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LES
STATIONS TELEPHONIQUES A EMBROCHAGE; LA TELEPHONIE MULTIPLE
Depuis le début du téléphone,
alors qu'il n'y avait pas encore de centraux téléphoniques
et de systèmes automatiques, les ingénieurs concevaient
et expérimentaient des systèmes depuis des années,
pour converser à plusieurs sur une seule ligne, chacun
son tour un seul à la fois, cela afin d'économiser
les coûts d'installation sachant que c'est le km de ligne qui revient
le plus cher.
C'est le domaine des stations téléphoniques à embrochage,
examiné dans le premier paragraphe ci dessous.
Puis le nouveau défi était de pouvoir
converser à plusieurs simultanément sur une seule
line de téléphone, ce sera la téléphonie
multiple examiné dans le deuxième paragraphe. Avant
de poursuivre cette page, consultez la rubrique Lignes
partagées, étude en 1919 des
systèmes de lignes partagées Par KB Miller et SG McMeen
.
I
LES STATIONS TELEPHONIQUES A EMBROCHAGE
Le système ordinaire consistant à
fournir à chaque abonné d'un réseau téléphonique
un fil spécial (dans certains cas même deux) est très
coûteux.
Il y a bien entendu des abonnés qui utilisent leur fil de manière
presque continue, et ceux-ci doivent nécessairement disposer d'un
circuit entièrement disponible ; mais l'abonné moyen ne
dépasse pas dix appels par jour, de sorte que la plupart du temps
les fils ne sont pas occupés et ne font même pas le dixième
du travail qu'ils pourraient facilement accomplir.
Ceci est en contraste frappant avec les fils télégraphiques,
qui sont souvent utilisés à l'extrême ; des appareils
multiples et rapides sont employés pour épuiser leur capacité,
tandis que les fils téléphoniques des abonnés sont
débrayés pendant les neuf dixièmes du temps.
Cette considération montre certainement que la téléphonie
en est encore à ses balbutiements et que, dans ce sens au moins,
des améliorations importantes sont à attendre.
Un certain nombre de tentatives ont été faites, avec plus
ou moins de succès, pour placer plusieurs abonnés sur un
même fil et accroître ainsi l'utilisation de ce fil ; mais
il y a une grande différence dans les conditions à cet égard
entre la télégraphie et la téléphonie.
Rien n'est plus facile que de placer plusieurs postes télégraphiques
sur un même fil, alors qu'en téléphonie les conditions
sont entièrement changées : les abonnés ne sont pas
des fonctionnaires à qui des instructions spéciales peuvent
être données ; ils ne doivent pas être gênés
par des appels qui ne les concernent pas ; ils exigent que leur conversation
ne soit pas entendue par d'autres abonnés sur la même ligne.
Toutes ces conditions, qui nécessitent des dispositions compliquées,
n'existent pas en télégraphie.
Un appareil pleinement performant qui répondrait à ces exigences
serait une grande aubaine pour la téléphonie.
D'abord, cela signifierait une diminution considérable du nombre
des fils qui se croisent dans toutes les directions au-dessus des toits
dans les grandes villes, car il serait possible de desservir un nombre
beaucoup plus grand d'abonnés avec le même nombre de fils
; et, en outre, les villages qui entourent les grands centres de population
pourraient facilement être exploités avec un seul fil.
Les conditions que doit remplir un tel système sont les suivantes
:
- 1 Le poste central doit pouvoir appeler chaque abonné sans déranger
les autres abonnés placés sur la même ligne.
- 2 Chaque abonné doit pouvoir appeler la centrale sans déranger
les autres abonnés.
- 3 Lorsqu'un abonné est en communication avec le poste central,
ou par l'intermédiaire de celui-ci avec un autre abonné,
il doit être impossible aux autres abonnés placés
sur la même ligne d'entendre ou d'interrompre la conversation.
- 4 Deux abonnés placés sur la même ligne doivent
pouvoir converser entre eux.
Les solutions proposées peuvent être regroupées sous
trois catégories : la première se limite à trois
abonnés sur un même fil ou à quatre abonnés
sur un fil double. Le second est disposé de telle manière
que le fil unique se dirige vers un point plus ou moins éloigné
de la station centrale, et de ce point rayonne vers un nombre indéfini
d'abonnés (disposition radiale). Le troisième comprend les
systèmes selon lesquels un nombre indéfini d'abonnés
sont placés les uns après les autres sur le même fil
(arrangement en série).
En 1879 Clément
Ader s'était déjà penché sur la question
et inventé un système à embrochage
opérationnel à Paris.
Ce système a été adapté
au circuit métallique de Paris, et permit de placer
quatre postes d'abonnés indépendants sur un double
circuit.
Au repos, la ligne de boucle est complétée à
la station centrale, mais est mise à la terre à
mi-chemin entre les quatre abonnés.
Lorsque l'opératrice du poste central veut appeler l'un
ou l'autre des quatre abonnés, il débranche l'un
des deux fils et envoie dans l'autre un courant positif ou négatif
qui, selon la ligne choisie et le sens du courant, agit sur un
des quatre relais
Lorsqu'un abonné décroche son téléphone,
la boucle devient complète, la terre est déconnectée
et la conversation téléphonique peut suivre son
cours régulier.
Tout cela sera mieux compris au moyen des figures 260 et 261

La figure 260 représente les quatre boutons d'appel, i
à 4, au poste central :
A est l'annonciateur, qui entre en action lorsque l'un des quatre
postes appelle, et après qu'un tel appel a été
reçu, l'opérateur place son téléphone
en circuit ; L et L' sont les deux fils de la boucle ou du circuit
métallique ; B et B^ deux batteries d'appel
Un courant arrivant par L traverse les boutons d'appel 4, 3, l'annonciateur
A, les boutons d'appel 2 et I, et revient par l'orsque l'opérateur
du poste central appuie sur le bouton d'appel i, un courant négatif
est envoyé dans la ligne L' et L est déconnectée.
En appuyant sur le bouton d'appel 2, un courant positif est envoyé
dans L'.
De la même manière des courants négatifs et
positifs sont envoyés dans la ligne L par les boutons d'appel
3 et 4 respectivement.
La figure 261 montre la combinaison des quatre postes d'abonnés,
I à IV, dans le circuit métallique L l'.
Chacune de ces stations est constituée d'un appareil microtéléphonique,
signalé par le téléphone F, d'un interrupteur
automatique u, d'un bouton-poussoir T, d'un annonciateur S, d'un
relais polarisé R, d'une sonnerie d'appel W et d'une batterie
locale d.
Les quatre stations ont en outre un relais R' et une batterie
B en commun. L'appel du poste central parcourt le circuit suivant
: En appuyant sur le bouton i un courant négatif traverse
L', et traverse d'abord tous les interrupteurs automatiques U
et appuie sur les boutons T des quatre postes d'abonnés
par le fil d, puis il passe par les relais R des deux Stations
I et II, puis, par l'intermédiaire de Q et de l'armature
du relais R', il va à la masse. Des relais R des deux postes
I et II, celui du poste I répond aux courants négatifs,
l'autre aux courants positifs ; à la station I le circuit
de la batterie locale b est donc fermé, et la station est
appelée. Lorsque l'opérateur de la centrale appuie
sur le bouton 2, le courant parcourt exactement le même
chemin ; mais il est positif, et actionne par conséquent
le relais de la station II, et non l'autre. En appuyant sur les
boutons 3 et 4 du poste central, des courants négatifs
ou positifs sont envoyés dans la ligne L, traversent les
relais des postes des abonnés III et IV et reviennent par
Q à la terre. Le courant négatif actionne le relais
du poste III, le courant positif celui du poste IV.
Lorsqu'un de ces abonnés, disons III, est appelé,
il décroche son téléphone et modifie ainsi
complètement les connexions.
Tout d'abord, un contact est établi entre le pôle
positif de la batterie B et la plaque inférieure de l'interrupteur
automatique, et par ce contact un courant provenant de la batterie
traverse les quatre indicateurs S. Un double objectif est atteint
par ce courant :
D'une part l'armature R' est attirée, et la mise à
la terre du système est interrompue ; par contre tous les
annonciateurs qui montraient à l'origine un disque avec
l'inscription « libre » (désengagé),
exhibent maintenant un disque avec l'inscription « occupe
» (engagé). Le bouclage est complet sans terre de
chaque côté. Le courant arrivant du poste central
par L passe par les quatre relais, les interrupteurs automatiques
U, et le fil v des postes T et II , téléphone F
du poste III , fil d entre III et IV , bouton T et interrupteur
U du poste IV , et renvoie 'Arough l' à la gare centrale
Il est impossible d'entendre la conversation, car si un autre
abonné, par exemple II, décrochait son téléphone,
le circuit serait rompu entre T et U de la station III.
Lorsque la conversation est terminée et que le téléphone
est de nouveau suspendu, tous reviennent à l'état
de repos.
Les annonciateurs affichent à nouveau le disque marqué
« libre », et Q est de nouveau connecté à
la terre.
Lorsqu'un des abonnés appuie sur son bouton d'appel T,
le courant positif de la batterie B passe par les fils d, et les
boutons T et fait passer u dans L', et revient directement par
S au pôle négatif de B.
Les relais R et les avertisseurs s sont polarisés, mais
ils n'ont pas d'électro-aimant ; une bobine très
plate se déplaçant entre les pôles d'un aimant
très puissant remplace l'électro-aimant.
Selon le sens du courant cette bobine est attirée par l'un
ou l'autre pôle, et ferme le circuit de la pile b, ou change
le disque de l'annonciateur S
Cette bobine sans noyau de fer présente de grands avantages
par rapport à un électro-aimant polarisé,
d'autant qu'il n'y a pas à craindre d'inversion de polarité,
ni des courants trop forts, ni des décharges atmosphériques.
Le fonctionnement du système Ader est des plus simples
: chaque abonné effectue sa communication comme s'il était
le seul dans le circuit ; à la gare centrale également,
aucune complication ne survient et une conversation secrète
est assurée.
Par contre, quelques inconvénients doivent être mentionnés
: les abonnés restants d'une même ligne ne peuvent
pas converser ensemble lorsqu'un abonné converse avec la
station centrale ou un autre abonné au-delà de celle-ci
; et les autres abonnés peuvent perturber la conversation
en appuyant sur leurs boutons ou en décrochant leur téléphone.
Enfin, la communication entre les quatre abonnés nécessite
de six à huit fils ; l'application du système doit
donc, par souci d'économie, être limitée au
cas où les quatre abonnés se trouvent dans le même
bâtiment.
M. Elsasser a réussi à surmonter le deuxième
inconvénient, mais en sacrifiant la simplicité des
connexions, et comme cet inconvénient n'a pas une très
grande importance pratique, il semble douteux que ces modifications
remplacent la disposition originale d'Ader. |
Le système Ader permet à plusieurs appareils
téléphoniques de partager (d'utiliser) les mêmes filspour
converser.
Les systèmes suivants sont conçus pour téléphoner
et télégraphier sur le ou les mêmes fils
Le 3 août 1889 dans la revue "La lumière
électrique" parait un article de Paul Samuel
SUR UN NOUVEAU POSTE TÉLÉPHONIQUE
POUR LIGNE A BUREAUX NOMBREUX
Lorsquil sagit de relier par un seul fil
plusieurs postes télégraphiques, le problème
à résoudre est fort simple, et il est toujours loisible
de choisit entre deux genres de montage bien distincts : celui par
appels successifs et celui par embrochage.
Ces deux montages présentent chacun leurs avantages et leurs
inconvénients propres.
Dans le premier cas, lappel étant retransmis de poste
en poste, on est forcé pour obtenir la communication, de mettre
à contribution tous les bureaux intermédiaires; par
contre, il est possible de communiquer séparément sur
plusieurs tronçons de la ligne à la fois.
Dans le second cas, la résistance de la ligne se trouve augmentée
de la résistance des récepteurs dappel des postes
intermédiaires, ou même de tous les postes ; mais les
appels parviennent directement à destination sans déranger
personne inutilement.
Dans les appareils téléphoniques, les
organes de transmission et de réception de la parole ne sont
mis en ligne quaprès que lappel a été
émis dune part et reçu de lautre. Un poste,
téléphonique au repos se trouve donc dans des conditions
identiques à celles dun poste télégraphique,
et tel mode dappel qui conviendra au premier système
sera également bon pour le second.
