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Le Bouton Téléphone
1886 A l'époque où la remarquable découverte
de Graham Bell fit son apparition, on fut unanime, dans le monde savant,
à reconnaître sa haute valeur pratique et à lui prédire
un développement rapide et colossal. Il faut bien avouer que lévénement
na pas entièrement confirmé ces prévisions.
Si nous considérons en particulier la France, nous y trouvons aujourdhui
tout au plus 10.000 abonnés aux différents réseaux
téléphoniques de la province et de Paris. Quelques rares
installations privées, dues à l'initiative des grandes administrations
et cest tout. Voilà bientôt dix ans que les premiers
brevets ont été pris et lon ne peut encore dire du
téléphone quil est entré dans nos murs.
Faut-il, de cet état de choses, conclure que lenthousiasme
de la première heure avait exagéré les côtés
pratiques de linvention et limportance des applications multiples
auxquelles elle paraissait devoir se prêter ? Non, certes. Si lusage
du téléphone sest aussi peu généralisé,
cela tient surtout à la façon particulière dont le
nouvel appareil a été, dès lorigine, présenté
au public.
Courant au plus pressé, les possesseurs des brevets se sont trop
exclusivement occupés de la création de réseaux téléphoniques.
Les premiers appareils construits se ressentirent de cette direction imprimée
au mouvement : cétaient des appareils excellents en général,
mais de forme plus ou moins compliquée, souvent encombrants et,
ce qui pis est, d'un prix toujours élevé. Toutes les applications
si intéressantes que l'on pourrait appeler les petites applications
de la téléphonie furent laissées dans l'ombre et
le téléphone, cet appareil éminemment utile, devint,
aux yeux dun grand nombre de personnes, un objet de luxe.
Rien détonnant à ce quil en ait été
ainsi. On ne peut en effet demander au gros public de se rendre compte
à priori, pour ainsi dire, du profit quun appareil nouveau
est appelé à lui rendre; il le juge en général
au-dessous de sa valeur réelle, et ne l'achète quà
litre dessai: pour peu que cet essai lui paraisse trop cher, il
passe outre et se désintéresse de linvention.
Il semble cependant que depuis quelque temps les constructeurs se soient
aperçus quil y avait, à côté de la téléphonie
publique, la téléphonie
domestique, et que celle-ci méritait quon sen occupât
autant, sinon plus que de lautre, car si la première sadresse
à une catégorie plus ou moins nombreuse dindividus,
la econde sadresse au gros public, qui se nomme légion. On
cherche de tous côtés à simplifier les appareils,
à en réduire la forme et le prix.
Téléphonie privée Le Phérophone 55
rue St Anne Paris. (vers 1900-1910)


Les figures 227 et 230 représentent le modèle à
la fois simple, solide et d'aspect agréable, qui est connu sous
le nom de phérophone, et que les électriciens Paz
et Silva ont vulgarisé en France. Ces petits appareils constituent
des objets transportables au premier chef, et sont surtout indiqués
pour les installations particulières, ou pour leur utilisation
partout où il existe déjà un réseau de sonneries
électriques, car leur mise en place est très facile à
effectuer, même pour des personnes peu au courant de ce genre de
travaux.
  

Utilisé en Europe et en Russie dans des appartements
privés, des hôtels, des bureaux et des usines au tournant
du 20e siècle.
Un extrait d'un document promotionnel de l'époque déclarait:
"Le phérophone sert de décoration en raison de sa
forme artistique, élégante et solide. C'est un instrument
gracieux, de petite taille et une pièce décorative, même
dans la plus luxueuse des pièces".
Le combiné micro de certains modèles de Phérophone
a été réalisé sous la forme d'une fine fleur
torsadée. Le choix de la fleur n'était pas accidentel; le
lys a longtemps été un symbole favori en France.

Appareil de téléphonie privée pour mise en relation
avec le concierge et entre les pièces dun appartement ; en
bas, tube acoustique. Catalogue Au Châtelet, établissements
Allez frères, vers 1900.
Les téléphones HUTINET , Hutinet
et cie : 20 rue Chaillot Paris
Schéma (la lumière
électrique de 1887)
Le téléphone de M. Hutinet fonctionne par le jeu à
lunisson de deux membranes d d' actionnées par les noyaux
de quatre électros et fixés aux pôles dun aimant
a. Les membranes d d' ne sont pas actionnées directement mais par
les disques en fer pp, plus ou moins attirés par les électros,
percés au entre pour faciliter le passage des sons, et séparés
des membranes d d'par une rondelle en carton. Brevet 183957
déposé en et accordé le 01.06.1887.
Le Metaphone de Grande Bretagne
combiné suspendu
à une rosace, doté d'un bouton d'appel. Également
appelés « téléphones de salon »,
Consultez la page Metaphone
La gamme « Little Geeko » utilisait un combiné avec
émetteur capsule, suspendu à un support de sonnette.
Le nanophone et le narrophone étaient
également des téléphones français courants
à l'époque.
Bien d'autres électriciens constructeurs, proposent aussi leur
matériel pour répondre à ces réseaux privés.
Avec l'évolution du microphone à charbon,
les appareils se perfectionnent en qualité et en performance.
Les appareils des stations d'un réseau téléphonique
sont trop chers et trop encombrants pour être employés dans
la maison d'une chambre à une autre.
D'abord on n'a pas besoin d'appels aussi puissants que dans un réseau
où il faut quelques fois pouvoir sonner à des dizaines de
kilomètres de distance ; ensuite on peut, au lieu de placer une
pile à chaque station, se servir d'une pile commune.
Parmi les types d'installations téléphoniques
réalisées par Ader, il faut noter
la téléphonie domestique, destinée à fonctionner
dans les maisons, les hôtels ou les administrations. Ader décrit
le fonctionnement de son installation et apporte des précisions
intéressantes qui permettent de comprendre les rapports maîtres
- serviteurs de son époque :
Pour se servir de l'appareil : le Maître depuis son appartement
sonne une fois s'il veut la présence d'un domestique ; si c'est
pour lui parler il sonne deux fois ; dans ce cas le domestique prend le
téléphone au tableau et écoute les ordres qui lui
sont donnés. Les allées et venues des domestiques sont diminuées
et les Maître sont bien plutôt servis.
Quand le Maître désire être appelé, le domestique
appuye sur le bouton correspondant et sur le bouton d'appel ; il se produit
alors dans le téléphone de l'appartement des toc-toc semblables
à ceux que l'on fait en frappant contre une porte. Cela est bien
moins incommodant qu'une sonnerie, insupportable d'ailleurs dans un appartement.
Donc, pour les appels : bruyants pour les domestiques et discrets pour
les Maîtres.
Le système est disposé de telle sorte que depuis tous les
appartements on peut entretenir une conversation de famille et sans qu'il
soit possible à un domestique de commettre des indiscrétions
au tableau, car en écoutant il couperait les lignes et par suite
la conversation .
Le bouton-téléphone nest
pas une invention, à proprement parler; cest une combinaison
heureuse, en vue dun but éminemment pratique, déléments
déjà connus. Le but poursuivi est celui-ci : remplacer,
dans une installation ordinaire de sonneries électriques, les boutons
dappel par des boutons-téléphones qui permettront,
en même temps que lon sonne quelquun, dentrer
en conversation avec la personne sonnée. En dautres termes,
cest la transformation, obtenue à très peu de frais
et sans quil soit nécessaire d'augmenter le nombre des fils
existants, des réseaux de sonneries en réseaux téléphoniques.
Nous allons tout dabord décrire lappareil lui-même,
puis nous considérerons les différents cas qui peu vent
se présenter dans la pratique
1885 en France c'est le Bouton téléphone de M. Barbier
qui a fait le plus d'audience durant ces années.
BARBIER : 9 rue Fromentin 75009 Paris. Société
O.Barbier et Cie, brevet 168376
du 20.04.1885 .
L'idée primitive était de créer un téléphone
qui puisse, dans des installations de sonneries domestiques déjà
existantes (dans des hôtels, grandes fabriques ou usines, etc.),
remplacer le bouton d'appel sans qu'on soit obligé de rien changer
au réseau des fils conducteurs. Dans ces installations de sonneries,
chaque appartement a son bouton d'appel duquel partent deux fils qui se
dirigent vers un centre où il y a une pile et une sonnerie. Souvent,
à côté de la sonnerie, il y a encore un tableau à
numéros qui indique quel bouton a été pressé.
D'autres fois tous les boutons se trouvent dans un seul local, le bureau
du chef, etc., et plusieurs sonneries sont disposées dans les bureaux
des employés subalternes. Or ce bouton d'appel est complété
en téléphone. La figure 49 montre les parties essentielles
d'un de ces boutons-téléphones.

