications transmises au delà du réseau téléphonique.
Pour la réception par la station téléphonique intermédiaire d'une communication envoyée par un abonné et la transmission immédiate à un bureau de poste ou télégraphique, ainsi que pour la transmission d'un télégramme par téléphone, il sera perçu :
Un droit fixe de 10 pf, sans égard pour le nombre de mots, Et un droit de 1 pf par mot.
(Il ne sera pas fait de réduction en chiffres ronds des frais dont le compte ne peut être réduit par somme de 5 pf)
En outre, les frais de transmission par poste, express ou télégramme des communications reçues téléphoniquement par la station intermédiaire, seront comptés d'après les tarifs en usage.
VI - Paiement des droits
Le paiement des droits énumérés à la section IV sera effectué d'avance, conformément à l'avis de la Direction, soit annuellement en un seul versement, soit par termes trimestriels, aux dates des 1er janvier, 1er avril, 1er juillet et 1er octobre. Lorsqu'un appareil téléphonique est inauguré dans le courant d'un trimestre, les premiers droits sont comptés depuis l'entrée en exercice jusqu'à la fin du trimestre, et d'avance, c'est-à-dire au début de l'exploitation.
Les droits prévus par la section V pour la transmission ultérieure des communications venues par téléphone sont perçus, soit à la fin de chaque mois, soit dès que leur montant atteint la somme de 10 m. En cas d'interruption du service téléphonique, il ne pourra être élevé de prétention au remboursement des droits versés que si l'interruption a duré au moins quatre semaines à partir du jour où elle aura été annoncée, et sans qu'elle ait cessé même passagèrement.
VII - Cessation du service téléphonique.
Le droit appartenant à l'administration des postes et télégraphes d'arrêter temporairement le service télégraphique, en entier ou partiellement, s'applique également au service téléphonique. Dans les cas où il serait fait usage de cette faculté, les droits ne seront pas perçus pendant l'interruption, et ceux qui auraient été versés d'avance seront remboursés.
La Direction est en droit de supprimer immédiatement le service téléphonique en cas de retard dans le paiement des droits, d'abus prouvé (section 2, deuxième alinéa), de modifications qu'un abonné ferait de son propre chef à l'installation technique (par exemple en y incorporant des appareils de son invention), ou de détériorations volontaires commises par un abonné, ou les personnes placées sous sa dépendance. Cette suppression n'affranchit point l'abonné des charges indiquées à la section 2, ni du paiement des droits annuels pour la durée de l'engagement contracté par lui (voir section 9).
VIII - Déplacement de téléphones.
Le déplacement d'un téléphone, pour cause de déménagement ou pour toute autre raison, est effectué par les soins de l'administration des Postes ; les frais en sont à la charge de l'abonné, à l'exception des frais du matériel de communication. Si par ce déplacement les bases sur lesquelles sont calculés les droits, conformément à la section 4, devaient être modifiés, ces droits seraient fixés autrement, à partir du jour du déplacement.
C'est à l'abonné qu'il appartient d'obtenir du propriétaire de son nouveau domicile l'assentiment à l'installation du téléphone. Si cette autorisation est refusée par le propriétaire, l'abonné n'en reste pas moins tenu au paiement des droits annuels jusqu'à l'expiration de son engagement (voir section 9).
IX - Durée des engagements.
Pour les engagements réciproques il est fait un contrat de la durée de deux ans au moins, ledit engagement devant toujours expirer à la fin du dernier trimestre légal.
Lorsque le contrat n'est pas annulé de part ou d'autre trois mois avant l'expiration, il est considéré comme tacitement renouvelé pour un an, et d'année en année. Sera regardé comme date d'entrée en vigueur du contrat le jour où le téléphone est livré à l'abonné.
Les frais de timbre du contrat sont à supporter par l'abonné.
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Au dernier moment il nous est communiqué que les démarches de notre municipalité, ainsi que celle de la Chambre de commerce, auprès de la direction générale des postes, ayant pour objet d'obtenir une réduction sur le prix d'abonnement au réseau téléphonique, n'ont malheureusement pas eu l'issue favorable que nous nous étions plu à espérer. La Direction des postes, tout en manifestant ses regrets et en affirmant ses sympathies pour notre cité messine et en se déclarant prête à toutes les facilités compatibles avec les règlements adoptés, fait valoir qu'elle se trouve en face d'une décision applicable à toutes les villes de l'Empire, décision qui a fixé le prix de l'abonnement à 150 m., et qu'il n'est pas possible, sans les plus grands dangers administratifs, d'entrer dans la voie des exceptions.
Le temps nous manque aujourd'hui pour examiner dans quelle situation cette réponse de l'administration des postes met la question, c'est ce que nous ferons dans notre numéro de demain. (LM)

Dimanche 24 juillet 1887
On nous communique l'article suivant :
Le point le plus important dans la question du téléphone a été décidé.
Nous sommes avisés par l'Administration des Postes qu'à son regret, il y a impossibilité absolue d'abaisser de 150 Mk à 100 Mk par an l'abonnement à l'établissement téléphonique projeté pour la ville de Metz. Il ne faut pas perdre de vue que l'installation et l'entretien d'un pareil service exigent une dépense si considérable pour le personnel tout autant que pour le matériel, que la rente du capital dépensé n'est pas absolument garantie par les recettes. L'Administration des Télégraphes, guidée par une expérience de plusieurs années n'est pas à même d'abaisser, au gré des parties intéressées, le montant des abonnements annuels, sans menacer l'équilibre financier. Au surplus, nous croyons devoir relever que les procédés suivis dans d'autres pays fournissent la preuve qu'à l'étranger les abonnements aux services téléphoniques ont été fixés dès le commencement, pour l'obtention d'une rente suffisante des frais d'établissement, à un montant bien supérieur à celui en usage en Allemagne.
C'est ainsi que l'abonnement annuel pour chaque rattachement a été fixé à Paris à 600 francs, à Lyon, Rouen, au Havre et à Marseille à 400 francs, à Reims, Dunkerque et Lille à 200 francs. A Londres, Manchester, Liverpool et Glasgow, les abonnés payent 500 francs par an ; à Leeds, 375 francs ; à Cambridge, 250 francs. En Italie, les prix d'abonnement varient de 170 et 200 francs ; en Hollande, la taxe est de 250 francs au minimum ; au Portugal, de 334 à 440 francs ; en Espagne, de 280 à 374 francs ; au Danemark, de 200 à 262 francs ; à Verviers, 200 francs ; à Ostende (Belgique), l'abonnement est calculé à raison de 170 francs pour chaque kilomètre de circuit. En comparaison avec ces tarifs, l'abonnement de 150 mark ou 187 fr. 50 en Allemagne ne paraît nullement exagéré.
En ce qui concerne l'objection relative à l'exagération du prix de l'abonnement de 150 m. par rapport aux distances minimes dans notre ville, nous prenons la liberté de faire ressortir que d'autres villes en Allemagne, telles que Lübeck, Hildesheim, Bielefeld, Minden, etc, dont la superficie est de beaucoup inférieure à celle de la ville de Metz, n'ont fait aucune objection contre la stipulation d'un prix d'abonnement annuel de 150 m. Admettons qu'un abonné au service téléphonique fait dix entretiens par jour au moins, nous arrivons alors au chiffre de 4000 entretiens téléphoniques environ par an. Les frais d'un seul entretien se chiffrent par conséquent à 3 1/2 pf. en moyenne, montant tout à fait minime par rapport aux avantages, facilités et économies que présente le commerce instantané entre les abonnés. Ce chiffre se rapproche, du reste, de la taxe de 5 centimes perçue en Suisse pour chaque entretien téléphonique. Or, nous croyons que les débats se résument à ces deux points :
1° La population intelligente de Metz veut-elle sérieusement, oui ou non, l'établissement d'un service téléphonique en ville ?
2° Veut-elle absolument limiter les abonnements annuels à la somme de 100 m. au lieu de 150 m, tarif exigé par l'Administration des Télégraphes à la suite d'une longue expérience ?
La première question a été déjà tranchée favorablement sur toute la ligne. Nous avons lieu d'émettre l'espoir que la deuxième question obtiendra également une solution conforme aux exigences de la situation, la différence de 50 mark par an pour chaque raccord téléphonique paraît trop insignifiante pour qu'une ville de l'importance de Metz reste désormais privée d'un moyen de communication le plus important au point de vue de l'amélioration et du développement de ses nombreuses relations à l'intérieur. Si la participation à l'établissement d'un service téléphonique restait actuellement insuffisante, cette installation serait sans doute retardée pour plusieurs années. Il va de soi que le désavantage qui en résulte retombe exclusivement sur la ville de Metz et ses habitants, mais non sur l'Administration impériale de Télégraphes qui veut bien actuellement, sans retard, contribuer pour sa part au développement du commerce et des intérêts publiques de la ville.
Par rapport au vœu exprimé dans le n°169 du Messin, la Direction supérieure des Postes veut bien nous déclarer qu'il est loisible aux abonnés - ainsi qu'il y a lieu devant les guichets des bureaux de poste en ville- de se servir de la langue française non pas seulement dans leurs entretiens avec les co-abonnés, mais encore dans les communications à échanger avec l'employé de service du bureau central.
A vrai dire, nous ne sommes pas très surpris de l'insuccès des démarches faites auprès de l'administration des postes. Il faut bien reconnaître qu'il n'est guère d'usage qu'une administration de l'Etat, malgré les meilleures raisons du monde, revienne sur une décision prise et puisse entrer dans la voie des traités particuliers et des exceptions. Elle créerait des précédents fâcheux, sans compter les revendications rétrospectives. Tout en constatant donc que les conditions uniformes de la poste s'appliquent souvent d'une façon anormale en mettant sur un pied d'égalité de traitement des villes d'importance disproportionnée à tous points de vue, il est évident que, une fois la décision prise et le tarif adopté, la poste ne peut plus que les poursuivre, avec leurs avantages et leurs inconvénients.
Nous voici donc maintenant en présence du dilemme suivant :
Devant le non possumus de la poste, devons-nous considérer l'établissement d'un réseau téléphonique comme impraticable et l'ajourner ?
Devons-nous, au contraire, accepter telles quelles les conditions de la poste, et nous assurer ainsi les bénéfices du progrès dont nous poursuivons la réalisation ?
Tout bien examiné, notre conclusion sera celle-ci : il faut accepter les conditions de la poste, et il faut poursuivre avec énergie l'installation du réseau téléphonique.
Voici nos raisons :
Personne ne conteste que le service téléphonique ne soit un progrès très sérieux, au double point de vue des raisons commerciales et de la sécurité publique (service d'incendie, service de santé, etc.). Il faut évidemment nous assurer le plus tôt possible, même dans les conditions les plus modestes, le bénéfice de ce service, si la chose est faisable.
Le prix de 150 m. qui nous est demandé actuellement n'est pas définitif, il faut l'espérer d'après les précédents similaires. C'est un prix d'attente, dont on peut prévoir l'abaissement pour une époque à venir. Ainsi les premiers téléphones qui fonctionnèrent en France étaient très onéreux. A Nancy, où ils sont introduits depuis 1885, le prix d'abonnement, qui était fixé à 200 francs en raison du nombre d'abonnés inférieur à 200 (il y en eut 60 seulement 60 au début) a été réduit aujourd'hui à 150 fr. par le chiffre d'abonnements atteint. A Liège, le téléphone coûte 300 fr. par an, ce qui ne l'a pas empêché de réunir 469 abonnés.
En Allemagne, où le prix était naguère de 250 et 200 m., le voici réduit à 150 m., et la poste reconnaît elle-même que de nouveaux adoucissements seront possibles.
Une dernière considération, d'un grand poids, peut être invoquée contre tout ajournement de l'installation du téléphone à Metz. Ce n'est pas seulement en ville que les communications pourront se multiplier ; une fois installées à Metz, elles pourront petit à petit rayonner sur certains points de la banlieue, gagner Thionville, de là Luxembourg, etc. C'est ainsi que Mulhouse, dont le service téléphonique compte 250 abonnés, correspond avec les 50 abonnés de Thann, Guebwiller et Saint-Louis, moyennant un léger supplément de taxe, et même en payant 1 m. de plus par cinq minutes, avec les nombreux abonnés du réseau de Bâle. Or, si Metz n'acquiert pas un service téléphonique et ne prend pas courageusement l'initiative en cette affaire, ce n'est pas Thionville ni les petites villes des environs qui peuvent la prendre, et cette question, qui a besoin d'un certain temps pour mûrir et être élaborée, serait ajournée à une époque indéterminée, tandis que, une fois Metz muni de service, la voie est largement ouverte à la diffusion du progrès. (LM)

Dimanche 24 juillet 1887
L'autorité municipale et la Chambre de commerce ont fait des démarches collectives en vue d'obtenir une réduction du prix d'abonnement pour le téléphone que l'on se propose d'établir à Metz, ces démarches n'ont pas abouti. L'office des Postes de l'Empire a répondu que le tarif d'abonnement -150 marks par an- était uniforme pour toutes les ville de l'Allemagne possédant un réseau téléphonique. On ne saurait dans ces conditions faire une exception pour Metz. En présence de cette décision, le monde commercial de Metz aura de nouveau à examiner la question s'il y a lieu de renoncer aux nombreux avantages que présentait l'établissement d'un réseau téléphonique, ou s'il n'est pas préférable d'accepter les offres de l'administration des Postes, offres qui sont les mêmes pour toutes les villes d'Allemagne. Dans ce dernier cas, qui est certes le plus favorable aux intérêts commerciaux de la ville, et que nous ne saurions plaider assez vivement, on pourrait toujours compter tôt ou tard sur une réduction générale du tarif d'abonnement, car, on n'ignore pas que le prix d'abonnement qui, primitivement était fixé à 250 marks, n'est plus aujourd'hui que de 150 marks. Pour assurer l'entreprise il faudrait une participation active, il faudrait le même zèle dont le monde commercial à Metz a toujours fait preuve lorsqu'il s'agit d'innovations utiles. Les déclarations de participation sont reçues à la Direction des Postes et à la Mairie; prochainement on fera circuler des listes où les personnes disposées à participer à l'entreprise pourront s'inscrire. (GdL)

Mardi 26 juillet 1887
Le point le pus important dans la question du téléphone a été décidé. Nous sommes avisés par l'administration des Postes qu'à son grand regret il y a impossibilité absolue d'abaisser de 150 marks à 100 marks par an l'abonnement à l'établissement téléphonique projeté pour la ville de Metz. Il ne faut pas perdre de vue que l'installation et l'entretien d'un pareil service exigent une dépense tellement considérable tant pour le personnel que pour le matériel, que la rente du capital dépensé n'est nullement garantie par les recettes. L'administration du télégraphe, guidée par une expérience de plusieurs années, n'est pas à même d'abaisser, au gré des parties intéressées, le montant des abonnements annuels sans menacer l'équilibre financier. Au surplus, nous croyons devoir faire remarquer que les procédés, suivis dans d'autres pays, fournissent la preuve que les abonnements aux services téléphonique à l'étranger ont été fixés, dès le commencement à un montant bien supérieur à celui en usage en Allemagne, de façon à garantir d'une rente suffisante des frais d'établissement. C'est ainsi que l'abonnement annuel pour chaque rattachement a été fixé à Paris à 600 francs, Lyon, Rouen, Le Havre et à Marseille à 400 francs, Reims, Dunkerque et Lille à 200 francs. A Londres, Manchester, Liverpool et Glasgow, les abonnés payent 500 francs par an, à Leeds, 375 francs, à Cambridge, 250. En Italie, le prix d'abonnement varie entre 170 et 200 francs. En Hollande, la taxe est de 250 francs au minimum. Au Portugal, de 334 à 440 francs. En Espagne, de 280 à 374 francs. Au Danemark, de 200 à 262 francs. A Verviers, 200 francs, à Ostende (Belgique), l'abonnement est calculé à raison de 170 francs pour chaque kilomètre de circuit. Comparé à ces tarifs, l'abonnement de 150 marks ou 187,50 francs en Allemagne ne paraît nullement exagéré. En ce qui concerne l'objection relative à l'exagération du prix de l'abonnement de 150 marks par rapport aux distances minimum dans notre ville, nous prenons la liberté de faire ressortir que d'autres villes en Allemagne, telles que Lubeck, Hildesheim, Bielefeld, Minden, etc, dont la circonférence est de beaucoup inférieure à celle de la ville de Metz, n'ont fait aucune objection contre la stipulation d'un prix d'abonnement annuel de 150 marks. Admettons qu'un abonné au service téléphonique fasse 10 entretiens par jour au moins, nous arrivons alors au chiffre de 4000 entretiens téléphoniques par an. Les frais d'un seul entretien se chiffrent par conséquent à 3 1/2 pfennigs en moyenne, montant tout à fait minime par rapport aux avantages, facilités et économies que présente le commerce instantané entre les abonnés. Cette quotte se rapproche du reste de la taxe de 5 centimes perçue en Suisse pour chaque entretien téléphonique. Or, nous croyons que les débats se résument à ces deux points :
1) la population intelligente de Metz veut-elle sérieusement oui ou non l'établissement d'un service téléphonique en ville ?
2) Veut-elle absolument limiter les abonnements annuels à la somme de 100 marks au lieu de 150, tarif exigé par l'administration des Télégraphes à la suite d'une longue expérience ?
La première question a été déjà tranchée favorablement sur toute la ligne. Nous avons lieu d'exprimer l'espoir que la deuxième question obtiendra également une solution conforme aux exigences de la situation; la différence de 50 marks par an pour chaque rattachement paraît trop insignifiante pour qu'une ville de l'importance de Metz reste désormais privée d'un moyen de communication le plus important au point de vue d'une amélioration et du développement de ses nombreuses relations à l'intérieur. Si la participation à l'établissement d'un service téléphonique restait actuellement insuffisante, cette installation serait sans doute retardée pour plusieurs années. Il va de soi que le désavantage qui en résulterait retomberait exclusivement sur la ville de Metz et ses habitants, mais non sur l'administration impériale de télégraphes qui veut bien actuellement et sans retard contribuer pour sa part au développement du commerce et des intérêts publiques de la ville. La Direction supérieure des Postes veut bien nous déclarer qu'il est loisible aux abonnés -ainsi que cela se fait devant les guichets des bureaux de poste en ville- de se servir de la langue française non pas seulement dans leurs entretiens avec les co-abonnés, mais encore dans les communications à échanger avec l'employé de service du bureau central. (GdL)

Mardi 26 juillet 1887
Nous avons résumé samedi, très brièvement, les diverses considérations qui militent en faveur de l'installation immédiate du réseau téléphonique ; inutile de les développer davantage, d'autant que nous croyons savoir que les idées émises par nous sont l'expression de l'opinion général.
Pour aujourd'hui, nous nous bornerons à insister sur un point. Il est sans doute regrettable que nous n'ayons pu obtenir un prix inférieur à 150 m., et plus à la portée des bourses modestes, car alors les abonnés se seraient multipliés, et, avec eux, en raison mathématique, la somme des services que le téléphone est destiné à rendre.
Mais, puisque nous nous heurtons à une impossibilité, et que, d'autre part, les bonnes volontés de l'administration des postes, de l'administration municipale et des principaux commerçants de Metz sont acquises, il faut en profiter pour faire entrer la question dans le domaine des faits.
Nous reconnaissons que, de la part des premiers souscripteurs, il y a peut-être une sorte de sacrifice. Mais il n'y a pas lieu de trop s'y arrêter, comme nous le disions samedi : outre la question du présent, il faut considérer la question d'avenir. Mettre la chose en train, voici l'important ; elle ira toute seule dès qu'on se sera rendu compte des avantages qu'on retire du téléphone. Il s'agit donc d'un effort initial, auquel nous adjurons nos citoyens de s'associer.
On remarquera, d'ailleurs, qu'il s'agit presque d'une expérience comparable à celles dont l'éclairage électrique a été l'objet. En effet, si la municipalité n'avait pas pris l'initiative d'essais coûteux, nous ne serions pas aujourd'hui à la veille d'être dotés d'un éclairage électrique complet et dans de bonnes conditions.
Comme il n'est rien de tel que de prêcher d'exemple, nous faisons inscrire la Direction du Messin sur la liste des abonnés au service téléphonique. Nous savons, d'ailleurs, qu'une certaine quantité d'adhésions, des plus importantes, est réunie, assez nombreuse pour représenter le chiffre minimum demandé par l'administration des postes.
Par les soins de M. le maire, des listes vont circuler, accompagnées de la traduction en français, des conditions d'abonnement et des documents concernant la question. Nous nous félicitons ici de ce que l'administration des postes ait bien voulu donner aussi rapidement satisfaction au desideratum exprimé par M. Lanique dans sa lettre du 21 courant, et nous espérons que les listes d'abonnement se couvriront, à bref délai, de nombreuses signatures. La Rédaction
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Au moment de mettre sous presse, nous recevons la communication suivante :
La Direction supérieure des postes a reçu jusqu'à présent les adhésions suivantes pour l'abonnement au service téléphonique :
La Présidence du département, 2 abonnements ; MM. Furderer et Cie, 1 ; M. L. Gottlieb, 2 ; M. C. Heister, 1. En tout : 6 abonnements.
Il est très désirable que nos concitoyens prennent une décision au plus tôt, afin d'éviter toute perte de temps.

Comme nous le disions plus haut, les adhésions sont en bonne voie, puisque dès le premier jour, la Direction des postes en a reçu six, indépendamment de celles qui seront déposées à la Mairie par les intéressés. (LM)

Mercredi 27 juillet 1887
Jusqu'à présent, se sont fait inscrire pour participer à l'établissement d'un réseau téléphonique :
La Présidence du Département, 2 conduites ; MM. Furderer et Cie, 1 conduite ; L. Gottlieb, 2 conduites ; C. Heister 1 conduite. En tout 6 abonnements.
Nous engageons vivement nos concitoyens à prendre une détermination le plus tôt possible, afin d'arriver à assurer l'entreprise. (GdL)

Vendredi 29 juillet 1887
Le public apprendra avec satisfaction que la question du téléphone est dès à présent résolue. Actuellement, il y a déjà 26 abonnements assurés. Voulant contribuer pour sa part à la réussite de l'entreprise, la Gazette de Lorraine s'est inscrite pour un abonnement. (GdL)

Samedi 30 juillet 1887
Nous avons déjà dit que la création d'un réseau téléphonique à Metz était déjà dès à présent assurée, attendu que le nombre des adhésions dépassait le chiffre minimum fixé comme condition de l'établissement. En dehors des adhésions que nous avons déjà signalées en voici quelques nouvelles :
La Direction de l'arrondissement, M. Clément et Cie, La Gazette de Lorraine, Le Messin, MM. Reuter, huissier de justice, Th. Kolbach et Cie, J.H. de Westphalen dit Koch.
La Direction des chemins de fer, de son côté a fait prévoir qu'elle demandera deux raccordements, l'un pour la gare des marchandises de Metz, l'autre pour celle de Devant-les-Ponts. (GdL)

Dimanche 31 juillet 1887
La mairie nous adresse le communiqué suivant :
D'après un bruit qui circule en ville, les abonnés participant à l'établissement du réseau téléphonique, entreprise assurée dès à présent, auraient à payer des frais d'enregistrement en dehors du montant annuel de l'abonnement. Comme preuve à l'appui, on cite une maison de commerce de Metz qui a fait installer une communication téléphonique particulière, il y a quelques temps déjà. En ce qui concerne les abonnements au réseau téléphonique, nous pouvons affirmer de la façon la plus positive que les abonnés n'auront rien à payer, ni frais d'enregistrement, ni frais d'aucune sorte en dehors de leur cotisation annuelle.
Ne voulant contrecarrer en aucune façon l'entreprise si utile de la création du téléphone, nous nous sommes abstenus jusqu'ici d'exposer les objections que nous avons entendues formuler au sujet du prix d'abonnement. Aujourd'hui cependant que l'entreprise est assurée, nous n'hésitons pas à les soumettre à l'attention de qui de droit. D'accord avec l'Administration des Postes, nous sommes d'avis que le prix de 150 marks n'est pas trop élevé pour l'abonnement d'un seul raccordement. Mais - et c'est là précisément que réside la difficulté - beaucoup, nous dirons même la plupart des maisons de commerce ne peuvent se contenter d'un seul raccordement qui ne leur servirait pas à grand-chose. Prenons un exemple. L'entreprise de messageries X a son bureau au centre ville, pour communiquer avec l'agence qui est établie à proximité de la gare des marchandises, il lui faudra un double abonnement comprenant un premier raccordement du bureau situé en ville avec la station téléphonique centrale et un second raccordement de cette dernière avec l'agence de la gare, coût 300 marks. Voilà ce qui nous semble le principal obstacle qui s'est opposé dès le début à une nombreuse participation d'industriels et de commerçants. Tout en maintenant à 150 marks le prix d'abonnement pour un seul raccordement, il serait bon, croyons-nous, d'accorder une remise d'un tiers par exemple aux maisons qui demanderaient un double abonnement. Dans le cas seulement où les maisons commerciales pourront à peu frais, communiquer avec leurs agences, leurs succursales, leurs chantiers..., le réseau téléphonique répondra réellement à son but qui est de donner une nouvelle impulsion aux affaires. (GdL)

Mercredi 2 août 1887
Conseil municipal, séance du 29 juillet.
M. le Maire annonce que l'installation de communication téléphonique pour la ville de Metz peut dès à présent être considérée comme assurée. Quarante demandes d'abonnement ont été présentées jusqu'à présent à la Mairie et à l'Administration des Postes. La ville elle-même en fait partie pour un téléphone à installer au poste des Sapeurs-Pompiers à l'Hôtel de Ville et un autre à l'Abattoir. Les demandes à venir, qu'il serait désirable de voir se produire en grand nombre, devront être adressées à l'Administration des Postes, qui commencera sous peu l'établissement du réseau téléphonique. Relativement aux annonces d'incendies, on se réserve de statuer ultérieurement. Pour démentir un bruit qui s'est répandu à tort, il est expressément observé qu'il n'y aura pas de frais d'enregistrement à payer et qu'en dehors de l'abonnement de 150 marks, aucune autre dépense ne sera imposée. (GdL)

Ainsi qu'on l'a vu ci-dessus par le compte-rendu de la dernière séance du Conseil municipal, l'établissement d'un réseau téléphonique peut désormais être considéré comme entièrement assuré. Samedi matin, la liste des abonnés, couverte de 48 adhésions, a été remise par la Mairie à la Direction supérieure des Postes, qui prendra maintenant l'affaire en mains.
Se sont inscrits comme abonnés à deux téléphones: la Présidence du Département, l'Administration municipale (1 téléphone à l'Hôtel de Ville et un autre à l'Abattoir), l'Administration des chemins de fer (1 téléphone à la gare Serpenoise et un autre à la gare de Devant-les-Ponts), MM. Lion et Caen, L. Gottlieb, Jules Buch, C. Guermont, J. Furst fils, Clément et Augustin, J. Nusch, Ruelle frères. A un téléphone: la Direction de la Police, la Direction de l'Arrondissement, MM. Furderer et Cie, Saltzmann, Moitrier, la rédaction de la Gazette de Lorraine, la rédaction du Messin, MM. Lang frères, Mayer, banquier, Banque du Luxembourg, MM. H. Lanique, C. Heister, J.S. Behr (Hôtel du Nord), Serot et fils, Lallement frères, Tllement, Mme vve Bolich, MM. Baudinet, A. Weisert, Clément et Cie, Reuter, huissier, Holbach et Cie, de Westphalen dit Koch, Alfred Neumann, C. Heurich, C. Leiser et Cie. (GdL)

Jeudi 3 août 1887
Aux adhésions que nous avons déjà fait connaître, il faut ajouter celle de la rédaction du Lorrain qui s'est fait inscrire comme abonné à un téléphone, ce qui porte leur nombre à 49. (GdL)

Samedi 6 août 1887
L'administration des Postes vient de décider que les abonnés au réseau téléphonique n'auront à s'engager que pour la durée d'une année. Si, après l'expiration de cette première année, ils ne dénoncent pas leur abonnement à la fin du trimestre, ils pourront continuer à faire usage du téléphone pour une durée indéterminée, quittes à résilier leur abonnement un trimestre avant d'y renoncer. Il ne sera pas passé de traité spécial, sur ce point, entre les abonnés et l'administration des Postes. (GdL)

Samedi 6 août 1887
Monsieur le secrétaire d'état du département des Postes conformément à la demande de M. Tybusch, directeur supérieur des Postes, vient de donner l'autorisation nécessaire pour que l'établissement du téléphone de la ville de Metz soit effectué immédiatement et avec la plus grande diligence. Dès que les travaux préparatoires seront terminés, l'installation téléphonique sera commencée sans délai. (GdL)

Mardi 9 août 1887
La direction des Postes nous signale comme nouveaux abonnés: MM. E. Schulte, 5 rue du Faisan, Venner, 2 rue St-Louis, H. Wallenborn, 63 rue de l'Evêché. (GdL)

Mercredi 10 août 1887
Monsieur le Directeur supérieur des Postes invite les maisons de commerce et les personnes qui désirent être rattachées au réseau téléphonique à s'adresser sans retard à la Direction supérieure des Postes de Metz. Les demandes qui ne parviendraient pas à cette administration dans un délai de 15 jours ne sauraient être prises en considération pour l'année courante et subiraient un retard jusqu'au printemps de l'année 1888. (GdL)

Jeudi 18 août 1887
La Direction supérieure des Postes vient d'adresser à différentes maisons de Metz qui ne sont pas encore abonnées au téléphone, la circulaire suivante :
Monsieur,
Les travaux nécessaires pour l'installation de l'établissement téléphonique pour la ville de Metz (avec 52 abonnés) devant commencer sous peu, j'ai l'honneur d'appeler de nouveau votre attention sur les avantages de ce moyen de communication. Presque partout, l'expérience a démontré que les marchands, industriels, hôteliers, ... d'une ville où un établissement téléphonique devait être inauguré, ne sont venus d'abord qu'avec hésitation et en petit nombre déclarer leur adhésion. Du moment toutefois où les intéressés se sont aperçus de l'influence avantageuse d'un rattachement téléphonique sur la marche des affaires et la renommée d'une maison de commerce, sur la facilité des communications entre les fournisseurs et leurs clients, entre le marchand et l'administration des chemins de fer... Les personnes qui jusqu'alors n'avaient pu se décider à s'abonner au service téléphonique ont reconnu l'utilité à la nécessité de ce nouveau service public. Les établissements téléphoniques à peine installés, le nombre des adhésions augmentait si rapidement que l'administration des Postes et Télégraphes, à son grand regret n'était pas toujours en mesure de répondre à toutes les demandes, tandis qu'il n'y aurait aucune difficulté d'y faire droit sans retard, si les demandes d'abonnement avaient été effectuées avant le commencement des travaux d'installation. Le public fera donc bien, dans son propre intérêt, de prendre une résolution et de faire connaître son adhésion avant l'inauguration des travaux, afin que la Direction puisse dès l'abord prendre les mesures nécessaires à l'établissement des conduites. J'ajouterais que si chaque abonné n'est tenu que pour la durée d'une année d'abord, le montant annuel 150 marks d'un abonnement est si minime par rapport aux avantages futurs, qu'il ne doit guère entrer en considération dans une maison telle que la vôtre. D'autre part, une réduction de l'abonnement de 150 à 100 marks est inadmissible, l'Administration des Télégraphes n'étant alors pas à même de couvrir ses frais pour l'installation et l'entretien du réseau téléphonique.
Dans le cas où vous désireriez encore des renseignements sur les conditions d'un rattachement au service téléphonique, je serais prêt à vous adresser à titre gratuit un prospectus ou à vous donner personnellement tous les renseignements dont vous pourriez avoir besoin. Veuillez agréer Monsieur, l'assurance de ma haute considération.
La Direction supérieure des Postes. Tybusch. (GdL)

Vendredi 19 août 1887
Ont déclaré leur adhésion à l'établissement téléphonique de la ville de Metz: Max Salomon, M. Béda, ainsi que la succursale de la Société générale alsacienne de Banque. Enfin, la banque de l'Empire (Directeur M. Friedhoff) a annoncé son intention de prendre un abonnement. Nous avons lieu de croire que les maisons qui sont en relation avec la banque de l'Empire (Reichbank) ne tarderont pas à demander leur raccordement au réseau téléphonique. (GdL)

Mardi 23 août 1887
La Direction supérieure des Postes nous communique la circulaire suivante relative au projet d'un établissement téléphonique entre Metz et les villes voisines.
L'installation d'un réseau téléphonique pour la ville de Metz étant assuré grâce au concours bienveillant de notre population intelligente, on a tout naturellement songé à donner à ce moyen de communication une plus grande extension et à envisager le projet d'un établissement téléphonique entre Metz et les localités voisines. Metz capitale de la Lorraine, est le point central des relations politiques, administratives, industrielles et commerciales d'une contrée populeuse. Des rapports d'ordre officiels et privés mettent la ville de Metz en communication directe avec de nombreux cercles de la population de plusieurs villes du voisinage, telles que Thionville, Boulay, Remilly, Ars et St-Avold, pour ne citer que les plus importantes. Au point de vue commercial, la ville de Metz produit ou fournit de nombreux objets d'un usage constant. Les maisons de banque messine entretiennent avec leurs clients en Lorraine des rapports journaliers et fréquents, les journaux de Metz sont les plus répandus dans la campagne, au point de vue du commerce des blés ou autres objets de la production agricole, la ville de Metz reste le point d'échange le plus important pour le département Un grand nombre de commerçants entretiennent des représentants dans les localités importantes de notre province, quelques maisons y possèdent des succursales avec lesquelles elles entretiennent des relations non interrompues à l'aide de la poste, du télégraphe, etc, Plus les rapports sont facilités et multipliés, plus les maisons intéressées gagnent en importance et en extension. Pour le développement de tous ces intérêts, l'établissement d'un service téléphonique serait de la plus haute importance.
Le rattachement des services téléphoniques de plusieurs localités voisines fournit aux intéressés la possibilité d'entrer en communication directe et verbale à toute heure, sans aucun déplacement. L'économie de temps ainsi réalisée et la spontanéité d'un commerce de vive voix sont d'un prix incalculable. L'expérience a du reste démontré l'importance d'un tel service public. Dans la Haute-Alsace (Mulhouse, Gebwiler, Thann), dans les endroits industriels de la Haute-Silésie (Beuthen, Gleiwitz...) dans certains districts rhénans-westphaliens, ainsi que dans les annexes de plusieurs grandes villes, des établissements téléphoniques fonctionnent avec le plus grand succès. Notre commune, sans doute, ne peut pas se comparer avec ces localités, en ce qui concerne l'étendue des intérêts commerciaux; néanmoins, nous avons tout lieu de croire que Metz étant le centre d'un réseau où convergent des intérêts de toute nature, les institutions administratives et privées de notre ville et ses rapports avec les autres endroits de la Lorraine sont autant de garantie pour la réussite d'un service téléphonique avec le dehors.
La mise en pratique du projet tendant à établir des communications entre les habitants de Metz et ceux des villes voisines exige d'abord la création, dans chacun de ces endroits, d'un bureau téléphonique local. Ces bureaux téléphoniques reliés une fois avec Metz par fil spécial, il sera procédé par des moyens techniques à la mise en communication directe entre les différents abonnés de Metz et ceux des localités voisines. Un nombre considérable d'abonnés ne serait pas de rigueur; l'administration des télégraphes prendra en considération les demandes de rattachement au service téléphonique de Metz dès qu'un nombre de 6 à 10 personnes de la même localité déclarerait son adhésion au nouveau service. Chaque intéressé supporterait l'abonnement ordinaire de 150 marks par an plus un droit, variant de 50 pf. à 1 mark pour chaque entretien d'une durée de 5 à 10 minutes avec un abonné messin. Nous ne dissimulons pas les difficultés qui, dans les conditions spéciales où se trouve notre département, s'opposent pour le moment à la réalisation du projet. Toutefois, l'influence considérable du téléphone sur le développement des relations générales a été reconnue partout, de manière que l'extension projetée de l'établissement téléphonique n'est qu'une question de temps? C'est pourquoi nous jugeons utile que les localités des contrées intéressées se familiarisent dès à présent avec l'idée que nous avons émise aujourd'hui, en fassent l'objet de leurs entretiens, d'articles de journaux, de débats au sein des Conseils municipaux... C'est ainsi que le terrain sera avantageusement préparé et que l'administration des Postes, qui porte un grand intérêt à cette affaire sera mise à même de procéder en temps utiles à l'étude des installations et à la préparation des travaux nécessaires. Il nous revient que plusieurs maisons de commerce de Metz ont déjà posé comme condition à leur adhésion à l'établissement téléphonique de la ville, l'extension du réseau à d'autres localités de la Lorraine; aussi, l'administration pourra-t-elle sans aucun doute compter sur le concours de ces maisons qui, dans leur propre intérêt, voudront contribuer à la propagation, dans les localités dont il s'agit, des idées émises ci-dessus et aide ainsi au développement des intérêts publics. Les Conseils municipaux des communes voisines de Metz auront en première ligne bien mérité de leurs administrés en prêtant leur concours précieux à la réalisation du projet d'un grand réseau téléphonique rayonnant autour de la ville de Metz. (GdL)

Mercredi 24 août 1887
Se sont abonnés: MM. Jacquemin à Metz, éventuellement au Sablon et Montigny, Mme vve Bondroit, L. Schard et Cie (moulin de la ville). Le délai fixé pour les déclarations étant expiré, il n'en sera plus accepté pour le moment. (GdL)

Les travaux d'installation ont commencé par des pourparlers relatifs à la pose des points d'appui et des fils sur les diverses maisons de la ville. Dès que ces pourparlers, qui sont menés très activement, auront abouti, on procédera aux travaux. (GdL)

Samedi 27 août 1887
La Direction supérieure des Postes nous communique une adhésion au téléphone arrivée au dernier moment, celle de M. Eugène Fribourg, représentant de commerce, rue des jardins qui s'abonne pour deux appareils. (GdL)

Samedi 27 août 1887
Ainsi qu'on l'a vu par la communication de l'Administration des Postes que nous avons publiée, la liste des adhésions au téléphone est close. Toutefois nous avons encore à en signaler trois, qui seront comprises dans la première liste ; celles de :
MM. Ferdinand Schaeffer (raison sociale « Krell et Schaeffer »), 41, rue Nexirue (un poste) ;
Ph. Weigand jeune, 19, rue des Prisons Militaires (un poste) ;
Ferry, vis-à-vis la gare de Metz (un poste).
Il convient de remercier l'Administration des Postes du zèle et de l'urbanité parfaite qu'elle a apportés dans tous les détails de cette entreprise.
S'il nous était permis de formuler encore quelques vœux, nous ferions observer à M. le Directeur des Postes qu'il conviendrait de se montrer coulant sur la question du délai, et d'attendre, le cas échéant, les adhésions retardataires. Car, d'une part, un certain nombre de personnes sont longues à se décider ; d'autre part, la saison des vacances et des villégiatures a entraîné des absences dont il faut tenir compte, et retardé plus d'une adhésion.
Une autre question, bien plus importante, que nous désirons adresser à l'Administration des Postes, est celle-ci: Ne pourrait-il pas être établi des cabines téléphoniques publiques, dans lesquelles tout le monde serait admis à échanger des communications moyennant un tarif à tant les cinq minutes, comme cela se pratique à Nancy, par exemple ? Ces cabines publiques, qui pourraient sans doute être installées facilement dans les bureaux de poste et de télégraphe déjà existants, mettraient le public à même d'apprécier tous les avantages du téléphone et faciliteraient singulièrement, croyons-nous, le recrutement de nouveaux abonnés. Nous appelons donc l'attention de l'Administration supérieure sur cette intéressante question, et nous sommes convaincus que, dans son désir de favoriser autant que possible cette entreprise d'utilité publique, elle voudra bien prendre la question en considération.
Nous allons donc débuter avec environ 54 adhésions, représentant 66 rattachements téléphoniques ; nous nous félicitons de ce résultat.
Ces chiffres, croyons-nous, seront bientôt largement dépassés. A Nancy, au commencement de 1885, le nombre primitif des abonnés était également de 60 ; il dépasse 130 actuellement, et la progression a été constante.
Quant à l'utilité du téléphone, elle n'est plus à discuter, et nous terminerons par cet extrait d'une lettre qui nous est adressée de Nancy par un notable commerçant, M. N... :
« Tous les adhérents que j'ai vus m'ont déclaré qu'ils reconnaissaient de plus en plus les avantages du téléphone, lesquels s'imposent aujourd'hui à ceux qui au début y étaient tout à fait réfractaires. »
Nul doute que le même phénomène se produira à Metz, et que tous nos négociants comprendront bientôt tous les avantages d'un progrès incontestable dans les relations commerciales. (LM)

Dimanche 28 août 1887
Avec une célérité toute téléphonique dont nous ne saurions trop le remercier, M. Tybusch, directeur supérieur des Postes de Metz, a bien voulu répondre aux questions que nous formulions hier. Il nous a fait savoir que l'Administration ne se montrera pas plus rigoureuse qu'il ne faut sur le délai d'admission, et qu'elle acceptera les adhésions des retardataires en tant qu'il sera compatible avec les nécessités des travaux d'installation.
Quant à la question des cabines publiques, l'Administration supérieure a déjà commencé une étude spéciale à ce sujet, et elle veut bien nous promettre de nous tenir au courant des résultats.
Nous espérons apporter un élément d'éclaircissement à la question en publiant la façon dont les choses se passent en France pour le service des cabines publiques. Voici, concernant ce point, un extrait du règlement que nous devons à notre correspondant de Nancy, déjà cité hier :
«C. Communications échangées à partir des cabines téléphoniques publiques.
Dans une même ville ou entre villes différentes formant, en vertu d'une décision spéciale, un groupe au point de vue de l'exploitation téléphonique de l'Etat, il est à percevoir, par 5 minutes de conversation, 0 fr. 25 c., à percevoir dans chaque poste extrême, pour conversation entre abonnés de deux villes différentes ou entre deux cabines publiques ; à percevoir dans la cabine publique seulement, pour les conversations entre abonnés et cabines publiques dans la même ville.
Toutefois, la personne qui demande la communication peut payer d'avance 25 c. pour la réponse. Dans ce cas il en est donné avis, par le téléphone, au poste de destination, et il n'est rien perçu dans ce dernier poste.
Durée des communications.
En aucun cas il ne peut être accordé, dans les cabines téléphoniques publiques, successivement plus de dix minutes de communication à la même personne, lorsqu'il s'est produit d'autres demandes de communication. L'ordre des demandes est suivi rigoureusement sans aucune exception ni tour de faveur. La même règle est applicable aux communications entre abonnés de réseaux différents. »
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Nos lecteurs trouveront à la 3e page la liste complète, à ce jour, que nous avons établie par ordre alphabétique, des adhérents au service téléphonique, liste dont chacun aura besoin quand le téléphone commencera à fonctionner. Si par hasard cette liste contenait quelques inexactitudes de détail, nous serions obligés aux intéressés de nous les faire connaître.
Toute la presse messine se trouve, comme on verra, représentée sur cette liste. Nous constatons, à son honneur, que, malgré les divergences d'opinion, elle sait se trouver d'accord dès qu'il s'agit d'une question d'intérêt général et d'un progrès à réaliser.
Souhaitons en terminant que cette liste, qui compte déjà 53 noms, s'augmente à bref délai, à l'exemple de ce qui est arrivé à Nancy.
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Le 1er septembre, M. Tybusch, directeur supérieur des postes de Metz, retournera à son poste à Minden (Westphalie), et sera remplacé par M. Schulz, d'Arniberg.
M. Tybusch a été en fonction à Metz pendant trois mois. Il a toujours montré une bonne volonté et une affabilité à laquelle nous nous plaisons à rendre hommage une fois de plus. C'est grâce à lui que l'entreprise du téléphone, commencée sous de mauvais auspices, a pu être menée à bonne fin. (LM)

Mardi 30 août 1887
Ainsi qu'on l'a vu par la communication de la Direction supérieure des Postes que nous avons publiée, la liste des adhésions au réseau téléphonique est close. Toutefois nous avons encore à en signaler quatre qui seront comprises dans la première liste : celles de MM. Ferdinand Schaeffer (raison sociale Krell et Shaeffer) 41 rue Nexirue (1 poste), Ph. Weigand jeune, 19 rue des Prisons Militaires (1 poste), Ferry, vis à vis la gare de Metz (1 poste), Schwieger, café de la Meuse (1 poste).
Il convient, dit le Messin, de remercier l'administration des Postes du zèle et de l'abanité parfaite qu'elle a apportés dans tous les détails de cette entreprise. (GdL)

Mercredi 7 septembre 1887
On nous annonce une nouvelle adhésion au service du téléphone, celle de M. Anselm, pharmacien, rue des Allemands. (GdL)

Mercredi 21 septembre 1887
Il nous revient que la Direction générale des Postes vient de décider que l'abonnement annuel au service téléphonique dans les localités de la banlieue messine serait fixé au même chiffre que pour la ville même, pour autant que ces localités soient exploitées dans la circonscription postale du bureau de Metz. En revanche, les droits pour les raccordements téléphoniques avec des localités voisines pourvues d'un bureau de poste spécial seront perçus conformément aux conditions arrêtées pour les participations à un service téléphonique urbain (catégorie $4b). C'est ainsi que chaque poste téléphonique au Sablon, aux Bordes, à Devant-les-Ponts, etc. payera 150 marks tandis que cet abonnement sera majoré d'un droit de 50 marks pour chaque kilomètre de distance entre le rayon postal et la localité intéressée, lorsqu'il s'agit des raccordements avec Montigny, Longeville et St-Julien.
Il résulte d'une autre décision de l'Office central des Postes, que les traités relatifs à l'installation d'un service téléphonique ne seront pas conclus sous forme de contrat, mais par simples notifications écrites. Les formules établies à cet effet seront distribuées sous peu aux intéressés.
Une observation intéressante, pour terminer, l'expérience a démontré que les supports téléphoniques surmontant les immeubles constituent une protection efficace contre la foudre. Ces poteaux étant en communication permanente avec la terre par de nombreux fils métalliques, chaque support peut être considéré comme faisant fonction de paratonnerre. Nous avons lieu d'espérer, dans l'intérêt d'un prompt achèvement du réseau téléphonique que cette considération contribuera à faire lever certaines difficultés rencontrées de la part de quelques propriétaires au sujet de l'application des supports téléphoniques sur leurs maisons. (GdL)

Mercredi 23 septembre 1887
Conseil municipal de Metz.
D'après des informations données par M. le Maire, des arrangements ont été faits pour utiliser les téléphones pour l'annonce des incendies avec MM. Henrich, pharmacien, rue du Pont-St-Georges, 16-18, Anselm, pharmacien, rue des Allemands, 21, et R, boucher, rue de Paris, 10. Les téléphones du poste central de la Direction de la police, rue des Trois-Boulangers, et du bureau central du télégraphe seront en outre à la disposition du public, de sorte qu'après l'achèvement du réseau téléphonique, dont les travaux seront commencés sous peu, la ville de Metz sera pourvue en dehors de l'Hôtel de Ville, de cinq stations d'annonces d'incendies avantageusement réparties dans les divers quartiers de la ville. (GdL)

Jeudi 6 octobre 1887
On nous annonce une nouvelle adhésion au réseau téléphonique, celle de M. Corhumel, pharmacien, rue Serpenoise, avec deux postes, l'un à Metz, l'autre au Sablon. (GdL)

Mardi 18 octobre 1887
Les travaux relatifs à l'établissement d'un réseau téléphonique pour la ville de Metz et les communes suburbaines ont été commencés le 4 octobre par la pose des fils conducteurs reliant Metz à Devant-les-Ponts, au Sablon et aux Bordes. Depuis quelques jours, des ouvriers aménagent la station centrale qui est installée dans le bâtiment du télégraphe, rue de l'Esplanade. A partir d'aujourd'hui, on procédera à la pose, sur les toitures, de tuyauteries en fonte destinées à supporter les isolateurs autour desquelles viendront s'enrouler les fils conducteurs. C'est ici une besogne qui nécessitera plusieurs mois, d'autant plus que voici la mauvaise saison qui commence. Le réseau téléphonique ne pourra guère être terminé avant les mois de janvier ou de février prochain. Les fils conducteurs dont on se sert sont en acier de 2,2 millimètres. Les appareils sont du système Siemens et Halske. Chaque station téléphonique sera munie d'une batterie de 6 éléments. (GdL)

Mardi 13 décembre 1887
Les appareils téléphoniques sont actuellement posés chez tous les abonnés. D'après nos informations, le service serait inauguré officiellement le 16 octobre; les intéressés recevront tous la liste de leurs co-abonnés et des instructions relatives à l'usage des appareils. (LM)

Mercredi 14 décembre 1887
Un avis officiel confirme aujourd'hui la nouvelle que nous avons donnée hier relativement au service téléphonique.
Les communications seront ouvertes le 16 courant à partir de 8 heures du matin. La distribution des listes d'abonnement, renfermant des instructions exactes sur le maniement des appareils et l'exploitation du système téléphonique a lieu aujourd'hui. Nous reproduirons ces instructions dans un prochain numéro. (LM)

Jeudi 15 décembre 1887
Nous appelons tout spécialement l'attention du public sur l'avis ci-après :
L'installation téléphonique de la ville de Metz sera inaugurée le 16 du mois courant à 8 heures du matin et mise à partir de la même date, à la disposition du public. La distribution de la liste des abonnés, renfermant une instruction exacte sur le maniement des appareils et l'exploitation du service téléphonique aura lieu aujourd'hui.
Metz le 12 décembre 1887. Pour le Directeur supérieur des Postes. Signé Waechter. (GdL)

Le bureau du télégraphe de l'Esplanade délivre des exemplaires de la liste des abonnés au prix de revient.

Dimanche 25 décembre 1887
Conseil municipal du 24 décembre.
(...) Le maire fait ensuite communication au Conseil municipal de ce que l'exploitation du réseau téléphonique de la ville de Metz a été inauguré le 16 du mois courant, avec 67 stations terminales et deux postes intermédiaires, en rendant hommage à l'administration supérieure des Postes pour son empressement et l'activité déployée par elle pendant les travaux préparatoires et ceux de cette importante extension des moyens de communication. On rappelle à cette occasion encore une fois que dorénavant à toutes heures du jour et de la nuit, on pourra signaler les incendies par les voies du téléphone : 1° au poste des pompiers de l'Hôtel de ville, 2° au bureau central du téléphone, rue de l'Esplanade n°10, (bureau du télégraphe), 3° au poste central de la Direction impériale de police, rue des Trois-Boulangers, n°4, 4° chez M. Anselm, pharmacien, rue des Allemands, n°24, 5° chez M. Heurich, pharmacien, rue du Pont-St-Georges, n°16-18, 6° chez M. Rehmenklau, boucher, rue de Paris, n°10 au fort. (...) (GdL)

sommaire

Année 1888

Dimanche 29 janvier 1888
Nous rappelons l'attention de nos lecteurs de la ville par un avis publié aux annonces par la Direction supérieure des Postes.
A cette occasion nous ferons observer que l'installation téléphonique présente d'autant plus d'avantages pour le public que les rattachements augmentent en nombre. Elle fonctionne déjà avec 67 cabines, et ainsi qu'il en résulte des nombreux entretiens journaliers, elle est devenue un moyen de communication aussi utile que nécessaire; il est donc hors de doute qu'elle subsistera et se développera même d'une façon continue. Les maisons de commerce, les hôtels, les débits, de même que les médecins, avocats, agiraient évidemment dans leur propre intérêt en se faisant rattacher au réseau téléphonique. (GdL)

Vendredi 3 février 1888
La Direction supérieure des Postes nous informe que jusqu'à présent les personnes suivantes se sont faites inscrire pour le nouvel exercice comme abonnées à l'installation téléphonique de notre ville, savoir :
J. Reitz, 13, rue St Médard ; Thiria Bruch, 24, rue Nexirue ; Lacroix Successeurs, 33, rue des Allemands ; Claude Mitanchez, Plantières. (GdL)

Mercredi 22 février 1888
Intentions d'abonnements au réseau téléphonique :
N. Léonard, 9, rue du Petit Paris ; C. Wollert, 16, rue Chambière ; Albert Herz Frères, 28 bis, rue Mazelle. (GdL)

Jeudi 23 février et 1er mars 1888
Avis concernant la demande de nouveaux rattachements à l'installation téléphonique de Metz.
L'échéance prochaine pour la notification de nouveaux rattachements à l'installation téléphonique de la ville de Metz est fixée au 1er mars prochain. Les personnes, maisons de commerce débits qui désirent obtenir un rattachement au service téléphonique voudront m'adresser leur demande le plus tôt possible. L'exécution des rattachements pendant l'exercice courant de construction ne saurait être garantie que si les notifications parviennent à la Direction Supérieure des Postes jusqu'au 1er mars prochain.
Metz, le 17 février 1888. (GdL)

Mardi 6 mars 1888
Rattachement au réseau téléphonique :
H. Colin, représentant de commerce, 16, rue du Palais. (GdL)

Dimanche 11 mars 1888
Rattachement au réseau :
Greiff, 8, rue St Médard ; Zureich, 1, place de la Comédie ; N. Gengler, Café de Paris ; Jules Maillet, Café du Théâtre ; Lévy, Dr en médecine, rue du Lancieu. (GdL)

Mardi et mercredi 22 et 23 mai 1888
Le télautographe, écriture à distance inventeur Elisha Gray, invention qui fonctionne déjà en Amérique, on aura bientôt un spécimen à l'Académie des Sciences de Paris. Ne fera pas de tord au téléphone. (GdL)

Mardi 5 juin 1888
Avis concernant la demande de rattachement au réseau téléphonique fixée au plus tard au 1er juillet. (GdL)

Vendredi 5 octobre 1888
Depuis l'introduction du service téléphonique la ville dispose de sept postes-avertisseurs en cas d'incendie: à l'Hôtel de ville, à la Direction de la Police, au théâtre, à l'abattoir, MM. Heurich et Anselm, pharmaciens, Rehmanklau, boucher.
Afin d'indiquer ces postes au public, ils seront munis d'une inscription spéciale sur plaque de fer. Les frais se montant à 50 marks seront pris sur les crédits en cours. (GdL)

Dimanche 11 novembre 1888
Le prochain congrès international de télégraphie devant bientôt se réunir à Paris, des réseaux internationaux sont à l'étude dont un passant à Metz : Vienne-Metz-Paris. (GdL)

sommaire

Année 1889

Samedi 26 janvier 1889
Postes avertisseurs.
Nous informons le public que l'administration municipale a fait apposer des plaques portant l'inscription "Feuermelder" aux postes avertisseurs en cas d'incendie reliés au réseau téléphonique. En dehors du poste des sapeurs-pompiers, des postes avertisseurs sont établis aux numéros 21 rue des Allemands, au 18 rue du Pont St-Georges, à la Direction de la Police 4 rue des Trois Boulangers et au 10 rue de Paris. Dès qu'un incendie s'est déclaré quelque part il suffit de se rendre au poste au poste avertisseur le plus proche et d'y désigner l'endroit où le feu a pris, les sapeurs pompiers seront aussitôt prévenus. (GdL)

Mardi 18 juin 1889
Avis 1er juillet dernier délai pour les inscriptions au réseau téléphonique. (GdL)

Jeudi 15 août 1889
La Compagnie du gaz a été rattachée sous le numéro 36 au réseau téléphonique. (GdL)

Vendredi 19 septembre 1889
La pharmacie Féréol Welter, rue du Pont des Morts, n°20, vient d'être rattachée au réseau téléphonique. (GdL)

Vendredi 25 octobre 1889
Rattachement au réseau téléphonique :
G. Amos, brasseur, rue Hollandre-Piquemal (n°55) et au Sablon (n°75) ; la Compagnie du Gaz, rue des Clercs n°9 (n°36) ; M. Welter-Féréol, pharmacien, rue du Pont des Ports n°20 (n°21).
Ont renoncé :
Clément et Augustin (n°40 et 55) ; La Direction d'Arrondissement (n°92) ; Schulte (n°53). (GdL)

sommaire

Année 1890

Mardi 14 janvier 1890
(Annonces)
J.G. Koessler, maître de poste et loueur de voitures, 27 rue St Marcel. Téléphone n°27.
Ubersetzung. (Traductions) J.N. Reuter, huissier à Metz, 2 rue des Ecoles. Téléphone n°13. (GdL)

Dimanche 23 février 1890
Rattachement au réseau téléphonique.
Koessler, ( n°27) ; Café viennois, 1 rue Nexirue, (n°30). (GdL)

Mercredi 25 juin 1890
Monsieur le Directeur supérieur des Postes fait connaître que les personnes qui désirent encore être rattachées dans le courant de l'année budgétaire 1890/91 au réseau téléphonique, devront faire parvenir leur déclaration à bref délai au plus tard au 1er août. Quant aux déclarations faites postérieurement à cette époque, il n'en pourra être tenu compte qu'après le 1er avril 1891. (GdL)

Mardi 21 octobre 1890
Monsieur le Directeur supérieur des Postes à Metz se référant aux plaintes formulées récemment dans les journaux locaux concernant le service du téléphone nous adresse les observations suivantes.
"Le bureau central du téléphone est occupé constamment par un employé chargé de donner les communications et qui, en regard du petit nombre de correspondances, suffit parfaitement et en tous temps pour satisfaire aux exigences du public.
Des plaintes relatives à des défauts de service dus à l'inadvertance de l'employé n'ont été adressées ni à moi ni, constatation faites au bureau télégraphique. Des dérangements dans le fonctionnement d'une installation si sujette à des influences du hasard, surtout aux changements atmosphériques, n'ont rien d'étonnant et ne peuvent être imputés au personnel. D'autres désagréments survenus dans le fonctionnement du service téléphonique doivent être attribués en grande partie aux maniements inexacts des appareils et au manque d'attention que les abonnés accordent aux prescriptions réglementaires en n'agissant que rarement d'une manière absolument conforme à l'avis annexé à la liste des abonnés et occasionnent ainsi des retards sensibles dans le fonctionnement et des difficultés dans les communications.
Il en résulte de ces explications que l'inadvertance des employés ne peut être invoquée que dans des cas isolés, et à cet égard il n'y peut être remédié que si les intéressés avisent aussitôt du fait le bureau télégraphique en relatant soigneusement tous les détails. Des réclamations conçues dans un sens général ne peuvent amener l'amélioration d'inconvénients éventuels. Par conséquent, on ne saurait trop recommander aux intéressés de contribuer pour leur part au perfectionnement du service, en suivant exactement les indications données et en signalant à l'autorité supérieure chaque cas particulier qui semblerait dû à l'inadvertance de l'employé. En ce qui concerne en particulier le fait signalé par les journaux "que les intéressés sont souvent obligés d'attendre trop longtemps la communication demandée et de s'adresser plusieurs fois au bureau téléphonique avant que l'on tienne compte de leur appel" il y a lieu de faire remarquer que ces plaintes sont à attribuer jusqu'à présent, sans exception, à l'inadvertance des personnes appelées au téléphone et à l'impatience des appelants. Il arrive assez souvent que, la communication étant effectuée par le bureau central, la réponse n'arrive pas, ou que la sonnette ne fonctionne point, ce qui provient évidemment de ce que l'appareil auditif n'avait pas été accroché, puisqu'à l'ordinaire la sonnette fonctionne de nouveau plus tard.
Quelque fois aussi, quand l'appelé ne répond pas immédiatement, il arrive que l'appelant quitte l'appareil. Entre-temps, l'appelé s'est approché de l'appareil et appelle alors inutilement de son côté. Si la conversation s'établit enfin, les deux parties s'imaginent que le bureau central avait négligé d'établir à temps la communication.
Si le bureau téléphonique est mis en réquisition de plusieurs côtés à la fois, cas qui se présente fréquemment, il est évident que chaque appelant doit attendre son tour; toutefois, la perte de temps n'est guère sensible, pourvu que les correspondances s'effectuent promptement. Mais même le léger laps de temps d'une minute est évalué par maints intéressés impatients à 5 à 10 minutes, parce que la courte attente lui paraît doublement ou triplement plus longue qu'elle ne l'est en réalité. Et comme il n'a guère connaissance de cette particularité que plusieurs abonnés peuvent se mettre en rapport simultanément avec le bureau central, il finit pas admettre qu'il est nécessaire d'appeler à plusieurs reprises avant qu'il soit tenu compte de l'appel.
Le vœu concernant l'installation de cabines publiques a été émis de différents côtés, mais on ne peut en constater le besoin réel, en égard à la faible participation au téléphone et au rare usage qu'on en fait. Cette innovation ne pourrait amener une augmentation du nombre des abonnés que dans le cas où ces derniers recevraient l'autorisation d'user gratuitement des cabines publiques. Hypothèse incompatible avec l'état des choses, puisque d'après les règlements établis à ce sujet pour tout le réseau des Postes de l'Empire, toute personne qui utilise un appareil téléphonique est tenue de payer la taxe fixée à cet effet. Je me permets de rajouter que même dans les localités où la correspondance par téléphone est très active, comme Berlin, Hambourg, Cologne... les cabines publiques sont peu utilisées de sorte que les frais d'installation, d'entretien et de fonctionnement dépassent le chiffre des recettes." (GdL)

Jeudi 23 octobre 1890
Il résulte d'une communication qui nous est adressée par Monsieur le Directeur supérieur des Postes au sujet du service téléphonique que les appareils actuels seront probablement remplacés d'ici au 1er avril 1891 par des microphones, ce qui contribuera à une amélioration notable. (GdL)

Jeudi 23 octobre 1890
Le téléphone va recevoir une application nouvelle en annonçant les tempêtes. On vient, en effet, de faire une nouvelle découverte sur la propriété de ce moyen de transmission du son.
En plaçant deux barres de fer à une distance de 7 à 8 mètres l'une de l'autre, et en les mettant en communication, d'un côté, par un fil de cuivre recouvert d'un caoutchouc, et, de l'autre avec un téléphone, on peut prédire, au moins 12 heures à l'avance, une tempête par un bruit sourd qui se fait entendre dans l'instrument récepteur. Au fur et à mesure que la tempête approche, on entend un bruit semblable à des grêlons qui battent contre les fenêtres. Chaque éclair, et par suite chaque coup de foudre qui l'accompagne, produisent un choc semblable à celui d'un coup de pierre lancé entre le diaphragme de l'instrument.
Tous les changements atmosphériques se distinguent par des bruits plus ou moins intenses, que tous ceux qui sont habitués au téléphone peuvent découvrir. Cette nouvelle découverte rendra d'inappréciables services aux bureaux météorologiques. (LM)

Statistiques : Communications téléphoniques et télégrammes par voie téléphonique.
Janvier . .
Février . .
Mars 8002 ...................... 136
Avril 7328 .......................105
Mai 7329 ..........................93
Juin 9818.......................... 88
Juillet 9019 ......................145
Août 7984 .......................112
Septembre 7011 ..............113
Octobre 6853 ..................121
Novembre 6718 ................84
Décembre 6750 ................61

sommaire

Année 1891

Jeudi 6 mars 1891
Délai pour le raccordement au réseau téléphonique fixé au 15 mars 1891 (GdL)

Samedi 20 juin 1891
50 ans d'administration municipale
Le mandat du Conseil municipal est prêt d'expirer, regard en arrière sur l'activité déployée par cette assemblée depuis cinq années ...
M. le Maire a ouvert la séance du Conseil municipal de mardi dernier par l'allocution suivante :
... A l'aide du réseau téléphonique installé à Metz en 1887 et pour la réussite duquel l'autorité municipale a fait beaucoup, on a établi des avertisseurs d'incendie dans tous les quartiers de la ville et réalisé ainsi une amélioration considérable dans le service des incendies ... (GdL)

Samedi 27 juin 1891
La Direction supérieure des Postes a fixé au 1er août le prochain délai pour la déclaration des nouvelles adhésions au réseau téléphonique de Metz. Les particuliers, les maisons de commerce ... qui désirent être reliés au réseau téléphonique dans le courant de cette année devront adresser leur déclaration d'ici à cette date à l'administration précitée.
A partir du 1er juillet, la redevance annuelle à payer pour un poste téléphonique situé dans un rayon de 5 km du bureau central sera fixé à 150 marks par an. En dehors de ce rayon, la redevance est augmentée de 5 marks par chaque 100 mètres ou par fraction de 100 m. Le tarif pour l'utilisation d'une sonnerie d'appel de construction ordinaire est réduite de 10 à 5 marks.
Voici les localités situées dans un rayon de 5 km du bureau central: St Julien, Vallières, Ventoux, les Bordes, Plantières, Borny, Queuleu, Sablon, Grigy, Magny, Montigny, Longeville, Moulins, Chazelles, Scy, Plappeville, Lorry, Ban-St-Martin, Devant-les-Ponts, Woippy, Thury.
Nous rappelons l'attention particulière des intéressés sur les facilités accordées par la Direction des Postes. Nous voudrions engager en particulier les commerçants, bouchers, boulangers, marchands de comestibles, etc, à se faire relier au réseau téléphonique. Les avantages qui peuvent en résulter pour eux, compensent largement l'abonnement annuel. De nouvelles adhésions donneront naissances à un plus fort courant d'affaires tant à Metz que dans les localités suburbaines. (GdL)

Mercredi 1er juillet 1891
A l'exposition qui vient de s'ouvrir à Francfort sur le Main, on donne des auditions téléphoniques des représentations du théâtre royal de Munich situé à une distance de près de 500 km. (GdL)

Mardi 21 juillet 1891
Il est arrivé dernièrement qu'un abonné au réseau téléphonique de Metz, voulant se servir de son appareil pendant un orage, a été épouvanté par les courants d'électricité atmosphérique. En conséquence, la Direction supérieure des Postes a donné des ordres pour que les communications demandées pendant les orages par les abonnés ne soient plus établies à l'avenir. Il est vrai que les téléphones sont munis d'appareils qui les mettent à l'abri des décharges de l'électricité atmosphérique, néanmoins il vaut mieux ne pas se servir des téléphones et ne pas toucher aux fils conducteurs pendant les orages violents. (GdL)

Mercredi 23 septembre 1891
La Chambre de commerce, ainsi qu'il en résulte de son dernier compte rendu, s'est à plusieurs reprises occupée des améliorations que réclamait notre réseau téléphonique et il faut rendre justice à notre Direction supérieure des Postes, dit le Messin, que rien n'est négligé par elle pour donner au public la plus grande somme de satisfactions possible. C'est donc sur l'initiative de la Chambre de commerce que l'administration a fait étudier la question de l'établissement en ville de quelques cabines téléphoniques publiques. Aujourd'hui, la poste est résolue à installer pour le moment 3 stations de ce genre, la taxe qu'aurait à payer le public -abonné ou non abonné- serait de 25 pf. par entretien de 3 minutes. Toutefois, avant de mettre son projet à exécution, l'administration des Postes demande à la ville de lui garantir pendant 5 ans pour chaque poste, une recette de 150 marks, c'est-à-dire de compléter -s'il y a lieu- les recettes jusqu'à ce chiffre. La commission des bâtiments de la ville chargée de cet objet n'acquiesceront -nous dit-on- qu'en partie à cette proposition: elle déclare vouloir se contenter, quant à présent, d'une seule cabine téléphonique publique à la gare, ou du moins elle engagerait la ville à ne donner sa garantie que pour cette unique station. C'est ainsi, paraît-il que la question doit se poser prochainement devant le Conseil municipal appelé à formuler sa décision. (GdL)

Vendredi 2 octobre 1891
Conseil municipal du 29 septembre.
La Direction supérieure des Postes a proposé la création de cabines téléphoniques publiques à la gare Serpenoise, au bureau principal des télégraphes et à l'Hôtel de ville. La conversation de 3 mn coûterait 25 pf. et la ville prendrait pour 5 ans la garantie d'une recette totale annuelle de 450 marks (3 x 150) avant de s'engager, le Conseil décide de demander d'abord la réduction de 15 à 10 pf. du droit de conversation et de stipuler que ce droit n'est dû que lorsque la personne appelée s'est déclarée prête à répondre, de même que la durée de la communication compte, non pas du moment de l'appel mais du moment seulement où la conversation commence réellement. (GdL)

Statistiques : Communications téléphoniques et télégrammes par voie téléphonique.
Janvier 6010 .....................91
Février 5832 ...................108
Mars 5924 .......................76
Avril 5917 .......................86
Avril
Mai
Juin 15173 .....................213
Juillet
Août
Septembre 18032 ..........471
Octobre
Novembre
Décembre . .

