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1891 D'ARGY AUTEUR
DES CAUSERIES FAMILIÈRES D'UN ÉLECTRO-AMATEUR
Le titre bizarre et quelque peu rébarbatif de ce petit livre
de vulgarisation ne laisse pas à première vue soupçonner
son agréable allure.
L'auteur fait part au public des amusements, des joies et des tracas
personnels que 1' « ensorcelante électricité
» lui a causés; il n'expose de son domaine que les
régions dont il a acquis une parfaite connaissance expérimentale.
En première ligne, il faut citer l'électricité
statique, et surtout la téléphonie, dont M. d'Argy
s'occupe moins en amateur qu'en inventeur habile. Sa persistante
bonne humeur, malgré les vicissitudes inévitables
de la carrière, ne peut être que d'un bon et réconfortant
exemple.
(CAUSERIES ÉLECTRIQUES)
INSTRUCTIONS DÉTAILLÉES ET PRÉCISES POUR LA
CONSTRUCTION ET LA RÉUSSITE DE CES APPAREILS par A. d'ARGY
17 CROQUIS ORIGINAUX DANS LE TEXTE
COURTE PRÉFACE
Je n'écris ces quatre mots que pour remercier cordialement,
les amis connus et inconnus qui m'ont envoyé leur
trop flatteuses félicitations.
Je n'oublie pas les journalistes qui, sans billets de banque, ont
été si indulgents pour les essais d'un débutant
comme moi, le Maitre Figuier en tête. Entin léditeur,
qui m'a permis de livrer au grand public ces petites élucubrations
scientifiques, a droit à toute ma reconnaissance.
À tous, merci.
À. d'ARGY.
TABLE DES MATIÈRES
Courte préface.
Préambule Notions préliminaires et historiques
Téléphonie à haute voix
Prise de brevet Aventures chez les constructeurs
(très drôle)
Tarasconnais. Récit fidèle des pourparlers.
.
Poste mural Instructions minutieuses .
Photographie. Choses et autres.
Interrupteur. Modifications au poste mural.
Autre poste mural. Boîtes parlantes mobiles
Appareil de bureau
Autre poste de bureau
Postes avec sonnerie à chaque station
L'Éve future de Villiers de l'Isle-Adam. Les romans
dits scientifiques. Boîte parlante.
Microphones. Quelques mots d'histoire moderne.
Pile
Plans de pose
Expériences réalisées avec les instruments
décrits.
Résulats obtenus
Mot de la fin à Fécamp
Préambule. Notions préliminaires. Historique
des appareils.
Tous les livres qui parlent d'électricité sont accueillis
avec une faveur marquée parle public. l'Electricité
est dans l'air. Elle est la souveraine inébranlable de l'univers,
à une époque où les souverains temporels sont
si peu sûrs du lendemain. l'illustre sourd de Menlo Park (allusion
à Edison) , lui-même, ne saurait prédire
où s'arrêteront les merveilles de cette fée
toute puissante. !
On nous raconte actuellement que, laissant quelque temps liberté
complète à la légion d'ingénieurs, de
fureteurs, qui piochent sous la direction, sous l'estampille le
son grand nom, il va bientôt publier un roman scientifique.
Il veut devenir un Robida américain. Que vaut ce bruit ?
Nous n'en savons rien : Rien n'est impossible. Il signera et corrigera
la copie qu'un habile écrivain lui portera, le dos plié
à angle droit. Ce sera un énorme succès commercial..
Les lauriers de Jules Verne en frémiront. Après ?
Hé bien ! même lui, dans une uvre d'imagination,
Lourde de fantasmagorie (à moins de nous faire assister à
des échanges de conversations, de véhicules entre
les planètes), ne saura nous dire ce que pourront voir les
petits enfants de nos bébés de cinq ans. Ce qu'ils
pourront voir..
. Si d'épouvantables catastrophes sociales,
matérielles par suite sinon telluriques, ne
retardent pas de cent ans la marche du progrès, de la civilisation.
En ce moment, d'énormes problèmes ne doivent-ils pas
agiter les cervelles du monde entier ? Malgré les miracles
réalisés, que de questions pressantes, troublantes,
attendent solution ! Nos galeries minières où halètent
misérablement des milliers de fourmis humaines, patientes
et douces quoiqu'on dise : les laissera-t-,on toujours se changer
en cimetières, en charniers épouvantables ?
L'Electricité ne sera-t-elle bonne, utilisée que pour
les opéras, les lieux de luxe, de luxure ? N'a-t-elle pas
son rôle bienfaisant, moralisateur, divin, auprès du
pauvre, de l'artisan en chambre, du porion dans son royaume souterrain
?
Quand aurons-nous dans les océans ces mangeurs d'hommes
des observatoires internationaux, universels, dont les avertissements
continus tiendront les continents au courant de tous les changements
atmosphériques, de la naissance des cyclones, de leur direction
? Combien (le millier d'existences sauverions-nous ainsi ! Un homme
fait vaut vingt-et-quatre mille francs.
(Quand pourrons-nous dompter la grêle ? Amener la pluie ?
Multiplier le produit de nos champs etc.
Les Marées?.
quand emploierons-nous leur force ?
On conçoit dès lors l'engouement des « intellectuels
» pour les ouvrages qui touchent à l'électricilé.
Le fameux volume d'Edison en supposant qu'il paraisse jamais
ne sera qu''une distraction passagère, futile, d'une
puissante tète qui se repose.
Les livres qui abordent ce terrain captivant de l'électricité
sont innombrables dans les deux hémisphères.
Les uns sont des traités de hautes mathématiques,
hérissés de formules. Grimoire indéchiffrable,
caractères cunéiformes, palimpsestes mystérieux
pour la grande majorité du public.
Que les ignorants l'apprennent: ces feuillets noirs de calculs algébriques,
de signes grecs, d'équations polyphasées, sont la
sentence qui permet aux constructeurs de lancer sur les précipices,
les fleuves, les vallées, ces mirifiques viaducs, étonnement
du voyageur, ces ponts gigantesques !
Ces formules, déconcertantes pour le non-initié, nous
ont donné la Tour Eiffel, la galerie des machines, la Télégraphie
transatlantique, les canalisations de force, et de lumière.
.
et le reste qui est immense.
Puis, vient à la suite de ces grands confrères la
troupe légère des ouvrages de vulgarisation. Ils ont
rendu de fort grands services ; les journaux à bon marché,
les revues très répandues ont démocratisé
l'Electricité. Dans ce domaine particulier, tout le talent
de l'écrivain doit se concentrer sur un point : Ne jamais
oublier qu'il s'adresse à des lecteurs qui ne savent pas,
qui ne doivent rien savoir, puisque son but est de leur apprendre
ce qu'il croit, lui, posséder, Cela est difficile.
Tantôt on appuie trop sur un enfantillage ; plus loin on trace
une phrase qui, pour être bien saisie, réclame- rait
des éclaircissements.... la plume a couru trop vite.
Aucune invention électrique ne pouvait attirer plus l'attention,
retenir les esprits que la téléphonie, Chacun étant
à même d'en juger l'utilité, l'indispensabilité
-
on s''habitue si bien au confortable ! elle jouit à
présent d'une incontestable popularité.
Elle a, en définitive, opéré une révolution
dans les habitudes commerciales, industrielles, dans les relations
d'individu à individu et de peuple à peuple.
On lit les pages suivantes dans un volume d'électricité
littéraire de pratique récemment paru (1).
(1) Causeries familières d'un électro-amateur
Chez Mendel,118, rue d'Assas. C'est un guide de construction, des
appareils téléphoniques principalement, écrit
par un constructeur en chambre. Guide sûr, consciencieux,
par conséquent. Prix 3 francs
« Téléphonie à haute voîe»
« Le merveilleux appareil de Graham Bell et le crayon parleur
de Hughes, modifiés de mille façons, sans trouvaille
d'aucun principe neuf en la matière ont conquis
le monde.
M. Brault nous montre les postes téléphoniques installés
triomphalement dans l'univers entier. Guidé par lui, nous
les voyons fonctionner à l'universelle satisfaction en Norvège
en Egypte en Ocmme, en Chine, au Japon
Le croirait on ? à Honolulu (je vous demande un peu quelle
espèce de race sauvage peut bien vivre, aimer et mourir dans
les îles Hawaïennes !?) le réseau téléphonique
urbain a été installé en 1880 !!!
Combien, s'il vous plait, en comptiez-vous à cette époque
en France, ce pays de gloire et de révolutions, comme dit
le docteur Godinho ?
En 1885, le réseau de Honolulu avait plus de quatre cents
abonnés pour dix-huit mille habitants. Une ligne pour quarante-cinq
personnes environ !
Oserons-nous dire le chiffre des abonnés de Paris, la «
Ville Lumière » si peu éclairée
à tant de points de vue ?
Espérons que la fin du siècle coïncidera avec
un essor nouveau, grandiose de la téléphonie interurbaine,
internationale, interocéanique.
De grosses difficultés sont encore à vaincre : on
les vaincra.
On entendra son interlocuteur à des milliers de lieues
On le verra par dessus le marché.
Tel industriel de Bayonne refusera de passer contrat pour une commande
de jambons avec tel négociant de Chicago parce que la physionomie
de ce charcutier ne lui retiendra pas
ni son timbre de voix,
chacun restant d'ailleurs dans son fauteuil, l'un rue Neuve, 36,
l'autre 630 éme avenue, n° 1208. Heureusement, ils ne
pourront pas se jeter les instruments à la tête !
En attendant la réalisation prochaine de ces miracles,
Edison est dans l'affaire, tous ceux qui ont manié
des téléphones quotidiennement ou par intermittence,
réclament depuis longtemps une amélioration
qui ne serait pas miraculeuse dans la disposition de l'appareil
électrophonique.
La nécessité, pour entendre suffisamment, de se tenir
collés aux oreilles, pendant la durée de la conversation
électrique, dès récepteurs fort lourds, est
particulièrement insupportable.
En a-t-on fourré du métal, de l'acier, du laiton nickelé
dans les bracelets d'Arsonval, Ader, dans leurs frères et
cousins ? Ajoutez à cette charge de chaque main, l'obligation
pour la victime de se plier en deux, courbée, afin de mieux
lancer les ondes sonores sur une planche inclinée, façon
pupitre, vous comprendrez quel service rendra au public le constructeur
qui mettra en vente des instruments solides, indéréglables,
permettant de rester debout les mains libres, oh bonheur
! de saisir, sans quitter le livre commencé, ou le
porte-plume qui écrit, la question posée, d'y répondre
avec la même commodité, pour l'interlocuteur, à
l'autre bout de la ligne ! !
Quel est le propriétaire d'un téléphone actuel
qui ne changerait pas bien vite, en ajoutant de sa poche, ces cornets
si gênants, contre un dispositif tel que celui dont nous esquissons
les avantages ?
Jugez-en. Le petit meuble est sur la table de travail, sur le bureau,
à côté de l'encrier, du rouleau de papier buvard,
de la statuette presse-papier (il peut servir lui- même à
ce dernier usage).
Vous êtes appelé par un «allo » vigoureux,
ou par votre nom, ou tel signal convenu. Vous serrez un bouton et
vous témoignez de votre présence. La conversation
s'engage à haute voix,| personne en visite entendra même
mieux, à deux et à trois mètres, que vous à
cinquante centimètres
dans certains cas, vous préférez
le secret : et bien ! un coup de commutateur ! la voix du correspondant,
au lieu de gronder dans l'électrophone, animera un petit
téléphone annexe qui vous contera mystérieusement
à l'oreille les réponses que vous tenez à garder
pour vous.
Dans d'autres circonstances et d'autres appartements, vous aurez
des postes muraux décoratifs, robustes avant tout, qui vous
donneront toute facilité de téléphoner à
voix haute, les mains dans les poches. Le problème est-il
bien difficile à résoudre ? Nous en doutons fortement.
Quoiqu'il en soit, examinons en trois lignes ce qu'on connaît,
d'après les écricains spécialistes, dans cet
ordre d'idées.
Et n'en avons-nous pas déjà dit quelques mots !
MM. Pollard et Garnier ont fait retentir 16 clairons
à l'extrémité de la digue de Cherbourg, à
la préfecture maritime.
M. Righi a reproduit la parole à haute voix, mais
surtout les sons musicaux. Les dimensions sont très grandes,
les éléments d'action puissants ; les mots ne sont
entendus qu'à 2 mètres de l'appareil (Le Téléphone
1887, pages 68 et 107).
Le téléphone Gower: « donne de bons résultats
pour la voix ordinaire » (le Téléphone 1887,
pages 71). Certains échantillons, conservés comme
phénomènes, avaient servi à de brillantes expériences.
Electrophone Ader : Nous avons acheté ces appareils,
nous les avons expérimentés.
. Nous en avons
parlé plus haut ! où sont-ils ?
Les condensateurs de MM. Dunand et Chevraut (page
153) ont lancé la voix à deux ou trois mètres
sous l'influence d'une pile de vingt-quatre petits Leclanché.
M. Géraldy ajoute, fin 1887: « C'est la disposition
la plus convenable pour obtenir des sons forts sur un circuit court
! »
Parlerons-nous encore des récepteurs Siemens, Edison,
du thermomicrophone Ochorowicz.
Ces dispositifs curieux, chers, encombrants, n'ont aucune des qualités
indispensables à un électrophone bourgeois, pratique,
commercial.
Des expériences intéressantes ont eu lieu ! la presse
a pris feu ! Des articles retentissants ont crépité
!
.
Après
.
Il nous semble clairement démontré que pour le moment,
aucun système électrophonique solide, véritablement
bon, dispensant les « téléphonants » d'avoir
les récepteurs de chaque côté de la tête,
n'existe sur le marché. !
Comme bien d'autres parbleu ! nous avons abordé
la question. Elle nous a même jusqu'ici, coûté
quelques centaines de francs... Des ébénistes, tourneurs,
serruriers, chaudronniers, charpentiers se les sont partagés.
en maugréant
en bougonnant qu'il ne gagnaient rien
sur ces « bricolages ». Nous y avons gagné, pour
sûr, pour nous et pour les nôtres, bien des ennuis.
Le fait certain est que le but désiré nous paraît
bien proche et d'une simplicité idéale.
Le fait certain est qu'à la maison, nos instruments fonctionnent
bien.
Le fait certain est que nous avons pu renouveler, rajeunir les exploits
de « l'Homme à la poupée » dans les conditions
suivantes. Il s'agissait de ventriloquie avec Bouchotte, Chez nous
l'électricité est souveraine
après la
maîtresse de la maison.
Ayant dans les bras la petite boite ouverte par devant (10 centimètres
de large, 10 d'épaisseur, 20 de longueur), qui sert de niche
ou de berceau à une poupée, nous nous présentons
aux invités. Un cordonnet de soie part de la boîte,
filant au plafond... Nous posons des questions à la miniature,
elle réplique, nous causons avec elle
Nous mettons
son instruction à l'épreuve : elle calcule, elle siffle,
imite le veau, le chat, le chien, joue du mirliton, pleure, demande
un sucre d'orge pour sa récompense, etc., etc.
Une quarantaine d'auditeurs, vu l'exigüité du local,
ne perdent pas une syllabe. Nous n'avons pas dit que la poupée
crie : elle parle. L'appareil fixé au mur qui transmet nos
questions est à trois mètres, Souvent nous nous penchons
sur la figurine pour être mieux dans la peau du personnage
plus près de notre fille imaginaire
dans de moins bonnes
conditions de transmission de notre propre voix, par conséquent
...
Dans le circuit, trois Leclanché, à chaque poste:
résistance 3 à 400 mètres.
Nous aurions grand plaisir à continuer sur ce sujet captivant
ces causeries déjà si longues.., mais le sympathique
éditeur qui nous a bien un peu mis la plume à la main,
nous trouve trop bavard. Il nous reproche une prolixité sur
laquelle il ne comptait pas.
Il n'attendait qu'une brochure : nous lui envoyons presqu'un livre.
Force nous est de stopper
à regret..
. en remettant
à une autre édition les corrections probables, les
augmentations certaines.
Voilà qui est net, carré.
Le lecteur a eu la gracieuseté de lire. Il croit qu'on va
lui ouvrir le tiroir aux secrets de polichinelle. Il se voit
renvoyé à une édition ultérieure, problématique.
On a compris l'inconvenance de cette conduite. Sans attendre plus
longtemps, les pages qui suivent sont écrites pour tenir
la promesse faite.
Puis, telle circonstance pourrait se présenter, qui en retarderait,
qui sait pour quelle période, l'exécution.
Chacun a entendu chanter celte mélancolique ballade «
Carcassonne », composée par Nadaud.
On la récite également. Pour le paysan de Limoux,
Carcassonne, la ville qui se cache là-bas, « derrière
les montagnes bleues », c'est l'idéal, c'est l'Eldorado,
c'est le Paradou, c'est le rêve caressé chaque soir
après l'écrasante besogne du jour,
Voir Carcassonne !! et mourir. Que faire sur terre, une fois ce
gros bonheur étreint ?
Non ! le Paradou n'est pas de ce monde ! « Le vu ne
s'accomplira pas » Il y va, il y court, il y vole, vers Carcassonne.
..
pffutt
le microbe humain s'éteint. Il ne oerra pas
Carcassonne !
« Tout le monde a son Carcassonne ». Tel est le dernier
mot du petit poëme. Combien la verront, d'entre nous, cette
Carcassonne tant désirée ?
Une des « Carcassonne » de l'auteur est de voir livré
à la publicité le résultat de son petit travail
électrique. Il saisit, au vol de la plume, l'occasion nouvelle
qui s'offre à lui d'écrire une fois de plus qu'il
n'est qu'un apprenti ès-sciences sans diplôme, ni patente.
Mais les heures pressent. Les yeux s'en vont. lls se refuseront
sous peu à un travail de longue haleine.
Il faut donc se hâter avant la nouvelle édition des
premiers bavardages électriques.
Il est acquis aux débats qu'un appareil, pratique, commode,
robuste, dispensant les interlocuteurs d'avoir aux oreilles de fort
lourds récepteurs, n'existe pas dans le commerce,
Dans des expériences publiques, parfois, au prix de
duel courant ! avec des dispositifs très encombrants,
ou tenus secrets, on a-pu obtenir des sons, des chants remplissant
une salle, voilà tout. [
Quelques mots ont été dits plus haut sur le Gower
Voici à propos de cet excellent récepteur une phrase
topique d'un constructeur parisien.
Sa lettre est datée du 10 novembre 1882. « Un porte
Voix en carton est joint à l'appareil afin de faire entendre
la parole dans une pièce de dimension moyenne, mais seulement
à titre d'expérience. Dans la pratique cela est impossible,
»
Nous prenons acte de l'attestation catégorique de ce fabricant.
Quant au thermomicrophone du docteur Ochorowitcz qu'est-il devenu
? à notre connaissance, aucune publication scientifique n'en
a décrit l'organisme.
Après de nombreux essais qui coûtèrent gros,
car tout est relatif, n'est-ce pas, nous pensions naïvement
avoir abouti.
Prise de Brevet Voyages et mésaventures des appareils.
Insuccès définitifs
La preuve probante de la bonne foi du constructeur est que le 25
novembre 1883 il commence les démarches, écritures
nécessaires pour obtenir un brevet.
La prise d'un brevet ne constate nullement que le preneur à
inventé la poudre sans fumée, la quadrature du cercle,
ou l'art de transmuter les métaux. Qui sait si cette dernière
merveille ne se réalisera point ? elle mettra l'or à
la portée de tout le monde. De petits coquillages rarissimes,
de côtes encore inexplorées, serviront alors de monnaie.
Le métal jaune fera les casseroles et bassinoires, On peut
d'ailleurs se passer de monnaie.
.
La prise d'un brevet démontre que l'intéressé
a trouvé une combinaison nouvelle, un dispositif qu'il croit
neuf, appelé à rendre des services.
Les neuf dixièmes du temps c'est le perfectionnement d'un
ustensile, d'un procédé, d'un instrument archi connu;
l'application industrielle d'un principe très
vieux, On veut se garer contre les imitateurs trop serviles, tâcher
de retirer quelque bénéfice moral ou sonnant et trébuchant
de son idée, etc ..
.
Ce désir est logique ; la prise du brevet sauvegarde les
intérêts pécuniaires du demandeur sous certaines
conditions.
Pour être défendu par son brevet, pour être armé
vis-à-vis des contrefacteurs, il faut que l'appareil n'ait
jamais été mis dans le commerce, dessiné dans
un journal.
