PREMIERES STATIONS
TÉLÉPHONIQUES AUTOMATIQUES
Etude d'un DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE POUR RÉSEAU
TÉLÉPHONIQUE SUBURBAIN en France
selon G. Rambaud, Ingénieur des télégraphes
en France
Dès 1880, l'extension des grands réseaux téléphoniques
rencontre de sérieuses difficultés et oblige à
des dépenses considérables, aussi longtemps que l'on réserve
à chaque abonné l'usage exclusif d'une ligne comprenant
un ou deux conducteurs, suivant les cas.
Pour éviter des impossibilités de construction, aussi
bien que pour réduire dans de très fortes proportions
les prix d'abonnement, on a déjà utilisé de nombreux
appareils permettant à deux, quatre ou un plus grand nombre d'abonnés,
l'usage successif d'une même ligne les reliant à une station
centrale. Ces appareils distribuent automatiquement la ligne commune
à l'un ou à l'autre des abonnés, et cela sur le
désir de l'un d'eux ou de la station centrale.
Dans l'établissement des petits réseaux suburbains on
se trouve en face d'un problème de même nature.
Une ville d'importance moyenne possédant un réseau téléphonique,
les habitants des bourgs voisins ont un très grand intérêt
à être relié à ce réseau; s'il était
possible de leur permettre ce rapprochement de la ville voisine, moyennant
un faible prix, il n'est pas douteux que le nombre des adhésions
serait considérable, et cela autour de chaque réseau important
et sur un rayon d'une grande étendue.
Pour réaliser la condition de faible prix, il ne faut évidemment
pas songer à accorder une ligne spéciale à chaque
abonné; il ne faut pas songer davantage, à moins que le
réseau suburbain ne possède un grand nombre d'abonnés,
à établir au centre de la localité une sorte de
bureau central en correspondance, à l'aide de fils auxiliaires,
avec le bureau central de la ville voisine ; les frais de personnel
qui devraient être prévus pour une pareille organisation
pourraient être, en effet, mis en parallèle avec les dépenses
de matériel qui résulteraient du premier cas envisagé.
Il y a donc lieu de recourir, ici encore, à une sorte de
distributeur automatique, qui serait placé en un point
convenable de la localité.
Les conditions auxquelles doivent satisfaire ces appareils sont nombreuses
:
1° La station centrale doit pouvoir appeler chaque abonné,
sans que les autres abonnés placés sur la même ligne
soient dérangés ;
2° Chaque abonné doit pouvoir appeler la station centrale
sans déranger les autres abonnés ;
3° La communication téléphonique doit pouvoir s'établir
entre la station centrale et un abonné ou réciproquement,
sans que la conversation puisse être épiée ou interrompue
par les autres abonnés;
4° Pour qu'un distributeur automatique soit complet, il doit permettre,
en outre, la conversation entre deux abonnés du groupe qu'il
dessert.
Pour satisfaire à toutes ces exigences, un appareil doit être
un peu compliqué et ses organes nombreux et délicats ;
si son fonctionnement est bon, cette complication ne présente
pas de sérieux inconvénients dans une grande ville, où
les ressources en mécaniciens et agents de surveillance sont
généralement abondantes et sur place ; il n'en est pas
de même pour une série de réseaux suburbains, la
visite fréquente des appareils par un agent spécial serait
onéreuse ; aussi l'entretien courant des distributeurs à
placer dans ces réseaux doit être simple et n'exiger que
des connaissances très
répandues, puisque dans certains cas ils seront confiés
à des gérants de bureaux de tabac.
L'appareil, dont la description suit, me parait présenter cette
condition de simplicité et de facile entretien; il joint à
cela l'avantage d'élever fort peu le prix des installations ordinaires,
et j'ai lieu de croire qu'après une construction soignée
son fonctionnement ne laisserait rien à désirer.
La fig. 1 permet de se faire une idée générale
de son fonctionnement.
Entre le poste central du réseau urbain et le poste de distribution
placé vers le centre de la localité à desservir,
le service serait assuré par un double fil ; entre le poste de
distribution et les abonnés seraient installés :
1° Un fil simple pour chacun d'eux 2', 2", 2"', aboutissant
à des bornes isolées ô, c, placées à
égale distance sur une circonférence dont m serait le
centre.
2° Un second fil commun à tous les abonnés A. B.C..
du groupe desservi par le distributeur.
Chaque poste d'abonné est représenté par sa sonnerie,
de même que le poste central.
Pour rester dans les généralités et pour dispenser,
quant à présent, de la description des mécanismes,
supposons que le distributeur soit un récepteur à cadran
du modèle ordinaire, avec son électro-aimant N en relation
avec la terre d'un côté et avec le fil 1, commun à
tous les postes, de l'autre; mn en est l'aiguille reliée au fil
2, et qui de sa position de repos mr se portera en ma, mb ou me, après
une, deux ou trois émissions envoyées par le manipulateur
à cadran placé au poste central à l'aide d'une
pile, dont l'autre pôle est h la terre. Les positions ma, mb,
me correspondent aux repos qui suivent l'émission de chaque courant
par le manipulateur, c'est-à-dire aux lettres B, D et F d'un
récepteur à cadran monté à la façon
ordinaire. Les communications étant disposées comme l'indique
la fig. 1 , on voit que tout déplacement du manipulateur à
cadran produira un déplacement de même angle de l'aiguille
du récepteur, et cela malgré les dérivations du
fil 1 par les postes d'abonnés. L'aiguille mn étant
conductrice, viendra, sur le désir de la station centrale, établir
une communication entre le fil 2 et chacun des fils 2', 2", 2"',
et formera ainsi un circuit métallique pour l'abonné que
l'on désire appeler. Ceci fait, le poste central rentrera sur
ce circuit métallique et pourra sonner avec une pile dont les
pôles communiqueront aux deux fils 1 et 2; la dérivation
unique placée à la terre en 0 n'empêchera pas que
le courant ainsi envoyé n'aille faire fonctionner la sonnerie
de l'abonné que l'on désire ; et cela sans que les sonneries
des autres abonnés fonctionnent. La communication téléphonique
pourra de même s'établir entre le central et l'abonné;
les courants téléphoniques produits par la conversation
ne traversant point les postes des autres abonnés, il sera impossible
à ceux-ci de surprendre cette conversation.
Une disposition de tous points semblable dans ses généralités
à celle qui est représentée par la fig. 1 permet
à chaque abonné d'orienter le distributeur pour la communication
avec la station centrale, d'appeler celle-ci et d'entrer en conversation
avec elle.
La description des divers organes et les figures qui vont suivre montreront
comment cette communication réciproque entre la station centrale
et l'un des abonnés peut être réalisée d'une
manière sûre, ainsi que la communication entre un abonné
du groupe suburbain et un abonné du réseau urbain ; par
quels moyens chaque abonné est informé, à l'aide
d'un voyant, de l'utilisation de la ligne commune par un de ses collègues,
son manipulateur d'orientation étant, en outre, verrouillé
pour éviter toute distraction de sa part, qui aurait pour effet
d'interrompre la conversation en cours ; comment l'aiguille du distributeur
peut être ramenée à sa position de repos (rappel
au blanc) par la station centrale en cas de fonctionnement irrégulier
du distributeur ; de quelle manière sont montés les différents
postes (station centrale, poste de distributeur, poste d'abonné)
pour entraîner un faible supplément de prix dans leur installation
; comment enfin la communication entre deux abonnés du groupe
peut être réalisée si le désir en est exprimé.