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Année 1892

Mardi 24 mai 1892
Il vient d'être établi à la gare Serpenoise un bureau téléphonique qui, à partir de ce jour, est ouvert au public. Tout le monde pourrait au moyen de ce bureau entrer en communication avec les abonnés du service téléphonique de la ville, sans pour cela être soi-même abonné. La taxe pour chaque conversation jusqu'à 3 mn est de 25 pf. Celui qui voudra se servir du téléphone aura à se présenter au guichet du bureau de poste de la gare et à se munir d'un ticket portant le cachet du jour et qui, après avoir été annulé par l'employé, devra être remis à celui-ci au sortir du bureau téléphonique. Si la durée de l'entretien, dont le contrôle appartient uniquement à l'employé, dépasse 3 mn, on devra se faire délivrer un nombre de tickets correspondant. Les tickets ne sont valables que pour le jour où on les a pris. Le bureau téléphonique sera ouvert, en été de 7 heures du matin à 9 heures du soir, et en hiver, de 8 heures à 9 heures. La durée de l'entretien compte à partir du moment où l'on entre en communication avec l'abonné. Aucune taxe ne sera prélevée dans le cas où pour un motif quelconque une communication ne peut s'établir entre une personne voulant profiter du téléphone et un abonné. Par contre, la taxe devra être payée si cette communication devient impossible par la faute des intéressés, par exemple, par le refus de l'abonné de s'aboucher avec son interlocuteur. (GdL)

Samedi 9 juillet 1892
Le dernier délai pour les déclarations d'adhésions au réseau téléphonique a été fixé par la Direction supérieure des Postes de Metz au 1er août prochain. Les personnes, maisons de commerce... qui voudraient se faire inscrire encore pour l'année courante sont priées d'adresser leurs demandes à la Direction susnommée avant la date fixée.
N'oublions pas de faire remarquer, à cette occasion, que le prix de l'abonnement -150 marks par an- est uniforme pour les abonnés de la ville et pour ceux du dehors, en tant que les récepteurs de ces derniers seront situés dans un rayon de 5 km du bureau central. Les récepteurs situés au-delà de cette distance supporteront une surtaxe de 3 marks par 100 mètres. (GdL)

Mercredi 20 juillet 1892
A la liste des abonnés du réseau téléphonique de Metz, il faut ajouter :
Charles Bayer (n°17), représentant de commerce, 4, rue de la Grande Armée et Winkert et Cie (n°64), rue de la Vignotte.
Les postes suivants ont été supprimés :
F. Roth (24), Venner (63), Weissmann (58).
Le poste 86 (M. C. Guermont) a été transféré à la rue de l'Evêché n°55 et le poste 100 (Le Lorrain) au 14, rue des Clercs. (GdL)

Vendredi 16 septembre 1892
La Direction supérieure des Postes communique une liste d'abonnés au téléphone sur laquelle nous relevons les nouvelles adhésions suivantes :
G. Cannepin (n°24), Châtel-Saint-Germain
Le même, (n°58), place St-Louis
Féry (n°94), Moulins
Guillemin et Cie (n°32), Maison-Neuve
Le commissariat impérial de Police-Frontière à Novéant (n°30)
Le bureau du Messin (n°98) rue Serpenoise est transféré rue au Blé. (GdL)

Samedi 22 octobre 1892
Communication longue distance. On a échangé pour la première fois une communication téléphonique entre New York et Chicago distants de 1526 km. (GdL)

Année 1893 Retour haut de page

Mercredi 14 juin 1893
Il est dangereux de faire usage du téléphone en temps d'orage. Le 34e régiment d'artillerie de campagne, en garnison à Metz, vient d'en faire l'expérience. Il exécutait l'un de ces jours derniers, des exercices de tir au polygone d'Haguenau et avait placé comme d'habitude, des sentinelles pour interdire la circulation dans la zone dangereuse. Un artilleur venait d'approcher l'oreille du récepteur du téléphone lorsque la foudre est tombée dans le fil conducteur et a tué le soldat. Un autre artilleur a eu les pieds paralysés par le fluide électrique. (GdL)

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Année 1894

Samedi 27 janvier 1894
La Direction supérieure des Postes nous communique les additions et modifications suivantes qui viennent d'être faites à la liste des abonnés au réseau téléphonique.
Ont été nouvellement établis les postes suivants :
N°105. MM. Bastien frères, café restaurant, place d'Armes 14-15.
N°110. Bureau d'octroi à la porte Serpenoise.
N°103. M. Thomas Charles jeune, menuisier de la Cour, rue du pont des Morts, 22.
N°19. M. Roederer et Cie, fabrique de vins mousseux et commerce de vins à Longeville, 1.
A été supprimé le poste n°2, M. Schoeffer Ferdinand, Hôtel du Nord, rue Pierre-Hardie, 4. (GdL)

Vendredi 13 avril 1894
Conseil municipal du 10 avril.
(...) M. Heurich, pharmacien, ayant refusé de conserver aux conditions actuelles l'avertisseur d'incendie établi dans sa maison, le Conseil décide de transférer cet avertisseur au n°24 de la rue du Pontiffroy, chez M. Casselmann. (...) (GdL)

Mardi 17 avril 1894
Pendant les mois du trimestre écoulé, janvier-février-mars, les abonnés au réseau téléphonique ont été, par l'intermédiaire du bureau principal, mis 20046 fois en communication entre eux, et la cabine publique a été utilisée 44 fois. La voie télégraphique a servi aussi à la transmission de 610 télégrammes.
Le poste Winckert et Cie, à Longeville 28, a été supprimé. (GdL)

Vendredi 15 juin 1894
Conseil municipal du 12 juin.
(...) Le nombre de guetteurs de la cathédrale a été réduit en 1890 à deux. Cette réduction n'a pas été reconnue comme étant opportune, en ce sens surtout qu'en seul guetteur fonctionne pendant la nuit. Pour remédier à cet inconvénient, le Conseil décide d'installer de nouveau un deuxième guetteur auxiliaire pour le service de nuit, au traitement annuel de 600 marks. Donnant suite à une pétition portant les signatures de nombreux habitants de la deuxième section, le Conseil décide d'augmenter de deux le nombre des avertisseurs téléphoniques d'incendie, dont l'un sera installé à l'intersection de la rue des Jardins, de la rue Boucherie St-Georges, de la rue de l'Arsenal, du quai de l'Arsenal et de la rue du pont St-Georges et l'autre, sur la place du pont Sailly, là où viennent aboutir les rue Mazelle, des Allemands, du Champé et du pont Sailly. (GdL)

Mercredi 11 juillet 1894
Ont été rattachés au réseau téléphonique sous le n°108, V. Prevel, Société du crédit coopératif pour la Lorraine, rue Serpenoise 58 et sous le n°109, la Société par actions dite "Metzer Brauerei", dépôt de bois à la gare. (GdL)

Mercredi 28 novembre 1894
Des postes téléphoniques ont été nouvellement installés chez MM. Magot, pharmacien, rue du pont Sailly, 20-22 et Grave, boulanger, rue des Jardins, 47, et au Commissariat de Police de la frontière à Amanvillers. (GdL)

Statistiques 1894 :

Janvier/février/mars : .......................20046 communications
Cabine publique :..................................44 fois utilisée
Télégrammes par voie téléphonique : ...610

Octobre/nov./déc. : .........................22620 communications
Cabine publique :
Télégrammes par voie téléphonique : ...755

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Année 1895

Vendredi 4 janvier 1895
Le "Gaulois de Paris" publie la note suivante.
"L'attention de l'Administration supérieure des Postes vient d'être appelée sur ce fait que des maladies contagieuses peuvent se propager par l'intermédiaire des téléphones. L'on nous assure qu'il s'agit d'une communication de la Faculté de médecine. On a déjà songé, en Allemagne, à remédier à ce danger, et l'on a signalé à notre Direction générale la mise en usage de transmetteurs formés d'un certain nombre de disques en papier superposés. La feuille supérieure est détachable avant ou après chaque conversation." (GdL)

Mardi 8 janvier 1895
Conseil municipal du 4 janvier.
La Direction supérieure des Postes a fait savoir qu'à la suite de la décision prise récemment par le Conseil municipal et tendant à obtenir que Metz et Strasbourg soient reliées entre elles par un câble téléphonique, on va ouvrir une enquête pour établir si l'établissement de ce câble répond à un besoin réel. D'autres communications suivront quand l'enquête sera close. (GdL)

Mardi 15 janvier 1895
De nouveaux postes téléphoniques ont été établis. Chez MM. Magot, pharmacien, rue du Pont Sailly 20-22, Grave, rue des Jardins, 47, et au bureau de police frontière à Amanvillers. (GdL)

Vendredi 25 janvier 1895
L'administration des fortifications a demandé à la ville l'autorisation de poser un câble téléphonique militaire dans le terrain de la ville au Ban-St-Martin. Le Conseil donne son adhésion à cette demande, sous réserve du retrait en tous temps, du payement d'une indemnité pour tous les dommages qui en pourraient résulter et du payement d'un droit de récognition annuel de 1 mark. (GdL)

Mardi 19 février 1895
Le dernier délai pour les déclarations d'adhésions au réseau téléphonique a été fixé par la Direction supérieure des Postes de Metz au 1er avril prochain.
(Suite, voir le même article du samedi 9 juillet 1892) (GdL)

Dimanche 24 février 1895
Avertisseurs d'incendie.
L'établissement de deux nouveaux avertisseurs d'incendie, décidés par le Conseil municipal étant chose faite, la ville possède actuellement 17 de ces avertisseurs accessibles de jour et de nuit et qui sont répartis comme suit :
au corps de garde de la compagnie des sapeurs-pompiers à l'Hôtel de ville (n°49 du réseau téléphonique), chez M. Grave, boulanger, rue des Jardins, 47, (n°102), chez M. Heurich, pharmacien, rue du Pont St-Georges, 16, (n°44), chez M. Koessler, maître de poste, rue St Marcel, 27 (n°27), Chez M. Mungenast, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers, rue d'Asfeld, 6, (n°84), chez M. Magot, pharmacien, rue du pont Sailly, 20-22, (n°101), à la Direction de la police, rue des Trois Boulangers, 4, (n°88), chez M. Rehmenklau, boucher, rue de Paris, 10, (n°57), au théâtre, place de la Comédie (n°14), à l'abattoir, île Chambière (n°35), au bureau de l'octroi de la porte St Thiébault (n°97), Mazelle (n°89), des Allemands (n°54), de Thionville (n°93), de France (n°31), Chambière (n°35), Serpenoise (n°110). Il est à espérer vivement que le public fera usage de ces avertisseurs, dans tous les cas où l'on atteindra ainsi le but plus promptement que par un avis transmis directement au corps de garde des pompiers de l'Hôtel de ville. Néanmoins, pour plus de sécurité, il convient d'envoyer en même temps un express audit corps de garde. (GdL)

Mercredi 10 juillet 1895
Le service de guetteur de la cathédrale étant maintenant organisé de façon que le premier et le second aide-guetteur ont absolument les mêmes fonctions à remplir, le Conseil décide d'accorder aussi le même traitement à ces deux employés. Et il porte par conséquent celui du second aide-guetteur à 1000 marks. (GdL)

Mardi 5 novembre 1895
La Mosel und Nied Zeitung apprend de source autorisée que l'installation d'une ligne téléphonique de Metz par Thionville et Trèves à Coblence est chose décidée. Or, Coblence étant reliée à la ligne téléphonique Cologne-Berlin, on pourra, de Metz et de Thionville se mettre en communication directe avec Berlin. (GdL)

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Année 1896

Jeudi 16 janvier 1896
Le poste n°40, S. Schiff, de Ban-Saint-Martin a été supprimé.

Dimanche 26 janvier 1896
Le public se plaint souvent d'irrégularités dans le service du téléphone ou du temps que mettent les employés à établir ou à couper les communications. Ces inconvénients ont, paraît-il, leur cause dans la non-observation de la part du public, des instructions contenues dans le règlement. Ceci, tout en étant très désagréable, constitue une perte de temps pour les communications. Aussi essayerons-nous d'expliquer à nos lecteurs, aussi bien que possible les dispositions du règlement :
« Aussitôt que l'employé du bureau téléphonique aura répondu à votre appel, il faut lui indiquer de façon compréhensible le numéro et le nom de la personne avec laquelle vous désirez être mis en communication. Pour le dehors, il faut ajouter le nom de la localité. Lorsque l'employé aura répondu « Bitte ruffen », vous appuyez pendant plusieurs secondes sur le bouton d'appel. La personne avec laquelle vous voulez causer -supposons qu'elle se nomme A- devra décrocher le récepteur, s'approcher de l'appareil et répondre « Voilà A de tel ou tel endroit ». L'interpellant se nommera et entamera la conversation. Celle-ci achevée, il prononcera le mot « Schluss » (fin) et appuiera rapidement à trois reprises différentes sur le bouton. C'est le signal indiquant à l'employé du bureau téléphonique de couper la communication. »
Nous profitons de l'occasion pour aviser les abonnés du téléphone qui demeurent à une certaine distance d'un bureau du télégraphe qu'ils ont le droit de demander qu'on leur téléphone le contenu des télégrammes qui arrivent à leur adresse. C'est un avantage pour eux au point de vue du temps gagné. L'administration perçoit pour ce service 1 pf par mot, plus une taxe fixe de 10 pf. Elle envoie néanmoins le télégramme par le facteur des postes à la tournée la plus proche. Les abonnés désireux de profiter de ce service ont à en faire la déclaration au bureau du télégraphe.

Mardi 11 février 1896
La Direction supérieure des Postes nous prie de publier l'avis suivant : Le plus prochain délai pour la déclaration des adhésions nouvelles, au réseau téléphonique de Metz, est fixé au 1er avril prochain.

Mardi 10 mars 1896
Le poste n°17, M. Bayen Ch., représentant de commerce, rue de la Grande Armée, a été supprimé.

Jeudi 16 avril 1896
Un nouveau poste a été installé sous le n°114 à la mairie a) cabinet de travail de l'administrateur, b) secrétariat.

Dimanche 10 mai 1896
Nouveaux postes installés.
N°17, A. Lossing, expéditeur, 19, place des Charrons.
Déplacés.
N°63, C. Grabau, représentant de commerce de la rue Poncelet, 9, à la rue de l'Esplanade, 12.
N°37, Klein Joseph, raison sociale Jean Zeitz, expéditeur, de la rue St-Médard, 13, à la rue Serpenoise, 58.

Mardi 14 juillet 1896
Les demandes d'adhésions au réseau téléphonique de la ville devront parvenir à la Direction supérieure des Postes le 1er septembre au plus tard.
Nous rappelons que les habitants des environs de Metz qui désirent être reliés au réseau du téléphone, en tant qu'ils habitent dans un rayon de 5 kilomètres du bureau central, ont à verser chaque année un droit de 150 Mk comme les abonnés de la ville. En dehors de cette limite, le prix d'abonnement est augmenté de 3 Mk par 100 mètres ou fraction de cette longueur.

Jeudi 16 juillet 1896
Trois nouveaux postes ont été ouverts :
N°17, A. Lossing, expéditeur, place des Charrons, 19.
N°117, Dr. Münz, médecin, rue Serpenoise, 15.
N°146, Atelier de montage "Lothringen-Saar", rue d'Asfeld, 1.
Postes supprimés :
N°102, A. Grave, rue des Jardins (avertisseur en cas d'incendie).
N°2, L. Rottenbach, représentant de commerce, rue St Marcel, 27 bis II.

Vendredi 11 septembre 1896
Le nouvel annuaire de Metz, édition 1896 vient de paraître à la librairie Emile Seifert, rue du Palais, 7.

Mardi 13 octobre 1896
Postes supprimés :
N°45, H. Rheimbold, agent d'affaire, rue Fournirue, 31.
N°12, Siegfried Salomon, fournisseur militaire, rue des Bénédictins.

Jeudi 15 octobre 1896
Une réunion d'industriels de l'Alsace-Lorraine et du Luxembourg aura lieu le mercredi 21 octobre au "Trierische Hof" à Trèves à midi et demi, en vue de discuter un projet relatif à l'établissement d'une ligne téléphonique de Metz à Trèves-Coblence-Giessen-Kassel-Berlin.

Samedi 24 octobre 1896
L'assemblée convoquée à Trèves dans le but de discuter la question d'une ligne téléphonique Metz- ... - Berlin a eu lieu avant-hier d'après la Lothringer Presse, 42 personnes y assistaient. Plusieurs résolutions ont été adoptées, entre autres, celle de convoquer -probablement à Metz- une nouvelle assemblée à laquelle on inviterait les administrations municipales et les chambres de commerce.

Mercredi 23 décembre 1896
Le Moniteur officiel de l'Empire annonce qu'à partir du 1er janvier 1897, le service téléphonique sera organisé entre toutes les villes du ressort de l'administration des télégraphes qui ne sont pas situées à une distance de plus de 50 kilomètres à vol d'oiseau d'une station principale téléphonique.
La taxe pour une conversation de 3 minutes est réduite à 25 pf. Pour les grandes distances, la taxe est , comme par le passé, de 1 Mk.

Statistiques 1896 :

Janvier/février/mars : .......................27534 communications
Cabine publique : .................................33 fois utilisée
Télégrammes par voie téléphonique :.... 601

Avril/mai/juin : ................................32916 communications
Cabine publique : .................................23 fois utilisée
Télégrammes par voie téléphonique : ....772

Juillet/août/septembre : .....................24882 communications
Cabine publique :
Télégrammes par voie téléphonique : ....827

Octobre/nov./déc. :
Cabine publique :
Télégrammes par voie téléphonique :

sommaire

Année 1897

Jeudi 3 juillet 1897
La Société pour la défense des intérêts économiques de l'industrie du fer en Alsace-Lorraine et dans le Luxembourg adresse aux intéressés une circulaire dans laquelle elle annonce que l'installation d'une ligne téléphonique Metz-Thionville-Coblence est en voie d'exécution. On pourra donc bientôt communiquer par téléphone de Metz à Thionville, Trèves, Merzig, Sarrelouis, Sarrebrück, Sarreguemines, Coblence, etc. L'office impérial des Postes exigeant la création de lignes locales avec un nombre minimum de participants avant d'autoriser le raccordement avec les grandes lignes, la société joint à la circulaire un questionnaire afin d'établir l'importance que la population attache au téléphone. Quand les constatations seront terminées, la société en rendra compte aux intéressés dans une réunion publique qu'elle convoquera à Metz. (LM)

Vendredi 9 juillet 1897
La direction des Postes a l'intention d'installer, dans le courant de cet été, une deuxième station centrale. Elle prie les personnes qui auraient l'intention de s'abonner au réseau de faire leur déclaration avant le 1er août ; l'administration sera obligée d'ajourner à l'année prochaine les installations qui lui seront demandées après cette époque.
Les abonnés au réseau de la ville pourront se servir des lignes qui seront établies avec Coblence, Cologne, Thionville, Merzig, Neunkirchen (près Trèves), Sarrebrück, Sarreguemines, Sarrelouis et Trèves. Le prix de chaque communication dont la durée n'excède pas 3 minutes est de 25 pf pour Thionville, Merzig et Sarrelouis et de 1 Mk pour les autres villes. (LM)

Jeudi 22 juillet 1897
La ligne téléphonique pour Thionville a été livrée à l'exploitation hier matin, et les appareils fonctionnent partout à la satisfaction des intéressés. En même temps, le service téléphonique a été ouvert entre Thionville et Metz. Le prix d'une conversation jusqu'à trois minutes entre ces deux villes est de 25 pf. (LM)

Samedi 31 juillet 1897
On sait que l'administration des Postes et Télégraphes a fait installer, ces derniers temps, dans un certain nombre de localités un fil télégraphique pour demander du secours en cas d'accident ou de sinistre. Ces postes fonctionnent à toute heure du jour et de la nuit.
Pour étendre davantage ce service, l'administration vient d'abaisser la redevance de 50 à 25 Mk qu'elle fait verser aux communes.
Le gouvernement accordera, sur demande, une subvention aux localités qui ne pourront faire la dépense de cette utile installation.
Thionville. Le service téléphonique établi par l'administration des Postes fonctionne à Thionville depuis quelques jours. Onze personnes seulement ont souscrit et fait installer chez elles un appareil téléphonique les mettant en correspondance avec Coblence, Metz, Sarreguemines, Trèves, Cologne, Merzig, Neunkirchen, Sarrebruck, Sarrelouis, et prochainement Strasbourg. Ce petit nombre d'abonnés est certainement dû au prix élevé de l'abonnement annuel (150 Mk) plus le prix de chaque conversation.
Cela est fort regrettable, mais cependant pour mettre le public à même d'apprécier les avantages du téléphone, il a été décidé que les différents appareils établis pourront être mis à sa disposition.
Chaque personne peut donc, moyennant 0,25 pour Metz, Merzig et Sarrelouis et 1 Mk pour les autres localités désignées plus haut, s'entretenir pendant 3 minutes. Les appareils téléphoniques se trouvent donc naturellement à leur place dans les hôtels et les cafés, et seront ainsi appelés à rendre au public d'importants services. (LM)

Mercredi 4 août 1897
Le service téléphonique a été ouvert le 1er août entre Strasbourg, Colmar, Ste-Marie-aux-Mines, Mulhouse, Guebwiller, Thann et St Louis d'une part et Achern de l'autre. La taxe pour une conversation de 3 minutes entre Achern et Strasbourg est fixée à 25 pf, entre Achern et les autres localités à 1 Mk, pour les conversations urgentes, la taxe est triplée. (LM)

Mardi 31 août 1897
Hier a eu lieu à Haguenau et à Bischwiller, l'ouverture de service téléphonique. Ces deux villes ont, en outre, été reliées entre elles ainsi qu'à Strasbourg, Kehl, Colmar, Ste-Marie-aux-Mines, Mulhouse et Thann. La taxe pour une conversation de trois minutes entre Bischwiller, Haguenau, Strasbourg, Kehl est fixée à 25 pf. La communication avec les autres villes coûte 1 Mk. (LM)

Samedi 4 septembre 1897
L'administration des Postes et Télégraphes fait installer, dans plusieurs villes, des appareils pour protéger les personnes qui se servent du téléphone, contre toute commotion provenant d'une augmentation subite du courant électrique. Il s'agit d'un petit fil d'argent qui, enveloppé dans un tube en verre, est à l'abri des influences du dehors et met en communication les fils et l'appareil. (LM)

Vendredi 17 septembre 1897
On annonce que l'installation de la ligne téléphonique Sarrebrück-Trèves-Metz-Coblence et Metz-Sarreguemines sera terminée dans quelques jours. Le prix des communications est fixée à 1 Mk pour 3 minutes. (LM)

Samedi 18 septembre 1897
La direction supérieure des Postes a l'intention de transférer la cabine publique du téléphone qui est actuellement installée au bureau de poste III, à la gare, dans le bâtiment du télégraphe, rue de l'Esplanade. Le Conseil municipal, consulté sur ce projet, s'est prononcé bien pour l'installation d'une nouvelle cabine téléphonique à l'endroit indiqué, mais aussi en même temps pour le maintien de l'ancienne au bureau de la gare. Nous espérons que l'administration des Postes et Télégraphes donnera suite à ce vœu. (LM)

Jeudi 23 septembre 1897
Le service téléphonique entre Metz et Thionville d'une part, Trèves-Coblence et Cologne d'autre part a été ouvert hier matin. La prix d'une communication dont la durée n'excède pas trois minutes est fixée comme suit : de Metz à Thionville, 25 pf ; de Metz ou Thionville à Trèves, Coblence et Cologne, 1 Mk. (LM)

Samedi 2 octobre 1897
Un cabine publique du téléphone est établie dans une dépendance du bureau des postes de la grande gare. Toute personne peut dès maintenant, contre paiement d'une taxe, entrer en communication avec les personnes abonnées au réseau de Metz, Thionville, Coblence, Cologne et Trèves. Pour une conversation d'une durée de 3 minutes avec des personnes de Metz et de Thionville, la taxe est fixée à 25 pf et pour une conversation de la même durée avec les autres villes à 1 Mk.
Prochainement, les communications téléphoniques seront encore établies avec les villes de Merzig, Neunkirchen (province de Trèves), Sarrebrück, Sarreguemines et Sarrelouis. Pour une conversation d'une durée de 3 minutes entre Metz, Merzig et Sarrelouis, la taxe sera fixée à 25 pf et entre Metz et Neunkirchen, Sarrebourg et Sarreguemines à 1 Mk. (LM)

Jeudi 7 octobre 1897
La Gazette de Francfort apprend qu'une ligne téléphonique va être établie entre la Hollande et la province rhénane grâce aux efforts de la Chambre de Commerce de Rotterdam, les Etats généraux viennent de voter un crédit de 10000 florins pour l'établissement de la ligne Utrecht-Amsterdam-Rotterdam et la frontière allemande. (LM)

Vendredi 15 octobre 1897
Pendant le 3e trimestre de 1897, les abonnés au réseau téléphonique de la ville ont eu entre eux 31067 communications, la cabine publique a été utilisée 977 fois et 44 télégrammes ont été communiqués par téléphone.
Depuis l'installation de la ligne Metz-Thionville-Coblence-Cologne, 75 communications ont été communiquées. (LM)

Samedi 16 octobre 1897
Conseil municipal du mardi.
Le Conseil municipal décide de garantir pour une période de 5 ans, une recette annuelle de 150 Mk à la deuxième cabine publique téléphonique. (LM)

Dimanche et lundi 24 et 25 octobre 1897
La Direction supérieure des Postes et Télégraphes nous communique la liste des nouveaux abonnés au réseau téléphonique de la ville.
116. Apprederis et Cie, bières en gros, rue Nexirue, 8.
102. Fürst frères, tabacs et cigares en gros, Rue St-Médard, 4.
118. Charles Gans, Hôtel de la Poste, rue des Clercs, 38.
58. A. Haberer, serrurerie, rue du Champé, 26.
2. Kannebier-Versandt-Gesellschaft (Sarl), rue de Paris, 9.
40. Vve C. Plusquin et Cie, fabrique de champagne à Moulin-lès-Metz.
125. Fleischer, capitaine des pompiers, transféré rue St-Louis, 1.
Le n°33, Louis Kern, est supprimé. (LM)

Jeudi 28 octobre 1897
Hier à une heure de l'après midi, la Société pour la défense des intérêts de l'industrie du fer et de l'acier de l'Alsace-Lorraine et du Luxembourg a tenu à l'Hôtel de ville une réunion, en vue de délibérer sur les mesures à prendre pour l'extension du réseau téléphonique et la création d'un réseau départemental dans la partie nord-ouest de la Lorraine. Une trentaine d'industriels et autres intéressés étaient présents.
M. Ragoczy, secrétaire général de la Société, après avoir rappelé qu'une réunion semblable tenue l'année dernière à pareille époque à Trèves, a eu pour résultat de relier par téléphone Metz et Thionville à Coblence, Cologne et autres villes du Rhin et de la Sarre, préconise l'extension du réseau téléphonique aux centres miniers et autres localités importantes du département.
L'orateur est d'avis qu'il suffira que les adhérents, dont le nombre atteint près d'une centaine , garantissent pendant 3 ans une recette de 150 Mk par an, pour que l'administration des Postes se charge de la création du réseau. L'effet de cette garantie cesserait si, pour le 1er août 1898, les travaux d'établissement n'étaient pas commencés.
Dans la Gazette, à l'issue de la réunion, un certain nombre de personnes présentes ont signé leur déclaration d'adhésion dans le sens indiqué par le conférencier. (LM)

Dimanche 31 et lundi 1er novembre 1897
M. de Podbielski, secrétaire d'Etat à l'office des Postes, dit, dans une lettre adressée à la Chambre de commerce de Brunswick, qu'il a l'intention de soumettre à un examen méthodique toutes les questions importantes touchant au service téléphonique, entre autres la question du service de nuit. Là où le besoin se fera sentir, il n'hésitera pas à modifier le règlement. (LM)

Samedi 20 novembre 1897
Le vœu émis par le Conseil général dans sa dernière session par rapport à l'établissement d'une ligne téléphonique de Metz à Strasbourg n'a pas encore pu être réalisé, parce que la Direction impériale des Postes de Metz conteste toujours la nécessité de cette ligne. (LM)

Jeudi 25 novembre 1897
La Direction supérieure des Postes va autoriser provisoirement les abonnés au réseau téléphonique de Metz, Thionville et Sarreguemines a faire usage dans une plus grande mesure d'appareils auxiliaires pour le téléphone.
On sait que jusqu'à présent, il était interdit de se servir, sans autorisation spéciale, d'appareils ou d'accessoires tels que : pupitre adapté au mur et crampons pour tenir l'un des cornets à la hauteur de l'oreille pendant la conversation, etc. Dans tous les cas, les modifications doivent être soumises préalablement à la direction des Postes, qui, si elle accorde l'autorisation, les fait installer elle-même, contre remboursement du prix de revient.
Les abonnés pourront également faire remplacer les cornets actuels par un système de récepteurs que l'on place sur la tête et qui permet d'avoir les mains libres pendant la conversation. Pour cette installation spéciale, l'administration des télégraphes perçoit une taxe annuelle supplémentaire de 5 marks. (LM)

Vendredi 17 décembre 1897
A partir d'aujourd'hui 16 décembre, un service téléphonique est établi entre Metz et Dormagen (district de Düsseldorf). Le prix d'une conversation ordinaire dont la durée n'excède pas 3 minutes est fixé à 1 mark. (LM)

Mercredi 22 décembre 1897
Une cabine téléphonique publique est installée dans le vestibule du bureau du télégraphe, 10, rue de l'Esplanade. De même que la cabine qui se trouve au bureau de poste de la gare, la nouvelle cabine publique est à la disposition de tout le monde, moyennant le paiement de la redevance prescrite, pour correspondre avec les abonnés des réseaux téléphoniques de Coblence, Cologne, Dormagen, Merzig, Metz, Mühleim (Rhin), Neunkirchen (Trèves), Sarrebruck, Sarreguemines, Sarrelouis, Thionville et Trèves. La taxe pour une conversation de trois minutes avec les abonnés de Merzig, Metz, Sarrelouis et Thionville est de 25 pf ; elle est de 1 Mk pour les communications avec les autres villes. (LM)

Mardi 28 décembre 1897
Annonce en page de réclames : M. Oetringer, 9 rue du Faisan. Installation de sonneries électriques et de téléphones. (LM)

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Année 1898

Dimanche et Lundi 16 et 17 janvier 1898
Le Courrier Hanovrien annonce que désormais, les bureaux téléphoniques seront tenus par des femmes. C'est tout d'abord dans les bureaux de second ordre que le sexe féminin sera employé. On sait que c'est déjà le cas dans les grands centres, mais cette mesure doit être appliquée à toute l'Allemagne, à l'instar de la France et de la Hollande. (LM)

Dimanche et Lundi 6 et 7 février 1898
L'administration des Postes a l'intention d'agrandir au printemps le réseau téléphonique de Metz. Les personnes qui désireraient s'abonner au téléphone doivent adresser leur déclaration avant le 1er Mars au bureau du télégraphe où l'on pourra prendre connaissance des conditions d'abonnement et se procurer les formulaires de déclaration. Les demandes d'abonnement qui ne parviendraient à l'administration qu'après le 1er mars ne pourront être prises en considération au printemps. (LM)

Mardi 8 février 1898
La station centrale téléphonique de Metz, a donné, pendant les mois d'octobre-novembre et décembre 1897 :
36386 communications, 55 communications entre les stations publiques et les abonnés de Metz ou de l'extérieur, 806 télégrammes de Metz ou de l'extérieur, 319 communications pour l'extérieur.
Elle nous indique en outre les changements suivants dans le tableau des abonnés :
Nouveaux abonnés.
n°147, Hôtel du Gouverneur, rue de la Princerie, 2 ; n°33, Gunther et Scheer, droguerie médicinale, rue Fournirue,16; n°128, L. Maujean, fabrique de chaussures, rue des Allemands, 78 ; n°130, Bureau télégraphique Wolf (propriété de la Cie télégraphique continentale à Berlin) rue du Neufbourg, 22. Transfert.
n°23, Metzer Zeitung, rue de Paris, 4.
Suppression.
n°105, café Central (Bastien frères) ; n°37 et 127, Klein Joseph ; n°87, Klein W.
Changement d'adresses.
n°129, Eckel et Cie, Henry, fabrique de champagne à Montigny, rue de la Chaussée, 91, au lieu de Henry Eckel et Cie ; n°52, Hauss Alexandre, marchand de bière, place de Chambre, 29, au lieu de Rohmann Max, même adresse.
Porter à la lettre S du répertoire : Sektplusquin, au lieu de Plusquin et Cie qui figure à la lettre C.

L'administration du télégraphe a l'intention de développer encore le réseau téléphonique de la ville pour le printemps prochain.
Les personnes disposées à profiter de la nouvelle installation sont priées d'adresser leurs demandes pour le 1er mars au plus tard à la Direction impériale du télégraphe à Metz. Dans ces mêmes bureaux, elles obtiendront des formulaires de demandes et pourront connaissance des conditions. Les nouvelles installations dont les demandes ne parviendront qu'après le 1er mars ne pourront plus être exécutées pour le printemps, mais seulement pour le mois d'août. A Thionville, aussi, l'agrandissement du réseau téléphonique est projeté. Les demandes d'abonnement devront être adressées avant le 1er mars au bureau de poste de Thionville. (LM)

Jeudi 28 avril 1898
Le bureau central du téléphone de Metz a, pendant le 1er trimestre 1898, opéré 38603 communications entre les abonnés du téléphone à Metz, 52 communications entre postes publics et abonnés et avec le dehors, il a expédié 591 dépêches téléphoniques venant du dehors et allant au dehors et a opéré 1204 communications avec le dehors. (LM)

Mardi 10 mai 1898
Un réseau téléphonique a été ouvert le 1er mai à Sulzbach, cercle de Sarrebruck. De ce point, on peut échanger des correspondances avec Thionville, Metz et Sarreguemines. La taxe pour chaque correspondance d'une durée allant jusqu'à 3 minutes est de 25 pf pour Sarreguemines et d'un mark pour Metz et Thionville. (LM)

Samedi 14 mai 1898
Le téléphone à la campagne.
Afin de rendre l'usage du téléphone accessible aux habitants de la campagne, l'administration des Postes de l'Empire a l'intention de créer des cabines téléphoniques publiques près des bureaux de poste des petites villes et des villages, d'où les personnes avec lesquelles on voudrait s'entretenir seraient appelées par un messager. Les communes devant garantir une recette déterminée. Ce projet n'a pas grande chance de réussir. (LM)

Dimanche et lundi 12 et 13 juin 1898
L'administration des Postes a l'intention de développer de nouveau dans le courant de l'été, le réseau téléphonique de Metz. Les personnes qui désirent s'abonner sont priées d'adresser leur demande au bureau du télégraphe, rue de l'Esplanade, 10, d'ici au 1er août. Elles trouveront dans ce bureau les conditions et les formalités nécessaires à leur demande.
Les abonnés du téléphone de Metz sont admis à correspondre avec Coblence, Cologne, Thionville, Dormagen, Merzig, Malheim, Neunkirchen, Sarrebruck, Sarreguemines, Sarrelouis, Salzbach et Trèves. Dans le courant de l'été, le service téléphonique sera étendu aux localités suivantes : Bous, Francfort, Mayence, Voklingen, Wiesbaden et Wittlich. La taxe pour chaque conversation durant 3 minutes est de 25 pf pour Bous, Thionville, Merzig et Sarrelouis, et de 1 Mk pour toutes les autres localités ci-dessus nommées. (LM)

Dimanche et lundi 17 et 18 juillet 1898
Un bureau télégraphique a commencé à fonctionner le 12 juillet à Plappeville. Le service est chargé de recevoir et de transmettre les informations qui concernent des accidents pour les syndicats d'assurance. (LM)

Mardi 26 juillet 1898
La direction des télégraphes a l'intention d'étendre le service téléphonique de la ville. Les personnes qui voudraient s'abonner sont priées d'en faire la déclaration d'ici au 10 août, au bureau des télégraphes rue de l'Esplanade, 10. Les abonnés du service téléphonique de Metz sont reliés également avec les villes de Thionville, Sarreguemines, Sarrebruck, Trèves, Sarrelouis, Sulzbach près Sarrebruck, Neunkirchen près Sarrebruck, Merzig, Coblence, Cologne, Dormagen et Mulhein-sur-le-Rhin. Dans le courant de l'été, les localités et villes de Bous, Francfort-sur-le-Main, Mayence, Voelklingen, Wiesbaden et Wittlich seront également reliées à Metz. Toutes correspondances jusqu'à trois minutes est taxée 25 pf pour Bous, Thionville, Merzig et Sarrelouis et un Mk pour les autres localités citées. (LM)

Mardi 3 août 1898
Les bureaux de télégraphes des localités suivantes de la Lorraine viennent d'être reliées au réseau téléphonique de la ville de Metz : Ancy, Augny, Aulnois, Baudrecourt, Béchy, Bioncourt, Cheminot, Coin-lès-Cuvry, Coin-sur-Seille, Corny, Delme, Fey, Fleury, Gorze, Grémecey, Hannocourt, Jalaucourt, Liocourt, Lorry-Mardigny, Louvigny, Lucy, Luppy, Magny, Manhoué, Marly, Montigny, Noisseville, Nouilly, Novéant, Corny, Remilly, Selligny, Solgne, Tragny, Vallières, Vantoux et Verny. Les localités pourront correspondre non seulement avec les abonnés du téléphone à Metz, mais aussi entre-elles. Les taxes pour chaque conversation ordinaire avec les abonnés de Metz est de 25 pf pour 3 minutes, pour chaque conversation urgente de 3 minutes, 75 pf, pour l'appel d'une personne au téléphone, 25 pf. Si la conversation ne peut avoir lieu, soit pour cause d'absence, soit pour refus de la personne intéressée, la taxe sera perçue quand même. (LM)

Jeudi 25 août 1898
Un service téléphonique vient d'être ouvert le 22 août à Wittlich. Les villes de Metz, Thionville et Sarreguemines sont désormais en correspondance directe avec Wittlich. La taxe pour chaque conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes est fixée à 1 Mk. (LM)

Mardi 30 août 1898
Deux nouveaux abonnés viennent d'être reliés au service téléphonique. Ce sont : MM. le docteur Christel, rue de la Grande Armée, 4, avec le n°38 et F. tuteur, fabricant de savon, rue du Champé, 39, avec le n°133. (LM)

Jeudi 1er septembre 1898
A partir du 1er septembre, les abonnés du service téléphonique de Metz, Thionville et Sarreguemines seront reliés avec Francfort-sur-le Main, Mayence, Wiesbaden. La conversation ordinaire de 3 minutes est taxée 1 Mk.
Les nouveaux postes téléphoniques suivant ont été créés :
n°71, H. Rheinboldt, agence, commission et encaissement, rue Tête d'or, 31 ; n°126, Ewald et Cie, fabrique de ciment et entreprise de travaux, succursale, place de la Comédie, 2, bureau principal à Devant-les-Ponts ; n°151, Bonne-Fontaine, eau minérale, propriétaire J-H de Wesphaler, place du Fort, 3. (LM)

Mercredi 7 septembre 1898
On sait qu'un service téléphonique a été ouvert récemment entre Francfort-sur-le Main et les villes de Metz, Thionville et Sarreguemines. Dès maintenant, ces dernières villes sont également en communication avec Offenbach-sur-le Mein. (LM)

Mardi 14 septembre 1898
Un nouvel abonné : M Léon Hecht, rue de l'Esplanade, 1, a été relié au téléphone public sous le n°153. (LM)

Jeudi 22 septembre 1898
M. Steinmetz, entrepreneur de travaux publics à Montigny vient d'être relié au réseau téléphonique de la ville sous le n°154. (LM)

Vendredi 23 septembre 1898
A partir d'aujourd'hui 22 septembre, les bureaux de poste de Fribourg, Desseling er Guermange, arrondissement de Sarrebourg, seront dotés d'un service télégraphique. Ils signaleront les accidents qui pourraient survenir soit à Dieuze, soit à Mézières-Azoudange. (LM)

Dimanche et lundi 2 et 3 octobre 1898
Par suite de difficultés imprévues, l'extension des communications téléphoniques entre l'Allemagne et la Suisse, ainsi que la réduction de la taxe ont dû être ajournées. Le réseau téléphonique d'Alsace-Lorraine a été mis en communication avec celui de Stockach. La taxe est de 1 Mk pour une conversation de 3 minutes. (LM)

Vendredi 7 octobre 1898
Un service téléphonique a commencé à fonctionner au 1er octobre à Horrem près Cologne. Les villes de Metz, Thionville et Sarreguemines sont admises à correspondre avec cette localité. La taxe pour chaque conversation durant trois minutes est d'un mark. (LM)

Mardi 18 octobre 1898
Un service téléphonique a commencé à fonctionner le 11 octobre à Uckange. Il a été relié à Thionville, en communication avec les localités de Bous, Coblence, Cologne, Dormagen, Francfort, Horrem près Cologne, Mayence, Merzig, Metz, Mulheim-sur- le Rhin, Neunkirchen près Sarrebruck, Offenbach, Sarrebruck-St Jean, Sarreguemines, Sarrelouis, Salzbach, Thionville, Trèves, Voelklingen, Wiesbaden et Wittlich. La taxe pour chaque conversation ordinaire jusqu'à trois minutes avec Bous, Merzig, Metz, Sarrelouis, Thionville et Voelklingen est de 25 pf, pour toutes les autres localités ci-devant nommées est de un mark. (LM)

Mercredi 19 octobre 1898
M. Willich, rue Belle Isle, 21, vient d'être classé, sous le numéro 152 parmi les abonnés du service téléphonique de Metz. (LM)

Mardi 8 novembre 1898
Un service téléphonique public fonctionne depuis le 1er novembre à Bedburg et est relié avec Thionville, Metz, Sarreguemines et Uckange. La taxe pour chaque conversation jusqu'à trois minutes est fixée à un mark. (LM)

Samedi 12 novembre 1898
Les deux nouveaux postes suivants ont été reliés au service téléphonique.
S. Levy, pharmacien, place St-Jacques, 10-12, sous le numéro 156 et le prince de Schaumbourg-Lippe à Longeville-lès-Metz sous le numéro 158. (LM)

Samedi 26 novembre 1989
Le service téléphonique vient d'inscrire trois nouveaux abonnés.
M. Tornow, conseiller à Metz, place St-Etienne sous le n°157 ; le même à Chazelles sous le n° 159. M. Charles Bayen, rue Nexirue, 14, sous le n°155 et M. Nordschild, rue des Jardins, 8, sous le n°160. (LM)

Mercredi 7 décembre 1898
Dans sa prochaine séance qui aura lieu le vendredi prochain 9 courant, le Conseil municipal aura à discuter des points suivants : (entre autres)
- Raccordement au réseau téléphonique des cimetières de l'Est et de Chambière
- Installation d'un avertisseur en cas d'incendie dans la maison, impasse Chaplerue n°10. (LM)

A partir du 15 décembre, pour les communications téléphoniques entre deux localités, la personne appelée qui n'aurait pas répondu, soit parce que les communications auraient été interrompues, soit par suite de l'absence momentanée de la personne, sera avisée par le bureau téléphonique auquel elle est reliée qu'un abonné du dehors a voulu lui parler. Cet avis sera donné sans frais par le facteur du télégraphe ou par la poste. Des formulaires de cartes postales seront employés à cet effet. (LM)

Jeudi 8 décembre 1898
Les bureaux télégraphiques Ancy-sur-Moselle, Ars-sur-Moselle, Châtel-St-Germain, Gravelotte, Moulins-lès-Metz, Rezonville et St-Hubert où le service se fait à l'aide du téléphone, ont été admis à relier le public avec les abonnés du service téléphonique de Metz et des localités voisines de Metz. La taxe est de 25 pf pour une conversation ordinaire jusqu'à trois minutes, de 75 pf pour toute conversation urgente de la même durée et de 25 pf pour l'appel d'une personne avec laquelle on désire communiquer. (LM)

Annonce.
M. Oetringer, 9, rue du Faisan, recommande son riche assortiment de téléphones et sonneries électriques.

Samedi 10 décembre 1898
Les bureaux téléphoniques de Thionville, Metz, Sarreguemines et Uckange ont été reliés avec Aix-la Chapelle. La taxe pour toute correspondance jusqu'à trois minutes est d'un mark.
Le public messin sera assurément reconnaissant à l'administration des postes de la nouvelle amélioration ; mais quand Metz sera-t-elle reliée à ... Strasbourg? Nous correspondons aujourd'hui avec Aix-la Chapelle, mais le pays d'Alsace-Lorraine nous est encore fermé !! (LM)

Dimanche et lundi 11 et 12 décembre 1898
Conseil municipal du 9 décembre.
Les demandes tendant à raccorder au réseau téléphonique les cimetières de l'Est et de Chambière, et d'installer un avertisseur en cas d'incendie dans la maison impasse Chaplerue n°16 sont accueillies favorablement. (LM)

Mercredi 14 décembre 1898
Les nouveaux abonnés suivants ont été reliés au service téléphonique.
MM. Tornow, architecte à Devant-les-Ponts, n°157 ; C. Bohn, marchand de bois à Devant-les-Ponts, n°162 ; Volkmann, consum à Devant-les-Ponts, n°163 ; Thomas, loueur de voitures à Metz, rue Chapelotte, n°164 ; Hollinger, Lothringer Bügerzeitung, rue de l'Evêché, 20, n°166 ; François, marchand de fer, place St-Simplice, n°167 ; Hommel, ciments Portland à Metz, avenue Serpenoise, 8, n°169 ; le même, rue de l'Evêché, 33, n°170. (LM)

Jeudi 15 décembre 1898
A partir du 1er janvier 1899, le service téléphonique admettra des communications doubles d'une durée de 6 minutes. Les mêmes personnes mises en correspondance ensemble ne pourront converser plus de 6 minutes que si pendant ce temps, il n'y a pas eu d'autre demande de communication de la part d'une tierce personne. Cette disposition ne sera appliquée provisoirement que dans le ressort des télégraphes de l'Empire. (LM)

Dimanche et lundi 18 et 19 décembre 1898
M. Paul Platz, marchand de vins en gros, rue des Minimes a été abonné au service téléphonique public sous le n°161.
Les localités d'Eschweiler et Stolberg (province rhénane) sont admises à correspondre par téléphone à Metz. La simple communication durant jusqu'à 3 minutes coûte 1 mark. (LM)

Mercredi 21 décembre 1898
M. Jean Ehlinger, pharmacien, place du Quarteau a été relié au service téléphonique public sous le n°165. (LM)

Samedi 31 décembre 1898
Les bureaux télégraphiques disposant d'un service téléphonique à Beuvange, Hettange-Grande, Kanfen, Ottange, Roussy-le-Village, Soetrich et Volmerange-lès-Oetrange seront reliés, à partir du 1er janvier 1899, au service téléphonique de Metz. La taxe de chaque communication ordinaire dont la durée n'excède pas 3 minutes est de 25 pf, pour chaque communication urgente de la même durée, 75 pf, et pour appel d'une personne invitée à causer, de 25 pf. (LM)

sommaire

Année 1899

Jeudi 5 janvier 1899
MM. L. Houpin, fabrique d'ouvrages en métaux, rue Tour-aux-Rats et Emile Huet, épicerie en gros rue Mazelle, 63, ont été inscrits parmi les abonnés du service téléphonique, le premier sous le numéro 168, le second sous le n° 172. (LM)

Mercredi 18 janvier 1899
Les trois postes téléphoniques suivants viennent d'être créés nouvellement et d'être reliés au service téléphonique public.
1° M. le docteur Kramer, médecin à St-Julien, n°173,
2° Le cimetière de l'Est, n°174,
3° Le cimetière Chambière, n°175. (LM)

Vendredi 27 janvier 1899
M. Heurich, pharmacien, prévenait par son téléphone mardi soir vers 6 heures, le poste de sapeurs-pompiers qu'un feu de cheminée venait de se déclarer rue Vincent-rue au numéro 28, dans l'appartement de M. Sinnemayer. Le commencement d'incendie fut rapidement éteint.
Les pompiers étaient à peine rentrés au poste que la sonnerie dudit téléphone se faisait de nouveau entendre. Un feu de même nature était signalé rue du Pont-St-Georges n°19. En une heure de travail, les pompiers se rendirent maîtres du fléau.
Dans les trois cas, les dégâts ont été insignifiants et la cause de ces sinistres proviennent des cheminées mal ramonées. (LM)

Dimanche et lundi 29 et 30 janvier 1899
A partir d'aujourd'hui 28 janvier, les bureaux de poste à Devant-les-Ponts et Plappeville sont reliés au service téléphonique de Metz, et, par conséquent, avec les localités rurales rattachées à ce même service. La taxe de la communication ordinaire de trois minutes est de 25 pf, la communication urgente de la même durée coûte 75 pf, l'appel d'une personne pour venir converser au bureau coûte 25 pf. (LM)

Samedi 4 février 1899
M. S. Weil, commerçant, rue des Clercs, 11, a été inscrit parmi les abonnés du service téléphonique public sous le n°176. (LM)

Mercredi 8 février 1899
Les abonnés des réseaux téléphoniques de Metz, Thionville et Uckange sont admis à communiquer avec ceux du réseau de Kreuznach. La taxe d'une conversation de trois minutes est de 1 mark.
Le téléphone de M. Heurich, pharmacien, prévenait hier à 11 heures 50 du soir le poste des sapeurs-pompiers qu'un incendie venait de se déclarer au n°13 de la rue Chambière. La pompe partit aussitôt. Le feu avait pris au deuxième étage de la maison dans un faux grenier probablement par suite d'une défectuosité dans la cheminée. Les dégâts sont assez importants, le plafond s'est effondré sur une longueur de trois mètres environ. (LM)

Vendredi 24 février 1899
Statistiques de l'administration des Postes et des Télégraphes de l'Empire pour l'année 1897.
Le téléphone avait 546 bureaux centraux qui ont établi 646 909 628 communications. (LM)

Jeudi 2 mars 1899
A partir d'aujourd'hui, premier mars, le service téléphonique de Metz pourra communiquer avec les téléphones du Palatinat, dans les localités de Deidesheim, Dürkheim, Frankenthal, Grünstadt, Kaiserslautern, Lambrecht, Landau, Ludwigshafen-sur-le-Rhin, Meustadt-sur-la-Haardt, Pirmasens, Spire et Deux-Ponts. La taxe pour chaque communication ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 1 mark. Cette communication pourra être prolongée jusqu'à 6 minutes et comptera comme double.
Et quand communiquerons-nous avec l'Alsace ? C'est-à-dire avec notre propre pays ? (LM)

Dimanche et lundi 5 et 6 mars 1899
A diverses reprises, en signalant de nouvelles communications ouvertes entre Metz et des localités en dehors de l'Alsace-Lorraine, nous avons relevé le manque d'un service téléphonique entre Metz et Strasbourg, capitale du pays. Le Lorrain apprend qu'enfin, il est question de relier les deux villes et que les travaux seront entrepris sous peu. Espérons que notre confrère aura raison et que ce service que nous devrions avoir depuis longtemps commencera bientôt à fonctionner. (LM)

Mardi 7 mars 1899
L'administration des Postes a l'intention d'étendre le réseau du service téléphonique de la ville dans le courant du printemps. Les personnes qui désirent s'abonner au service sont priées d'en faire la déclaration sans retard au bureau des Télégraphes, rue de l'Esplanade, 10. Dorénavant, l'administration des Postes n'invitera plus dans les journaux à présenter des demandes d'abonnement à des services téléphoniques déjà existants. (LM)

Mardi 14 mars 1899
Les personnes suivantes sont abonnées au service téléphonique de la ville de Metz.
M. H. Colin, représentant de commerce, rue Poncelet, 2, sous le n° 177,
M. Alfred Traus, fabrique de conserves lorraines à Maison-Rouge près Woippy sous le n°178,
M. Frankel, notaire, rue aux Ours, 3, sous le n°180. (LM)

Samedi 25 mars 1899
Le téléphone de Nancy à Metz. (Article dans la colonne « Meurthe-et-Moselle » sans intérêt pour Metz) (LM)

Jeudi 30 mars 1899
Le service d'été. Le service téléphonique fonctionnera de 7 heures du matin à 9 heures du soir. (LM)

Dimanche et lundi 2 et 3 avril 1899
Téléphone de Metz à Nancy. On lit dans le Lorrain :
On avait annoncé que la Chambre de commerce de Nancy s'était prononcé en faveur de l'établissement d'une communication téléphonique entre Nancy et Metz. Ainsi présentée, la nouvelle n'est pas exacte. Cette assemblée patronne un projet tendant à emprunter une somme de 722 000 Fr. pour créer trois nouveaux circuits téléphoniques Epinal-Nancy-Paris, Nancy-Dijon et Nancy-Reims. Il n'est pas question de l'Alsace-Lorraine et l'on ne pourra songer à un projet de ce genre que si le fil Paris-Berlin est établi.

