En 1879 Les frères Daniel et Thomas Connolly avec J.McTighe en Amérique, d'origine Grande Bretagne,
inventent le premier commutateur téléphonique automatique au monde.

À peine un an s'était écoulé depuis que le premier central téléphonique américain était opérationnel à New Haven, dans le Connecticut, en 1878, alors que des efforts étaient déjà en cours pour recruter le personnel de commutation nécessaire pour établir et déconnecter les connexions et vérifier si les téléphones étaient libres ou occupés. Les lignes et les appels ou les rapports d'occupation peuvent être réalisés à l'aide d'éléments de commutation électromagnétiques.
M. Daniel Connolly, de Philadelphie; Thomias A. Connolly, de Washington, D. C., et Thomas J. McTighe, de Pittsburg, Pennsylvanie, sont les premiers inventeurs connus dans la technique de la commutation téléphonique automatique.
Leur premier brevet a été déposé le 10 septembre 1879 et délivré le 9 décembre de la même année sous le numéro US222458.
L’extrait suivant du brevet permet de deviner l’état des standards manuels à ce moment-là.

Principe et Station locale
Voir Le brevet 22.458 du 9 décembre 1879.
suivi des brevets
US262646, US262647,

Le 29 octobre 1881, M. D. Connolly, demanda un brevet pour des améliorations. Le brevet a été délivré sous le numéro 263.862.
Puis en 1884 dernier brevet US295356A.

Réalisation du Premier modèle de centre automatique par Daniel et Thomas Connoly avec J.McTighe
Déscription du système Connelly à l'exposition universelle de 1881, paru dans la revue la lumière électrique de 1882.


Le coeur du sytème et à droite le cadran (ou manipulateur) des 18 stations que l'on pouvait joindre.
cadran inspiré du système Froment en télégraphie en 1851

Dans cette version de 1879, il y avait 18 directions (téléphones) accéssibles. A l'Exposition de Paris en 1881, Daniel Connolly, TA Connolly et TJ McTighe ont exposé un central téléphonique automatique à 8 lignes, bien que leur système ait connu peu de succès.
Autre version

1882 Suite des brevets Connelly, US262645, US262646, US262647, US263862 et en 1884 brevet US295356

sommaire

Exposé dans "La lumière électrique" de 1882




Bien que ce premier système soit de conception rudimentaire et limité à un petit nombre d'abonnés, il incarne néanmoins le principe générique des systèmes à numérotation ultérieurs. À chaque station, en plus du téléphone, de la batterie et de la sonnette d'appel, se trouvaient une clé d'inversion, un interrupteur composé et un cadran semblable à celui utilisé dans les systèmes télégraphiques à cadran, et portant sur sa face le numéros correspondant aux différentes stations du central. Au bureau central se trouvaient des roues à rochet : une roue pour chaque station, montées les unes au-dessus des autres sur un arbre vertical commun et portant des bras d'essuie-glace qui se déplaçaient avec les rochets. Actionné par les interruptions de circuit effectuées par le cadran de l'abonné appelant, un électro-aimant déplacait le bras d'essuie-glace pour engager le contact de la ligne de l'abonné appelé.
Bien que le mécanisme de commutation soit relativement simple, diverses manipulations de la clé d'inversion et de l'interrupteur composé ont été nécessaires par les deux parties à une conversation pour effectuer les changements de circuit nécessaires à la station, pour inverser le courant sur la ligne, pour faire fonctionner les sonneries d'appel et pour remettre l'appareil de commutation en fonctionnement normal lorsque les interlocuteurs avaient fini de parler. Le système Connolly et McTighe, avec huit stations connectées, a été exposé à l'Exposition universelle de Paris en 1881 et diverses modifications y ont été apportées par ses inventeurs dans des brevets ultérieurs. Il n'a jamais été utilisé dans un service commercial.

Entre 1879 et 1900, un grand nombre de brevets couvrant les systèmes de commutation à cadran ont été délivrés,

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Vu sous un autre angle, voici une étude de Édouard Estaunié ingénieur des Postes et télégraphes à cette époque :

Parmi les stations automatiques proprement dites, l'une des premières en date, et qu'il convient de mettre à part parce qu'elle est une solution presque trop complète de la question, est la station Connoly et Mac-Tighe.
Nous la décrirons sommairement, ne croyant pas qu'elle ait été utilisée dans une exploitation téléphonique.
Les organes de ce bureau central automatique sont mis en mouvement à l'aide de courants successifs émis par les piles locales des abonnés. Chaque appareil d'abonné comprend à cet effet une sorte de transmetteur analogue au transmetteur du télégraphe à cadran.
Ce transmetteur consiste éventuellement en une roue dentée mue par un mouvement d'horlogerie et qui, en soulevant un ressort à chaque avance d'une dent, ferme le circuit de ligne qui reste ouvert normalement.
En plaçant une cheville en des points déterminés marqués sur un cadran installé au-dessus de cette roue, l'abonné limite la course de celle-ci et appelle automatiquement un abonné ou l'autre sans avoir à se livrer à une manipulation complexe.
La station automatique proprement dite (fig, 12) comprend quatre catégories d'organes dont chacun est répété autant de fois qu'il y a d'abonnés desservis par la station.