II semble, quune fois lappel parvenu à destination,
rien ne doit sopposer à la transmission de la parole,
et que la question du fil commun noffre pas plus de difficultés
avec le téléphone quavec le télégraphe.
Cependant, si lon veut installer plusieurs postes téléphoniques
sur un même fil, on se trouve le plus souvent en présence
dobstacles réels, et ce nest quexceptionnellement
que lon peut employer lun ou lautre des modes de
montage utilisés en télégraphie.
Les obstacles que lon rencontre sont de nature; différente,
suivant le montage en vue. Avec celui par appels successifs, cest
pour le service même du téléphone que les inconvénients
se présentent. Il faut, en effet, la présence continue
dun employé à chaque poste; pour que ce service
puisse se faire sans interruption.
Pour la télégraphie, cette obligation nest guère
un obstacle, puisquil faut quand même des agents spéciaux.
Pour le téléphone, dont le caractère propre est
précisément de se passer de ces agents, cest le
plus souvent une cause dimpossibilité absolue.
Le montage par embrochage convient parfaitement sur une petite ligne,
si le nombre des bureaux est faible ; mais je
ne connais pas dexemple ' de 10 ou 12 postes reliés par
cette méthode et donnant un bon résultat, principalement
entre les deux postes extrêmes.
Cela tient à ce que ce nest plus la résistance
seule des sonneries ou relais embrochés, qui intervient pour
affaiblir le courant (ainsi que cela se passe pour le télégraphe),
mais principalement la self-induction. Celle-ci est assez grande à
cause des armatures; et lon na pas ici la ressource de
renforcer les effets en augmentant la force électromotrice.
Ainsi soient 12 postes embrochés sur un seul fil et possédant
un relais pour lappel. Si les deux postes extrêmes ont
leurs appareils disposés pour la conversation, lensemble
du circuit se présente comme dans la figure 1.

t est un récepteur téléphonique,
b le fil fin de la bobine dinduction et 2 un relais.
On voit que les causes daffaiblissement de la parole sont importantes,
puisquà la résistance de la ligne, des téléphones
et du fil induit et à celle des dix relais vient encore sajouter
la self-induction de tous ces organes. Aussi, quand il faut relier
par le téléphone plusieurs bureaux, sensiblement dans
le prolongement lun de lautre, et que lon ne veut
pas à chaque poste un employé spécial , est-on
forcé, dès que le nombre des bureaux est un peu considérable,
de renoncer au fil unique et de se servir de plusieurs fils pour faire
le service, bien quun bureau central soit alors nécessaire.
Cest ce qui explique pourquoi le téléphone nest
pas plus répandu sur certaines lignes de chemin de fer et dans
les grands établissements industriels ou les mines.
On vient de créer aux ateliers Mourlon, à Bruxelles
(Comapgnie de Télégraphie et de Téléphonie
internationales) un poste téléphonique qui élimine
cette difficulté et qui permet précisément de
grouper par embrochage jusquà 12 postes sur un même
fil.
On obtient ce résultat en supprimant les effets nuisibles des
relais dappels par un procédé fort intéressant,
dû à Van Rysselberghe,
qui consiste à placer en dérivation sur ces relais des
condensateurs de capacité moyenne : 1/2 microfarad.
Les ondes téléphoniques se propagent par induction électrostatique
au travers des condensateurs, et dautant mieux que le coefficient
dinduction et la résistance du relais sont plus grands;
tandis que les appels se font par les relais, sans que les condensateurs
occasionnent la plus légère pértubation. On obtient
ainsi, en quelque sorte, leffet de deux circuits distincts.
Le nouveau poste est généralement disposé pour
courant de repos, l'ensemble du circuit est représenté
dans la figure 2.
Une pile à sulfate de cuivre, dont la moitié des éléments
est à un bout de la ligne, et la seconde moitié à
lautre, engendre un courant de 10 à 12 milliampères
qui circule constamment dans la ligne au travers des relais 2, des
clefs a, et des appareils téléphoniques t, b, lorsque
ceux-ci sont mis en circuit (comme il est indiqué dans les
postes 1 et 12). Les relais agissent sur les sonneries par rupture
du courant. Il ne faut ainsi quune seule pile pour toute la
ligne et de plus, on est immédiatement averti par un roulement
continu de la sonnerie, si la ligne vient à être rompue.

Ainsi que la figure 2 lindique, d'une maniéré
sommaire et la figure 3 dune manière complète,
on voit que lorsque le crochet commutateur du téléphone
est soulevé, le fil induit b et les téléphones
t sont mis en circuit sans que le relais soit supprimé. Cette
disposition, nécessitée par la présence du condensateur,
est avantageuse, car elle permet de continuer à appeler le
correspondant bien que le téléphone
ne soit pas suspendu.
Et lon sait combien il est parfois impatientant de ne pas recevoir
de réponse aux Alloh ! Alloh ! les plus énergiques.
Lorsquune quelconque des clefs d'appel
a est abaissée, les relais font marcher les sonneries dans
tous les bureaux. On est donc toujours averti lorsque la ligne va
être employée. Cependant, il se pourrait que lon
nait point entendu le signal, et que lon fasse soi-même
un appel pendant que deux autres postes sont encore en conversation.
Cest pour éviter, dans ce cas, tout effet nuisible à
la conversation engagée, que la dérivation du condensateur
est prise en deçà de la clef dappel. Lensemble
de tous les condensateurs et de tous les relais, forme de la sorte
un excellent anti-inducteur, et les interruptions ou fermetures des
courants sont absolument inaudibles au téléphone.
Pendant que deux postes parlent ensemble, deux autres postes pourront
impunément sappeler et au besoin converser par signaux
Morse, soit même à laide dun récepteur
Morse substitué dans ce cas à la sonnerie au moyen d'un
commutateur. Les postes qui parlent au téléphone ont
soin alors darrêter leur sonnerie locale (si cela empêche
dentendre) soit en coupant le circuit local, soit simplement
en maintenant le marteau de la sonnerie qui, dans ce but, est à
proximité de la main.
Si deux postes, ignorant que la ligne est occupée,
voulaient parler après léchange de leurs appels,
ils sapercevraient irmmédiatement de leur erreur, en
écoutant dans les récepteurs. Ils peuvent du reste également
prendre part à la conversation.
Le seul inconvénient de ce poste, si toutefois cen est
un, cest quil ne peut empêcher un bureau découter
ce qu'il se dit sur la ligne, Mais si lon tient au secret, il
ny a dautre moyen que davoir des fils spéciaux.
Il en est de même du reste en télégraphie.
La figure 3 indique le schéma des communications du poste.
P est un parafoudre.
G le condensateur à papier paraffiné de 1/2 microfarad.
S la sonnerie.
R le relais.
B le bouton dappel.
C T le crochet du téléphone.
B I la bobine dinduction, et
M le transmetteur microphonique.
Le montage noffre rien de particulier, sinon que l'extrémité
du crochet du téléphone est isolée pour couper
toute communication entre la ligne et les organes téléphoniques,
dans la position dattente.
Plusieurs applications de ce poste dont un spécimen est exposé
dans la section belge, au palais des machines, ont été
faites jusquici avec succès; la plus importante, est
celle qui sert à lexploitation du chemin de fer funiculaire
des hauts-fourneaux du Luxembourg.
Paul Samuel. |
Le système Berheim vu dans "LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE"
de 1889
INTERCOMMUNICATIONS TÉLÉPHONIQUES ET
TÉLÉGRAPHIQUES (système bernheim)
Linstallation de bureaux secondaires permettant de mettre un
même poste en communication avec plusieurs autres, est une des
charges des services téléphoniques. Elle entraîne
de sérieuses dépenses de personnel et dentretien,
et introduit dans le service des complications et des retards;
remplacer ces bureaux par des systèmes automatiques est un
problème depuis longtemps posé, il a déjà
reçu plusieurs solutions qui ont été â
leur heure décrites dans ce journal. Toutes sont par malheur
compliquées et délicates, en sorte quaucune ne
semble avoir été sérieusement appliquée.
M. Bernheim en apporte une qui paraît simple, mais qui
en échange ne sapplique quà des cas limités,
cest-à-dire à un nombre d'intercommunications
peu élevé.
Lorgane fondamental de ce système est un relai non polarisé.
Entre les branches dun fort aimant permanent en fer à
cheval A se trouve suspendue la bobine r (fig. 1) formée dun
disque à gorge profonde autour de laquelle on a enroulé
un certain nombre de spires de fil isolé, intercalées
dans le circuit de la ligne.
Cette bobine est [suspendue par une extrémité sur des
pivots lui permettant dosciller, lorsque le courant la traversant,
elle est soumise aux actions des aimants fixes. Des butées
D convenablement disposées sont placées dun côté
ou de lautre du pendule.
Ce relai sera, suivant le sens du courant quil reçoit,
appelé vers lun des pôles de laimant.
Dans le système de M. Bernheim, on fait usage de deux fils
conducteurs ; à chacun des postes qu oi veut mettre en communication,
on place un de ces relais sur chacun des fils. Pour que le poste soit
appelé il faut que les deux relais soient sur leurs butées,
ils ferment alors un circuit local renfermant une pile et une sonnerie.
On conçoit immédiatement quil peut y avoir plusieurs
combinaisons distinctes amenant cet appel. Appelons A lun des
fils et le relai quil porte, B lautre fil et son relai.
Nous fermons le contact davance sur B, pour appeler on pourra
fermer A sur le pôle nord en lançant dans le fil A un
courant dun sens déterminé ou sur le pôle
sud en envoyant sur ce même fil un courant
de sens contraire : soit deux combinaisons. Inversement nous fermons
davance le contact sur A, pour compléter nous avons deux
moyens en amenant B soit au pôle nord soit au pôle sud
de laimant, ci deux combinaisons nouvelles, soit quatre. Enfin
nous pouvons laisser normalement les deux contacts ouverts et les
fermer en envoyant dans les deux fils deux courants parallèles,
tantôt dans un sens tantôt dans l'autre, amenant les deux
pendules soit sur les pôles sud soit sur les pôles nord.
En tout six combinaisons.
Fig2
Fig3
On se rendra compte du mode de réalisation par les figures
2 et 3, la première indique schématiquement larrangement
des circuits, la seconde donne lidée de la disposition
des relais sur les fils principaux et le circuit local.
Pour que lappel se fasse, il faut que les relais F du poste
appelé se trouvent simultanément au contact de leurs
butées.
Si nous envoyons un courant positif dans le fil 1 (fig. 2) et que
nous nen envoyions aucun dans le fil 2, le relais du poste 3,
placé sur le fil 1 mettra son armature en mouvement dans un
sens tel que celle-ci viendra au contact de sa butée.
Le relais du même poste placé sur la ligne 2, ayant normalement
son armature en contact avec sa butée, le circuit local dans
lequel se trouvent intercalés les deux relais et leurs butées
se trouvera fermé par le fait de cette seule émission
de courant.
La figure 3 qui est le diagramme théorique des communications
intérieures servant à recevoir lappel dans le
poste 3, permet de comprendre suffisamment le principe.
A une émission du courant positif dans le fil L correspond
la fermeture du circuit local dans lequel est intercalée la
pile P actionnant la sonnerie S.
Nous avons donc appelé le poste 3.
En envoyant simultanément un courant positif dans chacune des
lignes 1 et 2, nous déterminerons un mouvement du pendule de
chacun des relais du poste 6 dans un sens tel que la déviation
aura pour effet de mettre au contact les armatures avec leurs butées.
Les deux butées reliées simultanément au massif
des relais disposés dans le circuit du courant local détermineront
le mouvement de la sonnerie Nous aurons donc ainsi effectué
lappel du poste 6.
La figure 4 montre en détail lensemble dinstallation
de deux des postes disposés sur une seule ligne à deux
fils, chacun de ces postes destiné à téléphoner
et à télégraphier à chacun des six autres.
A chacune des stations sont disposés une clef dappel
A et un certain nombre de touches t permettant, lorsquon les
abaisse, denvoyer des courants de sens différents. .
