Le télégraphe
et le téléphone en Suisse
Tout ce qui suit n'est que du passé, le télégraphe
s'est arrêté en 1998, le téléphone fixe
en 2019.
La téléphonie mobile et l'internet ont pris le relais.
Le reste du monde suit ce processus de modernité qui devrait
s'achever en 2030.
1833 Le télégraphe
Samuel Morse a inventé le télégraphe électromagnétique,
un dispositif matériel pour une transmission ultra-rapide.
Dès lors, l'écriture a été transmise sur
des kilomètres sur des fils avec un code numérique sophistiqué.
Dans le code Morse, une séquence de points et/ou de tirets
est utilisée pour chaque lettre et chiffre ; Berthoud est maintenant
télégraphié:
... .. .. . ..
.. ...
L'expéditeur envoyait les caractères sur la ligne avec
un bouton et le destinataire les recevait sur l'instrument d'écriture,
les appareils devant être alimentés par une batterie.
Initialement, l'enregistrement n'était réalisé
qu'avec des impressions en relief sur la bande de papier.
Environ 20 ans plus tard, un crayon de couleur a été
utilisé pour l'enregistrement et à partir de 1900, des
soi-disant heurtoirs ont été installés afin que
le télégraphiste puisse écouter le message directement.
En 1850, tous les pays environnants possédaient des
systèmes télégraphiques optiques ou électriques.
Un an plus tard, le gouvernement de l'État a déclaré
que le télégraphe était une affaire fédérale
et en 1852, la mise en uvre a commencé.
L'équipement technique et surtout la construction de la ligne
ont nécessité des fonds énormes, qui ont été
obtenus grâce à des "prêts télégraphiques"
sans intérêt.
Burgdorf avait versé une somme importante de 10 550 francs
et pouvait ainsi bénéficier d'une ligne télégraphique
vers Berne la même année.
Le 21 décembre 1852, le premier bureau télégraphique
de Burgdorf etait inauguré entre Saint-Gall et Zurich. Il se
trouvait probablement encore au Gasthof Emmenhof et a été
transféré à la Hohengasse 8 l'une des années
suivantes.
Le maître de poste Edmund Gehret fut le premier télégraphiste.
En 1887, le bureau du télégraphe a été
déplacé à Hohengasse 39 au 1er étage,
où le bureau de poste a également été
déplacé.
En 1894, une succursale télégraphique avec une
connexion directe à Hohengasse 39 a été créée
dans le bureau de poste de la succursale de la Bahnhofstrasse 702,
et à peine deux ans plus tard, des opérations de nuit
partielles ont été introduites.
Vers 1900, un bureau de télégraphe a été
ouvert dans le bureau de poste principal de la Kirchbergstrasse et
en 1925, il a été transféré dans le bâtiment
de la poste nouvellement construit de la Bahnhofstrasse. Il a servi
ici pendant près de 50 ans jusqu'à ce que le nouveau
bâtiment de la poste soit ajouté à la fin des
années 1960.
En 1971, les PTT introduisent le système assisté
par ordinateur ATECO et cinq ans plus tard, elles sortent leur réseau
pour les fax privés.
En 1972, les télégraphistes s'installent dans
les bureaux nouvellement aménagés au rez-de-chaussée
de l'"ancien" bureau de poste principal.
Ils se composaient d'un hall de guichet de 50 m 2 avec deux guichets
et d'un local de service avec deux postes télex. Ici Mlle D.Senn
dispose également de 9 postes téléphoniques publics
; l'un d'eux était adapté aux invalides et deux aux
malentendants équipé de micros à transistors.
Dans les années qui ont suivi, le télégraphe
a été remplacé par le télex, le fax et
les formes modernes de télécommunication telles que
le courrier électronique et les SMS.
En 1998, le trafic national Suisse des télégrammes
a été interrompu et 3 ans plus tard, le trafic international
des télégrammes également.
Petite histoire du télégraphe et le hasard lors
de l'incendie de la ville de Berne en 1865
Le directeur du bureau du télégraphe à Berne,
Joh. Konrad Fehr, était à une pratique de chant du Berner
Liedertafel le soir du 20 juillet. Lors de la réunion qui a
suivi, son collègue Spiegelberg s'est blessé à
la main avec un verre brisé. Fehr l'a invité à
venir au bureau de télégraphe voisin pour se faire bander
la main. Ils arrivèrent vers midi et demi. Comme le bureau
était fermé pour affaires à ce moment-là,
ils sont restés un peu plus longtemps et Fehr a expliqué
le télégraphe Morse à son collègue. Ils
étaient sur le point de quitter le bureau vers une heure quand
soudain un message urgent arriva de Berthoud : « Feu, feu, feu,
aide, aide, aide. A Berthoud, le maître de poste Hodel avait
envoyé cet appel à l'aide à Berne par télégraphe
"à tout hasard" et s'y trouvait répondu. Fehr
a alors alerté les pompiers et le chef de poste. Dès
3 heures du matin, un train à vapeur avec pompiers et matériel
d'extinction s'est rendu à Berthoud pour aider
Télégramme envoyé le 21 juillet 1865 par le directeur
général Mayer de la société Schoch à
Berthoud à 6h40 et arrivé à Thoune à 8h29.
De là, un télégraphiste l'apporta directement
au chef d'entreprise, Alphonse Schoch, à Bad Weissenburg. Texte
: "Terrible incendie ici, la moitié de la Schmidengasse
a brûlé, ainsi que Kirchbühl..." (PB Burgdorf)
Novembre 1877
le téléphone arrive en Suisse
Le 20 novembre 1877, la Direction du télégraphe suisse
écrivit au Bureau télégraphique général
impérial allemand à Berlin et demanda des informations
détaillées sur les connexions téléphoniques
réussies.
Sur la base darticles de journaux parvenus à la direction
des télégraphes suisses, le Conseil fédéral
chargea le 21 novembre 1877 son envoyé extraordinaire
et ministre plénipotentiaire auprès de lempire
dAllemagne et du royaume de Bavière, Arnold Roth,
de senquérir de lessai du téléphone
réalisé à Berlin.
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La direction du télégraphe commanda
le 23 novembre 1877, à Siemens & Halske
à Berlin une paire de téléphones au prix
de 10,25 RM (un émetteur et un récepteur) afin
de pouvoir effectuer rapidement ses propres tests. Les deux
téléphones arrivent le 4 décembre.
Le 13 décembre des « essais téléphoniques
provisoires » sont effectués sur la ligne télégraphique
entre Berne et Thoune. Les résultats sont si prometteurs
qu'une nouvelle tentative sera faite avec Thoune et Interlaken
le 17 décembre.
Début décembre déjà paraissaient
dans les quotidiens suisses, des annonces par lesquelles des
fabricants et des représentants du pays et de létranger
offraient à vendre des téléphones, aussi
bien comme jouet que comme moyen de correspondre. Tel que lon
pouvait sy attendre, lintérêt manifesté
partout pour le téléphone incita la direction
des télégraphes à prendre, dentente
avec le département des postes et des télégraphes,
des mesures préventives afin de soumettre les installations
téléphoniques au monopole fédéral,
en assimilant le service téléphonique aux services
télégraphique et postal déjà soumis
à la régale. La téléphonie fut soumise
au monopole étatique du télégraphe en 1878.
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Modèle Siemens & Halske 1877 |
Le 5 décembre dans "La suisse nationale"
on lisait :
Le téléphone menaça la télégraphie
d'une révolution pacifique. L'appareil nouveau coûte 20
fr.; déjà d'importantes commandes ont été
faites à uue maison de Genève et un peu partout on installera
cet appareil. Samedi dernier, le Conseil fédéral a assisté
à des expériences très intéressantes ; on
se parlait entre le bureau central et le bureau du palais ; les essais
ont parfaitement réussi. M. Welti a parlé à l'adjoint
M. Roten, on a même sifflé an air argovien, auquel il a
été répondu en chantant: Im Aargau sind zwei Liebe.
Non-seulement les notes étaient plus distinctes, mais on reconnaissait
même la voix. L'expérience est concluante, et déjà
on s'occupe de celte affaire, qui va nécessiter tout un remaniement
administratif et légisiatif, car il n'est pas douteux que la
Confédération s'emparera de cette invention pour l'utiliser
aves les fils télégraphiques ordinaires. Dans le "Journal
du Jura," du 7 décembre , les propos sont identiques et
à la fin :
Ajoutons ici que le téléphone vient d'être expérimenté
à Berne, à Neuchâtel, aux Ponts, à Genève
; les résultats ont été satisfaisants.
Le 6 décembre 1877, Hasler
& Escher fabriquent leurs téléphones, qui
sont basés sur le principe Bell. Gustav Adolf Hasler ne savait
pas qu'avec la fabrication de téléphones, il posait
une fondation qui serait d'une importance décisive pour le
développement futur de l'entreprise.
Michele Patocchi, assistant à l'Inspection
des télégraphes de Bellinzone, se montre particulièrement
intéressé par la nouvelle invention.
Le 9 décembre 1877, il dépose auprès
de la Direction du télégraphe de Berne une demande d'autorisation
de procéder à des expériences téléphoniques
sur les lignes télégraphiques. La Direction du Télégraphe
a donné son accord le 11 décembre et a demandé
en même temps que les résultats des tests lui soient
communiqués afin qu'elle puisse les comparer avec ses propres
résultats. Pour ses expériences, Patocchi achète
deux appareils téléphoniques à la fabrique télégraphique
de Neuchâtel (Hipp) pour le prix de 18 francs.
Le 9 décembre 1877 dans la"Gazette du Valais"
: on lisait
Le téléphone a fait son entrée officielle
dans les murs de la bonne ville de Berne . Le Département des
postes et télégraphes a fait faire des essais la semaine
dernière avec cet appareil , entre le Palais fédéral
et le bâtiment de la poste et les résultats en ont été
des plus concluants en faveur de la nouvelle invention
Le 11 décembre 1877 dans le "Journal du Jura"
Cette innovation se répand avec une merveilleuse rapidité,
et d'ici à quelques mois, on se servira du téléphone
dans tous les grands établissements. Il remplacera les porte-voix,
toujours coûteux à installer; il reliera les postes de
sûreté, les bureaux des grandes usines, mais il ne pourra
sans doute jamais remplacer le télégraphe électrique.
Une maison de Lausanne (J. Cauderay) met en vente des Téléphones,
à 18 fr. la paire. Une autre de Genève (Bloch, opticien),
en vend à 25 et 20 francs, avec 20 mètres de fi!. Et
il y a 3 mois, on riait de cette blague américaine, de ce nouveau
humbug !
Le 12 décembre 1877 dans le "Journal du Jura"
Le téléphone, dit l'Estafette, a été
expérimenté samedi, pour la première fois, à
Lausanne. Conversant avec Genève, quelques personnes, placées
au bureau central des télégraphes, ont parfaitement
entendu ce qu'on leur disait. L'air bien connu de la trompette de
Seckingen, joué à Genève, parvenait parfaitement
à la personne qui appliquait à son oreille le cornet
du téléphone. Quant à la parole, elle arrivait
également distincte et l'on peut même reconnaître
à la voix la personne qui parle.
Le 17 décembre 1877 était publié une circulaire
concernant les concessions pour les installations téléphoniques.
Lavant monopole avait duré exactement 13 jours.
Le 28 décembre 1877 dans le "Journal du Jura"
Télégraphe et téléphone. La Direction
fédérale des Télégraphes publie la circulaire
suivante concernant les concessions pour les installations télégraphiques,
en date du 17 décembre : « Comme l'on doit s'attendre
à ce que la nouvelle invention, connue sous le nom de «
Téléphone, » trouvera une application étendue,
tant pour l'industrie que pour les relations privées, il importe
de faire observer que toute installation de cette nature pour autant
qu'elle touche à la propriété d'un tiers, fait
partie de la régale de la Confédération et doit,
par conséquent, être soumise à l'autorisation
de l'Etat. Les inspections et bureaux sont invités, pour autant
que cela les concerne, d'en aviser le public et de faire immédiatement
rapport à l'autorité supérieure, si l'établissement
des lignes téléphoniques, tant aériennes que
souterraines, viendrait à leur connaissance. »
Le 8 décembre 1877 on voit déjà des publicités
dans le "Der Bun" pour le téléphone : 
Les appels téléphoniques suscitent généralement
un grand intérêt. La Direction des Télégraphes
prend donc des mesures de précaution en accord avec le Département
des Postes et Télégraphes pour placer les réseaux
téléphoniques sous monopole.
Dès le 17 décembre 1877, une circulaire fut publiée
concernant les concessions pour les réseaux téléphoniques.
Il stipule que « toute installation de ce type (téléphone),
dans la mesure où elle sétend au-delà des
limites de la propriété privée de son constructeur,
relève de la juridiction du gouvernement fédéral
et nécessite donc lapprobation de lÉtat
. » Le 12 mars 1878, le département fut autorisé
à accorder des concessions à l'avenir, compte tenu du
nombre croissant de ces demandes.
Le 21 février 1878 dans le "Journal
du Jura"
Le Conseil fédéral vient d'arrêter les
normes qui régleront l'obtention des concessions à accorder.
En règle générale, pour le service privé,
on n'accordera la concession d'établissement d'une communication
téléphonique que lorsque l'une ou l'autre des localités
se trouveront éloignées d'un kilomètre du bureau
télégraphique. Le service ne sera autorisé que
dans l'intérêt des concessionnaires, toute communication
relative à des tiers sera considérée comme atteinte
portée à la régale fédérale. Les
droits régaliens à payer sont de 10 à 20 fr.
par kilomètre. Le Département des postes et télégraphes
est autorisé à accorder des concessions pour les services
téléphoniques qui n'ont qu'un caractère privé
et sont destinés à l'échange de communications
familières, signaux, etc.
Patocchi est par la suite le premier Suisse à
tenir des comptes-rendus détaillés de ses expériences
et à rédiger divers rapports pour la Direction du Télégraphe.
Il a également créé la première documentation
suisse sur le téléphone.
Le 6 janvier 1878, il établit avec succès une liaison
avec un pays voisin, entre Milan et Bellinzone (117 km)
Le 17 janvier 1878, le Département des Postes
et Télégraphes soumet au Conseil fédéral
un rapport détaillé sur l'octroi de licences pour les
systèmes téléphoniques. La téléphonie
y est soumise à la loi fédérale du 20 décembre
1854 sur l'organisation de l'administration des télégraphes.
Il définit notamment les modalités d'octroi des concessions
à l'avenir et les conditions que les concessionnaires devront
remplir. Le 18 février 1878, le Conseil fédéral
a discuté du projet d'arrêté fédéral
selon lequel le téléphone et ses installations seraient
placés sous contrôle fédéral conformément
à l'article 1 de la loi fédérale du 20 décembre
1854.
Le 30 mai 1878, Wilhelm Ehrenberg, fabricant de téléphones
à Neumünster-Zurich, déposa une plainte écrite
contre la décision du Conseil fédéral.
En décembre 1878, l'Assemblée fédérale
confirma cependant la décision du Conseil fédéral
du 18 février et rejeta la plainte de Wilhelm Ehrenberg.
Ce dernier s'engage toutefois à accorder des concessions à
des lignes privées à condition qu'elles ne portent pas
atteinte au monopole télégraphique ni ne lui fassent
concurrence. Cette décision a conduit à la fondation
de la Compagnie des Téléphones de Zurich en 1880, qui
a construit le premier réseau téléphonique de
Suisse dans la ville de Zurich et ses banlieues et a commencé
ses opérations le 2 octobre de la même année.
La concession du Conseil fédéral est valable cinq ans.
Le 23 novembre 1880, le Département des postes
et chemins de fer soumet au Conseil fédéral un rapport
et un projet de règlement sur la construction de stations téléphoniques.
Il explique les avantages du téléphone pour les petites
villes et les régions entières dépourvues de
bureau télégraphique . « Le dispositif téléphonique
est particulièrement adapté pour permettre à
la population davoir accès à une correspondance
rapide. Ces petits appareils peu encombrants peuvent être utilisés
par nimporte qui sans connaissances préalables particulières
et ne nécessitent pratiquement aucun entretien.
La même année, le Conseil fédéral adopte
le projet dordonnance sur la construction de stations téléphoniques
publiques. Sur la base de cette ordonnance, 18 stations téléphoniques
publiques reliées au réseau télégraphique
furent construites en 1881 dans toute la Suisse.
Quatre mois avant la promulgation de cet important décret,
le 20 juillet 1880, le Conseil fédéral avait accordé
à la Compagnie des téléphones de Zurich une concession
pour la construction et l'exploitation d'un réseau téléphonique
dans la ville de Zurich et ses environs. Ce fut une décision
qui fut vite regrettée.
En conséquence, les concessions pour la construction et lexploitation
des réseaux téléphoniques ne seront plus attribuées
à des entreprises privées. Le gouvernement fédéral
assume lui-même la responsabilité de la construction
des réseaux téléphoniques dans les villes. En
août 1881, le réseau téléphonique de Bâle
est mis en service.
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Matthäus
Hipp, connu aussi sous le nom de
Matthias, est un horloger et électricien germano-suisse,
directeur de fabrication du réseau télégraphique
fédéral à Berne (1852-1860), puis cofondateur
et directeur d'une fabrique de télégraphes et d'appareils
électriques, la future Favag, à Neuchâtel.
Il est né le 25 octobre 1813 à Blaubeuren (Wurtemberg)
et décédé le 3 mai 1893 vers Zurich, à
Fluntern.
Né en Allemagne, il a construit l'uvre de sa vie
en Suisse et s'est fait connaître pour ses innombrables
inventions. L'esprit brillant fonde sa propre entreprise en 1860.
Il devient l'adresse privilégiée de nombreux futurs
chefs d'entreprise qui souhaitent acquérir une expérience
professionnelle et poursuivre leur formation.
En 1852, Matthäus Hipp du Wurtemberg revient en Suisse et
construit l'uvre de sa vie. Hipp résout facilement
les problèmes techniques et avec ses innombrables inventions,
il réussit généralement très bien.
C'est pourquoi ses contemporains l'appellent souvent le "Swiss
Edison". |
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En 1889, Hipp cède à MM. Peyer,
Favarger & Co. la direction de la fabrique de des télégraphes
à Neuchâtel puis il se retire à Zurich pour
des raisons de santé. Il y décède en 1893.
En 1848, l'État fédéral suisse réglemente
par la constitution que le système postal relève
de l'autorité du gouvernement fédéral et
que la monnaie est placée entre les mains de la Confédération.
Lorsque le télégraphe a été introduit
quelques années plus tard, le Conseil fédéral
et les conseils ont constaté que le télégraphe
faisait partie du système postal et l'ont placé
sous le plateau fédéral.
Le Conseil fédéral fit appel à un expert,
le professeur Carl August Steinheil de Vienne, pour mettre en
place le système télégraphique. Il conseille
de faire fabriquer les pièces individuelles de l'appareil
dans les usines appropriées, puis de les assembler dans
son propre atelier. Le Conseil fédéral autorise
alors le département de la poste et de la construction
à créer un atelier selon les spécifications
de Steilheil et à embaucher un contremaître approprié.
Il est prévu que l'atelier soit géré par
deux guides d'usine. Selon Steinheil, aucun des candidats ne
remplissait les conditions requises pour cette tâche,
mais Matthäus Hipp et Karl Kaiser furent élus parmi
les candidats le 22 mars 1852.
Après quelques mois, Karl Kaiser est envoyé à
Saint-Gall comme mécanicien d'inspection et Hipp reste
responsable de l'atelier de Berne. Hipp assume simultanément
la fonction de chef de l'atelier télégraphique
de l'État à Berne et de directeur technique du
système télégraphique suisse. De plus,
il travaille comme inventeur indépendant.
Cette double fonction de fonctionnaire et d'inventeur entraîne
des difficultés et en 1859, l'autonomie et l'indépendance
de Hipp sont sévèrement restreintes par le Conseil
fédéral. Insatisfait de cela, Hipp démissionne
le 20 juillet 1860.
Il s'installe à Neuchâtel et y fonde sa propre
société sous le nom de "Fabrique des télégraphes
M.Hipp".
À Neuchâtel, Hipp peut organiser
son programme de recherche et de travail indépendamment
des fonctions officielles. L'usine de télégraphe
de Hipp a bien fonctionné dès le début
et a pu déménager dans un bâtiment plus
grand en 1862, l'ancien grenier municipal aux Terraux. Hipp
fabrique divers appareils électriques et se tourne également
vers les horloges, réussissant le pendule électrique
le plus parfait. horloge à construire.
Lorsque l'invention du téléphone
est devenue connue en Amérique en 1877, il a immédiatement
embrassé la nouveauté et breveté un microphone
avec un contact en platine. Les téléphones, qui
ont été utilisés en 1877 / 78 pour de vastes
expériences de parole au Tessin, proviennent de l'usine
Hipp. Modèles fabriqués selon le principe
du "téléphone Bell". Ils se composent
d'un aimant permanent unipolaire encastré en forme de
tige dans la cavité de la poignée de l'écouteur.
Ce téléphone
portable est fabriqué par M. Hipp de Neuchâtel.
Fin 1877,
Hipp fabrique les premiers téléphones à
usage privé dans les hôtels, les magasins, etc.
L'entreprise von Hipp à Neuchâtel est largement
connue. Beaucoup y sont formés. Le professeur Timotheus
Rothen abandonne son travail pour travailler sous Hipp. Il est
ensuite passé à l'administration des télégraphes,
où il a atteint le rang de directeur. Un garçon
nommé Täuber termine son apprentissage à
Neuchâtel. Après avoir obtenu son diplôme,
il a travaillé comme ingénieur et est ensuite
devenu associé de Trüb, Täuber & Co AG.
Alfred Zellweger et Fritz Eckenfelder se sont également
formés à Hipp et ont ensuite fondé leurs
propres entreprises. Wilhelm Ehrenberg a travaillé pour
Hipp pendant 16 ans et s'est fait connaître pour sa demande
de concession pour la construction d'une "station téléphonique
centrale à Zurich". Des étrangers comme le
Suédois Lars Magnus Ericsson, fondateur de l'entreprise
mondiale du même nom, séjournent également
à Neuchâtel.
1879 Téléphone
Matthäus Hipp :
|
Dès le 13 décembre 1877, les
premiers appels téléphoniques sont testés sur
une ligne télégraphique entre Berne et Thoune.
Les résultats sont si prometteurs que dautres essais
entre Thoune et Interlaken suivent, le 17 décembre.
En décembre 1877, les premières demandes de concession
arrivèrent. Les frères Leumann à Mattweil
dans le canton de Thurgovie, lÉtat de Vaud, lentreprise
Merker et Meining, fabricants de fourneaux
à Baden obtiennent les premières concessions.
 |
Jules Caudery
fonde avec son frère en 1866 une compagnie d'électricité,
la première du genre en Suisse.
Ils ont fabriqué des systèmes de solarium, puis
des téléphones et des compteurs électriques.
Il a acquis une notoriété avec le développement
d'une horloge électrique.
Modèle Caudery
|
1878, le gouvernement annonça que les
systèmes téléphoniques relevaient de son monopole
sur les communications et que les futurs fournisseurs de réseaux
téléphoniques devaient être autorisés par
l'État.
Modèle
Siemens & Halske à partir de 1878
Le 18 février 1878, avec un peu de retard,
le Conseil fédéral approuvera un arrêté
donnant formellement autorisation au Département des Postes
et des Télégraphes daccorder des concessions,
confirmant par-là la régale de la Confédération
sur le téléphone. Cette décision de lexécutif
fut attaquée devant les chambres par Wilhelm Ehrenberg, fabricant
de téléphones à Neumünster Zurich.
Le 14 décembre 1878, le Conseil des États rejeta
le recours de Wilhelm Ehrenberg. Le Conseil national agit de même
le 17 décembre 1878.
| Nouvelle disposition de téléphone
récepteur. Vu dans le journal télégraphique
d'Août 1878
M. Patocchi, inspecteur-adjoint du 6e arrondissement
télégraphique de l'Administration suisse, nous
écrit la lettre suivante:
Bellinzone, 2 Août 1878. Monsieur le Directeur,
J'ai lu dans un journal de Milan qu'un professeur
de Bologne avait imaginé comme récepteur téléphonique
en correspondance avec le transmetteur à charbons de
Hughes, un système d'appareil qui permettait à
plusieurs personnes d'entendre à la fois très-facilement
les sons reproduits. Le professeur dont il s'agit ayant bien
voulu, sur ma demande, me communiquer une description détaillée
de cet appareil, j'ai pu le construire moi-même et je
vous en adresse ici le dessin. qui forme la caisse, est un simple
tambour d'enfant ayant 15 centimètres de hauteur et 15
centimètres de diamètre;

bb est la peau même de ce tambour;
c une plaque vibrante semblable à celle des téléphones
Bell;
dd une bobine dont les fils communiquent avec le transmetteur
à charbons de Hughes;
ee une autre bobine dont les fils se rattachent à une
pile locale de deux éléments ;
ff un noyau en fer doux ;
gg un ressort de réglage, et une vis qui permet d'élever
ou de baisser le noyau. Avec ce simple appareil, j'ai obtenu
dans de nombreuses expériences des résultats très
satisfaisants. Plusieurs personnes peuvent entendre à
la fois, le chant, la musique, la parole, etc. beaucoup plus
distinctement qu'avec le téléphone Bell ordinaire.
Le problème de faire entendre à distance la reproduction
du son dans une salle entière a donc fait un grand pas
vers sa solution si même on ne doit pas déjà
le considérer comme résolu.
Agréez, etc. PATOCCHI.
( ce système ne trouvera pas de débouché
)
|
Le 1er janvier 1879 dans le "Journal du
Jura"
On nous informe que le téléphone a reçu
une première application pratique à la Chaux-de-Fonds.
Un de ces appareils, installé à l'Hôtel des Postes,
met en communication les bureaux de la municipalité avec le
poste de la garde municipale, à l'Hôtel-de-Ville et rend
de réels services.
La question de savoir qui, du privé ou de lÉtat,
construirait et exploiterait les réseaux téléphoniques,
nétait cependant toujours pas tranchée.
Empêtrée dans ses contradictions, le Département
des Postes et des Chemins de fer hésitait à instaurer
un véritable service téléphonique public.
Au commencement de 1880, le Conseil fédéral
de la Suisse accorda une concession pour rétablissement d'un
réseau téléphonique à Zurich
et dans la banlieue à l'entrepreneur Wilhelm Heinrich von
Ehrenberg (qui s'opposa (en vain au monopole),
En 1880, il demanda au nom de la maison Kuhn & Ehrenberg,
comme premier concessionnaire, l'autorisation de construire une station
téléphonique centrale à Zurich.
Le premier réseau téléphonique
urbain réalisé par la Confédération la
été à Bâle en 1880. Genève, consulté,
navait pas manifesté dintérêt suffisant
(seulement 20 abonnés).
Quelques mois plus tard, Heinrich von Ehrenberg se rendit célèbre
et fit connaître la technologie du téléphone en
transmettant, de Zurich à Bâle, le chur
d'ensemble de la Fête fédérale de chant. C'était
le premier réseau public du continent, le 2 octobre
1880.
Tant par ses interventions politiques que par ses talents de technicien
et d'homme d'affaires, Wilhelm Heinrich von Ehrenberg. a contribué
au développement rapide du téléphone en Suisse.
La Constitution fédérale de 1848 a établi
la centralisation du système postal en Suisse comme tâche
de la Confédération.
La télégraphie (1851) et la téléphonie
(1880) ont été placées également sous
le monopole d'Etat.
Jusqu'au milieu des années 1920, les administrations postale
et télégraphiques étaient deux domaines distincts.
Ce n'est qu'en 1927 que les deux unités administratives ont
été fusionnées.
Compte tenu de lévolution technique,
de la construction de premiers réseaux de lignes et de la demande
croissante en téléphones, la Confédération
suisse a déclaré à la fin de 1880 que lexploitation
du téléphone en Suisse était une affaire dÉtat.
La direction des télégraphes à Berne est désormais
chargée de la construction du réseau de lignes et se
met immédiatement à tester concrètement les appareils
disponibles à lépoque.
1880 La première et la seule et brève
compagnie de téléphone privée en Suisse
La volonté d'accorder des concessions pour
les lignes privées a été signalée. En
1880, Ehrenberg devient associé de l'entreprise de Jakob Kuhn
(18451893), rebaptisée alors Kuhn & Ehrenberg, Telegraphenwerkstätte
à Uster et Zurich . En avril, ils ont déposé
leur demande de concession pour la construction d'une centrale téléphonique
à Zurich . Avant même que cela ne soit disponible, ils
ont établi la première connexion entre la caserne des
pompiers de Brodlaube et le commissariat de police de St. Clara à
l'aide d'appareils Bell. Lors du Festival suisse de la chanson qui
eut lieu à Zurich le 11 juillet 1880 , il installa une transmission
téléphonique sur la ligne télégraphique
jusqu'à Bâle , où l'exécution fut écoutée.
Deux mois plus tard, il transféra le certificat de concession
qui lui avait été accordé à la mi-mai
1880 à la Zurich Telephone Company,
alors en cours de fondation .
La Zurich Telephone Company privée
fondée par Johannes Ryf , une société
par actions américano-suisse fondée par des hommes d'affaires
de la ville de Zurich, a reçu l'autorisation d'établir
un réseau téléphonique dans la ville de Zurich.
En 1880, elle mit en service les 200 premiers téléphones.
Il s'agissait d'appareils de la Bell Telephone Company à Boston.
L'appareil se composait d'un microphone de contact de type Blake alimenté
par un élément galvanique , d'un combiné de type
cloche et d'un dispositif d'appel constitué d'un indicateur
à manivelle encastré dans un boîtier en bois et
d'un réveil fixé au boîtier. La demande dépassant
la capacité de production du fournisseur américain,
la compagnie de téléphone zurichoise commença
bientôt à fabriquer des appareils téléphoniques
qui ne différaient que peu ou pas de ceux de la Bell Telephone
Company.
Le siège social n'était initialement ouvert que pendant
la journée, mais a rapidement été converti en
fonctionnement continu. La même année , le premier annuaire
téléphonique de Suisse est publié avec 141 abonnés.
À la fin de 1880, la Confédération décide
de ne plus confier l'exploitation téléphonique aux particuliers
et de créer un réseau téléphonique à
l'échelle nationale. Ce premier et unique opérateur
téléphonique privé de Suisse a été
nationalisé après l'expiration de l'autorisation en
1885..
La compagnie de téléphone de Zurich
et l'administration fédérale des télégraphes
utilisaient initialement des appareils téléphoniques
américains pour exploiter les premiers réseaux téléphoniques
(réseaux urbains). Jusquen 1881, aucune entreprise locale
ne sétait activement impliquée dans la construction
de postes téléphoniques. Les téléphones
américains provenaient des usines de Western Electric et de
la Bell Telephone Company à New York, Chicago et Indianapolis.
Fin 1880 Les communications téléphoniques
urbaines en Suisse. Extrait du journal télégraphique
décembre 1880
|
A la fin de notre dernier numéro, nous
avons annoncé que l'Administration suisse avait décidé
de ne plus donner de concessions pour des communications téléphoniques
urbaines et d'établir et d'exploiter elle-même,
à l'avenir, ce service spécial de communications.
Nous sommes en mesure aujourd'hui de compléter ces renseignements
en faisant connaître les raisons qui l'ont amenée
à cette décision, ainsi que les mesures d'exécution
par lesquelles elle se propose de là réaliser.
Une seule concession de l'espèce
a été donné antérieurement en Suisse
; elle avait pour objet de desservir téléphoniquement
la ville de Zurich et neuf communes avoisinantes qui
font partie de l'agglomération zuricoise. À l'époque
où cette concession a été demandée,
l'Administration avait quelques doutes que les communications
téléphoniques pussent se développer dans
les villes relativement petites de la Suisse et elle jugea,
dès-lors, plus prudent, au lieu de prendre elle-même
leur création et leur exploitation en mains, de suivre
l'exemple de la plupart des autres Etats où ce service
avait été concédé à des Compagnies
privées.
Mais, du moment qu'il ne s'agissait pas d'une entreprise de
la Confédération, le Conseil fédéral
ne pouvait aller au-delà de la délivrance de l'autorisation
que ses droits régaliens rendaient nécessaire,
et il devait laisser au concessionnaire le soin d'obtenir auprès
des différentes municipalités les permissions
dont il pouvait avoir besoin pour établir ses fils sur
leurs territoires.
Or, plusieurs des communes visées par l'acte de concession
se sont refusées et se refusent encore formellement aujourd'hui
à donner cette permission. De là des réclamations
des différentes parties, les communes demandant à
la Confédération de racheter les concessions et
les installations déjà faites, la société
concessionnaire réclamant d'elle, au contraire, une protection
contre l'attitude des municipalités, et le public, enfin,
s'associant aux demandes des communes dans la pensée
d'obtenir de l'Etat des conditions plus avantageuses que d'une
société privée.
Ces difficultés qu'on ne s'attendait
pas à rencontrer, ne se seraient certainement pas produites
si, au lieu d'avoir affaire à une Compagnie, les communes
s'étaient trouvées en présence de l'Administration
fédérale armée de ses droits et investie
de la confiance qui s'attache à son exploitation. C'est
donc la pensée d'en éviter le retour ailleurs
qui a, d'abord, amené l'Administration à envisager
la perspective d'une gestion directe, et, en étudiant
la question plus profondément, elle n'a pas tardé
à trouver d'autres motifs qui lui paraissent militer
fortement en faveur de cette solution.
Le service téléphonique est aujourd'hui
dans sa période d'enfantement et peu de personnes, sans
doute, se rendent compte déjà du développement
dont il est susceptible; mais certainement il a devant lui un
vaste avenir, peut-être aussi grand que celui du télégraphe
lui-même. Il est à prévoir que les réseaux
téléphoniques ne tarderont pas à s'étendre
dans les limites de toutes les villes un peu importantes et,
une fois ce résultat obtenu, surgira certainement la
tentation de relier entre eux ces différents réseaux
urbains. Mais alors de deux choses l'une: ou ces réseaux
futurs resteront entre les mains des entreprises privées
qui les auront établis et alors l'Etat se trouvera en
présence d'exploitations rivales qui détourneront
une partie considérable de son trafic; ou bien l'Etat
en opérera le rachat, et l'exemple de la Grande-Bretagne
est là pour montrer à quels sacrifices un Gouvernement
doit se résoudre pour désintéresser des
entreprises devenues prospères.
Les services télégraphiques et
téléphoniques ont, d'ailleurs, entre eux des relations
intimes et ce dernier n'est à proprement parler que le
complément de l'autre, car le grand mouvement qui anime
les artères de la télégraphie, la téléphonie
donne le moyen de ne pas l'arrêter à la station
télégraphique et de le faire pénétrer
directement jusque dans le comptoir du commerçant, clans
l'atelier du fabricant, dans le domicile privé de la
famille. Or, pour que cette transmission d'un système
à l'autre puisse porter tous ses fruits, il importe que
la station centrale téléphonique soit fusionnée
avec le bureau télégraphique, organisation qui
n'est guère compatible qu'avec la gestion de l'un et
de l'autre service par la même Administration.
D'un autre côté, l'Administration
des télégraphes est en mesure d'établir,
d'entretenir et d'exploiter les réseaux téléphoniques
dans des conditions plus économiques que ne peut le faire
une Compagnie spéciale. Pour l'organisation d'ensemble,
pour l'étude des problèmes techniques, pour la
haute surveillance, elle a les ressources de son personnel supérieur
; pour la construction et l'entretien des lignes, elle dispose
des agents déjà exercés qui pourvoient
à son réseau télégraphique ; enfin,
pour l'établissement de la station centrale téléphonique,
les bureaux généralement vastes qu'elle possède
dans les villes, offrent des facilités qui permettent
la plupart du temps d'éviter les dépenses résultant
de la location d'un emplacement spécial.
Une dernière considération, enfin,
et non la moins importante, en faveur de l'incorporation du
service téléphonique dans l'Administration télégraphique,
c'est l'intérêt du public lui-même, qui trouve
généralement plus de garantie sous une gestion
gouvernementale que sous une gestion privée. Une Compagnie,
en effet, est avant tout une association financière;
son objectif principal est d'obtenir le maximum de rendement
et elle ne tient compte des intérêts du public
qu'en tant qu'ils sont solidaires avec les intérêts
mêmes de son exploitation. Une Administration gouvernementale
a un but plus élevé ; ce qu'elle veut avant tout
c'est le bien du pays, c'est la satisfaction de ses besoins
et de ses aspirations; et la rémunération qu'elle
demande au public n'est que le recouvrement de ses dépenses,
sans autre intérêt que celui d'éviter que
le service rendu ne pèse sur la masse des contribuables.
Sous la gestion de l'Etat, le public peut donc obtenir les avantages
des communications téléphoniques à un prix
moins élevé que sous la gestion des Compagnies
et il est, en outre, plus assuré de trouver l'Administration
disposée à rechercher et à introduire dans
ses installations primitives les perfectionnements ou améliorations
nouvelles.
Telles sont les principales raisons qui
ont provoqué la détermination prise par l'Administration
suisse. Il nous reste maintenant à dire quelques
mots, bien qu'elles ne soient pas toutes encore définitivement
arrêtées, des dispositions d'application qu'elle
compte employer à Bâle, d'abord, puis, plus
tard, au fur et à mesure des demandes et des besoins,
dans les autres villes du pays.
En ce qui concerne les fils de communication, ils seront, pour
le début du moins, des fils aériens. Sans doute,
il pourra, un jour, être avantageux d'établir des
réseaux souterrains pour les communications téléphoniques
; mais dans la période de formation où se trouve
encore la téléphonie, ce moment n'est pas encore
venu. Il faut auparavant laisser le service se consolider, s'affirmer;
il faut que l'expérience ait indiqué la route
que devront suivre le tronc principal et les différentes
bifurcations offrant des garanties de stabilité, qu'elle
ait permis de se rendre compte du nombre des conducteurs nécessaires
dans chaque tronçon, toutes questions qui restent encore
incertaines.
Le fil adopté est du fil d'acier galvanisé,
de 2mm de diamètre, de la meilleure qualité. Pour
les isolateurs, l'Administration suisse a choisi un modèle
qui tient en quelque sorte le milieu entre les plus parfaits,
tels que le grand isolateur à double cloche de l'Administration
allemande, et les plus simples, comme le petit bouton de l'International
téléphone Bell Cy. C'est un modèle très-fort,
en porcelaine, à simple cloche peu évasée
et ayant, comme dimensions, 65ram de hauteur sur 60mm de diamètre.
Les fils seront généralement supportés
par des consoles en fer, avec socle en bois, placées
sur les toits des maisons. Quant à l'adoption de l'un
ou de l'autre des systèmes de téléphones
ou de microphones actuellement existants, c'est là, aux
yeux de l'Administration suisse, une question secondaire, non
pas qu'il soit indifférent de choisir un système
plus ou moins parfait, mais parce qu'il est toujours facile
de substituer un système à l'autre, sans troubler
l'ensemble des installations. Rien n'empêche même
de commencer sur un réseau avec un modèle de téléphone
et d'en introduire ensuite un autre conjointement, car l'introduction
d'un système meilleur chez un nouvel abonné ne
le fait pas seul bénéficier de cet avantage, mais
encore tous les autres abonnés dans leurs communications
avec lui. En attendant, l'Administration suisse se propose de
commencer son service avec le système Theiler-Bell.
Pour l'installation de la station centrale,
il importe, au contraire, que les dispositions soient, dès
le début, arrêtées d'une manière
définitive. Malgré la grande diversité
des systèmes de permutation qui; ont été
mis en avant, ils peuvent tous se classer dans deux catégories
: l'une où la permutation s'effectue au moyen d'une corde,
métallique dont chaque extrémité se rattache
au bouton ou fiche des deux communications à relier;
l'autre pu toute permutation exige le déplacement de
deux fiches indépendantes. Chacun de ces deux systèmes
a ses avantages et ses inconvénients qui se balancent
et qu'il serait trop long d'énumérer ici. L'Administration
suisse n'a pas encore fait son choix.
Il n'en est pas de même pour les signaux
avertisseurs où elle a adopté un système
tout nouveau qui lui paraît de nature à simplifier
sensiblement le travail de la station centrale et à rendre
en même temps le fonctionnement plus sûr et moins
sujet à des malentendus.
Voici en quoi consistera ce système. Chacun des
abonnés recevra deux boutons d'appel, l'un marqué
de la lettre A, l'autre de la lettre Z.
C'est ce dernier qui servira pour appeler la station centrale.
Lorsque l'abonné pressera le bouton Z, la trappe correspondante,
dans la station centrale, tombera et fera ainsi connaître
le numéro de la personne qui appelle. Puis, la station
centrale ayant établi la communication qui lui est demandée,
c'est le bouton A qui, entre les deux correspondants quels qu'ils
soient, leur servira à s'appeler directement, sans que
ces appels mettent en mouvement aucune trappe à la station
centrale et, par conséquent, sans que celle-ci soit inutilement
et inopportunément dérangée.
Les communications terminées, l'abonné qui les
a demandées, n'aura qu'à presser le bouton Z pour
faire retomber de nouveau la trappe correspondante dans la station
centrale et aviser ainsi cette dernière qu'elle peut
supprimer la communication.
Mais ce qui intéresse le public plus
que la connaissance de ces détails d'installation, ce
sont les conditions financières et les avantages qui
lui seront faits. Or, voici les dispositions très-libérales
adoptées à cet égard par l'Administration
suisse.
Le prix d'abonnement sera de 150 francs par an, si le fil à
établir ne dépasse pas 2 kilomètres, sans
que l'abonné ait, d'ailleurs, rien à payer en
sus pour frais de premier établissement du fil, lequel
reste la propriété de l'Etat. Au dessus de 2 kilomètres,
le prix sera augmenté suivant un tarif gradué
d'après la distance. Outre les communications téléphoniques
avec les autres abonnés, tout abonné aura la faculté
de dicter à la station centrale ou d'en recevoir, par
téléphone, les télégrammes dont
il serait l'expéditeur ou le destinataire, moyennant
un droit de 10 centimes par télégramme, en sus
naturellement de la taxe télégraphique. Il pourra
également dicter à la station centrale les communications
qu'il aurait à faire en ville auprès de personnes
non abonnées et ces phonogrammes seront
portés à leur adresse par les facteurs du télégraphe
dans les mêmes conditions que les télégrammes
ordinaires. La taxe des phonogrammes sera d'un centime par mot
seulement, plus un droit fixe de 10 centimes pour le port à
destination. Moyennant un abonnement annuel de 200 francs, toute
personne pourra aussi obtenir la jouissance d'une communication
permanente entre deux établissements (par exemple entre
son domicile privé et son bureau d'affaires), sans que
la station centrale puisse intervenir dans cette communication
ni l'utiliser pour d'autres combinaisons. Enfin, deux établissements
reliés par un fil permanent, pourront avoir une communication
commune avec la station centrale et, tout en profitant ainsi
des ressources que leur offre le réseau entier, correspondre
néanmoins entre eux de. la même manière
que s'ils disposaient d'une ligne isolée.
Tout cet ensemble de dispositions, on le voit, constitue pour
les abonnés des facilités beaucoup plus grandes
et plus nombreuses que celles qu'ils trouvent généralement
dans les installations similaires de communications téléphoniques
où les ressources offertes par les Compagnies sont forcément
limitées par les droits régaliens des Administrations
télégraphiques.
C'est là une preuve de plus de l'intérêt
et de l'avantage qu'offre au public la gestion directe par l'Etat
des communications téléphoniques.
|
Empêtrée dans ses contradictions, le
Département des Postes et des Chemins de fer hésitait
à instaurer un véritable service téléphonique
public. Dune part, il aurait aimé en confier la réalisation
et lexploitation à un seul et unique concessionnaire,
mais dautre part, la Confédération ne voulait
renoncer à aucun de ses droits et garder les mains libres dans
cette affaire.
De plus, soumis à la concurrence du téléphone,
le télégraphe voyait ses recettes alimentant déjà
les caisses de la Confédération, chuter. On comprend
dès lors mieux encore pourquoi la société zurichoise
des téléphones, après avoir obtenu le 20 juillet
1880 une concession jusquà fin 1885 pour un réseau
téléphonique public pour la ville de Zurich et 9 communes
attenantes, dû se débattre jusquau 11 mars 1881
pour faire ratifier son initiative. En effet, les difficultés
survenues dans lintervalle entre la ville de Zurich et les 9
agglomérations attenantes avaient nécessité plusieurs
interventions du Conseil fédéral et avaient abouti au
fait que la durée de la concession, prévue initialement
pour 20 ans, avait été réduite à 5 ans
seulement.
Le premier réseau téléphonique urbain réalisé
par la Confédération la été à
Bâle en 1880. Genève, consulté, navait pas
manifesté dintérêt suffisant (seulement
20 abonnés). Berne suivit en 1881, Genève en 1882, Lausanne
en 1883, puis Winterthur, St Gall, Lucerne, Bienne, etc
Dès 1881, la Confédération
se chargea d'en construire et exploiter d'autres, d'abord à
Bâle, Berne (1881) et Genève (1882),
puis Lausanne et dans le canton de Saint-Gall. Elle
racheta celui de Zurich en 1885.
- Ouverture du standard téléphonique à Bâle
le 1er août 1881 avec 55 participants.
- Ouverture du central téléphonique à Berne
le 20 septembre 1881
1881 Zentrale Basel und Bern
Le centre est géré par trois opérateurs. Le salaire
d'un opérateur téléphonique à l'époque
était de 80 francs par mois.
Les premiers téléphones sont achetés: à
la Bell Telephone Co (Boston / Antwerben) pour 360 appareils,
à la Bell Telephone Co (Zellweger Uster) 60 appareils,
et Theiler & Sons (Kälin Einsiedeln) avec 142
appareils.
L«Instruction pour le fonctionnement du
téléphone» résultant du test en 1880 et
publiée par la Direction le 20 avril 1881, énumère
un certain nombre déléments qui doivent être
présents lors de linstallation dun poste téléphonique.
À lépoque, elle servait moins dexigence
normative pour les entreprises de télécommunications
privées que de ligne directrice pour la production de téléphones
par lÉtat. Entre 1883 et 1891, la direction des télégraphes
achète presque exclusivement des pièces détachées
auprès de divers fournisseurs en Suisse et à létranger
afin de les assembler dans ses propres ateliers en des appareils aussi
uniformes que possible.
Cela a changé en 1892. Cette année, la direction des
télégraphes nest plus en mesure de produire suffisamment
de téléphones en interne pour répondre à
la demande croissante dans tout le pays. Sans fermer ses propres ateliers
pour linstant, la direction commence à commander des
appareils téléphoniques complets à des fabricants
privés, à savoir Gustav Hasler à Berne,
la Société des téléphones de Zurich et
la société Eckenfelder à Zurich. Ce fut le début
dune relation commerciale de plusieurs décennies entre
les compagnies monopolistiques de télégraphe et de téléphone,
plus tard les PTT, et lindustrie privée des télécommunications
en Suisse.
La direction des télégraphes à
Berne est chargée de la construction du réseau de lignes
et se met immédiatement à tester concrètement
les appareils disponibles à lépoque.
L «Instruction pour le fonctionnement du téléphone»
résultant de ce test et publiée par la Direction le
20 avril 1881, énumère un certain nombre
déléments qui doivent être présents
lors de linstallation dun poste téléphonique.
À lépoque, elle servait moins dexigence
normative pour les entreprises de télécommunications
privées que de ligne directrice pour la production de téléphones
par lÉtat.
| Instruction dexploitation
du téléphone du 20 avril 1881
«Le Département fédéral
des postes et des chemins de fer est autorisé à
conclure des contrats avec les gouvernements cantonaux pour
la construction de stations téléphoniques sur
la base des dispositions ci-dessus».
Après que la téléphonie ait été
déclarée matière fédérale
un an plus tôt, la Direction des télégraphes
commence à construire le réseau téléphonique
en 1881, permettant ainsi lintroduction de la téléphonie
en Suisse.
|
 |
Début 1881, Rapports de gestion de l'Administration
suisse eu 1880, Télégraphes et Téléphones.
(Extraits.)
|
I. Observations générales.
Dans le rapport sur la gestion de l'année
précédente, nous avons omis l'opinion qu'il no
fallait pas trop s'attendre, pour l'avenir, à des résultats
aussi favorables que ceux de l'année 1879, qui a fourni
un solde actif de fr. 444.920,62. Cette supposition nous a été
suggérée par le fait qu'en 1879 les frais pour
les lignes s'étaient restreints à l'entretien
courant et qu'il y avait lieu de prévoir des dépenses
considérables pour l'année 1880.
En effet, au printemps de 1880, les lignes aériennes,
dans l'intérieur de la ville de Bâle ont été
remplacées par dès câbles, et ce changement
a occasionné en chiffre rond, une dépense de fr.
43,000. On a fait, de plus, l'acquisition du câble pour
le grand tunnel du St-Gotliard, avec tout le matériel
nécessaire pour sa pose, au prix dé fr, 100.000
environ.
Malgré ces dépenses extraordinaires,
les recettes de l'année 1880 sont de fr. 57.635,29 plus
élevées que celles de 1879; et elles accusent
un solde actif de fr. 502.555,91. Ce résultat favorable
provient principalement de ce quo le trafic s'est accru de 225.000
dépêches environ, ce qui constate incontestablement
une reprise générale des affaires.
Ces résultats pourront, à l'avenir
diminuer quelque peu, par suite d'augmentations de traitement
qui sont devenues nécessaires.
Nous mentionnerons ensuite un autre sujet d'un
intérêt général ; c'est l'emploi
du téléphone et du microphone, soit pour la
correspondance dans l'intérieur des villes, soit pour
remplacer l'appareil télégraphique dans les petites
localités.
L'emploi de cette nouvelle invention, dans l'intérieur
d'une ville, a pour but de relier, au moyen d'un fil téléphonique,
tous les habitants de cette ville qui s'engagent à payer
un certain prix d'abonnement à une station centrale.
Par l'intermédiaire de cette station, ils sont tous reliés
entre eux et peuvent, en tout temps, s'entretenir de vive voix.
Les autorités compétentes de la Confédération
se sont déjà occupées de cette innovation
vers la fin de 1879, et elles ont examiné la question
de savoir si son établissement et sa mise à exécution
devaient être abandonnés à l'industrie privée
au moyen de concessions, ou si l'administration fédérale
ferait mieux de s'en charger elle-même.
Cette question était d'autant plus difficile
à trancher , qu'aucun autre Etat de l'Europe n'avait
fait l'expérience de ce nouveau moyen de communication,
et l'expérience faite pour la première fois en
Amérique ne pouvait être concluante, parce que,
dans cette partie du monde, l'Etat ne possède point le
monopole du télégraphe. Il résulte cependant
des renseignements reçus à cotte époque
de la part des autres administrations européennes que
dans tous les pays, a l'unique exception de l'Allemagne,
on était de l'avis qu'il fallait abandonner à
l'industrie privée l'exploitation du téléphone.
Cette opinion prévalait surtout en France, en Angleterre,
en Belgique, on Hollande ou en Autriche.
Sur ces entrefaites, une demande de concession
pour Zurich nous a été adressée le 16 avril.
Après un mûr examen, tant de la concession elle-même
que des conditions éventuelles à poser, nous avons,
dans notre séance du 20 juillet, décidé
d'accorder la concession non plus aux premiers requérants,
mais à une nouvelle société, qui, en attendant,
s'était entendue avec ceux-là et avait renouvelé
la demande en son nom peu de jours avant cette dernière
date.
Mais, peu après, des différends
graves ont surgi entre les concessionnaires et les autorités
municipales.
Ceux-là ont cru pouvoir mettre de côté tous
les égards envers les dernières, tandis que, celles-ci
ont fait, avant d'accorder et d'approuver la pose des fils téléphoniques,
des conditions qui auraient rendu impossible toute l'entreprise.
Quelques communes du voisinage immédiat sont même
allées plus loin, en refusant net toute autorisation
et en demandant elles-mêmes une concession, qui, après
d'inutiles efforts pour amener une entênte, leur a finalement
aussi été donnée. Il était, du reste,
facile de prévoir que deux sociétés se
faisant concurrence ne pourraient pas exister, et qu'enfin,
bon gré mal gré, une entente était inévitable.
Dans la suite, cette entente a effectivement eu lieu, quoiqu'un
peu tard.
Vu ces expériences peu édifiantes,
et vu le fait que, en attendant, quelques administrations
étrangères, comme celle de l'Angleterre et de
la: Belgique, s'étaient montrées de plus en plus
favorables à l'exploitation par l'Etat, nous avons
pris la résolution de ne plus, accorder de concession
privée pour d'autres villes et de charger l'administration
des télégraphes de l'établissement téléphonique
partout où la participation du public serait suffisante.
Par suite de cette décision, nous ayons fait les démarches
nécessaires pour nous assurer des dispositions de la
population des villes dé Genève et de Bâle.
A Genève, le résultat est resté au-dessous
de toute attente, de sorte que, pour le moment du moins, il
a fallu renoncer au projet. A Bâle, en revanche, il s'est
trouvé, en peu de temps, un nombre suffisant d'adhérents.
Les conditions d'abonnement ont donc été déterminées
et les conventions définitives conclues. Les abonnés
sont actuellement au nombre de 108, et toutes les mesures sont
prises pour se mettre à l'uvre, dès que
la saison et le temps le permettront.
Lors de là délibération
sur le budget de 1881, vous vous êtes aussi occupés
de cette question, et vous nous avez invités à
continuer l'exploitation du téléphone par l'Etat.
Dans les petites localités, dont le trafic ne justifierait
point l'établissement d'un bureau télégraphique,
le téléphone trouve son application par la création
de stations téléphoniques publiques en communication
avec le réseau télégraphique de l'Etat.
Le service téléphonique n'exigeant,
en effet, ni local particulier ni instruction spéciale
de l'employé et pouvant, en conséquence, le plus
souvent être confié, sans frais ou autre indemnité,
à un employé communal (régent, secrétaire,
etc.), nous espérons, en favorisant l'établissement
de stations téléphoniques, éviter aux communes
les dépenses annuelles qu'occasionnent les bureaux télégraphiques.
Pour le cas où, dans un village, il ne se trouverait
personne pour faire gratuitement le service téléphonique,
les communes sont autorisées à percevoir une petite
surtaxe pour en couvrir les frais.
Vis-à-vis de l'administration, ces communes n'auront
qu'à payer, une fois pour toutes, une contribution aux
frais de construction de la ligne.
Vers la fin de l'année, nous avons adressé
une ordonnance se basant sur ces principes à tous les
gouvernements cantonaux, afin qu'ils puissent en informer leurs
communes. Nous attendons le résultat de cette mesure.
... (fin de l'extrait)
|
Meinrad Wendel Theiler Une belle histoire Austrolo-Anglo-Suisse.
|
Meinrad Wendel Theiler est issu d'une famille
horlogère d'Einsiedeln.
Grâce à son auto-apprentissage persistant en mécanique
et en électricité, la télégraphie
électromagnétique émergente devient sa
spécialité. De plus, la bonne connexion avec l'abbaye
d'Einsiedeln est un coup de chance.
Le père Athanasius Tschopp (1803 - 1862), successeur
du père Kälin et professeur de physique au lycée
du monastère, s'occupe de l'utilisation de l'énergie
galvanique pour la télégraphie. Cela donne à
Theiler la possibilité de «sauter dans le train
en mouvement».
Tschopp invente le "copieur-télégraphe électromagnétique",
qu'il appelle le "typo-télégraphe".
Meinrad Wendel Theiler construit le prototype du générateur
de signaux et du récepteur de signaux. À ce moment-là,
le Conseil fédéral suisse a posé la première
pierre de la construction de son propre système télégraphique
en Suisse.
Le conseil du gouvernement du canton de Schwyz se sent obligé
de recommander l'invention du père Athanasius Tschopp
au «grand conseiller fédéral». Dans
sa réponse, le Conseil fédéral reconnaît
les grandes réalisations de Tschopp et Theiler, mais
rejette l'introduction du nouveau système. La lettre
montre que l'invention revendiquée par Tschopp et Theiler
a été présentée il y a quelques
années par l'Américain Blaikwell et jugée
trop compliquée. De l'avis du Conseil fédéral,
aucun opérateur télégraphique n'est nécessaire,
mais des mécaniciens qui peuvent restaurer le fonctionnement
de l'appareil s'il ne fonctionne plus, ce qui est souvent le
cas.
À ce moment-là, le Conseil fédéral
autorise le Service des postes et de la construction à
créer un atelier conformément au cahier des charges
de Steilheil et à employer deux contremaîtres appropriés.
Theiler a ensuite postulé pour le poste annoncé
pour le "chef de l'atelier télégraphique"
à Berne. Cependant, la candidature de Theiler ne sera
pas prise en considération. Vous lui offrez un emploi
de «nettoyeur de batterie», ce qu'il refuse naturellement.
Comme on le sait, Matthäus Hipp et Karl Kaiser obtiennent
le poste.
Theiler ne se laissa pas décourager et continua de chercher
les clients de son Typo-Telegraph développé plus
avant et se rendit à Paris et à Londres.
En juin 1854, il déposa une première demande de
brevet «améliorations dans l'impression des télégraphes»
par l'intermédiaire de John Henry Johnson à Londres.
Un télégraphe fonctionnant selon le principe «start-stop»
est exposé au Science Museum de Londres.
1857, à la III ème Exposition professionnelle
suisse à Berne, son Typo-Telegraph reçoit la médaille
de bronze. Il a ensuite déménagé à
Londres avec sa famille, où il a accepté un poste
de «contremaître des travaux extraordinaires pour
la construction de nouveaux appareils» à l'Electric
Telegraph Company. La même année, il a reçu
un brevet anglais pour "un télégraphe à
impression directe sans relais et sans batterie locale"
avec le fascicule de brevet n ° 2453.
En 1858, il signe un accord de licence avec Brequet & Cie
à Paris. Il reçoit 375 CHF pour le prototype et
une redevance de 25 CHF pour chaque appareil télégraphique
construit en France.
-À l'automne 1877, la Société anglaise
des ingénieurs télégraphiques invita à
une assemblée générale extraordinaire à
Londres. ou Alexander Graham Bell, inventeur du téléphone,
donne une conférence.
- Lors d'une réunion d'ingénieurs télégraphiques
au printemps 1878, le physicien David Eduard Hughes a présenté
ses découvertes sur le microphone.
Ces deux événements incitent Richard et Meinrad
Theiler à faire face à la nouvelle technologie.
En conséquence, ils ont reçu plusieurs brevets
pour "Récepteur et émetteur de téléphone",
sur lesquels repose la construction de leurs propres postes
téléphoniques avec le microphone Theiler.
Afin de mettre en place des ventes en Suisse, Richard Theiler
séjourne en Suisse à l'été 1880
avec deux jeux d'échantillons (téléphones).
Il visite l'administration des télégraphes afin
de les convaincre en tant que nouveau client. L'administration
des télégraphes s'intéressa à ces
appareils et construisit en 1881 son premier réseau
téléphonique à Bâle avec les
postes téléphoniques fournis par Theiler.
En plus du système Theiler-Theiler susmentionné,
les systèmes Blake-Bell et Crossley-Bell sont également
introduits en Suisse.
Cependant, en Suisse, le réseau téléphonique
de Bâle est le seul fonctionnant avec le système
Theiler-Theiler, pour des raisons économique.
En 1881 La London Company Theiler
fournissait 148 postes téléphoniques, 52 microphones
et autres 200 téléphones portables. L'année
suivante, 100 postes téléphoniques ... jusqu'en
1901
Les Téléphones Theiler :
1881 Vu dans "La Lumière Electrique"
Parleur microphonique de M. Theiler.
Bien que ce parleur ne présente comme disposition rien
de bien nouveau, comme il a été adopté
en Suisse pour certaines installations téléphoniques,
nous croyons devoir en dire quelques mots, daprès
les renseignements que nous en donne le Journal Télégraphique
de Berne, dans son numéro du
25 novembre 1880. Voici ce que nous y lisons p. 804:
« Quant au transmetteur de Theiler, il se distingue par
labsence dembouchure en forme dentonnoir.
Les inventeurs ont cru pouvoir se dispenser de cet appendice.
La disposition intérieure rappelle singulièrement
une des premières expériences de M. Hughes, lors
de ses recherches relatives au microphone. On se souvient que,
entre autres dispositions, M. Hughes avait placé trois
clous de lespèce dite « pointes de Paris
», deux étant parallèles et le troisième
reposant en croix sur les deux autres. Le courant pénétrait
par une des deux pointes parallèles et sortait par lautre.
En parlant contre ce système tout primitif de pointes,
on pouvait être entendu au moyen dun téléphone
intercalé dans le circuit. M. Theiler a remplacé
ces trois pointes par trois morceaux de charbon, dont les deux
parallèles ont une forme cylindrique et sont collés
verticalement, au moyen
de gomme-laque, contre le diaphragme en bois de sapin ou écorce
de liège. Le troisième charbon, de forme demi-cylindrique,
maintenu par un fil de suspension, pèse sur les deux
autres en vertu dune partie de son poids quaugmente
une lame de cuivre fixée à la partie plane du
charbon. Il nexiste, dailleurs, aucun moyen de régler
cette pression, lappareil, suivant linventeur, ne
demandant aucun réglage. Il convient de remarquer que,
en passant par les trois charbons, le courant local rencontre
deux places où le contact des charbons est réduit
à deux points, en sorte que les moindres vibrations du
disque produisent des variations de lintensité
du courant primitif. Quant au téléphone, il présente
également une disposition spéciale. Il se compose
dun cylindre de 7 centimètres de diamètre
sur 3 de hauteur, fixé à une tige en ébonite
de 15 centimètres de longueur qui aboutit à la
circonférence du cylindre, en sorte que les axes de la
tige et du cylindre forment un angle droit. Cette disposition
facilite beaucoup lapplication du téléphone
à loreille et diminue la fatigue. Laimant
du téléphone a la forme dun anneau circulaire.»
Nous avons eu aussi occasion, tout récemment, dexpérimenter
nous-mêmes ce téléphone en présence
des inventeurs. Les expériences faites sur une ligne
de 4 kilomètres de longueur ont donné des résultats
très satisfaisants. La pile, formée de trois éléments
Leclanché à plaques agglomérées,
desservait à la fois le microphone ainsi que la sonnerie
dappel. La reproduction de la voix seffectuait avec
une grande force et une grande clarté. Il est même
bon de parler un peu doucement pour ne pas introduire dans la
reproduction des crachements étrangers. Nous avons pu
bien saisir les paroles articulées, alors même
quelles étaient prononcées à une
distance de 6 mètres du microphone...
L'approche de Theilers consistait à
connecter le diaphragme directement à un pôle de
l'aimant et à faire vibrer l'aimant lui-même, comme
un diaphragme. Si les pôles étaient suffisamment
proches les uns des autres, la vibration produisait le courant
variable nécessaire. Cela a bien fonctionné et
ils ont pu utiliser l'appareil à la fois comme émetteur
et comme récepteur. Mais il n'était pas très
efficace en tant qu'émetteur, alors ils ont adoptés
une version de microphone à crayon de carbone (basés
sur le travail de David Hughes), c'était aussi un bon
un moyen pour ne pas prendre les brevets American de Bell .