La Gazette de Voss, journal paraissant à Berlin, annonce que les pourparlers relatifs au service téléphonique Berlin-Paris sont clos. On a l'intention d'établir une communication directe entre les deux capitales sans aucune commutation. On utilisera un fil double en bronze de 5 millimètres de diamètre chacun. On n'avait pas encore jusqu'à présent utilisé un fil de cette grosseur. En même temps que cette ligne Berlin-Paris, on établira un service Francfort-Paris. Un double fil du même diamètre sera posé entre Berlin et Francfort. De cette façon, les communications pourront se faire également par Francfort. Les conventions provisoires au sujet de ces deux lignes vont être soumises à l'approbation du gouvernement français. (LM)

Dimanche et lundi 9 et 10 avril 1899
Chambre de commerce. L'Office impérial des Postes se propose d'installer pour l'exercice 1899 une ligne téléphonique entre Metz et Strasbourg (Als) par Sarrebruck. En outre, on a l'intention d'établir également cette année des installations téléphoniques pour les villes de Sarrebourg (Lorr) et Saverne et de les relier par une ligne double à Strasbourg au réseau téléphonique général. Comme conditions préliminaires, on demande qu'il y ait pour chacune des installations des deux villes an moins cinq adhésions et que les intéressés de Sarrebourg et de Saverne s'obligent à assurer ensemble pour la durée de cinq ans, un rapport annuel de 1 400 mark pour l'exploitation de la ligne Sarrebourg-Saverne-Strasbourg. La répartition de la somme de garantie entre les localités de Sarrebourg et de Saverne est laissée aux intéressés. La future installation téléphonique de la ville de Sarrebourg serait reliée, le cas échéant, aux installations déjà existantes ou à établir en 1899 dans les villes de Metz, Strasbourg et Trèves. La garantie d'un rapport annuel pour l'exploitation de la ligne téléphonique Metz-Sarrebruck-Strasbourg n'est pas exigée par la Direction supérieure des Postes. (LM)

Mardi 9 mai 1899
Le service téléphonique de Metz compte les neuf nouveaux abonnés suivants : n°179, A. Doehmer, pharmacien, rue Tête d'Or, 2 ; n°113, A. Marlier, administrateur du Messin à Montigny, rue de la Vacquinière ; n°142, a) Ragoczy, secrétaire général , b) Société protectrice des intérêts économiques de l'industrie du fer et de l'acier en Alsace-Lorraine, rue de Châtillon ; n°143, Justin Caye, commerce d'huiles à Rozerieulles près Moulins ; n°183, Dufour, fabricant, place St-Louis, 8 ; n°141, Banque de Metz, rue des Clercs, 3 ; n°52, Crevaux, entrepreneur de voitures, place de Chambre, 19 ; n°181, Léon Ambach, négociant, rue des Clercs, 7 ; n°182, E. Leiser et Cie, rue Serpenoise, 1-3, et rue du Petit-Paris, 17. (LM)

Jeudi 1er juin 1899
Conseil municipal. Le Conseil municipal décide de se joindre à la pétition que la Chambre de commerce de Sonneberg se propose d'adresser au Reichstag, en vue d'obtenir une réduction de la taxe pour l'utilisation des téléphones. (LM)

Dimanche et lundi 11 et 12 juin 1899
Le service téléphonique de Metz compte deux nouveaux abonnés en plus : n°184, MM. A. et M. Schiff, trousseaux, toiles et linges ; n°186, M. Hermann Weil, confections, rue des Jardins, 27-29. (LM)

Mercredi 14 juin 1899
Le 10 juin, des bureaux téléphoniques dépendant des bureaux de poste de Mainvillers et de Pontpierre ont été ouverts dans ces deux localités. Les bureaux sont reliés à Faulquemont au réseau télégraphique général et se chargent du signalement des accidents. (LM)

Samedi 17 juin 1899
A. Bouché, représentant de la maison de champagne du château de Vaux, rue du Petit-Paris, 4, est abonné sous le numéro 185 au service téléphonique de Metz. (LM)

Jeudi 22 juin (et jeudi 29 juin) 1899
Annonce :
Charles Weigand fils, électricien, Metz, 14 rue Serpenoise, se recommande pour l'installation de sonneries électriques et de téléphones, ainsi que pour la réparation d'installations déjà existantes. Exécution prompte et soignée. (LM)

Mercredi 5 juillet 1899
Le service téléphonique de Metz compte deux nouveaux abonnés qui sont MM. Louis Guthmann, loueur de voitures, rue Sous St-Arnould, 9, sous le numéro 187 et Philippe Braun, marchand de meubles, avenue Serpenoise 5-6, sous le numéro 188. (LM)

Les localités de Maizères-les-Metz et Hagondange sont reliés au service téléphonique public. Le prix de la communication ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 25 pf de Maizières-lès-Metz à Hagondange et vice-versa, et de 25 pf de ces deux postes téléphoniques à Uckange, Thionville, Merzig, Sarrelouis, Volkrange et Bous, et de 1 Mk à Sarreguemines, Trèves, Sarrebruck, Sulzbach près Sarrebruck, Neunkirchen près Sarrebruck et Wittlich.
A Maizières-lès-Metz, sont abonnés les usines « Sambre et Moselle », à Hagondange, MM. H. Foelzer fils, constructions en fer et ponts et A. Charlier, fabrique de produits céramiques. (LM)

Samedi 8 juillet 1899
Il y a quelques jours, un colonel inspecteur des télégraphes de l'administration militaire se trouvant en tournée d'inspection au fort Kameke se fit mettre en communication avec le fort Menteuffel (St-Julien) pour voir si le télégraphiste de service au dernier fort se trouvait à son poste. Après avoir décliné ses qualités et titres, le colonel attendit une réponse. La réponse arriva, mais provoqua plutôt l'étonnement de l'inspecteur. Le mince filet de papier se déroulant avec lenteur reproduisait ces mots « Ici général Haesseler » puis après un court intervalle les signes continuaient « Sale recrue, comment oses-tu te permettre de déranger et de t'entretenir avec un vieux soldat ! ». Le colonel trouvant la méprise de son goût insista pour que le soldat ne soit pas puni, mais malgré ses insistances, le capitaine infligea trois jours de salle de police au télégraphiste. (LM)

Dimanche et lundi 9 et 10 juillet 1899
Les téléphones publics des bureaux de postes de Verneville, Amanvillers, Ste-Marie-aux-Chênes, St-Privat-la-Montagne, Montois-la-Montagne, Roncourt, Malan-court, Pierrevillers, Marange-Silvange, Rombas, Ay et Antilly sont admis de correspondre avec Metz ; ceux de Rosselange et Guenange-Haute avec Thionville et Metz.
La taxe de chaque conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 25 pf. (LM)

Jeudi 20 juillet 1899
Un service télégraphique et téléphonique a commencé à fonctionner à l'agence de poste de Marthil le 7 juillet dernier et au bureau auxiliaire des postes de Vaxy le 11 juillet. Les bureaux télégraphiques nouveaux sont reliés à Mohrange, respectivement à Château-Salins au réseau général. Le bureau de Marthil signale les accidents à Mohrange et celui de Vaxy à Château-Salins. (LM)

Vendredi 21 juillet 1899
Incendie. Cette nuit, vers 1 heure du matin, le poste des sapeurs-pompiers était alarmé par le téléphone de M. Georg Koesler, loueur de voitures, rue St-Marcel, n°1-3-5, immeuble comprenant la brasserie Mason. Le feu a pris naissance dans un faux-grenier, a attaqué les poutres et au moment où les pompiers, accourus sur les lieux se mirent à la besogne, le danger était des plus sérieux... (LM)

Samedi 22 juillet 1899
Farce stupide. Hier, vers 4 heures du soir, deux individus pénétraient dans la pharmacie de M. Heurich, le priant de téléphoner au poste central des sapeurs-pompiers, qu'un incendie venait de se déclarer au n°30 de la rue Vincent-Rue. M. H., avec sa complaisance habituelle, le fit aussitôt... (LM)

Dimanche et lundi 23 et 24 juillet 1899
Un service téléphonique a commencé à fonctionner à Rombas au 20 juillet. Les abonnés peuvent correspondre avec Metz, Thionville, Forbach, Sarreguemines, Maizières-lès-Metz, Hagondange, Uckange, Aix-la-Chapelle, Bous, Bedburg, Coblence, Cologne, Deidesheim, Dormagen, Dürkheim, Eschweiler, Frankental, Francfort, Grunstadt, Horrem près Cologne, Kaiserslautern, Kastel (Rhin), Kreuznach, Lambrecht, Ludwighafen, Landau, Mayence, Marzig, Mülheim (Rhin), Neunkirchen (Trèves), Neustadt (Haardt), Offenbach (Mein), Pirmasen, Sarrebruck, Sarrelouis, Spire, Stolberg (province Rhénane), Salzbach (près sarrebruck), Trèves, Voeklingen, Wiesbade, Wittlich et Deux-Ponts. (LM)

Mardi 25 juillet 1899
Le bureau des téléphones fait aux abonnés du service téléphonique, relativement au récepteur Pack, de Barmen, les recommandations suivantes :
Avoir soin d'isoler le récepteur de l'appareil chaque fois qu'on s'en est servi pour ne pas empêcher le fonctionnement de la sonnerie et ne pas détériorer les éléments de la batterie microphonique. C'est le service des télégraphes qui se charge de la pose de ces nouveaux récepteurs. (LM)

Téléphone Bruxelles-Metz-Strasbourg.
Une correspondance adressée de Bruxelles au journal d'Alsace exprime le regret qu'il n'existe aucune correspondance entre Bruxelles et Anvers d'une part et Strasbourg et Metz d'autre part. Le besoin de cette communication se fait, en effet, vivement sentit. Le commerce de Metz entretient des relations très suivies avec la place d'Anvers ; le téléphone les faciliterait et les développerait. Mais nous n'avons même pas encore le téléphone de Metz à Strasbourg depuis si longtemps réclamé. Nous pouvons, par contre communiquer par téléphone avec une série de petites villes de la Prusse rhénane, qui n'ont guère pour nous qu'un intérêt géographique. (LM)

Vendredi 28 juillet 1899
Un service télégraphique et téléphonique fonctionne depuis le 10 juillet aux bureaux de postes de Morsbach (Lorraine) et Carlsbrunn (circonscription de Metz).
Les nouveaux bureaux de télégraphe ont à signaler les accidents au bureau de Forbach. (LM)

Dimanche et lundi 30 et 31 juillet 1899
La maison Siemens et Halske, société par actions, bureau technique pour les installations téléphoniques, rue du Palais, 1, a été abonnée au service téléphonique de la ville sous le numéro 190. (LM)

Mercredi 2 août 1899
Colonne « Strasbourg ». La communication est établie entre les réseaux de Strasbourg et de Mulhouse d'une part, avec ceux de Biebrick, Floersheim, Hocheim (Mein), Hoechot (Mein) et Wiesbaden. La taxe est de 1 Mk par conversation de 3 minutes. (LM)

Samedi 19 août 1899
Les employés du télégraphe ayant la charge de la révision des postes téléphoniques chez les abonnés, ou des travaux d'installation sont toujours munis d'une carte de légitimation qu'ils ont à produire en entrant dans les maisons particulières. Ces cartes portent le sceau de la Direction supérieure des Postes et un numéro. Le public fera bien d'interdire aux personnes qui se disent employées du télégraphe et ne sont pas munies d'une carte de légitimation, l'entrée des maisons, l'accès des postes ou des fils téléphoniques. (LM)

Samedi 26 août 1899
A partir du 1er septembre, les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Rombas, Sarreguemines et Uckange seront reliés avec celui de la ville d'Edenkoben (Palatinat). La taxe pour chaque conversation ordinaire durant jusqu'à 3 minutes est de 1 Mk. (LM)

Mardi 29 août 1899
Un service télégraphique et téléphonique a commencé à fonctionner au bureau de poste de St-François le 22 août. Le nouveau bureau des télégraphes a été relié entre Thionville et Hettange-Grande au grand réseau téléphonique et est chargé de signaler les accidents au bureau de Thionville. (LM)

Samedi 2 septembre 1899
Une question intéressante pour tous les abonnés des services téléphoniques a été soulevé dernièrement, dit la Metzer Zeitung, devant le tribunal des échevins de Bielefeld. Le prévenu avait offensé un employé des téléphones en présence d'un excès de zèle de ce dernier. En effet, l'employé s'était mêlé de la conversation du prévenu avec un autre abonné et l'avait interrompue par un mot qui prouvait qu'il avait écouté l'entretien. Le prévenu lui en ayant fait l'observation, l'employé prétendit qu'il avait le droit de contrôler la conversation. Là-dessus, le prévenu lâcha l'expression offensante qui donna prétexte à la direction supérieure des Postes pour porter plainte. A l'audience du tribunal des échevins, l'employé cité témoin, maintint sur une interpellation du défenseur, que c'était son droit de contrôler et d'écouter la conversation, non seulement pour établir si elle a commencé ou si elle est terminée, mais aussi en constater le sujet. Il est vrai qu'il ne peut pas indiquer quelle disposition de son règlement lui donne ce droit, mais, malgré cela, il persista à dire qu'il possédait ce droit.
Le défenseur et le prévenu déclarèrent qu'à leur avis, -et c'est probablement l'avis de tous les abonnés du service téléphonique- il est impossible que ce droit soit et puisse être concédé à un employé. Vu l'importance que cette question présente pour tout commerçant, notamment pour les banquiers et boursiers, qui ont intérêt à assurer le secret de bien des nouvelles, le prévenu a porté plainte contre l'employé, moins pour le faire punir, s'il a excédé de dépasser le pouvoir établi par son règlement, que pour faire trancher, une fois pour toutes, par l'autorité supérieure, la question de savoir si un employé du service téléphonique a le droit 1) de contrôler et d'écouter toute la conversation entre deux abonnés, 2) de se mêler à son gré, à une conversation et de l'interrompre. (LM)

Mercredi 6 septembre 1899
Le service téléphonique au bureau des postes de Château-Salins est admis à converser avec les bureaux téléphoniques suivants et les abonnés du téléphone à Metz :
Aulnois (Seille), Azoudange, Baudrecourt, Bioncourt, Bisping, Bourdonnay, Delme, Dieuze, Disselinger, Donnelay, Fénétrange, Fribourg, Guermange, Grémecy, Hampont, Hannocourt, Jallaucourt, Lagarde, Langenberg, Loudrefing, Lezy, Liocourt, Lixheim, Lucy, Maizières-Azoudange, Manhoué, Marsal, Marthil, Mittersheim, Morhange, Moyenvic, Mulcey, Niederstinzel, Salival, St-Epvre, Schalfach, Solgne, Vannecourt, Vaxy, Vic (Seille).
La conversation ordinaire avec ces localités est de 25 pf.
Metting, Mittelbronn et Phalsbourg. La conversation avec ces trois dernières localités est de 1 Mk.
Il faut de plus verser 25 pf pour appeler au téléphone les personnes avec lesquelles on désire s'entretenir. (LM)

Dimanche et lundi 17 et 18 septembre 1899
Le service téléphonique tant désiré entre la Lorraine et l'Alsace a enfin commencé à fonctionner hier 15 septembre. Les abonnés du téléphone à Thionville, Forbach, Metz, Rombas, Sarreguemines et Uckange sont admis à converser directement avec les services téléphoniques de Baar, Bischwiller, Colmar, Guebwiller, Haguenau, Kaysersberg, Ste-Marie-aux-Mines, Molsheim, Mulhouse, Munster, Niederbronn, Ribeauvillé, St-Louis, Schirmeck, Schlettstat, Strasbourg, Thann, Wissenbourg, et Wesserling.
Les abonnés de Hagondange, Maizières-lès-Metz et Kurzel et les services publics de ces trois localités peuvent converser avec le service de Strasbourg.
La taxe pour chaque conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes, entre les services de la circonscription de Metz et ceux de la circonscription de Strasbourg est de 1 Mk. Sont exceptées les conversations de Sarreguemines à Niederbronn, dont la taxe n'est que de 25 pf.
A partir d'hier, a commencé à fonctionner également un service téléphonique à St-Avold pour Kurzel, Metz, Forbach et Strasbourg.
La taxe pour chaque conversation ordinaire d'une durée allant jusqu'à trois minutes entre St-Avold et Kurzel, Metz ou Forbach est de 25 pf, et pour celle entre St-Avold et Strasbourg est de 1 Mk. (LM)

Samedi 30 septembre 1899
Le téléphone entre Paris et Berlin.
On annonce officiellement que les négociations engagées entre les gouvernements français et allemand pour l'établissement de communication téléphonique entre Berlin et Paris viennent d'aboutir. La convention énumérant les clauses de l'accord a été définitivement signée. Les travaux d'établissement de la ligne vont commencer incessamment.
Nous ne savons pas encore quel sera exactement l'itinéraire suivi par la ligne téléphonique Paris-Berlin, mais il serait bien intéressant pour nous de la voir reliée au poste télégraphique de Metz.(LM)

Dimanche et lundi 1er et 2 octobre 1899
Les services téléphoniques publics de Thionville, Uckange, Rombas, Metz, Forbach, Sarreguemines, Hagondange, Maizières-les-Metz, Kurzel et St-Avold sont admis à correspondre avec celui de Kehl.
La taxe pour chaque conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 1 Mk. (LM)

Mardi 3 octobre 1899
Les services téléphoniques installés aux bureaux télégraphiques à Hellimer, Maxstadt, Barst, Buding (accord de Forbach), Living, St-Avold-gare, Bionville, Longeville-lès-St-Avold, Baumbiedersdorf, Buschwald, Karling et Lauterbach sont admis à converser avec les abonnés du service téléphonique de Metz.
La taxe pour une conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 25 pf. (LM)

Vendredi 6 octobre 1899
Téléphone Paris-Berlin, 1200 km.
Nous recevons à propos de la ligne téléphonique Berlin-Paris les renseignements suivants :
"Ainsi que le Messin l'annonçait dans un de ses derniers numéros, la construction de la ligne téléphonique Paris-Berlin est assurée. Des deux côtés l'entente a été parfaite. Au cours des pourparlers, il a été décédé de construire les lignes suivantes : Paris-Berlin, Paris-Francfort-sur-le-Main-Berlin, Metz-Nancy et Belfort-Mulhouse, sans bureau intermédiaire. On sait que Berlin est déjà relié avec Vienne (Autriche), et avec Bruxelles. La taxe d'une conversation ordinaire de Berlin à Vienne, est de 3 mark pour 3 minutes. Le fil Berlin-Vienne a 800 kilomètres de longueur. La ligne de Paris-Berlin étant encore un tiers plus longue, il est à prévoir que la taxe sera de 4 m. 50, peut-être encore plus si on considère que le fil reliant Paris à Berlin aura un diamètre de 5 mm. Le fil de Berlin-Vienne a 4 mm, celui de Berlin-Memel 4 1/2 mm. L'estimation des frais est de 2,000,000 mark, dont 2/3 pour l'Allemagne et 1/3 pour la France. Les travaux de construction seront commencés incessamment sur toute la ligne, de sorte que la ligne sera construite au plus tard pour le printemps. (LM)

Le téléphone en France.
On sait que M. Mougeot, secrétaire d'Etat des postes, télégraphes et téléphones, avait fait proposer à tous les conseils généraux de France, l'installation du téléphone dans toutes les communes, à la condition de l'avance des frais d'installation par les départements.
La session est close et l'on connaît maintenant les résultats officiels de ce référendum téléphonique. Il n'y a que six départements qui aient repoussé, pour des considérations budgétaires, la proposition ministérielle.
De telle sorte que la France toute entière, à part quelques rares régions, va être sillonnée de lignes téléphoniques. On estime qu'il ne faudra pas plus d'une année pour l'installation complète du réseau national.
A quand la Lorraine ? (LM)

Jeudi 12 octobre 1899
Les services téléphoniques publics de Thionville, Forbach, Metz, Rombas, Sarreguemines et Uckange sont admis à correspondre avec ceux de Benfeld et de Massevaux en Alsace.
La taxe de la conversation ordinaire jusqu'à une durée de trois minutes est de 1 Mk. (LM)

Mercredi 18 octobre 1899
Les maisons suivantes se sont fait inscrire comme abonnées au service téléphonique de Metz :
MM. Ubach et Seiffarth, représentants de Villeroy et Boch, matériaux de construction, rue des Clercs, sous le n° 193 ; Lamberty Servais et Cie, dépôt de fabrique et matériaux de construction au port du canal, sous le numéro 199; Chotin et Grosdemange, épicerie en gros, rue Mazelle, 43, sous le numéro 197; Société de construction lorraine à responsabilité limitée, construction, rue des Bénédictins, 6, sous le numéro 194 ; Eugène Lambert, marchand de grains, rue de la Grande-Armée, 4 bis, sous le numéro 196; Isidore Weil, commerce de grains et agence, rue de Ladoncette, 24, sous le numéro 195 ; Technisches Versandthaus de Strasbourg, succursale Metz, rue Sainte-Marie, 24, sous le numéro 24 ; L. Haase, entrepreneur de travaux, à Devant-les-Ponts, sous le numéro 134 ; H. Siegel, négociant à Montigny, rue de Saint-Privat, sous le numéro 198. (LM)

Dimanche et lundi 22 et 23 octobre 1899
Les abonnés de services téléphoniques publics de Carlsbrunn, circonscription de Metz, Morsbach (Lorraine) et Spichern (Lorraine) sont admis à converser avec les abonnés du téléphone de Metz.
La taxe de la conversation ordinaire durant jusqu'à trois minutes est de 25 pf entre Metz et Carlsbrunn, et de 1 Mk entre Metz et Morsbach ou Spichern. (LM)

Vendredi 27 octobre 1899
Téléphone avec le Luxembourg.
On écrit à la Gazette de Cologne :
Il y a environ six mois, les journaux berlinois nous apprenaient que des délégués du gouvernement luxembourgeois étaient arrivés à Berlin pour prendre avec l'administration des postes allemandes des dispositions au sujet du raccordement du service téléphonique luxembourgeois avec le réseau téléphonique de l'Empire allemand. Le résultat des conférences est resté secret ; nous avons cependant lieu de croire qu'elles n'ont abouti à rien. L'administration des postes luxembourgeoises a renforcé, il y a environ deux ans, ses fils pour le service à grande distance ; depuis, presque tout le réseau belge est relié au réseau luxembourgeois. Vu les relations intenses qui existent entre le Luxembourg d'une part et l'industrie rhénane dans les régences d'Aix-la-Chapelle, Cologne, Düsseldorf et Trèves et les habitants de la Lorraine d'autre part, une correspondance téléphonique entre l'Allemagne et le grand-duché est ardemment souhaitée. Les pays-frontière du Luxembourg, des régences d'Aix-la-Chapelle, Trèves et de la Lorraine souffrent particulièrement du manque d'un raccordement. Maintenant que les conduites téléphoniques d'Aix-la-Chapelle à Montjoie, Malmédy et Saint-Vith, et de Thionville à Audun-le-Tiche sont établies, il y a lieu de croire que l'Office des postes allemandes ne tardera pas à envisager un raccordement téléphonique avec le Luxembourg. (LM)

Dimanche et lundi 29 et 30 octobre 1899
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Rombas, Uckange et Sarreguemines sont admis à converser à partir du 1er novembre avec celui de St-Ingbert (Palatinat). La taxe de chaque conversation de trois minutes entre St-Ingbert et Forbach ou Sarreguemines est de 25 pf, entre St-Ingbert et les autres localités 1 Mk. (LM)

Mardi 1er novembre 1899
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Rombas, Sarreguemines et Uckange sont admis à converser avec ceux de Sarrebourg et de Saverne. Sarrebourg et Saverne sont de même mis en relations directes.
La conversation ordinaire de trois minutes entre Sarrebourg ou Saverne et Sarreguemines et entre Sarrebourg et Saverne est de 25 pf, et entre Sarrebourg ou Saverne et les autres localités ci-dessus de 1 Mk. (LM)

Le service téléphonique Berlin-Paris se fera par deux lignes passant par Francfort-sur-le-Main. L'une établira une communication directe entre les deux capitales ; l'autre aura un bureau intermédiaire à Francfort et on y reliera les villes de Cologne et Hambourg. D'autres villes suivront probablement. Le tarif sera établi sur la base de 2 zones, à 2 et 4 francs. Une conversation Paris-Berlin coûterait donc 6 francs, une conversation Le Havre-Berlin 8 fr. La conversation sera, au maximum, de 3 minutes. Les conversations pressantes payeront la triple taxe et une taxe maxima de quinze francs. Il est question d'établir aussi des lignes téléphoniques Mulhouse-Paris par Belfort et Strasbourg-Paris par Nancy. (LM)

Vendredi 10 novembre 1899
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Rombas, Sarreguemines et Uckange sont admis à correspondre avec celui de Bürgel (Hesse). La taxe de chaque conversation de trois minutes est de 1 Mk. (LM)

Téléphones internationaux.
D'après un relevé fait par l'Elektrotechnische Zeitschrift (Revue électrotechnique), le téléphone relie déjà les pays suivants : l'Allemagne avec l'Autriche, la Hongrie, le Danemark, la Hollande, la Belgique et la Suisse ; l'Autriche avec la Hongrie, la Suisse, la principauté de Liechtenstein, le Danemark et la Suède, la Suède et la Norvège, la Hollande et la Belgique, la Belgique et la France, la France et l'Angleterre et la Suisse et l'Italie.
Signalons parmi les lignes téléphoniques celles de Berlin à Vienne, Berlin-Budapest, Berlin-Copenhague, Berlin-Amsterdam, Berlin-Anvers, Francfort-Bâle, Bruxelles-Paris, Paris-Londres.
Les nouveaux projets en voie d'exécution les plus intéressants sont pour le moment les lignes Berlin-Paris et Francfort-Paris. Il est question, en outre, de relier entre elles différentes localités des deux côtés de la frontière allemande-française. (LM)

Samedi 11 novembre 1899
La communication téléphonique avec la France.
Le secrétaire d'Etat des Postes a déclaré, dans une conversation qu'il a eue avec M. Eissen, vice-président de la Chambre de commerce de Strasbourg, que l'Alsace-Lorraine jouirait d'un tarif de faveur pour les communications téléphoniques entre l'Allemagne et la France. (LM)

Mardi 28 novembre 1899
A dater du 1er décembre, les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Hagondange, Rombas, Sarreguemines, Uckange et Algrange correspondront avec ceux de Kirchheimbolander et Landstuhl.
La taxe de chaque conversation de trois minutes sera de 25 pf pour les correspondances entre Landstuhl et Sarreguemines, de 1 Mk entre les autres localités, et de 1 Mk entre Kirshheimbolanden et toutes les autres localités ci-dessus. (LM)

Jeudi 30 novembre 1899
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Rombas, Uckange, Hagondange et Maizières-lès-Metz sont admis à correspondre avec ceux de Hayange, Algrange, Aumetz, Audun-le-Tiche et Fontoy.
La taxe pour chaque conversation est de 25 pf. (LM)

Le téléphone Paris-Mulhouse. (dans la colonne « Alsace »)
Dans son numéro d'hier, le Petit Journal de Paris, annonce l'ouverture, pour le 1er janvier, de la ligne téléphonique Paris-Mulhouse. Il fait ressortir l'utilité, la nécessité même de cette ligne projetée depuis si longtemps, et pour la mise en exploitation de laquelle les pourparlers aboutissaient si difficilement. Ce sera, de l'avis du plus répandu des journaux français, l'une des voies téléphoniques les plus fréquentées de l'Europe centrale, car les régions qu'elle reliera immédiatement présentent une égale intensité industrielle et commerciale et possèdent de nombreux intérêts communs. (LM)

Mardi 5 décembre 1899
Dépêches téléphoniques.
On ignore encore généralement dans le public que les abonnés au téléphone peuvent se faire transmettre téléphoniquement les dépêches expédiées à leur adresse et que, d'autre part, ils peuvent téléphoner des dépêches au bureau téléphonique, qui se charge de leur expédition. Pour la transmission téléphonique à domicile, il est perçu un droit de 10 pf par dépêche et pour la transmission d'une dépêche par le bureau téléphonique au bureau télégraphique 1 pf par mot, mais pour le moins 20 pf par télégramme. (LM)

Jeudi 7 décembre 1899
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Hayange, Rombas, Sarreguemines, Uckange et Algrange sont abonnés avec celui de Kirm à partir du 7 décembre. La taxe d'une communication ordinaire est de 1 mark. (LM)

Vendredi 8 décembre 1899
Le danger du téléphone. Le téléphone ne peut-il pas être un agent de contamination ? L'administration pourrait bien s'en inquiéter aussi en ce qui concerne les cabines publiques. Sait-on qui s'est servi de l'instrument quand on vient l'appliquer, à son tour, devant la bouche ? En Amérique, on a trouvé que souvent il se concentrait, sur le cornet-parleur, des traces de germes infectieux. Il faudra donc prendre ses précautions. Déjà, de l'autre côté de l'Océan, les inventeurs se sont mis à l'œuvre pour combiner les dispositifs antiseptiques. On a réalisé une embouchure contenant dans sa partie antérieure un antiseptique dégageant des vapeurs. Lorsqu'on veut se servir du téléphone, on enlève un couvercle qui ferme l'embouchure et on le place de nouveau après avoir parlé. Un autre inventeur a simplement proposé de coiffer le cornet-parleur d'un petit bonnet de gaze antiseptique. Ce moyen plus rudimentaire est dans le domaine public en France. La planchette du téléphone (appareil Ader à pupitre) est revêtue d'une gaze antiseptique, de façon à éviter tout contact avec le bois, lequel, autrement, se salit vite et devient un réceptacle pour les microbes de la bouche et les poussières de l'air. Un téléphone est dans une maison aussi bien à l'usage des domestiques qu'à celui du maître ; il peut servir à un malade, à un diphtérique, à un tuberculeux. Le danger n'est pas illusoire et l'on ne saurait trop se défendre contre la contamination. Habillons donc nos téléphones. (LM)

Dimanche 31 décembre 1899
On écrit, à la date du 26 à Metz, à la Gazette de Francfort, que M. le Directeur supérieur de Postes de Nancy est actuellement à Metz pour opérer de concert avec son collègue de Metz la jonction à la frontière de la conduite téléphonique Paris-Francfort-Berlin. (LM)

sommaire

Année 1900

Jeudi 4 janvier 1900
Les services téléphoniques publics de Metz, Thionville, Forbach, Hayange, Rombas, Sarreguemines, Uckange et Algrange sont admis à correspondre directement depuis avant hier 1er juin avec celui de Hassloch (Palatinat).
Chaque communication ordinaire sera taxée 1 mark. (LM)

Mardi 9 janvier 1900
D'après le Journal, de Paris, la mise en service de la ligne téléphonique directe de Paris à Berlin (par Verdun, Metz, Francfort) pourra avoir lieu avant la fin du mois courant. (LM)

Vendredi 12 janvier 1900
Le téléphone franco-allemand.
Les administrations postales française et allemande se sont enfin mises d'accord pour l'établissement de la ligne téléphonique Paris-Berlin. La mise en service de la ligne qui était présumée au 1er juin prochain, sera par suite fort avancée ; et il ne serait pas extraordinaire qu'elle eût lieu avant la fin du mois courant.
Les deux pays font, respectivement les frais sur leur territoire, l'Etat allemand, directement, la France, par l'intermédiaire d'une compagnie.
L'itinéraire Paris, Châlon-sur-Marne, Verdun, Metz, Francfort et Berlin comprend 1100 kilomètres divisés en deux zones. Le prix de la conversation (3 minutes) est de 2 francs pour la première zone et 4 francs pour la deuxième, soit 6 francs pour l'ensemble des deux zones Paris-Berlin. Des taxes réduites jusqu'à 1 F 25 sont créées entre les deux villes proches des frontières. Il y aura aussi des communications urgentes, passant avant les autres, et payant triple taxe, sans pouvoir pourtant dépasser 15 F par unité de conversation. (LM)

Les services téléphoniques de Woippy et Norroy-le-Veneur sont admis à correspondre avec les abonnés de celui de Metz. Chaque conversation ordinaire sera taxée 25 pf. (LM)

Mercredi 17 janvier 1900
Aux termes d'un avis public de la direction supérieure des Postes de Metz, le tarif annuel des abonnements au service téléphonique à Ars-sur-Moselle, Hagondange, Kurzel, Maizières-lès-Metz et Rombas sera de 80 Mk à partir du 1er avril 1900 quand l'abonné ne demeurera pas au-delà de 5 kilomètres du bureau téléphonique.
La réduction de 25% sur le tarif annuel accordé jusqu'ici aux administrations sera supprimée à dater du 1er avril 1900.
A Metz, l'abonnement sera de 120 Mk par an. Les personnes qui ne voudront pas s'abonner paieront une taxe fondamentale de 60 Mk et 5 pf par conversation, mais au moins 20 Mk par an (outre les 60 Mk). Les personnes de Metz qui ne voudront pas du grand abonnement de 120 Mk devront prévenir le bureau des télégraphes de Metz, rue de l'Esplanade, 10, d'ici au 15 février. On leur donnera dans ce cas de nouveaux numéros d'abonnés.
Les abonnés qui, actuellement, payent des abonnements annuels inférieurs aux nouvelles taxes pourront renoncer à l'abonnement pour le 1er avril. Ils devront en informer d'ici au 15 février le bureau des télégraphes de Metz. (LM)

Vendredi 19 janvier 1900
Les personnes et maisons suivantes se sont faits admettre au nombre des abonnés du service téléphonique de Metz.
S. Hochschild, modes et confections, rue Serpenoise, 40-42, et rue du Lancieu, 4 bis ; H. Béna, docteur en médecine, place Saint-Louis, 8 ; J. Pavis et Riegel, tissus et tapis, rue du Petit-Paris, 9 bis ; Adolphe Stortz, fabrique d'instruments de chirurgie et de bandages, rue Fournirue, 18 ; Louis Kern fils, entrepreneur, rue Chambière, 16 ; Adolphe Baumblatt, agence, rue Serpenoise, 57 ; Adolphe Herz, commerce de métaux, rue Serpenoise, 59 ; Sali Fürst, mercerie, rue de la Petite-Boucherie, 7 ; Otto Borlinghaus, dépositaire de margarines, place de Chambre, 29 ; A. Kahn, marcerie, place de Chambre, 15 ; L. Lévy-Schmidt, produits bruts, rempart des Allemands, 34 ; M. Rosenkranz, fabrique de cigares, au Sablon, coin de la route d'Augny et de la rue Militaire ; Emile Hecht, négociant, rue des Huiliers, 20 ; E. Hennequin, vins en gros, rue Saint-Eucaire, 6 ; Le Tribunal régional, palais de Justice ; Simon Louis frères et Cie, semences, rue d'Asfeld, 8 ; Simon Louis frères, pépiniéristes, à Plantières, 49 ; F. Baudinet, négociant, rue Serpenoise, 45. (LM)

Mardi 23 janvier 1900
Nous lisons dans le Temps :
Le gouvernement allemand qui, tout récemment, avait signé avec le gouvernement français un accord définitif pour l'établissement de la ligne téléphonique Berlin-Paris (1100 kilomètres) vient de se déclarer en mesure d'opérer, dès maintenant, le raccordement de ses fils téléphoniques avec la France, la ligne de Berlin-Metz étant complètement achevée depuis une semaine.
Le directeur des postes et télégraphes de Nancy, délégué par le gouvernement français, s'est, à ce sujet, rendu à Metz pour arrêter avec son collègue allemand de Metz les dernières dispositions en vue de l'ouverture du téléphone franco-allemand qui n'avait été prévue que pour le 1er juin, mais qui, dit-on se fera vers le fin de février prochain.
Les deux états font respectivement les frais sur leur territoire.
Le prix de la conversation (trois minutes) sera de 6 francs, de Paris à Berlin ; de 2 francs de Metz-Paris, et de 4 francs de Metz-Berlin. Des taxes réduites à 1 fr. 25 seront créées entre les villes proches des frontières. La communication urgente payera triple taxe.

Le service téléphonique de Metz compte les nouveaux abonnés suivants :
Auguste Legris, successeur, fabrique de chaussures, rue des Récolets, 7.
Hans Beck, cuirs et peaux, rue de L'Esplanade, 14.
Le même , dépôt à l'Abattoir.
Saul Jacques, boucher, rue du Petit-Paris, 8.
Bleyler-Willms, magasin d'articles de ménage et de cuivre, rue du Palais, 14. (LM)

Samedi 27 janvier 1900
Le service téléphonique de Metz compte deux nouveaux abonnés, ce sont MM. Simon Hecht, fournisseur militaire, rue des Allemands, 75, et Robert Grass, Agence à Queuleu, rue de l'Eglise, 125. (LM)

Mardi 30 janvier 1900
Les services téléphoniques publics de Metz, Thionville, Forbach, Hayange, Rombas, Sarrebourg, Sarreguemines, Uckange et Algrange sont mis en correspondance directe avec celui de Wissembourg depuis le 27 janvier. La taxe d'une conversation ordinaire est de 1 Mk. (LM)

Mercredi 31 janvier 1900
Téléphoneries.
(Rubrique « Lettre de Paris » en première page)
Si la majorité des découvertes scientifiques était, comme pour certaines fonctions administratives et certains droits civils, fixée à 25 ans, le téléphone ne serait pas encore majeur. C'est en avril 1877, en effet, il n'y a pas tout à fait vingt-trois ans, que le miraculeux appareil a fait pour la première fois son entrée dans le monde. Il a joliment fait du chemin depuis !
Le téléphone s'est si intimement incorporé à notre vie pratique, nous nous sommes tellement habitués à en user couramment, machinalement même, en quelque sorte, qu'il nous fait aujourd'hui l'effet d'être une institution toute naturelle sinon même une chose due, ayant existé de tout temps. Au moins avons-nous quelque peine à nous représenter l'époque datant, je le répète, de moins de vingt-cinq ans, mais déjà préhistorique où l'on ne connaissait pas encore « l'électrologie ».
Ce n'est rien moins qu'une révolution à laquelle les mœurs publiques, surprises d'emblée et comme par effraction, ont dû s'adapter docilement, et l'on ne se figure plus, à l'heure où nous sommes, le fonctionnement normal et régulier du commerce, de l'industrie, de la finance, du journalisme, de la politique ou de la diplomatie sans le secours de ce petit appareil banal, dont les sorciers et les thaumaturges d'autrefois n'auraient pas osé, faute d'imagination, présager les invraisemblables merveilles. Le fait est que, pour qui prend la peine de réfléchir un brin et de comparer, ne fût-ce qu'à fleur de méninges, le présent au passé, il n'est rien, dans toute l'œuvre industrielle et scientifique de l'histoire, qui soit aussi extraordinaire que le téléphone, rien qui donne une aussi crâne idée de l'espèce humaine, avec une aussi légitime fierté d'en être. N'insistons pas : je prêche à des convertis.
Mais l'appétit vient en mangeant, et il doit être dans la destinée de l'homme jamais rassasié, jamais content, de se blaser bientôt sur les plus étourdissants prodigues.
Voici déjà qu'on a découvert des imperfections au téléphone, des inconvénients et des vices. Le fait est qu'il en a, parbleu !, comme toutes les oeuvres sorties de la cervelle et des mains des êtres incomplets et défectueux que nous sommes.
Ceci n'est pas pour refaire une fois de plus le procès des pauvres demoiselles du téléphone pour lesquelles la nervosité contemporaine affecte peut-être trop de rigueur et même d'injustice. Mais, enfin,; il est bien permis de dire que le téléphone laisse quelque peu à désirer au point de vue de l'aisance et de la rapidité des communications ; il est bien permis de dire également qu'il a le double tort de ne pas porter assez loin, et de ne pas laisser de traces. Mais vous pensez bien que ça ne pouvait pas durer longtemps comme ça. Si le téléphone n'est pas parfait - comment, à vingt-trois ans, aurait-il pu donner toute sa mesure ? - il est perfectible. Et ils sont bien quelques douzaines de chercheurs, dont tels ou tels ont peut-être un grain de génie, qui travaillent à le perfectionner. Nous sommes de ce chef à la veille de plus d'un coup de théâtre. Tout d'abord nous allons voir le téléphone haut parleur. C'est-à-dire que plus ne sera besoin pour converser par téléphone, de vous déranger pour prendre en main l'appareil, et vous coller contre le pertuis de l'entendement une conque métallique plus ou moins suspecte de souillures infectieuses, pendant que vous vous exténuez à crier tue-tête, la bouche tout près d'une planchette également malpropre. Une fois la communication établie, vous pourrez tailler une bavette avec votre interlocuteur invisible, les mains et les oreilles libres, sur le ton qui vous plaira, absolument comme on parle à travers une porte ouverte d'une pièce à l'autre d'un même appartement.
Je sais au moins trois appareils qui donnent une solution acceptable de ce problème et s'en disputent le record. L'un est suisse, le second français, le troisième est hongrois. Dieu me garde de me prononcer entre ces trois appareils rivaux, quoique j'ai personnellement l'occasion de les expérimenter tous les trois. Tout ce que, jusqu'à nouvel ordre, il me plaît d'en dire, c'est que le téléphone hongrois est basé sur un principe différent du principe des deux autres, ce qui lui permet de se combiner, le cas échéant, avec eux. Alors, en effet que les inventeurs français et suisse se sont attachés à perfectionner les microphones, l'inventeur hongrois, lui, a limité ses effort à l'amélioration de la ligne elle-même, sur laquelle un artifice spécial renforce la puissance du son grâce à l'accumulation des actions magnétiques, sans altérer le timbre, ni augmenter la résistance.
Qui dit téléphone haut parleur, dit ipso facto téléphone à longue distance. Le moment approche où la distance va devenir - ce qu'elle est déjà pour la télégraphie - un facteur négligeable, où, par conséquent, l'on pourra converser aussi aisément de Paris à Lisbonne, à Naples, à Bucarest, à Constantinople, à Moscou, voire même Pékin, que de la Madeleine à la Bastille. S'ensuit-il qu'on pourra converser de même avec New-York ou Buenos Aires, Hanoi ou Johannesburg ? That is the question ! La téléphonie sous-marine est, en effet, en raison de la haute capacité des câbles immergés toute une autre affaire comportant des difficultés sui generis ! Mais l'inventeur hongrois se flatte de les avoir d'ores et déjà résolues. Il n'a peut-être pas tort. En tout cas, nous serons bientôt fixés là-dessus, car je crois savoir qu'il ne va pas tarder à être mis au pied du mur.
Tout cela n'est rien encore à côté du téléphone enregistreur, crée par le savant français à l'aide d'une ingénieuse combinaison avec le phonographe.
Dites-vous bien ceci, mes chers lecteurs : c'est que, le jour où cette affaire là aura définitivement conquis droit de cité, peu importera quand vous téléphonerez à quelqu'un, que ce quelqu'un soit ou non chez lui. S'il est sorti, votre communication n'en aura pas moins été recueillie par un cylindre phonographique, auquel il lui sera loisible de la faire répéter autant de fois qu'il pourra lui plaire à son retour.
C'est déjà joli. Mais on m'annonce au dernier moment plus fort et mieux encore. Il paraît qu'à Berlin on vient de mettre à l'essai sur une assez considérable échelle un nouveau système d'intercommunication permettant aux abonnés de s'entretenir directement sans avoir à passer par l'intermédiaire du bureau central.
Cette fois, les demoiselles du téléphone n'ont qu'à se bien tenir, il ne s'agit de rien moins que de se priver de leurs services.
Vous pensez bien que nous ne sommes pas au bout et que nous sommes appelés à en voir bien d'autres. Mais, c'est sans doute assez pour aujourd'hui. A chaque jour suffit son progrès !
Emile Gautier. (LM)

Téléphone franco-allemand.
La direction supérieure des postes adresse à la rédaction du Courrier de Metz la rectification suivante :
L'information publiée dans votre numéro du 24 janvier sous le titre "Téléphone franco-allemand", disant que le directeur des postes et télégraphes de Nancy se serait rendu à Metz afin d'arrêter avec son collègue allemand de Metz les dernières dispositions en vue de l'ouverture du téléphone franco-allemand, n'est pas exacte. La direction supérieure des postes de Metz ne sait pas davantage quand le service téléphonique avec la France entrera en exploitation, si Metz pourra converser avec Berlin et Paris, ni, enfin, quelles seront les taxes des conversations entre la France et l'Allemagne.
Vous êtes prié de rectifier dans ce sens votre information du 24." Nous renvoyons nos lecteurs à ce sujet à notre numéro du 23 janvier, où nous avons publié une information analogue provenant du Temps. (LM)

Mercredi 21 février 1900
Le service téléphonique public de Metz compte les trois nouveaux abonnés suivants :
Restaurant Brauneberg, rue Bonne-Ruelle, 2, sous le numéro 216 ;
L. Schard et Cie, moulin de la ville de Metz, rue du Pont de la Préfecture, 2, sous le numéro 226 ;
Maison L. S. Cahen et fils, Achile de Roos, successeur, commerce de grains, rue Ambroise-Thomas, 1, avec le numéro 226. (LM)

Jeudi 1er mars 1900
L'administration des Postes et Télégraphes a l'intention d'agrandir sous peu le réseau téléphonique à Metz, à Ars-sur-Moselle, Hagondange, Kurzel, Maizières-lès-Metz et Rombas. Les personnes qui ont l'intention de devenir abonnées du service téléphonique de leur localité sont priées d'en aviser l'administration d'ici au 15 mars.
A Metz, la taxe fondamentale pour chaque abonné dont l'appareil n'est pas à plus de 5 kilomètres du bureau central est de 120 Mk ; ou bien, l'abonné aura à verser 60 Mk, taxe fondamentale, et pour le moins 20 Mk pour les correspondances. Dans les autres localités ci-dessus indiquées, la taxe fondamentale est de 80 mark. (LM)

Mardi 13 mars 1900
On annonce que la ligne téléphonique Paris-Metz-Berlin sera inaugurée d'ici à l'ouverture de l'exposition universelle de 1900. (LM)

Mardi 20 mars 1900
Le téléphone Paris-Metz-Berlin.
On assure que la ligne téléphonique Berlin-Metz-Paris sera inaugurée d'ici à l'ouverture de l'exposition universelle de 1900, c'est-à-dire vers le milieu d'avril. (LM)

Mercredi 21 mars 1900
L'administration des télégraphes a l'intention de créer dans le courant de l'année, des services téléphoniques à Dieuze, Morhange et Rémilly et de les mettre en correspondance avec Metz et Sarrebourg. La taxe sera de 80 Mk par an. Les demandes d'abonnement sont à adresser, avant le 1er avril, aux bureaux des postes de ces trois localités. (LM)

Samedi 31 mars 1900
Les services téléphoniques de Metz, Thionville, Forbach, Hayange, Rombas, Sarreguemines, Uckange et Algrange seront reliés à partir du 1er avril avec Hombourg (Palatinat). La taxe des conversations sera portée dans la liste supplémentaire des abonnés qui va paraître incessamment. (LM)

Vendredi 6 avril 1900
Depuis le 1er avril, les taxes pour les communications téléphoniques ont été notablement modifiées. Tandis que jusqu'à ce jour, on payait 25 pf pour une conversation de trois minutes jusqu'à 50 kilomètres de distance et 1 mark pour toute distance supérieure, la taxe est fixée aujourd'hui: à 20 pf pour une distance de 25 km, à 25 pf jusqu'à 50 km, à 50 pf jusqu'à 100 km, à 1 Mk jusqu'à 500 km, à 1 Mk 50 jusqu'à 1000 km et à 2 Mk pour les distances supérieures. Ces modifications constituent en général une réduction des droits actuels. (LM)

Samedi 7 avril 1900
Courrier de Paris, Jeudi 10 heures du soir (Chambre des députés). Séance du jeudi 5 avril.
Le téléphone franco-allemand.
Voici un extrait du projet de loi présenté à la chambre des députés par M. Delcassé, ministre des Affaires étrangères, relativement à l'installation du service téléphonique entre la France et l'Allemagne.
Article 5. Taxe des communications.
En Allemagne.
A deux francs (2 fr.) pour les communications originaires ou à destination des centres téléphoniques situés entre la frontière et une ligne partant de Gronau, passant par Paderborn, Cassel, Meiningen, Ansbach, Ingolstadt, Munich et, de là, directement au sud jusqu'à la frontière autrichienne (1re zone); Les villes désignées au paragraphe précédent font partie de la 1re zone ;
A quatre francs (4 fr.) pour les communications originaires ou à destination des autres centres téléphoniques (2e zone).
Pour les relations limitrophes échangées entre des centres téléphoniques respectivement situés :
En France, dans les départements du Doubs, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Haute-Saône (y compris le territoire de Belfort) et des Vosges ;
Et en Allemagne, dans l'arrondissement de Trèves et la principauté de Birkenfeld, en Alsace-Lorraine et dans la grand-duché de Bade, excepté la partie située au nord d'une ligne allant de Lauterbourg à un point de la frontière bado-wurtembergeoise, près de Gernsbach, et la partie située à l'est d'une ligne allant d'un point de la même frontière, au nord de Saint-Georgen à Waldshut.
Il est appliqué une taxe totale de deux francs cinquante centimes ( 2 fr. 50 ), à partager en parties égales entre les deux offices.
Cette taxe est exceptionnellement réduite à un franc vingt-cinq centimes (1 fr. 25), soit 0 fr. 625 pour chaque office, pour les relations entre villes reliées par des lignes ou sections de ligne dont la longueur réelle ne dépasse pas soixante-quinze kilomètres (75 kilom.).
Les taxes élémentaires prévues ci-dessus sont respectivement triplées pour les communications privées urgentes ayant priorité sur les communications privées ordinaires, sans pouvoir toutefois excéder, en aucun cas, quinze francs (15 fr.), pour une conversation de trois minutes.
Les administrations pourront, d'un commun accord, modifier les taxes élémentaires et les réduire pendant les heures de nuit. (LM)

Jeudi 12 avril 1900
Avis. Afin de donner toute facilité aux abonnés et aux personnes utilisant la communication téléphonique du réseau de Metz et des postes avoisinants pour la réception et l'envoi de télégrammes, les dispositions suivantes ont été arrêtées :
A. Communications de télégrammes reçus
1° La taxe de transmission d'un télégramme à l'abonné est fixée, quel que soit le nombre de mots, à 10 pfg.
La communication ne s'effectue que sur demande de l'abonné. Les télégrammes rédigés en langage chiffré, en langue étrangère ou en langage conventionnel ne pourront être transmis. Toutefois, il est laissé à la latitude du chef du bureau téléphonique d'en autoriser ou d'en refuser la transmission, si le contenu ne semble offrir aucun danger au point de vue général. En tous cas, la transmission devra s'effectuer par messagers si l'on suppose que ce mode d'envoi sera plus rapide et plus sûr. (Exemple : télégramme très long) ou si la transmission par messager semble répondre à l'intention de l'expéditeur (félicitations pour fêtes de famille).
2° Les télégrammes à destination de Berlin pourront être transmis par cette voie à la condition seulement de porter une indication d'adresse abrégée convenue ou si le premier mot spécifie la communication téléphonique avec désignation du bureau et du numéro. Cette indication peut être donnée par un seul nombre déplacé à volonté, le premier chiffre donnant l'indication du bureau transmetteur et le second, le numéro de la communication. Exemple : 61 642 = Bureau VI, n°1642. -Bureau 1A ne doit être désigné que par le chiffre 1. -Dans ce cas, il n'est pas utile d'indiquer la rue ni le numéro de la maison. Les destinataires de télégrammes habitant Berlin qui n'ont pas déposé d'adresse télégraphique abrégée devront prendre soin, s'ils désirent que communication de télégrammes par voie téléphonique leur soit donnée, non seulement d'en adresser la demande à l'Office central des télégraphes, mais aussi d'aviser leur correspondant d'avoir à indiquer en tête du télégramme le bureau et le numéro de communication.
Pour les télégrammes à d'autres destinations que Berlin, s'ils peuvent être transmis téléphoniquement, la spécification de la transmission par téléphone doit être également indiquée. Toutefois, dans ce cas comme dans les cas précédents, ce mode de transmission ne doit être employé que si le destinataire en a formulé la demande.
3° Les télégrammes parlés -messages téléphoniques- seront adressés sous enveloppe par la poste avec le nom et le domicile du destinataire. En dehors de la taxe indiquée sur l'enveloppe, aucune autre perception ne sera exigée.
La taxe sur la transmission d'un télégramme par téléphone ne sera pas perçue si elle a été acquittée par l'expéditeur (X.P.). L'excédent de la somme versée -s'il dépasse le montant à percevoir par le messager, ne sera pas remboursé.
B. Réception des télégrammes expédiés
1° La taxe de réception est fixée à un pfennig par mot (minimum 20 pfg.) Les excédents seront élevés à la somme ronde la plus approchée en suivant la graduation décimale.
2° Les dépêches qui ne pourront être transmises télégraphiquement mais par la poste ou par un exprès seront également acceptées et transmises par lettre ou carte postale. Le prix du port de ces lettres ou de ces cartes devra être acquitté d'avance.
3° Les taxes télégraphiques, taxes de réception ou de transmission, seront payées par l'abonné à présentation d'une facture.
Metz, le 6 avril 1900.
Le Directeur général des Postes. (LM)

Vendredi 4 mai 1900
Téléphone automate.
Dans le but de faciliter au public l'utilisation du téléphone, la Direction supérieure des Postes a l'intention d'installer dans un magasin, un débit ou un hôtel de la partie est de la ville, soit dans la rue des Allemands ou dans les environs, un téléphone automate relié au réseau téléphonique de la ville. Moyennant 10 pf, le public pourrait ainsi communiquer avec les abonnés du réseau de la ville ; des conversations avec les abonnés du dehors ne seraient pas permises. Les recettes provenant de l'utilisation de l'automate seront versées à la caisse postale. L'administration des Postes ne supporterait aucune sorte de frais soit pour le local dans lequel on installera l'appareil automate, soit pour la surveillance de celui-ci. En outre, il faut que le public ait accès au local pendant les heures de service du bureau téléphonique. Les offres devront être adressées jusqu'au 5 mai à la direction supérieure des Postes. (LM)

Mercredi 23 mai 1900
Courrier de Paris. Lundi 10 heures du soir.
Le téléphone Paris-Berlin.
Le journal officiel du 18 mai publie le décret portant approbation de la convention conclue entre la France et l'Allemagne pour régler le service de la correspondance téléphonique entre ces deux pays. (LM)

Jeudi 24 mai 1900
Les bureaux téléphoniques de Thionville, Forbach, Hayange, Metz, Rombach, Sarrebourg, Sarreguemines, Hagondange et Uckange sont reliés désormais avec le bureau d'Erstein en Alsace. La taxe pour une conversation ordinaire de trois minutes est fixée à 1 Mk. (LM)

Jeudi 31 mai 1900
Liste des nouveaux abonnés au téléphone depuis le 30 avril jusqu'au 21 mai.
Fabrique d'articles de construction de A. Siebel, succursale à Metz, dépôt au port du Canal, n° de la communication : 552 ; Th. Goldschmidt, manufacture de cuir, 24, rue du Pont-St-Georges, n°544 ; Walter Sturmer, marchand de cigares, 18, rue de l'Esplanade, n°218 ; Hôpital Sainte-Blandine, 8, rue de la Gendarmerie, n°209 ; Mathias Oetringer, électro-technicien, 11, rue du Faisan, n°546 ; Auguste David, marchand de grains, 5, rue Saint-Thiébault, n°530 ; Serot, marchand de fer, route de Magny; Henri Pauly, entrepreneur et sculpteur, 28, Plantières, n°40 ; Ernest Stadelmann, entrepreneur de bâtiments, 4, Plantières, n°246 ; Bleyler-Wilms, 27, rue Mazelle ; Bleyler-Wilms, 9, rue du Commerce ; Société électrique, section Metz, installation d'électricité, route de La Ronde, Devant-les-Ponts ; Fonderie de fer de Metz Kunster et Kremer, fonderie à Devant-les-Ponts, 167, route de Woippy, n°529 ; Louis Demuth, marchand de cigares en gros et en détail, 3, rue du Petit-Paris, n°538 ; S. Nachbar, agences, 8, rue du Haut-Poirier, n°550 ; Leichert Ferdinand, serrurerie, 35, rue des Jardins, n°545 ; Emile Goulon, entrepreneur de bâtiments, 5, rue Saint-Clément, n°520 ; Journal "Le Lorrain", propriétaire M. l'abbé Collin, 14, rue des Clercs, n°31 ; Boistaux F.S. (maison Schmit), marchand de comestibles, 2, rue Chaplerue, n°532 ; Koelsch Willy, restaurateur (Münchener Bürgerbrau), 1, rue de l'Esplanade, n°534 ; Paul Aubertin, vins et spiritueux, agent et commissionnaire, 45 II, rue Serpenoise, n°536 ; Gustave Rivoiret, épicier, 18, rue Mazelle, n°56 ; Pierre Maurer, marchand de vins en gros, 18, rue Nexirue, n°237 ; Gustave Herizog, architecte expert, rue Saint-Louis, n°227 ; Lucien Epstein, lithographe, matériel de bureau et papier d'emballage en gros, 14, rue de la Chèvre, n°505 ; Charles Francke, Brême, succursale Metz (E. Winkert), construction d'usines à gaz, électricité, à Metz, n°549 ; Michel Eberschweiler, négociant, 68-70, rue des Allemands, n°537 ; M. Fischer, épicier, coin de la rue Serpenoise, n°54; N. Reinert, marchand de bois à Metz, 10, rue du Lancieu, n°2 ; Théodore Kolbach, négociant, 20, rue de Ladoucette, dans la cour, n°519. (LM)

Samedi 2 juin 1900
Le 1er juin, il sera ouvert à Rosheim un bureau téléphonique public correspondant avec tous les bureaux téléphoniques des circonscriptions postales de Strasbourg, Constance, Carlsruhe, Metz, Trèves et Francfort-sur-le Main. Le même jour, le service téléphonique sera ouvert entre Radolfzell et les bureaux téléphoniques des villes d'Alsace. (LM)

Dimanche 17 juin 1900
Du 17 mai au 2 juin, le téléphone a été installé pour les nouveaux abonnés dont les noms suivent :
Frédéric Roth, représentant de commerce, 9, rue Serpenoise (n°35) ; Roederer et Cie, fabrique de champagne, à Longeville (n°89) ; Dr Müller, conseiller de justice, 4, rue de l'Esplanade (n°80) ; Schaefer, charcutier, 12, rue du Palais (n°559) ; H. Haug, représentant de commerce, 3, rue de la Paix (n°560) ; Société la Réforme du Crédit, rue Neuve-Saint-Louis (n°557) ; H. Scriba, librairie, 20, place de Chambre (n°84) ; F. Kopp, commerce de bières en gros, 46, rue de l'Evêché (n°562) ; F. Bierck, pharmacien, Sablon (n°83) ; P. Epstein, représentant de commerce, 22, rue du Change (n°507) ; A. Hirster, brasserie, 14, rue de l'Evêché (n°87) ; P. Heinen, directeur des tuileries lorraines, Sablon (n°201 bis) ; B. Mayer, vins en gros, 33, rue Mazelle (n°524) ; Brasserie Saint-Nicolas de Basse-Yutz, rue Mazelle (n°558) ; H. Voit, ingénieur, représentant de la Société Siemens et Halske, Plantières (n°501). (LM)

Mardi 18 juin 1900
Le téléphone Metz-Mancy.
La Chambre de commerce de Nancy informe que la ligne téléphonique Nancy-Metz est terminée depuis le 1er janvier et que, seules, les lenteurs de l'administration en retardent la mise en service, vient de demander instamment à MM. les députés du département de vouloir bien intervenir près des pouvoirs publics, pour que les formalités nécessaires soient remplies et qu'un terme soit mis à ce retard inexplicable. (LM)

Dimanche 24 juin 1900
Les nouveaux abonnés dont les noms suivent sont reliés au réseau téléphonique de Metz.
Oscar Fischer, confect. et costumes, 1 r. du Petit-Paris (514) ; François Emrich, entrepreneur à Devant-les-Ponts (533) ; C. Grabau, représentant de commerce à Scy (10) ; Etablissement des diaconesses dit "Mathildenstift", 2 rempart Belle-Isle (93) ; Dr Frantz, médecin, 30 rue de l'Evêché (97) ; David Mendel, boucher, 6 rue Ste-Marie (564) ; F. Teiten, agences, 53 place de Chambre (563). (LM)

Samedi 30 juin 1900
Les microphones. Après que les localités voisines ont été pourvues d'appareils téléphoniques dits "microphones", on vient de commencer, à Metz, la pose de ces nouveaux appareils. Les microphones sont munis d'une petite boîte parafoudre qui les met à l'abri des variations électriques de l'atmosphère en temps d'orage. (LM)

Jeudi 5 juillet 1900
Téléphone Paris-Berlin.
D'après les dernières informations, les travaux à établir pour les communications téléphoniques sont complètement terminés sur le territoire français. En Allemagne, les travaux sont achevés depuis des mois, de sorte qu'aucune difficulté ne s'oppose plus à l'ouverture de la communication entre Paris et Berlin. Toutefois, il est indispensable d'exécuter des essais maintenant, afin de s'assurer si la transmission peut s'effectuer facilement et au gré des abonnés. Les abonnés de Berlin qui pensent avoir des conversations fréquentes avec Paris seront pourvus d'un microphone qui donnera au son plus de force et plus de clarté. L'ouverture de l'exploitation n'est plus subordonnée qu'au résultat de ces essais. Pendant les heures de séance de la Bourse, la communication téléphonique directe sera à la disposition de cet établissement. (LM)

Dimanche 15 juillet 1900
Le téléphone entre l'Alsace et la France.
L'essai des communications téléphoniques entre l'Alsace et la France vient d'avoir lieu par un échange de correspondance entre Mulhouse et Paris-Belfort-Besançon-Langres-Troyes-etc.
L'ouverture officielle de la ligne aura lieu dans quelques jours.
Et Metz ? A quand l'ouverture du réseau qui devait déjà être livré à l'exploitation depuis plusieurs mois ? (LM)

Jeudi 2 août 1900
Le réseau téléphonique qui relie l'Allemagne et la France est achevé. Il se comporte des lignes Berlin-Paris (1200 km), Berlin-Francfort-Paris, Metz-Nancy et Mulhouse-Belfort.
Les frais de construction de ce réseau sur territoire allemand se sont élevés à 1 milliard et 1/2 de mark. Pour établir le tarif des conversations (durée trois minutes), dans tout l'Empire comme en France, on a établi deux zones : la première est un rayon de 300 km des deux côtés de la frontière, la seconde zone comprend, dans les deux pays, les parties du territoire situées au-delà de la première zone.
La taxe d'une conversation entre localités de la première zone, des deux pays, est de 3 Mk ; entre localités de la première zone allemande et de la deuxième zone française, de 5 Mk ; entre localité de la deuxième zone des deux pays, 6 Mk 50.
Pour les conversations entre les localités d'Alsace-Lorraine, du district de Trèves, de la principauté de Birkenfeld et d'une partie du pays de Bade, d'une part, et les départements du Doubs, de la Haute-Saône, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, des Vosges et Belfort, de l'autre, situées à environ 100 km des deux côtés de la frontière, on a prévu une taxe de faveur de 2 Mk. Enfin la taxe sera réduite à 1 Mk pour les communications entre les localités suivantes : Nancy, Metz et Hagondange ; Malzéville, Dombasle.(LM)

Vendredi 3 août 1900
Des bureaux auxiliaires de télégraphe avec communication téléphonique ont été ouverts à Eichhoff et à Essesdorf (Lorraine). (LM)

Téléphone automatique.
A dater d'aujourd'hui 2 août, 3 téléphones automatiques sont livrés à l'usage public. La taxe pour une conversation en ville seulement est de 10 pfg. Ces appareils se trouvent :
1° Dans le grand corridor de la mairie, place d'Armes,
2° Au guichet du bureau de poste, 2, place de la Comédie,
3° Dans l'établissement de la brasserie « Bürgerbrau », rue Mazelle, 2.
Un mode d'emploi est adapté à chaque appareil. En outre la taxe pour une conversation tenue aux postes téléphoniques des bureaux du télégraphe et de la gare, bureau de poste n°3 avec un abonné de la ville a été déduite à 10 pf. (LM)

Dimanche 5 août 1900
Nouveaux abonnés au téléphone. N°515, Lametz, successeur, fabrique chimique, Vallières ; 509, G. Hertrog, scierie et fabrique de chaux, Vallières ; 565, Ed. Poll, négociant, 1 bis rue de la chèvre ; 113, Emile Klein, marchand de vins en gros et distillateur, 2 et 4 rue Chèvremont ; 569, L. Weil, négociant et propriétaire d'une tuilerie, 5-6 avenue Serpenoise ; 567, Henry Bouchy, représentant de commerce, 2 rue du Pont-des-Roches ; 568, Oulimann, notaire, 11-13, rue de la Tête-d'Or ; 572, A. Moses, bijoutier et horloger, 8, rue de l'Esplanade ; 570, Corhumel, Porr, successeur, pharmacien, 82, rue Serpenoise ; 573, Joseph Schmidt, fournisseur d'articles militaires, 95, rue Mazelle ; 101, Adolphe Hirsch, épicier en gros, 27, rue des Allemands ; 112, Ed. Winkert, négociant, chargé d'affaires de la maison Karl Franke à Brème, 28, Grand'rue, Longeville ; 566, Siegfierd Salomon, négociant et fournisseur militaire, 3, rue Belle-Isle ; 117, Otto Lametz, successeur, fabrique chimique, Vallières, 17, rue des Clercs ; 128, N. Laudauer, cuir en gros, 7, place de Chambre ; 547, Sichel, magasin de chaussures, 11, rue du Petit-Paris ; 3, Best, château d'Augny. (LM)

Jeudi 9 août 1900
Le téléphone Paris-Berlin.
C'est hier 7 août, dans l'après-midi que, la première communication téléphonique a été échangée entre la Bourse de Berlin et la Bourse de Paris. Les expériences ont pleinement réussi et l'audition s'opère très nettement.
Quand à la mise en communication de Metz et Paris, elle est imminente, puisque hier matin, nous avons eu la curiosité de la demander au bureau téléphonique, comme si la ligne était livrée à l'exploitation, et il nous a été répondu qu'elle serait donnée sous très peu de jours.