Chaque poste est, en outre , muni de deux commutateurs à six
lames B B' et de deux commutateurs à deux lames C C.
Chacun des deux postes extrêmes na quun commutateur
à deux lames G.
Ces commutateurs G sont destinés à couper la terre aux
postes extrêmes de façon que le courant émis circule
sur la ligne et naille pas directement à la terre.
Cette disposition des commutateurs, ainsi quon peut le concevoir,
permet de faire communiquer avec la terre les extrémités
des deux fils de chacune des sections qui se trouvent dun côté
et de lautre dune section de ligne occupée, ce
qui permet à un poste quelconque situé sur lune
ou lautre de ces sections inoccupées dappeler un
autre poste situé sur la même section que lui.
Par convention, chaque poste sonne autant de fois quil y a dunités
dans son numéro dordre, le poste appelé sait donc
par qui il est appelé, il sait aussi
si la communication est demandée pour le télégraphe
ou pour le téléphone au moyen dun signal spécial
précédent ou suivant lappel et dispose en conséquence
les divers commutateurs B B' CC' et D.
Le poste appelant prend les mêmes dispositions dans létablissement
des connexions intérieures de son poste.
Lappareil téléphonique dans le cas de transmission
télégraphique et téléphonique sur une
même ligne est mis en court circuit hors de cette ligne ; on
le place dans la ligne en déviant le commutateur à 6
lames de gauche, si on veut correspondre avec un poste de gauche,
dans le cas dune transmission à droite en déplaçant
celui de ce côté.
Linstallation du système Bernheim présente encore
lavantage qu'un poste intermédiaire entre deux postes
qui communiquent entre eux ne peut se mettre en dérivation
dans le circuit; par conséquent aucune indiscrétion
ne peut se produire, car on ne peut écouter à ce poste
quen coupant la communication entre les deux postes parlants.
La clef dappel A sert en même temps de manipulateur pour
télégraphier et envoyer des signaux.
Les touches dont les différents postes sont pourvus sont disposées
comme le montrent la figure 5 qui est une coupe
dont la figure 6 est le plan.
Les figures 7 et 8 représentent en perspective la même
clef levée et baissée.
Chaque poste est en outre pourvu de galvanomètres g, destinés
à indiquer le genre de transmission qui affecte la ligne traversant
un poste, soit quon télégraphie, soit quon
téléphone.
Lorsquon télégraphie, les aiguilles des galvanomètres
des postes placés sur la section de la ligne affectée
indiquent par leur déviation
que le courant passe; on ne peut donc appeler.
Entre deux postes qui communiquent téléphoniquement
les galvanomètres ne dévient pas, mais si un poste intermédiaire
veut sonner, le courant ne passe pas, puisquil ny a pas
de terre aux extrémités ; le galvanomètre par
conséquent ne dévie pas et lemployé sait
par là que la ligne est occupée.
Si au lieu de 2 fils nous employons 3 fils de ligne, nous pourrons
appeler dun poste dans 17 autres, en employant 4 fils et davantage,
nous mettons en communication directe 26 postes en plus.
On trouve donc une application avantageuse du système pour
les réseaux téléphoniques de petites villes,
puisque avec un nombre de fils restreint on pourra se passer de bureau
central et économiser les nombreux frais dinstallation
et dexploitation quil entraîne.
On prévoit divers autres cas où on pourra appliquer
avantageusement le système Bernheim.
Ainsi sur les lignes de chemins fer, on pourra mettre en communication
pour sappeler entre elles et communiquer les stations disposées
sur une même ligne.
Les postes des réseaux municipaux dincendie ou de police
pourront être reliés de cette manière.
On embranchera les signaux de chemins de fer manuvrables à
distance, étc,, etc.
Avant de terminer nous donnerons quelques détails sur une installation
de ce système faite par la Société générale
des Téléphones.
Dans cette application M. Bernheim avait une difficulté à
résoudre.
La série des postes étant reliée à lun
des bureaux centraux du réseau téléphonique
de Paris, il fallait mettre lun quelconque des abonnés
placés sur la ligne en communication avec les abonnés
du réseau de Paris.
Pour les appels des différents postes au bureau central il
ny avait rien à changer au système tel que nous
lavons décrit plus haut.
La communication a lieu sur un circuit entièrement métallique
avec une terre branchée en dérivation ; entre cette
terre et la ligne, on a intercalé une résistance de
1000 ohms, laquelle a été reconnue ninfluencer
nullement la conversation qui reste très nette.
Voici à quoi servait cette terre. Il fallait que les abonnés
pussent donner le signal de fin de conversation.
Comme les abonnés de la ligne Bernheim, sonnent avec une terre,
ils peuvent le faire avec une terre en dérivation.
La palette de lannonciateur étant attirée ferme
un circuit local qui va faire tomber les annonciateurs du bureau central
placés sur la communication établie. De cette façon
les téléphonistes sont toutes prévenues de la
fin de la conversation et retirent leurs fiches.
A. Guilloux |
Parallèlement le belge
Rysselberghe, et
le russe Gwozdeff
inventent un système similaire .
Au Portugal le 19 Avril 1894 dans le journal "O
Povo de Avero"
Dans les Mémoires et compte-rendu des travaux de
la société des ingénieurs civils Vol. 59, 1893
Le système Gwozdeff présente
quelque analogie avec celui de M. Van Rysselberghe ; il est caractérisé
également par lemploi de condensateurs, mais de capacités
très différentes alors que ceux du système Van Rysselherghe
sont de même capacité. Ainsi M. Gwozdeff donne au condensateur
du microphone une capacité de 1 à 10 microfarads, et à
celui du téléphone une capacité de 0,02 à
0,023 microfarad , soit une capacité 40 à 50 fois moindre.
On fait usage aussi de déchargeurs analogues à une clef
Morse pour éviter la charge de la ligne pendant le passage des
courants téléphoniques, et ensuite sa décharge, ce
qui rend moins brusque la diminution de loscillation électrique.
Enfin, certains perfectionnements ont été apportés
aux microphones dans le but de les approprier aux transmissions à
grande distance.
Les premiers essais du système datent de 1888-89; ils ont eu lieu
sur la ligne télégraphique du chemin de fer Rybinsk-Bologoë.
On a pu converser à 294 km sur un conducteur en fer et, pendant
le travail sur cette ligne, des appareils télégraphiques
étaient continuellement en jeu.
Si nous insistons sur ce système de téléphonie, cest
que les chemins de fer russes de Kozloff-Voronège-Rostov et de
Saint-Pétersbourg-Varsovie lont installé pour les
besoins de leur service.
On correspond ainsi téléphoniquement :
De Saint-Pétersbourg à Pskov,- à une distance de
284 km,
De Saint-Pétersbourg à Louga (138 km),
Entre Saint-Pétersbourg et Alexandrowka et à Gatschina.
De plus, entre Saint-Pétersbourg et Alexandrowka, on a installé
onze postes téléphoniques de pleine voie desservis par un
fil unique spécial ; chaque poste comprend un microphone et deux
téléphones récepteurs.
Les gardiens sont appelés aux téléphones par un rugissement
spécial que produisent ces appareils sous linfluence de courants
dinduction lancés à travers la ligne entière
par le circuit secondaire dune bobine de Rhumkorff au moyen dinterruptions
réitérées du courant de son circuit primaire. Le
gardien ainsi appelé, sinforme quelle est la station qui
veut correspondre avec lui : Saint-Pétersbourg ou Alexandrowka.
Enfin, sur les chemins de fer russes pourvus de ces installations téléphoniques,
on peut converser au moyen de postes téléphoniques portatifs
dun point quelconque de la ligne avec les stations voisines.
Ainsi, sur certaines lignes de chemins de fer russes on a réalisé
la transmission acoustique à des distances de plusieurs centaines
de kilomètres au moyen des conducteurs télégraphiques
ordinaires. Pour les conversations à grande distance, on a réuni
en boucle deux conducteurs télégraphiques.
Nous ne connaissons aucune installation de ce genre sur les chemins de
fer français et, ainsi que nous le faisions remarquer plus haut,
ladministration des télégraphes na pas cru devoir
adopter les systèmes anti-inducteurs pour lutilisation de
son réseau télégraphique lorsquelle a eu à
créer la téléphonie interurbaine. Elle a préféré
poser des lignes spéciales en cuivre de haute conductibilité
permettant de correspondre très nettement à des distances
considérables (par exemple de Paris à Marseille, distantes
de 863 km), et qui ne nécessitent pas la modification de tous les
postes télégraphiques.
Nous pensons que cette mesure radicale est en effet la meilleure et quelle
devra être imitée par les Compagnies de chemins de fer si
elles jugent utile de créer un réseau téléphonique.
Puis en 1893 voici ce qu'expose E.Estaunier dans les
annales télégraphiques
Les systèmes d'installation
de postes téléphoniques en embrochage réalisés
pratiquement sont, assez peu nombreux à cette date,
- L'un des plus anciens et des plus connus est celui qu'a employé
en Amérique la Stabler
Individual Téléphone Call C .
E.Estaunier dans les annales télégraphiques de 1893


Dès 1882, l'Américain James P Stabler
oeuvrait déjà dans les installations d'alarme, a mis au
point un système d'installation de postes téléphoniques
en embrochage (ou en série). L'un des plus anciens en Amérique
et des plus connus.
Associé à un centre manuel, l'appareil permettait à
l'opérateur qui recevait une demande (appel) de séléctionner
et sonner un autre abonné à l'aide d'un boitier à
touches, puis de mettre en conversation les deux abonnés au moment
ou il appuyait sur la touche de mise en relation
Nous en indiquerons uniquement le principe.
Chaque poste est muni d'un mouvement d'horlogerie qui fait avancer un
frotteur sur un cercle. Il n'est relié à la ligne que pour
une position déterminée de ce frotteur sur le cercle. Pour
tout autre position, il en est isolé.
Du bureau central on peut, à l'aide d'un manipulateur, faire avancer
simultanément et par impulsions successives les frotteurs de tous
les appareils.
Les positions des frotteurs pour lesquelles chacun des postes est relié
à la ligne, sont différentes, si on les rapporte à
une origine commune.
Jamais deux postes ne pourront donc se trouver simultanément rattachés
à la ligne, et l'on voit aussi que deux abonnés desservis
par un même fil ne peuvent causer entre eux.
La fig, 43 représente les communications théoriques d'un
poste.
Le frotteur est indiqué en Z, T anneau métallique sur lequel
il se déplace, en V. Le frotteur est fixé sur une roue dentée
que les oscillations d'une ancre commandée par l'armature d'un
électro aimant E font avancer à chaque envoi de courants
alternatifs effectués par le bureau central. Cette armature est
mobile autour de l'axe L S'il n'y a pas de raté, tous les frotteurs
avancent synchroniquement.
Au point de vue électrique, un poste d'abonné peut occuper
trois positions :
1** Le frotteur est appuyé sur le contact S, le poste est à
la position d'attente. La ligne arrive en L, passe par l'électro
E, Z, V, S, le générateur d'appel J et continue en L.
2** Le frotteur est appuyé sur le contact , le poste est en communication
avec le poste central. La ligne L traverse l'électro-aimant E,
passe par Z, la sonnerie G, U et L, ou bien si l'abonné a décroché
son téléphone, ce qui provoque la manuvre du levier
K, passe directement de t aux contacts a et a', au microphone M pour continuer
encore par L. Dans cette deuxième position la sonnerie a est mise
en court circuit.
3** Le frotteur est appuyé sur un point r de la couronne X. Le
poste de l'abonné est tout entier mis en court circuit.
La ligne L passe directement par l'électro-aimant E, par z r, a
et L.
Lorsque l'abonné veut appeler le poste central il se sert d'un
appareil électro-magnétique figuré en G, muni d'un
redresseur de courants et ne pouvant par suite affecter l'électro-aimant
E. Le frotteur étant en S, c'est à-dire à sa position
de repos, les courants envoyés passent directement de J au ressort
K, et se rendent au poste central par S, z, l'électro E et L.
Enfin, quand une communication est terminée, c'est le poste central
qui se charge de ramener au repos tous les frotteurs. Il envoie pour cela
une série de courants alternatifs sur la ligne qui font avancer
tous les frotteurs jusqu'à ce qu'ils soient venus se placer sur
le secteur S, une butée V empêche de le dépasser.