Poste central.
La fig. 2 représente l'installation complète que devra
recevoir la station centrale du réseau urbain pour communiquer
avec les abonnés du groupe suburbain.
A droite est figurée l'installation ordinaire d'un poste de station
centrale, A est l'annonciateur du groupe suburbain avec un jacknife
de forme ordinaire pour double fil, F est la fiche double ordinaire,
G une clef d'appel double dont les communications sont particulières,
B, P, M et T sont la bobine d'induction, la pile de microphone, la mâchoire
à 4 communications et l'appareil double ordinairement usités
dans les stations
centrales.
En CZ se trouve une pile de 10 à 15 éléments Le
clanché, qui pourra être commune à tous les groupes
suburbains qui seraient desservis par le même téléphoniste
; cette pile pourrait être la même que celle du bureau,
si le réseau urbain est à simple fil.
A gauche est figurée l'installation spéciale au groupe
suburbain; elle est composée d'un manipulateur à cadran
de forme ordinaire, dont les lettres sont remplacées par les
numéros d'abonnés du groupe ; le nombre des crans d'arrêt
de la manivelle est diminué de moitié, un manipulateur
de dimension ordinaire peut, par suite, desservir douze abonnés;
toutefois ce nombre n'est point une limite, il n'y a qu'à augmenter
le diamètre de la roue pour permettre de desservir un plus grand
nombre d'abonnés, en laissant un intervalle entre les émissions,
suffisant pour la régularité du fonctionnement du distributeur.
Le mouvement de la manivelle d'orientation aura pour effet d'envoyer
une succession de courants négatifs sur la ligne Ll, le pôle
positif de la pile étant à la terre par les deux clefs
C et R.
La clef R a pour effet d'inverser les pôles de la pile et d'envoyer
un courant positif sur la ligne Ll, en mettant le pôle négatif
à la terre: comme on le verra plus loin, cette clef ramènera
à la position de repos l'aiguille du distributeur, elle devra
être abaissée après chaque conversation échangée
par la ligne du groupe.
Ceci posé, et la figure donnant d'ailleurs toutes les communications
électriques, il paraît inutile d'entrer dans des explications
complémentaires.
Les appareils étant tous au repos dans la position figurée,
si le clapet de l'annonciateur A tombe, le téléphoniste
de service introduira la fiche F dans le jaçknife en isolant
l'annonciateur, recevra la demande de l'abonné et lui donnera
satisfaction, s'il s'agit d'une communication avec un abonné
du réseau urbain, à l'aide d'un cordon souple à
deux conducteurs qui ira soit au jacknife de l'abonné demandé
dans un réseau urbain à double fil, soit à un transformateur
dans un réseau à simple fil ; sitôt que l'annonciateur
de fin de conversation aura indiqué que la ligne redevient disponible,
la téléphoniste devra remettre tout en l'état figuré
et abaisser la clef R pour remettre le distributeur au repos ; on verra,
en effet, que les manettes d'orientation, mises à la disposition
des abonnés du groupe, donnent un nombre d'émissions suffisant
pour orienter convenablement le distributeur, mais ne permettent pas
le rappel au blanc, et cela pour empêcher que les abonnés
ne puissent interrompre les conversations en cours.
Si, au contraire, la station centrale ou un abonné du réseau
urbain désire communiquer avec un abonné du groupe suburbain,
l'abonné n° 2 par exemple, la téléphoniste
devra tourner la manette d'orientation au cran marqué 2, introduire
la fiche dans le jacknife et, à l'aide de la clef G, appeler
l'abonné 2, qui, seul, recevra cet appel, la suite des opérations
aura lieu comme d'habitude ; sitôt la conversation terminée,
la manette d'orientation sera ramenée au repos dans le sens convenable.
On pourra aussi, pour assurer le rappel au blanc du distributeur, envoyer
un courant positif avec la
clef R, mais on sait que cela n'est pas nécessaire quand l'orientation
est faite par le manipulateur de la station centrale.
Poste de distribution
(L'auteur s'est surtout préoccupé d'exposer le principe
et le mode d'emploi de l'appareil. Les mécanismes indiqués
pour le poste de distribution peuvent varier. L'auteur eu a déjà
combiné d'autres différents de ceux qu'il avait eus en
vue tout d'abord el qui remplissent le même but).
Poste
Ader
La fig. 3 représente le cadran de distribution, N et P sont deux
électro-aimants polarisés agissant par des courants négatifs
pour N et positifs pour P ; le premier produit l'avancement de l'aiguille
par un mécanisme semblable à celui d'un récepteur
à cadran, le second produit le rappel de l'aiguille au repos
en attirant la pièce qui porte les cliquets de déclenchement.
Ce double mécanisme étant semblable à celui d'un
récepteur à cadran ordinaire, je me dispense de plus longues
explications ; toutefois, comme le ressort plat mn qui remplace l'aiguille
doit appuyer fortement sur les divers boutons 1, 2, 3, etc., pour assurer
un bon contact téléphonique , l'axe de la roue d'échappement
devra recevoir une impulsion beaucoup plus forte que dans le cas d'un
récepteur ordinaire. A cet effet, elle devra être reliée
au tambour du ressort par l'intermédiaire de deux pignons seulement
au lieu de quatre que portent habituellement les récepteurs.
La détente d'un ressort ordinaire fera faire 420 tours à
Taxe de distribution, ce qui obligera à le remonter une fois
par semaine seulement dans le cas d'un groupe de dix abonnés
avec six communications par jour pour chacun d'eux. Malgré le
supplément de force appliquée sur l'axe de distribution,
le déclenchement de la roue d'échappement sera toujours
facile à l'aide de l'électroaimant N. Afin d'assurer un
bon contact entre le resort mn et les boutons 1, 2, 3, ces boutons devront
toujours être disposés un peu en arrière de la position
que prendrait le ressort R. le cliquet d'échappement s'opposait
seul à son mouvement en avant.
La onzième goupille isolée formant butoir marquée
2 || 4 sert pour les communications entre les abonnés 2 et 4
du même groupe ; son fonctionnement, qu'il est du reste facile
de saisir d'après la figure, sera néanmoins exposé
plus loin.
La goupille n servant de butoir de repos est en matière isolante
; elle possède une disposition spéciale représentée
par la fig. 3 bis et qui sert à interrompre le circuit d'une
pile avec un fils spécial ni qui passe chez chaque abonné
du groupe. Dès que l'aiguille mn a quitté sa position
de repos, c'est-à-dire dès qu'un abonné, ou la
station centrale, a fait le premier mouvement pour se servir de la ligne
commune, le courant de la pile P' part sur le fil ni et annonce à
chaque abonné que la ligne est occupée, en sortant un
voyant et verrouillant la manette d'orientation de tous les abonnés,
sauf celui qui veut utiliser la ligne ; cette pile pourra d'ailleurs
être la pile d'appel de la cabine publique que les réseaux
suburbains posséderont sans doute.
La fig. 3 bis montre que cette manuvre se produit par l'écartement
des deux pièces r et s formant contact, et cela sous la pression
du ressort mn.
Poste d'abonné.