Ces organes sont ;
1° des relais A sur lesquels agissent les courants de ligne ;
2° des électro-aimants B actionnés par une pile locale et commandés par les relais A;
3° des roues R montées sur le même axe vertical a et pouvant tourner indépendamment les unes des autres sous l'action des électros B;
enfin, une série de tiges verticales T dites tiges de contact.
A l'état de repos, la ligne de l'abonné traverse un relai A, puis aboutit à la roue R correspondante et à la terre par l'intermédiaire de l'axe supportant la roue R.
A chaque émission de courant du manipulateur, le relai A ferme le circuit de l'électroaimant B, et celui-ci fait avancer d'un certain angle la roue R. On conçoit donc qu'on puisse à volonté amener au point déterminé de cette roue en regard d'une quelconque des tiges T de contact qui l'entourent.
En même temps, chaque fois qu'un bras porté par la roue passe devant une tige, celui-ci coupe la communication établie entre la roue et la terre par l'intermédiaire de l'axe et y substitue une communication avec la tige.
Si nous supposons que chacune de ces tiges soit en communication comme les roues avec chacune des lignes d'abonnés , on voit qu'en amenant au contact une roue et une tige convenablement choisies, on établira la communication entre deux quelconques des abonnés.
Des dispositifs spéciaux permettent, en outre, d'empêcher qu'une tige déjà en communication avec une première roue ne puisse être mise en relation avec une seconde, et d'une manière générale que deux abonnés reliés entre eux ne puissent être dérangés.
L'appareil est fort ingénieux. Mais il montre immédiatement combien en voulant faire exécuter autant de mouvements divers par un seul appareil, on s'expose à en multiplier les organes.
Bien qu'il ait fonctionné à l'Exposition de 1881, on ne pourrait compter que ce fonctionnement présente une sécurité suffisante pour un service normal. Il n'y a, de plus, aucun moyen de vérifier si des ratés se produisent dans la manœuvre des roues. Beaucoup de dérangements peuvent enfin
surgir par suite de l'oubli des abonnés de replacer au repos les chevilles servant à l'appel.
De plus, et c'est le point important, l'appareil supprime entièrement le rôle de la station centrale, les abonnés pourvoyant eux-mêmes à leur mise en communication. Il répond donc à une solution théorique trop complète pour ainsi dire.
En fait, l'office réclamé d'une station automatique est à la fois moins complexe et plus abordable.
Il est, en effet, nécessaire, dans l'intérêt d'une bonne exploitation, que le bureau central prenne une part effective aux mises en communication et que celles-ci ne soient effectuées que par son aide ou sous son contrôle.
On peut donc a priori, au lieu de mettre une égale complexité dans chaque poste d'abonné, ainsi que cela a lieu dans l'appareil Mac-Tighe et Connolly, supposer un seul d'entre eux, celui de la station centrale, dans ces conditions et simplifier tous les autres.
Le principal type de solution, auquel peuvent se ramener un assez grand nombre des appareils inventés jusqu'à ce jour est alors le suivant :
Chaque ligne d'abonné / aboutit à un relai polarisé R (fig. 13) placé à la station automatique.

Le jeu de cerelai est tel qu'il établit la communication de cette ligne /avec la terre, lorsque l'armature est au butoir de repos, et avec la ligne c reliant la station automatique au bureau central, lorsqu'elle est au butoir de travail.
Supposons que l'abonné possède deux boutons d'appel de manière à envoyer à volonté sur la ligne soit un courant positif, soit un courant négatif.
Pour se mettre en relation avec la station centrale, il lui suffira d'appuyer sur l'un d'eux de manière à faire passer l'armature du relai du butoir de repos au butoir de travail ; lorsqu'il aura cessé de parler, en pressant sur le second bouton d'appel, il ramènera l'armature au repos et, par suite, les choses en l'état primitif.
Pour permettre au bureau central d'appeler les abonnés, on dispose à la station automatique une aiguille se déplaçant sur un cercle, sous l'action directe ou indirecte d'un électro-aimant A auquel aboutit la ligne c. Dans le premier cas, lélectro-aimant commande lui-même des ressorts actionnant une roue à rochet qui entraîne l'aiguille. Dans le second, un mouvement d'horlogerie tend constamment à faire tourner l'aiguille, et celle-ci ne peut céder à cette impulsion qu'au moment où l'armature de l'électro - aimant est attirée.
Supposons que le cercle sur lequel se déplace l'aiguille soit formé de divers secteurs isolés les uns des autres et communiquant chacun avec une ligne d'abonné : en amenant l'aiguille sur l'un de ces secteurs par une série d'émission de courants, et en supposant celle-ci en relation avec la ligne c, on voit qu'il est possible à la station centrale de se mettre en communication avec l'un quelconque des abonnés.
Ce principe de solution suppose évidemment qu'on devra prendre des dispositions de nature à contrôler les mouvements de l'aiguille et à éviter qu'un abonné ne vienne se placer indûment sur la ligne c lorsqu'une communication est en cours.
Il permet dans une certaine mesure d'établir une communication entre deux des lignes, la ligne c demeurant en dérivation.

C'est à lui qu'il y a lieu de rapporter les appareils de MM. Leduc, Bartelous, Paul, Cedergren et Ericson ; les parties de détail étant dans chacun très différemment traitées, et toujours avec une grande ingéniosité, il convient de les passer tous en revue.