Gauche: téléphone interphone. Droite: ligne téléphonique
d'échange. Illustrations avec l'aimable autorisation
de Ric Havyatt
Certains téléphones ont été introduits
en Australie en 1883, pour évaluation par le NSW
Electric Telegraph Department.
Ces instruments incomplets ont été découverts
et reconstruits par Ric Havyatt et Linley Wilson.
Les premiers récepteurs ont également été
trouvés à Melbourne, où les téléphones
Theiler étaient utilisés sur certaines lignes
téléphoniques privées du gouvernement.
Tous les téléphones Theiler connus en Australie
semblent avoir été fabriqués en Angleterre.
Les émetteurs de ces téléphones sont une
première version à crayon de carbone, avec deux
tiges verticales collées au diaphragme en liège.
Une tige en laiton carrée horizontale avec une face en
carbone demi-ronde a été suspendue au cadre de
montage par des fils pour reposer légèrement contre
les charbons, donnant le contact variable nécessaire.
L'arrangement était plutôt grossier.
Les téléphones connus en Australie sont un interphone
à piles et un téléphone magnéto.
Dans le volume 12 de 1883 du Journal of The Society
of Telegraph Engineers and Electricians, le professeur
Sylvanus Thompson note que «MM. Theiler ont, à
ma connaissance, employé depuis longtemps des émetteurs
métalliques». La Société discutait
des émetteurs à contact unique à l'époque,
il semble donc que Theilers les ait également expérimentés.
Les premiers récepteurs étaient équipés
avec un aimant externe attaché à une coque en
bois. L'aimant annulaire externe à deux pôles est
assez distinctif et semble avoir été installé
sur les téléphones antérieurs de Theiler.
Dans une version ultérieure, l'aimant était enfermé
dans une coque en ébonite à l'intérieur
du récepteur et était de type unipolaire.
RÉCEPTEUR TÉLÉPHONIQUE DE THEILER.
La
figure 1 et La figure 2
|
Ce récepteur téléphonique
diffère de ses prédécesseurs en se
dispensant d'une armature, la vibration latérale
de l'électro-aimant lui-même étant
mise à profit. Dans les systèmes antérieurs
dans lesquels un électro-aimant est utilisé,
les vibrations sonores sont dues soit au mouvement d'un
diaphragme ou d'une armature en fer placé à
proximité des pôles de l'électro-aimant,
soit à l'expansion et à la contraction de
l'aimant lui-même.
Dans le téléphone de Theiler, l'électro-aimant
peut avoir la forme habituelle en U, et peut être
constitué soit de fer doux, soit d'acier trempé
magnétisé en permanence, enroulé
avec un nombre approprié de spires de fil isolé.
Cet électro-aimant est fixé de telle manière
que la vibration de l'un ou de ses deux membres soit communiquée
à un diaphragme ou à des diaphragmes. Les
titulaires de brevet emploient également deux électro-aimants
ou plus dans le même circuit, et utiliser la vibration
des deux aimants de la manière décrite.
En attachant un disque léger ou des disques aux
membres vibrants, le diaphragme peut être supprimé.
La figure 1 représente l'un des récepteurs
téléphoniques pourvu de deux diaphragmes
ou tables de résonance, connecté aux deux
branches ou noyaux de l'électro-aimant en forme
de U par des languettes courtes. Ces languettes sont fermement
insérées dans les diaphragmes et fixées
à l'aimant, comme illustré. Les pôles
de l'électro-aimant sont rapprochés très
étroitement en étant conformés comme
illustré, et la partie médiane de l'aimant
est fermement vissée au boîtier de l'instrument.
Les extrémités de l'hélice entourant
les noyaux magnétiques peuvent être fixées
comme d'habitude à deux bornes, ou soudées
à un conducteur flexible communiquant avec les
autres parties de l'appareil téléphonique.
Lorsqu'un courant vibratoire est envoyé à
travers l'hélice de l'électro-aimant, les
extrémités sont rapidement attirées
et repoussées, et ce mouvement vibratoire des noyaux
magnétiques étant communiqué aux
diaphragmes ou aux planches d'harmonie, ces derniers sont
mis en vibration d'amplitude variable produite par un
courant d'intensité variable, comme dans tous les
autres téléphones.
Au lieu de faire l'électro-aimant d'une pièce
continue de fer, comme représenté sur la
figure 1, les brevetés trouvent qu'il est plus
pratique de le faire de la forme illustrée sur
la figure 2, où l'électro-aimant représenté
se compose de deux membres ou des noyaux, une semelle
et des rallonges de pôles, le tout étant
vissé entre eux, et constituant pratiquement une
seule pièce de fer continue portant les deux bobines.
Sur la figure 2, un seul des membres ou
noyaux de l'électro-aimant est fixé au diaphragme,
l'autre membre étant maintenu fixé par une
vis. Parfois, les brevets changent l'un des noyaux magnétiques,
ou les deux, dans la semelle, auquel cas les diaphragmes
ou les tables de résonance peuvent être beaucoup
plus épaisses que lorsque les noyaux sont fixés
rigidement à la semelle, car l'attraction magnétique
des pôles n'a alors plus qu'à vaincre la
résistance du diaphragme. Au lieu d'utiliser un
diaphragme, ils fixent parfois une tige à l'un
des noyaux de l'électro-aimant, et y montent un
disque léger de vulcanite, de bois, d'ivoire, de
gutta-percha, ou de toute autre substance qu'il est capable
de vibrer. Lors de l'utilisation de ce récepteur
téléphonique, le disque est pressé
contre l'oreille de telle sorte que sa surface recouvre
l'ouverture de l'oreille.
Lorsque ces récepteurs téléphoniques
sont utilisés sur une ligne d'une longueur considérable,
les brevetés préfèrent magnétiser
l'électro-aimant par un courant constant d'une
batterie locale, et effectuer la variation de cette aimantation
constante par induction et non directement.
L'électro-aimant n'est donc pas du tout inséré
dans la ligne, mais dans le circuit primaire d'une bobine
d'induction, et connecté à une batterie
locale. La ligne est connectée au circuit secondaire
de la bobine d'induction.
Ce dispositif présente l'avantage que l'électro-aimant
peut être puissamment magnétisé avec
très peu d'énergie de la batterie, quelle
que soit la longueur de la ligne, et que les aimants en
acier sont entièrement supprimés.
Il n'est pas nécessaire d'avoir une batterie séparée
à cet effet, car la batterie du microphone peut
également être utilisée pour le récepteur
téléphonique. La forme des électro-aimants
vibrants est sans importance, car ils peuvent être
constitués de diverses formes. et pour effectuer
la variation de cette aimantation constante par induction
et non directement. L'électro-aimant n'est donc
pas du tout inséré dans la ligne, mais dans
le circuit primaire d'une bobine d'induction, et connecté
à une batterie locale.
|
Le numéro de décembre 1885 de Scientific American
décrit une version d'un récepteur Theiler, qui utilisait
un aimant en fer à cheval, soit magnétisé
en permanence, soit avec un champ induit dans les bobines par
une batterie externe. Un disque attaché à l'un ou
aux deux pôles de l'aimant servait de diaphragme, le mouvement
de l'aimant lui-même sous le champ électromagnétique
variable étant suffisant pour déplacer le diaphragme
lorsque les membres de l'aimant s'attiraient et se repoussaient.
Cela aurait été plutôt inefficace et l'article
note que "les brevetés utilisent également
deux électroaimants ou plus dans le même circuit,
et utilisent les vibrations des deux aimants de la manière
décrite".
Dans certaines versions, la pièce polaire était
articulée pour permettre plus de mouvement du diaphragme.
Le diagramme de gauche montre une version à deux diaphragmes.
Notez les courtes pièces horizontales fixant les diaphragmes
directement au sommet des pôles de l'aimant.
La version de droite montre une pièce polaire fixée
à l'arrière du boîtier, tandis que le diaphragme
unique est fixé à l'autre pôle.
Les diaphragmes étaient en ivoire, en vulcanite, en bois
ou en gutta-percha. Ils ont été conçus pour
couvrir toute l'ouverture de l'oreille, probablement pour augmenter
leur efficacité.
Pour les longues lignes, il a été préféré
de polariser un aimant non permanent avec l'alimentation d'une
batterie locale, qui pourrait également alimenter l'émetteur.
La ligne était connectée à un circuit secondaire
dans la bobine. Cela a permis l'utilisation de batteries plus
puissantes, améliorant l'efficacité du téléphone
même sur des courants de ligne faibles.

Preece et Maier dans leur livre de 1889 "Téléphonie"
montrent un "téléphone portable" plus
tardif.
Le récepteur et l'émetteur sont combinés
en une seule unité, avec un grand cornet pour transmettre
la parole à l'émetteur. Le style est similaire au
"cornet" utilisé sur de nombreux téléphones
en France jusqu'aux années 1920. Le récepteur utilise
un grand aimant annulaire permanent, entourant une bobine qui
agit sur la pièce polaire. Cela induit un mouvement dans
le diaphragme en acier - en fait, le récepteur est maintenant
un type de cloche standard, modifié pour le rendre plus
petit.
La courbe intérieure du cornet de l'émetteur comporte
un certain nombre de trous - C1 à C4 sur le diagramme -
dont le but est inconnu, mais Preece et Maier ont signalé
qu'ils avaient amélioré la qualité de l'émetteur.
Pour l'émetteur, Theilers a opté pour le type à
granule de carbone, qui était également désormais
hors brevet. Une construction assez classique de deux diaphragmes
séparés par un récipient de granulés
de carbone, il était ajusté par une vis interne.
Les téléphones Theiler ont été produits
en petite quantité et sont maintenant assez rares.
Dans l'ensemble, leur efficacité aurait été
assez faible et il semble qu'ils auraient été utilisés
principalement pour contourner les brevets de Bell.
De bonnes photos détaillées d'un téléphone
néerlandais de P J Kipp en Zonen équipé d'un
émetteur Blake et d'un récepteur Theiler sont disponibles
sur le site Web du Dutch Online Telephone Museum. Les informations
australiennes recueillies par Ric Havyatt et Linley Wilson sont
disponibles sur le site Web de l'Australasian Telephone Collectors
Association.
Je suis redevable à M. Ron Bristow, qui a fourni une grande
partie de ces informations dans son article "M
W Theiler & Sons - Une acquisition précoce par Elliott
Brothers London".
Une partie de cet article a été présentée
pour la première fois à l'Institution of Electrical
Engineers History of Electrical Engineering Conference en juillet
2001. L'article complet a été publié dans
le Bulletin of the Scientific Instrument Society n ° 36 en
mars 1993 et est reproduit ici avec l'aimable autorisation de
M. Bristow et l'éditeur. |
Pour revenir en suisse, reprenons le cours de l'histoire
Rapport de gestion de l'Administration suisse en
1881. (Extraits du Journal télégraphique de mai
1882) .
Dans son résultat financier, comparé à celui
de l'année précédente, l'année 1881 reste
d'environ 16000 francs en arrière, vu que, abstraction faite
de l'augmentation de la valeur de l'inventaire, le solde actif atteint
le chiffre de fr. 486695, tandis que celui de l'année passée
s'élevait à fr. 502555, 91. Malgré cela, nous
osons considérer ce résultat comme très-satisfaisant,
car tous les frais de construction des réseaux téléphoniques
à Bâle, Berne et Genève sont compris dans les
dépenses courantes de l'administration. Ces frais se résument
comme suit :
pour Bâle . . . . fr. 78488, 81
pour Berne ......... 52515
pour Genève ........82125, 28
Total fr. 168128, 59
Mais comme dans les deux premières villes, la mise en exploitation
n'a eu lieu qu'en Octobre et qu'à Genève elle n'a même
pas encore eu lieu, on ne peut opposer à la dépense
susmentionnée qu'un revenu net insignifiant, et il faut admettre
comme résultat du trafic télégraphique proprement
dit un solde actif d'au moins fr. 640,000, si l'on veut établir
une comparaison quelque peu exacte avec l'année dernière.
En d'autres termes : lès réseaux téléphoniques
de Bâle, de Berne, et celui de Genève en partie, ont
été construits aux frais de l'exploitation courante
sans amoindrir sensiblement le résultat général
des comptes.
Ce résultat satisfaisant doit de nouveau être attribué
à une augmentation notable des dépêches, surtout
dans les trafics international et de transit, où elle est de
16,69, respectivement 25,71 %, tandis que dans le trafic interne elle
n'atteint que 4,98 %.
Les constructions téléphoniques constituent, dans ces
derniers temps, une des branches les plus importantes de l'administration.
Pour ce qui concerne la position que le Conseil fédéral
a cru devoir prendre dans cette question, l'essentiel en est exposé
dans le rapport de l'année passée, et il ne nous reste
plus qu'à rappeler que l'assemblée fédérale
a approuvé notre manière de voir.
Outre les réseaux téléphoniques établis
dans les villes de Bâle, Berne et Genève, dont le dernier
ne sera cependant mis en exploitation qu'en 1882, on a fait, vers
la fin de l'année, les préparatifs pour celui de Lausanne,
conformément au désir de la population de cette ville.
De même un certain nombre de lignes téléphoniques
isolées furent en partie concédées, en partie
établies par la voie d'abonnements.
Nous avons adopté ce dernier système partout où
il est probable que tôt ou tard un réseau général
devra être construit et où par suite de rétablissement
de ce réseau pourraient survenir des collisions entre les lignes
de l'Etat et celles des particuliers.
Enfin, suivant l'ordonnance mentionnée dans le rapport de l'an
passé, il fut établi 18 stations téléphoniques
publiques, reliées au réseau télégraphique
général. Ces stations, remplaçant les bureaux
télégraphiques ordinaires, sont plus avantageuses pour
les communes qui, sauf une contribution aux frais de la ligne, ne
sont astreintes à aucune autre redevance. Dans le courant de
l'année, une question a surgi qui jusqu'à présent
n'a pas encore trouvé sa solution. C'est celle de relier entre
eux les réseaux téléphoniques de différentes
villes, de manière que les abonnés de l'une de ces villes
puissent converser directement avec les abonnés de l'autre.
Les autorités compétentes ont dû mûrement
réfléchir pour trouver le point de vue sous lequel cette
question doit être envisagée.
Cet examen était d'autant plus difficile que dans aucun Etat
européen un arrangement semblable n'avait encore été
pris, de manière que les points de repère faisaient
complètement défaut. Nous nous permettons ici d'anticiper
sur le rapport de 1882 en exposant de quelle manière nous nous
proposons de résoudre cette question et de donner suite au
postulat du 23 Décembre 1880.
Dans un cas spécial concernant la communication entre Zurich
et Winterthour, nous avons pris la disposition que les abonnés
de Winterthour devront payer, en sus du prix d'abonnement usité
pour la correspondance à l'intérieur de la ville, une
taxe spéciale de 20 centimes par 5 minutes de correspondance
directe avec Zurich ; par contre, la Confédération prend
à sa charge les frais qu'occasionnera l'établissement
et l'entretien de la ligne entre ces deux villes.
Le ralliement avec le réseau téléphonique privé
de la ville de Zurich a été régie par une convention.
Il en est de même pour ce qui concerne l'extension des réseaux
téléphoniques au delà du territoire des villes.
Ici aussi, à notre avis, l'Etat doit être indemnisé
proportionnellement aux lignes plus ou moins longues et aux empiétements
plus ou moins importants dans la régale télégraphique
; et cela, suivant les cas, par une taxe spéciale ou par une
augmentation du prix d'abonnement ou enfin par l'élévation
du droit de concession.
Nous nous sommes informés dernièrement, auprès
d'autres administrations télégraphiques, au sujet de
cette question. En voici les résultats.
Allemagne. La communication entre les réseaux
téléphoniques de villes différentes n'a été
jusqu'à maintenant établie que pour Hambourg et Altona
et elle est projetée pour Barmen et Elberfeld. Dans les deux
cas, les villes dont il s'agit forment une seule agglomération.
Outre le prix d'abonnement usité, il est prélevé,
pour chaque correspondance directe d'une ville avec l'autre, une taxe
spéciale de 25 centimes. Pour les stations d'abonnés,
éloignées de plus de 2 kilomètres de la station
centrale, le prix d'abonnement est augmenté de 50 marks par
kilomètre.
France. Des communications directes entre des réseaux
téléphoniques différents n'existent pas encore
; cependant on pense les admettre, sur demande, contre une taxe spéciale
à percevoir pour chaque conversation. Pour chaque abonnement,
l'Etat prélève jusqu'à la distance de 10 kilomètres,
un droit de concession de 50 francs par kilomètre de fil. Pour
les réseaux téléphoniques que l'Etat se propose
de construire, il est prévu un prix d'abonnement qui varie
en proportion de la distance.
Autriche. Le réseau téléphonique
de Vienne est, jusqu'aujourd'hui, le seul en activité. L'administration
croit cependant que la communication de plusieurs réseaux entre
eux ne pourrait être permise, vu qu'elle serait préjudiciable
au trafic du télégraphe. Pour les communications dont
la longueur dépasse 2 kilomètres, l'abonné paie
une surtaxe de 25 florins par kilomètre en sus. Le rayon d'exploitation
est fixé, pour Vienne à 15 et pour les autres villes
éventuellement à 10 kilomètres. Italie. La question
de relier entre eux des réseaux téléphoniques
n'a pas encore été soulevée. Les concessions
provisoirement accordées ne s'étendent pas au delà
du territoire des villes respectives.
Angleterre. Il n'existe pas encore de communications
entre les différents réseaux téléphoniques.
L'extension des réseaux urbains est limitée à
un rayon de quatre milles ; l'Etat prélève un droit
de concession augmentant avec la longueur de la ligne.
Norvège. Des communications directes entre les
réseaux téléphoniques n'ont pas encore été
construites et l'on ne pense pas non plus les permettre. Les réseaux
sont restreints au territoire urbain ; il peut en être fait
exception en tant que les intérêts de l'Etat seront sauvegardés.
Les autres administrations n'ont pas répondu
du tout à notre demande ou l'ont fait d'une manière
trop peu précise ; mais les données qui précèdent
doivent suffire pour prouver que les autres administrations envisagent
la question sous le même point de vue et que l'administration
suisse ne dépasse pas les limites les plus modestes en ce qui
concerne les exigences vis-à-vis des abonnés.
Remarquons aussi que le prix de l'abonnement demandé par elle
est sensiblement moins élevé que dans n'importe laquelle
des administrations étrangères. En ce qui concerne ce
dernier point, nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt
de donner ci-après un résumé des différents
prix pour autant qu'ils nous sont connus.
Allemagne fr. 250
France : Paris 600 , autres villes 400
Autriche 250
Italie 200
Angleterre 500
Norvège 170
Espagne 500
Pays-Bas 240
Suisse (en moyenne) 140
Il résulte de cette comparaison que le bénéfice
provenant de l'exploitation des réseaux téléphoniques
suisses doit être très-modique et qu'on risquerait de
le voir disparaître complètement ou même de se
changer en perte, si, sans aucune compensation, on établissait
encore des lignes téléphoniques entre les villes, en
renonçant en outre à une partie des recettes télégraphiques.
On ne peut certes pas exiger que l'Etat fasse un sacrifice pour quelques
citoyens seulement, en renonçant à une source de revenus
prévue par la constitution. D'un autre côté, on
ne comprendrait guère que le public refusât de payer
une taxe plus élevée pour une correspondance à
plus grande distance et par conséquent d'une valeur bien plus
élevée que celle à l'intérieur d'une même
ville.
Le Conseil fédéral croit donc être dans le vrai
en maintenant les principes exposés plus haut et ne pourrait
prêter la main à les abandonner.
La haute Assemblée fédérale est actuellement
nantie d'une pétition (Hintermeister et consorts) dans laquelle
quelques habitants de localités voisines de Zurich demandent
à être reliés au réseau téléphonique
privé de Zurich ; en d'autres termes que ce dernier soit étendu
au delà des limites de la concession primitive. Le Conseil
fédéral est parfaitement d'accord à ce qu'il
soit donné suite à cette demande, mais à la condition
que, conformément aux observations qui précèdent,
les intérêts de la Confédération soient
sauvegardés d'une manière ou d'une autre.
Un chapitre spécial de ce rapport sera consacré
aux résultats de l'exploitation des réseaux téléphoniques
appartenant à l'Etat.
...Total 7441,3 km de lignes contre 7010,1 l'an passé, Augmentation
de 431.2 km
... Il y eut un dérangement par 6,08 km. de fil (l'année
précédente par 6,18) et 0,77 d'heure de dérangement
par kilomètre (l'année précédente 0,73
heure). Si ce résultat est moins satisfaisant que celui de
l'année précédente, il faut l'attribuer aux travaux
du chemin de fer du Gothard.
L'état des bureaux télégraphiques ouverts
au public à la fin de 1881 est le suivant:
Bureaux de l'Etat ouverts toute l'année 958, Bureaux d'été
76, Bureaux de chemins de fer 105.
Bureaux télégraphiques et des stations téléphoniques
1139, Bureaux de consignation 71.
...
Service téléphonique. Dans ce nouveau
chapitre de notre rapport, nous nous occuperons des communications
téléphoniques, qui, construites par l'administration,
furent ensuite remises au public pour l'exploitation par abonnement.
Parmi elles, il faut distinguer entre les réseau téléphoniques
urbains et les lignes isolées. Les réseaux urbains sont,
comme on le sait, arrangés de manière que l'habitation,
le bureau, le local quelconque choisi par l'abonné, soit relié
par un fil à une station centrale ; dans cette dernière
le fil aboutit à un permutateur au moyen duquel l'abonné
peut être mis en relation directe avec n'importe lequel des
autres abonnés.
Nous avons fixé le prix de ces abonnements ordinaires à
150 francs par an, avec réduction à 100 francs pour
les établissements publics, et en accordant un abonnement gratuit
aux autorités gouvernementales et communales. Outre cela, des
lignes directes, indépendantes de la station centrale, peuvent
être construites, par exemple entre comptoir et fabrique, maison
principale et succursale, etc., pour le prix de 120 francs par an
(pour les établissements publics seulement fr. 100).
De même il y a des abonnements doubles, dans ce sens que deux
locaux sont reliés ensemble, en même temps qu'avec la
station centrale. Le prix de ceux-ci est de 200 ou 220 francs suivant
que les deux locaux sont situés dans le même bâtiment
ou non. De simples sonneries d'alarme dans un autre local de la même
maison sont taxées à fr. 5. Les abonnés en relation
avec la station centrale peuvent non seulement correspondre entre
eux, mais aussi faire parvenir des commissions ou des communications
à des personnes non abonnées, moyennant une taxe fixe
de 10 centimes et une surtaxe de 1 centime par mot en arrondissant
à 5 centimes. De même ils peuvent, par l'entremise de
la station centrale et moyennant une surtaxe de 10 centimes, consigner
et recevoir leurs télégrammes. Pour rendre les téléphones
utiles non seulement aux abonnés, mais au public tout entier,
on a installé un certain nombre de stations publiques, dans
lesquelles chacun peut :
1° parler avec les abonnés, moyennant une taxe de 10 centimes
par 5 minutes ;
2° envoyer des communications quelconques à d'autres personnes,
moyennant payement d'une taxe fixe de 20 centimes et de 1 centime
par mot.
Les réseaux téléphoniques mis en exploitation
dans le courant de l'année à Bâle et à
Berne, donnent, à la fin de celle-ci, les résultats
suivants :
- Nombre des abonnés Bâle : 181 et Berne 144
- Nombre des appareils Bâle : 212 et Berne 173
...
- Personnel. Chefs de bureaux (provisoirement) . 1 à Bâle
et 1 à Berne , Téléphoniste 5à Bâle
et 4à Berne.
La construction des réseaux urbains fut exécutée
sous la direction de l'administration centrale, par des employés
des bureaux télégraphiques respectifs. Ayant eu égard
à la difficulté et aux dangers de ces travaux, comme
aussi aux dépenses directes qu'ils occasionnent, nous avons
accordé à ces employés une augmentation proportionnée
à leur traitement habituel.
Comme presque partout, les lignes sont aériennes et groupées
en faisceaux qui rayonnent de la station centrale vers les différents
points de la ville. Mais il est clair que de pareils faisceaux, réunissant
jusqu'à 60 fils et plus, ne pouvaient trouver place dans les
rues ; il fallut donc choisir comme points d'appui les faîtes
de bâtiments élevés et bien situés et demander,
à cet effet, l'autorisation préalable des propriétaires.
Il va sans dire que de cette façon bien des difficultés
et des préjugés étaient à écarter
; mais en général, l'administration a rencontré
chez les autorités comme chez les particuliers de bonnes dispositions
et ce n'est que dans quelques cas exceptionnels qu'elle a dû
abandonner, par suite du refus d'un propriétaire, un tracé
projeté.
Les chevalets, destinés à recevoir les supports et les
fils, ailleurs souvent en bois, furent construits en fer pour leur
assurer une plus longue durée et un meilleur aspect. Ils sont
posés sur les toits et retenus dans leur position par des haubans,
autant que cela est nécessaire. Des isolateurs petits, mais
très-forts furent fabriqués tout exprès en porcelaine.
Comme conducteur on a employé du fil d'acier galvanisé,
d'un diamètre de 2mm. L'installation des stations centrales
a nécessité dans les deux villes des travaux assez considérables
d'aménagement dans les bâtiments respectifs. Deux différents
systèmes d'appareils furent employés: à Bâle,
le système Theiler, qui, d'une construction simple
n'exigeant aucun réglage, a pourtant un inconvénient,
vu que sa sonnerie est mise en action par un courant de batterie,
de sorte que chaque abonné a besoin de plusieurs éléments
; à Berne, le système Blake-Bell, d'une
manipulation plus délicate, dont la sonnerie est mise en action
par une petite machine magnéto-électrique, de manière
qu'il ne faut qu'un seul élément pour desservir le microphone.
Il va sans dire que bon nombre d'autres systèmes furent également
examinés et comparés sous le rapport du prix et de la
qualité.
L'ouverture du service a eu lieu, dans les deux villes, le 1er octobre,
et dès le commencement, les abonnés en firent un emploi
fréquent.
Le 20 décembre, les stations publiques furent ouvertes; quelques-unes
d'entre elles ont un trafic assez important, tandis que d'autres sont
comparativement peu employées. L'introduction du service de
nuit est prévue pour l'année 1882.
Le service des commutateurs de la station centrale se fait par des
demoiselles ; la surveillance de ce service, la comptabilité,
la correspondance, l'entretien des lignes et des appareils, de même
que l'installation de nouvelles stations, sont confiés à
l'employé qui a dirigé l'installation et qui a été
désigné provisoirement comme chef de bureau.
Afin de pouvoir juger du résultat financier approximatif se
basant sur l'état à la fin de l'année, nous obtenons
les chiffres suivants ...
Recette totale en fr. pour Bâle 26,400 et pour Berne 19,445
fr.
Dépense totale en fr.pour Bâle 21,000 et pour Berne 16,000
fr
Revenu net en fr. pour Bâle 5,400 et pour Berne. 3,445 fr
Par voie d'abonnements, il fut en outre construit 8 installations
isolées, d'une longueur totale de 6650 m et dont les frais
s'élèvent en moyenne à 600 fr . Le revenu annuel
de chaque station s'élève donc à fr. 120 et donne
ainsi en sus des 15 % pour intérêt et entretien, un revenu
net de 5 % du capital. Le bénéfice net, produit par
les constructions téléphoniques, peut paraître,
au premier abord, un peu élevé, mais si l'on considère
que les abonnés ne sont engagés que pour un temps limité
et que si l'un des abonnés venait à se retirer, les
frais de construction seraient à peu près perdus, ces
entreprises ne paraîtront plus tellement productives.
...
Le réseau téléphonique de Saint-Gall s'étendait
aux localités environnantes, à Bruggen, Saint-Fiden,
Spiecher, Trogen, Teufen, Hérisau.
Tous ces réseaux se développèrent rapidement.
Le succès de la société zurichoise
des téléphones fut fulgurant.
Zurich : premier commutateur Gilliland, vers
1880
Zurich 1882 Le premier central téléphonique de
Suisse :
Tables vers 1885
En 1882, le téléphone avait déjà
pris une certaine extension dans la confédération. On
commença à cette époque l'établissement
de lignes interurbaines; une de ces lignes fut posée entre
Zurich et Winterthur, séparées par une distance de dix-neuf
kilomètres.
Des réseaux téléphoniques furent également
établis dans plusieurs localités, vers la fin de cette
année.
Empêtrée dans ses contradictions, le Département
des Postes et des Chemins de fer hésitait à instaurer
un véritable service téléphonique public.
Dune part, il aurait aimé en confier la réalisation
et lexploitation à un seul et unique concessionnaire,
mais dautre part, la Confédération ne voulait
renoncer à aucun de ses droits et garder les mains libres dans
cette affaire.
De plus, soumis à la concurrence du téléphone,
le télégraphe voyait ses recettes alimentant déjà
les caisses de la Confédération, chuter.
On comprend dès lors mieux encore pourquoi la société
zurichoise des téléphones, après avoir obtenu
le 20 juillet 1880 une concession jusquà fin 1885 pour
un réseau téléphonique public pour la ville de
Zurich et 9 communes attenantes, dû se débattre jusquau
11 mars 1881 pour faire ratifier son initiative.
En effet, les difficultés survenues dans lintervalle
entre la ville de Zurich et les 9 agglomérations attenantes
avaient nécessité plusieurs interventions du Conseil
fédéral et avaient abouti au fait que la durée
de la concession, prévue initialement pour 20 ans, avait été
réduite à 5 ans seulement.
Le succès de la société zurichoise des téléphones
fut fulgurant.
Avant lobtention des autorisations définitives,
le réseau était déjà complètement
saturé. Fin 1885, il comptait environ 1000 abonnés.
Parallèlement à la société zurichoise
des téléphones, la Confédération avait
fait construire par ladministration des télégraphes,
des réseaux qui avaient pris un bel essor, précipitant
le déclin du télégraphe.
Aussi, à léchéance de sa concession, fin
1885, le réseau de la société zurichoise des
téléphones fut racheté par la Confédération.
Le 1 er janvier 1886, lunification du réseau téléphonique
suisse, sous la conduite exclusive de la Confédération,
était réalisée.
Le monopole des PTT entrait en force et durera 112 ans.
Il aura fallu un peu plus de 8 années defforts et dopiniâtreté
au secteur privé pour aiguillonner la Confédération
dans la voie dun réseau téléphonique national
.
Le Central téléphonique de Genève
1882
Le central téléphonique de Genève en 1883, équipé
des postes de commutation construits selon le modèle "Standard"
par la société Zellweger & Ehrenberg à Uster.
Cette station se trouvait dans l'attique de l'ancien bâtiment,
rue du Stand. Les travaux pour l'établissement des lignes téléphoniques
ainsi que ceux pour l'installation de la station centrale furent entrepris
dans le courant de l'année 1881. La mise en service eut lieu
en mai 1882, avec 3 téléphonistes pour desservir une
cinquantaine d'abonnés. L'extension rapide prise par le service
téléphonique nécessita bientôt de nouvelles
extensions et modifications.
A fin 1882, 7 tableaux de commutation étaient déjà
installés. Le tableau du service du feu (devant l'opératrice
de droite) fut installé en septembre 1882. Des transformations
complètes furent apportées à la station centrale
de GENÈVE en 1886, en 1900 et 1909. Le second cliché
qui date de 1909, montre la station centrale actuelle pour le service
local, montée d'après le système à batterie
centrale. Cette station a été mise en service les premiers
jours de mai 1909. Sa capacité, qui était de 7000 au
début, a été portée à 8200 raccordements
en 1912 et à 9600 raccordements en 1916. Au 31 décembre
1917 le nombre des jacks occupés était de 8146.
|
Vu dans la revue "L'Electricien"
de janvier 1883
RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE DE ZURICH PAR LE DOCTEUR
VICTOR WIETLISBACH
ACTIVITÉ DES COMMUNICATIONS
Les deux stations centrales fonctionnent jour et nuit . De 7
heures du matin à 9 heures du soir, le service est fait
par des femmes; la nuit , un homme reste au bureau . L'activité
des communications varie beaucoup , non seulement d'un jour
de la semaine à l'autre, mais encore dans le courant
d'une même journée. Elle diffère suivant
les heures. Même lorsque le service est le plus chargé,
une bonne employée peut suffire pour un
groupe de 100 abonnés. Il y a 8 téléphonistes
femmes et 2 téléphonistes hommes pour les 500
abonnés du réseau .
Le nombre des transmissions journalières varie considérablement
, et les causes de ces variations sont très diverses
. Elles dépendent du temps, du mouvement des affaires,
des fêtes, solennités , chômages, etc. Actuellement
ce nombre est de 1200 environ . Il suit une progression croissante,
comme le prouvent les chiffres ci -après : en moyenne,
par jour et par abonné , on a obtenu les résultats
suivants :
En juin 1881 avec ..... 270 abonnés, Transmissions 1.2
En décembre 1881 .... 386 ...................................
1.5
En mai 1882 ............. 460 ...................................
2.2
Sur les points les plus fréquentes de la ville, il y
a 12 stations téléphoniques ouvertes au public.
Chacun peut s'en servir, à raison de 20 centimes par
quart d'heure. Bien que l'activité de ce genre de communications
croisse sans cesse, la Société n'en tire pas encore
de bénéfices (le nombre des transmissions journalières
y est à peu près de 1,5 par station) . Enfin ,
deux stations relient les abonnés au bureau du télégraphe
; l'une transmet
au télégraphe les dépêches des abonnés,
l'autre communique aux abonnés la teneur des télégrammes
à eux adressés. Le nombre des dépêches
ainsi transmises, de phonogrammes, si l'on veut, a atteint l'année
dernière, pour 300 abonnés en moyenne, le chiffre
de 8914.
Afin d'utiliser le plus possible, pendant la nuit, les fils
du réseau qui servent aux communications pendant le jour,
on dispose des appareils de sûreté sur les portes,
fenêtres et coffres-forts des caisses des abonnés,
afin de faire avorter les tentatives de vol et d'effraction
. Les contacts ainsi disposés sont reliés avec
la station centrale par un commutateur qui les intercale, à
la tombée de la nuit, dans le circuit téléphonique.
On se sert du courant de repos pour éviter que la rupture
des fils ne rende inutile l'appareil de sûreté.
Pour cela, le soir, le fil, aboutissant à un clapet,
est traversé, une fois la commutation faite, par le courant
de repos. D'autre part, chez l'abonné, il a un relais
avec batterie , au moins dans toutes les installations importantes.
Si le fil est coupé, le clapet retombe; l'employé
de la station centrale, averti par la chute du clapet, téléphone
aussitôt au poste de police le plus voisin de la demeure
de l'abonné. Souvent l'abonné a deux appareils
téléphoniques, l'un au bureau où se trouve
sa caisse (celui-ci est muni d'un dispositif de sûreté),
et l'autre dans son propre appartement. Dans ce cas, le dernier
appareil est pourvu d'une batterie spéciale, d'un relais
et d'une sonnerie. La sonnerie entrera en branle dès
que le circuit sera interrompu par suite d'une rupture du fil.
...
La station centrale est chargée, si besoin est, de réveiller
les abonnés pendant la nuit. Dans la chambre à
coucher de l'abonné est placée une sonnerie électrique
avec commutateur, qui est reliée au fil de ligne, et
par suite, à la station centrale.
On a essayé d'établir un service de commission.
La station centrale avait entrepris de se charger, aux mêmes
tarifs que les commissionnaires de la ville, des commissions
et commandes des abonnés, pour les non-abonnés.
Cet essai n'a pas donné de résultats assez importants
pour en motiver la continuation ; il ne répondait du
reste pas å un besoin réel de la clientèle
de la Société téléphonique.
Il y a quatre tarifs d'abonnements pour la ville : les chiffres
de ces tarifs sont : 100 , 160 , 200 et 250 francs. Leur répartition
se fait d'après l'étendue de la ligne et d'après
l'usage de l'appareil. Le prix moyen est actuellement de 135
francs. Pour les abonnés très éloignés
, qui sont en dehors de la zone régulière, la
surtaxe est de 5 francs par kilomètre. La modicité
des tarifs el leur gradation sont une des causes principales
du rapide développement du réseau téléphonique.
Il y a une station téléphonique pour 160 habitants.
Le réseau est appelé à prendre prochainement
une très grande extension ; il reliera à Zürich
les localités avoisinantes, qui sont en relations d'affaires
et de commerce avec la ville . On établira de petites
stations centrales dans les plus importantes localités,
telles que Winterthur, Wadensweil , Thalweil, etc.; elles desserviront
les abonnés environnants. Toutes ces stations centrales
seront directement reliées à Zürich . Le
réseau couvrira alors un espace de plus de 300 kilomètres
carrés , et la distance des deux points les plus éloignés
dépassera 30 kilomètres. Le seul obstacle qui
pourrait s'opposer à l'établissement de semblables
lignes est l'induction et ses effets entre deux fils parallèles
. Cette question a été résolue et les moyens
d'annuler l'influence fâcheuse de l'induction ont été
indiqués dans un précédent article , qui
a paru dans lElectricien au mois d'octobre dernier.
|
En 1883, dans le canton de Zurich, des stations
téléphoniques furent placées dans toutes les
localités où l'on put réunir au moins dix abonnés.
Ces petites stations sont reliées au bureau central téléphonique
de Zurich, lequel se charge de la mise en communication de ces localités
entre elles, de même que les personnes habitant Zurich, où
se trouve ainsi concentrée toute l'exploitation du réseau.
1883 La première ligne téléphonique interurbaine
est posée entre Zürich et Winterthur
L'expérience a démontré que des distances de
trente à cinquante kilomètres n'ont aucune influence
contraire au bon fonctionnement des appareils; l'effet produit est
le même, soit que les abonnés parlent de maisons voisines
à Zurich, ou bien conversent de Thalweil à Winterthur.
Parmi les localités reliées au moyen du téléphone,
il y a Wipkingen, Hngg, Arlikon, ZoUikon, Kussnacht, WoUishofen,
Horgen, Thalweil, Waedensweil, Wintherthur, Richterswcil, Uster, Ruti,
etc.
Il y avait en 1883 plus d'un millier d'abonnés à
la Compagnie Zurichoise.
Dans le courant de cette année, un réseau téléphonique
fut établi dans la ville de Lucerïve Montreux.
Une ligne fut posée entre Zug et Zurich en suivant la rive
gauche du lac de Zurich. La distance entre ces deux villes est d'environ
vingt-huit kilomètre. Les villes de Saint-Gall, chef-lieu du
canton de Saint-Gaill , et d'Hérisau, ville du canton d*Appenzell,
furent également reliées entre elles par une ligne téléphonique.
En juin 1883, la Compagnie téléphonique de Zurich projeta
l'établissement de communications téléphoniques
entre Zurich, Bàle et Berne.
La distance de Zurich à Bâle est de soixante-dix kilomètres,
et de Zurich à Berne de quatre-vingt-sept kilomètres.
On comptait, vers la fin de cette année, à Bàle-ville,
cent soixante-seize abonnés au téléphone, et
neuf stations téléphoniques.
Une ligne téléphonique fut établie à la
même époque entre La Chaux -de-Fonds et Le Locle, deux
grands centres de fabrique d'horlogerie.
Cinq entreprises étaient représentées
à l'Exposition nationale suisse de 1883 et présentaient
leurs innovations :
- Usine télégraphique Matthias Hipp à Neuchâtel
- Atelier télégraphique de G. Hasler à Berne
- Compagnie de téléphone de Zurich à Zurich
- Fabrique d'appareils physiques, M. Kälin, Einsiedeln
- Usine d'appareils électriques de A. Zellweger & W. Ehrenberg
à Uster
Ces cinq entreprises produisaient un total de 2 400 téléphones
par an et fournissaient non seulement l'Administration fédérale
des télégraphes, mais aussi des compagnies de téléphone
en Europe, en Russie, en Australie et en Amérique du Sud.
En 1883, l'administration du télégraphe
a modifié sa stratégie d'approvisionnement en équipements
téléphoniques pour des raisons économiques.
Au lieu d'acheter des appareils complets, l'Administration fédérale
des télégraphes se contentait d'acheter des pièces
détachées et de les assembler dans son propre atelier
pour en faire des appareils complets. À partir de ce moment,
les stations murales livrées étaient constituées
de composants provenant de différents fournisseurs. Le téléphone
était composé d'un dispositif d'appel avec inducteur
à manivelle et réveil de la société G.
Halser de Berne, d'un microphone de contact de type Blake de la société
de téléphone de Zurich, d'un boîtier de batterie
avec l'élément Leclanché pour le microphone et
d'un combiné de type Bell de la société Zellweger
& Ehrenberg de l'Oberland zurichois.
En 1884 Meinrad Theiler fonde une petite entreprise
à Schwyz et construit en 1884 une villa et un atelier sur la
nouvelle Bahnhofstrasse. La "Telegrafische Werkstätte, Schwyz",
comme on l'appelle, produit des postes téléphoniques,
des microphones, des téléphones portables (récepteurs),
des inducteurs à manivelle et des réveils supplémentaires,
qu'elle fournit principalement à l'administration fédérale
des télégraphes.
En janvier 1884, il y avait trois cent soixante-sept abonnés
à Bâle, à Berne deux cent trente-six et
à Genève quatre cent cinquante.
Le réseau téléphonique de la ville de Zurich,
qui s'étend non seulement sur la ville même, mais sur
les communes des environs, comptait à la fin de
1884 un nombre de huit cent cinquante-six abonnés et la longueur
des fils employés était de sept cent 239 quatre-vingts
kilomètres.
Le bureau central était relié avec les réseaux
de Winterthur, Schaffhouse, Horgen, Wadens^eil, etc.
Tous ces réseaux sont exploités par la Confédération
suisse.
Avant lobtention des autorisations définitives,
le réseau de zurich était déjà complètement
saturé.
Fin 1885, il comptait environ 1000 abonnés. Parallèlement
à la société zurichoise des téléphones,
la Confédération avait fait construire par ladministration
des télégraphes, des réseaux qui avaient pris
un bel essor, précipitant le déclin du télégraphe.
Aussi, à léchéance de sa concession, fin
1885, le réseau de la société zurichoise des
téléphones fut racheté par la Confédération.
En 1885, on inaugura entre Lausanne et Genève, sur
une distance de cent cinquante kilomètres, le système
de télégraphie
et de téléphonie simultanées par les mêmes
fils, de M. Yan Rysselberghe (voir la partie Belgique).
Non seulement les abonnés des compagnies téléphoniques
de ces deux villes correspondent entre eux depuis cette époque,
mais ils peuvent également parler avec les abonnés de
Vevey, Montreux, Olion et Aigle, qui sont reliés à Lausanne
par un fil spécial.
A la fin de cette année, le réseau téléphonique
établi le long du lac de Genève comptait douze cent
soixante-douze abonnés.
Le nombre des postes reliés aux deux bureaux centraux de Zurich
était de 1350.
Hasler-Bell Premier
modèle Hasler-Bell (1896)
Le 1er janvier 1886, lunification du réseau téléphonique
suisse, sous la conduite exclusive de la Confédération,
était réalisée.
Le monopole des PTT entrait en force et durera 112 ans.
Au ler janvier 1886, il y avait dans toute
la Confédération suisse, un nombre total de 4998
abonnés au téléphone répartis sur
41 réseaux ayant 4134 appareils, pour une population
de un peu plus de deux millions hait cent mille habitants.
Entre 1883 et 1891, la direction des télégraphes
achète presque exclusivement des pièces détachées
auprès de divers fournisseurs en Suisse et à létranger
afin de les assembler dans ses propres ateliers en des appareils aussi
uniformes que possible.
Cela a changé en 1892. Cette année, la direction des
télégraphes nest plus en mesure de produire suffisamment
de téléphones en interne pour répondre à
la demande croissante dans tout le pays. Sans fermer ses propres ateliers
pour linstant, la direction commence à commander des
appareils téléphoniques complets à des fabricants
privés, à savoir Gustav Hasler à Berne,
la Société des téléphones de Zurich et
la société Eckenfelder à Zurich. Ce fut le début
dune relation commerciale de plusieurs décennies entre
les compagnies monopolistiques de télégraphe et de téléphone,
plus tard les PTT, et lindustrie privée des télécommunications
en Suisse.
1886 Inauguration du trafic de frontière entre Bâle
et Mulhouse.
Le premier service téléphonique transnational de Suisse
avait débuté dès 1886, entre Bâle et la
ville de Saint-Louis en Alsace.
Fin 1888 ETAT DE LA TÉLÉPHONIE
EN SUISSE
Si lon consulte la statistique du développement de la
téléphonie dans les divers états de lEurope,
on constate que la Suède et la Suisse sont au
premier rang.
Le premier de ces pays avait, au 3 décembre 1886, 13410 postes
et stations publiques pour une population de 4 775 000 habitants,
soit un poste
pour 356 habitants ; le second avait, à la même époque,
5 834 postes dabonnés et stations publiques pour une
population de 2 800 000 habitants,
soit. un poste pour 480 habitants. A cette époque, lAllemagne
qui est pourtant à la tête des grands états européens
pour le développement de la téléphonie, navait
que 22 330 postes téléphoniques pour une population
de 47 000 000 dhabitants, soit un poste pour 2 100 habitants.
Les taxes modérées qui ont été appliquées
dès lorigine en Suède et en Suisse ont provoqué
et favorisé le rapide développement des communications
téléphoniques. On sait que ces taxes sont en moyenne
de 165 francs environ en Suède et de 150 francs en Suisse,
tandis quen France, par exemple, les taxes correspondantes sont
de 400 francs pour les réseaux de province de la Société
générale des téléphones et de 200 francs
plus les frais de première installation pour les réseaux
de lÉtat.
Au point de vue de lexploitation, la Suisse et la Suède
forment deux antithèses frappantes. Le premier pays ne connaît
que lexploitation par lEtat, par l'administration des
télégraphes ; dans le second, les réseaux sont
construits et exploités en grande majorité par des sociétés
mutuelles ou des compagnies particulières. Ainsi, sur 147 réseaux
en exploitation à la fin de 1886, 24 appartenaient à
lÉtat, 10 à des compagnies privées et 113
à des sociétés mutuelles. En Suède, lassociation
des habitants a produit des résultats remarquables et il est
regrettable que le même esprit de solidarité ne règne
pas partout ou soit entravé par le mauvais vouloir et les règlements
de ladministration, dans les pays où celle-ci est omnipotente.
Le résultat auquel certaines localités sont arrivées
en Suède, nest-il pas merveilleux lorsquon songe
que dans quelques réseaux, la redevance annuelle ne sélève
quà 12 francs, les frais dinstallation étant
payés, à lorigine, par labonné; il
est vrai quil faut bien spécifier que cette taxe nest
destinée quà couvrir les dépenses de lexploitation
et non à payer des dividendes aux actionnaires ou à
contribuer à combler le déficit de
lÉtat.
Dans ces conditions, le développement si extraordinaire de
la téléphonie en Suède est très compréhensible
et il ne pourra qualler en grandissant, au fur et à mesure
que le téléphone deviendra, chaque jour davantage, un
appareil domestique indispensable.
Les causes qui ont provoqué en Suisse un développement
dune rapidité analogue sont, au fond, les mêmes
quen Suède, quoique les moyens soient différents.
Cest toujours par une taxe modérée quon
engage le public à profiter des avantages de la téléphonie
urbaine et, dans ce cas, la contagion
de lexemple est toute puissante. Les avantages dun abonnement
au téléphone sont autrement importants dans un réseau
de 500 abonnés que dans un réseau de 50 ; aussi ne faut-il
pas sétonner si, après la formation dun
premier noyau dabonnés, laccession du grand public
soit si rapide,
Nous nous proposons, dans cet article, détudier le développement
de la téléphonie en Suisse, au point de vue du trafic
et au point de vue des communications interurbaines, en laissant de
côté les appareils et les installations techniques sur
lesquels nous aurons sans doute loccasion
de revenir.
Établissement des réseaux urbains
On sait quen Suisse, comme dans les autres pays de lEurope,
la télégraphie est un monopole de lÉtat,
représenté ici par le gouvernement central de la Confédération
et non par les gouvernements des vingt-cinq cantons ou demi-cantons.
Létablissement des lignes affectées à un
service particulier quelconque, service télégraphique,
transmission de lheure, transmission des signaux dindicateurs
de niveaux, transmission de force ou éclairage électrique
sont soumis à lautorisation préalable de la direction
des télégraphes qui fixe également la redevance
de con cession. Aussi, à la suite de linvention du téléphone
et dès son emploi en Amérique pour le service public,
lAdministration des télégraphes suisses ne resta
pas indifférente. Voici, à ce propos, comment sexprime
le rapport de ladministration des télégraphes
sur sa gestion de 1880 ; il est intéressant de remettre en
lumière ces documents qui montrent bien les hésitations
du début et qui font voir combien on était loin de prévoir
le développement rapide ce ce nouveau mode de communication.
Les autorités compétentes de la Confédération
se sont déjà occupées de cette innovation vers
la fin de 1879 et elles ont examiné la question de savoir si
son établissement et sa mise à exécution doivent
être abandonnés à lindustrie privée
au moyen de concessions ou si ladministration fédérale
ferait mieux de sen charger elle-même. Cette question
était dautant plus difficile à trancher, quaucun
état de lEurope navait fait lexpérience
de ce nouveau moyen de communication, et lexpérience
faite pour la première fois en Amérique ne pouvait être
concluante, parce que, dans cette partie du monde, lÉtat
ne possède point le monopole du télégraphe. Il
résulta cependant, des renseignements reçus à
cette époque, que, dans tous les pays, à lunique
exception de lAllemagne, on était davis dabandonner
lexploitation du téléphone à lindustrie
privée .
Sur ces entrefaites, une demande de concession pour Zurich fut adressée
le 16 avril 1880; la concession fut accordée le 20 juillet
à une nouvelle société qui sétait
entendue avec les premiers requérants.
Mais, peu après, des différends graves surgirent entre
les concessionnaires et les autorités municipales qui avaient
été traitées avec trop de sans gêne par
la compagnie.
Quelques communes du faubourg refusant à la compagnie lautorisation
de poser ses fils, demandèrent même une seconde concession
qui leur fut accordée; mais peu après, une fusion générale
intervint.
Vu ces expériences peu édifiantes et vu le fait que
plusieurs administrations télégraphiques se montraient
de plus en plus favorables à une exploitation par lÉtat,
le Conseil Fédéral décida de ne point accorder
de concession privée pour dautres villes et de charger
ladministration des télégraphes de létablissement
des réseaux téléphoniques, partout où
la participation du public serait suffisante.
Le réseau de Zurich fut mis en exploitation vers la fin de
1880, tandis que les démarches faites par ladministration
télégraphique avaient assuré la construction
dun réseau à Bâle avec 108 souscripteurs,
et à Berne, mais avaient échoué à Genève
où lappel de ladministration navait pas été
entendu.
En 1881, les réseaux de Bâle et de Berne furent ouverts
à lexploitation ; le réseau de Genève suivit,
le 15 mai 1882, et, dès lors, chaque année vit l'installation
et lexploitation de nouveaux réseaux. La concession du
réseau de Zurich expirant à la fin de 1885, la Confédération
racheta l'installation complète pour le prix de 298 653,53
francs, en sorte quà partir du premier janvier 1886,
tous les réseaux téléphoniques suisses furent
réunis entre les mains de ladministration fédérale
des télégraphes.
Ce qui caractérise surtout le service téléphonique
en Suisse, cest le fait que tous les réseaux, quelle
que soit leur importance, ne renferment quune seule station
centrale. Sous la direction de la Société Zurichoise
des téléphones, le réseau de Zurich possédait
deux bureaux centraux; aussitôt après le rachat par la
Confédération, lun deux fut supprimé,
ou plutôt transformé en station centrale morte, cest-à-dire
que tous les fils qui aboutissent à la tourelle de cette station
furent reliés, par des câbles sans induction Berthoud-Borel,
au second bureau qui devint ainsi le principal.
Le réseau de Genève renferme également une station
morte de ce genre reliée à la station centrale par des
câbles Felten et Guilleaume posés dans les égouts.
Dans les réseaux les plus importants, ceux de Genève,
Zurich et Bâle, par exemple, les bureaux centraux sont installés
avec des tableaux multiples de la Western Electric C° ; dans les
autres, le service se fait avec des tableaux d'un ancien modèle.
Ladministration des télégraphes emploie sur tout
des microphones Blake et Berliner ; lusage des microphones Ader
est assez restreint à cause du plus grand nombre déléments
Leclanché quils exigent. Le téléphone Bell,
du modèle primitif, est employé exclusivement ; chaque
station téléphonique en renferme généralement
deux. Ce téléphone donne des résultats très
satisfaisants, sa construction est très simple, mais il est
un peu lourd et massif, et cet inconvénient nest pas
négligeable, surtout dans le cas dune conversation un
peu longue.
Lappel des abonnés et des bureaux centraux se fait à
laide de petites machines magnéto-électriques
et de sonneries polarisées. Le poste dabonné ne
requière ainsi quun seul élément Leclanché.
La station téléphonique complète est formée
de la pile, du microphone et de la petite machine magnéto-électrique
qui porte, en outre, la sonnerie et les deux téléphones
; elle est montée sur une planchette en noyer , et forme un
tout assez compact.
Le tableau qui résume la situation des réseaux téléphoniques
suisses, montre bien quel en a été le développement.
On sen rend plus aisément compte si lon considère
la Carte des réseaux également et qui montre linfluence
géographique et commerciale de certains centres sur le développement
des
communications téléphoniques ; nous reviendrons dailleurs
un peu plus loin sur la distribution géographique des réseaux
téléphoniques suisses.
Nous avons porté sur la carte du réseau interurbain,
non seulement les lignes en exploitation au 31 août 1888, mais
aussi celles qui sont actuellement en construction, et dont louverture
nest plus quune affaire de quelques jours. Nous avons
mentionné également la ligne de Bâle à
Zurich, établie dans le système van Rysselberghe, bien
quon lui ait substitué une ligne spéciale à
fil de bronze. Il en est de même de la ligne qui relie Saint-Louis,
en Alsace, avec le réseau de Bâle, quoique cette communication
ait dû être supprimée par ordre du Gouvernement
allemand, peu de mois après son ouverture.
État des réseaux téléphoniques suisses
de 1881à 1887
Développement des communications interurbaines
Létablissement des lignes de communications entre les
différents réseaux a été le second facteur
qui a déterminé le développement si rapide de
la
téléphonie en Suisse; car sans cela il nest pas
probable que les nombreuses petites localités qui sont maintenant
dotées dun réseau téléphonique
auraient pu fournir le nombre dabonnés nécessaire
à la construction du réseau si- le monde commerçant
ou industriel ny avait été, engagé par
la perspective de pouvoir communiquer avec les centres voisins plus
importants.
La première communication interurbaine a été
établie en 1881 entre Zurich et Winterthur, dont la distance
est de 20 kilomètres environ. On navait alors aucune
expérience sur les communications interurbaines et on navait
pas encore reconnu linfluence pernicieuse de linduction
mutuelle entre deux fils situés sur les mêmes poteaux.
Aussi la ligne fut-elle construite sur des poteaux spéciaux
et on posa cinq fils en fer de 3 millimètres de diamètre
dans lespoir dobtenir ainsi cinq circuits pour relier
les deux réseaux. On ne put utiliser naturellement quun
seul de ces fils, car on ne connaissait pas lemploi pratique
des circuits doubles pour éliminer les effets 'dinduction
mutuelle entre les circuits dune même ligne; aussi les
quatre autre fils restèrent ils inutilisés jusquà
la.fin de 1885 où deux circuits en boucle furent ajoutés
au fil unique exploité dès lorigine. En même
temps que Winterthur, on relia également Thalweil et Horgen
avec Zurich par des fils de fer de 3 millimètres. En 1883,
on relia Winterthur et Schaffhouse par un fil de bronze silicieux
de 2 millimètres, de 27 kilomètres de longueur et on
établit en outre dautres communications moins importantes
; en 1884 on construisit la ligne de Berne-Bienne (31 kilomètres),
Bâle-Liestal (16 kilomètres) , Lausanne-Vevey (17,5 k.
m.), etc.
La construction des communications interurbaines na pas eu lieu
daprès un plan général systématique,
mais au fur et à mesure, suivant les besoins du moment; aussi
ne faut-il pas chercher dans les diverses lignes qui existent actuellement
une idée maîtresse présidant à leur construction;
certaines lignes sont en fer de 3 millimètres, dautres
en acier de 2 millimètres, dautres enfin en bronze silicieux
de 2 et de 3 millimètres. La plus grande partie des lignes
interurbaines sont à un seul fil. Le système de télégraphie
et de téléphonie simultanée de van Rysselberghe
a été appliqué pour la première fois en
1885 sur la ligne Lausanne-Genève dont la longueur est de 62
kilomètres environ; la ligne télégraphique quil
sagissait dapproprier au service téléphonique
renfermait onze fils.
On arma dabord les fils sur lesquels on travaille au Morse avec
courant de travail; pour les lignes à courant de repos, on
se contenta de mettre un
graduateur à lextrémité où se trouvent
les piles. On forma ainsi dabord 3 circuits avec 6 fils, en
employant un transformateur à chaque extrémité.
Le résultat de cette installation fut assez peu satisfaisant;
les causes de cet insuccès relatifs sont assez complexes, li
faut dabord relever le fait que les fils sont en 1er et quil
y a deux transformateurs dans le circuit sans compter les bobines
des appels aux extrémités de la ligne; ajoutons encore
que les microphones Blake qui sont en majorité dans les réseaux
suisses se dérèglent très facilement et sont
souvent insuffisants pour une transmission à grande distance;
en outre, les abonnés, habitués à parler à
une distance de 20 à 30 centimètres de lembouchure
du microphone, réduisent rarement cette distance à la
valeur exigée par la téléphonie interurbaine.
Lappel des bureaux centraux reliés par le système
van Rysselberghe se fait, comme on le sait, à laide de
lappel phonique Sieur. Les inconvénients de lappel
primitif en ont fait adopter un autre, dû à M. Abrezol,
chef du réseau téléphonique de Genève.
Cet appel, représenté par la figure ci-dessus, est formé
essentiellement dune membrane téléphonique a contre
laquelle repose une petite fourchette recourbée, mobile autour
de laxe x et dont lautre extrémité est terminée
par un crochet c qui retient au repos le guichet g. La fourchette
avec son levier et le guichet g sont en aluminium, de manière
à être aussi légers que possible. Lorsquun
courant alternatif ou interrompu circule dans les spires du téléphone,
les vibrations de la membrane se transmettent à la fourchette
qui se met à sautiller et dont le crochet c abandonne le guichet
g.
Lappareil a été rendu beaucoup plus sensible,
par une simple coupure de la membrane. A laide de cet appel,
on peut utiliser le courant des petites machines magnéto-électriques
utilisées dans tous les réseaux pour l'appel des abonnés;
on a pu augmenter laction de ce courant en le rendant alternatif
et interrompu, à laide dun système de balais
qui ne recueillent le courant que pendant une certaine partie de sa
période.
Nous ne pouvons mentionner l'installation téléphonique
de Lausanne-Genève sans dire quelques mots de la polémique
qui a eu lieu à ce sujet, entre M. Rothen, directeur-adjoint
des télégraphes suisses et M. van Rysselberghe. M. Rothen,
au cours de létude intéressante sur la téléphonie
quil publie dans le Journal télégraphique de Berne,
a mentionné labandon du service téléphonique
par le système van Rysselberghe entre Lausanne et Genève,
en attribuant le succès de linstallation au système
van Rysselberghe seulement; linventeur a protesté énergiquement
contre cette allégation, en rappelant entre autres la conclusion
suivante démontrée par les nombreuses installations
existantes : tout ce qui est faisable par un fil téléphonique
spécial est faisable au même degré et avec la
même facilité lorsque ce même fil dessert en même
temps le télégraphe daprès le système
van Rysselberghe . Le savant électricien belge insiste surtout
sur ce que son système d'anti-induction télégraphique
nest pour rien dans linsuccès de la ligne Lausanne-Genève,
mais quil provient des causes mentionnées plus haut et
que le résultat aurait été le même si la
ligne avait été formée par deux fils en 1er identiques,
posés sur des poteaux spéciaux, au lieu de l'être
par deux fils affectés au service télégraphique
et faisant partie dune ligne assez chargée. Les résultats
assez satisfaisants obtenus en France, par exemple, sur les lignes
en bronze placées sur des lignes télégraphiques
anti-inductée entre Paris et le Havre, Lille, Lyon-Marseille,
viennent à lappui du dire de M. van Rysselberghe.
Sur la ligne Lausanre-Genève se trouvent les petits réseaux
de Morges et de Nyon que lon a intercalé sur un des circuits
Lausanne-Genève, en appliquant le dispositif bien connu de
van Rysselberghe; les résultats nont pas été
assez satisfaisants pour y intercaler également le réseau
intermédiaire de Rolle; aussi a-t-on relié ces trois
localités par un fil spécial formant une ligne indépendante.
Quant à la communication Bâle-Zurich, elle fut établie
en 1887, en utilisant un fil de la ligne télégraphique
du chemin de fer Bâle-Zurich après lavoir anti-inducté
; les réclamations incessantes des abonnés de ces deux
villes décidèrent ladministration à construire
une ligne directe spéciale à un fil en bronze, de 3
millimètres.
Telles ont été en résumé les applications
du système van Rysselberghe en Suisse. On voit quellesnont
pas été nombreuses ni surtout bien satisfaisantes.