La fig. 4 représente la disposition complète d'un poste
d'abonnés, ces postes étant d'ailleurs tous semblables
; on reconnaîtra, en bas, l'appareil microtéléphonique
Ader avec ses communications ordinaires, à l'exception de la
clef d'appel qui est double. En M se trouve la manette d'orientation
mise à disposition de chaque abonné, celle qui est représentée
est affectée à l'abonné n° 6, elle se compose
d'une pièce circulaire munie de goupilles isolantes perpendiculaires
au plan du cercle et en nombre variable suivant le numéro de
l'abonné, cet ensemble peut tourner à l'aide de la manivelle
OD autour d'un axe parallèle aux goupilles et passant par le
centre 0 du cercle, de sorte qu'après un tour complet, les six
goupilles seront venues successivement appuyer le ressort rs sur son
butoir inférieur n; ce qui aura produit, sur la ligne Ll, l'émission
de six courants négatifs successifs, le pôle c de la pile
étant à la terre par la clef double d'appel de l'appareil
; ces courants auront pour effets :
1° D'orienter l'aiguille du distributeur de façon à
former un circuit métallique avec les deux fils de la ligne commune
et les fils Ll et L2 arrivant chez l'abonné n° 6.
2° De lancer, dans le fil spécial de ligne occupée,
un courant qui, arrivant par le fil L3, mettra en mouvements les électro-aimants
E de chaque abonné ; l'un des pôles de cet électro-aimant
fera sortir de la boîte le voyant rouge R, l'autre pôle
fera sortir perpendiculairement au plan de l'appareil, le verrou V qui
empêchera chez les autres abonnés le mouvement de la manivelle
OD et aura pour effet chez l'abonné n° 6 qui appelle d'empêcher
celui-ci de faire tourner de plus d'un tour sa manivelle d'orientation.
Cette dernière mesure a bien son intérêt, car on
sait que si l'abonné 6 dépassait sensiblement la position
de repos dessinée, le contact 1 viendrait une seconde fois en
prise avec le ressort ?*s et en faisant tourner d'un cran de plus le
distributeur, empêcherait toute communication entre l'abonné
n° 6 et le réseau. Le mouvement, en sens inverse de la flèche
de la manette OD, est empêché d'unemanière permanente
par un verrou p maintenu par un ressort pq, lequel s'abaisse sous le
passage de la manette dans le sens direct. Sitôt la communication
terminée, le distributeur étant ramené au repos
par la station centrale, le voyant R et le verrou V reprennent leurs
positions de repos sous l'influence de ressorts antagonistes.
Inter communication des abonnés.
Ainsi qu'il a été dit précédemment, la goupille
du distributeur (fig. 3) qui porte l'indication 2 || 4, sert pour établir
la communication entre les fils spéciaux des abonnés 2
et 4. Sur la demande de l'un d'eux faite à la station centrale,
celle-ci oriente le distributeur de manière que le ressort mette
en communication les deux abonnés 2 et 4. Le circuit métallique
des deux fils allant à la station centrale, reste en dérivation,
mais cela ne peut avoir d'inconvénients sérieux pour une
communication téléphonique, cela permet en outre h la
station centrale d'être informée de la fin de la conversation
entre les abonnés 2 et 4.
Cet exemple a été dessiné pour montrer que le système
se prête à cette exigence ; toutefois, il me paraît
qu'il y a plus d'inconvénients que d'avantages à permettre
les intercommunication dans un réseau suburbain, elles ne peuvent
pas, en effet, répondre à de grands besoins, car les abonnés
d'un même groupe habitent, en général, à
quelques centaines de mètres les uns des autres, et il leur est
facile, s'ils ont de fréquentes relations, de donner satisfaction
à leurs besoins sous forme de ligne d'intérêt privé
reliant leurs établissements. D'autre part, il paraît désavantageux
de priver les autres abonnés du même groupe d'une communication
beaucoup plus importante avec le réseau urbain voisin pendant
tout le temps que conversent entre eux deux abonnés du groupe.
Il y a d'ailleurs lieu de remarquer que même dans les villes de
40 à 50.000 habitants, le désir d'avoir une communication
interurbaine prime de beaucoup celui d'avoir un réseau urbain
; à plus forte raison en sera-t-il ainsi pour de petites agglomérations
où les distances entre les établissements seront très
faibles ; du reste si l'on veut permettre les intercommunications entre
deux
abonnés quelconque d'un groupe de dix abonnés, le nombre
de goupilles qu'il faudrait mettre sur le distributeur du système
que je propose, serait de 56, y compris la goupille de repos. En résumé,
je serais d'avis de remplacer la goupille d mtercommunication figurée,
par un onzième abonné ou mieux par une cabine publique
placée au poste de distribution 1 (Bureau des Postes et Télégraphes
ou Bureau de tabac).
De ce qui précède, il semble résulter que le nombre
de fils reliant le poste de distribution à chaque abonné
est de trois ; l'abondance des fils à établir, serait
malgré leur petite longueur, de nature à jeter un discrédit
sur ce système, mais la fig. 5 qui représente un réseau
type, montre que si trois fils entrent réellement chez chaque
abonné, l'extension totale du réseau suburbain ne comporte
guère plus d'un fil et demi par abonné ; les fils d'orientation
sont en effet communs h tous les abonnés, ainsi que les fils
de ligne occupée, cette disposition ne peut avoir aucun inconvénient,
la résistance des fils étant négligeable par rapport
à celle des électro-aimants à mettre en action.
Quant au double fil reliant le poste de distribution au réseau
urbain, je crois qu'on n'y verra pas de grands inconvénients
; les poteaux de lignes télégraphiques devant d'ailleurs
être utilisés dans bien des cas, cette disposition devient
une nécessité.
sommaire
Le nombre des abonnés à relier au réseau et demeurant
dans un même immeuble peut souvent dépasser deux, spécialement
dans les grandes villes, telles que Paris, etc. Il y a donc intérêt
à chercher à étendre les solutions précédentes
au cas de quatre abonnés et plus.
Une station automatique est, ainsi qu'on le verra plus loin, un moyen
très satisfaisant de résoudre le problème.
Deux autres solutions sont également entrées dans la pratique,
l'une due à M. Ader, l'autre connue
sous le nom de système à pendule.
Reposant principalement sur des combinaisons de communications, comme
les systèmes décrits précédemment, nous
les indiquerons immédiatement avant de passer à l'étude
des stations automatiques proprement dites.
Dans le système Ader, uniquement applicable aux réseaux
à double fil, quatre abonnés sont groupés deux
par deux (fig. 9).

Une terre est intercalée à l'état de repos entre
ces deux groupes, en T. Pour appeler l'un des abonnés depuis
le bureau central, on y intercale aussi une seconde terre entre les
deux fils et l'on envoie un courant positif ou négatif sur l'une
des deux lignes choisies. On a ainsi quatre moyens différents
pour actionner les quatre relais de sonnerie s1 s2 s3 s4.
Le détail des communications est représenté fig.
10.

Chaque poste est muni d'une pile de sonnerie p. Une même pile
P leur sert de pile d'appel, en même temps qu'elle supprime la
terre T du lacet et fait fonctionner tous les voyants des postes au
moment où l'un quelconque des abonnés converse avec le
bureau central.
G représente celui-ci, dans la fig. 10; I, II, III, IV sont les
quatre postes greffés sur la ligne LL. Au poste central existent
quatre clefs, correspondant chacune à l'un des quatre postes.