C'est le tribunal qui tranche les questions litigieuses si fréquentes
à ce sujet. Le droit international a souvent de bien gros
différends à régler sur cette délicate
matière.
En France, la loi du 5 juillet 1844 est le texte à consulter:
puis de nombreux jugements formant la jurisprudence de l'espèce.
Un objet, défourné de son application habituelle,
peut même se breveter.
Telle est la conclusion qu'impose, jusqu'à nouvel ordre,
un arrêt célèbre rendu en février 1891
par la Cour d'appel de Paris.
L'aimable lecteur est censé savoir qu'au début des
expériences électrophoniques à longue distance,
on reconnut la nécessité pour obtenir un bon rendement
d'utiliser les courants d'induction. Edison, paraît-il, exposa
dans un de ses « caveat » l'indispensabilité
de l'introduction de deux bobines d'induction dans le circuit. Bref,
le courant de la pile ne va pas, lui-même, d'une extrémité
à l'autre de la ligne. C'est l'onde, provoquée par
son impulsus dans la bobine induite, qui va à la station
d'arrivée faire vibrer le fil inducteur relié aux
appareils. !
Depuis Masson et Ruhmkorff cet ouvrier badois est mort récemment
les appareils d'induction courent les rues. Ils sont dans
le domaine public. Car en
France par exemple, la durée d'un brevet est de 5, 10 ou
15 ans. Cela dépend, non de la valeur de l'objet breveté,
mais des déclarations de l'inventeur et, comme
il sera dit plus loin, de la régularité.de ses versements
annuels.
Malgré cette « popularité » de l'inductorium,
la Cour à jugé que les auteurs de ces magnifiques
outils n'avaient jamais songé à l'application de leur
découverte à la téléphonie. Comment
l'eussent-ils rêvé puisqu'elle n'était pas née
?
L'idée par suite d'employer les courants secondaires
à la transmission lointaine des paroles était brevetable.
Tout industriel ayant dans ses postes saisis par la « Société
générale des Téléphones
» une bobine d'induction est, de ce chef, considéré
comme contrefacteur, traité comme tel. Roide crie
Gavroche à mon côté.
À sa demande de brevet il faut joindre un rapport en double
expédition avec dessins ou plans à la clef.
Il est de toute nécessité que textes et croquis soient
assez clairs pour permettre au premier lecteur venu de ces documents
de fabriquer l'ustensile,
Les fautes d'orthographe ne nuisent pas. On sollicite son brevet
pour la période citée plus haut, à son gré
; on se précipite, armé d'une pièce donnée
à la Préfecture, dans les bureaux du Trésorier
Général qui vous délivre récépissé
des 100 francs que vous lui avez versés.
Ces 100 francs doivent constituer un revenu présentable pour
l'Etat.
Vous n'êtes pas forcé de payer pendant 5, 10 ou 15
ans vos cent francs annuels :
Dès que vous oubliez cette formalité, votre brevet
n'est plus qu'un chiffon de papier
Simplement.
Sans
autre forme de procès.
Le breveté est « déchu de tous ses droits »
ainsi le veut l'article 32.
Il y a d'autres conditions, inutile d'insister.
Quelques semaines après la remise à la préfecture
de votre récépissé, vous recevez du Ministère
un Brevet d'Invention sans Garantie du Gouvernement.
Les 4 lettres S.G.D.G. abrégé de la réserve
ci-dessus sont obligatoires sur les instruments, prospectus,
annonces, etc.., etc.
. sous peine d'amende,
Le Gouvernement prend vos 100 francs. Il vous brevète. Il
ne garantie nullement la qualité de votre petite machine.
Ce serait un comble en effet si le Gouvernement devait garantir
toutes les idées baroques, les inventions biscornues, les
insanités que la cervelle enfiévrée des originaux
fond chaque jour.
En France, le Gouvernement est responsable de tout.
Il est tout. Il peut tout. Pluie. Beau temps. Belle récolte.
Pêches d'Islande sans naufrage, etc
Nul n'ignore que si les bons et les vertueux tenaient la barre sur
le Vaisseau de l'Etat (J. Prudhomme) le phylloxera disparaîtrait
comme par enchantement; et les grèves, donc !.
Ce beau jour, hélas, ne semble pas prochain. En espérant
cette aurore idéale, conseillons de planter ferme des cépages
américains, L''électricité aidant, l'odieuse
bestiole sera anéantie
Donc S. M. le Gouvernement ne se porte pas fort devant le public,
de vos découvertes peu ou prou enfantines.
Tu veux un brevet, l'ami ! que tu es gentil ! passe à la
caisse : tu seras considéré.
Cette nécessité de passer à la caisse était
le point noir de notre horizon.
Mais nous étions si sûr du succès final ! Semer
pour récolter, en somme, c'est de la bonne administration.
L'instrument de la figure 1 marchait parfaitement.
Plus de 3 mois durant, nos visiteurs, civils ou militaires, fillettes
gracieuses, ou femmes harmonieusement mûries par la maternité,
essayèrent l'appareil et sans crier au miracle, nous marquaient
leur satisfaction.
Va pour cent francs !
Le brevet pour un « parleur électrique à
haute voix » à été délivré
à l'impétrant le 22 février 1886 sous
le n° 172509
. Evidemment ce gros chiffre était simplement le total des
brevets depuis le commencement de l'an. (comme nous l'avons vu
plus haut dans La Lumière Electrique)
Que d'inventeurs, Dieux justes !
Et quelle belle somme !

Il s'agissait d'arriver à la pratique.
Les conseils de nos familiers n'avaient pas été étrangers
à notre grave détermination. Nos bureaux ne pouvaient
se transformer en atelier d'ébénisterie mélangée
de serrurerie. Force nous était de choisir un spécialiste
pour la construction, la propagation du nouveau breveté.
Glissons ici l'observation suivante: Le Ministre de la Marine a
notifié à ses subordonnés le 27 décembre
1888 que toute demande de brevet émanée d'un officier,
fonctionnaire ou agent de son département, vaudra au requérant
« des peines disciplinaires » si elle ne passe point
par la voie hiérarchique pour arriver jusqu'à lui.
« J'examinerai, dans chaque cas particulier, quelle suite
peut être donnée à la demande d'autorisation
!!! »
Il semble en résulter limpidement que le Ministère
se reconnaît le droit d'autoriser ou de refuser..
.
Il y a plus. Lisons ensemble : « Cette demande d'autorisation
devra être accompagnée d'une déclaration écrite
(et signée!) de l'inventeur, spécifiant que le brevet
sollicité par lui ne pourra jamais étre opposé
A L'ÉTAT pas plus de sa part que de celle de ses ayants cause
!!! »
Nous croyons que dans la pratique il ne s'agira que des engins de
guerre. Toutefois le texte ne dit rien de tel.
Et pour ceux de mes camarades, collègues, etc, qui liront
ces pages ayant en tête la tarentule de l'invention
il était bon que les ordres du Ministre leur fussent
connus. On les trouve tout au long au Bulletin officiel de 18S8,
p. 824. Ils s'y conformeront ou demanderont plus amples renseignements
avant-de se lancer de l'avant.
Avant de poursuivre, l'électro-amateur proclame qu'il n'a
rien inventé, C'est peut-élre un mot qu'il y reste.
Toutes nos allégations s'appuient sur des autographes pieusement
classés, numérotés, paquetés. Dossier
étrange en vérité !
On n'a pas l'intention de gémir ici ; encore moins
de poursuivre de malédictions inoffensives
les industriels de Tarascon.
En quelle autre ville en effet se rencontrerait-il un contructeur
ravi, enthousiasmé de votre découverte qui vous écrive
: « On travaille: sous peu, le marché sera inondé
de d'Argy ! » pour que l'affaire tourne, très peu de
mois après, en queue de poisson (Ovide).
En quelle autre ville, en effet, se rencontrerait-il un second constructeur
pour vous assurer que, si vous lui donnez la concession sollicitée,
il croit pouvoir s'engager à vendre trois à quatre
mille articles par an pour vous déclarer, deux ans après,
qu'il n'en a pas livré deux cents ?
La grande misère pour un inventeur ou prétendu tel
c'est d'habiter la province : il faut, à Tarascon même,
faire ses affaires en personne. Bien des choses inouïes, regrettables,
sont alors évitées,
Malgré tout, c'est dans celte ville fameuse que furent envoyés
le parleur de la figure 1 et un transmetteur séparé,
à l'adresse d'un fabricant célèbre par le fini
de
sa main-d'uvre. Il s'appellera Leroux.
Le 25 du même mois, les outils nous revenaient franco, (procédé
gracieux) avec la fin de non-recevoir ci-dessous
« Après avoir essayé ces appareils sans obtenir
un résultat, suffisamment satisfaisant, j'ai fait une nouvelle
épreuve qui ne m'a pas donné plus de satisfaction,:
le rendement des deux parleurs cst trop faible pour pouvoir converser
facilement, même à 10 centimètres de l'appareil.
La voix arrive avec une sonorité, je dirai presque désagréable,
sans pour cela être assez forte pour être bien compréhensible
; ces membranes ont été tentées bien des fois
et toujours laissées de côté, la surface, les
dimensions de l'aimant, etc.
. n'augmentent pas proportionnellement
le rendement.
J'ai essayé avec un de mes petits récepteurs dont
la plaque vibrante n'a que 5 centimètres de diamètre
.
le résultat obtenu est plutôt meilleur (?!....)
La question de construction, sans l'écarter en cette circonstance,
n'influe pas énormément : elle n'a que l'avantage,
si elle est bien exécutée, d'assurer à l'appareil
un fonctionnement régulier..
.
Je vous retourne,
etc.. » Signé Leroux.
Magistralement administrée celte douche !
Jamais l'auteur n'aurait eu la plus minime velléité
de douter de la conscience qui avait présidé là-bas
à l'examen, au montage, à l'essai des appareils s'il
s'était agi d'autre chose. Mais ici nos instruments racrochés
au mur, tarés de cette première condamnation, reparlèrent
comme avant le voyage.
Il fallut, cependant, donner des coups de tournevis, l'âme
centrale des aimants étant mobile l'avait-on vu seulement
? Le cahot des camions, les trépidations des wagons avaient
naturellement déplacé le cylindre d'acier !
Cette mobilité, qui avait ses inconvénients et ses
avantages, rendait assez aisé le réglage.
Encore fallait-il se donner la peine de constater le faït,
d'agir en conséquence !
Que dire! qu'écrire ? les oreilles de notre village étaient-elles
plus fines que celles de Tarascon ! les visiteurs qui après
ce verdict funèbre, nous donnèrent des attestations
flatteuses sont-ils des compères, des complices ? ;
Fallait-il récriminer, protester ? le fait nous arriva un
jour. Un cylindre microphonique nous est envoyé. Il est déclaré
détestable. Nous l'essayons sans tarder. Il est bon. Nous
l'écrivons en le retournant. Le lecteur serait jeune s'il
pensait qu'on se démonte pour si peu. Dans nos archives est
une lettre signée.
Elle dit que l'outil qui s'était dérangé pour
aller chez le client a bien pu rentrer dans l'ordre, s'améliorer,
en revenant ches nous ! Voilà ! C'était le cas de
nos parleurs.
L'aventure nous découragea profondément. D'une main
virile l'électro-amateur reprit son lexique latin français
et se replongea dans les «Justiniani Institutiones»
car, original toujours, comme dérivatif à l'électro-manie,
hous venions de commencer nos études juridiques.
C'est d'un amusant ! Les petits camarades ne pourraient plus dire
que je « faisais joujou » avec l'Electricité.
Le droit ! diable! cela devenait sérieux. Nous nous rangions
!! à 45 ans ! il était temps!
Pour ces études qui ont précipité la chute
de potentiel de nos yeux, une récompense nous sera accordée
dans l'autre monde, celui-ci ne nous ayant donné aucune
compensation...
Et la la muraille, les condamnés avaient toujours bonne santé,
bonne voix !
C'est pourquoi, avec une ténacité méritoire,
nous primes le parti en 1889 d'aller, en personne, voir un fabricant.
L'expérience eut lieu vers neuf heures du soir.
En cette ville à l'atmosphère surchauffée,
la vie est fiévreuse. La journée ne suffit pas toujours
aux courses multiples, entrevues, entretiens. Pour raison majeure,
la durée de notre absence devait être courte. Bref
nos auditeurs, car ils étaient deux, se déclarèrent
satisfaits en déclarant pourtant que la netteté de
la voix était due à la pile!! à leur pile!
Prétention drolalique, s'il en fut, puisqu'aucun de ces électrogènes
n'existait à Rochefort ! A eux, comme déjà,
comme plus tard, je répétai que ces instruments étaient
des ébauches appelant certainement des modifications amélioratrices.
Je fournis quelques idées, On se quitta.
Le lendemain, dans un village de la banlieue, toute une famille
d'amis constata le rendement très satisfaisant des parleurs.
Nous avions acheté et mis dans notre sac plusieurs éléments
de la pile dont il est question plus haut.
Chez ce deuxième constructeur, quelques-uns de nos dispositifs
restèrent en dépôt quatre mois: pour essais
comparatifs avec d'autres modèles à créer,
pour perfectionnements divers faciles à réaliser..
La correspondance échangée à cet égard
est curieuse et. rien de fait :
Nous avons vu, nous reverrons M. Lenoir.
Jamais je n'ai aperçu l'ombre d'une ébauche de type
destiné à remplacer celui de la province.
.
Admettons que ne disposant que d'un local restreint avec un nombre
fixé d'ouvriers ayant chacun sa besogne propre, sempiternellement
identique, M. Lenoir n'a
pas osé se lancer dans les dépenses, frais nécessaires
pour le lançage d'un nouveau poste téléphonique
et passons au troisième,
M. le Gris, chef d'une importante maison, nous prie de venir, tel
jour, nous entendre avec son ingénieur pour les essais.
Nous sommes en mai 1890: le temps à marché.
Personnalité douce, affable, sympathique, cet ingénieur
!
Nous causâmes beaucoup. Son interlocuteur s'appliqua à
lui démontrer combien ces boîtes parlantes étaient
faciles à réussir dans des conditions de prix de revient
qui n'en féraient pas des bibelots de luxe... Il lui décrivit
certains points à expérimenter, le terrain à
tâter pour aboutir à mieux toujours à
mieux! Il écoutait attentif, cordial, dodelinant gentiment
de la tète.
Le soir, entrée en coup de vent du patron. Il arrivait au
Ministère. Ça n'en finissait pas! Enfin! Ca va-t-il
?
Voyons voir ? Passez-moi le cornet. Un porte-voix, un porte-son
gigantesque en carton d'Amiral du Chatelet : ingénieur reste
à son bureau pour l'expédition des paroles devant
le transmetteur.
Nous allons, quelques employés, patron et l'électro-amateur,
dans le magasin qui sera la station d'arrivée.
De mémoire, ce magasin où les hautes vitrines regorgent
de spectroscopes, de laitons polis, de la cristallerie Crookes et
S. Geissler, peut bien avoir dans les 20 mètres carrés
au minimum.
Chut, l'Ingénieur parle. Le patron écoute, surpris.
Les employés se poussent le coude. La boîte parlante
est carrée. Dix centimètres de côté.
Nous n'emportons pas en voyage les 2 grands postes muraux de la
figure 1.
Le patron ausculte le tympan électrique avec les doigts,
presse à droite, à gauche: écoute dans son
tromblon magique.
L'incontestable résultat s'impose à toutes les oreilles.
Le Maître déclare qu'on n'a pas entendu cela depuis
le thermomicrophone de M. Ochorowitcz.
On s'en retourne à la cage vitrée où l'Ingénieur
avait si bien rempli sa mission. La nuit est venue. Un coup d'il
rapide est jeté sur le brevet, sur l'appareil de bureau (figure
10) Je suis prié de les laisser. Il y a quelque chose à
faire certainement. Par écrit nous règlerons les détails,
notamment la redevance par appareil.
Vrai, ce n'est pas trop tôt !
Le 10 Juillet suivant, (-50 jours environ après des expériences
trouvées devant témoins, concluantes). M. Legris
nous retournait le matériel prêté : «
Jai procédé à divers essais et ils ne m'ont
pas donné les résultats que j'attendais. La parole
n'est pas assez net, Inclus une note de mon Ingénieur : elle
confirme mes essais SUCCESSIFS, »
Je regrette de ne pouvoir donner suite à cette affaire.
La note de l'atelier est topique. Elle se termine ainsi : «
en résumé, les résultats fournis par les nouveaux
modèles envoyés sont inférieurs aux expériences
faites avec M. A. d'Argy » (notre présence les magnétise,
les hyperestésie !)
L'Ingénieur le fait entendre « et la boîte
carrée reste toujours la meilleure au point de vue des résultats!
» Je le crois bien ! la boîte carrée remplissait
le magasin de ses notes ! Cette boîte, qu'avait-elle de mystérieux
? de non connu ? ne pouvait-on pas la multiplier, mieux en combiner
les différentes parties, en augmenter le rendement ? Essais
successifs ? Lesquels ? l'affaire ne plaisait point pour tel ou
tel motif
. simplement.
Ces lettres furent classées, les parleurs parlèrent
à la maison ! Et le Picard qui écrit ces lignes repartit
pour Paris en février 1891 chercher une quatrième
condamnation !
Cette fois il s'adressa au Directeur d'une célèbre
compagnie, la fameuse boîte carrée sous un bras, un
transmetteur losangé sous l'autre..
l'uf
de Colomb ! quoi !
l'accueil fut des plus courtois. Le Directeur me fit prendre rendez-vous
avec son ingénieur pour le lendemain,
Le lendemain 4 éléments Leclanché à
vase poreux travaillèrent pour nous. 1l fut de nouveau constaté
que notre récepteur, en charpentage vulgaire, avait le ton
très haut, si l'on prenait la peine d'articuler nettement,
sans bafouiller, devant la planchette transmettrice.
Notre petit boniment fut de nouveau récité sans objection
sérieuse. Notre collègue eut la curiosité d'inlercaler
des bobines de résistance. Avec soixante kilomètres
la voix s'entendait jusqu'à trente centimètres.
Ces chiffres ont été sur l'heure consignés
sur calepin je les affirme. Naturellement on ne m'aurait pas délivré
l'attestation écrite. Naturellement encore Il faut prêter
l'oreille car nous n'employons pas d'abat-jour renforceur, de cornet
amplificateur.
En revanche, avec le microphone de la compagnie, la boîte
parlante ne marchait pas : à deux kilomètres il fallait
mettre l'oreille sur le bois.
M. Leblanc, le Directeur, fut convié à monter à
notre éloge. Il écouta, vit que son transmetteur ne
cadrait nullement avec le téléphone. Il nous dit paternellement,
avec des inflexions de voix enveloppantes, beaucoup de rondeur,
que le « principe ne valait rien, Qu'il fallait chercher autre
chose. Qu'il n°y avait là rien de pratique :
Ce parleur doit être assez fort pour dispenser l'écouteur
de toute attention
Il ne fallait pas voir dans ce rejet
de l'appareil l'absurde parti-pris de n'utiliser que les modèles
de la maison, etc
J'écoutais, béat, le verdict,
Nous nous quittâmes bons amis ; j'emportai pour peine de mon
dérangement un récepteur Ader et un microphone.
Mon remerciement sera de les déclarer excellents.
Décidément les instruments passaient à l'état
de simple bric-à-brac !
Après avoir fait l'impossible pour décider un commerçant
à s'en occuper sérieusement, à les perfectionner,
nous offrons ce bric-à-brac au public. ;
Il ne sera pas dit que ces appareils qui, rustiquement bâtis,
nous ont valu tant de compliments, resteront chez nous à
l'état de simple curiosité particulière
stérile.
inféconde.
Certes, il faut être sûr de leur fonctionnement pour
en recommander la construction aux amateurs. ;
La lecture du certificat ci-dessous les décidera peut-être
à tenter l'aventure.
Nous prenons cette pièce parmi beaucoup d'autres. Nous la
choisissons parce qu'elle est la dernière en date, parce
qu'elle émane d'un docteur médecin qui habite Paris,
qui connaît la question téléphonique :
« J'atteste que les expériences d'audition faites les
30 juillet et 1er août 1890, chez monsieur d'Argy, commissaire
de la marine à Rochefort-sur-mer en présence de M.
le D' Primet, médecin de la marine et de M. A. Joubert, pharmacien
à Rochefort, ont, à deux reprises, donné des
résultats plus que satisfaisants et que la voix à
été très nettement perçue, même
à une distance de 5 mètres environ avec les deux modèles
du téléphone parleur dont monsieur d'Argy est l'inventeur.