Le cadre à gauche est le socle, vu de derrière, qui se visse
contre la paroi à la place du bouton ordinaire.
A droite du socle et relié à ce dernier par un cordon à
3 conducteurs isolés, se trouve le bouton-téléphone
proprement dit, qui à l'ordinaire est retenu contre le socle par
les 4 brides à ressort g. En E on voit une partie de l'embouchure,
en M une partie du diaphragme du téléphone. En T on peut
distinguer les deux bobines des électro-aimants et A représente
l'un des aimants d'une paire d'aimants dont le second est caché
sous le bois du couvercle. C'est le bouton d'appel qui, lorsqu'il est
poussé, établit le contact entre la vis placée dessous
le ressort h et ce dernier. Quand on remet le bouton-téléphone
à sa place sur le socle, l'embouchure du téléphone
presse contre le ressort n du socle et interrompt le contact entre ce
ressort et la pièce métallique m ; le circuit du téléphone
est ainsi interrompu et on ne peut dès lors se servir du bouton-téléphone
que comme d'un bouton ordinaire, en pressant sur G.
Mais aussitôt qu'on détache le bouton-téléphone
de son socle, le contact entre n et m se rétablit et le téléphone
est intercalé. On peut alors le porter à la bouche
et donner des ordres à l'autre bout de la ligne ou le porter contre
l'oreille pour recevoir la réponse. Le socle du bouton-téléphone
doit être légèrement modifié dans la pièce
où est placée la sonnerie, en ce sens que le ressort w,
quand son contact avec m est interrompu, doit faire contact avec une autre
pièce métallique. Du bouton-téléphone placé
près de la sonnerie partent donc 3 fils, tandis que les autres
n'en ont que deux.
L'installation n'est pas plus compliquée lorsque la sonnerie est
combinée avec un tableau à numéros ; on peut ainsi,
à peu de frais, compléter une installation de sonneries
par un système de téléphones permettant non seulement
d'appeler quelqu'un, mais, en même temps, de lui donner des ordres.
Les installations de sonneries sont rarement arran gées de telle
façon qu'on puisse appeler des deux côtés.
Dans un hôtel l'étranger désire bien pouvoir appeler
tel ou tel domestique, mais il ne veut pas être appelé; des
circonstances analogues se présentent pour d'autres installations
de sonneries, les transformations dont nous avons parlé plus haut
peuvent donc suffire pour la plupart des cas; mais si dans des cas spéciaux
il devient désirable de pouvoir appeler des deux côtés,
le bouton-téléphone répond alors aussi à cette
exigence.
Il faut, à cet effet, appliquer à côté du tableau
et de la sonnerie, une planchette sur laquelle il y a autant de boutons
d'appel que de numéros dans le tableau.
Pour ne pas être obligé d'installer à côté
de chaque bouton-téléphone une sonnerie, on place au-dessous
de la dite planchette une bobine d'induction avec interrupteur automatique,
dans le circuit primaire de laquelle circule le courant de la pile, quand
on presse un certain bouton spécial. Les courants saccadés
ainsi produits dans le circuit secondaire sont dirigés sur le bouton-téléphone
que l'on a en vue en pressant, parmi les boutons placés près
du tableau, celui qui porte le même numéro. Le cliquetis
résultant des oscillations de la membrane du téléphone
est si fort qu'on peut facilement l'entendre dans toute une chambre ou
bureau. Mais pour pouvoir agir de l'endroit où est situé
le tableau sur un bouton-téléphone quelconque, il faut complètement
changer les communications que nous avons discutées plus haut,
car là le téléphone n'est pas intercalé, le
circuit n'est pas même fermé. On rencontre une difficulté,
si l'on veut se servir des anciennes communications du système
de sonneries. De chaque bouton d'appel ne partent que deux fils, mais
dans un système de fil double on ne peut pas donner des signaux
dans les deux directions si l'on ne place pas une pile à chaque
bout. La difficulté a été détournée
par un procédé ingénieux de M. le Dr. d'Arsonval
en complétant le bouton-téléphone par 4 éléments
accumulateurs.

L'arrangement schématique de ce système est rendu par la
figure 50. a et b sont les deux fils qui conduisaient à l'ancien
bouton de sonnerie remplacé par le bouton-téléphone,
dont m est le bouton d'appel, p l'accumulateur et t le téléphone
récepteur. Les formes du bouton téléphone représentées
par la fig. 49 sont maintenues, on a seulement placé dans le socle
les quatre très petits éléments de l'accumulateur.
Chaque élément se compose de deux lames en fer, plongeant
dans une pâte humide à base de potasse, le tout est hermétiquement
renfermé dans un vase en ébonite. Le courant partant de
la pile qui est située près du tableau, polarise dans un
instant les 4 éléments de chaque bouton-téléphone
et le courant de polarisation est justement assez fort pour équilibrer
le courant de la pile, de sorte que cette dernière est arrêtée
dans son action et se comporte comme une pile à circuit ouvert.
Pour appeler depuis le tableau, on n'a donc qu'à mettre en fonction
la bobine d'induction dont les courants, d'une intensité beaucoup
plus grande,
maîtrisent le courant de polarisation et produisent le cliquetis
dans la membrane du téléphone. Pour appeler depuis un bouton-téléphone
on n'a qu'à presser le bouton m; l'accumulateur est ainsi fermé
en court circuit et la pile près du tableau, n'étant plus
contrebalancée, exerce son action sur le clapet respectif et la
sonnerie.
On peut, pour éliminer l'inconvénient qui résulte
de l'usage d'un seul téléphone comme transmetteur et récepteur,
placer dans chaque appartement deux bouton- téléphones l'un
à côté de l'autre.
Dans les livres ou revues scientifiques on peut lire :
Bouton Double
 