Supposons, par exemple, qu'on abaisse la clef II.
Un courant positif est alors envoyé sur la ligne L. Cecourant
arrive à la borne 1 du poste I, traverse le relai polarisé
A, sort par la borne 12, rentre par la borne 1 dans le poste II, traverse
le relai polarisé B, sort parla borne 12 du même poste
et, de là, se rend à la terre T par l'intermédiaire
de l'armature d'un relai spécial R. Le relai A n'étant
pas sensible aux courants positifs, le relai B fonctionne seul. Le circuit
de la pile p se ferme alors par m, la borne 7, la sonnerie s, les bornes
6, q, l'armature du relai attirée, la borne p et n. Le poste
II est appelé.
Supposons qu'on ait voulu appeler III ou IV, la marche du courant diffère
légèrement.
Un courant négatif, par exemple, est alors envoyé sur
L 1 . Il entre par la borne 2 du poste I, se rend par x au commutateur
automatique , ressort par t et la borne 1 1 , traverse de même
les commutateurs des trois postes II, III, IV. Arrivé à
la borne 11 du poste IV, il passe à la borne 12 du même
poste, traverse alors le relai polarisé B',:sort par 1, rentre
par 12 dans le poste III, et, après avoir encore traversé
le relai A', se rend enfin à la terre T par l'armature du relai
R.
Le relai A7 étant seul sensible aux courants négatifs
fonctionne et ferme, comme précédemment , le circuit local
de sonnerie.
Supposons que l'abonné II appellé par le poste central
veuille correspondre. Il décroche son téléphone
et le commutateur automatique se relève : toutes les communications
sont brusquement changées.
Remarquons d'abord que le circuit de pile P se trouve aussitôt
fermé. Le courant partant du pôle positif de cette pile
suit /, pénètre par la borne 5 dans le poste II, arrive
au commutateur qui a fermé le circuit en ressort par 8, arrive
par lx à la borne 8 du poste IV, et, après avoir traversé
successivement les relais des voyants des postes III et IV (bornes 9
et 4), le relai R, les relais des voyants des postes II et I, sort par
la borne 1 du poste I et se rend par L' au pôle négatif.
Tous les voyants ont donc fonctionné, faisant apparaître
la mention « ligne occupée » ; en même temps
l'armature du relai R, étant attirée, a coupé la
communication du circuit avec la terre en T, et tant que la conversation
durera, ce double effet subsistera.
Remarquons, en outre, que la ligne L t ne vient se fermer sur L à
travers le poste II qu'après avoir traversé les commutateurs
automatiques des trois autres postes. La manoeuvre d'un quelconque de
ceux-ci suffirait donc à interrompre aussitôt la conversation.
Aucune indiscrétion n'est possible.
Supposons enfin que le même abonné II veuille demander
une communication au poste central, il lui suffit d'appuyer sur le manipulateur
M. Le circuit de la pile P est alors ainsi constitué : L, le
poste central, L l5 les bornes 2 et 11 du poste 1, la borne 2 le manipulateur
et la borne 5 du poste II et l. Un courant d'appel est bien envoyé
à l'annonciateur.
L'ensemble du système est extrêmement ingénieux.
Le principal reproche à lui faire repose sur la multiplicité
et la complexité des communications. Six fils relient entre eux
chaque poste : une recherche de dérangement dans un tel ensemble
est des plus délicates. De plus, mais ceci est de faible importance,
les quatre abonnés ne peuvent causer entre eux.
Le système de la pendule a le même inconvénient
de provoquer la pose d'un nombre considérable de conducteurs
entre chaque poste.
Toutefois, la complication est moindre et il permet de desservir à
volonté six ou huit abonnés.
Dans la fig. 11, nous en donnons un diagramme relatif à une installation
de trois abonnés. On trouverait facilement celui qui correspondrait
à un plus grand nombre.
Dans l'immeuble où demeurent les abonnés et en un point
quelconque est installée une véritable petitestation automatique
A.
Cette station se compose d'un mouvement d'horlogerie (non représenté
sur le dessin) qui fait décrire à une came c une circonférence
complète, chaque fois que le mouvement de l'armature d'un électro-aimant
dont l'enroulement est représenté en M, lui permet de
fonctionner. La came en marche c rencontre successivement des ressorts
r1 r2 r3 en aussi grand nombre qu'il y a de postes desservis. Lorsqu'elle
est au repos, elle maintient éloigné de son contact un
dernier ressort r.
Dans chacun des postes sauf un une communication spéciale marquée
en pointillé se trouve également ajoutée.
Au poste central se trouve un mouvement d'horlogerie faisant décrire
un tour à une aiguille, dans le même temps que la came
et également commandé par un électro-aimant. Supposons
que la station veuille appeler, par exemple, l'abonné 2. L'employé
envoie d'abord un premier courant sur la ligne : ce courant arrivant
par L1 traverse l'électro-aimant M, passe par r1 , a1, c1, revient
à la borne 4, passe par r2 , 6, a2 , c 2 , la borne 9, r3 , a
3 , c 3 , L2 et l'électro-aimant de la station de départ.
Les deux mouvements d'horlogerie partent simultanément. La came
c abandonnant le ressort r laisse immédiatement l'électro-aimant
M en court circuit , puis soulève successivement les ressorts
r 1 r2 r3 qui,en temps normal, mettent à chacun des postes 1,
2 ou 3, la sonnerie en court circuit.
Lorsque l'aiguille du poste central s'arrête sur 2, le ressort
r2 est soulevé et l'employé envoie à ce moment
un courant d'appel. Ce courant arrive à la
borne 5 comme précédemment, mais, le chemin étant
coupé en r2 , va de 5 à e2 , traverse la sonnerie, et
continue en a2 : à partir de là, le chemin suivi est lemême
que celui indiqué plus haut.
La station centrale a donc sonné l'abonné 2.
Celui-ci décroche son téléphone. Le circuit se
ferme alors de la manière suivante : b2 , la borne 8, la borne
12, f3 , b3 , c3la ligne L2 , la station centrale, L1 la borne 2, a1
c1 les bornes 5 et 6 et enfin a2. On voit que les deux postes 1 et 3
sont embrochés de telle façon que si l'un ou l'autre voulait
suspendre la conversation, il couperait la communication soit en f3
, b3 , soit en a1 c1.
Supposons de plus que pendant que 2 est en train de causer, un des abonnés
tel que 3 veuille appeler la station centrale. On verra facilement,
en suivant les communications, que son circuit d'appel est coupé
en a2 , c 2 par le fait même de la manuvre du commutateur
automatique du poste 2. Il s'apercevra que son courant ne passe pas,
à l'immobilité du galvanomètre G placé sur
le circuit et apprendra ainsi que la ligne est occupée.
Le service de renseignements est donc beaucoup moins complet que dans
le système Ader. En revanche, cinq fils seulement relient les
divers postes à la pendule.
En dépit de sa simplicité, d'ailleurs, ce système
tend de plus en plus à être abandonné. Il n'est
applicable, en effet, que dans les grands réseaux, où
une très grande rapidité est nécessaire dans les
opérations de mise en communication. Or, comme on l'a vu, quel
que soit l'abonné appelé, à chaque appel on doit
laisser effectuer à la pendule un tour complet. Ce mouvement
devant être lent, atteint facilement une minute pour un poste
de six abonnés. C'est donc chaque fois une perte de temps inadmissible.