L'appareil Leduc se compose d'un axe a portant une roue dentée R et tendant à tourner dans un sens déterminé, sous l'action d'un mouvement d'horlogerie.

Un échappement à ancre, commandé par un électro-aimant E (fig. 14) règle les mouvements de cet axe, en ne permettant que le passage d'une dent, chaque fois qu'un courant est envoyé par la station centrale dans l'électro.
Sur cet axe a est monté un disque d'ébonite D sur la circonférence duquel sont installées des touches métalliques b,b (fig. 15) en nombre égal à celui des dents de R.
Le même axe porte une tige terminée par un doigt de contact isolé d maintenu baissé par un ressort.
Chaque fois que l'extrémité de ce doigt rencontre une des touches placées sur la roue D, elle se soulève et interrompt la communication établie normalement en t entre la ligne et le massif de l'appareil.
Les lignes des abonnés desservis aboutissent chacune à l'une des touches de D ainsi qu'à un ressort g placé vers le centre de ce disque. Lorsque l'appareil est au repos, le doigt d repose sur une touche spéciale, pousse par suite un levier L qui fait appuyer une plaque métallique sur tous les ressorts g. Le contact t est rompu. Toutes les lignes des abonnés communiquent entre elles et avec la ligne du bureau central.
Un abonné peut donc sonner la station centrale.
Lorsque celle-ci veut répondre, elle envoie sur la ligne une série successive de courants de même sens, positifs par exemple, à l'aide d'un manipulateur circulaire facile à imaginer. Chacun de ces courants provoque le passage d'une dent de la roue R et, par suite, le passage d'une des touches de b sous l'extrémité du doigt d. On amène ainsi à volonté la touche de l'abonné auquel on veut répondre sous le doigt d. La ligne de
l'abonné en question communique alors avec celle de la station centrale, tandis que toutes les autres lignes en demeurent isolées et la communication voulue est établie.
Il est nécessaire pour qu'un tel appareil marche normalement de pouvoir toujours faire partir la roue R, ainsi que le disque, d'une même position initiale.
C'est dans cette intention qu'on intercale sur la ligne principale un électro-aimant Hughes H, sensible seulement, dans le cas supposé, aux couraats négatifs.
La roue R porte, en outre, un butoir venant se heurter dans la position de repos à l'armature de cet électro.
Avant d'envoyer les courants nécessaires à la manœuvre du disque, l'employé envoie un courant négatif permettant au butoir d'être dégagé. Lorsque la communication est terminée, il envoie de nouveau une série de courants positifs en plus grand nombre qu'il n'est théoriquement nécessaire pour prévenir les ratés qui se seraient produits. Il est alors certain que la roue R sera revenue à la position voulue, grâce au butoir et à l'armature de l'électro-aimant Hughes revenue elle-même à sa position initiale.
Dans l'appareil Leduc, on voit que le nombre des relais est réduit au minimum. Toutefois, si l'on veut faire communiquer entre eux deux abonnés desservis par la station automatique, on ne peut y arriver qu'en opérant de la façon suivante : les avertir préalablement l'un et l'autre , et ramener la station au repos ; dans ce cas, les deux abonnés en question ne sont pas seulement mis en relation entre eux, mais encore avec tous les autres, par l'intermédiaire de la plaque appuyant sur les ressorts g ; le secret des conversations n'est plus garanti. M. Leduc a, du reste, cherché depuis à éviter cet inconvénient.
De plus, toutes les lignes d'abonnés sont laissées à la position de repos, en relation avec la ligne du poste central, et pour qu'un appel d'abonné puisse normalement arriver, il est nécessaire que chacune de lignes ait une résistance beaucoup supérieure à celle du poste central. En fait, c'est toujours l'inverse qui a lieu, d'où la nécessité d'ajouter des résistances à chaque poste d'abonné.
L'appareil Bartelous, tout en desservant un nombre d'abonnés presque exagéré, 25, présente une apparente simplicité de construction qui le rend également intéressant.
Il se compose d'un disque métallique percé d'une ouverture à son centre et sur l'une des faces duquel existe une couronne circulaire b formant saillie en forme de lame de couteau (fig. 16).