Nous donnons la carte du réseau téléphonique
suisse avec toutes les liaisons interurbaines, telle quil nous
a été possible de la construire à laide
des documents que M. le Dr Rothen, directeur adjoint des télégraphes
suisses, a bien voulu mettre à notre disposition.
L'étude du réseau téléphonique suisse
permet de faire plusieurs constatations importantes. La partie populeuse
de la Suisse est comprise entre les contreforts des Alpes et la frontière
ouest et elle a la forme dune bande allongée de 350 kilomètres
de longueur entre le lac Leman et le lac de Constance, et de 100 kilomètres
de largeur à peine. On voit donc que la disposition générale
du pays ne favorise guère le développement du réseau
interurbain; aussi y distingue-t-on plusieurs agglomérations
différentes correspondant aux diverses régions industrielles
et commerçantes.
La partie alpine de la Suisse possède quelques rares réseaux
dans les petites localités des vallées; mais les principaux
sont situés sur le plateau ou dans le Jura.
En considérant le développement successif du téléphone
en Suisse aussi bien que la situation actuelle, on distingue cinq
centres téléphoniques principaux :
1° Le réseau du bassin du Léman, avec les deux réseaux
principaux de Lausanne et de Genève et les réseaux secondaires
de Rolle, Nyon, Morges,Vevey, Montreux, Aigle, Bex et Yverdon; e nombre
des stations téléphoniques de ce réseau sélevait
au 1er janvier 1888, à 2 422 pour une population totale de
i3o000 habitants environ, soit une station pour 54 habitants;
2° Le réseau du Jura industriel qui comprend les principaux
centres horlogers de cette contrée; les réseaux principaux
sont ceux de Neuchâtel, la Chaux-de-Fonds et Bienne, avec 14
réseaux secondaires plus ou moins importants; le nombre des
stations de ce réseau sélève à 734
pour une population denviron 85 000 habitants, soit une station
pour 116 habitants;
3° Le réseau zurichois avec Zurich comme centre; les réseaux
secondaires les plus importants qui en font partie sont ceux de Winterthur,
Schaffhouse, Glaris, Lucerne, Baden, etc.; ce réseau possède
1663 stations pour une population de 180 000 habitants environ, soit
une station pour 109 habitants;
4° Le réseau Saint-Gallois qui renferme le réseau
de Saint-Gall et un grand nombre de petits réseaux moins importants,
il renferme 461 stations pour une population de 46 000 habitants,soit
une station pour 100 habitants ;
5° Le réseau du bassin de l'Aar qui renferme les réseaux
de Berne et d'Aarau comme centres principaux; les réseaux d'Interlaken,
de Thoune, de Soleure, de Berthoud et de Langenthal sont rattachés
à Berne, tandis que les autres sont reliés à
Aarau; le nombre de stations de ce réseau est de 734 soit une
station pour 94 habitants ;
6° Le réseau de Bâle-Liestal relié avec Aarauet
Zurich; il faut encore ajouter les réseaux de Porrentruy et
de Lugano, absolument isolés, et que leur position excentrique
condamne à rester en dehors du réseau téléphonique
suisse pour longtemps encore.
Tous ces réseaux régionaux sont reliés entre
eux ou vont lêtre incessamment par des lignes spéciales.
Ainsi, les lignes de Lausanne-Berne (100 kilomètres) et de
Berne-Zurich (140 kilomètres) sont actuellement en construction
; ce sont des lignes indépendantes à un seul fil de
bronze silicieux de 3 millimètres de diamètre ; il en
est de même des lignes actuellement en exploitation qui relient
Zurich et Saint-Gall, Zurich et Bâle, Lausanne et Genève.
Ces lignes forment donc les artères du réseau téléphonique
interurbain suisse, et permettent de correspondre, par le téléphone,
dune extrémité de la Suisse à lautre.
Labonné de Genève peut sentretenir avec
son correspondant de Saint-Gall (380 kilomètres) à laide
dun fil en bronze silicieux de 3 millimètres, renfermant,
il est vrai, trois bureaux centraux : Lausanne, Berne, Zurich.
Toutes les autres lignes sont en bronze silicieux de 2 millimètres,
sauf celles qui ont été construites au début,
et qui sont en fer ou en acier de 3 ou de 2 millimètres, et
les circuits van Rysselberghe, Lausanne-Genève, Zurich-Maennedorf.
A part les lignes de Zurich-Winterthur, Zurich Richtersweil, Montreux-Aigle,
les rares lignes en fer nont quune longueur de quelques
kilomètres et relient des centres peu importants aux réseaux
principaux.
En ne tenant pas compte des bureaux intermédiaires et de linfluence
de leurs électro-aimants sur les transmissions téléphoniques,
il est donc possible à tous les réseaux téléphoniques
suisses de correspondre entre eux. Dans la pratique, la chose ne sera
sans doute pas facile, à cause des exigences du service qui
sera très compliqué, par suite du grand nombre dintermédiaires
qui interviennent dans létablissement de la communication
demandée.
Il résulte donc de ce qui précède que tout le
réseau téléphonique suisse a été
construit pour être exploité par des lignes à
un seul fil. Ladoption des lignes à un seul fil découle,
en quelque sorte, du mode de construction des réseaux, et de
la recherche des économies réalisables. Les réseaux
téléphoniques suisses sont à fil simple, ce qui
suffisait amplement, alors quil nétait pas encore
question des communications interurbaines.
Or, lemploi dun circuit double pour la liaison interurbaine
exige un translateur à chacune des extrémités
de la ligne, ce qui provoque une diminution et une altération
sensibles de la voix. Par contre, lusage exclusif des circuits
simples empêche d établir plus dun circuit téléphonique
sur les mêmes poteaux ; dès quon veut augmenter
le nombre des liaisons, il faut construire une nouvelle ligne et adopter
un tracé différent du premier ; or, il nest pas
toujours facile de trouver un certain nombre de tracés convenables
et indépendants pour relier deux villes entre elles ; on se
trouve donc acculé dans un impasse qui est une conséquence
logique du système adopté; le manque de tracés
indépendants pour les lignes téléphoniques force
donc à restreindre le nombre des liaisons téléphoniques
entre deux localités déterminées.
Dès que les artères principales, Lausanne, Berne, Zurich
deviendront insuffisantes et nous croyons que ce sera dans un avenir
très rapproché, il faudra songer à construire
de nouvelles lignes indépendantes dont le tracé sera
très difficile, et on aura alors le spectacle dun pays
dont toutes les routes seront sillonnées de lignes télé
phoniques.
Il nous semble que ladministration fédérale aurait
été bien inspirée en construisant les nouveaux
réseaux peu importants dont la construction a été
en quelque sorte subordonnée à l'établissement
des communications interurbaines, en les construisant, disons-nous,
avec des circuits à double fil ; il en serait résulté
e n attendant la transformation graduelle des autres réseaux
léconomie dune translation et la possibilité
de pouvoir établir plusieurs circuit téléphoniques
sur les mêmes lignes .
Huit années seulement se sont écoulées depuis
linauguration du service téléphonique à
Zurich, et, cependant, le téléphone est déjà
tellement entré dans la vie publique et dans les habitudes
des populations, quil ny a maintenant plus aucune localité
de quelque importance qui ne soit doté dun réseau
téléphonique rattaché aux centres voisins.
Le mouvement dadhésion au téléphone nest
pas encore terminé ; il continue, plus lentement il est vrai,
quau début, au point de vue de laugmentation du
nombre des stations, mais plus rapidement si lon considère
le nombre des nouveaux centres téléphoniques qui se
créent. On peut, on doit prévoir, dores et déjà,
que ce mouvement ne sarrêtera que lorsque toutes les localités
du territoire suisse seront rattachées au grand réseau
national et quil aura la même allure que celui qui a caractérisé
le télégraphe après létablissement
des grandes lignes.
En 1887, la Suisse possédait soixante-huit
bureaux télégraphiques où le service se fait
par téléphone.
Le téléphone était établi dans quarante-cinq
villes et une grande, partie de ces localités étaient
reliées entre elles. Tous ces réseaux, sont gérés
par
l'administration . Des abonnements de 100 francs sont accordés
au gouvernement, aux communes et aux institutions de bienfaisance.
Dans des réseaux d'au moins trente six stations on accorde
même au gouvernement et à la commune une station gratuite.
Neufchâtel, par exemple. a ainsi quatre stations gratuites.
Le prix des communications téléphoniques dans les cabines
publiques est de cinq centimes par période de cinq minutes
de conversation pour les abonnés, et de dix centimes pour les
non abonnés.
On peut transmettre et recevoir des télégrammes par
téléphone moyennant une surtaxe de 10 centimes par télégramme,
partout où il y a une station centrale. Les conversations interurbaines
se paient, à partir d'une station d'abonnés, 20 centimes,
à partir de cabine publique. quelle que soit la distance.
1889 les premiers téléphones
de bureau chez Mix & Genest à Berlin.
1890 Les numéros de téléphone sont utilisés,
jusqu'à présent, le nom de l'abonné était
suffisant pour établir une connexion téléphonique.
La Suisse compte 8000 abonnés au téléphone
, répartis dans 71 localités , c est-à-dire 400
abonnés de plus qu'en Russie et seulement 1600 de moins qu'en
Italie e800 de moins qu'en France . Par rapport à sa population
, notre pays est celui où, après la Suède, le
nombre des abonnés au téléphone est le plus considérable
.
En 1891, on comptait près d'une centaine
de réseaux locaux, qui finirent par former un réseau
national.
Le Tessin y fut raccordé en 1900 grâce à des lignes
posées dans le tunnel du Gothard. Les entrepreneurs devaient
payer à la Confédération helvétique la
somme de 10 francs pour chaque abonné.
Le prix de l'abonnement est généralement peu élevé;
il varie et se divise en quatre classes :
la première de 250 francs, pour les grands établissements
de crédit, etc.;
les deuxième et troisième de 200 francs et de 150 francs
pour les petits commerçants,
et enfin la dernière de 100 francs pour les particuliers.
Par contre, la Confédération n'admet qu'un prix uniforme
de 150 francs.
A la de l'année, il y avait h Zurich plus de quatre cents
abonnés au téléphone.
Bell Lokalbatterie
Telefon
A partir de 1892, l'atelier ne parvient plus à
répondre à la demande de matériel commandé
et modifie l'approvisionnement en matériaux.
En 1893, l'administration des télégraphes chargea les
sociétés G. Halser à Berne, la Société
des téléphones de Zurich et la société
F. Eckenfelder à Zurich de livrer un grand nombre de postes
téléphoniques sans fermer leur propre atelier. À
partir de 1900, la société A. Zellweger à Uster
fournit également des équipements complets à
l'administration.
L'industrie téléphonique suisse de
cette époque
Production locale :
La compagnie de téléphone de Zurich et l'administration
fédérale du télégraphe ont d'abord utilisé
des téléphones américains pour exploiter les
premiers réseaux téléphoniques (réseaux
urbains). Jusquen 1881, aucune entreprise locale ne sétait
activement impliquée dans la construction de téléphones.
Les téléphones américains provenaient des usines
de Western Electric et de la Bell Telephone Company à New York,
Chicago et Indianapolis.
Après lintroduction du téléphone, plusieurs
entreprises ont immédiatement commencé à fabriquer
des téléphones. Ils ont basé leurs conceptions
sur des modèles d'autres fabricants ou ont développé
leurs propres conceptions.
Les produits locaux furent bientôt tout à fait égaux
aux produits étrangers.
Cinq entreprises étaient représentées à
l'Exposition nationale suisse de 1883 et présentaient leurs
innovations :
Fabrique des télégraphes Matthias Hipp à Neuchâtel
Atelier télégraphique de G. Hasler à Berne
Compagnie de téléphone de Zurich à Zurich
Usine d'appareils physiques, M. Kälin, Einsiedeln
Usine d'appareils électriques de A. Zellweger & W. Ehrenberg
à Uster
Ces cinq entreprises produisaient un total de 2 400 téléphones
par an et fournissaient non seulement l'Administration fédérale
des télégraphes, mais aussi des compagnies de téléphone
en Europe, en Russie, en Australie et en Amérique du Sud.
En plus des cinq entreprises citées, le Prix-Courant (achat
administratif de matériels) recense d'autres fournisseurs de
téléphones et d'accessoires:
Siemens & Halske à Berlin
Institution berlinoise à Hanovre
Gower Bell à Londres
Theiler & Sons à Londres
Léon de Locht-Labye à Liège
Entreprise de fabrication de téléphones Bell à
Anvers
Eckenfelder à Zurich et autres
En 1883, l'administration du télégraphe
a modifié sa stratégie d'approvisionnement en équipements
téléphoniques pour des raisons économiques.
L'Administration fédérale des télégraphes
se contentait d'acheter des pièces d'équipement et de
les assembler dans son propre atelier pour en faire des appareils
complets, au lieu d'acheter des appareils complets. À partir
de ce moment, les stations murales livrées étaient composées
de composants provenant de différents fournisseurs. Le téléphone
se composait d'un appareil d'appel avec inducteur à manivelle
et réveil de la société G. Halser à Berne,
d'un microphone de contact de type Blake de la société
de téléphone de Zurich, d'un boîtier de batterie
avec l'élément Leclanché pour le microphone et
d'un combiné de type Bell de la société Zellweger
& Ehrenberg de l'Oberland zurichois.
À partir de 1892, l'atelier ne parvient plus à satisfaire
la demande de matériel commandé et modifie son approvisionnement
en matériel.
En 1893, l'administration du télégraphe chargea les
sociétés G. Halser à Berne, la compagnie des
téléphones de Zurich et F. Eckenfelder à Zurich
de fournir un grand nombre de postes téléphoniques sans
fermer leur propre atelier.
À partir de 1900, la société A. Zellweger à
Uster fournit également des équipements complets à
l'administration.
À partir de 1893, des téléphones
complets sont commandés à Gustav Hasler Bern,
pour la Zurich Telephone Company et à
société Eckenfelder à
Zurich. À partir de 1900, la société Zellweger
Uster s'est ajoutée à la liste.
1893. Extrait du Rapport du Département
fédéral des Postes et des Chemins de fer sur sa gestion
en 1892
Personnel. Le nombre des fonctionnaires (y compris ceux de l'Administration
centrale et des inspections d'arrondissement, mais non les fonctionnaires
qui s'occupent exclusivement du téléphone) se montait
à 1984 à la fin de 1898, vis-à-vis de 1847 à
la fin de 1892; il y a donc une augmentation de 87 fonctionnaires,
dont 24 appartiennent aux bureaux de Ire et de IIme classe et 63 aux
bureaux de IIIme classe.
Le nombre des facteurs s'élevait à 83 à la fin
de 1893, vis-à-vis de 81 dans l'année précédente
et s'est donc accru de 2.
Le personnel provisoire, composé de 46 aspirants, 36 aides
non-patentés, 38 apprentis et 11 porteurs de télégrammes,
a atteint le chiffre de 131 et a, par conséquent, augmenté
de 13 vis-à-vis du chiffre 118 de l'année 1893.
L'augmentation totale du personnel ci-dessus mentionné se monte
à 102, c'est-à-dire que le nombre total des fonctionnaires,
aides provisoires et employés subalternes est, à la
fin de 1893, de 2148, vis-à-vis de 2046 dans l'année
précédente, dont 594 du sexe féminin.
Concernant le personnel du télégraphe et du téléphone
il ne comprent pas les ouvriers payés à la journée
dans les deux branches du service.
Les amendes disciplinaires infligées aux fonctionnaires et
employés dans le courant de l'année ont atteint le chiffre
de 824 et augmenté ainsi de 59 vis-à-vis de l'année
précédente. Leur somme totale se monte à fr.
1490 et a été versée à la caisse fédérale
en faveur de la société d'assurance des fonctionnaires.
Pendant l'année 1893 une seule plainte concernant la violation
du secret des dépêches est parvenue à l'Administration,
mais cette plainte s'est montrée non fondée. Des 29
apprentis du sexe masculin qui avaient terminé au printemps
1893 leur apprentissage d'une année, 28 ont été
patentés comme télégraphistes ensuite des examens
subis du 3 au 6 Mai.
Cette année aussi 39 apprentis ont été admis
; l'un d'eux s'est toutefois retiré à cause de changements
survenus dans sa famille.
Les réseaux téléphoniques comptaient 16,929 stations
(augmentation 2560) et 346 commutateurs.
Le plus grand nombre des stations centrales a été pourvu
de nouveaux commutateurs d'une construction perfectionnée dont
l'adoption était nécessaire eu égard au service
interurbain. Comme les communications interurbaines doivent, dans
la règle, être établies à double fil, tandis
que les conducteurs des abonnés ne se composent généralement
que d'un seul fil, il faut placer à la station centrale des
appareils auxiliaires, des translateurs, destinés à
relier les deux conducteurs différents, de façon qu'une
reproduction parfaite de la parole soit atteinte et que les fils placés
aux mêmes poteaux n'exercent pas l'un sur l'autre une influence
perturbatrice.
En dehors des réseaux téléphoniques proprement
dits il existait encore à la fin de l'année 6 communications
téléphoniques indépendantes avec 15 stations;
il y a donc vis-à-vis de l'année précédente
une diminution de 11 stations, qui ont été reliées
à de nouveaux réseaux.
La convention téléphonique conclue avec la France en
date du 31 Juillet 1892 est entrée en vigueur le 1er Septembre
1893, après avoir été ratifiée par les
autorités compétentes des deux pays. C'est sur la base
de cette convention qu'une entente avec l'Administration française
a eu lieu concernant l'établissement d'une communication téléphonique
reliant la Chaux-de-Fonds à Morteau et Besançon. Cette
communication, dont la construction a été commencée
pendant l'exercice écoulé, ne peut être terminé
qu'en 1894.
De concert avec les Administrations intéressées, l'Administration
wurtembergeoise a relié le réseau de Friedrichshafen
au groupe de St-Gall-Bregenz-Lindau, de sorte que, depuis la mi-Décembre,
la correspondance téléphonique est ouverte entre St-Gall
(avec quelques réseaux voisins) et Friedrichshafen, Langenargen
et Ravensburg. La taxe d'une conversation simple entre lesdits réseaux
suisses et wurtembergeois a été fixée à
fr. 1,50, tandis qu'elle est de fr. 1,25 pour la correspondance avec
Bregenz, Dornbirn et Lindau.
1894 La nouvelle station centrale des téléphones
à Zurich par M. le Dr von WIETLISBACH.
|
La station centrale des téléphones
qui a été établie dernièrement à
Zurich accuse quelques nouvelles dispositions, dont la description
ne laissera pas de présenter un certain intérêt
pour nos lecteurs.
Cette station est maintenant installée pour le travail
par circuits métalliques. La transformation des lignes,
de simple fil en double fil, a été nécessitée
par les trois circonstances suivantes:
1° Par suite du rapide accroissement du nombre des abonnés,
la construction des lignes sur des poteaux et sur les maisons
est devenue impossible et l'on est obligé de les canaliser
sur une plus grande échelle. Mais avec les câbles
souterrains la résonnance ne se produit d'une manière
satisfaisante que lorsque les lignes sont disposées en
circuits métalliques.
2° Il faut également disposer les conducteurs aériens
en circuits métalliques, afin d'éviter le mélange
des sons, dès qu'ils sont placés sur les mêmes
poteaux, sur un long parcours (au delà de 5 kilomètres).
3° Dans les villes, les établissements d'éclairage
et les tramways électriques prennent chaque jour plus
d'extension.
Bien que les réseaux des premiers soient généralement
isolés de la terre, la déperdition du courant
est toujours très considérable dans leurs embranchements
ordinairement très étendus (la résistance
d'isolation des câbles pour l'éclairage électrique
d'une grande ville, telle que Berlin par exemple, n'atteint
que quelques Ohms). Les perturbations sont en outre assez fréquentes
sur les lignes de ces systèmes et elles se font aussi
sentir dans les stations téléphoniques quand on
emploie des courants alternatifs pour la production de la lumière.
En ce qui concerne les tramways électriques, on peut
ainsi que des expériences l'ont démontré
à Zurich, neutraliser l'influence pernicieuse de la terre,
qui se produit surtout quand on emploie les rails pour la communication
de retour, en enterrant un fil de cuivre d'au moins 7 mm. de
diamètre le long des rails auxquels on le rive et on
le soude fortement. Par contre, la ligne d'alimentation et le
fil de contact donnent naissance à une très forte
induction et, si la ligne téléphonique court dans
une direction parallèle au tramway, cette induction exerce,
déjà dans un parcours de 500 mètres, une
influence si perturbatrice sur les conducteurs téléphoniques,
qu'il devient impossible d'utiliser la même route pour
l'établissement d'une ligne téléphonique
et d'un tramway, même si on les place sur des côtés
opposés. Quand les lignes téléphoniques
sont disposées en circuits métalliques, le bruissement
cesse sur des lignes d'une courte distance, mais il se reproduit
dans les parcours parallèles de 500 mètres, dès
que la ligne a une longueur de plus de 10 kilomètres,
à cause de l'effet de la capacité et parce que
cette dernière n'est pas la même sur tous les points
de la ligne.
Le réseau de Zurich se trouvant dans de pareilles conditions,
l'adoption du système des circuits métalliques
pour la station centrale était toute indiquée.
Il faut naturellement que ce système soit arrangé
de manière à ce qu'on puisse y relier aussi des
lignes à simple conducteur.
Nous diviserons notre description en quatre parties, à
savoir:
A. Les câbles.
B. Les tableaux de commutation multiple.
C. Le service interurbain, et
D. La pile.
A. En ce qui concerne les câbles, il faut établir
une distinction entre leurs propriétés électriques
et leurs propriétés mécaniques.
Voici comment un câble téléphonique doit
être construit, au point de vue électrique. Les
artères doivent être disposées en boucles
et les deux fils qui composent cette boucle doivent être
rapprochés autant que possible et se contourner réciproquement
sous forme de longues spires. L'air doit servir d'isolateur
ou doit être contenu en grande quantité dans le
moyen adopté pour l'isolation des câbles, parce
que l'air a, quand il est sec, un pouvoir d'isolation très
considérable et parce que sa capacité de polarisation
est très faible. Dans un pareil câble, les sons
sont si distincts que l'on ne peut remarquer à ce sujet,
du moins sur des parcours de 5 kilomètres, aucune différence
entre une ligne souterraine et une ligne aérienne. A
de plus grandes distances, les sons sont probablement tout aussi
nets et il n'est pas impossible que l'on ne parvienne, en choisissant
des dimensions convenables (diamètre du fil, écart
des deux fils, épaisseur de la couche isolante), à
correspondre par téléphone sur les câbles
à une distance quelconque.
Grâce à la disposition des lignes en circuits métalliques
et à la torsion des fils, le mélange des sons
est entièrement évité. Le diamètre
du fil de cuivre employé pour les câbles du réseau
de Zurich est de 0,8 millimètre. La construction est
d'ailleurs la même que celle qui a été décrite
en 1892 dans le Journal télégraphique (p. 278);
on a pourvu amplement à l'isolation des conducteurs en
laissant autour d'eux des espaces vides remplis d'air. La capacité
d'un conducteur est de 0,05 micro-farad; son isolation dépasse
5000 mégohms et la résistance de la ligne est
de 84,4 ohm par kilomètre à une température
de 15° centigrades.
Les propriétés mécaniques sont déterminées
par l'armature et dépendent de la manière dont
les câbles sont posés et du sol où ils sont
enfouis.
En premier lieu, on revêt les doubles conducteurs formés
en torons d'une gaine de plomb pour les préserver de
toute humidité. Si les câbles sont placés
dans des canaux, dans des fers zorès, etc., il est inutile
de les couvrir encore d'une autre enveloppe hormis, éventuellement,
une garniture de toile goudronnée pour empêcher
la corrosion du plomb. Autrefois, on pouvait établir
les lignes souterraines dans l'intérieur des villes en
ouvrant sur tout le parcours de la ligne une tranchée
continue dans laquelle on enterrait ensuite le câble;
ce dernier était chargé sur un wagonnet que l'on
poussait le long du fossé, et au fur et à mesure
qu'il avançait, le câble était déroulé
du tambour.
Aujourd'hui, l'emploi d'une pareille méthode n'est plus
possible, ou du moins seulement dans des cas exceptionnels et
sur de très courtes distances, car si l'on essaie d'ouvrir
une tranchée pour des câbles on rencontre une quantité
d'obstacles qui traversent les rues dans toutes lés directions
et à toute profondeur, à savoir tantôt des
égouts, tantôt des conduites d'eau, des tuyaux
de gaz, des canalisations pour l'éclairage électrique,
et au-dessus du sol, les rails des tramways, etc., etc.
Les câbles ne pouvant plus être posés simplement
dans la terre, on doit établir de solides canaux, soit
en tuyaux de ciment, soit en tuyaux de fer par lesquels on fait
passer les câbles.
Les autorités de la municipalité de Zurich n'ayant
pas permis de construire ces canaux en ciment, pour des motifs
de sécurité, on fut obligé de recourir
à la canalisation par tuyaux de fer. Cette dernière
est formée de la manière suivante :

On pose dans le sol, à une profondeur variant entre 80
centimètres et lm50, des tuyaux à emboîtement,
en fer de fonte et d'un diamètre de 50 à 60 centimètres
que l'on goudronne et que l'on emboîte ensuite, comme
d'habitude, avec des joints en plomb, pour les rendre complètement
imperméables.
Ces tuyaux sont couchés partout horizontalement et en
ligne droite. Quand on est obligé de s'écarter
de cette règle, on établit des regards à
de certains intervalles, pour faire en sorte que la conduite
soit toujours horizontale et en ligne droite sur le parcours
d'un regard à un autre.
Sur les sections où il n'y a pas de regards d'orientation,
on en établit d'autres, à chaque distance de 100
mètres.
Ces regards sont généralement construits en béton
et ils ont une coupe transversale, au carré, de V/2 mètre
de côté, et 2 mètres de profondeur. L'orifice
est voûté et fermé par un disque en fonte
de fer.
Le canal achevé, on procède à la pose des
câbles que l'on tire dans les tuyaux au moyen d'un fort
cabestan. Mais, auparavant, pour éviter toute perte de
temps, on a déjà fait passer un fil de fer de
5 millimètres dans la conduite pendant que l'on posait
les tuyaux, A l'aide de ce fil, on tire d'un regard à
un autre un mince cordon de fil de fer; on le tend ensuite bien
fort le long de la partie supérieure de la conduite en
l'attachant aux crochets fixées dans les pavois des regards.
Ce cordon sert à l'introduction dans les tuyaux d'un
fort câble de fil de fer, d'une résistance de 3500
kilogrammes, au moyen duquel on tire enfin les câbles
à travers la conduite. On tire en même temps de
nouveau un petit cordon de fil de fer que l'on fixe aussi de
la manière que l'on vient d'indiquer, de sorte qu'on
ait toujours une corde à sa disposition pendant la traction
des câbles.
Le câble une fois posé, on sort la cordon de la
conduite et on y fait rentrer le câble de fil de fer.
Pour diminuer le frottement des câbles on a placé
dans les regards, et principalement dans ceux d'orientation,
des rouleaux fixés aux parois des tuyaux. On donne à
chaque section de câble la longueur voulue, pour que ses
extrémités coïncident avec les regards; cette
longueur est généralement de 400 à 600
mètres.
L'épissure des câbles s'opère naturellement
dans les regards. Elle a été sensiblement facilitée
par l'adoption d'une nouvelle méthode: on introduit l'extrémité
de chaque section du conducteur dont on veut opérer le
joint dans un petit tube de papier imprégné d'une
préparation chimique particulière. Ceci fait on
soude les deux fils de cuivre et l'on tire le tube de papier
sur le point de soudure, et l'épissure est ainsi achevée.
Après avoir effectué de cette manière la
jonction de tous les conducteurs, on les entoure d'un manchon
de fer sur lequel ou coule une matière isolante. Pour
pouvoir passer un câble dans un canal, il faut que son
armature possède certaines propriétés mécaniques.
Elle doit supporter la traction nécessaire pour ce passage
sans qu'il en résulte un allongement du câble,
et elle se compose de fils de fer aplatis dont la coupe transversale
représente un secteur cylindrique étroit qui a
une largueur, à l'extérieur, de 4,7 millimètres
et, à l'intérieur, de 4,3 millimètres et
une hauteur de 1,7 millimètres. La figure 2 montre la
coupe transversale d'un pareil câble.
D'après les expériences faites par le bureau du
contrôle des matériaux de construction à
l'Ecole Polytechnique de Zurich, l'extension s'accroît
lentement jusqu'à ce que la charge ait atteint un poids
de 8 tonnes et elle est alors de 1 %, à partir de ce
point elle augmente rapidement jusqu'à 4 %, c'est-à-dire
jusqu'au point de la rupture, qui se produit quand la charge
a atteint un poids d'environ 10 tonnes.
Lorsqu'on tire de longues sections de câbles dans le canal,
la traction ne dépasse pas 2 tonnes et l'allongement
n'est encore que 0,8 %, ce qui ne peut causer aucun effet préjudiciable
au câble.
L'armature à fils de fer plats présente donc les
avantages ci-après:
1° Elle empêche le câble de s'étirer.
2° Elle diminue le frottement qui se produit lors du passage
du câble dans les tuyaux.
3° Elle préserve suffisamment la gaine de plomb de
toute détérioration mécanique.
4° Elle permet de réduire le nombre des épissures,
puisqu'elle fournit la possibilité de tirer en un seul
bout à travers les tuyaux, quand ils sont posés
sur un tracé en ligne droite, des sections de câble
ayant même une longueur de 800 mètres.
Jusqu'à présent on a posé à Zurich
10 kilomètres de tuyaux pour les lignes téléphoniques.
La ligne la plus longue a plus de 8 kilomètres, et l'on
échange ainsi déjà des conversations par
des lignes de câbles d'une longueur de 6 kilomètres;
les sons s'y reproduisent avec la même netteté
que sur une ligne aérienne.
L'extension du réseau de la canalisation téléphonique
se poursuivra d'après un plan déterminé
et, une fois complètement achevée, on pourra correspondre
par les câbles avec tous les quartiers de la ville et
de la banlieue.
Le système adopté pour la pose des câbles
dans les tuyaux présente de nombreux avantages; nous
en citerons ici les principaux: On peut, à toute époque,
placer de nouveaux câbles dans les canaux, sans ouvrir
la tranchée ou sans d'autres travaux préliminaires.
Comme on n'est pas obligé, par conséquent, de
poser lors de l'exécution de la canalisation des câbles
de réserve, outre ceux qui sont immédiatement
nécessaires et qui suffisent pour les premiers temps,
soit pour un ou deux ans, il en résulte une économie
très notable sur les dépenses d'établissement,
les Administrations n'étant de cette manière pas
forcées d'ensevelir dans le sol des capitaux importants
qui restent improductifs pendant de longues années.
La fabrication des câbles étant, en outre, de plus
en plus perfectionnée et les câbles devenant toujours
moins coûteux, le système dont il s'agit procure
de grand avantage technique qu'on peut mettre immédiatement
les nouvelles inventions à profit.
La canalisation fournit, de plus, le moyen de réserver
pour longtemps dans les rues la place nécessaire à
la canalisation des câbles téléphoniques.
Cet avantage est précieux, surtout aujourd'hui où
les rues sont de plus en plus mises à réquisition
et où il devient toujours plus difficile d'y trouver
un tracé convenable. Dans les tuyaux d'un diamètre
de 50 centimètres on peut placer 2500 à 3000 doubles
conducteurs, dans ceux de 40 centimètres. 1500 à
2000, dans ceux de 30 centim. 800 à 1000, et dans ceux
de 20 centim. 400 à 600 conducteurs, suivant que l'on
constitue les câbles de 27 (40 mm. de diamètre)
ou de 52 doubles conducteurs (50 mm. de diamètre).
Ainsi qu'on le sait, on a constaté en Amérique
que les courants terrestres créés par les tramways
électriques détruisent les tuyaux de plomb employés
pour les câbles ou pour d'autres buts; cet inconvénient
se serait certainement aussi produit à Zurich, où
les conduites des câbles sont placées en partie
immédiatement au-dessous des rails, mais l'équilibre
électrique s'établit ici dans les tuyaux de fer
et le plomb reste complètement intact.
fig 3 
Diverses raisons empêchent de relier les postes d'abonnés
par des lignes souterraines aux stations centrales. Sans parler
des grandes dépenses qu'occasionnerait un pareil raccordement,
il est certain que la municipalité ne permettrait pas
d'ouvrir sans cesse les rues tantôt sur un point tantôt
sur un autre. Le raccordement des abonnés doit donc continuer
à s'effectuer par des lignes aériennes.
On fait converger à cet effet plusieurs câbles
sur un point de distribution convenable, consistant dans un
assemblage de poteaux ou dans une colonne d'une hauteur de 10
à 20 mètres, et à partir de ce point on
conduit les fils dans l'air, soit en les réunissant en
petits torons, soit isolément, aux divers postes d'abonnés
situés dans le voisinage.
Les colonnes sont formées d'un grillage en fer, à
panneaux, et surmontées d'un chevalet disposé
pour l'installation de 200 à 300 isolateurs (fig. 3).
Le socle de la colonne renferme les plaques du paratonnerre,
qui se composent de deux carreaux de charbon séparés
par une feuille de mica (sensibles à une différence
de tension de 100 volt) et d'un fil fusible en étain
qui fond sous une force de courant de 1 ampère.
(Sur la carte postale : on retrouve ces mêmes
pylônes en Belgique
qui s'en a fait une spécificité).
Pour les appareils une pareille sensibilité est suffisante
quand on ne fait pas usage, pour l'enroulement des bobines,
d'un fil de moins de 0,2 mm. de diamètre.
Le réseau téléphonique de Zurich comprend
maintenant 10 kilomètres de lignes souterraines; 82 câbles
composés de 2214 conducteurs, d'une longueur totale de
4000 kil., aboutissent à la station centrale. Le développement
des fils aériens est de 5200 kilom., mais comme les câbles
consistent la plupart dans des circuits métalliques,
le développement des conducteurs souterrains est déjà
beaucoup plus considérable que celui du réseau
aérien.
|
En 1896, le téléphone est introduit
dans tous les cantons suisses.
1898 des hommes posent devant la galerie de toit du Centralhof
(Kappelergasse) à Zurich.
|
On peut facilement se représenter
l'émotion qu'on éprouva à la direction
générale des télégraphes quand,
au matin du 2 avril 1898, le bruit se répandit
à Berne que le bâtiment des téléphones
de Zurich était en flammes, bruit confirmé bientôt
par l'arrivée d'un télégramme au contenu
d'un tragique laconisme: "Central téléphonique
de Zurich en feu."
II vaut la peine de rappeler
les événements qui se passèrent à
cette époque, car le progrès exige que chaque
génération tire les leçons des expériences
faites par celles qui l'ont précédée
et s'efforce d'éviter les erreurs du passé.
Indiquons d'abord brièvement ce qu'étaient
les installations téléphoniques de Zurich
en 1898.
Le central était relativement neuf, puisqu'il avait
été mis en service le 24 juin 1894. Il se
trouvait au n° 66 de la rue de la gare. Il était
équipé pour le travail sur lignes à
double fil, mais permettait aussi le raccordement des lignes
à simple fil.
Trois raisons avaient fait préférer l'emploi
de lignes à double fil:
1° le rapide accroissement du nombre des abonnés,
qui avait obligé l'administration à abandonner
peu à peu les lignes aériennes et à
poser des câbles souterrains;
2° la diaphonie, qui affectait particulièrement
les conducteurs aériens utilisant les mêmes
poteaux sur un parcours de plus de 5 km;
3° les phénomènes d'induction, dont l'influence
perturbatrice se faisait de plus en plus sentir à
mesure que se développait le réseau électrique
de la lumière et des tramways.
A cette époque-là, les poses de câbles
se heurtaient déjà à de gros obstacles,
car la ville de Zurich possédait un important réseau
de tramways, de lignes électriques, de conduites
de gaz et d'eau, d'égoûts, etc. En outre, les
autorités municipales ayant interdit, pour des motifs
de sécurité, de construire des canalisations
en ciment, on avait été obligé de recourir
à des tuyaux de fer. Les câbles, formés
de conducteurs de cuivre de 0,8 mm de diamètre, étaient
protégés par une armure en fils de fer plats.
Les postes d'abonnés étaient reliés
par des lignes aériennes aux colonnes de câbles
les plus proches. Un grand nombre de lignes d'abonnés
étaient encore entièrement aériennes.
Le commutateur multiple du central, probablement le premier
du genre en Suisse, était adapté au stade
de développement de la technique et passait pour
une merveille. II comportait certaines nouveautés:
le fil d'essai était complètement séparé
du circuit de conversation; on employait des jacks à
trois ressorts, des fiches à trois contacts et des
cordons à trois conducteurs; chaque ligne d'abonné
était reliée en parallèle à
tous les pupitres; pour ménager la place, on avait
installé, dans les pupitres, des câbles plats
et, pour augmenter le rendement du personnel, on faisait
usage de volets se relevant automatiquement. |
 |
Les rangées de volets occupaient la partie
supérieure du commutateur. Au-dessous se trouvaient les
différents champs de multiples avec les jacks d'appel et
de réponse et la tablette contenant les organes de raccordement.
Les microphones à suspension en métal étincelant
et les chaises hautes sur jambes contribuaient à donner
un aspect caractéristique à ce central, qui se trouvait
au troisième étage du bâtiment des téléphones.
Le travail sur les lignes interurbaines se divisait en deux sections.
Les communications entre les lignes interurbaines et les lignes
d'abonnés s'établissaient au dernier commutateur
du central local. On intercalait ordinairement un translateur
d'un effet utile d'environ 80%, même si la ligne d'abonné
était à double fil. Bien que cette solution affaiblisse
la transmission de la parole, on l'avait choisie pour avoir une
séparation nette entre les lignes interurbaines et les
lignes d'abonnés, pas toujours très bien entretenues.
Pour contrôler les lignes interurbaines et pour les mettre
mutuellement en communication, on disposait de cinq tables interurbaines.

A l'époque de l'incendie, et probablement de tout temps,
ces tables étaient installées au premier étage.
La durée des conversations était contrôlée
au moyen de sabliers. Un fait qui nous paraît presque incompréhensible,
c'est que, au début, la batterie du central se composait
de deux accumulateurs seulement, qui fournissaient toute la quantité
de courant nécessaire au fonctionnement des microphones,
au contrôle d'occupation des lignes, au relèvement
des volets et au service des translateurs. Comme on craignait
que la proximité du courant alternatif fourni par l'usine
électrique de la ville n'eût une influence perturbatrice
sur le service téléphonique, on avait jugé
préférable de ne pas l'introduire au central et
d'établir une installation d'éclairage indépendante.
A cet effet, on avait placé au sous-sol un moteur à
gaz de 12 chevaux, qui actionnait une dynamo de 140 volts. Cette
machine chargeait une batterie d'accumulateurs de 61 éléments,
qui fournissait le courant pour l'éclairage des locaux
de service. Des éléments auxiliaires de la batterie
d'éclairage chargeaient aussi la batterie du central. En
outre, la batterie actionnait un moteur électrique, qui
fournissait le courant d'appel. Le nouveau central était
équipé pour 3960 lignes et susceptible d'extension
à 5400 lignes. A la fin de juin 1894, le réseau
téléphonique de la ville de Zurich comptait 2569
lignes d'abonnés et 35 lignes interurbaines. Au cours des
six premiers mois de l'année, il avait été
échangé 809 807 conversations locales et 233 213
conversations interurbaines. En moyenne, un abonné échangeait
par an 630 conversations locales. Le nombre des télégrammes
transmis par téléphone s'élevait au chiffre
encore bien modeste de 8842. Pour faire face à ce trafic,
le central de Zurich disposait, en 1894, de 33 téléphonistes,
nombre qui devait s'élever à 50 en 1898.
Le matin de ce malheureux jour, il était tombé à
Zurich une quantité de neige humide, qui avait adhéré
aux fils, les soumettant ainsi à une surcharge extraordinaire.
Le remplaçant du chef du téléphone
celui-ci était malheureusement en vacances envoya
les ouvriers dans tout le réseau avec l'ordre de secouer
la neige des lignes. Cette mesure, qui s'imposait, n'eut malheureusement
pas grand succès, car, entre temps, la neige avait gelé
et adhérait de plus en plus aux fils. D'autre part, étant
donnée l'étendue du réseau, il était
impossible que les ouvriers interviennent partout. Entre 8 et
9 heures, de nombreux avis parvinrent au central annonçant
des chutes de "poteaux et des ruptures de fils. Vers 9 heures,
tous les volets des lignes d'abonnés du quartier de Fluntern
tombèrent quatre fois successivement. Peu après,
au premier commutateur, une longue flamme jaillit du jack de l'abonné
n° 161, jetant tout le personnel dans un émoi compréhensible.
La surveillante, Mlle Ruf, qui heureusement n'avait pas perdu
la tête, fit immédiatement venir le fonctionnaire
Johann Jucker et le chef monteur Bühler et avisa par téléphone
le remplaçant du chef, Ferdinand Jucker. Le chef monteur
Bühler courut au distributeur et arracha le fil de l'abonné
161 au moyen d'un tournevis. Cette opération provoqua de
fortes étincelles, qui endommagèrent même
le tournevis, preuve évidente de la présence d'un
courant de très forte intensité, capable de porter
à incandescence les conducteurs de 0,4 à 0,5 mm
des câbles de raccordement des jacks. Lorsque les fonctionnaires
arrachèrent la paroi du premier commutateur, une gerbe
de flammes en jaillit; ils constatèrent alors que le feu
se propageait rapidement aux autres commutateurs. De sinistres
petits nuages de fumée se dégageaient de tous les
jacks. Pour éviter de causer des dégâts en
employant de l'eau, les fonctionnaires et quelques ouvriers qu'on
avait fait appeler entre temps, cherchèrent à étouffer
les flammes au moyen de tabliers mouillés, de linges et
de couvertures. Mais constatant bientôt que leurs efforts
étaient absolument vains, ils mirent en action l'hydrante
installé derrière les pupitres. Malheureusement,
la fumée était devenue si épaisse et si insupportable
dans la salle qu'il ne pouvait plus être question d'avertir
les pompiers par téléphone. Le chef monteur Biihler
courut chercher du secours au poste central de la police, situé
à quelque cinq minutes de là. Le personnel de service
qui, jusque là, s'était courageusement comporté,
dut chercher son salut dans la fuite. Plusieurs téléphonistes
avaient déjà été atteintes par des
décharges électriques, en particulier Mlle Kranichfeldt,
frappée de paralysie, qui dut être transportée
au premier étage, au domicile du chef, où elle ne
tarda cependant pas à se remettre. Mlle Ruf se retira la
dernière après s'être assurée que toutes
les téléphonistes étaient en sûreté.
Un fonctionnaire qui craignait le pire se précipita au
bureau pour sauver la caisse et les documents les plus importants.
Attendue avec impatience, la police arriva sur les lieux quelques
minutes plus tard avec un petit extincteur à main, mais
elle fut impuissante, elle aussi, car toute la salle ne formait
plus qu'un seul brasier. Le tocsin et les cornes d'alarme appelèrent
les pompiers à la rescousse. Malheureusement, ceux-ci ne
disposaient en arrivant que d'hydrantes à faible pression,
insuffisants pour atteindre le troisième étage.
Le lugubre appel lancé par le tocsin de l'église
Saint-Pierre permit enfin d'obtenir de la haute pression et d'entreprendre
efficacement la lutte contre l'élément destructeur.
Malgré l'intense chaleur, la fumée et l'odeur qui
se dégageaient des gaines de câbles en feu, les pompiers,
luttant de toute leur énergie plusieurs d'entre
eux furent assez grièvement blessés réussirent
à circonscrire le sinistre aux mansardes et au troisième
étage. A onze heures, toute extension du feu était
exclue. Le succès des pompiers était d'autant plus
remarquable que leur commandant avait tout d'abord considéré
le bâtiment comme perdu et avait ordonné l'évacuation
des étages inférieurs. Il convient de dire que le
temps était calme, circonstance qui facilita considérablement
les travaux d'extinction. Le central interurbain situé
au premier étage fut épargné. On craignit
un instant qu'il ne prît feu à son tour, mais on
put parer au danger en tranchant les câbles. Ce central
ne resta hors service que jusqu'au 10 avril.
Reconstruction du central.
A l'époque de l'incendie, on était précisément
en train d'achever, au deuxième étage, de l'installation
de la première moitié d'un nouveau central prévu
pour 10 000 raccordements, fait qui joua un rôle considérable
pour la reprise du service. Ce central avait relativement peu
souffert, car le personnel s'était hâté de
protéger les appareils contre l'eau qui suintait du plafond
en les recouvrant de linges, de plaques de tôle et de bâches.
Grâce au zèle déployé, seuls les câbles
posés sur le plancher avaient été détériorés
tandis que le central même restait à peu près
indemne. Une inspection des lieux, faite il est vrai le 5 avril
seulement, alors que l'eau avait cessé de dégoutter,
permit d'établir avec certitude qu'il serait possible de
sécher le central au moyen d'air chaud et, en accélérant
les travaux de construction, de le remettre en service dans un
temps relativement court. On se mit donc sur-le-champ au travail,
en vue de doter aussi rapidement que possible la ville de Zurich
d'un service téléphonique digne d'elle. Dans le
local du central, on occupa autant de monteurs qu'il était
possible d'en occuper. Un plafond de planches provisoire les protégeait,
ainsi que les appareils, contre la chute des plâtras, précaution
rendue nécessaire par les grands travaux de déblaiement
en cours aux étages supérieurs. On avait également
construit un toit de fortune mettant les étages inférieurs
à l'abri de l'eau, même par temps de pluie. La direction
de Berne prit les mesures nécessaires pour que tout le
matériel de construction fut livré à pied
d'uvre dans le plus court délai. Une lettre envoyée
le 14 avril par l'office téléphonique fait connaître
que les monteurs travaillaient régulièrement jusqu'à
minuit et reprenaient leur service le matin à 6% heures.
Des braseros restaient allumés de minuit à 6 heures
pour sécher le local et les installations.
Les causes du sinistre. Le fait étant établi
que la première flamme avait jailli du jack de l'abonné
n° 161, Anatomie, la recherche des causes du sinistre n'offrait
plus de grosses difficultés. L'enquête faite par
l'inspecteur Gribi de Berne fit constater que la ligne de cet
abonné, en partie aérienne et dépourvue de
protections, avait cédé sous le poids de la neige,
au croisement de la Gloriastrasse et de la Plattenstrasse, et
était tombé sur le fil de contact de la ligne de
tramways du Zurichberg, parcouru par un courant continu de 600
volts. Le rapport de l'administration des télégraphes
sur sa gestion de 1898 contient sur ce sujet les lignes suivantes
: La cause directe du sinistre réside dans le maintien
d'un fil téléphonique qui, sans avoir été
muni de protections fusibles, croisait la ligne du tramway électrique
du Zurichberg" à un endroit où aucun
filet de protection n'avait été établi. Ledit
fil s'étant rompu sous le poids de la neige, tomba sur
le fil de contact de la ligne du tramway et conduisit le courant
incendiaire jusqu'à la station centrale. On ne peut établir
à qui cette faute regrettable doit être imputée.
La cause indirecte réside dans le concours de diverses
circonstances défavorables qui, dans un réseau aussi
étendu et aussi sujet à des changements continuels
que celui de Zurich, ont rendu très difficile, sinon impossible,
un contrôle des installations téléphoniques
dans tous leurs détails. Il y a lieu de citer spécialement,
comme telle circonstance, l'extension extraordinaire de la téléphonie
pendant ces dernières années, en ce qui concerne
aussi bien le réseau suisse en général que
le réseau de Zurich en particulier. Il suffit, à
cet égard, de mentionner que le réseau téléphonique
de Zurich comptait 2041 abonnés à la fin de 1893
et 4334 à la fin de 1897, de sorte que le nombre a plus
que doublé dans l'espace de 4 ans, de même que le
développement des fils de ce réseau, y compris les
communications interurbaines, s'est porté de 5269 à
15 183 km pendant la même période et a par conséquent,
presque triplé. A cela vinrent s'ajouter les fréquents
transferts de lignes et les poses de câbles, par suite du
rapide développement de la ville et surtout de l'établissement
de lignes de tramways électriques, travaux qui devaient
fort souvent être exécutés dans le plus bref
délai, parce que, dans la règle, les entreprises
de tramways ne se prêtaient à une entente qu'au moment
où leurs lignes devaient être mises en exploitation.
Enfin, il y a lieu d'observer qu'au point de vue technique et
grâce à la distribution des locaux, il était
assez difficile d'installer, à la station centrale, des
protections pour toutes les lignes, ce qui a^ été
reconnu par les experts judiciaires eux-mêmes. On comprend
que de telles explications, basées sur l'enquête
administrative, ne pouvaient pas donner entière satisfaction
à l'opinion publique. L'administration pouvait bien s'efforcer
de prouver qu'il lui avait été impossible de tout
prévoir; elle ne pouvait malheureusement pas contester
que, dans un cas au moins, une négligence avait été
commise dont les conséquences avaient entraîné
des dommages pour elle-même et pour la collectivité.
Comme le temps pendant lequel on ne pouvait pas téléphoner
dura plusieurs semaines, les discussions sur l'incendie et sur
ses circonstances allèrent bon train. Elles eurent du moins
cela de bon qu'elles finirent par attirer l'attention d'un vaste
public et en particulier de la presse sur les dangers du courant
fort et par les convaincre qu'il était urgent de prendre
des mesures énergiques pour éviter d'autres malheurs.
Elles stimulèrent aussi les autorités, qui redoublèrent
de zèle et arrivèrent enfin à mettre sous
toit, après de longs pourparlers avec les milieux intéressés,
la "Loi fédérale concernant les installations
électriques à faible et à fort courant"
du 24 juin 1902.
Après l'incendie, on avait aussi reproché à
l'administration d'occuper trop peu de personnel technique. Elle
sut répondre fort habilement à ce reproche en avançant
un argument qui nous fait toucher du doigt aujourd'hui combien
les temps ont changé. Elle fit remarquer que, depuis longtemps,
elle éprouvait elle-même combien le manque de personnel
technique qualifié lui était préjudiciable
mais qu'elle était dans l'impossibilité absolue
de remédier à cet état de choses. Des instituts
techniques n'existaient en Suisse que depuis peu de temps et les
techniciens de nationalité suisse avaient préféré,
jusqu'à présent, s'engager dans l'industrie privée,
en particulier dans les entreprises de courants forts. Il était
rare que des techniciens s'annonçassent pour les places
mises au concours par l'administration des téléphones,
et c'est seulement par dessous main qu'elle avait réussi
à attirer à elle quelques jeunes gens ayant fréquenté
le technicum. Ainsi, elle n'était pas arrivée à
pourvoir une troisième place de secrétaire technique
à la direction des télégraphes figurant aux
budgets de 1894 et 1895, car, malgré plusieurs mises au
concours, aucun candidat qualifié ne s'était présenté.
La place avait été reprise au budget de 1899, mais
la mise au concours avait déjà fait constater que
parmi les quatre candidats qui s'étaient annoncés,
aucun n'avait fait des études électrotechniques.
Même la nouvelle loi sur les traitements, plus avantageuse,
n'avait pas réussi à séduire les techniciens.
Une prophétie. Un fait qu'on ignore en général,
c'est que l'administration avait, pour ainsi dire, vu venir l'incendie.
Le 8 juillet 1895, elle écrivait ce qui suit au département
des postes et des chemins de fer au sujet des pourparlers en ('ours
avec le chemin de fer du Zurichberg, c'est-à-dire avec
le chemin de fer sur le réseau duquel se produisit le contact:
"Si, par suite de mauvais temps ou de travaux de lignes,
un fil téléphonique tombait sur le conducteur aérien
du tram, le courant fort suivrait le fil téléphonique.
Si le contact des fils se produisait à proximité
d'un central téléphonique, le courant serait si
fort qu'il mettrait le feu au central, ce qui pourrait avoir de
funestes conséquences, en particulier dans le cas d'un
central important, comme le montrent de nombreux exemples de catastrophes
survenues en Amérique et, plus près de nous, en
Allemagne (Mülhausen, Barmen, Hildesheim, Essen, etc.). Un
seul contact peut produire des dommages se chiffrant par centaines
de milliers de francs. Lorsqu'il s'agit simplement de quelques
croisements, il est possible de parer à ce danger par l'établissement
d'un solide filet protecteur, dont l'installation et l'entretien
doivent incomber à l'entreprise de courant fort. Mais pour
une ligne de tramways qui parcourt une ville dotée d'un
réseau téléphonique très dense, il
faudrait établir un filet protecteur sur tout le parcours.
Jusqu'à présent, on n'est pas encore arrivé
à trouver une solution réalisable au point de vue
technique et offrant toute sécurité. C'est pourquoi
nous avons été conduits à utiliser des dispositifs
comportant des fils fusibles, installés sur nos lignes
au central et chez les abonnés pour protéger nos
appareils ainsi que le personnel qui les dessert. La responsabilité
de nouveaux accidents qui pourraient frapper le public ou la propriété
de tiers devrait être rejetée sur les entreprises
à courant fort et il serait très désirable
que cette question soit réglée dans la loi sur les
courants forts que le Conseil fédéral doit élaborer."
On voit donc que l'incendie de Zurich n'était pas du tout
un fait isolé. Les administrations étrangères
avaient déjà été frappées par
des catastrophes analogues. Cependant, l'incendie du central de
Zurich eut un grand retentissement non seulement dans notre pays
mais dans le monde entier, car il s'agissait, pour l'époque,
d'une installation importante. Le fait que les administrations
française, belge et sud-africaine demandèrent à
l'administration suisse de leur donner des renseignements détaillés
sur les causes du sinistre, afin qu'elles puissent tirer la leçon
des fâcheuses expériences que celle-ci venait de
faire, prouve à lui seul le grand intérêt
que l'événement suscita à l'étranger.
Les dommages. Nos illustrations donnent une idée des dégâts
causés par le feu au bâtiment et aux installations
téléphoniques. Après estimation des dégâts,
l'administration reçut des différentes compagnies
d'assurance intéressées une indemnité totale
de 299 511 fr., dont 70 736 francs concernent les dommages causés
au bâtiment. Par contre, l'administration dut prendre à
sa charge les dommages directs effectifs qui se résument
comme suit:
1° Taxes d'abonnement remboursées conformément
à l'art. 16 de la loi sur les téléphones
fr. 37 000
2° Recette inférieure du fait des nouveaux abonnements,
par suite d'adhésion ou d'installation retardée
fr. 5 000
3° Perte sur les taxes des conversations locales et interurbaines
fr. 80 000 Total fr. 122 000
A cela s'ajoute une augmentation des dépenses pour le matériel
et la main-d'uvre entraînée par l'incendie
et la réinstallation du central et qui peut être
évaluée à 50 00060 000 fr. au moins.
Naturellement, l'interruption du service téléphonique
ne fut pas sans nuire considérablement à la vie
commerciale de la ville et même de tout le pays. Mais, d'une
manière générale, la population zurichoise
sut faire preuve de patience et montra qu'elle appréciait
les efforts que l'administration faisait pour rétablir
aussi rapidement que possible les conditions normales. L'annonce
qu'un central tout à fait moderne était là
à disposition et qu'il serait mis en service dans quelques
semaines suffit, à elle seule, à calmer les esprits.
Le télégraphe vit naturellement ses recettes s'accroître.
Il fut rarement aussi utilisé que pendant cette période
où les appareils téléphoniques, contrairement
à l'usage, durent se contenter de vivre une vie contemplative.
Les conditions du service téléphonique ont, depuis
quarante ans, changé du tout au tout, à preuve déjà
l'extension apportée au réseau des câbles
dans tous les pays du monde. Cependant, des incendies de centraux
téléphoniques sont toujours possibles. Schiller
n'a-t-il pas dit que les éléments haïssent
tout ce que la main de l'homme a créé!" Des
catastrophes comme l'incendie du central d'Amsterdam, en 1933,
donnent l'occasion de vérifier de temps en temps, dans
le service téléphonique, la profonde vérité
des paroles du poète. Du bon fonctionnement d'un important
central téléphonique qui, soit dit en passant, représente
une valeur considérable, dépend la prospérité
de larges couches de la population. Chaque administration des
téléphones a donc le devoir de chercher à
protéger par tous les moyens l'existence de ses installations.
C'est pourquoi l'administration suisse a pris toute une série
de mesures de protection et de lutte contre les commencements
d'incendie, mesures qui sont suffisamment connues pour que nous
puissions nous dispenser d'en parler ici. En outre, elle a fait
construire un certain nombre de commutateurs de réserve,
en particulier pour petits centraux manuels, prêts à
remplir les vides en cas de besoin. Espérons qu'un destin
favorable préservera l'administration de l'obligation d'appeler
à la vie ces installations mortes", car nos
centraux vivants", en particulier nos grands centraux
automatiques, jouent un tel rôle comme organes de concentration
et de distribution qu'on ne pourrait supprimer l'un quelconque
d'entre eux, pendant une heure seulement, sans apporter de graves
perturbations dans la vie économique du pays. |
Vers 1900, 318 réseaux locaux
établis dans les villes et villages suisses, y compris au Tessin,
purent être regroupés pour constituer le réseau
national don tle tracé représentait 15000 km de ligne
desservant 41 485 postes téléphoniques pour 37
620 abonnés.
Sur le toit
d'un ancien central téléphonique
En 1900 La première ligne interurbaine internationale
partant de la Suisse relie Bâle à Stuttgart
et à Berlin.
1900 Première liaison téléphonique entre le Tessin
et le reste de la Suisse. Le Tessin est relié à la Suisse
alémanique par deux lignes passant par le tunnel du Gothard.
Une connexion mène de Bellinzone à Lucerne, l'autre
de Lugano à Zurich. Jusqu'à la fin de 1900, cependant,
le trafic vocal était limité. En moyenne, 13 appels
ont lieu chaque jour.
Bureau de téléphonie et télégraphie
à Kreuzlingen en 1907.
Standard téléphonique pour le fonctionnement sur batterie
locale, de Kreuzlingen. En arrière-plan, des standards
avec les "clapets d'appel".
1905 Introduction
des microtéléphones. Le microphone et l'écouteur
étaient ainsi disposés sur un même manche.
Le modèle suédois Ericsson
1892 (Skelete ou machine à coudre)
a été produit
dans une version spéciale pour la Suisse à partir de
1905, qui s'est développée dès 1892 et achetée
par milliers en 1919. C'était probablement la première
station de table à être importée en Suisse. Prix
en 1909 : 65 Fr.
1906 sous le
nom de "Téléphonomètre", une
horloge téléphonique de signalisation et de contrôle
conçue par l'usine Zénith du Locle est utilisée
dans notre administration depuis 1906, elle est utilisée principalement
dans le service interurbain
1. pour signaler les limites fiscales,
2. à noter On utilise la durée de l'appel.
Dans le trafic téléphonique interurbain, comme on le
sait, les appels individuels sont tarifés non seulement en
fonction de la distance du téléphone, mais également
en fonction de la durée de l'appel. Bien qu'il aurait été
plus facile d'établir un tarif par tarifs à la minute,
la plupart des administrations ont suivi dès le début
les tarifs interurbains sur la base d'une durée de conversation
de trois minutes. Dans tous les grands centres interurbains, le trafic
est si chargé à certaines heures de la journée
que les lignes longue distance, qui sont partiellement inutilisés
le reste du temps, ne suffisent plus pour un service immédiat
et les abonnés doivent attendre que les lignes soient libérées,
ce qui est compréhensible que cela donne trop facilement lieu
à des plaintes concernant un mauvais service et à des
demandes pour des lignes supplémentaires. La construction prématurée
de nouvelles lignes et les coûts de construction, les amortissements
et les taux d'intérêt très élevés
qui en découlent peuvent s'accompagner des pires conséquences
financières. Les administrations sont donc contraintes de mettre
en uvre tous les moyens pour réduire les délais
d'attente et prévenir de telles demandes. Ceux-ci incluent
le fonctionnement duplex et simultané. La mesure la plus simple
et la plus efficace pour soutenir les moyens mentionnés ci-dessus
est apparemment de limiter la durée des appels pour les lignes
très utilisées.
Mais elle n'est réalisable que
si la durée des appels est contrôlée avec précision
et si les abonnés peuvent être avertis à temps
avant que les périodes normales d'appel fixées par l'administration
ne soient dépassées. Ceci est désormais rendu
possible grâce à lutilisation du téléphonomètre.
Non seulement il permet de lire à tout moment la durée
de la conversation en minutes entières et cinquièmes,
mais il y a aussi un signal d'avertissement continu assez tôt,
ce qui permet de contrôler les conversations sans hâte
et sans dépasser la limite de taxe. Les avantages du téléphonomètre
sont les suivants :
1. Forme concise, combinée à un traitement soigné.
2. Composez 4 périodes de conversation.
3. Signal électrique de durée, démarrant environ
30 secondes avant la fin de chaque période, avec placement
arbitraire des dispositifs de signalisation.
1906: Câble Pupin au fond du lac de Constance
Avec sa bobine, le physicien Michael Pupin a apporté
un changement profond dans le trafic téléphonique longue
distance. Au tournant du siècle, Siemens & Halske acquiert
une licence européenne pour ce brevet, ce qui augmente considérablement
la portée et la qualité de transmission du trafic téléphonique.
Le câble sous-marin Pupin a été utilisé
pour la première fois lors de la pose de la liaison téléphonique
entre Friedrichshafen et Romanshorn. Jusque-là, Siemens &
Halske navait posé que des câbles terrestres équipés
de bobines Pupin, cest pourquoi les responsables étaient
tributaires de lexpérience de leurs collègues
de la branche anglaise. Pour la liaison de douze kilomètres,
le câble de 110 tonnes a été posé à
une profondeur de 250 mètres. Malgré la participation
dexperts anglais et la transformation dune barge en navire
câblier, la première tentative de pose échoue
à lautomne 1905. Il faut construire une nouvelle machine
de pose et attendre lété suivant pour une seconde
tentative. En présence de nombreux invités et spectateurs,
le premier câble téléphonique Pupin du monde est
finalement posé le 9 août 1906 et restera en service
pendant des décennies.
1908 Mise en service du premier centre de batteries central
à Berne. (1909 Genève, 1915 Bâle)
Berne
1908
La direction des télégraphes régnait
en maître absolu sur le réseau national.
Les premières liaisons téléphoniques internationales
furent établies entre Bâle et Lörrach avec lAllemagne,
ainsi quentre Bâle et St Louis avec la France en 1884
déjà.
En 1930 la quasi-totalité des pays européens étaient
reliés et en 1935 lAfrique, lAmérique, lAustralie,
lInde et le Japon.
1910 Zurich, les appels sont encore commutés manuellement
par les opérateurs téléphoniques sur le central.
Le premier central téléphonique automatique
installé à titre expérimental, le fut à
Köniz près de Berne en 1910.
1911 La première installation téléphonique
entièrement automatique de Suisse a été installée
à "Bâle".
Les architectes Vischer & Söhne de la Basler Lebensversicherung
construisent un nouveau bâtiment sur l'Aeschenplatz à
Bâle, et ils ont chargé la succursale zurichoise de
Siemens & Halske (version Siemens du Strowger)
de la planification du système téléphonique.
A cette époque, les choix techniques étaient de remettre
en cause soit un standard manuel, soit le sélecteur de ligne
à bouton-poussoir, très courant à l'époque.
Le système automatique a été proposé par
Siemens comme nouvelle variante.
(sélecteurs rotatifs 10 points comme présélecteur
et des sélecteurs Strowger à 100 points comme sélecteurs
de ligne).
Une image de ce complexe historique a été
conservée. Elle montre un centre de contrôle construit
selon le système Strowger pour 50 abonnés avec une station
de test de type ZB SA 11 (Dispositif à batterie central
pour auto-commutateur à partir de 1911)
Le premier
standard automatique de Suisse. Image : Archives de la Basler Versicherung
1911 C'est aussi le premier téléphone à
cadran.
À partir de 1911, des téléphones à ligne
directe avec des boîtiers en tôle d'acier noir et des
cadrans, sont apparus sur le marché. Cet appareil n'est utilisé
que dans les systèmes téléphoniques automatiques
internes pour la communication interne.
Perçu au début comme un concurrent du
télégraphe, le téléphone était
techniquement plus exigeant que celui-ci; les premiers systèmes
téléphoniques étaient fréquemment dérangés
et de capacité fort limitée.
L'exploitation en duplex dès 1911 et la pose de câbles
entre les villes dès 1917 améliorèrent
la situation.
L'établissement des liaisons, qui, lorsqu'elles étaient
interurbaines, supposait l'intervention de plusieurs centraux téléphoniques,
se fit longtemps à la main; les "demoiselles du téléphone"
(ainsi désignait-on les personnes se vouant à cette
activité, exercée dès le début en Suisse
exclusivement par des femmes célibataires) ont marqué
la pratique de ce moyen de communication durant des décennies.
Siemens & Halske AG a été
fondée en 1847. Le nom a existé jusqu'en 1966, lorsque
Siemens & Halske AG, la société Siemens
Schuckertwerke AG et Siemens Reiniger-Werke AG ont été
regroupées pour former Siemens AG. En Suisse, Siemens &
Halske acquit Protos Telephonwerke AG, Zurich-Albisrieden, en 1922,
qui fut rebaptisée Telephonwerke Albisrieden AG en 1924 et
Albiswerk Zürich AG en 1935.
Vers 1907, Siemens & Halske AG a pu utiliser les droits
de brevet du système Strowger pour l'Europe, à
l'exclusion de l'Angleterre et de la France.
La technologie téléphonique centrale interne correspondait
initialement à celle des centraux.
Cependant, ce n'était pas une solution optimale pour les petits
centres, c'est pourquoi un centre à sélecteur de ligne
à 25 directions a été développé
en 1913.
Des téléphones de table ou muraux avec un commutateurs
à 25 numéros ont été utilisés pour
ces petits centraux téléphoniques .
Un développement spécifique (photo ci dessous) fut le
commutateur pour 23 participants, fabriqué entre 1923 et 1928.
1912 Siemens fournit le premier central téléphonique
d'entreprise entièrement automatique de Suisse pour la compagnie
d'assurance-vie Basler Lebensversicherungsgesellschaft.
L'automatisation du réseau public et la location de centraux
téléphoniques internes automatiques par l'Obertelegraphendirektion
ont permis d'établir de manière entièrement automatique
des connexions sortantes d'une succursale autorisée vers l'administration
publique.
Cependant, les connexions réseau entrantes ont dû pendant
longtemps être commutées manuellement.
Ce n'est qu'avec l'introduction de la numérotation directe,
réservée dans les années 1940 à quelques
grandes installations bernoises, qu'il a été techniquement
possible de réduire considérablement le travail manuel
également pour les appels entrants.
Retardée par la Première Guerre mondiale, le premier
centre semi-automatique (Rotary semi-automatique
Western Electric) public fut inauguré le 29 juillet 1917
à Zurich-Hottingen, il rendit de bons et loyaux services
pendant 36 ans. Il travaille actuellement en collaboration avec le
centre à batteries local de Selnau, mais il était
prévu dès le départ de convertir l'ensemble du
réseau zurichois selon le nouveau système.
Le transfert dappels était effectué désormais
de manière semi-automatique.
Le siège social de Hottingen est équipé
pour 7.000 connexions et un trafic de 3.000 appels par heure. Il y
a 9 emplois disponibles pour gérer ce trafic. Le trafic entrant
en provenance de la centrale de Selnau est traité en mode d'appel
sur les stations B, tandis que le trafic sortant est acheminé
vers la centrale de Selnau via 5 stations de commutation avec indicateurs
numériques optiques. Le trafic longue distance s'effectue selon
la procédure de service habituelle via 3 centraux longue distance.
Le nouveau bâtiment téléphonique contient les
répartiteurs principaux et intermédiaires, les relais
d'appels et les compteurs d'appels, ainsi que la table de test, le
système de machines et la salle des accumulateurs au deuxième
étage....
 
L'automatisation du transfert dappels débuta en Europe
peu après le tournant du siècle. Ce sont les Administrations
impériales des télégraphes dAllemagne et
dAutriche qui, au début du XXe siècle, équipèrent
pour la première fois leurs centraux de sélecteurs rotatifs
automatiques. En automatisant partiellement le transfert dappels,
elles voulaient répondre à la croissance fulgurante
du nombre dappels téléphoniques sur leurs réseaux.
Comme dans les pays voisins, le nombre de communications téléphoniques
augmenta brusquement en Suisse au début du siècle.
L«Administration fédérale des Télégraphes
et des Téléphones» de lépoque a donc
été amenée à renouveler et à étendre
progressivement ses centraux téléphoniques manuels et
à les adapter aux nouvelles technologies de commutation.
C'est au lendemain de la guerre de 1914-1918, alors
que l'on prit conscience qu'il était urgent d'élaborer
des mesures pour assurer l'emploi du plus grand nombre possible d'ouvriers
et améliorer le rendement financier de l'exploitation des téléphones,
qu'il fut décidé de créer une organisation, indépendante
de l'administration, capable de préparer et d'exécuter
une vaste campagne de propagande, selon des méthodes modernes.
Il s'agissait de convaincre le public, tant des villes que des campagnes,
de la valeur et de l'utilité d'un raccordement téléphonique
et de rendre ce public attentif aux avantages qu'apporterait une extension
des installations existantes. C'est ainsi que fut fondée en
1927 l'association qui prit le nom de Pro- Téléphone,
société pour la diffusion du téléphone
en Suisse, dont les statuts précisent :
« Pro-Téléphone a pour but de rendre populaire
l'emploi du téléphone en Suisse, de stimuler sa diffusion
et de servir par là les intérêts de l' industrie
téléphonique suisse spécialisée et de
l'administration des téléphones et télégraphes.
« Pour remplir cette tâche, elle s'efforcera particulièrement
de travailler en étroite collaboration avec l'administration
des P. T. T. et avec ses services. »
Pour atteindre le but visé, l'organisation nouvellement créée
étendit son activité aux domaines suivants :
1. Propagande en faveur de nouveaux raccordements.
2. Extension et modernisation dés installations d'abonnés.
3 . Propagande en faveur du trafic, c'est-à-dire d'une
utilisation plus intense du téléphone entraînant
une augmentation du trafic téléphonique
L'automatisation a réellement commencé en 1923.
Après les premières expériences de transfert
dappels semi-automatique sur le réseau local de Zurich
et compte tenu de la croissance rapide et continue des communications
téléphoniques, lAdministration fédérale
des Télégraphes et des Téléphones décida
en 1920 dautomatiser entièrement le transfert dappels
dans lensemble des grandes villes.
En 1920, l'Obertelegraphendirektion loue le premier
standard téléphonique interne (privé) entièrement
automatique.
A la demande de la société Gebrüder Sulzer AG de
Winterthour, l'Obertelegraphendirektion de Berne décida en
1920 de louer un Standard téléphonique interne (privé)
Siemens & Halske. Cette installation a été agrandie
pour accueillir 400 participants.
Cette installation a été agrandie pour accueillir 400
participants.
En conséquence, la demande était telle que deux ans
plus tard, 16 systèmes étaient loués.
Le raccordement des systèmes téléphoniques internes
à l'administration publique n'est possible que depuis 1916.
Selon la réglementation téléphonique, les particuliers
en Suisse n'étaient pas autorisés à raccorder
leur propre système téléphonique au réseau
téléphonique public sans autorisation.
En 1916, le premier système téléphonique interne,
celui de l'hôtel Bellevue Palace à Berne, était
relié au réseau téléphonique public via
un commutateur. Mais avant cela, l'Obertelegraphendirektion avait
racheté le système au propriétaire pour le louer
ensuite. L'Obertelegraphendirektion a ainsi pu répondre à
la demande de raccordement au réseau public de l'hôtel
Bellevue Palace sans avoir à délivrer une concession
correspondante.
Après lexpérience initiale de
la commutation dappel semi-automatique à Zurich-Hottingen
et compte tenu de la croissance continue du nombre dabonnés,
lAdministration fédérale du télégraphe
et du téléphone a décidé en 1920
dautomatiser complètement les centrales téléphoniques
dans les grandes villes.
Les centrales téléphoniques de Zurich, Lausanne,
Genève, Berne et Bâle passèrent
à un fonctionnement entièrement automatisé.
Le renouvellement des centrales de Lausanne et de Genève semblait
particulièrement urgent, car leurs capacités de connexion
et de commutation étaient presque épuisées. La
première centrale téléphonique entièrement
automatique de Suisse, construite sur le modèle américain,
a été inaugurée à Lausanne le 29 juillet
1923. Un an plus tard, le siège de Genève-Mont-Blanc
fut également équipé de Strowger-Switches, Saint-Gall-Winkeln
suivit en 1925 et Zurich-Hottingen passa également en 1926
en mode entièrement automatique.
Les systèmes de téléphonie automatique utilisés
en Suisse ont de trois sortes : deux d'entre eux sont d'origine étrangère,
- Bell Telefon type Rotary
; Le transfert des appels étaient effectués de manière
semi-automatique.
- Siemens Halske type Strowger
;
- Hasler SA d'origine suisse /
adaptation du commutateur LM 500 Ericsson
Le système Rotaryéquipe
les centraux des groupes de réseaux de Genève, Bâle
et Zurich.
Le système Siemens Strowgeréquipe
les centraux des groupes de réseaux de Berne, Lausanne, Langnau
et Bienne.
Les centraux des autres groupes de réseaux sont équipés
avec le système Hasler.
Il y a lieu de noter que les trois systèmes de base, Rotary,
Siemens et Hasler, ayant chacun donné lieu à plusieurs
variantes, ce sont en réalité une douzaine de systèmes
différents qui interconnectent en Suisse pour une exploitation
intégralement automatique.
L'administration suisse, qui a dû, à l'origine, faire
appel pour la construction de ses centraux téléphoniques
à des sociétés étrangères, a, par
la suite, cherché à s'affranchir de leur tutelle, en
raison notamment des conséquences qui pourraient résulter
de tensions internationales.
Elle a entrepris, en collaboration avec la société
suisse Hasler, la mise au point d'un système national
qui a équipé initialement des centraux ruraux et ensuite
des centraux urbains et interurbains.
1920 Central privé pour 30 participants
de Mix & Genest AG, Berlin

Mix & Genest AG a été fondée en 1879. Ce
nom de société a été utilisé jusqu'en
1958, date à laquelle elle a été intégrée
à Standard Elektrik Lorenz AG, alors filiale d'ITT, qui appartenait
à Alcatel depuis 1986.
Le standard téléphonique pour 30 connexions a été
développé dans les années 1920. En plus de ce
centre pour 30 abonnés, des centres pour 10, 50, 100 abonnés
et plus ont également été fabriqués. La
commutation s'effectue à l'aide de chercheurs d'appels à
10 directions et de sélecteurs de ligne à 100 directions.
1921 Introduction des numéros de service
:
- 10 tâches pour le télégramme,
- 11 informations,
- 12 service de dépannage,
- 13 gestion de téléphone,
- 14 enregistrement de bureau à distance,
- 15 informations de taxi,
- 16 heures de parole,
- 17 police de la ville,
- 18 pompiers,
1922 Siemens acquiert le producteur de téléphones
Protos-Telephonwerke AG. Situé à Albisrieden, dans la
banlieue de Zurich, il s'agit du premier site de production de Siemens
en Suisse. Et en 1924 Protos-Telephonwerke AG devient Telephonwerke
Albisrieden AG.
1922 Standards privé pour 10 et 50 participants d'Autophon
AG,
Solothurn Autophon AG a été fondée à Soleure
en 1922. et existé jusqu'à la création d'Ascom
en 1987..