Lignes téléphoniques nouvelles.
Les communications téléphoniques peuvent être échangées depuis le 6 août entre Metz et Rombas, d'une part, et entre Metz et Oberstein, d'autre part. La taxe pour un entretien d'une durée de trois minutes est fixé à 50 pf. (LM)

Mardi 14 août 1900
Enfin ! Le service téléphonique entre l'Allemagne et la France et vice-versa sera ouvert au public le 15 août. (LM)

Mercerdi 15 août 1900
Les communications téléphoniques sont ouvertes entre Algrange, Aumetz, Audun-le-Tiche, Uckange d'un côté ; de l'autre avec Manderscheid et Daun. La taxe pour une conversation ordinaire avec Daun, de la durée de trois minutes est de 1 mark ; avec Manderscheid, d'Algrange et de Fontoy, 1 mark ; d'Aumetz, Audun-le-Tiche, Thionville,Hagondange, Algrange, Rombas et Uckange, 50 pf. (LM)

Dernière heure.
Ouverture des communications téléphoniques avec la France.
La Direction supérieure des Postes adresse l'avis suivant :
« Les communications téléphoniques avec la France, dans la direction Metz-Nancy sont ouvertes à dater du jeudi 15 août.
La taxe des communications pour une conversation d'une durée de trois minutes a été fixée comme suit : Entre Metz et Nancy, Malzéville, Dombasle, Pont-St-Vincent, Champigneulles, Frouard, Maxéville : 1 mark.
Entre Metz et Pont-à-Mousson ..... etc ..... : 2 mark.
Entre Metz et Paris, St-Denis, Châlons-sur-Marne (Marne), Suippes, Courtisols, Ste-Ménehould, Vitry-le-François, Epernay, St-Dizier (Haute-Marne), Chaumont, Versailles (Seine-et-Oise), Fontainebleau (Seine-et-Marne), Melun : 3 mark.
Pour les communications entre Hagondange et Nancy : 1 mark.
Entre Hagondange et Paris, Epinal (Vosges), Bar-le-Duc (Meuse), Malzéville, Dombasle, Lunéville, Vézelise, Pont-St-Vincent, Champigneulles, Frouard, Maréville, Longwy, Toul, Blauville-sur-l'eau : 2 mark.
Entre Hagondange et Paris : 3 mark.
Entre Rombas et Nancy : 2 mark. » (LM)

Dimanche 19 août 1900
Dans la colonne « Alsace ».
Strasbourg. Téléphone. La correspondance téléphonique a été ouverte, hier, entre l'Alsace et la France. Sont admis provisoirement à cette correspondance les réseaux de Strasbourg, Mulhouse, Benfeld, Bischwiller, Colmar, Guebwiller, Kaysersberg, Sainte-Marie-aux-Mines, Masevaux, Molsheim, Munster, Obernai, Ribeauvillé, Saint-Louis, Sehlestadt, Thann et Wesserling.
La conversation de 3 minutes coûte, suivant la distance, 1, 2 ou 3 mark. Pour les conversations urgentes, la taxe est triplée. On peut se renseigner aux bureaux de téléphone sur les localités françaises qui sont reliées et sur le montant de la taxe à payer. (LM)

Vendredi 24 août 1900
Téléphone. Répondant à une question de la Chambre de commerce de Strasbourg, le Ministère d'Alsace-Lorraine a fait savoir que les droits d'enregistrement ne seront plus perçus pour les contrats d'abonnement au téléphone, qui seront désormais aussi exempts du timbre. La déclaration d'assentiment de la part des propriétaires d'immeubles est encore soumise, par contre, au timbre de dimension. (LM)

Vendredi 7 septembre 1900
Le réseau téléphonique de Brumath relié avec les réseaux des régions de Strasbourg, Constance, Karlsruhe, Metz, Trèves et Francfort fonctionnera à partir de demain. (LM)

Samedi 15 septembre 1900
Télégraphe. Des bureaux télégraphiques avec téléphone ont été ouverts à Dieblingen et à Iplingen. Un bureau télégraphique a été adjoint au bureau de poste auxiliaire de Kemplich. En même temps, un poste téléphonique à l'usage du public a été ouvert dans ce bureau. (LM)

Dimanche 16 septembre 1900
Le service téléphonique a été ouvert aux bureaux de poste de Saint-Anarin et de Moosch, de même qu'entre tous les bureaux téléphoniques d'Alsace-Lorraine et Sickenheim. (LM)

Mercredi 19 septembre 1900
Le service téléphonique est ouvert avec Metz, Hagondange et Rombas d'une part, et Rouffach et Wasselonne d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire de trois minutes est de 1 mark. (LM)

Nouveaux abonnés au réseau téléphonique de Metz.
149, M. F. Nitzche, architecte et entrepreneur, port du canal ; 143, Camille Federspiel, marchand de bois, place du Saulcy, 42 ; 576, M; le Dr Cramer, place St-Louis, 2 ; 577, M. A. Watier, épicier, rue Fabert, 11. (LM)

Dimanche 23 septembre 1900
Le service téléphonique a été ouvert entre Metz, Hagondange, Rombas d'une part et Hochfelden d'autre part.La taxe pour une conversation ordinaire de trois minutes est de 1 mark. (LM)

Mardi 25 septembre 1900
Le service téléphonique public a été ouvert aux agences postales de Schwindratzheim, Alteckendorf et Ettendorfg, ainsi qu'entre Sandhausen (près Heidelberg), Oberkirch et Appenweier d'une part et les bureaux téléphoniques de l'Alsace d'autre part. (LM)

Mardi 2 octobre 1900
Le service postal du polygone de Haguenau a été fermé le 30 septembre.
Le service téléphonique a été ouvert entre les bureaux téléphoniques des villes d'Alsace d'une part et Biberach, Gengenbach, Haslach et Hausach d'autre part. (LM)

Jeudi 4 octobre 1900
A partir du 1er octobre, le réseau de Brumath sera mis en communication avec ceux de Bamberg, Nuremberg et Furth ; les réseaux de Strasbourg et de Mulhouse seront mis en communication avec celui de Munich et des environs, à titre d'essai. Le prix de la conversation de trois minutes entre ces diverses localités est de 1 mark. (LM)

Vendredi 5 octobre 1900
Les communications téléphoniques sont établies entre Metz, Hagondange et Rombas, d'une part, et Illkirch-Grafenstaden et Geispolsheim, d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire n'excédant pas trois minutes est de 1 mark. (LM)

Les localités suivantes sont admises à communiquer par le téléphone avec Metz et Thionville, Beckerholz, Bibische, Bouzonville, Filsdorf, Halsdorf, Hombourg, Kédange, Kemplich, Kirchnaumen, Launsdorf, Luttange, Mandern, Monneren, Waldweisdorf, Waldwiese.
Selon les distances, la taxe est de 20 ou de 25 pf. pour une conversation ordinaire de 3 minutes. (LM)

Samedi 6 octobre 1900
Les communications téléphoniques sont établies entre Metz, Hagondange et Rombas d'une part, et Sennheim d'autre part. La taxe pour une conversation de trois minutes est de 1 mark. (LM)

Dimanche 7 octobre 1900
Des communications téléphoniques ont été établies entre les localités suivantes : Metz, Amanvillers, Ancy-sur-Moselle, Ars, Châtel-Saint-Germain, Gorze, Moulins, Novéant, Corny,Rezonville, Vionville, Maizières-lès-Metz, Malacourt, Marange-Silvange, Montois-la-Montagne, Pierrevillers, Rombach, Roncourt, Rosselange, Sainte-Marie-aux-Chênes, Saint-Privat-la-Montagne, Vernéville.
Le prix d'une conversation pour la durée de trois minutes est de 20 ou 25 pf. (LM)

Samedi 13 octobre 1900
Un poste de communications téléphoniques a été établi à Rémilly. On pourra communiquer avec les localités suivantes moyennant la taxe indiquée à côté du nom de chaque localité pour une conversation de 3 minutes.
Algrange 25 pf ; Ars-sur-Moselle 25 pf ; Aulnois-sur-Seille 20 pf ; Aumetz 50 pf ; Baudrecourt 20 pf ; Béchy 20 pf ; Bioncourt 25 pf ; Château-Salins 25 pf ; Delme 20 pf ; Audun-le-Tiche 50 pf ; Thionville 25 pf ; Dieuze 25 pf ; Fontoy 25 pf ; Forbach 25 pf ; Grémecy 25 pf ; Grossblittersdorf 25 pf ; Hagondange 25 pf ; Hannocourt 20 pf ; Hayange 25 pf ; Jallaucourt 25 pf ; Kurzel 20 pf ; Liocourt 20 pf ; Lucy 20 pf ; Luppy 20 pf ; Maizières-lès-Metz 20 pf ; Manhoué 20 pf ; Metz 20 pf ; Morhange 20 pf; Phalsbourg 50 pf ; Rombas 25 pf ; Sarralbe 25 pf ; Sarrebourg 50 pf ; Sarreguemines 25 pf ; Saint-Avold 25 pf ; Saint-Epvre 20 pf ; Sierck 25 pf ; Solgne 20 pf ; Strasbourg 1 mark ; Tragny 20 pf ; Uckange 25 pf ; Wasselonne 50 pf ; Saverne 50 pf. (LM)

Mardi 16 octobre 1900
Le téléphone franco-allemand.
L'administration des postes allemandes entreprend des négociations avec la France, afin de rendre possible les communications téléphoniques pendant la nuit. (LM)

Mercredi 24 octobre 1900
Le service téléphonique entre les bureaux téléphoniques publics d'Alsace-Lorraine d'une part et Ars-sur-Moselle, Fontoy et Courcelles d'autre part a été ouvert le 16 octobre. (LM)

Jeudi 25 octobre 1900
Le service téléphonique a été inauguré entre Metz, Ars, Hagondange, Kurzel et Rombas, d'une part, et Bouxviller d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire d'une durée de trois minutes est de 50 pf. pour Metz et Kurzel et de 1 m. pour les autres localités. (LM)

Vendredi 26 octobre 1900
Le service téléphonique a été ouvert entre Sarralbe et les bureaux téléphoniques des villes d'Alsace. (LM)

Jeudi 8 novembre 1900
Des communications téléphoniques sont ouvertes entre Metz, Ars, Hagondange, Kurzel et Rombach, d'une part, ainsi que Sarre-Union d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire de la durée de 3 minutes est de 25 pf. pour Kurzel et 50 pf. pour les autres localités. (LM)

Vendredi 9 novembre 1900
Avis postal. La ville de Dieuze vient d'être reliée au réseau téléphonique général.
Des conversations de 3 minutes pourront être échangées avec les localités suivantes : (100 localités avec le prix de la communication)

A Dieuze, des communications téléphoniques ont été établies entre MM. Blum Paul, marchand de grains, rue de la gare, le même, Grand'rue, 39 ; Dreher et Lehmann, denrées coloniales, 11, rue des Halles ; usine à gaz Dieuze, Kemmer et Cie ; Latschat (Crédit coopératif) banque et assurance, 16, rue des Halles ; Ruben Abraham, Grand'rue, le même, rue de la Gare ; Sabotier Lucien, négociant, place des Salines, 1 (Saline Dieuze). (LM)

Mercredi 21 novembre 1900
Le service téléphonique est ouvert entre Metz, Ars, Hagondange et Kurzel d'une part, et Ingweiler d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire d'une durée de trois minutes est de 50 pf. pour Metz et Kurzel, et de 1 mark pour toutes les autres localités. (LM)

Mardi 4 décembre 1900
Nouveaux abonnés au téléphone.
N°596, fabrique de malt, François Engels et Cie, Devant-les-Ponts, route de Woippy.
591, Louis Meier, 43, Ban-St-Martin.
602, Hundt, restaurant Sauvage.
605, Administration de la Synagogue, 43, rue de l'Arsenal.
166, Hennes frères, maison de gros, boucherie et charcuterie, à l'abattoir.
133, Félix Tuteur, fabrique de savon, 39, rue du Champé.
110, Alfred Dérozier, marchand de gibier et de volaille, 12, rue Serpenoise.
608, Jean Mayam, entrepreneur de transports, 9, rue Sainte-Marie.
607, Auguste Didem, architecte et entrepreneur de bâtiments, Queuleu, 126, rue de l'Eglise.
144, Frédéric-Adolph Boesner, ingénieur civil, Longeville, route de Scy, 17.
610, Z. Weber, confiseur, 15, rue du Palais.
609, Louis Bazin, notaire, 36, place Saint-Louis.
611, Direction de la prison.
612, Hermann Schlusselbourg, agence commerciale, commissions, 67, rue Saint-Marcel.
77, L. Gottlieb, Sablon.
98, Le Messin, 4 bis, rue du Lancieu, 3 accessoires.
174, 34° division, bureau 45 II, rue Serpenoise.
614, Eugène Rheims, représentant de commerce, 47, rue Mazelle.
615, H. Hedo, marchand de vin en gros, 3, rue Belle-Isle.
616, Jules Mayet, café du Théâtre, 3, place de la Comédie.
617, Ernest Legris fils, fabrique de chaussures, 36, rue Mazelle. (LM)

Samedi 15 décembre 1900
Des bureaux téléphoniques ont été ouverts à Beblenheim, Oberhof, Soultzbach-le-Haut et Eckarkswiller. (LM)

sommaire

Année 1901

Vendredi 4 janvier 1901
Chambre de commerce.
Samedi prochain, 5 janvier, la Chambre de commerce de Metz tiendra une séance plénière pour délibérer entre autres sur les questions suivantes :
Proposition concernant l'établissement d'une ligne téléphonique entre Metz et Luxembourg ; requête concernant l'intercalation de Metz ou de la région industrielle lorraine dans la ligne téléphonique Berlin-Metz-Nancy-Paris. (LM)

Mercredi 9 janvier 1901
L'administration des Postes et Télégraphes vient de publier un nouvel annuaire des abonnés aux différents réseaux téléphoniques de la Lorraine. On trouve également dans cette brochure, une table alphabétique de toutes les localités avec lesquelles le public est admis à communiquer par téléphone avec indication des taxes respectives. (LM)

Vendredi 11 janvier 1901
Chambre de commerce, audience du 5 janvier.
- Des démarches seront faites en lieu compétent en vue de l'établissement d'une ligne téléphonique entre Metz et le grand-duché du Luxembourg.
- Des démarches seront également faites en vue de l'intercalation de Metz, respectivement de la région industrielle lorraine dans la ligne téléphonique Berlin-Metz-Nancy-Paris.
On fait remarquer avec juste raison à ce sujet qu'il est au moins bizarre que l'on ne puisse pas actuellement correspondre directement par téléphone de Metz à Berlin, tandis qu'on le peut de Metz à Paris. (LM)

Vendredi 25 janvier 1901
Des bureaux téléphoniques publics ont été ouverts aux agences postales de Sigolsheim, Kienzheim, Bennwihr, Mittelwihr, ainsi qu'au bureau de poste de Marmoutier. (LM)

Jeudi 31 janvier 1901
Des communications téléphoniques pourront être établies à partir du 1er février entre Berlin et Dieppe, Elboeuf, Epernay, Fontainebleau, Le Havre, Lyon, Melun, Orléans, Reims, Rouen, Saint-Denis et Versailles ainsi qu'entre Paris et Charlottenbourg et Postdam. (LM)

Samedi 9 février 1901
Le service téléphonique a été ouvert entre tous les bureaux téléphoniques publics des villes d'Alsace, d'une part, et Herbolzheim, d'autre part. (LM)

Dimanche 17 février 1901
Les lignes téléphoniques projetées.
Au printemps prochain, l'administration des téléphones projette de relier les lignes déjà existantes à Dieuze, Forbach, Hayange, Metz, Morhange, Sarrebourg, Sarreguemines et Thionville; ces travaux préparatoires doivent être exécutés dès maintenant. Comme ces préparations pourraient durer assez longtemps, il est nécessaire que les personnes qui désirent être raccordées au réseau téléphonique, en fassent la demande au plus tard le 15 mars prochain. A Metz, les déclarations doivent être adressées au bureau du télégraphe; dans les autres localités, aux bureaux de poste où l'on délivrera les formulaires et où l'on fournira tous les renseignements nécessaires.
Les déclarations faites après le 15 mars, entraîneront des retards et ne pourront être prises en considération que si l'intéressé s'engage à rembourser les frais supplémentaires qui s'élèvent à 15 marks au minimum. (LM)

Mercredi 27 février 1901
Les communications téléphoniques ont été étendues aux localités françaises ci-après désignées. (Le prix d'une conversation ordinaire de trois minutes est indiqué pour chaque localité)
Bezange-la-Grande, Briey, Carignan, Joeuf (M et M), Lay-St-Christophe (M et M), Le Valtin (Vosges), Longuyon (M et M), Montmédy (Meuse), Mourmelon-le-Grand, Réméreville, Reims (Marne), St-Amé (Vosges), St-Mihiel (Meuse), St-Nicolas-de-Port, Sedan (Ardennes), Stenay (Meuse). (LM)

Vendredi 1er mars 1901
L'administration téléphonique a établi la communication téléphonique avec les abonnés dont les numéros et les noms suivent : (45 noms et 4 suppressions). (LM)

Mardi 5 mars 1901
A dater du 1er mars, un bureau de poste nouveau fonctionnera à Folklingen, circonscription postale de Morsbach (Lorraine). (LM)

Mercredi 6 mars 1901
Les nouvelles communications téléphoniques.
Ce matin, l'administration des téléphones essayait les nouvelles communications établies entre Metz et les différentes villes de France.
Ce matin, nous avons donc eu le plaisir de causer avec Orléans, Amiens et Compiègne. Nous avons profité de l'occasion pour nous livrer à quelques observations météorologiques. Quel temps fait-il ? -avons-nous demandé- et des trois points nous est arrivé le même mot, affreux, il pleut à verse ! Donc, nous n'avons pas le droit de nous plaindre. (LM)

Annonce.
Téléphones et porte-voix, etc. Sonnettes électriques. Travail soigné et garanti. Eug. Fourquin, rue de Bique, 6 bis.

Vendredi 8 mars 1901
Les communications téléphoniques.
Ce matin, pour continuer la série d'essais des communications téléphoniques nouvelles établies, nous avons causé avec Rouen à 8 h 1/2 -heure française, naturellement- la capitale de la Normandie se chauffant sous un beau soleil et la température dont jouissaient les Normands était essentiellement douce. Les veinards !
A propos de communication téléphonique, profitons de l'occasion pour rectifier la dernière liste d'abonnés publiée par le Messin en modifiant le nom de M. Etling, marchand de fromage en gros, rue de la Fontaine sous le n° 623. (LM)

Samedi 9 mars 1901
Chambre de commerce, séance plénière du 2 mars 1901.
3° a) Depuis longtemps déjà -et de nouveau, par une lettre récente de la direction supérieure des Postes- l'espoir est fourni qu'il pourra être établi une ligne téléphonique entre la Lorraine, principalement la région industrielle, entre Metz et Thionville et le grand-duché du Luxembourg.
Il est urgent, au point de vue des intérêts économiques du pays, que ce projet soit réalisé au plus tôt. La Chambre décide de pétitionner une fois de plus en ce sens.
b) A la suite d'une réponse défavorable de M. le secrétaire d'Etat à l'Office des Postes de l'Empire, S. Ex. M. de Podbielski, à la demande de la Chambre au sujet de l'intercalation de la ville de Metz dans les communications téléphoniques directes avec Berlin, sur la grande ligne existante Berlin-Paris, il est résolu d'insister de nouveau vivement à cet égard, en faisant spécialement ressortir que, puisque douze localités de minime importance, situées en France peuvent communiquer directement avec Berlin, il doit bien être possible et il n'est que juste de prendre les mêmes dispositions pour Metz.
c) La Chambre décide de pétitionner en lieux compétents pour que dans l'extension continue des lignes téléphoniques, il soit pris plus d'égards en faveur des lignes de Metz vers l'Allemagne du sud, rive droite du Rhin, particulièrement vers les grandes villes notamment surtout vers les grandes places commerciales. d) La Chambre décide de faire des démarches pour l'intercalation directe du bureau téléphonique de Sarrebourg dans le réseau de Nancy. Etant donné que d'autres localités, telles que Uckange, Rombas, Hayange, etc, sont reliées directement avec Nancy, il est évidemment possible et juste de relier également le réseau de Sarrebourg avec la capitale de la Lorraine française, avec laquelle Sarrebourg a des rapports d'affaires constants.
e) Le public commercial de la place de Metz éprouve vivement les inconvénients qui résultent du fait que l'expédition de la « Grande vitesse » à la gare de Metz n'est pas reliée au réseau téléphonique local. A l'arrivée des envois en « Petite vitesse », les destinataires en reçoivent l'avis par voie téléphonique. Il est étrange qu'il n'en soit pas de même pour les arrivages en « Grande vitesse ». Une installation téléphonique à la « Grande vitesse » s'impose également sous tous les rapports et la Chambre adresse, en vue de son obtention, une requête à M. le président de la Direction générale des chemins de fer en Alsace-Lorraine à Strasbourg. (LM)

Mardi 12 mars 1901
Le service téléphonique a été ouvert entre les bureaux téléphoniques publics des villes d'Alsace d'une part, et Ladenburg d'autre part. (LM)

Mercredi 27 mars 1901
Communications téléphoniques nouvelles. (4) (LM)

Dimanche et lundi 19-20 mai 1901
Les abonnés au téléphone dont les noms suivent ont été reliés au réseau téléphonique: (40) dont 684. A. Alt, propriétaire, Woippy, 45 rue de l'église, magasin Metz, 3 rue de la Petite-Boucherie. 685. A. Alt, quincaillier pour bâtiments et installation d'eau, 1-3, rue de la Petite-Boucherie. (LM)

Samedi 25 mai 1901
Chambre de commerce.
A une requête adressée à Son Excellence M. le Secrétaire d'Etat à l'Office des Postes, la Chambre vient de recevoir la réponse suivante :
« La ligne téléphonique entre Metz et Berlin a été ouverte au public le 12 avril dernier.
L'établissement d'une ligne pour la partie de l'Allemagne sud située sur la rive droite du Rhin n'est pas encore possible pour le moment; il sera toutefois tenu compte des désirs de la Chambre, dès que les circonstances le permettront. » (LM)

Dimanche et lundi 26-27 mai 1901
A dater du 23 mai, les communications téléphoniques pourront être échangées entre Gaggenau (Bade) et une partie de l'Alsace (liste des localités). (LM)

Jeudi 30 mai 1901
Les bureaux téléphoniques publics établis à Devant-les-Ponts, Montigny, Plappeville et Woippy ont été admis à communiquer avec les localités suivantes. Nous indiquons entre parenthèses la taxe en pfennige prélevée pour chaque localité.
Algrange (20), Ars (20), Dieuze (40), Forbach (25), Grossblittersdorf (50), Hagondange (20), Hayange (20), Kurzel (20), Maizières-lès-Metz (20), Morhange (25), Oberhombourg (25), Phalsbourg (50), Remilly (20), Rombas (20), Sarrebourg (50), Sarreguemines (50), St-Avold (25), Sierk (25), Thionville (20), Uckange (20).
La taxe entre Montigny, d'une part, et Devant-les-Ponts, Plappeville et Woippy, d'autre part, est de 20 pf. pour une conversation de trois minutes.
(Article du mercredi 29 dans la Metzer Zeitung, avec en plus :)
Ouverture de la communication téléphonique à Courcelles-sur-Nied.
Taxe prélevée en pfennig pour les localités suivantes :
Béchy (20), Thionville (25), Dieuze (25), Hagondange (25), Kurzel (20), Luppy (20), Maizières (20), Metz (20), Morhange (20), Remilly (20), Sanry (Nied) (20), Sarrebourg (50), St-Avold (25), Solgne (20), Tragny (20).
Se sont abonnés :
1) Collin Emile, entrepreneur et sculpteur, Willers-Laquenexy.
2) Dampfziegelwerk, Courcelles a. Nied. (LM)

Jeudi 6 juin 1901
L'administration a établi les nouvelles communications suivantes : (6) (LM)

Jeudi 20 juin 1901
Chambre de commerce, séance du 11 juin 1901.
La Chambre de commerce vient de recevoir de Son Excellence M. le secrétaire d'Etat à l'Office des Postes, à Berlin, la communication suivante en réponse à la requête qu'elle lui avait adressée le 22 mai dernier.
La direction supérieure des Postes à Metz est autorisée à ouvrir, à partir du 1er juillet prochain, le service téléphonique entre Metz et Mannheim. (LM)

Dimanche 30 juin et lundi 1er juillet 1901
Le public ignore généralement qu'il existe une série de postes téléphoniques accessibles à toutes les heures du jour et de la nuit, et qui permettent de signaler rapidement au poste des sapeurs-pompiers les incendies pouvant se déclarer dans un quartier déterminé, sans qu'il soit nécessaire, comme on le fait d'ordinaire, de courir sur la place d'Armes pour donner l'alarme de vive voix. Pendant la journée, on peut même recourir à l'appareil du plus proche abonné, chaque abonné se faisant certainement un devoir de mettre le téléphone à la disposition du public pour le cas d'incendie.
Voici les postes téléphoniques publics pour signaler les incendies :
- Rue du Pont-Saint-Georges, 18, pharm. Heurich, n°44
- Rue Saint-Marcel, 27, Koessler, maître de postes, n°27
- Rue de Paris, 10, Rehmenklau, boucher, n°57
- Théâtre municipal, pl. de la Comédie (concierge), n°14
- Impasse Chaplerue, Thomas, loueur de voitures, n°164
- Place de l'Abreuvoir, 8, Joosten, fab. d'eau minér. n°60
- Rue de Trois-Boulangers, 4, Direction de police, n°88
- Rue du Pont-Sailly, 20-22, pharmacie Magot, n°561
- Bureau de l'octroi, porte Chambière, n°535
- = = de Thionville, n°593
- = = de France, n°531
- = = Serpenoise, n°571
- = = St-Thiébaultt, n°597
- = = Mazelle, n°589
- = = des Allemands, n°554. (LM)

Samedi 27 juillet 1901
Un bureau téléphonique a été ouvert à Novéant-Corny. Des conversations peuvent être échangées entre le nouveau bureau et les localités suivantes :
Amanvillers, Ancy, Arry, Ars, Augny, Châtel-St-Germain, Coin, Coin-les-Cuvry, Cuvry, Fey, Gravelotte, Gorze, Lorry-Mardigny, Maizières-lès-Metz, Malancourt, Maran-ge-Silvange, Metz, Montigny, Montois-la-Montagne, Moulins, Pierrevillers, Rezonville, Roncourt, St-Hubert, Ste-Marie-aux-Chênes, St-Privat, Verneville et Vionville.
La taxe pour un entretien de trois minutes avec ces localités est de 20 pf.; avec Rombas et Rosselange 25 pf. (LM)

Dimanche 28 et lundi 29 juillet 1901
L'administration des postes a l'intention de donner une plus grande extension aux réseaux téléphoniques à Thionville, Dieuze, Forbach, Hayange, Metz, Morhange, Sarrebourg et Sarreguemines.
En raison des préparatifs nécessaires à cet effet, il faut que les déclarations de nouveaux abonnements parviennent avant le 15 août prochain aux autorités respectives. Les bureaux de postes tiennent à la disposition du public les formulaires de déclaration. (LM)

Samedi 3 août 1901
Des bureaux téléphoniques publics directement rattachés au réseau téléphonique de Metz sont installés au bureau de postes à Devant-les-Ponts, Longeville-lès-Metz, Montigny, Plantières-Queuleu et St-Julien. Les bureaux téléphoniques publics sont admis à communiquer avec des bureaux du dehors et à profiter du service téléphonique franco-allemand et dans la même mesure et aux mêmes taxes que les abonnés du réseau téléphonique de la ville de Metz. La taxe pour chaque conversation entre un de ces bureaux et un abonné du réseau de Metz est de 10 pf.; en sens inverse, il est prélevé en outre une taxe de 25 pf. pour appeler au bureau la personne avec laquelle un abonné de Metz désire s'entretenir. (LM)

Mardi 6 août 1901
Chambre de commerce. Extrait de la séance plénière du 27 juillet 1901.
5° Plusieurs intéressés, demeurant à Bitche, s'étaient adressés à la Chambre de commerce en vue de l'établissement d'un réseau téléphonique à Bitche avec jonction au réseau général, et la Chambre avait transmis ces vœux à la direction supérieure des Postes à Metz.
Il en résulte de la correspondance échangée sur cette question avec les intéressés, depuis l'année 1899, et que la direction supérieure a communiquée à la Chambre, que cette dernière n'est pas dans la situation de devoir faire à cet égard de nouvelles démarches.
La direction supérieure des Postes ayant, du reste, prévu dans le prochain budget, les travaux d'établissement du téléphone à Bitche, à condition que, d'ici là, les intéressés de cette ville se soient déclarés prêts à fournir la garantie exigée par les règlements, il sera fait aux requérants les communications nécessaires. (LM)

Jeudi 8 août 1901
L'administration des téléphones a établi les communications suivantes dans les mois de juillet et août: (27) dont
219, Bureau téléphonique public à l'agence postale de Devant-les-Ponts
220, = = Longeville
221, = = Montigny
222, = = Plantières
223, = = Saint-Julien (LM)

Samedi 24 août 1901
Chronique Parisienne
Le journal téléphonique
Il me semble qu'on ne parle pas assez d'une innovation scientifique véritablement merveilleuse et qui, cependant, à la différence de tant d'autres innovations scientifiques, non moins merveilleuses sur le papier, a le mérite de fonctionner régulièrement depuis plusieurs années déjà, à la grande satisfaction des intéressés.
Je veux parler du journal téléphonique Telefon Hermondo de Buda-Pesth. Vous entendez bien ?
Un journal téléphone, c'est-à-dire un journal qui vous raconte verbalement chez vous, à domicile, les nouvelles et les potins du jour, sauf à vous faire servir par les meilleurs artistes, pendant les entractes, un morceau de musique instrumentale ou un air d'opéra! N'est-ce pas quelque chose comme un miracle ?
Ce miracle est pourtant devenu, depuis 1893, une réalité presque banale pour les Hongrois.
Il y a huit ans, tout au début de l'entreprise, due au génie du fameux électricien Teodor Paskas, le réseau du Telefon Hermondo ne dépassait pas 69 kilomètres. Aujourd'hui, il ne comprend pas moins de 250 ou 300 lieues, et le nombre de ses abonnés atteint plusieurs milliers.
Il va de soi que cela n'a pas marché tout seul, et les difficultés techniques, pour ne parler que de celle-là, ont été assez considérables pour décourager tout autre homme que Paskas, dont l'énergie, la patience et l'habileté devaient finir par triompher de tous les obstacles.
Aujourd'hui, rien ne « cloche » plus et le journal téléphone fonctionne avec autant d'aisance, d'ordre et de régularité que le mieux organisé des journaux écrits. Au surplus, ce journal bizarre se fait absolument de la même façon que n'importe quel journal ordinaire, en ce sens que les rédacteurs vont aux nouvelles et rédigent leurs articles absolument comme si leur « copie » devait aller à la composition. C'est ici seulement que commencent les difficultés et que s'amorce l'originalité.
Au lieu d'être remis à des typographes à frais d'impression, les articles sont remis à des « aboyeurs », c'est-à-dire à des gens ayant la voix nette et sonore et les poumons solides, dont la mission consiste à les réciter par le téléphone -par l'intermédiaire, bien entendu, de dispositifs spéciaux- à la foule des abonnés.
Il y en a pour tous les goûts, pour ceux qui ont besoin d'informations rapides comme pour ceux qui préfèrent les articles de fond, pour les amateurs de science comme pour les amateurs de faits divers, de littérature, de critique artistique ou de théâtre, de renseignements sportifs, financiers ou commerciaux, de mercuriales ou de cancans. Toutes les rubriques traditionnelles de la presse courante sont religieusement conservées, à ceci près qu'on les dicte à distance, en verbe intelligible au lieu de les imprimer en noir sur blanc.
Tout est combiné, du reste, pour que la communication orale aux abonnés de ces diverses rubriques se fasse au moment opportun. Cela commence à huit heures du matin pour finir à onze heures du soir, dans un ordre tel que tout un chacun peut en prendre à sa convenance, d'après un programme préétabli et qui ne change jamais. Libre donc à l'abonné qui connaît ce programme, de ne prêter l'oreille que quand le tour est venu des choses qui l'intéressent.
L'homme de bourse, le négociant, le politicien reçoivent ainsi de demi-heure en demi-heure soit le cours des valeurs ou des marchandises, soit les échos parlementaires ou les informations de l'étranger. Idem pour le monsieur que passionnent les courses de chevaux, de cycles ou d'automobiles, les régates, les matches et les records de toute espèce. Idem pour l'avocat, l'avoué, l'homme de loi, désireux de suivre de loin toutes les péripéties d'un procès.
A deux heures de l'après-midi, enfin, pour couronner l'édifice, un bulletin sommaire des événements et des bruits de la matinée, est téléphoné aux gens pressés, ainsi mis au courant, sans se déranger, en cinq minutes, de tout ce qui a pu se passer d'important.
Il va de soi, d'ailleurs, que si, dans la journée, ou même dans la nuit, une fois la communication définitivement interrompue et le journal bouclé, il survient un événement grave ou simplement sensationnel -la mort de Krüger ou de l'empereur Guillaume, le naufrage du ballon de Santos-Dumont, l'incendie du Théâtre-Français, l'arrivée de Stiegler ou l'assassinat de Waldeck Rousseau- une sonnerie d'alarme prévient les abonnés qu'il arrive quelque chose d'anormal, dont, séance tenante, il leur fait part. Entre temps, on offre aux-dits abonnés, tantôt un régal oratoire ou musical (avec le programme des spectacles), tantôt un fragment de sermon ou de conférence, tantôt un morceau de déclamation- le tout emprunté aux meilleures sources. Toute la lyre.
Une pareille installation, direz-vous peut-être, doit coûter extrêmement cher, et il ne peut y avoir que des gens « calés » à s'en payer le luxe... Erreur! chers amis! L'abonnement au Telefon Hermondo, dont je crains de n'avoir pas exposé les prodigieux avantages en termes assez suggestifs, ne revient pas à plus de 36 francs par an, soit 3 francs par mois -2 sous par jour!- moins que le Temps ou le Figaro !
On ne paye pas, par ailleurs, les frais de premier établissement, et l'abonné est toujours libre de résilier son contrat à la fin de chaque trimestre.
Aussi la clientèle va-t-elle toujours grossissante.
Cependant, la ville de Buda-Pesth a, jusqu'ici, conservé le monopole original. Il n'est pas, en effet, ni en Europe, ni ailleurs, une seule autre grande ville qui ait songé jusqu'ici à suivre l'exemple des riverains du Danube.
Peu s'en est fallu, cependant, que Paris n'emboîta le pas. Voici quelque quatre ou cinq ans de cela; je puis en parler savamment, ayant failli d'assez près être indirectement mêlé à l'affaire.
Le projet, très séduisant, consistait de même à communiquer instantanément aux Parisiens de bonne volonté, moyennant une faible redevance, toutes les nouvelles du jour au fur et à mesure de leur réception au poste central: fluctuations de la Bourse, résultats des « Curses », comptes rendus des Chambres et des Sociétés savantes, des premières représentations, des assemblées d'actionnaires, etc, en un mot tous les événements de la vie quotidienne condensés et transmis avec la rapidité qu'exigent les conditions actuelles du travail et des affaires.
L'accueil le plus bienveillant avait été fait à l'idée et, le 29 mars 1895, sur la proposition de M. de Selvez, alors directeur général des Postes, le ministre du Commerce, M. André Lebon, voulut bien rendre un arrêté autorisant l'initiateur, M. Charles Mouton, (je précise), à créer ce journal, baptisé par anticipation la Chronique téléphonique, au moyen d'un réseau spécial.
La Préfecture de police et la Sûreté générale avaient également donné leur autorisation. Tout semblait donc devoir aller comme sur Déroulède (Paul).
Malheureusement, tandis que les bonnes gens de Buda-Pesth ont la possibilité d'utiliser, pour leurs transmissions, des fils aériens coûtant quelques sous le mètre courant, les règlements exigèrent, à Paris, une canalisation souterraine avec câbles sous plomb. L'affaire devenait une entreprise colossale et ruineuse. Voilà comment et pourquoi la Chronique téléphonique n'a pas vu le jour.
Ce n'est pas la première affaire que le formalisme administratif aura tuée dans l'oeuf, et ce ne sera pas la dernière.
Il n'empêche que la Frrrance sera toujours la Frrrance, et que les Frrrançais, « peuple de braves », seront toujours les Frrrançais...
Hip! Hip! Hurrah!
Emile Gautier
(Reproduction interdite)(LM)

Mercredi 4 septembre 1901
Des communications téléphoniques ont été installées à Abreschwiller... (LM)

Mardi 24 septembre 1901
Le Moniteur officiel de l'Empire annonce qu'à partir du 1er octobre, le service de nuit sera établi sur les lignes téléphoniques Berlin-Munich, Berlin-Nuremberg, Francfort-Munich, Francfort-Nuremberg.
Le Moniteur officiel de l'Empire publie en même temps les dispositions concernant l'emploi du téléphone pendant les heures de nuit: les abonnés pourront dorénavant communiquer gratuitement, de 9 heures du soir à 7 heures du matin en été, et de 9 heures du soir à 8 heures du matin en hiver. Les conversations de personnes non abonnées, qu'elles soient urgentes ou non, pourront avoir lieu aux mêmes conditions que de jour, mais seulement aux heures qui ne sont pas prises par les abonnés.
Les abonnements doivent être au moins d'un mois; la taxe pour les conversations d'abonnés comporte la moitié du prix des conversations équivalentes pour les non abonnés. Le minimum de la durée d'une conversation est fixée à 6 minutes, le maximum à 12 minutes. (LM)

Samedi 5 octobre 1901
Des communications téléphoniques ont été établies entre le bureau central et les localités de Bouzonville et Kédange. Des conversations peuvent être échangées avec les localités suivantes:
Algrange, Altkirch, Ars-sur-Moselle, Aumetz, Barr, Beckerholz, Beckingen, Benfeld, Berncastel, Bévange, Bibisch, Bischweiler, Bitbourg, Boulay, Bous, Bouzonville, Brumath, Buchsweiler, Château-Salins, Coblence, Cologne, Colmar, Daun, Delme, Audun-le-Tiche, Devant-les-Ponts, Thionville, Dieuze, Drulingen, Erstein, Faulquemont, Fontoy, Filsdorf, Forbach, Guebviller, Gelmingen, Gross-Blittersdorf, Gross-Hettingen, Moyeuvre-Grande, Haguenau, Hagondange, Halsdorf, Hayange, Hochfelden, Hombourg (Lorraine), Illingen, Ingweiler, Ittersdorf, Kalk, Kanfen, Kaysersberg, Kédange, Kehl, Kemplich, Kirchnaumen, Knutange, Kurzel, Launsdorf, Longeville, Lutange, Maizières, Mandern, Markirch, Markolsheim, Masmünster, Merzig, Metz, Morhange, Molsheim, Monnern, Montigny, Mulhouse, Mülheim (Rhin), Munster (Als), Neunkirchen (départ. de Trèves), Niedaltdorf, Niederbronn, Novéant-Corny, Oberebnheim, Oberhombourg, Oberstein, Oetrange, Ottange, Pfaffdenhofen (Als), Phalsbourg, Plantières-Queuleu, Ribeauvillé, Remilly, Rombach, Rosheim, Rufach, Rüttgen, Sarralbe, Sarrebourg (Lor.), Saarburg (dép. de Trèves), Sarreguemines, Saarlouis, Sarrunion, Saint-Avold, Saint-Franz, Saint-Jean (Sarre), Saint-Julien, Saint-Louis (Als), Saint-Wendel, Saverne, Schirmeck, Schlettstadt, Schönecken, Sennheim, Sierck, Soetrich, Strasbourg, Sulzbach, Thann, Trèves, Uckange, Völklingen, Waldwelsdorf, Waldwiese, Wasselnheim, Wissembourg, Wesserling, Wittlich, Wörth, Wollmerange. (LM)

Ont été reliés aux communications téléphoniques :
a) Au téléphone de Bouzonville : 3, Schweigmann, médecin cantonal, rue de la Gare; 4, Fonderie métallurgique Lorraine ; 5, Nenig, commerce de vins et d'épicerie, Grand'rue 204 ; 6, Schuttel, notaire, bureau ; 7, Huck, commerce de fer, Grand'rue 94; 8, Dr. Philips, médecin cantonal, Grand'rue ; 9, Salmon F., brasseur, Freisdorf.
b) A Kédange : 3, Becker Paul, fabrique de chaux, Metzerwiese ; 4, Wantzen, notaire, Metzerwiese ; 5, Bemer et Schwarz, fabrique de chaux, Metzerwiese ; 5, les mêmes, maison n°7 ; 6, G. Semin, fabrique de mortier, fabrique à la gare de Kédange ; 7, Wilhelm Werner Beyer, fabrique de mortier ; 9, Endorf, gare; 10, Semin Gustave, fabrique de mortier, Endorf, grande route, 25 ; 11, Dr. Renmaler, médecin cantonal, Kédange. (LM)

Samedi 26 octobre 1901
Le service téléphonique a été ouvert entre Habsheim et Sierenz d'une part, et Algrange, Ars, ... (LM)

Mardi 5 novembre 1901
Les communications suivantes ont été établies dans le courant du mois d'octobre: (22) (LM)

Vendredi 29 novembre 1901
Du 5 au 16 novembre, les nouveaux abonnés dont les noms suivent ont été reliés au téléphone: (9) (LM)

Dimanche 22 et lundi 23 décembre 1901
La direction supérieure des Postes nous communique un tableau duquel il ressort que le service téléphonique est ouvert entre Metz et 280 localités françaises des départements de la Seine, Seine-et-Oise et Seine-et-Marne. Thionville, Maizières-lès-Metz, Kurzel et Remilly peuvent communiquer par téléphone avec 103 de ces localités. La taxe pour une communication de trois minutes est fixée à 3 marks. Pour de plus amples renseignements, s'adresser aux bureaux téléphoniques. (LM)

Mardi 24 décembre 1901
Le service téléphonique a été ouvert entre Ars-sur-Moselle, Bouzonville, Forbach, Grossblittersdorf, Hagondange, Kurzel, Maizières-lès-Metz, Oberhomburg, Remilly, Sarralbe, Sarreguemines, Saint-Avold et Thionville, d'une part, et Saint-Wendel, d'autre part.
La taxe est de 25 pf., pour les communications entre Saint-Wendel et Bouzonville, Forbach, Grossblittersdorf et Sarreguemines, et de 50 pf. pour les communications avec les autres localités. (LM)

sommaire

Année 1902

Mercredi 22 janvier 1902
La direction supérieure des Postes communique une liste au sujet de l'extension des communications téléphoniques entre 31 localités de la Lorraine et 68 localités de l'Alsace, du grand-duché de Bade, de la Prusse...
Les bureaux de poste donneront de plus amples détails. (LM)

Vendredi 31 janvier 1902
Le service téléphonique a été ouvert le 25 janvier entre Abreschwiller, Delme, Grossbliersdorf, Harzwiller, Hesse, Hundlingen, Novéant, Corny, Phalsbourg, Rémilly, Vallérysthal, Dreibrunnen, Walscheidt, d'une part et 38 communes de l'Alsace, d'autre part.
Pour de plus amples renseignements, s'adresser aux bureaux téléphoniques publics. (LM)

Dimanche et lundi 9 et 10 février 1902
Des prescriptions spéciales ont été éditées récemment pour l'utilisation du téléphone la nuit. La durée de la conversation sera de 6 minutes au moins, de 12 minutes au plus. L'abonnement ne pourra pas être inférieur à 1 mois et comptera du 1er et du 16 de chaque mois. Les heures de nuit sont, en été de 9 heures du soir à 7 heures du matin; en hiver, à 8 heures du matin. Les demandes d'abonnement doivent être adressées au bureau du télégraphe, sur les formulaires qui sont délivrés à ce bureau.
Des dispositions spéciales entreront prochainement en vigueur pour le service avec la France. Pour de plus amples renseignements, on est prié de s'adresser au bureau du télégraphe. (LM)

Mercredi 19 février 1902
On fait remarquer aux abonnés du téléphone que s'ils désirent modifier à partir du 1er avril les conditions de leur abonnement, c'est-à-dire s'ils préfèrent payer une redevance fixe ou une redevance calculée d'après le nombre des communications, ils doivent en aviser par écrit le bureau du télégraphe dans le courant du mois de février. Au cas où les conditions d'abonnement sont modifiées, il en résulte aussi un changement de numéro de l'abonné. (LM)

Mardi 25 mars 1902
Depuis le 20 mars, il est établi une communication par téléphone entre Metz et Bonn. Le prix de la conversation est de 1 mark. (LM)

Mercredi 26 mars 1902
L'administration du téléphone vient d'établir les nouvelles communications suivantes: (12) (LM)

Vendredi 4 avril 1902
Désormais, les mêmes taxes que celles en vigueur pour le service téléphonique à Metz s'appliqueront aux cabines téléphoniques de Magny, Plappeville, Vallières, Vantoux et Woippy, abstraction faite de la redevance à verser pour appeler au bureau la personne avec laquelle on désire avoir une conversation. (LM)

Samedi 19 avril 1902
L'administration a établi les communications suivantes avec le réseau téléphonique de France. Le prix d'une conversation ordinaire de la durée de trois minutes est fixée comme suit :
COTE D'OR : Aignay-le-Duc, Aisey-sur-Seine, Autricourt, Belan, Brion-sur-Ource, Courban, Grancey-sur-Ource, Montigny-sur-Aube, St-Marc-sur-Seine, Seurrre : 3, 00 marks.
ISERE : Heyrieux, Meyzieux, Norestel, La Tour-du-Pin, Verpillière : 3,00 marks.
SEINE-ET-OISE : Dammartin-en-Serve, Longues, Vigny : 3,00 marks.
SEINE-ET-MARNE : Faremoutiers : 3,00 marks.
MEURTHE-ET-MOSELLE : Mont-St-Martin : 2,00 marks.
VOSGES : St-Michel-s-Meurthe : 2,00 marks.
DOUBS : Boussières, Marchaux, Quingey, Roulans : 2,00 marks.
EURE-ET-LOIRE : Chartres : 5,00 marks.
HAUTE-SAONE : Frasne-le-Château : 2,00 marks. (LM)

Mardi 29 avril 1902
Téléphone. Les personnes chargées d'inspecter et d'entretenir en état les appareils téléphoniques du réseau de la ville sont munies de cartes de légitimation qu'elles doivent présenter en entrant dans les logements des particuliers. Ces cartes sont revêtues du sceau officiel de la direction des Télégraphes et d'un numéro d'ordre. On recommande instamment au public de ne pas accueillir des personnes qui se disent attachées à l'administration des Télégraphes mais qui ne sont pas en possession d'une carte de légitimation. (LM)

Dimanche 25 et lundi 26 mai 1902
Doléances téléphoniques. (par téléphone naturellement)
Dix heures du matin. La sonnerie retentit énergiquement, pressée, impérieuse.
- Allô! Mademoiselle.
- Allô! Le Messin.
- C'est le bureau central qui vous parle. Il s'agit d'une requête à vous adresser.
- Parlez Mademoiselle, je vous écoute.
- On fait courir de vilains bruits sur notre compte. On prétend que nous sommes distraites, pas complaisantes, que nous faisons « poser » les abonnés, que nous leur rions... au nez.
- Pardon Mademoiselle, aux oreilles tout au plus.
- Si vous voulez. Mais ces accusations sont absolument imméritées. Nous avons chacune un grand nombre d'abonnés à servir. La plupart ne cherchent pas les numéros avant d'appeler, vous tout le premier. Ensuite, il y a des Allemands qui veulent téléphoner en français et des Français qui veulent téléphoner en allemand.
Par instant, la « friture » s'en mêle, alors il ne faut pas être surpris si, parfois, nous devons imposer quelques minutes d'attente à l'abonné.
Si vous ajoutez à ces légères imperfections que, parfois, on nous demande deux communications successives sans remettre l'auditeur au crochet, ce qui laisse la communication interrompue, vous voudrez bien admettre que nous faisons notre possible pour ne pas mériter le reproche du public.
- Mais Mademoiselle, je ne sache pas que nous ayons jamais adressé de reproche.
- Certes Monsieur, mais... viande de bœuf à 40 pf la livre.
- Vous dites ?
- Pardon, c'est l'abattoir qui vous parle.
Après quelques secondes, la conversation reprend.
- Allô Monsieur, vous n'avez aucun reproche à nous adresser ?
- Aucun mademoiselle, vous avez toujours été d'une complaisance parfaite et d'un empressement sans égal, nous nous plaisons à le reconnaître.
- Savez-vous qu'il y a des abonnés qui nous disent parfois des choses très désagréables par le téléphone. - Ce sont des grincheux, mais, en échange, il y en a aussi qui vous font des compliments.
- C'est vrai.
- Enfin Mademoiselle, c'est un certificat d'empressement téléphonique que vous nous demandez. Nous vous le donnons de tout cœur. Mais qui êtes-vous ? Je ne vous connais pas !
- Si Monsieur, vous m'avez connue à Paris, au Théâtre des Nouveautés, où je suis restée bien longtemps, je suis la demoiselle du téléphone.
Et la sonnerie donna les trois coups réglementaires de la finale. (LM)

Vendredi 6 juin 1902
Câbles télégraphiques souterrains à cause du tramway électrique... (LM)

Jeudi 12 juin 1902
Le service téléphonique a été ouvert entre Strasbourg, Saverne, Wasselonne d'une part et les communes lorraines de Bénestroff, Bermering, Guébling, Vergaville d'autre part. La taxe pour une conversation de trois minutes est fixée pour Strasbourg et Wasselonne à 50 pf., de Saverne à Bermering, Guébling et Vergaville à 25 pf., à Bermering 50 pf. (LM)

Samedi 28 juin 1902
Depuis quelques jours déjà, le salon de coiffure Hector, rue Serpenoise, est relié téléphoniquement au réseau sous le numéro 463. (LM)

Dimanche et lundi 6 et 7 juillet 1902
Les relations téléphoniques de Metz et des réseaux lorrains qui y sont rattachés vont être notablement améliorés et étendus par la création de plusieurs lignes de communications importantes.
Le budget de l'exercice courant prévoit de nouveaux circuits d'aller et retour en fil de bronze de 4 et 5 millimètres d'épaisseur, sans relais intermédiaires, de Metz à Cologne, Francfort et Strasbourg, qui doivent permettre des échanges de conversations avec une série d'importants réseaux téléphoniques de l'Allemagne, du Centre et du Sud. La conduite en bronze de 5 millimètres entre Metz et Francfort aura surtout pour conséquence de rendre plus distinctes les conversations avec Berlin. En outre, on établit en Lorraine des conduites téléphoniques directes et doubles de Metz à Hayange et Château-Salins, de Sarrebourg à Deutch-Avricourt, Lorquin, Abreschwiller et Sarrunion (par Fénétrange). Enfin, 27 petites localités qui, jusqu'ici, n'avaient pas le téléphone seront dotées d'une cabine téléphonique publique et reliées au réseau général de téléphones, ce qui augmentera de plus en plus les facilités de communications verbales à la campagne. (LM)

Mercredi 9 juillet 1902
L'administration des téléphones communique la liste des nouveaux abonnés reliés au réseau téléphonique. (15) (LM)

Mercredi 6 août 1902
Monsieur le Directeur supérieur des Postes publie l'avis suivant :
« Il doit être procédé sous peu à des travaux d'agrandissement des installations téléphoniques au district de la direction supérieure des Postes de Metz, travaux dont les préparatifs nécessaires doivent être exécutés dès aujourd'hui.
Les déclarations d'adhésions au réseau téléphonique... » (LM)

Jeudi 14 août 1902
Le bureau du télégraphe nous communique la liste des nouveaux abonnés au téléphone. (10) (LM)

Jeudi 28 août 1902
On annonce de bonne source que les communications téléphoniques entre Metz et Luxembourg, désirées depuis si longtemps, ne tarderont pas à être ouvertes. Il sera établi, à cet effet, une ligne téléphonique double et directe. Rien n'est encore arrêté quant aux taxes et aux réseaux lorrains qui seront admis à communiquer avec le Luxembourg. Mais les intéressés qui, pour cette raison, tiennent à être reliés au téléphone, feront bien d'adresser, dès à présent, leurs demandes, soit aux bureaux de poste, soit, pour Metz et la banlieue, au bureau des télégraphes de Metz, attendu que, en cas de retard, les raccordements ne pourraient plus être exécutés cette année. (LM)

Mardi 23 septembre 1902
Communications téléphoniques avec la France.
A partir du 1er octobre prochain, on pourra correspondre par téléphone entre Metz, Ars, Thionville, Maizières-lès-Metz, Kurzel, Rémilly, Hagondange, d'une part, et les localités suivantes du département de Meurthe-et-Moselle :
Arnaville, Belleville, Chambley, Bussières, Conflans, Jarny, Doncourt, Favières, Marbache, Mars-la-Tour, Onville, Pagny-sur-Moselle, Pompey, Saint-Marcel, Saint-Mard, Tantonville, Trouville, Val-et-Châtillon (cette dernière localité est en communication avec Metz seulement). La taxe pour une conversation ordinaire de trois minutes est de 2 marks, à l'exception des communications entre Pompey et Metz, et Saint-Mard-Metz, Ars et Maizières-lès-Metz pour lesquelles la taxe n'est que de 1 mark. En outre, à partir du 1er octobre, on pourra correspondre par téléphone entre Metz et une série de localités des départements français suivants: Ain, Aisne, Côte-d'Or, Doubs, Haute-Saône, Isère, Jura, Marne, Oise, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Vosges. La taxe pour toutes les communications avec ces départements est de 3 marks, sauf pour la Haute-Saône et les Vosges, où elle est 2 marks. Pour plus de renseignements, s'adresser au bureau du télégraphe. (LM)