La sonorité de la voix est telle qu'il n'y a plus aucun besoin
de sonnerie ni récepteur aux oreilles, »
Paris, 11 août 1890. ;
Signé : MAREVERRY, rue des Moines, 46.
Toutes les personnes venues à la maison ces temps derniers
parapheraient l'attestation qui précède, car elle
est véridique.
Maintenant, sans rancune contre qui que ce soit, convaincu que des
remerciements nous seront adressés par nos lecteurs, nous
rentrons dans l'ébénisterie de précision. Faisons
profiter autrui de notre expérience.
Nos nombreux tâtonnements seront évités aux
électro-constructeurs. La marche régulière,
absolument garantie, des appareils qui seront établis en
suivant de point en point nos recommandations, est promise sans
mécompte d'aucune espèce.
Nous avons assez golgothé (J. Peladan) sur ces électrophones
pour que l'on nous veuille bien reconnaître quelque droit
à en enseigner la fabrication.
A l'ouvrage !.
Poste mural. Instructions détaillées
La figure 1 donne l'idée exacte du modèle mural qui
va être disséqué avec détail.
La paire constitue le poste électrophonique complet.
A chaque station: des générateurs de la vibration
baptisée « courant électrique. » 3 fils
métalliques intermédiaires composent deux circuits
distincts avec voie de retour commune.
La planche de bois dur (dont l'essence est sans intérêt)
a de 48 à 50 centimètres de long; 3 ou 4 d'épaisseur,
à la portée la plus large, la hauteur est de 28 à
30 centimètres. Les chiffres donnés ici, tout comme
ceux qui seront donnés plus tard, n'ont rien d'obligatoire,
de fatidique, de sacramentel. À reçoit le fil zinc
de la pile locale et le fil venant de À de l'autre poste.
B et B' sont réunis sur ou sous la planche C. Le fil y attaché
va à E de l'autre poste. D reçoit le fil charbon de
la pile locale. E reçoit le fil venant de C de l'autre poste,
Nous prenons les mesures des divers parleurs qui subsistent à
la maison, qui y rendent des services permanents.
L'aimable lecteur pourra modifier à son gré les différentes
dimensions. Voilà qui est bien entendu. Cette planche épaisse
en somme, découpée, si l'on veut, comme la figure
1, vous la montre, est percée de 3 fenêtres, de trois
baies,
La découpure centrale est un quadrilatère de 15 sur
10 centimètres. Les deux autres, symétriques dans
chacune des deux ailes, ont de 9 à 10 centimètres
de côté.
On ne les voit pas sur le croquis. Celle du milieu est operculée
par une lamelle de bois mince collée sur les bords, puis
clouée par une trentaine de petites pointes.
Au dos de cette lamelle se fixe l'organe transmetteur des vibrations
musicales et sonores. A droite et à gauche du microphone,
deux cylindres cachent les trous qui traversent la planche. Inclinés,
l'un vis à vis de l'autre en sens opposé, ces cylindres
tronqués sont vissés à la planche épaisse.
La figure 2 représente le moins mal qu'il a été
possible à notre plume maladroite, une de ces boîtes
parlantes en coupe. Elle montre l'inclinaison, dans nos dispositifs,
de ces cylindres, en supposant l'instrument à plat sur une
table.
modèle Hughes
Le grand côté du cylindre a quatorze centimètres
; le tout petit qui vient affleurer la planchette porteuse du microphone
en a deux seulement, plutôt un peu moins,
Le diamètre extérieur de ces tuyaux est de 12 centimètres,
L'épaisseur du bois dur, sec et vieux qui les constitue est
de 15 à 18 millimètres,
Détail oublié sur la figure : le pourtour de la circonférence
que doit supporter les disques que sensibilisera la voix de votre
interlocuteur a été, à l'intérieur,
taillé en biseau à l'aide d'un bon canif. L'opération
a eu simplement pour but d'augmenter la surface de la plaque parlante,
Puisque sur une longueur interne de un centimètre nous avons
enlevé des copeaux de bois réduisant à cinq
ou six millimètres le cercle de bois qui recevra le disque
sensible, la partie parlante sera d'autant étendue.
En place, nos deux boites ont, à la base, treize centimètres
d'écartement; trente-trois à leur maximum d'écartement.
L'appareil, (qui peut être verni au tampon, laissé
brut ou noirci, etc
) fait très bien sur une muraille.
Maintenant, si notre description sommaire, appuyée des figures
1 et 2, a suffisamment reproduit l'objet aux yeux de l'amateur qui
nous lit, l'utilité en est-elle assez patente ? Nous venons
de peser un des récepteurs en métal achetés
à Paris, Il pèse quatre-cent-cinquante grammes. Il
en existe de plus lourds.
Près de un kilogramme à se maintenir aux oreilles
pendant la conversation !
À moins de recourir aux bibelots lilliputiens de M. Zigang
qui, eux, sont peu en main. En revanche le contact des gros confrères
en laiton nickelé est, l'hiver, excessivement désagréable.
Poursuivons. Le parleur électrique comporte 6 bornes ou serre-fils,
deux correspondantau microphone, Chaque cylindre a les deux siennes.
Cette disposition permet, à l'occasion, l'enlèvement
facile d'un de ces organes s''il y a quelque chose à revoir
à l'intérieur, à retoucher, à modifier,
à réparer en cas d'accident.
Dans le bas est un de ces macarons d'acajou, ébène,
ou autre bois colonial, dont un bouton en os mobile au centre ferme
le circuit sous la pression du doigt, le maintient fermé
pendant l'entretien.
Voit-on à présent la position que prend le téléphonant
? il est debout : il parle sans crier mais en articulant, en martelant
les syllabes devant la planchette.
A quelques centimètres de chaque oreille vibre et répond
la membrane circulaire qui lui apporte les mots, les interruptions,
les rires, les hésitations, les éternuements ce l'interlocuteur
placé à plusieurs centaines de mètres et plus.
Il faut mettre l'amateur à même de construire cet électrophone.
Pour la planche épaisse du fond, rien de particulier à
ajouter. Les cylindres parleurs téléphones
inamovibles réclament des détails complémentaires.
Chez nous le quatuor deux à chaque station
n'a pas été tourné, creusé sur un unique
rouleau de bois.
Le cylindre est formé de deux moitiés unies à
la colle forte, j'imagine.
Aucune raison ne milite en faveur de cette combinaison, Mais le
bois vieux est nécessaire. Il est indispensable qu'il ne
joue plus. Nous n'avons qu'à nous
louer des boîtes qui marchent à la maison depuis fin
1885.
Les cylindres étant tronqués présentent deux
bouches, l'une circulaire, l'autre ellipsoïdale, C'est la première
qui est taillée en biseau pour recevoir le disque à
sensibiliser. On pourrait, au contraire, fixer à la planche
support, la parlie ronde, armer l'autre. Question de goût.
Le système adopté est beaucoup plus gracieux d'aspect.
En se reportant à nolre croquis 2, on voit que ce cylindre
n'est pas vide; loin de là. L'organisme magnéto-électrique
larynx artificiel avec sa plaque s'y trouve logé
à demeure.
Il se compose d'un barreau d'acier trempé par les derniers
procédés Clémandot, électrisé.
Electrisé: lisez aimanté jusqu'au maximum.
Le pôle qualilié du sud ou le pôle nord seulement,
ou encore les deux pôles sont, sur une épaisseur de
4 à 5 millimètres, recouverts de fil de cuivre isolé
à la soie.
Diamètre de ce fil : de un dixième à un tiers
de millimètre.
Quand l'auteur, après des essais préliminaires
(combien nombreux ! Sa famille le sait) désira créer
un type plus sérieux encore, il voulut réaliser des
formes d'aimants particulières concentrant le plus de magnétisme
possible sur une surface donnée, il s'adressa à une
maison célèbre. Il lui fut répondu : ? «
parfaitement, monsieur, nous exécuterons mathématiquement
suivant les dessins. Cela coûtera
. X francs, les cent
kilogrammes ! » Mazette ! les 100 kilo. ! avec 7 à
800 grammes j'avais plus que le nécessaire que faire!
Démonter les téléphones métalliques
ou autres en usage dans nos postes et user des montures magnétiques!
Dame! cent kilogrammes pour un industriel, bien, pour un bric-à-brac
quant de notre sorte, c'était écrasant : Au point
de vue financier et au point de vue poids,
Or donc, dans un des parleurs électriques dont la ligure
1 donne l'image, les deux aimants, qui n'en ont pas bougé
depuis sept ans tout à l'heure, sont de Charles
Miidé, L'électricien connu de la rue Laugier à
Paris, Dans l'autre les aimants nous ont été cédés
par Barbier-Léclanché.
Comprenez bien que dans les boîtes jumelles il faut mettre
les deux frères. Sortant de fabriques différentes,
ces 4 instruments ne peuvent pas être identiques. La puissance
magnétique se trouve différente. La longueur et là
grosseur du fil varient, Par conséquent si sur le même
parleur je ne mets pas à gauche le frère de celui
incrusté à droite, quid ? Un des plateaux de la balance
penchera, car les forces de part et d'autre ne se compenseront pas.
Il y aura plus de poids d'un côté que de l'autre. La
voix sera nette, claire, forte à gauche, à droite
sourde, voilée, indistincte ou vis-versa, on croira avoir
une oreille bouchée.
Le phénomène aura lieu encore si deux les frères
de garde dans leur guérite respective n'y sont pas dans une
position mathématiquement semblable.
Disons à ce propos (l'électro-amateur le répètera
plus loin, vous verrez) que si ie parleur est bien réglé
dans le modèle qui nous accapare actuellement, ce n'est ni
de droite ni de gauche que partira la voix ! savez-vous d'où
elle s'élancera, savez-vous où, d'accord avec le cerveau,
les osselets si mignons de vos oreilles croiront la personne qui
répond ? Vis-à-vis de votre nez ! dans le microphone.
Effet d'acoustique, Cela parait très surprenant. Oui : les
cylindres muets : la planchette microphonique bavarde.
On est encore bien heureux quand le constructeur vous livre en même
temps des aimants de même puissance. On règle alors
la distance qui sépare le noyau magnétique de la pastille
métallique, en conséquence.
De ce qui précède, la conclusion découle: un
amateur réussira difficilement (le croyant, on l'écrit)
l'aimantation suffisante pour avoir un rendement sérieux.
Il faut acheter des garnitures magnéto-électriques,
de bons téléphones, à Mildé,
à Barbier ; il est équitable d'ajouter les
noms de Thomas, Ader, Ochorowitcz,
Aubry, etc
Les constructeurs ne refuseront pas d'en vendre.
Encore acheter, dira-t-on !
On ne peut rien tirer de rien, hé oui ! il est indispensable
de faire certaines dépenses. Quelle plus-value la main-d'uvre
recommandée donnera aux objets achetés !
Sait-on que le parleur électrique terminé, allant
à souhait, vaudrait aussi bien cent-vingt francs le poste
que 80 chez un fabricant ?
À combien, temps à part, reviendra-t-il à nos
lecteurs ?
Mettons vingt-cinq francs la station, environ. Cela vaut-il la peine
de se mettre au travail ?
Mais il y a des téléphones qui coûtent autant
: or chaque oreille réclame le sien. Concluez.
On a dit ailleurs, on répète ici que la camelote électrique
est une peste qui déconsidère l'électricité
en la rendant responsable des échecs, des désillusions
subies par des clients trop crédules.
On enseigne ici à fabriquer des instruments de tout premier
ordre Cela est rabâché pour l'ultime fois.
Les récepteurs Mildé n'ont qu'un pôle
en action : l'âme aimantée est vissée, mobile.
Se rappelle-t-on l'insuccès valu par cette mobilité
chez notre premier électricien ?
Cet ensemble magnéto-électrique a été,
dans notre installation, saisi dans un bloc de bois dur collé
ensuite sur une paroi du cylindre tronqué et fixé
définitivement par deux vis. Avant, on pousse à bloc
le noyau central pour lui donner son maximum de longueur hors de
la bobine et du côté de l'orifice encore béant
de la boîte.
Le bloc de bois est pris, arrêté quand la surface d'acier
est sur le même plan que le cercle de bois. Une fois le disque
vibrant en place il y aura contact. Le tournevis fera revenir en
arrière, quand il en sera temps, le pelit crayon d'acier.
Le tourne-vis s'arrêtera quand, passant par les bornes dont
il est dit un mot plus tard, le courant de 2 ou 3 éléments
à peroxyde de manganèse fera entendre un toc énergique.
Fini pour les Mildé.
Pour les anneaux Barbier, Thomas, etc., les deux pôles sont
rigides, mis à contribution dans l'expérience puisque
les deux sont capuchonnés de fil métallique.
On les vissera solidement sur une équerre de laiton de dimension
voulue pour amener les pôles au centre du disque préalablement
collé. Deux trous, ou plutôt trois, ont été
forés dans la portion horizontale de l'équerre.
On fait passer le courant et quand le toc est clair, vibrant, on
enfonce les vis. Les vis une fois disparues dans le bois, il se
peut que le son paraisse moins fort qu'auparavant. À l''extrémité
du bras vertical, dans un petit trou ad hoc aura été
passé et tortillé un fil métallique. Il sera
tiré en arrière pour ramener un peu à soi tout
le système si le tournevis l'avait projeté en avant
trop près de l'armature parlante. Le fil métallique
vient s'entourer plusieurs fois sur un clou enfoncé près
de l'extrémité ovoïde du cylindre tronqué.
Si au contraire l'aimant était trop éloigné
: il y aurail à recommencer.
Bien rudimentaires, mon garçon, ces procédés
!
Hé monsieur ! nous avons été au simple car
les journées, les heures des serruriers coûtent gros,
même en province et nous ne vivons pas de nos rentes.
De plus, pour ces bibelots qui les font rager, il faut multiplier
dessins, explications, verbiages, être sans cesse sur leur
dos ; exception à faire pour un artiste en serrurerie de
St-Georges de Didonne Henry Roy dont là complaisance
était sans bornes, enflammé qu'il était lui-même
du feu électromaniaque.
Ces dispositions grossières, contées avec luxe de
détails non surperflus nous ont donné
des résultats très appréciés. Nous les
communiquons tels quels.
Nul doute qu'ayant sous la main des spécialistes, on n'arrive
à bien mieux. Sans sortir de l'Ecole polytechnique, un constructeur
n'aurait pas grand peine à combiner un équipage, mobile
onbéissant à un bouton d'appel extérieur. La
manipulation de ce bouton règlerait admirablement le parleur
depuis le silence pour une personne placée à
20 centimètres jusqu'à la parole perceptible
à plusieurs mètres. Comme ce serait fin à trouver,
à combiner, ce mécanisme ! A défaut de lièvres,
les lapins de garenne ont leur petit mérite. A-t-on bien
compris ?
Les deux fils libres des bobines viennent se souder à des
poupées, ou bornes en laiton. ll a été dit
déjà que ces 2 serre-fils ont été placés
ainsi sur chaque boîte parlante pour que chacune fasse un
tout facilement dévissable à l'occasion pour une grosse
réparation. Mais toutes les bornes faut-il l'indiquer
? peuvent être remplacées par des vis de laiton
à tête ronde dissimulées derrière le
panneau qui supporte tout le système. Chaque fil de l'électrophone
va à sa borne ; chaque fil du circuit, chaque câble
conducteur et courant vient de son côté y faire jonction.
La vis est serrée: tout est bien. Ceux qui connaissent l'auteur
savent quel prix il attache à la propreté des pièces
métalliques en contact; quel prix il attache à l'intimité
de ces contacts.
|Il n'oubliera pas l'étonnement d'un ingénieur le
voyant sortir un canif de son gousset, racler les extrémités
des théophores, visiter les zincs des piles, constater si
les surfaces serrées par les écrous aux pôles
positifs étaient luisantes, si les bornes de ses instruments
à lui-même étaient à l'intérieur
suffisamment brillantes, etc
Ce sont là, dans les
ateliers, des puérilités minuscules.
Nous avons vu quelques batteries sur des établis. Elles sont
montées à la va comme je te pousse la plupart du temps.
L'électricité est bonne fille. Le courant suffit malgré
tout, au but voulu par l'ouvrier. Parbleu! il ya quatre où
cinq éléments, et plus, là ou 1 ou 2seraient
suffisants !
L'électro-amateur, lui, qui doit obtenir le maximum de rendement
avec le minimum de dépense, portera tous ses soins sur ces
côtés secondaires, si graves, de son installation téléphonique.
|Les vis ont un esprit de contradiction inouï pour réagir
contre le coup du pouce, joint à l'index, qui les à
coincées à bloc. Il est bon de s'habituer, quand on
veut communiquer, à donner à chaque serre-fil un coup
de torticolis, mais dans le bon sens. Souvent on trouve l'hélice
mobile déplacée. Cela se fait après une certaine
période de volonté, machinalement, sans y penser davantage,
automatiquement. ; Il arrive parfois que l'extrémité
interne de la vis, a brisé, rompu le fil conducteur à
l'intérieur. Le dégât ne s'aperçoit pas,
le fil semblant encore adhérent à sa borne. Il y est
prisonnier, mais ballant. ce jour- là on trouve l'appareil
moins sensible que d'habitude, etc ... Le laiton se ternit fort
rapidement, à l'extérieur la patine bronzée
lui fait une nuance très sortable. Laissez-la. En revanche,
de temps en temps, prenez une lime ronde queue de souris: ramonez
doucement le canal. Vous éviterez la plupart de ces désagréments
en remplaçant les serre-fils habituels par des tiges de laiton
filetées munies d'un écrou. Ces écrous, tournés
vigoureusement, ne bronchent plus,
Les tympans de ces boîtes parlantes vont à présent
nous occuper sérieusement.
Le brevet n° 172509
prévoit qu'ils pourront être: « d'ébonite,
carton durci, os, ivoire, lamelle de bois mince ou autre corps bien
élastique formant ressort ».
L'élasticité dépendra de l'épaisseur
; de la contexture moléculaire du corps. Il va de soi que
ces diaphragmes devront être très minces.
L'ennemi de ces disques délicats, c'est la vapeur d'eau:
ceux en os, caoutchouc durci, celluloïd sont donc invulnérables.
Ceux en bois seront plus hygrométriques.
Nous conseillons, par économie, des lamelles de sapin vieux
bien veiné, L'épicea est tout indiqué. L'acajou
des boîtes à cigares (mais laminé jusqu'à
un millimètre) va encore. Tout ce que pourra certifier l'auteur,
c'est que l'un de ses parleurs de la figure 1 possède encore
les deux disques installés en 1885, ceux de l'origine.
Nul motif ne fait prévoir un remplacement prochain, puisque
la marche de l'électrophone est normale, régulière.
Voici ce qui est arrivé pour d'autres.
Tout d'abord le lecteur trouvera naturel que nous lui disions que
la place des instruments de physique n'est pas dans une cave, dans
un chai à champignons, mais dans une pièce habitée.
sans quoi la rouille mangera le métal, l'humidité
fera le reste. On n'exposera pas non plus ces boîtes parlantes
à recevoir carrément l'aplomb, comme une manne quotidienne,
les rayons d'un soleil méridional.
Il nous est arrivé que pour obtenir une feuille de papier
de bois, (raclant avec du verre cassé) l'épaisseur
n'est pas semblable sur toute la surface: cela est mauvais: la plaque
se gondole. D'autres fois c'est la pastille de fer blanc qui, simplement
collée sur la face interne du tympan, se détache pour
rester adhérente, sympathique, au pôle magnétique.
Si on a cloué sa lamelle avec une trentaine de menues pointes,
il faut la briser, en préparer une autre pour remettre la
plaque. de tôle à son poste. Après 2 ou 3 accidents
semblables, nous disposons ainsi cette plaque (figure 3.)

Elle à les dimensions d'un décime avec 4 menues languettes
de à à 4 millimètres l'une. Métal :
tôle en fer blanc, épaisseur de ce métal : sans
importance. Largeur des languettes 3 à 4 millimètres.