En pratique, lorsqu'on a à desservir un groupe d'abonnés
supérieur à quatre, il vaut mieux utiliser une station
automatique ou tout autre dispositif analogue. Ce sont ces systèmes
que nous allons examiner maintenant.
Lorsque les abonnés sont dispersés à une certaine
distance d'un centre commun, et qu'il s'agit de relier leur ensemble
à une station centrale éloignée à l'aide
d'un fil unique, on peut adopter deux dispositifs.
La ligne unique, arrivée au centre graphique des divers abonnés,
peut se diviser en une série de branches se rendant chacune à
l'un des postes.
On a alors la disposition en bouquet ou en étoile.
Elle peut aussi se rendre successivement chez chacun des abonnés.
C'est le dispositif en chapelet.
Il y a lieu de se demander tout d'abord lequel des deux systèmes
est préférable. Au point de vue de la longueur du fil,
il est indifférent d'adopter l'un ou l'autre, rien n'indiquant
a priori en faveur duquel serait l'avantage.
Si , de plus , on suppose les demeures des abonnés suffisamment
rapprochées, les économies à réaliser de
ce chef sont à peu près négligeables ; par suite
des considérations électriques ou mécaniques permettront
seules de guider dans un pareil choix.
Dans l'exploitation en bouquet, l'ensemble des abonnés constitue
à proprement parler un réseau secondaire, le point de
bifurcation des lignes jouant le rôle d'une véritable station
centrale intermédiaire.
Il est donc nécessaire de placer en ce point un organe spécial
manuvré à distance qui en remplira l'office et sera
ce que nous avons appelé la station automatique proprement dite.
Cet appareil desservant je suppose huit abonnés doit alors satisfaire
pour chacun d'eux, aux conditions énumérées au
début de cette étude :
1° permettre l'appel des abonnés par la station centrale
ou de la station centrale par les abonnés ;
2° garantir une conversation de toute indiscrétion ;
3° permettre à deux quelconques de ces huit abonnés
de causer entre eux.
Il est clair que réaliser ces trois conditions pour huit abonnés
simultanément est infiniment plus difficile que pour un seul.
Aussi la station automatique renfermera-t-elle a priori un nombre considérable
d'organes susceptibles de fournir des mouvements complexes. Comme elle
ne peut dépasser, en outre, certaines dimensions, on sera réduit
à donner à ces organes des formes délicates en
même temps qu'ils devront être parfaitement soignés
dans leur construction ; il en résulte pour l'appareil deux inconvénients
également graves : l'élévation du
prix et la complication.
Or, un dérangement dans un appareil de ce genre entraîne
beaucoup plus de difficultés que dans un appareil quelconque
de réseau urbain ; il a, en effet, pour résultat non seulement
d'isoler du réseau tout un groupe d'abonnés, mais encore
d'obliger l'agent spécial à un déplacement considérable.
Quant à l'élévation du prix , pour des distances
moyennes, il peut arriver que le prix de revient de l'appareil ne soit
pas très sensiblement inférieur au
prix de revient d'une ligne ordinaire ; l'avantage de la station automatique
n'est plus alors que théorique.
Indiquons enfin un dernier défaut grave inhérent au système.
La station automatique introduit presque toujours une résistance
morte considérable sur la ligne. On est donc obligé d'accroître
les piles d'une manière sensible. Si, de plus, elle nécessite
l'usage d'une pile locale, on voit qu'il y a encore de ce chef une perte
nette, en même temps que des difficultés relatives d'installation.
Dans l'exploitation en chapelet, chaque poste est, au contraire, chargé
individuellement d'effectuer pour son propre compte les opérations
voulues : c'est en quelque sorte le principe de la division du travail
appliqué au réseau. Chaque poste en lui-même peut
donc être infiniment moins complexe que la station automatique
, et rester composé d'organes plus grossiers quoique très
satisfaisant pour opérer un travail simple.
Si des piles locales doivent être utilisées , on conçoit
qu'on puisse se servir des piles existant nécessairement dans
le poste, telles que piles de sonnerie ou- de microphone. Quant aux
résistances mortes, on voit tout de suite qu'il est possible
de ne laisser momentanément dans l'ensemble du circuit que celles
relatives au poste qui travaille, et pas d'autres.
A priori, il semble donc qu'il n'y ait pas à hésiter le
système d'exploitation en chapelet paraît le plus aisé,
au moins jusqu'à nouvel ordre, à appliquer.
Il n'en a pourtant pas toujours paru ainsi, et les premiers efforts
des inventeurs se sont portés surtout sur la réalisation
de la station automatique. Ils n'ont pas été jusqu'ici
couronnés par le succès, et sauf le système suédois
dû en grande partie à MM. Ericsonn et Cedergren,
aucun autre n'est réellement entré dans la pratique.
sommaire
Exposé de E. ESTAUNIÉ
sur les systèmes de cette époque plus particulièrement
sur le détail des systèmes usités en France.
Les méthodes essayées pour duplexer téléphoniquement
les lignes, sont pour la plupart analogues à celles de la télégraphie
: mais la téléphonie faisant un usage exclusif des courants
alternatifs, il est clair qu'il n'est plus possible d'utiliser des combinaisons
d'électroaimant polarisés pour séparer les courants
d'arrivée.
Les solutions sont donc moins nombreuses et exposent à des réglages
d'une plus grande délicatesse.
Parmi les plus ingénieuses, il faut citer celles de MM. Leblanc,
Rothen, Tomasi, etc. Une seule a été tentée
pratiquement et avec un certain succès sur une ligne de 150 kilomètres
entre New-York et Philadelphie.
Le système Leblanc qui rappelle le télégraphe harmonique
d'Elisha Gray, est fondé sur cette remarque que les vibrations
transmises à un diapason par un autre d'égale hauteur,
ne sont point seulement de même période mais d'amplitude
proportionnelle.
Ces variations d'amplitude pouvant être provoquées au départ
par la voix, il est donc possible de réaliser une transmission
des sons articulés par l'intermédiaire d'un diapason.
Si plusieurs sont embrochés sur la ligne au poste de départ,
servant chacun de transmetteur, une série de diapasons semblables
placée à l'autre extrémité de la ligne analysera
les conservations, de même que les courants ondulatoires sont
analysés dans le télégraphe harmonique, et le seul
inconvénient sera la superposition constante du son fondamental
émis par le diapason transmetteur aux sons articulés transmis.
Pour se débarrasser de ce léger ennui, un artifice ingénieux
consiste à ne choisir pour transmetteurs que des diapasons fournissant
de 5.000 à 6.000 vibrations à la seconde, les sons correspondants
à ces nombres ne pouvant être perçus par l'oreille.
L'avantage d'un pareil système consiste dans la possibilité
théorique de placer simultanément un nombre quelconque
de postes sur la ligne. Malheureusement, il est d'une application pratique
encore plus délicate que le télégraphe harmonique,
et nous ne croyons pas qu'un véritable essai en ait encore été
tenté à cette période.
Le système Tomasi, dont la première
idée a été émise par M. Rothen, outre des
difficultés analogues, présente encore des impossibilités
théoriques qui doivent le faire écarter immédiatement.