Mercredi 8 octobre 1902
Pose d'un câble. On peut voir actuellement une équipe d'ouvriers de M. Heister, entrepreneur, occupée à creuser un canal à travers la Moselle, un peu en aval du Pont des Morts, pour la pose d'un câble télégraphique. (LM)

Jeudi 9 octobre 1902
Pose d'un câble sous la Moselle.
Depuis une quinzaine de jours, on pouvait voir un nombre considérable d'ouvriers occupés à creuser un fossé en aval du Pont des Morts, à travers le bras extérieur de la Moselle. Le but de ce travail était de procéder à la pose d'un câble électrique souterrain, travail qui s'effectue actuellement et qui n'est pas des plus faciles. (LM)

Mardi 14 octobre 1902
Chambre de commerce. Séance du 4 octobre.
b) La direction supérieure des Postes à Metz communique sous la date du 23 août 1902, que maintenant qu'un accord est intervenu entre l'administration des Postes et Télégraphes de l'Empire et l'administration des Finances du grand-duché de Luxembourg, au sujet des communications téléphoniques entre l'Allemagne et le Luxembourg, une nouvelle ligne téléphonique doit être, à bref délai, installée entre Metz et Luxembourg.
On prévoit que cette nouvelle ligne pourra encore être livrée dès cet automne à l'exploitation. (LM)

Dimanche et lundi 19 et 20 octobre 1902
A partir du 1er novembre, des communications par téléphone pourront avoir lieu entre Forbach, Grossblittersdorf et Sarreguemines, d'une part, et Saint-Dié (Vosges), d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire de 3 minutes est de 2 marks. (LM)

Mardi 18 novembre 1902
Un journaliste foudroyé par le téléphone.
Une dépêche de Francfort nous apprend qu'un journaliste de cette ville vient d'être victime d'un accident bizarre.
Pendant une communication téléphonique, il a reçu une terrible décharge qui l'a gravement blessé. Outre des brûlures à la face, il a le côté droit presque entièrement paralysé.
Cet accident -heureusement fort rare- ne peut s'expliquer que par le contact accidentel de la ligne téléphonique avec un fil transporteur de courant à très haute tension. Ce contact a pu se produire soit par la chute d'un fil aérien, soit par le défaut d'isolement d'une transmission souterraine. En outre, pour qu'une blessure aussi grave ait été causée, il faut admettre que le courant ainsi dérivé dans le téléphone avait une tension supérieure à 500 volts et que notre confrère se soit trouvé, par la position qu'il occupait sur le sol, dans le trajet même du circuit accidentel. Enfin, ce foudroiement a dû être de courte durée, car il est probable que le fil téléphonique a fondu presque aussitôt au point de contact avec la ligne à haute tension. Quoi qu'il en soit, la perspective d'être foudroyé en prenant une communication téléphonique, manque totalement de charme. (LM)

Mercredi 26 novembre 1902
Des cabines téléphoniques publiques ont été installées à Basse-Yutz, Diesdorf et Metzerwiese. A Basse-Yutz, le service téléphonique est réglé de la même manière que pour la cabine téléphonique publique à Thionville. A Diesdorf et à Metzerwiese, des conversations peuvent être échangées avec les localités suivantes: Ars-sur-Moselle, Audun-le-Tiche, Aumetz, Bouzonville, Château-Salins, Delme, Fontoy, Hagondange, Hayange, Kédange, Kurzel, Maizières-lès-Metz, Morhange, Novéant-Corny, Ottange, Remilly, Rombas, Sarrelouis, Saint-Avold, St-Jean-sur-Sarre, Sierck, Strasbourg, Thionville, Trèves, Uckange et un grand nombre de petites localités possédant une cabine téléphonique publique. (LM)

Vendredi 19 décembre 1902
Liste des nouveaux abonnés : (7) dont n° 248, Raffinerie de Benzine à Maison Rouge-Woippy. (LM)

Dimanche et lundi 28 et 29 décembre 1902
A partir du 1er janvier prochain, les abonnés du téléphone dans les localités suivantes, Algrange, Boulay, Bouzonville, Château-Salins, Dieuze, Faulquemont, Fontoy, Forbach, Grossblittersdorf, Hombourg-Haut, Kédange, Morhange, Moyeuvre-Grande, Puttelange, Rohrbach, Rombas, Sarralbe, Sarreguemines, Saint-Avold, Sierck et Uckange seront admis à correspondre avec Luxembourg. Pour de plus amples détails, s'adresser aux bureaux de poste respectifs. (LM)

Mercredi 31 décembre 1902
A partir du 1er janvier, des communications téléphoniques pourront avoir lieu entre Bitche, Fénétrange, Puttelenge et Mohrbach, d'une part, et Saint-Ingbert et Deux-Ponts, d'autre part. La taxe pour une conversation entre Fénétrage et Deux-Ponts est de 50 pf., entre Puttelange et Saint-Ingbert elle est de 25 pf. pour les communications entre les autres localités. (LM)

sommaire

Année 1903

Jeudi 12 mars 1903
A partir d'hier 10 mars, les communications téléphoniques sont admises entre Metz, Algrange, Ars-sur-Moselle, Thionville, Hagondange, Hayange et Maizières-lès-Metz, d'une part, et Bruxelles, Anvers, ainsi que plusieurs autres villes belges, de l'autre.
Le prix d'une conversation de 3 minutes est fixée à 3 marks. (LM)

Mardi 24 mars 1903
Il résulte d'une statistique qui vient d'être publiée, que plus de 757 millions de conversations téléphoniques ont été échangées, en 1902, dans le ressort des Postes et Télégraphes de l'Empire. Le téléphone est donc utilisé 2.086.171 fois par jour. Les employés ou employées attachés au service téléphonique sont au nombre de 1919 à Berlin, 770 à Hambourg, 437 à Dresde, 285 à Leipzig, 227 à Breslau. (LM)

Vendredi 27 mars 1903
Chambre de commerce. Séance du 9 mars 1903.
A une lettre de la Chambre de commerce du 24 mai 1902, l'Office des Postes à Berlin répond le 12 janvier 1903 que le service téléphonique a été ouvert le 15 décembre 1902 entre Metz et les localités suivantes: Backnang, ... (LM)

o) A une requête de la Chambre en date du 6 septembre 1902, la direction supérieure des Postes à Metz répond qu'à partir du 10 mars courant, les communications téléphoniques seront ouvertes entre Metz, d'une part, et Anvers, Bruxelles, Boom, Braine, L'Allend, Capellen, Cortenberg, Court-et-Etienne, Gembloux, Genappes, Hal, Lierre, Moll, Nivelles, Turnhout, Vilvorde, Virginal et Wavre, d'autre part.
En outre, entre Algrange, Ars-sur-Moselle, Thionville, Hagondange, Hayange et Maizières-lès-Metz, d'une part, et Bruxelles, Braine, Cortenberg, Court, Gembloux, Hal, Nivelles, Vilvorde, Virginal, Ware, ainsi que les bureaux reliés par fil double à Anvers, d'autre part.
A partir du 10 courant, Rombas peut communiquer avec Bruxelles. La taxe est de 3 marks par durée de 3 minutes. (LM)

Jeudi 2 avril 1903
A partir du 5 avril, le service téléphonique sera ouvert entre Metz et Gemünd. La taxe est de 1 mark par conversation. (LM)

Mercredi 15 avril 1903
A partir du 15 avril, le service téléphonique sera ouvert entre Metz et Baldersheim, Dellweiler, Diebolsheim, Oberseebach, Rheinau (Alsace) et Riedselz, d'une part, ainsi qu'entre Dieuze, Morhange, Phalsbourg, rémilly, Sarrebourg (Lorraine) et Fénétrange, d'une part, et Dettweiler, d'autre part. (LM)

Samedi 27 juin 1903
Des cabines téléphoniques publiques ont été ouvertes à Arzweiler et Niederweiler et raccordées par Sarrebourg au réseau téléphonique. (LM)

Mardi 7 juillet 1903
Chambre de commerce, séance du 27 juin.
d) La direction supérieure des Postes avise la Chambre que les abonnés au téléphone à Corny-Novéant peuvent avoir les mêmes correspondances que ceux d'Ars-sur-Moselle, en se faisant raccorder au bureau téléphonique d'Ars. Jusqu'ici, ils y ont renoncé en raison du surplus de frais. L'administration des Postes tâchera néanmoins d'élargir autant que possible le cercle téléphonique de Novéant-Corny, sans imposer plus de frais. (LM)

Vendredi 17 juillet 1903
Un bureau de télégraphe avec service téléphonique a été ouvert à Neufchef (Neunhäuser). Une cabine téléphonique publique y a été installée.
Le 15 juillet, un bureau de poste auxiliaire a été ouvert à Vigny, circonscription postale de Solgne.
Un service de télégraphe avec service téléphonique a été adjoint à l'agence postale de Haarberg (Lorraine). On peut communiquer par téléphone avec les localités suivantes: Alberschweiler, Château-Salins, Delme, Deutch-Avricourt, Dieuze, Fénétrange, Lorquin, Maizières-Azoudange, Metz, Morhange, Phalsbourg, Remilly, Sarralbe, Sarrebourg, Sarreguemines, Strasbourg, Saint-Jean-sur-Sarre. (LM)

Mercredi 22 juillet 1903
Les cabines téléphoniques publiques à Conthil et Wuisse ont été reliées au réseau téléphonique de Morhange (Liste des localités appelées par chaque cabine). (LM)

Samedi, dimanche et lundi 15, 16 et 17 août 1903
Liste des nouveaux abonnés au téléphone. (27) (LM)

Vendredi 28 août 1903
A partir du 1er septembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz, Ars-sur-Moselle, Thionville, Maizières-lès-Metz et Remilly, d'une part, et les localités luxembourgeoises Eppeldorf et Ermsdorf d'autre part. La taxe est de 1 mark pour une conversation ordinaire de trois minutes. (LM)

Dimanche et lundi 6 et 7 septembre 1903
Le téléphone dans les établissements. Les hôteliers et débitants qui ont le téléphone dans leur établissement sont exposés à être lésés dans leurs intérêts par des voyageurs et clients peu consciencieux qui, sous prétexte de demander une communication avec un abonné de la ville, se font mettre en correspondance avec une localité du dehors et « économisent » ainsi la taxe que le propriétaire de l'hôtel devra payer à la fin du mois. Le patron de l'établissement n'a pas toujours le temps de se rendre compte si le consommateur a été en communication avec un abonné de la ville ou du dehors. Dans beaucoup de cas, le client « oublie » de solder le coût de la conversation. Il est difficile d'indiquer un moyen de contrôle efficace; dans ce cas « la méfiance est la mère de la sûreté » comme dit le fabuliste. (LM)

Vendredi 18 septembre 1903
A partir du 15 septembre, les localités de Lorry-lès-Metz, le Chêne, Saulny et les Tuileries sont détachées de la circonscription postale de Woippy, et desservies par le bureau de poste de Devant-les-Ponts. Un courrier en voiture fera le service entre Devant-les-Ponts et Lorry-lès-Metz. (LM)

Dimanche et lundi 20 et 21 septembre 1903
A partir du 25 septembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz, d'une part, et Altzingen et Fentringen dans le Luxembourg, d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire est de 1 mark. (LM)

Dimanche et lundi 4 et 5 octobre 1903
A partir du 1er octobre, les communications sont établies entre Metz et Surré, localité luxembourgeoise. La taxe est de 1 mark par conversation. (LM)

Vendredi 9 octobre 1903
Chambre de commerce, séance du 26 septembre 1903.
VIII) En réponse à sa demande du 22 août dernier, le bureau des postes I (rue des Parmentiers et place St-Martin), informe la Chambre que le bureau des postes I, rue des Parmentiers n'est relié au réseau téléphonique que pour le service intérieur des bureaux de poste entre eux. (LM)

Mardi 27 octobre 1903
A partir du 25 octobre, les communications téléphoniques sont ouvertes entre Bitche, Rohrbach et Sarreguemines, d'une part, et Achern, Appenweier, Baden-Baden, Bühl, Lahr, Offenburg et Rastatt dans le grand-duché de Bade, d'autre part, en outre, entre Bitche et Rohrbach, d'une part, et Durbach, Ettlingen, Carlsruhe, Kehl, Mannheim et Steinbach dans le grand-duché de Bade, d'autre part. (LM)

Samedi 7 novembre 1903
Depuis le 4 novembre, les communications téléphoniques sont établies entre Metz, Thionville, Forbach, Gross-blittersdorf, Sarrebourg et Sarreguemines, d'une part, et Wadern (dép. de Trèves), d'autre part. La taxe est de 50 pf. pour Metz, Thionville et Sarrebourg, de 25 pf. pour les autres localité. (LM)

Vendredi 13 novembre 1903
Des cabines téléphoniques sont installées dans le bureau de poste de Téterchen, l'agence postale à Brettnach, et le bureau de poste auxiliaire à Walmünster, qui sont reliés au réseau général des téléphones. A Brettnach, les communications ont lieu dans la même mesure et moyennant les mêmes taxes qu'à Bouzonville. (LM)

Mardi 17 novembre 1903
A partir du 20 novembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz, Ars-sur-Moselle, Bouzonville, Delme, Forbach, Grossblittersdorf, Hagon-dange, Hayange, Kurzel, Maizières-lès-Metz, Phalsbourg, Remilly, Sarreguemines et Thionville, d'une part, et Porrentruy (Suisse) d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire est de 2 marks 50. (LM)

Samedi 21 novembre 1903
Le casque téléphonique.
L'administration que dirige M. Bérard, à Paris, s'occupe actuellement de l'application d'un nouvel appareil, destiné à empêcher les bruits étrangers de parvenir aux oreilles de ses clients qui font usage du téléphone. Tout le monde connaît ce supplice, surtout dans les établissements possédant un personnel nombreux. Le malheureux correspondant, pendant qu'il parle ou écoute, entend non seulement des conversations autour de lui, mais encore au bureau des téléphonistes, et jusque chez son partenaire, pour peu qu'on y soit un peu bruyant.
Le nouvel appareil, dit « casque téléphonique », sans doute parce qu'il ressemble plus à un parapluie qu'à un casque, est un engin complètement replié, en temps ordinaire, dans le fond de la cabine téléphonique, où il tient très peu de place. A-t-on besoin de téléphoner ? On tire sur une poignée et l'appareil vient entourer la tête du « parleur ».
La même opération est faite par la demoiselle du téléphone et par le correspondant, les rumeurs étrangères cessent immédiatement sur toute la ligne.
La conversation étant achevée, chacun tire sur une seconde poignée et les casques retournent à leur première position, contre le mur.
C'est simple, et assez peu pratique. (LM)

Samedi 28 novembre 1903
Depuis avant-hier 25 novembre, les communications téléphoniques sont établies entre Stadtkyll, d'une part, et Dieuze, Fénétrange et Saint-Avold, d'autre part. La taxe pour une communication ordinaire est de 1 mark. (LM)

Mardi 1er décembre 1903
A partir du 1er décembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz et la localité luxembourgeoise de Godbringen. La taxe est de 1 mark pour une conversation ordinaire. (LM)

Jeudi 10 décembre 1903
A partir du 10 décembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz et Sarreguemines, d'une part, et Alsenz, d'autre part. La taxe est de 1 mark pour Metz et de 50 pf. pour Sarreguemines. (LM)

sommaire

Année 1904

Jeudi 7 janvier 1904
Le violant incendie de la rue de l'Abreuvoir a causé de graves préjudices aux fils télégraphiques et téléphoniques. Sur la toiture de l'immeuble incendié était posé un poteau avec des isolateurs autour desquels étaient roulés plus de cent fils. Ces différents conduits furent naturellement détruits par l'incendie et l'administration des Télégraphes dut rétablir les communications au plus tôt. On se mit immédiatement à l'œuvre et le lendemain déjà, on pouvait voir sur les toitures du voisinage des intrépides ouvriers de l'administration occupés à réparer les désastres en posant les nouveaux poteaux destinés à recevoir les fils. (LM)

Jeudi 14 janvier 1904
A partir du 15 janvier, des communications téléphoniques seront établies entre les localités lorraines et luxem-bourgeoises suivantes: Metz, Ars, Thionville, Hagondange, Hayange, Kurzel, Maizières-lès-Metz et Remilly, d'une part, Bollendorf et Hollerich, d'autre part; Kédange, Sierck, Uckange, Rombas, Algrange, Boulay, Saint-Avold, Morhange, Forbach, Grossblittersdorf et Sarreguemines, d'une part, Hollerich, d'autre part. La taxe pour une conversation est de 1 mark. (LM)

Mercredi et jeudi 27 et 28 janvier 1904
Le service de nuit au téléphone. Le Berliner Tageblatt signale l'introduction générale du service de nuit dans les communications téléphoniques avec la Bavière, le Wurtemberg et l'Autriche. Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 1er février. Une entente vient également d'être conclue avec l'administration des télégraphes belges, et le service de nuit sera aussi introduit à partir du 1er février entre les bureaux téléphoniques allemands et belges qui sont ouverts la nuit et qui, pendant le jour, sont en communication entre eux, en tant que la chose est possible d'après les heures de service des bureaux intéressés. Pour les commencements, on n'admettra que des conversations ordinaires pendant la nuit ; elles sont soumises aux mêmes conditions que pendant le jour. Sont considérées comme heures de nuit, celles qui sont comprises entre 9 heures du soir et 7 heures du matin en été et 8 heures du matin en hiver. Information prise, ces nouvelles dispositions n'entraînent aucune modification dans le service téléphonique de Metz et de la région. (LM)

Mercredi 3 février 1904
Depuis hier, les communications téléphoniques sont ouvertes entre Metz et Bückebourg. La taxe pour une conversation est fixée à 1 mark. (LM)

Jeudi 4 février 1904
Les télégrammes tronqués, quelques conseils pour les éviter. (4 colonnes dans le supplément) (LM)

Samedi 6 février 1904
A partir du 15 février, une zone frontière sera introduite dans le service téléphonique entre l'Allemagne et le Luxembourg. Cette zone comprend, d'une part, toutes les localités allemandes dont la distance du bureau intermédiaire dans le Luxembourg ne dépasse pas 50 kilomètres. La taxe pour la conversation ordinaire est de 50 pf. Les bureaux suivants en Lorraine sont compris dans cette zone : Algrange, Audun-le-Tiche, Aumetz, Bouzon-ville, Fontoy, Hagondange, Hayange, Hettange-Grande, Kédange, Maizières-les-Metz, Moyeuvre-Grande, Rombas, Sierck, Thionville et Uckange. (LM)

Samedi 20 février 1904
Les communications téléphoniques sont établies entre Metz et Leipzig y compris Markranstädt. La taxe est de 1 mark par conversation. (LM)

Samedi 27 février 1904
Il est projeté d'étendre très prochainement les installations téléphoniques dans le district de la direction supérieure des Postes à Metz. Les préparatifs nécessaires doivent être entrepris incessamment. Les personnes désirant des raccordements au réseau téléphonique... (LM)

Vendredi et samedi 1er et 2 avril 1904
A partir du 1er avril, les localités suivantes de la Lorraine pourront communiquer par téléphone, moyennant une taxe d'un mark, avec les localités luxembourgeoises de Stadtbredimus et Greveldingen : Ars, Kurzel, Metz et Remilly ; la taxe n'est que de 50 pf. pour Algrange, Thionville, Hagondange, Hayange, Maizières-lès-Metz. (LM)

Jeudi 2 juin 1904
A partir du 1er juin, les localités suivantes : Ars-sur-Moselle, Hagondange, Hayange, Kurzel, Maizières-lès-Metz, Remilly et Thionville, seront admis à communiquer par téléphone avec la localité luxembourgeoise de Colmarberg. La taxe est de 50 pf. pour Thionville, Hagondange, Hayange et Maizières-lès-Metz et de 1 mark pour les autres localités.
A partir du 1er juin, la ville de Metz est admise à communiquer par téléphone avec les localités luxembourgeoises d'Altlinster, Colmarberg et Eisenhorn moyennant une taxe de 2 marks. (LM)

Samedi 18 juin 1904
A partir du 20 juin, des communications téléphoniques seront établies entre Ars-sur-Moselle, Hagondange, Hayange (y compris Algrange), Maizières-lès-Metz, Metz et Thionville, d'une part, et le réseau belge de Charleroi, d'autre part. La taxe pour une conversation ordinaire est de 3 marks. (LM)

Samedi 2 juillet 1904
A partir du 1er juillet, des communications sont établies entre Metz, Louvain et Malines. La taxe pour une conversation ordinaire est de 3 marks. (LM)

Vendredi 8 juillet 1904
Des communications téléphoniques sont établies entre Metz, Zwickau, Chemnitz, Dresde et Halle-s-Saale. La taxe est de 1 mark pour les communications avec Zwickau et Halle et de 1 mark 50 pf. pour les communications avec Chemnitz et Dresde. (LM)

Vendredi 15 juillet 1904
Un bureau télégraphique avec service téléphonique public a été adjoint à l'agence postale de Lorry-lès-Metz. Les communications avec le dehors sont les mêmes que pour la ville de Metz. (LM)

Mercredi 20 juillet 1904
Des communications téléphoniques sont établies entre Metz et Wildungen. La taxe est de 1 mark. (LM)

Mardi 26 juillet 1904
Flirt téléphonique. Un millionnaire de Chicago, M. Oscar Lewis, intente une action en divorce contre sa femme. Il l'accuse d'avoir échangé... un baiser avec un admirateur, non de bouche à bouche, mais de récepteur à récepteur. C'est la première fois, dans l'histoire du téléphone, que cet outil électrique aura été accusé d'un pareil rôle d'intermédiaire. On accusa longtemps le téléphone de transmettre des termes peu galants, il a pris sa revanche ! (LM)

Mercredi 24 août 1904
Allô! Allô!
Le téléphone n'a pas, à proprement parler, d'histoire et si l'adage est vrai, de même que les peuples qui n'en ont pas, les abonnés du téléphone devraient être contents de leur sort.
Hélas! tel n'est pas toujours le cas, et nombreuses sont les sollicitations qui nous arrivent presque journellement, nous priant de faire « campagne » en vue d'obtenir une amélioration dans le service.
Lorsque l'on songe qu'en 1876, Henri de Parville pouvait encore écrire avec beaucoup de raison : « Malgré les nombreux perfectionnements apportés depuis 1863, le téléphone n'a pas encore pu recevoir d'application pratique! Dix ans plus tard, Metz, après beaucoup d'autres villes, était doté du téléphone. »
Mais les pas de géant que fait l'humanité dans le domaine de la science, n'ont-ils pas pour conséquence inséparable de créer des aspirations et des besoins nouveaux et d'augmenter les exigences du public qui n'en perçoit que les résultats acquis ?
Quelle est la maison de quelque importance n'étant pas, aujourd'hui, abonnée au réseau téléphonique ? Il y a actuellement à Metz, sept à huit cents postes et chaque jour apporte à l'administration de nouvelle demandes. Dans ces conditions, n'est-il pas possible que des défectuosités soient signalées, de ci, de là.
Nous n'avons jamais marchandé à nos lecteurs notre « gracieux » concours, pour nous servir de l'expression consacrée. Nous faisons sans cesse de notre mieux et, ceci en passant, sans flatterie de notre part, nous avons obtenu des résultats très appréciables.
Dans une question aussi importante et aussi générale que le téléphone, bien que nous n'ayons vis-à-vis de l'administration aucune obligation morale ni autre, il ne nous est franchement pas possible de partir en guerre tous les matins contre la direction du téléphone, sous prétexte qu'un monsieur quelconque est mis en communication avec l'Abattoir, quand il désirait la Société Lorraine, ou qu'un autre a acheté des glucoses au-dessus du cours faute de n'avoir pas eu la communication assez rapidement.
Nous avons fait notre possible pour calmer de légitimes impatiences en promettant... une enquête.

Etant donnée la qualité considérable de l'inculpé, l'impossibilité de la faire citer à comparoir par-devant nous, Arbitre, nous nous sommes transportés chez elle. C'est-à-dire que nous avons sollicité, du directeur général des télégraphes, la grande faveur d'être autorisés à visiter sa maison. Faut-il dire que cette autorisation nous fut accordée « avec plaisir », nous a dit M. Klüpfel, le directeur supérieur, qui s'est montré l'homme le plus aimable du monde en nous faisant faire le tour du propriétaire :
Je vous avais indiqué dix heures, dans la matinée, parce que c'est le moment le plus animé de la journée. La salle des appareils présente, à ce moment, l'aspect d'une fourmilière ou d'un rucher. C'est, paraît-il, chez nous, le coup de feu. Tant pis, mais vous en verrez encore suffisamment en ce moment pour vous rendre compte de l'immense besogne qu'abat notre personnel.
Tout en causant, M. Klüpfel nous fait pénétrer, par une porte rigoureusement consignée aux simples mortels, dans la grande salle des appareils télégraphiques au premier étage.
Derrière une vingtaine d'employés occupés à expédier ou réceptionner des dépêches, nous nous arrêtons devant un tableau noir divisé en cinquante compartiments.
C'est le matériel du début; bien que le principe soit à peu de chose près le même qu'actuellement, on a dû l'abandonner devant l'affluence toujours croissante d'abonnés. Il fallait trop de place, le bâtiment n'eût pas suffit. Cet ancien système sert encore aujourd'hui aux communications de nuit, avertisseurs en cas d'incendie ou d'accidents, pour appeler les médecins. Le service, qui est permanent, est fait par des hommes.
En montant à l'étage au-dessus, le directeur nous fait observer combien la maison est insuffisante. Il n'y a de bien que la façade. En attendant l'installation dans le nouvel édifice à construire dans la ville -quand ?- il faut tirer des plans et chercher des combinaisons pour loger le matériel de service qui augmente tous les jours.
Nouvelle entrée interdite que nous violons. Cette fois, nous sommes dans le sanctuaire. La salle est plus petite que celle du premier. Divisée en trois parties dans le sens de la longueur, celle du milieu seule, qui est plus vaste, est réservée au bureau. Les côtés, qui servent de passages, d'abord, ont des destinations secondaires.

Les demoiselles du téléphone! Les voilà donc, enfin, ces petites et intéressantes personnes, ce rouage si important de la vie actuelle ! Bien qu'anonymes, nous les connaissons tous; nous ne savons ni leur nom ni leur âge, mais nous les appelons, nous leur parlons, nous échangeons avec elles des propos rapides, aimables parfois, souvent acerbes et furieux; là-bas, à l'autre bout du fil, elles tiennent une place essentielle, sont l'objet de nos préoccupations, la cause de nos agacements et, quoi qu'on pense, leur voix fluette et fraîche nous manquerait si tout à coup on découvrait la transmission automatique.
Elles sont assises sur deux rangs devant leur appareil, actives et silencieuses, dans leur uniforme bleu de roi garni de filets écarlates.
Très appliquées, c'est à peine si un mouvement de curiosité détourne leur tête du côté des intrus qui viennent les visiter. C'est un événement dans la maison.
Assises devant leurs métiers, des fils pendant au-dessus de leur tête, les mains agiles remuent des navettes, les plaçant de côté et d'autre. Dans les cheveux un cercle d'acier tenant contre l'oreille gauche le récepteur immuable; à la hauteur de leur bouche, le cornet dans lequel elles répondent; devant elles, le tableau de 100 cases où elles enfoncent les chevilles, selon la demande; et encore les manettes, les commutateurs, tout un appareil de mécanique, qu'elles manoeuvrent avec des mains fébriles; la rumeur de voix qu'on entend ne provient pas de conversations particulières entre elles, mais des communications constantes avec l'abonné; huit heures par jour elles sont là assises, l'horizon de leurs yeux borné à ces numéros, et lorsqu'on passe derrière elles, on n'aperçoit que des nuques blondes ou brunes, des cheveux en torsades ou en chignon, des dos penchés; l'anonymat se continue. La phrase de Séverine est très juste : « ... Les employés fonctionnent -je n'ose pas dire travaillent- tant l'être humain, à ce degré d'activité, d'absorption par la besogne, donne l'impression d'un rouage de machine. »
Le surveillant, à une table à part, prend des notes, s'approche de tel ou tel tableau, faisant doucement et à voix basse une observation.
Ici encore notre cicérone nous fait une description minutieuse et détaillée des appareils, nous explique leur fonctionnement.
A droite en regardant vers la place; le service de ville ; à gauche, les transmissions interurbaines et internationales.
A très peu de détails près le service est identique. Pour les communications avec le dehors les récepteurs et transmetteurs sont adaptés à l'appareil même. En plus à chaque poste, un sablier qui se renverse automatiquement, chaque fois que trois minutes se sont écoulées.
Après avoir vu fonctionner avec autant de rapidité cette machine aussi compliquée, il est impossible de ne pas comprendre que des erreurs peuvent se produire quelquefois.
Mais ces erreurs ne sont pas uniquement le fait de la demoiselle et, si prévenu que l'on soit contre l'administration, cette impression disparaît et de l'indulgence naît de la vision plus précise.
Pour ceux qui ont eu à se plaindre du retard à obtenir une communication, il faut absolument se débarrasser de l'idée saugrenue que la demoiselle fait poser l'abonné histoire de l'embêter ou de se venger d'un moment de vivacité qu'il pourrait avoir eu. D'imaginer, par exemple, qu'elle confectionne avec des reliefs de son goûter des boulettes de pain pour les lancer sur les promeneurs de l'Esplanade ou qu'elle achève un point compliqué dans son ouvrage de tapisserie !
De même que dans une bousculade, elle peut se tromper d'un cran, elle peut, simple mortelle, comme l'abonné être malade. Alors, son tableau de cent cases est desservi par sa voisine ou ses deux voisines. Celles-ci obtiennent de ce fait un surcroît de cinquante ou de cent clients à servir. C'est un surmenage qu'ignore l'abonné et, le connût-il, il ne verrait pas là un motif de diminuer ses exigences. Il paie, que l'administration s'arrange ! C'est, du reste, ce qu'elle fait.

Ainsi que j'examinais, dernièrement, à propos de la vitesse des automobiles, le cas du chauffeur et celui du piéton, il serait injuste, après avoir exposé la situation de la demoiselle, de négliger celle de l'abonné. A son tour maintenant.
Bien des erreurs proviennent du fait de l'abonné. Pour le nouveau, manque de connaissance et d'habitude. Pour l'autre, distraction, oubli, omission des prescriptions du règlement, etc.
Parmi les 7 à 800 abonnés au réseau de Metz, combien en est-il qui aient pris connaissance du règlement contenu à la page 10 du catalogue bisannuel que l'administration met à leur disposition ? Et parmi ceux qui ont lu ces lignes ou parcourues, combien les ont oubliées? Combien se souviennent qu'elles existent ?
Nous allons citer quelques-uns des cas les plus fréquents étant sujets à occasionner des erreurs de communications. Et d'abord, commençons à recommander de la modération dans le premier appel. Il suffit de faire décrire à la manette un seul demi-cercle.
Si vous n'obtenez pas de réponse immédiatement, ne vous emportez pas. Vous avez été signalé, votre numéro est indiqué; mais vous avez été devancés de quelques secondes, sur le même tableau, par trois, quatre et peut-être plus d'abonnés. Naturellement, comme à la fontaine, chacun son tour ! Ne vous avisez pas, par exemple, tout en tournant la manivelle avec fureur, d'accompagner votre mimique par une bordée de sottises. Dans ces conditions, la demoiselle est obligée d'attendre que soit épuisée la série des N. d. D. pour vous répondre que vous avez la communication ou que la ligne est occupée. Le premier, c'est-à-dire le seul coupable, c'est vous, monsieur l'abonné grincheux. Pendant que vous étiez en train de jurer et de sacrer vous eussiez obtenu le numéro tant et vous seriez déjà en train d'en demander un autre. Pour mémoire seulement, je citerai l'abonné nouveau qui se figure qu'après avoir simplement fait pivoter la manette de son appareil, sans avoir rien demandé, il se trouve déjà en communication et s'étonne de n'être pas compris. Il y a aussi celui qui, ayant été mis en contact avec le numéro demandé, sonne à tours de bras, sans obtenir de réponse, pour la seule raison qu'il n'y a personne là où il a appelé, s'imagine que le téléphone ne marche pas, raccroche le cornet avec humeur et maugrée: « Sale administration ! ». Vous repasserez plus tard, monsieur !
Souvent le cornet acoustique, malgré la communication établie, n'est pas décroché pour être tenu contre l'oreille; il y a des correspondants qui attendent même un appel ou causent avec d'autres personnes autour d'eux, ce qui provoque de la distraction à tel point que l'employée doit faire plusieurs appels.
D'autres, après avoir sonné et obtenu une réponse de l'Amt, ne s'inquiètent pas de la nature de cette réponse. Cela est surtout fâcheux quand on leur dit que le fil est occupé.
Croyant être en communication, il sonne sans interruption et tout ce vacarme s'en va éreinter le tympan de la demoiselle qui n'en peut plus.
Il arrive aussi qu'on ne donne que le nom de l'abonné et non le numéro. Comme il est impossible à l'employée de connaître le numéro de chaque abonné, il est prévu qu'on doit aussi donner le numéro. Beaucoup d'abonnés supposent que cette exigence est un manque de complaisance, d'autres au lieu du numéro d'abonnement donnent le numéro du domicile, etc.
Il n'est pas rare non plus que l'un ou l'autre des correspondants ou même les deux à la fois abandonnent l'appareil, au milieu de la conversation, pour faire une recherche quelconque ou pour tout autre motif. Soit que l'absence se prolonge, soit que la communication soit demandée par un autre correspondant, l'employée venant à rappeler l'attention du premier correspondant et, ne recevant pas de réponse, coupe la communication, ce qui ne doit pas étonner.
Beaucoup d'abonnés ont de la peine à se faire comprendre. La plupart du temps cela provient de ce qu'ils se tiennent trop loin de l'appareil ou qu'étant trop près ils parlent trop fort.
Les appareils sont si sensibles que même à distance une voix très modérée arrive à être enregistrée avec toute la précision désirable.
On oublie souvent de donner le signal que la conversation est terminée ou on le donne de façon défectueuse, qui le fait confondre avec un nouvel appel. Trois demi-tours sont indiqués.
Après une conversation, si on en demande une autre, il arrive qu'on appelle sans attendre d'avoir interrompu la communication par les trois coups indiqués plus haut. De plus, on fera bien de laisser, entre le signal final et la demande d'une nouvelle communication, un intervalle de 30 secondes à une minute. Consciencieusement ce n'est pas trop exiger !
Tout ceci ne veut pas dire que l'administration a proclamé l'infaillibilité de son personnel et que toutes les plaintes sont uniformément jetées au panier. Bien au contraire, les plaintes qui arrivent sont examinées très attentivement et c'est pour l'administration un souci constant de donner satisfaction aux abonnés dans la mesure du possible.

En quittant la grande salle du téléphone, on nous fait entrer dans une petite pièce latérale où une seule demoiselle travaille comme en pénitence. Celle-ci est chargée des communications avec les petites localités sans abonnés et ne possédant que l'appareil public de l'agence locale des postes. C'est aussi cette demoiselle en pénitence qui reçoit et transmet des télégrammes par le téléphone.
Nous avons tout vu; et après avoir pris congé de l'aimable directeur qui nous reconduit, nous traversons encore une fois la grande salle aux appareils, nous longeons les épaisses boiseries qui dissimulent la toile d'araignée des fils, des faisceaux énigmatiques où des vibrations courent qu'on ne devine pas. Les demoiselles n'ont pas bougé de place; leurs doigts agiles manoeuvrent encore des navettes, le même bourdonnement règne dans la ruche.
La patience que nous te conseillons, ô Abonné au même titre que nous, nous en avons fait ample provision nous-mêmes après avoir vu à l'oeuvre ces martyrs du « Allô! Allô! ».
John. (LM)

Jeudi 8 septembre 1904
Chronique parisienne.
Le téléphone en 1827.
Une assez amusante rencontre, dans un lot de vieux papiers trouvés chez un bouquiniste. C'est une sorte de prospectus proposant le téléphone, en 1827. Seulement, c'était sous le nom plus modeste de « télégraphe acoustique ».
Avec quelle ingénuité s'exprimait, en ce temps-là, un inventeur cherchant des capitalistes prêts à l'aider! Et c'est sans doute par là que cette innocente brochure est le plus loin de nous.
Au lieu de crier au merveilleux, notre homme l'excusait presque. Il n'y avait rien, déclarait-il, d'extraordinaire dans son projet. Il était seulement fondé sur l'observation. Il ne fallait pas avoir peur d'une chose parce qu'elle était nouvelle. Et il invoquait des exemples : « Il n'y a pas trente ans que l'idée d'éclairer nos maisons par une substance invisible, produite quelquefois à deux lieux du point où nous nous trouvons aurait paru prodigieuse... »
Il mettait aussi en avant le télescope. « Il ne sera pas plus étonnant d'entendre à grande distance que de voir, au moyen d'un télescope, des objets placés dans un grand éloignement ».
On est là à tout l'opposé du puffisme, et ce ton insinuant est donc tout à fait touchant, par comparaison avec la façon contemporaine de lancer une affaire.
Tout se résumait à ceci : la nature a des lois. Une fois que l'homme a reconnu ces lois, il doit s'appliquer à en tirer parti, en les faisant servir à ses besoins. on ne peut vraiment parler plus raisonnablement.
Quant à l'invention elle même, elle était ingénieuse, sinon pratique. L'auteur en faisait un petit historique semé d'anecdotes, comme celle d'un « négociant de Clèves », nommé Joussen, qui était extrêmement sourd. un jour qu'il fumait une longue pipe, cette pipe se trouva par hasard un moment appuyée contre le piano sur lequel s'escrimait sa fille. A sa grande surprise, il perçut des sons, lui qui, depuis longtemps, n'entendait plus rien. Le tuyau de pipe avait donc été un bon conducteur acoustique.
Il rappelait aussi les expériences de M. Biot, sur la transmission du son dans les tuyaux des égouts de Paris.
Et, alors, fort de ces autorités, celle du « négociant de Cléves » et celle, meilleure, du célèbre Biot, il exposait son système. Il s'agissait de construire une série de petits tunnels rasant le sol, avec porte-voix à leurs extrémités. On calculait qu'ils pourraient établir des communications jusqu'à dix lieues « pourvu que les tunnels fussent construits convenablement ».
Il faut croire, puisqu'il n'y eut point commencement d'exécution, qu'il y avait des obstacles à la réalisation du projet. Cependant, les arguments que faisait valoir l'inventeur étaient bien tentants. « La nouvelle d'une maladie, d'un accident, d'une mort ou de tout autre événement important pourrait être transmise dans un instant. De sa chambre, tranquillement assis en son fauteuil, un ecclésiastique pourra faire entendre sa parole à une assemblée de fidèles, car rien n'empêchera de construire un appareil propre à augmenter le volume de la voix ».
Avec des postes de relais, l'initiateur de la téléphonie acoustique se faisait fort de lancer les nouvelles en une heure d'un bout à l'autre du pays.
Combien étaient suggestives aussi les raisons pour engager la dépense, encore qu'elle dut être assez élevée. « De grosses sommes ne sont considérées que comme bagatelles quand il s'agit d'équiper des flottes et des armées pour aller porter la désolation sur les mers et les continents. Quand ces manies guerrières cesseront-elles? Quand les hommes, las de détruire, emploieront-ils leur énergie et leurs capitaux à produire et à améliorer ? »
Ce voeu était d'ailleurs des plus louables, ce qui n'a pas empêché depuis le temps où ces lignes furent écrites une trentaine de guerres.
Mais cette façon de « faire l'article » n'était-elle pas d'une aimable candeur ? Ce prospectus a une bonhomie charmante, dont on a perdu le secret. Il était d'une naïve honnêteté qui cause une sorte d'étonnement en notre époque, où c'est avec un autre fracas qu'on développe des projets d'entreprises encore plus douteuses que n'était celle-là !
Paul Ginisty. (LM)

Dimanche et lundi 18 et 19 septembre 1904
Le service téléphonique a été ouvert entre Barr, Benfeld, Bischwiller, Brumath, Bouxwiller, Drusenheim, Erstein, Haguenau, Hatten, Hochfelden, La Petite-Pierre, Molsheim, Neuf-Bisach, Obernai, Rosheim, Schirmeck, Soufflenheim, Schlestadt, Soultz-sous-Forêts, Truchters-heim, Vendenheim, Wanzenau, d'une part, et Albersch-weiler, Avricourt-Allemand, Dieuze, Fénétrange, Lorquin, Morhange, Phalsbourg et Sarrebourg, d'autre part. (LM)

Vendredi 14 octobre 1904
Un bureau de télégraphe avec service téléphonique a été adjoint au bureau de poste auxiliaire de Fonteny (arr. de Château-Salins). (LM)

Jeudi 3 novembre 1904
Un bureau de télégraphe avec service téléphonique public a été adjoint au bureau de poste auxiliaire de Talange. Les communications téléphoniques sont les mêmes que pour le bureau de Hagondange. (LM)

Dimanche et lundi 6 et 7 novembre 1904
A partir du 10 novembre, les communications téléphoniques seront établies entre Metz et Liège. La taxe pour une conversation ordinaire de trois minutes est de deux marks cinquante. (LM)

Mardi 8 novembre 1904
Curieuse application du téléphone à la pêche. Le microphone, déjà employé sur certains navires de guerre pour déceler la présence de mines flottantes, pourra être ingénieusement appliqué à la pêche, grâce à un appareil dont l'invention vient d'être patentée en Allemagne. Cet appareil se compose d'un microphone placé dans un vase clos imperméable à l'eau et relié à une batterie électrique et un téléphone. Quand l'appareil est immergé, il ne se produit aucun son. Mais qu'un banc de poisson vienne le heurter coups sur coups de ses rangs pressés, aussitôt le microphone transmet téléphoniquement une série de sons qui trahit la présence des poissons et indique même la profondeur exacte à laquelle s'effectue la passage de la troupe de poissons, ce qui fournit ainsi une indication précise assurant le succès de la pêche. (LM)

Mardi 29 novembre 1904
Un bureau téléphonique vient d'être ouvert au bureau de poste de Suftgen. (LM)

Samedi 3 décembre 1904
Les abonnés réclament. Ce sont ceux du téléphone et très sincèrement, cette fois, leur réclamation est justifiée.
Ils se plaignent des changements de numéros que l'administration opère de temps en temps, sans pouvoir prévenir immédiatement tout le monde. Il s'en suit tous les désagréments des « falsch verbunden » agrémentés souvent de la mauvaise humeur des personnes dérangées inutilement.
Si, pour des besoins du service, ces changements sont indispensables pour son bon fonctionnement, que l'administration s'arrange pour ne les opérer qu'au moment où elle fait paraître son nouveau catalogue ou ses listes rectificatives périodiques.
Le mieux serait, dans tous les cas, de réduire ces modifications à leur plus simple expression. (LM)

Mercredi 7 décembre 1904
Les dangers du téléphone. Un américain, M. Masters, de Brockton (Etat de Massachusets), vient de trouver la mort dans des conditions extraordinaires. Il se disposait à téléphoner à sa femme et mettait la main sur le récepteur; de l'autre main, il touche involontairement une boule métallique qui faisait fonctionner la lumière électrique; il établit de cette façon un circuit électrique dont le courant, passant à travers son corps, l'a foudroyé. Le cadavre a été retrouvé avec les mains carbonisées. (LM)

Dimanche et lundi 11 et 12 décembre 1904
On vient d'installer à Rugy et à Buss, des bureaux télégraphiques combinés avec un service d'avertissement en cas d'incendie, reliés à Hagondange, ainsi que des cabines téléphoniques. (LM)

Vendredi 16 décembre 1904
Depuis hier 14 décembre, sont admis à communiquer avec des localités du Palatinat :
Les réseaux téléphoniques locaux de Bitche et de Rohrbach avec Kaiserslautern ; celui de Grossblittersdorf avec Neustadt (Haardt) et Lambrecht. La taxe est de 50 pf. En outre, le réseau de Faulquemont avec Hombourg (Palatinat), Kaiserslautern, Deux-Ponts. La taxe est de 50 pf. Avec Ludwigshafen, la taxe est de 1 mark et avec Saint-Ingbert, la taxe est de 25 pf. (LM)

Samedi 24 décembre 1904
Les bureaux téléphoniques publics de Barst, Buding, Freialtdorf, Grostenquin, Hellimer, Lixingen, Maxstadt et Putelange (Lorraine) ont été reliés au réseau téléphonique de la Lorraine, et ceux de Freialtdorf et de Grostenquin à celui de Strasbourg. Les bureaux de poste donnent de plus amples renseignements. (LM)

sommaire

Année 1905

Vendredi 6 janvier 1905
Ordinairement, la direction des Postes fait parvenir, au début de chaque année, un catalogue général des abonnés. Aujourd'hui, les abonnés attendent encore. Cependant, avec les nombreux changements de numéros introduits tout le long de l'année dernière, il y aurait lieu de hâter la distribution. L'administration n'a pas l'air de s'en douter. Sur de nombreuses demandes, nous nous permettons de lui rafraîchir la mémoire. (LM)

Samedi 7 janvier 1905
A partir du 10 janvier, les réseaux téléphoniques locaux à Rombas et Moyeuvre-Grande sont reliés avec Anvers, Charleroi et autres localités de la Belgique. En outre, les abonnés du réseau de Moyeuvre-Grande sont admis à communiquer avec Bruxelles. La taxe est de 3 marks pour une conversation ordinaire. (LM)

Mardi 10 janvier 1905
L'inventeur du téléphone.
Quel est le véritable inventeur du téléphone? Ce n'est ni Bell, ni Edison qui, en 1877, ont doté l'humanité de ce moyen de communication rapide et directe à travers l'espace. Ils étaient les grands perfectionneurs de cette merveilleuse idée, comme Marconi a le mérite d'avoir réalisé l'idée française de télégraphe sans fil. Les compatriotes de Marconi réclament également pour eux aussi la priorité de l'invention du téléphone. Les visiteurs de la Cité d'Aoste peuvent voir sur une maison une plaque commémorative en l'honneur d'Innocenz Manzetti, « inventeur et constructeur du premier appareil téléphonique en 1864 ».
Mais les Allemands prétendent, eux aussi, posséder le premier inventeur. Ils ont, en effet, décidé d'élever, à Francfort-sur-le-Main, un monument à Philippe Reis qui, le 26 octobre 1861, dans une conférence tenue à la Société de physique de la ville de Francfort, développa, le premier, la théorie du téléphone, et les journaux allemands réclament pour leur compatriote la gloire de la priorité. (LM)

Dimanche et lundi 19 et 20 février 1905
La photographie appliquée au télégraphe.
Un nouvel appareil télégraphique vient d'être expérimenté à l'administration des Postes et Télégraphes à Paris, qui avait mis ses fils à la disposition des inventeurs.
Ce système, dans lequel on a cherché avant tout à réduire le durée des opérations de transmission, se différencie complètement des systèmes actuellement employés. Sa base est la photographie. Au départ, à l'aide d'une machine à écrire spéciale, le télégramme à expédier est traduit en signes conventionnels sur une étroite bande de papier. Cette bande établie, on la place sur un appareil nouveau où elle se déroule avec une plus grande rapidité. A l'arrivée, l'appareil récepteur, assez compliqué, et qu'il serait trop long de décrire, répète par un jeu de microphones et de glaces les signes inscrits sur la bande et les traduit en écriture claire sur une pellicule photographique, qui les enregistre. On peut ainsi, affirment les inventeurs, transmettre quarante mille mots à l'heure. Ce système, qui peut être appelé à rendre de grands services dans des conditions spéciales, quand il s'agit par exemple de « passer » une seule dépêche de vingt ou trente mille mots, n'a plus la même utilité pour le service télégraphique courant, le temps gagné en transmission étant en partie dépensé par la traduction primitive du télégramme à la machine à écrire. Mais il est probable que cette invention n'a pas dit son dernier mot. (LM)

Mardi 21 février 1905
Téléphone. Il est projeté d'étendre prochainement les installations téléphoniques dans le district de la Direction supérieure des postes de Metz. Les préparatifs nécessaires doivent être entrepris incessamment. Les personnes désirant des raccordements au réseau téléphonique devront en faire la demande d'ici au 1er mars au bureau de leur localité respective et à Metz, au bureau du télégraphe, où l'on pourra se procurer les formulaires et obtenir des renseignements plus détaillés. Il ne pourra être donné suite que plus tard aux déclarations qui se produiraient après cette date et seulement si les demandeurs s'engagent à supporter les dépenses supplémentaires qu'occasionnerait une installation spéciale. (LM)

Mercredi 22 février 1905
Modification des dispositions pour le service téléphonique de nuit.
Pour les communications téléphoniques, les abonnés seront désormais admis également de 7 à 8 heures du matin aux conditions d'usage. Les communications téléphoniques entre deux stations ayant un service de nuit, sont admises la nuit aussi bien contre taxe habituelle que par voie d'abonnement. Le service de nuit, à moins de dispositions locales spéciales, est compris entre 9 heures du soir et 8 heures du matin. (LM)

Samedi 25 février 1905
A partir de samedi 25 février, les localités de Emmendinsen, Endingen (Bade) et Erkelenz seront reliées au réseau téléphonique de Metz, et la localité de Erkelenz au réseau de Saint-Avold. La taxe est de 1 mark. (LM)

Vendredi 10 mars 1905
Le téléphone sans demoiselles.
Nos confrères de Paris parlent d'un petit appareil fort ingénieux qui fonctionne à Chicago et permet aux abonnés du téléphone de communiquer entre eux sans le recours des téléphonistes. C'est une sorte de cadran d'appel, comportant tous les chiffres de 0 à 9 ; le premier tour d'une manivelle sert à fixer un commutateur dans le trou correspondant au chiffre des centaines d'un numéro d'abonné; au deuxième tour, on fixe celui des dizaines, et au troisième celui des unités. On entre ainsi directement en communication avec le numéro demandé. C'est la suppression de l'intermédiaire et des pertes de temps. (LM)

Samedi 18 mars 1905
Concurrence et téléphone.
Pendant qu'en Europe, presque partout, l'Etat monopolise le téléphone, en Amérique, l'émulation se donne libre carrière, au grand bénéfice du progrès et du service.
Il y a aux Etats-Unis, 7000 compagnies indépendantes de téléphone. Elles représentent un capital d'un milliard 250 millions et comptent deux millions d'abonnés.
Cela n'empêche pas un grand mouvement de se créer pour obtenir le téléphone à meilleur marché encore. La concurrence est seconde. Et c'est ainsi qu'aux environs de New-York, plusieurs compagnies fournissent un bon service pour un chiffre variant de 30 à 60 marks.
Quand verront-nous ça à Metz ?
Il ne faut pas oublier non plus qu'en Suède et en Norvège, le téléphone est dans toutes les maisons, et se paie, comme l'eau 20 marks par an.

Mardi 28 mars 1905
Automates téléphoniques. Des appareils téléphoniques automatiques d'un nouveau système, à utiliser dans la zone du réseau local de Metz, ont été installés au bureau de poste de la rue de Paris et dans la salle d'attente de la gare de Devant-les-Ponts. Les autres appareils au bureau de poste de la place de la Comédie, au poste des pompiers de l'hôtel de ville et dans l'allée de l'hôtel du Cygne rue Mazelle, seront également remplacés par des appareils d'un nouveau modèle. Pour plus de renseignements, consulter les instructions près des appareils. Puisse cette installation rendre service au public. (LM)

Mardi 11 avril 1905
A partir du 8 courant, le réseau téléphonique de Saint-Avold est relié à celui de Kaiserslautern (taxe: 50 pf.) et à celui de Ludwigshaven (taxe: 1 mark); celui de Novéant-Corny est relié à celui de Deux-Ponts (taxe: 1 mark). (LM)

Mardi 16 mai 1905
Le téléphone pêcheur.
Le téléphone est aussi désormais un ustensile de pêche. C'est la dernière surprise de la science.
Un ingénieur norvégien vient, en effet, d'inventer un instrument composé d'un microphone hermétiquement enfermé dans une boîte d'acier et qui, jeté au fond de la mer, après avoir été relié par deux fils métalliques à un téléphone placé à bord d'une barque, permet au pêcheur d'être averti de l'approche des poissons.
Au tumulte que font dans le téléphone ces habitants des eaux, on peut reconnaître s'ils sont en plus ou moins grande quantité. Bien mieux, on devinera quelle est leur espèce, car les poissons ont une « voix ». Les harengs se signalent par un petit bruit sec; un léger grognement est le « langage » de la morue et le maquereau, à défaut de parole, a un sifflement très particulier. Des pêcheurs de la mer du Nord se sont, paraît-il, empressés de se servir de cet instrument.
On assure que l'invention de l'ingénieur norvégien leur rend de réels services. (LM)

Vendredi 26 mai 1905
Toutes les agences téléphoniques et les bureaux téléphoniques publics en Lorraine ont été reliés entre eux. (LM)

Dimanche et lundi 28 et 29 mai 1905
Des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts le 1er juin à Ars-Laquenexy, Bronvaux, Rugy et Schemerich. (LM)

Dimanche, lundi et mardi 11, 12 et 13 juin 1905
Les demoiselles du téléphone.
Tandis que, chez nous, la demoiselle se plaint d'être surmenée et que, d'autre part, l'abonné se plaint de n'être pas bien servi, il y a, en Amérique, une petite ville qui porte le nom français de Belle-Plaine, de 3700 habitants, ayant une station centrale de téléphone avec 500 abonnés. Elle est reliée par le téléphone avec les villages voisins.
En Amérique, les paysans se servent beaucoup du téléphone, en toute occasion. Un jour, la demoiselle du bureau central reçoit l'ordre suivant : « Allô! Allô! j'ai placé l'appareil dans le berceau de mon baby. S'il s'éveille et crie, annoncez-le-moi! ». Une autre paysanne envoie ceci : « Allô! Allô! Bureau central! Appelez-moi dans un quart d'heure, afin que je n'oublie pas de retirer le pain du four ! ». Si un paysan doit prendre le train, la demoiselle reçoit cet ordre : « Central! Eveillez-moi demain de bonne heure, avant le départ du train de 6 heures du matin ». Trente abonnés se font réveiller ainsi tous les matins par le bureau central.
Que diraient nos demoiselles du téléphone, si on leur demandait de semblables communications et de pareils services ?
Il est vrai que l'administration, dans sa prévoyance paternelle, ferme le téléphone entre 9 heures du soir et 7 heures du matin.
Oui, mais il y a toujours, en ce monde, des compensations ! Une demoiselle du téléphone, qui, sans doute, s'était montrée complaisante et aimable, vient, à Montréal, d'être épousée par un riche entrepreneur, qui possède plus de 30 millions. Allons, mesdemoiselles, si vous voulez un jour épouser un gros entrepreneur ou un abonné riche... rappelez-vous bien son numéro. (LM)

Mardi 27 juin 1905
Transmission téléphonique de l'heure.
L'observatoire du Bureau des longitudes a mis à l'étude la transmission précise de l'heure par téléphone. Le procédé consiste dans la transmission directe du bruit des battements de la pendule au moyen d'un microphone spécial introduit dans la boîte de l'instrument. L'expéditeur se borne à numéroter à la voix deux ou trois battements et le destinataire continue à compter à l'oreille. Ce procédé a donné d'excellents résultats jusqu'aux points les plus éloignés du réseau. (LM)

Mercredi 5 juillet 1905
Les femmes dans le service des postes.
Les Nouvelles politiques de Berlin disent que l'administration des postes n'a pas à se louer d'employer des femmes dans les services postaux et qu'elle cherche actuellement les moyens d'alléger dans la mesure du possible le service des femmes. Plusieurs journaux répondent aux plaintes formulées par l'administration que, si les femmes ne s'acquittent pas très bien de leurs fonctions, c'est qu'on leur a confié le service le plus dur, celui des téléphones ; il n'est pas étonnant que dans ces conditions, elles aient plus de journées de maladie que les hommes. Mais la cause principale des mécomptes à l'administration, c'est la différence du traitement qu'elle a établi entre les femmes et les hommes. Ceux-ci reçoivent de l'avancement, des titres et des décorations, les femmes ne sont l'objet d'aucun avantage ou distinction de ce genre. Par suite, quel motif pourrait bien leur donner du coeur à l'ouvrage ? De plus, aucune suspension de travail n'a été prévue pour les femmes pour leur permettre de parfaire leur éducation professionnelle, et pour les hommes, au contraire, l'administration a su prendre à ce sujet les meilleures dispositions. (LM)

Vendredi 14 juillet 1905
Les personnes désireuses d'obtenir le raccordement au réseau téléphonique pour la seconde moitié de l'année en cours doivent transmettre leurs demandes au plus tard jusqu'au 1er août, au bureau de poste local, et à Metz au bureau central où, sur leur demande, on leur donnera de plus amples renseignements et où on leur remettra les formulaires de demande.
Les déclarations parvenues trop tard ne sont pas prises en considération; et si on en accepte quelques-unes par exception, le demandeur supporte les frais supplémentaires résultant du travail imprévu. (LM)

Mardi 22 août 1905
Des bureaux télégraphiques avec cabines téléphoniques ont été installés aux bureaux de poste auxiliaire de Kerling et Haute-Sierck. Ces agences téléphoniques ont été reliées au réseau général. (LM)

Mardi 5 septembre 1905
Nouveaux appareils téléphoniques.
L'administration des Postes allemandes a décidé de transformer de fond en comble le réseau téléphonique de Berlin, de le simplifier, de centraliser les services et de doter la capitale allemande d'appareils nouveaux, qui seront le dernier cri du perfectionnement.
Ces appareils ne seront plus munis de ces manivelles que nous continuons à tourner avec rage. Pour téléphoner, il suffira de soulever le récepteur qui se trouve à la droite de l'appareil. Aussitôt un courant s'établit qui allume électriquement, sur le tableau que la demoiselle du téléphone a devant les yeux, une lampe minuscule se trouvant au-dessus du numéro de l'abonné.
Une fois la communication demandée et établie, la petite lampe continue à brûler tant que dure la conversation, ce qui évite une énorme perte de temps à l'employée, qui n'a plus besoin de demander à chaque instant : « Vous avez fini de causer ? » et évite aussi aux abonnés le désagrément de se voir couper la communication quand ils ont à peine commencé leur entretien. Un coup d'oeil sur le tableau suffit pour renseigner l'employé.
Les travaux de réfection du réseau seront terminés dans un an, et ce n'est pas une mince besogne. (LM)

Mardi 3 octobre1905
L'agence postale de Gelucourt est reliée au réseau téléphonique général. La cabine téléphonique publique à Gelucourt dépend de la zone locale de Dieuze.
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été installés auprès des bureaux de poste auxiliaires à Illange et à Rurange. Les cabines téléphoniques publiques de ces bureaux sont reliées au réseau téléphonique général. (LM)

Samedi 21 octobre 1905
L'administration admet à titre d'essai, pour les conversations qui se répètent journellement à la même heure, que l'abonné demande la communication une fois pour toutes. Les demandes n'auront cependant pas la priorité sur les autres demandes de communications qui seront faites avant l'heure indiquée. Les conversations en question seront ordinaires ou urgentes au gré de l'abonné, qui pourra aussi faire transformer en conversation urgente une conversation ordinaire et vice-versa, à la condition de prévenir le bureau d'avance. (LM)

Mercredi 25 octobre 1905
Depuis que le réseau téléphonique s'est considérablement développé à Metz, la rapidité des communications laisse parfois à désirer. Il arrive que, dans le courant d'une conversation, la communication est brusquement interrompue; de là, impatience des abonnés, récriminations contre le personnel qui, très souvent n'en est pas responsable. Des causes multiples, en effet, peuvent occasionner ces interruptions. L'administration est d'ailleurs occupée à remédier dans la mesure du possible à ces inconvénients. Actuellement, on est occupé à poser des câbles dans toutes la zone de la ville. Les conduites aériennes seront ainsi supprimées et du même coup, il sera mis fin aux courants d'induction qui avaient conséquence de faire entendre une conversation à plusieurs abonnés à la fois. Mais la principale amélioration sera réalisée par l'introduction de nouveaux appareils avertisseurs à la station centrale. Chaque appareil d'abonné sera en communication avec une petite lampe à incandescence qui s'allumera automatiquement dès que le récepteur sera décroché et qui s'éteindra après qu'il aura été remis en place à la fin de la conversation. De cette manière, le service s'effectuera d'une manière bien plus régulière. Cette réforme pourra être réalisée vers le mois d'avril prochain. Un peu de patience donc avec les demoiselles du téléphone. (LM)