Ces 4 griffes repliées à angle droit, la pastille
est approchée du disque de bois à sa position naturelle
: au centre. Avec un crayon fin, on trace délicatement la
fente qui sera faite. Un bon canif découpe dans le bois la
fente que traversera chaque languette. On passe de la colle sur
la surface métallique qui fera corps avec le diaphragme :
les 4 crampons traversent. On retourne en appuyant ferme pour que
le métal soit bien plan de l'autre bord, les 4 petites bandes
de fer blanc se replient alors et l'armature se trouve griffée
à la membrane sonore. Comme il y a un peu de colle,
le tout est posé sur une cheminée, sur une commode
avec, dessus, une boîte pesante. Quand la colle est bien séchée,
votre diaphragme est aussi uni qu'un verre à vitre de bonne
qualité, Il ne reste qu'à le fixer à l'extrémité
ronde des cylindres tronqués. Chez l'auteur ils ont été
circulairement collés puis forcés de ne plus gondoler
par des clous microscopiques (semence en style de quincaillerie)
enfoncés à 3 ou 4 millimètres l'un de l'autre.
Pour fabriquer ces plaques vibrantes, on utilisera encore des lames
de placage, pas d'acajou ni de noyer : cela est trop mince.
Au lieu de ces petits clous, un bracelet métallique, une
bague de laiton percée de 10 à 12 trous permettant
dle visser autant de vis à tête ronde, maintiendrait
parfaitement la membrane. Mais c'est tout de suite une légère
complication.
Les esprits ingénieux auront le droit de faire carrée
la partie métallique. Parfaitement. L'important, ce sont
les griffes qui la rendent indéréglable dans tous
les sens, inamovible.
Photographie Choses et autres. L'impossible.
Chacun, dans ce bas monde, a sa marotte, sa lubie, son idée
fixe : il en rêve. Son Dada favori: il l'enfourche à
tout propos. ;
Quelques-uns pourtant se laissent vivre sans pensée l'aucune
sorte. Ils vivent vieux.
Les autres ramènent l'univers, les incidents de chaque jour
à leur manie.
La mouche qui volète, le moustique musical qui zinzinne aux
oreilles font réfléchir le philosophe. Pourquoi ces
bestioles ? pourquoi cette fécondation universelle, déconcertante,
effroyable ?
Il se dit que cetle invasion, cetle inondation sans cesse grossissante,
débordante des infiniment petits et nous ne faisons
pas de politique est troublante.
Le mécanicien se demande si les progrès de son art
permettront jamais de construire un « cousin » de grandeur
naturelle ou un parasite de microbe, ou un oiseau géant.
En face d'un bébé richement accoutré, émiettant,
gaspillant sa brioche sur le ravier, le moraliste songe aux cloaques
où grouillent sans pain les gosses miséreux, graine
de révoltés.
Les détonations des tirs du champ de foire éveillent
dans le cerveau de l'intellectuel l'écho d'autres détonations
passées, futures, aulrement épouvantables..
.
Sur ce même champ de foire, un vrai descendant de Niepce et
Daguerre tend à l'électro-amateur un cliché
séducteur : « Quarante centimes les quatre!
C'est pour » rien, Monsieur. Ressemblance garantie. »
Crac ! voilà l'électro-amateur derrière la
minable installation de calicot, assis sur la chaise banale, devant
l'objectif fatigué, tout comme la mère dont les trois
« drôles » tripotent dans la poussière
de la loge. La famille jubile le « déjeuner
» vient d'entrer. L'électro-amateur a son idée.
Oh ! lumineuse ! D'abord ces braves gens lui soutirent artistiquement
2 francs pour 8 épreuves, vernissage compris. Ce n'est pas
une aumône. Puis, cette pose en plein vent lui fournit au
moins six pages de copie !
Les clichés sont d'une tôlé très mince
Apercevez-vous le bout de l'oreille qui perce, pointu ?.
.
Elle est vernie la tôle, par conséquent,
protégée contre la rouille. La minceur en permet le
découpage facile au moyen de la paire de ciseaux du ménage.
Le photographe sera enchanté de vous vendre quelques morceaux
de ces feuilles métalliques.
Puis faites-vous « prendre » sur une des plaques.
Faites « prendre » votre « légitime »
sur une autre.
Dans la membrane de bois de votre électrophone sera découpé
gentiment un ovale de 4 à 5 centimètres sur 3 de large:
ce sera l'encadrement de la tête à madame.
Les quatre angles du portrait serviront de crampons à un
centimètre à peu près du bord. Tous nos lecteurs
étant fort intelligents, Il me semble superflu de noter que
la figure doit être en dehors pour se montrer à celui
qui écoute. Le parleur de madame aura la physionomie de «
monsieur ».
L'amour dans le mariage, à travers cour et jardin: l'idéal
!.
Sous le flux électrique, etle verbe magnétique du
conjoint, les tôles s'animeront, vibreront : les portraits
parleront.
Cette petite combinaison nous fera sans impatience attendre l'instant
où les interlocuteurs se verront d'une ville à l'autre.
Impossible, dira-t-on.
Halte-là, l'expression n'est point scientifique !
Impossible ? mais tel fait, d'usage domestique à la minute
actuelle, eût été déclaré irréalisable
il y a 20 ans seulement ; même moins
Nous causions à l'instant du photographe ambulant.
Comment aurait élé traité, sous le règne
de Napoléon III, celui qui aurait écrit : on photographiera
le cheval au triple galop, on photographiera l'enfant qui saute
à la corde. On pliotographiera l'épée rapide
comme éclair d'un maître d'armes lançant une
maîtresse locade. On photographiera l'oiseau dans ses volutes
instantanées. On photographiera le projectile à sa
sortie du canon, etc
etc.
.. Sous peu on photographiera
les Couleurs.
Qui s'en étonne en 1899 ?
On photographie bien les esprits, stryges, larces, etc, qui, chacun
le sait, pullulent (comme molécules dans rayon de soleil),
en notre atmosphère ambiante... ON EN MOULE LES MAINS ! (Akisakoff
Papus Bodisco). Ces choses nous sont dites avec le
sérieux d'un Pape figé en sa cathèdre.
Impossible !
Et l'électrophonie !
En 1854, l'employé des postes Ch. Bourseul, grand-papa de
notre microphone dont, plus loin, sera détaillée la
fabrication, écrivait que l'électricité, tôt
ou tard, transmettrait la voix humaine. Deux plaques vibrantes,
une pile, un fil.
Ce n'était pas chez lui fantaisie d'imaginatif. Lisez cette
phrase : « Les syllabes ne reproduisent à l'audition
rien autre chose que des vibrations de milieux intermédiaires
: reproduises exactement ces vibrations et vous reproduirez exactement
aussi les syllabes, Est-ce raisonné ? précis ?
Certes. Mais il fallait réaliser les appareils. Hé
oui ! Tout était là.
L'auteur de cetle note disait, après avoir parlé du
télégraphe, qu'il fallait « aller plus avant
dans les régions du merveilleux ».
Il assurait avoir essayé quelques expériences, parlait
d'approximations obtenues qui font entrevoir un résultat.
Mais, nous avons ailleurs traité un peu plus à fond
cette question de M. Bourseul.
Toujours est-il qu'alors, en 1854, M. du Moncel parlait du transport
de la parole des hommes par un fil électrique comme d'un
rêve fantastique.
Aujourd'hui gamins, gamines causent téléphone comme
père et mère.
Faut-il répéter qu'à Honolulu, il y avait,
en 1865, quatre cents abonnés au téléphone
!!! une ligne pour quarante-cinq habitants !
IMPOSSIBLE !! et le phonographe !
Souvenez-vous de la séance à jamais mémorable
où sous une voûte célèbre, devant une
docte assemblée, nasilla pour la première fois le
nouvel instrument!
St Thomas dégringole de son banc, court au collègue
qui faisait tourner la manivelle, lui écrase le nez entre
pouce et index criant : « c'est de la ventriloquie !!! »
Nez serré, un ventriloque est désarmé sans
avoir envie de rire, paraît-il !
Où se passait ce grotesque incident ? chez notre gracieux
ami le roi de Dahomey ? dans le Tchad ?
Non ! à l'Académie des sciences à Paris
! l'académicien au nez comprimé, c'était
.
Du Moncel !!!
St Thomas ? c'était
. j'aurai pitié, il en est
mort !
Moralité : la vision à distance sera obtenue. Des
praticiens creusent le problème.
Espérons.
Et fermons le chapitre « intermède. »
Interrupteur, Modifications au poste mural.
Ne sursaturez pas vos lamelles, comme l'a fait et l'interdit l'auteur,
de peintures, d'huile, de matières grasses. Choisissez un
bois d'essence résineuse, vous pourrez le cirer, pile et
face, l'encaustiquer comme les parquets en Flandre.
Le vernis émail, le vernis des vélocipèdes
cette plaie ambulante, grandissante des promeneurs
vous donnera, dien entendu, de bons résultats.
Cramponné avec soin au centre du diaphragme, à un
demi-millimètre peut-être du dispositif magnéto,
le pain à cacheter métallique plonge, électrisé,
dans les
lignes de force du pôle ou des pôles du barreau aimanté.
Il vibre sympathiquement dans ce medium ultra sensible ; ses palpitations
ont leur répercussion dans le tympan sonore qui fait corps
et âme avee lui.
L'interrupteur a pour mission de laisser reposer la pile. Par conséquent,
dès que l'expérience a pris fin, tout rentre dans
le repos relatif. Dans l'électrogène cesse
l'action chimique à laquelle nous devons le frémissement
vital sur toute la ligne. Elle cesse pour nos sens, pour nos instruments:
non en réalité. La station électrophonique
n'a plus de voix. Mais le cur y bat toujours, car, toujours
et à demeure, pour bien des années, le pulsus magnétique
a son contre-coup, son excitant dans la plaquette de fer blanc.
Nous mourrons.
Nos fils disparaîtront. Dans sa cage de bois l'inconnu magnétique
vibrera encore silencieusement, vivra.
.
.
L'interrupteur se compose de deux pièces souples de laiton,
entretenues brillantes, à chacune desquelles vient se souder
le bout d'un des fils, Le fil est coupé en cet endroit parce
que les pièces de cuivre sont à quelques millimètres
de distance. Il y a là interruption du canal métallique
indispensable à la propagation de l'électricité
dynamique, sauf excessives tensions donnant la foudre en miniature.
Il faut des milliers d'éléments de pile pour qu'une
microscopique couche d'air soit traversée par l'ondulation.
Ce n'est pas le cas pour les 3 ou 4 éléments réclamés
à chaque poste par les électrophones.
Quand l'index de la main (ou un poids, ou un petit levier mobile
sur son axe qui serait à côté pour en tenir
lieu) appuie sur une des lames, elle vient toucher sa sur.
Le contact est plus ou moins intime suivant la pesée, le
poli des surfaces. L''élasticité renvoie à
la primitive position, en rétablissant l'interruption antérieure
dès que la pression cesse.
La manette M est une lame de laiton nickelé ou non, mais
toujours surveillée comme poli, mobile autour de B, En Cet
C' deux trous pour l'introduction d'une vis
le chaque côté, afin de fixer le tout ailleurs
que sur le parleur si on le désire .
En V se voit le modèle d'un dispositif de manette interruptrice
excellente. La tige elle-même enfermée dans la poignée
de bois, corne, acajou, bois blanc, ébonite (ou dans rien
du tout) est rigide. C'est la menue lamelle V vissée en dessous
qui forme contact par la palette qui la termine.
Avec ces interrupteurs-là,il ne faut pas oublier d'écarter
du clou la manette quand la conversation est close.
Si on l'y laisse toute une nuit, la pile est fortement polarisée,
fourbue, essoufflée, fatiguée, usée, emphysémateuse
le lendemain.
On peut encore se passer d'interrupteur en ne mettant l'extrémité
du fil venant de son électrogène dans sa borne, qu'au
moment de parler, en le retirant ensuite
Nous proposons aux électro-constructeurs qui ne pourraient
pas ou ne voudraient point tourner ou faire tourner les cylindres
parleurs, la simplification suivante.
Qu'ils prennent la peine de lire en regardant la figure.
Le cylindre est métamorphosé en boîte carrée
autrement aisée à fabriquer.
Les parois bois dur, sec, entendu ont un centimètre
d'épaisseur au moins. Les 4 angles en sont solidement encastrés
le mot. technique fuit notre plume l'un dans l'autre,
puis collés. Cette boîte, vous la sciez en biseau pour
obtenir l'inclinaison à votre convenance. Les point noirs
sont les quatre crampons.
Le système électrique à l'intérieur
comme à l'ordinaire.
Les deux serre-fils également. Le croquis montre-t-il clairement
que notre découpage permettra de visser la boîte de
façon à présenter deux losanges aux yeux ?
losanges aux côtés égaux ?
Le carré libre ne sera pas recouvert d'une membrane collée.
Sur chaque côlé nous enfoncerons, à quelques
centimètres l'une de l'autre, des liges filetées de
laiton
ou de fer dont chacune aura son écrou. Nous pourrons ainsi,
le plus facilement du monde, essayer, éprouver différentes
lames de matières diverses, d'épaisseur
différente, toutes armées de la pastille de fer blanc
avec ses quatre crochets. Nos diaphragmes auront tous sur les bords
les trous nécessaires pour y enfiler les douze tiges filetées.
Par dessus seronl enfilées de même quatre tringlettes
métalliques ou de bois avec les trois trous nécessaires.
Les écrous par là-dessus bien vissés, Si la
membrane bronche alors, vous me l'écrirez. Quand vous en
aurez trouvé une bonne, ou une meilleure, vous l'y laisserez.
On conserve les autres pour faire à l'occasion des expériences
comparatives devant des intellectuels,
Voila.
Autre poste mural. Boîtes parlantes mobiles.
La planche épaisse supportant les boîtes parlantes
et le microphone à trois baies. Au dos elles sont béantes.
On verra s'il convient de les recouvrir d'une planchette ou de les
laisser absolument ouvertes. Le professeur penche pour ce dernier
parti. Dans tous les cas quatre rondelles découpées
dans un bouchon, d'une épaisseur de 4 à 6 millimètres,
feront tampon, matelas, espace libre entre le mur contre lequel
il est bon de fixer solidement l'électrophone. Et si on a
couvert les trois fenêtres, quelques trous de vrille sont
à donner pour augmenter la sonorité de l'instrument.
ltien à dire de saillant pour la plaque de microphone. Bois
scc, épaisseur: de 1 à 2 millimètres, pas plus.
L'organe doit être fort sensitif.
Les lecteurs qui désirent essayer, comparer en construisant
plusieurs types, ont un autre modèle de poste mural dans
le croquis n° 6. La forme est celle du précédent
instrument. Les dimensions peuvent être égales.
Le plateau de bois est entièrement recouvert d'un placage
en érable, uni par conséquent, joli à l'il,
mystérieux dans son uniformité, sa placidité
nue.
Plateau : écrivons-nous, on serait en effet tenté
de prendre l'engin pour un plateau exotique à tasses de thé
ou de raki. Les bornes pourraient être cachées ; les
fils dissimulés. De chaque côté, ainsi que dans
le confrère, habitent les aimants bobinés; au centre
: le microphone.
L'ébéniste auquel fut confié ce travail, délicat
en somme, trouvant, croyant trouver l'érable trop mince pour
rester tendu, bien tendu, à l'instar d'une peau de tambour
régimentaire, craignant des reproches, mit deux placages
l'un sur l'autre. Noyer en dessous ; érable dessus. Entre
les deux la couche de colle forte qui a dù aider les membranes
à se détendre ; ce qui par les temps trop secs ôtait
de l'élasticité aux tympans.
Il s'agit donc d'essayer avec un seul placage : ce sera bon.
Mais l'outil marchait encore pas trop mal, quand d'autres dispositils
germèrent dans la cervelle de l'auteur. 1l pensa à
des boîtes mobiles sur genouillère : des téléphones
en définitive avec différence grande dans l'intensité
de la voix, la commodité de les avoir de chaque côté
de la tête crochés au mur comme des bras
de lumière,
Les boîtes de fer blanc, non, de zinc qu'il commanda
quatre du coup ont été un four.
Plusieurs raisons nuisaient au bon fonctionnement.
Charmants joujoux, casseroles toutes trouvées pour Yvonne
la blondinette qui préféra longtemps ces cuvettes
à ses plus jolis accessoires de cuisine de poupée.
Nous reprîmes le bois et jugeâmes l'outil assez bon
pour le communiquer à M. Legris. Le diagnostic porté
par l'atelier est connu: « le modèle n° 2
produit un bruit sec ? et peu intense ! mais insuffisant
pour une » transmission ! »
Cet instrument, muni d'un régulateur très suffisant,
marchait parfaitement quand on se donnait l'énorme peine
d'arrêter l'aimant à sa place légitime. Il a
été donné en novembre 1891 après essais
comparatifs même courant même résistance
même transmetteur avec un Ader. Le brave garçon
qui l'a reçu, un
sergent-fourrier de la marine, électro-amateur de talent,
n'a rien compris lui non plus à la sentence de Tarascon.
Les boîtes seront faites en suivant les indications de la
figure 7, jointes à ce qui suit :
Rondes ou carrées épaisseur du bois
10 à 15 millimètres. Longueur extérieure des
côtés sept centimètres, diamètre interne
neuf à dix.
Le diaphragme armé de son métal sera introduit dans
une rainure pratiquée dans les quatre parois à quelques
centimètres du bord extérieur, trois environ. Il sera
donc prisonnier sur chaque bord de 2 à 3 millimètres
dans le bois épais, l'armature, la tige filetée passera
encore dans une boucle de métal vissée à l'extérieur.
Un contre écrou y est fixé et manipulé quand
le « toc » fourni par le courant est sec, net, cassant,
à l'intérieur.
Ce résultat est des plus commodes, si le contre-écrou
est bon : l'occasion se présente fort rarement d'avoir à
le retoucher. En tout cas l'opération est courte
et facile.
Pour couvrir notre boîte, car actuellement le tympan est à
l'extérieur, nous collerons, ou clouerons, une planchette
quelconque. Elle sera plutôt mince qu'épaisse. Vous
y aurez découpé, auparavant, le moins mal qu'il vous
sera permis, une rosace, des losanges allongés, des F comme
sur les violons, etc.
.
Les deux fils minces de la bobine seront soudés à
deux plus gros. On vend des cordons souples à deux conducteurs
très-beaux. On peut encore acheter de la cordelière
de soie usitée pour les poires et presselles de salle à
manger.
Disons ici que les aimants vendus par M. Thomas aujourd'hui
disparu nous ont rendu de grands services. Ils sont d'ailleurs
en fonction « at home » dans les autres modèles
que nous allons présenter.
Qu'il soit bien entendu que, pour remplacer avec immense avantage
les meilleurs récepteurs connus, la boîte parlante
décrite ci-dessus réclame le montage tôut à
l'heure exposé. Prendre cette boîte isolée,
la mettre sur un poste ordinaire, pour remplacer le téléphone
qui est accroché, serait s'exposer à une désillusion.
Nous donnons les postes complets, Les parties détachées
(la boîte parlante en est une) ne feront merveille que dans
un circuit isolé avec un microphone spécial, comme
il sera dit plus loin, pour des expériences publiques ou
privées d'audition à distance.
Appareil de bureau.
Il n'à point été parlé des genouillères
métalliques ou en bois auxquelles seront annexées
les boîtes. Chacun les organisera à sa fantaisie, une
cordelière souple va au dos de l'électrophone, se
souder aux bornes convenables.
Le constructeur verra de même, si quelques trous symétriquement
percés à la vrille sur une ou deux des parois, sur
toutes à la rigueur, en donnant de l'air à l'organe
magnétique, ne lui augmentent pas la voix.
Si on désire sur sa table un électrophone de bureau
à portée de la main, nous en promettons l'aisée
fabrication.
La figure 8 montre le modèle fait à Rochefort.

Sur un socle épais de bois pouvant avoir trente centimètres
de long, dix de large sur trois ou quatre d'épaisseur est
l'instrument. à proprement dit, composé de deux parties
identiques en hauteur et épaisseur charnierées ensemble
d'un côté et de l'autre crochetées. La portion
avant mobile, s'ouvre comme une armoire. Celle de derrière
adhère au socle. La figure 9 représentant l'objet
ouvert en grand vous fera mieux comprendre que trois phrases embrouillées.
Décrivons la moitié de l'électrophone qui fait
face au lecteur dans le huitième croquis. Bois : au gré
de l'amateur. Chez nous : noyer verni trente cetimètres de
haut sur vinet de large, épaisseur : presque quatre centimètres,
Les angles supérieurs ont été sciés
pour donner à l'enfant une mine plus spirituelle.