Comme dans les multiples Meyer, Baudot, etc., deux distributeurs placés
aux deux extrémités du fil et marchant synchroniquement
donnent la ligne successivement à des groupes de deux abonnés
correspondant entre eux, AA', BB', CC', DD'. En supposant n groupes
(fig. 1), à chaque tour du distributeur la conversation de A
avec A', par exemple, sera théoriquement interrompue pendant
la
partie de
la durée d'une révolution. Or le plus grand intervalle
perçu par l'oreille entre deux sons successifs est de 1 /32 ème
de seconde.
Si donc la durée totale de la révolution des distributeurs
est moindre que cet intervalle, les deux abonnés ne pourront
s'apercevoir de la coupure de la ligne, le temps qui s'écoule
durant celle-ciétant rempli par la persistance de la sensation
auditive sur l'oreille. A condition de parler lentement, tout se passera
comme si les deux abonnés avaient eu constamment leur ligne.
On voit immédiatement qu'outre l'altération nécessairement
produite dans la voix ainsi transmise, il y aurait encore lieu d'obliger
l'abonné à adopter une certaine cadence de conversation,
d'autant plus lente que plus de postes seraient montés sur le
distributeur.
De plus, il est probable que les coupures périodiquement faites
produiraient chacune un craquement dans le téléphone de
nature à gêner absolument la communication. Quant
aux questions de synchronisme, M. Tomasi ne les a point abordées.
Nous sommes en 1880-3, déjà on avait imaginé
le concept du PCM pulse code modulation, que Alec
Harley Reeves en déposa le brevet le 22 novembre 1939 ...
Mais le seul des trois systèmes ayant reçu une application
industrielle est celui actuellement exploité sous le nom de Barrett.
Au lieu de résoudre le problème dans sa plus grande généralité,
il permet simplement d'installer sur le fil deux communications simultanées.
La fig. 2 permet d'en saisir immédiatement le principe.
La figure montre l'installation de quatre stations téléphoniques
sur un circuit double.
Les deux stations A et B ne sont pas en communication directe avec ce
circuit, mais y sont reliées par les deux bobines d'induction.
On appelle ces bobines translateurs.
A. et A', B et B' sont les postes correspondant entre eux; les premiers
A et A' le font directement et l'induction produite dans les translateurs
t, t' t1, t'1 par les courants qui viennent de l'un ou l'autre de ces
téléphones provoque dans les circuits secondaires de B
ou B' des effets qui se neutralisent.
B et B' au contraire causent par l'intermédiaire d'une double
translation, et les dérivations de courants produites sur À
ou A' sont assez faibles pour ne pas y permettre de suivre la conversation.
Le système Barrett nécessite l'emploi d'un double fil
toujours usité en téléphonie interurbaine. Il suppose
de plus que les divers translateurs sont tellement réglés
que les deux branches du circuit double L 1 L 2 sont parfaitement symétriques.
Ce réglage s'effectue grossièrement en déplaçant
dans le sens de l'axe, le noyau de fer doux qui forme l'âme du
translateur; il constitue une des premières imperfections du
système.
Il y a lieu d'en signaler deux autres plus graves : la première
provient des dérivations sur Aet A' qui peuvent se produire lorsque
B et B' causent si le réglagen'est pas absolument parfait. Outre
l'affaiblissement qui en résulte dans la conversation de B avec
B', il est clair que celle-ci peut être suivie par A ou A'. La
seconde résulte de l'obligation de mettre des terres dans le
circuit, obligation dont les inconvénients sont assez connus
pour qu'on n'y insiste pas.
Jusqu'à ce jour le problème de la téléphonie
multiple n'a donc pas été réellement résolu
et il y a lieu de demander à des solutions d'un autre genre une
meilleure utilisation des fils téléphoniques.
Qu'il s'agisse de desservir successivement avec un même fil des
abonnés situés dans un même local ou dans des immeubles
différents , on peut dire que pour résoudre complètement
le problème, il est nécessaire de réaliser les
conditions suivantes :
1° La station centrale doit pouvoir appeler chaque abonné
sans déranger les autres abonnés desservis par le même
fil ;
2° Chaque abonné doit pouvoir appeler la station centrale
sans déranger les autres abonnés ;
3° Quand un abonné est en communication avec la station centrale
ou tout autre abonné du réseau, aucun des abonnés
placés sur le même fil ne doit pouvoir épier ou
interrompre la conversation ;
4° Deux abonnés placés sur le même fil doivent
pouvoir causer entre eux.
Il est, de plus, désirable d'éviter autant que possible
à l'abonné des manipulations telles que manuvres
de commutateurs non automatiques, etc. On
s'expose, en effet, à de fréquents ennuis, par suite du
peu d'attention de l'abonné h remettre les choses en l'état.
La difficulté actuelle d'obtenir de lui le signal de fin de conversation
en est la meilleure preuve.
Lorsque les abonnés sont placés dans un même local
et c'est le cas que nous allons examiner dans ce chapitre, nous avons
dit que les solutions reposaient toutes sur des combinaisons de connexions,
sans introduction d'organes mécaniques spéciaux autres
que des relais. Seuls le système dit de la pendule et le système
suédois font exception.
Si l'on ne veut installer que deux abonnés sur le fil, la solution
présente très peu de difficultés. Parmi les plus
fréquemment usitées, il y a lieu de citer celles de MM.
Grassi et Beux modifiées par M. Piothen,
le système Sinclair et le système
Ducousso.
sommaire
Nous allons les décrire successivement en insistant plus particulièrement
sur le détail des systèmes usités en France.
Dans le système Grassi et Beux, comme dans presque
tous les suivants, chaque poste est muni de relais polarisés
sensibles l'un aux courants positifs , l'autre aux courants négatifs
et commandant des sonneries. La station centrale appelle ainsi l'un
ou l'autre poste à volonté.
La fig. 3 représente le détail des communications.

G est la direction de la station centrale.
B la station intermédiaire.
A la station extrême.
Au repos les deux commutateurs c et c sont placés sur 1. Un courant
négatif venant de G fera par exemple fonctionner le relai polarisé
R. L'armature de ce relai ouvre alors au courant un chemin plus court
vers la terre par v et R' et le relai R' en fonctionnant ferme le circuit
de la sonnerie. Un courant positif aurait de la même façon
appelé A.
Pour causer ou répondre, l'abonné B doit manuvrer
l'un des commutateurs c et le placer sur 2. Ce mouvement permet d'introduire
sur la ligne le poste téléphonique T avec la clef d'appel,
en même temps qu'il coupe la communication avec A.
En manuvrant l'inverseur de pile i et le commutateur c', B peut
également appeler A.
L'agencement de ces deux commutateurs c et c est tel qu'aucun des deux
abonnés ne peut mettre son téléphone sur la ligne
pour surprendre une conversation sans couper par ce fait la communication
donnée.
En dépit de sa simplicité, le système Grassi et
Beux présente l'inconvénient d'obliger l'abonné
à manuvrer deux commutateurs et un inverseur de courants.
Cela seul nous semble en devoir faire rejeter la pratique.
De plus lorsque A est en communication avec B, l'ensemble des deux postes
demeure isolé de la station centrale qui risque ainsi d'ignorer
toujours si cet isolement est dû à un accident de ligne
ou à un état normal. Ce manque de contrôle de la
part de la station centrale est éminemment contraire à
la commodité d'une bonne exploitation.