   
   (cliquez
dessus pour agrandir)
Texte du document :
Le bouton-téléphone a pur but de remplacer, dans une
installation ordinaire de sonneries électriques, les boutons
d'appel par des boutons téléphoniques qui permettent,
en même temps que l'on sonne quelqu'un, d'entrer en conversation
avec la personne sonnée. En un mot, c'est la transformation,
obtenue à très peu de frais et sans qu'il soit nécessaire
d'augmenter le nombre des fils existants, des réseaux de sonneries
en réseaux téléphoniques.
Il a été construit sous différentes formes. Dans
sa disposition la plus simple, l'appareil se compose d'un socle fixé
au mur ou sur une planchette et d'une partie mobile que l'on prend
à la main quand on veut faire usage du téléphone
(fig. 54).
La partie fixe et la partie mobile sont reliées par un cordon
souple à trois fils.
La figure 55 donne le détail des différentes pièces
qui constituent l'appareil.
Le socle de l'appareil est représenté à droite
de la figure ; il est supposé vu de dos. Ce socle est formé
par une plaque métallique P1 munie d'un rebord sur lequel sont
fixées quatre griffes G ; les griffes G embrassent la partie
mobile lorsque l'appareil est au repos. La plaque P1 se fixe sur un
mur ou sur une planchette au moyen de deux vis dont on aperçoit
les extrémités filetées sur la figure. Les deux
bornes a et b servent à recevoir les fils qui aboutissent d'habitude
à un bouton d'appel ordinaire. De ces bornes partent deux fils,
fils 1 et 2 qui se rendent à la partie mobile de l'appareil.
Un troisième fil t, qui forme avec les deux premiers un cordon
souple, communique avec une touche métallique m. En regard
de cette touche est placée une lame élastique n reliée
à la borne a et portant à son extrémité
inférieure un tesson S ; ce teton traverse un trou ménagé
dans la plaque P1 et fait saillie sur la face antérieure de
cette même plaque. Il résulte de cette disposition que,
lorsque l'appareil est à l'état de repos, le contact
entre m et n est ouvert, tandis que ce contact se ferme, par suite
de l'élasticité de la lame n, dès que l'on prend
le bouton à la main et qu'on l'écarte du socle.
La partie mobile, le bouton proprement dit, comprend essentiellement
un récepteur téléphonique dont M est la membrane
et T la bobine, et une lame élastique h placée en regard
d'un contact g : le tout enfermé dans une enveloppe en bois
ayant la forme et les dimensions d'un bouton de sonnerie ordinaire.
La lame h est en communication avec la masse de l'appareil, tandis
que le contact g est isolé de cette même masse.
Par l'intermédiaire du cordon souple on relie : la masse de
l'appareil avec le fil 1 et la borne b du socle, le contact isolé
g avec le fil 2 et la borne a du socle, l'une des extrémités
du fil de la bobine avec le fil t, c'est-à-dire avec le contact
m du socle.
L'autre extrémité du fil de la bobine est en communication
avec la masse de l'appareil.
Nous allons examiner quelques-uns des cas qui peuvent se présenter
dans l'application pratique du bouton-téléphone.
1er Cas - Transformation d'un réseau de sonnerie sans tableau
indicateur, en réseau téléphonique, chaque bouton
pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être
appelé par lui.
Il suffira pour transformer ce réseau en réseau téléphonique,
d'enlever les boutons d'appel existants et de relier les fils qui
y aboutissaient aux bornes a et b des boutons-téléphones
(fig. 55).
Pour le poste de service un bouton spécial devra être
employé : la partie mobile de ce bouton ne contient qu'un récepteur
téléphonique, et le socle, un commutateur à deux
directions, représenté en détail (fig. 57).
La lame n, au lieu d'être isolée à l'état
de repos comme dans le bouton ordinaire, appuie, lorsque le téléphone
est en place, sur un deuxième contact fixe f, qui communique
avec une troisième borne K3. Le cordon souple n'a que deux
brins, car il sert uniquement à relier l'une des extrémités
t' de la bobine du téléphone à la borne K1, et
l'autre extrémité t de cette même bobine au contact
m.
Au poste de service, on détache le fil de ligne aboutissant
à la pile et on l'attache à la borne K2 ; on relie la
borne de la pile devenue libre à la borne K3, et on relie enfin
la borne de gauche de la sonnerie à la borne K1. La personne
placée au poste de service, dès qu'elle prend son téléphone
à la main, rompt la communication entre les bornes K2 et K3
et établit la communication entre les bornes K2 et K1, c'est-à-dire
qu'elle met hors du circuit la pile et la sonnerie, en même
temps qu'elle introduit son téléphone dans le circuit.
Il est utile de convenir d'un signal différent, selon que l'on
veut faire venir la personne ou lui parler. Dans ce dernier cas, la
personne qui appelle, met, dès qu'elle a donné le signal,
son téléphone à l'oreille ; la personne appelée
doit immédiatement prendre le téléphone du poste
de service et parler. La conversation une fois engagée, on
porte alternativement le téléphone à la bouche
et à l'oreille : c'est une habitude facile à prendre.
On peut d'ailleurs, pour plus de commodité, mettre sur une
même planchette, côte à côte, deux boutons,
dont l'un servira à parler et l'autre à écouter.
2è Cas - Transformation d'un réseau de sonnerie avec
tableau indicateur en réseau téléphonique, chaque
bouton pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être
appelé par lui.
Supposons maintenant qu'il y ait au poste de service un tableau indicateur,
c'est-à-dire que l'on ait affaire à l'installation de
sonnerie représentée figure 58. Nous considérerons
un tableau à trois directions, mais les solutions peuvent s'appliquer
à un nombre quelconque de directions.
Pour transformer ce réseau existant en un réseau téléphonique,
tel qu'il a été défini plus haut, il suffit de
substituer à chacun des boutons d'appel un bouton-téléphone
ordinaire, et de placer auprès du tableau indicateur un bouton-téléphone
avec commutateur à deux directions (fig. 57).
Les trois bornes K1, K2, K3, de ce bouton sont reliées au tableau,
comme l'indique la figure 58 .
Le fil qui aboutit à la dernière borne de gauche du
tableau est détaché et relié à la borne
K3 ; la borne K est reliée à la dernière borne
de gauche du tableau, et la borne K1 à l'avant-dernière
borne de gauche de ce même tableau. Il est facile de s'assurer
que dans ces conditions, le système fonctionne de la même
façon que précédemment.
La personne placée au poste de service, en même temps
qu'elle retire son appareil du socle sur lequel il est fixé,
met hors du circuit la pile et la sonnerie. Dans le cas d'un tableau
à rappel mécanique, il faudrait évidemment relier
la borne K1 à la borne de la pile, qui ne communique pas avec
la sonnerie (ligne x, figure 58).
Il n'y a rien de changé au mode de fonctionnement, si ce n'est
que le poste de service est avisé chaque fois de l'endroit
d'où part l'appel.
3è Cas - Transformation d'un réseau de sonnerie avec
tableau indicateur en réseau téléphonique, chaque
bouton pouvant appeler le poste de service et être appelé
par lui.
Lorsqu'on veut que le poste de service puisse appeler les différents
postes du réseau, l'installation devient un peu plus compliquée.
L'appel se fait au moyen d'une bobine d'induction placée au
poste de service. Les courants induits de cette bobine sont envoyés
dans la ligne, ils agissent sur le téléphone et lui
font produire un bruit particulier assez intense pour être entendu
même à une grande distance. A l'aide de boutons spéciaux,
on dirige ces courants induits sur l'une ou l'autre des lignes pour
n'interpeller que le poste avec lequel on veut entrer en communication
(fig. 60).
Mais pour que l'appel pût être fait à chaque instant,
il fallait que les téléphones des différents
boutons fussent constamment en série avec les fils de ligne
; or, de cette manière, la pile eût été
placée dans un circuit toujours fermé sur ces téléphones,
ce qui est inadmissible ; ou installer des fils supplémentaires
spéciaux, ce qui serait une complication.
Cette difficulté a été levée d'une façon
élégante et fort ingénieuse par l'application
des coupe-circuit électriques de M. le Docteur A. d'Arsonval.
Le coupe-circuit se compose de quatre petits éléments.
Chaque élément est constitué par un tube en ébonite
rempli avec une pâte humide à base de potasse dans laquelle
plongent deux lames de fer. Le tube est hermétiquement fermé
au moyen d'une rondelle en ébonite et d'une couche de ciment
dissous dans de la potasse.
Lorsqu'un courant traverse ces petits couples, ils se polarisent en
moins d'une seconde et développent une force contre-électromotrice
qui arrête complètement le passage du courant, pourvu
que la force électromotrice de la source soit inférieure
à celle contre-électromotrice du coupe-circuit. Le courant
de la pile se trouve donc annulé, à cause de sa faible
force électromotrice, tandis que les courants périodiques
de la bobine d'induction, qui présentent une grande tension,
franchissent facilement l'obstacle créé par le coupe-circuit.
Ces coupe-circuit sont disposés dans le socle de chaque bouton-téléphone
dont ils n'augmentent pas sensiblement les dimensions, puisque chaque
élément n'a pas plus de 1 centimètre de diamètre
et 4 centimètres de longueur. Ils sont encastrés au
dos de la planchette qui porte le socle du bouton. Les éléments
sont groupés en série avec la bobine du téléphone
et la ligne. Le circuit dans lequel se trouve le bouton d'appel est
en dérivation sur les bornes de l'appareil. Lorsqu'un des boutons-téléphones
veut appeler le poste de service, il lui suffit d'appuyer sur son
bouton qui met le coupe-circuit en court-circuit. On supprime ainsi
la force électromotrice de polarisation de ce coupe-circuit,
et la pile du poste de service envoie alors un courant qui traverse
sa propre sonnerie et l'actionne ainsi que le tableau indicateur correspondant
au bouton-téléphone.
Le poste de service engage alors la conversation en décrochant
son appareil, ce qui établit toutes les communications sur
téléphone, et en maintenant le doigt appuyé sur
un bouton numéroté qui relie son appareil à la
ligne de l'interpellant.
Lorsque le poste de service (fig. 60) veut appeler un des postes du
réseau, il doit appuyer en même temps sur la clef à
contact multiple et sur le bouton placé au-dessous du numéro
correspondant à celui du poste appelé. Pour correspondre
il doit abandonner la clef à contact multiple, tout en appuyant
sur le bouton tant que dure la conversation. Une fois la conversation
terminée, la mise en place des appareils dispose automatiquement
toutes les communications pour un nouvel appel.
La figure 60 représente une vue perspective d'un poste de service
: planchette avec bouton d'appel à quatre directions, planchette
avec bobine d'induction et clef à contact multiple, enfin téléphone
de service sont placés au-dessous du tableau indicateur.
Pour plus de commodité, on peut, au poste de service, disposer
un appareil transmetteur combiné avec un récepteur,
ainsi que l'indique la figure 60. Ce poste est en effet appelé
à parler bien plus souvent que chacun des postes du réseau
et, dans ces conditions, un téléphone de transmission,
doublement articulé, comme celui de la figure, est d'un emploi
plus facile que le bouton de service ordinaire.
On peut même installer des boutons-téléphones
avec poste central, permettant d'établir des communications
directes entre les différents boutons-téléphones.
Dans ce but, la Société Générale des Téléphones
a, la première, eu l'idée d'établir un matériel
spécial destiné à remplacer les sonneries électriques
et les porte-voix. |
Depuis 1879-80 le microphone de Hughes sert de base pour fabriquer de nombreux
microphones à charbon (Ader, Crossley, Blake, D'Arsonval ....) mais
c'est Charles D'Argy qui abouti à fabriquer
un microphone miniature et indéréglable à base depoudre
de coke, ce qui permit de construire de petits appareils fiables peu coûteux,
sans entretien ...