Mercredi 8 novembre 1905
Une équipe d'ouvriers est occupée en ce moment à poser depuis la rue Neuve-Saint-Louis, jusqu'au coin de la rue du Grand-Cerf, un câble téléphonique. Ce câble est destiné à remplacer une partie de la ligne aérienne des fils téléphoniques. (LM)

Dimanche 31 décembre 1905, lundi et mardi 1er et 2 janvier 1906
La poste allemande.
Statistiques.
Nombre de communications téléphoniques en Allemagne :
1903 : 831 500 000. 1904 : 959 500 000. (LM)

Le téléphone.
Le téléphone a le tort de transformer la voix, et certaines personnes ont appris à leurs dépends à quoi elles s'exposent quand, causant au téléphone, les sons émis parviennent déformés au poste d'arrivée.
Ainsi il paraît que quelques-unes se livrent à des études spéciales pour acquérir une voix téléphonique, voix qui, au sortir des appareils, conserve toutes les qualités désirables: gracieusement insinuante, persuasive avec charme, etc. C'est une nouvelle branche à ajouter à l'éducation de nos filles pour faire suite au piano et au chant. Pourvu que la majorité réussisse mieux dans cette étude que dans celle des arts de la musique

sommaire

Année 1906

Dimanche et lundi 21 et 22 janvier 1906
A partir du 20 courant, les réseaux téléphoniques locaux de Boulay, Château-Salins, Delme, Kurzel, Morhange, Remilly, Sarrebourg et Saint-Avold seront reliés aux villes de Bruxelles et d'Anvers, ainsi qu'à leurs faubourgs; tandis que les réseaux locaux de Bouzonville, Dieuze, Phalsbourg, Sarreguemines et Uckange seront reliés aux villes de Bruxelles et d'Anvers, à l'exclusion des faubourgs. La taxe est de 3 marks. (LM)

Vendredi 26 janvier 1906
La téléphotographie.
Tient-on enfin la découverte tant attendue, tant escomptée de la téléphotographie, ou phototélégraphie? Peu importe le nom, pourvu qu'on ait la chose.
L'an dernier, des inventeurs crurent bien la tenir. Sous les auspices de M. Bérard, ils firent des expériences entre Paris et Rouen. On assura même qu'ils avaient merveilleusement transmis de Rouen à Paris des photographies et des dessins. Puis on n'entendit plus parler de rien.
Or, voici qu'à Munich, la semaine passée, le professeur Korn a exposé devant l'association électro-technique le résultat de ses études sur la possibilité de transmettre par le télégraphe photographies et dessins d'une respectable dimension, et ce, dans un délai qui varie de dix à vingt minutes.
Le professeur Korn affirme qu'il a résolu le problème si difficile, auquel tant de savants ont donné jusqu'ici des solutions imparfaites, et qu'avant peu, grâce à son système, la téléphotographie entrera dans la pratique.
Que l'ombre de Niepce l'entende ! (LM)

Vendredi 9 février 1906
Châtiment.
N'injuriez jamais les demoiselles du téléphone ; vous ne soupçonnez pas jusqu'où pourrait vous entraîner un tel manquement aux élémentaires usages de la galanterie. Oyez plutôt : Un jeune et riche propriétaire d'hôtel, à Kiel, tournait l'autre jour la manivelle de son téléphone en dansant d'impatience ; au bout de 10 minutes, rien, la demoiselle ne répondait pas; au bout de 20 minutes, rien encore, la demoiselle restait sourde, pire qu'un pot, à son carillonage effréné; enfin, après 45 minutes, alors que, fou de rage, et le poignet ankylosé, il allait sauter à pieds joints sur son appareil, il entendit une douce voix, tranquille et suave, le prier de ne pas s'énerver et de lui dire ce qu'il voulait.
- Ce que je veux? S...?!
Le mot qu'il proféra est tellement gros qu'il n'entrerait pas dans les colonnes de ce journal.
Aussi, dès le lendemain, se voyait-il assigné à comparaître devant la justice de son pays, et, huit jours après, il s'entendait condamné à une amende de quelques 100 mark. Le jeune propriétaire d'hôtel est riche, 100 marks à passer aux profits et pertes, ne l'auraient pas empêché de recommencer; mais ce n'est pas tout: au tribunal, il avait rencontré la demoiselle à la voix douce, tranquille et suave; hélas! elle était encore plus suave que sa voix.
Ce fut le coup de foudre; le malheureux sentait sa colère se fondre comme neige au soleil!
Abrégeons, ils viennent de se marier. (LM)

Mercredi 14 février 1906
Télégraphes et téléphones.
On croit généralement dans le public que l'administration des postes possède de bonnes sources de recettes dans le service des Télégraphes et des Téléphones. Il n'en est rien. D'après une communication faite au Reichstag par le secrétaire d'Etat des Postes, le service des Télégraphes et des Téléphones exige une subvention annuelle de 18 millions de marks. (LM)

Mardi 20 février 1906
Chronique parisienne.
Le Coup de Téléphone.
L'être humain est ainsi bâti qu'il a tôt fait de détourner de leur but les plus éclatantes comme les meilleures découvertes pour les mettre au service de ses passions. A peine le téléphone était-il vulgarisé, apportant dans les relations ordinaires de la vie une simplification qui ne tardera pas à devenir une source de complications, que des esprits ingénieux songèrent au parti à tirer de cette nouvelle facilité.
Au premier rang se signalent les fumistes. C'est ainsi que l'on vit, certain jour à la même heure, tous les établissements de bains chauds de la ville, expédier un bain complet au domicile de la belle Madame Z. qui le leur avait commandé par téléphone.
Une autre fois ce fut un défilé de patronats porteurs de provisions de petits fours pour un imaginaire « five o'clock » donné par l'aimable Mme X. D'où colère des dames en question, fureur des fournisseurs dérangés inutilement, et joie intense des mystificateurs anonymes.
Puis, nous avons les amoureux. Du fond de la garçonnière qui abrite ses coupables amours, Madame téléphone à monsieur qu'elle est chez sa couturière, fatiguée par un essayage compliqué, et qu'elle ne veut pas quitter la maison sans envoyer ses meilleurs baisers au chéri qui travaille pour lui gagner la fortune destinée à solder les factures. Excellent alibi, sécurité à domicile.
Ensuite viennent les escrocs. Le prince Machinakoff téléphone rue de la Paix qu'on envoie à son choix, à l'Hôtel, d'étincelantes rivières de brillants ou des colliers de perles du plus pur orient. Le gros négociant avise son banquier de la présentation d'un chèque (faux bien entendu) qu'un compère se prépare à toucher. D'audacieux malfaiteurs sachant Monsieur parti en automobile et Madame seule au logis, téléphonent à l'épouse qu'une catastrophe est survenue à l'autre bout de la ville où son mari blessé réclame ses soins. Et, après l'avoir vu sortir, affolée, ils entrent dans l'appartement qu'ils cambriolent tout à leur aise. Et tant d'autres procédés destinés à surprendre la confiance des gens dont il s'agit de faire des victimes ou des dupes !
Gardons-nous d'oublier l'employé carottier, sous prétexte d'une course urgente, il a quitté le bureau avant l'heure pour se rendre au café où l'attendent des camarades. Là, tout en se livrant aux émotions d'une partie de manille, il téléphone à son patron le résultat de ses démarches, résultat qu'il connaissait avant de quitter le bureau.
Mentionnons encore la femme jalouse qui cherche à prendre en défaut son mari et téléphone afin de savoir s'il est bien à l'endroit où il a prétendu qu'il se rendait. Citons aussi le monsieur qui manque de mémoire et prétend, à la réflexion, n'avoir jamais conclu le marché accepté par téléphone, mais dont on a négligé de lui demander la commande par lettre.
Tout cela n'est déjà pas mal et témoigne d'une certaine fertilité d'invention.
Il était réservé à la magistrature de trouver mieux et de se placer du coup au premier rang! Un juge d'instruction, porteur du nom d'une localité du Midi célèbre pour ses melons, vient de se distinguer entre tous ses collègues pour arracher des aveux aux plus récalcitrants.
Ne pouvant obtenir d'un témoin l'adresse de son frère, inculpé dans une grave affaire d'escroquerie, voici comment il s'y prit. Tandis que le témoin regagnait son domicile, notre juge manda la maîtresse de l'inculpé, femme vindicative dont il se sert habilement.
Il lui ordonna de téléphoner au témoin et de lui poser certaines questions compromettantes auxquelles ce dernier ne pouvait manquer de répondre. Le fil de l'Administration devenait ainsi un véritable fil conducteur à travers le labyrinthe de l'instruction. Ainsi fut fait, et le témoin reconnaissant la voix de l'amie de son frère, se laissa, paraît-il, aller à en dire plus long qu'il ne l'avait voulu en présence du magistrat. Mais ce dernier, roublard, avait pris soin d'aposter dans la cabine téléphonique son secrétaire et un gardien de la paix.
Fort de leur témoignage, il griffonnait aussitôt un mandat d'arrêt et faisait écrouer la victime de sa ruse. Il n'y a là, jusqu'à présent, qu'un exemple isolé. Espérons qu'il ne sera pas suivi; car, si ce juge au nom de cucurbitacée faisait école, on se demande où nous en arriverions! Somme toute, les pouvoirs qu'il détient de la société, il les exerce au nom de la morale et dans un but de justice. Or, nous ne voyons pas que la justice ni la morale aient rien à démêler avec l'emploi de procédés aussi tortueux, pour ne pas dire plus ?
Il semble résulter de tout ceci que nous ayons à nous méfier terriblement du coup du téléphone. Signaler le mal n'est rien, il faudrait pouvoir indiquer le moyen d'y remédier. Nous avouons n'en pas connaître. Il existe toutefois une bonne précaution qu'on néglige trop souvent d'employer en cas de doute ou d'ignorance. Une fois la conversation terminée, vous résonnez et demandez à la demoiselle avec quel numéro elle vient de vous mettre en communication. Si vous tombez sur un jour où cette employée est de bonne humeur, elle vous donnera satisfaction, mais je ne saurais rien vous garantir.
G. de Raulin (Reproduction interdite) (LM)

Mardi et mercredi 27 et 28 février 1906
Télégraphes.
L'administration des Télégraphes fait procéder en ce moment dans son immeuble à de grands travaux ayant pour objet d'améliorer les services et d'en augmenter le rendement. En raison de cela, le fonctionnement pourra en subir quelque gêne momentanée que l'administration s'efforcera de réduire de son mieux, tout en priant le public de vouloir bien en tenir compte. L'administration qui tient à satisfaire aux exigences des intéressés, nous assure qu'elle va pousser les travaux le plus vite possible afin de hâter la reprise normale des services. (LM)

Dimanche et lundi 4 et 5 mai 1906
Le téléphone en Allemagne.
Il y avait au 31 décembre 1905 en Allemagne 4 062 réseaux téléphoniques comprenant 34 930 localités, avec 510 831 abonnés. La longueur totale des lignes allemandes était de 1 865 000 kilomètres, soit plus de 46 fois le tour de la Terre à l'équateur, qui se décomposent comme suit : Lignes aériennes 497 340 kilomètres, lignes souterraines (câbles) 1 367 578 kilomètres en mettant bouts à bouts les différents fils qui composent chaque câble. Il y a par conséquent en Allemagne trois fois plus de lignes souterraines qu'aériennes.
Cette proportion augmente encore tous les jours, parce que l'expérience a démontré que les lignes souterraines éprouvent moins de dérangements; elles ne sont plus sujettes ni à l'influence atmosphérique, ni à l'induction, ni au danger de contact avec des lignes à haute tension. Le cuivre employé à la fabrication des câbles et le bronze des lignes aériennes ne pèsent pas moins de 14 millions de kilogrammes, ce qui, au cours actuel de ces métaux, représente une valeur intrinsèque de 28 millions de marks.
Le réseau de Berlin compte annuellement 74 836 abonnés et 196 698 kilomètres de lignes exploitées. Hambourg vient ensuite avec 31 707 abonnés, Francfort en compte 14 104, Leipzig 13 159, Dresde 12 917, Cologne 11 163, Breslau 9 364. Les différents réseaux allemands sont reliés entre eux par 5 234 lignes doubles d'une longueur totale de 503 494 kilomètres.
Les lignes les plus longues du réseau sont celles de :
Berlin-Paris 1192 km
Berlin-Posen-Bromberg-Elbing-Koenigsberg-Insterbourg-Tilsit-Meme l944
Berlin-Budapest 941
Berlin-Stuttgart-Bâle 914
Berlin-Osterode (Prusse orientale)-Koenigsberg 709
Berlin-Vienne 686
Berlin-Nuremberg-Munich 665
Berlin-Dusseldorf 651
Francfort-s-M-Paris 651
Berlin-Mannheim 635
Berlin-Cologne 633
Berlin-Coblenz 594
Berlin-Francfort-s-M 574
Berlin-Oppeln-Gleiwitz 553
Leipzig-Stuttgard 519
Cologne-Leipzig 518
Francfort-s-M-Hambourg 513
Hambourg-Kiel-Flensbourg-Fredericia-Odense-Nyborg-Korsoer-Copenhague 492
Les dépenses d'établissement de tous les réseaux téléphoniques de l'Allemagne s'élevaient à la fin de l'année 1905 à la somme de 322 millions de marks.
--- o ---
Allô ! Allô !
Connaît-on l'origine de l'expression « allô », formule consacrée de nos appels téléphoniques ?
Elle viendrait tout simplement de « Au loup! »
Cette expression, introduite par les Normands, avait été adoptée par les bergers du Leicestershire pour signaler la présence d'un loup dans le voisinage d'un troupeau. « Au loup » s'est transformé en « halloup », dont les Anglais ont fait « hallo » et dont ils se servent pour un appel quelconque.
D'après le journal anglais qui signale le fait, nous aurions simplement repris le mot « hallo! » sans en changer le son, mais en supprimant l' « h » et sans autre transformation. (LM)

Samedi 31 mars 1906
Pour les abonnés du téléphone.
A la suite de modifications dans l'installation technique du bureau central des téléphones à Metz, la manière d'établir les communications sera simplifiée à partir du 1er avril par la suppression de quelques prescriptions.
1) A l'avenir, l'abonné avec lequel on désire être mis en communication sera appelé par le bureau central. L'invitation « Veuillez appeler » (Bitte rufen) qui figure dans la liste des abonnés page 11, alinéas 3 et 4 sera supprimée.
2) L'alinéa 1, page 12 de la liste des abonnés du réseau local à Metz est supprimé. Les abonnés « ne devront » plus indiquer à la fin d'une conversation en tournant la manivelle, parce qu'un signe indiquant la fin de la conversation apparaît automatiquement au bureau central dès que le récepteur est accroché à l'appareil. (LM)

Jeudi 12 avril 1906
Télégraphie sans fil et lumière.
Des expériences ont démontré que la télégraphie sans fil donne de meilleurs résultats la nuit que le jour. Des navires de guerre américains ont communiqué sur l'océan Atlantique entre eux, pendant le jour, à une distance de 1000 kilomètres ; la nuit, avec les mêmes appareils, et dans des circonstances absolument identiques, des télégrammes ont été échangés jusqu'à 2040 kilomètres. On ne sait encore exactement à quoi il faudrait attribuer ce curieux phénomène. D'aucuns pensent que c'est la chaleur et la lumière du soleil qui, pendant le jour, s'opposent à la pleine action des ondes. (LM)

Dimanche et lundi 13 et 14 mai 1906
Le téléphone baromètre.
Sait-on que le téléphone peut servir en guise de baromètre, à prédire le temps qu'il fera ? M. Emile Gautier nous apprend que rien n'est plus certain.
Il faut pour cela adjoindre à l'appareil téléphonique un dispositif spécial, mais ce dispositif est tout ce qu'on peut rêver de plus simple, à la condition d'avoir libre accès dans une cour ou dans un jardin. Sur la voie publique, en effet, ce serait un peu scabreux, comme on va le voir.
Vous prenez deux tiges de fer fourchues à leur extrémité inférieure -plus grande sera la surface de contact, mieux cela vaudra- et vous les enfoncez dans le sol à cinq ou six mètres l'une de l'autre. Après quoi vous reliez chacune de ces tiges au fil conducteur du téléphone le plus voisin.
Un point, c'est tout, sauf que vous ne ferez pas mal d'en arroser le pied, tous les huit ou dix jours, avec une faible solution de chlorhydrate d'ammoniaque.
Vous aurez ainsi la certitude d'être prévenu, douze ou quinze heures à l'avance, des perturbations atmosphériques en voie de préparation; grâce à sa sensibilité infinie, le téléphone se chargera de jouer le rôle d'avertisseur.
Quand, en effet, le temps sera à se mettre à l'orage, vous entendrez chanter la plaque vibrante; un grésillement -quelque chose comme le bruit de la grêle sur un toit en zinc- qui ira en augmentant d'intensité au fur et à mesure que l'orage se rapprochera.
Quant aux changements de température, ils se caractérisent par un murmure assourdi, comme qui dirait le gazouillement lointain d'une troupe de petits oiseaux. (LM)

Jeudi 17 mai 1906
Télégraphie sans fil souterraine.
Pendant que les électriciens cherchent à perfectionner la télégraphie sans fil aérienne, le Père Joseph Murgas, un savant ecclésiastique de Wilkesbarre, en Pensylvanie, promet de révolutionner tous les modes actuels de correspondance rapide par un système de télégraphie souterraine, qui fait quelque bruit de l'autre côté de l'Atlantique.
Sans vouloir entrer dans des détails trop précis, disons seulement que l'inventeur a combiné les données connues de la télégraphie sans fil et de la syntonie, en les alliant à une nouvelle machine à écrire qui permettrait d'envoyer plusieurs groupes de mots pour chaque mouvement du commutateur.
Des trous sont creusés dans le sol, plus ou moins profonds, suivant la distance à laquelle l'on veut communiquer. Des puits de 120 mètres assurent déjà, à travers les couches conductrices de la terre, des relations télégraphiques très sures à grande distance. On pourrait facilement établir un réseau souterrain sans fil entre la France et l'Amérique, au moyen d'un puits de 870 mètres seulement.
C'est du moins ce que prétend le père Murgas, qui ajoute que son système, vingt fois plus rapide que tous les appareils actuellement employés, permettrait, en outre, d'expédier des dépêches aux quatre coins du monde, pour quelques centimes.

Jeudi 12 juillet 1906
Les déclarations en vue d'obtenir des raccordements au téléphone dans le district de la direction supérieure des Postes à Metz, pour la seconde moitié de l'année budgétaire, doivent parvenir jusqu'au 1er août au plus tard aux bureaux de poste à Metz, ou au bureau du télégraphe. (LM)

Mercredi 18 juillet 1906
A partir de maintenant, et en tant qu'il existe dans le Luxembourg des postes téléphoniques publics, des personnes seront appelées pour les conversations dans le service téléphonique entre l'Allemagne et le Luxembourg. La taxe pour appeler la personne demandée est de 25 pf. (LM)

Mardi 24 juillet 1906
Les communications téléphoniques entre Metz et Bad-Kissingen sont établies. Le prix de la conversation est de 1 mark. (LM)

Mercredi 19 septembre 1906
Strasbourg.
Téléphone et injures. La direction supérieure des Postes de Strasbourg a fait connaître aux employés des téléphones qu'une plainte en diffamation ne peut être déposée contre un abonné que si l'abonné se permettait des injures graves et touchant l'honneur, mais non pas lorsque l'abonné dans le premier moment d'indignation se laisse entraîner à quelques propos déplacés. (LM)

Mardi 9 octobre 1906
Le congrès de télégraphie sans fil à Berlin.
« Plus vite » semble être la devise du vingtième siècle. Tout va plus vite, même le progrès. Autrefois, les inventions nouvelles avaient grande peine à se faire adopter et, une fois adoptées, les perfectionnements arrivaient lentement et difficilement, se heurtant au mauvais vouloir des uns, aux droits acquis des autres, à l'indifférence surtout, c'est-à-dire à l'insouciance et à la paresse.
La paresse est bien près d'être supprimée du monde, excepté chez quelques poètes et écrivains, dont plus d'un, sans avoir le talent de Mürger, dit volontiers comme lui : « Il y a des années où l'on n'est pas en train de travailler ! ».
Les automobiles datent de dix ans, à peine; on les a adoptées aussitôt et les perfectionnements sont de tous les jours.
La télégraphie sans fil date aussi de dix ans, et les premières expériences de cinq ans à peine.
Le principe, l'utilisation des ondes électriques découvertes par Hertz, a été trouvé, on le sait, par un Français, le docteur Branly, professeur à l'Institut catholique.
Il ne restait qu'à organiser un appareil pouvant émettre, recevoir et enregistrer les décharges électriques. C'est un Italien, M. Marconi, qui a imaginé le premier appareil, mais il n'a pas été le seul inventeur de ce genre, et il prétend aujourd'hui à un monopole universel que plusieurs puissances refusent d'accepter, parce qu'elles ont leurs inventeurs et leurs appareils.
Toute la raison d'être de la conférence de Berlin réside dans cette lutte contre les appareils Marconi ; mais, réunie depuis trois jours, elle fera d'autre besogne encore.
Au premier abord, la télégraphie sans fil ressemble à un des nombreux mystères de la nature. Rien n'est plus simple.
Elle consiste à produire un petit éclair entre deux boules de cuivre, c'est-à-dire une décharge électrique. Cet éclair est plus ou moins fort, selon la distance des boules qu'on appelle des électrodes et selon la puissance des batteries électriques.
Toute décharge électrique produit, comme un caillou dans la mare aux grenouilles, des ondes qui s'élargissent en rond. Les ondes électriques, au lieu d'être en surface, sont en boule. Elles s'en vont en haut, à droite, à gauche, partout, ce qui fait qu'un télégramme de télégraphie sans fil s'en va de tous côtés et qu'on peut le recueillir de tous les postes qui l'environnent.
Une décharge électrique produit une onde qui va avec la rapidité de l'éclair à une distance proportionnée à la force d'émission. Pour la recevoir, le docteur Branly avait imaginé un tube de verre dans lequel se trouvait de la limaille de fer qui a la propriété de se soulever au passage de chaque onde, et tout le mécanisme du récepteur est là.
On l'a perfectionné, cependant, et ce qu'on appelait le cohéreur, autre appareil destiné à ramener la limaille de fer à sa place, a été remplacé par ce qu'on appelle « le détector magnétique ».
L'alphabet de la télégraphie sans fil est celui de l'appareil Morse: des traits plus ou moins longs assemblés de différentes façons.
On a augmenté également les distances d'émission pour les ondes hertziennes, jusqu'à quinze cents et deux mille kilomètres. J'ai assisté aux premières expériences de M. Marconi, en 1901 ; il envoyait des télégrammes d'Antibes au cap Corse, et cela paraissait merveilleux; ce n'est plus que jeu d'enfant. Mais M. Marconi prétend envoyer des radio-télégrammes jusqu'en Amérique, de son poste de Poldhu, à l'extrémité ouest de l'Angleterre, jusqu'au poste de Cap Cod, aux Etats-Unis, et c'est un fait qui demande explication: quatre-vingt-cinq paquebots et six ou sept cents bateaux de la marine anglaise sont munis d'appareils Marconi. Il s'en trouve toujours en route, entre l'Angleterre et New-York, et ils servent de relais à ces télégrammes. De l'un à l'autre, ils reçoivent et renvoient la dépêche qui finit par arriver à la terre ferme.
La distance à laquelle on peut envoyer une onde dépend aussi du nombre de fils émetteurs et de leur hauteur.
En 1901, on se contentait d'une antenne au sommet d'un mât de vingt mètres de hauteur.
Aujourd'hui, on élève pour un poste quatre mâts de cinquante mètres reliant un fil circulaire, sur lequel vont s'accrocher, en éventail, quarante à cinquante fils qui sortent du poste et transmettent la même décharge électrique. M. Marconi va établir, en Irlande, un mât de quatre-vingt mètres, pour tâcher de n'avoir que ce relais entre l'Irlande et le Canada.
M. Marconi n'est pas seulement un heureux inventeur, c'est aussi un homme d'affaire très avisé. Il a donné son invention à l'Italie à condition qu'elle n'emploierait jamais d'autre appareil et qu'elle lui louerait ces appareils. Il a fait un traité semblable avec l'Angleterre et voilà deux puissances liées avec cet inventeur.
M. Marconi ne vend jamais ses appareils. Aux paquebots aussi bien qu'aux Etats, il loue ses appareils avec des employés à lui, et il donne l'ordre à ses employés de ne recevoir de télégrammes que de ses postes à lui, et de ne communiquer qu'avec eux.
Arrivé le premier, il a établi des stations télégraphiques sur tout le littoral anglais et italien, et il a imposé ses appareils aux transatlantiques, par la raison que l'Angleterre est plus près de l'Amérique que la France.
On conçoit combien cet abus de pouvoir a excité de récriminations et de justes réclamations. La France et l'Allemagne, qui ont chacune leurs appareils spéciaux et leur stations côtières, sont les premières à réclamer.
Il est même arrivé que le prince Henri de Prusse, frère de l'empereur, allant en 1903 aux Etats-Unis, voulut envoyer de son bord un radiotélégramme à New-York. Le télégramme fut reçu à Cap Cod, mais l'employé de Marconi refusa de le communiquer, parce qu'il ne venait pas d'un appareil de sa maison.
Dès lors, l'Allemagne entreprit de régler la question. Un premier congrès de télégraphie sans fil fut aussitôt réuni à Berlin, mais l'Angleterre et l'Italie refusèrent d'y envoyer des représentants, en faisant valoir les engagements pris et les droits acquis.
L'Allemagne a recommencé et, après bien des délais, on est arrivé au congrès qui s'est réuni le 3 de ce mois à Berlin, dans la salle des séances du Reichstag.
Le président est Allemand, mais on a décidé que les discussions auraient lieu en français.
L'Angleterre et l'Italie ne pouvant se soustraire à l'évidence des inconvénients soulevés par un monopole arbitraire, se sont fait représenter et sont disposées à prendre des arrangements, quittes à indemniser la Compagnie Marconi.
Cependant, M. Marconi ne s'est pas oublié. L'Italie n'osant pas le choisir comme un de ses délégués, il est arrivé à Berlin, délégué... du Monténégro.
La France a neuf représentants à ce congrès: quatre des postes et télégraphes, deux du ministère de la guerre, deux de la marine et un des colonies. Il y a en tout une centaine de délégués à ce congrès, qui n'a que voix délibérative, mais qui est chargé de préparer et de proposer la solution de plusieurs questions : organisation d'un bureau international pour trancher les différends, et d'un bureau technique pour étudier les perfectionnements proposés; fixation d'un tarif international; obligation pour tous les postes de recevoir et d'expédier tous les télégrammes, quelles qu'en soient l'origine et la destination, pénalités pour qui y manquerait; droits des neutres en cas de guerre; distinction à faire entre les postes internationaux, les postes nationaux et les postes militaires, syntonisation des appareils internationaux, c'est-à-dire mise au point des appareils pour qu'ils puissent tous communiquer entre eux.
(« Gaulois ») Jean Villemer. (LM)

Mercredi 21 novembre 1906
Léy.
Un bureau de télégraphe avec service téléphonique permettant de signaler les accidents à Maizières-Azoudange et Vic, a été adjoint au bureau de poste auxiliaire à Léy. (LM)

Mercredi 28 novembre 1906
Des cabines téléphoniques publiques ont été installées dans les agences postales de Condé-Northen, Ladonvillers, Pange et Tetingen. (LM)

Samedi 15 décembre 1906
Nouvel Hôtel des postes.
Hier, jeudi, devait avoir lieu l'adjudication des travaux de construction du nouvel Hôtel des postes en face de la gare.
Les soumissions suivantes avaient été présentées : (le plus disant: Duren, 973842 marks ; le moins disant : les héritiers Flügge, 780994 marks)
Les tailleurs de pierres ayant réclamé à Berlin une adjudication spéciale pour leurs travaux, l'administration des postes a dû annuler la soumission d'hier, c'est pourquoi elle a décidé d'adjuger les travaux de nouveau en trois lots : maçonnerie, taille des pierres et charpentes. (LM)

sommaire

Année 1907

Samedi 26 janvier 1907
Les bureaux de télégraphe chargés de transmettre les résultats électoraux le 25 janvier, date des élections pour le Reichstag resteront ouverts jusqu'à 10 heures du soir au moins, et plus tard s'il est nécessaire, jusqu'à ce que les télégrammes électoraux auront été expédiés.
Pour assurer le service téléphonique, tous les bureaux téléphoniques resteront ouverts jusqu'à minuit en cas de besoin. (LM)

Mardi 29 janvier 1907
La taxe téléphonique à Metz.
Le nombre des abonnés du téléphone à Metz ayant dépassé le chiffre de 1000 au premier janvier 1907, la taxe à payer en bloc sera portée à 160 marks et l'abonnement initial à 75 marks à partir du 1er avril prochain. Les abonnés ont le droit de dénoncer le raccordement pour l'entrée en vigueur de ces augmentations, au plus tard jusqu'au 1er mars prochain. Les abonnés qui avaient payé jusqu'ici la taxe en bloc, peuvent se faire inscrire pour le paiement de l'abonnement initial de 75 marks (auquel s'ajouteront les taxes de 5 pf. par conversation demandée). Les demandes et les dénonciations de raccordement devront être adressées au bureau du télégraphe à Metz jusqu'au 1er mars. (LM)

Dimanche et lundi 11 et 12 février 1907
Les demandes de raccordement au réseau téléphonique dans le district de la direction supérieure départementale à Metz pour le premier semestre de l'exercice en cours doivent être adressées au plus tard jusqu'au 1er mars aux bureaux de poste des localités respectives, à Metz au bureau du télégraphe où l'on donnera d'autres renseignements. Des raccordements demandés après ce délai ne peuvent être exécutés qu'exceptionnellement et à la condition que le requérant supportera les dépenses supplémentaires résultant de l'exécution. (LM)

Jeudi 14 février 1907
Le nouvel hôtel des postes.
Vendredi a eu lieu pour la seconde fois la soumission pour les travaux de construction du nouvel hôtel des postes près de la gare. Cette fois, les travaux avaient été partagés en trois lots.
Les offres suivantes ont été présentées :
1er lot, travaux de maçonnerie et matériaux ainsi que travaux d'asphaltage. (le plus disant: Heister avec 550926 marks, le moins disant : Krauser de Sarreguemines avec 470156 marks)
2ème lot, fourniture et mise en place des pierres de taille. (le plus: M. et Jos. Heins, Strasbourg, 355462 m. ; le moins: Rahm, Kaiserslautern, 248628 m.)
3ème lot, travaux de charpentes. (le plus: Beudler, Strasbourg, 51887 m. ; le moins: Société lorraine de construction, 38843 m.)
Le délai d'exécution est de deux ans. Il résulte des soumissions qu'il s'agit d'un bâtiment très important. (LM)

Dimanche et lundi 17 et 18 février 1907
Transmission de la photographie par le télégraphe
La phototélégraphie ou la transmission de la photographie par le télégraphe a été cherché souvent. On avait imaginé autrefois un balancier qui passait successivement sur tous les points d'une photographie ou d'une page d'écriture et envoyait à distance, par télégraphe, l'impression plus ou moins forte des noirs et des blancs.
Ce système, très long, très difficile et peu satisfaisant, n'eut aucun succès.
Ce que nous avons vu ces jours derniers dans la salle des fêtes de l'Illustration, rue Saint-Georges, est la réalisation d'un rêve qu'on croyait destiné à se perdre dans les nuages.
C'est un Allemand qui a imaginé ce curieux appareil. Hâtons nous de dire, pour nous consoler, que cet Allemand, le professeur Korn, de Munich, a fait une partie de ses études à Paris, où il a été l'élève de M. Poincaré, de l'Académie des Sciences, et de MM. Picard et Bouty.
Le constructeur de ces appareils très délicats, M. Carpentier, est Français et Parisien ; il a bien voulu nous fournir avant la séance publique, toutes les explications les plus détaillées.
Le système consiste à prendre un cliché sur pellicule et à reproduire à distance un cliché semblable.
De chaque côté de la tribune qui faisait face aux spectateurs, il y avait d'un côté l'appareil transmetteur, et, de l'autre, l'appareil récepteur. Il n'y avait pas plus de deux mètres de distance entre les deux appareils et l'on dira que l'expérience n'était guère probante ; mais il faut savoir que, grâce à la complicité du sous-secrétaire d'Etat aux postes et télégraphes, chacun de ces deux appareils était relié à un fil télégraphique de Paris à Lyon, en sorte que le courant faisait, à deux mètres de distance, un voyage de mille kilomètres, aller et retour. L'expérience passait par Lyon, pour revenir à Paris.
Dans un manchon de métal, un cliché photographique sur pellicule en forme de manchon. C'est un cliché de 13/23 représentant la physionomie de M. Fallières.
Il s'agit de reproduire à mille kilomètres de distance un cliché semblable.
Pour cela, un rayon de lumière électrique est envoyé, à travers une lentille dans une ouverture infinitésimale du manchon métallique, et vient frapper le cliché en un point quelconque de son sommet. Le cliché étant rond tourne sur lui-même, et il tourne en montant très doucement, grâce à un pas de vis.
Le cliché qui est transparent, va donc, lentement et successivement, sur chacune de ses parties, laisser passer le rayon lumineux. Rien du cliché n'échappera au rayon.
Après avoir traversé le cliché, le rayon lumineux va heurter, au centre du manchon, un prisme immobile qui le renvoie au bas du manchon, sur une petite plaque d'ardoise entourée de fils électriques qui ne se touchent pas, mais qui sont reliés par une mince couche de sélénium.
Ceci est la partie la plus scientifique du système.
Le sélénium est un métalloïde bizarre qui a la propriété singulière de transformer la lumière en électricité. La couche de sélénium transmet donc aux fils télégraphiques, qu'il recouvre, une impression électrique plus ou moins vive, selon l'intensité du rayon qu'il reçoit. Et ce rayon est plus ou moins lumineux, selon qu'il a traversé une partie claire ou opaque du cliché.
Il est bien évident, par exemple, que le nez de M. Fallières doit projeter une ombre assez forte et que le sélénium ne transmettra en conséquence qu'une impression faible.
Tel est l'appareil transmetteur. Il faut ajouter cependant que le tournoiement ascendant du cliché dans le manchon de métal est réglé par un volant électrique qui fait quatre-vingt-dix-neuf tours à la seconde.
Cela a son importance, car l'appareil récepteur devra avoir un synchronisme aussi exact que possible, c'est-à-dire que le même volant devra exister avec le même nombre de tours, ce qui est fort difficile. On compense alors la légère différence par un système très ingénieux.
On comprend aisément que, pour faire un cliché semblable à distance, il faut que la pellicule préparée pour servir de nouveau cliché, et roulée aussi dans un manchon de métal, doit tourner et monter avec la même vitesse que le cliché qu'elle doit reproduire.
Le courant électrique arrive donc plus ou moins intense à l'appareil récepteur, et il agit sur un obturateur, presque infinitésimal, en aluminium, placé à l'entrée d'une minuscule ouverture.
Un lampe électrique envoie sa lumière à travers ce petit trou, et va frapper dans le manchon métallique le cliché tournant qui est préparé.
Selon que le courant est fort ou faible, l'obturateur agit instantanément, laissant passer plus ou moins de lumière sur les parties successives du cliché préparé et ainsi, en spirale imperceptibles, viennent se reproduire les sombres et les clairs du cliché envoyeur, mais en sens inverse, le second cliché étant positif si le premier est négatif.
L'opération demande de six à douze minutes pour que les deux clichés aient simultanément tourné sur eux-mêmes de bas en haut. Le second cliché est prêt: il ne reste plus qu'à le développer.
Ce serait tout, s'il ne fallait y ajouter un appareil compensateur, au départ, pour le sélénium qui est paresseux à se débarrasser de la lumière reçue; mais cette explication serait vaine pour l'ensemble de la découverte.
Ce qui est merveilleux, c'est qu'on peut transmettre une photographie aux journaux, en un instant, de Nice à Paris, et à plus forte raison l'écriture, dont la reproduction cependant paraît moins utile, à moins qu'il ne s'agisse de vérifier rapidement une signature.
C'est le professeur Korn lui-même qui a fait la conférence devant une nombreuse assistance, dans laquelle on remarquait: M. Barthou, le prince de Radolin, M. Simyan, le prince Roland Bonaparte, le comte Tornielli, M. Kurino, les ministres de Chine et de Perse, M. Paul Béziné, M. Henri Lavedan, de l'Académie française; M. Emile Picard, le comte de La Vaulx, M. Santos-Dumont, M. Abel Hermant.
Gaulois (LM)
Note : Arthur KORN (20 mai 1870 - 21 décembre 1945).

Samedi 23 février 1907
Les appareils téléphoniques fonctionnant d'une manière automatique et qui sont accessibles au public de Metz et dans les localités de la banlieue, permettant des conversations avec les localités de la première zone téléphonique dans un rayon de 25 kilomètres. Toutefois, des conversations urgentes, des conversations à inscrire à l'avance et des conversations pour lesquelles il faut appeler une personne au téléphone ne peuvent être effectuées.
Les instructions sur l'utilisation des appareils pour les conversations avec le dehors et les localités avec lesquelles des communications peuvent être obtenues, sont mentionnées sur un avis affiché près de l'appareil. Cette installation n'est provisoirement qu'un essai. (LM)

Samedi 9 mars 1907
La direction supérieure des Postes nous informe que, dorénavant, le service télégraphique sera supprimé les dimanches et jours fériés de 5 heures à 6 heures de l'après-midi dans les localités de Baudrecourt, Ancy-sur-Moeslle, Bambidestroff, Béchy, Bettnach, Condé, Courcelles-sur-Nied, Distroff, Freialtroff, Ham-sous-Varsberg, Héming, Jouy-aux-Arches, Lorry-lès-Metz, Mittelbronn, Moyenvic, Neunkirchen (arrondissement de Sarreguemines), Nieder-stinzel, Pange, Peltre, Philippsbourg, Rémelfing, Réchi-court, Roncourt, Rosselange, Saint-François, Saint-Privat-la-Montagne, L'Hôpital, Sthalheim, Welferding et Woippy.
Le bureau du télégraphe du chemin de fer ou le bureau de télégraphe le plus proche seront chargés pendant cet intervalle de l'expédition et de la distribution des dépêches. (LM)

Jeudi 14 mars 1907
Des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts le 1er avril à Sainte-Barbe, Budange-sous-Justemont et Fameck. (LM)

Mercredi 20 mars 1907
Le 1er avril, des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts à Buding, circonscription postale de Metzerwiese, Laumesfeld près Monneren, Ranguevaux et Morlange (circonscription postale de Hayange). (LM)

Dimanche et lundi 21 et 22 avril 1907
Bureau de poste central.
C'est plutôt principal qu'il faudra dénommer ce nouveau bâtiment qui va s'élever dans la zone d'agrandissement, vis-à-vis la nouvelle gare. Les fondations sont commencées, elles se composent de pilotis comme les bâtiments de la gare et de la poste. Les derniers arbres qui ornaient autrefois les promenades de la porte Saint-Thiébault sont en train de disparaître. Dès que les fondations seront achevées, on entreprendra le nivellement de la grand place et celui des rues avoisinantes. (LM)

Samedi 11 mai 1907
Aux abonnés du téléphone.
Le Tribunal régional de Düsseldorf a rendu ces jours derniers un jugement intéressant. Un employé de commerce ayant, pour téléphoner, tourné trop brusquement la manivelle (contrairement au règlement qui commande de tourner une seule fois doucement) a occasionné à la demoiselle du bureau central des lésions qui l'ont rendue sourde. Le patron, actionné par la demoiselle en question, a été condamné à payer à cette dernière une pension annuelle équivalente à la somme de son traitement actuel et cela jusqu'à sa 65 ème année d'âge. On fera bien de ne pas trop appuyer sur la manivelle et de surveiller ses nerfs, que ces demoiselles du téléphone mettent quelquefois à l'épreuve. (LM)

Mardi 14 mai 1907
L'inventeur du téléphone.
Nous croyons communément que l'inventeur du téléphone est l'Américain Graham Bell. Pas du tout! On nous annonce maintenant que c'est un Français. Et le plus piquant, c'est que ce sont justement les Américains qui nous l'apprennent.
L'Association des Abonnés au téléphone, présidée par le marquis de Montebello, vient de faire la curieuse découverte, dans une revue américaine, d'une conférence faite récemment dans une grande ville des Etats-Unis, et dans laquelle l'orateur rend pleine justice à cet inventeur, en citant à l'appui de son assertion des documents probants.
Plus de vingt ans avant Bell, en 1854, un jeune électricien qui faisait son temps de service en Afrique, Charles Bourseuil, avait eu l'idée de transmettre la parole au moyen d'un conducteur électrique. Mathématicien et physicien consommé, il construisit un appareil, dont on peut voir la description dans les journaux du temps. Et il déclarait, à la profonde stupéfaction de ses contemporains, qui le considéraient comme un illuminé, qu'à l'aide de ce procédé, la parole dite à Vienne, pouvait instantanément être transmise à Paris. Naturellement, le pauvre soldat d'Afrique ne trouva pas de capitaux pour exploiter son invention, et mourut pauvre et méconnu. (LM)

Samedi 1er juin 1907
Le réseau téléphonique de Metz vient d'être relié à ceux de Breslau et Lissa. La taxe est de 1 mark 50 par communication. (LM)

Samedi 6 juillet 1907
Le 15 juillet, des nouveaux bureaux de poste auxiliaires seront ouverts à Berveiller et Reimeringen, circonscription postale de Hargarten.
Le service téléphonique a été installé dans les agences postales de Bliesbrucken et Woelflingen. (LM)

Mardi 9 juillet 1907
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été adjoints aux bureaux de poste auxiliaires à Bad-Marienau et Wiesweiler. (LM)

Mardi 16 juillet 1907
Les demandes de nouveaux raccordements au réseau des téléphones pour la deuxième partie de l'exercice 1907 devront être adressées aux bureaux de poste locaux, à Metz au bureau du télégraphe, au plus tard jusqu'au 1er août. (LM)

Jeudi 18 juillet 1907
L'Office Impérial des Postes examine une réforme du tarif pour les conversations téléphoniques à grande distance. Il est question en particulier d'abaisser de 1 mark à 75 pfennige la taxe pour les conversations échangées à des distances de 101 à 250 kilomètres. (LM)

Dimanche et lundi 21 et 22 juillet 1907
Le bureau de poste du Congrès eucharistique.
Pendant la durée du Congrès eucharistique, un bureau de poste avec cabine téléphonique publique sera installé à l'Hôtel Terminus. (...) (LM)

Mercredi 21 août 1907
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique sont adjoints aux bureaux de poste auxiliaires à Colligny et Moyeuvre-Petite. (LM)

Vendredi 18 octobre 1907
La direction supérieure des Postes invite les employés préposés au service téléphonique à garder leur sang-froid jusqu'à l'extrême et à ne porter plainte pour insulte que dans le cas où ces dernières atteindraient l'honneur des employés. (LM)

Jeudi 24 octobre 1907
Le secret de la correspondance téléphonique.
Un journal berlinois signale le fait suivant, qui présente un intérêt plus général :
M. A qui a pris un billet de théâtre pour le soir, se trouve indisposé au moment de partir. Alors, pour ne pas perdre la place et pour obliger en même temps son ami B, il avise ce dernier par téléphone qu'il lui envoie le biller par un « messenger boy » cycliste. Ainsi est fait, et M. B assiste à la représentation théâtrale. Le lendemain M. A reçoit de l'administration des Postes, avis qu'il aura à payer une amende de trois mark pour avoir porté atteinte à son privilège de transport des lettres. Il refuse de payer et, de là, un procès à juger prochainement.
La cause sera intéressante au point de vue principal, car, à qui n'est-il pas arrivé de faire porter une lettre par un commissionnaire ? Mais une question subsidiaire non moins intéressante se posera. La loi assure le secret de la correspondance épistolaire et télégraphique, mais elle a oublié la correspondance téléphonique. Cet oubli sera réparé au cours de la prochaine législature. En attendant, l'administration des téléphones va échapper aux sanctions sévères prévues pour la sauvegarde de la correspondance entre particuliers. (LM)

Dimanche et lundi 27 et 28 octobre 1907
L'automate du téléphone pour la ville installé au rez-de-chaussée du bureau des télégraphes de la rue de l'Esplanade, vient d'être entouré d'une cabine qui empêche le bruit de la rue de molester le public en train de causer à quelqu'un en ville. (LM)

Samedi 9 novembre 1907
Nouvelle poste. Le bâtiment, qui servira de bureau principal vis à vis la nouvelle gare, commence à sortir de terre. Les fondations sont complètement achevées. Ce fut un travail semblable à celui de la gare et de la poste y attenante. On a dû construire sur pilotis à cause du sol mouvant. Les travaux sont arrêtés en ce moment; ils ne seront continués qu'au printemps. (LM)

Samedi 23 novembre 1907
Téléphonie sans fil.
Après la télégraphie, la téléphonie sans fil. Les expériences nous en viennent d'Amérique.
Le principe de la téléphonie sans fil est celui de la télégraphie sans fil. On produit au poste de départ des ondes hertziennes. Dans la télégraphie, avec un manipulateur convenable, on interrompt les ondes de façon à donner des signaux comme dans la télégraphie Morse; au poste d'arrivée, les ondes transmises agissent par l'intermédiaire d'une pile locale sur l'appareil récepteur qui, en général, reproduit sur un papier les signaux Morse. Dans la téléphonie, c'est l'appareil lui-même qui fait fonction de manipulateur: automatiquement, le microphone modifie les ondes en raison des vibrations de la voix; au poste d'arrivée, les ondes sont reçues dans un petit appareil, appelé « audion », qui est un redresseur de courants. L'amirauté des Etats-Unis a fait récemment des expériences officielles sur deux de ses navires, et le résultat fut probant. La voix est fort bien parvenue à une distance de 20 milles, soit 37 kilomètres. Un des avantages de la radiotéléphonie sur la radiotélégraphie, c'est la vitesse des transmissions et leur bon marché. Rapidité, bon marché! Que voilà donc des qualités qui manquent aux communications par fil. (LM)

Mardi 3 décembre 1907
De la campagne.
Endommagement des lignes télégraphiques.
C'est à cette époque de l'année que les lignes du télégraphe ou du téléphone sont le plus exposées à être détériorées par suite de l'abattage des arbres malades ou de l'élagage , opérations qui se font généralement avant les grands froids. A cette occasion nous croyons utile de rappeler aux intéressés que le Code pénal allemand punit de très fortes amendes ou même de peines d'emprisonnement les personnes qui endommagent ou démolissent d'une façon intentionnelle ou par négligence les lignes télégraphiques ou téléphoniques. Avant l'abattre un arbre qui se trouve près d'une ligne télégraphique, on fera bien de s'adresser au prochain bureau de poste, qui enverra un employé, auquel incombe le soin de prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter que la conduite ne soit détériorée. Cet agent est envoyé absolument gratuitement. Le propriétaire qui néglige de prendre cette précaution, risque fort de payer une forte amende et tous les frais de réparation. (LM)

Mardi 10 décembre 1907
La lettre télégramme.
On signale de France cette intéressante innovation postale: la lettre-télégramme. Bien entendu elle sera mise en usage en France seulement. Mais on est fondé à présumer qu'ayant fait ses preuves, la carte-télégramme sortira des frontières de France et sera adoptée par la suite dans les différents pays, en attendant qu'elle devienne internationale. Voici en quoi elle consiste :
L'administration des Postes et des Télégraphes s'est aperçue que ses fils télégraphiques, surchargés le jour, pourraient être utilisés la nuit au plus grand profit du commerce, de l'industrie et des particuliers en général. Telle personne, qui habitera par exemple Calais, hésitera à envoyer un télégramme coûteux à son destinataire habitant Lyon par exemple. Et, si elle se résout à écrire, sa lettre mettra un temps considérable à parvenir. Perte de temps et peute-être perte d'argent! Avec la lettre-télégramme, la solution est trouvée. C'est-à-dire que bientôt on pourra envoyer la nuit -dans les villes où il y a un service de nuit ou service de minuit- un long télégramme qui, au matin, sera distribué par le facteur. La taxe perçue sera au minimum de 50 centimes pour vingt mots; au-dessus de vingt mots, le mot coûtera un centime.
Et pour éviter les longues stations devant les guichets encombrés, on collera sur le manuscrit un nombre de timbres correspondant en centimes au nombre de mots contenus dans la lettre. (LM)

Dimanche et lundi 22 et 23 décembre 1907
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été adjoints aux bureaux de poste auxiliaires à Flasdorf et à Gavisse. (LM)

sommaire

Année 1908

Samedi 4 janvier 1908
Modification des taxes pour le téléphone.
Le secrétaire d'Etat de l'Office impérial des postes a invité des représentants de l'industrie, du commerce, de l'agriculture et du métier à une assemblée qui se tiendra le 7 janvier à Berlin. On y traitera la question des modifications à apporter aux taxes actuellement en vigueur pour le téléphone. Les personnages invités ont reçu un mémoire contenant les propositions de l'Office impérial des postes. Voici en substance le nouveau tarif qu'on doit y discuter :
1° Les redevances en bloc sont supprimées. Les abonnements ne seront plus établis que sur la base des taxes fondamentales et des taxes par conversation.
2° Les taxes fondamentales sont :
Pour les réseaux de 1 à 1000 abonnements, de 50 marks ; pour les réseaux de 1001 à 5000 abonnements, de 65 m. ; pour les réseaux de 5001 à 20000 abonnements, de 80 m. ; pour les réseaux de 20001 à 70000 abonnements, de 90 m. ; et pour les réseaux de plus de 70000 abonnements, de 10 marks en plus pour tout nouveau groupement de 50000 abonnés.
3° Pour toute communication, il sera établi une taxe spéciale de 5 pfennige. Si un abonné a par an plus de 2000 communications, la taxe se réduit pour les communications de 2000 à 6000 d'un demi-pfennig par communication et d'un pfennig pour toute communication au-delà de 6000.
4° Les abonnés peuvent exiger de tierces personnes une redevance pouvant atteindre 10 pfennige pour chaque conversation dans le rayon du réseau local.
5° Les taxes pour les communications à distance sont de 20 pfennige jusqu'à 25 kilomètres ; de 25 pf. jusqu'à 50 km; de 50 pf. jusqu'à 100 km; de 75 pf. jusqu'à 250 km; d'un mark jusqu'à 500 km ; de 1 m. 50 jusqu'à 750 km ; de 2 m. jusqu'à 1000 km ; pour les distances au-delà de 1000 km, la taxe augmente de 50 pf. par 250 km. (LM)

Vendredi 14 février 1908
Les abonnés du réseau téléphonique de Metz peuvent communiquer avec ceux de Cuxhaven. La taxe pour une conversation est de 1 m. 50. (LM)

Mardi 17 mars 1908
Un nouveau prodige.
Le télégraphe sans fil sur la flotte américaine.
La science moderne semble décidément avoir juré de réaliser chaque jour un nouveau progrès dans le domaine de la fantasmagorie. L'imagination la plus fertile, la plus formidablement féconde d'un Jules Vernes ou d'un Wells, ne pouvait rêver des découvertes plus sensationnelles que celles auxquelles nous assistons aujourd'hui. La dernière en date, du moins à notre connaissance, car, bien que récente, elle n'est pas d'hier, est de toutes peut-être la plus fabuleuse.
Voici la scène à laquelle aujourd'hui on pourrait assister si, par hasard, une indiscrétion permettait à un de nos lecteurs de se transporter à bord d'un des magnifiques vaisseaux qui vont porter le pavillon de la jeune République américaine jusqu'à San-Francisco.
Allô! Allô!
Et d'abord la mise en scène: Une cabine comme toutes les cabines. Au mur, un appareil téléphonique un peu plus compliqué, mais pas beaucoup plus que ceux sur lesquels s'escriment les infortunés abonnés de Paris. Un grand mât sur le pont, du genre de ceux qu'a popularisé la télégraphie sans fil. Des antennes aussi. Un officier entre dans la cabine. Il s'assoit devant l'appareil, se coiffe d'une espèce de casque téléphonique, comme ceux qui siéent si bien à nos gracieuses demoiselles.
Devant lui un parleur du modèle des parleurs ordinaires. L'officier s'installe, un appel bref : « Allô! l'Ohio! Où êtes-vous? » Et tout de suite à son oreille résonne la voix d'un officier de l'Ohio : « A quinze milles en avant! » C'est déjà étonnant, me direz-vous, mais enfin cela prouve simplement que, par un système quelconque, de fils téléphoniques relient les vaisseaux de la flotte américaine et que les agents correspondant à nos demoiselles sont plus expéditifs que celles-ci!
Eh bien! vous n'y êtes pas. Entre les vaisseaux qui communiquent, pas de fils d'aucune espèce, pas de câbles, aucune liaison, rien, l'atmosphère bleue ou grise, le ciel pur ou les nuages orageux au-dessus des vagues molles ou déchaînées, rien, rien, rien. C'est sans fils, sans câbles, sans liaison, sans rien, que cet officier cause avec son collègue, qu'il lui communique des ordres ou qu'il fait avec lui un brin de conversation. Et aucun appareil n'est nécessaire pour traduire le message qui s'envole ainsi à travers l'air et qui vient, naturellement, se répéter clair et distinct dans le microphone que le causeur porte à son oreille. A 200 kilomètres de distance!
Avouez que c'est merveilleux, que c'est insensé, qu'un Jules Vernes lui-même resterait un moment abasourdi devant la réalisation d'un prodige pareil. Cependant, je vous entends d'ici dire : « Sans doute, c'est étonnant, c'est une invention extraordinaire. Mais enfin, à quelle distance peut-on causer avec ce téléphone aérien? A quelques kilomètres, à peine et, sans doute, quand la distance s'accroît, le son devient confus, on ne saisit plus les paroles, etc. »
Eh bien! pas du tout! Ecoutez et soyez convaincus: Un soir que deux navires de la flotte américaine s'entretenaient ainsi amicalement à quelques milles, l'un de l'autre, vint à passer loin de là, oh! très loin, à 110 milles marins (soit à plus de 200 kilomètres), un bâtiment de commerce, que son capitaine, homme avisé, avait muni de l'appareil miraculeux. Et à 110 milles de distance, le capitaine du navire marchand, assis dans sa cabine, entendit ce que se disaient les deux cuirassés!!!
Une grande découverte
Quels horizons merveilleux ouvre pour l'avenir une découverte de cette envergure! L'inventeur de cet extraordinaire appareil, destiné à bouleverser l'avenir, quand son application sera généralisée, est un ingénieur américain, le docteur Lee de Forest, avec lequel notre confrère Georges Weil, de la « République française », eut l'avantage de s'entretenir de ses travaux et qui, jeune encore, plein d'énergie et de vigueur, parle avec une impressionnante tranquillité de cette découverte effarante.
Ce n'est pas un progrès à prévoir déjà, ce n'est pas le premier jalon d'une invention nouvelle. Le système de M. de Forest est aujourd'hui parfaitement pratique, et tous les vaisseaux, vous entendez bien, tous sans exception, qui composent la grande flotte de l'amiral Evans, en route vers San-Francisco, sont munis de son appareil. Ce n'est pas d'ailleurs une des choses dont l'amiral Evans, populairement dénommé « Fighting Bon » (Bob combattant), est le moins fier. Son plus grand désir serait de parvenir à causer avec New-York étant à San-Francisco. Aujourd'hui, ce n'est pas encore possible, mais qui peut affirmer que demain ne verra pas la réalisation de ce tour de force ?
Les portées de la découverte
A l'heure actuelle, la plus grande distance à laquelle les conversations aient pu s'échanger à travers l'atmosphère au moyen des fameuses ondes hertziennes, qu'on retrouve partout, est cette distance de 110 milles dont nous parlions tout à l'heure. Pour communiquer à cette distance, il faut être sur un cuirassé, à bord duquel le mât spécial nécessaire peut s'élever à la hauteur requise de 135 pieds. A bord des croiseurs et des torpilleurs, les mâts ne peuvent atteindre de pareilles hauteurs et, par conséquent, jusqu'ici on ne peut, de ces bâtiments, communiquer à des distances aussi considérables.
Il serait trop long et trop compliqué de donner ici l'explication technique de cette particularité, que la distance couverte est d'autant plus grande que le mât est plus haut. C'est un fait prouvé, qui tient en grande partie, d'une façon sommaire, à ce que la hauteur des ondes diminue au fur et à mesure que la distance augmente par suite de leur absorption par l'eau.
Donc, pour aller loin, il faut qu'au départ, l'onde soit très haute. De même la terre ayant un pouvoir d'absorption plus grand que l'eau, les distances couvertes jusqu'ici par terre, sont sensiblement moindres que celles obtenues en mer. Avec des mâts de 135 pieds, comme ceux en usage à bord des cuirassés, on n'obtiendrait sur terre que des communications à 110 kilomètres environ au lieu de plus de 200 en mer.
A travers les maisons
Mais dans les expériences faites à terre, on a pu constater que les maisons, la pierre, le bois, les obstacles de toute nature, même les immeubles bâtisses de New-York, les « skyscrapers » à trente étages, n'empêcheraient pas les communications de parvenir. Rien ne semble faire obstacle à l'admirable appareil que nous révèle M. de Forest.
On voit d'ici les services que pourra rendre cette téléphonie idéale aux armées en campagne, aux flottes en mer, où elle supprime absolument les signaux à la main, d'un emploi incertain, rendus impossibles par le brouillard ou par la fumée pendant la bataille. La télégraphie sans fil même, cette admirable découverte d'où découle en ligne droite celle qui nous occupe aujourd'hui, la télégraphie sans fil, à laquelle M. de Forest a commencé par consacrer ses recherches, devient elle-même inutile, du moins à des distances modérées.
Ajoutons que les frais d'installation de l'appareil de téléphonie sans fil sont très inférieurs à ceux de l'appareil télégraphique, que de nombreux navires de commerce ont pu déjà l'installer à leur bord au moyen d'une location, qu'il n'y a pas possibilité d'erreur de transmission et que n'importe qui, avec un peu d'habitude et d'expérience, peut facilement en apprendre le fonctionnement.
Enfin, et ceci est très important, les communications ne peuvent être reçues que par un appareil réglé sur l'appareil émetteur, ce qui exclut la possibilité de surprendre un message qui ne vous est pas destiné, à moins d'être réglé soi-même sur le poste d'où provient la communication.
Telle est, dans ses grandes lignes, l'invention merveilleuse qui nous vient aujourd'hui d'Amérique, où encore une fois elle n'est pas à l'essai, où elle est appliquée et donne toute satisfaction. Dans une « Revue », qui fait actuellement les délices du Châtelet, un saint personnage écrase les faibles humains de la supériorité céleste, en leur disant : « Vous avez, vous, la télégraphie sans fil! Nous autres, au Paradis, nous avons la téléphonie sans fil, et je puis, d'ici, converser avec Saint-Pierre ».
Grâce à M. de Forest, qui est d'ailleurs d'origine française, la terre n'a désormais plus rien à envier au Paradis, du moins à ce point de vue !! (LM)

Samedi 28 mars 1908
Poste des pompiers. A partir de cet après-midi, le poste des pompiers sera installé dans le bâtiment portant le numéro 4 rue de la Bibliothèque, téléphone numéro 49. C'est à cette adresse que seront signalés les incendies soit par téléphone ou verbalement. (LM)

Mercredi 1er avril 1908
Au 1er avril prochain, des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts à Beux, circonscription postale de Rémilly; La Maxe, circonscription postale de Woippy, Destrich, c. p. de Brulange ; Colmen, c. p. de Neunkirchen (arr. de Boulay) ; Vatimont, c. p. de Baudrecourt ; Narbéfontaine, c. p. de Boucheporne ; Château Rouge, c. p. de Bouzonville ; Piblange, c. p. d'Eberswiller ; Hinkange, c. p. de Boulay ; maison forestière de Koecking, c. p. de Hampont. (LM)

Vendredi 15 mai 1908
Le bureau de poste de Devant-les-Ponts portera à l'avenir la désignation Metz-Devant-les-Ponts. (LM)

Jeudi 21 mai 1908
Des bureaux de télégraphes avec service téléphonique ont été adjoints aux bureaux de poste auxiliaires à Gesslingen, Lellingen et Bühl, près de Sarrebourg. (LM)

Samedi 23 mai 1908
Les abonnés du réseau téléphonique de Metz sont admis à communiquer avec les localités belges ci-après désignées : Arlon, Beauring, Ciney, Dinant, Gedinne, Gesves, Hastière, Havelange, Houyer, Libramont, Mesnil-Saint-Blaise, Namêche, Naninne, Noville-Taviers, Peissant, Profondeville, Rochefort, Saint-Gérard, Spontin, Vresse, Wellin et Yvoir.
La taxe pour une communication ordinaire est de trois marks. (LM)

Vendredi 5 juin 1908
Le courrier de Metz à Woippy sera supprimé dès l'ouverture de la nouvelle gare aux voyageurs de Metz, parce qu'un bureau des postes de 2ème classe fonctionnera dès lors à la nouvelle gare de Woippy. (LM)

Dimanche et lundi 14 et 15 juin 1908
Le nouvel hôtel des postes.
Les travaux de construction du nouvel hôtel des postes, près de la gare, sont poussés activement. On a terminé les fondements et on a commencé la construction des étages. Un certain nombre de grues électriques et mobiles sont nécessaires à cet effet et les parties de ces machines sont actuellement transportées sur le chantier. Les pierres de taille sont façonnées près du chantier par une centaine de tailleurs de pierres au service de la maison Graff et Altmeyer. (LM)

Samedi 20 juin 1908
Abus du téléphone.
Il arrive fréquemment dans des hôtels, cafés et restaurants, que des clients se servent du téléphone pour converser avec l'extérieur et indiquent au patron une conversation pour la ville, ceci afin de se soustraire à la taxe à verser. A la fin du mois, le propriétaire de l'établissement reçoit du bureau central des téléphones la note et est tout étonné d'y trouver des conversations dont il n'avait aucune connaissance. Il y a là un réel abus de confiance, et le fait suivant, dont le tribunal des échevins de Dresde a eu à s'occuper, démontre que les délinquants ne sont pas à l'abri de poursuites. un représentant de commerce avait sollicité dans un café de cette ville l'autorisation de converser avec une personne de la ville; mais au lieu de cela, il demanda lorsqu'il fut dans la cabine, une communication avec Leipzig. Le sommelier avait cependant remarqué le subterfuge du voyageur et se fit délivrer son état civil. Inculpé d'avoir détourné la somme de 50 pf., prix de la conversation, le voyageur s'est vu infligé pour filouterie deux jours de prison. (LM)

Vendredi 26 juin 1908
Des bureaux télégraphiques avec service téléphonique ont été ouverts dans les localités suivantes: Beux, Holling, Fosieux, Lemoncourt, Oron, Rothendorf (Châteaurouge) et Tinery. (LM)

Mardi 30 juin 1908
La télégraphie sans fil.
A partir du 1er juillet, la télégraphie sans fil entre officiellement dans le ressort de l'administration des Télégraphes de l'Empire. Des télégrammes sans fil pourront être échangés entre les stations côtières et les stations établies sur les bateaux en mer. Un règlement a été élaboré pour la transmission de ces télégrammes dont le coût minimum sera de 5 marks 50 pour dix mots. (LM)

Mardi 7 juillet 1908
Télégraphie sans fil.
On procède actuellement près du fort de Queuleu sur une batterie blindée, à la construction d'une antenne qui aura paraît-il près de 80 mètres de hauteur. Un poste de télégraphie sans fil sera installé ici pour la durée des manoeuvres impériales en Lorraine. Cette antenne est construite par M. Schnitzel, entrepreneur, et une section de la compagnie des ouvriers de chemins de fer militaires de Juterborg. (LM)

Vendredi 17 juillet 1908
Les demandes de raccordement au réseau téléphonique pour le deuxième semestre de l'exercice 1908 -octobre 1908 à la fin mars 1909- devront être adressées au plus tard aux bureaux de poste locaux, à Metz au bureau du télégraphe, où l'on recevra tous les renseignements nécessaires. (...) (LM)

Samedi 1er août 1908
Le télégraphe militaire pendant les manoeuvres.
M. le directeur d'arrondissement de Metz-campagne annonce que, pendant les prochaines manoeuvres d'automne, le téléphone et le télégraphe de campagne seront employés sur une grande échelle. Ces conduites jouissent d'une protection particulière et leur détérioration est punie d'après les articles 317 et 318 du Code pénal allemand. (LM)

Vendredi 21 août 1908
Le téléphone Londres-Paris.
Paris. Le « Journal » confirme que la taxe des communications téléphoniques entre Londres et Paris va être réduite prochainement de dix à cinq francs.
Le projet sera appliqué dès que les quatre câbles nouveaux, actuellement en construction, auront été installés. (LM)

Téléphone sans téléphoniste.
Le bruit court à Rome, dans les milieux politiques et journalistiques, que le ministère des postes, en ce moment, fait mystérieusement des essais d'un nouveau système de communications téléphoniques, dû à l'invention de deux Américains et déjà en vigueur dans plusieurs villes d'Amérique. L'avantage de ce système nouveau serait, ni plus ni moins, de supprimer les téléphonistes.
Ce nouveau système n'est, paraît-il, pas excessivement compliqué et l'abonné peut le faire fonctionner au moyen d'un transmetteur automatique de signaux qui ont pour but de diriger les mouvements des divers organes du bureau central, afin de se procurer la communication avec l'abonné que l'on désire. Il suffira, paraît-il, de très peu de signaux à sa disposition pour se procurer d'abord le secteur dont dépend l'abonné que l'on demande, ensuite le numéro de cet abonné.
Dans le cas où le numéro demandé serait déjà occupé, un signal automatique en informerait le demandeur. On le voit, c'est la suppression pure et simple de la redoutable « demoiselle du téléphone », laquelle pourtant, nous devons le reconnaître, est généralement, à Metz, complaisante et empressée. Le correspondant du « Temps » à Rome dit qu'on a déjà commencé les expériences en Italie avec ce nouveau système. En ce moment, on attend, pour livrer le secret au public, que des appareils attendus soient arrivés d'Amérique et que le résultat définitif soit satisfaisant. M. Schanzen, ministre des Postes et Télégraphes, ne veut pas, évidemment donner de faux espoirs aux abonnés. (LM)

Jeudi 27 août 1908
Service téléphonique de nuit.
Les 26 et 27 août, un service téléphonique de nuit sera ouvert au bureau du télégraphe à Metz. Les communications pourront être demandées de 9 heures du soir à 7 heures du matin, tant pour la ville que pour les localités du dehors. La taxe pour la ville est de 20 pf. par communication, la taxe pour le dehors restera la même que pour les communications pendant la journée. (LM)

Service télégraphique à Frescaty.
Pendant la revue impériale à Frescaty, le 27 août, un bureau de télégraphe, avec cabine téléphonique et guichet pour la vente de timbres-poste, sera installé dans la tribune des spectateurs. Ce bureau sera ouvert de 7 heures du matin jusqu'à la fin de la revue. (LM)

Dimanche lundi 30 et 31 août 1908
La protection des télégraphes militaires.
Le directeur d'arrondissement porte à la connaissance publique que, de même que les lignes télégraphiques ordinaires, les lignes télégraphiques militaires établies pour les grandes manoeuvres impériales jouissent de la protection des lois et que les endommagements sont punis sévèrement. En cas d'endommagements involontaires, on doit en faire la déclaration à l'autorité locale ou à la station la plus proche de la ligne télégraphique qui sera reconnaissable par un grand drapeau blanc marqué d'un grand T en noir. (LM)

Samedi 5 septembre 1908
Les bretelles des téléphonistes.
Connaissez-vous les nouvelles bretelles des téléphonistes françaises ? Car ces demoiselles ont désormais des bretelles, mais qui sont destinées à un tout autre usage que dans le costume masculin.
Ce ne sont pas, en effet, des accessoires de toilette, mais un ingénieux dispositif pour leur permettre d'installer commodément les nouveaux transmetteurs que vient de leur donner l'administration.
Jusque là, les demoiselles du téléphone, pour nous parler, étaient obligées de happer avec la main une « embouchure » d'ébonite, qui se balançait au bout d'un fil, à la hauteur de leur figure, et de l'approcher ensuite de leurs lèvres.
Désormais, elles ont un grand cornet dont l'ouverture est placée en face de leur bouche, et dont la partie inférieure est assujettie à une petite plaque fixée à leur poitrine au moyen de deux bretelles qui se croisent dans le dos. De cette façon, l'opératrice a toujours devant les lèvres son transmetteur qui suit tous les mouvements du buste; elle peut vous parler sans se déranger, dans n'importe quelle position.
Et ainsi, assure-t-on, nous aurons les communications un peu plus vite.