Au début, l'automatisation ne concernait que
la commutation d'appels locaux au sein d'un central téléphonique
local. Jusqu'en 1959, tous les abonnés pouvaient joindre eux-mêmes
les interlocuteurs souhaités dans le pays. Toutefois, les appels
à létranger étaient encore parfois transférés
manuellement.
18 des 24 premiers centraux téléphoniques automatiques
étaient situés en zone rurale.
Le potentiel déconomies était ici élevé.
Dans les petits centres ruraux à faible trafic, les machines
ont rapidement remplacé les opérateurs téléphoniques.
Les coûts salariaux des opérateurs téléphoniques
actuels mais sous-employés pourraient être réduits.
L'administration des PTT s'est efforcée d'être prévenante
envers le personnel au cours de ce processus.
L'automatisation est venue notamment des opérateurs postaux
qui louaient aux PTT des locaux dans lesquels ils exploitaient des
centraux téléphoniques manuels en complément
de la poste. Grâce à l'automatisation, ils n'ont plus
eu à payer de frais d'appel, ni de suppléments de nuit
et de dimanche. Les abonnés au téléphone appréciaient
la téléphonie automatique, qui garantissait le secret
des conversations : « si bien que le facteur et l'opérateur
téléphonique, souvent mal payés, ne savaient
pas toujours tout ce qui se passait dans le village.
Le premier central téléphonique
entièrement automatique de Suisse fut mis en service à
Lausanne le 29 juillet 1923 pour les 6000 abonnés.
Les 25 jeunes femmes entassées au dernier étage de
lHôtel des Postes nouent et dénouent les conversations
avec entrain. Un geste qui, elles le savent, ne se fera bientôt
plus
Une révolution est en marche. Celle de lautomatisation
des transferts dappel. Du coin de lil, les jeunes
opératrices aperçoivent déjà la machine
montée sur ressorts pour ne pas faire de bruit
qui doit les remplacer.
A partir de 1923, les centraux téléphoniques
furent progressivement automatisés, ce qui permettait aux abonnés
de composer eux-mêmes le numéro de leur correspondant.
Mix & Genest
Transfert dappels manuel à la Centrale du Stand de Genève
en 1923.
1924 Le standard téléphonique semi-automatisé
entre en service le 20 avril 1924 à Genève.
Après les premières expériences
de transfert dappels semi-automatique sur le réseau local
de Zurich et compte tenu de la croissance rapide et continue des communications
téléphoniques, lAdministration fédérale
des Télégraphes et des Téléphones décida
en 1920 dautomatiser entièrement le transfert dappels
dans lensemble des grandes villes.
Les centraux téléphoniques de Zurich, Lausanne, Genève,
Berne et Bâle, notamment, devaient, le plus rapidement possible,
fonctionner de manière entièrement automatique.
Le premier central téléphonique entièrement automatique
de Suisse fut mis en service à Lausanne le 29 juillet
1923.
Un an plus tard, le central de Genève Mont-Blanc
était également équipé dun système
de transfert dappels entièrement automatique.
Saint-Gall Winkeln suivirent en 1925 et Zurich
Hottingen commença également à
fonctionner de manière entièrement automatique en 1926.
Les économies de personnel dans le transfert dappels
et linfatigable fiabilité des sélecteurs rotatifs
entraînèrent au cours des trois décennies suivantes
labandon progressif des centraux manuels également sur
tous les autres réseaux locaux de Suisse.
Il aurait certainement été plus rapide de remplacer
les centraux manuels par des centres automatiques, mais un système
automatique ne fonctionne de manière satisfaisante que si les
centraux sont mis en réseau avec des lignes efficaces et fiables.
Le réseau câblé longue distance constitue l'épine
dorsale. L'automatisation tardive en Basse-Engadine est due, entre
autres, au fait que la connexion au réseau devait d'abord être
mise en place pour être fiable
À la fin des années 1920, la nouvelle
Entreprise des postes, téléphones et télégraphes
suisses (PTT) décida de mettre en place les «indicatifs
de ville» pour permettre le transfert dappels automatique
non seulement sur les réseaux locaux, mais aussi entre les
différents réseaux. Tandis que les liaisons téléphoniques
vers un autre réseau local devaient auparavant être transférées
par deux opératrices (sur le réseau de lappelant
et sur celui de la personne appelée), les abonnés pouvaient
désormais établir eux-mêmes certaines communications
téléphoniques inter réseaux.
La première liaison téléphonique entièrement
automatique avec indicatif de ville a été établie
le 29 mars 1930 entre les réseaux locaux de Berne et de Bienne.
La même année, les abonnés purent également
passer eux-mêmes des appels téléphoniques entre
Bâle et Zurich. Dans la mesure où les liaisons par le
biais d«indicatifs de ville» fonctionnèrent
demblée parfaitement, il fallait sattendre à
ce que le transfert dappels automatique soit mis en place aussi
tôt ou tard pour des communications entre des réseaux
locaux des zones rurales.
Hasler, est un ancien pionnier du télégraphe.
Gustav Adolf Hasler (1830-1900) était
un mécanicien automobile suisse qui entra en 1855 à
la Fabrique télégraphique fédérale de
Berne en tant qu'assistant du directeur de cette institution, Matthäus
Hipp (1813-1893). Au début des années 1860, Hipp quitte
l'usine télégraphique fédérale et s'installe
à Neuchâtel pour fonder sa propre usine télégraphique
privée. Peu de temps après, Hasler succède à
Hipp à la tête de la Fabrique télégraphique
fédérale de Berne. Déjà dans les années
1850, cette usine ne produisait pas seulement du matériel télégraphique,
mais proposait également une large gamme d'instruments scientifiques,
parmi lesquels le célèbre chronoscope Hipp. Hasler a
poursuivi cette politique.
En 1861, il commença la production d'instruments météorologiques
selon Heinrich Wild (1833-1902), professeur de physique à Berne
et directeur de l'observatoire de Berne.
En 1864, la Federal Telegraph Factory fut privatisée et réapparut
sous le nom de société "Hasler & Escher".
À la fin des années 1870, cette usine se lance dans
la production de téléphones - une branche qui s'est
avérée très réussie dans les années
suivantes. En 1879, l'associé de Hasler, A. Escher, décède
et l'entreprise devient la propriété de Hasler.
Le catalogue de l'entreprise nous apprend qu'entre 1880 et 1890, l'entreprise
fabriquait non seulement des dispositifs de protection contre la foudre
et la haute tension, mais aussi des postes téléphoniques
et des commutateurs téléphoniques.
À la mort de Gustav Adolf Hasler en 1900, son fils Gustav
Hasler (1877-1952),suivit ses traces à l'âge
de 22 ans et transforma l'atelier télégraphique 9 ans
plus tard. L'usine Hasler se développe rapidement et
s'organise en 1909 en société d'actionnaires.
Hasler a produit des systèmes plus petits du fabricant suédois
Ericsson jusqu'à la fin des années 1920.
En 1924 l'« âge d'or » des centres automatiques
commence avec une licence reprise à Ericsson (Ericson
500), suivie en 1925 par une licence pour les petits systèmes
téléphoniques automatiques dans les zones rurales.
La première installation d'une centrale de commande domestique
Hasler System HS25 n'est pas très
bien vue par le responsable des PTT en disant qu'ils devraient placer
le système près de la porte afin qu'il puisse être
retiré rapidement s'il ne fonctionne pas. Mais le HS25 tient
ses promesses et génère davantage de commandes, c'est
pourquoi Hasler se tourne vers la construction à base de relais
et de "viseurs" ou sélecteurs rotatifs.
Le système à ces débuts, a été
installé au Rigi Kaltbad en 1925 et a été transféré
en 1936 dans le garage d'une entreprise d'installation électrique
de Lucerne.
En 1927, Gustav Hasler fonde la FAVAG à Neuchâtel afin
de regrouper l'entreprise Favager & Co., qui, sous l'ancien nom
de "Peyer & Favager", avait succédé à
l'usine télégraphique privée de Hipp.
Afin d'assurer le développement national et
de permettre une automatisation complète et indépendante
des grands centres urbains, PTT a besoin de son propre développement.
Gustav Hasler est clairvoyant : s'il veut résister à
la concurrence des entreprises étrangères, il doit apporter
ses propres idées sur le marché. Grâce à
son engagement, à ses collaborateurs motivés et à
ses investissements courageux, il s'est imposé malgré
ses contemporains qui le considérait mal.
1924 le central de Genève Mont-Blanc
était également équipé dun système
de transfert dappels entièrement automatique.
Saint-Gall Winkeln suivit en 1925 et Zurich Hottingen
commença également à fonctionner de manière
entièrement automatique en 1926.
Le personnel affecté aux centrales du Mont-Blanc
(automatique et interurbain) se compose de deux techniciens, 6 monteurs
et 3 téléphonistes. Trois de ces monteurs, attribués
spécialement à la partie automatique, assurent une présence
permanente de 7 h. à 22 heures, par des tours de service alternant
chaque semaine. Deux autres s'occupent de l'entretien mécanique,
travaux divers, remplacements en cas d'absence, tandis que le dernier
fait les renvois aux répartiteurs principal et intermédiaire
nécessités par l'installation de nouveaux abonnés,
les transferts, les changements de numéros d'appel, etc. Quant
aux téléphonistes, deux d'entre elles assurent, à
tour de rôle, le service du pupitre des dérangements.
Les économies de personnel dans le transfert dappels
et linfatigable fiabilité des sélecteurs rotatifs
entraînèrent au cours des trois décennies suivantes
labandon progressif des centraux manuels également sur
tous les autres réseaux locaux de Suisse.

Des opératrices en plein travail devant un système de
transfert dappels semi-automatique à Porrentruy
en 1925.
En Europe, cependant, lautomatisation de la
téléphonie na commencé quaprès
le tournant du siècle. Au début du 20e siècle,
ce sont les administrations télégraphiques impériales
dAllemagne et dAutriche qui ont équipé progressivement
leurs bureaux centraux de Strowger-Switches pour faire face au nombre
croissant dappels téléphoniques.
Tout comme dans les pays voisins, le nombre dutilisateurs en
Suisse a rapidement augmenté au cours de cette période.
En raison de cette forte croissance, lAdministration fédérale
du télégraphe et du téléphone a été
contrainte de renouveler et délargir progressivement
ses centrales téléphoniques existantes et de les adapter
à létat le plus récent de la technique.
Les premiers plans concrets dautomatisation partielle des bureaux
locaux ont été élaborés en 1910.
Cependant, le déclenchement de la Première Guerre mondiale
ayant retardé leur mise en uvre, la toute première
centrale téléphonique semi-automatique en Suisse, à
Zurich-Hottingen, ne put être mise en service quen 1917.
1926 : Le 3 juillet dernier, il a été
mis en exploitation, à Moudon, une centrale B. C. àbatterie
centrale , équipée pour 2 places d'opératrices,
d'une capacité de 200 abonnés et de 30 circuits interurbains.
Les raccordements d'abonnés sont en partie individuels et en
partie collectifs; ces derniers à 2, 3 et plus d'abonnés.
Il s'agit d'une petite centrale, dite "centre de région",
composée de commutateurs d'abonnés que l'administration
avait en magasin et dont les circuits de cordons ont été
complètement transformés pour l'exploitation à
système dit "Universel".
De même que Lausanne, Moudon est centrale d'entremise du trafic
interurbain entrant et sortant de la centrale automatique de Mézières.
Le distributeur principal, les boîtes de fin interurbaines,
y compris les translateurs et les réglettes de distribution,
l'installation de charge et les boîtes d'essais, sont logés
à Moudon, dans un compartiment spécial, mesurant 2,8
X 2,4 m., de l'ancien bureau télégraphique et téléphonique.
Moudon
Les commutateurs visibles sur la gravure sont noyés
dans la cloison et accessibles depuis le côté postérieur.
A Porrentruy a eu lieu, le 21 juillet, la mise en service d'une
nouvelle centrale universelle B. C., comprenant 4 places d'opératrices,
construite pour 60 circuits interurbains et 500 circuits d'abonnés,
y compris les raccordements collectifs à 2 abonnés et
plus.
L'installation de cette nouvelle centrale et des appareils accessoires
a été rendue nécessaire, ensuite de la situation
créée par la suppression du service de construction
de Porrentruy. Les locaux qui sont devenus disponibles et qu'on pourra
louer à des tiers, sont maintenant tous contigus.
En marge de la Conférence de Locarno.
Histoire vraie, racontée à Locarno, pour se délasser
pendant un repas pris à la hâte. A l'occasion d'un dérangement
de ligne télégraphique, un jeune ouvrier, fraîchement
arrivé de la campagne, reçut l'ordre de mettre "à
terre" le fil arrivant. Au bout d'un temps assez long, l'ouvrier
fit demander ce qu'il devait maintenant faire, ayant mis le fil à
terre. Au bureau de départ, on ne s'en n'était pas aperçu.
Nouvel essai infructueux. Les explications verbales ne conduisant
à aucun résultat, le télégraphiste rejoint
l'ouvrier par le prochain tram. Que constate-t-il ? Quoiqu'un fil
de terre conduisit jusqu'au sommet du poteau, le brave homme s'était
procuré un récipient, puis, après l'avoir rempli
de terre et transporte au haut du poteau, avait planté dans
cette terre improvisée le fil indiqué.
Et voilà, il avait obéi ! Ajoutons que l'ouvrier en
question, aujourd'hui chef d'équipe, est le premier à
rire de ses débuts amusants.
A Rheinfelden, les opérations postales,
télégraphiques et téléphoniques ont été
relocalisées dans de nouveaux locaux à proximité
de la gare.
Le nouveau centre universel se compose de trois postes de travail et
est étendu à 40 lignes interurbaines et 300 lignes d'abonnés.
Rheinfelden 1926
La grande popularité de la commutation dappel automatisée
auprès des utilisateurs, qui se sont rapidement habitués
à lauto composition, les économies et la longue
durée de vie des sélecteurs mécaniques ont fait
que la commutation dappel manuelle a également été
abandonnée à long terme dans les autres centrales téléphoniques.
Une étape importante du développement de lautomatisation
des centrales téléphoniques a été lintroduction
de la numérotation inter ville. Comme son nom lindique,
les entreprises de la Poste, de la Télégraphie et de
la Téléphonie (PTT), entre-temps fusionnées,
sont concernées par les connexions automatiques entre les réseaux
locaux des villes. Alors quune connexion téléphonique
vers une autre ville devait jusque-là être commutée
par une téléphoniste de sortie (dans le réseau
de lappelant) et une téléphoniste de destination
(dans le réseau de lappelé), les appelants pouvaient
désormais établir eux-mêmes certaines connexions
inter réseaux. La première liaison inter ville entre
Berne et Bienne a été inaugurée le 29 mars 1930.
1929 Modèle de téléphone de bureau 29
Le modèle
de téléphone de bureau automatique 29 est resté
un classique pendant des décennies.
Il s'agit d'un appareil suisse qui a été développée
par la société Hasler à Berne à partir
de 1927.
À la fin des années 1920, la nouvelle Entreprise des
postes, téléphones et télégraphes suisses
(PTT) décida de mettre en place les «indicatifs de
ville» pour permettre le transfert dappels automatique
non seulement sur les réseaux locaux, mais aussi entre les
différents réseaux.
Tandis que les liaisons téléphoniques vers un autre
réseau local devaient auparavant être transférées
par deux opératrices (sur le réseau de lappelant
et sur celui de la personne appelée), les abonnés pouvaient
désormais établir eux-mêmes certaines communications
téléphoniques inter réseaux.
Etat des lieux : années 1930
Commencèrent à disparaître les commutateurs à
clapets pour 50 abonnés pour faire place aux commutateurs Standard
à 100 numéros, puis aux multiples avec lampes annonciatrices
d'appel, innovation imposée par l'exploitation des raccordements
à double fil et facilitée par l'introduction du système
à batterie centrale. Les nouveaux pupitres, brevet de la Bell
Téléphoné Manufacturing C°, installés
dans les centraux les plus importants (Zurich, Genève, Berne,
Lausanne, St-Gall et Lucerne), furent équipés dans la
suite, c'est-à-dire à partir de 1909, de compteurs
automatiques des conversations. Le travail des opératrices,
en position assise, en fut grandement facilité il gagna
en qualité jusqu'au moment
où, les nouveaux abonnés affluant, il fallut ajouter
des séries de jacks jusqu'au sommet des multiples. Les téléphonistes
durent travailler debout, cela au détriment de la qualité
du travail et du rendement.
En de telles conditions la téléphonie automatique devait
être la bienvenue. A l'ordre du jour depuis longtemps déjà,
elle n'est entrée dans le domaine
pratique que depuis une vingtaine d'années seulement.
La correspondance téléphonique a subi depuis son introduction
une telle évolution qu'il vaut la peine de s'y arrêter
quelques instants.
La question d'introduire l'exploitation automatique en Suisse s'est
posée pour la première fois à Zurich, où
il fallait songer à monter un deuxième
central. Les organes dirigeants de l'administration des télégraphes
déléguèrent une petite commission à Munich
avec mission d'y étudier le fonctionnement du système
automatique en exploitation au central de Schwabing depuis 1910. Usant
de sage prudence, la commission, dans son rapport, préconisa
l'introduction non pas de l'automatique intégral, mais du système
semi-automatique appelé à préparer la voie au
premier de telle façon que son application pût avoir
lieu, plus tard, sans grands frais.
Le deuxième central de Zurich-Hottingen fut ainsi installé
en système semi-automatique Rotary, d'invention américaine
(Mac Berty) et mis en service
dans le courant de l'année 1917. Chacun connaît le fonctionnement
de ce système dont l'application permettait de conserver sans
changement les postes d'abonnés du réseau à batterie
centrale. En décrochant le récepteur, l'usager fait
allumer au central une lampe d'appel. La téléphoniste,
ayant pris la commande, compose le numéro demandé en
actionnant les touches correspondantes de l'un des 5 jeux de 10 chiffres
du clavier qu'elle a à desservir. La réponse du correspondant
étant signalée par une lampe de supervision, l'opératrice
actionne le compteur des conversations. La rupture a lieu automatiquement.
Comme la téléphoniste n'a à intervenir que pour
l'établissement de la communication, il lui est possible de
liquider en moyenne 3 fois plus de demandes qu'au pupitre à
jacks.
Après de longues années d'emploi, les centraux manuels
de Genève, à batterie centrale, et de Lausanne, à
batterie locale, atteignaient en 1923 leur
limite d'âge. Us devaient, partant, être remplacés.
Vu les perfectionnements dont il avait bénéficié
dans l'entre-temps, l'automatique intégral fut adopté.
L'administration confia le montage du nouveau central de Genève-Mont-Blanc,
du système Rotary, à la Bell Téléphoné
Manufacturing C° et celui du central de Lausanne, du système
Strowger, à la maison Siemens et Halske. La mise en concurrence
des deux systèmes avait pour but de permettre les comparaisons
indispensables à l'étude du problème de l'automatisation
générale du réseau suisse. Les deux systèmes
se révélèrent équivalents; ils continuèrent
à être employés d'une part dans l'idée
de ne pas créer de monopole en faveur d'une seule maison et,
d'autre part, avec l'espoir de stimuler les maisons suisses.
L'administration ne fut pas déçue dans son attente.
La maison Hasler de Berne, dont l'activité
date de l'introduction du télégraphe dans notre pays
elle est la continuation de l'« Atelier fédéral
des télégraphes » créé en 1851,
puis remis à l'industrie privée le 1er janvier 1865,
mit au point un système de téléphone automatique
intégral qui, capable de rivaliser avec les marques étrangères,
fut adopté par l'administration.
Ainsi qu'il fallait s'y attendre, le téléphone automatique
conquit d'emblée, par la rapidité de son fonctionnement,
les suffrages des populations citadines.
Il ne pouvait manquer d'être apprécié par les
populations de la campagne également, et cela en raison surtout
de la sauvegarde absolue du secret des
correspondances et, par dessus tout, de la possibilité de téléphoner
de nuit comme de jour, le dimanche comme la semaine, sans obliger
au paiement d'une surtaxe. Cette facilité, le système
manuel ne pouvait la procurer que dans les centres d'une certaine
importance. L'un des services publics les plus importants de l'activité
nationale a ainsi réussi à réaliser l'égalité
de traitement de la ville et de la campagne.
Chaque occasion: mutations dans le personnel, changement de local
ou autre, est saisie pour installer le système automatique.
Son introduction générale dans tout le réseau
est prévue par un programme dont la réalisation, méthodiquement
poursuivie, exigera encore une dizaine d'années.
La Téléphonie interurbaine automatique.
Le territoire est réparti en groupes de réseaux,
le central le plus important de chaque groupe fonctionnant comme office
collecteur du trafic interurbain et les abonnés de tout un
groupe pouvant s'appeler directement. Le premier essai de ce nouvel
arrangement a été effectué avec plein succès
dans le groupe de Lausanne, doté du système Siemens.
32 centraux ruraux sont reliés au central principal de Lausanne
soit directement, soit par l'intermédiaire d'un central nodal.
Le central de Montreux fait, avec le central rural du Bouveret,
partie de la combinaison; il en sera de même, dans un avenir
pas très éloigné, de celui de Vevey et de ses
centraux ruraux. A l'heure actuelle, un abonné de Gilly, réseau
de Bursinel, peut atteindre sans aucune intervention n'importe quel
autre abonné du groupe de Lausanne, le poste émetteur
national de t. s. f. de Sottens, par exemple. L'horloge directrice
(fabrication Zénith au Locle), installée au central
de Bursinel, actionne le compteur des conversations en conformité
du tarif interurbain du nodal de Rolle, auquel Bursinel est raccordé.
Pour les autres communications
interurbaines qui ne peuvent pas encore être prises directement
au disque, l'abonné fait inscrire sa demande au service d'enregistrement
de Lausanne,
n° 14.
Les résultats acquis au cours de ce premier essai confirmèrent
les prévisions. La direction générale des télégraphes
décida la transformation des groupes de Zurich, Berne, Genève
et Baie; puis vint la transformation du groupe d'Olten en 1933; celle
du groupe de Lucerne fut accomplie au début de l'année
1934 par application du nouveau système Hasler. Etendu à
tout un groupe de réseaux, ce système a fait ses preuves
et conquis définitivement ses positions.
Enfin, dernière innovation, la correspondance directe inter-groupes,
c'est-à-dire entre les abonnés des groupes de Lausanne
et de Berne, de Lausanne et de Genève, de Berne et d'Olten
et de Bâle et de Zurich, vient d'être réalisée,
non sans peine en raison de la diversité des systèmes.
Un abonné de Bienne peut maintenant appeler un abonné
de Montreux directement ; il compose au disque le numéro de
son correspondant montreusien en faisant précéder ce
numéro de l'indicatif du groupe de Lausanne (021) dont Montreux
fait partie.
Cette innovation sera appliquée à tout le réseau
suisse au fur et à mesure de la réalisation du programme
d'automatisation générale. La transformation achevée,
plus d'un millier de centraux à exploitation manuelle seront
supprimés.
Installations spéciales. L'introduction de la téléphonie
automatique, qui est, elle aussi, une admirable conquête de
la technique moderne, devait
stimuler puissamment les efforts pour le perfectionnement de l'appareillage
destiné aux abonnés avec installations compliquées.
La plupart des administrations fédérales, cantonales
et communales, les établissements bancaires, les entreprises
industrielles, les grands hôtels possèdent aujourd'hui
une centrale domestique qui groupe un nombre plus ou moins grand de
postes d'embranchement pouvant correspondre directement entre eux
et avec le réseau fédéral. Cette centrale domestique
est équipée d'un commutateur qui sert à la téléphoniste,
engagée spécialement par l'abonné, à établir
les communications entrantes.
A l'intention des abonnés possédant des installations
avec 5 raccordements centraux au plus, l'administration a créé
la « station-plaque » confiée à une employée
de bureau, laquelle, à côté de sa besogne coutumière,
est à même, à l'aide d'un disque d'appel et d'un
jeu de clés et de lampes, de diriger les communications entrantes
sur le dicastère qu'intéresse la conversation.
L'hôtellerie, durement éprouvée depuis 1914, continue
la lutte, chacun le sait, pour le maintien de son ancienne renommée.
Elle a prêté une oreille
attentive aux suggestions de l'administration, laquelle a créé
à l'intention des visiteurs le poste dit «d'hôtel».
Cet appareil, de forme seyante bien que simple, est cédé
en location aux hôteliers pour la modique redevance de 55 à
65 centimes par mois; il se trouve maintenant dans les chambres de
tous les bons hôtels de la Suisse. Un autre perfectionnement,
qui trouve de plus en plus la faveur du public, est celui du sélecteur
à boutons pour installations de 2 à-10 postes. Au moyen
de ce sélecteur, l'un quelconque de ces dix postes peut correspondre
avec le réseau fédéral sans obliger le poste
principal à établir la communication.
Quelques lignes sur les « appareils à prépaiement
» retiendront certainement l'attention du lecteur. Le premier
automate, brevet Vanoni-Schum, mis à la disposition du public
dans les bureaux des télégraphes ou dans des kiosques,
ne pouvait, au début, être utilisé que pour des
conversations locales. Ses inventeurs le perfectionnèrent en
vue de l'utiliser pour la correspondance interurbaine également.
Les taxes versées par l'usager étaient contrôlées
au central à l'aide d'un jeu de lampes indicatrices du montant
de chaque pièce de monnaie introduite dans l'automate. Il fallait
donc, au central, une installation spéciale, compliquée,
qui augmentait sensiblement le coût déjà élevé
de l'automate lui-même. Au surplus, le mécanisme de ce
dernier ne résistait pas à une manipulation maladroite,
d'où de fréquentes perturbations. L'introduction de
la téléphonie automatique étant décidée,
l'administration, forte des expériences faites avec l'automate
Vanoni-Schum, puis avec l'automate Hasler-Hall, fit examiner par ses
techniciens la construction d'un appareil plus robuste et s'adaptant
à l'automatisation générale. Elle adopta un modèle,
le type M, dont la fabrication fut confiée
à la maison Hasler. A l'usage, le nouvel automate, légèrement
modifié, s'est révélé d'un emploi pratique
et sûr, d'entretien facile, partant moins coûteux.
Plus d'un demi-millier d'appareils du type M sont actuellement en
service. La plupart sont installés dans des kiosques et tourelles
placés dans les carrefours et sur les places publiques, non
seulement des grandes villes, mais aussi de localités de moindre
importance. Il s'en trouve aussi dans les salles d'attente et sur
les quais des gares. A n'en pas douter, le moment viendra où
les artères à grande circulation de la plaine seront
jalonnées de bornes téléphoniques qui rendront
aux usagers de la route les services qu'apprécient déjà
les touristes qui parcourent les routes des Alpes, le long desquelles
l'administration, en collaboration avec les associations d'automobilistes,
a créé des postes SOS téléphoniques.
L'appareil à prépaiement évite, dans une grande
mesure, les contestations et récriminations des usagers.
Aussi fut-il demandé par bon nombre d'hôtels et de grands
restaurants pour être mis à la disposition de leur clientèle.
La redevance supplémentaire de 250 fr. par an se trouve compensée
par l'absence de risques et de discussions irritantes. Les établissements
de moindre importance étant moins bien partagés, et
les mêmes inconvénients se présentant pour le
personnel des bureaux de poste et de télégraphe, obligés
de mettre le téléphone de leur office à la disposition
du public, l'administration chercha à venir en aide aux milieux
intéressés. Elle en trouva le moyen dans l'installation
d'un appareil auxiliaire, d'un fonctionnement sûr et dont le
prix annuel d'abonnement de 20 fr. n'a rien d'excessif. Il s'agit
d'un « indicateur de taxes », construit dans le pays.
L'indicateur est branché, chez l'abonné, directement
sur le circuit du central. Il est actionné par une clé
que le tenancier de l'établissement ou le préposé
de l'office abaisse chaque fois qu'un usager demande à se servir
du téléphone. La taxe entière due à l'administration
que la conversation ait duré 3 minutes ou plus longtemps est
donnée par l'indicateur. Le tenancier ou le préposé
n'a plus qu'à ajouter la surtaxe qu'il
est autorisé à prélever.
Radiodiffusion. Notre exposé de l'évolution technique
des services télégraphique et téléphonique
de notre pays serait incomplet si, pour clore, nous ne disions mot
de la radiodiffusion.
Cette branche d'activité, comme le sera la télévision,
fait partie du droit de régale reconnu à l'Etat par
la loi fédérale du 14 octobre 1922 qui règle
la
correspondance télégraphique et téléphonique
à l'intérieur de la Suisse. L'article premier de cette
loi statue en effet: «L'administration des télégraphes
et des téléphones a le droit exclusif d'établir
et d'exploiter des installations expéditrices et réceptrices,
ou des installations de n'importe quelle nature servant à la
transmission électrique de signaux, d'images et de sons ».
Au moment où la guerre fut déclarée, en 1914,
il existait en Suisse 130 installations concédées aux
particuliers, la plupart en vue de la réception du signal de
l'heure. A l'exception de quelques-unes d'entre elles servant à
des buts scientifiques, elles furent mises hors service, ainsi que
le prescrivit l'ordonnance promulguée le 2 août 1914
par le Conseil fédéral. La paix rétablie, elles
reparurent peu à peu, toujours avec la même destination,
pour atteindre à fin 1922 un total de 308 installations réceptrices
concessionnées. Douze mois plus tard leur nombre s'élevait
à 980. Cet accroissement, extraordinaire pour l'époque,
s'explique par le fait que, dès 1923, les postes de t. s. f.
des places d'aviation de Lausanne et de Genève, comme aussi
les postes émetteurs de l'étranger, commencèrent
à diffuser régulièrement des programmes radiophoniques.
C'est aussi en 1923 que furent constitués à Lausanne,
Zurich, Genève, Berne et Baie les premiers groupements s'étant
donné pour tâche de créer des postes émetteurs
radiophoniques. Con-
cession fut accordée à ces groupements en vertu des
pouvoirs reconnus à l'administration par la loi du 14 octobre
1922.
Le premier poste d'émission fut celui de Lausanne, installé
au Champ de l'Air aux frais de la commune et de l'Etat de Vaud. Les
postes régionaux de Genève, Bâle et Berne virent
le jour en 1923, celui de Hoengg (Zurich) en août 1924.
Les détenteurs de postes de réception avaient à
demander une concession que l'administration leur octroyait moyennant
versement d'une redevance
annuelle de 10 fr. dont les quatre cinquièmes étaient
ristournés aux sociétés régionales d'émission.
Cette manière de faire ayant été maintenue dans
la suite lors de la création des émetteurs nationaux,
la redevance a été portée à 12 fr., puis
à 15 fr., pour être partiellement ristournée en
conformité de l'accord intervenu entre la Confédération
et la Société suisse de radiodiffusion. Cette dernière
association (S. S. R.), constituée en 1931, représente
l'ensemble des sociétés régionales. La S. S.
R. est affiliée à l'Union internationale de radiodiffusion,
fondée en 1924, à Genève, siège de son
secrétariat général.
La plupart des pays environnants augmentèrent la puissance
de leurs postes émetteurs, ce qui obligea la Suisse à
réorganiser sa radiodiffusion, et cela dans le sens du développement
de la radio dans l'ensemble du pays. L'étude en fut entreprise
en 1928 sur le vu d'un rapport demandé au directeur de la British
Broadcasting Corporation; elle aboutit l'année suivante par
la décision de créer deux émetteurs nationaux
de forte puissance, l'un prévu pour la Suisse alémanique
celui de Beromiinster et l'autre pour la Suisse romande
celui de Sottens . Un troisième émetteur
national, de puissance moyenne, demeurait réservé à
la Suisse italienne. Sa construction au Monte Ceneri fut toutefois
ajournée jusqu'à ce que soit connue la nouvelle répartition
des longueurs d'onde sur le plan international. La décision
comportait la prise en charge par l'administration de l'installation
des émetteurs et leur exploitation technique par son propre
personnel. En retour, la Société suisse de radiodiffusion
ou ses sociétés régionales avaient à assumer
l'élaboration et la diffusion des programmes littéraires
et musicaux, en se conformant aux prescriptions de l'autorité
supérieure.
Au cours de leur session de juin 1929, les Chambres fédérales
accordèrent les crédits, au montant de 1 700 000 fr.,
qui devaient permettre à l'administration des télégraphes
d'entreprendre les premiers travaux, ce qu'elle fit sans plus attendre.
L'inauguration du poste de Sottens, d'une puissance de 25 kw, eut
lieu le 23 avril 1931, celle du poste de Beromiinster, 60 kw, le 11
juin de la même année, tandis que le poste du Tessin
était mis en activité le 28 octobre 1933 avec une puissance
de 15 kw.
La concession accordée à la Société suisse
de radiodiffusion pour l'utilisation des émetteurs de l'administration
des télégraphes et des téléphones, en
d'autres termes pour l'exploitation des studios, date du 26 février
1931.
Le personnel exploitant les émetteurs nationaux, chefs de poste,
techniciens, mécaniciens, relève directement de la direction
générale; sa subordination aux directions d'arrondissement
ou offices constructeurs de leur circonscription n'aurait pas été
sans présenter des inconvénients en raison du caractère
essentiellement technique des questions à liquider par ce personnel
dans un domaine tout à fait nouveau.
Du fait de cette attribution, l'activité de la division des
télégraphes et des téléphones a augmenté
dans une mesure très sensible ; sa section « Radio »
a dû être renforcée par des spécialistes
en la matière. La tâche de ces derniers ne se borne pas
à diriger et surveiller l'exploitation des émetteurs;
ils doivent aussi suivre la question des parasites dont la lutte vient
d'être engagée méthodiquement avec le concours
des offices constructeurs, de l'Association suisse des électriciens
et des groupements régionaux de la S. S. R.
L'exploitation des postes régionaux de Genève et de
Bâle a été confiée par l'administration
à la Radio Suisse S. A.
Matériellement parlant, la branche d'activité Radio
est improductive pour l'administration des télégraphes;
les droits de concession réclamés aux
auditeurs doivent couvrir les dépenses, frais d'administration,
intérêts et amortissement des capitaux engagés
dans les émetteurs et frais d'exploitation de ceux-ci, et enfin,
pour leur plus grande part, être ristournés à
la Société suisse de radiodiffusion pour couvrir ses
frais d'administration, d'orchestres et de programmes. A la lecture
du rapport de gestion que. le Conseil fédéral présente
chaque année, les sans filistes peuvent se convaincre que leurs
prestations n'ont nullement une destination fiscale, ainsi que le
trop grand nombre d'entre eux persistent à le croire.
Nous avons vu qu à fin 1923 la Suisse comptait
980 détenteurs d'une concession radio; à la fin de 1934
elle en comptait 356 866. L'éloquence de ces chiffres dispense
de tout commentaire.
La topographie particulièrement accidentée de la Suisse
ne permet pas une réception impeccable aux auditeurs de toutes
les régions du pays. Dans certaines vallées des alpes,
la réception des ondes radio électriques reste difficile.
En outre, le réseau très serré des chemins de
fer fédéraux et secondaires à traction électrique
constitue une entrave à la réception même passable
des émissions. L'administration est venue au secours des prétérités
en instituant un service de diffusion des programmes radiophoniques
par fil téléphonique.
Ce nouveau service, appelé par abréviation la «télédiffusion»,
a été inauguré en 1931. Le nombre de ses abonnés
approche de 30 000. La ligne de raccordement de chacun d'eux passe
au central par un bâti de sélecteurs de programmes et
d'amplificateurs. Ces derniers sont mis en circuit ou hors circuit
au moyen d'une minuterie d'un nouveau genre, système Sauter,
Bâle, équipée d'un disque de contacts qui permet
de régler les opérations des amplificateurs une semaine
à l'avance, soit conformément à la composition
des programmes. L'utilisation du téléphone pendant les
heures de diffusion demeure assurée par un relais de coupure.
L'armature de ce dernier est attirée au moment de l'appel téléphonique,
ce qui a pour effet
d'exclure la ligne de l'abonné de l'amplificateur pendant toute
la durée de la conversation. Le haut-parleur ne peut être
que de fabrication suisse. L'abonné doit en faire l'acquisition
lui-même. De plus, les frais de l'installation sont à
sa charge. Sa redevance, au titre de droit de concession radio, est
de 2 fr. 50 par mois pour un raccordement ordinaire et de 3 fr. dans
ceux des réseaux où le choix de plus d'un programme
est offert aux abonnés. La réception des programmes,
nationaux ou étrangers, n'est troublée ni par les parasites
industriels ou atmosphériques, ni par les bruits de fond, ni
par le fading.
Les lignes à grandes distances :
Citons ici in extenso, avec la permission de son auteur, M. Mûri,
chef de la division des télégraphes et des téléphones,
l'exposé de ces deux inventions dans sa brochure, publiée
en 1930, « Le développement du téléphone
en Suisse »
C'est la bobine de réactance ou bobine Pupin, imaginée
par le professeur serbe Pupin. Intercalée sur les conducteurs
d'un câble à des intervalles réguliers d'environ
1,8 km, cette bobine a pour effet de diminuer sensiblement l'affaiblissement
de la voix et d'accroître ainsi la portée des communications
téléphoniques. Mais cette invention, à elle seule,
eût été insuffisante pour assurer une audition
parfaite sur de longs câbles; il fallut recourir à un
autre dispositif, au relais ou
amplificateur téléphonique qui, inventé
peu avant la grande guerre, reçut dès lors de notables
perfectionnements.
Cette dernière invention a contribué encore plus que
la première à améliorer les communications téléphoniques
par câble. Le but du relais amplificateur est de restituer au
courant de conversation affaibli par la distance la quantité
d'énergie perdue. Il permet non seulement d'augmenter la
portée d'audition de la parole, mais encore, et c'est là
un avantage inestimable, de réduire notablement le diamètre
des conducteurs nécessaires et, partant, le coût des
lignes souterraines. Au lieu des conducteurs de cuivre de 3 mm employés
dans la construction des lignes aériennes on peut,
grâce au relais amplificateur, utiliser des conducteurs de 1
mm ou d'un diamètre plus petit encore, suivant les circonstances.
Les relais téléphoniques sont groupés dans des
stations dites amplificatrices où, si besoin est, ils sont
surveillés et réglés. Ces stations sont espacées
les unes des autres de 75 à 150 km suivant la constitution
des câbles. Les conducteurs de 1 mm de diamètre doivent
être amplifiés tous
les 70 à 80 km, ceux de 1,5 mm tous les 150 km en moyenne.
La Suisse possède des stations amplificatrices à Brigue,
Lausanne, Berne, Olten, Zurich, St-Gall, Coire, Altdorf, Faido et
Lugano.
Pour la mise en valeur pratique des deux inventions retentissantes
de Pupin et de de Forest, la direction des télégraphes
suisses élabora tout d'abord
un programme pour un réseau interurbain souterrain devant rester
limité aux besoins du pays. Mais l'idée d'une interpénétration
téléphonique des pays européens cheminait.
Au printemps 1923 les représentants officiels des Etats de
l'Europe occidentale, la Suisse comprise, se réunirent en conférence
à Paris en vue
d'étudier les voies et moyens propres à développer
uniformément et rationnellement le réseau téléphonique
européen. De cette conférence naquit le
« Comité consultatif international des communications
téléphoniques à grande distance» (aujourd'hui
C. C. I. F.). Ce comité arrêta les programmes de construction
et fixa les normes et dispositions devant régler la téléphonie
internationale.
L'exécution du programme suisse dut être activée
en raison de l'électrification générale des grandes
lignes des chemins de fer fédéraux. Conformément
à ce programme une artère principale a été
constituée au travers du territoire national, de Genève
à St-Gall, avec ramifications de Lausanne à Brigue,
de Berne à Neuchâtel, Bienne et La Chaux-de-Fonds d'une
part et de Berne à Interlaken d'autre part, d'Olten à
Bâle, d'Olten et de Zurich au Tessin par Lucerne et le Gothard,
de Zurich à Coire et l'Engadine, de Winterthour à Schaffhouse
et de Frauenfeld à Kreuzlingen. Une dernière ramification,
de Lausanne à Yverdon, va très prochainement réaliser
le parachèvement du programme suisse.
Rappelons à ce sujet que l'établissement du premier
tronçon Genève-Lausanne (60 km) du réseau interurbain
a été établi en 1920, dans le court délai
de 4 mois, pour être inauguré la veille de l'ouverture
de la première assemblée de la Société
des Nations.
(Dans la suite il fallut poser sur tronçon un deuxième,
puis un troisième câble, comme il a fallu le faire, au
reste, entre d'autres centres importants tels que Berne et Zurich,
Zurich et Bâle, par exemple.) Le câble pupinisé,
à 40 X 2 paires, fut fourni et posé par la maison Siemens
et Halske. Nous citons ce fait parce qu'il marque le point de départ
des efforts entrepris par l'administration des télégraphes
auprès des industriels nationaux, afin que la Suisse devienne
de moins en moins tributaire de l'étranger pour la fourniture
de ses câbles interurbains aussi bien qu'urbains. Ces efforts
ont été couronnés de succès. Les câbleries
de Cossonay, de Cortaillod et de Brougg sont maintenant outillées
pour satisfaire aux exigences de la téléphonie moderne.
L'augmentation énorme des conducteurs souterrains près
de 1 100 000 km de longueur de fils est significative de la
popularité toujours plus grande dont jouit l'usage du téléphone
au sein des populations de la Suisse. L'augmentation des conducteurs
aériens 48 613 km est plus modeste. La prépondérance
des lignes souterraines est manifeste, ce qui ne veut point dire que
les lignes de poteaux disparaîtront de nos campagnes.
En 1930 la quasi-totalité des pays européens
étaient reliés à la Suisse et en 1935
lAfrique, lAmérique, lAustralie, lInde
et le Japon.
Un rapport de ITT de 1930
|
En janvier 1930, le dernier bureau central
manuel de Genève est remplacé par un bureau automatique
de type rotatif, plaçant ainsi Genève avec Zurich
sur une base entièrement automatique.
(Voir "Téléphonie automatique dans la
région de Zurich", par E. Wollner, Electrical Communication,
octobre 1929, et "Un système téléphonique
automatique rotatif rural installé à Herrliberg,"
par W. Hatton, Electrical Communication, juillet 1929)
Genève, siège de la Société des
Nations, est désormais desservie par trois centraux automatiques
rotatifs et un satellite, totalisant environ 22 000 lignes ;
et Zurich, le centre commercial de la Suisse, par quatre centraux
rotatifs et cinq satellites, totalisant environ 32 000 lignes
avec quelque 10 000 lignes supplémentaires en cours d'installation.
Basie, la place bancaire de la Suisse, est desservie par un
central automatique rotatif et trois satellites automatiques,
totalisant quelque 6 000 lignes, ainsi que par un central manuel
d'environ 7 000 lignes.
Le tableau I, publié avec la permission du Gouvernement
suisse, donne le résultat des observations de service
faites dans les villes mentionnées pour le premier semestre
de 1930.
Les observations ont été enregistrées par
des opérateurs formés sur des appels réels
et incluent chaque appel interrompu par l'opérateur,
que la numérotation ait suivi ou non le retrait du récepteur
du commutateur.
On notera que le pourcentage d'appels effectifs, c'est-à-dire
d'appels ayant abouti à des conversations réussies,
était bien supérieur à 803, et pour Genève,
même légèrement supérieur à
853.
Le nombre total de pannes d'équipement dans les deux
villes entièrement converties en automatique était
de la moitié d'un pour cent ou moins, ou en d'autres
termes, un appel ou moins sur 200 tentatives n'a pas abouti
à une connexion réussie en raison d'une panne
d'équipement.
À Basie, où la ville n'est que partiellement convertie
en fonctionnement entièrement automatique et où
les observations comprenaient des appels effectués sur
l'équipement indicateur d'appel vers le tableau manuel,
les pannes d'équipement s'élevaient à un
peu plus de sept dixièmes de un pour cent ou environ
sept pannes par 1000 appels.
A Zurich et à Genève qui sont desservies exclusivement
par des équipements automatiques, il est intéressant
de noter que les numéros erronés dus à
des pannes de l'équipement automatique étaient
presque entièrement absents. À Zurich, ces échecs
étaient de sept centièmes de un pour cent et à
Genève de huit centièmes de un pour cent ou moins
d'un numéro erroné sur 1 000 appels émis
par les abonnés. À Basie, ce type d'erreur, bien
qu'encore très faible, moins d'un demi pour cent, était
plus élevé en raison du fait que l'équipement
d'indicateur d'appel entrait dans une grande partie des appels.
L'absence totale de pannes constatées à Zurich
et Genève du fait de la fréquentation de tous
les chemins, ainsi que l'absence pratique de cette panne à
Basie qui, comme indiqué précédemment,
impliquait certains équipements manuels, mérite
une attention particulière. La raison de cet état
de fait très satisfaisant est l'utilisation de la "chasse
continue" avec un registre, combinaison que l'on ne trouve
que dans le système rotatif. Lorsque toutes les lignes
réseau sont occupées lors du premier test, le
commutateur de ce système continue de rechercher et continuera
de rechercher jusqu'à ce qu'une jonction se libère
ou jusqu'à ce que l'abonné raccroche, alors que
dans tous les autres systèmes, l'appel est perdu si,
à l'instant de test, une jonction dans le groupe sous
test n'est pas trouvée libre.
Par hypothèse, un appel sur 100 est généralement
perdu pendant l'heure chargée dans les systèmes
sans chasse puisque les commutateurs sont généralement
calculé sur cette base.
Pour bien comparer les performances du système rotatif
à "chasse continue" et les performances, dans
le cadre d'un système de non-recherche tout aussi bien
entretenu, le pourcentage d'appels perdus en raison de l'occupation
de tous les trajets doit donc être ajouté au total
des pannes d'équipement. Ainsi comparé, l'auteur
doute qu'un système de chasse non continue puisse atteindre
le faible taux de défaillance du système rotatif.
Le tableau II contient les chiffres mensuels d'observation de
service pour les nouveaux bureaux centraux de la tribune de
Genève de 15 000 lignes qui ont été mis
en service le 25 janvier 1930. On notera que les pannes d'équipement
ont diminué régulièrement depuis l'époque
de la coupure. -passant de 1 333 en janvier au chiffre très
remarquable de 0,09 de 1 % courant juin où une panne
due à l'équipement a été enregistrée
sur un total de 1045 appels observés. Le pourcentage
d'appels effectifs a atteint le chiffre élevé
de 88,33, dans ce cas, cependant, aidé par un faible
pourcentage d'appels "occupés" et "sans
réponse".
L'examen des chiffres des tableaux I et II conduit à
la conclusion que dans le système rotatif le pourcentage
d'erreurs machine est négligeable par rapport à
celles commises par l'abonné.
Le haut niveau de service actuellement offert par le gouvernement
suisse à Zurich, Basie et Genève n'est pas obtenu
en raison de coûts d'entretien excessifs; au contraire,
les chiffres des coûts qui ont été obtenus
par le gouvernement suisse sont très faibles, comme le
montre dans le tableau III.
Dans ce tableau, l'effectif du personnel d'entretien des grands
bureaux est indiqué, ainsi que la valeur équivalente
exprimée en heures de travail par ligne et par an. On
notera que le chiffre de l'effectif total, hors chef de ligne
et gros uvre, varie de 2,8 à 2,5 heures homme par
ligne et par an à la seule exception du bureau du Mont
Blanc à Genève. Le personnel de ce bureau a été
temporairement porté à 3 . 1 heure homme par ligne
et par an afin de faire face aux travaux de maintenance supplémentaires
nécessaires dans le cadre des modifications et des travaux
d'extension en cours. A l'issue de ces travaux, l'Administration
Suisse prévoit de réduire le personnel à
environ 7 hommes, ce qui entraînera une réduction
correspondante des heures de travail par ligne et par an à
un chiffre de 2. 7. On notera également dans ce tableau
que le chiffre d'entretien global, y compris le chef de fil
et le travail de l'ossature principale, est très faible,
allant d'un chiffre de 3 . 0 à 3,9 heures homme par ligne
et par an pour le groupe de bureaux .
Le tableau IV donne l'effectif total d'entretien par mois pour
l'année entière 1929 pour le bureau rotatif entièrement
automatique du Mont Blanc, de Genève, y compris l'équipement
automatique du péage genevois situé dans le même
bâtiment. Le temps total moyen passé par ligne
de travail par
mois d'entretien de l'équipement du bureau central, y
compris la centrale, a été de 13 minutes 41 secondes.
Le satellite Châtelaine qui a desservi durant l'année
1929 une moyenne de 287 abonnés n'est pas fréquenté
en permanence. Il est visité à intervalles réguliers
pour des tests, pour l'inspection de la centrale, qui est partiellement
automatique, et pour le raccordement et le débranchement
des abonnés.
Le temps total consacré à ce travail
par mois pour l'année 1 929 est indiqué au tableau
V.
Le temps moyen par ligne de travail et par mois était
de 3 minutes 54 secondes, y compris le déplacement.
Les résultats très satisfaisants du gouvernement
suisse avec les équipements rotatifs sont dus principalement
à deux facteurs, d'une part, la grande efficacité
du personnel de maintenance suisse et, d'autre part, la robustesse
des équipements rotatifs associée aux installations
permettant leur contrôle. Pour entretenir le système
rotatif en Suisse comme ailleurs, le travail de nuit n'est pas
nécessaire. Tous les tests, réparations et nettoyages
essentiels sont effectués entre 8h00 et 18h00. et 12h00,
et 14h00. et 18h00, ou entre 13h00 et 18h00. et 17h00. au cas
où une heure au lieu de deux serait prise pour le déjeuner.
Dans les grands bureaux, un homme est généralement
présent à partir de 18h00. à 10h00 dans
le cadre de l'exploitation de la centrale mais entre les heures
de 10h00 et 7h00 les bureaux sont laissés sans surveillance
à l'exception des services d'un gardien. Pour rendre
possible les tests pendant les heures de travail, des circuits
de test de routine automatiques ont été développés
avec un haut degré d'efficacité. Ces circuits
de test captent les circuits de commutation dans l'ordre et
les testent pour toutes les pannes possibles.
La présence d'un aiguilleur autre que pour démarrer
les essais n'est pas requise. Lorsqu'une panne est constatée,
le circuit de test automatique s'arrête et signale le
défaut à l'opératrice. De cette manière,
le préposé peut consacrer tout son temps à
la correction des pannes, au nettoyage et à la surveillance
générale. De plus, les circuits de test de routine
sont conçus pour tester les circuits de commutation dans
des conditions plus sévères que celles rencontrées
dans la pratique réelle afin qu'un circuit naissant défectueux
soit détecté avant qu'il ne tombe réellement
en panne sur une tentative de connexion par un abonné.
|
La première liaison téléphonique
entièrement automatique avec indicatif de ville a
été établie le 29 mars 1930 entre les
réseaux locaux de Berne et de Bienne. La même année,
les abonnés purent également passer eux-mêmes
des appels téléphoniques entre Bâle et Zurich.
Dans la mesure où les liaisons par le biais d«indicatifs
de ville» fonctionnèrent demblée parfaitement,
il fallait sattendre à ce que le transfert dappels
automatique soit mis en place aussi tôt ou tard pour des communications
entre des réseaux locaux des zones rurales.
Ce fut effectivement assez vite le cas: au cours
des deux décennies suivantes, lautomatisation croissante
des centraux téléphoniques modifia profondément
la structure du réseau téléphonique suisse.
Disons pour simplifier que les PTT souhaitaient quautant dappels
que possible puissent être passés par un minimum de
lignes téléphoniques.
Lautomatisation rapide des centraux téléphoniques
a considérablement facilité la réalisation
de cet objectif.
En effet, alors quen mode manuel, chaque central téléphonique
dun «réseau maillé» devait être
connecté directement à de nombreux autres centraux,
les appels transférés automatiquement pouvaient être
regroupés sur des nuds avant dêtre transmis
à leurs destinataires.
Une fois automatisé, un tel transfert dappels centralisé
fonctionnait 24 heures sur 24 et moyennant des coûts dexploitation
considérablement réduits.
1931 Hasler
remporte la course contre la montre et livre son système
HS31, son propre développement, aux PTT de Hasle-Rüegsau
en 1931.
Le central peut effectuer des recherches de manière entièrement
automatique, mais ne peut encore compter les appels.
Le viseur rotatif a 10 positions dans un plan, 10 radiales et 10 polaires.
Une fois l'appel terminé, le système revient à
zéro et la connexion est complètement rétablie
à chaque appel. Le HS31 constitue la base de l'automatisation
du réseau téléphonique suisse.
Le dernier nouveau système est entré en service en 1959.
Le système existant a bien fonctionné en Engadine jusqu'en
1991 et était pleinement fonctionnel.
Le nouveau système HS 31 de téléphone automatique
créé par la maison Hasler S. A. à Berne, est
basé sur un principe qui diffère très peu de
celui sur lequel reposent les installations qu'elle a établies
jusqu'à ce jour et pour lesquelles elle avait employé
des chercheurs à 25 contacts.
Par contre, l'ensemble des connexions et surtout la construction sont
entièrement nouveaux.
Il a été conçu comme système à
enregistreurs et doit aussi être désigné
comme tel. L'emploi de chercheurs à 25 contacts limite les
possibilités de raccordement de l'installation; il ne pouvait
donc pas être question de le généraliser pour
les centraux de 400 à 1000 abonnés ou davantage, pas
plus que pour les grands centraux et les groupes de réseaux
comptant plusieurs milliers de raccordements. Le nouveau système
employant des chercheurs à 100 contacts, rien ne s'oppose à
ce qu'on y ait recours pour l'installation de centraux importants
comptant 1000 raccordements ou plus. L'intercalation de groupes de
sélecteurs permet de l'étendre à volonté.
Le central HS 31 de Porrentruy
Hasler, lancien pionnier du télégraphe,
na pas fait la transition vers lère du téléphone
avec fanfare. Ce n'est que par le catalogue de l'entreprise que nous
apprenons discrètement qu'entre 1880 et 1890, l'entreprise
fabriquait des appareils et des centraux téléphoniques
ainsi que des dispositifs de protection contre la foudre et la haute
tension. À la mort de Gustav Adolf Hasler en 1900, son fils
Gustav, âgé de seulement 22 ans, lui succède et,
neuf ans plus tard, transforme l'atelier télégraphique
en Hasler AG.
En 1924, l« âge dor » des centraux téléphoniques
publics débute avec lacquisition dune licence dEricsson
pour les systèmes téléphoniques automatiques
domestiques, suivie en 1925 par une licence pour les petits systèmes
automatisés dans les zones rurales. La première installation
d'un système de contrôle domestique Hasler HS25 apporte
une douche froide aux installateurs. Le responsable des PTT indique
qu'ils devraient placer le système près de la porte
afin de pouvoir le retirer rapidement en cas de dysfonctionnement.
Mais le HS25 tient ses promesses et génère davantage
de commandes, c'est pourquoi Hasler se tourne vers la construction
de relais et de chercheurs.
Hasler remporte la course contre la montre et livre en 1931 le HS31
développé en interne au PTT de Hasle-Rüegsau.
Le standard peut déjà effectuer une recherche entièrement
automatique, mais ne peut pas encore compter les appels. Le viseur
rotatif possède 10 positions dans chaque plan, 10 radiales
et 10 polaires. Une fois l'appel terminé, le standard revient
à la position zéro et la connexion est complètement
rétablie pour chaque appel. Le HS31 constitue la base de l'automatisation
du réseau téléphonique suisse. Une dernière
nouvelle installation fut mise en service en 1959. Le système
existant a bien desservi l'Engadine jusqu'en 1991 et était
pleinement fonctionnel.

Le chercheur (sélécteur) HS31
Le système existant remonte à ces débuts,
a été installé sur le Rigi Kaltbad en 1925 et
déplacé dans le garage d'une entreprise d'installation
électrique de Lucerne en 1936. En 1998, un employé de
Hasler a appris l'existence de la chose rouillée, l'a achetée
pour 600 francs et l'a remise en marche.
Le central HS 31 de Versam
Le central téléphonique Versam est un témoin
historique technique important de l'histoire des télécommunications
de la Suisse.
Cest la preuve dun changement technologique dans une région
encore structurellement faible. Contrairement aux centraux téléphoniques
plus récents, il ne s'agit pas d'un bâtiment fonctionnel
standardisé, mais plutôt d'un bien aménagé
et adapté aux besoins.
Le bâtiment, qui servait à l'origine d'atelier de forgeron,
a été transformé en central téléphonique
et une partie du bâtiment a été agrandie pendant
l'exploitation afin de pouvoir répondre aux besoins croissants
en matière de capacité.
Les chercheurs
au siège de Versam.
Alors que les autres fabricants parlent de « sélecteurs
», Hasler AG fait référence à leur assemblage
sous le nom de viseur.
Le système électromécaniques fourni par Hasler
AG Bern représente un système important et répandu
pour la technologie des télécommunications suisse, développé
et fabriqué en Suisse.
L'équipement technique avec le système de machines électromécaniques,
entièrement présent à l'exception des batteries
d'origine, est, avec les trois autres centraux téléphoniques
historiques, l'un des derniers de ce type en Suisse.
1932 Le nouveau central téléphonique
de Locle
La ville du Locle possède depuis le 10 décembre 1932
un service téléphonique automatique qui est venu remplacer
le service manuel à batterie locale dont l'installation, de
capacité insuffisante, ne répondait plus aux exigences
qu'impose l'écoulement irréprochable du trafic téléphonique.
L'installation mise en service est la deuxième installation
de ce type et de cette capacité établie en Suisse, la
première en Suisse romande, par les soins de la maison
Hasler S.A. à Berne.
D'une capacité de 1000 raccordements,
avec extension possible à 2000, elle est installée
au premier étage du nouveau bâtiment communal.
Sans entrer dans le détail des circuits de la nouvelle
installation automatique, nous relèverons toutefois les
quelques innovations qu'elle présente par rapport aux installations
existantes, innovations qui ont été introduites
aussi bien dans le central automatique même que dans le
central de raccordement de La Chaux-de-Fonds.
Considérant que le trafic du Locle avec La Chaux-de-Fonds
représente environ 67% du trafic interurbain total, il
a été prévu à quelques places de travail
interurbaines un équipement supplémentaire pour
le service rapide. Ces places sont munies chacune d'un indicateur
optique d'appel ainsi que d'un certain nombre de cordons monocordes.
Elles sont en somme des places pour travail combiné, car
le trafic total, même pendant l'heure la plus chargée,
n'est pas assez intense pour justifier une ou plusieurs places
spéciales. Ces places sont au nombre de 3 et comptent ensemble
36 cordons et 3 enregistreurs. Les installations du Locle constituent
un central nodal, auquel sont raccordés les centraux des
Brenets, du Cerneux-Péquignot et de la Chaux-du-Milieu,
tous équipés avec des installations à bâtis
de 50 raccordements, connues dans notre administration.
Le jour de la mise en service, 700 abonnés étaient
raccordés au central. Malheureusement, la crise aiguë,
qui règne dans l'industrie horlogère en particulier,
n'est pas favorable à une augmentation prochaine du nombre
des abonnés.
L'installation comprend : 1000 raccordements d'abonnés,
représentant 10 baies de 100 abonnés chacune.
Fig. 2. Enregistreurs
Une table de mesure et d'observation permet, d'une part, d'effectuer
toutes les mesures d'isolement, de capacité et de résistance
et, d'autre part, d'observer l'occupation des divers circuits
au moyen d'un ampèremètre- enregistreur. L'installation
d'énergie comprend: Deux batteries d'accumulateurs de 760
Ampère- heures chacune, qui se chargent en alternative
par une dynamo. Le tableau de commande comprend un panneau pour
le courant faible et un pour le courant fort; il a été
livré et installé par la maison Gardy S. A. à
Genève. Un dispositif de charge permet le déclenchement
automatique après un laps de temps variable, opération
qui est nécessaire lorsque apparaît un défaut
imprévu et lorsque le monteur s'occupe du service d'entretien
des centraux du groupe nodal. L'écoulement des conversations
entre ces 4 centraux se fait normalement, c'est-à-dire
par la voie automatique; les communications interurbaines, appels
n° 14, sont établies par le central de raccordement
de La Chaux-de-Fonds où arrivent d'ailleurs tous les appels
1019.
Un appel provenant d'un central du groupe du Locle pour une communication
avec La Chaux-de- Fonds occupe d'emblée un cordon d'une
des positions de travail spéciales indiquées ci-dessus,
sur lequel s'intercale, par un chercheur, l'enregistreur de place
pour recevoir la série de chiffres émise par l'appelant.
La numérotation des abonnés de La Chaux-de-Fonds
s'étend de 21.000 à 29.999. Tout appel est signalé
par la mise en circuit d'une lampe d'appel correspondant au monocorde
occupé. Au moment où l'enregistreur du central nodal
enregistre et retransmet à l'enregistreur d'un des indicateurs
automatiques d'appel les 5 chiffres composés par l'abonné
appelant, ces chiffres apparaissent sur l'un de ces indicateurs
et le vacillement de la lampe d'appel signifie que l'appel est
terminé. La téléphoniste n'a plus qu'à
planter, dans le numéro demandé du multiple local,
la fiche du monocorde sur lequel se trouve l'abonné appelant.
Immédiatement, un premier appel suivi de l'appel automatique
est mis en action et ce dernier répété jusqu'au
moment où l'abonné appelé répond.
La réponse de l'abonné est signalée au moyen
d'une lampe de supervision, tandis que la lampe d'appel devient,
une fois la communication établie, l'organe de supervision
pour l'appelant. Cette double surveillance ne diffère pas
de celle qui s'effectue dans le service local ou interurbain et
n'occasionne, dans le service de commutation, aucune manipulation
spéciale.
La fin de la communication est signalée par la mise en
circuit des deux lampes, et la fiche du monocorde retirée
devient libre pour un appel ultérieur. L'occupation de
l'abonné demandé est signalée à l'opératrice
de La Chaux-de-Fonds de la même façon qu'une fin
de communication, soit par la mise en circuit des deux lampes
de supervision à l'instant même où la fiche
du cordon est plantée dans le numéro appelé.
L'appelant reçoit à ce moment du central nodal le
signal d'occupation, pendant que la ligne de sortie utilisée
devient libre. Une occupation des lignes de raccordement par l'écoute
prolongée d'un signal d'occupation devient de cette manière
impossible, avantage du nouveau système automatique qu'on
ne peut assez apprécier.
Comptage des communications.
La taxation des communications dans le groupe de réseaux
nodal du Locle est automatique et dirigée par les compteurs
de zone des lignes de sortie sur les compteurs d'abonnés.
Pour une conversation échangée entre un central
du groupe nodal et La Chaux-de-Ponds, par exemple entre les Brenets
et La Chaux-de-Fonds, la communication est enregistrée
et taxée par le compteur de zone de la ligne Le Locle -
La Chaux-de-Fonds et les impulsions d'unité sont dirigées
du central nodal sur le compteur de l'abonné empruntant
la ligne de raccordement occupée. Par suite de la sélection,
dans les centraux raccordés au central nodal, des numéros
attribués à La Chaux-de-Fonds et des chiffres 1019,
les compteurs de zone des jonctions de sortie sont mis hors circuit.
Le compteur de zone reste en circuit à l'appel d'un numéro
du groupe même et dirige la O Ejp taxation dans notre
exemple la taxe est de 20 et. par unité de communication
de 3 minutes.
Les impulsions de taxe sont donc envoyées au début
de chaque unité de conversation sur le compteur de l'abonné
appelant.
L'introduction du service automatique Le Locle - La Chaux-de-Fonds
constitue le premier pas dans la voie de l'automatisation intégrale
des groupes de réseaux de Neuchâtel et de La Chaux-de-Fonds.
L'équipement de l'installation du Locle, c'est- à-dire
le nouveau système automatique en général,
est conçu de manière à permettre son raccordement
avec les centraux et réseaux automatisés comportant
une installation pas à pas ou à enregistreurs fournie
par les deux firmes étrangères bien connues.
Le nouveau système de la Hasler S. A. mod. 31
offre, d'une part, les avantages de la sélection claire
et dirigée en avant qui caractérise le système
Strowger et, d'autre part, ceux du système connu à
enregistreurs de la Bell Telephone Mfg. Co., permettant une sélection
soustraite aux perturbations possibles des lignes de raccordement,
l'enregistreur retransmettant toujours une série de numéros
sans défauts et excluant toute irrégularité.
Des connexions entre le nouveau modèle Hasler et les deux
systèmes automatiques étrangers rappelés
ci-dessus seront entreprises pour la première fois dans
le courant du printemps prochain à l'occasion de l'introduction
du service interrégional Berne groupe de Thoune,
ainsi que, plus tard, entre le réseau de Genève,
qui comporte des équipements-enregistreurs de la Bell Telephone
Mfg. Co., et celui de Nyon où une installation automatique
mod. Hasler 1931 sera probablement établie.
Ces deux exemples prouveront l'harmonie régnant dans la
technique des trois services automatiques introduits en Suisse,
laquelle a été réalisée grâce
aux efforts d'une maison suisse qui a su adapter le nouveau système
automatique aux installations existantes. |
La tendance est de plus en plus à la simplification
et à la rationalisation.
En 1936, L'importance croissante de la téléphonie
s'est traduite par de nouvelles structures administratives : , l
« Administration suisse des postes, du téléphone
et du télégraphe » a été créée
.
En 1939, plus de 80% des abonnés Suisse étaient
connectés à des centres téléphonique automatique.
1939 Début de la téléphonie
sans fil en refuge alpin :
Essais préliminaires en 1930 :
Article de presse du 18 octobre 1930 [e-newspaperarchives.ch]
À partir de 1939, la téléphonie
sans fil est utilisée dans un premier temps pour permettre
les connexions téléphoniques en haute montagne. Il sagissait
dappareils de première génération. La première
liaison du Club Alpin Suisse (CAS) était celle entre la cabane
Konkordia et le Jungfraujoch. Ces stations de cabane étaient
constituées d'un émetteur VHF de 0,3 watt et d'un récepteur
correspondant. Seuls deux types de tubes ont été utilisés.
La transmission a eu lieu dans la gamme d'ondes d'environ 7 à
4 mètres (environ 40...70 MHz). Les stations officielles fonctionnaient
avec un émetteur FM de 10 watts. De tels radiotéléphones
étaient utilisés entre autres aux endroits suivants
: Grindelwald-Glecksteinhütte, Gornergrat-Monte Rosa-Hütte,
Gornergrat-Zollhaus Testa Grigia, Grindelwald-Bäregghätte,
Urnäsch-Säntis (chemin de fer à siège), Gonten-Säntis
(station météorologique), Schwende-Rotsteinpass.
Téléphones sans fil de première génération
1939 Fabricant : Hasler AG, Berne. Une antenne délicate de
la première génération .
Géographie du téléphone de cabane
et de l'antenne de la cabane de Konkordia vers 1940 :

Géographie de la Cabane du Mont Rose Téléphone:
La cabane du Mont Rose (cabane Bétemps) sur le Gornergrat a
été décrite de manière conviviale pour
les étudiants par Walter Angst dans la brochure SJW "Mademoiselle,
s'il vous plaît San Francisco ..." en 1949, sur la base
d'une conversation téléphonique de la cabane Bétemps/Mont
Rose à San Francisco. Les trois images précédentes
sont tirées du livret SJW n° 352 de Walter Angst "Miss,
please San Francisco..." [publié en 1949].