On est donc sûr, en prolongeant un certain temps cette émission
de courants, d'avoir ramené tous les frotteurs à l'origine
commune du mouvement.
Il est évident qu'il faudra ensuite déclencher les frotteurs
qui se trouvent en prise avec l'arrêt. Des électro-aimants
V servent à cet usage, un courant d'intensité déterminé
les actionne.
Il parait inutile d'insister sur les inconvénients du système.
Outre la complexité des manuvres du système, j'en
citerai deux principaux : aucune précaution n'a été
prise pour garantir le synchronisme des frotteurs, et il y a en permanence
sur la ligne autant d'électro-aimants que de postes embrochés.
- Un deuxième système essayé avec succès pour
deux postes dans quelques installations privées françaises
est dû à M. Sieur.
E.Estaunier dans les annales télégraphiques de 1893
Bien qu'il eût été rationnel en apparence d'en donner
la description lorsque les appareils de cette catégorie ont été
étudiés, elle trouve ici sa place indiquée ; elle
est en effet, comme on en jugera plus loin, le point de départ
d'une solution assez simple du problème des postes en embrochages.
Chacun des deux postes est placé en dérivation sur le circuit
principal (fig. 44). Leur insertion sur les deux fils de ligne est faite
en sens inverse.
La fig. 45 représente le détail des communications dans
l'un de ces postes : tous deux sont identiques.
Les organes essentiels qu'on y rencontre, outre les éléments
habituels : sonnerie, microphone, etc., sont :
1** Un électro-aimant B appelé électro-commutateur
à balancier;
2** Un relai polarisé A à deux armatures fonctionnant chacune
sous l'action d'un courant de sens différent.

L'électro-commutateur à balancier (fig. 46) se compose d'un
levier isolant CD mobile autour d'un axe 0, et portant à ses deux
extrémités deux frotteurs F, et F, destinés à
glisser sur les contacts métalliques M, A, L, M', A', R.
Les mouvements sont transmis à ce balancier au moyen de deux petites
bielles B1 et B2, par les armatures . Ces armatures sont elles-même
attirées par deux électro-aimants E1, et E2.
Suivant que l'un ou l'autre de ces électros fonctionne, le balancier
CD s'incline à droite ou à gauche, les contacts L et R sont
mis en communication avec A1 et A2 ou M1 et M2 et un voyant apparaît
portant l'une des deux mentions : Libre Occupé.
Le relai polarisé a déjà été décrit
; il est inutile d'y revenir. Chacun des deux postes possède en
outre en H les organes nécessaires à l'émission automatique
du courant de fin de conversation décrit déjà à
l'occasion de la station automatique du système Sieur.
Le poste central est muni de deux clefs lui permettant d'envoyer à
volonté un courant d'appel d'un sens ou d'un autre sur la ligne.
Son annonciateur est polarisé. Un voyant indique donc toujours
le numéro du poste appelant.
Supposons que le poste 1 (fig, 45) veuille sonner le bureau central. Il
appuie sur la clef d'appel G. Le pôle positif de sa pile d'appel
est ainsi placé sur le fil 1 ; le pôle négatif sur
le fil 2. Le récepteur polarisé du poste central fonctionne.
Dans le poste 2, par suite de l'intervertion des fils, un courant négatif
entre par le contact de l'électro commutateur ; il passe ensuite
par les contacts t , L, L' (dans le commutateur H), traverse le crochet
mobile K, la clef d'appel G et les deux bobines du relai. Il revient ensuite
par les contacts E' et R de H et les contacts t' et r de l'électro-commutateur
à balancier.
L'armature du relai A marquée du signe - est attirée. Le
courant de la pile locale est alors fermé sur l'électro
aimant E' qui attire son armature et fait basculer le balancier.
L'aiguille amène le voyant « Occupé ». Les fils
de ligne sont isolés de l'appareil téléphonique et
reliés directement au relai A par les contacts a et a' d'une part,
r et a' de l'autre. Ce poste est donc immobilisé.
Le poste central répond en appuyant sur la clef d'appel du poste
1 ; il envoie ainsi un courant positif sur le fil 1.
Ce courant a pour effet, au poste 2, de faire fonctionner l'armature -
du relai A, ce qui maintient le balancier dans la position « Occupé
» qu'il a prise précédemment.
Au poste 1, au contraire, c'est l'armature + qui fonctionne et ferme le
circuit de la pile locale sur la sonnerie S.
La communication du poste 1 avec le central ou l'abonné demandé
se fait ensuite à la manière ordinaire, le commutateur à
levier ayant mis hors circuit la clef d'appel. et le relai A.
Dès que le téléphone est raccroché, le transmetteur
automatique du signal de fin de conversation fonctionne.
Il a pour effet, comme on l'a vu, de mettre à la terre le pôle
négatif de la pile d'appel et d'envoyer simultanément un
courant positif sur chacun des fils 1 et 2. Un courant positif entre donc
au poste 2 dans chacune des bobines du relai A dont les deux armatures
sont attirées.
La pile locale est alors fermée sur l'électro-aimant E dont
l'armature ramène le balancier CD à la position normale.
Tout est rétabli dans l'état initial.
Comme on peut s'en rendre compte par le détail qui précède,
l'organisme de ce système est relativement peu compliqué
et chacun des postes est relié au bureau central par deux fils
seulement.
On conçoit tout de suite qu'il est facile en adjoignant un deuxième
relai analogue au relai A de multiplier considérablement le nombre
des abonnés reliés ainsi en embrochage.
La fig. 47 indique théoriquement un agencement de circuits qui
permet d'actionner un quelconque des huit électro aimants à
l'exclusion des sept autres et cela à l'aide des quatre armatures
de deux relais polarisés.
Voici la liste des jeux d'armatures correspondants à chacun des
huit électro-aimants.
Deux relais polarisés permettent donc sur une ligne donnée
à double fil de réaliser huit opérations distinctes.
Dans une communication téléphonique en embrochage deux opérations
se font à l'aide du même procédé électrique
dans tous les postes. Ce sont la réponse à un appel et le
signal de fin de conversation, signal qui ramène à l'état
libre les postes isolés.
Il reste encore six opérations distinctes possibles qui correspondront
aux appels individuels des postes.
On peut donc relier en embrochage six postes.
Un arrangement schématique de ce genre est effectivement représenté
ici (fig. 48). On y a figuré un poste central et cinq abonnés.
Dans le poste central, A est un annonciateur polarisé, Il est un
relai polarisé également, dont l'armature est attirée
sous l'influence d'un courant positif, R' est un relai ordinaire fonctionnant
sous l'action d'un courant de sens quelconque. R, F, 1, 2, 3, 4, 5 sont
les clefs d'appel destinées : R à répondre aux appels,
F à donner le signal de fin de conversation (cette dernière
clef est supprimée si chaque appareil téléphonique
est pourvu d'un transmetteur automatique), les cinq autres à appeler
le poste dont elles portent le numéro.
On a indiqué seulement sur le croquis, pour en faciliter la lecture,
le signe du pôle des piles aboutissant à chacune des butées.
De même, dans les postes d'abonnement, S est la sonnerie, E et F
sont les électro-aimants d'un électro commutateur à
balancier : on n'a point marqué leurs frotteurs. Rappelons que
suivant que l'électro E ou E'. fonctionne, la ligne est mise sur
les relais R^ et R, soit directement, soit à travers l'appareil
téléphonique. Rj et Rj sont des relais polarisés
à deux armatures , on a marquées chacune d'elles du signe
+ ou suivant qu'un courant positif ou négatif les fait fonctionner.
La clef R répond aux appels, la clef F donne le signal de fin de
conversation (elle devient inutile comme dans le poste central en cas
d'émission automatique de ce signal), les autres clefs enfin servent
à appeler la station centrale ou les autres stations.
Supposons maintenant que le poste 5 désire le poste 2. L'abonné
5 appuie pour cela sur la clef 2 qui transmet un courant positif sur le
fil 1 de la ligne et un courant négatif sur le fil 2.
Il décroche ensuite son téléphone pour mettre ses
relais Rj et R^ hors du circuit et porte les écouteurs à
l'oreille pour entendre la réponse du poste 2.
Au poste central les deux relais attirent leurs armatures, aucun courant
local ne fait donc marcher l'annonciateur.
Dans les postes 1, 2, 3 et 4, l'armature + du relais Rj et l'armature
du relai R'^ sont attirées. Le circuit de la pile locale
des postes 1, 3, 4, reste ouvert; au poste 2, au contraire, le courant
de la pile locale est fermé : il passe en effet par l'armature
-j- du relai R, et son contact supérieur, traverse la sonnerie
et revient au pôle négatif en passant
par le contact supérieur de l'armature du relai R\. L'abonné
est bien appelé.
Le poste 2 répond en appuyant sur la clef R qui transmet un courant
négatif sur le fil 2.
Le poste central n'est pas plus dérangé que la première
fois puisque son relai R' marche seul : l'annonciateur A reste au repos.
Aux postes 1, 3 et 4, au contraire, l'armature du relai R^ est
attirée. Elle ferme le circuit de la pile locale dans l'électro-aimant
E' de l'électro-commutateur. Dans chacun de ces postes, l'appareil
téléphonique et les clefs d'appel sont alors exclus, et
le signal « ligne occupée » apparaît.
Tous les appareils autres que ceux des postes 2 et 5 ont disparu de la
ligne. Les deux abonnés causent en toute sécurité.
La conversation terminée, chacun d'eux accroche son téléphone,
et si les appareils sont pourvus de l'organe nécessaire le courant
de fin de conversation est envoyé automatiquement dans le sens
voulu : sinon il faut appuyer sur les clefs F qui l'une et l'autre dans
ce cas transmettent un courant positif sur la ligne 2^ ramenant tous les
postes en l'état initial.
En effet, chez les abonnés 1, 3 et 4, l'armature f du relai R,
est attirée : le circuit de la pile locale se ferme sur l'électro-aimant
E de l'électro commutateur et le balancier revient à sa
position primitive.
On pourrait évidemment mettre au poste central des relais polarisés
et un électro-commutateur comme au cinq autres postes. Il a semblé,
au contraire, plus pratique d'encombrer moins celle-ci en laissant aux
abonnés embrochés sur le même fîl le soin de
correspondre directement entre eux. Lorsque le central veut établir
une communication, il lui suffit pour s'assurer si le fil est
libre ou non d'écouter au téléphone ; il entendra
si
une conversation est déjà engagée ou non.
L'inconvénient de la solution de M. Sieur réside dans l'obligation
de mettre une terre en dérivation sur chacun des postes. On sait
qu'on arriverait facilement à l'atténuer en mettant en avant
de la terre une bobine à forte self-induction sur laquelle est
dérivé un condensateur.
Il est clair que le prix d'une pareille installation est également
assez élevé.
Il faut remarquer en revanche qu'un dérangement dans l'une des
stations n'entrave pas la marche des autres. C'est un avantage considérable
sur tous les dispositifs en étoile. De plus les organes à
adjoindre sont des électro-aimants robustes, et il n'y a pas nécessité
de recourir à des courants d'intensités variables.
A ce double point de vue il était intéressant d'étudier
ce dispositif en détail comme on vient de le faire.
- Un autre système, appliqué depuis six
ans dans un certain nombre d'installations particulières, est dû
à M. Bernheim. (1889)
E.Estaunier dans les annales télégraphiques de 1893
Pour chaque mise en communication, il oblige l'abonné à
manuvrer une ou plusieurs manettes. On lui laisse donc une beaucoup
plus grande part d'initiative que ne le permettrait une exploitation de
grand réseau. A priori c'est un inconvénient grave. Par
ce fait, également, le problème s'est trouvé considérafblement
simplifié et ramené en somme à la recherche d'un
procédé d'appel; c'est à ce point de vue surtout
nous l'avons montré que s'étaient placés
les Américains.
Dans l'appel Bernheim il est fait usage de relais sans armature de fer
et à peu près semblables aux relais Àder.

La fig. 49 donne le dessin d'un d'entre eux, assez complètement
pour qu'il soit inutile de s'arrêter à une description détaillée.