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Texte du document "LE BOUTON-TELEPHONE DE
M. BARBIER"
Le bouton-téléphone est un petit appareil
simple et pratique, appelé à rendre de grands services
dans maintes applications de téléphonie domestique,
grâce à la modicité de son prix et à
la facilité de son installation.
En établissant cet appareil, l'inventeur a résolu
le difficile problème d'utiliser les installations de sonneries
électriques à la transmission de la parole au moyen
de téléphones remplissant le même office que
les boutons d'appel ordinaires et ayants des dimensions et une forme
analogues.
Le bouton-téléphone de M.Barbier est formé
d'un petit téléphone BELL, pouvant servir alternativement
de transmetteur et de récepteur; il est disposé dans
l'intérieur d'un bouton et placé sur un petit disque
de bois qui permet de le fixer facilement au mur. Ce bouton, comme
le montre la figure (page 243), est maintenu à la planchette
au moyen de quatre ressorts entre lesquels il s'introduit à
frottement. Une lame élastique rompt le circuit téléphonique
lorsque l'appareil est au repos, et le ferme, au contraire, lorsqu'il
est décroché. Il suffit donc d'appuyer sur la touche
placée au centre du bouton pour faire retentir la sonnerie
du poste correspondant, et de prendre ensuite le téléphone
à la main pour engager la conversation.
Le montage des boutons téléphones peut s'effectuer
de bien des manière; mais l'installation la plus simple est
celle que représente le diagramme no 1, et dans laquelle
un ou plusieurs boutons sont reliés à un bouton téléphonique
spécial, dit poste de service . Ce dernier appareil, ne permettant
pas d'interpeller dans le cas qui nous occupe, est dépourvu
de touche d'appel. En revanche, il est muni d'un commutateur qui
met automatiquement la sonnerie en communication avec la ligne,
lorsqu'il est au repos, et relie au contraire le téléphone
à la ligne toutes les fois que l'on décroche pour
correspondre.
Le diagramme n° 2 montre une installation de bouton-téléphone
dans laquelle plusieurs boutons sont reliés à un poste
de service muni d'un tableau indicateur indiquant la personne interpellée
l'endroit d'où vient l'appel. L'établissement des
communications entre les divers appareils n'offre, comme on le voit,
aucune difficulté, et l'examen de la figure ci-contre suffit
pour la faire comprendre.
En fin, le diagramme n° 3 représente une installation
un peu plus complexe, dans laquelle le poste de service peut être
interpellé et interpeller lui même.
Dans ce cas, on a recours à une bobine d'induction
qu'on intercale dans le circuit, au poste de service, et qui, à
un moment donné, envoie dans la ligne des courants induits
qui font vibre la plaque du poste attaqué. Celle-ci rend
alors un son assez intense pour être entendu dans la pièce
où se trouve l'appareil.
Un certain nombre de contacts, égal à celui des postes
secondaires, permet de lancer le courant dans la direction voulue.
Mais, comme il est indispensable pour que ces appels puissent être
faits, que les divers boutons-téléphones soient eux-mêmes
placés dans le circuit, on a recours, afin de ne pas épuiser
trop rapidement la pile, au coupe-circuits de M. le docteur d'Arsonval.
Ces appareils se composent de quatre petits couples secondaires,
disposés dans le socle de chacun des boutons-téléphones;
ils ont pour mission d'arrêter le courant continu de la pile,
chaque fois que celui ci tend à les traverser, et de laisser
libre passage aux courants périodiques de la bobine d'induction.
Dans ces conditions, il suffit au poste de service d'appuyer sur
l'un des contacts pour attaquer le poste secondaire avec lequel
il désire correspondre, et à chacun des postes secondaires
de presser sur le bouton de son appareil pour interpeller le poste
de service.
Bien qu'un seul bouton-téléphone soit suffisant pour
la transmission et la réception, il est préférable,
surtout au poste principal, de faire usage de deux appareils dont
l'un sert à parler et l'autre à écouter. Il
est assez difficile, en effet, de bien correspondre lorsqu'on est
obligé de porter alternativement l'appareil à la bouche
et à l'oreille, suivant que l'on veut parler ou entendre.
L'appareil micro-téléphonique de M. Ch.
Mildé fils a sur le bouton-téléphone
et les appareils similaires, l'avantage de se prêter aux installations
les plus simples comme aux plus importantes, et de ne pas obliger,
lorsqu'on en fait usage, d'élever fortement la voix pour
être entendu de la personne avec laquelle la conversation
est engagée. De plus, avec cet appareil, il suffit, dans
les petites comme dans les grandes installations, de placer une
batterie au poste central pour actionner les micros téléphones
de tous les autres postes; on peut même en faisant usage du
système à appel magnétique, supprimer complètement
les batteries de piles et réaliser une économie notable
dans l'installation.
S'inspirant des remarquables travaux de M. Bourseul
qui en 1851, reconnu que la transmission électrique des ondes
sonores pouvait s'effectuer sans qu'il fût nécessaire
de transformer le courant primaire en un courant secondaire nécessitant
l'intervention d'une bobine d'induction, M. d'Argy,
officier de marine, eut l'heureuse idée de construire, en
dehors des brevets Edison, Ader, etc ..., un transmetteur à
charbon, basé sur l'emploi de matières pulvérulentes
semi-conductrices, et permettant de supprimer l'emploi de la bobine
d'induction.
Imaginé en 1883, cet appareil, défectueux au début,
a été depuis modifié et rendu tout à
fait pratique par M. Ch. Mildé, qui lui a donné la
disposition suivante :
Une petite boîte métallique, analogue à celle
des baromètres anéroïdes (fig. 1), et ayant environ
4 millim.d'épaisseur, est remplie, jusqu'aux 5/6 de sa hauteur,
de granules de coke tamisé.
A l'extérieur de cette boîte, et disposés verticalement
sur chacune de ses faces, se trouve un manchon métallique
dans lequel est serti un cylindre de charbon, isolé du contact
du métal par une rondelle de papier et portant une gorge
qui sert à l'attache du fil conducteur.
Les faces des cylindres qui touchent le coke sont striées,
afin de mieux assurer leur adhérence avec les granules; enfin,
l'un des cylindres est collé sur la face extérieure
à une planchette vibrante de sapin devant laquelle on émet
les sons.
Comme récepteur, M. Ch. Mildé emploie son téléphone
indéréglable et à cuvette métallique
dont il existe deux modèles, l'un à manche (fig. 2°,
et l'autre à anneau de suspension. L'aimant de ce téléphone
est de forme hélicoïdal et n'a qu'une seule bobine placée
au centre de la plaque vibrante. Cet appareil fonctionne d'une manière
irréprochable; il est d'ailleurs, comme l'a démontré
l'expérience, dans les meilleurs conditions pour le fonctionnement
régulier des vibrations de la plaque et pour la netteté
de la parole.
Voici comment s'effectue la transmission de la parole avec l'appareil
micro-téléphonique de M. Ch. Mildé. Lorsqu'on
vient à parler devant la planchette du microphone, le récepteur
étant décroché, les vibrations de l'air, engendrées
par la parole, sont répercutées par la planchette
qui entraîne le cylindre de charbon et le manchon métallique
dans lequel il est serti. Par suite de la force d'inertie, la partie
postérieure de la boîte du microphone vibrant avec
moins d'intensité que sa partie antérieure, il en
résulte un léger aplatissement de la boîte,
et, par conséquent, une compression des granules de coke
qui facilite le passage du courant du courant dans la ligne. Celui
ci agira donc avec d'autant plus de force sur la laque vibrante
du récepteur correspondant, que la parole aura été
plus sonore et la compression des granules plus énergique.
Sous le nom de porte-voix électrique, M. Ch.
Mildé a construit un petit poste domestique ayant la forme
d'un porte-montre, et que l'on peut facilement brancher sur une
installation de sonnerie.
Ce poste dont le prix varie de 20 à 30 francs selon les application
qu'on en veut faire, s'emploie aux lieu et place d'un bouton de
sonnerie électrique. On peut l'utiliser encore pour les communications
d'un poste à un autre, avec ou sans sonneries indépendantes.
Pour les usines et les réseaux téléphoniques
plus importants, M; Ch; Mildé construit des postes plus complets
dont le prix n'excède pas 60 Francs. Enfin, pour les grandes
distances, il a combiné des appareils magnétiques
qui ont, entre autres avantages, celui de nécessiter l'emploi
d'aucune pile.
Les quatre schémas figurés page 245 montrent la disposition
à donner aux appareils et aux fils conducteurs dans les installations
domestiques le plus en usage.
Disons, en terminant, que le poste micro-téléphonique
de M. Ch. Mildé, dont l'emploi se généralise
chaque jour davantage, a été adopté pour le
service intérieur de l'administration des postes et des télégraphes,
de la préfecture de la Seine, de la Compagnie des petites
voitures, du chemin de fer de l'Ouest, etc.
Plus de 4000 postes sont actuellement installés chez divers
particuliers et dans les principaux établissements industriels.
Alfred De VAULABELLE
|
Rappelons en 1882 Ch.
Mildé crée la Société
Charles Mildé fils et Cie de matériel électrique
et système d'alarme incendie. Puis il remporta en 1883 le marché
des installations électriques du nouvel hôtel de ville de
Paris.
L'installation est terminée en août 1884. Le service téléphonique
comportait 106 installations : 45 d'Argy-Midé; 46
Mildé mural et un tableau à 4 directions, une boîte
de 4 piles et une sonnerie; 15 Maiche Electrophone grande distance, un
tableau et une boîte de 4 piles et une sonnerie .
La station peut être placée sur une table, un pupitre, un
bureau, à la portée des personnes assises devant ces meubles.
L'appareil complet n'a que quelques centimètres de largeur et de
longueur et est mobile, étant attaché par un cordon de fils
flexible à la paroi.
 


 

C'est dans la revue "La Nature"
début 1886 que se trouve une autre description du Bouton Téléphone.
La figure représente un bouton-téléphone en vraie
grandeur; cest le premier modèle construit; depuis on en
a fabriqué d'autres de dimensions bien moindres.
Fig 1 Fig 2
Fig 3
Lappareil se compose dun socle fixé au mur ou sur une
planchette et dune partie mobile que lon prend à la
main quand on veut faire usage du téléphone (fig. 1). La
partie fixe et la partie mobile sont reliées par un cordon souple
à trois fils
La figure 4 donne le détail des différentes pièces
qui constituent lappareil; la figure 3 indique le schéma
des communications. Les lettres sur la figure schématique et sur
la coupe de la figure 4 étant les mêmes, il est très
facile de se reporter dune figure à lautre et de suivre
ainsi les liaisons.