Les mêmes critiques s'appliquent au système Sinclair très
répandu à Glascow. Le poste intermédiaire y est
muni d'un indicateur spécial sensible à l'action d'un
courant continu et qui ne peut être actionné par des courants
alternatifs.
Cet indicateur se compose essentiellement d'un aimant lourd suspendu
au centre d'une bobine. Lorsque cet aimant se déplace dans un
sens déterminé, il soulève un crochet et détermine
la chute d'un volet.
Quant au poste extrême et au poste central, ils sont l'un et l'autre
munis d'appels et de sonneries à courant alternatif. L'ensemble
des communications est le suivant (fig. 4).

Le poste cetral G voulant appeler À envoie un courant continu
qui détermine la chute du volet de l'avertisseur r et provoque
ainsi la fermeture du circuit de sonnerie. A manuvre alors un
commutateur à trois branches E qui passe de la position marquée
en trait plein à la position marquée en pointillé.
Le jeu de ce commutateur réalise une double opération
:
1) le poste téléphonique T de A est mis sur la ligne ;
2) le poste B n'est plus sur celle-ci, mais son fil aboutit à
une sonnerie S qui lui permettra d'avertir A au cas où il désirerait
également causer avec le poste central.
Lorsque G appelle B, il utilise des courants alternatifs qui n'influencent
pas r. Le commutateur demeure dans la position marquée en trait
plein.
A ne peut évidemment surprendre une conversation de B, ni B une
conversation de A. Mais A et B ne peuvent causer entre eux; de même
la portion de ligne placée entre A et B peut rester isolée
du poste central si après avoir causé, B ne ramène
point son commutateur au repos; nous avons dit plus haut quelles difficultés
en peuvent résulter.
Le système Ducousso fréquemment usité dans le
réseau de Paris est une solution plus complexe, mais aussi
beaucoup plus satisfaisante du problème. Aussi en donnerons-nous
ici une description détaillée.
Les croquis ci-dessous ont été tracés pour ligne
double. Les modifications nécessaires pour adapter le système
à un réseau à fil simple sont évidentes
et se trouveraient sans difficultés.
Les deux postes A et B sont identiques et placés en dérivation
sur la ligne double. Leur mode d'insertion sur celle-ci diffère
seulement (fig. 5).

Chacun d'eux est muni d'un relai polarisé R dont l'armature oscille
entre deux butoirs b et b\ Ces deux butoirs servent à fermer
le circuit de la pile P, soit sur une sonnerie S, soit à travers
la bobine à faible résistance de l'électro-aimant
E qui commande le voyant Y.
Le poste possède en outre un commutateur à fiche G, dans
lequel, en temps normal on a soin de placer toujoursla fiche, en n.
Au poste central une clef double permet d'envoyer un courant d'appel
de sens convenable. Supposons par exemple qu'on veuille appeler le poste
A. Le courant envoyé actionne alors les deux relais R et Rt en
senscontraire; l'armature de R vient buter contre b et le coefficient
de la pile P est fermé au poste A a travers le massif du relai
et la sonnerie S. k est appelé.
L'armature de R 4 est au contraire venue buter contre b. Le circuit
de la pile P est alors fermé à travers la bobine à
faible résistance de lélectro du voyant; l'armature de
cet électro-aimant fonctionne et celui-ci monte pendant tout
le temps de la sonnerie que la ligne est occupée.
Lorsque A répond, une partie du courant qu'il envoie passe également
dans R t et fait de même fonctionner le voyant de B.
On voit que pour avoir un système parfaitement réciproque
A et B doivent appeler la station centrale avec des courants de sens
contraires. On en a profité pour avertir automatiquement lequel
des deux A ou B appelle la station centrale, en transformant l'annonciateur
en une sorte de relai polarisé K faisant apparaître un
voyant blanc ou rouge suivant le sens du courant envoyé.
À chaque cessation d'envoi de courant sur la ligne, l'armature
de l'électro-aimant se relève sous l'action du ressort
antagoniste r et le mot « libre » apparaît à
nouveau.
Lorsque A communique avec un abonné du réseau autre que
B, la fiche restant toujours en le jeu des communications est tel que
le courant de la pile P soit constamment envoyé sur la ligne.
On voit en effet que le circuit de celle-ci est fermé suivant
n, p, T, le circuit secondaire du microphone. L q, la borne 1 du poste,
la ligne et la borne 2 du même poste.
En a, a', une partie de ce courant est dérivée constamment
et vient faire buter l'armature du relai polarisé de R contre
b. Comme plus haut le courant de la pile P 1 passe alors dans la bobine
à gros fil de l'électroaimant E 1 et le voyant fonctionne
faisant apparaître la mention occupée B est donc toujours
averti de l'occupation de la ligne.
Il est clair qu'en s'en tenant à ce dispositif, le système
eut été suffisant, mais il entraînait l'inconvénient
grave dé faire fonctionner simultanément les piles P et
P1 . Celles-ci se seraient donc usées beaucoup trop vite et sans
utilité. Pour obvier à ce défaut, M. Ducousso a
donné à l'armature de l'électro-aimant E1 la forme
figurée dans le croquis. A l'état de repos l'armature
laisse buter deux ressorts contre leur contact p 1 et q 1.
Lorsqu'elle est attirée, elle les écarte l'un et l'autre
de leurs butoirs et fait contact avec l'un d'eux. Au premier moment
ou le relai R 1 a fonctionné, le circuit de la pile P 1 passe
par les bornes 3, 4 de l'électro E1 par le butoir b1 et l'armature
du relai, tandis que le courant dérivé parti de a passe
par le contact q1 L1, le commutateur automatique, S1le relai R1 et revient
en a'.
Au moment où l'armuture de E1 fonctionne, les communications
changent brusquement. Le courant de la pile P arrivé au ressort
qx passe par l'intermédiaire de l'armature au ressort q1 , de
là traverse la seconde bobine de l'électro E1 et sorti
par la borne 2, revient directement à a sans traverser le relai
R1. Celui-ci cesse donc defonctionner, le circuit de la pile P1 s'ouvre
à nouveau et le voyant n'est plus maintenu que sous l'action
du courant venu de la pile P.
Remarquons que si l'abonné B cherchait à surprendre la
conversation il n'y pourrait parvenir, le circuit de sa ligne étant
constamment rompu en q par le fait même du fonctionnement du voyant.
Il ne faudrait pas croire cependant que la sécurité fût
absolue. Il est en effet aisé de se rendre compteque si l'on
réunit à l'aide d'une clef par exemple les deux bornes
1 et 2, ce qui a pour effet de ramener le voyant et de rétablir,
en q1 la communication entre la ligne et le poste si l'on manuvre
ensuite le commutateur et si l'on enlève enfin la clef, le poste
B s'est embroché sans que A puisse s'en apercevoir. Les deux
piles P et P 1 sont alors envoyées toutes deux sur la ligne et
leurs effets se détruisent ; le voyant E1 ne fonctionne plus.
Lorsque les deux postes A et B désirent causer ensemble, ils
placent leurs fiches dans la position h. Les courants partant du poste
A en L passent alors en q, puis vont à la borne 1 du poste A,
entrent par la borne 2 du poste B, traversent le relai R1 arrivent en
h1 au commutateur, passent par pv P1 T1 le poste téléphonique
B, sortent par L 1 et retournent par q 1 la borne 1 du poste B, la borne
2 du poste A, le relai R, h,p et T au poste téléphonique
de A. Le poste central est, du reste, en dérivation sur la ligne.