La partie supérieure a été creusée de
part en part d'un orifice ayant dix centimètres de diamètre.
Circulairement, à un centimètre où deux de
cette fenêtre, on a également foré 4 rigoles,
Ce sont les arcs de cercles noirs de la figure. Sur le devant de
ce trou rond on a collé et cloué un disque de bois
mince, tel que sapin verni de un millimètre environ. Sans
tarder, écrivons qu'au dos de cette lamelle se tient en permanence,
transmetteur fidèle, consciencieux, des paroles qui lui seront
confiées, le microphone. On voit encore découler du
parleur, en serpentant spacieusement, un souple cordonnet de soie
à deux lils métalliques plongeant dans l'interrupteur
G. C'est la poire d'appel. La cordelière peut avoir de 25
à 30 centimètres : la poire se promène de la
sorte entre la boîte à timbres-poste, l'encrier ou
le rouleau de papier buvard.
Le perspicace lecleur aperçoit encore un petit câble
à quatre conducteurs sortant de la partie arrière
de l'électrophone. Le terminus de ce câble c'est la
portion B où se trouvent quatre bornes. On v reviendra, Prenez
la figure neuvième pour la suite.
Ouvert, l'instrument nous montre dans sa deuxième moitié
une vaste baie de 15 à 16 centimètres. Une tige rigide,
placée en biais, s'enfonçant plus ou moins à
l'aide dle vis, par ses deux extrémités À et
A',dans deux entailles faites dans le bois, supporte l'aimant habituel
bien fixé à son centre. .
Les deux pôles électrisent la pastille de fer blanc
crochée dans le diaphragme de bois mince qui clôt l'appareil.
Crainte d'avoir des ennuis avec un trop vaste tympan, la fenêtre
pourra se réduire à 12 centimètres de diamètre,
Le réglage s'obtiendra il est rudimentaire, c''est
entendu par les deux vis à tête ronde des extrémités.
Le câble à quatre conducteurs vient aboutir à
une petite planchette, ou à quatre bornes placées
sous la table, ou à l'encoignure du bureau. Le câble
qu'on peut
fabriquer de quatre fils de sonnerie unis,ou acquérir tout
confectionné, très souple alors et commode, a de 80
à 90 centimètres.
Il permet d'attirer à soi l'électrophone, pour en
approcher l'oreille à l'occasion, de le repousser quand la
communication à cessé, Voilà l'engin tel qu'il
existe chez nous,
Nous en soumettons au lecteur la suivante simplification.
La figure 10 viendra au secours de la plume.
Pas de motif sérieux pour changer l'aspect extérieur
hi les dimensions du poste de bureau précédent.
Toutefois nous n'avons plus qu''une seule planche. Elle aura 3 ou
4 centimètres d'épaisseur, choisie dans un morceau
de bois dur, sec, sain.
Le socle reste comme auparavant.
Dans la planche unique vous aurez à tailler deux ouvertures,
l'une de la forme D, l'autre en losange B, si ces figures ont votre
agrément. :
Dimensions : le dessin vous les indique, pour que l'ensemble soit
agréable aux yeux.
Supposant votre bois noir ou noirci, ou passé à un
vernis acajou, la planchette D sera en sapin bien veiné,
cirée des deux bords. C'est l'asile du microphone.
Remarquez en B le dispositif déjà recommandé,
douze tiges filetées, douze écrous, quatre menues
réglettes en laiton, fer ou bois dur, percées de trois
trous chacune. Ce carré peut avoir 12 centimètres
de chaque côté.
Lame mince de bois souple, élastique, armée du disque
en fer blanc dont les quatre crampons se voient sur la figure.
En C et C', sont deux orifices : ils auront à l'extérieur
2 à 3 centimètres de diamètre. Ce sont deux
canaux, deux porte-sons, qui vont en biais question de vrille,
de vilebrequin, etc., s'ouvrir dans la cavité carrée
recouverte par B. Là le diamètre de ces trompes aura
6 à 7 millimètres. '
Comme dans le type décrit déjà, vous organiseriez
la tige porte-aimant ; elle peut être en laiton, être
mobile, de 2 à 3 millimètres, dans deux gorges comme
ci-devant. Vous pouvez encore faire souder à chaque bout,
à angle droit, une lige filetée qui traversera le
plateau de bois dont vous recouvrerez tout le dos de votre instrument.
Ce plateau peut n'avoir que quelques millimètres.
Vos tiges filetées aboutissent à un écrou extérieur.
Entre ce plateau et la lame de laiton ou de bois porte-aimant, s'enroulant
autour de la tige, peut être intercalé un ressort à
boudin.
Si le dispositif vous paraît compliqué, allez au simple,
votre barre mobile engagée dans le bois avec les vis pour
la fixer.
En F nous avons placé un macaron de sonnerie électrique.
Le portrait parlant s'encadre dans le diaphragme.
Tout autre interrupteur fera l'affaire aussi bien, inutile de le
dire. La liaison entre eux des différents organes du même
posle, des postes entre eux, faisant l'objet e plans à part,
nous n'en avons soufflé mot. On se reportera à ces
figures. N'est-il pas puéril d'écrire que séparées
sur une paroi de chambre ou réunies dans le même bâti
de bais, les jonctions demeurent identiques ?
Les fils d'union sont plus ou moins longs suivant la distance à
franchir. Si les boîtes parlantes, le microphone, l'interrupteur
sont simplement accrochés les uns à côté
des autres sur une muraille, l'habitude la routine sacrée
commande de tourner chaque conducteur, de le rouler sur une
vergette en tire-bouchon, en hélice. Attention aux contacts
!.
Autre poste de bureau (et dernier).
Pile spéciale. Canard électrique, etc.
Depuis que le manuscrit est commencé, nous avons (histoire
d'augmenter notre bric à brac !) confectionné l'électrophone
de bureau donné dans le croquis n° 11.

Le lecteur devant profiter de l'expérience acquise en évitant
nos fautes, nos malfaçons, nous intercalons ce chapitre pour
engager l'amateur à placer la partie interrogeante de son
appareil dans la portion supérieure de la planche et la partie
répondante dans le bas.
Le maniement en devient plus commode.
Ce dernier marche aussi bien que les précédents car
il n'y a pas de dessous de carte mystérieux, de secret Kabbalistique
dans notre cas. La personne qui suivra
nos recommandations diverses, multiples, à la lettre, est
certaine de réussir.
Qui a construit un de ces instruments en construira cent,
Les derniers seront meilleurs probablement.
Puisque la plume nous revient en main, offrons aux curieux un autre
type de poste de bureau actuellement sur cale à la maison.
Il nous parait plus simple encore que ses frères. L'idéal
à chercher, à trouver, n'est-il pas la simplicité
? Qu'on en juge.
La figure 11 est la photographie à la plume de l'objet. On
voit immédiatement la différence avec les précédents,
Sciez dans une forte planche de bois dur dans deux, si vous
voulez, mariées à la colle forte, car il faut une
épaisseur de 5 centimètres un morceau de 20
centimètres sur 30 environ découpé comme l'indique
la figure. La forme du bas, étant de pure décoration,
sera à la fantaisie de chacun. N'ayant jamais coûté
10 centimes de leçons de dessin à notre famille, nous
ne pouvons, dans nos illustrations, mettre la fantaisie et l'originalité
d'un coup de plume artistique, exercé.
Le carré du haut est creusé d'une vaste baie qui,
lui laissant seulement 2 centimètres de large sur les 5 de
profondeur-déjà mentionnés, portera sur chaque
face les plaques vibrantes. sur celle vue par le lécteur
se distingue le point noir du charbon microphonique. De l'autre
bord est le pain à cacheter métallique électrisé
par l'aimant qui répond aux questions posées,
Tel est, en bloc, le dispositif. Passons aux détails.
Chacune de mes plaques est collée dans un encadrement de
bois dur, ayant un centimètre et demi de dimensions, adhérant
au losange par douze vis à tête ronde en laiton bien
apparentes sur l'image.
Je ne saurais trop recommander le choix de ces lamelles, principalement
de la parleuse. A défaut de caoutchouc durci très
mince, d'os, etc
je recommande le
vieux sapin, le pitchpin, etc.
On ne doit pas avoir à
changer ces membranes tous les ans, encore moins tous les huit jours.
Le charpentier de la maison sera invité à fournir
ce qu'il à plus âgé en planches de pin, etc
Des parois de portes, des fonds de tiroir hors de service, relégués
dans les greniers, etc.
, donneront d'excellents vibrateurs.
Vissés par leurs douze tiges de laiton à hélice,
les tympans sonores, établis dans de bonnes conditions d'essence
de bois ne jouant plus à l'air libre, ne gondolant jamais,
dureront, dans un appartement habité, indéfiniment.
Mais ils ne résistent pas à un coup de marteau centralement
appliqué par un intrus, par l'enfant curieux de connaître
la bébéte intérieure. Une fois en place, ayant
donné preuve de leur sensibilité, il faut les laisser
tranquilles. À toute heure du jour ou de la
nuit ils parleront sauf accident externe.
Le cernis émail, adroitement, rapidement répandu à
plusieurs couches, les protège très bien. J'en ai
à l'état nature marchant à souhait depuis fort
longtemps.
La tige de bois ou de laiton, sur laquelle se fixe le système
électro-mägnétique, glisse à frottement
doux entre quatre deux à chaque bout petlites
barres
collées et clouées.
Dans le parleur actuellement en description, les crans d'arrêt
V et V permetlent d'approcher au contact les pôles de la pastille
de tôle ou fer blanc, permettent de l'éloigner jusqu'à
disparitron totale du son. C'est l'affaire de deux menus cylindres
filetés, enfoncés de chaque bord, dans la barre, avant
quelques millimètres de jeu dans les fentes creusées
à cet effet dans les parois vis à vis du cadre. Les
boutons V el V serrés à droite ou à gauche
crochent la barre dans la position voulue. Celui qui écoute
peut avoir, à un moment donné, dans certaines occasions,
intérêt à entendre seul la réponse, l''observation,
le renseignement du correspondant,
Les deux serre-fils 5 et 5' correspondent par des fils cachés
aux deux conducteurs qui amènent la voix de l'interlocuteur.
Si on le préfère, par conséquent, un téléphone
métallique ordinaire peut être, par un cordonnet souple,
relié à ces deux poupées. En coupant le larynx
à l'électrophone, le téléphone normal
rapproché de l'oreille rendra son service habituel.
Nous aimons assez, pour interrupteur, la cordelière de soie
terminée par la poire de salle à manger.
Il est loisible à l'amateur de faire l'économie de
ce petit ustensile qui lui coûtera 4 fr. 50 environ en palissandlre,
mais 10 à 13 francs s'il le désire en défense
d'éléphant. Il peut avoir un interrupteur simple sur
le piédestal de l'appareil. Il peut user d'un macaron de
sonnette. Il peut aisément confectionner une pincette rudimentaire,
mais suffisante.
Il prendra deux minces lames de laiton de 6 centimètres de
long sur un. D'un côté elles seront séparées
par un dé ou bois dur, en ébonite de 4 millimètres
d'épaisseur sur un centimètre et demi de long. À
chaque lame se soudera un des filaments de laiton. Les lames se
fixeront au caprice de chacun, clous, colle, ete
sur le dé
séparateur.
Nous avons là une presselle: En serrant entre pouce et index
l'extrémité des lames, isolées par quelques
millimètres d'air, nous opérons le contact de deux
surfaces, métalliques. Instantanément le pulsus électrique
bat dans le circuit.
Ainsi constituée, notre coite serait un peu sourde ; (Ne
pas comprendre dure d'oreille.). Pour lui-donner de la sonorité,
pour donner à la voix du correspondant l'ampleur nécessaire
pour une conversation normale à 50 et 60 centimètres
de distance du tympan, voici la combinaison adoptée après
quelques minutes de réflexion. Le bois de l'instrument ayant,
au minimum, 4 centimètres d'épaisseur, nous avons
scié aux trois coins une entaille de près de 15 millimètres
de large sur 4 à 5 centimètres de long, Elles sont,
vaille: que vaille, représentées en F et F' dans la
partie M de la figure 12.

Ce sont là trois fenêtres larges qui lancent avec complaisance
dans l'air ambiant la réponse de l'mterlocuteur ou son attaque
si c'est lui qui commence l'entretien !
Au dos de l'électrophone s'attache le câble à
quatre conducteurs G, dont les quatre fils métalliques aboutissent
extérieurement à quatre bornes, vis à, tête
ronde, implantées dans la petite planchette de bois ou d'os
K. Cette planchette a, si l'on veut, 5 à 6 centimètres.
de long, 3 de large et un d'épaisseur. Dans la partie inférieure
de notre carré, à l'intérieur, à 12
à 15 millimètres l'un de l'autre, ont étés
enfoncés à moitié quatre clous de laiton ou
même de fer.
Appelons-les. A, B, C, . A et D, seront aux deux extrémités.
Comment se feront les ligatures ?
A et D recevront chacun une extrémité du fil des bobines
téléphoniques et en même temps, A: le fil du
conducteur souple allant à la borne de droite de la planchette
; D : celui de la borne d'extrême gauche.
Le clou B se soudera au fil réuni à la deuxième
borne de droite ou de gauche de la planchette et en
même temps à l'«n des fils qui va à la
poire dappel.
Comme cette deuxième borne de planchette recevra le pôle
charbon de l'électrogène pile en style vulgaire
on comprend, sans plus tarder, que le courant ne pourra pas
courir puisque dans la poire, dans le macaron, dans l'interrupteur
quelconque interposé, il se butera au millimètre d''air
qui s'opposera à sa naissance, à sa propagation.
C s'unit au conducteur encore libre de la planchette ct à
un des fils du charbon microphonique dont le deuxième fil
vient faire jonction avec le deuxième filament métallique
de la cordelière. Nous avons alors, un cycle complet.
Toutes les parties du système sont prêtes pour le travail
(Voir plus loin l'union des stalions entre elles et les plans de
pose )
En T, notre prétention a été de représenter,
de face, un minuscule galvanomètre posé sur un petit
socle collé sur la grosse planche,
Pourquoi ? caprice, cela est absolument inutile, je ne l'impose
donc à personne.
Nous avons acheté une boussole de treize sous au bazar, elle
a 3 et 6 centimètres de diamètre : elle a été
ceinturée d'une vingtaine de tours de fil cuivre couvert
en soie de un demi-millimètre au plus. Les extrémités
des fils ont été soudées à l'intérieur
aux points de laiton B et C.
Quand nous annulerons, par une pression, la solution de continuité
qui rend impossible la vibration électrique, elle naîtra
instantanément. Le fil de laiton de la boussole, instantanément
aussi recevra une oscillation dérivée qui viendra
folâtrer dans ses spires en écartant du Nord Sud l'aiguille
aimantée (OErstedt, 1819.)
Cette influence de l'électricité (?) du fil sur le
magnétisme (?) de l'aiguille à travers la soie, le
laiton de la boîte et l'air interne autorise une petite conférence
(la boussole ! les Chinois ! Ampère ! etc
) de l'électro-amateur
à des visiteurs voyant l'outil pour la première fois.
Puis le mouvement de l'aiguille, sa position angulaire avec le sens
du courant amuse les enfants, intéresse les grandes personnes.
.
.
.
Ex nihilo Nihil ! Pas de traduction. Nous disons, nous répétons,
que l'intensité de l'effet réclamé à
nos électrophones réclame un courant assez vigoureux
sans
rien d'excessif,. Il faudra toujours compter à chaque poste
sur 4 à 5 éléments pour des chambres séparées
l'une de l'autre par 40 à50 mètres de corridor ou
d'espace n'importe lequel. Pourquoi, dans le premier comme dans
le second de nos appartements, ne pas utiliser la force de la batterie
pour animer, par ci, par là, pour quelques minutes seulement,
une petite lampe à incandescence ?
Que dites-vous de la proposition ?
Est-ce encore bien malin ? On en vend couramment qui se contentent
de 3, 4, 6 volts. Estimons chaque élément à
1 volt 33, il est facile de calculer la lampe à acheter.
La figure 13 nous donne généreusement l'idée
de cette installation. Comme lumière, ce ne sera pas l'illumination
de l'Opéra un soir de gala, pour sûr, mais cela permettra
d'aller chercher les allumettes sur la cheminée pour allumer
la bougie ; de voir l'heure la nuit, et cætera.
Le dessin montre cinq
éléments secs, cylindriques; en l'interrupteur. Il
se placera au gré de chacun, question de longueur de fil.
Si c'est un macaron de sonnerie, il n'y aura incandescence que durant
la pression de l'index.
Si on adopte une tige mobile qui vient s'appuyer contre un bouton,
il faut déplacer cette lamelle pour avoir la rupture du circuit
el l'obscurité.
De même la lampe L. elle se placera où l'on voudra,
dans la chambre du bébé si on veut. Mais attention!
question de longueurs de fil écrivions-nous, il y a six lignes.
Sans doute. Mais ce lil c'est une résistance. Elle absorbe
une portion de la vibration, l'atténue, Expérimentez
donc avec des fils libres avant de les fixer aux murs. Sachez bien
ce que vous pouvez avoir avec vos ressources en piles.
Ce mot pile tombant sous la plume, ouvrons une parenthèse.
Nous cueillons dans un journal " sans prétentions scientifiques
" les lignes qui suivent. Quelqu'un de nos amis inconnus en
tirera sans doute profit : " Les amateurs d'éclairage
électrique par là pile peuvent facilement, ct à
bon marché, se donner la fantaisie d'un petit éclairage
avec une pile ainsi composée :
un petit bocal carré, en verre, dans lequel, plongeant, dans
une solution saturée de bichromate et de sulfate d'ammoniaque,
une plaque de zinc amalgamée dans la masse et une plaque
de charbon : cet élément ne s'use pas quand le circuit
est interrompu. Pour empêcher les sels ammoniacaux de se livrer
à leur exercice de grimpage, on trempe les plaques de charbon
dans un bain de paraffine bouillante lorsqu'elles sont refroidies,
on enlève avec un couteau toutes celles qui se trouve à
la surface: La petite quantité du reste intérieurement
est suffisante pour empêcher le sel de se porter sur les fils
de commutations et par suife arrêter la palpitation de la
pile. "
Rien ne prouve que ces éléments, s'ils reviennent
bon marché, ne pourraient être en même temps
employés avec nos électrophones.
L'extrait a été tiré des " applications
électriques, n° de février 1892), publication
mensuelle, intéressante qui ne coûte par an qu'une
pièce de. vingt-cinq grammes d'argent. L'électro-amateur
y trouvera à glaner beaucoup en dépensant peu : on.
sait que telle est notre devise.
Nous devions bien ce petit air de. flute- gratuit- à M. Firmin
Leclerc. M. Firmin Leclerc que nous n'jamais vu, à consacré
à l'électro-amateur tout un feuillet élogieux.
Il m'a notamment, appelé gentilhomme aux idées larges,
et démocratiques ; électromane breveté etc..
etc
Cela nous rappelle certain grand journal de le Meurthe qui nous
baptisa jadis dans ses colonnes et gratis, grand électricien
de, la Gironde !! ..
Quand on reçoit, non pas l'encens mais pas l'encensoir par
la figure, comment ne pas sentir la queue de paon. s'épanouir
sous ses basques ? Il n'est rien de tel que le puceron lanigère,
flatté, caressé, chatouillé par la fourmi sa
voisine, pour se croire, un gros personnage et trouver microscopique
l'hippopotame.
De fait, comme, le puceron à la fourmi, son sucre intime,
l'auteur exubérant d'un livre sincère ne donne t'il
pas son électricité morale, ne se, donne t'il pas
tout entier par une incontestable communion à celui qui le
lit sympathiquement ?
Pour la pile qui précède, M. Leclerc, rue Louis Blanc,
72, questionné par lettre munie du timbre de réponse,
fournira les compléments de renseignements désirés,
Dans la contexture des postes électronhoniques, nous pouvons
user d'un silllet pour indiquer au correspondant que l'appareil
le réclame. Comme là voix sera plus ou moins éclatante
suivant le nombre de vaseès électro-géniques
achetés ou fabriqués, on ne peut fixer pour l'annonciateur
de mode sacramentel.
Cela dépend des installations de chacun. Elles peuvent singulièrement
varier avec la disposition des locaux, leur dimensions, le calme
relatif des rues, des appartements où se fixeront les instruments.