Des ressorts-lame f,g montés sur le disque et isolés électriquement de celui-ci en leur point d'encastrement, viennent au repos se poser sur cette saillie. Chacun de ces ressorts communique par son extrémité fixe avec la ligne d'un abonné.
L'autre extrémité est munie d'une fourchette à deux branches g.
Au centre du disque et perpendiculairement à ses deux faces exis\ tent deux axes A. et B portant l'un et l'autre une aiguille métallique . Chacun de ses axes et, par suite, chaque aiguille peut recevoir un mouvement de rotation par impulsions successives à l'aide d'un électro-aimant commandant une roue à rochet. Un relai polarisé d'une forme spéciale, et que nous décrirons plus loin, est placé à l'entrée de la station automatique et permet de diriger à volonté sur l'un ou l'autre des deux électroaimants le courant d'une pile locale.
A chaque impulsion donnée à l'un des axes A ou B, l'aiguille correspondante vient rencontrer l'une des branches de la fourchette qui arme les lames ressorts et soulève celle-ci au-dessus du contact circulaire b.
Quatre lignes réunissent l'appareil à la station centrale :
1° la première communique au manipulateur d'une part et au relai d'autre part ;
2° la seconde, dite ligne d'appel ce relie le bureau au massif du disque ;
3° deux autres réunissent le bureau avec l'un et l'autre des deux axes A et B.
Lorsqu'un abonné envoie un courant d'appel, celui-ci arrive au disque par la lame-ressort correspondant à sa ligne et qui, étant au repos, communique avec b.
Le courant trouve alors plusieurs routes et peut aller soit à la station centrale, soit chez l'un quelconque des autres abonnés. Mais chaque poste d'abonné comporte, comme dans l'appareil Leduc, des résistances additionnelles telles que la ligne d'appel ce tout en possédant, en fait, la plus grande longueur, soit cependant la moins résistante. Ces résistances sont d'ailleurs disposées de telle façon qu'elles interviennent seulement
lorsque les postes sont au repos. La simple manœuvre de l'appel ou du commutateur automatique les met hors circuit. Le courant d'appel parvient donc en majeure partie à la station centrale qui est ainsi avertie, à l'exclusion des autres abonnés.
Pour répondre et causer avec l'abonné , le poste central n'a qu'à amener l'aiguille de l'axe A, par exemple, sous la lame-ressort convenable. Cette manœuvre s'opère à l'aide d'une série d'envois de courants de sens convenable dans le relais d'entrée de la station. La lame-ressort est alors soulevée et la ligne de l'abonné cessant d'être en contact avec le massif communique par l'intermédiaire de l'aiguille à la ligne reliant l'axe A au poste central.
Semblablement, un deuxième abonné peut être mis en relation avec le poste central par l'intermédiaire de l'aiguille a! et de l'axe B. En bouclant les deux lignes à la station centrale, on peut donc mettre deux abonnés en communication sans qu'un quelconque des autres abonnés cesse de pouvoir appeler et causer s'il le veut avec le bureau central.
Le contrôle de la position des aiguilles s'exerce de la manière suivante :
En sus des vingt-cinq lames-ressorts correspondant aux vingt-cinq abonnés , deux autres lames sont fixées sur le disque.
Ces lames c, d (fig. 17) communiquent électriquement avec lui et ne supportent qu'une demi-fourche, de façon que l'une puisse être soulevée par l'aiguille a seulement, et l'autre par l'aiguille a'.

Supposons, dès lors, sur la ligne aboutissant à l'axe À, par exemple, une pile et un galvanomètre intercalés au bureau central, et imaginons qu'on
fasse tourner l'aiguille a; lorsque le courant cessera de passer, nous serons certains que l'aiguille a est en regard de la demi-fourche qu'elle ne peut rencontrer.
On repère donc sans difficulté la position de l'aiguille.
Ces deux lames supplémentaires permettent, en outre, de prendre si l'on veut l'une des lignes aboutissant à l'axe A ou à l'axe Bcomme ligne d'appel,
dans le cas où cette dernière présenterait une rupture.
Nous avons dit plus haut qu'un relai spécial placé à l'entrée du poste permettait, à volonté, de faire fonctionner l'un ou l'autre des électros commandant les aiguilles.
Ce relai, représenté fîg. 18, est aussi robuste que possible, de manière à en assurer d'une manière complète le fonctionnement. Il se compose essentiellement d'un électro-aimant horizontal AB. En regard de ses deux extrémités, deux aimants permanents mobiles autour de tourillons v et v dirigent, suivant qu'ils établissent le contact en t ou t\ le courant de la pile locale sur F électro-aimant de l'aiguille a ou sur celui de l'aiguille a!.
Supposons , par exemple , que le sens du courant envoyé en AB soit tel qu'il développe en A un pôle négatif et en B un pôle positif, le contact s'établira en t tandis que l'aimant N', S', sera lui-même buté en b' contre un arrêt, l'action directrice de A étant encore accrue , par l'effet d'un ressort à boudin reliant entre eux NS et N'S'.
L'appareil Bartelous est intéressant par la simplicité de ses organes ; mais ce serait sans doute se hasarder de penser qu'il entrera jamais dans l'application courante. Il nécessite, en effet, au minimum trois fils.
Pour qu'il y ait économie dans son emploi, il faut donc desservir avec lui un nombre considérable d'abonnés. L'auteur l'a si bien compris qu'il a fixé ce nombre au chiffre très élevé de vingt-cinq. Mais en multipliant ainsi les abonnés desservis, il a rendu du même coup la manœuvre de son appareil très lente.
On a vu précédemment que le système de la pendule avait dû être abandonné par suite du peu de rapidité des appels. Il en est de même ici. Il faut treize fois plus de temps pour appeler l'abonné n° 13 que pour appeler l'abonné n° 1. Même en admettant une manipulation rapide, on ne saurait évidemment aller au delà d'une limite de vitesse déterminée sous peine de multiplier les ratés.
Nous voyons, en revanche, une condition nouvelle satisfaite par l'appareil Bartelous, condition qui, sans être d'une absolue nécessité, est au moins d'utilité incontestable. L'abonné peut encore appeler la station centrale et causer avec elle, lorsqu'un autre abonné du même groupe possède déjà une communication.
D'une manière générale, et quelque soit le système, il paraît dangereux d'accroître au delà d'un chiffre assez restreint, six ou huit, le nombre des abonnés desservis par une station automatique. C'est peut-être pour avoir simplifié ainsi le problème que les compagnies suédoises ont, jusqu'ici, réussi seules dans la tentative de ce mode d'exploitation.
L'appareil suédois, dû à MM. Cedergren et Ericson, de même que l'appareil de M. A.-L. Paul, très analogue, — nous ne discuterons pas ici la question de priorité, — comporte un organe nouveau sous forme de galvanoscope à aiguille très lourde, placé à l'entrée du poste.
Cette aiguille, dont les mouvements sont encore ralentis par la présence d'un fort aimant directeur, est constamment en communication avec la terre et oscille entre deux butoirs reliés chacun à un électro-aimant M ou Mt placé en dérivation sur la ligne (fig. 19).