Chaque poste d'abonné est desservi par deux fils, et muni de deux
de ces relais, un sur chaque conducteur. Une terre est à l'état
normal établie aux extrémités de la boucle du circuit.
Sur chacun des fils on peut, par suite, envoyer un courant spécial
actionnant les relais qui y sont embrochés. Le jeu convenable des
deux palettes provoque , dans chacun des postes , la fermeture de son
circuit d'appel.
Au poste 6 par exemple, les deux relais doivent s'appliquer sur leurs
butées de droite pour amener l'appel.
Au poste 5, le relais du fil 1 doit aller à gauche et le relais
du fil 2 doit demeurer immobile, etc.
On a marqué, pour plus de commodité, à l'aide de
flèches le mouvement que doivent prendre les armatures pour obtenir
en chaque poste la formation du circuit local.
Dans ces conditions, M. Bernheim propose d'embrocher sept postes sur un
même circuit, chacun d'eux pouvant répondre à un appel
déterminé à l'exclusion de tous les autres. En réalité
on peut, comme l'a fait remarquer M. Serruau, augmenter ce nombre de deux.
La fig. 51 donne, indiquée de la même façon que précédemment,
la succession des combinaisons dans cette hypothèse.
Dans le premier dispositif proposé par M. Bernheim, on ne supposait
nullement qu'un des postes jouât le rôle de station centrale
par rapport aux autres.
Chacun d'eux était donc muni :
1** D'une clé d'appel A et , d'autant de touches t qu'il y avait
d'autres postes embrochés. En abaissant une de ces touches déterminées,
on amenait sous les butées de la clé A les pôles de
pile nécessaires à l'appel du poste choisi.
2** De deux commutateurs à six lames B et B', et de deux commutateurs
à deux lames G et G'.
Aux deux postes extrêmes, ce dispositif était d'ailleurs
simplifié et réduit à un commutateur à deux
lames G.
Ces commutateurs permettent, comme on va le voir, de faire communiquer
avec la terre les extrémités des deux fils de ligne dans
chacune des sections qui se trouvent de part et d'autre d'une portion
occupée. Un poste quelconque d'une section inoccupée peut
donc encore communiquer avec un poste de la même section que lui.
Remarquons d'abord qu'à l'état normal les commutateurs sont
orientés comme l'indique la fig. 52. Les postes téléphoniques
et les claviers sont en dehors du circuit ; en outre, les relais r, r,
sont tous embrochés sur les fils et sont par suite susceptibles
de recevoir l'appel.
Supposons maintenant que le poste 2 désire appeler le poste 4.
Il déplace d'abord vers la gauche les commutateurs C et B'.
Le déplacement de C a pour résultat de mettre à la
terre les extrémités des deux flls du circuit venant du
côté gauche du poste. Le poste 1, par suite, est bloqué
et ne peut plus surprendre la conversation.
La manuvre de B' a pour effet d'introduire h l'extrémité
des deux fils du circuit de droite, le clavier d'appel et le poste téléphonique
n+ 2.
Si l'abonné abaisse ensuite la touche 4, il appellera le poste
4 en appuyant sur la clé d'appel double A.
On a vu, d'après le schéma des appels (fig, 50), que pour
appeler le poste 4 il fallait envoyer sur le fil 2 un courant faisant
osciller la palette de relais vers la gauche. Aucun courant ne doit au
contraire passer sur le fil 1 . Il est facile, en suivant les communications
du croquis, de vérifier que les choses se passent bien ainsi.
Chaque poste doit, en outre, sonner autant de coups qu'il y a d*unités
dans son numéro d'ordre. Le poste 4 sait donc immédiatement
qu'il est appelé par le poste n° 2 situé à sa
gauche.
Pour que la conversation s'établisse, il suffira que chacun des
postes 4 et 2 orientent leurs commutateurs.
Au poste 4 on dévie B et G vers la gauche, G et B' restant à
la position de repos.
Au poste 2, on relève la touche t^ et on laisse B' et G vers la
gauche.
On a indiqué plus haut pour ce poste 2 l'effet de cette position
de B' et G.
Au poste 4, en déplaçant B et G' vers la gauche , B' et
G restant fixes, on a fait communiquer avec le téléphone
du poste la portion de la ligne située à gauche du poste
4. Le déplacement de G h gauche a eu en même
temps pour résultat de mettre à la terre la section de ligne
du côté droit. Cette dernière peut donc être
encore utilisée par les postes 5 et 6.
La fig. 52 donne un ensemble de communications permettant, en outre, aux
divers postes de substituer à leurs postes téléphoniques
des appareils télégraphiques.
Il est inutile de s'arrêter sur ce point. Il est facile, d'après
ce qui précède, de voir que si le système dû
à M. Bernheim est praticable dans le cas d'installations privées,
il devient d'une application malaisée dans une exploitation de
réseau. Il est toujours délicat de confier à un public
absolument inexpérimenté des manuvres de commutateurs.
A fortiori, semblerait-il plus dangereux de lui laisser un choix entre
ces manuvres. Les seules opérations qui peuvent être
faites par l'abonné doivent être d'une nature tellement simple
qu'une erreur de sa part soit impossible ; de plus elles ne doivent jamais
être de nature à entraver le service dans le cas d'oubli
ou de fausse manuvre.
Le système Bernheim, en dépit de son ingéniosité,
ne répond pas à cette condition. Les modifications que lui
a fait récemment subir son inventeur n'ont pas supprimé
ce défaut et c'est la raison pour laquelle nous n'y insisterons
pas ici.
Conclusion de l'exposé de E.Estaunier dans les annales télégraphiques
de 1893
Quelle conclusion pratique convient-il de tirer de cette longue
revue des systèmes téléphoniques automatiques ?
Les appareils proposés peuvent être divisés
en deux groupes.
Les premiers, d'un fonctionnement peu sûr ou ne sauvegardant pas
l'indépendance entière des communications ne pourraient
être acceptés dans des réseaux tels que les réseaux
français où le public est accoutumé à une
grande régularité dans le service.
Les seconds, solutions ingénieuses et complètes de la question,
n'arrivent à ce résultat qu'en utilisant des organes délicats
et coûteux. Leur prix de revient dépasserait dans la plupart
des cas l'économie de fil correspondante.
Beaucoup d'appareils indiqués par leurs auteurs plutôt que
réalisés, ont été soumis à l'appréciation
du public depuis l'origine de cette étude.
Sans avoir la prétention d'avoir passé en revue la totalité
des Systèmes possibles, on peut dire que la plupart rentrent pourtant
dans les catégories diverses dont le principe a été
exposé ici.
Dans aucun cas, ce n'est l'ingéniosité qui a manqué
; s'il est un reproche à faire, c'est au contraire une trop grande
complexité de moyens, complexité entraînant du même
coup une élévation de prix considérable et un entretien
difficile.
Enfin, un fait nouveau est survenu qui a modifié complètement
la nature du problème : l'exploitation des grands réseaux
tend à se faire désormais à peu près exclusivement
à l'aide d'appareils multiples.
Comme la complication de ces multiples se prêterait mal à
des règles particulières d'appel concernant des groupes
d'abonnés spéciaux, la recherche des petites stations automatiques
s'est trouvée, par ce fait même, reléguée au
second plan. Quelque simples qu'elles soient, elles ne paraissent plus
pouvoir trouver place dans le nouvel outillage mis en uvre.
Les conclusions auraient donc été, à première
vue, assez décourageantes si, des conditions nouvelles de l'exploitation
téléphonique, n'avait surgi l'idée audacieuse
et, il faut l'espérer, féconde d'étendre le
champ de la station automatique, en l'obligeant à mettre en communication
non plus deux, six ou même dix abonnés, mais la totalité
des abonnés d'un réseau.
On voit à ce desideratum divers avantages.
Lès multiples téléphoniques, actuellement en service,
ont réussi à supprimer l'intermédiaire des lignes
de renvoi, et les téléphonistes desservant ces dernières.
Un seul employé suffit pour établir une communication entre
deux abonnés quelconques.
Le multiple automatique supprimerait ce dernier intermédiaire et
laisserait au public le soin de se mettre lui-même directement en
relation avec lès abonnés qu'il désire.
Le bureau central n'existerait plus qu'au point d'une machine : le personnel
actuel deviendrait inutile, et l'unique intervention d'un mécanicien
surveillant le fonctionnement de l'appareil resterait nécessaire.
La voie nouvelle est encore trop récente pour qu'il
soit possible de donner ici des appareils réalisés.
1893 Toutefois , ne fut-ce que pour indiquer la possibilité
de résoudre ce problème, il est nécessaire de terminer
cette étude par une description sommaire du principe de l'autocommutateur
téléphonique de MM. Verner et Tedesco.
Dans ce système, chaque abonné est relié au bureau
central à l'aide de 2 fils l'un dit fil d appel sert uniquement
à la mise en contact avec la ligne désirée
l'autre sert à la conversation et est appelé par l'invenveur
fil de son.

Au bureau central, tous les fils de son sont reliés
à des barres verticales i1 i2, pouvant au besoin pivoter légèrement
sur elles-mêmes. Chacune de ces barres est ensuite reliée
électriquement à une courroie horizontale recouverte de
matière conductrice G1 G2,, etc.
Il y a donc autant de courroies que de fils et de barres ces courroies
peuvent décrire , dans leur déplacement, une sorte de spirale
carrée entre les parties de laquelle passent les barres i1 12,
etc. Elles sont disposées les unes au-dessus des autres de manière
à former des colonnes verticales.
La projection horizontale d'une de ces courroies est représentée
fig. 54.

aaa sont des tiges polies servant de support et dirigeant la course :
i^i^i^ sont les barres verticales dont on a parlé plus haut.
En regard de chaque courroie , ces dernières sont armées,
en outre, de contacts portés par des ressorts.
La courroie est munie d*un contact analogue. Grâce à ce dispositif
quand cette dernière se déplace, on conçoit qu elle
se mette successivement en rapport avec chacune des barres i^ i^ et par
conséquent avec chacun des fils de son des abonnés. La courroie
est mise en marche par une transmis sion D qu'actionne une machine ; l'arbre
d est toujours en mouvement et tend à entraîner la roue R.
Un cliquet commandé par un électro-aimant arrête le
mouvement et, par suite, empêche le déplacement de la courroie.
Le fil d'appel se rend à cet électro-aimant, puis à
la terre. A chaque manuvre de l'armature, le cliquet est soulevé,
une dent de la roue R peut passer et la courroie avance d'un contact.
Si les barres verticales ont été disposées dans l'ordre
de numéro des abonnés, pour que l'un d'eux se mette eu relation
avec l'abonné n° 365, il lui suffira d'envoyer 365 émissions
sur son fil d'appel.
Outre les circuits ordinaires, le poste d'un abonné comprend, à
cette intention, un appareil d'appel et un avertisseur.
L'appareil d'appel comporte extérieurement des cadrans pareils
à ceux d'un compteur, et servant à compter les mille, centaines,
dizaines et unités.
Chacun de ces cadrans porte 10 numéros (0 à 9). Pour appeler
l'abonné 365, il suffira de mettre l'aiguille des centaines sur
3 , celle des dizaines sur 6 , celle des unités sur 5. La manuvre
de ces aiguilles provoque, à l'aide de trains d'horlogerie sur
laquelle il est inutile d'insister le nombre de fermetures correspondantes
du circuit d'envoi.
Il convient de remarquer qu'au central, les barres verticales sont groupées
par dix et qu'entre chaque dizaine est laissée une place libre.
C'est devant cette place libre que s'arrête le contact de la courroie
lorsqu'on met l'aiguille sur 0.
Au repos, le fil de son aboutit à l'avertisseur qui est une sonnerie
combinée avec un voyant.
Le fonctionnement s'explique de lui-même; il suffit d'appuyer sur
le bouton d'appel lorsqu'on a amené la courroie du central à
sa position convenable pour envoyer l'appel dans l'indicateur de l'abonné
choisi.
Cet appel provoque, en outre, un autre résultat. La fig. 53 montre,
en effet, que des électro-aimants sont placés en dérivation
sur le fil de son de chacun des abonnés. Le passage du courant
d'appel dans les électros provoque une faible rotation des tiges
i autour de leurs axes. Grâce à leurs ressorts, les plaques
de contact réunies en m ne se séparent pas mais aucune courroie
nouvelle ne peut plus entrer en contact avec les barres qui ont tourné.