Dans la cabane du Mont Rose et dans d'autres endroits, des téléphones
ordinaires étaient/sont installés (dans la première
génération avec une apparence visuelle légèrement
différente, mais à l'intérieur il y avait essentiellement
un téléphone ordinaire installé, à côté
de l'équipement d'émission/réception). Il est
toutefois possible (!) que dans les stations d'abonnés de la
première génération, les signaux de parole et
d'écoute n'étaient pas encore combinés (pour
être immédiatement séparés), mais étaient
connectés séparément à des émetteurs
et à des récepteurs (qui étaient également
chacun connectés à leur propre antenne). Cependant,
à partir de la 2e génération, les équipements
d'émission/réception ont toujours simulé une
connexion normale à deux fils côté téléphone,
de sorte que des téléphones normaux pouvaient être
connectés (voir connexion hybride ci-dessous).
À partir des années 1950, les radiotéléphones
fonctionnaient dans la bande des 2 mètres (environ 160 MHz).
Après des tests réussis dans les années 1980
dans la gamme des GHz (1,5 GHz) entre l'Etzlihütte et Seelisberg,
cette bande a été préférée pour
l'utilisation (raisonnement et exemples ci-dessous) là où
la topographie le permet, on travaille désormais sur le réseau
Natel, mais aussi avec des « convertisseurs » pour téléphones
« normaux ».
Le téléphone de cabane sans fil dans
la pratique :
Bien entendu, l'utilisateur d'un téléphone de cabane
sans fil dans une cabane SAC ne « remarque » plus s'il
passe un appel via une ligne fixe ou sans fil. Cela na pas toujours
été le cas. Au tout début - dans les cas où
le radiotéléphone devait être alimenté
par des piles sèches - cela ressemblait à ceci :
on pouvait téléphoner de la cabane vers la vallée
à tout moment, car l'émetteur et le récepteur
pouvaient être allumés au préalable, dans le sens
inverse, de la vallée vers la cabane (bien que cela soit moins
important), c'était plus compliqué : un minuteur de
précision avec une durée de fonctionnement de 40 jours
commutait le récepteur de la cabane en réception pendant
quelques secondes toutes les demi-heures. Cela signifiait que la cabane
pouvait être signalée qu'un appel venant de la vallée
était « en attente ».
Si l'électricité était disponible à la
cabane (par exemple une éolienne ou un générateur
pour charger des accumulateurs), le récepteur pouvait bien
sûr fonctionner en continu (c'était la norme à
partir de 1950 environ). Mais : avec les systèmes à
tubes, il fallait tenir compte d'un temps de préchauffage d'au
moins 30 secondes pour les tubes émetteurs pour les appels
entrants et sortants (appel de la vallée vers la cabane : «
Veuillez rester en ligne, la connexion est en cours d'établissement
»). Au fil du temps, lélectricité était
souvent fournie par des éoliennes utilisant des batteries de
voiture. Pour garantir qu'il y ait toujours suffisamment d'énergie
électrique disponible pour le téléphone, l'éclairage
électrique des cabanes devait être utilisé avec
parcimonie. Aujourdhui, on utilise généralement
des systèmes solaires.
Au début de « l'ère sans fil » des téléphones
de cabane, la transmission et la réception s'effectuaient -
comme déjà mentionné - via une antenne séparée
et, bien sûr, sur des fréquences décalées.
Pour un meilleur découplage, une polarisation horizontale et
verticale a également été utilisée.

La cabane Glecksteinhütte déjà mentionnée
avec deux antennes (émission/réception) en direction
de Grindelwald.
En 1940, la Suisse se dota, pour le trafic international,
de ses propres installations sans fil, se rendant ainsi indépendante
des Etats voisins durant la guerre. Les liaisons téléphoniques
par satellite (inaugurées en 1965) furent relayées en
Suisse dès 1974 par la station terrestre de Loèche.
1941 Les Relais téléphoniques.
L'élément que l'on rencontre le plus fréquemment
dans un central téléphonique automatique est sans contredit
le relais, ce qui ressort clairement des chiffres mentionnés
ci-après. Le central automatique de St-Gall, équipé
pour 8000 abonnés, comprenait lors de sa mise en service 2900
chercheurs à 100 positions, 426 chercheurs à 50 positions,
280 chercheurs à 10 positions, 50 200 relais neutres, 247 relais
à courant alternatif, 173 relais à temps, 251 commutateurs
horaires et 1484 chercheurs d'enregistreurs. Les 50 200 relais neutres
ont à eux seuls 270 000 contacts et sont composés d'environ
7 777 000 parties. Etant donnée la grande variété
d'emploi des relais, il apparaît utile de fournir quelques explications
générales sur les différents types utilisés.
Jusqu'à ce qu'on soit arrivé à créer les
types actuels de relais fabriqués en grandes séries,
on construisit des relais de toutes les formes imaginables. Dans son
état primitif, qui date de plus de 100 ans, le relais fut utilisé
en télégraphie dans la vraie signification de son nom.
A cette époque, le relais était une merveille de précision
de la petite mécanique. Le faible courant des signaux arrivant
d'une section de ligne était conduit à travers les enroulements
du relais. Ce dernier, en attirant son armature, envoyait à
l'aide d'un contact un nouveau courant de plus forte intensité
sur l'autre section de ligne, et ce courant actionnait l'appareil
récepteur à l'extrémité de la ligne en
cause. De nos jours, ce principe est encore appliqué sous le
nom de translation". Il a fallu le développement
des centraux téléphoniques, notamment celui des installations
à batterie centrale, pour généraliser l'emploi
de cet élément de commutation, qui a conservé
le nom de relais. Mais, avec le temps, la plupart des formes primitives
furent abandonnées, et seuls quelques types continuèrent
à s'affirmer jusqu'à nos jours...


1952 Le système Hasler HS 52
Altdorf est classé comme bureau longue distance avec l'indicatif
longue distance dans le réseau téléphonique suisse
actuel. Tous les offices centraux du canton sont directement reliés
à Altdorf. De là, les deux principales directions de
circulation, Lucerne et Zurich, sont desservies pour les liaisons
longue distance. Des connexions croisées sont en service pour
le trafic avec le groupe de réseau schwytzois (043). Afin de
simplifier le traitement du trafic avec le groupe de réseau
Faido, le siège de Wassen dispose également de connexions
croisées avec Faido, par lesquelles le trafic du bureau final
d'Andermatt circule également vers le groupe 094, c'est-à-dire
Faido.
Le nouveau bâtiment de Altdorf a été construit
en 1951 et 1952. Les différentes installations sont logées
de manière claire. Il y a suffisamment despace pour de
futures extensions afin daccueillir facilement léquipement
nécessaire.
Avec la mise en service des nouvelles installations à Altdorf
- le 14 juin 1954 - et l'ouverture simultanée de l'exploitation
automatique à Andermatt, tous les bureaux terminaux de ce groupe
de réseau font partie d'un fonctionnement entièrement
automatique. 98% des abonnés téléphoniques suisses
sont joignables directement et sans l'aide de tiers à toute
heure du jour et de la nuit en composant l'indicatif à distance
et le numéro de téléphone souhaités. Semblable
au premier siège universel en Suisse en 1922 par la société
Hasler AG. a été installée à Altdorf,
le système le plus récent est l'un des premiers du système
HS 52 de la même entreprise.
L'ouverture de l'exploitation téléphonique automatique
d'Altdorf (14 juin 1954) peut être considérée
comme un événement particulier car elle représente,
dans une certaine mesure, la clé de voûte de l'automatisation
complète prévue du réseau téléphonique
suisse.
Sur un total de 54 groupes de réseau, Altdorf était
jusqu'à présent le seul qui devait encore se classer
au-dessus du 13e ou du 14e rang en termes de groupes de réseau
automatisés. Depuis les abonnés de Genève, Bâle,
Saint-Gall ou Lugano peuvent se connecter automatiquement avec les
abonnés Uri en composant directement l'indicatif interurbain
044 et le numéro d'abonné.

1954 Central téléphonique Hasler System HS 52, à
Altdorf
Le HS52 sera une totale réussite ; Pendant
des années, environ 300 cadres quittent la production chaque
mois.
L'automatisation complète du trafic local a
été achevée en 1959 avec la transformation du
siège social de Schuls.
Le 3 décembre 1959 à Schuls, les PTT remplaçaient
le dernier central manuel de Suisse par un central entièrement
automatique et il y a 1 000 000 d'abonnés au téléphone.
Le réseau téléphonique suisse devient le premier
réseau totalement automatisé du monde.
Schuls était déjà connecté
au réseau télégraphique en 1860 et dès
1894, 17 abonnés pouvaient utiliser le téléphone
via un opérateur manuel.
En 1911, la première conversion du bureau de poste et une
extension ont eu lieu.
En 1920, le personnel postal s'occupait des deux branches de service.
En 1921, son propre bureau télégraphique et téléphonique
a été ouvert. L'ancien siège social de LB
a été remplacé en 1935 par un siège
social de ZB avec cinq emplois et agrandi deux fois plus tard.
Le réseau Scuol avant le passage en fonctionnement automatique
Le groupe de réseau Schuls (084) avec ses 608 raccordements
principaux et 1178 stations téléphoniques était
à l'époque le plus petit des 51 groupes de réseau
en Suisse. Cependant, il couvrait une zone plus large que d'autres.
Le groupe de réseau desservait la Basse-Engadine de Guarda
à toutes les vallées latérales de l'Inn jusqu'aux
frontières nationales avec l'Autriche (Tyrol) et l'Italie
(Etschtal). L'administration téléphonique du district
de Coire était responsable de la construction et de l'exploitation
du groupe de réseau. Les grandes distances et les conditions
topographiques ont rendu la mise en réseau difficile. La
distance jusqu'à Coire était considérable,
à 80 kilomètres par câble ou 140 kilomètres
par route.
Dès 1934, un câble longue distance fut posé
entre St. Moriz et Schuls et un câble régional entre
Schuls et Ramosch. Même alors, Ardez et Ramosch recevaient
des échanges automatiques, mais uniquement pour le trafic
local. Un centre de contrôle automatique aurait également
pu être installé à Schuls, mais plusieurs
raisons ont conduit à la décision de ne pas le faire.
On pensait que la ligne de câble pourrait bientôt
être poursuivie dans la vallée jusqu'à la
frontière nationale. Cependant, la Seconde Guerre mondiale
et des transferts stratégiquement plus importants ont retardé
cela. A cela s'ajoute le manque de plomb et de cuivre pour la
production de câbles. En conséquence, les câbles
étaient rares et leur utilisation devait être priorisée.
La peur que les téléphonistes perdent leur emploi
a également joué un rôle. Après la
guerre, l'infrastructure de la Haute-Engadine a nécessité
beaucoup d'efforts pour les Jeux olympiques d'hiver de Saint-Moritz
de 1948. En conséquence, la Basse-Engadine était
à la traîne en matière d'investissements.
Trois bureaux finaux étaient reliés au bureau longue
distance de Schul.
L'un desservait les deux villages à l'ouest de Schuls avec
son siège à Ardez.
Le deuxième bureau de fin à Ramosch les villages
de l'Est.
Le troisième réseau local connecté comprenait
la commune de Samnaun avec ses cinq hameaux.
Samnaun n'a eu le téléphone qu'en 1919, 25 ans plus
tard que Schuls.
Les conditions topographiques difficiles avec des gorges et des
avalanches ont rendu la construction de la ligne vers Samnaun
extrêmement difficile.
Telefonzentrale Samnaun
1959.
Le maître de poste de Compatsch et sa famille ont dirigé
le centre de Samnaun pendant 40 ans. Bien que l'effort pour seulement
36 lignes domestiques ait été disproportionné,
le réseau à Samnaun a été automatisé
le 24 juin 1959 en tant qu'avant-dernier réseau.
Une centrale automatique Hasler HS31
a pris en charge le relais.
Le trafic automatique des groupes de réseaux automatiques
vers Scuol était rendu possible en 1945.
Le trafic dans le groupe de réseaux Schuls/Scuol avait
plus que triplé depuis les années 1930.
Avec la construction prévue d'un central sur l'Inn, une
nouvelle augmentation massive du trafic était attendue.
Le tourisme exigeait également plus de confort et une disponibilité
opérationnelle permanente de l'agence.
Cependant, il devient de plus en plus difficile de recruter le
personnel nécessaire.
Après 16 ans de planification pour un nouveau bâtiment,
qui ne fût pas possible un équipement automatisé
HS31 d'occasion a été installé
dans le bâtiment existant.
La numérotation automatique est désormais
possible à partir du 3 décembre 1959 et toute la
Suisse est automatiquement mise en réseau.
L'événement a été célébré
la veille à Berne. La Direction générale
des PTT a invité les pionniers du téléphone,
les représentants de la science et de l'industrie des télécommunications,
la presse, les organisations internationales et les pays voisins,
ainsi que le conseiller fédéral Dr. FT élections.
L'achèvement réussi de l'automatisation et le millionième
abonné au téléphone ont été
dûment reconnus et décrits comme une réalisation
pionnière internationale.
Après la construction du nouveau bâtiment de la société
PTT à Scuol au début des années 1960, un
nouvel équipement de centre de contrôle HS52
a été installé. L'équipement a ensuite
été converti à la nouvelle technologie numérique. |

|
La caractéristique essentielle du
réseau téléphonique Suisse réside
dans son automatisation intégrale.
C'est, par la densité téléphonique, le
deuxième pays européen, après la Suède,
et le cinquième au monde ( la France occupant le seizième
rang).
Les villes européennes où l'on observe le plus
fort pourcentage de postes téléphoniques sont,
après Stockholm, les Villes suisses de Zurich et Genève,
et immédiatement après Göteberg en Suède,
Bâle et Berne en Suisse.
Seules, les communications internationales sont, pour la plupart,
établies en service semi-automatique par des centraux
manuels interurbains. L'exploitation semi-automatique généralisée
en France sous le nom d'automatique rural n'existe donc pas
en Suisse ; les autocommutateurs installés
dans les campagnes suisses sont des autocommutateurs complets,
assurant directement l'établissement des communications
à la commande du cadran d'appel équipant les postes
d'abonnés.
Les systèmes de téléphonie automatique
utilisés en Suisse sont de trois sortes : deux d'entre
eux sont d'origine étrangère, les systèmes
Rotary et Siemens, et un système est d'origine suisse,
le système Hasler :
Le système Rotary
équipe les centraux des groupes de réseaux
de Genève, Bâle et Zurich.
Le système Siemens
équipe les centraux des groupes de réseaux de
Berne, Lausanne, Langnau et Bienne.
Les centraux des autres groupes de réseaux sont équipés
avec le système Hasler.
Il y a lieu de noter que les trois systèmes de base,
Rotary, Siemens et Hasler, ayant chacun donné lieu à
plusieurs variantes, ce sont en réalité une douzaine
de systèmes différents qui interconnectent en
Suisse pour une exploitation intégralement automatique.
L'administration suisse, qui a dû, à l'origine,
faire appel pour la construction de ses centraux téléphoniques
à des sociétés étrangères,
a, par la suite, cherché à s'affranchir de leur
tutelle, en raison notamment des conséquences qui pourraient
résulter de tensions internationales.
Elle a entrepris, en collaboration avec la société
suisse Hasler, la mise au point d'un système national
qui a équipé initialement des centraux ruraux
et ensuite des centraux urbains et interurbains.
Cette pluralité de systèmes pose à l'administration
des problèmes délicats d'interconnexion de réseaux
mais elle offre l'avantage de permettre la comparaison des offres
des constructeurs.
Le prix n'est d'ailleurs pas le seul facteur déterminant
de l'attribution des marchés . Interviennent également
des considérations économiques et politiques.
|
Déjà en 1924 et 25 Crossbar
Gfeller invente un commutateur à barres
croisées différent du Crossbar
américain, il est caractérisé par l'enclenchement
d'une barre verticale qui bloque l'ensemble de la commutation. Le
système est mis tête en bas : en coupant le contact,
on étalit la liaison.
En 1958 Télic achète
une licence pour l'adaptation du commutateur Crossbar
Gfeller Suisse, selon les contraintes et des normes
françaises de téléphonie privée : c'est
le Crossbar Télic. Il est mis au point après
4 années d'études. Il est innovant.
(A cet égard, il est fait référence à
l'article "Le
nouveau système téléphonique Trachsel-Gfeller
à réflecteurs crossbars" dans la publication
suisse TECHNIQUE PTT, 1955 ainsi que dans le brevet US 5.111.111.
N° 2 955 165).
Voici les conditions d'abonnement pour central automatique Hasler
à sélecteurs Crossbar, équipé pour 25
lignes réseau, 120 raccordements internes et 2 pupitres
de commutation.
PRIX de revient. 120 FS
TAXE mensuelle pleine. 1640 FS
80 % versement unique. 105 FS
TAXE mensuelle réduite. 550 FS
TAXE mensuelle d'entretien après 10 ans. 270 FS
La taxe de communication locale, dont la durée est illimitée,
est de 0,10 F. S
En suisse je n'ai pas trouvé de villes et dates
ou ce système a été utilisé.
1937
Après le succès des premiers «indicatifs de ville»,
les efforts des PTT, dans le domaine de lautomatisation, visèrent
donc à réduire le nombre de lignes, à regrouper
les transferts dappels sur des nuds de plus en plus gros
et à faire des économies de personnel dans les centraux.
Cest ainsi quun réseau
automatisé en étoile vit le jour qui, lorsque
son automatisation fut achevée, le 3 décembre
1959, comptait environ un million de raccordements.
La Suisse fut ainsi le premier pays au monde à disposer
dun réseau téléphonique entièrement
automatisé.
La collaboration entre lentreprise des télécommunications
et ladministration fonctionnait de manière exemplaire
dans un système économique fermé, quasiment
à labri de toute concurrence extérieure. |
Dans les archives des PTT à Köniz
figurent des sources datant des années 1930 et 1940 qui révèlent
que peu de temps avant dêtre licenciées ou mutées
en raison de lautomatisation, les opératrices ont dû
apprendre aux abonnés à utiliser leurs téléphones
désormais équipés de cadrans.
De nombreuses opératrices durent aller de maison en maison
pour rassurer les abonnés et les aider à se servir de
leurs nouveaux téléphones.
Ces derniers avaient, en effet, tout simplement cessé de téléphoner
après lautomatisation des centraux téléphoniques
locaux.
Ils avaient peur de commettre des erreurs de manipulation. Sur dautres
réseaux, les opératrices durent organiser des «Formations
publiques pour abonnés à des réseaux automatiques»,
parfois avec des projections de films.
En fonction de la météo et de lavancement des
travaux de récolte, ces formations étaient plus ou moins
bien fréquentées.
Loffice des téléphones de Coire attribua même
le manque dintérêt des abonnés pour ces
formations utiles à la «nature des Grisonnes et des Grisons».
Nelly Iseli-Dällenbach raconte de première main dans le
projet dhistoire orale des archives des PTT les difficultés
rencontrées par les abonnés dans le maniement de leurs
nouveaux téléphones.
Les opératrices subitement licenciées ou mutées
en réponse à lautomatisation et le rôle
important dintermédiaires quelles ont joué
entre la nouvelle technologie et la majorité de la population,
méritent toute notre considération.
La société Hasler AG fournit à
un stade précoce la technologie de transmission nécessaire
à la téléphonie nationale.
À la fin des années 1940, avec la livraison dune
centrale développée par la société elle-même,
elle couvre plus de la moitié de la capacité de commutation
des PTT.
En 1948, la Suisse compte déjà 500 000 abonnés
téléphoniques, ils sont un million en 1959.

Central téléphonique rural d'Einsiedeln vers 1948. Quelques
mois plus tard, ce central était automatisé.
Entre 1920 et les années 1980, la technologie
des centraux téléphoniques na cessé de
se développer. En Suisse, trois fabricants dominaient le marché
protégé des types de distributeurs automatiques.
Il s'agissait de Hasler AG à Berne, Siemens-Albis à
Zurich et Standard, Telefon und Radio STR AG à Zurich. Les
PTT ont attribué leurs contrats pour la technologie des centraux
téléphoniques à ces trois entreprises et a ainsi
poursuivi une stratégie multifournisseurs qui ne permettait
quune concurrence modeste.
À l'origine, la société Autophon AG de Soleure
souhaitait également se lancer sur le marché des centraux
téléphoniques en 1922.
Toutefois, cette société na reçu des PTT
la concession correspondante quà titre temporaire.
Apparemment, les PTT n'étaient pas intéressées
par un autre concurrent dans le domaine de la technologie des centraux
téléphoniques.
Les PTT ont poursuivi une stratégie visant à générer
autant de valeur ajoutée que possible en Suisse.
L'entreprise publique PTT a ainsi indirectement créé
des emplois et favorisé le transfert de savoir-faire vers la
Suisse, tout en poursuivant une politique d'achat protectionniste
et à orientation nationale.
Alors que la technologie des tout premiers centraux téléphoniques
était importée de Bell à Anvers et de Siemens
à Berlin au début des années 1920, les PTT indiquaient
clairement que les commandes suivantes seraient passées à
une entreprise suisse. L'installation de la production a dû
être traitée. C'est pourquoi Siemens reprend en 1922
la société Protos Telephonwerke AG (plus tard Albiswerk
Zürich AG) à Albisrieden, près de Zurich. La technologie
du central téléphonique fabriquée là-bas
sur la base des brevets Siemens et des répliques de téléphones
sous licence était vendue dans toute la Suisse. La Bell Telephone
Manufacturing Co. (Anvers) a adopté une approche similaire
et a fondé l'entreprise à Zurich.
En 1960, la désignation « Entreprise
suisse des postes, du téléphone et du télégraphe
» a été introduite. Cette dernière a existé
jusqu'à la libéralisation.
1962 L'entreprise des Postes, téléphones et télégraphes
(PTT) avait divisé la Suisse en cinquante-deux groupes de
réseaux.
Simultanément, des campagnes de publicité furent organisées
pour promouvoir l'usage du téléphone, qui fut aussi
enseigné dans les écoles.
|
Voici maintenant, à la fin 1962,
les nombres et pourcentages de centraux automatiques équipés
dans les différents systèmes :
Système Hasler 642 70,3 %
Système STR 140 15,3 %
Système AWZ 132 14,4%
Total 914
Les nombres et pourcentages des raccordements d'abonnés,
à fin 1962, sont les suivants :
Installés dans les centraux. Occupés.
Système Hasler . . 715.815 47 % 592.531 47,2%
Système STR ... . 539.977 35,4% 438.161 34,9%
Système AWZ .. . 268.350 17,6% 225.150 17,9%
Total 1.524.142 1.255.842
Les différents systèmes en exploitation :
Hasler S. A. Berne :
Trois systèmes avec registres ; le HS 25 et le HS 52,
tous deux avec sélecteurs rotatifs, et le HS 31 avec
un mouvement rotatif et radial .
HS 25 (modifié du système Ericsson OL-100
avec double relais et sélecteur 25 points (licence Ericsson),
principalement utilisé pour les petits villages et villes
des comtés). Le dernier central Hasler HS 25 desservant
les abonnés de Maglio di Colla au Tessin a été
mis hors service en 1970.
HS 31 (nouveau système de registre développé,
introduit en 1931, basé sur un nouveau relais de type
plat et un sélecteur à deux mouvements à
100 points, adapté aux petits et grands échanges).
450 centraux de ce type en exploitation ; n'est plus fabriqué
que pour agrandir des installations HS 31 .
HS 52 (nouveau système de registre développé,
introduit en 1953, basé sur un nouveau sélecteur
rotatifs à 120 points, qui était en fait un monosélecteur
4 x 30 points avec 2 x 4 balais décalés de 180°,
pas de position zéro). 180 centraux en exploitation ;
les nouvelles installations sont construites exclusivement d'après
ce système.
Rotary 7 A Système à enregistreurs.
Sélecteurs rotatifs à 200 ou 300 sorties et entraîne
ment par axes communs.
Sélection complémentaire avec impulsions en retour.
45 centraux de ville de ce type en exploitation. N'est plus
fabriqué que pour agrandir des installations 7 A.
Rotary 7 D Système à enregistreurs-marqueurs.
Sélecteurs rotatifs à 100 ou 200 sorties en entraînement
par axes communs. Marquage par impulsions. 95 centraux ruraux
de ce type en exploitation. N'est plus fabriqué que pour
agrandir des installations 7 D.
Rotary 7 E Système à enregistreurs-marqueurs
avec traducteurs électroniques communs. Sélecteurs
rotatifs à 100 ou 200 sorties et entraînement par
axes communs. Marquage par code . Est employé dans les
centraux interurbains automatiques de Bâle, Genève
et Zurich.
Ctossbar Pentaconta . Système à
enregistreurs-marqueurs avec traducteurs communs :
Sélecteurs Crossbar avec sept paires de barres et au
maximum 22 ponts. Marquage par code By-path.
Des équipements Pentaconta sont en cours d'essais
et de mise au point dans le réseau de Zurich
en vue de leur adoption éventuelle, à la place
du matériel Rotary. (Il y a lieu de noter que la Suisse
va faire une expérience avec le Pentaconta français.)
Albiswerk Zurich S. A. ( Siemens) :
A 42 Système à commande directe.
Sélecteur à deux mouvements à 100 sorties.
90 centraux de ce type en exploitation. N'est plus fabriqué.
A 49 Système à commande directe.
Sélecteur à moteur à 200 sorties.
11 centraux de ce type en exploitation. N'est plus fabriqué
que pour des centraux locaux.
A 52 Système à enregistreurs. Sélecteurs
à moteur à 200 sorties.
31 centraux de ce type en exploitation. N'est plus fabriqué
que pour des sous-centraux et des centraux de groupes de réseaux.
Les quelque 60 centraux du système Siemens partiellement
ou entièrement équipés de sélecteurs
à ascension et rotation demanderont 10 à 15 ans
avant d'être définitivement éliminés.
Centraux AWZ pour service interurbain : Système
à enregistreurs sur cordons.
Sélecteurs à moteur à 100 ou 200 sorties.
Est employé dans les centraux interurbains automatiques
de Berne, Bienne, Lausanne et Langnau.
ESK Système à enregistreurs avec
traducteur électronique commun. Organe de commutation
: Relais rapide de couplage à contacts en métal
précieux. Marquage électronique centralisé.
Premières installations en fabrication.
Le système ESK remplacera le système actuellement
employé en service local et interurbain.
Rappel : le Liechtenstein
géré par la Suisse depuis 1921 équipa cette
principauté avec la même organisation, le même
matériel.
Puis plus tard on trouvera les modèles
suivants :
HS 52 A (nouvelle variante de HS 52 de 1973 avec une
unité d'évaluation de registre presque entièrement
électronique appelée `` Umrechner '', non basée
sur un processeur mais programmable de manière centralisée
par des matrices de diodes)
HS 52 B (Système multiregistre contrôlé
par processeur avec identifiant, mais l'étage de couplage
basé sur le relais et le sélecteur a été
conservé à partir du système HS 52 d'origine).
Les derniers HS 52 A et B ont fonctionné jusqu'à
fin 1997. Les installations électromécaniques
à forte intensité de personnel ont alors été
arrêtées prématurément en raison
de l'ouverture imminente du marché des télécommunications
en Suisse.
HS 68 (prototype d'un système de commutation semi-électronique,
basé sur des relais Reed adhésifs dans l'étape
de couplage. Un exemple de système construit mais pas
poursuivi en raison du projet PTT IFS)
AXE-10 (système de commutation numérique
d'Ericsson, initialement construit et adapté pour le
marché suisse par Ascom Hasler sous licence Ericsson).
Les derniers abonnés locaux AXE-10 ont migré vers
la VoIP en juin 2020.
Une technologie prometteuse est apparue au
milieu des années 1960 : la modulation
par impulsions codées (PCM).
Le signal téléphonique analogique est numérisé,
converti en une séquence d'impulsions binaires et transmis
en multiplex temporel. Cela permet de combiner le contrôle
de processus avec une commutation numérique entièrement
électronique utilisant la technologie PCM. Mais avant
qu'un tel système ne soit prêt à être
commercialisé, beaucoup d'eau coulera encore dans l'Aar.
Les techniciens des PTT et de Hasler décident donc d'une
solution provisoire.
Le HS68 compact et modulaire fonctionne avec des relais
Reed, à l'exception de l'élément de couplage,
mais n'est pas contrôlé par un processeur librement
programmable. Les éléments de couplage constitués
de contacts Reed emmanchés sont fabriqués dans
nos propres ateliers (Favag).
1972 Un système modèle a été utilisé
à Schüpfheim, Lucerne. Mais à peine deux
semaines plus tard, les ingénieurs de développement
de Hasler ont dû enterrer leurs espoirs concernant le
HS68.
Les PTT veulent renoncer à d'autres systèmes intermédiaires
et utiliser à la place des versions modernisées
du HS52 afin de se lancer directement dans une grande
vision, l'IFS.
Pour ce système de télécommunications intégré,
une initiative suisse unique, les PTT ont estimé un budget
de 40 millions de francs et, sous leur direction, les concurrents
Hasler, Siemens et STR se sont réunis autour d'une même
table. Il devient vite évident que les objectifs techniques
ambitieux sont à la portée de tous, ne pourra
être réalisé dans ce délai.
Lorsque les PTT ont investi 340 millions de francs dans le projet,
eux aussi ont dû jeter l'éponge.
Un excellent exemple de centre de contrôle moderne est
le système créé par Hasler AXE10 sous licence
Ericsson à la fin des années 1990 pour plusieurs
centaines de milliers de participants, auquel même des
appareils analogiques vieux de 100 ans peuvent être connectés.
|
Années 1960 arrivée du système
Crossbar
Il y a lieu de signaler que les suisses n'en sont qu'au tout début
des expériences de matériel Crossbar, contrairement
à la France, beaucoup plus avancée en ce domaine .
La technique des sélecteurs rotatifs, qui pendant plus de 50
ans a été dans le monde entier la marque distinctive
de la téléphonie automatique, a atteint partout un haut
degré de perfectionnement. Néanmoins, les systèmes
à sélecteurs rotatifs doivent être considérés
comme définitivement dépassés, du fait qu'ils
ne répondent plus à la technique de fabrication moderne
ni aux nouvelles exigences du service.
Les fabricants et les administrations des télécommunications
se sont ainsi vus dans la nécessité de mettre au point
de nouveaux appareils selon de nouvelles techniques.
On ne pouvait plus douter que l'avenir des télécommunications
appartienne à l'électronique, et plusieurs voies praticables
se dessinent nettement.
Le développement technique de centraux électroniques
propres à l'exploitation n'est cependant pas encore terminé
et, en Europe tout au moins, aucun système capable de soutenir
la concurrence n'est encore apparu.
Les administrations des télécommunications se trouvent
ainsi placées devant l'alternative suivante: ou conserver les
systèmes électromécaniques traditionnels et attendre
que les systèmes électroniques soient au point, ou alors
intercaler une étape intermédiaire en recourant à
des systèmes partiellement électroniques.
L'entreprise des PTT suisses a décidé pour sa part de
faire ce pas intermédiaire, ne serait-ce que pour faciliter
et hâter le passage au système électronique intégral.
Les PTT suisses ne couraient pas un grand risque en choisissant le
système Pentaconta pour remplacer
la technique des centraux Rotary.
En Suisse même, des installations d'abonné avaient déjà
été établies d'après la technique des
sélecteurs à barres croisées, et à l'étranger
ce système bénéficiait d'une expérience
de plusieurs années.
Le créateur du système Pentaconta, le Français
Fernand Gohorel, en publia des descriptions en 1954 déjà
et, depuis lors, de nombreux centraux et réseaux ont été
construits d'après cette technique. Les appareils et schémas
de principe sont décrits de manière approfondie dans
des revues
étrangères.
Dans leur conception fondamentale, les centraux Pentaconta mis au
point et fabriqués en Suisse ne se distinguent que peu des
types d'exécution étrangers; ils possèdent cependant
certaines possibilités d'exploitation et dispositifs accessoires
que le système original ne connaît pas.
1962, des équipements Pentaconta
sont en cours d'essais et de mise au point dans le réseau de
Zurich en vue de leur adoption éventuelle, à
la place du matériel Rotary. (Il y a lieu de noter que la Suisse
va faire une expérience avec le Pentaconta français.)
La technique Pentaconta
a été appliquée pour la première fois
dans une large mesure dans les équipements automatiques du
central manuel international de Genève mis en
service au début de 1966.