Italie. Le téléphone à 4500 mètres d'altitude.
L'Italie ouvre la première ligne des glaciers alpestres.
Rome, 2 septembre.
L'administration des téléphones italiens vient de livrer à l'exploitation la première ligne téléphonique installée dans la région des glaciers alpins. Elle a été établie entre l'observatoire du Mont Rose (4559 mètres d'altitude) et le refuge Gnifetti, grâce à l'initiative personnelle du sous-secrétaire d'Etat des postes et des télégraphes, M. Bertetti, qui est un fervent alpiniste.
Le câble téléphonique qui part du sommet du mont est formé par un fil d'acier, ayant une épaisseur de 5 mm, étendu le long du glacier. Quelques jours après son installation, une couche épaisse de neige le recouvrait. Une équipe de soldats ouvriers a travaillé longtemps à transporter sur la hauteur à dos d'homme des poteaux et les rouleaux de fil, dont chacun pesait 50 kilos. Il fallut, d'autre part, chercher à trente mètres de profondeur au-dessous du glacier supérieur l'eau libre pour y plonger le câble destiné à la dispersion de l'énergie.
Une méthode nouvelle a été essayée pour fixer les poteaux dans les glaciers: on employa, dans ce but, des chutes d'eau bouillante. Le résultat fut parfait. Des ingénieurs italiens procèdent en ce moment à des études en vue d'établir les règles pour la manutention de la ligne, qui sera du reste continuée de l'abri Gnifetti jusqu'à l'abri Vincent, à 3000 mètres d'altitude. (LM)

Mercredi 9 septembre 1908
Téléphone et tuberculose.
Il paraît qu'il faut se méfier des appareils téléphoniques. Non contents de ne pas vous mettre en rapport avec les personnes à qui vous voulez parler, ces objets semblent contenir de véritables colonies de bacilles. D'après le journal anglais « The Lancet », il a été possible de tuer deux cobayes par la tuberculose en leur injectant les poussières recueillies dans une cabine téléphonique publique, sur la partie de l'appareil au-dessus de laquelle on parle.
Il est vrai que nous respirons ces impuretés et que nous ne nous les injectons pas. Mais les expériences de M. Kuss, faites sur des poussières de crachats, ont montré que les cobayes qui respirent ces poussières sèches étaient plus vivement contaminés que ceux auxquels on les injectait délayées. Et voilà comment le téléphone a encore un inconvénient de plus, cela paraissait pourtant difficile. (LM)

Jeudi 10 septembre 1908
L'inventeur du téléphone.
Le grand Edison, depuis 30 ans, croit qu'il est l'inventeur du téléphone, et voici ce que nous révèle une « correspondance secrète » de 1783 : c'est que le téléphone a été inventé par Lingel, qui dut à son projet d'être tiré de la Bastille. Voici son prospectus :
« Projet d'une machine singulière, ou expérience sur la propagation du son et de la voix sous des tuyaux de fils prolongés à une grande distance, nouveau moyen d'établir une correspondance très rapide entre des lieux forts éloignés.
Si mon projet réussissait, on pourrait avoir avec ses amis éloignés de quelques centaines de lieues une conversation suivie qui deviendrait un peu publique par intervalles ; mais en taisant les points, personne ne serait dans le secret que les interlocuteurs.
A la vérité, si les souscripteurs, dont le nombre augmentera à l'infini, se mettent à converser d'un bout du monde à l'autre, il ne sera plus possible de s'entendre ici-bas, à moins que les tuyaux ne soient tellement disposés qu'ils aboutissent des deux côtés au tuyau de l'oreille de ceux qui converseront ensemble ».
Toute la destinée du téléphone n'est-elle pas dans cet exposé, y compris la communication interrompue, la charivari des appareils et la « conversation qui devient un peu publique ? » (LM)

Mardi 22 septembre 1908
La télégraphie sans fil. M. Marconi perfectionne son système et espère installer de nouveaux services. (LM)

Jeudi 22 octobre 1908
Le secret professionnel au téléphone.
La loi du 28 octobre 1871 sur les postes et télégraphes stipule dans son paragraphe 5 que le secret de la correspondance est inviolable hormis les cas strictement spécifiés. La loi du 6 avril 1892 sur les télégraphes stipule de même, dans son paragraphe 8, que le secret de la correspondance télégraphique est absolu dans les mêmes conditions et avec les mêmes réserves. Mais jusqu'à présent les communications téléphoniques ne profitent pas de la protection des lois et c'est évidemment un moins faible de notre législation.
Un jugement du tribunal correctionnel de Darmstadt vient de révéler cette lacune de la loi. L'assistant des postes Hans Deppe se trouvait, au mois d'août dernier, à l'appareil téléphonique quand il entendit fortuitement une information transmise à un journal de Worms. Il communiqua cette nouvelle à un autre journal. L'affaire s'ébruita et la conséquence fut l'assignation de Deppe en justice pour violation du secret professionnel. Le tribunal a jugé que les lois de 1871 et 1892 n'étaient pas applicables aux communications et en conséquence il a prononcé l'acquittement de l'accusé. Le ministère public avait requis trois mois de prison. (LM)

Samedi 15 décembre 1908
Dorénavant, le service télégraphique, les dimanches et jours de fête, de 5 à 6 heures de l'après-midi, sera supprimé dans les bureaux de poste qui suivant: (...) (LM)

Jeudi 31 décembre 1908
Les personnes qui ont avec le dehors des conversations quotidiennes régulières ou du moins tous les jours de semaine, et à heure fixes, peuvent être inscrites une fois pour toutes. Ces conversations ne peuvent cependant avoir lieu à l'heure retenue par d'autres abonnés. En outre, ces conversations peuvent être annoncées, une fois pour toutes, comme conversations ordinaires, ou comme conversations urgentes. Si l'abonné désire avoir exceptionnellement une conversation urgente au lieu d'une conversation ordinaire ou vice-versa, il aura à en aviser le bureau du téléphone. (LM)

sommaire

Année 1909

Vendredi et samedi 1er et 2 janvier 1909
Le téléphone sans femme.
Une expérience extrêmement intéressante a eu lieu ces jours-ci à Lyon, en présence de M. Simyan, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes.
Un premier essai a été fait d'un appareil qui jamais encore n'avait été employé en France, et grâce auquel les abonnés du téléphone peuvent communiquer entre eux sans l'intervention du personnel des bureaux. On croit rêver à la pensée qu'un si bienfaisant miracle a pu ou va pouvoir se réaliser.
Notre confrère Gaston Davenay, du « Figaro », envoie à son journal cette description de l'appareil.
« Chaque abonné dispose d'un poste téléphonique muni de quatre petits leviers indépendant les uns des autres et se manoeuvrant de haut en bas et de bas en haut. Les leviers commandent chacun une série de chiffres de zéro à neuf qui apparaissent à l'extrémité supérieure de la course des leviers sur une seule et même ligne.
Pour parler, on manoeuvre d'abord les leviers, de façon à mettre en évidence le numéro du poste de l'abonné demandé ; puis, on donne un tour de manivelle. Après dix secondes, au maximum, un bruit saccadé se fait entendre; il marque l'enregistrement automatique de la demande au poste central. Ce bruit disparu, on décroche le récepteur et on la porte à l'oreille.
Un sifflement spécial prévient de l'occupation de la ligne, ce qui oblige à recommencer plus tard la manoeuvre d'appel.
Le récepteur étant silencieux, on appuie sur un bouton pour actionner la sonnerie du poste demandé; la conversation peut s'engager dès que le correspondant, qui n'a qu'à décrocher le récepteur, se présente à l'appareil. Toutefois, le demandeur qui entend son correspondant doit, avant de lui parler, appuyer sur un autre bouton, lequel met en marche le compteur de conversation.
Le poste central se compose d'une série de mécanismes qui, dans l'espace maximum de six secondes, met chaque ligne d'abonné en communication avec toutes les lignes d'abonnés du réseau. »
Après la télégraphie sans fil, le téléphone sans femme !
Chacun attend avec une légitime curiosité les résultats d'une expérience au succès de laquelle tant d'intérêts divers sont attachés. (LM)

Mardi 5 janvier 1909
Cabine téléphonique interceptée.
Mardi dernier, dans un restaurant tenu par une veuve, pendant qu'elle était encore au lit, un client alla au téléphone. Il paraît qu'en demandant la communication, il employa vis-à-vis de la dame de service au bureau téléphonique, une expression jugée inconvenante. Ce client du restaurant habite Metz et est bien connu du bureau téléphonique; malgré cela, jeudi soir, on prévint la patronne du restaurant que le service de sa cabine téléphonique resterait interceptée tant que le litige ne serait pas arrangé. Cette mesure est de nature à surprendre et il faut espérer que la Société des hôteliers et restaurateurs qui sera saisie de l'affaire, la conduira jusqu'au bout. (LM)

Dimanche et lundi 10 et 11 janvier 1909
L'excuse par téléphone.
Est-elle admissible ? La troisième chambre du Tribunal des Prud'hommes pour commerçants à Berlin, a eu à trancher cette question lundi dernier.
Un employé magasinier était tombé malade; il chargea immédiatement sa ménagère de se rendre au téléphone pour l'excuser auprès de la maison. La ménagère obtint la communication ; mais à peine avait-elle commencé la conversation qu'on lui répondit que l'excuse par téléphone n'était pas admise. Avant que le malade n'eût le temps de s'excuser le lendemain par écrit, il fut congédié par lettre. La maison qui avait procédé de la sorte, s'appuyait sur le texte du contrat d'engagement, lequel porte que les excuses par téléphone ne sont pas admises en principe; les exceptions ne sont permises que dans des cas urgents et doivent être suivies d'une excuse par écrit. Les débats établirent que le plaignant était effectivement malade et obligé de garder le lit. Le tribunal a condamné la maison à payer à l'employé le restant du traitement mensuel. (LM)

Mercredi 13 janvier 1909
Un nouvel appareil télégraphique.
Les journaux annoncent que les gouvernements français et anglais ont l'intention de faire expérimenter très prochainement entre Londres et Paris un appareil télégraphique Pollak-Virrog, à l'aide duquel on espère pouvoir télégraphier jusqu'à 50 000 mots à l'heure. Cet appareil fut exposé à Paris en 1900. (LM)

Samedi 13 février 1909
Les demandes de raccordement au réseau téléphonique pour le premier semestre de l'exercice 1909 -1er avril au 30 septembre- devront être adressées au plus tard jusqu'au 1er mars aux bureaux de poste locaux -à Metz, au bureau du télégraphe- où les intéressés recevront sur demande les renseignements nécessaires. Les demandes présentées après le 1er mars ne seront prises qu'exceptionnellement en considération et à la condition que l'intéressé supporte le surcroît de dépense occasionné par l'exécution particulière du raccordement. (LM)

Mercredi 17 février 1909
Le projet de loi sur le téléphone.
Le Reichstag vient d'être saisi d'un projet de loi généralisant le système de taxes téléphoniques qui existe déjà dans une grande partie de l'Allemagne. Ce système comporte une taxe fixe, à laquelle s'ajoute une taxe par communication.
Voici le tarif établi pour le projet de loi :
Réseaux de moins de 1000 raccordements, 50 marks; réseaux de 1000 à 5000 raccordements, 65 m. ; réseaux de 5000 à 20000 raccordements, 80 m. ; réseaux de 20000 à 70000, 90 m. ; réseaux de plus de 70000, pour tout nouveau groupe de 50000 raccordements, 10 marks en plus, par an, pour tout raccordement qui n'est pas éloigné de plus de 5 kilomètres du bureau central.
Chaque conversation donne lieu à une taxe de 4 pfennige par communication. Cette taxe, pour les communications de réseau à réseau ou de localité à localité est portée comme suit :
communications de trois minutes maximum à une distance de 25 kilomètres au plus, 20 pf. ; jusqu'à 50 km, 25 pf. ; jusqu'à 100 km, 50 pf. ; jusqu'à 250 km, 75 pf. ; jusqu'à 500 km, 1 mark; jusqu'à 750 km, 1 m. 50 ; au-delà de 1000 km, 50 pf. d'augmentation par fraction de 250 km dépassant 1000 km. Pour les communications urgentes, la taxe sera triplée. (LM)

Vendredi 26 février 1909
Le projet de loi sur le téléphone.
Le gouvernement vient de déposer au Reichstag le projet de loi révisant le tarif des correspondances téléphoniques. Aux termes du projet, les abonnés auront à acquitter une double taxe, l'une fixe, l'autre mobile.
Le montant de la taxe fixe variera d'après l'importance des réseaux comme suit : Pour réseaux de 1000 abonnés et au-dessus, 50 marks ; au-delà de 1000 jusqu'à 5000, 65 marks ; au-delà de 5000 jusqu'à 20 000, 80 marks ; au-delà de 20 000 jusqu'à 70 000, 90 marks ; au-delà de 70 000 abonnés, 10 marks en plus par an, pour tout raccordement qui n'est pas éloigné de plus de 5 kilomètres du bureau central.
La taxe mobile sera de 4 pfennige pour chaque communication dans les limites d'un même réseau. Pour les communications entre deux réseaux ou deux localités ayant un poste public de téléphone, il sera prélevé, pour chaque conversation de trois minutes maximum, à une distance de 25 kilomètres, au plus, 20 pf. ; jusqu'à 50 kilomètres, 25 pf. ; jusqu'à 100 kilomètres, 40 pf. ; jusqu'à 250 kilomètres, 75 pf. ; jusqu'à 500 kilomètres, 1 mark; jusqu'à 750 kilomètres, 1 mark 50 pf. ; au-delà de 1000 kilomètres, 50 pf; d'augmentation par fraction de 250 kilomètres dépassant 1000 kilomètres. Pour les communications urgentes, la taxe sera triplée.
Dans les localités qui jouissent entre elles du tarif local pour les lettres, les abonnés peuvent communiquer d'une localité à l'autre moyennant la taxe de 4 pfennige, à condition qu'ils paient la taxe fixe correspondant au réseau de la localité la plus importante. Les abonnés qui permettent l'usage de leur appareil à des tiers ne peuvent exiger d'eux une somme supérieure au montant de la taxe officielle.
Le chancelier de l'Empire est autorisé à réduire les taxes susdites; c'est lui également qui fixe les taxes à percevoir pour les raccordements à plus de 5 kilomètres de distance, pour communications pendant les heures de nuit ou avec l'étranger, pour les postes publics de téléphone, etc.
Ce projet de réforme est fort mal accueilli par l'opinion. Beaucoup de journaux estiment non sans raison que l'administration des postes s'expose à faire une expérience tout aussi désavantageuse que celle faite par l'administration des chemins de fer avec l'impôt sur les tickets. Il est vrai qu'il y a nombre de gens qui se servent du téléphone, sans y être abonnés personnellement, par exemple dans les restaurants, brasseries, etc.; mais ce n'est pas une raison pour augmenter le prix du téléphone pour tout le monde. Ce ne sont guère que ceux pour lesquels l'abonnement au téléphone est plutôt une sorte de luxe, qui profiteront de la diminution des taxes fixes. Au contraire, ceux pour lesquels le téléphone est devenu un moyen de communication indispensable, pour peu que le nombre de leurs conversations journalières soit important, verront augmenter jusqu'au quadruple, le chiffre de leurs frais généraux de ce chef. Aussi toutes les corporations qualifiées pour représenter les intérêts du commerce et de l'industrie ont-elles protesté auprès du gouvernement contre telle mesure qui menace d'entraver sensiblement tout développement. Malheureusement on ne paraît pas disposer en haut lieu à tenir compte de leurs justes récriminations.
L'administration des postes et télégraphes ne devrait pas oublier cependant que le commerce est en somme son meilleur client fait remarquer fort judicieusement le « Nouvelliste d'Alsace-Lorraine ». D'ailleurs elle commet une erreur en disant que 4 pfennige soit une somme trop minime pour entrer en ligne de compte. Le public fait un autre raisonnement et dit que cela se chiffre au bout de l'année. On l'a bien vu en Autriche, où le nombre des conversations a diminué de 30 millions à la suite de l'application de la taxe. (LM)

Vendredi 5 mars 1909
Dégradation aux installations télégraphiques.
Ces installations font fréquemment l'objet de dégradations plus ou moins préméditées par le bris des isolateurs de porcelaine et par l'imprudence qui préside souvent à l'abattage des arbres.
Le Code pénal a prévu contre les auteurs de ces dégradations la peine de la prison ou des amendes. L'administration des télégraphes de l'Empire accorde une récompense en argent à toute personne qui dénonce ces délinquants de façon qu'ils puissent être rendus responsables de leurs actes et dûment punis. Si, en dépit de toutes les précautions voulues, on ne peut empêcher des dégradations aux installations télégraphiques ou téléphoniques lors d'abattage ou d'élagages d'arbres, il ne faut pas négliger d'en aviser à temps le bureau télégraphique le plus proche, qui prendra les mesures de sûreté nécessaires pour l'installation sans qu'il en résulte aucun frais pour les intéressés. (LM)

Jeudi 25 mars 1909
Des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts le 1er avril à Château-Bréhain, Falk, Flocourt, Garbourg, Hémilly, Herzange, Cutting, Mondelange, Monvaux, Rentgen-Basse, Prévaucourt, Saulny, Sorbey, Stuckange, Wahl, Suisse, ainsi qu'à Haboudange-village. (LM)

Dimanche et lundi 28 et 29 mars 1909
Les ondes hertziennes vont peut-être rendre la guerre impossible.
Une vue du savant Gustave Le Bon.
Le paradoxe de la guerre rendue impossible par la découverte scientifique d'engins horriblement meurtriers sera, affirment certains savants, une vérité d'ici quelques cinquante ans.
Les pacifiques ondes hertziennes, qui ont joué dans le naufrage du « Républic » le merveilleux rôle qu'un sait, pourraient être ces engins destructeurs.
Dans son cabinet mystérieux éclairé par des lampes colorées, le docteur Gustave Le Bon, qui vient de faire cette prophétie, nous expliqua comment les ondes employées en télégraphie sans fil pouvaient devenir un formidable et puissant instrument de paix.
Vous savez, dit-il à un rédacteur du « Matin », comment Hertz découvrit les ondes qui portent son nom. Dans son laboratoire se trouvait une bobine entre les bornes de laquelle éclataient des étincelles. Si les radiations électriques étaient composées d'ondes, elles devaient, pensait-il justement, se comporter comme des ondes lumineuses: se réfléchir, se réfracter, se polariser. Il construisit un miroir parabolique en zinc et, au moyen d'un petit appareil que l'on pourrait schématiquement représenter par un anneau de fil de fer dont les extrémités séparés se font vis-à-vis, il chercha si les ondes électriques se réfléchissant sur le miroir se concentraient à son foyer. Entre les deux pointes de son appareil, une étincelle jaillit. Les ondes hertziennes étaient trouvées. On sait quel chemin elles ont parcouru.
Avec Branly, continua M. Le Bon, nous avons fait une série d'expériences pour rechercher quel était le degré de perméabilité des divers corps pour les ondes de Hertz. Nous vîmes ainsi que ces ondes pouvaient traverser des murs de pierre ayant plus d'un mètre d'épaisseur, alors qu'elles étaient arrêtées par une feuille d'étain mince comme une feuille de papier à cigarette. Il suffisait cependant d'une fissure d'un centième de millimètre de largeur pour que les ondes passent à travers la feuille d'étain. Dans l'espace, ces ondes se propagent sphériquement dans toutes les directions. Ces faits connus, on peut imaginer que les physiciens parviendront à diriger ces ondes, à les faire se mouvoir dans un même plan, dans une même direction. On a trouvé déjà que les ondes polarisées se déplaçaient dans un même plan, il suffirait que l'on puisse diriger un faisceau d'ondes parallèles. Ainsi ces ondes ne subiraient aucune perte d'énergie électrique, Rencontrant un obstacle, un navire, une poudrière, ces radiations électriques chargeraient toute la partie métallique du bâtiment de la même façon qu'une machine statique charge une bouteille de Leyde. Chargée, l'armature métallique crépiterait sous les étincelles électriques de décharge. Les fils métalliques dont sont sillonnés les navires, les torpilleurs, les bâtiments, provoqueraient une atmosphère d'étincelles qui ferait exploser les soutes, les poudrières ou les obus.
Les radiations hertziennes dirigées en ondes parallèles pénétreraient dans les arsenaux, les casemates, les forteresses ou les poudrières et agiraient de même en détruisant tout sur leur passage. Cette application des ondes hertziennes est aujourd'hui impossible, car, pour réfléchir ces radiations, qui ont des longueurs d'onde variant de 500 à 2000 mètres, il faudrait employer des miroirs paraboliques de 10000 mètres de hauteur, ou plus encore. Si on utilisait des ondes hertziennes de longueur plus courtes -un physicien japonais en a produit dernièrement ayant quelques millimètres de longueur seulement- le problème pourrait être résolu plus vite, mais ces ondes ne se transmettraient qu'à quelques dizaines de mètres de distance.
Mais la découverte d'un appareil qui transmette des ondes parallèles peut être faite, continua M. Gustave Le Bon, et la guerre serait ainsi rendue impossible. Le physicien qui trouvera le moyen de diriger parallèlement les ondes de Hertz fera connaître sa découverte en dirigeant méthodiquement ses ondes sur les bâtiments d'une flotte réunie, comme l'était la flotte américaine à Villefranche, la flotte anglaise à Spitehead ou l'escadre germanique à Kiel. Quelques centaines de millions seraient engloutis, quelques vies sacrifiées, mais quelle formidable puissance révélée au monde entier, quel immense service rendus à la paix.
Je suis vraiment convaincu, termina le docteur Gustave Le Bon, que la découverte dont je vous ai parlé est réalisable et que ce que je viens de vous dire n'est pas une simple vue de l'esprit. Nos petits neveux, d'ici cinquante ans, verront cette découverte. (LM)

Vendredi 16 avril 1909
Pour simplifier le service téléphonique, les demoiselles ne répondront plus dorénavant aux abonnés demandant une communication « Ich werde rufen ». Elles se borneront à répéter le numéro demandé et appelleront immédiatement le correspondant. (LM)

Mercredi 28 avril 1909
Télégraphie sans fil de Metz à Corfou.
On sait que l'empereur s'est rendu à Corfou. La station militaire du télégraphe sans fil à Queuleu communique en ce moment avec Corfou, où toutes les informations importantes, reçues du « Wolffbureau » d'ici, sont communiquées à l'empereur. L'arrivée à destination d'un télégramme sans fil ne demande pas plus de quatre minutes, tandis que, par voie ordinaire, entre Corfou et Metz, il faudrait 3 à 4 heures. (LM)

Dimanche et lundi 16 et 17 mai 1909
Des bureaux de télégraphes avec service téléphonique ont été ouverts pendant le mois d'avril dans les localités suivantes: Filsdorf, Hémilly, Vahlen, Vatimont, Mondelange, Schrémange, Rentgen-basse, Stuckange, Daun et Quatre-vents, Garrebourg, Saint-Louis (Sarrebourg), Wilsberg, Flocourt, Maizeroy, Vallée de Monvaux, Sorbey, Malancourt, Prévaucourt, Viviers, Siegling, Rech et Valmont. (LM)

Dimanche et lundi 16 et 17 mai 1909
Télégraphie sans fil à l'académie des Sciences.
M. Picard, ministre de la marine, fait une intéressante communication.
Le ministre de la marine, M. Alfred Picard, a fait, dimanche, à l'Académie des sciences, une très intéressante communication scientifique, au nom de deux de ses subordonnés, MM. les lieutenants de vaisseau Colin et Jeance. Depuis la fin de l'année 1907, de nombreux essais de téléphonie sans fil ont été faits sans avoir toujours donné satisfaction à leurs auteurs.
Mais un progrès important, a déclaré le ministre, vient d'être réalisé en téléphonie sans fil par deux savants officiers de la marine française, connus pour leurs travaux et leurs expériences, MM. Colin et Jeance.
Ces officiers ont organisé les appareils émetteurs de manière à assurer le rayonnement d'une oscillation entretenue, simple et d'énergie constante, lorsque le dispositif microphonique ne fonctionne pas. Quand celui-ci subit l'action des ondes sonores par la voix, l'énergie de l'oscillation rayonnée varie. Un récepteur de téléphonie sans fil ordinaire, dont l'onde rayonnée impressionne le détecteur, reproduit à distance dans les écouteurs téléphoniques les paroles transmises. Les oscillations électriques des appareils émetteurs sont enregistrées à l'aide d'un dispositif indiqué en 1892 par le physicien Tompson, repris en 1900 par Duddell, et en 1903 par Paulsen. Plusieurs arcs chantants, jaillissent dans une atmosphère de gaz d'éclairage, produisent ces ondes entretenues qui permettent aux sons de se transmettre à de grandes distances avec une parfaite pureté. De larges cylindres en cuivre constituent les électrodes positives, de minces crayons en charbon forment les électrodes négatives.
MM. Colin et Jeance, dit M. Alfred Picard, ont obtenu une fixité aussi grande que possible des arcs et ont pu réaliser dans l'antenne une oscillation simple, invariable.
De nombreuses communications, conclut le ministre, ont eu lieu à diverses reprises entre Paris et Melun, c'est-à-dire entre deux postes éloignés de 50 kilomètres environ. Les communications téléphoniques ont en tous points été excellentes, et sans aucun doute on aurait pu téléphoner sans fil à des plus grandes distances. Les conditions dans lesquelles ont été faites les expériences n'étaient pas, en effet, très favorable. La nature isolante du sol près de la tour Eiffel, la déperdition d'énergie causée par le voisinage de cette tour et de la grande antenne télégraphique ont été des circonstances plutôt nuisibles que favorables aux essais de téléphonie sans fil. (LM)

Jeudi 27 mai 1909
Le téléphone entre Metz et Berlin.
Jusqu'ici, il n'existe pas de ligne directe entre Metz et Berlin. La direction supérieure des Postes à Metz vient de demander la création d'une ligne directe. Une circulaire a été adressée aux intéressés dans le but d'établir la recette approximative sur laquelle on pourrait compter ; il a été constaté que la recette suffira à couvrir les dépenses. Actuellement, on ne peut communiquer par téléphone avec Berlin que par Strasbourg, Francfort ou Cologne. La nouvelle ligne passera par Sarrebruck. (LM)

Dimanche et lundi 30 et 31 mai 1909
Télégraphie sans fil.
Dans le sanctuaire de la T. S. F.
Quatre fils d'acier unissent le sol au sommet de la tour, un petit moteur de quelques chevaux, des appareils producteurs et récepteurs d'ondes hertziennes, telle est, avec une baraque en planches qui abrite les soldats télégraphistes du génie, l'installation plus que sommaire du poste de télégraphie sans fil (T. S. F.) de la tour Eiffel. On aménage en ce moment, dans le sous-sol du Champ de Mars, des salles vastes et mieux appropriées des machines beaucoup plus puissantes, qui tripleront le rayon d'action de ce poste merveilleux de T. S. F., unique au monde, qu'est la tour métallique avec ses 300 mètres.
On y travaille surtout la nuit. Ce n'est pas que le tumulte de la ville et les bruits extérieurs aient une influence sur les ondes électriques, mais il semble que la lumière les amortit rapidement et en réduit considérablement la porte.
C'est chaque soir, sur toute l'Europe occidentale, un incroyable enchevêtrement de « conversations » télégra-phiques qui ne connaissent pas les frontières. C'est, au travers des airs, la « confusion des langues » renouvelée de l'Ecriture : l'allemand, l'anglais, le danois, l'espagnol et la français s'y mêlent aux langages chiffrés ou convenus.
Les télégraphistes de chaque pays arrivent pourtant à entendre dans cet enchevêtrement leurs correspondants, en s'efforçant d'accorder sur le poste émetteur leurs appareils de réception.
Mais la tâche n'est pas facile de démêler l'écheveau compliqué des transmission simultanées émises non seulement par des postes d'Europe, mais encore par les navires et les stations du littoral américain. Le télégraphiste de la tour Eiffel peut, en un instant, surprendre ses collègues allemands empêtrés à démêler des communications difficiles, s'invectivant au travers de l'espace et s'adressant des phrases aimables comme « Du bist ein Schwein », ou bien entendre un amoureux séparé de sa bien aimée télégraphier du milieu de l'océan à un poste d'Irlande un « Kiss to Lisbeth » attristé et sentimental.
Après de longs tiraillements, les trois départements des postes, de la guerre et de la marine -longtemps rivaux en matière de T. S. F.- ont fini par conclure un accord et par se partager les postes à établir sur le territoire. Les bureaux civils de T. S. F. du littoral commencent à rendre quelques services pour entrer en communication avec les navires.
Mais le poste de la tour Eiffel est resté exclusivement militaire. C'est là que le commandant Ferrié a entrepris, il y a quelques années, les expériences qui ont permis à ce savant officier de doter la France d'un matériel qui lui est propre et d'imaginer un certain nombre d'appareils aujourd'hui universellement employés.
La tour Eiffel reste en relation avec les flottes françaises tant qu'elles naviguent dans les mers d'Europe. Pendant toutes les opérations de la Chaoura, elle a tenu le commandant du croiseur « Kléber », ancré devant Casablanca, à plus de 2000 kilomètres de Paris, en relations constantes avec le gouvernement. Du navire, les liaisons s'établissaient avec la terre où était installé un poste secondaire.
Dès que les nouveaux appareils du Champ de Mars seront en réserve, la zone d'action du poste de la tour Eiffel s'étendra, dans un rayon de 6000 kilomètres, sur tout l'Atlantique nord jusqu'aux postes américains, dont nous pouvons recevoir les messages, mais auxquels nous ne pouvons actuellement rien transmettre, par suite de l'insuffisance de nos appareils.
Au point de vue de la défense du territoire, la tour Eiffel permettrait, en cas de guerre, à toutes les grandes places de l'Est de rester en communication avec l'extérieur: Mac Mahon disposant de la T. S. F. eût pu avertir Bazaine de sa marche vers l'Est; peut être eût-il évité l'irrémédiable désastre de Sedan.
Des appareils légers de T. S. F., marchant avec les avant-gardes ou avec les divisions de cavalerie en avant du front, peuvent également rendre d'importants services aux armées d'opération.

Les applications civiles de la T. S. F., aujourd'hui encore assez restreintes, sont appelées à prendre un développement qu'on ne soupçonne pas encore. Les postes centraux, installés dans les capitales, pourront envoyer les nouvelles du jour à tous les journaux du territoire pourvus d'appareils récepteurs très faciles à installer. Avec le développement de la téléphonie sans fil, le jour n'est pas éloigné où les agences « dicteront » le récit des événements quotidiens à tous leurs correspondants, informés instantanément et simultanément avec une prodigieuse rapidité.
On organise actuellement à la tour Eiffel un service spécial permettant de transmettre l'heure chaque nuit, à minuit juste, dans le rayon d'action du poste. On comprend l'avantage qui en résultera pour le réglage des montres de bord des navires; les voyageurs ou les explorateurs pourront également, jusqu'au centre de l'Afrique, en déduire la longueur du point où ils seront.
Enfin, la grève des postes de mars dernier, au cours de laquelle quelques actes de sabotage isolés purent faire craindre une interruption subite et criminelle de toutes les relations télégraphiques, a amené une nouvelle et ingénieuse application de la T. S. F.
Dans chaque chef-lieu de corps d'armée, un poste a été créé et met les autorités civiles que militaires en relations avec le gouvernement. Un certain nombre de navires de guerre stationnés à proximité de nos grands ports jouent le même rôle.
Hors de toute atteinte des fous dangereux qui essayent de transformer en mouvement insurrectionnel une grève, très regrettable assurément, mais nettement pacifique, un réseau de communications aériennes et indestructibles met aujourd'hui la tour Eiffel, sanctuaire de la T. S. F., en communication constante avec toutes les grandes villes du territoire.
Le télégraphe et le téléphone ont amené une centralisation complète à Paris, dans les bureaux des ministres, de toutes les affaires de la nation. Par une incessante transformation, la capitale est devenue depuis un demi-siècle le centre où reflue et se congestionne toute la vie du pays.
Plus qu'à aucune autre époque, Paris est le cerveau unique d'où rayonne, sous la forme de milliers de fils métalliques, un système nerveux complexe et indispensable à la vie moderne. Qu'un quarteron de criminels coupe les lignes du télégraphe et du téléphone, la France tout entière serait momentanément frappée de paralysie générale.
Il en était ainsi jusqu'à hier. Une nouvelle et ingénieuse application de la T. S. F. est heureusement venue nous guérir préventivement de cette maladie redoutable et nous libérer de toute inquiétude.
(« Matin ») A. Messimy. Député de la Seine. (LM)

Dimanche et lundi 6 et 7 juin 1909
Le téléphone perfectionné.
Selon les journaux de Stockholm, deux ingénieurs suédois, MM. Egner et Hoeelsterm, ont réussi après plusieurs années de recherche, à construire un microphone si sensible que la plus grande distance à laquelle on puisse actuellement téléphoner, pourrait assure-t-on être doublée. Mardi, les deux inventeurs ont eu de Berlin, avec le directeur de télégraphe à Stockholm, une conversation que l'on dit avoir donné sur cette distance la même force de son que sur celle existante sur la ligne Halmes-Stockholm. (LM)

Mercredi 9 juin 1909
Dans le courant du mois de mai, des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été ouverts dans les localités suivantes : Charly, Les Etangs, Château-Bréhain, Haboudange-village, Rodalbe, Evrange, Kitzingen, Rentgen-Basse, Colmen, Falk, Ottonville, Piblange, Welwing, Zommange, Herzing, Landange, Nitting, Hottweiler, Freimengen, Harprich, Suisse. (LM)

Jeudi 10 juin 1909
Le téléphone automatique.
On vient d'inaugurer à Hildesheim un système téléphonique qui supprime les intermédiaires, c'est-à-dire les demoiselles du téléphone. Ce système a été inventé en Amérique où il donne, paraît-il, d'excellents résultats. Chacun des appareils est pourvu de trois cadrans, pareils à des cadrans d'horloge, dont chacun est numéroté de 0 jusqu'à 9. L'abonné, qui désire une communication, place lui-même l'aiguille de chacun de ces cadrans de manière à former le numéro de son correspondant. Il décroche les récepteurs, et aussitôt une sonnerie retentit chez l'abonné à qui il veut parler. L'entretien fini, les deux abonnés raccrochent leurs récepteurs, ce qui interrompt la communication, et le demandeur ramène les aiguilles au zéro, ce qui remet son poste en état d'envoyer ou de recevoir un nouvel appel. On assure que le téléphone automatique fonctionne à merveille, qu'il épargne aux heureux habitants de Hildesheim beaucoup de temps et beaucoup d'impatience. Il sera étendu peu à peu aux autres villes allemandes. Inutile d'ajouter qu'il est applicable que dans le service urbain; pour communiquer d'une ville à une autre, il faut toujours recourir à un bureau central. (LM)

Mercredi 16 juin 1909
La fôôôôôrme à Metz.
La fôôôôôrme, ou la bureaucratie, pousse à Metz, comme ailleurs. Témoin, le fait suivant: Samedi soir, quand le terrible accident de tramway avait lieu à la porte Serpenoise, un commerçant très connu en ville se trouvait au restaurant dont l'ouverture venait d'avoir lieu. Il saute en haut dans le bureau du propriétaire au téléphone et demande d'être mis en communication avec le poste des pompiers. -Quel numéro ? demande la demoiselle du téléphone. -Mais mademoiselle, je suis étranger ici dans le bureau où je me trouve. Je suis M. T. Un terrible accident vient d'avoir lieu ici; je voudrais appeler les pompiers. -Il faut que vous n'indiquiez le numéro. -Mais, mademoiselle, vous connaissez fort bien le numéro. Le commerçant aperçoit la liste des abonnés au téléphone, cherche en toute hâte le numéro du poste des pompiers, poste des pompiers, numéro 49. -Mademoiselle, poste des pompiers, numéro 49. Il reçoit la communication, informe le poste de l'accident arrivé et demande qu'on vienne immédiatement pour transporter le pauvre blessé dans un hôpital. -Sur l'ordre de qui agissez-vous ? -Voyons, vous me connaissez, je suis monsieur T., le pauvre homme gît dans la rue avec un pied coupé. -Nous ne savons pas sur l'ordre de qui vous agissez. -Quoi, ordre de qui ? Le malheureux a besoin d'être secouru de suite. Le commerçant impatienté crie : « Schluss ! » (fin) et se précipite dans la rue. Entre-temps, le hasard avait amené une soeur de l'hospice Ste-Blandine sur les lieux. Elle ne connaît pas la fôôôôôrme. Elle avait aperçu une voiture, fait signe au cocher, lui avait promis de la payer et était partie avec le blessé. Quand les pompiers arrivèrent, le blessé était déjà à l'hôpital. (LM)

Dimanche et lundi 20 et 21 juin 1909
A propos de l'accident de la porte Serpenoise.
Le Messin comme d'autres journaux avaient signalé, à l'occasion de l'accident de tram, porte Serpenoise, où un passager eut le pied coupé, le retard des pompiers ambulanciers pour venir avec leur voiture relever le blessé. Le poste des pompiers avait, dit-on, fait perdre un temps considérable en voulant d'abord établir l'identité de la personne qui, par téléphone, demandait du secours.
Le maire répond que c'est pour éviter le retour de certains abus, qu'il est formellement recommandé au poste des pompiers de s'enquérir d'abord de l'identité de la personne qui réquisitionne les pompiers et que, sans doute, sous l'émotion du moment, la personne, qui, à propos de l'accident de la porte Serpenoise, avait interpellé le poste des pompiers, avait eu du mal à se faire comprendre. D'ailleurs, celui-ci, une fois l'identité établie, avait aussitôt mobilisé la voiture ambulancière, mais vu le temps qu'avait été mis à se comprendre par téléphone et celui qu'il fallait pour arriver jusqu'à la porte Serpenoise, on était arrivé en retard, puisque le blessé avait déjà été transporté par d'autres moyens. Dans tous les cas, les choses s'étant passées ainsi, aucune faute ne saurait dès lors être imputée au poste des pompiers. (LM)

Mercredi 7 juillet 1909
Télégraphes.
Le nouveau règlement, paraît-il, est rentré en vigueur, d'après lequel les signes de ponctuation, point, virgule, etc, sont comptés comme des mots. (...) (LM)

Dimanche et lundi 11 et 12 juillet 1909
Les demandes de raccordement au réseau téléphonique pour le second trimestre de 1909 -octobre 1909 à la fin mars 1910- doivent être adressées au plus tard jusqu'au 1er août aux bureaux de poste locaux -à Metz, au bureau du télégraphe- où l'on donnera les renseignements nécessaires. (LM)

Vendredi 16 juillet 1909
Service téléphonique et secret professionnel.
Les correspondances téléphoniques sont-elles des dépêches dans le sens du $355 du Code pénal ?
Ce paragraphe porte une peine d'au moins trois mois contre les employés du télégraphe qui falsifient des dépêches ou les communiquent d'une façon illégale à des tiers.
Le 14 octobre dernier, l'assistant des postes J. Greppe, de Gross Gerau, a été acquitté par le tribunal régional de Darmstadt, d'une accusation portée contre lui en vertu de ce paragraphe. Le 17 juillet précédent, il avait relié téléphoniquement un bureau du dehors avec la feuille cantonale de Gross Gerau et avait entendu, par la même occasion, la nouvelle que le procès Eulenburg était remis à plus tard que l'on communiquait à cette feuille. Il écrivit cette communication sur un billet qu'il plaça avec les affaires adressées au journal en question. Ce journal publia aussitôt la nouvelle. Le tribunal régional ne reconnut pas une atteinte contre le $355 dans l'acte commis par l'accusé. La loi ne couvre que le secret professionnel du télégramme. Celui-ci est communiqué par écrit.
La falsification, l'ouverture ou la suppression ($355) ne peuvent avoir lieu qu'avec la communication des signes télégraphiques. Au téléphone, il en est tout autrement.
Le destinataire est relié directement avec l'expéditeur et ne se sert pas de signes. La question d'abus de confiance n'est pas admissible non plus en ce cas, puisque aucun règlement postal n'est lésé. Il n'existe pas d'édiction de peine contre la violation du secret du téléphone.
L'appel interjeté par le ministère public fut soutenu par le procureur impérial lui-même : « L'employé du téléphone, dit-il, peut en tout temps écouter la conversation, pour se rendre compte du bon fonctionnement de la communication, etc... » (LM)

Mardi 27 juillet 1909
Des bureaux télégraphiques avec cabine téléphonique ont été installés dans les localités suivantes: Saint-Médard, Saulny et Kutting. (LM)

Vendredi 30 juillet 1909
Une cabine téléphonique automatique a été installée au Palais de justice, à côté de l'entrée principale, au rez-de-chaussée. (LM)

Mercredi 4 août 1909
Théâtre d'été à l'Hôtel de Nord.
Ce soir : « Telefongeheimnisse », vaudeville en trois actes. (LM)

Jeudi 12 août 1909
Les femmes télégraphistes.
Dans un ouvrage intitulé « Mann und Weib » (l'homme et la femme), M. H. Ellis étudie le rendement de la télégraphie Morse selon qu'il est confié à de grandes ou à de petites mains. Les conclusions de son rapport ne plairont pas aux féministes. Une expérience de 13 années, écrit M. Ellis, m'a démontré que les femmes sont, comme télégraphistes, très inférieures aux hommes. Ceux-ci peuvent, pendant plusieurs heures, transmettre quarante-cinq mots, autrement dit six cents signes par minutes. Les femmes n'atteignent pas cette vitesse ou la soutiennent moins longtemps. Les signes des hommes sont plus nettement tracés; la différence entre les points et les traits est plus régulière et meilleure. Les signes des femmes ont une tendance à traîner; ils se mêlent, ils se confondent quand ils devraient se séparer. Il est bien évident que ceci peut paraître inexact si l'on compare une femme distinguée à un homme médiocre, mais je parle de la moyenne. La meilleure manière de télégraphier consiste à toucher le manipulateur avec l'extrémité de l'index, du doigt du milieu et du pouce. C'est ainsi que font ordinairement les hommes. Les femmes, au contraire, ont une disposition à « danser », c'est-à-dire à changer souvent le mode de contact. Tantôt elles touchent la manette avec l'extrémité de l'index, tantôt elles y appuient l'articulation médiane, tantôt elles la saisissent entre deux doigts. La main est prise alors d'un tremblement que l'oeil d'un observateur peut fort bien constater. Enfin, il arrive souvent que les femmes changent deux ou trois fois de position au cours même d'un seul mot. Il semble qu'elles emploient l'extrémité du doigt pour les points et la phalange du milieu pour les traits. Les effets de cette mauvaise méthode sont de telle nature qu'un employé expérimenté, en recevant une dépêche, reconnaît aussitôt si elle a été transmise par une grande ou une petite main. (LM)

Jeudi 26 août 1909
Innovation postale.
L'administration impériale des postes a, dit-on, l'intention d'introduire en Allemagne les lettres-dépêches qui existent depuis longtemps en France. Des messages pressés, destinés à des correspondants éloignés, peuvent être, moyennant une taxe modérée; envoyés télégraphiquement au bureau du lieu de destination et seront remis sous enveloppe à la première distribution du matin. Les commerçants surtout salueront cette innovation comme un progrès dans la rapidité des communications. (LM)

Dimanche et lundi 3 et 4 octobre 1909
L'administration des télégraphes a l'intention d'abandonner le système de distribution des dépêches par des jeunes gens et de les remplacer par des facteurs titulaires également montés à bicyclette. (LM)

Vendredi 22 octobre 1909
Conversations téléphoniques avec le dehors.
Les règlements concernant les conversations téléphoniques par abonnement ont subi d'importantes améliorations de la part de l'Office des postes de l'Empire. Les règlements en vigueur pour ces conversations s'appliqueront désormais également à toutes les communications téléphoniques avec le dehors qui ont lieu régulièrement de nuit pour des abonnés déterminés, sans que le service s'étende à l'ensemble des abonnés du réseau téléphonique local.
Désormais, les communications téléphoniques de nuit, soit à l'abonnement, soit passagères, sont admissibles entre les abonnés d'un endroit où n'existe pas le service de nuit, et un bureau de téléphone du dehors qui fait le service de nuit; l'administration se réserve pourtant le droit de les supprimer le cas échéant. (...) (LM)

Mercredi 27 octobre 1909
Les communications téléphoniques entre Longeville et Moulins ont été interrompues hier à la suite d'une détérioration du câble. Les travaux nécessaires ont été entrepris immédiatement. (LM)

Jeudi 28 octobre 1909
Le nouvel hôtel des postes en face de la gare, avance rapidement vers son achèvement. Samedi dernier, le bouquet traditionnel, annonçant la fin des travaux de maçonnerie, a été hissé au faîte de la toiture. Le nouvel hôtel des postes sera relié à la nouvelle gare par un passage souterrain qui permettra de communiquer directement avec les trains. On espère que ce bâtiment dont la construction a été entreprise au commencement de l'année dernière, pourra être livré à sa destination dans le courant de l'année prochaine. (LM)

Samedi 30 octobre 1909
Service téléphonique.
Depuis dimanche dernier, les abonnés du service téléphonique à Longeville et Moulins sont privés de toutes communications par suite d'un accident survenu dans la conduite. Celui-là seul qui se sert souvent du téléphone pour ses affaires, peut se faire une idée des ennuis continuels d'une interruption de service aussi longue. L'impatience des abonnés de Longeville et Moulins est d'autant plus grande que l'administration des télégraphes met la plus grande lenteur possible à parer au mal, un ou deux ouvriers sont en train de chercher la cause de cette interruption, tandis qu'on devrait mettre à l'ouvrage tous les ouvriers et employés disponibles pour réparer la conduite téléphonique avec toute la célérité possible. (LM)

Dimanche et lundi 7 et 8 novembre 1909
Un nouveau genre de communication téléphonique vient d'être introduit en vertu d'une instruction du secrétariat d'Etat de l'Office des postes de l'Empire, ce sont les conversations urgentes dans les affaires de l'Etat. Les conversations ne peuvent émaner que d'administrations d'Etat et doivent être qualifiées expressément de « conversation urgente dans les affaires de l'Etat ». La triple taxe réglementaire doit être perçue pour ces conversations qui passent avant les autres conversations urgentes. Les télégrammes urgents de l'Etat jouissent du même privilège. (LM)

Dimanche et lundi 14 et 15 novembre 1909
Chambre de commerce, séance du 6 novembre.
La Chambre a prié le directeur supérieur des Postes de Metz de vouloir bien examiner à nouveau la question de l'introduction du service de nuit pour les cas urgents à Metz. (LM)

Mardi 16 novembre 1909
La taxe des conversations téléphoniques.
Parmi les projets dont la discussion n'a pu être terminée avant la fin de la dernière session du Reichstag, figure aussi le nouveau règlement sur les taxes téléphoniques.
(...) Car la suppression complète de la taxe en bloc, qui serait remplacée par le prélèvement d'une taxe fondamentale à laquelle viendrait s'ajouter une taxe déterminée par conversation, impliquerait une augmentation notable des frais de téléphone, un recul au point de vue des communications et des affaires, et des avantages accordés aux sphères qui n'utilisent le téléphone que dans une mesure restreinte. (...) (LM)

Vendredi 26 novembre 1909
Le Prix Nobel. Suprême hommage à la télégraphie sans fil.
L'hommage est rendu à l'Italien Marconi, mais on ne saurait oublier que le principe de l'invention est dû à un savant français, M. Branly.
Nous avons annoncé, ces jours derniers, que le prix Nobel, pour la physique, serait décerné conjointement à Guillaume Marconi, l'un des inventeur de la télégraphie sans fil et au professeur Fernand Braun, de Strasbourg.
Si l'on songe aux immenses services que cette invention est appelée à rendre à l'humanité, on ne peut qu'applaudir au choix dont Marconi vient d'être l'objet.
On sait que le célèbre électricien est de nationalité italienne. Agé maintenant de 34 ans, il naquit à Bologne en 1875, et c'est dans cette ville, sous la direction du distingué professeur Righi, qu'il étudia la science à laquelle il devait faire accomplir de si merveilleux progrès.
Appliquant avec ingéniosité des principes posés antérieurement par un savant français, le professeur Branlu, il obtint, pour ses premiers essais, le concours avisé de l'administration anglaise des postes et télégraphes, et les résultats acquis permirent de concevoir immédiatement la possibilité d'une application à longue distance de la nouvelle méthode.
Ceci se passait en 1897. Deux ans plus tard, en présence des délégués d'une commission française, Marconi envoyait un premier télégramme de Boulogne à Douvres, et l'on n'a pas oublié l'enthousiasme que provoqua ce magnifique succès, démontrant que la télégraphie sans fil n'était point un songe, mais une superbe réalité.
Depuis cette époque, le système a été sans cesse perfectionné. Il a été possible d'envoyer des communications à des distances énormes, et l'on a pu apprécier sa valeur humanitaire, il n'y a pas longtemps, lorsque, grâce à lui, un navire en perdition a été secouru contre toute espérance. Nous avons dit plus haut que Marconi, qui a su appliquer pratiquement les principes de la télégraphie sans fil, n'était pas l'homme qui en avait conçu l'idée. Il convient d'en faire remonter l'honneur au professeur Branly, inventeur du radio conducteur, à l'aide duquel le professeur russe Popoff exécuta des expériences intéressantes, dès 1895, en rade de Cronstadt.
On sait qu'en France les premiers postes de télégraphie sans fil ont été créés par Ducretet qui, en 1897, aidé par son collaborateur Roger, communiqua de la tour Eiffel au Panthéon. Depuis lors, les travaux du lieutenant de vaisseau Tiesot et du capitaine de Ferrié ont fait accomplir des progrès immenses à ce mode de transmission.
Il n'est pas inutile de rappeler que les efforts tentés par des savants étrangers pour appliquer à la téléphonie les principes de la télégraphie sans fil, n'ont pas été heureux, et qu'il était réservé à deux jeunes officiers français, les lieutenants de vaisseau Jeanec et Colin, d'obtenir de beaux résultats, dont nous avons longuement entretenu nos lecteurs. (LM)

Vendredi 24 décembre 1909
Le 22 décembre, un bureau de poste auxiliaire sera ouvert à Puttigny, circonscription postale de Hampont. (LM)

sommaire

Année 1910

Samedi 15 janvier 1910
Les nouvelles taxes téléphoniques.
Le comité directeur de la Société des industriels d'Allemagne a pris position contre l'introduction projetée des nouvelles taxes téléphoniques, et il a motivé son attitude par des considérants très détaillés.
Après avoir fait ressortir les différents inconvénients du projet, il se prononce pour le maintien du système actuel. Il est cependant d'avis que dans certains cas il est nécessaire de faire poser un second appareil téléphonique lorsque le premier est surchargé, par exemple, quand le nombre des conversations annuelles dépasse le chiffre de 10000. Par contre, le comité des industriels ne saurait qu'approuver le projet d'élever à 75 pf. la taxe des conversations pour des distances variant entre 100 et 250 kilomètres ; du reste, cette augmentation est appuyée depuis longtemps par les sphères du commerce et de l'industrie.
De son côté, la Ligue hanséatique, section de Carlsruhe, a émis une protestation en règle contre l'introduction des nouvelles taxes téléphoniques. Voici les conclusions de sa déclaration : Nous sommes d'avis que l'excédent de recettes qu'on attend d'une augmentation des taxes téléphoniques, serait plutôt atteint par une diminution de ces taxes et que la vulgarisation si nécessaire de l'emploi du téléphone peut être obtenue par une taxe fondamentale très minime à laquelle viendrait s'ajouter une taxe supplémentaire par conversation, mais dont le montant devrait se calculer non d'après le nombre des abonnés, mais d'après le taux global et, le cas échéant, d'après le chiffre progressif des conversations. (LM)