Le socle de lappareil est représenté à droite
de la figure 4; il est supposé vue de dos. Ce socle est formé
par une plaque métallique P, munie d'un rebord sur lequel sont
fixées quatre griffes G ; les griffes G embrassent la partie mobile
lorsque lappareil est au repos. La plaque P, se fixe sur un mur
ou sur une planchette au moyen de deux vis dont on aperçoit les
extrémités filetées sur la figure. Les deux bornes
a et b servent à recevoir les tils qui aboutissent dhabitude
à un bouton dappel ordinaire. De ces bornes partent deux
fils 1 et 2 qui se rendent à la partie mobile de lappareil.
Un troisième fil t qui forme avec les deux premiers un cordon souple,
communique avec une touche métallique m. En regard de cette touche
est placée une lame élastique n reliée à la
borne a et portant A son extrémité inférieure un
teton S; ce teton traverse un trou ménagé dans la plaque
P, et fait saillie sur la face antérieure de cette même plaque.
Il résulte de cette disposition que lorsque lappareil est
à létat de repos, le contact entre m et n est ouvert,
tandis que ce contact se ferme, par suite de lélasticité
de la lame n, dès que lon prend le bouton à la main
et quon lécarte du socle.
La partie mobile, le bouton proprement dit, comprend essentiellement un
récepteur téléphonique dont M est la membrane et
T la bobine, et une lame élastique h placée en regard dun
contact g : le tout enfermé dans une en veloppe en bois ayant la
forme et les dimensions dun bouton de sonnerie ordinaire. La lame
h est en communication avec la masse de lappareil, tandis que le
contact g est isolé de cette même masse.
La figure 5 représente le détail du téléphone
même : bobine et aimant.
Par lintermédiaire du cordon souple on relie : la masse de
lappareil avec le fil I et la borne b du socle, le contact isolé
g, avec le fil 2 et la borne a du socle, lune des extrémités
du fil de la bobine avec le fil /, cest-à-dire avec le contact
m du socle.
Lautre extrémité du fil de la bobine est en communication
avec la masse de lappareil. Il est facile de sassurer que
dans ces conditions on a réalisé le groupement schématique
de la figure 3, les trois brins du cordon souple étant représentés
par les portions de circuit bc, ga et Tm. Nous adopterons, pour plus de
simplicité, dans tout ce qui suit, cette représentation
schématique du bouton-téléphone.
Nous allons maintenant considérer successivement chacun des trois
cas suivants :
1° Transformation dun réseau de sonnerie sans tableau
indicateur, en réseau téléphonique, chaque bouton
pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être appelé
par lui;
2° Transformation dun réseau de sonnerie avec tableau
indicateur en réseau téléphonique, chaque bouton
pouvant appeler le poste de service, mais ne pouvant pas être appelé
par lui ;
3° Transformation dun réseau de sonnerie avec tableau
indicateur en réseau téléphonique, chaque bouton
pouvant appeler le poste de service et être appelé par lui.
Premier cas. Cest le cas le plus simple dans
lequel on a affaire à linstallation de sonnerie représentée
sur la figure 6. Il suffira, pour transformer ce réseau en réseau
téléphonique, denlever les boutons d'appel existants
et de relier les fils qui y aboutissaient aux bornes a etb des boutons-téléphones.
Pour le poste de service un bouton spécial devra être employé
: la pattie mobile de ce bouton ne contient quun récepteur
téléphonique, et le socle, un commutateur à deux
directions, qui se trouve représenté en détail sur
la figure 7.
La lame n, au lieu dêtre isolée à létat
de repos comme dans le bouton ordinaire, appuie, lorsque le téléphone
est en place, sur un deuxième contact fixe f, qui communique avec
une troisième borne Ka. Le cordon souple na que deux brins,
car il sert uniquement à relier lune des extrémités
t de la bobine du téléphone à la borne K,,
et lautre extrémité t de cette même bobine au
contact m.
Au poste de service, on détache le fil de ligne aboutissant à
la pile et on lattache à la borne K,; on relie la borne de
la pile devenue libre à la boine K., et on relie enfin la borne
de gauche de la sonnerie à la borne K,. On a alors réalisé
le dispositif électrique représenté schématiquement
sur la figure 8. La personne placée au poste de service, dès
quelle prend son téléphone à la main, rompt
la communication entre les bornes K, et Ka et établit la communication
entre les bornes K. et K,, cest-à-dire, quelle met
hors du circuit la pile et la sonnerie, en même temps quelle
introduit son téléphone dans le circuit.
Il est presque inutile d'ajouter que l'on conviendra dun signal
différent, suivant que lon désire faire venir la personne
ou lui parler. Dans ce dernier cas, la personne qui appelle, met, dès
quelle a donné le signal, son téléphone à
l'oreille; la personne appelée doit immédiatement prendre
le téléphone du poste de service et parler. La conversation
une lois engagée, on porte alternativement le téléphone
à la bouche et à loreille : cest une habitude
facile à prendre. On peut dailleurs, pour plus de commodité,
mettre sur une même planchette, côte à côte,
deux boutons dont lun servira à par er et lautre à
écouter (fig. 9).
Cest le cas le plus simple ; ce sera sans doute aussi le plus fréquent.
Il est vrai que le poste de service ne peut appeler les différents
postes du réseau. Mais noublions pas quil sagit
ici surtout de relations entre maîtres et domestiques, et quen
somme c'est la continuation dun état de choses existant.
ll est même à supposer que bien des gens verraient dun
fâcheux il, le téléphone établir la réciprocité
des appels. Quoi quil en soit, si lon désire pouvoir
être appelé par le poste de service, cela est facile à
obtenir, comme nous le verrons plus loin, à condition, bien entendu,
d'accroître légèrement les frais de l'installation.
Deuxième cas. Supposons maintenant qu'il y
ait au poste de service un tableau indicateur, cest-à-dire,
que lon ait affaire à linstallation de sonnerie dont
la figure 10 indique le schéma. Nous considérerons, pour
plus de simplicité, un tableau à deux directions seulement;
les solutions sappliquent évidemment à un nombre quelconque
de directions.