.... (voir les détails dans le document pdf)
On a donné ailleurs, et le présent travail ne veut
pas être un décalque du premier, les moyens de fabriquer
une sonnette ou une trompette Zigang.
Citons encore pour l'emploi dont il s'agit le canard électrique
dont il n'est causé que par acquit de conscience, car nous
ne l'avons jamais entendu.
Canard pour trompette, trompette pour canard, recommandons plutôt
la sonnette ordinaire.
M. Crosse, rue Oberkampf, 93, Paris, vendra 3 francs la paire des
aimants bobinés dont le montage est très aisé.
Il fabrique aussi notre microphone qui marche à souhait.
Il le vend 1 f. 50 la pièce. Ges prix, il me semble sont
à la portée des modestes budgets d'électro-amateurs.
Postes avec sonnerie à chaque station. Observations
pratiques, etc.
Chapitre à sauter par les braves gens qui nous font l'honneur
grand, immérité, de lire nos pages simplement pour
le grain de sel fantaisiste qu'y dépose notre porte-plume
inhabile.
Chapitre à méditer, à relire, très attentivement
par les électro-constructeurs qui veulent, à notre
école, apprendre à réussir les appareils,
Ceux-là ne sauraient trop s''imbiber de nos conseils et recommandations.
Bien des lettres recues depuis l'apparition des « Causeries
familières » m'ont prouvé qu'on n'avait pas
assez potassé les passages techniques, dogmatiques de ce
petit volume!
Qu'y peut l'autéur ? Vous n'avez pas abouti ?....
mais cd que vous écrivez (ou même les instruments envoyés
à la visite) démontre que vous n'avez pas saisi tel
ou tel point indispensable de la lecçon..
, Relisez
et courage ! Demandez aux miens combien de fois, outre les
ennuis commerciaux, d'argent, qui n'ont rien à voir ici ils
m'ont vu nerveux, agacé, électrisé ! La crise
a duré 15 ans. Jugez ! |
L'amateur qui voudra confectionner des postes électrophoniques
avec sonnelte à chaque station devra exécuter ce qui
suit ponctuellement.
Prenons l'appareil n° 1, à cylindres inclinés
l'un vers l'autre, faisons-en l'autopsie consciencieusement.
Sachons qu'il a la voix plus forté que le type de bureau
mobile, ici nous avons deux organes parleurs qui s'attaquent aux
deux oreilles à la fois..
Voici l'électrophone sur la table.
Prenons le bistouri
Pas encore ! observons l'extérieur.
Voici quatre bornes, quatre serre-fils, quatre poupées.
À quoi servent-elles ?
Vous savez, n'est-ce pas, que ces bornes peuvent être des
tiges en laiton filetées avec écrous, ou des vis à
tête ronde ou les serre-fils ordinaires des marchands.
L'important c'est la propreté des fils et plaques en présence,
l'intimité des contacts.
Si vous choisissez des vis chez le quincaillier, par économie,
les fils de l'appareil, les nerfs qui forment sa constitution électrique
(et ch nous allons détailler) seront, chacun, soudés
à un pain à cacheter - 1 centimètre ou 1/2
diamètre - en laiton mince avec trou central de 3 ou 4 millimètres.
Pour ces trous, avec un petit coup de poinçon, puis de lime
queue de lézard, ils seront vite et proprement faits.
La sonnerie, ronde, ou carrée, sera au centre de la planche
d'acajou, au-dessus de la baie microphonique ou sur le mur.
Les lamelles qui recouvrent cette baie et les deux cylindres tronqués
- ou les boîtes carrées - sont en vieux sapin. - Nous
en avons eu aussi en planchettes de boîtes à cigares
sciées par un adroit ouvrier, réduites à l'état
de 1 membrane de 1 millimètre d'épaisseur.
On les vernit, sûr les deux faces. Généralement
mon tympan microphonique est percé d'un orifice central de
un centimètre.
Dedans, vient se fixer, se coller, faire corps, là partie
avant du charbon microphonique des d'Argy et Mildé.
Bref, les ondes sonores lancées par le larynx et la bouche
des personnes frappent directement le carbone sensibilisé.
À ce propos, des charbons, des tiges et des sphères
de tout diamètre ainsi que plaques pour piles, accessoires
divers de microphone seront livrés par l'usine Lacombe à
Levallois Perret.
Dans le bas, au-dessous de l'hexagone microphonique, nous remarquons
deux commutateurs à deux directions.
Le dispositif me paraît indispensable, tout autant que le
montage à trois fils.
Mais on aura un système de tout repos, inusable, excellent.
Ce que nous disons d'un appareil s'applique à son frère.
Entendu, n'est-ce pas ?
Ces commutateurs vaudront, suivant la marque de fabrique, de 2 à
4fr. 50 la pièce.
Un ingénieux amateur les économisera. Sans être
un ouvrier serrurier, digne de l'école d'Angers, il arrivera
bien à établir des manettes en laiton suffisamment
mobiles et rustiques. Les gouttes de contact : les clous dorés
ou certains boutons de toilette féminine, nickelés,
plats, ou en acier éblouissant, les fourniront. A la queue,
il soudera les nerfs, chacqun à sa place, par exemple. Hé
! attention !
Pour le système magnéto-électrique des cylindres,
on le vissera à une pièce de bois d'essence dure qui
filera entre deux glissières, entre deux rails en bois, aussi
vissées et collées à l'intérieur des
tunnels.
Quand on est certain de la place nécessaire pour avoir le
maximum de puissance - joint à la netteté absolue
de la voix - on fait traverser le cylindre par une vis à
tête ronde. Elle s'enfonce dans le wagon interne et le croche
ferme, l'inamovibilisant comme un sénateur de fondation.
Ce trou de vis, nous vous autorisons à le convertir en une
fente de 6 à 7 millimètres du long. La vis, prise
en partie dans le bloc du dedans, vous avez facilité de faire
avancer ou reculer avec beaucoup de précaution l'aimant pendant
qu'une personne parle dans une autre pièce. Au moment favorable,
vous usez du tournevis - vigoureusement - votre parleur est réglé
pour.
. des années ! '
Dans ces conditions, le disque en bois mince, pastillé de
la plaque magnétique est collé et cloué sur
les rebords du cylindre, une fois pour toutes, définitivement.
J'ai usé encore pour ces plaques de carrés en fer
blanc avec quatre griffes en laiton soudées ; c'est un détail
:
Glissons.
Liaison des fils. La victime est sur la table - convenu - cylindres
en l'air.
En partant de la gauche, de gauche à droite, les commutateurs
étant du côté ou j'écris, J'appelle les
bornes : 1 2 3 4
À la borne 1 : s'attachent, se soudent (ou au pain à
cacheter en laiton, connu, sous la vis ou l'écrou) deux fils
: le premier se soude au fil fin de la bobine de gauche du cylindre
de gauche. Le second fil va à la borne de Ja sonnette - la
plus proche de lui.
À la borne 2 : deux fils également, l'un va à
la goutte de contact de gauche du microphone de gauche. Le second
se soude au fil gauche du microphone dont le deuxième fil
se soude à la goutte de contact à droite "du
commutateur de gauche.
Pendant que l''on tient ce commutateur gauche, soudez-moi sa manette
à la borne n° 3.
La deuxième borne de la sonnette est libre. Vite, un fil,
pour l'unir à la goutte de contact gauche du commutateur
de droite.
Manette de ce commutateur de droite : se relie à la borne.
n° 4, d'extrême droite par. conséquent.
La goutte droite de ce commutateur de droite correspond au fil de
la bobine de droite du cylindre du même côté.
Les deux extrémités libres des fils de bobines d'aimant,
soudés à un bout plus gros, se réunissent ensemble
sous une même vis, au dos de la planche qui cache toutes les
ficelles que nous venons de découvrir.
Je pense n'avoir rien oublié: tel est l'organisme intime
de nos électrophones.
Etudions le système nerveux externes 3 fils: bleu, blanc,
rouge. 2 fils-de piles.
À la borne n° 1 s'attachent, bien nettoyés, le
fil zinc de la batterie locale et le fil bleu.
Ce fil bleu unit les deux bornes n° 1. À la borne 2 fil
blanc. À la borne 4, fil rouge. A la borne 3, fil charbon
de la batterie locale.
Minute: à l'autre station vos deux n°1 étant joints
par le fl bleu, le blanc s'attache à la borne 4- le rouge
à la borne 2. Vous avez, alors, là-bas : bleu, rouge,
blanc. Je le redirai; le fil charbon, des deux côtés,
à sa borne 3.
C'est tout.
Prenez la peine infinie, ces lignes sous l'il , de dessiner
les électrophones avec les liaisons religieusement faites
et vous comprendrez ! -
Vous' verrez comme cela est simple et rudimentaire:
Le commutateur de gauche c'est le vôtre. C'est lui qui vous
permet de disposer de votre courant, de celui de votre pile placée
sous lu table, dans un placard, sur une étagère, etc
Examinez avec soin, rien ne nous presse.
Ce commutateur, cette manette plutôt, si vous la poussez sur
la goutte gauche, vous prolongez votre fil charbon par le fil blanc
jusqu'à la borne 4 de l'interlocuteur. Sa manette à
lui, est au repos, en contact avec sa borne de gauche-- avec sa
sonnette par conséquent. Retour par le fil bleu.
Prévenu, il vous répond (on abrège dans la
pratique !) par le même, mouvement, votre sonnette drelindindinne.
Le correspondant est à -sen poste..
La conversation s'engage en poussant - à chaque station -
la manette de gauche sur sa goutte de droite et la manette de droite
sur sa goutte de droite.
Conversation finie, la manette de droite est mise sur la goutte
sonnette. La manette de gauche (celle qui envoie votre courant,
l'autre recevant celui du correspondant) reste en l'air, libre,
entre les deux gouttes.
Si l'on voulait, à un moment donné, pouvoir rendre
l'appareil moins indiscret, le commutateur de droite aurait un troisième
bouton de contact menant à une borne, qui recevrait un des
bouts du cordon souple d'un téléphone montre suspendu
à un crochet au bas de l'appareil. Le deuxième conducteur
de ce cordon se rattacher
à la borne 1.
Cela dans les deux-stations, si nécessaire.
Avec un dispositif pareil le flux électrique et les ondes
sonores, au lieu de crépiter dans les cylindres, vont s'assourdir
dans les récepteurs ordinaires et conter la réponse
du correspondant à l'oreille.
Si les postes, tels que décrits, ne sont pas absolument complets,
précieux, et- bien fabriqués, - indéréglables,
je consens à être appelé devant les tribunaux
de mon pays.
L'Éve
future de Villiers de l'Isle-Adam. Les romans dits scientifiques.
Boîte parlante.
On nous a prêté,
ces jours derniers, l'Eve future, grand roman fantasmagique du Comte
Villiers de l'Isle Adam.
La lecture de quelques feuillets sert d'intermède à
la rédaction de ces instructions.
Au début de cet opuscule, nous contions que l'on croyait
à Edison l'intention d'écrire un uvre d'imagination
sur l'électricité.
La personnalité puissante du " phonograph's papa ",
comme l'appelle le noble auteur, passe elle-même, de son vivant,
à l'état légendaire dans l'Eve future. L'électricité
et la matière radiante vibrent dans chaque ligne du volume
troublant. M. de l'Isle Adam cause électricité mieux
qu'Edison.
Ainsi nous y voyons une vieille pile faradique ! faradique ? l'adjectif
sonore arrondit la phrase. Faraday a-t-il été un grand
électricien ? oui, Que voulez-vous de plus? puis, le vocable
rappelle fatidique - double profit.
Hé bien ! maître de l'Isle Adam, nous acceptons faradique.
Pourquoi ? parce que dans la vibration dynamique qui secoue les
fils - je m'adresse à votre ombre auguste : en ce moment
d'ailleurs elle lie, peut-être ma pensée- ll y a, lors
de la rupture du circuit, un contre pulsus, une réaction,
une induction : un extra-courant.
Vous en doutiez-vous ?
La pile est antique, fatiguée par conséquent. Qu'importe
? La vieille pile lance "un éblouissant jet bleu capable
de foudroyer une certaine quantité d'éléphants..
!
Combien, ô artiste? dix, douze ? Et voilà la physique
apprise chez les imaginatifs ! !
La question se pose en effet de décider si les romans, les
livres fantaisistes, enfantés par les hommes de lettres émaillés
d'une pellicule scientifique, sont utiles ou nuisibles aux non-sachants,
aux gens du monde (cliché 1014). Ahuri par le tamtam retentissant
de mots étranges, d'affirmations hardies, le lecteur ignore
où le vrai cesse pour faire place au rêve : quel magma
dans sa pauvre cervelle ! !
Autre exemple entre 77 autres des leçons de physique données
par certains publicistes.
Dans un de ces romans bizarres, pleins de biscornuités savamment
méditées, pleins aussi d'idées fulgurantes,
hardies, dont M. Peladan, écrivain Sardonique, a le monopole,
cueillons une fleurette pour nos amis.
Le héros de l'ouvrage, un beau ténébreux amoureux,
non d'une couturière - pouah ! - mais d'une princesse - russe,
S. V. P. - (ô Kronstadt) - est non moins adorateur des pourpoints
de velours, des maillots à nuances polychrômes. Cassons
les vitres, Il adore les mascarades, les déguisements. On
prête ce faible à Pierre Loti également. Un
beau soir, pour séduire sa princesse, notre troubadour lui
apparait dans un costume nouveau, ultra abracadabrant !!!
Comme c'est fin ! attendez ! il a sur la tête un diadème
où flambent circulairement éblouissants DES FILS DE
MAGNESIUM
Tous les gamins de ma connaissance savent combien il est difficile
de faire brûler, de façon continue, plusieurs centimètres
de ce fil
et la fumée !!!.. et la magnésie !!!!
Passons en souriant.
Reprenons M. Villiers,
Dans cette Eve future, le comte Adam nous montre suspendue au plafond
du cabinet électro-fabuleux de M. Edison, une " sorte
de petite boite polyèdre,.
. polyèdre vous savourez
l'expression.
Cette sorte de boîte " très polyèdre "
lance dans toute la salle la voix, les éclats de rire, les
baisers d'interlocuteurs placés à distance. Il y à
de plus, quelques-uns de ces " condensateurs " dissimulés
par-ci par-là dans le laboratoire. Un coup de "commutateur
" : la voix, qui partait de la rosace du plafond, sautille
d'un coin à l'autre : " c'est une pluie délicieuse
de baisers " dans l'appartement !
Le père de l'Eve future tient à cette jolie trouvaille
car nous ne sommes qu'à la page 105 et le commutateur a déjà
joué deux fois.
Si la mort n'avait brisé cette plume éblouissante,
refroidi ce cerveau surchauffé, nous aurions pu présenter
au Comte de Villiers la boîte parlante qui va être décrite
avec notre ordinaire minutie.
Car, avant d'ouvrir son ouvrage, cette boîte était
pendue au plafond chez nous, absolument celle qu'il à rêvée.
Elle a été construite en septembre 1890. Elle n'a
pas bronché une seconde jusqu'ici.
Dans la figure 14 le lecteur l'aperçoit en perspective.
Dans la figure 15 1l voit l'interne mécanisme - enfantin
à en pleurer - qui lui donne l'existence, l'éclatante
sonorité.

Ce cube (suspension nouveau genre sur laquelle d'ailleurs pourrait
être placé un petit pot de fleurs à guirlandes
descendantes ornementales) a 13 centimètres sur chaque côté,
soit 169 centimètres carrés.
L'épaisseur du-bois étant de 1 centimètre et
demi, il s'ensuit que les deux côtés minces, les deux
lames parlantes, ont 100 centimètres carrés de superficie
utilisée.
Le cube est divisé en deux portions égales s'ouvrant,
se fermant au moyen de charnières, de crochets quelconques.
Chacune des moitiés de la boïte est donc une personnalité
propre dont une des faces carrées est recouverte d'une membrane
de sapin, armée de la plaque en fer blanc habituelle.
La face vis-à-vis reste béante ; par conséquent
quand !e cube est fait, l'intérieur en est vide, sauf les
dispositifs magnétiques combinés comme il suit.
On distingue (figure 14) deux boutons écrous B et B', que
l'on peut extérieurement manuvrer. Ils ont leur pendant
à l'opposite.
En O, le crochet maintenant les deux boîtes unies l'une à
l'autre. En F et F', deux fenêtres creusées par moitié
dans chacun des côtés avec telle forme au gré
du fabricant. 5à 6 centimètres de long sur 3 à
4 de large, découpés en losange, trèfle, etc,
affaire de goût. Ces fenêtres existent sur trois côtés.
Le quatrième comporte les deux charnières.
Rien n'empêche d'user de crochets: ce qui permettrait une
quatrième bouche d'air. En L le tympan sensibilisé.
En G une petite lame de laiton reproduite plus en détail
au croquis 15, en C et C' Le trou K lui permet de virer autour de
la tige filetée U.
Au milieu est soudé le serre-fil T.
A l'autre bout de cette lame qui a 5 centimètres de long
sur un de large, un millimètre d'épaisseur, le crochet
V (là partie échancrée V) vient, à volonté,
s'engager, dans la tige M.
.
En serrant les deux écrous, cette plaque étant toujours
tenue très brillante, on a la boîte serrée par
le bas, soit : un excellent contact.
Les bouts extrêmes du fil fin des bobines sont soudés
chacun à droite et à gauche à la tige filetée.
Notez ce point: quand la barre métallique est à sa
place sous les deux écrous poussés à bloc,
elle est en communication avec les deux dispositifs magnéto-électriques.
La vibration parcourt en même temps les quatre bobines, elle
ne passe point de l'une dans l'autre comme dans les électrophones
à deux boîtes.
Il n'y a pas montage en tension. Pour régler l'appareil,
la mobilité de cette lame donne faculté d'ouvrir le
cube, d'opérer à part pour chacune des moitiés,
les tiges filetées formant contact temporaire avec les rhéophores
qu'on y attache momentanément.
Les aimants proviennent de la maison Thomas. Les pôles sont
des rectangles allongés de 1 mm 1/2 de large sur 6 à
7 de long, fortement électrisés,
Le fil des bobines est asses épais, Chacun nous a coûté
moins de 4 francs
A La barre À (figure 15) est en vieux noyer de un centimètre
d'épaisseur sur 3 de large. Elle a, un millimètre
près, la longueur de la boîte. Elle glisse donc aisément
entre les quatre tringlettes de un centimètre carré
sur trois de long, collées, puis clouées sur les parois
qui se font vis à vis.
Elles servent à guider la barre carrément de façon
à ce que les pôles magnétiques viennent bien
parallèlement électriser le disque de tôle.
Ces quatre tringlettes désirent, par conséquent, être,
avec soin, assujetties, fixées.
De même la barre porte-aimant réclame des extrémités
en équerre mathématique.
Dans les deux bouts de la barre mobile a été enfoncée
de un centimètre au moins la tige filetée qui, saillant
hors du parleur, pénètre dans l'écrou ou clef
d'arrêt.
Les deux tiges de chaque barre sont enfoncées à la
même place, de façon que l'une soit en ligne droite
la continuation de l'autre dans le même plan.
Pour les introduire, une fente à la scie a été
pratiquée dans les deux côtés de la boîte
jusqu'à ce que les pôles arrivent au contact du fer
blanc. Est-ce clair? Ma boîte ayant 6 centimètres de
hauteur posée à plat sur la table, - (boîte
: lisez moitié du cube.) Si les bobines, plus la barre, donnent
3 centimètres d'épaisseur, vous avez, bien en face
l'une de l'autre, à couper deux rainures qui auront 3 centimètres
de long sur 3 millimètres : diamètre de la tige filetée.
La barre placée entre les quatre tringlettes descendra donc
jusqu'à 3 centimètres ; les pôles toucheront
l'armature.
Comme, pour le réglage ou autres expériences, vous
n'avez besoin que d'une course de trois ou quatre millimètres
au plus, dès que tout votre attirail est logé, vous
n'avez plus qu'à introduire, coller, fixer proprement dans
les fentes une lame de bois qui laissera libres les quelques millimètres
nécessaires au va-et-vient du système magnétique.
Vernissez, polissez, fignolez le cube autant qu'il vous plaira,
charnières, crochets à leur poste, l'outil est terminé.
La main sur la conscience, est-ce un travail herculéen, cyclopéen
? Quel tour de main particulier, quelle habileté professionnelle
nécessite la boîte parlante ? Ebénisterie, tout
au plus.