Les deux abonnés qui causent ne risquent point d'être dérangés.
Il serait de peu d'intérêt d'entrer dans plus de détails,
ou même d'indiquer les simplifications considérables dont
le projet de ces inventeurs est susceptible.
En 1887 Dans les "Annales télégraphiques"
était présenté ;
LE NOUVEAU SYSTEME DE TRANSMISSION POUR TÉLÉPHONES ET TÉLÉGRAPHES
DE MM. LOUIS MAICHE & DONATO TOMMASI qui était un physicien
d'origine italienne établi en France, chimiste électricien.
Chacun sait que dans l'établissement des lignes ou
des réseaux téléphoniques ou télégraphiques
, les conducteurs et leurs accessoires constituent la plus forte dépense
et que pour les téléphones surtout , plus les postes à
relier sont éloignés du poste central , plus il est à
craindre que cette dépense n'oblige à porter le prix de l'abonnement
à un chiffre inacceptable ; on sait aussi que , d'autre part, la
mutiplicité des lignes crée aux compagnies de sérieuses
entraves à l'extension. des réseaux , tant lorsque l'installation
des fils est aérienne que si elle est souterraine.
Il y aurait donc un immense avantage si l'on parvenait à réduire
le nombre des fils, c'est à dire si l'on pouvait desservir un certain
nombre de postes
avec une seule ligne.
On comprend que outre l'économie réalisée sur les conducteurs
et leurs supports, on obtiendrait une très sérieuse réduction
de l'encombrement qui résulte de la multiplicité actuelle
des lignes , laquelle atteint presque partout la limite d'emplacement disponible,
et que l'on pourrait, sans dépasser cette limite , desservir un nombre
beaucoup plus considérable de postes . De là résulterait
une économie très sensible et , par suite , un notable abaissement
du prix de l'abonnement , c'est-à-dire le meilleur argument que l'on
puisse employer pour provoquer l'extension des correspondances électriques
dans les relations commerciales et privées .
En attendant que nous puissions donner une description complète et
le diagramme d'une installation téléphonique de notre système
, nous nous bornerons à mettre sous les yeux du lecteur l'appareil
servant à l'application du principe qui constitue l'invention .
Ce principe consiste à employer, du poste central, des courants de
potentiels croissants, suivant la position du poste que l'on veut appeler
sur la ligne qui les relie tous, et à disposer dans ces postes des
paires de résistances réglées de telle sorte que la
seconde de chaque poste soit égale à la
première du poste suivant.
Chaque paire de résistances constitue l'appareil représenté
par la figure ci-contre.
Ainsi qu'on le remarque au premier coup d'il , cet appareil se compose
de deux électro-aimants fixés à la suite l'un de l'autre
sur un socle . A chaque extrémité de l'appareil se trouvent
deux petites colonnes supportant l'axe de l'armature de l'électro-aimant
correspondant . La résistance de chaque armature à l'action
de son électro-aimant est constituée par un petit ressort
à boudin accroché au levier extérieur de l'armature
et par un contre-poids mobile sur la partie filetée de ce levier
.
L'amplitude des oscillations des armatures est limitée , pour l'électro-aimant
qui constitue la première résistance du poste (celui de gauche
dans notre dessin) , d'abord par une vis de position placée au-dessuset
au milieu de la monture du barreau de fer doux ou armature, puis par une
vis d'arrêt placée vers l'extrémité de cette
monture et qui vient porter sur la seconde bobine ; pour l'électro-aimant
qui constitue la seconde (celui de droite) la première de ces vis
existe seule.
Le contact entre les deux armatures peut s'effectuer par une vis spéciale
qui traverse l'extrémité repliée dla monture de celle
de la première résistance.
A l'aplomb de cette vis se trouve un autre contact sur lequel peut s'appuyer
la monture de l'armature du second électro-aimant ; dans ce cas ,
les deux armatures cessent d'être en contact, grâce à
la vis d'arrêt de la première.
Tous ces organes , parfaitement visibles sur le dessin, sont susceptibles
d'être réglés avec la plus grande précision,
tant pour la résistance que doivent opposer les armatures que pour
l'amplitude de leurs oscillations .
Les quatre grandes bornes que l'on voit aux angles du socle servent à
placer les appareils soit en circuit , soit en dérivation. Les petites
bornes reçoivent les fils de la pile locale et de l'appareil téléphonique
ou télégraphique .
Lorsque les appareils doivent être placés en circuit, tous
les électro-aimants ont la même résistance propre ;
il n'en est plus ainsi quand ils sont montés en dérivation
. La résistance des armatures à l'action des électro-aimants
est réglée de telle sorte que chacune d'elle ne peut être
attirée que si un électro - aimant est traversé par
un courant d'un potentiel déterminé , et , en outre , la disposition
de l'appareil est telle que si la première armature (gauche) seulement
est attirée , la communication s'établit entre le poste appelé
et le bureau d'appel , tandis que , au contraire , si les deux armatures
de l'appareil sont attirées en même temps , leurs efforts se
neutralisent, au point de vue des contacts , c'est-à- dire mécaniquement
, et le courant passe aux postes suivants . Ces différences dans
la circulation résultent de ce que , lorsque la première armature
s'abaisse seule , la vis qui la termine s'appuie sur la seconde armature
, et de ce que celle-ci s'éloigne de cette vis aussitôt qu'elle-même
est attirée , pour venir en contact avec la vis de la petite colonne
centrale .
Supposons , par exemple que les résistances des armatures des postes
I,II,III ... d'une ligne aient été réglées pour
des courants de 1 et 2, 2 et 4, 4 et 6 ... daniels, respectivement.
Si on lance dans la ligne un courant de deux daniells , ce courant surmontera
les résistances des armatures des deux électro-aimants du
poste I , et la résistance de l'armature du premier électro-aimant
du poste II ; le poste I ne sera pas appelé , tandis que le poste
II sera mis en communication avec le bureau d'appel ; en même temps
, l'apparition d'un signal prévient tous les autres postes que la
ligne est occupée .
Le nouveau système s'applique non seulement aux téléphones
et aux télégraphes , mais encore à tous les genres
de communications électriques tels que signaux de chemin de fer ,
de défense des places et des côtes ,lignes de torpille , etc.
, etc.
En 1896 Dans l'ouvrage "Réseaux
téléphoniques et sonnettes" de Bernard, E. et Cie était
exposé un principe de téléphone multiple du Dr.Donato
Tommasi , on retrouve une nouvelle explication mais pas de schéma
ou de plan.
Pargraphe 63
La méthode proposée par le Dr
Donato Tommasi repose sur un phénomène physiologique
bien connu : limpression de la perception dun son par loreille
alors même que ce son a cessé dexister.
Ce phénomène, analogue à celui observé pour
la vision, a reçu le nom de persistance auditive, et on
a constaté par expérience que le son est perçu pendant
1/32 de seconde après sa cessation. Si donc on sarrange pour
que le plus grand écart existant entre deux émissions successives
ne dépasse pas ce laps de temps, on percevra un son continu.
Réciproquement, si un auditeur perçoit un son continu, on
pourra scinder ce son par une série dinterruptions ne dépassant
pas 1/32 de seconde, sans que loreille sen aperçoive.
Ceci posé, le Dr D. Tommasi intercale dans un circuit téléphonique
un interrupteur produisant une série dinterruptions de courant
durant au maximum 1/32 de seconde (ce qui ne gêne pas la communication),
et il utilise ces interruptions de courant pour établir dautres
communications simultanées. A cet effet, linterrupteur est
disposé de façon que pendant chacune des interruptions il
ferme tour à tour le circuit dautres couples de téléphones
reliés à la ligne, le rétablit sur le premier, et
ainsi de suite, sans que le contact ait jamais lieu sur deux circuits
à la fois.
Cette série de fermetures successives étant continue et
seffectuant en un peu moins de 1/32 de seconde, les choses se passent
pour chaque poste téléphonique comme si ce poste était
seul sur la ligne, cest-à-dire que, pour aucun deux,
la communication néprouve dinterruption sensible.
Pour que les courants successifs qui parcourent la ligne et qui
appartiennent tour à tour à chacune des communications en
cours passent par le récepteur correspondant ou, en dautres
termes, pour que celles-ci ne se mélangent pas, un deuxième
interrupteur semblable au premier et fonctionnant synchroniquement avec
lui, est disposé à lautre bout de la ligne.
Chaque appareil occupe donc une extrémité du conducteur
à utiliser en commun, et à chacun deux viennent se
relier les divers correspondants du lieu où il se trouve.
Le système du T)1 D. Tommasi comporte deux pièces principales
:
1° Un cylindre creux en ébonite ou toute autre matière
isolante, monté sur un arbre métallique relié dune
manière permanente à lun des fils de la ligne, et
tournant dans des coussinets isolés ;
2° Une barre fixe en ébonite ou en toute autre matière
isolante, placée parallèlement à laxe du cylindre
et dont on peut régler lécartement. Sur la surface
du cylindre sont disposés régulièrement, suivant
un seul tour dhélice, en nombre égal à celui
des communications simultanées que lon veut obtenir, des
contacts saillants reliés chacun à larbre du cylindre.
La barre fixe porte, dans le plan de rotation de chacun de ces contacts
et sur la face du cylindre, un balai de forme convenable communiquant
avec une borne placée sur la face opposée.
Comme complément de ces organes principaux, une barre métallique
fixe porte une deuxième série de bornes correspondant aux
précédentes et est reliée avec le deuxième
fil de la ligne. Toutes ces bornes communiquent avec le commutateur du
poste où est placé lappareil.
Ceci posé, on comprend que, dès que le cylindre sera animé
dun mouvement de rotation sur son axe, les divers circuits seront
successivement fermés, puis ouverts et que, les distances angulaires
étant convenablement-mesurées, chaque fermeture ne pourra
avoir lieu quaprès louverture du circuit précédent.
Lobligation de limiter la durée des interruptions des circuits
à 1/32 de seconde, conduit à donner au cylindre de lappareil
une vitesse de 32 tours par seconde, soit 1.920 tours ou, pour plus de
certitude, 2.000 tours par minute.
Le D D. Tommasi fait observer que lon pourra sans doute réduire
cette vitesse dans une certaine mesure si, comme il faut peut-être
le prévoir, la persistance des vibrations de la membrane ou plaque
téléphonique apporte quelque compensation à la brièveté
de la persistance auditive.
Il va de soi que légalité parfaite de fonctionnement
des deux appareils placés aux extrémités de la ligne
ne peut être obtenue que par le synchronisme absolu de leur mouvement
de rotation.
Pour réaliser ce synchronisme, M. D. Tommasi propose demployer
un petit moteur électrique monté sur larbre même
du cylindre.
Le mouvement de ce cylindre serait communiqué à celui du
deuxième appareil par lun ou lautre des dispositifs
connus, ce qui nécessite lemploi dune deuxième
ligne double, mais en fils télégraphiques ordinaires.
La dépense occasionnée par lemploi de cette ligne
auxiliaire en fer, conjointement avec la ligne téléphonique
en bronze, serait, daprès linventeur, négligeable
si on la compare au bénéfice que lon retirerait de
lutilisation multiple de la ligne principale.
Après cet exposé, il n'a pas été
trouvé de trace de mise en service d'un tel système.
Ce qu'il était bon de montrer, c'est que l'idée du multiple
automatique est posée. (rappelons que cet exposé est
écrit en 1993 et le système Tommssi est puplié en 1896).
II - LA TELEPHONIE
MULTIPLE
Alors que la téléphonie
automatique est à l'étude, les nouveaux défix
etaient de pouvoir converser à plusieurs simultanément sur
une seule line de téléphone et de communiquer à grande
distance.
Ce sera en 1906 en Roumanie, Cluj, Augustin Maior qui releva
le premier ces défis.
La téléphonie multiple peut être obtenue à
l'aide de courants alternatifs haute fréquence, de sorte que chaque
courant alternatif puisse être porteur d'un courant microphonique.
L'histoire du grand inventeur de Cluj, Augustin
Maior, peut sembler incroyablement incroyable .