Pour transformer ce réseau existant en un réseau téléphonique,
tel quil a été précédemment défini,
il suffira de substituer à chacun des boutons dappel un bouton-téléphone
ordinaire, et de placer auprès du tableau indicateur un bouton-téléphone
avec commutaeur à deux directions (fig. 7).
Les trois bornes K1,, K2, K3, de ce bouton seront eliées aux tableaux
comme lindique la figure 11. Le fil qui aboutissait à la
dernière borne de gauche du tableau, est détaché
et relié à la borne K2.; la borne K2 est reliée la
dernière borne de de gauche du tableau, et la borne K, à
lavant-dernière borne de gauche de ce même tableau.
Il est facile de sassurer que dans ces conditions, le système
fonctionne de la même façon que précédemment.
La personne placée au poste de service, en même temps quelle
retire son appareil du socle sur lequel il est fixé, met hors du
circuit la pile P et la sonnerie S. Dans le cas dun tableau à
rappel mécanique, il faudrait évidemment relier la borne
K, à la borne de la pile P, qui ne communique pas avec la sonnerie
(la borne de droite sur la figure 11). Nous n'insisterons pas davantage
sur ce cas, qui est aussi simple que le précédent.
Troisième cas. Lorsquon veut que le
poste de service puisse appeler les différents postes du réseau,
linstallation devient un peu plus compliquée.
Lappel se fait au moyen d'une bobine dinduc tion placée
au poste de service; les courants induits de cette bobine produisent dans
les boutons-téléphones un bruit caractéristique très
suffisant pour être entendu même à une assez grande
distance.
Une difficulté se présentait ici : pour que lappel
pût être fait à chaque instant, il fallait évidemment
que le téléphone fût constamment en série avec
les fils de ligne; or, de cette manière, la pile eût été
placée dans un circuit toujours fermé, solution inadmissible.
On pouvait, il est vrai, augmenter le nombre des fils, mais .cétait
sécarter du programme, qui consistait à transformer
un réseau de sonnerie existant, et non pas à faire, parallelement
à un réseau de sonnerie, un réseau téléphonique.
Ce problème délicat a été résolu dune
façon fort ingénieuse, grâce à un procédé
dont lidée première appartient à M. le docteur
A. dArsonval (1).
Le procédé réside dans lemploi dune force
électromotrice qui équilibre celle de la pile, tout en laissant
passer les courants induits dans la bobine. Cette force contre-électromotrice
est fournie par quatre petits éléments dont lun est
représenté en vraie grandeursur la figure 12. Chaque élément
est constitué par un tube en ébonite b rempli avec une pâte
humide à base de potasse dans laquelle plongent deux électrodes
en fer a, a ayant la forme représentée sur la figure. Le
tube est hermétiquement fermé au moyen dune rondelle
en ébonite et dune couche c de ciment dissous dans de la
potasse. Lexpérience enseigne que ces accumulateurs se polarisent
en quelques dixièmes de seconde.
Quatre de ces petits éléments groupés en série
accompagnent chaque bouton-téléphone; ils sont encastrés
au dos de la planchette qui porte le socle du bouton et les liaisons sont
faites suivant le schéma de la figure 13. Les éléments
a,a,a,a, sont groupés en série avec la bobine du téléphone
et la ligne. Le circuit dans lequel se trouve le bouton dappel est
en dérivation sur les bornes de lappareil. Entre la partie
mobile du bouton, figurée schématiquement à droite
du dessin (fig. 13), et le socle, dans lequel sont enchâssés
les accumulateurs, on voit très nettement les trois brins qui constituent
le cordon souple reliant les parties mobile et fixe du bouton-téléphone.
La figure 14 représente le schéma de linstallation
complète, dans le cas que nous considérons cest-à-dire
dans le cas où l'appel réciproque est possible. En bas et
à droite de cette figure on a reproduit à une plus grande
échelle, la clef à contact multiple qui est montée
sur la même plan chette que la bobine dinduction.
Immédiatement au-dessous du tableau se trouve une planchette contenant
autant de boutons dappel quil y a de directions au tableau.
La figure 15 donne une vue extérieure de cette planchette; la figure
14 indique le schéma des communications.
Chaque bouton m est solidaire dune lame métal lique e,e,
et cette lame, à létat de repos, appuie sur le contact
g, g. Mais, lorsquon presse sur le bouton m, elle vient appuyer
sur le contact ff.
Au-dessus de chaque numéro dordre se trouvent deux bornes
ab ou cd, dont lune est reliée à la lame e e,
l'autre, au contact g g; la plan chette porte en outre une borne
n reliée aux contacts f, f et en même temps à
la borne A du socle sur lequel sont montés: la bobine dinduction,
le téléphone de service, ainsi quune clef à
contact multiple.
La figure 16 représente une vue perspective de la bobine dinduction
et des appareils accessoires qui laccompagnent. La clef à
contact multiple sert à fermer, en même temps, le gros fil
de la bobine dinduction sur la pile P du poste et le fil fin, sur
le téléphone récepteur. Cette clef est constituée
par trois lames métalliques a, b, c, isolées les unes des
autres (voir le détail de la fig. 14). A létat de
repos la lame supérieure a appuie contre la touche F, la lame inférieure
c est écartée de la touche G; lorsquon presse sur
le bouton qui surmonte la clef, on ferme le contact entre a et b et en
même temps le contact entre c et G, tandis quon ouvre le contact
entre a et F. Les deux lames b et c sont constamment maintenues écartées
par une cale isolante placée à leur extrémité
de droite.
Pour transformer le réseau de sonnerie de la figure 10, en réseau
téléphonique du genre de celui qui
nous occupe ici, voici comment on opère.
On substitue aux boutons dappel des différents postes, les
boutons-téléphones avec accumulateurs (fig. 13) On détache
les fils qui aboutissaient aux bornes 5 et 4 du tableau et on les relie
aux bornes c et a de la première planchette; les bornes d et b
de cette même planchette sont reliées aux bornes 5 et 4 du
tableau. Passant ensuite à la planchette qui porte la bobine dinduction
on joint la borne A à la borne n, la borne B à la borne
2 du tableau, la borne C à la borne 3 du tableau et enfin les bornes
D et E au cordon souple du téléphone de service.
Les communications étant ainsi établies, chacun des postes
1, 2, etc., appellera le poste de service en appuyant sur la touche B
de son bouton-téléphone, cest-à-dire au moyen
de la pile P et de la sonnerie S. Lorsque le poste de service voudra appeler
un des postes du réseau, il devra appuyer en même temps sur
la clef à contact multiple et sur le bouton m placé au-dessous
du numéro correspondant à celui du poste appelé.
Pour correspondre il devra abandonner la clef à contact multiple,
tout en appuyant sur le bouton m tant que dure la conversation. Il est
facile de suivre la marche du courant dans lun et lautre cas.
Supposons en effet dabord que le poste de service désirant
appeler le poste 2 tienne abaissés la clef à contact multiple
et en même temps le bouton m placé au-dessous du numéro
2.
Le circuit primaire de la bobine partant de la borne B se referme sur
cette même borne en pas sant par le contact G, la lame c, la borne
C, la borne 3 du tableau, la pile P, la borne 2 et le fil de retour 2B.
Le circuit à fil fin partant de la borne C y revient en traversant
la bobine, la lame b, la lame a, les bornes A 'et «, le contact
fe.la borne c, le téléphone T du poste 2, les
accumulateurs A, la borne 3 du tableau et le fil de retour C. Ces deux
circuits ont une partie commune entre la borne 3 du tableau, et la borne
C de la planchette inférieure, ce qui, dailleurs, noffre
aucun inconvénient.
En abandonnant la clef à contact multiple on ouvre le circuit de
la pile entre le contact G et la lame c et le circuit à fil finentreles
lames a et b; on introduit en même temps dans la ligne le téléphone
du poste de service en fermant le contact entre F et a (voir le détail
de la figure 14). Le circuit dans lequel se trouvent les deux téléphones
par tant de la borne D, par exemple, se ferme alors en passant par le
contact Fa, les bornes A et n, le contact f'e (la touche m étant
toujours maintenue
abaissée), la borne c, le téléphone T et les accumulateurs
A du poste 2, la borne 3 du tableau, les bornes C,E de la planchette inférieure
et le télé
phone du poste de service.
La figure 17 représente une vue perspective de lensemble
des appareils placés au-dessous du tableau indicateur, dans le
cas dont la figure 14 donne le schéma: planchette avec bouton d'appel
à deux directions, planchette avec bobine dinduction et clef
à contact multiple et enfin téléphone de service.
Pour plus de commodité, on peut, au poste de service, disposer
sur un socle deux téléphones magnéto, ainsi que lindique
la figure 17, un appareil de transmission et un autre de réception.
Ce poste est en effet appelé à parler bien plus souvent
que chacun des postes du réseau, et dans ces conditions, un téléphone
de transmission,
doublement articulé, comme celui de la figure est dun emploi
plus facile que le bouton de service ordinaire.
Le bouton-téléphone dont nous avons donné une description
détaillée, au commencement de cet article (fig. 1 et 2),
est le plus grand modèle construit : ses dimensions dépassent
celles dun bouton de sonnerie simple. Ce fut le premier modèle
fabriqué. Depuis on est arrivé à réduire considérablement
la forme, et on a construit deux autres modèles, dont le plus petit
na que 4,5 centimètres de diamètre. Le modèle
moyen a exactement les dimensions dun bouton de sonnerie commun.

La figure 18 donne le détail de ce type, Le socle de lappareil
a été un peu modifié; il est constitué parune
simple bague en métal blanc, diamétralement traversée
par le ressort de contact n; cest lembouchure même du
téléphone, E, en saillie sur la paroi postérieure
du bouton qui fait jouer ce ressort de contact. Cette embouchure a un
diamètre plus petit que celui de la partie évidée
du socle, de telle sorte que, lorsquon met le bouton en place, elle
appuie sur le ressort n et lécarte du contact de repos m.
Lappareil téléphonique lui-même aété
modifié; il comporte deux bobines, ainsique lindique la figure
19, qui représente le détail du téléphone
seul. Les communications intérieures sont absolument les mêmes
que dans le cas de la figure 4.
Sous cette forme réduite ou sous celle encore moindre du plus petit
modèle construit (4,5 centimètres de diamètre), les
appareils que nous décrivons ici, fonctionnent comme les meilleurs
téléphones magnéto dont nous ayons eu occasion de
nous servir; la netteté de la transmission ne laisse rien à
désirer.
Dans les installations de sonneries dappartement, certaines
personnes préfèrent se servir de poires mobiles au lieu
de faire usage de boutons d'appel fixés aux murs.
La figure 20 représente la poire-téléphone qui, dans
ce cas, devra être substituée aux appareils existants. La
forme extérieure de cet appareil est, à peu de chose
près, la même que celle des poires de sonnerie simple, seulement
le bouton dappel K, au lieu dêtre placé à
la partie inférieure de la poire, est disposé latéralement;
la partie inférieure est occupée par lembouchure du
téléphone.
La boite en bois qui enveloppe les organes du téléphone,
se compose de trois parties D, C et E; la partie intermédiaire
C se visse dans le chapeau D, les pièces C et E sassemblent
au moyen dune bague filetée F, en laiton.
Laimant A du téléphone est une lame de 10 millimètres
de largeur environ, recourbée en forme de V renversé. Cet
aimant porte les bobines by b au-dessous desquelles est pla cée
la membrane M, et sassemble de chaque côté au moyen
de quatre vis v, avec deux lames de laiton B, soudées à
lintérieur de la bague
F. On voit donc quil suffit de dévisser le couvercle inférieur
E et la bague F pour retirer, en même temps que cette bague, tout
lappareil téléphonique. .
L'appel se fait en appuyant sur le bouton lequel est solidaire dun
ressort H, relié à la masse; en regard de H se trouve un
contact G, qui est isolé de la masse.
Le coupe-courant est formé par quatre petits accumulateurs aa du
modèle précédemment décrit; ces accumulateurs
sont enfermés dans un cylindre en ébonite M, percé
dun trou, à travers lequel passe le cordon souple S. Entre
le coupe-courant, que lon peut placer à une distance plus
ou moins grande de la poire, suivant les dispositions des locaux, et lappareil
lui-même, le cordon souple S est composé de trois fils 1,
2 et 3; les deux fils 1 et 2 se rendent seuls au poste de service. Voici,
d'ailleurs, comment sont faites les communications. Le fil 1, venant du
poste de service, touche à lune des bornes r du coupe courant
et est relié au contact isolé G; le fil 2 traverse tout
simplement le cylindre M et communique avec la masse du téléphone,
le fil 3 part enfin de la seconde borne r' du coupe-courant, pour aboutir
à l'une des extrémités de lenroulement des
bobines b, lautre extrémité de ce même enroulement
communiquant avec la masse du téléphone. Il est facile de
sassurer que, dans ces conditions, le groupement est absolument
le même que celui de la figure 13.
Le téléphone et les accumulateurs a sont constamment en
série avec la ligne; le cir cuit où se trouve le bouton
dappel, circuit normalement ouvert, est en dérivation sur
les bornes r et r' du cylindre M.
Les appareils que nous venons de décrire sont susceptibles dune
infinité dapplications : ¦ nous navons pu, dans
les limites étroites dun article, signaler que les principales.
Elles suffisent néanmoins à mettre bien en relief les côtés
essentiellement pratiques du nouvel engin : facilité de pose et
de manipulation, combinaison sous un volume excessivement réduit
de tous les organes dun poste téléphonique. Le bouton-téléphone
trouvera à être employé dune façon utile,
presque partout où la sonnerie électrique est aujourdhui
appliquée, et Dieu sait si le cas est fréquent !
Que dire de plus ? Du moment quun appareil est très utile,
très bon (et sur ce point, on voudra bien nous faire crédit)
et très peu cher, jestime qu'il nest pas téméraire
de devancer le jugement de la pratique et de lui prédire, le jour
même de son apparition, le succès le plus enviable : cest
ce que nous nhésitons pas à faire pour le bouton-téléphone.
B. MARINOVITCH
On nest plus à compter les
postes téléphoniques variés combinés par différents
constructeurs dans le but de satisfaire aux besoins spéciaux de
la téléphonie domestique : le problème est dune
solution délicate, car les appareils doivent être à
la fois simples; peu volumineux, dune installation facile et dun
prix assez modique pour engendre l'application possible dans tous les
cas où lon consent à établir des sonneries
électriques ordinaires, avec ou sans tableau indicateur, suivant
l'importance des locaux à desservir.
Poste de service d'une installation
de boulons-téléphones avec tableau indicateur et appels
par ce poste de service.