On pourra essayer d'en construire une dont quatre panneaux seraient
électriques.
Il serait bon d'augmenter un peu les dimensions afin que les cadres
des quatre planchettes sonores fussent plus épais, plus solides,
moins sujets à variation, à jeu.
Cette boîte étant particulièrement remarquable
comme rendement (nul, espérons-le, ne supposera l'auteur
assez sottement niais ou menteur pour venir ici conter des balivernes
aux bonnes gens qui achèteront son opuscule ou les engager
dans des entreprises sans issue) on a fabriqué une sorte
d'enveloppe en bois dont la base renferme le transmetteur. Cela
permet le transport facile du tout dans une valise, un sac de voyage
pour des expériences hors de chez soi.
Chacun agencera à sa guise l'étui protecteur en question
s'il en reconnaît l'utilité.
Cette boîte cubique, suspendue par sa cordelière à
deux conducteurs à 1 mètre du plafond, à permis
de rajeunir l'expérience de la poupée parlante citée
aux premiers feuillets. L'opérateur a les mains libres. Il
conte à son auditoire que dans la boîte habite une
microscopique poupée merveilleuse d'intelligence et de sagacité
! On va d'ailleurs, sans tarder, mettre chacun à même
d'en juger. Le microphone - qui transmet les paroles aux compères
- est dissimulé dans un coin de la pièce, à
plusieurs mètres.
On fait poser des questions à intelligible voix. La poupée
répond. On passe un sifflet, un mirliton, etc
par une
des trois fenêtres, les instruments s'animent à l'ébahissement
des jeunes invités. On ne perd ni une syllabe, ni une note
de l'appareil.
À notre dernière séance, quoique le collègue,
chargé dans une partie éloignée de la maison
d'animer la boîte, imitât les intonations des bébés,
nous sûmes que la voix - partant, la personnalité du
répondant, - fut reconnue à un moment donné
par une jeune fille de son intimité, jeune fille qui ignorait
sà présence chez nous.
À la fin des expériences trouvées trop courtes,
on fait sortir du cube la poupée véritable - de 5
à 6 centimètres - qui a été cachée
avant l'arrivée du public.
Microphones. Un peu d'Histoire moderne.
Le lecteur sait déjà que si, après avoir confectionné
en suivant religieusement toutes les indications données,
une boîte parlante isolée, Il voulait l'intercaler
dans un circuit téléphonique quelconque pour y remplacer
le récepteur habituel, il n'aurait pas la haute voix promise.
C'est l'exquise sensibilité du microphone réalisé
en 1882 qui a permis d'obtenir le résultat,
Le dispositif est celui de Lehmann et Bourseul, savoir : entre deux
surfaces de charbon quelques granules de coke concassé.
La genèse de notre transmetteur, contée ailleurs en
long et en large, ne sera point renarrée ici. Quelques mots
pour le réussir, à l'usage des personnes qui n'auralent
pas les Causeries en mains, seront seulement dits.
Nous venons de le voir, un nouveau microphone a été
breveté par Mildé et d'Argy en 1883, n° 155459.
Prenez un cylindre de charbon artificiel à lumière
de un centimètre de diamètre. Ce modèle est
très facile à se procurer. Au début de ses
essais, l'électro-amateur allait, à l'exposition de
Bordeaux, sous les réverbères des lampes Siémens
ramasser des morceaux de crayon bouts de chandelle
jetés dans l'herbe par les
ouvriers qui venaient préparer l'éclairage du soir
Sciez-le adroitement en portions de 5 à 6 millimètres
de long. Deux de ces cubes constitueront un transmetteur.
Avec un bon tiers-point creusez circulairement tout près
de l'extrémité, une petite encoche d'un millimètre
au plus de profondeur. Dedans : vous enroulerez plus
tard, trois ou quatre tours de fil de cuivre de un quart de millimètre,
bien nettoyé au papier émerisé. Même
opération au deuxième dé. Sur chacune des faces
appelées à se faire vis à vis, l'opposite de
la bague de laiton, tracez légèrement, à l'aide
d'une lime fine, cinq à six menus traits en croisillon :
soufflez pour qu'aucune poussière n'y reste. Ces deux surfaces
doivent être bien perpendiculaires à la portion extérieure
du crayon de charbon, n'avoir aucune éraflure sur les bords,
aucun éclat. Attention au vermicelle central. Attention à
ne pas le briser.,
Avez de très minces rondelles en liège, en carton
bristol si cela vous plaît. Collez-y solidement un de vos
dés.
Le fil fin qui fait plusieurs tours à la base est coupé
à une longueur de quinze à vingt centimètres
pour soudures dit liaisons ultérieures.
Entourez légèrement de colle forte (ou de bonne colle
à froid) votre cylindre de charbon déjà fixé
dans sa rondelle de liège, Coiffez alors ce dé d'un
bout de tuyau en caoutchouc, ou gomme élastique de un à
deux centimètres de long au grand maximum. Ce tuyau doit
avoir le diamètre interne voulu pour bien embrasser le cylindre.
Ayez en réserve dans une fiole, une boîte, de là
poudre de coke, non du pulvérin dentifrice, dentifrice
: pris pour porphyrisé mais de granules moitié
de têtes d'épingles au plus.
Dans la cheminée béante, jetez la pinée nécessaire
pour former une couche très mince.
Introduisez le deuxième dé après avoir coupé
le tuyau si vous le reconnaissez trop long. Une fois ce dé
mobile enfoncé, poussé contre la couche de coke, un
millimètre de bracelet de matière élastique
au dessus de la surface noire suffit. Vous y coulez quelques gouttes
de cire à cacheter, soufre, résine, gutta-percha,
etc .
Votre deuxième cylindre se trouve coincé,
immobilisé.
Auparavant vous pouvez essayer le microphone en le fixant avec des
épingles, traversant la rondelle sur une lame quelconque,
en intercalant deux piles et un téléphone ordinaire
dans le circuit. Si le tic-tac d'une montre passe nettement sans
bruit de friture, sans crissement désagréable, clôlurez,
opercutez.
S'il en est autrement, changez le coke, augmentez, diminuez, prenez-en
plus ou moins jusqu'à résultat parfait.
Tel est le transmetteur à choisir pour les électrophones
à haute voix.
L'organe a de 12 à 14 millimètres de haut sur 12 de
large.
Si après plusieurs essais mauvais, la patience vous manque
ce n'est pas crime, mais faute faites l'emplette du
microphone frère du précédent.
Il est appelé : d'Argy Mildé par M. F. de Mare dans
l'Electricien du 27 juin 1885, n° 115; d'Argy tout court par
M. Juppont dans le Génie civil du 30 mai 1885, page 74 ;
d'Argy tout court encore dans le Dictionnaire d'Electricité
de MM, G. Dumont et Leblanc, page 551, et dans le « Téléphone»,
par M. Géraldy.
D'autres publications non parvenues à notre connaissance
nous honorent certainement de cette paternité.
Dans la « Lumière électrique », numéro
du 25 avril 1885, la maison Ch. Mildé a fait imprimer, en
réponse aux allégations de la Société
des Téléphones, une lettre portant ma signature, dans
laquelle il est question de la « double capsule cannelée
de Notre microphone ».
Oui ou non, ce microphone est-il reconnu d'Argy par la maison
Mildé ?
En réalité, personnellement, nous n'avons pas trouvé
cette combinaison.
Elle pourait être réalisée par un amateur, mais
on peut l'acheter. M. Mildé fils ne refusera certes pas de
vendre, séparé de toute ébénisterie
ou pièce nickelée, le petit engin qui nous occupe.
Il coûte à francs, dont Zéro pour nous.
Il a le grand avantage de supporter un courant électrique
bien plus intense que les modèles à caoutchouc qui
nous restent en approvisionnement.
Le temps,nous manquent pour en confectionner d'autres plus résistants.
Nous passons la main à des imitateurs plus adroits que nous,
en leur souhaitant bonne chance, réussite. Chacun son tour.
La netteté de la voix est parfaite si le téléphonant
n'est pas bègue ou enchifrené, cela se devine. Pas
de bobine d'induction.
Piles
Le microphone construit chez M. Mildé, fils du sympathique
horloger électricien, mort il y a peu d'années, se
différencie de celui breveté en 1883 par une particularité
caractéristique.
La matière concassée, semi-conductrice, au lieu d''être
tassée, serrée, presque comprimée entre les
deux surfaces striées du charbon à lumière,
glisse librement entre elles, prisonnière dans une capsule
métallique excessivement mince, à l'intérieur
vernie d'une peinture isolante. Cette boite se fera en lamelles
de liège.
Ce petit récipient de tôle qui peut avoir 3 centimètres
de diamètre sur3 ou 4 millimètres de largeur interne
est, aux trois quarts, plein de coke pulvérulent. Il se asse
dans la portion inférieure de la boîte quand l'organe
est fixé, son charbon horizontal, dans une planchette mince,
ou enfoncé dans un disque de bouchon collé lui-même
à la plaque de bois.
En éléctrophonie, les piles à peroxyde de manganèse
sont universellement adoptées.
Il en existe plusieurs modèles. On peut en fabriquer chez
soi très facilement : indications et conseils seront à
revoir à ce sujet dans nos causeries.
On connaît aussi les préférences de l'électro-amateur
pour les éléments Lacombe. Le cylindre de charbon
est excessivement solide. Le canal central, bien compris, met le
crayon de zinc tout à fait à l'abri de funestes contacts
avec le pôle positif. Cet avantage est inappréciable
pour les personnes qui font à tout moment des expériences,
déplacent les piles, tirent les fils, etc., etc
Usez du sel Leclanché.
Nous recommandons également aux acheteurs les piles universelles
dont plusieurs types sont en exercice courant depuis avril 1891,
attelés à nos différents postes, Ces piles
sont dites piles sèches, parce que le liquide indispensable
à l'action chimique, génératrice du pulsus
électrique, est changé en sirop épais, en espèce
d'onguent, de pâte molle permettant de clore le récipient,
d'éviter toute manipulation d'eau mélangée
de sel ammoniac.
Avec le dispositif exploité par la Société
concessionnaire du brevet, il n'y a aucun suintement extérieur.
La propreté s'y maintient absolue ainsi que la siccité.
La boîte renfermant les agents électrogéniques,
constitue elle-même le pôle négatif puisqu'elle
est en zinc. Elle supporte par conséquent Tous les chocs
auxquels le verre - épais - ne résisterait pas.
Dans les nôtres, marchant correctement depuis avril 1891,
les parois métalliques sont tout simplement recouvertes d'une
feuille de papier ardoisé servant à l'emballage dans
certains magasins. Cette enveloppe suffit à protéger
les éléments empilés - comme des briques les
unes sur les autres - contre le contact de zinc à zinc
Plans de pose
Les figures 16 et 17 montrent comment doivent être reliés
les postes électrophoniques pour avoir une excellente transmission.
Regardons d'abord chaque station, elle se compose d'un microphone
M et de deux boîtes parlantes B.

Nous savons actuellement aussi bien que l'auteur que ces boîtes
peuvent être vissées à la même planche
que la chambre microphonique, être mobiles à genouillères
sur cette planche, être séparées comme dans
le croquis.
On sait aussi que le dispositif parlant (celui qui répond
à la question posée) peut parfaitement se composer
d'un seul récepteur, Dans les instruments de bureau, par
exemple.
Admettons deux récepteurs. Chacun a ses deux fils.
Celui de gauche du cylindre de droite est relié à
celui de droite du cylindre de gauche.
L'organe parlant - formé d'un ou de deux larynx - a par conséquent
ses deux serre-fils extrêmes libres.
Celui de gauche se joint à son collègue de l'autre
poste,
Celui de droite va au microphone interlocuteur.
Votre fil de microphone vient du fil extrême droite de l'autre
poste.
Le fil charbon de votre pile locale s'attache à la borne
libre de votre microphone. Elle va en réalité à
une des lames de l'interrupteur.
C'est la deuxième lame de l'interrupteur qui se soude au
fil de l'organe microphonique.
Le fil zinc rejoint la poupée d'extrême gauche qui
a déjà le conducteur allant à sa sur
de l'autre station.
Ayant trois fils bleu, blanc, rouge, rangés dans cet ordre
avec fil zinc relié au bleu, fil charbon relié à
la deuxième borne, blanc à la troisième, rouge
à la quatrième, à l'autre station vous aurez
bleu, rouge, blanc, avec les fils de pile identiquement posés.
La marche du courant est si facile à suivre qu'il suffit
de jeter là un coup d'il sur le croquis pour comprendre
et retenir le montage.
L'amateur pourra essayer aussi le montage de la figure 17 pour constater
lequel des deux fournit, toutes choses égales par ailleurs,
la voix la plus forte.
En mettant côte à côte les deux plans, il n'est
pas difficile de voir les différences.
À la station de droite on n'a représenté qu'une
boîte parlante : ce qui est sans importance.
B, B'B" sont les trois téléphones, les trois
récepteurs, T et T' sont les deux transmetteurs,
On vérifiera encore si les instruments vont mieux en mettant
à gauche les deux lils placés à droite dans
notre plan.
Ce sont les fils bleu, je suppose, et fil zinc.
L'emploi de trois fils dans les maisons, hôtels, ministères,
lycées, communautés religieuses constitue une augmentation
de dépenses si minime que sans les objections d'un électricien
à cet égard, nous n'en soufflerions mot.
Notre prétention serait grotesque en effet de penser avoir
trouvé des appareils pour causer de ville à ville
ou de Samarkand à Londres - à haute voix - s'entend.
Encore une fois cette installation à trois fils pour tous
établissements, publies et privés, ne présente
aucun inconvénient.
Nous répétons de veiller aux vis dont la rage est
de quitter leur écrou, à la propreté des bouts
conducteurs; soudez tant que vous le pouvez : alors vos contacts
sont inusables.
De bons contacts (à défaut de celui recommandé)
consistent en clous de tapisserie ; enfoncez-les, au quart de la
hauteur, en nombre voulu. Entourez la tige de deux ou trois tours
de ses deux fils bien frottés à l'émeri.
Enfoncez le clou. La calotte dorée vient recouvrir l'espèce
de ligature intérieure; la protéger. Veillez à
ce qu'un coup de marteau trop brutal ne fasse pas couper un de vos
conducteurs par le bord du clou.
Expériences réalisée avec les instruments décrits.
Résultats obtenus.
Le marquis de la Palisse proclame par ma plume que pour se faire
comprendre il est indispensable de parler distinctement. Il faut
même ouvrir la bouche et articuler, syllaber ses phrases.
Cela est nécessaire dans un salon, dans la rue, à
fortiori en face des instruments merveilleux de Hughes-Graham Bell
qui transmettent la voix d'une extrémité de l'univers
à l'autre. |
Beaucoup de gens ne s'en doutent pas.
L'auteur, en 18S0, habitait un paisible village endormi sur les
bords pittoresques de la Garonne. Il microphonait avec une ardeur
juvénile.
Un peu plus, les pécheurs d'aloses qu'il avait sous sa paternelle
surveillance, auraient été priés de se relayer
pour les expériences continues. La famille était surmenée.
Le gendarme y perdait sa légendaire patience. Le gamin pleurnichait.
Les sous restaient sans influence.
Les visiteurs et visiteuses, harponnés avec miel et douces
paroles, étaient mis à contributions cinq minutes:
" Mademoiselle, je vous prie. Vous verrez. Non. Vous entendrez.
C'est très curieux. "
Ce fut même très curieux pendant plusieurs années.
Un beau jour, certaine dame répondant au gentil prénom
de Lovely, entamait une électrique avec son fils, Le futur
magistrat était au deuxième étage nous, au
rez-de-chaussée. Madame Lovely à les deux cornets
aux oreilles, le nez près de la plaque. Puis d'une voix d'outre-tombe
; " Joseph, es-tu là ? " Joseph, le jeune étudiant.
' .
" Tonnerre de Brest, s'écrie en jetant les bras en avant
d'un geste anguleux d'ancien télégraphe Chappe, l'électro-amateur,
parlez plus fort, Madame. Où allez-vous chercher cette voix
sépulcrale ?
Voyons! si votre fils se trouvait à 2 mètres de vous,
lui parleriez-vous avec cette intonation pâlotte de mandoline
essoullée ? "
Inouï, ma parole !
Une autre fois la jeune fille qui
tenait les téléphones, effrayée d'entendre
la réponse de sa maman, lâche tout le matériel
qui s'écroule sur le piano avec un formidable bruit. |
En revanche, un sympathique conseiller d'arrondissement des environs
m'écrivait que j'avais réellement créé
un appareil pour lès sourds, car, dur d'oreilles, Il n'avait
jamais rien perçu dans les postes téléphoniques
courants.
De fait, il faut, même aux
gens dont le marteau, l'enclume, l'étrier, la trompe d'Eustache,
le nerf préposé à l'organe de l'ouïe,
etc., sont en parfait état, une petite habitude pour entendre
dans les récepteurs, Mais c'est l'affaire de quelques instants.
Il faut couloir entendre ; condenser sa pensée sur la plaque.
Certains êtres dont la figure vraie se dérobe sous
une barbe en broussailles parlent en dedans,
Certaines moustaches caressant la membrane de sapin provoquent à
la station suivante des frémissements d'indignation dans
le dispositif magnétique, des crachements de $ros matou en
fureur.
La voix des moustachus passe moins bien que celle des bouches non
poilues.
Les notes aiguës des larynx d'enfants passent admirablement.
Certaines lettres passent mal parfois. Rappelons-nous bien que l'oreille
est un admirable instrument. Les téléphones ne sont
point des amplificateurs, mais des diminuateurs des sons.
Le transmetteur qui rendra clair, bien découpé, tranchant,
le bafouillage blafard de l'individu orné de barbe qui avale
la moitié des syllabes, n'existe pas.
Le transmetteur qui rendra haute, la voix basse d'un téléphonant
qui murmure ses phrases sur le sapin, est à inventer.
La plupart des gens parlent du nez.
Ayez cette vérité incrustée dans les replis
cérébraux,
donnez-vous ensuite la fatigue d'écouter pendant quelques
jours avec une attention intensive les personnes avec qui vous serez
en relations : vous le constaterez.
La fameuse voix de polichinelle reprochée à tant d'électrophones
n'est donc pas toué à fait imputable à l'agencement
de l'organisme électrique.
Des plaques trop minces aux récepteurs sont souvent cause,
aussi, du nasillement.
Moralité pratique: pour donner à nos électrophones
ja vigueur de poumons nécessaire au poste d'arrivée,
ouvrez la bouche, articulez sans précipitation, lancez les
mots contre la planchette microphonique: ne lisez pas que je dis
de crier - si vous criez, l'électrophone criera : votre correspondant
vous priera de suite de baisser le ton. Pour que les phrases sortent,
s'élancent des boîtes parlantes, il faut, au départ,
les jeter sur la membrane à 3 ou 4 centimètres de
distance au plus. Avec des téléphones ordinaires,
on peut murmurer : le jeu des bronches, la respiration sont perçus
à l'arrivée.
En ce moment 1l s'agit d'entendre à distance l'électrophone:
le problème est tout autre. ;
Voici, à présent, en toute sincérité,
les résultats obtenus par les appareils rigoureusement décrits
et dessinés dans ce modeste travail.
Je déclare et j'affirme que, placé contre un mur épais
à 75 centimètres de la chaise d'un monsieur assis
à son bureau, l'électrophone à deux cylindres
se fera comprendre sans que l'écouteur ait à quitter
son siège.
S'il veut répondre il place naturellement la tête entre
les deux boîtes et correspond avec son interlocuteur.
Il pourra écrire sous là dictée de l'invisible:
si l'invisible n'est qu'à cent mètres environ, 4 ou
6 éléments Lacombe, ou secs, modèle B, suffiront
à chaque station,
La sonnette électrique n'a plus sa raison d'être. On
s'entend appeler. Chez nous un sifflet de dix centimes est suspendu
au salon, à l'appareil. Il faudrait être très
absorbé pour ne point percevoir ce son et accourir à
la planchette demander ce que veut l'interlocuteur.
Une chanson remplira l'appartement entier : cela va sans dire. ,
Mais cet appartement ne pourra pas être un atelier de forgeron
en activité.
Il faudra imposer silence à ceux qui causeraient politique
au moment de l'expérimentation.