Une autre aiguille V établit au repos une communication entre cinq butoirs métalliques reliés chacun respectivement au circuit m d'un relai I, II, etc. Elle communique en même temps d'une manière permanente avec les cinq armatures de ces relais. Toutes les fois que l'électro-aimant M fonctionne, cette aiguille V se déplace d'une division et se met successivement en relation avec cinq nouveaux contacts, 1, 2, 3, 4, 5, aboutissant chacun à un des cinq postes d'abonnés desservis.
Le simple jeu de l'armature de l'électro-aimant M, ramène au repos cette aiguille V, quelle que soit d'ailleurs sa position occupée au moment du rappel.
L'armature de chaque relai commande deux leviers D et C qui peuvent occuper, par rapport à elle, trois positions diverses. Deux d'entre elles sont représentées sur la figure en I (position de repos) et II (appel par l'abonné). Tous les leviers C sont montés sur un axe commun et ramenés à la position de repos en même temps que V par le jeu de l'électro-aimant Mt .
Les leviers D peuvent établir une communication soit en k entre la ligne de l'abonné et les bobines du relai, soit en /15 entre cette même ligne et l'aiguille V par l'intermédiaire de l'armature. Enfin (troisième position) dans certains cas , les ressorts f et f 1étant écartés de leurs butées), la ligne de l'abonné peut rester isolée.
Ceci posé, supposons que la station centrale veuille appeler l'abonné I, elle envoie sur la ligne un courant positif. Ce courant, arrivé en L, traverse le galvanoscope, passe par les contacts K et K15 arrive en V et de là, par les cinq relais, se rend aux cinq postes d'abonnés. Les relais n'étant sensibles qu'au passage de courants alternatifs, ne fonctionnent pas; les sonneries d'abonnés non plus. En effet, dès que le courant a passé par le galvanoscope, celui-ci s'est mis en mouvement et est venu buter contre le butoir t. Le courant trouve aussitôt un chemin moins résistant à travers M, l'aiguille et la terre. L'électro-aimant M fonctionne, et l'aiguille V vient se placer sur 1. Elle n'a plus de communication qu'avec le poste I, et si le
poste central envoie un appel à l'aide d'un générateur magnéto-électrique, l'abonné I sera seul à le recevoir.
S'il s'était agi d'appeler l'abonné III, le poste central aurait envoyé successivement trois courants positifs, qui, chacun, auraient fait fonctionner une fois l'électro-aimant M et amené par conséquent l'aiguille Y sur le contact 3.
Supposons maintenant que l'abonné II, par exemple, veuille appeler la station centrale.
À l'aide d'un générateur magnéto-électrique, il envoie une série de courants alternatifs sur sa ligne. Ces courants, parvenus en 2, viennent en D. Ce levier étant encore à la position de repos, le ressort ft est écarté de l'armature, tandis que le ressort f est appliqué contre son contact k. Les courants émis passent donc par le relai II, l'aiguille V supposée au repos, les contacts K et K1 le galvanoscope et la ligne L.
L'aiguille du galvanoscope n'est d'ailleurs pas influencée, grâce à la lenteur de ses oscillations.
Le relai II fonctionne aussitôt. L'armature attirée permet au levier D d'échapper à la butée a. Celui-cifait basculer simultanément tous les leviers G, solidaires les uns des autres, comme il a été dit plus haut.
Au relai II le contact k est alors rompu en même temps qu'il s'établit en fr Les courants d'appel de l'abonné passent directement par l'armature V et la ligne L; dans tous les autres relais, les contacts k et j sont rompus; aucun abonné autre que II ne peut plus communiquer avec la ligne.
Lorsque la conversation est terminée, il suffît à la station centrale d'envoyer un courant négatif qui fait buter l'aiguille du galvanoscope contre t' , fait fonctionner l'électro-aimant Mt et ramène à la fois l'aiguille V et tous les leviers G à leur position de repos.
L'appareil permet aussi d'établir une communication entre deux quelconques des abonnés desservis par la station automatique. Pour y arriver, l'abonné II, par exemple, ayant appelé la station centrale pour lui demander l'abonné V, celle-ci se contente d'amener l'aiguille V sur la borne 5 ; la communication est établie, la station centrale restant en dérivation sur la, ligne.
On voit, en effet, que les courants envoyés par II arrivent dans ce cas en 2, puis à l'aiguille V par le levier D, l'armature du relai IL En V, ils trouvent
deux chemins : l'un vers le poste de l'abonné Y, par le contact 5; l'autre vers la station centrale, par K, K 15 le galvanoscope et L.