En construisant le bouton-téléphone, M. Barbier
sest proposé de substituer aux boutons de sonnerie ordinaires
un appareil de même forme et de mêmes dimensions permettant
dentrer en communication verbale directe avec la personne appelée
par la sonnerie. Dans sa disposition la plus simple, lappareil ne
com porte que deux fils qui servent alternativement à l'appel par
sonnerie ou à la conversation par téléphone magnétique,
suivant que le bouton est dans la position de repos ou tenu à la
main (fig. 1).
Le bouton lui-même se compose d'un petit téléphone
magnétique servant alternativement de transmetteur et de récepteur,
disposé dans l'intérieur du bouton, et d'une planchette
circulaire fixée au mur sur laquelle vien se placer le bouton-téléphone
dans sa position de repos; il est maintenu dans cette position par quatre
lames élastiques dans lesquelles il sintroduit à frottement.
La figure 3 montre la disposition intérieure du commutateur établi
sur la planchette fixée au mur. Une lame élastique rompt
le circuit téléphonique, et il suffit dappuyer sur
le bouton disposé sur la face antérieure de lappareil
pour actionner la sonnerie du poste que nous appellerons poste de service.
En prenant le téléphone à la main, on ferme le circuit
sur le téléphone et la conversation peut sengager
dès que; le poste de service a décroché luimême
son bou
ton-téléphone.
Examinons maintenant les cas principaux qui peuvent se présenter.
Le plus simple est celui dans lequel un certain nombre de boutons-téléphone
répartis dans un appartement ont à communiquer avec le poste
de service.
Le diagramme (fig. 5) montre comment, dans ce cas, seffectue le
montage. Il ny a rien de changé dans linstallation
générale que la substitution de boutons- téléphones
aux boutons ordinaires, et l'adjonction au poste de service dun
bouton téléphonique spécial. Ce bouton spécial
diffère des: autres par deux particularités:
1° Il na pas de bouton d'appel puisque le.poste de service ne
peut qu'être interpellé et ne peut pas interpeller lui-même.
2° Il est muni d'un commutateur spécial (fig. 4), ayant pour
effet de mettre la sonnerie sur la ligne lorsquil est accroché,
dans sa position de repos, et de supprimer la sonnerie en mettant le téléphone
sur la ligne lorsqu'on prend le bouton à la main.
Il est bon de convenir qu'on sonnera une fois lors quon voudra parler
dans le téléphone, et deux fois pour faire venir la personne
de service. Le même appareil servant à la fois de transmetteur
et de récepteur, on doit porter alternativement lappareil
à loreille et à la bouche, suivant que lon écoute
ou que lon parle. Il y a là une petite difficulté
pratique qu'un peu d'habitude fait aisément disparaître,
et quon peut dailleurs résoudre à laide
de postes à deux boutons-téléphones dont l'un sert
à parler et lautre à écouter.
Un deuxième cas qui se présente est celui dans lequel l'installation
de sonnerie comporte un tableau indicateur. Les communications entre les
différents appareils s'établissent alors comme lindique
le diagramme (fig. 6). Il ny a absolument rien de changé
au mode de fonctionnement, si ce nest que le poste de service est
avisé chaque fois de lendroit doù part l'appel.
Dans les cas que nous avons examinés jusqu'ici, le poste de service
ne doit pas et ne peut pas interpeller les différents postes. Il
en sera ainsi le plus généralement, mais il est telles circonstances
où le poste de service doit pouvoir attaquer les différents
postes de boutons-téléphones avec lesquels il est en communication.
On a recours alors à une installation un peu plus complexe, représentée
densemble (fig. 2) et en diagramme (fig. 7.)
Pour rendre lappel possible, on a pensé à utiliser
le téléphone lui-même comme appareil avertisseur.
A cet effet, une bobine dinduction munie de son trembleur, placée
au poste de service, envoie dans la ligne des courants induits qui agissent
sur le téléphone et lui font produire un bruit particulier
assez intense pour être entendu dans toute la pièce. A laide
de boutons spéciaux, on dirige ces courants induits sur lune
ou lautre des lignes pour ninterpeller que le poste avec lequel
on veut entrer en communication.
Mais, pour que ses appels puissent être faits, les téléphones
des différents boutons doivent toujours être en circuit.
Il faudrait donc que la pile toujours fermée sur ces téléphones
dépensât dune façon continue, ce qui est inacceptable,
ou installer des fils supplémentaires spéciaux, ce qui serait
une complication.
La difficulté a été levée d'une façon
très élégante et ingénieuse par lapplication
des coupe-circuit électrolytiques de M. le docteur dArsonval.
Le coupe-circuit se compose de quatre petits couples secondaires constitués
par deux lames de fer plongeant dans une pâte humide à base
de potasse, hermétiquement fermés. Lorsquun courant
traverse ces petits couples, ils se polarisent en moins (l'une seconde
et développent une force contre-électromotrice qui arrête
complètement le passage du courant, pourvu que la force électromotrice
de la source soit inférieure à la force contre-électromotrice
des coupe-circuit. Le courant de la pile se trouve donc annulé,
à cause de sa faible force électromotrice, tandis que les
courants périodiques de la bobine d'induction, qui présentent
une grande tension, franchissent facilement lobstacle créé
par le coupe-circuit.
Ces coupe-circuit sont disposés dans le socle de chaque bouton-téléphone
dont ils naugmentent pas sensiblement les dimensions, puisque chaque
élément n'a pas plus de 1 centimètre de diamètre
et 4 centimètres de longueur.
La clef à contacts multiples établie au poste de service
sert à fermer à la fois le circuit inducteur de la bobine
sur la pile, et le circuit induit sur la ligne du bouton-téléphone
interpellé. Lorsqu'un des boutons-téléphone veut
appeler le poste de service, il lui suffit d'appuyer sur son bouton qui
met le coupe circuit en court-circuit. On supprime ainsi la force électromotrice
de polarisation de ce coupe-circuit, et la pile du poste de service envoie
alors un courant qui traverse sa propre sonnerie et l'actionne ainsi que
le tableau indicateur correspondant au bouton-téléphone.
Le poste de service engage alors la conversation en décrochant
son appareil récepteur, ce qui établit toutes les communications
sur téléphone, et en maintenant le doigt appuyé sur
un bouton numéroté qui relie son appareil à la ligne
de linterpellant. Une fois la conversation terminée la mise
en place des appareils dispose automatiquement toutes les communications
pour un nouvel appel.
On peut même installer des boutons-téléphones avec
poste central, permettant d'établir des communications directes
entre les différents Boulons-téléphones, mais linstallation
comporte alors des commutateurs, des annonciateurs, etc., ce qui enlève
au système sa plus belle qualité : la simplicité.
Sans sexagérer limportance des applications réservées
au bouton-téléphone, il est cependant bon nombre de cas
dans lesquels il remplit toutes les conditions exigées pour les
usages domestiques; la substitution des boutons-téléphones
aux boutons ordinaires se trouve alors tout indiquée, surtout lorsquon
met en parallèle les services que peuvent rendre les uns et les
autres.
1887 Le bouton téléphone
système Herz
M. le Dr. Herz déjà connu
pour son téléphone à condensateur, a fait encore
un pas en avant dans la question du bouton-téléphone
en y appliquant, outre le téléphone récepteur,
un microphone.
Ce microphone, de dimensions très réduites et ressemblant,
dans son arrangement, au système de M. de Jongh, est logé
dans le socle du bouton-téléphone. En enlevant le couvercle
on a alors le récepteur téléphonique en mains
et le diaphragme du microphone fixé contre la paroi.
La pile, nécessaire à l'exploitation du microphone,
est commune à tous les bouton-téléphone d'un
système. Le contact variable du microphone est obtenu de la
manière suivante.
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Dans un disque en charbon sont pratiqués plusieurs
trous obliques dans lesquels glissent des cylindres en charbon, en pressant,
par leur poids, sur le diaphragme qui est également en charbon. Pour
appesantir les petits cylindres et assurer un bon contact, ils sont garnis,
à leur bout opposé au diaphragme, d'une tête en métal
et imitent ainsi la forme d'une cartouche.
La combinaison de pareils bouton-téléphones perfectionnés
avec des sonneries et tableaux, est assez compliquée et demande beaucoup
de fils, plusieurs commutateurs de genres différents et d'autres
accessoires qui laissent en doute la question de savoir si le système
plus simple, sans microphone, n'est pas à préférer
dans la plupart des cas.
Les téléphones dont on se sert dans le service militaire sont
d'une autre nature. Ici il s'agit d'avoir des appareils portatifs qui puissent
supporter des chocs sans se déranger. Il faut munir les stations
de microphones pour obtenir une reproduction aussi forte que possible, à
cause des bruits étrangers qui souvent voilent ou couvrent complètement
les reproductions téléphoniques. Il est en outre plus difficile
de comprendre dans la campagne ouverte de tous côtés, que dans
une chambre ou antre espace fermé. Quant aux lignes, on peut utiliser
le même, matériel qui sert aussi à la télé
graphie militaire.
M. Rauschènbach à Schaffhouse a construit des stations téléphoniques
militaires qui, dans les exercices des troupes suisses, ont donné
des résultats satisfaisants pour le service des avant-postes...
La poire microtéléphonique
Figuera.
Ducrotroy
  