Les causeries politiques, - tout le monde a raison, je l'ai constaté
600 fois,- montent instantanément sur les grosses cordes,
à un diapason fort élevé. On saura bien que
le bais et le métal parlent ou chantent: on aura à
à se taire pour écouter.
Cela n'empêchera pas, cependant, de téléphoner,
dans un coin, mais avec la tête entre les boîtes.
Un personnage sérieux nous a dit (l'avez-vous oublié)
: un système qui réclame l'attention de l'auditeur
ne vaut rien.
Ce verdict me bourdonne dans les oreilles jour et nuit. Mais, pour
comprendre quelqu'un qui parle à mes côtés,
il faut que j'écoute, que je prête l'oreille? A qui
de nous n'est-il pas arrivé, préoccupé que
l'on est par une idée soudaine, par une toilette bien portée
qui passe, etc.
. de faire répéter? pardon, vous
disiez, excusez-moi, faites-moi donc le plaisir de recommencer,
etc., etc
Dans un salon, si plusieurs personnes parlent en même temps,
le meilleur microphone recueillera la somme totale de ces vibrations
multiples, instantanées, contraires, s'interférant
les unes les autres. Comment pourrait-il faire le triage quand les
savants déclarent déjà merveilleux le transport
de la parole d'une seule bouche à distance?
Et, sérieux comme pontife, vous venez proclamer que seul
sera bon, admissible, commercial, le dispositif qui dispensera l'auditeur
d'attention ! mon porte plume en tombe.
Et cette attention, encore un coup, il nous la faut couramment,
dans nos rapports de tout moment !!
Pour entendre nos appareils il faut écouter, il faut un silence
sinon tombal, du moins relatif dans la pièce.
Est-ce qu''à Tarascon,- chez M. Legris, l'Ingénieur
ne voulait pas essayer la boîte apportée, en pleine
atmosphère d'ouvriers limant, taraudant, décolletant
des vis? Quelques-uns chantaient même à mi-voix l'ineptie
musicale momentanément à la mode.
" Voyons, cher Monsieur, mon bric à brac ne réclame
pas positivement la cabine téléphonique ni la solitude
béate et réconfortante du W-C., mais enfin, ici, au
milieu de ce vacarme! Faites au moins taire ces abrutis là-bas,
grévistes d'après-demain, qui m'agacent avec leur
scie polissonne " - " SI vous croyez que c'est un personnel
facile à mener ! le moins payé à 8 francs etc
etc. "
Il n'y a pas un mois au moment où s'écrivent ces lignes
qu'eut lieu le fait suivant.
Ayant sous la main une fillette de 8 ans élevée à
la campagne, nous la prions de causer avec nous qui descendons,
au salon.
Notre fillette était avec sa camarade.
Je parle: je pose des questions: je réclame impérieusement
des réponses : rien.
À mon retour dans la pièce, la jeune sauvagesse était
recroquevillée dans un coin, les deux mains collées
aux oreilles, épouvantée!
La voix est nette et claire.
Tous ceux qui l'entendent avouent leur surprise.
Tous reconnaissent l'immense avantage sur les postes ordinaires.
L'instrument de bureau se posera à 60, 70 centimètres
et plus. On s'entendra toujours siffler ou appeler. Voici les dimensions
mathématiques: Hauteur 28 centimètres. Largeur 19
centimètres. Epaisseur 7 centimètres. On sail que
cet électrophone s'ouvre à charnière, il est
très décoratif.
Il a passé près de 6 semaines chez un constructeur.
Les naïfs croiront que d'autres bobines électrisées
y ont été essayées : qu'on a tenté un
réglage. Quand l'engin fut restitué tel qu'au départ.
Pardon : il y avait sous la bande porte-aimant à une des
encoignures une petite cale en papier plié ! Voilà
le perfectionnement trouvé.
Condamné comme mauvais.
Il est à Rochefort très bon. Mystère.
La boîte cubique à deux dispositifs magnéto-électriques
est suspendue par ses lils métalliques à 1m. 20 du
plafond : en communication continue avec le salon ou avec le cabinet
de physique bâti au fond d'un jardinet.
Ce mécanisme se prêterait certainement à de
belles expériences publiques, car il supporterait un courant
puissant en donnant une intensité de voix réellement
belle.
Avec 6 à 8 éléments, on obtient un rendement
considérable et le nombre en pourrait être augmenté
sans inconvénient. |
Avec dix éprouvettes au sel chlorochromique de M.Renard,
la personne qui parle est transportée dans la boîte.
Du reste, même en service habituel, avec les téléphones
de muraille, l'auditeur novice est convaincu que ce sont les murs
qui transmettent
il faut enlever le fil, ouvrir le circuit
pour lui prouver son erreur très naturelle.
N'a-t-on pas écrit plus haut que ce cube serait peut-être
plus vigoureux encore si on l'armait de quatre planchettes sonores
au lieu des deux décrites, Nous n'affirmerons rien cependant.
La chose certaine est que les aimants pourraient être plus
saturés de vibrations magnétiques, bobinés
de fils plus ou moins épais.
- Ces-essais à tenter demanderaient une douzaine de jours
au maximum chez un constructeur.
L'électro-amateur raconte simplement ce qui peut être
constaté chez lui par tous les gens qui le viennent voir.
On aura la facilité de communiquer à tout instant
avec un parent, un père, une belle-mère, travaillant,
logé, occupé dans une .pièce lointaine sans
avoir aux oreilles un kilogramme de ferraille.
Le malade, tout près de son lit aura la commodité
de pouvoir appeler, demander ce qui lui est nécessaire. A
Huit jours après l'installation, toute la famille sera enchantée
: elle portera aux nues le constructeur.
Ce dernier, en outre, pourra offrir à ses intimes l'audition
réellement frappante de récitations, de chants à
distance; de musique également. En approchant les oreilles
à 5 ou 10 centimètres des tympans, on entend
Renard, la personne qui parle est transportée dans la boîte.
Du reste, même en service habituel, avec les téléphones
de muraille, l'auditeur novice est convaincu que ce sont les murs
qui transmettent
il faut enlever le fil, ouvrir le circuit
pour lui prouver son erreur très naturelle.
N'a-t-on pas écrit plus haut que ce cube serait peut-être
plus vigoureux encore si on l'armait de quatre planchettes sonores
au lieu des deux décrites. Nous n'affirmerons rien cependant.
La chose certaine est que les aimants pourraient être plus
saturés de vibrations magnétiques, bobinés
de fils plus ou moins épais, - Ces-essais à tenter
demanderaient une douzaine de jours au maximum chez un constructeur.
L'électro-amateur raconte simplement ce qui peut être
constaté chez lui par tous les gens qui le viennent voir.
On aura la facilité de communiquer à tout instant
avec un parent, un père, une belle-mère, travaillant,
logé, occupé dans une .pièce lointaine sans
avoir aux oreilles un kilogramme de ferraille.
Le malade, tout près de son lit aura la commodité
de pouvoir appeler, demander ce qui lui est nécessaire. ,
Huit jours après l''installation, toute la famille sera enchantée
: elle portera aux nues le constructeur.
Ce dernier, en outre, pourra offrir à ses intimes l'audition
réellement frappante de récitations, de chants à
distance; de musique également. En approchant les oreilles
à 8 ou 10 centimètres des tympans, on entend Renard,
la personne qui parle est transportée dans la boîte.
Du reste, même en service
habituel, avec les téléphones de muraille, l'auditeur
novice est convaincu que ce sont les murs qui transmettent
il faut enlever le fil, ouvrir le circuit pour lui prouver son erreur
très naturelle.
N'a-t-on pas écrit plus haut que ce cube serait peut-être
plus vigoureux encore si on l'armait de quatre planchettes sonores
au lieu des deux décrites. Nous n'affirmerons rien cependant.
La chose certaine est que les aimants pourraient être plus
saturés de vibrations magnétiques, bobinés
de fils plus ou moins épais, - Ces-essais à tenter
demanderaient une douzaine de jours au maximum chez un constructeur.
L'électro-amateur raconte simplement ce qui peut être
constaté chez lui par tous les gens qui le viennent voir.
On aura la facilité de communiquer à tout instant
avec un parent, un père, une belle-mère, travaillant,
logé, occupé dans une .pièce lointaine sans
avoir aux oreilles un kilogramme de ferraille.
Le malade, tout près de son lit aura la commodité
de pouvoir appeler, demander ce qui lui est nécessaire.
Huit jours après l''installation, toute la famille sera enchantée
: elle portera aux nues le constructeur.
Ce dernier, en outre, pourra offrir à ses intimes l'audition
réellement frappante de récitations, de chants à
distance; de musique également.
Mais oui! les bêtes ont une
langue. Le difficile est de la comprendre. Les oies ont un vocabulaire
excessivement varié.
Une démonstration que les animaux les plus imprévus
ont des mots : tout le monde doit savoir qu'un chapon, métamorphosé
en poule couveuse - ce qui est très bon à plusieurs
points de vue - emploie instantanément, quand les petits
sont éclos, les intonations spéciales, les mols particuliers
des mamans poules,
Ces -mots-là, lui coq, lui chapon, il les connaît,
il en sait le sens, l'articulation, mais, vous ne les en
tendez pas dans son bec: car il n'en a pas besoin,
Vous le changez en bonne d'enfants. II leur prodigue les : "
attention " ; "prenez garde " ; " venez ici,"
voici à manger, etc.
. Qu'il n'avait pas à prononcer
auparavant: car, à chacun son métier!
Et si le nombre des mots, des expressions phonétiques est
peu considérable, dites-nous, sommes
orgueilleux et sots qui vous croyez si à part dans la création:
est-il considérable le nombre des sons gutturaux formant
la langue animale de certaines peuplades encore existantes de nos
jours ? !!
À combien decoups de gosier se réduisent
leurs langues ?
N'avons-nous pas en France un " basse-couriste " patient
qui commence à parler " poule ".
D'autres viendront qui parleront " merle " ou "faisan
".
Enfin des farceurs spirituels armés de microphones ultra
sensibles, comprendront les onomatopées joyeuses et jouisseuses
d'un bombyx mandibulant ses feuilles de mûrier à la
veille d'un changement de peau.
Les dialogues de deux acarus de la gale se croisant dans leurs expédiions
sous-cutanées seront saisis sur le vif, traduits aux populations.
Le moment est venu de causer sérieusement. Tout-à-l'heure
nous retrouverons les bêtes.
Nous estimons l'expérience
suivante de nature à frapper l'esprit des amateurs de physique.
Nous avons trois chambres séparées par des vestibules,
corridors, cours, peu importe: cabinet de travail ; salon; salle
à manger.
Dans le cabinet de travail : un transmetteur à matières
pulvérulentes. '
Dans le salon : la boite cubique pend au centre du plafond en communication
électrique avec le microphone précédent. Sur
un des murs du même salon,
l'appareil à deux cylindres tronquées en relation
avec son frère de la salle à manger. De quatre à
six éléments au chlorhydrate d'ammoniaque dans chaque
pièce.
Jean parle au microphone du cabinet. La boîte du plafond reproduit
les phrases. Toute personne dans le salon les comprend. Jusqu'ici
rien que d'archiconnu.
Mais Joseph, au salon, établit le contact de son électrophone
avec le circuit de la salle à manger où Baptiste ferme
à son tour le circuit de l'instrument.
Placé entre les deux cylindres, à entend parfaitement
les paroles prononcées au cabinet de travail. Or, qui les
transmet ? Une couche d'air de 2 mètres et demi chez nous
- séparant la suspension électrique de la membrane
microphonique du mur. -
Nous possédons là, par conséquent, un larynx
artificiel composé de bois, lil de cuivre, acier, électriquement
vivant, qui articule les syllabes assez fortement pour se faire
comprendre à l'autre station
. Animer un second système
magnésique.
Jean pourra donc parler à deux interlocuteurs différents,
simultanément. Sa seconde voix, celle de la boîte cubique,
aura la puissance d'émission suffisante pour servir de personne
naturelle au microphone intermédiaire, puis arriver, obtenue
par cette succession de transformation, aux deux cylindres de la
salle à manger.
Cette expérience dont chacun peut, à la maison, vérifier
les résultats, que chacun peut reproduire et varier en construisant
les instruments, ne démontre-t-elle pas l'intensité
des sons lancés dans l'air par ces dispositifs ?
Nos électrophones permettront d'autres expériences
aveu les amis. du foyer. E Fox, Tom ou Nemo est au centre de la
pièce.
L'électrophone l'appelle. Il dresse l'oreille. Ahurissement,
Il se jette contre l'instrument ; donne de la voix à pleine
gueule. S'il reconnaît son maître: ce sera un beau tapage,
des queues en délire.
Votre chat est-il une bonne pâte de minet apprivoisé?
Approchez-le des membranes. Il sera abruti
d'entendre son nom. Que le téléphonant imite là-bas
la chatte en miaulant ferme, en pfuffutant, vous aurez une comédie
des plus divertissantes, etc. etc. etc.
Il n'ya donc là dessous ni
tour de main d'artiste, ni secret professionnel, ni difficulté
d'ébénisterie in
surmontable, ni quoi que ce soit de très difficile, pouvant
arrêter un fabricant d'occasion.
Nous avons vu au café des cervelles accaparées des
heures entières par la manuvre de cartes à faire
mouvoir en ordre prescrit sur une flanelle verte, des réussites
!! !
Nous avons vu des cerveaux ankylosés, plusieurs semaines
durant, par le découpage énervant de planchettes destinées
à devenir : huiliers, vide-poches porte-pipes, étagères.
|
Ne peut-on consacrer quelques jours à la construction de
nos électrophones ?
Les indications précises, conseils multiples, observations
de détail sont tombés abondamment de la plume de l'auteur.
Dira-t-on que le besoin de ces instruments ne se fait pas sentir
?
Mais il suffit d'avoir un logement composé de plusieurs chambres
- même de plein pied - pour que l'électrophone soit
très utile. Que sera-ce si la maison à plusieurs étages,
2 ailes ? s'il existe des appartements au fond d'une cour, d'un
jardin, d'un parc !
Pour correspondre avec ses voisins de ville, de rue, l'intervention
du ministère des postes et télégraphes est
à solliciter et à payer.
Des fils de cuivre siliceux sont indiqués pour les passages
à ciel ouvert. Des crochets se plantent dans le mur, munis
de poulies en porcelaines ou de 7morceaux de tube de verre.
Nous nous plaisons à croire qu'il se trouvera parmi nos lecteurs
bien des amateurs- qui se donneront la peine de tenter l'aventure.
Nous leur prédisons succès complet.
Quelle joie ils en éprouveront !
Dans les six mois de l'apparition de cette brochures je l'ai dit:
je le maintiens: je compte recevoir de, remerciements.
Ce sera, de mes petits travaux, une bien grande, une bien-douce
récompense.
à Rochefort, février
1892.
Mot de la fin.
A FÉCAMP.
Les imprévus de la carrière - nos armes sont : voiture
de déménagement sur fond de sable désargenté
- nous ont ramené sur les bords de la Manche, si durs aux
bronches, non loin de Saint-Valery-en-Caux où une fièvre
microphonique intense nous mettait en vibration dès 1878.
Elle est loin déjà, la merveilleuse. invention du
célèbre Graham Bell, du pianiste Hughes
Elle a révolutionné le monde !
Nous en verrons bien d'autres. À Fécamp, petite ville
Illustrée par la Bénédictine, cette "
chartreuse " laïque de Normandie, l'auteur vient de corriger,
une à une, les feuilles de sa brochure. Il aurait voulu la
refondre pour la rendre moins indigne de ses amis ! qu'ils l'acceptent,
telle quelle, pleins d'indulgence!
De tout le matériel scientifique de l'électro-amateur
Il n'a été apporté ici que les parleurs à
haute voix déjà bien connus d'un grand nombre de personnes.
Le lecteur a compris que nous n'avons pas créé d'appareils
permettant la conversation interurbaine, encore moins interocéanique,
sans téléphones aux oreilles,
Cela sera trouvé - par d'autres chercheurs mieux outillés
que nous - à TOUS les points de vue.
Mais les électrophones que nous avons imaginés ont
le droit incontestable de porter notre modeste nom.
Ils rendront d'appréciés services dans les maisons,
hôtels, lycées, écoles, banques, études,
etc .
Il suffit de les construire, ou de les faire construire, à
portée de l'il, avec beaucoup de soins, en suivant
méticuleusement les instructions à profusion données.
lci ils fonctionnent par l'intermédiaire d'un tuyau de plomb
de 40 mères renfermant les 3 conducteurs. Il y à 6
piles à chaque extrémité .
. mais elles
n'ont plus la vigueur d'antan. Toul passe, hélas !
Fatiguées les piles, comme leur maître !
L'un des postes est suspendu dans le cabinet du " Commissaire
" !! personnage bizarre: tour à tour intendant, juge
de paix, ordonnateur, conseiller amical, notaire, commandant de
recrutement, père des marins - en colère parfois,
- confident des douleurs, président de tribunal !!! etc
Le deuxième instrument se trouve dans la chambre d'une très
menue personne que, plaisamment, nous appelons Notre Trois quarts,
par une juste appréciation de nos mérites et qualités
réciproques.
Quand Trois quarts gratte de l'ongle sur sa planchette les raits
jouent de la dent à l'intérieur de nos parleurs !
Et combien la voix est normale, naturelle ! Vous rappelez-vous le
cas de cette jeune fille intriguée par une expérience
à Rochefort, reconnaissant la voix d'un ami de la famille
qu'elle ignorait à la maison? Pourtant, il la contrefaisait
afin d'imiter la poupée! il l'aura oublié dans une
intonation particulière: sa personnalité s'est ainsi
dévoilée à distance.
Je vois encore l'ahurissement d'une bonne femme de Sotteville -
Manneville - Ingouville - Venesville - Canonville, peu importe.
Nous étions debout au milieu du bureau. Elle ronronnait doucement
sa petite histoire, la pauvre, celle de tous les jours.
J'écoutais, attentif, ces doléances trop familières
à mes oreilles. Tout d'un coup, au plafond : " Esi-ce
que tu ne vas pas chercher les enfants ?? "
La boîte! la petite boîte polyèdre de l'Islé-Adam
! " Trois quarts " m'apostrophait. " Pardon, madame
! " je cours à la muraille : " Quelle heure est-il
donc ? - " Midi moins vingt " - " Sapristi ! bien,
j'y vais dans cinq minutes ".
Et je t'ai pris ton fils, Sancta
mater dolorosa ! Et tous les jours j'en lève, car il en faut,
de la chair à canon, de la pâte à mitrailles
!
Qu'il meure ici, ou là, d'ailleurs !! grimpe avec moi, femme,
ces quelques marches de bois, regarde ces coffres alignés,
ces boîtes noires, et dessus, souquées avec un filin,
ces bottes ! les reconnais-tu, les grandes bottes du Terre-Neuvier
? C'est mon cimetière à moi, le commissaire ! Voici
le dépositoire de ces restes respectables, de ces reliques
des pères, des oncles, des fils, des fiancés disparus,
engloutis dans le vaste gouffre ! La famille, prévenue, tôt
ou tard, viendra prendre ces caisses mal clouées, ces débris
du mort, ces guenilles sacrées.
Donc, ici ou là, sèche tes larmes, bonne femme ! ils
sont tous, ou peu s'en faut, condamnés.
Ah ! C'est que les temps sont rudes, en vérité - et
l''avenir sombre
Et toujours et quand même, malgré les hontes et les
scandales, il faut avoir foi dans la Science, dans le Progrès,
dans la marche ascendante de l''humanité.
Il faut s'élever au-dessus de la fange, de la fiente ambiante.
Il faut travailler.
Il est immense, le champ à exploiter !
L'édifice actuel - menacé de crevasses prochaines
par la barbarie montante - est une taupinière, si on le compare
au monument définitif qui abritera L'HOMME !
Apportons tous, chacun, notre microscopique parcelle de grain de
sable à la construction du Temple.
Nous n'aurons pas perdu notre journée, gaspillé notre
existence.
Juillet 1893,
AVIS IMPORTANT
Nous croyons devoir aviser le lecteur que M. A. JAVELTIER, constructeur
électricien, rue du Drapeau, à Dijon, a recu autorisation
spéciale de l'auteur pour fabriquer les Electrophones à
haute voix de A. D'ARGY.
Il y apportera tous ses soins, tout en les livrant à un prix
raisonnable :
On pourra donc s'adresser à lui en toute confiance.
M. A. Javelier est déclaré seul concessionnaire des
appareils d'Argy pour la France et l''Etranger.
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