Un employé de l'administration téléphonique contrôle
le nouveau système Pentaconta au bureau central de Fuessli,
le bureau central de la ville de Zurich, qui permet l'auto-numérotation
dans d'autres pays européens (enregistré le 30 avril
1968).
La même technique est employée pour les centraux manuels
de Bâle et de Zurich.
Le premier central rural Pentaconta pour 6000/10 000 raccordements
a été mis en service le 28 septembre 1966 à
Regensdorf .
Et d'autres centraux de quartier et ruraux du type Pentaconta, pour
plus de 100 000 raccordements d'abonné en tout, sont commandés
pour les groupes de réseaux de Bâle, Genève,
Zurich et Rapperswil.
En outre, une technique Pentaconta pour le service interurbain avec
connexion à quatre fils a été mise au point et
sera appliquée dans les centraux nodaux interurbains.
Regensdorf
avec 6000 raccordements, extension possible à 10 000.
1971 Le télex :
Le système de commutation télex T2001 développé par Hasler
AG de Berne a ouvert de nouvelles perspectives à la modernisation
et la diffusion du télex au cours des années 1970 et
1980 lorsque Hasler AG était pionnier du déploiement
de centraux à programmes enregistrés (SPC) qui remplaceront
progressivement les anciens centraux télex électromécaniques.
Le premier central télex T200 a été mis en service
en février 1972 dans le réseau de lopérateur
de télécommunications Cable & Wireless à
Hong Kong. Il s'agissait du premier central télex du service
public au monde contrôlé par programme enregistré
avec commutation d'appels sur un bus de données numériques.
Une particularité du système T200 était
son architecture capable dassurer un fonctionnement ininterrompu
au moyen de 3 processeurs synchrones soumis à une surveillance
de majorité (le programme d'alunissage d'Apollo en 1969 a également
utilisé le concept de triple redondance modulaire (TMR) pour
les équipements critiques).
Plus de 50 systèmes T200 ont été opérationnels
dans 16 pays entre 1972 et 2020, principalement à Hong Kong,
en Suisse et en république populaire de Chine.
En décembre 1967, Cable & Wireless (Londres) a adjugé
à Hasler AG la commande de la livraison et de la mise en service
d'un système de commutation télex de 750 lignes à
Hong Kong. Ce système était basé sur une description
technique publiée par Hasler AG en 1966 intitulée Electronic
Telex Exchange. Dans les années 1960, Hasler AG, fournisseur
à l'échelle mondiale de son système TOR (Telex
over Radio), était bien connu de Cable & Wireless. Ce premier
central T201 est devenu opérationnel le 2 février 1972.
Dans le but d'assurer une fiabilité opérationnelle de
quasi 100 %, un concept de redondance avec triple processeurs a été
développé. Les signaux étaient supervisés
en permanence à l'aide de circuits majoritaires. Ce concept
prévenait toute erreur éventuelle dun des trois
processeurs de causer un dysfonctionnement du système. À
noter que les autres composants critiques étaient dupliqués
et leur fonctionnement garanti par un contrôle de parité.
À l'exception de la mémoire centrale à tores
magnétiques et des périphériques entrée/sortie,
Hasler AG a développé tous les équipements électroniques
avec la logique transistor-transistor (TTL).
Le premier central télex avec double processeur T202 a été
mis en service à Sydney à la fin de 1975.
L'ordinateur T203, développé dans le cadre du projet
suisse de Réseau Numérique à Intégration
de Services (Integriertes Fernmelde-System - IFS), a fait son apparition
en 1981.
Dès 1987, avec la baisse de la demande du service Télex
et du nombre d'abonnés, Ascom, successeur de Hasler AG, prévoyait
le retrait graduel de ses activités liées au marché
du télex. Cette anticipation sur le long terme tenait compte
du respect des obligations contractuelles envers ses clients, permettant
toutefois lexploitation dopportunités commerciales
sans risque qui continuaient à se présenter et la garantie
d'une maintenance à long terme, en particulier du logiciel.
Cette stratégie fut couronnée e succès.
Planifié par Swisscom en 1994, toutes les lignes télex
suisses ont été connectées au central T203 de
Lugano en 1997. Grâce à la libéralisation des
services de télécommunications, il devenait possible,
par des accords de licence, dexploiter un service Telex pour
des abonnés connectés à l'étranger. Ce
qui a été fait grâce au logiciel du système
T203 permettant la création de réseaux télex
virtuels.
Le 31 août 2020, le dernier central télex T203 de Lugano
était mis hors service. Son triple processeur est conservé
au Musée de la Communication à Berne.
1973 Arrive l'électronique et les premiers centres téléphoniques
semi-automatique
Le système Standard 11 A
Le système Standard 11 A réunit les avantages d'un réseau
de connexion électromécanique et ceux d'une commande
par processeur à programme enregistré en mémoire.
Le réseau de connexion permet d'utiliser les postes d'abonnés
existants tout en offrant de bonnes qualités de transmission.
La commande par processeur donne une grande souplesse au système.
La capacité des centraux peut varier entre 2 000 et 20 000
raccordements d'abonnés. Des capacités plus importantes
peuvent être réalisées; cependant, pour des raisons
de écurité, les grosses unités sont divisées
en blocs indépendants les uns des autres.
Les centraux satellites, commandés à distance, sont
constitués par des éléments de sélection.
Leur capacité varie entre 500 et 2000 raccordements.
Le sélecteur crossbar miniaturisé utilisé
dans le réseau de connexion est un commutateur à barres
croisées de conception entièrement nouvelle, ayant des
performances nettement accrues par rapport aux appareils existants
de la même famille. Il a été créé
pour constituer le réseau de connexion des systèmes
téléphoniques modernes à commande électronique,
pour lesquels son équivalent actuel, le sélecteur Pentaconta,
se révèle trop lent et encombrant. Ce nouvel appareil
est dix fois plus rapide et huit fois moins volumineux que le sélecteur
actuel.
Le minisélecteur est monté sur un circuit imprimé
enfichable de mêmes dimensions que ceux des circuits électroniques
classiques. Une des caractéristiques importantes est le maintien
des connexions sans dépense d'énergie électrique,
grâce à un dispositif mécanique simple.
Le système 11 A dispose naturellement de toutes les spécialités
prévues dans le système Pentaconta et permet d'accorder
un plus grand nombre de facilités aux abonnés.
Un téléimprimeur exécute l'échange des
informations entre le personnel exploitant et la machine. Si nécessaire,
un deuxième téléimprimeur, installé dans
un autre bâtiment, assure la surveillance à distance.
L'entretien est relativement simple. Toute l'intelligence du central
est concentrée dans le processeur. Les organes individuels
sont passifs et sont constitués de circuits simples. Les dérangements,
peu nombreux, sont annoncés au moyen d'alarmes, d'instruments
de mesure et du téléimprimeur.
La construction modulaire facilite les extensions du central.
Ce système étant conçu pour des centraux locaux
de grande capacité ayant un fort trafic, il pourrait être
introduit dans les réseaux de Bâle, Genève et
Zurich.
Un prototype sera installé à Adliswil près de
Zurich. Si les essais sont concluants, le système 11 A remplacera
le système Pentaconta.
Le système Siemens EWS I
Les études du système Siemens EWS I remontent déjà
à 1957 . Il réunit les avantages d'un réseau
de connexion quasi-électronique et ceux d'une commande par
processeur à programme enregistré en mémoire.
Ce système permet d'introduire de nombreuses conditions d'exploitation,
d'automatiser les travaux administratifs et d'exploiter des
unités commandées à distance. La structure modulaire
facilite les extensions des équipements et les adaptations
aux valeurs du trafic. Des canaux centralisés de données,
ayant un grand choix de signalisation, permettent d'introduire aisément
des centraux et des unités commandées dans des réseaux
existants. L'organisation du système offre en outre la possibilité
de former un centre d'exploitation pouvant desservir plusieurs centraux
ainsi qu'un centre régional de traitement des informations.
La commande centralisée prend en charge toutes les fonctions
importantes de commutation en collaboration avec les mémoires,
par exemple: les facilités des abonnés, la recherche
d'itinéraire, la commande des circuits périphériques,
les modifications d'itinéraire, l'enregistrement de la
taxation, etc.
Deux calculateurs électroniques synchronisés comparent
parallèlement et pas à pas l'exécution des ordres.
Différents types sont prévus suivant la capacité
du central.
Le réseau de connexion est composé de matrices de relais
bistables, miniaturisés, scellés sous enveloppe métallique.
Le maintien des connexions est ainsi réalisé sans dépense
d'énergie.
Une des caractéristiques de ce système est la préparation
des informations dans les circuits périphériques qui
ne transmettent que des mots entiers, par exemple: un chiffre complet.
Cette solution facilite l'introduction de concentrateurs ou d'unités
commandées dans des réseaux existants et de les commander
à distance au moyen de lignes de transmission de données.
Un tel central satellite est ainsi exploité par commande centralisée
jusqu'au moment où une commande individuelle devient plus économique.
La transmission interne des informations, basée sur des chiffres
complets, et la conception des programmes permettent également
d'utiliser les réseaux de connexion pour la commutation de
systèmes MIC.
La mise en uvre de techniques modernes ayant des répercussions
dans bien des domaines, la Direction générale a décidé
de restreindre le nombre des nouveaux systèmes à introduire
dans le réseau suisse.
Désirant d'abord connaître les résultats du système
PTT unifié IFS I, elle a renvoyé à plus tard
une décision concernant l'introduction du système EWS
I.
En dehors des zones urbaines, le développement
du téléphone dans les provinces et campagnes, a été
plus difficile et plus long.
Prenons l'exemple, de la région "Le Valais" :
Dès 1877, la presse de l'époque raconte jour par jour
les premiers premiers pas du téléphone dans les villes
et les villages, jusqu'aux pieds des sommets montagneux.
|
Le valaisans compta 14 réseaux
manuels : citons par ordre d'importance :
Sion; Martigny-Ville; Monthey; Brigue; Saxon ; Sierre; Loèche;
Vouvry; Salvan; Ardon; Vissoie; Finshauts.
Le 25 octobre 1885 "ami du
peuple", canton du Valais TRACTANDA
Le conseil d'Etat autorise le Département des
Ponts et Chaussées à conclure une convention pour
l4établissement d'un téléphone entre l'Hôtel
du Gouvernement , l'Hôtel-de-Ville , le poste de gendarmerie
et la maison de détention , pour le prix de 800 francs
comprenant tous les frais.
Le 1 septembre 1888 , "Le confédéré"
Col de la Gemini
On nous écrit de Loèche-les-Bains : Une société
privée vient de faire établir un téléphone
entre l'hôtel du Wildstrubel , sur la Gemmi ( 2302 )
et Loèche-les-Bains . Cette innovation est appelée
à rendre d'excellents services aux nombreux étrangers
qui visitent et stationnent dans cette localité . Les
fils de communication de ce téléphone sont attachés
contres des parois de rochers verticales et témoignent
des difficultés et des dangers qu'il a fallu surmonter
pour l'établissement de ce service. On ne peut que féliciter
les personnes qui ont eu l'initiative de cette uvre ainsi
que l'entrepreneur valaisan , M . Andréoli , à
Sion , qui sest acquitté de sa tâche à la
satisfaction générale . Ce téléphone
fonctionne bien et prouve qu'il n'est pas nécessaire
de faire venir des artistes de l'étranger pour ces sortes
d'installations.
Le 20 juillet 1889 "Lami du peuple"
Saint Maurice Une ligne téléphonique
relie actuellement Sion avec les mayens do Nendaz . M . Droz
à Morgins .
Le 16 décembre 1891 "Gazette du
Valais" Comité Grand Saint-Bernard
... Le Valais fait procéder en ce moment à la
construction d'une route carrossable qui ira jusqu'au sommet
du col. Cette route sera livrée à la circulation
l'été prochain . Là aussi , la civilisation
se fait sentir et tout marche avec le progrès : il y
a un télégraphe à l'hospice et un téléphone
le relie , depuis 1886 , aux cantines de Saint-Remy et de Proz
, les deux stations les plus rapprochées , la première
sur le versant italien , la seconde sur le versant suisse ...
Le 13 janvier 1892 "Gazette du Valais"
L'Echo du Rhône annonce que la question ' tramway électrique
desservant Bex-St-Maurice-Monthey est à l'étude
, et qu'un projet de relier Bex-Monthey paî téléphone
va recevoir sous peu une solution conforme aux intérêts
des deux localités . L'initiative de ce dernier serait
due à des industriels montheysans.
Le 23 janvier 1892 "Gazette du Valais"
Joyeusetés du téléphone . Les communications
téléphoniques subissent comme on le sait tous
les inconvénients des perturbations atmosphériques
; il est des jours où , avec la meilleure volonté
du monde , il devient difficile de s entendre . L'autre jour
, par exemple , écrit on à la Revue , c'était
une sarabande d'éléments déchaînés
sur les fils . Du tube partaient des bruits mystérieux
, comme le fracas lointain d'armées furieuses , le tapage
infernal d'eaux bouillonnantes , de foules houleuses , de trains
se rencontrant dans le 3 gares , de viaducs s'effondrant dans
un épouvantable pêle-mêle. Le tout entrecoupé
de phrases sonores , de secousses électriques et de l'harmonie
monotone du vent se jouant dans les fils, comme dans les cordes
de gigantesques guitares. J'avais une communication à
faire, je demandai Lausanne . La préposée du bureau
de Berne , de sa voix de baryton , répondit : «
Was beliebt ? » ( qu y a-t-il ) Lausanne
Bientôt la cité du Grand-Pont répondit d
une voix gentille , montant comme la gamme : Voilà Lausanne
. En ce moment Genève intervient . Une voix nasillarde
débitait son boniment : « On vient d ouvrir au
Havre la Bourse du poivre . La fièvre jaune fait d'épouvantables
ravages à Jantos , les haussiers jubilent . » Puis
ce fut un : Berne , conversation locale , qui intervint : «
Madame demande si la couturière peut passer . »
Lausanne me criait ; « Bourse du poivre , fièvre
jaune , après ?» Et voilà Bâle
qui se mêlait à cette cacophonie , criant des chiffres
cabalistiques Nord-est 650 Central 653
Union 350 C'était l'heure de la Bourse . Berne
interrompit encore répétant : » Madame demande
si la couturière peut passer , il faut mettre une pièce
à la moitié du derrière . » En ce
moment Bâle achevait les chiffres et criait : «
Très ferme Très ferme ! »
Mouillé de sueur , je courus an télégraphe
, en pensant à M . Zemp , le nouveau chef de tous ces
départements, de tous ces appareils qui attendent d'être
perfectionnés . »
Le 27 avril 1892 "Gazette du Valais"
Sierre
La lumière électrique fera très
prochainement son apparition ici . Ce sera la seconde localité
du canton éclairée par l'électricité
. Un arrangement a été conclu dans ce but avec
la commune de Chippis qui cède une force hydraulique
de 150 chevaux fournie par la rivière de la Navisance
. Espérons que le téléphone , qui va maintenant
jusqu'à Saint-Maurice , étendra bientôt
son réseau jusqu'à Sierre. Bagnes .
Lami du peuple, 13 juillet 1892,
tardivement le télégraphe arrive près des
glaciers
On met actuellement la dernière main à
l'installation d'un bureau télégraphique dans
l'hôtel de la Rosa-Blanche , à Fionnay . Ce moyen
de communication , établi à côté
des glaciers , près de Chanrion , au pied du Grand Combien
, du Pleureur et de la Rosa-BIanche ; vient combler une lacune
qui se faisait sentir jusqu'ici dans le monde des touristes
.
Le 4 juillet 1894 sous la force destructive de leau, tous les
épieux ont été balayés , la route
est également coupée entre Chable et le Martinet
, il est même impossible de la reconstituer sur le même
tracé ; plusieurs poteaux télégraphiques
de Fionnay ont disparu .
Le 29 juillet 1893 "Gazette du Valais"
, Une course au Grand-Saint-Bernard :
les progrès de la science ont bien servi l'humanité
. Non-seulement une route nouvelle , à peu près
carrossable , conduit maintenant jusqu'à l'hospice ,
mais celui-ci est relié par le téléphone
avec les dernières habitations des deux versants . En
sorte que par les jours dhiver , de neige et de bourrasques
, quand un voyageur gravit la montagne , il est signalé
à son passage , soit à la cantine de Proz , du
côté valaisan , soit à Saint-Bemy , du côté
italien , et l'appel du téléphone avertit aussitôt
les bons pères . Deux des religieux , munis de vivres
et précédés de leurs fameux chiens , se
portent vite à la rencontre du voyageur . Ils ne tardent
guère à le découvrir , et bien sur leur
venue est le salut pour le pauvre diable atteint du mal de montagne
et mourant d'épuisement . Sans le téléphone
il eût infailliblement péri, puisque l'on eût
ignoré son approche . Aussi les neiges du Saint-Bernard
fondent elles aujourd'hui beaucoup moins de victimes qu'autrefois
...
Suite le 29 août 1894 : Ainsi , depuis que l'hospice
est relié par le fil avec les stations de la Cantine
de Proz , au nord , et de St-Remy , du côté de
l'Italie , chaque voyageur qui passe dans la mauvaise saison
est signalé , et si , au bout de deux heures il n'arrive
pas , un Père se met en route à sa rencontre .
Dans ce cas , le chien a encore son utilité relative
. Le voyageur fatigué , s'il s'est laissé engourdir
par le froid , est toujours secouru à temps , et depuis
cette admirable invention du téléphone , aucun
mort de voyageur n'est survenue sur la route que Furrer appelait
« la Vallée des Morts , au pied du Mont Mort ,
passant devant la maison des Morts ( la Morgue ) et dans un
silence de mort » ...
En 1895 Non relié par la presse
mais par les ouvrages techniques : La radio doit son
invention au physicien italien Giuglielmo Marconi. Après
plusieurs tests de transmission de signaux par le biais dondes
électromagnétiques, il effectue, en 1895, la
première transmission radio de lhistoire, à
Salvan, en Valais. Alors que les scientifiques de lépoque
prétendaient quune telle transmission entre deux
points nétait possible que dans un espace dégagé
de tout obstacle, Marconi, aidé de Maurice Gay-Balmaz,
installe un émetteur et un récepteur distants
de 1500 mètres lun de lautre et séparés
par une colline .Le succès est au rendez-vous, ...
Guglielmo Marconi, futur prix Nobel de physique, séjournait
dans la station de cure valaisanne où il réussit
ses premières transmissions sans fil de plus dun
kilomètre et demi. Il sagit dune étape
essentielle qui aboutira à la mise au point de la télégraphie
sans fil (T.S.F.) : une invention qui a ouvert la voie vers
la conception doutils de communication tels que la radio,
la télévision ... En 2008, lUnion internationale
des télécommunications a reconnu « la contribution
inestimable » de Salvan au patrimoine des télécommunications
en y déposant une plaque commémorative .
Le 20 juillet 1895 "Gazette du Valais",
La vallée de Binn :
On ne peut assez se louer de l'accueil cordial et des prix modérés
de M. Schmied . L'établissement , relié au télégraphe
de Fiesch par un téléphone , fut ou vert en 1883
et le 13 juin, trois Anglais , ses premiers hôtes , y
prenaient leur déjeuner ...
Le 27 juillet 1895 "Gazette du Valais" Martigny
Téléphone . Nous apprenons avec plaisir
qu'une demande vient d'être adressée à la
Direction des télégraphes fédéraux,
à Berne, par un certain nombre de particuliers de Martigny,
tendant à l'installation du téléphone dans
cette localité . Une vingtaine d'abonnés se sont
déjà annoncés, dont , entr'autres , la
Maison du Grand Saint-Bemard . De son côté la Municipalité
appuie et garantit chaleureusement le projet, dont l'exécution
peut être dès maintenant considérée
comme assurée . Hélas , nous n en sommes pas encore
là à Sion . Aussi est-il à désirer
que notre chère capitale ne se laisse pas devancer par
des centres moins importants et que le projet d'installation
téléphonique dont il a déjà été
question il y a quelques années , trouve cette fois une
solution favorable et rapide , étant données les
circonstances particulièrement avantageuses où
il se présenterait aujourd'hui , Il est vivement à
désirer que l'autorité cantonale et celle de la
ville appuient le projet et s'en occupent promptement et sérieusement
. Il s agit d un progrès à réaliser en
matière de communications plus rapides, et lorsqu'on
voit dans le canton de Fribourg, par exemple, bien des villages
actuellement reliés par le téléphone, notre
chef-lieu ne doit plus hésiter à l'introduire
sous peine de se laisser décapiter ...
Le 3 août 1895 "Gazette du Valais" Martigny
La nouvelle d un projet d'installation téléphonique
à Martigny a eu pour effet de stimuler le zèle
de quelques citoyens de Sion, qui vont faire incessamment une
demande à l'Administration fédérale, afin
d'être mis au bénéfice de cette innovation
. Il est évident que la création d'un réseau
téléphonique devient , en Valais , de jour en
jour plus urgent . C'est là un moyen capital , pour le
commerce et l'industrie , de faciliter les relations , de les
étendre , de leur donner cette stabilité qui a
fait le succès de tant de nos voisins , tels Genève
, Vaud , Fribourg , etc . Le téléphone a de plus
, chez nous , cet immense avantage d'établir un nouveau
et rapide moyen de communication entre nos stations climatiques
et balnéaires et les principaux centres suisses et frontières
qui nous amènent le gros contingent des touristes. Quelques
chiffres donneront une idée de l'immense avantage du
téléphone dans toutes les différentes branches
d'activité de notre petit pays . Grâce à
une loi nouvellement promulguée le prix annuel pour l'abonnement
a été fixé à 120 fr . pour la 1re
année , à 70 fr . pour la 2ème et à
40 fr . pour la 3ième ; dès que la station compte
20 abonnés , les prix deviennent naturellement réduits
au fur et à mesure el en raison inverse de l'augmentation
du nombre des abonnés . Par sa position centrale , Sion
deviendrait en peu de temps relié à Conthey ,
Vétroz Savièse , Salins , qui nont pas encore
le télégraphe , puis à notre charmante
station des Mayens , dont la vogue va croissant chaque année
...
Le 31 août 1895 "Lami
du peuple" Employés fédéraux .
Le nombre des fonctionnaires fédéraux s'élève
à 6613 . Le télégraphe et le téléphone
en occupent 1939 , la Chancellerie fédérale
en possède 33 , le département des affaires étrangères
47 . de l'Intérieur 95 , de Justice et Police 26 , Militaire
463 , Douanes et finances 148 , Industrie et agriculture 278
, Postes et télégraphes 167 , Tribunal
fédéral 38 , Poly technicum 144 . Employés
de douanes 472 . C'est l'effectif de toute une division de notre
armée . Que sera-ce , grand Dieu ! quand le militaire
sera complètement centralisé , quand la banque
d'Etat fédérale sera installée , quand
les chemins de fer seront nationalisés , quand , en un
mot , le programme centralisateur sera pleinement réalisé.
Le 29 septembre 1895 "Le confédéré"Sion
Le conseil municipal de Sion a décidé d'introduire
le téléphone dans cette ville . Il sera relié
au réseau de Lausanne . Les travaux vont commencer et
l'on croit quils seront terminés pour le printemps de
l'année prochaine . Il en sera de même pour Martigny
qui sera relié au même réseau .
Le 2 octobre 1895 "Lami du peuple" Sion
La question du téléphone préoccupait
depuis longtemps notre ville, Le conseil municipal vient de
décide d'accorder la garantie de 4750 fr . exigé
pour l'installation du téléphone . Cette question
se trouve ainsi résolue à la satisfaction du public
sédunois et surtout des commerçants et industriels
. La station de Sion sera reliée au réseau téléphonique
suisse . Nul doute que la ville en profite dans une notable
mesure par le développement et l'extension que ses relations
commerciales ne manque ront pas de prendre ...
Le 27 novembre 1895 "Gazette du
Valais"
Nous avons entendu au sujet des téléphones que
le Valais n'aurait point de station centrale ; que des localités
se relieraient à Montreux , d'autres à Bex ou
à Aigle . Il n est pas naturel qu'une conversation Monthey-Sion
passe par Bex , Aigle et Lausanne invitent le Conseil d'Etat
à pourvoir à ce que le Valais ait une station
centrale . M . DE LA PIERRE . Sion et Martigny ont fait des
démarches dans ce but . il y a quelques années
Sion aurait voulu Montreux . Il valait mieux le relier directement
avec Lausanne , de sorte que l'on pourra converser facilement
avec Genève et Zurich , etc . Nous sommes prêts
à faire des ouvertures dans l'intérêt du
pays et nous voudrions que les localités en profitent
au fur et à mesure . Les taxes d'abonnement sont basses
. Puisque le Grand Conseil est venu en aide aux communes lors
de l'établissement du télégraphe , il devrait
également voler en faveur du téléphone
. Sans doute les premières années ne rapporteront
pas , mais songez aux avantages immenses de cette invention
pour les commerçants et les industriels aussi bien que
pour les touristes . Nous déposerons à la prochaine
session un projet de loi sur la matière . M . H . DE
LAVALLAZ . Evidemment la question du téléphone
est un progrès qui s'impose . Il est de toute nécessité
que l'Etat prenne la chose en main et dépose un projet
à la prochaine session , en faveur de l'établissement
du téléphone en Valais . M . COUCHEPIN . appuie
M . de Lavallaz , car il nous faut un terrain d'entente entre
l'administration fédérale et les communes . Il
y a urgence . Le Conseil d'Etat prend acte de cette invitation.
Le 11 juillet 1896 "Lami du
peuple" Canton du Valais
Notre réseau téléphonique va être
relié à Lausanne . On espère que dans un
mois le téléphone pourra fonctionner aux Mayens
de Sion .
A mesure que les utilisateurs augmentent, la
Suisse se dote dun réseau intercantonal en 1896
et, en 1900, apparaissent les connexions internationales,
Le 28 novembre 1896 "Lami du peuple"
Canton du Valais
Nous avons , dans notre dernière chronique du
Grand-Conseil , parlé d'un message du Conseil d'Etat
concernant le réseau téléphonique en Valais
. En voici un court résumé , qui intéressera
nos lecteurs . Le message conclut dans le sens dune subvention
de 1,500 fr . pour 1897 . Il dit que l'on ne peut contester
les avantages que le Valais retirera de la création d'un
réseau téléphonique, étant donnée
la brillante et rapide extension de ce nouveau mode de communication,
maintenant passé dans les murs et aussi nécessaire
que les voies ferrées , la lumière électrique
et le télégraphe . L'installation du téléphone
signalé en Valais rendrait service à l'industrie
florissante des hôtels . Ce moyen de communication très
rapide , puisque ,l'on obtient en même temps la réponse
, évitera bien des correspondances , qui , dans certaines
vallées , ne parviennent qu'après plusieurs jours
. Aussi , le Conseil d'Etat n'hésite-t-il pas à
proposer au Grand-Conseil d'accorder au téléphone
les mêmes avantages qu'au télégraphe . Le
Valais est le seul canton suisse où l'Etat paie une partie
des prestations que les communes , ayant un faible trafic télégraphique
, doivent à l'administration fédérale .
Ces subventions ont permis l'établissement d'un réseau
très utile . Elles se montent à 60 et 100 fr .
annuellement , soit 1,600 à 3,300 fr. au total . Le Valais
compte environ 80 bureaux télégraphiques. Voulant
favoriser l'installation d'un réseau téléphonique,
le Conseil d'Etat propose une subvention de 25 à 50 %
du déficit que pourraient subir les communes . On sait
que l'administration fédérale exige une garantie
annuelle de 50 fr . par kilomètre de fil . On déduit
de cette somme le produit des conversations à 30 , 50
, 75 centimes qui passent par le fil en question , et c est
la différence qui constitue le déficit .. Si le
Grand-Conseil adopte ce projet , Loèche , Sierre , Martigny
, Brigue , etc .,, seront rattachés au réseau
suisse ...
Petite histoire : En 1896, une ligne téléphonique
du Valais relie lHôtel Bellevue de Sierre à
lHôtel du Parc de Montana, tous deux propriété
de Michel Zufferey. Elle permettait dannoncer larrivée
prochaine des touristes descendus en gare de Sierre et ayant
pris la route muletière pour le Haut Plateau. Lanecdote
veut que ladministrateur postal de Sion lors de son inspection
à Montana ait été décontenancé
à la vue du téléphone : « Ce fonctionnaire
fut très intrigué par cet appareil quil
voyait pour la première fois, paraît-il. Et cest
avec ravissement quil transmit sa voix dans une communication
que le dépositaire établit avec lhôtel
de Crans; il déclara, à sa confusion, que la poste
de Sion ne connaissait pas encore ce progrès ».
La capitale cantonale avait été dépassée
par une station balbutiante !
Le 8 décembre 1896 "Gazette
du Valais"
Le Conseil d'Etat propose donc d'accorder au téléphone
les mêmes avantages qu'au télégraphe , lequel
. est subventionné par des sommes de 50 à 100
fr soit un total de 1500-3600 fr. Grâce à ces subventions
, les villages les plus reculés du Valais ont maintenant
ouvert uu bureau télégraphique.
L'Etat prendrait la garantie du 25 % du déficit pour
les lignes interurbaines , c'est-à-dire : Sion-Sierre
, Sion-Martigny , Brigue-Viège , Brigue-Zermatt . Les
lignes intercantonales recevraient le 50 % . Telles Sion-Lausanne
, Martigny-Aigle , etc . Le déficit est la différence
qui existe entre la garantie de 50 fr . par kilomètre
et le produit des conversations à 30 , 50 , 75 cent .
Le déficit diminuera et disparaîtra à mesure
du développement du réseau . Le Grand-Conseil
aussi unanime que la commission , adopte les 1500 fr . proposés
dans ce but .
Le 25 décembre 1896 "Gazette du Valais"
, Sion
Depuis er le 1 septembre , Sion est relié avec
Montreux , et le sera sous peu avec Lausanne par un fil téléphonique
. Cette nouvelle institution , appelée à se généraliser
en Valais , n'est pas assez connue pour que nous nous dispensions
de donner ici quelques renseignements . On peut téléphoner
de Sion avec tous les réseaux de la Suisse ; toutefois
l'administration ne garantit pas les correspondances utilisant
plus de trois translations , p . ex . : Delémont qui
emploierait Sion , Montreux , Lausanne , Berne , Bâle
, Delémont . Il est à recommander de demander
un abonné de Genève , Bâle ou Zurich , de
préférence le matin jusqu'à 10 h . et l'après-midi
depuis 4 h ., car entre 10 et 4 h . les lignes sont fortement
occupées par le trafic de la bourse . Appeler le bureau
auquel on est relié , demander l'abonné que l'on
désire , en ajoutant le N° pour les grandes villes
. Il ne faut pas parler trop fort , mais garder son ton de voix
ordinaire en se tenant à 10 centimètres du microphone
. Le prix d abonnement est fixé comme suit : 100 fr .
la première année , 70 fr . la seconde . Ensuite
40 fr . auxquels s'ajoutent les conversations interurbaines
( à 30 , 50 , 70 cent . ) pour une durée de 3
minutes et les conversations locales à 5 cent, payables
mensuellement par rembours officiel . On doit accepter les mandats
de rembours , quitte à réclamer après ,
sil y erreur . Ne pas oublier que toute conversation avec un
bureau étranger , excédant 3 minutes , est comptée
pour deux . La conversation se compte à partir du moment
où le N° appelé répond jusqu au moment
où est donné le signal de fin de conversation
quil ne faut point oublier . Si la personne désirée
n'est pas là , et que quelqu'un de la famille ou un commis
réponde , la conversation est comptée quand même
. Pour renseignements détaillés , voir l'ordonnance
fédérale sur le téléphone, et la
liste des abonnés d'autres réseaux , soit St-Gall
, Zurich , Soleure , Neuchâtel , Berne , Lucerne . L'ordonnance
est en vente au prix de 20 cent et chaque liste à 50
cent , auprès du bureau central des téléphones
de la localité...
A cette date le service téléphonique de Sion
avait 50 abonnés.
Le 13 janvier 1897 "Le confédéré"
Martigny
Notre téléphone à l'installation duquel
on procède en ce moment ne commencera à fonctionner
que dans un mois .
Le 16 janvier 1897 "Gazette du Valais"
Nous recevons la rectification suivante concernant l'entrefilet
relatif paru dans notre dernier N ° . Il est inexact que
Vevey ait demandé ces derniers temps un fil téléphonique
avec Sion ; cette demande eut lieu avant même que le réseau
de Sion fut ouvert . Mais Sion ayant déjà décidé
une communication directe avec Lausanne , l'administration n'a
pas jugé à propos de faire arrêter le fil
à Vevey . D'autre part , Martigny ayant exprimé
le désir que son fil d'Aigle fût prolongé
jusqu'à Vevey et Vevey s'étant prononcé
dans le même sens , l'administration a accédé
à cette demande . Sion n'a donc nullement été
prétérité . Un fil direct Sion-Vevey deviendra
nécessaire quand le réseau du Centre et du Haut
Valais se sera développé ; pour le moment il n'en
est pas question . Quant à Sion , elle n est pas encore
englobée dans la sphère d'action de Martigny ,
ainsi que le facétieux auteur de l'entrefilet donnait
à l'entendre ...
Le 20 janvier 1897 "Gazette du Valais"
Sierre
On nous écrit de Sierre Nous apprenons avec plaisir que
notre Conseil s'occupe sérieusement du téléphone
et qu'il demande un fil direct avec Sion . Nom avons déjà
ici une dizaine d'abonnés . D autre part, nous apprenons
que Loèche ne voulant pas rester en arrière sur
nous est entré dans la même voie . Nous lui souhaitons
plein succès .
Le 23 janvier 1897 "Le confédéré"
Martigny
Le téléphone a commencé à
fonctionner à Martigny entre les abonnés qui sont
au nombre de 13 ; avec les grandes facilités de communication
dont notre place bénéficie , il est hors de doute
que ce chiffre augmentera encore ; il n'est pas encore possible
de téléphoner avec le dehors , les installations
à cet effet n'étant pas complètement achevées
. D'autre part , nous apprenons que Sierre et Loèche
sont en tractation pour l'établissement d'un fil téléphonique
se reliant directement avec Sion .
Il n'est pas téméraire d'affirmer que dans un
avenir peu éloigné toutes les stations alpestres
du Valais seront desservies par le téléphone.
Le 24 mars 1897 "Lami du peuple"
Le "Feuille d'Avis" de Vevey annonce que la ligne
téléphonique reliant directement Vevty à
Martigny est terminée depuis quelques jours.
Le 3 avril 1897 "Lami du peuple"
Ecône
Le Département des Travaux publics est désigné
pour suivre aux tractations en matière d'établissement
de lignes téléphoniques , et chargé d'adresser
une circulaire aux communes , faisant ressortir les avantages
des communications pour le téléphone et leur indiquant
le mode à suivre pour les demandes de cette nature .
Le Conseil d'Etat se prononce en principe pour l'établissement
d une ligne téléphonique à Ecône
Le 28 avril 1897 "Lami du peuple" Sierre
Le réseau téléphonique s'étend rapidement
dans notre canton . Depuis une dizaine de jours on signale quatre
nouvelles stations en voie de création : Sierre, Loèche-Ville
et Bains et Vernayaz.
.
La tribune de Genève, du 26 juin 1897
Le 17 juillet 1897 "Le confédéré"
Salvan
Le réseau téléphonique de Salvan , relié
directement avec Martigny , est achevé ; il a été
ouvert le 10 courant . Voici les noms des abonnés qui'l
comprend : Coquoz François , hôtel Bellevue . Décaillet
Frédéric , hôtel Salvan . Gross , président
. Coquoz Lucien et frères . Gross Benjamin , pension
Espérance, Revaz Maurice-Joseph . Jacquier Joseph et
Henri , bouchers M me veuve Revaz-Coquoz . Coquoz Maurice ,
à la Combe . Bochatey Louis . Décaillet et frères
, pension des Gorges . Revaz François , Mon Repos Gay
Jean-Louis , grand hôtel Salvan.
Le 3 août 1897 "Le confédéré"
Depuis le 24 juillet , Saxon est relié téléphoniquement
à Martigny ; Riddes et Saillon le seront prochainement
.
Voici la liste des abonnés de Saxon au téléphone
: Société des conserves alimentaires ; MM . Fama-Golaz
; Mermoud Félix ; Crettenand César , négociant
; Zimmermann Albert , cafetier M mes Veuve Orsat , café
Suisso ; Veuve Pédroni , négociante .
A cette époque-là, le chef-lieu possédait
une ligne téléphonique avec Montreux, qui fut
prolongée jusqu'à Lausanne en 1897.
Le 29 septembre 1897 3Le confédéré"
Loèche-Ville et Loèche-les-Bains sont reliés
depuis vendredi dernier avec le réseau téléphonique
suisse .
Le 9 février 1898 "Le confédéré"
M . de Grisogono nous adresse à propos du téléphone
, la communication suivante :
Injustement prétérité par l'administration
du téléphone de notre réseau , je porte
à la connaissance de mon honorable clientèle ,
de mes collègues et amis , que j'ai dû abandonner
mes deux stations . Toutefois l'on pourra, correspondre avec
moi. en demandant au téléphone de Saint-Maurice
M . Pappaz , maître voiturier pour mon Hôtel et
Buffet . Joseph de Grisogono.
Le 26 mars 1898 "Gazette du Valais"
Confédération suisse
Comptes des télégraphes . Le résultat
financier , pour 1897 se présente comme suit :
Recettes Fr . 7 , 887 , 189 , 50
Dépenses Fr . 7 , 512 . 740 , 94
soit nn solde actif de fr . 374 , 448 , 56 contre 801 , 324
fr . 86 en 1896 . Ce solde actif se répartit comme suit
:
- Pour le télégraphe , 170 , 761 fr . 82 .
- Pour le téléphone , 213 , 686 fr . 74 .
Le nombre des abonnés au téléphone s'est
augmenté , en 1897 , de 3756 et sélevait , à
fin décembre 1897 , à 28846 .
Le 6 avril 1898 "Gazette du Valais
" Canton du Valais
Service téléphonique . Nous lisons dans
la tribune de Genève , la correspondance suivante émanant
du Valais : Montana , le 1 avril 1898 :
Monsieur le Rédacteur , J'ai recours à l'hospitalité
de la tribune pour demander comment il peut se faire que l'administration
des téléphones laisse interceptée près
d'une semaine la ligne téléphonique qui relie
le Valais à Genève ? Depuis lundi , 28 mars ,
cette ligne est coupée , c est le cas encore aujourd'hui
1 avril , ce sera peut-être le cas longtemps encore .
Vraiment , cette administration d'Etat en prend trop à
son aise avec sa clientèle . Il semble qu un fil provisoire
aurait pu être placé dans les 48 heures au moins
, surtout lorsqu'il s'agissait de l'unique communication téléphonique
reliant le Valais avec Vaud et Genève . En vous remerciant
d'avance , etc . D Th . STEPHANI .
Le même journal ajoute une note : L'interruption dont
parle notre correspondant n'est pas imputable à la direction
de Genève . Elle provient de la chute d'environ 70 poteaux
, entre Vevey et Montreux , supportant entr'autres toutes les
lignes du Valais . M. Abrezol , inspecteur des téléphones
, s'est rendu sur place et a fait procéder aux réparations
les plus urgentes . Quant à l'idée de notre correspondant
la pose d un fil dans les 48 heures elle est pratiquement
irréalisable sur une longue distance . On ne peut , en
deux jours , élever 70 poteaux , avec toutes les lignes
qu'ils supportaient . Mais ce qui reste de cette déplorable
aventure téléphonique , c'est l'obligation pour
l'Administration fédérale de prendre des mesures
pour l'avenir , afin qu'au premier accident un peu important
elle ne se trouve pas complètement désemparée
. Ajoutons , de notre côté , qu'à la date
du 4 avril , les communications sont toujours interrompues avec
la Suisse , au-delà de Martigny , cette dernière
station s'étant intercalée depuis sur l'un des
fils . La question nous paraît cependant grave et digne
de l'attention sérieuse des autorités cantonales
et municipales et des centres intéressés du Valais
. Etant donné le progrès rapide du téléphone
chez-nous par la construction des nouveaux réseaux téléphoniques
, de Vissoie-Zinal , Finshauts , Brigue , etc ., il serait temps
, pour les affaires intérieures du canton , pour le développement
de lindustrie des hôtels , et pour les facilités
à accorder aux étrangers, que le Valais ne soit
plus dans l'obligation de passer par la station centrale de
Lausanne pour ses communications les plus urgentes, comme nous
devons le faire actuellement , et qu un service d'une telle
importance ne soit plus à la merci d'une interruption
survenue dans le canton de Vaud , pour les besoins intérieurs
de cette région ...
Le 9 avril 1898 "Gazette du Valais"
Les communications interrompues ces jours derniers sont
maintenant toutes rétablies , en sorte que l'on peut
converser avec toutes les stations du réseau suisse ,
à l'exception toutefois de la ville de Zurich , qui restera
privée du téléphone pendant plusieurs mois
, par suite de l'incendie relaté dans notre dernier numéro
.
Postes , télégraphes , téléphones
. Sont nommés : Commis de poste , à Sion
, M . Clément Imhof , dErnen ( Conches ) . Ruraliste
postal , facteur et télégraphiste au Bouveret
, Mlle Anne-Marie Duchoud , de feu Auguste , actuellement aide
de poste , télégraphiste et téléphoniste
à Monthey , Mlle Philomène Jardinier ...
Le 9 avril 1898 "Gazette du Valais"
Téléphone fédéral . Il fallait
s y attendre Le Bund laisse entendre à propos des récents
désastres téléphoniques , que des mesures
nouvelles vont être proposées . Il s'agit sans
doute , pensera le lecteur bénévole , de mesures
de consolidation du réseau téléphonique
, de telle manière que le passant ne risque pas trop
d'être foudroyé ou assommé par la chute
d un poteau pourri . Erreur ! observe le Nouvelliste , c est
contre les entreprises de transport de force électrique
que des mesures vont être prises . Elles n ont pas de
faute à leur actif ; leurs installations , contrôlées
par la Confédération , sont solides et mettent
en danger le moins possible la sécurité publique
. Ça ne fait rien . Elles ont tort, parce qu'elles empêchent
l'administration téléphonique d'installer son
réseau . La Confédération se réserve
le droit. de forcer les autres à bien travailler . en
quoi elle a raison : mais elle se réserve celui de mal
travailler elle-même , en quoi elle a tort . C'est pourquoi
, au lieu de faire son mea culpa , et de se mettre à
la besogne aussitôt pour éviter l'éternelle
répétition de mêmes accidents , elle témoigne
l'intention de persister dans ses erreurs et d'en faire porter
le poids à autrui .
Le 14 mai 1898 "Le confédéré"
Voici , d'après le rapport de gestion du département
des postes et télégraphes , la statistique des
conversations téléphoniques tant locales qu'interurbaines
du réseau valaisan pour 1897 :
Sion 14 871 : Martigny 13 185 ; Monthey 6119 ; Salvan 1884 ;
Saxon 1616 ; Sierra 1474 ; Loèche-Ville 675 , en tout
39 824 .
On remarquera que le chiffre des conversations du réseau
de Martigny , lequel a été ouvert le 23 janvier
1897 , atteint presque celui de Sion ; le nombre relativement
faible de celles des réseaux cle Saxon , Salvan , Sierra
et Loèche s'explique par ce fait que ceux-ci n'ont été
ouverts que dans la seconde moitié de l'année
. Nul doute que lorsque l'usage du téléphone se
sera généralisé en Valais on n'arrive à
un chiffre de conversations bien supérieur à celui
de 39 824 .
Le 8 juin 1898 "Gazette du Valais"
Finhauts
Dans le courant de la semaine prochaine s'ouvrira une nouvelle
station centrale téléphonique avec 12
abonnés .
Voilà donc le téléphone au sommet des Alpes
. Où s arrêtera la transformation de notre vallée
jadis si paisible ? Y verra-t-on en cette fin de siècle
la vapeur grimper des coteaux. Quand aurons-nous la lumière
soleil de M . Dumont .Du train dont vont les choses , bientôt
, peut-être . Espérons que noua n'aurons pas lieu
de regretter le bon vieux temps , où la seule hôtellerie
de l'endroit était un modeste et antique presbytère
, les seuls moyens de communication des sentiers de chèvres.
Le 28 septembre 1898 "Gazette du
Valais"
Le réseau du téléphone se développe
d une manière réjouissante dans notre canton .
Après Brigue c'est Vouvry et Vionnaz qui viennent d'être
reliés dernièrement à l'artère qui
commence à desservir jusqu'aux vallées les plus
reculées nos populations . Nous pensons intéresser
nos lecteurs en donnant ici , en attendant qui'ls paraissent
dans la prochaine liste officielle , les noms des abonnés
de Brigue , Vouvry et Vionnaz :
Brigue : Arlettaz Albert , café du Commerce
, Borter Adolphe , entrepreneur , ( Ried , Brigerberg
) , Commune de Naters , ( Naters ) , Escher Jos
mère . Hôtel Poste et Couronnas . Escher
Jos fils , Hôtel Terminus et Buffet , Explosifs
, ( Gamsen ) , Forni Jean , scierie , Gemmet Clément
, Hôtel du Pont , Hôtel dAngleterre ( Zufferey
Robert ) , Hôtel du Pont ( Gemmet Clément
) , Hôtel Poste et Couronnes ( Escher Jos ., père
) , Hôtel Terminus et Buffet ( Escher Jos ., fils
) , Hôtel-Pension Muller ( Gliss ) , Imhof
Jos .-Marie , forgeron , Kreutzer Fr , café National
, Mercier & C , entrepreneurs postaux , Muller
, bôtel-pension , ( Gliss ) Rebora Antoine , commerce
en gros , Seiler Alexandre & Ci 0 , hôtelier
, Seiler Joseph , hôtelier , Zufferey Robert
, Hôtel dAngleterrp .
Vouvry : Carraux Emile , hôtel-Pension ,
Carraux Séraphin , aubergiste , ( Miex ) ,
Commune de Vouvry , Cornut Victor , négt .,
Ducrey Ad ., moulin , Hôtel-Pension de Vouvry ,
Hôtel Lac de Tanay , ( Tanay ) , Leulwyler &
Bruchet , fabr . de chaux , Parchet Octave , fabr . de
gyps , Parchet Amélie , Hôtel , ( Tanay
) , Schelling & C , fabr . de carton .
Vionnaz : Station communale . Cette dernière
sert aussi à la transmission des télégrammes
En 1899 on raccordait Sierre, Loèche-Ville,
Brigue, Ardon et Martigny au reste de la Suisse.
Carte
du réseau en 1900
Un trait = représente les fils, Un cercle = les bureaux
ouverts au public,
autre partie
Rappel 1900 en Suisse : à cette date, 318 réseaux
locaux établis aussi bien dans les villes que les villages
sont regroupés pour constituer un réseau national
dont le tracé représente 15 000 km de lignes desservant
plus de 41 000 postes téléphoniques.
Le 20 juin 1900 "Gazette du Valais"
Le réseau valaisan compte en ce moment 13 stations
centrales, il ne sera pas inutile, à l'approche que
la saison des tours de montagne et des excursions , d'indiquer
, un peu en détail , commeut se repartissent , entre
les séjours d'éte de notre canton les abonnements
qui permettent de communiquer de vive voix avec son bureau ou,
suivant les circonstances , avec sa famille .
Station d'ARDON: 12 abonnés , dont 9 à Ardon ,
1 à Chamoson , 2 à Vétroz .
Station de BRIGUE : 27 abonnés , dont 21 à Brigue
, 1 à Gamsen , 1à Naters , 1 à Brigerberg
.
Station de FINSHAUTS : 13 abonnés , dont 12 à
Finshauts , 1 à Giétroz .
Station de LGECHE : 13 abonnés , dont 9 à Loèche-Ville
, 1 à la Souste , 1 à Varonne , 1 à Finges
, 1 à Loèche les-Bains ( Société
des eaux et des hôtels ) .
Station de MARTIGNY - VILLE : 38abonnés , dont 28 à
Martigny-Ville , 5 à Veinayaz-Salvan , 4 à Martigny-bourg
, 1 à La Coix ( Martigny-Conibes ) .
Station de Monthey : 25 abonnés , dont 15 à Monthey
, 4 à Champéry , 2 à Collombey ( station
communale ) , 1 a Muraz ( station communale ) 1 à Val
d'lliez ( station publique ) , z2à St-Triphon .
Station de SALVAN : 18 abonnés , dont 12 à Salvan
, 3 aux Marécottes , 1 à « Les Cranges »
, 1 a Tnqueut , 1à la Combe .
Station de SAXON : 16 abonnés , dont 10 à Saxon
, 1 à Ecône ( école d agriculture ) , 1
à Charrat ( hôtel Pierre-à-Voir ) , 2 à
Saillon , 1à Leytron ( station communale ) , 1à
Riddes ( station communale ) .
Station de SIERRE : 16 abonnés , dont 9 à Sierre
, 1à Glarey , 1 à Muraz , 1 à Venthône
, 1 à Anchettes , 1 à Mollens , 1 à Orzières
( Sanatorium ) , 1 à Crans sur Montana ( hôtel
du Parc ) .
Station de SION : 81 abonnés , dont 66 à Sion
, 6 aux Mayens de Sion , 3 à Vex , 1 au Pont de la Morge
, 2 à Bramois , 1 à Pralong ( hôtel ) ,
1 à Lavernaz , 1 à Savièse ( station communale
) .
Station de VIEGE : 13 abonnés , dont 12 à Viège
, 1 à Stalden . Station de VISSOYE ( pour toute la vallée
d'Anniviers ) : 11 abonnés , dont 2 à Vissoye
, 3 à Zinal , 2 à StLuc , 1 à Chandolin
, 1 à Grimentz , 1à lhôtel Weisshorn , 1
à Fang .
Station de VOUVRY : 9 abonnés , dont 6 à Vouvry
, 1 à Tanay , 1 à Miex , 1 à Vionnaz (
station communale ) .
Soit au total 293 abonnés répartis dans 64
localités du Canton .
Le 11 juillet 1900 "Gazette
du Valais" Champery
Dans ce même gracieux village illustré par la .
Dent-du-Midi , quelques négociants et maîtres d'hôtels
avaient demandé l'installation du téléphone
chez eux . La chose leur paraissait d'autant plus possible que
la ligne elle-même existe déjà , se rendant
à l'hôtel de la Dent-du-Midi . Mais depuis plusieurs
mois qu'ils attendent , les futurs abonnés au téléphone
ne voient rien venir , et une réclamation au directeur
d'Aigle n'a servi à rien , aussi manifestent-ils hautement
leur mécontentement, et leur patience est-elle lassée
des lenteurs de l'administration fédérale . Espérons
qu'on écoutera leurs demandes...
Le 18 juillet 1900 "Gazette du Valais"
Depuis le 15 juillet , le réseau des téléphones
de Viège est ouvert il la correspondance générale
.
Les abonnés sont : 1 . Maison communale , Viège
. 2 . Viège-Zermatt , Viège . 3 . Darioli Casimir
, Viège . 4 . Poste Gendarmerie , Viège . . 5
. Hôtel des Alpes , Viège ( Inalbon frères
. 6 . Hôtel des Alpes , Viège ( Lagger , Stampfer
. ) 7 . Hôtel du Soleil ( Mathier Ford . ) . 8 . Hôtel
de Stalden , Stalden ( Lagger . Stampfer ) . 9 . Perren , café
Place , Viège . 10 . Possa , ferblantier , Viège
. 11 . Viotti , buffet gare , Viège . 12 . Weissen ,
pharmacien , Viège . 13 . Joséphine Zurbriggen
, Viège.
Viège est relié par uu fil direct avec Brigue
, qui l'est avec Sion , et le sera prochainement avec Zermatt
.
La section de Champéry s'est également ouverte
ces jours . Les abonnés au téléphone sont
: 1 . Ignace Chapelay , négociant , Champéry .
2 . Défago , Croix fédérale , Champéry
. 3 . Exhenry , Hôtel de Champéry , à Champéry
. 4 . Exhenry , Hôtel Dent du Midi , à Champéry
. La
station communale de Val-dIlliez sera ouverte prochainement
. Nous apprenons que Sion possède depuis trois jours
une communication télégraphique directe avec Genève
. Grâce à un système ingénieux ,
on est parvenu à utiliser les fils téléphoniques
pour le trafic télégraphique . Ainsi on peut causer
et télégraphier simultanément , sur le
même fil , sans quil en résulte aucun trouble pour
l une ou l autre de ces correspondances ...
Le 25 juillet 1900 "Le confédéré"
La station de Champéry a été ouverte
au téléphone ces jours-ci . Les abonnés
sont : MM . Ignace Chapélay , négt ; Ern . Défago
, Croix fédérale ; Charles Exhenry , Hôtel
de Champéry ; Théophile Exhenry , Hôtel
Dent du Midi .
La station de Val d'IUiez sera ouverte prochainement .
Depuis le 15 juillet , le réseau des téléphones
de Viège est ouvert à la correspondance générale
. Viège est relié par un fil direct avec Brigue
qui lest avec Sion et le sera prochainement avec Zermatt .
Depuis quelques jours Sion est en communication directe avec
Genève . Grâce à nu ingénieux système
dont , on fait grand usage en France , on se sert du fil téléphonique
pour transmettre les télégrammes et réciproquement
. Dans le cas particulier , cest à partir de Lausanne
que le même fil sert indifféremment à transmettre
soit une conversation par téléphone soit un télégramme
.
Le 24 août 1901 "Le confédéré",
Téléphone direct Bex-Hartiguy
L'Echo du Rhône nous apprend que devant les inconvénients
chaque jour constatés pour la population de Bex dêtre
obligée de passer par Lausanne pour téléphoner
à Martigny et au-delà , des démarches vont
être faites auprès de l'autorité compétente
pour l'obtention d'un fil dirct Bex-Martigny . Nous ne pouvons
qu'a applaudir à cette louable initiative . On sait que
pour obtenir le fil direct , il suffit de le demander à
la direction , qui l'accorde moyennant qu'on lui garantisse
que les recettes couvriront les dépenses.
Le 13 avril 1901 "Le confédéré"
Voici , par ordre numérique , le chiffre des conversations
téléphoniques , tant locales qu'interurbaines
, des 14 réseaux valaisans pour 1900 : Sion 32
746 ; Martigny-Ville 22 340 ; Monthey 13 760 ; Brigue 10 661
; Saxon 9 199 ; Sierre 9 064 ; Loèche 5 533 ; Vouvry
4 686 ; Salvan 4 572 ; Ardon 3 020 ; Vissoie 3 ,007 ; Finshauts
2 653 .
Le réseau de Viège , ouvert le 15 juillet 1900
, compte 1366 conversations et Zermatt , ouvert un mois plus
tard , 764 .
On voit que le téléphone est bien définitivement
implanté chez nous et quil est appelé encore à
se développer
Le 2 mai 1903 "Lami du peuple"
Le nombre des stations centrales téléphoniques
du Valais n a pas varié en 1902 ; il est resté
de 14 , non compris St-Maurice, qui a 8 abonnés
reliés au réseau de Bex . Les abonnés des
stations valaisannes sont au nombre de 338 , en augmentation
de 10 sur l'année dernière , ce qui représente
environ un abonné sur 350 habitants . Les 14 stations
centrales desservent 76 localités et 8 stations communales
. Voici le tableau des conversations locales et interurbaines
échangées en 1902 .... On continue à se
plaindre amèrement de la difficulté que l'on éprouve
à être mis en communication d'abord et à
se faire comprendre ensuite entre les abonnés de St-Maurice
, de Monthey et de Vouvry d une part , et les autres stations
valaisannes d'autre part . Cela tient , dit-on, à une
chinoiserie du règlement qui interdit à ces trois
premières stations de pouvoir se relier par un fil direct
avec les autres stations valaisannes ; en vertu de cette disposition
réglementaire . St-Maurice ne peut être relié
qu'à Bex , et Monthey et Vouvry à Aigle . C'est
pourquoi quand un abonné du Valais veut causer à
une personne de St-Maurice ou de Monthey , la communication
ne s'établit qu en passant par Aigle , Vevey , Lausanne
et retour . Il faut espérer que les démarches
des intéressés et des autorités finiront
par obtenir un changement à ce mode de procéder
injustifiable . Et sil faut un effort pour supprimer ou modifier
cet article absurde du règlement , eh bien , qu' on le
fasse .
Le 6 mai 1903 "Gazette du Valais,
Volume 48, Numéro 36"
Nous apprenons qu'à partir du 1er juin, la commune de
Conthey sera desservie par un bureau téléphonique
que l'on installe présentement à. St-Séverin.
Le titulaire en sera M. Eug.
Le 9 mai 1903 "Le confédéré"
La commue de Conthey aura un bureau téléphonique
dès le 1 er juin ; il sera installé à St-Séverin
et aura pour titulaire M. Eugène Dissimoz .
A Dorénaz c'est de 1901 à 1921 où
la commune acheta un corbillard et une pompe à piston
pour le service du feu, avant dinstaller leau courante,
les égouts, le téléphone public et lélectricité.
Au cours des décennies se développa un réseau
téléphonique aérien étendu qui,
parce que trop exposé aux tempêtes, aux chutes
de neige et aux avalanches et aussi à cause de l'augmentation
constante du trafic, fut remplacé plus tard en grande
partie par un réseau étendu de câbles souterrains.
Le 6 août 1904 "Journal et
feuille davis du Valais"
SERAIT-CE POSSIBLE Le « téléphone automatique
» existe ; il va ètre employé à Paris
de même quà Vienne .
L'administration des téléphones a décidé
, après des essais préalables qui ont donne des
résultats des plus satisfaisants de faire un premier
essai réplique avec le téléphoné
automatique . A cet effet deux cents abonnés vont ètre
munis d'un appareil fonctionnant automatiquement . Le choix
porterà de préférence sur les abonnés
ayant de nombreuses communications téléphoniques
. L'administration des téléphones étudie
également dit le Figaro une série d'autres innovations
telles que l'établissement de lignes dites de Société
, qui peuvent ètre utilisés par deux ou plusieurs
personnes dont les appareils sont reliés à un
même fil et qui peuvent être demandées séparément
. Enfin des essais de télégraphie sans fil vont
être faits dans les premières semaines et des stations
d'études sont en voie de construction . Le téléphone
automatique , le téléphone sans fil à quand
ces merveilles chez nous ?
17 septembre 1904 "Journal et feuille
davis du Valais" Un bureau de télégraphe
et le téléphone relient Binn avec la vallée
du Rhóne.
Le 22 octobre 1904 "Le confédéré"
Bex
On apprendra avec satisfaction que depuis quinze jours
un fil téléphonique relie directement Martigny
à Bex . Tout ceux qui ont eu à téléphoner
dans le Bas-Valais apprécieront à sa valeur l'innovation
que, sur les réclamations du public , la Direction des
téléphones vient d'introduire.
Le 26 octobre 1904 "Lami du
peuple" Le téléphone an St-Bernard ,
On annonce que les refuges de la route du Grand-St-Bernard viennent
d'être munis d'appareils téléphoniques en
relations directes avec l'hospice . Grâce à cette
innovation , les moines de l'hospice sauront exactement , en
cas de danger , sur quel tronçon de la route il faut
envoyer du secours , c'est-à-dire un homme et un chien
. La route du Grand-St-Bernard est toujours très fréquentée...
Le 4 mai 1905 "Gazette du Valais"
,Téléphone italo-suisse .
La Tribuna dit que M. Pioda , ministre de Suisse à Rome
, a conféré avec le ministre Italien des postes
et télégraphe dans le but de régler définitivement
les itemes de la convention Italo-Suisse pour l'établissement
de ligne téléphonique Milan-Lausanne à
travers le Simplon. La convention vient d'être signée.
Les dépenses seront partagées entre l'Italie et
la Suisse proportionnellement à la longueur du câble
dans chacun des territoires respectifs.
Le 3 juin 1905 "Le confédéré",
Il existe dès maintenant une communication téléphonique
directe entre Montreux et Monthey.
Le 31 janvier 1906 "Lami du
peuple" Antonr da Simplon . Les câbles tunnel
du Simplon.
La pose des câbles dans le tunnel du Simplon a commencé
lundi matin . On espère pouvoir terminer les travaux
en dix jours . Ces câbles sont au nombre de six . Le sixième
est le câble militaire ; il est destiné à
de mystérieux usages que l'on devine . On pense bien
aussi qu'il n'ira pas jusqu'à elle : il ne dépassera
pas la frontière , si même il l atteint . Les cinq
autres câbles courront d'un bout à l'autre du tunnel
. L'un d'eux servira au télégraphe et au téléphone
réservés au public ; un autre servira à
la lumière , et , comme le courant qu'il portera aura
jusqu'à 500 volts , il sera séparé des
autres par une paroi en briques , afin d'éviter des courts-circuits
gros de conséquences fâcheuses ; un troisième
servira au télégraphe et au téléphone
pour le service de l'exploitation ; un quatrième , aux
signaux à cloches et au block-système ; le cinquième
est de réserve , sauf erreur , car les explications ont
quelque peu différé sur ce point .
Les bobines d'environ 8000 kilos chacune sont
transportées , sur wagon , dans l'intérieur du
tunnel et dévidées avec soin . Le travail est
important , puisqu'il s'agit de poser , au total , 5 câbles
de 20 km et un câble de 10 k soit 110 km de câbles
. Le canal des câbles sera recouvert de dalles de granit
, et celles-ci soigneusement soudées . Cette soudure
est un travail délicat qui exige des ouvriers spéciaux
et pas mal de temps . A mesure que l'on posera les dalles ,
on procédera au « bourrage » des traverses
, c'est-à-dire au remblayage définitif de la voie
. Ces opérations terminées , les travaux seront
remis par l'entreprise aux C . F . F . ...
Le 21 avril 1906 "Lami
du peuple"
Une ligne téléphonique de Sion à Evolène
étant prévue , la municipalité du chef-lieu
a décidé de participer à la garantie exigée
du 25 % de la recette minimale pour une ligne directe . La commune
de Sion bénéficiera dans la même proportion
de la subvention cantonale .
Le 3 juillet 1906 "Le nouvelliste"
St-Maurice
Grâce aux énergiques démarches de personnes
influentes et dévouées , l'Administration des
Télégraphes a enfin accordé à la
Municipalité de St-Maurice la transformation de sa station
téléphonique en Réseau indépendant
. On sait que pour ce qui concerne le téléphone
, St-Maurice était jusqu'ici absolument sous la tutelle
de Bex doù il résultait , et des retards dans
les Communications et des ennuis de toutes sortes . Cet état
de chose a disparu maintenant et St-Maurice est entré
en Valais depuis le ler juillet . De ce lait , les prix
des abonnements sont abaissés de 35 fr . et d'appréciables
améliorations de service en découlent déjà
telles : bureau ouvert toute la journée .
De nouveaux fils seront lancés dans les deux directions
. Les villages voisins pourront se relier plus facilement au
réseau valaisan qui compte aujourd'hui 14 stations
centrales. Puissent les abonnés actuels et futurs
ne transmettre entre eux que d'heureux messages
Le 4 août 1906 , le téléphone
pénétrait à Evolène qui, pendant
52 ans, n'avait eu à sa disposition qu'une seule ligne
télégraphique pour correspondre avec la vallée.
Il y avait 9 abonnés en 1906.
Le 8 août 1906 "Lami du peuple"
La nouvelle communication téléphonique Sion-Evolène
, ainsi que le réseau Evolène-Arolla ont été
mis en exploitation samedi 4 août.
Le 6 novembre 1906 "Gazette du Valais"
Le réseau dés téléphones prend de
l'extension. Le nombre des stations centrales s'élevait
le printemps passé dans notre canton à 24 .
Le nombre de stations dotées du téléphone
s'élève à 88 ( augmentation 6 en 1905 )
Le nombre des stations d'abonnés, 445 ( augmentation
26 ). La longueur des fils téléphoniques est de
1670 km (angmentaition 201 km) Il a été ouvert
en 1905 une ligne téléphonique directe de Martigny
à Bex
Le 13 novembre 1906 "Le
nouvelliste"
Téléphone Lausanne-Martigny . La Municipalité
de Martigny et les stations estivales des vallées de
Bagnes , Entremont et environs ( lac Champex , Finshauts , Forclaz
, etc ) , désireraient être reliées à
Lausanne par un fil téléphonique direct en vue
de permettre aux hôtels de cette région d'avoir
des relations faciles avec une localité importante comme
Lausanne . L'établissement de ce fil direct peut étre
fait moyennant une garantie de 3400 fr . à répartir
entre les intéressés . Pour couvrir cette somme
il faudrait 6800 conversations à 50 centaines chacune
. Il est évident que les comrnerçants et industriels
lausannois sont intéressés à l'établissement
de ce fil qui permettra aux hôteliers et habitants de
Martigny et des environs de faire leurs commandes à Lausanne.
1907 "Le Valais" Val de Bagnes
commune montagnarde du district d'Entremont prépare l'arrivée
du téléphone. (Tiré
d'un article de Fernand DESLARZES )
Bagnes Dans la séance du 14 août 1907 du
conseil municipal, il est donné connaissance «
d'un télégramme de la Direction des Téléphones
informant que les travaux pour l'installation à Bagnes,
commenceraient le 2 octobre, que nous avions à transporter
les poteaux pour la ligne de Verbier. Le conseil décide
de répondre qu'il ne pourra faire ce « transbordement
» qu'après les vendanges de Fully » !
Signalons encore que le télégraphe avait été
installé déjà à la fin du 19e siècle.
Le 23 mars 1907 "Le confédéré",
Le téléphone de nuit .
Les conventions internationales qui réduisent
les taxes téléphoniques pour le service de nuit
entre la Suisse dune part , la France , l'Allemagne et l'Italie
de l'autre, sont entrées en vigueur le 20 mars . On sait
que d'après ces conventions la taxe est réduite
des 2 / 5 pour les conversations de nuit avec la France et l'Italie
; elle est réduite de 1 / 2 pour le service d'abonnements
conversations de 6 à 12 minutes chaque nuit
avec la France , l'Italie et l'Allemagne . Le service de nuit
commence à 9 heures du soir et se termine à 8
heures du matin ( heure française pour le service franco
suisse ) . Il est bon de rappeler à ce propos que depuis
le 1 er mars la réduction des 2 / 5 est appliquée
à toutes les conversations interurbaines de nuit . Le
public ne semble pas en avoir fait grand usage jusqu'ici , mais
il saura , sans doute , tirer profit de cette amélioration
dès quelle sera un peu connue. (A cette date le téléphone
était manuel et les mise en relation étaient faites
par des opératrices qui dans les petites villes et communes
n'assuraient pas le service de nuit)
Puis Le juin 1907 "Journal et feuille davis
du Valais" Ligne téléphonique Brigue-Domodossola
(Italie)
Le téléphone est installé depuis le 1er
juin entre Brigue et Domodossola en Italie.
Dans sa séance du 27 avril 1907, le conseil décida
« d'une manière définitive de demander l'établissement
d'une ligne téléphonique à Bagnes et par
conséquent d'en assumer les charges ».
C'est le 14 mars 1908 dans le journal "Le nouvelliste"
qu'il est annoncé l'arrivée du téléphone
à Bagnes
Le téléphone vient d'être installé
dans la Vallée de Bagnes ; le chef-lieu Chable,
a réuni les douze souscripteurs exigés pour la
ligne nouvelle. Dans sa séance du 28 novembre 1917,
le conseil propose l'installation du téléphone
à la maison communale .
Le 25 janvier de la même année, il avait décidé
de faire installer la lumière électrique dans
la salle du conseil.
Le 2 mai 1907 "Journal et feuille
davis du Valais"
A la fin de l'année 1906 , le réseau télégraphique
de la Suisse comptait 53 711 abonnés , soit 3 378 de
plus qu'à la fin de la précédente année
.
Le 28 avril 1908 "Gazette du Valais"
L'électricité en Suisse
En 1855 , il n'y avait que 2652 kilomètres de fils appartenant
à l'administration des télégraphes .
En 1906 , ce nombre avait été centuplé
. Il y avait à la fin de cette année-là
296 220 km . de fils télégraphiques ou téléphoniques
, soit de quoi entourer plus de 7 fois le globe terrestre .
En 1885 , on n'avait enregistré qu'environ 3 1/2; millions
de conversations locales et 150 000 conversations interurbaines
; en 1906 , on compte 32 millions de conversations locales et
près de 7 millions d'interurbaines . Il est suggestif
également de comparer le nombre des dépêches
expédiées en 1855 133 000 par le service
interne , 25 000 par le service international ou dix ans plus
tard 364 000 par Je service interne , 196 000 par le service
international ou encore vingt ans plus tard 2
millions par le service intérieur , 594 000 par le service
étranger ( dépêches pour l'étranger
et dépêches de l'étranger ) et celui des
dépêches expédiées en 1906 .
Le service interne expédie moins de dépêches
aujourd'hui qu'en 1875 , soit 1million 608 838 . Il subit là
les effets de la concurrence du téléphone . Par
contre le service externe n'a cessé de se développer
, le téléphone avec l'étranger continuant
à être généralement plus coûteux
, moins sur et parfois aussi lent , En 1906 , nos télégraphistes
ont expédié 1 148 136 dépêches et
en ont enregistré , de l'étranger 1 191 820 .
Le 28 mai 1907 "Le nouvelliste"
Télégraphes et téléphones .
Il y avait en Valais , à la fin de l'année
1906 , 83 bureaux télégraphiques ; augmentation
en 1906 , 2 par la création de ceux de Montana-Vermala
et Brigue-gare . Le nombre des stations téléphoniques
centrales sélève actuellement dans notre canton
à 28 , augmentation en 4906 , 4 : Orsières , Champex
, Evoléne , Arolla .
Le nombre des localités avec téléphone
s'est accru de 40 en 1906 ; il s'élève donc à
fin 1906 au chiffre de 98 . Le nombre des stations d'abonnés
est de 537 , augmentation de 4904. La longueur des fils téléphoniques
est de 2647 km; augmentation 947 km.
Le 12 juin 1907 "Le confédéré"
Martigny
La commune de Martigny-Ville ayant signé une garantie
de 3500 fr ., la direction des télégraphes a relié
directement par téléphone Martigny à Lausanne
, oe qui ne pourra que faciliter davantage les relations commerciales
de la localité . Dautre part , nous apprenons avec
plaisir que la grande commune de Bagnes va être dotée
du téléphone
Le 13 juin 1907 "Le nouvelliste
"
Nous apprenons avec plaisir que Bagnes va être
incessamment dotée du téléphone .
Le 17 juillet 1907 "Lami du
peuple", Service téléphonique .
Il sera distribué sous peu une nouvelle édition
de la liste des abonnés au téléphone, qui
contiendra les innovations suivantes pour les heures de service
en Juillet et Août des Bureaux de :
Vex les Mayens . Semaine et dimanche : de 7 h du matin . à
9 h du soir .
Evolène . Semaine et dimanche Juillet , de 7 à
12 h . m ., et de 1 à 8 h 1/2 , s Août , de 7 h
. m . à 9 h . s .
Loèche les Bains et Loèche-Ville , Semaine , de
7 h . m . à 9 h . s . Dimanche , de 8 h . à 12
h . et de 7 h 1/2. à S 7 h 1/2 . s
Le 23 novembre 1907 "Gazette du
Valais" Télégraphe et Téléphone
,
Le message du Conseil fédéral à l'appui
du budget pour 1908 constate que , dans le trafic intérieur
, le télégraphe est de plus en plus , délaissé
pour le téléphone . Pendant le premier semestre
de 1907 il a été consigné 686 657 télégrammes
intérieurs , soit à peine 0 , 3 % de plus que
pendant la période correspondante de 1906 . Quant au
téléphone , le nombre des abonnés est de
55 000 en chiffres ronds à lheure actuelle . En 1906
, le nombre moyen des conversations interurbaines a été
de 132,55 par abonné contre 122,1 en 1906 . Celui des
conversations locales a été de 598 , 5 par abonné
en 1906 contre 550 , 2 en 1902 .
Téléphone automatique . L'administration
des téléphones a fait établir à
Berne , il y a quelques mois , un premier téléphone
automatique , destiné aux conversations internationales
, dont l'invention est due à M . Vanoni , directeur des
télégraphes . L'essai est très satisfaisant
. Cet appareil rapporte journellement ses six francs , ce qui
veut dire que le public en apprécie les mérites
. Cependant , on ne prévoit pas pour le moment l'installation
d'automates semblables dans d'autres villes suisses . On tient
à ce que le fonctionnement soit tout à fait irréprochable
, ce qui n'a pas été absolument le cas jusqu'à
ces deux derniers mois . Quelques petits accrocs se sont produits
et ont exigé quelques légères modifications
. Aujourd'hui , toutt semble aller à souhait , mais la
direction des télégraphes estime , pour diverses
raisons , devoir prolonger la période d'essais .
Le 5 février 1908 "Le confédéré"
Le téléphone a enfin pénétré
en Entremont ; saluons cette bonne nouvelle qui réjouira
tous les amis de la belle vallée . En effet nous apprenons
que depuis lundi 3 et, à 4 heure une station téléphonique
est ouverte au public au chef-lieu de la commune de Bagnes ,
soit à Châble . A quand dans les autres communes
de la Vallée ?
Et aussi dans le "Journal et feuille davis du Valais"
du 14 mars 1908
téléphone vient d'ètre insallé
dans la vallèe de Bagnes ; le chef lieu , Chable , a
réuni les douze souscripteurs exigés pour la ligne
nouvelle .
Le 14 mars 1908 "Journal et feuille
davis du Valais" Bagnes dote du téléphone
Le téléphone vient d'être installé
dans la vallée de Bagnes ; le chef lieu , Châble
, a réuni les douze souscripteurs exigés pour
la ligne nouvelle ,
Le 24 septembre 1908 "Journal et
feuille davis du Valais"
A ia suite des démarches actives de l'alministialion,
le village de Basse-Nendaz vient d'être dote du téléphone
; il sera le bien venu dans la commune .
Le 24 octobre 1908 "Gazette du Valais",
Le téléphone à 4500 mètres d'altitude
.
L'administration des téléphones italiens vient
de livrer à l'exploitation la première ligne téléphonique
installée dans la région des glaciers alpins .
Elle a été établie entre l'observatoire
du Ment-Rose ( 4559 m ) et le refuge Gnifetti . Le câble
téléphonique qui part du sommet est formé
par un fil d'acier , mm ayant une épaisseur de 5 , étendu
le long du glacier . Quelques jours après son installation
, une couche épaisse de neige le recouvrait . Une équipe
de solides ouvriers . a travaillé longtemps à
transporter sur la hauteur , à dos d'homme , les poteaux
et les rouleaux de fils , dont chacun pesait 50 kilos . Il fallut
d'autre part , chercher à 30 mètres de profondeur
au-dessous du glacier supérieur l'eau libre pour y plonger
le câble destiné à la dispersion de l'énergie
. Une méthode nouvelle a été essayée
pour fixer les poteaux dans les glaciers : on employa , dans
ce but , des chutes d'eau bouillante . Le résultat fut
parfait . Des ingénieurs italiens procèdent en
ce moment à des études en vue d'établir
les règles pour la manutention de la ligne , qui sera
du reste continuée de l'abri Gnifetti , jusqu'à
l'abri Vincent , à 3000 mètres d'altitude.
Le 1 mai 1909 "Le confédéré"
Une innovation bienvenue . On procède en oe moment
à l'installation du téléphone dans les
différentes localités de la vallée de Bagnes
; bientôt , presque toutes en seront pourvues.
Le 11 août 1909 "Le confédéré"
Nous pensons intéresser grandement les centres
de Martigny , Sembrancher et environs en leur annonçant
l'ouverture de la station centrale téléphonique
de Sembrancher , effectuée hier lundi .
Cette nouvelle Centrale , reliée directement à
Martigny et desservant , entr'autres abonnés , les villages
du Levron , Voilages et Vens , sera , croyons-nous , d'une grande
utilité à toutes ces populations , qui vivaient
jusqu'ici dans un état d'isolement assez extraordinaire
pour notre époque . Nous ne pouvons qu'applaudir les
communes qui consentent à toute sorte de sacrifices pour
assurer l'établissement de pareilles communications.
A ce propos , nous remarquons que les communes libérales
de Liddes et Bourg-St-Pierre n'ont pas encore de téléphone
, alors que toutes les autres communes de l'Entremont , sans
exception , l'ont installé ; espérons que ces
deux communes ne resteront pas plus longtemps en dehors du réseau
téléphonique qui rend les relations si faciles
et qui devient presque indispensable dans le mouvement industriel
et commercial actuel .
Le 9 novembre 1909 "Le nouvellist"
Le téléphone fonctionne à Ayent
depuis le 27 ocobre .
Le 11 août 1909 "Le confédéré"
Nous pensons intéresser grandement les centres
de Martigny , Sembrancher et environs en leur annonçant
l'ouverture de la station centrale téléphonique
de Sembrancher , effectuée hier lundi . Cette nouvelle
centrale , reliée directement à Martigny et desservant
, entr'utres abonnés , les villages du Levron , Voilages
et Vens , sera , croyons-nous , d'une grande utilité
à toutes ces populations , qui vivaient jusqui'ci dans
un état d'isolement assez extraordinaire pour notre époque
. Nous ne pouvons qu'applaudir les communes qui consentent à
toute sorte de sacrifices pour assurer l'établissement
de pareilles communications . A ce propos , nous remarquons
que les communes libérales de Liddes et Bourg-St-Pierre
n'ont pas encore de téléphone , alors que toutes
les autres communes de l'Entremont , sans exception , l'ont
installé ; espérons que ces deux communes ne resteront
pas plus longtemps en dehors du réseau téléphonique
qui rend les relations si faciles et qui devient presque indispensable
dans le mouvement industriel et commercial actuel .
Le 12 août 1909 "Journal et feuille davis
du Valais"
Lundi a eu lieu l ouverture de la station centrale téléphonique
de Sembrancher . Cette nouvelle Centrale , reliée directement
à Martigny et desservant entr'autres abonnés les
villages du Levron , Vollèges et Vens , sera , d'une
grande utilité à toutes ces populations qui vivaient
jusqu'ici dans un état d'isolement assez extraordinaire
pour notre époque .
Le 19 juillet 1910 "Le confédéré"
Le téléphone dans les principales localités
du Valais , selon le dernier état distribué :
Sion , 101 abonnés ; Martigny-Ville 68 ; Martigny-Bourg
17 ; Brigue 46 ; Sierre 45 ; Monthey 36 ; St-Maurioe 21 ; Saxon
8 ; Vouvry 6 .
Le 21 juillet 1910 "Journal et feuille
davis du Valais"
Le téléphone a dans les principales localités
du Valais , selon le dernier état distribué :
Sion 101 abonnés ; Martigny-Vilte 68 ; Martigny-Bourg
17 ; Brigue 46 ; Sierre 45 ; Monthev 36 ; St-Maurice 21 ; Saxon
, 8 ; Vouvry , 6 .
Le 20 août 1910 , "nouvelliste"
. Téléphone au Mont Rose
Le réseau téléphonique le plus élevé
d'Europe vient dètre inauguré. C'est celui du
Mont-Rose, où quatre stations téléphonique
relient entre eux l'observatoire d'Alagna (3000 m) dans le val
Sesia , la cabane Gnifetli (3467 m) et le refuge Marguerite
(4560 m ).
Le 3 janvier 1911 "Journal et feuille
davis du Valais"
Le public est informe que dès maintenant les localités
de Nax . Vernamiège , Mase et . St-Martin sont reliées
téléphoniquement à la station téléphonique
centrale de Sion.
Le 16 mai 1911 "Journal et feuille davis du
Valais"
Il y avait en Valais , à la fini de l'année 1910
, 94 bureaux télégraphiques . La longueur des
fils télégraphiques est de 1391 Km . Un bureau
télégraphique a été établi
à Goppenstein en 1910 . Il existe actuellement dans le
canton 39 stations téléphoniques centrales et
intermédiaires . La station intermédiaire de Mcerel
a été ouverte en 1910 . Le nombre total des localités
avec téléphonie s'élève à
fin 1910 au chiffre de 158 et le nombre des abonnés au
téléphone est resté stationnaire , c'est
à-dire 3 de 800 . La longueur de 3 fils téléphoniques
est de 3718 kilomètres ,
Le 8 août 1911 "Gazette du
Valais".
A propos de l'ouverture de la ligne téléphonique
directe Brigue-Lausanne , qui doit faciliter les relations du
Haut Valais avec la capitale vaudoise , on écrit de Zermatt
à la Gazette de Lausanne que la création de cette
ligne n'était certes pas superflu . Il est vrai , ajoute
le correspondant , que l'administration a fait faire les travaux
en juillet , alors que nous avons le plus besoin de notre téléphone
pour les relations extérieures . Seulement voilà
, comme nous l'utilisons bien environ trois mois par an et que
nous sommes autorisés à payer la finance annuelle
entière , nous aurions mauvaise grâce à
réclamer quand on nous interrompt notre service pendant
ces trois mois . Il y aurait du reste compensation établie
par le bureau de poste , absolument inabordable une bonne partie
du jour , les guichets étant tous envahis par la poste
restante . Un guichet spécial faciliterait évidemment
le service et du public et des employés . Je ne désespère
pas de voir arriver ce guichet ; l'administrateur a bien fini
par obtenir , après cinq ans ou plus de réclamations
, qu on lui zingue la table des guichets pour éviter
que ses commis et leurs clients se remplissent les doigts de
déchardes de sapin . « Patience et longueur de
temps » , doit sûrement être la devise de
l'arrondissement postal qui nous régit .
Le 18 mai 1912 "Journal et feuille
davis du Valais"
Il y avail dans le canton à la fini de l'année
1911 :
Bureaux télégraphiques : 98 , dont 5 bureaux de
configuration à savoir : St-Maurice-gare , Vernayazgare
, Sion-gare , Loèche-gare et Brigue gare
11 stations téléphoniques communale avec transmission
télégraphique . Le bureau télégraphique
de Riitelberg a élé supprimé .
La longueur des fils télégraphiques est de1454
km. La longueur des lignes télégraphiques est
de 225 km .
Il esiste actuellement dans le canton 39 stations téléphoniques
centrales et intermédiaires .
Le nombre total de localités avec téléphone
sélève à fin 1911 au chiffre de 180 et
le nombre des abonnés au téléphone est
de 858 . La longueur des fils téléphoniques est
de 1332 km . La longueur des lignes téléphoniques
est de 412 km . Il a élé établi en 1911
une ligne téléphonique directe Lausanne-Brigue
et une communication téléphonique directe Sión-Montana-Vermala
.
Le 17 juillet 1912 "le confédéré"
La saison de 1912 débute par deux faits dune certaine
importance an poist de vue du développement de l'industrie
hôtelière locale : l'agrandissement , déjà
annoncé par la presse , de la cabane de Chanrion par
la section genevoise du S . A . C . et l'installation du téléphone
à Fionnay dont les travaux se poursuivent activement
à l'heure qu'il est . Dans quelques jours , ce sera chose
faite .
Le 30 novembre 1912 "Lami
du peuple"
Le téléphone « sous la neige . L'entreprise
du chemin de fer Brigue Disentis projette d'établir,
d'Oberwald au tunnel de la Furka, une ligne téléphonique
composée simplement d'un câble isolant que l'on
déposerait sur la neige .
Le 9 août 1913 "Le confédéré"
Le téléphone à Liddes et Bourg-St-Pierre
Depuis quelques jours les villages de Rive-Haute, Liddes
et Bourg-St-Pierre sont reliés au réseau téléphonique
d'Orsières . Les communes de Liddes et Bourg-St-Pierre
avaient toujours reculé devant la dépense qu'entraînait
l'installation du téléphone car elles ne trouvaient
pas les 10 abonnés nécessaires pour la création
d'un réseau central et le raccordement indépendant
pour chaque commune au réseau d'Orsières était
beaucoup trop coûteux . Les représentants des deux
communes au Grand Conseil ont fait des démarches auprès
de l'Administration des Télégraphes qui a admis
d'installer ces trois stations téléphonique sur
un même fil , ce qui a diminué considérablement
la taxe de ligne à payer annuellement à l'administration
des Télégraphes .
Le téléphone est maintenant installé dans
toutes les communes du district d'Enlremont . La grande commune
de Bagnes a donné l'exemple en faisant installer des
stations téléphoniques communales dans les 14
villages les plus importants . Le réseau téléphonique
du district serait complet si la commune d'Orsières dotait
aussi du téléphone les 4 ou 5 villages les plus
populeux de la commune . Vu les services très appréciés
que rend ce moyen de communication surtout aux villages isolés
de la montagne , privés de service médical et
pharmaceutique , dénués de toute installation
télégraphique , il serait à souhaiter que
la commune d'Orsières fît un petit sacrifice pour
l'intéressante population de ses habitants.
Le 19 août 1914 "Le confédéré"
Depuis aujourd'hui , les abonnés du Valais , à
l'exception de ceux des réseaux de St-Maurice , Martigny-Ville
et Brigue , peuvent de nouveau obtenir des conversations interurbaines
avec les localités ou régions non occupées
par l'armée . Le trafic interurbain privé avec
les localités de St-Maurice , Martigny-Ville et Brigue
reste toujours suspendu . Toutefois , il est défendu
aux abonnés de causer d'affaires militaires , de donner
quelque renseignement que ce soit sur la position , l'effectif
des troupes , leurs mouvements , etc . Toutes les conversations
seront écoutées et les abonnés qui transgresseraient
les ordres reçus seraient interrompus et , suivant le
cas , signalés aux autorités militaires . On ne
pourra se servir pour converser au téléphone que
de l'une ou l'autre des quatre langues ci-après , qui
sera comprise par le personnel de la station centrale : français
, allemand , italien et anglais . La Direction des Télégraphes.
Section de Sion : PILLONEL
Le 10 juin 1916 "Journal et feuille davis
du Valais"
Notre canton compte , actuellement , 101 bureaux télégraphiques
, dont un bureau de consignation , et bureaux téléphoniques
communaux avec transmission télégraphique . Le
nombre des stations téléphoniques centrales et
intermédiaires est de 40 . A la fin de 1915 le nombre
des localités avec téléphone s'élevait
à 1916 ( diminution en 1915 : 3 ) . Celui des abonnés
, à 924 .
En 1917 Le premier central téléphonique
semi-automatique de Suisse fut mis en service à Zurich-Hottingen.
Le 28 novembre 1919 "Le confédéré"
Sous l'active direction du président Paul Troillet
, l'administration communale d'Orsières a doté
du téléphone presque tous ses hameaux , soit pas
moins de huit . Ou a cependant oublié le nôtre
, mais nous pensons que ce nest que partie remise , car d'après
nos renseignements un abonnement pour un téléphone
relié à Sembrancher ne coûterait que 60
francs lan . Comme notre hameau voisin , Cbamoille de Sembrancher
n'a pas de téléphone non plus, nous demandons
donc aux autorités communales de Sambrancher et d'Orsière
de s'arranger eutre elles pour faire installer un téléphone
qui desservirait les hameaux de Chamoilie d'Orsières
et Chamoilie de Sembrancher . Nous osons espérer que
les deux communes pourront sans inconvénient inscrire
an budget de 1920 un poste de fr 30 pour nous doter d'un moyen
de communication très utile pour nos relations avec les
autres villages des deux communes , lors de nos travaux à
Fully et à Martigny et surtout en cas d'incendie ou de
maladie .
Le 17 juillet 1922 "Le confédéré"
On vient de commencer les travaux de pose des câbles
téléphoniques et télégraphiques
entre Lausanne , Aigle et Martigny pour remplacer les lignes
aériennes en vue de l'électrification de la ligne
Lausanne-Brigue .Pour le tronçon Lausanine-Aigle , les
travaux viennent de commencer et seront probablement terminés
dans le courant de septembre . Sur le tronçon Aigle-Martigny
, les travaux ont été adjugés la semaine
dernière et devront commencer le 1 er septembre . On
pense que les lignes pourront être mises en exploitation
à la fin de l'année . Après des essais
très concluants , la pose d'un seul câble combiné
pour le téléphone et le télégraphe
au lieu de deux câbles distincts entre Aigle et Martigny
a été décidée , permettant ainsi
de réaliser des économies sur les frais d'établissement.
Téléphone et Tourisme » L'administration
des Téléphones vient d'achever la pose d'un deuxième
fil direct Zermatt Brigue qui facilitera beaucoup les communications
entre la grande station de Tourisme qu'est Zermatt et le reste
de la Suisse et même d'au delà .
Des essais effectués récemment ont démontré
en effet qu'on pouvait maintenant téléphoner à
Londres sans difficulté , ce qui a engagé l'administration
fédérale à prévoir des communications
téléphoniques Zermatt-Londres pour le public,
et cela chaque jour dès 18 heures.
Le 29 juillet 1923. Le premier central
téléphonique entièrement automatique de
Suisse fut mis en service à Lausanne.
Pour quand dans Le Valois ?
11 juillet 1925 "Feuille commerciale
de Sierre et du district"
L'importante station d'été de Champex vient dêtre
reliée directement à Lausanne . Le téléphone
a été installé dans tout le val Ferret
: à Branche , Praillon , La Fouly . La centrale téléphonique
de Liddes sera reliée directement à Martigny à
partir de septembre.
Le 22 février 1926 "Le confédéré"
Le cinquantenaire du téléphone Opportunisme
ao démocratique
Au milieu de nos préoccupations journalières et
malgré qu'aujourd'hui les progrès de la science
permettent de transmettre à travers l'espace des signes
, des sons et même des images , accordons une pensée
de reconnaissance au téléphone , inventé
il y a juste ( cinquante ans . Certes , le petit appareil si
répandu aujourd'hui n'est pas toujours le bienvenu ,
sa sonnerie est quelquefois bien importune ... mais en général
il a rendu et rend encore à l'humanité d'inappréciables
services . L'exposition universelle de Philadelphie en 1876
révéla au monde l'appareil inventé par
l'Américain Graham Bell qui permettait d'échanger
des sons et des paroles sur une distance de quelques centaines
de mètres . Le véritable inventeur du téléphone
est en réalité un Allemand , Philippe Reis , maître
d'école à Friedrichsdorf , qui en 1861 , fabriqua
un appareil appelé « téléphone »
et qui permettait à l'aide d'un dispositif électrique
d'envoyer et de recevoir des sons . Cependant la transmission
de la voix humaine était tout à fait défectueuse
. Par contre , l'appareil perfectionné par Bell se répandit
dans le monde avec une rapidité prodigieuse . Vers la
fin de 1879 , le téléphone faisait déjà
son apparition en Suisse ; on le considérait en ce moment
comme un télégraphe destiné aux communications
à l'intérieur des villes . La question se posa
immédiatement de savoir si le téléphone
serait soumis au même monopole que le télégraphe
ou si la création et l'utilisation des réseaux
téléphoniques seraient laissées à
l'initiative privée . Le Conseil fédéral
et les Chambres décidèrent , malgré l'opposition
du Zurichois W .Ehrenberg , que le téléphone comme
le télégraphe deviendrait une entreprise réservée
exclusivement à la Confédération . Toutefois
, la construction et l'exploitation du premier réseau
téléphonique suisse , c'est-à-dire entre
Zurich et les communes environnantes , furent effectuées
par une compagnie privée qui déjà en 1886
cefa sa concession en faveur de la Confédération
. Au début , il semblait que le téléphone
serait toujours limité à l'usage des conversations
urbaines et que les villes resteraient toujours reliées
entre elles par le télégraphe . En 1880 , la ville
de Zurich créa un réseau téléphonique
local ; l'année suivante , Bâle et Berne l'imitèrent
, puis en 1882 Genève et Lausanne . De plus en plus ,
les localités voisines des centres urbains demandèrent
à être reliées aux villes par des communications
téléphoniques et peu à peu le réseau
s'agrandit .
La première ligne interurbaine fut installée entre
Winterthour et le réseau local de la ville de Zurich
. Toutefois , le développement du téléphone
n'était pas vu d'un très bon il par l'administration
des télégraphes qui croyait que l'usage du téléphone
en se développant , rendrait inutiles les lignes télégraphiques
qui avaient été construites à grands frais
. En 1880 , le Conseil fédéral , dans son message
au sujet de la nouvelle loi sur les téléphones
, mettait en garde le public contre l'idée que la Suisse
deviendrait bientôt un grand réseau téléphonique
donnant la possibilité de converser d'une ville à
une autre . Il indiquait par exemple que si un abonné
de Genève voulait communiquer avec un abonné de
Saint-Gall , il faudrait mobiliser les lignes Genève-Lausanne
, Lausanne-Berne , Berne-Zurich et Zurich-St-Gall , seulement
pour une seule conversation . Il ajoutait en outre que pour
des petits endroits , la difficulté était encore
plus grande et quil serait par exemple impossible de téléphoner
de Morges à Fleurier , car il faudrait que les stations
centrales de Lausanne , Berne , Bienne , St-lmier , La Chaux-de-Fonds
, Cernier , Neuchâtel et Couvet entrent en communication
et que 9 lignes soient libres en même temps ! On peut
juger l'image qu'on se faisait du téléphone en
ce temps-là , même dans les milieux officiels !
Il est nécessaire d'ajouter qu'à cette époque
il fallait régulièrement attendre au moins une
heure pour la moindre communication. Souvent entre 2 villages
distants de quelques kilomètres , le message arrivait
plus rapidement lorsqu'il était porté par un commissionnaire
effectuant le trajet à pied , que lorsqu'on le transmettait
au moyen du téléphone qui nécessitait l'appel
d'une douzaine de stations intermédiaires !
Ce téléphone primitif subit de nombreux perfectionnements
techniques . Au début , les lignes n'avaient qu'un fil
, car par suite d'un phénomène d'induction , il
était impossible d'utiliser plusieurs fils parallèles
, car les sons passaient de l'un à l'autre . Puis on
découvrit que en enroulant deux fils dune certaine manière
on supprimait l'induction ; plusieurs autres améliorations
de détail tant dans les appareils que dans les lignes
aériennes permirent au téléphone de prendre
bientôt un essor que nul n'aurait jamais soupçonné
. Aujourd'hui , par suite de l'électrification des chemins
de fer fédéraux , uu grand nombre de lignes téléphoniques
ont été mises sous terre et ont permis d'apporter
encore à notre réseau certains perfectionnements
. D'autre part , le téléphone automatique prend
dans les villes chaque jour une plus grande importance et la
construction de centrales téléphoniques automatiques
est à l'ordre du jour .
Quelques chiffres illustreront mieux que tous commentaires le
développement rapide qu'a pris le téléphone
dans notre pays depuis à peine un demi-siècle
. En 1882 , on comptait en Suisse 867 abonnés au téléphone
et le nombre annuel des conversations urbaines ( les communications
interurbaines n'existaient pas encore ) s'élevait à
690 000 en chiffre rond . Vingt années plus tard , il
y avait 46 687 appareils téléphoniques permettant
l'échange de 28 % millions de communications . A fin
1925 , il existait en Suisse 200 000 stations téléphoniques
dont 154 000 abonnés privés et le nombre total
des communications échangées au cours de l'année
dernière atteint 150 millions . En moyenne , on compte
aujourd'hui dans notre pays 5 téléphones pour
100 habitants . C'est la meilleure preuve du rôle important
que joue dans notre vie publique , à légal des
postes et des chemins de fer , une découverte vieille
de cinquante ans à peine . Peut-on prédire à
la téléphonie sans fil un développement
aussi prodigieux ? L'avenir seul nous permettra de répondre
à cette question .
Le 31 juillet 1926, Feuille commerciale
de Sierre et du district
Une communication téléphonique directe
entre Bâle et Sion a été mise en exploitation
le 27 juillet . L'audition est très bonne. Etant donné
que Bâle possède de nombreuses lignes directes
avec les localités importantes de la Suisse centrale
et orientale ( et l'étranger ) un service téléphonique
plus rapide et amélioré entre le Valais et la
Suisse allemande sera ainsi assuré...
Le 2 décembre 1927 "Le confédéré"
Sion
M . le président donne connaissance d'une lettre
de l'office téléphonique de Sion informant , en
réponse à la demande de la Commune , que le bureau
de Sion n'arrive pas encore à l'importance voulue pour
être mis au bénéfice du téléphone
automatique comme centrale d'arrondissement . Par contre , les
localités environnantes seront successivement reliées
par le téléphone automatique avec la centrale
de Sion . Sion aura en plus prochainement une ligne téléphonique
directe avec Zurich en complément des lignes directes
existantes entre Sion-Lauzanne , Sion-Genève et Sion-Berne.
Le 21 juin 1927 "Le Valais"
Les plus hantes stations téléphoniques
A quelles altitudes trouve-t-on le téléphone en
Suisse ?
Pour répondre à cette question , un collaborateur
du Bulletin technique de l'administration des télégraphes
et des téléphones sest livré à une
enquête intéressante . Naturellement , la grande
majorité des abonnés se rencontre sur le Plateau
suisse , soit aux altitudes de 400 à 600 m . Au dessus
de 1000 m, le téléphone devient forcément
de plus en plus rare , mais les endroits où on le rencontre
sont un témoignage frappant de son emploi . Il y avait
, au début de 1926 , une bonne cinquantaine d'abonnés
au téléphone entre 1900 et 2000 m, d'hôtels
pour la plupart. On y trouve aussi cependant une demi douzaine
d'agriculteurs , une cure ( Chandolin ) , une station communale
( AversCresta ) , une usine électrique et même
une mine d'arsenic ( Salanfe ) . Le raccordement de cette dernière
station représente une somme considérable de travail
, car tout le matériel ( poteaux isolateurs , fil , etc
. ) dut être transporté à dos dhomme . depuis
la gare de Salvan ( 950 m ) . La zone de 2000 à 2100
m compte 22 abonnés , dont 17 hospices hôtels ou
restaurants , une station de chemin de fer , deux bureaux de
poste au col de la Furka , un bureau de douane à la Motta
( Bernina ) , et un agriculteur à Starlera ( réseau
d'Andeer ) . Ensuite jusqu'à 2200 m . on trouve neuf
abonnés , dont huit hôtels et un agriculteur .
Ce dernier qui habite avec son bétail à 2134 m,
est au point de vue de l'administration des téléphones
, certainement le paysan le plus à la hauteur !
Mais le téléphone va plus haut encore , car entre
2200 et 2300 m , il est possible de compter huit abonnés
, dont un hôtel et un bureau de poste à la Furka
, un hôtel à Riffelalp au-dessus de Zermatt , un
hospice au col du Julier el quatre à Ja Bernina pour
le service du fameux chemin de fer de la Bernina et de l'usine
électrique de Brusio . Entre 2300 et 2400 m, on compte
encore sept abonnés . Ce sont l'hospice de la Bernina
, l'hôtel Wile-strubel à la Gemmi , la station
Eigergletscher du chemin de fei de la Jungfrau , l'hôtel
Weisshorn dans le Val d'Anniviers , l'hôtel du Niesen
l'hospice de la Eluda et l'hôtel Plattje au-dessus de
Saas-Fée . Est-ce tout . Non, d autres se sont aventurés
dans la région de 2400 à 2500 m , le bureau de
poste et l'hôtel de la Furka , la station supérieure
et l'hôtel du funiculaire Muottas-Muraig, l'hôtel
Torrenthorn au-dessus de Loèche , l'hospice et l'hôtel
du Grand-St-Bernard . Viennent ensuite pour terminer , les plus
hautes stations , toutes situées dans le voisinage du
Cervin .
Ce sont l'hôtel Sçhwarzsee et l'hôtel Riffelberg
à 2590 m ., l'hôtel : Gornergrat , à 3136
m ., et l'hôtel Belvédère-Cervin à
3298 m . Ce sont les abonnés les plus élevés
, non pas seulement de Suisse , mais sans doute aussi d'Europe
.
Et de là-haut, on peut correspondre téléphoniquement
avec Londres et bientôt avec Oslo et Stockholm et sans
doute un jour avec Constantinople , NewYork et San-Francisco
! Pour être complet , il y a lieu d'ajourer encore que
le téléphone est allé se nicher, dans le
courant de l'été dernier sous une tente installée
au sommet du Mônch à 4105 m. d'altitude . Il mettait
en relation directe avec l'Office central de météorologie
à Zurich , deux savants qui s'étaient donné
pour tâche d'étudier les rayonnements de la haute
atmosphère . Ainsi , le téléphone , fidèle
serviteur de l'homme , le suit jusque sur le ; sommets les plus
élevés pour lui permettre de rester en communication
; constantes avec le reste du monde.
Le 27 juin 1927 "Le confédéré"
165 000 abonnés en Suisse
Le nombre des abonnés suisses au téléphone
a doublé depuis dix ans et est maintenant de 165 000
, soit un abonné pour 24 habitants . Ce rapide développement
traduit l'importance croissante du téléphone dans
la vie économique . Mais chacun ne sait pas qu'une ligne
téléphonique existante peut être reprise
sans obligation pour le nouvel abonné de contracter un
abonnement d'une durée minimum . Chacun peut faire l'essai
de s'abonner au téléphone pour un court laps de
temps si dans la maison habitée se trouve une ligne vacante
ou une ligne de réserve .
Le 17 janvier 1928 "Le nouvelliste"
SION .
Séance du Conseil communal ...Transformation des
bureaux .
M . le Président donne connaissance du devis de
ces transformations arrèté à fr 15 000
par M . l'architecte de Kalbermatten .
Le Conseil accepte ce devis et décide la mise en soumission
des travaux sur la base dun prix de forfait général
. A l'occasion de ces transformations , le Conseil fera installer
pour tous les services municipaux y compris les bureaux des
S L. le téléphone automatique .
Le bureau est autorisé à continuer les pourparlers
engagés à cet effet avec une maison de Lausanne
... Le Conseil accepte cette participation à la garantie
et il autorise M . le Président à notifier l'accord
de la commune à la Direction des Postes
Le 14 juin 1928 "La patrie valaisanne"
SION
Distributeur automatique de timbres et station de téléphone
automatique . Ensuite dune demande faite au sein
du Conseil , le bureau est chargé d'intervenir auprès
des directions des Postes et Téléphones en vue
de l'installation d'un distributeur automatique de timbres-poste
dans le haut de la ville , et la création d'une
station de téléphone automatique à
la gare et au rez-de-chaussée du bâtiment des Postes
et Télégraphes .
2 Nov 1928 dans le journal "Le confédéré"
on y lit : Le Téléphone en Valais
Le spectacle des montagnes attire chaque année une foule
de plus en plus nombreuse vers cette contrée paradisiaque
du Valais où se trouvent réunis les multiples
aspects des Alpes.
Le grand et le petit commerçant viennent s'y reposer
depuis que les chemins de fer leur permettent d'accéder
à ces lieux dans un court laps de temps et depuis qu'il
suffit de décrocher un petit appareil et dire «New-York
No...» pour passer un ordre jusqu'aux confins du nouveau
monde.
L'Administration suisse des téléphones fait tous
ses efforts pour assurer un service soigné pendant quelque
mois de l'année alors qu'affluent vers l'Alpe des gens
de toutes nationalités.
Un câble souterrain qui sera bientôt prolongé
jusqu'à Brigue aboutit à Martigny. Chacun connaît
les nécessités qui dictèrent à l'Administration
suisse l'obligation de mettre en câble ces grandes artères
de fils qui par ci par là longent encore quelques voies
ferrées. L'électrification des chemins de fer,
les difficultés de transférer ces artères
sur la propriété privée tungrand nombre
de considérations techniques ont poussé et poussent
l'Administration suisse à remplace les fils aériens
par des lignes souterraines. Les avantages notamment en ce qui
concerne la sécurité d'exploitation, sont si importants
lorsqu'on emploie des câbles, qu'à l'avenir les
relations téléphoniques européennes s'échangeront
d'une façon presque générale par des câbles
souterrains.
Ceux-ci ont déjà permis l'extension des relations
téléphoniques avec presque tous les pays européens.
On téléphone de Zermatt à Londres, Paris,
Madrid, Copenhague, Oslo, Stockholm, Memel, Belgrade, Lisbonne,
Vienne, Budapest sans aucune difficulté, grâce
aux efforts que fait l'Administration d'étendre les relations
non seulement aux villes industrielles, mais aussi aux stations
climatériques et touristiques afin de favoriser l'industrie
hôtelière et procurer aux hôtes confort et
commodité.
Pendant la forte saison, certains circuits secondaires sont
prolongés aux stations amplificatrices de Lausanne et
Genève, de telle sorte qu'une audition impeccable puisse
être assurée.
Il est à remarquer que les relais téléphoniques
amplificateurs, dont le principe est celui de la lampe de radio
que l'amateur de T.S.F. emploie, ont créé les
conditions préliminaires techniques auxquelles on doit
l'essor considérable que le téléphone a
pris depuis quelques années.
L'introduction de cette lampe, merveille de la technique, et
les perfections apportées à la construction des
câbles souterrains ont permis d'étendre les relations
avec New-York et tous les réseaux américains des
Etats-Unis et du Canada, toutefois avec quelques restrictions
pour cette dernière puissance.
C'était vers l'an 1900. Un montagnard voyant téléphoner
un postier courut un jour aviser M.le curé en lui disant:
«Pierre-Alexis est fou, il parle à un morceau de
bois contre la paroi en tenant un «cornet» à
l'oreille». S'il vivait, ce montagnard, que penserait
il aujourd'hui ? on lui annonçait qu'il peut parler avec
son fils qui travaille au Canada ou en Californie, pays où
s'exilèrent beaucoup de Suisses vers cette époque.
L'administration des téléphones veille aussi de
plus en plus à ce que les centrales téléphoniques
des stations climatériques soient des servies par un
personnel bien stylé, avenant, pouvant s'exprimer dans
deux ou trois langues pour pouvoir venir en aide aux correspondants
dans les cas de plus en plus rares d'audition défectueuse.
Chaque année de nouvelles facilités son raccordées
aux usagers du téléphone. Les conversations par
abonnement de 30 ou 25 jours permettent à une personne
de correspondre régulièrement à une heure
fixée; les communications avec préavis admises
pour tous les Etats à l'exception de l'Espagne, de Gibraltar,
de la Grande-Bretagne et du Portugal rendront service dans le
cas où le demandeur d'une communication téléphonique
émettra un doute au sujet de la présence de son
correspondant auprès de la station téléphonique
demandée; les conversations à heure fixe permettent
aux commerçants d' assurer une communication téléphonique
avec une personne se trouvant à telle et telle heure
à un endroit fixé; les demandes de renseignements
ont pour but de permettre aux usagers du téléphone
de se renseigner dans les relations internationales si une certaine
personne désignée par son nom et son adresse possède
un raccordement téléphonique ou quel est le nom
d'un abonné dont on ne connaît que
le numéro de raccordement; les conversations avec une
personne spécifiée sont admises seulement dans
les relations avec l'Amérique.
Avec la plupart des pays, la réduction des taxes internationales
a lieu à 19h. au lieu de 21h. ceci permet aux hôtes
des stations climatériques et touristiques de téléphoner
si tôt après le souper de manière à
ne point être obligé de quitter sa charmante danseuse
au milieu d'un tango ou d'une vieille valse. L'Administration
suisse tient à la disposition de tout intéressé
une petite plaquette intitulée : «Téléphonez
à l'étranger», laquelle peut être
demandée aux offices téléphoniques.
FRACHEBOURG
Le 4 décembre 1930 "Journal
et feuille davis du Valais" Conthey
Un grand progrès a été réalisé
dans la commune de Conthey où l on vient d'instaler le
téléphone automatique. C est une heureuse innovation
qui rendra les meilleurs services aux habitants de la région.
Il faut esperer que l'exemiple de la commune de Conlhey sera
suivi par d'autres .
Le 20 avril 1931 "Le courrier de
Sion" Le rendement des réseaux téléphoniques
Les enquêtes entreprises en vue de déterminer le
rendement des réseaux téléphoniques ont
démontré que 876 réseaux qui , avec 47
, 900 abonnés , représentent 24 % de l'effectif
total , donnent des résultats peu satisfaisants . Parmi
les réseaux qui assurent le service permanent de jour
et de nuit ( plus de 300 abonnés ) , 9 fournissent encore
un rendement insuffisant et parmi eux , pour la Suisse romande
, ceux de Morges , Yverdon et Bulle . Les 7 / 8 environ des
réseaux à rendement insuffisant , sont des réseaux
ruraux comptant moins de 100 abonnés et où seuls
les endroits à fort trafic saisonnier et à grande
activité industrielle accusent un produit net . Lorsqu'il
s agit de centres à mouvement commercial et touristique
intense , la statistique s'améliore à mesure que
le réseau se développe . Ailleurs , cette amélioration
ne peut être obtenue que par l'introduction du téléphone
automatique dans les réseaux ruraux .
Le 24 octobre 1931 "Le nouvelliste"
Région du Valais au bord du lac
Téléphone automatique à St-Gingolph Les
avantages de la station téléphonique automatique
de Montreux seront étendue aux sous-centrales
de Villeneuve , du Bouveret , de St-Gingolph , dès vendredi
le 23 octobre , à 14 heure . Les abonnés de Lausanne
et de la région Montreux-St-Gingolph pourront donc s'entretenir
au moyen de l'automatique .
Le 30 septembre 1932 "Le Rhône",
MARTIGNY Le téléphone automatique
Des travaux importants pour la transformation de notre centrale
téléphonique ont commencé en vue de l'installation
du service automatique .
Au début , ce service ne concernera que les abonnés
de la centrale de Martigny pour s'étendre ensuite aux
localités environnantes dont les centrales seront peu
à peu supprimées . La pose de nouveaux câbles
souterrains entre Martigny et Lausanne vient aussi de commencer
en vue de ces transformations . Un de ces câbles est destiné
à la Télédiffusion ( T . S . F . par téléphone
) . Tout le 1er étage du bâtiment des postes et
téléphones devant être affecté aux
nouvelles installations , M . Henri Charles , directeur du bureau
, abandonnera l'appartement qu'il occupait pour rentrer dans
la maison qu'il avait dû quitter il y a quelques années
juste après la construction .
Le 29 avril 1933 "La patrie valaisanne"
Téléphone automatique de Sierre
La mise en service du central téléphonique automatique
de Sierre , prévue pour l'automne prochain , nécessitera
le changement des numéros d'appel de tous les abonnés
du réseau .
Les nouveaux numéros paraîtront dans l'annuaire
officiel 1933 / 1934 vers fin juillet prochain . Ils seront
composés de 5 chiffres et formés pour la plupart
de l'ancien numéro précédé du nombre
indicatif 51 .
Pour les numéros de 1 à 99 , le chiffre des centaines
et éventuellement des dizaines sera remplacé par
des zéros .
C'est ainsi que le N ° 1 deviendra N ° 51 . 001 , le
N ° 45 deviendra N ° 51 . 045 , le N ° 111 deviendra
N ° 51 . 111 , le N ° 223 deviendra N ° 51 . 223
etc ., etc .. Toutefois , des raisons d'ordre technique obligeront
de modifier d'une autre manière les numéros d'appel
d'un certain nombre d abonnés . Nous indiquons ci-après
les numéros ainsi modifiés avec , entre parenthèses
, le nouveau numéro :
2 ( 51 . 402 ) 4 ( 51 . 404 ) 27 ( 51 . 427 ) 31 ( 51 . 331
) 32 ( 51 . 332 ) 33 ( 51 . 333 ) 34 ( 51 . 334 ) 35 ( 51 .
335 ) 36 ( 51 . 336 ) 37 ( 51 . 337 ) 38 ( 51 . 338 ) 39 ( 51
. 339 ) 53 ( 51 . 453 ) 81 ( 51 . 381 ) 82 ( 51 . 382 ) 84 (
51 . 384 ) 86 ( 51 . 386 ) 87 ( 51 . 387 ) 88 ( 51 . 388 ) 89
( 51 . 389 ) 121 ( 51 . 321 ) 122 ( 51 . 322 ) 123 ( 51 . 323
) 124 ( 51 . 324 ) 125 ( 51 . 325 ) 126 ( 51 . 326 ) 127 ( 51
. 327 ) 128 ( 51 . 328 ) 129 ( 51 . 329 ) 131 ( 51 . 431 ) 132
( 51 . 432 ) 133 ( 51 . 433 ) 134 ( 51 . 434 ) 135 ( 51 . 435
) 136 ( 51 . 436 ) 137 ( 51 . 437 ) 138 ( 51 . 438 ) 139 ( 51
. 439 ) 241 ( 51 . 441 ) 242 ( 51 . 442 ) 243 ( 51 . 443 ) 244
( 51 . 444 ) 245 ( 51 . 445 ) 247 ( 51 . 447 ) 248 ( 51 . 448
) 249 ( 51 . 449 ) 271 ( 51 . 471 ) 272 ( 51 . 472 ) 273 ( 51
. 473 ) 274 ( 51 . 474 ) 275 ( 51 . 475), 276 ( 51 . 476 ),
278(51 .478), 279 (51 .479)
Les abonnés voudront bien tenir compte de ces modifications
lors de leurs prochaines commandes d'imprimés sur lesquels
figurent leur numéro de téléphone.
Le 28 juin 1933 "Journal de Sierre, Volume 17, Numéro
51"
A Martigny, le téléphone automatique fonctionne
dès aujourdhui. Après une conférence
Oltramare à Sion, un front national valaisan serait en
formation et un comité provisoire à luvre.
Le 30 juin 1933 "Le Rhône"
Le premier central téléphonique automatique en
Valais
A l occasion de la mise en marche du nouveau central automatique
de Martigny , 1'Office téléphonique de
Sion avait convié mardi quelques invités et les
représentants de la presse de Martigny à venir
visiter ces installations . M . Mévillot , directeur
, qui est l'obligeance même , fournit toutes sortes de
renseignements et expliqua le mécanisme compliqué
des nouveaux appareils . Une plume plus compétente en
a déjà donné les détails dans notre
numéro du 23 juin . L automatisation du téléphone
ne supprime que très peu de personnel , car le nombre
des conversations va toujours en augmentant . Dans les villages
surtout , où tout le inonde esl occupé à
la campagne pendant la journée , le téléphone
automatique rend des services inappréciables : service
continu de jour et de nuit et pas de surtaxes la nuit . M .
Mévillot fit ressortir que ces appareils ont été
fournis par la maison Hasler de Berne , dont le représentant
, M . Fioroni , était présent alors qu
auparavant on était obligé de s adresser à
l'étranger .
Le nouveau centrai interurbain et automatique a profité
des tout derniers perfectionnements de la science au service
des ingénieurs . Il n'y a en Suisse que deux autres villes
possédant une installation semblable . Après la
visite de celle-ci , les invités furent gracieusement
appelés au « carnotzet » des caves Orsat
où M . Morand , directeur , fit apprécier les
meilleurs crus . Un excellent banquet réunit ensuite
invités , monteurs , demoiselles téléphonistes
chez Kluser . Nous ne pouvons que remercier vivement M . Mévillot
et ses collaborateurs pour leur aimable réception , et
souhaitons plein succès à l'administration des
téléphones , la plus progressiste de nos régies
fédérales . C'est , en effet , grâce à
M . Mûri , chef de la division technique à la Direction
générale des téléphones à
Berne , qu est dû le perfectionnement incessant du téléphone
en Suisse . Ajoutons que les titulaires du téléphone
se sont vite familiarisés avec l'automatique et que dans
cette première demi-journée , il n y a eu que
peu d'erreurs de la part des abonnés . Le prochain central
automatique en Valais sera celui de Sierre .
En saluant le nouveau service automatique , nous devons rendre
hommage à M . Henri Charles et au personnel du bureau
de Martigny qui ont assuré jusqu'ici le service local
à la satisfaction générale . Le personnel
n'intervient plus maintenant que pour l'établissement
des communications interurbaines .
Le 19 septembre 1933 "Le Rhône"
Le téléphone automatique à Champex
Le 7 septembre dernier , a été mis en service
le nouveau central automatique de Champex . Cette heureuse transformation
marque un sérieux progrès pour les abonnés
de cette belle région el permet d'y introduire définitivement
le service ininterrompu de jour et de nuit pour toute l'année
. Le public de Champex pourra désormais prendre directement
au moyen du disque d'appel ses communications locales ainsi
que celles destinées à des abonnés du central
automatique de Martigny , en se conformant pour cela à
linstruction spéciale remise à chaque abonné
pour être affichée à proximité de
l'appareil . Tous les abonnés de Martigny peuvent également
choisir directement leur correspondant à Champex . Les
abonnés de Champex et de Martigny tiendront cependant
compte que l'ancienne numérotation de Champex , figurant
dans l'annuaire 1933-34 , est abandonnée et remplacée
par les appels directs , par celle à 5 chiffres . Les
nouveaux numéros à 5 chiffres sont formés
de l'ancien numéro précédé du nombre
635 . Pour les Nos de 1 à 9 , le chiffre des dizaines
sera remplacé par un zéro . C'est ainsi que le
No 1 devient le No 63501 , le No 22 le No 63522 , etc . Sil
s agit d un appel à destination d'une autre localité
, les abonnés du nouveau central automatique de Champex
composeront le No 14 ( interurbain ) : une téléphoniste
du central interurbain de Martigny interviendra alors pour donner
la communication.
Le 6 octobre 1933 "Le Rhône", Téléphone
automatique. Aux abonnés du groupe de réseau de
Martigny
Le remplacement graduel des centraux téléphoniques
manuels par des centraux automatiques dans h réseau valaisan
entraînent forcément quelques changements , tant
dans la façon de se servir des appareils que dans le
service téléphonique lui-même . Les abonnés
des réseaux automatiques indiques sur le croquis ci-dessous
établissent directement au moyen du disque les communications
avec tous les centraux du groupe.