Tel est l'appareil suédois. On l'a utilisé dans le service de Stockholm et à Genève. Son fonctionnement paraît donner prise à peu de critiques et est satisfaisant. On ne saurait nier qu'il ne soit d'une grande ingéniosité.
Les dimensions, très réduites, permettent de l'installer commodément; il n'exige pas de pile spéciale, aucun outillage particulier en dehors du mécanisme lui-même.
Il serait difficile, cependant, de méconnaître qu'il entraîne la nécessité d'une continuelle surveillance.
Le nombre des contacts ne s'y élève pas à moins de 19. Il faut, de plus, entretenir une pile considérable au poste central pour assurer le parfait fonctionnement des électro-aimants M et M', dont le travail mécanique est considérable. On n'a, enfin, aucun moyen de contrôle permettant de s'assurer que l'aiguille V obéit toujours régulièrement à l'impulsion de l'électroaimant M.
Dans ces conditions, nous croyons que cet appareil peut rendre de réels services dans un réseau urbain, mais qu'il serait dangereux de l'utiliser pour une exploitation suburbaine.
Dans le premier cas, en effet, le déplacement d'un agent spécial chargé de la surveillance des appareils ne présente pas de difficultés. Dans le second, au contraire, tout contrôle devient peu aisé, et l'on risquerait de s'exposer à des mécomptes. C'est, du reste, de cette façon qu'on l'a utilisé en Suède et en Suisse.
L'économie de fils réalisée, grâce à ce système, est considérable. A Stockholm, en 1888, l'emploi de l'appareil double et quintuple permettait ainsi de desservir 3.730 abonnés avec 3.000 fils seulement, les fils de réserve étant compris. .

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Il n'y pas beaucoup d'informations sur le sujet dans la presse, pourtant il y a un article paru dans deux journaux américains, qui fera réagir E. Hospitalier dans la revue parisienne La Lumière électrique, le 1er avril 1880.

L'apparition du telephote, le 1er Avril 1880, est ee un poisson d'avril ? Non vous ne vous trompez pas de rubrique.

Le 18 février 1880, au moins deux journaux américains, le Cincinnati Inquirer et le Chicago Tribune rendent compte de l'annonce, en provenance de Pittsburgh, de la remarquable invention électrique pour laquelle Connelly et McTighe, avocats spécialisés, viennent d'envoyer un dossier à Washington pour l'obtention d'un brevet concernant un "téléphone amélioré par lequel deux personnes peuvent voir leurs images respectives tout en conversant.
Selon le Cincinnati Inquirer, cet appareil n'est pas encore baptisé et pourrait s'appeler telephote, telicon ou telopticon.
The Chicago Tribune, dont le texte est plus court et moins précis, a déjà fait son choix : ce sera telephote.

Les différents articles de la presse américaine que nous reproduisons ici n'ont pas été repérés par les historiens classiques de la télévision : Shiers et Abramson ne mentionnent pas ce telephote ; Korn et Burns en mentionnent l'existence à travers la traduction partielle d'un article du American Manufacturer and Iron World (27 février 1880) dans un entrefilet, signé Edouard Hospitalier paru dans la revue parisienne La Lumière électrique, le 1er avril 1880.
Hospitalier, un journaliste français spécialiste des questions relatives à l'électricité parlait de "canard le plus absurde".
Il faut dire que l'histoire est curieuse et illustre à merveille la faible distance qui, à l'époque, sépare la formulation de propositions techniques et l'annonce sous forme de canular.
Le fait qu'elle cite trois inventeurs réels et une entreprise ayant pignon sur rue la distingue du canular du diaphote du Dr. Licks, paru à peine sept jours plus tôt dans le Bethlehem Daily.
Remarquons que les deux articles paraissent le même jour. Celui du Cincinnati Inquirer est plus détaillé et évoque un entretien d'un reporter du journal avec M. T.J. McTighe. Mais l'affaire se passe à Pittsburgh à 300 miles de Cincinnati et près de 500 miles de Chicago. On ne peut exclure que les deux articles soient simplement la reprise d'un article paru quelques jours plus tôt dans un quotidien de Pittsburgh, qui resterait à découvrir. Il pourrait s'agir du Pittsburgh Dispatch, dont le rapport est cité dans l'article du Democrat and Chronicle, journal de Rochester, le 20 févier ou du Pittsburg Exchange, cité par The Charlotte Observer, ou encore le Pittsburgh Telegraph cité à partir de juin par différents journaux dans une description assez cocasse de la méthode de l'inventeur McTighe et que nous gardons pour la bonne bouche, en fin d'article.
Les frères Connolly et Thomas J. McTighe
Le fait est que les frères Trios A. et M.D. Connolly (et non Connelly comme cela paraît le plus souvent) ainsi que Thomas J. McTighe ne sont pas des personnages de fantaisie, à la différence du Dr. Licks,
Ce sont de réels inventeurs ayant obtenus de nombreux brevets. Ils sont en particulier connu par les historiens des télécommunications pour avoir obtenu le 9 décembre 1879 le premier brevet pour un système de commutation téléphonique censé permettre à deux interlocuteurs téléphoniques de communiquer entre eux après s'être déconnectés du bureau central.