Tel quel, le système Ducousso, après avoir donné
lieu à un certain nombre de tâtonnements, fonctionne d'une
manière satisfaisante. On peut lui reprocher, outre sa complication
relative, l'obligation de la manuvre des fiches quand deux abonnés
doivent correspondre et le manque d'absolue sécurité dans
les communications , ce dernier défaut étant , en somme
, peu important, car les abonnés ne sont pas au courant des opérations
à effectuer pour arriver à les surprendre. Il ne semble
pas nécessaire non plus de lais ser les relais R et R1 dans le
circuit quand A et B causent
ensemble ; il suffirait de réunir directement la borne 2 au bloc
h du commutateur.
Nous croyons intéressant de donner une autre solution, analogue
à celle qui précède , mais permettant de supprimer
l'inconvénient de la manuvre des fiches ; le schéma
théorique en est représenté fig. 6. Il est appliqué
au cas d'une ligne à simple fil.
Chacun des postes est encore muni d'un relai polarisé S, S',
faisant fonctionner en local une sonnerie. Ces postes possèdent,
en outre, des électro-aimants I, I', à forte résistance,
commandant les voyants : l'armature de l'un d'eux bute au repos contre
un butoir r.
Quant aux commutateurs automatiques des postes G et G', ils permettent
d'établir des communications spéciales.
Supposons que la station centrale veuille appeler l'un ou l'autre des
deux abonnés A ou B. Le courant d'appel arrive par L au relai
S, passe en a par l'intermédiaire du commutateur C, suit L 1
, traverse le second relai S' et par a' L', I vient aboutir en à
la terre.
Suivant le sens du courant, l'un des abonnés est appelé,
A par exemple ; A décroche son téléphone, le commutateur
G se soulève. Le circuit de la
pile P est alors fermé par b et e, sur I et I'. Les deux voyants
fonctionnent en même temps que l'armature de I vient buter contre
le butoir t : le circuit
secondaire M du microphone se trouve relié en d à la ligne
d'une part et à la terre t d'autre part.
B est donc averti que la ligne est prise, en même temps que A
peut causer. Si B cherchait en outre à surprendre la conversation,
il devrait faire fonctionner son commutateur C.
La pile P' égale et opposée à P se trouverait introduite
dans le circuit de I et F qui cesseraient de fonctionner et avertiraient
ainsi A.
En supposant que B au lieu de A eût été appelé,
la manuvre de son commutateur aurait semblablement amené
la fermeture en b' c' du circuit de la pile P' sur I et F, et A ne peut
chercher à s'introduire sur le circuit sans amener aussitôt
la disparition des voyants.
En même temps, les courants envoyés de M' sont envoyés
sur L sans affaiblissement notable d'intensité, la dérivation
I, F étant, comme on l'a dit plus haut, à forte résistance.
Si A et B veulent enfin causer entre eux, il leur suffit, après
avoir été appelés par la station centrale, de laisser
fonctionner à l'ordinaire leurs commutateurs automatiques.
Dans ce cas, l'ensemble des communications se réduit au diagramme
suivant (fig. 7) qu'il est facile de retrouver sur la fig. 6. Les trois
postes, station centrale, A et B, se trouvent en série. Une dérivation
placée entre les deux postes A et B contient les deux piles P
et P' associées par leurs pôles de nom contraire. Les voyants
I et Y ne fonctionnent pas; ils n'ont, en effet, nul besoin d'annoncer
que la ligne est occupée puisque les deux intéressés
s'en servent.
Un tel dispositif ne nécessite pas un organe de plus que le Ducousso.
Il a l'avantage de supprimer toute manuvre de fiche et de faire
travailler les piles au minimum.
Bien qu'il semble naturel de supprimer autant que possible l'emploi
d'appareils mécaniques susceptibles de fréquents dérangements
et relativement chers, on utilise fréquemment, à Stockholm,
une véritable station automatique Cedergren
(destinée à desservir 2 abonnés seulement).
(système
qui a évolué, voir plus bas dans la page)
L'appareil, représenté fig. 8, est
installé chez l'un des abonnés, I par exemple. L est la
borne où aboutit la ligne venant de la station centrale, I et
II sont reliés aux postes des deux abonnés, et J à
la terre.
Pour appeler I, la station centrale emploie un appel magnétique.
Les courants arrivés en L traversent un galvanomètre G
sans l'influencer et un électro-aimant G, passent par le contact
a, l'électro-aimant E, le contact a t , la clef T et se rendent
au poste de l'abonné I.
Sous l'influence du passage du courant, l'électro-aimant E fonctionne
: la tige H peut alors obéir à l'action de son ressort
P t et fermer le contact c. Le courant passe aussitôt directement
de a à c et T. Si l'appel était venu de I, il se serait
effectué dans les mêmes conditions, et, tant que l'appareil
est dans cette position, l'abonné II peut faire entendre son
appel à L, mais est incapable de modifier la position de la station,
grâce à l'interruption produite en d.
Pour appeler II et causer avec lui, le bureau central envoie tout d'abord
un courant de pile. Rendue libre par le fonctionnement de l'électro-aimant
c, l'aiguille du galvanomètre oscille et, par l'intermédiaire
de la fourche oo l détermine le soulèvement du bras D.
Le contact d est rompu en même temps qu'il s'établit en
c. Le courant d'appel passe donc par c, R, le contact u, et va sur la
ligne II.
Si II avait voulu appeler , il se serait également servi d'un
courant de pile. Celui-ci arrivant par II aurait passé par u,
R, le contact rf, et se serait ensuite rendu à la terre par l'électro-aimant
P. Le jeu de cet électro-aimant aurait provoqué le soulèvement
de D et, par suite, ramené les combinaisons de communications
précédentes.
Pour replacer l'appareil dans sa position initiale, une fois la conversation
terminée, le poste central envoie un courant de sens inverse
à celui qu'il envoie en temps normal. L'aiguille du galvanomètre
oscille en sens inverse et les leviers, H ou D, suivant que l'abonné
qui causait était I ou II, sont rappelés au repos.
L'appareil permet, en outre, à I et à II de causer entre
eux. Dans ce cas, c'est I qui appelle II, et il lui suffit pour cela
d'abaisser la clef T. Un contact v' , est alors fermé automatiquement,
de manière qu'aucun appel de la station centrale ne puisse passer
inaperçu. Si II voulait appeler I, il devrait recourir à
l'intermédiaire de la station centrale.
Il suffit de jeter un coup d'il sur l'appareil pour se rendre
compte que sa complexité est tout à fait hors de proportion
avec le but à atteindre. Sa commodité n'est point supérieure
à celle des systèmes précédemment décrits.
Nous l'avons indiqué ici parce que son principe était
complètement différent du principe des appareils précédents.
Il ne faut voir, croyons -nous, dans son adoption par les compagnies
suédoises, qu'un résultat d'une sorte d'unification de
matériel. On assure, au reste, que son fonctionnement est très
sûr.
La suite de l'éviolution est présenté
dans la page L'automatisation du téléphone
, ou nous explorons les premiers systèmes automatiques apparus
dans les années 1880 - 1890.
sommaire