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Texte sur le document "POIRE TÉLÉPHONE"
Dans les installations de sonneries d'appartement,
certaines personnes préfèrent se servir de poires
mobiles au lieu de faire usage de boutons d'appel fixés au
mur. La figure 61, représente la poire-téléphone
qui, dans ce cas, doit être substituée aux appareils
existants.
La forme extérieure de cet appareil est, à peu de
chose près, la même que celle des poires de sonnerie
simple, seulement le bouton K, au lieu d'être placé
à la partie inférieure de la poire (fig.61) est disposé
latéralement; la partie inférieure est occupée
par l'embouchure du téléphone.
La boîte en bois qui enveloppe les organes du téléphone
se compose de trois parties D, C et E; la partie intermédiaire
C se visse dans le chapeau D, les pièces C et E s'assemblent
au moyen d'une bague filetée F, en laiton. L'aimant A du
téléphone est une lame de 10 millimètres de
longueur environ recourbée en forme de V renversé.
Cet aimant porte les bobines b b au-dessous desquelles est placée
la membrane, et s'assemble de chaque côté au moyen
de quatre vis v, avec deux lames de laiton, soudées de l'intérieur.
On voit donc qu'il suffit de dévisser le couvercle inférieur
E de la bague F pour retirer, en même temps que cette bague,
tout l'appareil téléphonique.
L'appel se fait en appuyant sur le bouton K, lequel est solidaire
d'un ressort H relié à la masse; en regard du ressort
H se trouve un contact G qui est isolé de la masse.
Le coupe courant est formé par quatre petits accumulateurs
a a a a du modèle précédemment décrit;
ces accumulateurs sont enfermés dans un cylindre en ébonite
M, percé d'un trou, à travers lequel passe le cordon
souple S. Entre le coupe-courant que l'on peut placer à une
distance plus ou moins grande de la poire, suivant la disposition
de locaux et l'appareil lui-même, le cordon souple S est composé
de trois fils 1, 2 et 3; les deux fils 1 et 2 se rendent seuls au
poste de service.
Voici comment sont faites les communications : le fil 1 venant du
poste de service touche à l'une des bornes r du coupe-courant
et est relié au contact isolé G; le fil 2 traverse
tout simplement le cylindre M et communique avec la masse du téléphone,
le fil 3 part enfin de la seconde borne r' du coupe courant, pour
aboutir à l'une des extrémités de l'enroulement
des bobines b, l'autre extrémité de ce même
enroulement communiquant avec la masse du téléphone.
Le téléphone et les accumulateurs a sont constamment
en série avec la ligne; le circuit ou se trouve le bouton
d'appel, circuit normalement ouvert, est en dérivation sur
les bornes r et r' du cylindre M.
Le bouton téléphone peut-être employé
d'une façon utile presque partout ou la sonnerie électrique
est aujourd'hui appliquée. A ce point de vue, lorsque l'on
met en parallèle les services que peuvent rendre les uns
et les autres, la substitution des boutons téléphones
aux boutons ordinaires se trouve tout indiquée pour les usages
domestiques.
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Le téléphone Espion ou
Microphone secret . Oui ça a existé très
tôt.
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ULLMANN
Peu connu Le téléphone CAPSOTELEPHONE Rare petit
téléphone.
Les téléphones HOME TELEPHONES 9 rue de l'Opéra
75001 Paris à microphones à billes de carbone
 |
Origine : le microphone de CHARLES
CLAMOND brevet N° US372455
du 1 novembre 1887.
CHARLES CLAMOND, citoyen de la République française,
a inventé certaines améliorations nouvelles et utiles
aux microtéléphones (brevetées en France le 14
août 1886, n° 177 967, et en Belgique le 23 février
1887, n° 76 460).
C'est un émetteur à électrodes multiples, utilisant
des billes de carbone au lieu de crayons ou de pendentifs. A représente
le diaphragme vibratoire en carbone ; B une plaque de carbone comportant
un certain nombre de cavités cylindriques, 1 1, sur un côté.
Une bille de carbone, s, est insérée librement dans
chaque cavité. La profondeur des cavités est légèrement
inférieure à la moitié du diamètre des
billes, et le diaphragme est placé à l'avant de la plaque
de sorte que les billes, suivant leur tendance à rouler hors
des cavités, reposent contre sa surface intérieure et
également sur les bords de ces dernières |
En 1889, Julien Lefèvre, auteur de "lÉlectricité
à la maison", enregistre le succès des « home-téléphone
» : un tableau indicateur indique létage qui appelle
et un système téléphonique permet dentendre les
requêtes des étages. Le poste de service « qui na
en général pas besoin dappeler les autres » ne
sert quà enregistrer des commandes ; le succès du téléphone
domestique à léchelle de limmeuble est possible
à condition quil demeure un outil de commande ; seule une sonnerie
peut être activée par le concierge dans les antichambres des
étages.
De forme élégante, lappareil est facile à poser
et sadapte immédiatement en remplacement de toutes les installations
de sonnerie déjà existantes, sans rien changer au câblage
des fils. La Revue des inventions nouvelles explique : « Il est très
facile de sen servir, une seule main suffisant pour maintenir lappareil
et lautre restant libre pour prendre en notes, par exemple, une communication
venant dun autre poste. De plus, la sensibilité du microphone
dispense celui qui en fait usage davoir à se pencher sur la
table »
 
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Tableau indicateur pour appeler le concierge. Système de «Home
téléphone» |
Il est commercialisé par Kern
et Compagnie, 9 avenue de lopéra à Paris.
De même on utilisa des téléphones Ader
, Crosley, D'Arsonval
..... avec un microphone à bâtons charbon, à planchette
résonnante, avec ou sans la bobine d'induction et avec un bouton
d'appel ...
Avec le téléphone récepteur en forme de montre accroché
devant la planchette résonnante à un crochet mobile qui
opère les changements nécessaires dans les circuits. Le
tout représente un appareil utilisable, de formes élégantes,
pour le prix très modique de 20 francs par station, non compris
les fils conducteurs d'une station à l'autre, le montage et la
pile. La plupart de ces constructeurs avec microphone au charbon construisirent
leurs modèles avec ou sans bobine d'induction.
M.F;
Heller à Nuremberg a aussi construit une station téléphonique
simple destinée au service domestique.
La station complète ressemble beaucoup à un poste Ader N°1
employées par la Société générale
des téléphones Paris;
M. Relier à Nuremberg a aussi construit une station téléphonique
très simple destinée au service domestique. La station complète
ressemble beaucoup à celles employées par la Société
générale des téléphones à Paris; le
microphone est aussi du système Ader et le récepteur a la
forme d'une montre. Sur quatre petits aimants en forme d'équerre
est plantée la bobine avec son noyau en fer doux qui est en contact
avec les quatre extrémités de même polarité.
Les quatre autres extrémités des aimants remontent à
la hauteur du noyau et le diaphragme est donc sous l'influence de deux
polarités, l'une au centre et l'autre sur quatre points équidistants
de la circonférence. Comme force électro-motrice, M. Heller
se sert d'une pile sèche. Une pile sert à plusieurs stations,
il faut par conséquent établir entre deux stations 3 conducteurs.
...
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