Voici ce qu'en écrivait en 1953 l'historien R.B. Hill :
"The first dial telephone exchange patent, No. 222,458, was applied for on September 10, 1879, and issued on December 9, 1879, jointly to M. D. Connolly, of Philadelphia; T. A. Connolly, of Washington, D. C.; and T. J. McTighe, of Pittsburgh. Although this first system was crude in design and limited to a small number of subscribers, it nevertheless embodied the generic principle of later dial systems." (...) "The Connolly and McTighe system, with eight stations connected, was exhibited at the Paris Exposition in 1881, and various modifications were made in it by its inventors in subsequent patents. It was never employed in commercial service."

Le 16 juin 1880, un article détaillé du New York Times, rapportait une démonstration faite à Philadelphie de ce système, mais aussi le témoignage d'un proche des inventeurs qui, de manière anonyme, indiquait que le système était loin d'être opérationnel. Les frères Connolly et McTighe obtiendront le 15 août 1882 un deuxième brevet pour un "Automatic Telephone Exchange" US 262645
, suivi des brevets US262646, US262647, US263862 et en 1884 brevet US295356A.

Telephote, teleican ou teleopticon

Selon les deux articles, les frères Connolly et McTighe ont introduit, leur demande de brevet pour le telephote le 17 février 1880 au soir. Le terme Telephote, qui va connaître une certaine fortune pendant plus de vingt ans comme le principal terme utilisé pour désigner un appareil permettant la vision à distance (en concurrence avec le terme télectroscope, lancé par Figuier en 1878 et qui sera utilisé par Senlecq, Carey et de Paiva).
Peut-être le terme a-t-il été inspiré par le telefotografo proposé en mars 1879 par le chercheur italien Carlo Maria Perosino.
Mais il n'y a aucune indication que l'article du professeur italien soit déjà connu aux Etats-Unis à cette date. Il résulte de l'accouplement de deux mots grecs (tele-, lointain et photo-, lumière).
Il est dommage qu'il ait été abandonné car il était plus élégant que télévision, qui mêle une racine grecque et une racine latine.
On notera que le chapeau de l'article du Wheeling Daily Intelligencer du 20 février 1880 parlera d'une demande de brevet pour un téléscope électrique (electric telescope), formulation qui rappelle étrangement celle de l'article " La telescopia electrica" d'Adriano de Paiva publié dans O Instituto en octobre 1879.

L'appareil est annoncé avec différentes fonctions : la possibilité de voir son interlocuteur au téléphone, mais aussi, précise McTighe au correspondant du Cincinnati Inquirer, la possibilité de transmettre à distance des copies de documents, par exemple des pages de journaux. Les spécifications de l'appareil ne sont pas détaillées.
Le Chicago Tribune indique que la reproduction de l'image est le résultat de "changements chimiques" utilisés dans les procédés photographiques bien connus des pratiquants de cet art. Le sélénium n'est pas évoqués.
L'idée que la transmission se fait par un seul fil est commune avec la proposition de Perosino.
L'idée du fil unique paraît bien plus être ici une sorte de réponse au 72 fils nécessités par le diaphote de Licks/Merriman,
L'article du Wheeling Daily Intelligencer insiste plus sur ce qui est indiqué comme une potentialité de l'idée ("when the new invention will be perfected", "the inventors believe that they will be able to") et sur le fait que la demande de brevet vise avant tout à acter la priorité de l'idée. Il n'en reste pas moins qu'il est affirmé dans les deux premiers articles que l'appareil fonctionne et que M. McTighe, à Pittsburgh, est arrivé à transmettre des images de personnes d'une pièce à l'autre.
Cette précision laisse vraiment perplexe et - n'était le sérieux attestés des trois inventeurs - pourrait définitivement laisser penser qu'il s'agit bien d'un canard, comme suspecté par Edouard Hospitalier.


La circulation de la nouvelle et la description de l'expérience par le "young McTighe".
L'annonce du 17 février a été reprise dans de nombreux journaux, avec des variantes.
Nous avons pu relever les citations dans les journaux suivants :
The American Manufacturer and Iron Works, 20 février 1880
The Wheeling Daily Intelligencer, 20 février 1880
Democrat and Chronicle, 20 février 1880
The Detroit Free Press, 20 février 1880
Reno Gazette Journal, 20 février 1880 Harrisburg Daily independent, 20 février 1880
The Atlanta Constitution, 20 février 1880
The Sommerset Press, 26 févier 1880 Buffalo Daily Courrier, 20 février 1880
Buffalo Morning Express, 21 février 1880 The Daily Union Leader, 23 février 1880
The Boston Weekly Globe, 24 février 1880 (qui titre "The Telopticon")
The Jackson County Banner, 26 février 1880
Willamsport Sun-Gazette, 28 février 1880
The Charlotte Observer, 2 mars 1880
The Charlotte Democrat, 5 mars 1880 qui souligne la priorité de l'idée de D.F.G.
Mittag, un physiologiste de Lancaster, en Caroline du Sud, qui a publié le 24 décembre 1877 un article dans The Southern Home proposant l'idée d'un Teleform suivi par un autre article dans The Charlotte Democrat le 28 mars 1878.
The Charlotte Democrat revient sur la question avec plus de détails le 19 mars 1880.