Les centraux de Martigny et Champex ont déjà le
service automatique . Ceux d'Evionnaz et de Vernayaz seront
mis en service le 9 octobre et ceux de Fully , Charrat et Saxon
le 31 octobre.
Le 11 octobre 1933 : Le téléphone
automatique à Evionnaz et Vernayaz
C'est avec plaisir que nous apprenons que le téléphone
automatique est dès maintenant installé aux localités
d'Evionnaz et de Vernayaz , faisant partie du réseau
de Martigny.
Le 20 octobre 1933 : Le téléphone
automatique à Monthey , Troistorrents et Val dIlliez
Le service téléphonique automatique a été
introduit à Monthey , Troistorrents et Val dIlliez hier
, jeudi , dans la matinée . Cette mise en service fait
partie d un programme général de transformations
téléphoniques de la vallée du Rhône
, y compris Bex , Gryon , Les Plans sur Bex .
Ces derniers centraux sont actuellement en reconstruction et
les abonnés qui y sont raccordés seront avisés
eu temps opportun de la mise en marche du nouveau système
. L'introduction de l'exploitation automatique a été
précédée d'importants travaux dans les
câbles souterrains sur les lignes aériennes et
dans les centraux . Inévitablement , quelques petites
perturbations se sont produites dans le service ; ces désagréments
seront vite oubliés devant les avantages incontestables
clu service automatique . En effet , tous les abonnés
de Monthey , Troistorrents cl Val dIlliez pourront correspondre
entre eux sans l'intermédiaire d'une téléphoniste
uniquement en composant au moyen du disque le numéro
de l'abonné désiré . Le service local se
fera de jour et de nuit sans surtaxe . Pour le service interurbain
, l'abonné n'aura qu'à composer le chiffre 14
pour que le central d'Aigle réponde ; là encore
il n y aura aucune surtaxe de nuit pour les conversations avec
les centraux à service permanent . Les conversations
entre Troistorrents et Val dIlliez et réciproquement
seront considérées comme locales et taxées
10 cts .
Les conversations de Monthey , Troistorrents et Val dIlliez
avec St-Maurice , Champéry et Morgins resteront à
20 cts . par unité de 3 minutes . Toutes les autres conversations
seront taxées suivant le tarif du central interurbain
d'Aigle . Le public accueillera favorablement ces innovations
, étudiées en vue de faciliter les relations entre
les usagers du téléphone .
25 octobre 1933 "Journal de Sierre,
Volume 17, Numéro 85" SIERRE NOUVELLE POSTE
Samedi, à 11 h., deux douzaines dinvités
et la presse se réunissent à lhôtel
Bellevue où un verre de fendant et « autre chose
aussi » sont offerts. Ensuite, on se dirige vers le Bâtiment
des postes décoré de drapeaux et doriflammes.
En deux escouades, on visite la maison, des combles à
la cave. Lascenseur ultra-moderne, très doux à
tel point quil semble ne pas bouger et que ce sont les
étages qui se déplacent, nous amène quasi
sur le toit doù la vue est merveilleuse sur Sierre
et le pays.
Naturellement, on ne pénètre pas dans les appartements
déjà habités; mais on visite les autres
qui recevront bientôt leurs locataires. Cest parfait
à tous les points de vue. Cuisines pratiquement agencées;
W.-C., toilette et bains tout à fait hygiéniques;
chambres spacieuses. La buanderie est aux combles : appareil
à laver automatique avec chauffage au gaz; essoreuse
électrique; partout, dans la maison, eau froide et chaude,
celle-ci fournie par lune des trois chaudières
où brûle le mazout; la seconde assure le chauffage
des appartements, la troisième est affectée aux
locaux postaux Chaque locataire a son compartiment dans les
caves et dans les galetas; avec lascenseur disparaissent
les fatigues de la ménagère ou de la bonne qui
doit aller chercher ceci ou cela dans les réserves. A
lentrée de la maison, il y a derrière chaque
boîte aux lettres lespace nécessaire pour
le pot ou le bidon à lait; ainsi, le garçon nest
plus obligé descalader les étages. Un vaste
garage est réservé aux locataires; la porte basculante
de ce local est la plus grande quon ait construite en
Suisse.
Les locaux de la poste sont en partie connus du public. Ils
sont confortables, lumineux, aérés, très
pratiques. Toutes les installations ont été combinées
pour faciliter et accélérer le service. On voit
même un petit appareil qui oblitère sans peine
et en silènes les timbres sur les lettres. Une halle
renferme les divers véhicules pour le transport des colis;
là, une série darmoires offrent à
chaque employé son vestiaire. Dans un local, on achève
le montage des appareils du téléphone automatique,
une merveille de la technique moderne, un casse-tête pour
les non-initiés. Jour et nuit, dès la Noël
probablement, ces machines vont fonctionner au simple appel
dun abonné qui, ayant formé le chiffre voulu,
fait mouvoir les cames qui déclenchent la sonnerie chez
le destinataire et enregistrent la conversation pour la facture
mensuelle. Constatons avec plaisir quon a fait un grand
usage de l'anticorodal qui se fabrique chez nous, au Laminoir
de lAluminium S. A. Ce métal a servi à faire
les portes de la maison et de la poste, les mains-courantes
des escaliers, les listes couvre-joints, etc., etc. Il y a là
un exemple à imiter; lanticorodal est un produit
suisse, valaisan et même sierrois; il remplace le cuivre
ou le laiton qui nous viennent de létranger. Son
entretien est très facile et lon na pas besoin,
tous les jours, de manier les chiffons à polir. Les invités
furent enchantés de leur visite. Ils apprécièrent
ensuite, au Bellevue, un lunch exquis et savoureux. A la table
dhonneur : MM. Santschi, président du conseil dadministration
du bâtiment de la Poste; Rd curé Pont; président
Bonvin, Schumperli, caissier principal des CFF à Berne;
Gorgerat, ingénieur CFF, à Lausanne ;Roche, contrôleur
général des P.T.T., à Berne; Brenni, chef
des constructions à la direction générale
des Postes à Berne; Ch. Rochat, directeur du 2e arrondissement
postal, à Lausanne; Margot, chef du matériel.
M. Santschi, président du Conseil dadministration,
après avoir salué les invités, lut un rapport
qui résume l'histoire de l'entreprise. Lesprit
créateur de celle-ci est M. Luthi. Il sétait
mis en rapport avec la direction P.T.T., les CFF; le funiculaire
collaborait. Le 14 avril 1931, il présenta un premier
projet à la direction des postes à Berne; vu le
prix élevé du terrain, il fallait envisager la
construction dun immeuble locatif; le projet prévoyait
6 étages plus un mansardé; devis 1 million 80,000
fr. On y renonça vu la dépense. Le 15 août
1931, M. Luthi soumit un second projet avec 5 étages;
on le modifia encore et lon ne prévit que 4 étages;
le nouveau projet vint à la direction générale
P. T. T. en octobre 1931; il fut accepté et servit de
base pour les plans de construction et le plan financier. Mais
laffaire échoua devant la Commission fédérale
des finances. (Dans le même moment, on votait des crédits
pour les bâtiments fédéraux des postes à
Rapperswil et à Weinfelden. Réd.) M. Luthi ne
se laissa pas décourager; il étudia un nouveau
projet avec un devis de 760,000 francs. Il devint définitif;
en juin 1932, les Chambres accordèrent la part demandée
à la Confédération. Le ler juillet, la
société fut fondée; conseil d'administration
: M. Brenni pour la Direction des Postes; M. H. Schumperli pour
les CFF et M. Luthi pour le funiculaire, avec les fonctions
dadministrateur- : délégué. Le* terrassements
commencèrent en juillet, la maçonnerie et le bétonnage
en août; la bâtisse fut achevée jusquau
4e étage avant lhiver et totalement le 26 avril
dernier.
M. Luthi avait en M. Zôllig, architecte, un excellent
conducteur des travaux qui accomplit sa tâche avec parfaite
compétence. Le 14 juillet, le conseil adjugeait les dernières
installations; M. Luthi se montra plein dentrain dans
cette séance; hélas, trois jours plus tard, il
nétait plus. Sa mort endeuilla ses amis à
Sierre qui avaient appris à lapprécier depuis
plus de 20 ans. M. Santschi adressa des remerciements à
tous ceux qui avaient travaillé à luvre,
depuis les autorités supérieures aux artisans
et ouvriers.
Remarquons que, comme conception immobilière et financière,
le bâtiment des Postes de Sierre est unique en son genre
en Suisse. Il y a des édifices appartenant aux P.T.T.,
dautres à une société mais où
seuls logent les bureaux fédéraux. 'A Sierre,
P.T.T., CFF et S.M.V. ont uni leurs efforts pour construire
,une belle maison abritant sous le même toit les P.T.T.
et des appartements pour locataires. Lessentiel, nest-ee
pas, cest quon a su se débrouiller et, malgré
maints obstacles spéciaux ou spécieux, mettre
le point final à luvre.
M. C. Rochat présenta ses plus sincères félicitations
au conseil dadministration pour luvre accomplie;
la Poste est heureuse d'avoir pu installer ses services de façon
pratique et confortable aussi bien pour le public que pour le
personnel. Alors quailleurs la direction rencontre des
difficultés pour créer de nouveaux locaux à
lemplacement convenant le mieux, à Sierre, le choix
du terrain recueillit immédiatement ladhésion
des autorités communales, du public commerçant
et industriel. Les résultats obtenus réalisent
ainsi les désirs de chacun.
M. Rochat a puisé dans les archives de la Direction ;
il nous rappelle le développement de la poste à
Sierre. Un bureau y existait avant 1850. Le plus ancien bail
à loyer fut conclu le 14 mai 1869; Frédéric
de Courten louait pour 600 fr. lan les locaux utilisés
aujourdhui par les magasins de Mlle Thévenaz et
de M. Rousseil : un bureau, une chambre dattente pour
les voyageurs, un autre local plus une remise à construire
dans le voisinage : soit, à ce moment, à lentrée
occidentale de Sierre; alors, le bourg se terminait vers le
bazar Derivaz; il ny avait que quelques maisons et granges
sur le chemin de Villa ou la route de Sion. La remise en question
était nécessaire pour loger les voitures assurant
le transport des voyageurs et bagages. Sierre, alors, était
au terminus de la ligne du Simplon ;on y arrivait en train,
mais il fallait continuer le voyage avec la diligence. Le bail
était résiliable de plein droit dès le
jour où la voie ferrée serait prolongée
dans la direction de la Souste. La présence du bureau
de poste à cet endroit permit au tenancier de la maison
à orient de prendre lenseigne dhôtel
de la Poste conservée encore aujourdhui. Plus tard,
le bureau fut transféré dans les locaux occupés
aujourdhui par la Banque Populaire, immeuble appartenant
à Michel Zufferey qui le vendit le ler octobre 1904 à
la Société des hôtels de Sierre. Loyer :
460 fr. au début et 1250 en 1911. Ici encore est lorigine
de lappellation du Café de la Poste à peu
de distance des nouveaux locaux. Le bail fut résilié
le ler février 1917 et la poste s'installa au rez-de-chaussée
de lhôtel Terminus alors propriété
de M. Joseph Masserey qui vendit limmeuble à M.
Oggier en mars 1919. Dès 1926, ladministration
envisagea diverses transformations de ces locaux pour faciliter
et accélérer lexécution du travail.
Elle dut y renoncer devant lélévation des
dépenses. En 1928, la Direction entra en pourparlers
avec la Société de lHôtel Bellevue
qui se proposait de construire un bâtiment sur le terrain
où sélève la nouvelle Poste; non
seulement il fallait donner plus de place aux services postaux,
mais aussi au téléphone : de 1924 à 1932,
le nombre des conversations avait passé de 192,000 à
470,000. Cependant, pour divers motifs, la Direction dut renoncer
à cette offre ;mais, le ler novembre 1930, elle acheta
le terrain, soit 1000 mètres carrés. Un projet
de bâtiment élaboré par les organes fédéraux
ne fut pas approuvé par les autorités supérieures.
(On se rappelle les intrigues qui firent sombrer ce projet.
Réd.) Cependant, laffaire ne fut pas abandonnée;
en juillet 1932 se constitua la société anonyme
du Bâtiment des Postes de Sierre; elle racheta les terrains;
les travaux commencèrent peu après. Les nouveaux
locaux ont au rez-de-chaussée une surface de 270 mètres
carrés dont 129 pour le bureau proprement dit et 91 pour
le local réservé à la manutention des colis.
Le publie dispose de deux cabines téléphoniques
dont une extérieure à prépaiement, ouverte
jour et nuit. Voici les noms des buralistes et administrateurs
depuis lorganisation des postes fédérales
en 1848.
De cette date à 1855, ce fut Jean-Antoine de Courten,
auquel succéda Frédéric de Courten qui
fonctionna jusquen 1867. Leur traitement annuel était
de 420 à 960 fr. De 1867 à 1888, le bureau fut
dirigé par Antoine Zwissig, père de Joseph, facteur
et conseiller; de 1886 à 1898, ce fut J.-M. Lagger jusqualors
buraliste et facteur à Fiesch. De 1898 au ler juin 1923,
soit pendant 25 ans, le bureau fut dirigé par M. G. Tabin,
aujourd'hui préfet de Sierre. Il eut pour successeur
M. Louis Walter qui prit sa retraite au ler mai 1933. M. Rodolphe
Merz la remplacé; M. Rochat lui souhaite de pouvoir
continuer sa tâche pendant bien des années.
Le service postal de Sierre sest développé
rapidement. Colis expédiés : 2807 en 1880,13,000
en moyenne pendant quelque 20 ans, 25,341 en 1910, puis un peu
plus de 36,000 de 1920 à nos jours, soit une moyenne
de 100 par jour. Colis délivrés : 2115 en 1880,
5609 en 1890, 11,842 en 1900 puis, de 10 en 10 ans, 32,708,
42,481, 65,499 et 65,249 en 1932. Correspondances expédiées
: de 17,900 en 1880, le chiffre monte à 87,700 en 1900,
296,700 en 1910, 400,500 en 1920, 525,300 en 1930, 603,200 en
1932. Envois recommandés expédiés : de
700 en 1880, leur nombre est aujourdhui de plus de 45,000.
Bulletins de versement : la progression va de 1690 à
64,596. Alors quen 1900, on vendait pour 19,673 fr. de
timbres, le total fait en 1932 139,668 fr. Le personnel comptait
5 unités il y a 50 ans; il séleva à
7 en 1900, puis 11, puis 13, puis 13 V->, 141/2 avec un apprenti
en 1932; aujourdhui, ce nombre est un peu inférieur;
ainsi on a moins demployés bien que le trafic augmente.
Depuis quelques décades, on a ouvert des bureaux à
Miège, Venthône, Mollens, Montana, Randogne et
Crans. Le service postal a été amélioré
progressivement soit dans la Contrée par le funiculaire
soit dans la vallée dAnniviers où, en 1900,
les transports se faisaient par mulets, le char ayant commencé
à circuler en 1901; il y a trente ans, il y avait encore
des messagers-piétons pour Chippis, Chalais, Vercorin,
Corin, Montana et Crans.
M. Rochat termina en exprimant des sentiments de reconnaissance
à tous ceux auxquels nous devons la réalisation
de luvre accomplie : MM. Pilet-Golaz, conseiller
fédéral; Furrer, directeur général
des postes; Brenni, architecte du Service 'des constructions
postales, qui a conçu les plans du bâtiment et
plus spécialement ceux des locaux postaux et a suivi
attentivement la marche des travaux; Luthy qui fut un des principaux
créateurs de luvre; Santschi, président
du Conseil dadministration, et ses collaborateurs; aux
CFF qui ont facilité les choses à bien des égards,
au Funiculaire pour la même raison; aux autorités
sierroises qui ont soutenu lentreprise; à M. Haldi
qui a été un des pionniers de la première
heure et dont lheureuse influence a facilité les
transactions.
Puisse la Poste, dans ses nouveaux locaux, qui ne le cèdent
en rien à ceux de nos grandes villes, concourir au bien
de tous, être la messagère de bonnes nouvelles
et inaugurer une ère nouvelle de paix et de prospérité
pour Sierre et le pays tout entier. Les paroles de M. Rochat
furent accueillies par les bravos et applaudissements des invités.
M. le président Bonvin annonce que des autos transporteront
les participants à St-Luc. Ce fut une excursion charmante
dans ce pays dAnniviers paré de ses riches couleurs
dautomne. Le soleil avait disparu quand la caravane dautos
arriva à St-Luc, devant lhôtel du Cervin,
où M. et Mme Gard avaient préparé une succulente
collation. M. Luthi fils exprima, avec émotion mais parfaite
aisance, la reconnaissance de sa famille pour toutes les marques
de sympathie venues de Sierre lorsque la mort frappa, il y a
trois mois, lhomme qui avait beaucoup fait pour le développement
de Sierre et qui sétait attaché à
notre contrée. Le jeune orateur se dit heureux davoir
assisté à linauguration de ce bâtiment
des postes qui fut la dernière uvre du défunt.
M. le président Bonvin, au nom de Sierre, félicita
et remercia tous ceux qui avaient travaillé à
la réussite de lentreprise. Aujourdhui, malgré
les vicissitudes du projet lesquelles auraient pu et dû
être évitées si la solidarité valaisanne
était effective . Sierre possède un bureau
des postes moderne et pratique qui fait honneur à ses
initiateurs. Tôt après, la nuit venant vite à
cette saison, les autos et leurs voyageurs quittent à
regret St-Luc si accueillant. Vers 18 1/2 h. tout le monde est
à Sierre et prend congé à la gare des personnalités
venues de Lausanne et de Genève. Ce fut une journée
charmante à tous les points de vue.
Le 31 octobre 1933 "Le Rhône"
Le téléphone automatique Pour cause de travaux
restant encore à exécuter , l'entrée en
service du téléphone automatique des localités
de Saxon , Charrat et Fully est retardée de quelques
jours . La date exacte en sera publiée .
Le 15 novembre 1933 "Le confédéré"
Téléphone automatique à Bex .
Les usagers du téléphone sont avisés
que l'introduction du système automatique à Bex
aura lieu le 16 crt , dans la matinée . A partir de ce
moment ,tous les abonnés raccordés à ce
central pourront correspondre entre eux en faisant directement
le numéro désiré au moyen du disque . Pour
les communications avec d'autres centraux , demander le numéro
14 . Le service de jour et de nuit se fera sans surtaxe .
Le 24 novembre 1933 "Le Rhône" Téléphone
automatique
Les abonnés au téléphone des régions
de Fully et Charrat sont avisés que l'introduction de
l'exploitation automatique aura lieu à Fully le 27 novembre
et à Charrat le 28 novembre. Tous les abonnés
de ces régions pourront dès lors correspondre
directement entre eux et avec ceux des centraux automatiques
de Martigny , Champex , Evionnaz et Vernayaz , sans l'intervention
d'aucune téléphoniste , en composant simplement
le numéro à 5 chiffres de leur correspondant ,
au moyen du disque d'appel . Ces communications pourront s'échanger
à toute heure du jour et de la nuit sans surtaxe . «
Pour toute communication interurbaine désirée
, choisir le N ° 14 pour obtenir le central à service
permanent de Martigny , qui la taxera suivant son propre tarif
.
Le 5 décembre 1933 "Le Rhône"
Téléphone automatique
Les abonnés au téléphone de la région
de Saxon sont avisés que l'introduction de l'exploitation
automatique aura lieu à Saxon mardi le 5 décembre
1933 . Tous les abonnés de cette région pourront
dès lors correspondre directement entre eux et avec ceux
des centraux automatiques de Martigny , Champex , Evionnaz ,
Vernayaz , Fully et Charrat sans l'intervention d'aucune téléphoniste
, en composant simplement le numéro à 5 chiffres
de leur correspondant , au moyen du disque d'appel . Ces communications
pourront s'échanger à toute heure du jour et de
la nuit sans surtaxe . Pour toute autre communication interurbaine
, choisir le N 14 pour obtenir le central a service permanent
de Martigny , qui la taxera suivant son propre tarif .
Le 16 décembre 1933 "Journal
de Sierre, Volume 17, Numéro 100, Edition 02"
SIERRE TELEPHONE AUTOMATIQUE
Ce que cest, techniquement, comment cest
construit et comment cela fonctionne, nous ne nous chargeons
pas de le dire à nos lecteurs. Ne voyant pas les appareils,
ils ny comprendraient rien; même quand on se trouve
devant ces machines, on narrive pas à saisir le
pourquoi de leurs mouvements. Il y a des lampettes électriques
innombrables, rouges, blanches ou vertes qui sallument,
séteignent, des tiges de métal qui, chaque
fois quon fait tourner le disque du cadran dappel,
sagitent sur un demi-cercle et cliquettent; cest
le chercheur qui, comme un escargot, jette ses tentacules pour
établir un contact entre deux abonnés : ce cliquetis
avec quelques autres bruits, cest tout ce qui symbolise
les babillages qui se concentrent autour de ces merveilleux
appareils. Colomb voulait encore trois jours pour voir un monde
nouveau. Ici, il faut cinq chiffres pour découvrir un
interlocuteur, et cela fait penser aux serrures de certaines
portes de caves bourgeoisiales : un seul magistrat ne peut louvrir;
il faut la clef de quelques autres. Bref, cest comme si
de multiples fées passaient, glissaient, sautillaient
dans les fils, les boîtes, les lampes et faisaient mouvoir
laiguille du chercheur qui rappelle le travail de la crocheteuse
ou de la tricoteuse.
Ayant yu les machines à luvre ainsi que les
téléphonistes qui, ce jour du 14 décembre,
étrennent lautomatique, les invités à
cette inauguration sen allèrent prendre lapéritif
dans les caves de M. Imesch; ce dernier, très aimablement,
fit goûter en de petits verres lexcellence de ses
vins y compris une Amigne flétrie qui, à petites
lampées, vous coule son élixir.
Ensuite, ce fut une collation, langage téléphonique
en réalité un bon petit banquet fort bien servi
au Terminus, où les hôtes de la maison Hasler S.
A. de Berne passèrent quelques heures agréables.
Il y eut des discours, de la musique et des danses, les demoiselles
du téléphone étant là et se relayant
au central.
M. Mévillod, chef de loffice de Sion, salua les
invités; il fit léloge de son devancier,
M. Fellrath, venu de Neuchâtel, et qui fut un des pionniers
de ce progrès technique en Valais; de M. et Mme Penon,
collaborateurs très dévoués; de M. Murdter,
technicien qui va nous quitter pour aller à Fribourg;
de la maison Hasler qui accomplit le travail à la perfection.
M. Rico Fioroni, ingénieur de la maison Hasler, remercia
tous ceux qui ont travaillé à cette transformation
et dit les bons rapports entretenus avec les autorités
et ladministration, celle-ci étant représentée
par M. Hess, technicien à la direction générale
P.T.T. M. Fellrath rappelle les bons souvenirs du Valais, se
dit heureux de voir, après Monthey et Martigny, lautomatique
sinstaller au cur du canton; il fait léloge
des techniciens, des collaborateurs, de M. et Mme Penon, des
téléphonistes. M. Bonvin, président de
Sierre, dit la satisfaction des autorités et de la population
: une installation postale ultra-moderne puis le téléphone
automatique. Aux administrations fédérale, toute
notre reconnaissance. M. Penon chante avec bonheur «Au
temps des cerises » en saccompagnant au piano. On
regrette de navoir pas plus souvent loccasion dentendre
sa voix chaude et sympathique.
Ainsi, lautomatique est inauguré. 11 grandira,
conquerra peu à peu nos bourgs et nos villages. Cest
le progrès.
Le 3 janvier 1934 "Le confédéré"
Dernièrement , le téléphone automatique
a été introduit à Stalden , Stalden-Ried
et Trbel qui comptent environ 20 abonnés.
Le 24 mai 1934 "La patrie valaisanne",
Le téléphone automatique
Les usagers du téléphone sont avisés de
l'introduction de l'exploitation automatique aura lieu à
Leytron , Riddes et Chamoson le 24 crt .
A partir de ce moment les abonnés du secteur Chamoson
, Riddes-Leytron pourront correspondre directement entre eux
, sans l'intermédiaire d'aucune téléphoniste
, uniquement en composant au moyen du disque , le numéro
à 5 chiffres de l'abonné désiré
. Ces conversations , établies directement par l'abonné
seront dorénavant considérées comme locales
et taxées à 10 cts, sans aucune surtaxe de jour
et de nuit . Sil s'agit d une conversation destinée à
un abonné d'une localité desservie par un autre
central téléphonique , l'abonné n'aura
quà composer le No 14 ( interurbain ) : une téléphoniste
du central interurbain de Sion interviendra alors pour donner
la communication désirée . Celle-ci sera taxée
suivant le tarif du central interurbain à service permanent
de Sion .
Le 25 juin 1934 "Le courrier de Sion"
L exploitation téléphonique automatique sera introduite
à Ardon , mercredi 27 . courant ... même
conditions que pour Leytron , Riddes et Chamoson.
Le 11 août 1934 "Journal de Sierre, Volume
18, Numéro 64"
Le mercredi 8 courant a été mis en service le
central téléphonique automatique de Tourtemagne
desservant les localités de Tourtemagne, Ergisch,
Oberems, Unterems et Gruben. A partir de ce jour, les abonnés
raccordés au central automatique de Sierre peuvent appeler
directement les abonnés raccordés à celui
de Tourtemagne en composant au moyen du disque les numéros
à cinq chiffres tels quls figurent dans la liste
officielle des abonnés au téléphone 1934-1935.
Toutefois, pour les communications à destination de Tourtemagne
pour lesquelles lindication de la durée ou de la
taxe est demandée, elles devront être commandées
comme jusquà présent au central interurbain
de Sierre en composant le No 14. A noter enfin. que dès
la mise en service du central automatique de Tourtemagne, la
taxe des conversations Sierre-Tourtemagne et vice-versa a été
réduite de 30 à 20 et. par unité de conversation
de 3 minutes.
Propos publicitaires Les abonnés du téléphone
ont reçu de Lausanne une feuille de carton imprimée
dun seul côté. Il y a quelques numéros
de téléphone de bureaux officiels; lun deux,
le 18, Feu, alarme, est inexistant à Sierre. Avec cela,
quelques annonces de maisons sierroises et valaisannes. ...
Le 24 juillet 1935 "La patrie valaisanne" Le
Téléphone automatique a Loèche
Le mardi 23 juillet a été mis en service le nouveau
central automatique de Loèche-Ville , desservant tout
le groupe des localités de Loèche-Ville
, Agaren , Susten , Varen , Guttet , Albinen , Inden , Rumeling
, etc . A partir de ce moment , tous les abonnés
raccordés aux centraux automatiques de Sierre , Tourtemagne
, Loèche-Ville peuvent s appeler directement entre eux
, en composant au moyen du disque , les numéros à
5 chiffres tels quils figurent dans la liste officielle des
abonnés au téléphone 1935-1936 .- S'il
s'agit d'un appel à destination d'un abonné d'une
localité désservie par un autre central , il y
aura lieu de composer le No 14 ( service interurbain du central
de Sierre ) : une téléphoniste interviendra alors
pour donner la communication désirée . A procéder
de même en cas de communications à destination
de lun des 3 centraux indiqués ci-haut pour lesquelles
lindication de la durée ou de la taxe est demandée
.
Le 26 septembre 1935 "Le nouvelliste",
L exploitation téléphonique automatique
a été introduite le mercredi 25 courant dans tout
le secteur desservi jusqu'ici par le central manuel de Salvan
. A partir de cette date , tous les abonnés de cet ancien
central sont reliés directement sur le central automatique
de Vernayaz . Ils établissent leurs Communications
téléphoniques exclusivement au moyen du disque
, en se conformant pour cela à l'instruction spéciale
qui leur a été remise et affichée à
proximité de l'appareil . L'ancienne numérotation
est abandonnée et remplacée pour les appels locaux
( secteur Vernayaz-Salvan ) ou ceux destinés à
l'intérieur du groupe automatique ( centraux automatiques
de Saxon , FullyCharrat , Champex , Evionnaz , Martigny ) par
celle à 5 chiffres , indiquée entre parenthèses
dans l'annuaire 1935-1936 . Sil s'agit d'un appel à destination
d'un abonné d'une localité desservie par un central
autre que ceux désignés ci-haut , il faut composer
le No 14 ( interurbain ) : une téléphoniste établit
alors la communication désirée .
Les conversations entre les abonnés de l'ancien centrai
manuel de Salvan et ceux du central automatique de Vernayaz
, établies directement au moyen du disque , sont actuellement
considérées comme locales et taxées 10
ct . au lieu do 20 ct . précédemment . Toutes
les autres conversations sont taxées suivant le tarif
interurbain de Martigny ( centrai permanent sans surtaxe ).
Le 27 mai 1936 "Le confédéré"
Téléphone automatique à Granges
.
L'exploitation automatique vient dêtre introduite
à son tour à Grandes mardi le 26 crt . Les abonnés
de la région de Granges , Grônje ; Lens . Icogne
, Ollon , Chermignon , etc ., peuvent actuellement correspondre
sans l'intermédiaire d'une téléphoniste
, uniquement en composant au moyen du disque le numéro
à 5 chiffres ( indiqué entre parenthèses
dans l'annuaire ) de l'abonné désiré .
Le service local se fera ainsi de jour et de nuit sans surtaxe
. Pour les communications destinées à un abonné
d'une localité desservie par un autre central téléphonique
, l'abonné n'aura après avoir entendu le son musical
qu'à composer le No 14 ( interurbain ) . Une téléphoniste
du central interurbain de Sion interviendra alors pour donner
la communication désirée . Celle-ci sera taxée
suivant le tarif interurbain du central à service permanent
de Sion .
Le 19 décembre 1939 "La patrie
valaisanne" Téléphone automatique a Montana
Dès jeudi 21 courant , le téléphone automatique
sera mis en service à Montana . Les abonnés de
Montana seront avisés individuellement de l'heure exacte
de l'entrée en service . Dès ce jour-là
, les abonnés de Sierre , Loèche et Tourtemagne
pourront appeler directement Montana en . composant le numéro
à 5chiffres indiqué entre parenthèses sur
l'annuaire téléphonique.
Le 30 août 1940 "La patrie valaisanne"
L automatisation intégrale du central automatique
do Sierre , permet , depuis ce matin , la sélection
automatique directe entre les abonnés des régions
desservies par les centraux automatiques de Tourtemagne , Loèche-Vilie,Montana
, Sierre , Granges , St . Léonard , Sion Conthey , Ardon
ct Chamoson .
23 décembre 1941 "Le Rhône" Orsières
. - Téléphone automatique
L'exploitation téléphonique automatique a été
introduite le vendredi 19 crt . dans tout le secteur desservi
jusqu'ici par le central manuel d'Orsieres . A partir de cette
date , tous les abonnés de ce central établissent
leurs communications téléphoniques exclusivement
au moyen du disque . L'ancienne numérotation est abandonnée
et remplacée pour les communications locales ( réseaux
locaux fusionnés dOrsieres et Champex ) ou celles destinées
à l'intérieur du groupe automatique de Martigny
( centraux de Martigny , Sembrancher , Vernayaz , Evionnaz ,
Fully-Charrat , Saxon ) par celle à 5 chiffres , indiquée
dans l'annuaire officiel 1941-42 . Les conversations entre les
abonnés des réseaux d'Orsieres et de Champex seront
dorénavant taxées comme locales , à raison
de 10 et . par conversation . S'il s agit d'un appel à
destination d'un abonné d'une localité desservie
par un central autre que ceux désignés ci-dessus
, il faut composer le No 14 ( appel interurbain ) : une téléphoniste
interviendra alors pour donner la communication désirée
. Cette transformation permet l'introduction à Orsières
d'un service ininterrompu de jour et de nuit sans surtaxe .
L'abonné voudra bien suivre les quelques conseils principaux
qui suivent :
- 1 . Il ne doit composer le numéro qu'après avoir
entendu le signal libre ( son musical continu ) . Si ce signal
n'est pas perçu de suite , il faut attendre quelques
secondes . Il est inutile de choisir un numéro avant
la réception de ce signal . L'abonné compose ensuite
lui-même le numéro désiré en faisant
les chiffres ( de gauche à droite ) l'un après
l'autre , et en ayant soin d'aller chaque fois avec le doigt
jusqu'au cran d'arrêt et de laisser le disque retourner
librement à son point de départ .
- 2 . Lorsque le numéro est libre , le demandeur entend
très distinctement les appels . En cas de non-réponse
, il doit conclure que l'abonné est absent et recommencer
plus tard l'opération .
- 3 . Si le numéro formé n'est pas disponible
, l'appelant perçoit le signal d'occupation ( son intermittent
) . Dans ce cas , le demandeur doit également rappeler
plus tard .
- 4 . Pour la consignation des télégrammes par
téléphone , composer le No 10 .
- 5 . D'autre part , les abonnés seront rapidement renseignés
en composant le No 11 ( service des renseignements ) .
- 6 . Les avis de dérangements peuvent être directement
annoncés au No 12 ( service des dérangements )
.
- 7 . Les abonnés sont invités , pour de plus
amples détails , à consulter l'instruction spéciale
qui leur a été adressée .
Le 22 janvier 1943 "Le confédéré"
Téléphone automatique .
Nous avons signalé dans notre dernier No le nouvel
avantage offert par l'Administration des téléphones
aux abonnés du réseau Sierre-Sion en ce sens qu'ils
peuvent désormais communiquer automatiquement avec n'importe
quel abonné du groupe automatique de Lausanne , et cela
sans recourir au No 14 de la Centrale .Comme une telle faveur
ne saurait laisser indifférents sinon jaloux
les abonnés du réseau de Martigny , nous pouvons
les rassurer en ce sens qu'ils auront aussi leur tour et cela
conformément au programme établi pour l'automatisation
. En tout cas , aucune région ne sera lésée
ou prétéritée , mais il est assez difficile
, dans les circonstances actuelles surtout , de dire dans combien
de temps ces nouveaux perfectionnements auxquels l'Administration
des Téléphones voue d'ailleurs toute sa sollicitude
pourront être réalisés .
Le 4 juin 1946 "Le Rhône"
TELEPHONE AUTOMATIQUE .
Les abonnés au téléphone du réseau
de Lugano viennent dêtre reliés par le réseau
automatique avec St-Gall , Coire , St-Moritz , Schuls . Sargans
, Ilanz , Faido et la Haute-Lévcntine . Pour la fin de
l année , ils seront également reliés directement
avec les réseaux dc Lucerne ct dc Zurich.
Le 24 février 1948 "Feuille
d'avis du district de Monthey", téléphone
automatique intégral .
Réjouis sons-nous en , car cela nous vaut le plaisir
d'entendre encore la voix aimable de la téléphoniste
et la joie de n'être pas seul ci tête à tête
avec l'inhumaine machine . Ainsi chez nous , lorsqu'on téléphone
d'une cabine publique pour une communication interurbaine ,
unc voix , généralement douce vous fait savoir
quand les trois premières minutes sont écoulées
, afin que vous puissier introduire dans l'appareil un montant
déterminé pour continuer éventuellement
la conversation . Votre interlocuteur est toujours 1a ; et vous
pouvez enchaîner si vous avez obtempéré
à l'ordre aimable de la demoiselle et chose qui n'est
pas à dédaigner , il ne vous en coûte pour
les 3 minutes suivante : qu'une taxe réduite . Avec l'automatisme
intégral , plus de ces attentions ridicules et périmées
, indigne d'une l'administration qui se respecte et qu s'est
imposée comme tâche essentielle d'amener un nombre
respectable de millions dans ce nouveau tonneau qu'est la crise
de la Confédération . Au bout des trois minutes
, la conversation est automatiquement interrompue et si vous
voulez la reprendre pour unc raison ou pour une autre , il ne
vous reste qu'à redemander le numéro en introduisant
de nouveau dans l'appareil la taxe pleine et entière
. Ce n est pas plus malin que cela . Il suffisait d'y penser
. Et si vous vous demandez ce que devient dans tout cela l'agrément
de l'usager , on vous répondra sans doute que vous nêtes
pas à la page et qu'il y a belle lurette que le public
est là pour les P . T . T et non les P . T . T . pour
le public . Vous croyez épic cette histoire est une plaisauterie
? Attendez qu'on vous ait fait le cadeau de la belle invention
et vous verrez . On devrait savoir tirer la leçon des
affaires de ce genre qui , en apparence , semble être
sans importance . Elles prouvent tout simplement que nous aliénons
tous les journaux un peu plus de notre liberté el de
notre souveraineté à l'appareil bureaucratique
de l'Etat quel qu'il soit , lequel , sous le prétexte
de faire notre bonheur , nous enlève finalement jusqu'au
droit de penser.
Le confédéré, 1 septembre
1950 Des crieurs de l'antiquité au téléphone
moderne.
Nous avons reçu la brochure intitulée «
Notre Téléphone » éditée par
l'Union pour la diffusion du téléphone en Suisse
. Ce fascicule donne un aperçu précis du développement
des télécommunications depuis la plus haute antiquité
jusqu'aux temps modernes . Nous extrayons de cet intéressant
exposé historique les passages suivants à l'intention
de nos lecteurs .
Crieurs et coureurs
Le moyen de communication le plus naturel entre deux êtres
humains fut et demeure la transmission directe de la parole
. Que de chemin parcouru des hurlements poussés par l'homme
des cavernes pour avertir ses compagnons de l'approche d'un
danger , au téléphone d'aujourd'hui , capable
de transmettre à n'importe quelle distance et jusque
dans les endroits les plus reculés , les nuances les
plus subtiles exprimées par le langage ! La liaison établie
entre la bouche d'un homme et l'oreille d'un autre se révéla
de très bonne heure insuffisante . L'humanité
éprouva le besoin d'avoir à sa disposition des
moyens de communication d'une portée plus étendue
. La transmission des appels succéda à celle des
paroles . C'est ainsi qu'il vînt à l'idée
des hommes de créer les premières organisations
chargées d'assurer des liaisons . En Perse , dans l'antiquité
, des postes de crieurs s'échelonnaient à travers
tout l'empire et se répétaient les appels les
uns aux autres . Grâce à ce système , les
nouvelles étaient transmises en un jour entre deux endroits
séparés par 30 jours de voyage . Jules César
dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules signale l'existence
d'une organisation du même genre chez les Gaulois : «
Le bruit en fut rapidement répandu chez les autres Gaulois
car ils s'avertissaient de tout événement important
par des cris qui étaient entendus d'un lieu à
l'autre . Il en fut de même à cette occasion et
ce qui était arrivé à Orléans (Genabum)
au lever du soleil fut appris avant le crépuscule au
pays des Arvernes , distant de 160 000 doubles pas . »
Ainsi donc , au temps de Jules César déjà
, un procédé acoustique permettait la transmission
des nouvelles à une distance de 240 km . en un jour .
Les organisations de courriers sont également très
anciennes .
Rappelons l'exploit du « coureur » qui apporta la
nouvelle de la victoire des Athéniens sur les Perses
en parcourant d'une seule traite les 42 , 2 km . qui séparaient
d'Athènes le champ de bataille de Marathon . En arrivant
, épuisé par son effort , il ne put articuler
qu'un seul mot : « nenikekomen » ( nous sommes vainqueurs
) et il expira . Notre histoire rapporte un fait analogue au
sujet de la bataille de Morat , en 1476 .
Chez les Grecs de l'antiquité , les messages étaient
confiés à des courriers professionnels . Les Hemerodromen
, comme on les appelait , vivaient de cette occupation . Le
métier de courrier et le secret de l'entraînement
qui leur permettait d'acquérir l'endurance que l'on exigeait
deux , restaient en général un privilège
de famille .
Télégraphie primitive
L'emploi des tambours , pour la transmission des messages ,
chez les peuplades primitives , peut être considéré
comme un des stades du développement des télécommunications
. Jusqu'à la fin du siècle dernier , l'existence
de ce procédé utilisé depuis plusieurs
siècles par les indigènes de l'Afrique centrale
et occidentale ainsi que par ceux de l'Amérique du Sud
et de quelques îles du Pacifique avait totalement échappé
à l'attention des Européens . A certains égards
, on est obligé de reconnaître qu'il soutient avantageusement
la comparaison avec le télégraphe tel qu4il fonctionnait
à ses débuts . Les Blancs sont rarement capables
d'interpréter la signification des messages transmis
par les tambours et le rythme auquel s'opère cette transmission
rend toute transcription extraordinairement difficile . Au Cameroun
, chez les nègres Douala , tous les adultes comprennent
ces signaux dont l'étude fait partie de l'instruction
primaire des indigènes . Les jours où les conditions
atmosphériques s'y prêtent , les nègres
tiennent entre eux , à l'aide de leurs tambours , de
longues conversations à grande distance . La combinaison
des sons profonds et aigus confère à ce système
une remarquable précision . Des tambours de chefs artistiquement
travaillés servent aux communications officielles . Dans
certaines contrées africaines , le privilège de
transmettre des messages est exclusivement réservé
aux chefs des tribus . Quiconque empiète sur ce monopole
peut être puni de mort . Le « tambour » est
pour le nègre un véritable moyen d'expression
. Il lui permet de conter des histoires , de lancer des appels
et même d'échanger des injures avec un lointain
interlocuteur . La découverte de la télégraphie
par tambour donna la clé de bien des énigmes .
On put expliquer entre autre comment la nouvelle de la prise
de Kartoum par les Mahdistes , le 26 juillet 1885 et celle de
la mort du colonel anglais Gordon avaient pu se répandre
le jour même parmi les Fellahs du Caire . Les Blancs ,
qui n'avaient été informés de ces événements
qu'ensuite , attribuèrent longtemps à des causes
surnaturelles un fait que la révélation de l'existence
de la télégraphîe par tambour rendit plus
tard parfaitement compréhensible .
Un des plus curieux effets de ce procédé de transmission
fut d'empêcher les administrateurs blancs d'effectuer
à l'improviste chez les indigènes des tournées
d'inspection .
Messages écrits
Le transport des messages écrits fut à l'origine
confié à des courriers qui firent parcourir des
milliers et des milliers de kilomètres aux rouleaux de
parchemin , aux tablettes gravées et aux feuilles de
papyrus pinces dans la fente d'un bâton , noués
à leur chevelure , enfouis plus tard dans leur sacoche
. Le réseau routier de l'empire romain avait atteint
un stade de développement remarquable qui ne fut égalé
qu'au XIXe siècle .
Bientôt la vitesse atteinte à pied par les courriers
les plus rapides fut jugée insuffisante . Cinq siècles
avant J-C . déjà , les Angars , messagers des
Perses , étaient montés . Ils parcouraient la
route royale qui allait de Sardes à Echatane , soit un
trajet de 2 529 km . en une semaine . Les relais de chevaux
, placés à intervalles de 20 ou 30 km, abondamment
pourvus de montures , permettaient d'atteindre une vitesse de
420 km . par jour . Sous l'empire romain , les estafettes montées
trouvaient à chaque relais de poste 20 à 40 chevaux
de trait ou de selle . L'historien romain Tacite rapporte que
le messager envoyé à l'empereur Vîtellius
pour lui annoncer son électîon , en 69 après
J-C , parcourut en 14 heures les 200 km . qui séparent
Mayence de Cologne .
Pigeons et chiens voyageurs
Les pigeons voyageurs représentent un progrès
dans l'accélération des télécommunications
. Elevés et utilisés en Orient dès l'antiquité
, ils ne furent introduits en Europe , particulièrement
en Belgique , que plus tard . Leur rôle n'acquit une certaine
importance qu'après l'apparition des procédés
photographiques permettant de réduire le format des messages
. Les essais de dressage et d'élevage pratiqués
récemment aux Etats-Unis ont conduit à des résultats
remarquables . Certains pigeons voyageurs réussissent
à trouver leur chemin de nuit et même à
regagner des bateaux en marche . Leur fidélité
au colombier est si développée que mis dans l'incapacité
de voler , ils s'efforcent de rentrer , fût-ce à
pied . Durant la dernière guerre mondiale , ni les émetteurs
d'ondes courtes , ni le téléphone de campagne
ne purent démontrer qu'il était désormais
superflu de garder des pigeons voyageurs . Les premiers «
chiens de liaison » servirent à la transmission
de messages militaires . Dans les terrains impraticables et
sur de courtes distances , particullièrement pendant
le combat , ils rendirent durant les deux guerres mondiales
de précieux services .
Signaux optiques
Dès la plus-haute antiquité , la signalisation
à l'aide de feux et de fumées servît à
remplacer en cas de détresse les appels des guetteurs
ou les courriers montés . Si l'on en croit la légende
, c'est par des feux que les Grecs , à travers la Mer
Egée , apprirent la chute de Troie . Dans sa tragédie
Agamemnon , Eschyle donne une explication parfaitement admissible
de la manière suivant laquelle la nouvelle fut communiquée
de Troie à Mycène au moyen de 8 relais espacés
de 20 à 80 km . les uns des autres . Un passage de l'Illiade
laisse supposer que ce système de transmission était
déjà pratiqué avant Homère .
Dans notre pays , il était au moyen-âge d'usage
courant de donner l'alarme par des feux allumés à
certains postes où se tenaient des veilleurs . Tous les
Suisses connaissent la signification symbolique des feux du
Premier Août . Il est certain que les Perses , les Grecs
, les Carthaginois et les Romains faisaient usage de la signalisation
au moyen de torches , système plus perfectionné
que celui des feux . C'est là qu'il faut probablement
chercher la véritable origine de la « télégraphie
optique » . On lit dans Hérodote VII . 182 que
les Hellènes apprirent la capture par les Perses de bateaux
grecs près d'Artemisium grâce à des signaux
de feu qui leur furent transmis depuis Skyathos . Une note d'Arîstote
sur la télégraphie optique était capable
de transmettre n'importe quel message : « Les veilleurs
qui , des frontières de l'empire jusqu'à Suse
ou jusqu'à Ecbatane , avaient la charge de se transmettre
des signaux à laide de feux , étaient si bien
organisés que le grand roi apprenait le jour même
ce qui sétait passé en Asie Mineure . »
Le télégraphe
A la fin du XVIIIe siècle , on vit apparaître ,
un peu partout , des systèmes de télégraphie
de différentes sortes . L'un deux , inventé par
Claude et Jean Chappe connut un usage pratique jusqu'à
l'apparition du télégraphe électrique .
Le 26 juillet 1792 , l'Assemblée nationale française
autorisa les inventeurs à construire , entre Paris et
Lille , une ligne de télégraphe optique composée
de vingt stations relais . Grâce à ce dispositif
, la transmission des nouvelles entre les deux stations terminales
prenait deux minutes par temps clair . Pour l'époque
cela représentait un grand progrès . Le nombre
des lignes se multiplia rapidement . De Paris à Calais
, la durée de la transmission était de 4 minutes
, de Paris à Strasbourg de 5 minutes 53 secondes et de
Paris à Brest de 6 minutes 50 secondes .
Le mathématicien Charles-Frédéric Gauss
, de Gttingue , apporta sa contribution au développement
de la télégraphie optique en inventant en 1820
un appareil appelé « héliographe »
. Cet appareil , auquel on pourrait donner en français
le nom de télégraphe solaire , transmettait des
signaux lumineux à l'aide de miroirs . Il utilisait les
rayons du soleil et , comme il n'existait à cette époque
aucun moyen de produire une source lumineuse d'intensité
suffisante pour assurer son fonctionnement pendant la nuit ,
son emploi était très limité .
Mis au point par la suite , le principe du télégraphe
de Chappe eut pour successeur le sémaphore , système
de signalisation utilisé par l'armée pour la transmission
de messages à courte distance , au moyen de fanions .
Il est encore d'un usage courant à bord des bateaux ,
sous une forme adaptée à cette fonction .
Les inventions modernes
Depuis la découverte de l'électricité ,
le progrès fait des pas de géant en matière
de télécommunications . En 1809 , le professeur
von Soemmering construit le premier appareil dont le principe
est basé sur l'action chimique du courant électrique
. En 1832 , un officier au service de la Russie construit un
appareil télégraphique au moyen d'un fil chargé
de courant qui actionnait une aiguille aimantée . En
1837 , le peintre américain Morse invente l'appareil
et l'alphabet qui portent son nom . On voit bientôt apparaître
les téléscripteurs et , sur l'initiative du gouvernement
bernois , le Conseil fédéral présente le
10 janvier 1851 un projet de loi et un message en faveur du
télégraphe .
Enfin , le 14 février 1876 , l'Ecossais Graham Bell faisait
breveter une invention : le téléphone . Celui-ci
ne fut pratiquement employé qu'après la découverte
du microphone en 1878 , par D.E. Hughes . Dès lors les
premières lignes téléphoniques s'établissent
et , en 1922 , on comptait déjà 22 millions d'appareils
dans le monde . On en compte actuellement 50 millions .
Aujourd'hui , avec le téléphone automatique ,
les câbles souterrains , les centraux perfectionnés
et les multiples services : renseignements , feu , police ,
heure , etc ., on est bien loin des premiers essais tentés
il ny a qu'un siècle pourtant !
La télédiffusion , la radio , la télévision
et le radar sont de notre temps . Il n'y a , pratiquement ,
plus de distances et vous pouvez avoir l'Amérique ou
l'Afrique au bout du fil sans difficultés . Le prodigieux
développement des systèmes de télécommunications
est à la mesure des immenses progrès que le génie
humain a réalisés ce siècle dernier.
Le 14 septembre 1950 "Le nouvelliste"
LE TELEPHONE AUTOMATIQUE A SAINT-MAURICE
La Direction des téléphones de Sion communique
que le service automatique est introduit à St-Maurice
dès aujourd'hui 14 septembre . Les abonnés devront
composer désormais l'indicatif ( 025 ) pour tout le groupe
de réseau d'Aigle et le faire suivre du numéro
de l'abonné .
Le 22 novembre 1950 "Le confédéré"
Le téléphone automatique intégral .
Le central téléphonique automatique intégral
d'Aigle a été mis en service les 20 et 21 novembre
. A l'exception des localités de Port-Valais , Bouveret
et St-Gingolph rattachés au groupe de réseau 021
de Lausanne , toutes les localités du district de Monthey
, chef-lieu v compris , appartiennent au groupe du réseau
d'Aigle dont l'indicatif d'appel est le 025 . A l'occasion de
cet événement la Direction des téléphones
de Lausanne a organisé lundi à Monthey , au Cinéma
Mignon , 4 séances cinématographiques qui étaient
consacrées à la projection de films très
intéressants et instructifs .
Le 5 décembre 1950 "Feuille d'avis du district
de Monthey"
Un lapsus s'est glissé dans notre article du 24 novembre
consacré à la séance cinématographique
organisée par la Direction des téléphones
de Lausanne à l'occasion de la mise en service du téléphone
automatique intégral du groupe de réseaux d'Aigle
. Parlant des localités de Port-Valais , Bouveret ct
St-Gingolph , nous avions écrit qu'elles sont rattachées
au groupe automatique de Lausanne et que si l'on veut d'un autre
groupe ( par exemple celui auquel nous appartenons ) atteindre
un abonné de ces localités , il faut cn premier
lieu composer l'indicatif d appel 021 . Or on a imprimé
par erreur 071 . Nous nous en excusons et prions nos lecteurs
de prendre note de cette rectification.
Le 17 février 1954 "Le confédéré
numéro 110" EVOLENE
Une bonne chose en entraînant une autre , voici qu'on
nous apprend également que le téléphone
automatique va bientôt conquérir Toute la région
. C'est une excellente nouvelle car l'encombrement des lignes
était tel , en pleine saison , qu'il ne fallait pas être
pressé pour avoir une communication avec le val d'Hérens
, malgré les efforts désespérés
des charmantes téléphonistes qui nen pouvaient
mais .
Le 26 mai 1954 "Le confédéré",
VAL DHERENS L'introduction du téléphone automatique
On pense que pour l'été qui vient les villages
de Saint-Martin , Euseigne , Evolène et les Haudères
, peut-être aussi AroMa , pourront être reliés
au réseau de téléphone automatique . On
procède en effet actuellement aux travaux nécessaires
, notamment à la pose des câbles . Ce progrès
sera salué avec satisfaction par la population ainsi
que par les hôtes de nos charmantes stations.
22 juillet 1954 "Journal et feuille
davis du Valais" Introduction du téléphone
automatique dans le vai d'Hérens
Depuis ce matin , le téléphone est automatique
dans le vai d'Hérens . Cette nouvelle , diffusée
par de nombreux journaux , est accueillie avec plaisir par les
usagers des stations indigènes publiques ou privées
.
Un brin d'histoire. Pour rappeler justement l'histoire du téléphone
dans le val d'Hérens , nous ne pouvons faire mieux que
de publier le texte du discours prononcé à Evolène
, hier , lors de la journée inaugurale de la mise en
service des installations automatiques . L'auteur en est M .
A . Wettstein , directeur de la Division des télégraphes
et des téléphones , à Berne : « De
nos 22 cantons , le Valais est certainement le plus attirant
et le plus intéressant au point de vue touristique ,
linguistique , topographique et agricole . Non loin de la plaine
du Rhòne , s'élèvent des chaines de montagnes
grandioses avec leurs célèbres 4000 m . Alors
que dans le bas , le sol généreux dispense la
richesse de ses produits , on ne trouve dans les montagnes qu'une
terre rare de laquelle la population tire avec peine sa subsistance
. La structure topographique et le caractère sauvage
des lieux pose depuis longtemps , pour l'existence des habitants
, un grave problème que la technicité générale
de notre epoque est à peine arrivé à adoucir
.
Les voies de communication ont de tout temps joué en
Valais un rôle important . Les grandes routes des Alpes
connues dès les temps reculés , comme le Grimsel
, la Furka , le Simplon , le Grand-St-Bernard , les nombreux
cols reliant entre elles les vallées latérales
, ont ouvert relativement tôt cette superbe région
au tourisme . Un magnifique esprit d'initiative et des moyens
financiers considérables , ont fait de ces modestes passages
des routes internationales importantes sillonnées par
les voitures jaunes de l'administration des PTT qui amènent
chaque année de tous les coins du monde des milliers
de touristes avides de belles vacances . On peut en dire de
même du chemin de fer du Loetschberg qui , depuis le percement
des tunnels du Simplon une large mesure à stimuler l'industrie
, les arts et en 1904 et du Lòetchberg en 1911 , a contribué
dans le commerce du canton . En favorisant le tourisme , des
esprits ingénieux ont apporte un gain bienvenu dans les
vallées au sol ingrat . Mais depuis peu , le Valais exploite
encore une autre de ses richesses naturelles , la force hydraulique
. D'immenses bassins d'accumulation récoltent les eaux
des Alpes valaisannes . Aujourd'hui , nous pouvons constater
avec plaisir que grâce à son industrie , son agriculture
, son tourisme et ses forces hydrauliques , votre canton est
devenu un des facteurs les plus importants dc la vie économique
de notre pays .
A propos de l'événement qui nous réunit
ce jour , permettez-moi de jeter un regard en arrière
sur les services PTT en Valais et leur développement
au cours des ans . En 1857 , la ville de Sion était raccordée
au réseau télégraphique suisse . Dix ans
après , c'était le tour de Brigue . En 1896 on
inaugurait à Sion le service téléphonique
avec 50 abonnés . A cette époque-là , votre
chef-lieu possédait une ligne téléphonique
avec Montreux , qui fut prolongée jusqu'à Lausanne
en 1897 . En 1899 déjà , on raccordait Sierre
, Loèche-Ville , Brigue , Ardon et Martigny au reste
de la Suisse . Au cours des décennies se développa
un réseau téléphonique aérien étendu
qui , parce que trop exposé aux tempêtes , aux
chutes de neige et aux avalanches et aussi à cause de
l'augmentation constante du trafic , fut remplacé plus
tard en grande partie par un réseau étendu de
câbles souterrains . Malheureusement , deux guerres mondiales
et leurs désastreuses perturbations économiques
ont considérablement retardé l'exécution
des travaux , de sorte qu'il n'a pas toujours été
possible de faire face aux besoins avec toute la promptitude
désirable . Cependant , les localités des différentes
vallées , de Viège Martigny à Lourtier
et Orsières pour ne citer que à Zermatt et Saas-Fée
, de Brigue à la Furka , de les plus importantes , sont
déjà reliées par des câbles garantissant
une très grande sécurité d exploitation
.
Il y a presque 50 ans , le 4 aoùt 1906 , le téléphone
pénétrait à Evolène qui , pendant
52 ans , n'avait eu à sa disposition qu'une seule ligne
télégraphique pour correspondre avec la vallée
. Les 9 abonnés de 1906 ont passé aujourd'hui
à 80 . Le trafic téléphonique qui était
alors de 202 Communications locales et 503 Communications interurbaines
a atteint l'année dernière les chiffres de 13430
Communications locales et 69136 Communications interurbaines
. Parallèlement à l'amélioration du réseau
des lignes , on procéda aussi à l'automatisation
du téléphone . Très tôt déjà
on s'efforça de rendre le service téléphonique
indépendant des défaillances humaines . A mesure
que le trafic augmentait on se rendait compte que seule la machine
pourrait y faire face rapidement . sûrement et économiquement
. Ce ne sont cependant pas là les seules raisons pour
lesquelles nous avons aussi introduit aujourd'hui l'automatique
dans le paisible Val d'Hérens . Depuis longtemps mon
administration savait que le service téléphonique
ne donnait plus satisfaction dans votre vallée à
cause du nombre insuffisant de circuits . On essaya de remédier
à la chose par des connexions compliquées . Mais
même les plus savantes improvisations ont une fin . Seul
un changement radical de la structure du réseau associé
à l'introduction du téléphone automatique
pouvait réellement donner satisfaction à la longue
. Après des études approfondies , nous avons décidé
d'établir un central automatique à Evolène
et d'en construire aussi un à Euseigne pour desservir
la partie centrale de la vallèe . Le petit centrai d'Arolla
est supprimé et ses abonnés raccordés directement
à Evolène . En établissant ses projets
, l'administration des téléphones s'est laissée
guider par la pensée que les nouvelles installations
devaient avoir une réserve de lignes suffisante pour
plusieurs années tant pour des circuits interurbains
que pour des raccordements d'abonnés ; qu'elle devait
ètre autant que possible à l'abri des déchainements
des éléments naturels et des injures du temps
. Ces considérations nous ont engagés à
établir une installation de câbles souterrains
qui s'étend aujourd'hui de Sion par Euseigne , Evolène
et les Haudères jusqu'à Arolla . En outre , les
réscaux locaux ont aussi été mis en grande
partie sous câbles . Remarquons à ce propos que
sur le tronçon Sion-Hérémence on continuerà
à utiliser l'installation établie en 1945 . Les
dimensions du câble allant jusqu'à Evolène
ont été calculées pour pouvoir doter le
central dEuseigne de 20 lignes interurbaines au maximum et celui
d'Evolène de 30 lignes .
Les difficultés du terrain ont bien provoqué quelques
cassements de tète , mais la question du trace a pu ètre
résolue finalement d'une manière satisfaisante
. Certaines parties du parcours ont une déclivité
allant jusqu'à 50 pour cent . Je crois pouvoir me dispenser
de vous donner des détails au sujet des difficultés
qu'il a fallu surmonter dans les transports du matériel
et dans l'exécution des travaux . Permettez-moi pourtant
de vous signaler l'une des plus importantes , la traversée
de la Borgne entre Euseigne et St-Martin où le câble
est suspendu librement à 90 mètres au-dessus du
lit du torrent . Le câble téléphonique est
suspendu ici à un câble porteur en fils d acier
accroché lui-même à deux puissants pylônes
dc fer fixés dans des socles en béton . Le montage
de ce câble porteur , qui est protégé par
deux armures d'acier est fait selon une méthode moderne
qui permet au monteur de travailler en circulant le long du
câble sur une machine spéciale . Sur le tronçon
Evolène-Les Haudères-Arol-la longue d'environ
25 km . a coûté 850 000 francs . Une partie importante
de cet argent est revenue aux habitants du pays sous forme de
salaires pour leur collaboration aux travaux de fouilles et
aux transports . Les centraux automatiques d'Euseigne et d'EvoIène
permettent le raccordement de 200 abonnés chacun ; les
possibilités d'extension existent . Les deux centraux
ont été logés dans des maisonnettes spéciales
.
Le 23 juillet 1954 "Journal et feuille
davis du Valais" Introduction du téléphone
automatique dans le Val d'Hérens
Depuis ce matin , le téléphone est automatique
dans le vai d'Hérens . Cette nouvelle , diffusée
par de nombreux journaux , est accueillie avec plaisir par les
usagers des stations indigènes publiques ou privées
. ( Suite du numéro 111 )
Lc coût des deux centraux , maisonnettes comprises , se
monte à 350 000 francs en tout et celui des nouveaux
appareils téléphoniques , y . compris les travaux
d'échange des appareils , à 50 000 francs . Ainsi
, le capital investi cette année dans les installations
téléphoniques du Val d'Hérens atteint la
somme respectable de 1 million et quart de francs . En citant
l'exemple de votre vallée , j'ai voulu vous montrer combien
coûteuse est devenue la téléphonie moderne
, tout particulièrement dans les régions montagneuses
de notre patrie . Si coûteuse même , que si l'on
n'avait pas en Suisse des taxes uniformes pour tout le pays
, on serait obligé d'appliquer des tarifs téléphoniques
variant considérablement entre la plaine et la montagne
tout comme les tarifs des chemins de fer de montagne s'écartent
considérablement du tarif des CFF pour les mêmes
raisons . Toutefois , comme dans d'autres lieux de notre pays
, l'administration des PTT n'a pas hésité à
entreprendre . dans le Valais aussi , la modernisation des installations
téléphoniques , car nous ne pouvions naturellement
pas nous laisser guider par des considération purement
commerciales , mais au contraire considérer que , par
. ces travaux . l'administration des PTT contribuait à
faciliter l'accès des beautés du Valais , à
stimuler le trafic touristique et à créer des
possibilités de gain bienvenues pour nos confédérés
. L'introduction du téléphone automatique dans
le Val d'Hérens apporte pour toute la population un changement
radical dans la transmission des nouvelles . Le téléphone
est maintenant à la disposition des habitants jour et
nuit sans interruption , une audibilité parfaite lui
est garantie , les délais d'attente sont supprimés
. Les raccordements à des sélecteurs est maintenant
résolue . Au début de l'année prochaine
, on pourra aussi installer la télédiffusion à
haute fréquence chez les abonnés au téléphone
du Val d'Hérens . Nous sommes convaincus que , grâce
à cette mesure , on verra bientôt un nombre considérable
d'habitants de la vallée se joindre aux milliers d'auditeurs
satisfaits de la télédiffusion répartis
dans le reste de la Suisse . J'aimerais aussi attirer votre
attention sur nos divers services spéciaux , le service
des renseignements , l'horloge parlante , les prévisions
du temps , le service des nouvelles , qui sont dès maintenant
jour et nuit à votre disposition . Vous constaterez bientôt
que , sous sa nouvelle forme , le téléphone est
devenu pour vous une aide et un ami indispensable .
Je ne voudrais pas laisser passer cette journée sans
exprimer ma reconnaissance au fournisseur des deux centraux
, la maison Hasler S . A . Cette entreprise de l'industrie des
télécommunications a équipé jusqu'à
ce jour plus de 600 centraux pour l'exploitation automatique
sur les 900 que compte notre pays . Tous fonctionnent à
la satisfaction des abonnés ; par la bienfacture de ces
produits et la précision du travail fourni , la maison
Hasler contribue grandement au bon renom du matériel
suisse et elle mérite un remerciement chaleureux pour
les efforts considérables qu'elle a faits en vue de réduire
les délais de livraison des deux centraux d'Evoiène
et d'Euseigne . Gràce au dévouement de chacun
, il a été possible de mettre les installations
en service au début de la saison . J'exprime aussi ma
gratitude à M . Mévillot , directeur des téléphones
à Sion et à ses fidèles collaborateurs
, qui du technicien au monteur de centraux et des câbles
, s'efforcent toujours de répondre dans la mesure du
possible aux exigences particulières que le Valais impose
aux services des PTT . Les entreprises qui , avec leur personnel
, ont participé aux travaux de pose du câble et
ont mené l'uvre à bonne fin malgré
les grosses difficultés du terrain méritent ,
elles aussi , notre reconnaissance .
En contribuant à une meilleure entente entre les populations
des diverses vallées , des diverses régions de
notre pays , même entre les divers peuples et les diverses
races de ce monde , la nouvelle installation téléphonique
du Val d'Hérens ne remplira pas seulement une tâche
économique , mais une tâche d'un haut idéal
. Je lève mon verre au développement de notre
beau Valais à la prospérité et au bien-être
des populations de toute la vallée et à votre
santé personnelle .
...
Inauguration du central automatique d'Euseigne Arrèt
aux pyramides , puis à Euseigne devant le nouveau central
automatique . M . Maurice Mévillot , s'adressant aux
invités leur dit : « C'est un heureux prétexte
pour le directeur d'un arrondissement des téléphones
que la création d'un nouveau réseau locai et la
mise cn service d'un nouveau central , car cette manifestation
, rehaussée par la présence des autorités
civiles et religieuses lui permet de leur adresser ici , à
Euseigne , un premier salut le plus respectueux . « ...
Nombreux sont encore ceux qui se souviennent quc les premiers
touristes logeaient à la cure ou dans ces placards typiquement
bâtis sur quatre piliers , remarquables constructions
dont quelques-unes datent de quatre siècles . Mais d'autres
estivants ont afflué et d'autres bâtiments égrainés
le long de la vallée sont nés pour eux , chalets
, pensions , hôtels , etc . munis du confort moderne .
Une nouvelle maisonnette constitué maintenant un échelon
complémentaire pose sur la route du vai d'Hérens
. Elle abrite sous son toit un outil admirable , un central
automatique téléphonique qui . partant du fond
du val des Dix s'étend sur les terres des communes d'Hérémence
, Masc et St-Martin , jusqu'à Eison , c'est-à-dire
jusqu'à l'étranglement qui sépare au sud
le val d'Hérens en deux parties . « ... La mise
en service du central automatique est un témoignage des
efforts que poursuit sans désemparer l'administration
des PTT afin de moderniser son équipement . L'uvre
que nous inaugurons en ce jour d'été 1954 ne serait
pas achevée si elle n'était placée sous
la protection divine , en témoignage émouvant
de notre foi et de notre confiance en sa toute puissance ¦»
. C est M . le Rd curé Martin de la paroisse d'Hérémence
, qui procède ensuite à la bénédiction
de ce nouveau central .
Inauguration du centrai automatique a Evolène.
Le car continue à monter vers Evolène où
le centrai automatique est également béni par
un prètre du Vietnam , Thanh Lane Dinh Xuan Nguyen .
La cérémonie est simple et émouvante .
M . Maurice Mévillot s'exprime en faisant ressortir la
beauté de la station , la fidélité des
habitants aux belles traditions , puis il relève que
touristes et indigènes souhaitaient depuis longtemps
l'automatisation du téléphone à Evolène
. « Tout est bien maintenant puisque dès ce jour
le secteur d'Evoiène est dote à son tour de l'automatique
avec ses derniers perfectionnements et ses appareils modernes
. A la fin d une délicieuse raclette servie avec soin
dans le jardin du Gand Hotel par M . Henry Maistré ,
M . Mévillot a salué parmi Ies invités
, notamment MM . Wettstein , directeur de la Division des TT
, Langerberger , chef de la Section des Téléphones
, Lancoud , chef du Service des lignes et câbles , Amiguet
chef du service d'information des PTT , les directeurs de la
maison Hasler , dont M . Eigenbcrg , de Berne et M . Bruttin
, de Sion , Diacon et Egger des télégraphes et
téléphones de Sion . Le Valais était représenté
par M . Dr Oscar Schnyder , vice-président du Conseil
d'Etat , M . le préfet Antoine Sierro , alerte malgré
ses 81 ans , M . Camille Sierro , président d'Hérémence
, M . Louis Pralong , président dc St-Martin , M . Marcel
Rossier , président de Mase , M . Marius Anzévui
, président d'Evoiène , M . Maurice Zermatten
, M . Jean Follonier , de nombreux journalistes de la presse
suisse .
Le 22 juillet 1954 "Feuille d'avis
du Vallais"
Depuis ce matin , le téléphone est automatique
dans le val d'Hérens. Cette nouvelle , diffusée
par de nombreux journaux , est accueillie avec plaisir par les
usagers des stations indigènes publiques ou privées
.
Un brin d'histoire.
Pour rappeler justement l'histoire du téléphone
dans le Val d'Hérens, nous ne pouvons faire mieux que
de publier le texte du discours prononcé à Evolène
, hier , lors de la journée inaugurale de la mise en
service des installations automatiques. L'auteur en est M. A.
Wettstein , directeur de la Division des télégraphes
et des téléphones, à Berne :
« De nos 22 cantons , le Valais est certainement le plus
attirant et le plus intéressant au point de vue touristique,
linguistique, topographique et agricole. Non loin de la plaine
du Rhône, s'élèvent des chaines de montagnes
grandioses avec leurs célèbres 4000 m. Alors que
dans le bas , le sol généreux dispense la richesse
de ses produits, on ne trouve dans les montagnes qu'une terre
rare de laquelle la population tire avec peine sa subsistance.
La structure topographique et le caractère sauvage des
lieux pose depuis longtemps, pour l' existence des habitants,
un grave problème que la technicité générale
de notre époque est à peine arrivé à
adoucir.
Les voies de communication ont de tout temps joué en
Valais un rôle important. Les grandes routes des Alpes
connues dès les temps reculés , comme le Grimsel
, la Furka , le Simplon , le Grand-St-Bernard , les nombreux
cols reliant entre elles les vallées latérales,
ont ouvert relativement tôt dans cette superbe région
au tourisme. Un magnifique esprit d'initiative et des moyens
financiers considérables, ont fait de ces modestes passages
des routes internationales importantes sillonnées par
les voitures jaunes de l'administration des PTT qui amènent
chaque année de tous les coins du monde des milliers
de touristes avides de belles vacances. On peut en dire de même
du chemin de fer du Loetschberg qui , depuis le percement des
tunnels du Simplon une large mesure à stimuler l'industrie
, les arts et en 1904 et du Lòetchberg en 1911 , a contribué
dans le commerce du canton . En favorisant le tourisme, des
esprits ingénieux ont apporte un gain bienvenu dans les
vallées au sol ingrat. Mais depuis peu, le Valais exploite
encore une autre de ses richesses naturelles , la force hydraulique.
D'immenses bassins d'accumulation récoltent les eaux
des Alpes valaisannes . Aujourd'hui , nous pouvons constater
avec plaisir que grâce à son industrie, son agriculture,
son tourisme et ses forces hydrauliques , votre canton est devenu
un des facteurs les plus importants dc la vie économique
de notre pays.
A propos de l'événement qui nous réunit
ce jour, permettez-moi de jeter un regard en arrière
sur les services PTT en Valais et leur développement
au cours des ans.
En 1857 , la ville de Sion était raccordée au
réseau télégraphique suisse. Dix ans après,
c'était le tour de Brigue. En 1896 on inaugurait
à Sion le service téléphonique avec
50 abonnés. A cette époque-là, votre chef-lieu
possédait une ligne téléphonique avec Montreux,
qui fut prolongée jusqu'à Lausanne en 1897. En
1899 déjà, on raccordait Sierre, Loèche-Ville,
Brigue, Ardon et Martigny au reste de la Suisse.
Au cours des décennies se développa un réseau
téléphonique aérien étendu qui,
parce que trop exposé aux tempêtes, aux chutes
de neige et aux avalanches et aussi à cause de l'augmentation
constante du trafic, fut remplacé plus tard en grande
partie par un réseau étendu de câbles souterrains.
Malheureusement, deux guerres mondiales et leurs désastreuses
perturbations économiques ont considérablement
retardé l'exécution des travaux, de sorte qu'il
n'a pas toujours été possible de faire face aux
besoins avec toute la promptitude désirable. Cependant,
les localités des différentes vallées,
de Viège Martigny à Lourtier et Orsières
pour ne citer que à Zermatt et Saas-Fée, de Brigue
à la Furka, de les plus importantes , sont déjà
reliées par des câbles garantissant une très
grande sécurité d' exploitation.
Il y a presque 50 ans , le 4 août 1906 , le téléphone
pénétrait à Evolène qui, pendant
52 ans, n 'avait eu à sa disposition qu'une seule ligne
télégraphique pour correspondre avec la vallée.
Des 9 abonnés de 1906 ont passe aujourd'hui à
80. Le trafic téléphonique qui était alors
de 202 communications locales et 503 communications interurbaines
a atteint l'année dernière les chiffres de 13
430 communications locales et 69136 communications interurbaines.
Parallèlement à l'amélioration du réseau
des lignes, on procéda aussi à l'automatisation
du téléphone. Très tôt déjà
on s'efforça de rendre lc service téléphonique
indépendant des défaillances humaines. A mesure
que le trafic augmentait on se rendait compte que seule la machine
pourrait y faire face rapidement. sûrement et économiquement.
Ce ne sont cependant pas là les seules raisons pour lesquelles
nous avons aussi introduit aujourd'hui l'automatique dans le
paisible Val d'Hérens. Depuis longtemps mon administration
savait que le service téléphonique ne donnait
plus satisfaction dans votre vallée à cause du
nombre insuffisant de circuits. On essaya de remédier
à la chose par des connexions compliquées. Mais
même les plus savantes improvisations ont une fin. Seul
un changement radical de la structure du réseau associé
à l'introduction du téléphone automatique
pouvait réellement donner satisfaction à la longue.
Après des études approfondies, nous avons décidé
d'établir un central automatique à Evolène
et d'en construire aussi un à Euseigne pour desservir
la partie centrale de la vallée. Le petit central d'Arolla
est supprimé et ses abonnés raccordés directement
à Evolène.
En établissant ses projets, l'administration des téléphones
s'est laissée guider par la pensée que les nouvelles
installations devaient avoir une réserve
de lignes suffisante pour plusieurs années tant pour
des circuits interurbains que pour des raccordements d'abonnés
; qu'elle devait ètre autant que possible à l'abri
des déchainements des éléments naturels
et des injures du temps. Ces considérations nous ont
engagés à établir une installation de câbles
souterrains qui s'étend aujourd'hui de Sion par Euseigne,
Evolène et les Haudères jusqu'à Arolla.
En outre, les réseaux locaux ont aussi été
mis en grande partie sous câbles. Remarquons à
ce propos que sur le tronçon Sion-Hérémence
on continuer à à utiliser l'installation établie
en 1945. Les dimensions du câble allant jusqu 'à
Evolène ont été calculées pour pouvoir
doter le central d'Euseigne de 20 lignes interurbaines au maximum
et celui d'Evolène de 30 lignes. Les difficultés
du terrain ont bien provoqué quelques cassements de tète,
mais la question du tracé a pu être résolue
finalement d'une manière satisfaisante. Certaines parties
du parcours ont une déclivité allant jusqu'à
50 pour cent. Je crois pouvoir me dispenser de vous donner des
détails au sujet des difficultés qu'il a fallu
surmonter dans les transports du matériel et dans l'exécution
des travaux.
Permettez-moi pourtant de vous signaler l'une des plus importantes,
la traversée de la Borgne entre Euseigne et St-Martin
où le câble est suspendu librement à 90
mètres au-dessus du lit du torrent. Le câble téléphonique
est suspendu ici à un câble porteur en fils d'acier
accroché lui-même à deux puissants pylônes
de fer fixés dans des socles en béton. Le montage
de ce câble porteur, qui est protégé par
deux armures d'acier s'est fait selon une méthode moderne
qui permet au monteur de travailler en circulant le long du
câble sur une machine spéciale. Sur le tronçon
Evolène-Les Haudères-Arol la longue d'environ
25 km. a coùté 850.000 francs. Une partie importante
de cet argent est revenue aux habitants du pays sous forme de
salaires pour leur collaboration aux travaux de fouilles et
aux transports.
Les centraux automatiques d'Euseigne et d'EvoIène permettent
le raccordement de 200 abonnés chacun ; les possibilités
d'extension existent. Les
deux centraux ont été logés dans des maisonnettes
spéciales.
Le 20 août 1956 "Le confédéré"
BOURC-ST-PIERRE Le téléphone automatique
Une nouvelle étape a été franchie par les
PTT dans l'automatisation du réseau téléphonique
. Un nouveau central sera mis en service jeudi prochain 23 août
, à Bourg-Saint-Pierre . Une manifestation marquera cet
heureux événement.
Le 22 août 1956 "Le confédéré",
L'automatisation du téléphone dans les vallées
Nous avons relaté dans notre dernier numéro l'heureux
événement que constitue la mise en service du
téléphone automatique dans la région de
Bourg-Saint-Pierre . Voici encore quelques renseignements sur
l'automatisation du téléphone dans d'autres régions
:
L'automatisation du téléphone dans la région
s'étendant sur le territoire des communes de Liddes et
de Bourg-Saint-Pierre arrive à chef : c'est le 23 août
prochain que sera mis en service le nouveau central téléphonique
automatique de Bourg-Saint-Pierre , appelé à desservir
les abonnés situés sur le territoire de la commune
de Bourg-Saint-Pierre . Ceux de Liddes . Rive-Haute et Fontaine
seront raccordés directement sur le central automatique
d'Orsières . Dès cette date , seront seuls utilisés
pour ces derniers , les numéros figurant entre parenthèses
dans l'annuaire officiel . No 1 édition 1956-57 . L'automatisation
du Valais sera bientôt achevée . Une prochaine
étape sera celle du Val d'Anniviers et de la vallée
de Saas où de grands travaux sont actuellement en cours
.
Le 24 octobre 1956 "Le confédéré",
L'automatisation du téléphone en Valais
Nous relatons d'autre part la mise en service du central de
Vissoie . La Direction des téléphones de Sion
nous annonce que l'automatisation sera bientôt achevée
dans tout le Valais puisqu'une prochaine étape est en
voie de réalisation dans la vallée de Saas et
que le secteur de Finhaut va être mis en chantier .
Le téléphone automatique dans le val d'Anniviers
. Demain jeudi , les PTT et les autorités inaugureront
le bâtiment postal de Vissoie . A cette occasion sera
mis en service le central automatique de téléphone
. Cette installation moderne remplacera le central manuel jusqu'ici
en activité .
Le 26 octobre 1956 "Le confédéré",
L'inauguration du nouveau central téléphonique
automatique
L'inauguration du nouveau central téléphonique
automatique installé dans le nouveau bâtiment postal
de Vissoie a eu lieu hier . Après la bénédiction
donnée par le curé Francey et une visite des locaux
conduite par M . Mévillot , directeur des téléphones
, officiels et invités ont dégusté le vin
d'honneur offert par la commune tandis que M . Genoud , président
, exprimait la satisfaction des habitants devant le progrès
accompli par les PTT . Le banquet eut lieu à l'Hôtel
d'Anniviers . MM .Tuason , directeur général des
PTT , Cuendet , directeur du deuxième arrondissement
et Mévillot , directeurs des téléphones
, prirent la parole pour relater les diverses étapes
réalisées dans le val d'Anniviers dans le domaine
des télécommunications et du service postal .
M . Theytaz , préfet du district salua les officiels
et les invités . M . Léon Monnier exprima ses
sentiments à l'heure où le central manuel de Vissoie
disparaît alors que sa mère , Mme Crésence
Monnier , présente au banquet , âgée de
85 ans , lui-même et ses enfants ont assuré , depuis
58 ans , le service de ce central en entretenant les meilleures
relations avec la population .
Maintenant , Vissoie est doté dun bureau postal moderne
dans lequel M . et Mme Philibert Crettaz peuvent travailler
à l'aise et le val d'Anniviers connaît les avantages
du téléphone automatique . Les autorités
des communes Anniviers , les représentants de l'autorité
fédérale et cantonale ainsi que les invités
se sont plu à souligner le bel effort accompli par les
PTT pour mettre toujours plus au service du public les progrès
de la technique moderne même dans nos plus hautes vallées
.
Le 26 octobre 1956 "Le nouvelliste", Le téléphone
automatique de Vissoie.
Le Val d'Anniviers s'était paré de ses plus beaux
atours pour recevoir les invités des PTT accourus nombreux
en la station de Vissoie pour assister à la cérémonie
inaugurale du bâtiment des postes . M . le révérend
curé Joseph Francey procède à la bénédiction
des locaux . Puis , sous la direction de M . l'architecte Aeggenherr
, de Sierre , directeur des travaux et réalisateur de
l'uvre , tout un chacun put . à son aise admirer
le nouveau bâtiment et ses diverses sections . Nous laisserons
à notre éminent collaborateur A . T . le soin
de vous rappeler l'histoire du téléphone à
Vissoie . Pour nous , contentons-nous de donner quelques chiffres
susceptibles de faire mieux comprendre la grandeur de l'uvre
réalisée pour aider nos régions montagneuses
. La longueur des câbles posés au Val d'Anniviers
est d'environ 35 km . Leur coût s'élève
à Fr 750 000 . . Quant au prix du central , il est de
Fr 150 000 . . Mais , comme la très bien expliqué
M . Mévillod , directeur des téléphones
à Sion , pour que les conditions de transmission soient
parfaites , il a fallu libérer un certain nombre de conducteurs
entre Sion et Sierre . Ainsi fut décidée la pose
d'un câble rural de Sion à Montana par Granges
, pose rendue nécessaire par le développement
du trafic téléphonique de la région Crans-Montana
. Profitant de la fouille ouverte pour la pose du câble
rural , les PTT ont conjointement posé un câble
d'abonnés desservant Granges , Flanthey , Lens , Icogne
, Chermignon et Crans . Le coût du câble dabonnés
est de Fr 380 000 et celui du câble rural de Fr 1 125
000 . . Ainsi , plus d'un million fut nécessaire à
l'allégement du réseau de Montana d'une part et
à la qualité de la transmission du Val d'Anniviers
d'autre part .
Sur la place de fête , un vin d'honneur fut servi offert
par la Municipalité , tandis que M . Genoud , président
dc la commune de Vissoie , apportait le salut des autorités
. Tout le monde s'est retrouvé ensuite à l'Hôtel
du Val d'Anniviers où la raclette qui y fut servie a
été la bienvenue . Pendant le café , plusieurs
allocutions ont été prononcées , notamment
par MM . Tuason , directeur de l'Administration fédérale
des postes à Berne , Mévillot , Cuendet , directeur
du deuxième arrondissement postal de Lausanne , A . Theytaz
, préfet du district de Sierre , et Léon Monnier
au nom de sort épouse otde sa mère , première
titulaire du central de Vissoie . Puis , ce fut la descente
en plaine où nous fûmes rejoints par la pluie .
Mais la chaleur qu avait déversée en nous le soleil
du Val d'Anniviers était trop puissante pour qu elle
se laisse refroidir.
Le 5 avril 1957 "Journal de Sierre, Volume 42, Numéro
28"
A Saas-Grund a été inauguré un nouveau
bâtiment postal où a été installé
le téléphone automatique desservant la vallée.
Le 5 avril 1957 "Le nouvelliste",
Le téléphone automatique qui dessert la vallée
y est installé . il peut recevoir 12 communications et
en donner 12 en même temps . Pour le moment il n'y a que
127 . abonnés sur les 1000 qui pourront être desservis
. Au banquet servi au Monte Rosu prenaient part le préfet
Or Petrig , les autorités de l'endroit , les directeurs
MAI . Cueiidet du 1 er arrondissement et Mévillod . de
Sion . Ces messieurs des PTT se firent un plaisir de développer
l'historique du téléphone et les postes dans la
vallée . Prirent aussi la parole le Rvd Curé Walter
Et le président M . Augustin Ruppen . Dans l'après-midi
, des cars emmenèrent les hôtes ù Saas-Fee
où le président M . Hubert Bumann les reçut
cordialement au Walliserhof .
Célébration de la conquête
totale du Valais par le téléphone automatique
Le 16 septembre 1958 "Le nouvelliste",
En guise d'introduction.
Petite chose , grand effet , devrais-je dire en guise d'introduction
. La mise en service, aujourd'hui même , du modeste
central téléphonique automatique de Finhaut
va faire date dans l'histoire du téléphone en
Valais .
En effet , ce 16 septembre 1958 , le central manuel du village
, le dernier du genre dans notre canton , cesse son activité
, par ailleurs hautement appréciée durant 17 ans
. Plus en amont, a surgi une bâtisse fort bien venue,
absolument dans le style du coin , mais d'humbles proportions
: c'est le central automatique , point de mire de la fête
du jour . Quelle chance que ce soit la si charmante station
de Finhaut qui serve de cadre à la célébration
de la conquête totale du Valais par le téléphone
automatique !
Le radieux septembre dont nous sommes gratifiés ajoute
encore a la beauté permanente du site . Grâce a
ce dernier , ce qui n'aurait pu être qu'un événement
vite oublié , s'inscrit déjà dans le livre
d or des manifestations laissant un souvenir vraiment durable.
Les 31 ans de conquête de l'automatisme
Le nouveau de Finhaut ferme la marche victorieuse des 37
centraux et sous-centraux valaisans , désormais
tous automatisés .
Un peu d'histoire ne pouvant faire , du mal à personne
bien au contraire voici , brièvement énumérées
les différentes étapes de la constante évolution
de la téléphonie en Valais . Le premier central
téléphonique automatique fut celui dès
Mayens de Sion , en 1927 , supprimé en 1940 . Le deuxième
, celui de Conthey ( 1930 ) fut également supprimé
en 1956 , avec celui dArdon , lorsqu'on forma un nouveau réseau
local à Vétroz dontle central fut mis : en service
cette année-là . Puis vint le central de Saint-Léonard
, en 1931 , suivi des centraux et sous centraux d'Evionnaz ,
Fully , Martigny-Ville , Saxon , Sierre , Stalden et Vernayaz
, en 1933 , de Chamoson , Gampel , Rarogne , Viège ,
l'année suivante , de Loèche-Ville , en 1935 ,
de Montana Vermala , en 1939 , de Sion et Orsières ,
en 1940 et 1941 , de Loèche-les-Bains , Tourtemagne ,
Nendaz , en 1942 , 43 et 44 . Ceux de Brigue , de Simplon-Village
et de Goppenstein furent transformés en 1948 , ainsi
que celui de Lourtier , en 1951 . En 1952 , c est le tour de
ceux de Fiesch et de Munster , dans la vallée de Conches
; en 1954 , les centraux d'Euseigne , Evolène et Le Châble
passent du système manuel à l'automatique , comme
ce sera le cas pour Saint-Nicolas , en 1955 , Bourg-Saint-Pierre
, Vétroz et Vissoie , en 1956 et lan dernier , pour Saas-Grund
qui ravissait à Saas-Fee lhonneur d'avoir un central
téléphonique .
 la voix qui s'est tue
Les usagers du téléphone savent que seul le sommet
de la vallée de Trient n'était pas encore automatisé
. Maintenant , en composant , au 026 , un des numéros
commençant par les trois chiffres 671 ..., l'on n entendra
plus une voix bien sympathique demander « Quel numéro
désirez-vous ? » . C est la rançon du progrès
! ... Que ce brin de nostalgie me permette au moins , au nom
de tous , de dire un grand merci à cette serviable et
gentille voix qui s est tue .
De Yernaya à Chatelard
En somme , les abonnés de la majeure partie du val de
Trient étaient déjà reliés automatiquement
à l'extérieur par le central de Vernayaz . En
effet , si ce dernier ne dessert que deux localités de
la plaine du Rhône Miéyille et Dorénaz il
centralise par contre toutes les communications concernant Gueuroz
, Salvan , Les Granges , Les Marécottes, Le Trétien
, les mayens et les alpages de Van-d'en-Bas , Van-d'enHaut ,
Salanfe , La Crêttaz et Emaney . Cela fait près
de 300 raccordements nécessitant 163,9 km . de fils aériens
et 3,324,8 km . de fils souterrains . Par contre , les raccordements
téléphoniques du Chatelard , Giétroz ,
Les Jeurs , Barberine , Vieux Emosson convergent vers Finhaut
. Les premières télécommunications ont
pénétré par le télégraphe
, en 1888 , avec un modeste appareil Morse , utilisé
jusqu en 1926 . Il avait été confié à
M . Casimir Vouilloz , père du buraliste postal actuel
. Le téléphone fut introduit en- 1898 , avec des
batteries locales , avant de disposer d'une batterie centrale
, en 1941 . L'an dernier , un câble rural neuf fut posé
entre Martigny et Vernayaz , prolongé d un câble
de 30 paires , entre ce village et le haut de la vallée
. Du central de plaine , il gravit la montagne , atteint Salvan
, Les Marécottes , Le Trétien et , au bout de
9 km . 3 de course , arrive à Finhaut , au nouveau central
. Lorsque la nouvelle route de Finhaut à Chatelard sera
construite , il sera prolongé jusqu à la frontière
. Du central , de nombreuses ramifications partent pour atteindre
les abonnés du village même , ceux du Chatelard
, de Barberine , d'Emosson , des Jeurs , sur la rive droite
de l'Eau Noire . Le relief très accidenté de cette
région rocheuse , caillouteuse , de très faible
densité de population , explique la longueur des fils
aériens , de 101.4km par rapport à celle des fils
souterrains 235,7 km . On projette d'ailleurs de diminuer la
longueur des premiers et d'accroître celle des seconds
dans les années à venir et dans la mesure où
le développement du téléphone dans cette
région le justifiera . Le central , téléphonique
automatique de Finhaut répond à des exigences
locales et régionales strictement commandées par
la situation géographique de ce haut de vallée
qui débouche sur une importante région touristique
et topographique de la France .
L'automatisation de la Suisse fut achevée,
le 3 décembre 1959, comptait environ un million
de raccordements.
La Suisse fut ainsi le premier pays au monde à
disposer dun réseau téléphonique
entièrement automatisé. |
Le 19 décembre 1968 "Le nouvelliste",
Mise en exploitation de la nouvelle centrale téléphonique
de Môrel
Hier matin , la direction des PTT a procédé
officiellement à la mise en service de la nouvelle centrale
téléphonique érigée à Morel
. Elle a profité de l'occasion pour convier les représentants
des communes intéressées , les délégués
du tourisme régional et les principaux responsables de
cette nouvelle réalisation à y prendre part . On
notait entre autres la présence des présidents
de Môrel , Greich . Ried-Morel . Grengiols , Goppisberg
, Filet , Martisberg , Bitsch , Betten , entourant MM . Lancoud
, de la direction générale des PTT . Morand , directeur
de l'arrondissement de Sion , Zehnder , directeur du FO , ainsi
que les curés Seiler , de Ried-Morel et Arnold , de Morel
. Il appartint d ailleurs à ce dernier de prendre tout
d abord la parole pour rappeler que l'Eglise s'intéresse
aussi à toutes les uvres réalisées
pour le bien de l'humanité et pour implorer la protection
divine sur le nouvel immeuble et ses installations . M . Morand
, de Sion , souhaita la bienvenue aux participants avant de s'étendre
sur les raisons qui ont encouragé les PTT à doter
la région dune nouvelle centrale téléphonique
répondant aux exigences actuelles .
10 ABONNES EN 1910 , 232 UN DEMI-SIECLE PLUS
TARD
M . Brechbûhl de l'arrondissement de Sion
fit ensuite l'historique du téléphone dans la
région . Il rappela qu'en 1910 , on érigea à
Môrel la première centrale téléphonique
régionale , munie d un système de batteries locales
et à laquelle étaient reliés dix abonnés
. 1936 vit l'automatisation du réseau avec la mise en
service d'une centrale du type HS 25 pouvant desservir 50 abonnés
; elle précéda celle du type HS 31 , construite
en 1942 et réservée pour 100 abonnés .
Cette dernière centrale a été en service
jusqu'à hier et après avoir subi de nombreuses
transformations , plie pouvait finalement satisfaire aux besoins
de 400 usagers du téléphone , en 1965 , le nombre
des abonnés régionaux sélevait à
232 . Celle qui la remplace depuis hier du type HS 52
a une capacité de 800 abonnés dont 339
sont actuellement actifs . Le réseau de Môrel ,
dont le cur se trouve précisément dans la
nouvelle centrale automatique de la localité , comprend
les communes de Betten , Bister , Bitsch , Filet , Goppisberg
, Greich , Grengiols , Ried-Morel , Môrel , Bettmeralp
, Goppisbergeralp , Riederalp et Zamatt . En un mot cette nouvelle
réalisation dessert la zone comprise entre la Massa à
l'ouest , Grengiols , à l'est , les communes situées
entre Riederalp et Goppisberg au nord et le Bettlihorn et le
Faulhorn eu sud .
3000 KILOMETRES DE FILS Avec la mise en service
de la nouvelle centrale de Môrel , les services téléphoniques
ont procédé à la pose dun nouveau CR BrigueMôrel
de même que d'un câble d'abonnés MôrelBitsch
pour desservir les usagers de cette localité . Ces câbles
ont été posés en corrélation avec
le FO et se trouvent en parallèle avec la ligne de chemin
de fer . Le réseau souterrain et aérien actuel
compte 48 km de tracé . Il se répartit en 25 km
de câbles et 23 km de lignes . Le nombre total de km /
fils est de 3000 . On apprit également que , compte tenu
du plateau de Riederalp et de Bettmeralp , il sera nécessaire
dans les prochaines années d'alimenter
à nouveau cette région
|
Entre 1950 et 1992, les PTT ont investi plus de 50
milliards de francs, ce qui en fait le plus gros investisseur de Suisse.
90 % de ces commandes ont été passées auprès
d'entreprises locales. La Suisse ne fait pas exception : les marchés
des télécommunications à vocation nationale étaient
la norme. Jusqu'à la libéralisation du marché
à la fin des années 1990, le secteur des télécommunications
jouissait d'une sorte de « sécurité intérieure
» nationale. Dans le cadre de la structure monopolistique des
télécommunications, les PTT se sont comportées
avec bienveillance envers l'industrie suisse des télécommunications.
De grandes entreprises comme Hasler et Siemens ont reçu certaines
commandes uniquement si vous étiez en mesure de justifier de
sous-traitants dans certaines régions. Largent des PTT
a donc été distribué au niveau fédéral
dans toute la Suisse. On oublie souvent que les aspects militaires
(guerre froide) étaient également importants dans la
politique dachat des PTT.
En cas de guerre, les règlements télégraphiques
et téléphoniques de campagne stipulaient que les réseaux
des PTT devaient être subordonnés à l'armée.
Il était également impératif de se procurer du
matériel de remplacement et dexpansion au niveau national
lorsque les frontières étaient fermées.
Les fabriquants et le matériel téléphonique
en suisse :
|
Au début, l'Administration télégraphique
suisse achetait des téléphones à divers
fournisseurs. Dans le Prix Courant, des entreprises telles que
Siemens & Halske, Zellweger
& Ehrenberg, J. Berliner,
Gower-Bell, Theiler
& Sons, Zürcher Telephongesellschaft,
Léon de Locht-Labye, American
Bell Telephon G. Hasler
etc. sont répertoriées comme fournisseurs.
En 1883, l'administration télégraphique modifie
sa stratégie d'achat de matériel téléphonique
pour des raisons économiques. Au lieu d'appareils complets,
l'administration télégraphique n'achète
que des composants d'appareils et les fait assembler en appareils
complets dans son propre atelier. Ce type d'achat profite à
de nombreuses entreprises suisses et signifie que les éléments
muraux livrés aux clients sont constitués de composants
provenant de différents fournisseurs.
A partir de 1892, l'atelier ne peut plus répondre à
la demande du matériel commandé par les clients
et modifie sa façon d'acheter les matériaux.
En 1893, l'administration télégraphique, sans
fermer son propre atelier, commande un nombre important d'appareils
complets aux sociétés G. Halser à Berne,
à la compagnie de téléphone de Zurich et
à la société F. Eckenfelder à Zurich.
A partir de 1900, la société A. Zellweger à
Uster fournit également à l'administration des
appareils complets.
Hasler SA De l'atelier étatique
à l'entreprise privée
Gustav Adolf Hasler est jeune et enthousiaste lorsqu'il prend
ses fonctions à l'Atelier fédéral du télégraphe.
Il s'y familiarise très vite et est vite considéré
comme le véritable responsable de l'atelier. Car Matthäus
Hipp, son supérieur, est souvent sur la route et poursuit
en même temps ses propres inventions. L'atelier connaît
un grand succès et fournit non seulement l'Allemagne
mais aussi l'étranger et diverses compagnies de chemin
de fer avec leurs appareils, comme le montre le rapport annuel
de 1859, par exemple. Sur les 182 appareils télégraphiques
fabriqués, seuls 15 sont destinés à l'administration
télégraphique fédérale. De plus,
l'atelier utilise une grande partie de ses activités
pour d'autres productions telles que des horloges électriques
... et des appareils de physique. Ces succès commerciaux
et l'extension à d'autres domaines techniques trouvent
peu d'écho dans l'administration télégraphique.
L'harmonie est gravement perturbée et Gustav Adolf Halser
se sent restreint et à l'étroit dans son travail.
De plus, il gagne nettement moins que Hipp. Il se rend compte
qu'il ne pourra pas évoluer comme il le souhaiterait
à l'atelier télégraphique fédéral
et projette de fonder sa propre fonderie de laiton et atelier
mécanique à Aarau avec ses frères.
Halser devient chef du Fédéral
Atelier télégraphique à l'été
1860, cependant :
Matthias Hipp fait bon usage de ses activités privées
approuvées par le Conseil fédéral. Avec
ses inventions et ses commandes, il perçoit plusieurs
fois son salaire et gagne nettement plus qu'un membre du Conseil
fédéral. Cela conduit à l'envie et à
l'irritation. Le Conseil fédéral restreignit alors
l'autonomie et l'indépendance de Hipp, ce qui entraîna
sa destitution le 20 juillet 1860.
Le 26 juillet, Hasler quitte également son emploi avec
l'intention de fonder son propre atelier en novembre 1860. Le
Conseil fédéral a alors cherché à
s'entretenir avec Hasler et a réussi à le persuader
de le réengager comme chef de l'atelier télégraphique
fédéral après un peu moins d'un mois.
La privatisation des ateliers fédéraux
L'utilisation des ateliers est soumise à de fortes fluctuations
et elle s'est également éloignée de ses
missions originelles. En décembre 1864, la commission
du budget du Conseil national propose au parlement la privatisation
des ateliers. Celle-ci est rejetée par le Conseil des
Etats et le Conseil national au motif que l'acceptation du postulat
pourrait avoir un impact négatif sur les relations commerciales
de l'atelier et entraîner la vente de l'entreprise en
dessous de sa valeur réelle.
Le Conseil fédéral se montre compréhensif
vis-à-vis des préoccupations du parlement et pousse
néanmoins à la vente de l'atelier.
Deux semaines plus tard, le 1er janvier 1865, l'atelier fédéral
du télégraphe devient privé. Les nouveaux
propriétaires sont Gustav Adolf Hasler et Heinrich Albert
Escher, directeur de la Monnaie fédérale à
Berne.
En tant qu'entreprise privée, la nouvelle société
continue d'être le fournisseur de l'administration télégraphique
et effectue les réparations. Cependant, le domaine de
travail s'élargit et à partir de 1867, des indicateurs
de niveau d'eau télégraphiques et de nouveaux
types d'appareils météorologiques suivent.
Avec l'invention du téléphone, le domaine du travail
s'est élargi avec la transmission vocale. Le 6 décembre
1877, Hasler & Escher annoncent leurs téléphones,
qui sont basés sur le principe Bell. Gustav Adolf Hasler
ne savait pas qu'avec la fabrication de téléphones,
il posait une fondation qui serait d'une importance décisive
pour le développement futur de l'entreprise.
Une longue et grave maladie éloigne de plus en plus Albert
Escher de son travail. Fin 1879, Hasler reprit les parts d'Escher,
qui mourut peu après à l'âge de 51 ans.
Au cours des années suivantes, Halser développe
son activité et se concentre de plus en plus sur la production
de téléphones. Son entreprise gagne en notoriété
et jouit d'une excellente réputation. L'entreprise est
un centre de formation privilégié pour les jeunes
mécaniciens.
Au XIXe siècle, l'errance était une forme importante
de formation continue. Gustav Adolf Hasler lui-même a
réussi sur cette voie et sait très bien à
quel point la formation de ses employés est importante.
En 1874, le jeune Suédois Lars Magnus Ericsson consigne
son travail chez Hasler & Escher à Berne dans son
carnet de voyage.
Christian Gfeller (1869 - 1943) a également travaillé
pour G. Hasler, puis est passé à l'administration
des télégraphes en 1893 et a finalement fondé
sa propre entreprise Chr. Gfeller AG à Bümpliz en
1896.
Hasler père a maintenant plus de 65 ans
et son fils est majeur. Pour l'avenir, il réfléchit
au développement futur de l'entreprise et crée
de bonnes conditions pour transmettre l'entreprise à
son fils. L'entreprise est située sur un terrain qui
permet une expansion ultérieure de l'usine. De plus,
le fils peut compter sur une équipe d'employés
fidèles et éprouvés. En janvier 1900, l'entreprise
passa de façon inattendue à son fils Gustav.
L'héritage du père : A 22 ans, Gustav Hasler était
déjà responsable de l'atelier de son père.
L'entreprise emploie actuellement une centaine de personnes.
Il peut compter sur de nombreux employés éprouvés
et s'appuie sur des patrons expérimentés au sein
de son personnel.
En 1914, l'entreprise Hasler présente à l'exposition
nationale de Berne sa large gamme de travaux : matériel
télégraphique et téléphonique, matériel
de mesure et d'enregistrement météorologique et
hydrologique, matériel de sécurité et de
signalisation pour les chemins de fer, compteurs de tours et
compteurs de vitesse pour les chemins de fer, les voitures et
les avions, ainsi que des systèmes de boîtes aux
lettres.
Pendant la Première Guerre mondiale, la fabrication passe
des produits civils aux produits de guerre. Par exemple, des
tachymètres pour avions sont livrés en France,
en Italie, en Angleterre et en Russie et acquièrent une
renommée mondiale.
La Première Guerre mondiale devient également
un tournant pour le téléphone. Les centres manuels
de commutation des appels doivent être remplacés
par des systèmes automatiques. L'Administration suisse
du téléphone est déterminée à
pousser l'automatisation.
À l'été 1917, le premier central téléphonique
semi-automatique est mis en service à Zurich-Hottingen
et en 1922 à Lausanne, le premier central téléphonique
entièrement automatique.
Mais seules les sociétés étrangères
sont en mesure de fournir de grands tableaux de distribution.
Hasler AG se charge de la tâche et construit d'abord des
installations téléphoniques résidentielles
automatiques sous licence de LM Ericsson et, à partir
de 1925, de petits centraux téléphoniques pour
les zones rurales.
Ce n'est qu'en 1931 que la société Hasler fournit
ses propres constructions pour les grands réseaux urbains
- le Hasler System 31.
L a maison Hasler de répondre relativement vite à
des besoins croissants. C'est ainsi qu'ont été
passées :
En 1954, des commandes de centraux pour 30.000 raccordements.
En 1957, des commandes de centraux pour 54.000 raccordements.
En 1960 / 1961 , des commandes de centraux pour 100.000 raccordements
.
Hasler fabrique 45 % environ du total des centraux téléphoniques
de Suisse ; les P. T. T. estiment que la présence d'une
firme purement suisse a contribué à maintenir
les prix dans une limite raisonnable.
Les résidences de Gustav Hasler sont
pour la plupart éloignées de Berne, pour quelques
années à Londres, Lausanne et Grindelwald. Cependant,
il se rend régulièrement dans son entreprise pour
les dispositions décisives à long terme. Pendant
environ 50 ans, Hasler AG n'a pas conclu de contrat qui n'a
pas été soumis à Gustav Hasler pour approbation.
Hasler AG était la plus grande entreprise
du secteur des télécommunications de Suisse dans
l'après-guerre.