Jeudi 10 février 1910
Les nouveaux abonnements au téléphone.
Les personnes qui désirent obtenir un raccordement au téléphone pour le premier semestre de l'exercice 1910, c'est-à-dire du 1er avril à la fin septembre, devront en faire la demande avant le 1er mars. (...) (LM)

Lundi 14 février 1910
Escroquerie au téléphone.
On met le public en garde contre un escroc qui commande par téléphone des marchandises pour un M. Torvis, directeur. Il a essayé de se procurer 500 cigares dans un débit de tabac. Le propriétaire de ce débit ayant pris des renseignements par téléphone, parvint à déjouer l'escroquerie. Le personnage en question est dépeint comme un homme pâle et maigre, ayant une moustache noire; il peut avoir 1 m 70 et ressemble à un ouvrier âgé de 30 à 35 ans. (LM)

Mercredi 23 février 1910
Les carrières féminines.
Téléphoniste, passe encore, mais facteur ! qui l'eut cru !
(En France, dans l'Aveyron) (LM)

Samedi et dimanche 19 et 20 mars 1910
Télégrammes de nuit.
La distribution des télégrammes qui arrivent pendant la nuit est souvent difficile, parce que les porteurs de dépêches ne peuvent pas entrer dans les maisons dont les habitants n'aiment pas être dérangés dans leur sommeil. Aussi, depuis le 1er juillet dernier, les télégrammes ne sont plus portés à domicile pendant la nuit que lorsque l'expéditeur en exprime le désir par une mention spéciale, ou si l'employé qui le reçoit constate qu'il y a urgence. Les expéditeurs de dépêches télégrammes qui désirent que leurs télégrammes soient portés au domicile du destinataire, sont priés d'inscrire le mot : « Nachts » sur la feuille qu'ils remettent au guichet. (LM)

Mardi 29 mars 1910
Dorénavant, le service télégraphique sera supprimé de cinq à six heures de l'après-midi les dimanches et fêtes légales pour les bureaux de poste ci-après désignées : (...) (LM)

Samedi et dimanche 16 et 17 avril 1910
Le catalogue des abonnés au téléphone va être réédité prochainement. Le bureau central du téléphone pour le circuit de Metz, prie les abonnés qui auraient quelques modifications à faire concernant leur adresse, de les lui adresser sans retard. (LM)

Lundi 18 avril 1910
Des bureaux de poste auxiliaires seront ouverts à partir du 18 avril à Marange-Zondrange (Möhringen), c. p. de Bionville (Bingen) et à Schweyen, c. p. de Breidenbach. (LM)

Samedi et dimanche 7 et 8 mai 1910
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique viennent d'être ouverts dans les localités ci-dessous; les noms entre parenthèses indiquent les bureaux chargés du signalement des accidents.
Gerbécourt (Château-Salins, Morhange), Lemmersberg (Metz, Kurzel), Rohrbach, arr. de Château-Salins, (Dieuze), Saint-Agnan (Metz, Kurzel), Vry (Metz, Kédange, Vigy), Willing (Bouzonville, Teterchen), Wirming (Grostenquin, Hellimer). (LM)

Vendredi 13 mai 1910
Depuis le 11 mai, un bureau de poste auxiliaire a été établi à Many près de Mainvillers et à partir du 12 mai à Tressange près d'Aumetz et à Ewendorf près de Kirchnaumen. (LM)

Jeudi 26 mai 1910
Conversation téléphonique pendant les orages.
L'administration des téléphones rappelle au public que pendant la durée des orages proches et graves, les stations centrales ne donnent pas de communication téléphonique. Tous les appareils sont, il est vrai, munis de paratonnerres excessivement sensibles qui font dévier vers le sol des décharges d'électricité atmosphérique ; cependant on recommande aux abonnés de ne pas toucher les appareils et les conduites pendant les orages. Il y a encore bien de faire remarquer qu'il n'est d'aucune utilité de déclencher le récepteur pendant les orages; au contraire, ce déclenchement est plutôt nuisible qu'utile. (LM)

Vendredi 27 mai 1910
Le téléphone entre la France et l'Allemagne.
Un décret décide que les taxes élémentaires applicables aux communications téléphoniques échangées, pendant les heures du service de nuit, entre la France et l'Allemagne, sont fixées par unité de trois minutes, aux trois cinquièmes des taxes élémentaires normales.
Le maximum de la taxe de 15 francs pour une conversation de trois minutes, applicable aux communications privées urgentes de jour, est également réduit aux trois cinquièmes pour les conversations privées urgentes de nuit, soit à 9 francs par unité de trois minutes.
La taxe des communications téléphoniques franco-allemandes échangées pendant les heures de nuit, sous le régime de l'abonnement, est fixée, par unité de trois minutes, à la moitié du tarif normal. (LM)

Lundi 6 juin 1910
Des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été établis dans les communes suivantes, les noms entre parenthèses indiquent les bureaux qui doivent être avertis en cas d'accident.
Ewendorf et Keurz (Bouzonville et Sierck), Many (Faulquemont, Herny, Rémilly), Saint-Franz (Bouzonville, Kédange, Waldwiese), Tressange (Algrange, Fontoy, Ottange). (LM)

Mercredi 22 juin 1910
Les taxes téléphoniques.
Depuis le 15 juin, une entente nouvelle est survenue entre l'Allemagne et la France pour régler le prix des correspondances téléphoniques entre les deux pays.
En conséquence, les taxes pour conversations téléphoniques de trois minutes entre les localités de la Lorraine et la France auront lieu aux conditions suivantes :
Pour la zone frontière, c'est-à-dire pour des localités françaises reliées à des localités allemandes par des fils allant jusqu'à 75 kilomètres, la taxe est maintenue à 1 mark; pour les localités des départements du Doubs, de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Haute-Saône, y compris le territoire de Belfort, la taxe est de 1 m. 50 au lieu de 2 marks. La taxe est de 2 m. 50 au lieu de 3 marks pour les départements de l'Ain, de l'Aisne, des Ardennes, de l'Aube, de la Côte d'Or, de l'Isère, du Jura, de la Marne, de la Haute-Marne, de la Nièvre, du Nord, de l'Oise, du Pas-de-Calais, du Rhône, de Saône-et-Loire, de la Savoie, de la Haute-Savoie, de la Seine, de Seine-et-Marne, de Seine-et-Oise, de la Seine-Inférieure, de la Somme et de l'Yonne. Pour le reste des départements français la taxe est de 4 marks au lieu de 5. Pour les conversations urgentes, la taxe sera triplée dans tous ces cas. Les abonnements pour conversations de nuit ne peuvent être utilisés que de Metz entre 9 heures du soir et 8 heures du matin. Une conversation téléphonique de nuit pour un abonnement à une durée minimum de six minutes. (LM)

Mardi 28 juin 1910
Le téléphone et les orages.
En cette saison, on ne saurait assez recommander d'user du téléphone avec la plus grande prudence. L'exemple suivant le prouve. L'autre jour, à Barr, un employé des postes téléphonait, le récepteur en main au moment même où un éclair amena une décharge électrique. L'employé fut renversé sur le sol et paralysé partiellement; on dut le transporter à son domicile. (LM)

Jeudi 7 juillet 1910
L'office impérial des Postes allemandes se plaint, dit la Gazette de Francfort, qu'on téléphone trop, et pour empêcher les bavardages inutiles, il médite de relever les tarifs des conversations. Heureux pays où le téléphone fonctionne de manière si satisfaisante que le public en use pour son plaisir! Il est certain, en effet, que l'Allemagne est un pays où l'on téléphone le plus. Il y avait dans les Etats-Unis, 6 200 000 postes téléphoniques en 1909; le nombre des conversations a été de 11 milliards 370 millions.
En Allemagne, pendant cette même année, on a compté 860 000 appareils et 1 milliard 520 millions de conversations. Cependant, l'Angleterre, avec moins d'appareils (590 000), a causé davantage (1 milliard 808 millions). La France n'arrive que très loin dans cette statistique du téléphone. Elle vient à peine avant la Suède, avec 197 000 appareils au lieu de 167 000, mais les Suédois téléphonent plus que les Français (301 millions de conversations au lieu de 265 millions). A la fin de 1908, le nombre des postes téléphoniques par milliers d'habitants était : aux Etats-Unis, de 82,7 ; en Suède, 31 ; en Allemagne, 14,2 ; en Angleterre, 13,6. Il n'était en France que de 5 pour 1000. (LM)

Mardi 2 août 1910
Les prouesses de la télégraphie sans fil. (LM)

Mercredi 10 août 1910
Un soldat tué au téléphone à Maizières-les-Metz.
Au cours d'une manoeuvre de campagne près de Maizières-les-Metz, un cavalier du 5e escadron du 9e régiment de dragon de Metz a été victime d'un accident. Pendant qu'il téléphonait, le fil est arrivé en contact avec le câble de la conduite d'électricité à haute tension des usines de Rombas dont le courant a ainsi été introduit dans l'appareil récepteur ; le soldat a été tué sur le coup. Il servait dans la troisième année et devait être libéré le mois prochain. Le corps a été ramené à Metz. (LM)

Jeudi 1er septembre 1910
Une découverte d'Edison. (Kinétophone, le son synchronisé au cinéma) (LM)

Mercredi 26 octobre 1910
Le service télégraphique aux bureaux de poste de Moulins et de Gravelotte est supprimé de 5 à 6 heures du soir les dimanches et jours de fête. Pendant cette heure, Moulins sera desservi par la station télégraphique de la gare et Gravelotte par le bureau auxiliaire de Malmaison. (LM)

Samedi et dimanche 26 et 27 novembre 1910
Le téléphone au pôle (Sud). (LM)

Mardi 29 novembre 1910
Pour les abonnés au téléphone.
La liste des abonnés au téléphone dans la zone de la direction supérieure de Metz va être renouvelée au printemps prochain; les modifications que les abonnés auraient à demander à ce sujet, devront être signalées aux bureaux de poste respectifs. (LM)

Jeudi 8 décembre 1910
Les femmes et le service postal.
Le dernier budget de l'Empire prévoit environ 400 nouvelles places dans l'administration des postes qui devront être occupées par le personnel féminin. De ce chef, le nombre des femmes employées dans l'administration des postes et télégraphes dépassera 20 000. Actuellement, ce chiffre est de 19 925, dont 5444 occupant des places fixes. Cet accroissement excessif de personnel féminin -en 1880, le nombre n'était que de 220- est dû en première ligne à l'extension du réseau téléphonique au cours des vingt dernières années. En effet, depuis 1887 environ, on avait conclu d'après des expériences très détaillées, à la supériorité du personnel féminin pour le service téléphonique, en raison du timbre de voix plus net et plus élevé chez la femme. Il est vrai que dans les années suivantes, il avait été constaté que les femmes étant davantage sujettes aux maladies que les hommes, la régularité du service téléphonique avait eu plus à en souffrir; c'est pour cette raison qu'on a exigé à partir de 1905 des conditions plus sévères pour l'acceptation du personnel féminin.
Les dames admises dont la nomination est officiellement prévue dans le budget, reçoivent un traitement initial de 1300 marks, qui au bout de 12 ans, est porté à 1800 marks, indépendamment des indemnités de logement. A côté de ces postes officiels, le service occupe avec le même traitement des employées dans les bureaux de télégraphe de 1ère classe ; leur service comprend en particulier la dactylographie dans les bureaux de poste et le service des rentes et des mandats-poste aux directions supérieures des postes. En outre, on admet du personnel féminin dans les bureaux de poste de 3ème classe. Enfin, depuis 1888, l'administration emploie pour la vente des timbres-poste, des dames dont le salaire va jusqu'à 2 m. 75; leur nombre est de 145 actuellement. (LM)

Mardi 20 décembre 1910
La révision du tarif téléphonique.
La commission du budget du Reichstag a discuté en deuxième lecture, samedi dernier, la réforme du tarif téléphonique. Les articles 2 et 3 ont été adoptés sans difficulté. A l'occasion de l'article 3 du projet de réforme, M. Kraetke, secrétaire d'Etat à l'Office impérial des postes, a regretté que des grands journaux berlinois, d'ordinairement bien renseignés, aient donné au public une fausse image de ce que devait être cette réforme projetée; il ne faut pas oublier, continua-t-il, que les déficits du téléphone doivent être couverts par de nouveaux impôts. Ensuite, après mûres discussions, l'article 3 a été adopté dans la teneur suivante à une belle majorité.
La redevance à payer pour l'unité de conversation est fixée à 4 pfennige; le tarif forfaitaire (Pauschgebühr) devra être ainsi établi: Pour un total de moins de 2000 conversations, une annuité de 75 marks ; de 2000 à 4000 conversations, une annuité de 140 m. ; de 4000 à 6000 conversations, une annuité de 200 m. ; de 6000 à 8000 conversations, une annuité de 250 m. ; de 8000 à 10 000 conversations, 300 m.
Le chiffre maximum des conversations pour un appareil est de 10 000 annuellement. Si dans l'abonnement à conversations taxées, les conversations dépassent le chiffre de 10 000, on devra payer la redevance fixée pour chaque conversation, et, pour chaque nouveau total de 10 000 conversations, la taxe fixe un nouvel établissement. Si des abonnés à l'abonnement forfaitaire dépassent le maximum de 10 000 conversations d'un excédent de plus de 600 conversations, ils devront payer, pour chaque nouveau total de 10 000 conversations, la taxe fondamentale et la taxe de conversations prévue pour un nouveau raccordement.

sommaire

Année 1911

Mercredi 4 janvier 1911
La télégraphie sans fil sur les côtes allemandes.
Berlin, le 2 janvier. A Dantzig, l'administration des postes et télégraphes a établi une station télégraphique sans fil destinée à aviser les navires de guerre et de commerce et les barques de pêche des tempêtes menaçantes. C'est la troisième station de ce genre sur les côtes allemandes. (LM)

Vendredi 6 janvier 1911
Un Américain invente le téléphone multiple.
Le major Squier, du Signal Corps de l'armée américaine, chargé du commandement de l'aviation, du téléphone et du télégraphe militaire, vient d'inventer un appareil appelé à rendre de grands services: le téléphone multiple.
Grâce à cette invention, dix personnes pourront causer sur un seul et même fil sans aucun inconvénient.
Le principe de la découverte repose sur l'application partielle de la téléphonie sans fil à la téléphonie ordinaire. Les messages circulent dans l'éther avoisinant le fil téléphonique. La découverte est surtout importante pour les communications à grande distance. La perception est beaucoup plus nette. L'invention est pratique et peut s'appliquer au téléphone ordinaire après modification légère et peu coûteuse.
Le major Squier a refusé de prendre un brevet. (LM)

Samedi et dimanche 4 et 5 février 1911
La télégraphie sans fil dans les colonies allemandes. (LM)

Mardi 7 février 1911
L'empereur et la télégraphie sans fil. (LM)

Vendredi 10 février 1911
La télégraphie et la téléphonie sans fil. (LM)

Mardi 14 février 1911
La direction des Postes demande aux personnes qui voudraient obtenir un raccordement au téléphone entre le 1er avril et le 1er octobre d'en faire la déclaration avant le 1er mars à la Direction du télégraphe à Metz qui donnera tous les renseignements voulus. (...) (LM)

Samedi et dimanche 18 et 19 février 1911
Le nouvel hôtel des postes.
Dans ces derniers temps, on a travaillé avec une hâte fébrile à l'achèvement du nouvel hôtel des postes, près de la grande gare, que l'administration comptait pouvoir occuper à la date du 1er avril. Cependant, le déménagement prévu ne pourra se faire complètement pour cette date, l'agencement des installations techniques à l'intérieur exigent des travaux qui dureront apparemment jusqu'au mois de mai prochain. D'après le Metzer Zeitung, le rez-de-chaussée serait occupé par les guichets et les cabinets du service ordinaire; le premier étage par le service du télégraphe et l'étage supérieur par les cabinets de la Direction. Le transfert de la poste dans le nouvel établissement va entraîner certaines modifications dont les plus importantes sont la suppression de la grande poste actuelle, place Saint-Martin, et de la poste de Montigny qui recevra une succursale directement dépendante de Metz. Cependant, la direction supérieure des Postes a décidé de laisser à la direction du télégraphe, rue de l'Esplanade, des guichets pour l'expédition des lettres, des envois d'argent et des télégrammes, avec pourtant un service réduit. (LM)

Mardi 21 février 1911
Perturbation sur les lignes téléphoniques.
Les orages et les tempêtes des deux dernières journées ont occasionné de très grandes perturbations sur les lignes télégraphiques. Le service est interrompu sur une série de lignes et on tâche de le maintenir tant bien que mal par des détours. Les communications sont également troublées sur la ligne directe de Metz à Francfort et il n'a pas été possible d'obtenir la communication avec Berlin, même avec l'aide des détours. Pour cette raison, les dernières dépêches ne sont pas encore arrivées. (LM)

Jeudi 9 mars 1911
Les jeunes filles dans l'administration des postes. (LM)

Samedi et dimanche 10 et 11 mars 1911
La révision du tarif téléphonique.
La communication du budget du Reichtag a pris connaissance, mercredi dernier, du projet de compromis concernant la réforme du tarif téléphonique. D'après ce compromis, la taxe fondamentale serait de 50 pf. par an pour les réseaux ayant moins de 100 raccordements. (...) (LM)

Samedi et dimanche 18 et 19 mars 1911
L'inventeur de la télégraphie sans fil. (Le Dr. Branly) (LM)

Mardi 21 mars 1911
Modifications dans le service des postes à Metz, Montigny et au Sablon. (LM)

Samedi et dimanche 25 et 26 mars 1911
Au téléphone.
Le bureau téléphonique de Canton (Ohio) vient d'être le théâtre d'expériences bien intéressantes. En présence de six médecins convoqués à cet effet, une dizaine d'employés ont reçu par téléphone le fluide de M. Fernando Loutzenheiser, magnétiseur illustre, qui opérait de Pittsburg, laquelle ville est séparée de Canton par plus de 160 kilomètres.
Deux des patients se montrèrent récalcitrants et quittèrent l'appareil aussi guillerets qu'ils pouvaient l'être avant le début de la communication. Mais cinq téléphonistes eurent à peine pris les récepteurs qu'ils tombèrent aussitôt dans un profond sommeil. Un autre de leurs confrères se révéla si bien doué au point de vue hypnotique que sa carrière de médium est assurée s'il quitte jamais l'administration.
Sentant qu'il avait affaire à un sujet exceptionnel, M. Loutzenheiser en jouait, à quarante lieues de distance, comme d'un instrument. Depuis la rudesse impérieuse jusqu'au murmure le plus persuasif, sa voix parcourait tous les registres et prenait tour à tour toutes les inflexions, tandis que les assistants voyaient se refléter sur le visage du téléphoniste les plus diverses nuances de sensibilité. A la fin, M. Loutzenheiser, non content d'avoir mis le sujet en hypnose, le conduisit progressivement à la catalepsie : « Ton bras gauche est insensible ». Le bras tombait inerte, et les six médecins y enfonçaient toute une pelote d'épingles sans éveiller le moindre signe de douleur. « Lève la jambe droite ». La jambe se dressait obliquement vers le ciel, et l'effort combiné des six médecins n'arrivait point à le ramener vers le sol. « Tu es une pierre », criait dans le téléphone la voix nasillarde du magicien de Pittsburg. Le patient s'écroulait, bras et jambes tendus, en travers d'un fauteuil, et les six médecins s'assirent sur sa poitrine, sans faire céder d'une ligne ce corps en porte-à-faux.
Nous n'insisterons pas sur l'intérêt d'une pareille expérience. On voit assez qu'elle marque une importante conquête pour la science hypnotique qui ne connaît plus désormais d'obstacles ni de distances. Seulement, si l'on endort les demoiselles du téléphone, combien de temps allons-nous attendre les communications ? (LM)

Lundi 27 mars 1911
Modifications dans le service urbain des postes.
Le nouvel hôtel central des Postes sera ouvert, comme on le sait, le 1er avril prochain. Voici quelques descriptions sur l'aménagement de cet établissement :
Au rez-de-chaussée se trouvent les locaux du bureau de poste I (lettres, journaux), et la recette supérieure des postes. Le premier étage comprend le logement de service du directeur supérieur des postes et les bureaux de la direction supérieure des postes; au-dessus sont les logements des chefs du bureau n°1 et du bureau du télégraphe, ainsi que les bureaux correspondants; au 3ème étage, enfin sont installées les différentes salles du téléphone.
Les différentes entrées sont situées :
Pour la direction supérieure des postes et le bureau du télégraphe: dans la tour angulaire du côté nord ; Pour la recette supérieure des postes : dans la tour angulaire du côté nord-ouest ;
Pour les salles de service du bureau de poste I et pour le logement de service du directeur des postes: dans l'aile de bâtiment sud-est, en face du hall d'arrivée de la nouvelle gare ;
Pour les logements de service du directeur supérieur des postes, du directeur du télégraphe et du concierge : dans la tour principale sur la place de la Gare.
Au milieu de la façade, dans la rue de la Gare, se trouve l'entrée principale, qui conduit dans la grande salle des guichets. A gauche de l'entrée se trouvent les guichets pour les lettres et envois d'argent, à droite ceux pour la distribution des lettres, séparés pour les militaires et la population civile. Tous les envois accompagnés d'une adresse de colis doivent être remis au bureau de poste III (bureau des colis postaux), où a lieu également la distribution de ces envois.
Un vestibule sépare sa salle des guichets de l'entrée. A droite de ce vestibule sont installés les guichets du télégraphe, avec cabines téléphoniques et les boxes d'abonnement pour envois de lettres et journaux. A gauche de l'entrée à la salle des guichets se trouve le bureau de nuit pour l'expédition de dépêches et d'envois par exprès.
Le service d'expédition et de distribution des télégrammes sera inauguré le 1er avril. Devant le nouvel hôtel central des Postes, on installera des distributeurs automatiques pour timbres et cartes postales. Le bureau auxiliaire VI (installé dans l'ancien bureau du télégraphe, rue de l'Esplanade) sera ouvert les jours de semaine à partir de 7 heures du matin en été, et de 8 heures en hiver, jusqu'à huit heures du soir. Il sera fermé au public les dimanches et jours fériés. On pourra s'y procurer des valeurs postales en petite quantité et on pourra expédier des dépêches. Par contre, on ne pourra expédier de là des colis postaux. (LM)

Samedi et dimanche 1er et 2 avril 1911
Affaires postales.
A partir du 1er avril jusqu'au 30 septembre, les guichets de la poste seront ouverts dès 7 heures du matin. Les cases au bureau de poste n°1 seront accessibles au public à partir de 6 heures et demie du matin jusqu'à 8 heures du soir.
Le bureau de poste n°1 est installé, à partir du 1er avril, dans le nouveau bâtiment de la poste, rue de la Gare ; un bureau auxiliaire (Metz 6), sera ouvert au rez-de-chaussée du bureau des télégraphes, rue de l'Esplanade. Le bureau central situé à l'angle de la place Saint-Martin et de la rue des Parmentiers sera fermé le 31 mars au soir. (LM)

Mardi 4 avril 1911
Télégraphe.
Il arrive fréquemment que les conduites télégraphiques sont endommagées de gaieté de coeur par la démolition des cloches en porcelaine, ou par suite de négligence dans l'abattage des arbres situés dans le voisinage. Le Code pénal punit de prison ou d'amende les détériorations de cette nature. L'administration des télégraphes promet des récompenses en espèces à ceux qui dénoncent les auteurs de ces déprédations faites à dessein ou par négligence. Lorsqu'en cas d'abattage ou d'élagage d'arbres, il n'est pas possible d'éviter des détériorations aux conduites télégraphiques ou téléphoniques, il faut en faire part en temps opportun au bureau télégraphique le plus proche avant le commencement des travaux, pour qu'il fasse protéger les conduites, sans qu'il en résulte aucuns frais pour les intéressés. (LM)

Mardi 11 avril 1911
Les progrès récents de la télégraphie sans fil.
Ce qu'ils seront demain.
(2 colonnes en 1ère page) (LM)

Jeudi 20 avril 1911
Service téléphonique.
Prochainement, aura lieu le transfert dans la nouvelle poste, près de la gare, du service téléphonique, dont les bureaux se trouvent actuellement rue de l'Esplanade; les modifications nécessaires dans les installations et raccordements se feront peu à peu. Mais malgré les plus grandes précautions, ce transfert ne pourra se faire sans quelques interruptions dans le service. L'administration du télégraphe nous communique en particulier que l'avertissement automatique à la centrale, qui indique à l'employé le commencement et la fin de chaque conversation, ne pourra pas fonctionner avant quelques semaines; les demoiselles du téléphone seront donc tenues, pendant toute la durée du transfert, pour se rendre compte si une conversation est terminée, de raccorder leur appareil à celui de l'abonné et de lui en faire la demande. Cette mesure, qui met ainsi l'abonné à contribution, ne peut malheureusement être évitée ; mais on s'efforcera d'en réduire l'application au strict nécessaire. (LM)

Mercredi 26 avril 1911
Communication de la Chambre de commerce de Metz.
M. le directeur supérieur des postes annonce à la Chambre que le transfert du bureau central des téléphones au nouvel Hôtel des postes aura lieu vers la fin du mois de mai ou au commencement de juin. Conformément à la proposition de la Chambre, on installera alors le service complet de nuit. Provisoirement l'Administration a renoncé à demander une garantie pour ce service espérant que les dépenses résultant du service de nuit seront couvertes par les recettes provenant des taxes téléphoniques.

Modifications dans le service des postes.
La Direction des postes prévient le public qu'à partir d'aujourd'hui, la dernière levée des boîtes aux lettres se fera une demi-heure plus tôt, c'est-à-dire entre 10 et 11 heures, au lieu de 10 h. et demie et 11 h. et demie. Cette modification a pour but d'assurer l'expédition, le soir même, des lettres à destination du centre et du nord de l'Allemagne ; emportées de Metz par le train de Francfort, à minuit 23, qui a des correspondances directes avec Cologne et Berlin, ces lettres auront désormais une avance considérable. De plus, une nouvelle levée des boîtes aura lieu les dimanches et jours de fêtes entre 10 h. un quart et 11 h. un quart du matin. (LM)

Jeudi 4 mai 1911
Au nouvel hôtel des postes.
Le 1er mai, la Direction supérieure des postes a inauguré à son tour ses services dans le nouvel Hôtel des postes et télégraphes, près de la gare. A cette occasion, les employés et sous-employés, les préposés aux différents services établis dans le nouvel immeuble, ainsi que le personnel du bureau central se sont réunis pour une fête intime dans une grande salle du bâtiment. M. le conseiller intime Stehle, directeur supérieur des postes a adressé une allocution de circonstance aux fonctionnaires , les rendant attentifs à l'importance de cette journée dans l'histoire du développement des postes en Lorraine ; puis il a lu la dépêche suivante qu'il avait reçue de M. le secrétaire de l'office impérial des postes en réponse au télégramme que lui avait envoyé l'administration des postes de Metz, le jour de l'inauguration du nouvel hôtel : « Avec mes remerciements pour l'expression de votre fidèle dévouement, j'exprime le voeu que les immeubles inaugurés en ce jour seront toujours témoins d'un travail opiniâtre et accompli avec en vue du développement puissant du commerce et du trafic en Lorraine. » (LM)

Jeudi 1er juin 1911
Le tarif des téléphones.
Depuis le 11 mars dernier, le tarif des communications téléphoniques avec la France est modifié en ce sens que la taxe pour les conversations pendant la nuit a été réduite à trois cinquièmes de celle pour les conversations pendant la journée. On considère comme heures de nuit le temps qui s'écoule de dix heures du soir à huit heures du matin pendant les mois de mars à octobre, et de dix heures du soir à neuf heures du matin pendant les mois de novembre à février inclusivement. Cette réduction de la taxe est surtout avantageuse pour les personnes qui veulent correspondre avec la France entre 7 et 8 heures du matin en été et entre 8 et 9 heures du matin en hiver. (LM)

Mercredi 7 juin 1911
Au téléphone.
Sous ce titre, le théâtre Antoine a représenté jadis un drame terrifiant. Ce drame vient de se renouveler, avec quelques variantes curieuses, à « East Orange » (New-Jersey). Pendant la nuit de mardi à mercredi derniers, l'employée du bureau central préposé au service nocturne était appelé au téléphone par la sonnerie d'un certain Michel Bellotti, cordonnier, demeurant au numéro 39 de la Greenwood Avenue. Elle s'approche de l'appareil, fait connaître sa présence mais elle a beau répéter : « Halo! Halo! », aucune voix ne répond à la sienne ; ou, du moins, aucune voix humaine. En revanche, elle entend une sorte de cri violant et inarticulé, des bruits de pas de même, semble-t-il, la plainte lointaine de quelqu'un qui souffre. Et elle fait venir le chef de bureau qui écoute à son tour et qui conclut comme elle qui se passe quelque chose de grave à l'autre bout du fil: sûrement, il y a tentative de meurtre ou de suicide et quelqu'un demande du secours. Les deux téléphonistes préviennent la police. L'inspecteur Philippe Zink se rend à la boutique du cordonnier, brise un carreau, entre par la fenêtre et se trouve en face d'un chien noir qui paraît affolé. Au second coup d'oeil, il s'aperçoit que ce chien noir est blanc, mais couvert de cirage; sans s'attarder à ce détail, il enfonce une porte et pénètre, précédé du chien, dans la pièce voisine où Michel Bellotti gît sur le sol, râlant et presque mort. On l'interroge; il répond tant bien que mal, plutôt par signes que par paroles, qu'il a voulu se suicider; on lui donne les soins nécessaires et l'on reconstitue l'incident. Bellotti, pour mourir tranquille, avait enfermé son chien dans la pièce où, d'habitude, il cire les chaussures et où se trouve aussi le téléphone. En entendant les gémissements du maître, l'excellente bête essaye de se porter à son secours, mais la porte est close, alors un éclair de dévouement sublime illumine soudain son humble intelligence; elle se rue, en renversant tous les pots de cirage, vers le coin où elle a si souvent entendu son maître parler à de mystérieux absents; d'un coup de tête, elle décoche le récepteur et elle aboie désespérément. Si le cordonnier en réchappe, il devra la vie à son chien et si, comme il est possible, il lui en montre peu de reconnaissance, l'animal aura bien de la peine à comprendre les cerveaux humains. (LM)

Lundi 12 juin 1911
Le téléphone à tout faire.
L'Etat anglais ayant décidé de reprendre en régie le réseau de la National Telephone Company, quatre hauts fonctionnaires du General Post office sont allés étudier aux Etats-Unis l'organisation du service. Ils en sont revenus émerveillés et leur rapport expose les raisons de cet émerveillement. Les Compagnies américaines ont su assurer au public tant d'avantages et de commodités, pour un prix si modeste, que le nombre des abonnements ne cesse de s'accroître, ainsi que le chiffre des bénéfices. C'est que les Compagnies ne reculent devant rien pour satisfaire le public; il n'est aucun service que leurs abonnés ne puissent leur demander. Tous ceux qui le désirent reçoivent à heure fixe et gratuitement les cours de la Bourse; à Chicago, 80 000 abonnés reçoivent une fois par jour l'indication de l'heure exacte, afin de pouvoir régler leurs montres et leurs pendules sur les horloges officielles; ceux qui s'intéressent à la politique n'ont qu'un signe à faire et ils sont avertis du résultat des élections; on transmet aux sportsmen ou aux simples parieurs le résultat des courses; les voyageurs qui prennent un train matinal, les laborieux qui veulent se mettre à l'ouvrage avant l'aube, n'ont qu'à prévenir le bureau, et la sonnerie du téléphone les réveille à l'heure convenue. On voit que nous sommes bien loin de tirer de cet appareil tous les avantages qu'il comporte. Il est vrai qu'en Europe, il fait déjà si mal son service restreint qu'on frémit en pensant à la gabegie probable si ce service venait à être compliqué. (LM)

Jeudi 15 juin 1911
Service téléphonique et télégraphique.
Du 16 au 19 courant, le bureau central du télégraphe à Metz sera transféré dans le bâtiment de la nouvelle poste, près de la gare. Rappelons à ce sujet que le bureau de la rue de l'Esplanade recevra, comme par le passé, les télégrammes, mais comme ces télégrammes devront être transmis au bureau central de la gare, ils pourront subir un léger retard. Il importe donc que les télégrammes très pressants soient apportés directement au bureau de la nouvelle poste, qui est seul autorisé à les recevoir après la fermeture des guichets (sonnette de l'entrée A).
A partir de la date de ce transfert, le service ininterrompu du jour et de nuit sera établi dans le bureau de la nouvelle poste. L'entrée des bureaux du service télégraphique se trouve à l'angle nord-est du bâtiment porte B. (LM)

Samedi et dimanche 17 et 18 juin 1911
Transfert des bureaux de télégraphie et du téléphone.
Les bureaux du télégraphe et du téléphone installés jusqu'ici dans le bâtiment de la rue de l'Esplanade, vont être transférés à la grande poste, dans les locaux réservés à ces deux exploitations.
L'extension qu'elles ont prise en ces dernières années ne trouvait plus depuis longtemps l'espace suffisant dans l'immeuble de la rue de l'Esplanade, et le changement qui va s'opérer s'imposait donc pour de multiples raisons. En rendant compte de l'inauguration de la grande poste, nous avons fait ressortir le soin apporté à une installation à la fois très confortable et qui répond en même temps à toutes les exigences hygiéniques. Une visite faite hier après-midi dans les locaux destinés au télégraphe et au téléphone nous a permis de faire une constatation identique. Une visite préalable dans les bureaux actuels du télégraphe et du téléphone nous a laissé d'autant mieux apprécier le progrès réalisé dans l'ensemble de l'installation de ces deux importantes administrations. Grâce à l'amabilité de M. Staehle, directeur des postes, M. Drees, directeur du télégraphe et du téléphone, et M. Engelmann, nous avons pu avoir l'impression de la supériorité des services télégraphiques et téléphoniques de la nouvelle poste en nous faisant expliquer l'agencement de toute cette merveilleuse organisation depuis la cave jusqu'à la tour des câbles. Rien n'a été négligé pour atteindre le dernier degré de perfection réalisé jusqu'ici pour ces deux agents si importants dans les relations industrielles, commerciales et privées. Toutes les précautions ont été prises pour supprimer les attentes prolongées des communications, la mauvaise audition sur les circuits, les interruptions répétées des communications, etc. Le début sera nécessairement encore difficile, mais quand tout le personnel sera initié à fond aux moindres détails d'une installation aussi compliquée, chacun devra reconnaître que Metz possède le meilleur service téléphonique qu'il soit possible d'imaginer. Au début du téléphone, lorsque les premiers multiples, dont certains sont encore en service, commençaient à être utilisés, les communications s'établissaient d'une façon satisfaisante, car les abonnés étaient moins nombreux que maintenant. L'augmentation du nombre des fils, des appareils et des dames employés n'a pas suffit à empêcher l'encombrement des lignes, par suite de l'accroissement ultérieur du trafic. Le téléphone, dont l'exploitation est simple quand il s'agit de mettre en communication les abonnés d'un groupe restreint, exige une organisation particulièrement compliquée pour un réseau comme celui de Metz, sur lequel s'échangent de si nombreuses conversations. C'est donc une grande satisfaction de pouvoir dire aujourd'hui que la transformation actuelle correspond en tous points au développement acquis par le service téléphonique.
Les explications si instructives et intéressantes de MM. Drees et Engelmann nous ont largement prouvé que tout progrès réalisé dans la science téléphonique a reçu une application générale dans la nouvelle poste. L'innovation la plus pratique réside dans le système de la batterie centrale que diverses administrations ont introduit sur leurs réseaux au cours de ces dernières années. L'usage intensif du téléphone exigerait que le service ne fût confié qu'à des opératrices bien recrutées et méthodiquement exercées. Les demoiselles du téléphone ne méritent cependant pas tous les reproches que le public leur adresse. L'insuffisance des lignes auxiliaires et le mauvais état des appareils sont la cause principale de la lenteur et de la difficulté des communications. Le public lui même a besoin de faire son éducation en s'astreignant à observer les prescriptions du règlement dans l'emploi du téléphone. Le fonctionnement du service ne peut être irréprochable qu'à cette condition. C'est parce que les abonnés négligent trop souvent de donner le signal de fin de communication que de nombreux circuits libres restent fermés et que les préposées, habituées à ne pas compter sur le signal, troublent les correspondances, sous prétexte de savoir si le fil continue à être utilisé. Le système de la batterie centrale va simplifier, à cet égard, les devoirs des abonnés, puisque le signal de fin de communication sera donné automatiquement par le simple fait de la mise en place du récepteur.
Pour obtenir une communication, il suffira de soulever le récepteur. On pourra donc se dispenser complètement des manivelles dont sont munis les appareils actuels que l'administration va, du reste, remplacer chez tous les abonnés.
L'introduction d'un service ininterrompu (jour et nuit) est une innovation très importante de la nouvelle installation. Inutile de dire que la direction a pris toutes les mesures pour que le transfert puisse s'effectuer sans causer de dérangement dans le service, mais le public devra néanmoins faire preuve d'un peu d'indulgence pendant les premiers jours. (LM)

Lundi 19 juin 1911
La réforme du tarif téléphonique.
Dans le projet soumis au Reichtag concernant la réforme du tarif téléphonique, il avait été prévu que les communications avec le dehors devaient être soldées, lors même que l'abonné n'aurait pas reçu la communication désirée, par exemple en raison de l'absence de la personne mandée, la poste était considérée comme ayant fait son devoir et comme devant être rétribuée. Aussitôt ce projet connu, les sphères des commerçants et les industriels se sont mis en campagne et, par l'entremise de la diète commerciale de Bavière ainsi que par l'entremise de la diète des Chambres de commerce allemandes, des représentations furent faites dans ce sens auprès de secrétaire d'Etat à l'Office impérial des Postes; avec justesse, on lui fit remarquer que cette mesure entraînerait tout simplement le retour aux télégrammes , moyen plus coûteux pour la poste, mais qui atteint toujours le destinataire. Donnant suite à ces représentations, le secrétaire d'Etat a répondu que cette clause serait supprimée dans le projet soumis à la discussion du Reichtag. (LM)

Jeudi 22 juin 1911
Depuis le 18 juin, nous avons enfin à Metz le service de nuit aussi pour le téléphone ; mais à la grande surprise des abonnés, chaque correspondance coûte 20 pfennige. Dans d'autre villes, cette taxe est inconnue. (LM)

Lundi 10 juillet 1911
Les personnes qui désirent obtenir un raccordement au téléphone pour le deuxième semestre de l'année courante sont priées d'en adresser la demande avant le 1er août à la direction des télégraphes qui donnera les renseignements nécessaires. Cette date une fois passée, les raccordements ne pourraient plus être exécutés à temps, sinon avec des frais plus considérables. (LM)

Mardi 11 juillet 1911
Des bureaux télégraphiques avec service téléphonique ont été établis à Gennkirchen, en cas d'accident: Boulay, Bouzonville, Teterchen, à Racrange (en cas d'accident Dieuze et Morhange), et Zommange (en cas d'accident Dieuze et Maizières-Azoudange). (LM)

Lundi 17 juillet 1911
Heureux abonnés.
Ah ! qu'il fait bon être abonné au téléphone à Chicago, si nous en croyons le « Figaro ».
Non seulement, à Chicago, les abonnés au téléphone obtiennent la communication -et c'est déjà quelque chose- mais encore, sur le désir qu'ils en expriment, on leur envoie par téléphone une foule de renseignements.
Sont-ils dans les affaires ? Ils reçoivent chaque jour à heure fixe, et sans aucun supplément, les cours de la Bourse. A ceux qui se piquent d'exactitude, un avis téléphonique indique pareillement l'heure officielle.
Si vous vous intéressez à la politique, vous connaîtrez le résultat d'une élection à l'instant de sa proclamation, et si vous jouez aux courses, vous apprendrez le nom du gagnant de votre fauteuil.
Mais il y a mieux encore.
Un abonné a-t-il besoin de se réveiller le lendemain à une heure déterminée, pour partir en voyage, par exemple. Il suffit qu'il en avise le bureau. A l'heure dite, la sonnerie du téléphone, implacable vient mettre un terme à son sommeil.
Il est vrai qu'à Chicago, le service des téléphones est assuré par l'industrie privée. (LM)

Samedi et dimanche 22 et 23 juillet 1911
Vieille poste.
La vente aux enchères fixée jeudi dernier, du bâtiment de la direction supérieure des postes, rue des Parmentiers, n'a pas donné de résultats. La dernière mise n'était que de 90 000 marks. (LM)

Mardi 1er août 1911
Les miracles de la télégraphie sans fil.
Des officiers réussissent à télégraphier d'un aéroplane en marche à cinq cents mètres de hauteur. Fès relié à Paris par la télégraphie sans fil. (LM)

Jeudi 3 août 1911
Affaires postales.
On ne peut pas dire que l'installation de la nouvelle direction supérieure des Postes et du nouveau bureau 1 ait amélioré le mouvement postal à Metz, c'est bien le contraire qui est arrivé. Le transport des colis postaux est, par suite des distances plus grandes, devenu plus pénible et plus long pour bien des maisons de commerce. On se plaint beaucoup aussi de la suppression du service dominical du bureau de la rue de l'Esplanade, qui serait situé si avantageusement pour le commerce et particulièrement pour des voyageurs. Rouvrir ce service les dimanches , répondrait à un besoin public réel. Le service téléphonique n'a pas gagné non plus aux modifications faites. Depuis la suppression de la sonnerie et l'introduction des lumières, on est obligé d'attendre les correspondances bien plus longtemps qu'auparavant. Et les conversations sont moins intelligibles. Les plaintes à ce sujet sont générales et il faut bien les exprimer une fois dans la presse, pour qu'on veuille bien y porter remède. (LM)

Jeudi 10 août 1911
Durant le mois de juin, des bureaux du télégraphe avec le service téléphonique ont été installés dans les localités suivantes :
Bréhain (poste pour signaler les accidents relié à Château-Salins et Morhange), Entrange (Algrange et Thionville), Trémery (Delme et Rémilly), Liéhon (Metz et Solgne et Verny), Steinbach (Diemering et Sarreguemines). (LM)

Talange. « Au téléphone »
Un grand essor industriel bouleverse complètement cette région; l'industrie du bâtiment bat son plein, l'activité commerciale y est intense. Ceci fait que les transactions se traitent par les voies les plus rapides; le téléphone surtout est mis le plus à contribution, et généralement à la satisfaction des intéressés.
Talange, cependant, fait exception à la règle; exception que nous signalons à l'appréciation de la direction des postes, car le mécontentement est général. On se plaint que les employés de la poste de Hagondange ne sont pas toujours assez empressés pour répondre aux appels téléphoniques. Cette manière d'agir fait perdre du temps et par conséquent, aussi de l'argent aux entrepreneurs et commerçants en imposant de longues attentes à leurs employés. Et si ces messieurs de la poste daignent répondre à votre appel, ce n'est pas toujours pour vous donner la communication demandée, mais souvent pour vous faire subir un inutile interrogatoire.
On vous pose à satiété les questions les plus saugrenues, telles que : « Wer sind sie ? », « Wie heissen sie ? », Was wollen sie ? ». Inutile de dire quelle réponse méritent et reçoivent ces élucubrations.
On est à se demander si moyennant monnaie sonnante, ces employés ont le droit de se moquer du public. (LM)

Vendredi 11 août 1911
La télégraphie sans fil en Allemagne.
Une nouvelle station de télégraphie sans fil a été installée près de Swinemunde. Les ondes hertziennes ont une portée de 500 kilomètres. La station doit entretenir des communications avec tous les navires ayant la TSF à bord et devra porter à leur connaissance les orages éventuels. (LM)

Mercredi 13 septembre 1911
Les lettres-télégrammes. (LM)

Mercredi 4 octobre 1911
La censure téléphonique.
L'administration des téléphones de Berlin vient d'établir un bureau de contrôle permettant de surveiller les conversations avec l'étranger et de veiller à la bonne observation par les employés de toutes les prescriptions du règlement. Les appareils sont disposés de telle façon que le contrôleur peut écouter tout ce que disent les employés et les abonnés. (LM)

Mardi 10 octobre 1911
Des bureaux télégraphiques avec service téléphonique ont été installés à Heininger et à Kirsch-lès-Sierck. (LM)

Vendredi 20 octobre 1911
Dégradation des installations télégraphiques.

Samedi et dimanche 25 et 26 novembre 1911
La télégraphie sans fil en Allemagne.
Berlin, le 23 novembre. La station centrale de la télégraphie sans fil de Naven a réussi, malgré les dernières tempêtes, à placer sur la tour, haute de cent mètres, une seconde tour de même hauteur, ce qui permet d'espérer des communications à 6000 kilomètres de distance. (LM)

Vendredi 24 novembre 1911
L'armée allemande dotée de postes automobiles de T.S.F.
L'administration militaire allemande va transformer, pour y apporter les derniers perfectionnements, ses postes de radiotélégraphie. Le nouvel appareil sera monté sur une automobile, dont le moteur actionnera également la dynamo. Le nombre de tours sera réglé automatiquement.
La station peut se monter en 25 minutes, et les antennes sont supportées par un mât, démontable, haut de 30 mètres. (LM)

Vendredi 1er décembre 1911
Les pluies et mauvais temps de ces jours derniers ont occasionné des interruptions dans le réseau téléphonique de Metz.
Par suite des inondations à l'Ile St-Symphorien, survenue en même temps, croît-on, qu'une rupture de l'enveloppe du câble, l'humidité a pénétré dans le câble des conduits traversant l'Ile, de sorte que toutes les conduites de ce câble sont mises hors de service. Cette interruption affecte toutes les communications avec Moulins, Scy, Lessy, Longeville, le Sauvage et la partie ouest de Ban-St-Martin.
Dès que les causes ont été connues, on a immédiatement entrepris les travaux de réparation avec tous les ouvriers disponibles. Ces réfections sont contrariées par les inondations et les conditions de travail défavorables à l'Ile St-Symphorien. On espère cependant que dans quelques jours les communications seront rétablies. (LM)

Lundi 11 décembre 1911
Jeunes filles dans l'administration des postes.
Différentes directions supérieures des postes et télégraphes de l'Empire viennent d'établir un nouveau règlement pour l'accès des jeunes filles au service des postes et télégraphes. Les jeunes personnes qui ont fréquenté les écoles élémentaires supérieures et qui ont commencé l'étude des langues étrangères seront désormais dispensées de l'examen qu'elles devaient subir pour entrer dans l'administration des postes. On conclut de là que le nombre autrefois si grand des jeunes filles voulant entrer aux postes a considérablement diminué. (LM)

sommaire

Année 1912

Mercredi 31 janvier 1912
Service téléphonique au début de l'année 1912. Le chiffre des abonnés au téléphone à Hayange et à Forbach ayant dépassé la centaine, les intéressés sont avertis que le tarif de l'annuité fixe, s'élèvera à partir du 1er avril à 120 marks. Les abonnés feront bien de s'adresser à leur bureau de poste respectif pour prendre connaissance des conditions d'abonnement et des conséquences qu'entraîne cette modification. (LM)

Mercredi 14 février 1912
Il manque à la grande poste de Metz, si luxueusement installée, une chose bien simple pour la commodité du public pendant le service de nuit. C'est un pupitre avec lumière pour écrire les dépêches et les lettres-dépêches. Il n'y a pas non plus de cabine téléphonique publique pour la nuit. Voilà deux lacunes qui demandent à disparaître. (LM)

Lundi et mardi 19 et 20 février 1912
A l'hôtel des Postes.
On peut obtenir, cela va sans dire, même pendant la nuit des communications téléphoniques soit pour la ville, soit pour le dehors contre versement des taxes réglementaires. Les demandes en sont reçues au guichet du service de nuit de la poste. Quant à ceux qui veulent déposer des télégrammes, ils peuvent les écrire, à proximité du guichet du service de nuit, dans le kiosque au milieu de la galerie précédant la grande salle. (LM)

L'amélioration du service télégraphique.
L'amélioration du service télégraphique entre la France et l'Allemagne est vivement désiré par l'administration française des P.T.T., qui en a fait la demande auprès de l'administration impériale des Postes à Berlin. De son côté, cette administration désirait répondre à un besoin réel en faisant doubler les fils des lignes Paris-Berlin, Paris-Francfort et Belfort-Mulhouse. Mais cette question, déclare une note officielle, n'est pas de la seule compétence de l'administration impériale des Postes, mais du Reichstag, qui doit approuver le vote du budget ordinaire les sommes nécessaires pour l'établissement de nouvelles installations. (LM)

Mardi 27 février 1912
Télégraphe et téléphone. Endommagement des lignes... (LM)

Samedi et dimanche 2 et 3 mars 1912
Chèques postaux télégraphiques.
Le service des chèques postaux vient de s'enrichir d'une nouvelle amélioration; on pourra à l'avenir expédier des chèques ordinaires jusqu'à concurrence de 800 marks par voie télégraphique. Les droits perçus sont les mêmes que pour l'expédition télégraphique des mandats-poste ordinaires. (LM)

Vendredi 22 mars 1912
Pour les abonnés au téléphone. La liste des abonnés au téléphone du district de la direction supérieure des Postes de Metz va être publiée incessamment; la direction supérieure des Postes prie les abonnés qui auraient à faire modifier leur adresse d'en avertir sans retard l'office des renseignements. (LM)

Samedi et dimanche 20 et 21 avril 1912
Le journal téléphoné.
(Créé à New-York avec 2500 abonnés) (LM)

Utilisation de la télégraphie sans fil.

Samedi et dimanche 27 et 28 avril 1912
Le repos dominical dans les postes. (LM)

Les merveilles de la télégraphie sans fil. (LM)

Samedi et dimanche 1er et 2 juin 1912
Conversations téléphoniques à taxes réduites.
La France, le Luxembourg et la Belgique sont en pourparlers à effet d'introduire des taxes réduites pour les conversations téléphoniques. (LM)

Vendredi 21 juin 1912
Les demoiselles du téléphone.
On annonce qu'une mutinerie vient d'éclater à Londres, dans les bureaux de la Western Union Company, à la suite d'un ordre du jour interdisant aux demoiselles télégraphistes l'usage des manches courtes et des blouses décolletées. Les jeunes filles protestent, déclarant que ce costume leur est indispensable pour supporter sans trop de fatigue, dans les bureaux étroits où se fait leur travail, les fortes chaleurs de l'été. Elles ajoutent que cette question de tenue est affaire privée et que libres Anglaises doivent pouvoir s'habiller ainsi qu'il leur convient. A leur grande surprise, le docteur ou la doctoresse Anna Howard Shaw, président ou présidente de la National Woman Suffrage Association, ne s'est pas montrée prête à soutenir leurs droits, au contraire, il ou elle a donné raison à la Compagnie télégraphique, tout en regrettant que ce fussent des hommes qui se mêlassent à de pareilles questions. « Les femmes, dit-il ou dit-elle, devraient savoir se gouverner elles-mêmes et sentir ce que leur impose leur propre dignité. La tenue qu'affectionnent beaucoup les girls employées aux bureaux est absolument immodeste: leurs corsages sont ouverts trop bas et leurs manches trop hautes. Je ne puis dire à quel point cela me semble déplacé. Mais le pire est que les hommes paraissent approuver ces manières, car ce sont les girls qui se décollettent le plus qui trouvent ainsi le plus à se marier ».
Si tout cela finit par des mariages, on ne comprend plus l'indignation du docteur ou de la doctoresse; on ne saurait trop encourager au décolletage les jeunes télégraphistes qui servent ainsi les bons principes. (LM)

Lundi 24 juin 1912
Les femmes dans l'administration des Postes de l'Empire.
L'administration des Postes et Télégraphes de l'Empire a demandé de remplacer une partie des employés masculins par des femmes. On en a déjà engagé 8600. Cette réforme permettra à l'administration de réaliser une économie de 6 millions de marks. On ne voit pas bien ce que feront tous les hommes que l'on remplace ainsi !... (LM)

Jeudi 4 juillet 1912
Des bureaux de télégraphes avec service téléphonique ont été installés dans les localités suivantes : Momersdorf, Pfalzweyer (Phalsbourg) et Pournoy-la-Grasse. (LM)

Lundi 29 juillet 1912
Télégraphie sans fil en aéroplane. (LM)

Samedi et dimanche 3 et 4 août 1912
Dieuze. La télégraphie sans fil en aéroplane. (LM)

Lundi 5 août 1912
Le téléphone à grande distance.
Le prélat italien, Mgr Cerebotani, annonce dans les journaux qu'il aurait découvert un appareil qui permet de téléphoner à des distances énormes comme par exemple, entre l'Europe et l'Amérique. Il donne à son appareil le nom de phonophore. (LM)

Lundi 5 août 1912
Dans le mois, de juillet, il a été établi des bureaux de télégraphe avec service téléphonique à Varize (Courcelles-Chaussy), Alsting (Forbach) et Berwiller (Bouzonville et Willing). (LM)

Mercredi et jeudi 14 et 15 août 1912
La direction générale des Postes et Télégraphes rappelle, une fois de plus, que, fréquemment, les fils télégraphiques et téléphoniques sont détériorés ... (LM)

Mardi 20 août 1912
Le travail des P. T. T.
Les statistiques officielles rapportent qu'en 1911...
Conversations téléphoniques: 1 milliard 800 millions
(En 1896: 560 millions de conversations) (LM)

Mardi 10 septembre1912
Le téléphone endort les bébés... américains naturellement.
Mme Harry G. Zanier était en train de jouer au whist à Stenbenville, dans l'Ohio, quand la nourrice lui téléphona de New-York que son « baby » pleurait depuis une heure et que la voix de sa mère seule pouvait le calmer.
Mme Zanier ordonna à la nourrice de mettre les récepteurs aux oreilles de l'enfant et elle chanta une berceuse. Le poupon, ravi, s'endormit.
Les hôtes de Mme Zanier trouvèrent la chose fort plaisante. Les autres dames américaines également, car, la mode s'en étant mêlée, elles n'endorment plus leurs « babies » qu'en leur téléphonant des chansons. (LM)

Samedi et dimanche 14 et 15 septembre 1912
Les lettres-télégrammes. (LM)

Lundi 13 septembre 1912
Le repos du dimanche dans l'administration des Postes. (LM)

Vendredi 27 septembre 1912
Un physicien français fait une nouvelle découverte au sujet de la télégraphie et de la téléphonie sans fil.
Le physicien Béthenod, élève de Poincaré et de Branly, a fait une découverte qui permet la radiotélégraphie sans étincelles. Grâce à ce système, les différentes stations ne se gêneront plus les unes les autres et on réalisera une notable augmentation de la vitesse, de sorte que l'on pourrait transmettre 200 mots à la minute. En outre, grâce à cette découverte, la téléphonie sans fil pourra être réalisée, parce que, avec le système Berthenod, on est en état de produire 20 000 vibrations à la seconde qui sont nécessaires. (LL)

Samedi 28 septembre 1912
Cabines téléphoniques publiques dans les grandes villes.
L'administration impériale des Postes a accordé à la société saxonne pour l'exploitation des cabines téléphoniques l'autorisation d'établir dans les rues et sur les places des grandes et mouennes villes, un certain nombre de cabines téléphoniques à l'usage du public. On pourra s'en servir pour la modique somme de 5 pf. Jusqu'à présent, deux villes seules possèdent de ces cabines. Berlin en aura 40 et Leipzig 15. (LL)

Samedi et dimanche 28 et 29 septembre 1912
A propos d'une nouvelle invention dans la TSF.
Une interview de Mr. Branly. (LM)

Jeudi 3 octobre 1912
En septembre dernier, des bureaux de télégraphe avec poste téléphonique ont été établis à Marieulles avec service en cas d'incendie sur Metz et Novéant-Corny, et à Bärendorf, (arr. de Saverne) avec service en cas d'incendie sur Drulingen. (CdM)

Samedi et dimanche 5 et 6 octobre 1912
Le téléphone sert de baromètre.
(Article de Paul-Louis Tressan) (LM)

Samedi et dimanche 12 et 13 octobre 1912
Les problèmes de la télégraphie sans fil. (LM)

Mardi 15 octobre 1912
Dans l'administration des Postes. (LM)

Samedi et dimanche 12 et 13 octobre 1912
Tsar et téléphone. (LM)

Samedi et dimanche 26 et 27 octobre 1912
Les lettres-télégrammes. (LM)

Mercredi 6 novembre 1912
Pendant le mois d'octobre, des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été établis à Bébing (Sarrebourg), Bassing (Dieuze), Adelange (Morhange) et Ersdorf (Grostonquin). (LM)

Samedi et dimanche 30 novembre et 1er décembre 1912
Un inventeur.
La mort de Charles Bourseuil vient de rappeler l'attention sur l'invention du téléphone. Graham Bell, qui, plus heureux que le savant français, devait attacher son nom à cette découverte, eut aussi des déboires. On le traita de détraqué: n'avait-il pas eu l'idée de faire des expériences avec l'oreille d'un mort qu'un médecin de ses amis avait sectionné dans un crâne! Le père de sa fiancé le mit en demeure de choisir entre « ses folies » et la main de sa fille. Cependant, à force de persévérance, Belle put faire breveter son appareil et obtenir une petite table à l'Exposition de Philadelphie de 1878. Mais le jury refusa de l'examiner, lorsque l'empereur du Brésil, qui avait connu Bell comme professeur de sourds-muets, s'arrêta et fit fonctionner l'appareil en mettant un récepteur à l'oreille.
- Mon Dieu! il parle! s'écria-t-il saisi d'admiration.
Le lendemain, tous les journaux américains enregistraient ce fait sensationnel. La petite table devint le clou de l'Exposition. (LM)

Mardi 3 décembre 1912
A partir du 1er décembre 1912, un bureau de poste auxiliaire dépendant du bureau de poste de Deutch-Avricourt, est installé au village d'Avricourt. (LM)

Vendredi 6 décembre 1912
Dans le courant du mois de novembre, des bureaux de télégraphe avec service téléphonique ont été installés à Bertrange (rattaché au bureau de Thionville), Bizing (Bouzonville et Halsdorf) et Gandrange (Stahlheim et Rombas). (LM)

Mercredi 11 décembre 1912
La chanson des fils télégraphiques annonce les changements de temps.
Le "Correspondant", M. Francis Marre... (LM)

Vendredi 13 décembre 1912
Norroy-le-Veneur.
On nous écrit : « Hier jeudi, avait lieu au milieu d'une grande affluence d'assistants, tant de l'endroit que du dehors, l'enterrement de Mme Nicolas, qui a tenu de longues années, depuis sa création jusqu'à ces derniers temps, le bureau de poste et du téléphone à Norroy avec une complaisance qui lui avait value la sympathie de tout le monde.
Que la terre lui soit légère et puisse les témoignages d'amitié qui l'ont accompagnée à sa dernière demeure être une consolation pour sa famille. » (LM)

Vendredi 27 décembre 1912
La station radiotélégraphique de Francfort a réussi à rester en communication avec des dirigeables Zeppelin à des distances excédant 300 kilomètres; on espère arriver prochainement à communiquer à des distances de 1000 kilomètres. Ces expériences sont de la plus grande importance puisque les dirigeables seraient en temps de guerre employés dès le début des hostilités à renseigner sur les dispositions stratégiques de l'armée ennemie. (LM)

Mardi et mercredi 30 et 31 décembre 1912 et jeudi 1er janvier 1913
Analyse du vin au moyen du téléphone.
On aurait découvert, en Suisse, une curieuse méthode permettant de reconnaître si un vin est pur ou falsifié. La méthode en question serait basée sur la conductivité électrique du liquide examiné. Il suffirait de placer dans un circuit téléphonique un tube rempli de vin à analyser. Si le vin est pur, la conductibilité demeurera bonne et la transmission sera nette. D'autre part, si le vin est impur, la transmission sera mauvaise ou impossible. (LM)

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Année 1913

Mercredi 26 novembre 1913
Nombre de téléphones par habitant.
Danemark 107 153 appareils pour 2 589 000 habitants = 1/24
Suède
Norvège
Suisse = 1/41
Allemagne 1 154 518 appar. = 1/56
Angleterre
Luxembourg
Islande
Hollande
France 260 998 appar. = 1/150
Los Angeles, San Fransisco, Stockholm = 1/4
Bulgarie, Grèce et Bosnie Herzegovine 1/1500 à 2000. (CdM)

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