(
une biographe est disponible
ici )
Augustin Sabiniu Maior est né le 21 août 1882 à
Reghin. Son père, Gheorghe Maior, était professeur à
l'école primaire de Reghin. Sa mère, Tereza, née
Cornea, a élevé et éduqué les cinq enfants
des Maior : Olivia, Augustin, Iuliu, Gheorghe et Ana.
Grâce à son érudition, il a réussi à
former chez les enfants le désir de comprendre les choses au-delà
de la première impression. L'allemand est la langue dans laquelle
il apprend les premiers poèmes, à l'école maternelle
allemande de Reghin. L'allemand est la langue dans laquelle il a appris
à écrire à l'école primaire de Reghin. En
1892, il fut inscrit en première année du lycée évangélique
allemand de Reghin. Il y étudia jusqu'en 1896. Ensuite, il poursuivit
ses études jusqu'en sixième année au lycée
apiculteur de Târgu Mures, puis à celui de Budapest. Il y
rencontre le professeur Schmidt Agoston, pédagogue doué,
qui lui ouvre la voie des sciences.
Durant toutes ces années, il a démontré une passion
remarquable pour la recherche, pour la recherche documentaire, pour expliquer
la réalité en utilisant la science, et pas seulement son
intuition. En 1900, il obtient son diplôme d'études secondaires
et réussit l'examen du baccalauréat. À l'automne,
il devient étudiant à l'Institut Polytechnique de Budapest,
faculté de Mécanique. En 1905, il devient ingénieur,
mais avant d'exercer cette profession, il passe plusieurs mois dans les
universités de Vienne,
Munich et Göttingen pour la recherche. Il a suivi plusieurs cours
post-académiques et y a rencontré de nombreuses personnalités
scientifiques de l'époque, parmi lesquelles on peut citer Hermann.
Minkowski, celui qui a ajouté la dimension du temps aux trois autres
dimensions de lespace, résultant en la variété
tétradimensionnelle de lespace-temps. Cette propriété
fut ensuite utilisée par August Maior dans ses études .
Les débuts de la recherche dans le domaine des
systèmes téléphoniques multiples :
Il trouva un emploi d'ingénieur au département
technique de la Poste de Budapest, il participa au concours organisé
en novembre 1905 et convainquit le jury d'examen qu'il possédait
de grandes connaissances théoriques. Il commença donc son
activité à la Station Expérimentale de la Compagnie
des Postes. Il est nommé ingénieur de jour au laboratoire
électrique de la Poste hongroise à Budapest.
Le nom « Station expérimentale » ou
« Station de recherche » a été utilisé
pendant longtemps en Europe, y compris en Roumanie pour désigner
un institut de recherche. Les problèmes étudiés étaient
liés à l'industrie téléphonique, à
l'augmentation de la qualité des conversations téléphoniques,
pour supporter un nombre croissant de conversations par unité de
temps.
Cela ne s'est produit que trente ans après en 1876, lorsque Graham
Bell a transmis les premiers mots par téléphone.
Cela ne s'est produit que treize ans après en 1892, lorsque le
premier standard téléphonique automatique a commencé
à fonctionner dans l'Indiana, aux États-Unis. Il a mené
de nombreuses expériences et a étayé théoriquement
des solutions pour la transmission simultanée de plusieurs
conversations sur le même circuit électrique.
1906 Augustin Maior participe aux expériences
menées au laboratoire postal afin d'améliorer le fonctionnement
du télégraphe et du téléphone.
Propose pour la première fois l'utilisation du courant alternatif
en téléphonie. Il commence ses expériences sur ce
sujet en utilisant un générateur de courant alternatif haute
fréquence.
Il démontre théoriquement le rôle de la résonance
électromagnétique dans les transmissions téléphoniques
longue distance. Il réalise des expériences sur des lignes
artificielles, parvenant à transmettre cinq appels téléphoniques
sur le même circuit, prouvant que la téléphonie à
courant alternatif, basée sur la résonance, se prête
à la téléphonie multiple.
Seulement un an après son embauche comme ingénieur, fin
1906, il réussit à transmettre cinq conversations
simultanées entre deux standards téléphoniques
situés à 15 kilomètres l'un de l'autre et
qui étaient reliés par une seule ligne téléphonique
composée de deux conducteurs électriques. La théorie
a été publiée en 1907 dans le journal « Elektrotechnische
Zeitschrift ».
1907 Sous le titre "Uber Mehrfach-Fernsprechen"
(Sur la téléphonie multiple), il publie les résultats
de ses recherches expérimentales et théoriques dans la revue
allemande "Elektrotechnische Zeitschrift". Il prouve mathématiquement
que la téléphonie multiple peut être obtenue à
l'aide de courants alternatifs haute fréquence, de sorte que chaque
courant alternatif puisse être porteur d'un courant microphonique.
Plusieurs courants peuvent être transmis sur la même ligne.
Le magazine américain "Electrical World" publia un résumé
de cet article en 1907 sous le titre "Multiple Telephony".
Maior poursuit ses expériences sur des lignes de fer artificielles,
longues de 15 à 20 km.
Du 22 au 30 septembre 1908, il participe à
la Première Conférence Internationale des Ingénieurs
de la Compagnie Téléphonique et Téléphonique,
à Budapest.
Des délégués de 15 pays arrivent à Budapest
pour échanger leurs points de vue sur les dernières expériences
et succès obtenus dans l'exploitation du télégraphe
et du téléphone. Augustin Maior présente l'article
« La Téléphonie Harmonique » dans lequel
il décrit ses résultats expérimentaux et théoriques.il
fait une communication dans laquelle il attire l'attention
des spécialistes sur un nouveau système téléphonique
prédit et expérimenté par lui, "Telefonia
armonica" (comme il l'appelait alors), ou téléphonie
à courant alternatif. La communication est accompagnée d'une
brève démonstration théorique pour souligner les
grands avantages qu'offre le courant alternatif à haute fréquence
dans les transmissions téléphoniques, en mentionnant, en
même temps, la possibilité d'utiliser le courant alternatif
à haute fréquence dans la téléphonie multiple
longue distance.


Novembre 1908 Paraît le deuxième ouvrage d'Augustin
Maior sur le thème de la téléphonie à courant
alternatif multiple. Il s'intitule "Uber Wechselstrom Telephonie"
("Téléphonie à Courant Alternatif").
Un résumé de l'ouvrage paraît à nouveau dans
le magazine américain "Electrical World" sous le titre
"Alternating Currents for Telephony".
Décembre 1908 Il est promu au poste d'ingénieur stagiaire.
Février 1909 Dans la revue "Elektrotechnische Zeitschrift"
paraît le travail de E. Weinberg de Washington, qui confirme la
validité des expériences de Maior et propose l'utilisation
de sa méthode pour la réalisation de téléphonie
multiple transatlantique.
Février 1910 En utilisant les travaux du mathématicien
Poincaré et une nouvelle méthode de résolution d'équations
aux dérivées partielles, Maior démontre théoriquement
la possibilité de transmettre, presque sans distorsion, le signal
téléphonique.
11 Mars 1910 Sous le même titre, « Perspectives de téléphonie
rapide et de télégraphie par câbles sous-marins »,
Augustin Maior communique les conclusions de ses démonstrations
théoriques.
L'année 1910 est l'année de la reconnaissance internationale
de la contribution apportée par le Roumain Augustin Maior au développement
de nouveaux systèmes téléphoniques.
Du 5 au 10 Septembre 1910 Le premier congrès international
de téléphonie à courant faible a lieu à Paris.
Délégué au Congrès, Maior soutient une communication
théorique dans laquelle il démontre la possibilité
d'appliquer la méthode de téléphonie multiple aux
transmissions téléphoniques et télégraphiques
à travers des câbles sous-marins. Les premières propositions
de collaboration avec des sociétés d'installation et de
réseaux téléphoniques étrangères lui
sont faites, ce que Maior refuse.
Du 14 Septembre au 15 Octobre 1910 Avec d'autres délégués
au Congrès, il part pour l'exposition à Bruxelles et de
là en voyage à Nuremberg, Munich, Vienne, Graz.
Au cours des années 1910-1911, l'Américain
George Owen Squier fit également plusieurs expériences
sur la téléphonie multiple, mais il breveta également
la solution technique, qu'Augustin Maior omet à l'époque.
3 Janvier 1911 G.O. Squier, des États-Unis, fait
breveter un système téléphonique à l'aide
duquel il parvient à réaliser la transmission simultanée,
sur le même circuit, de deux conversations téléphoniques.
Brevet 930,857.
L'État de New York lui accorde la somme de 50 mille dollars.
 |
Pour les amateurs de technique, Consulter
le Document
TÉLÉPHONIE
MULTIPLEX ET TÉLÉGRAPHIE AU MOYEN DE L'ÉLECTRIQUE
ONDES GUIDÉES PAR DES FILS de GEORGE O. SQUIER.
Département de la Guerre, Bureau du chef de cabinet, Washington,
le 29 mars 1911,
Le rapport suivant sur "la téléphonie multiplex
et la télégraphie au moyen d'ondes électriques
guidées par des fils", préparé dans le bureau
du chef des transmissions de l'armée par Le major George O.
Squier, Signal Corps, et publié comme un journal professionnel
du Signal Corps pour l'information de l'Armée régulière
et milice organisée.
Par instruction du secrétaire à la Guerre :
Léonard Bois, Général de division, chef d'état-major
Extrait
|
Téléphonie et Télégraphie MULTIPLEX
17 Mars 1911 Le magazine anglais « The Electrician
» à travers larticle de B.S. Cohen attribue l'invention
de la téléphonie multiple à l'américain Squier.
Le 24 Mars Augustin Maior écrit une courte note au rédacteur
en chef du magazine pour attirer l'attention sur l'erreur commise.
21 Avril 1911 Le magazine "L'Électricien" publie la lettre
de Maior lui donnant la priorité dans le domaine.
1er mars 1912 Maio est promu au poste d'ingénieur. Il est
nommé au conseil d'administration des PTT à Budapest. Il
devient une personnalité scientifique reconnue dans les milieux
compétents du pays et de l'étranger.
La compagnie téléphonique argentine propose à Maior
un poste de conseiller technique, lui offrant la possibilité de
breveter toutes ses inventions et leur mise en uvre immédiate.
Caractère d'intégrité, poursuivant l'acquisition
de certains avantages matériels dès la fin ses recherches,
Maior refuse de se mêler des affaires de la grande industrie, où
son nom aurait été rémunéré par des
sommes extraordinaires dans les années de prospérité.
1913 Il s'intéresse à de nouveaux aspects de la propagation
des ondes électriques le long des fils et entrevoit la possibilité
d'utiliser des conducteurs électriques comme guides d'ondes électromagnétiques.
1915 Les services postaux, télégraphiques et téléphoniques
en Hongrie sont surchargés. Augustin Maior est mobilisé
à la Poste où il travaille jour et nuit.
4 Mars 1916 Le mariage d'Augustin Maior avec Alexandrina Precup a lieu.
Née le 24 avril 1988 dans la commune de Solovastru (Reghin), Alexandrina
Precup a grandi dans la maison de son oncle, Gheorghe Taranu, employé
de poste à Budapest, l'un des plus
membres actifs de la Société Littéraire "Petru
Maior". Dotée de qualités morales et intellectuelles
sélectionnées, Alexandrina Maior contribuera à la
création d'un climat favorable au développement de l'activité
scientifique de son époux.
27 Août 1916 La guerre mondiale bat son plein. La Roumanie entre
en guerre aux côtés des troupes alliées. Le major
est temporairement libéré de la Poste.
Février 1917 Il est mobilisé à la Cannon Factory
de Györ, au grade de sous-lieutenant, où il est chargé
de calculer les données balistiques des nouveaux types de canons
qui devaient être construits.
Dans les conditions difficiles dans lesquelles s'exerce désormais
l'activité scientifique internationale, où les collaborations
entre scientifiques de différents pays sont entravées par
des facteurs politiques et où l'échange d'informations s'effectue
à travers quelques revues scientifiques, Augustin Maior écrit
son ouvrage le plus complet, une synthèse de tous les problèmes
apparus dans ses publications précédentes. Intitulé
"Uber das Einschalten langer Leitungen mit Wechselstrom" (Sur
le raccordement de longs tuyaux au courant alternatif), le journal paraît
dans le magazine allemand "Elektrotechnische Zeitschrift". La
solution la plus générale au problème très
discuté des phénomènes de transition qui apparaissent
le long des circuits électriques est donnée ici.