The Herald and Torch Light, 10 mars 1880, souligne lui aussi la priorité de l'idée de D.F.G. Mittag et en fournit les références.
The Belmont Chronicle, 11 mars 1880. Cet article, sourcé "Washington Special to Baltimore American", évoque un entretien d'un correspondant américain avec T.A. Connolly, "very sanguine of the ultimate success of their labors is very modest on the statements regarding the invention." Des détails sont fournis sur le principe de l'appareil annoncé, qui est le même que celui du téléphone : " les inventeurs ont adoptés la théorie selon laquelle le son, la chaleur, la lumière et l'électricité sont tous des formes différentes du mouvement et les trois premiers peuvent être résolus en électricité, d'une manière similaire à celle du son par le téléphone."

La présentation imminente de l'appareil est annoncée au journaliste.

Le diaphote du Dr Licks est également évoqué.



Cincinnati Inquirer, 18 février 1880

Chicago Tribune, 18 février 1880




Fort Scott Daily Monitor, 1er juin 1880

Manitoba Free Press, 27 mars 1880
The Canton Independent Sentinel, 9 avril 1880, qui titre "Diaphote et Telopticon" et compare les inventions annoncées au roman A Strange Story de Edward Bulwer-Lytton (1862) Fort Scott Daily Monitor, 1er juin 1880 qui propose un portrait de la chambre noire installée par le "young man" McTighe dans sa salle de bain, et décrit la manière dont il a procédé pour transmettre les images : le bout du fil téléphonique a simplement été passé par le trou de la serrure de la chambre noire, soigneusement calfeutré avec du coton. McTighe serait arrivé à fixer une image du disque solaire, ronde, parfaite et claire. La description est sourcée Pittsburgh Telegraph "If rumor speaks truly...", Nature, 15 June 1880. Entrefilet sévère du magazine scientifique qui souligne que les rumeurs concernant le diaphote et le telephote "de deux inventeurs concurrents" émanent de la presse non-scientifique.

The Columbus Journal, 14 juillet 1880 qui reprend le même article, avec la même source que le Fort Scott Daily Monitor, 1er juin 1880
The Nebraska State Journal, 16 juillet 1880, idem.

Le cycle d'articles sur le téléphote McTighe/Connolly dans la presse américaine paraît se clôturer avec ces trois articles et le trio d'inventeurs ne réapparaît qu'en juin 1881 avec la démonstration à Philadelphie de leur système de commutation téléphonique.?En Europe, le scepticisme continuera à s'exprimer après l'article cité d'Edouard Hospitalier (1er avril 1880).
L'article "Le photophone de MM. Graham Bell et Samuel Tainter - II. Le téléphote et le diaphote", "Revues scientifiques" publiés par le journal scientifique La République française, Paris, 1881 note la différence entre le photophone de Graham Bell, démontré devant les sociétés savantes, et le diaphote et le telephote non l'existence, non démontrée, n'a été rapportée que dans la presse générale.
Le brevet pour le telephote n'a pas été obtenu - sa demande ne paraît pas avoir été conservée - et les trois inventeurs ont continué leurs travaux sur d'autres sujets. Mc Tighe obtiendra divers brevets sur des sujets divers : en 1883 un brevet sur une dynamo (US5270325), en 1890 1896 et 1897 et 1899 quatre brevets relatifs aux rails de chemin de fer électrique.(US443947 A, US578829 A, US633886 A, US633887 A), en 1893 un brevet sur une lampe électrique (US288831 A), en 1900 et 1901, trois brevets sur des connecteurs électriques (US650861 A, US650860 A, US672387 A), en 1900 un brevet sur les refroissement des gaz (US650608 A) et, en 1901 un brevet pour une presse hydraulique pour l'épissage des conducteurs électriques (US671835 A).
Une erreur de communication plutôt qu'un canular ?
Comme le fait remarquer Mark Schubin, Le jugement péremptoire qu'avaient porté en 1880, à la suite d'Edouard Hospitalier, sur le "canard" du téléphote Connelly/McTighe demande à être nuancé.
Les frères Connolly et McTighe ont créé un service d'enregistrement des brevets, qui sert d'intermédiaire entre les inventeurs et le Patent Office fédéral à Washington. Ils n'ont donc pas intérêt à mettre en péril la crédibilité de leur enseigne par des canulars.
Ce qui apparaît le plus probable est que la publication du canular du diaphote - à l'initiative du Professeur Merriman - a poussé les trois inventeurs à anticiper, voire à improviser, une demande de brevet, pour s'assurer de la primauté de l'idée, quitte à développer l'appareil et en faire la démonstration par la suite.
La description de l'expérience de McTighe dans sa chambre noire pourrait avoir été mal rapportée par le journaliste et il n'est pas impossible qu'une empreinte du soleil ait pu être obtenue par une transmission électrique. Il serait donc possible d'accorder aux trois inventeurs le bénéfice du doute : il ne s'agirait pas d'un canular mais d'une expérience précoce et, évidemment, loin d'être aboutie, empreinte d'enthousiasme et non dépourvue d'une certaine naïveté dans la communication.
Article de André Lange, du 14 décembre 2017. histoire de la télévision.


Publicité et conditions pour adhérer au service des brevets des frères Connolly et McTighe

sommaire

Rapidement les améliorations du système sont amenées au premir système de Connelly et McTighe.

A suivre : une page sur les premières inovations pour les centres téléphoniques.