6 Octobre 1917 Naissance de Maria, le premier enfant du couple Maior.
1er Décembre 1918 La Grande Assemblée populaire d'Alba
Iulia proclame l'union de la Transylvanie et de la Roumanie.
C'est la fin de la première guerre mondiale.
Maior se voit offrir une chaire universitaire à l'Institut polytechnique
de Budapest. Il refuse car son intention est de rentrer au pays.
17 Janvier 1919 Dans le "Journal Officiel" de Sibiu paraît
l'appel adressé aux intellectuels roumains à retourner à
la Patrie et à mettre toute leur puissance créatrice au
service du peuple roumain.
30 Janvier 1919 Maior arrive à Sibiu, se mettant à la disposition
des autorités roumaines.
Février-Mars 1919 la réorganisation des services PTT en
Transylvanie commence. Maior assure, en tant que Directeur Central, l'organisation
des services PTT de jour et de nuit ; a l'initiative de réimprimer
les timbres pour leur entrée dans l'usage courant ; en maintenant
l'ancien personnel, introduit le roumain comme langue officielle dans
le service administratif de la Poste.
1er Avril 1919 Afin de compenser le manque de personnel qualifié
dans la Poste, à l'initiative de Maior, la première école
télégraphique et téléphonique de Transylvanie
a été créée à Sibiu, avec le roumain
comme langue d'enseignement. Maior est le directeur de cette école
et l'un des trois enseignants qui composent le corps enseignant de l'école.
Il enseigne ici le cours "Appareils de transmission télégraphique
et téléphonique". Après trois mois de fonctionnement,
l'école a produit les 44 premiers spécialistes, commis et
techniciens du télégraphe et du téléphone
affectés
immédiatement dans les services PTT dans toute la Transylvanie.
Cette école était le noyau des futures écoles techniques
et professionnelles de télégraphie et de téléphonie
qui fonctionneront plus tard en Transylvanie.
14 Avril 1919 La décision de nommer Augustin Maior comme directeur
central des Postes, Télégraphes et Téléphones
dans toute la Transylvanie et le Banat apparaît.
Mai-Juin 1919 Maior dirige la restauration de l'ensemble du réseau
télégraphique et téléphonique urbain et interurbain
sur le territoire de la Transylvanie. Ses suggestions et idées
originales ont permis de rétablir les communications téléphoniques
et télégraphiques en peu de temps, avec de faibles investissements
matériels, avec les installations et équipements existants
dans le pays.
L'activité menée pendant cette période difficile
de réorganisation du service administratif et technique de la Poste
roumaine, totalement désorganisé et en grande partie détruit
par la guerre, interrompit l'activité scientifique d'Augustin Maior.
C'est pourquoi, lorsqu'on lui propose, il accepte d'adresser une demande
au département des cultes qui fonctionnait à Sibiu sous
l'égide du Conseil de Direction, pour être nommé professeur
agrégé de physique technologique à la Faculté
des Sciences de l'Université de Cluj. , qui devait ouvrir ses cours
à l'automne de la même année
Juillet 1919 La commission composée des académiciens Petru
Poni, Ludvic Mrazec et Gheorghe Titeica étudie les travaux scientifiques
publiés par Maior et décide de sa nomination comme professeur
titulaire à l'Institut de Physique Théorique et Technologique
de la Faculté des Sciences de Cluj. En Août-Septembre, parallèlement
à son activité de Directeur Central des PTT, Maior est en
charge de l'aménagement des locaux du futur Institut. En Octobre
Augustin Maior est nommé directeur de l'Institut de physique théorique
et technologique au sein de la Faculté des sciences.
27 Octobre 1919 Naissance de Gheorghe-Augustin, le deuxième enfant
d'Augustin Maior.
D'Octobre à Décembre 1919, le premier semestre, désormais,
se déroule dans des conditions difficiles. Incapable de créer
un laboratoire technologique, Maior change le nom de son institut. A partir
du 1er janvier, l'institut qu'il dirige s'appellera l'Institut de physique
théorique et appliquée.
Janvier 1920 En tant que professeur titulaire, il entame les démarches
officielles pour obtenir les fonds nécessaires pour équiper
le laboratoire et la bibliothèque et embaucher du personnel qualifié
: assistants, formateurs. Le noyau de la première école
roumaine de physique théorique est en train de se constituer. Elle
fonctionnera à Cluj pendant plus de trois décennies sous
la direction du professeur Augustin Maior et plus tard de ses disciples.
En Février, libéré du poste de directeur central
des PTT, Maior est réélu membre du conseil d'administration
de la direction des PTT Cluj, poste qu'il occupera jusqu'à sa retraite.
Malheureusement, Maior na pas délivré
de brevet pour sa solution technique ; la priorité dAugustin
Maior dans ce domaine nest donc assurée que par le droit
dauteur.
Même Nicolae Vasilescu-Karpen écrivit une lettre à
l'Académie des Sciences de Paris en 1909 dans laquelle il décrivait
ses propositions concernant la téléphonie multiple à
partir de son expérience dans la téléphonie sans
fil. Au cours des années 1910-1911, l'Américain George Owen
Squier a mené plusieurs expériences concernant la téléphonie
multiple, mais il a également délivré un brevet pour
la solution technique.
Les fondements théoriques de la téléphonie multiple
sont publiés en 1907 dans la revue Elektrotechnische Zeitschrift
puis en 1914 dans The Use of High-Frequency Alternating Currents in Telegraphy,
Telephony and for Power Transmission in The Electrician.
Au cours des années 1910-1911, l'Américain
George Owen Squier fit également plusieurs expériences sur
la téléphonie multiple, mais il breveta également
la solution technique, qu'Augustin Maior omet à l'époque.
Augustin Maior remarque le danger de ne pas être
reconnu comme prioritaire dans le domaine et écrit une lettre au
magazine The Electrician publiée dans le numéro du 21 avril
1911. Augustin Maior déclare : pour que chaque flux porte un appel,
j'ai mentionné que Je pouvais envoyer cinq messages à la
fois. J'ai présenté mes expériences à la première
conférence postale et télégraphique européenne
et j'ai dit à la conférence que j'avais réussi à
envoyer des messages le long d'une ligne de 15 km. Cependant, en 1921
EH Colpitts publie un article de synthèse dans le magazine AIEE
Transactions dans lequel il affirme que GO Squier, par des expériences
entre 1910 et 1911, a réussi à développer la téléphonie
multiple. Il est vrai qu'il cite six des ouvrages de Maior dans la bibliographie,
mais ne mentionne pas sa priorité."
Encore une fois c'est une injustice envers un Roumain, envers un petit
pays que beaucoup ne voulaient pas promouvoir.
Ies contributions au développement de ces domaines scientifiques
seront reconnues en 1950, lorsque le prix Nobel M. Louis de Broglie présente
à l'Académie de Paris l'ouvrage d'Augustin Maior intitulé
"Champs gravitationnels et magnétisme". Mais cela n'a
pas changé sa priorité méconnue .
Une reconnaissance tardive de sa contribution au
développement de l'enseignement moderne et de la recherche en physique
intervient en 1995 lorsque le Conseil de la Faculté de la Faculté
de Physique de l'Université de Cluj a décidé de nommer
l'un de ses amphithéâtres "Augustin Maior Amphitheater".
- Dès 1918, aux USA, est utilisé le procédé
de Multiplexage Analogique par onde porteuse.
Désormais sur une liaison de transmission il est possible de transmettre
deux conversations téléphoniques simultanément, sans
qu'elles se mélangent, grâce à la Répartition
en Fréquences.
- En 1931, l'ingénieur français Pierre Marzin, conçoit
un procédé de Multiplexage Analogique par onde porteuse
que l'on dénommera Système Marzin pouvant transmettre 2
voies téléphoniques simultanément. Puis, les progrès
furent continus, on parvint à faire passer ultérieurement
3 puis 6 conversations téléphoniques simultanées
sur la même liaison métallique de deux fils à partir
de 1942 (Système CNET) et plus encore par la suite...
- Il fut inventé également le principe du circuit
fantôme qui consista, avec deux liaisons, à créer
une troisième voie, la voie fantôme : c'est à dire
qu'avec deux liaisons métalliques de transmissions, nous pouvions
désormais transmettre 1 voie téléphonique supplémentaire
portée entre les deux liaisons métalliques, ce qui permettait
d'augmenter sensiblement le nombre de voies de transmissions avec le même
nombre de liaisons métalliques installées...
Dans le monde, le premier système à courants
porteurs à 3 voies téléphoniques modulées
est mis en service entre Londres et Madrid (avec stations intermédiaires
à Versailles, Saumur, Saintes, Bordeaux, Saint-Sébastien
et Saragosse) le 8 juin 1928.
En France, les 2 premiers systèmes à courants porteurs à
3 voies sont mis en service (fournis par la société LMT)
pour les communications interurbaines : le 5 août 1929 entre Dijon
et Annemasse et le 5 octobre 1929 entre Marseille et Nice.

Vue d'ensemble d'un imposant équipement terminal d'un système
à courants porteurs à 3 voies, à Paris.
En haut, à droite sur la baie la plus à droite, nous distinguons
8 rangées de tubes électroniques à effet thermoïonique,
utilisés pour l'amplification, la modulation et la démodulation
des signaux téléphoniques transmis.
Ces systèmes 3 voies simultanées seront modernisés
après la seconde guerre mondiale et permettront le passage de 6,
puis 12 voies téléphoniques simultanées au lieu de
3.
Les différents assemblages de base à courants porteurs :
Avec lapparition des matériels de Multiplexage analogique
par Répartition de Fréquences (MRF), les premières
liaisons à grande distance multiplexées ont dabord
compté 2 puis 3 voies... (Par convention, chaque voie téléphonique
est une bande de fréquence réservée dune largeur
spectrale de 4 kHz.)
Puis, avec lévolution des matériels, les types de
liaisons ont été normalisés :
-Le Groupe Primaire (GP) a été normalisé en regroupant
12 voies téléphoniques, modulées par 12 ondes porteuses
différentes par 12 circuits, sur une bande de fréquences
large de 48 kHz. (de 60 kHz à 108 kHz).
-Le Groupe Secondaire (GS) a été normalisé en regroupant
60 voies téléphoniques, en regroupant 5 Groupes Primaires
(GP), modulés par 5 ondes porteuses différentes, par 5 circuits,
sur une bande de fréquences large de 240 kHz. (de 312 kHz à
552 kHz).
-Le Groupe Tertiaire (GT) a été normalisé en regroupant
300 voies téléphoniques, en regroupant 5 Groupes Secondaires
(GS), modulés par 5 ondes porteuses différentes, par 5 circuits,
sur une bande de fréquences large de 1,232 MHz. (de 812 kHz à
2,044 MHz).
-Le Groupe Quaternaire (GQ) a été normalisé en regroupant
900 voies téléphoniques, en regroupant 3 Groupes Tertiaires
(GT), modulés par 3 ondes porteuses différentes, par 3 circuits,
sur une bande de fréquences large de 3,872 MHz. (de 8,516 MHz à
12,388 MHz).
-Au 1er janvier 1970, la France compte en service 4705
Groupes Primaires (GP) de 12 voies téléphoniques à
courants porteurs.
-Le 10.000ème Groupe Primaire (GP) de 12 voies téléphoniques
à courants porteurs est mis en service le 10 février 1973.
-Le 20.000ème Groupe Primaire (GP) de 12 voies téléphoniques
à courants porteurs est mis en service en France, entre Paris et
Bordeaux, via un faisceau hertzien de
1.800 voies, le 2 juin 1975.
Après les tous débuts des premiers câbles mis en service
en France dans les années 1926-33 avec leurs premiers équipements
de multiplexage analogique à courants porteurs évoqués
plus-haut, qui marquent les débuts de lexploitation interurbaine
et internationale moderne, les principaux matériels damplification
ultérieurs, modulation-démodulation, amplification et transmission
ont été les suivants, notamment déployés à
Paris-Interurbain-Archives.
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