En 1972, l'usine Hasler Bodenweid à Berne-Bümpliz.
Siemens-Albis
Zurich
Siemens & Halske AG a été
fondée en 1847. Le nom a existé jusqu'en 1966,
lorsque Siemens & Halske AG, la société Siemens
Schuckertwerke AG et Siemens Reiniger-Werke AG ont été
regroupées pour former Siemens AG. .
Vers 1907, Siemens & Halske AG a pu utiliser les
droits de brevet du système Strowger pour l'Europe,
à l'exclusion de l'Angleterre et de la France. Cette
technologie téléphonique correspondait initialement
à celle des grands centraux.
Cependant, ce n'était pas une solution optimale pour
les petits centres, c'est pourquoi un centre à sélecteur
de ligne à 25 directions a été développé
en 1913.
L'entreprise électrique allemande Siemens & Halske
(plus tard Siemens AG), déjà active en Suisse
au 19e siècle (par exemple la centrale au fil de l'eau
de Wynau de 1893 à 1895), a ouvert en 1900 un bureau
de représentation à Zurich, en Lausanne en 1913
et à Berne en 1920. Celles-ci ont ensuite été
regroupées dans Siemens AG Zurich. Après avoir
racheté Protos-Telephonwerke AG à Albisrieden
en 1922, l'entreprise a commencé à produire en
Suisse et a désormais accès à un accès
accru aux contrats gouvernementaux.
En 1924, Protos est rebaptisée Telephonwerke Albisrieden
AG .
Après le regroupement d'Albisrieden dans la ville de
Zurich en 1934, l'entreprise change à nouveau
de nom et s'appelle désormais Albiswerk Zurich AG en
1935 (environ 1 500 collaborateurs). Un nombre inhabituellement
élevé de femmes travaillaient dans l'entreprise.
L'Albiswerk produisait principalement des téléphones,
des radios et des téléphones de campagne pour
l'armée. Les produits ont été livrés
dans toute la Suisse. Siemens était l'un des principaux
fournisseurs des sociétés postales, téléphoniques
et télégraphiques de l'époque, ou PTT.
La demande de produits technologiques d'Albisrieden et d'emplois
à l'Albiswerk était élevée.
Siemens a ouvert une succursale de l'Albiswerke dans le complexe
du monastère de Bremgarter à St. Klara de 1946
à 1983.
Ce qui était inhabituel à l'époque était
le nombre élevé de femmes employées par
l'Albiswerke. On leur confiait avant tout des travaux qui demandaient
beaucoup de sensibilité et de motricité fine.
Cela comprenait le bobinage et le réglage des bobines
de relais utilisées dans les centraux téléphoniques
électromécaniques. Pour rappel : à l'époque,
les appels téléphoniques étaient reliés
entre eux dans ces immenses centraux.
Siemens a contribué à façonner Albisrieden
La filiale Siemens & Halske a eu un impact significatif
sur le développement du quartier d'Albisrieden, L'entreprise
a créé de nouveaux bâtiments d'usine qui
emploient plus de 2 000 personnes. C'était parfois l'un
des plus gros employeurs de la ville. De nombreux employés
de Siemens se sont installés dans la région.
1922
1968
En 1922, Siemens & Halske ouvre sa première usine
de production en Suisse à Albisrieden .
En 1971, Albiswerke fusionne avec Siemens AG
Zurich pour former Siemens-Albis AG. La société
de vente de la Löwenstrasse à Zurich a désormais
également déménagé à Albisrieden.
En 1996, elle devient finalement l'actuelle Siemens Schweiz
AG.
L'industrie a désormais largement disparu de la région.
Dès le début du millénaire, Siemens a vendu
certaines parties de sa région d'Albisried. Les évolutions
technologiques ont progressivement influencé le développement
de l'entreprise, explique l'historien de la culture Tönnies.
"Siemens dans son ensemble s'est désormais séparé
du domaine de la communication",
elle dit. En dautres termes : la téléphonie
nest plus un problème. Aujourd'hui, les quelque
5 900 collaborateurs de Siemens en Suisse se concentrent sur
les domaines de l'énergie et de la technique du bâtiment,
de l'industrie, de la mobilité et de la santé.
En 2008, elle était l'un des plus grands employeurs industriels
de Suisse avec 7000 collaborateurs.
G.Maag-Eckenfelder Zurich
En 1878, Eckenfelder a démarré
son entreprise dans l'appartement mansardé de Niederdorf
à Zurich. Il a d'abord produit des produits télégraphiques
tels que des enregistreurs de code Morse, des boutons, des plaques
clignotantes, des chaînes à langer, etc. Plus tard,
avec l'introduction du téléphone en Suisse, il
a élargi sa gamme d'appareils et d'accessoires téléphoniques.
Grâce au développement rapide et à la demande,
le 1er septembre 1888, Eckenfelder convertit son entreprise
en une société en nom collectif avec Johann Alfred
Zürcher et transféra le siège social de la
Frankengasse 15 à la Kruggasse. Mais peu de temps après,
le 11 mai 1889, Eckenfelder modifia à nouveau la société
qui est à nouveau gérée comme une entreprise
individuelle. On ne sait pas pourquoi Johann Alfred Zürcher
a quitté l'entreprise.
Fritz Eckenfelder entretient d'excellentes relations avec l'administration
fédérale des téléphones à
Berne et, comme ses concurrents, la compagnie de téléphone
zurichoise, l'atelier télégraphique G. Hasler,
Albrecht à Lucerne, A. Zellweger à Uster et M.
Theiler à Schwyz, peuvent fournir de grandes quantités
de ses produits.
Après la mort inattendue d'Eckenfelder
en 1913, son gendre Gottfried Maag a repris l'entreprise et
a continué à la diriger sous le nom de G. Maag-Eckenfelder.
A 31 ans, Gottfried Maag-Eckenfelder prend la direction de l'atelier
de son beau-père. On ne sait pas combien de personnes
étaient employées dans l'entreprise à cette
époque. Jusqu'à 120 personnes travailleront plus
tard sous Gottfried Maag.
En 1914, Gottfried Maag agrandit l'entreprise pour inclure des
systèmes d'éclairage et d'alimentation, ainsi
que la fabrication de sélecteurs de ligne.
La société Maag-Eckenfelder est
active dans un large éventail de domaines: télégraphes,
téléphones et radios, divers accessoires téléphoniques
tels que prises, centraux et boîtiers de distribution
intermédiaires et probablement aussi des machines téléphoniques
sont fabriqués. Plus tard, la société Maag
a fourni divers systèmes de connecteurs de haute précision
pour l'armée.
Curieusement, l'entreprise propose également un "Indicator",
un indicateur de direction à commande électrique
pour automobiles, le clignotant d'aujourd'hui sur les voitures.
Le 15 mars 1929, Gottfried et Luise Maag, née
Eckenfelder, divorcent. Le nom de l'entreprise est alors changé
en "Gottfried Maag" et rien ne rappelle l'ancien fondateur.
Cinq ans plus tard, le 22 mai 1934, Gottfried Maag épousa
Klara Held de Frauenfeld, qui avait environ 20 ans sa cadette.
Par crainte de l'invasion hitlérienne, Gottfried Maag
fait délocaliser une partie de la production à
la frontière suisse près de Genève et y
vit en partie avec sa seconde épouse. Au milieu de la
guerre, Gottfried redevient père. Sa fille Lucie Claire/Klara
est née le 7 mai 1943.
Après la guerre, il abandonne le site
genevois. La production de pièces à Genève
et l'atelier de moulage plastique à Zurich sont transférés
dans les locaux de l'ancien moulin du château à
Frauenfeld. La zone de l'usine est de 500 m2 et servait auparavant
d'usine de chaussures. Dès 1954, l'entreprise s'agrandit
à nouveau. Près de la sortie d'autoroute Frauenfeld-Ost
(Bubenweg / Langfeldstrasse), 75 ares supplémentaires
de surfaces industrielles sont en cours d'acquisition. Dans
les années qui ont suivi, une grande usine de fabrication
a été construite par étapes. Des locaux
de production, de stockage, de bureau et annexes sont créés.
L'ensemble de la production (atelier de préparation des
matériaux, atelier d'emboutissage, atelier de polissage,
atelier de métallurgie, atelier de soudure, atelier de
pressage plastique, atelier de moulage par injection, atelier
d'outillage, atelier de perçage, atelier de tournage,
fabrication des broches de connecteurs, assemblage détaillé
et final, contrôle) est apporté ensemble à
Frauenfeld en 1960.
Le 18 mai 1962, Gottfried Maag transforme l'entreprise
individuelle, qui existait depuis 1878, en une société
par actions. Le capital social est de 1 million de francs suisses
et reste familial. Frauenfeld est désigné comme
nouveau siège social et Zurich comme succursale. Cependant,
des domaines importants tels que la direction, le service d'installation,
le bureau de vente du service de fabrication, la comptabilité
et les bureaux techniques et commerciaux resteront à
Zurich.
Même âgé, Gottfried Maag est toujours au
bureau à 7 heures du matin. Il a été actif
dans l'entreprise jusqu'à quelques mois avant sa mort
et a occupé le poste de délégué
du conseil d'administration. Il a vécu sur la Bürglistrasse
à Zurich jusqu'à sa mort le 5 décembre
1962.
Après la mort de Maag, sa femme Klara
Maag-Held est la nouvelle propriétaire de l'entreprise.
Elle hérite de toute l'affaire avec sa fille Lucie. Willy
Gottfried, le fils de son premier mariage, n'obtient rien.
Jakob Maag, 61 ans, prend la direction. Il a longtemps été
un proche collaborateur et adjoint de Gottfried Maag. Il n'est
pas lié à la famille Gottfried Maag. Le président
du conseil demeure le Dr. juridique Kurt Müller, en poste
depuis la création de l'entreprise.
Dans les années suivantes, cependant,
l'entreprise perd des parts de marché. Kurt Kessler a
fait appel en vain au propriétaire et à la direction
pour davantage d'investissements dans les nouvelles technologies.
Les conditions d'emploi inférieures à la moyenne
et la pénurie de personnel qui en découle ont
aggravé la situation au début des années
1970.
En 1973, les deux domaines, fabrication et installation,
sont séparés. Le service d'installation est repris
par des employés de longue date et l'entreprise électrique
Reich & Nievergelt AG est créée. Carlo Böni
poursuit la partie fabrication chez Justice Street 14 à
Zurich (bureau, services techniques et administratifs) et à
Frauenfeld (fabrication). L'employé de longue date Kurt
Kessler devient directeur général de la société
AG Gottfried Maag. Cependant, lorsque les chiffres de vente
souhaités ne sont pas atteints, Böni vend l'entreprise.
En 1975, Feller AG de Horgen a repris la production, le terrain,
les locaux de l'usine et la caisse de retraite d'AG Gottfried
Maag. Le site de Zurich est abandonné. Cependant, l'Aktiengesellschaft
AG Gottfried Maag est poursuivie à Frauenfeld et a pris
le nom de Böni & Co le 1er avril 1992.
MW Theiler & Sons, Londres
: Une entreprise anglaise entre des mains suisses
Meinrad Wendel Theiler est issu d'une
famille d'horlogers d'Einsiedeln. Autodidacte en mécanique
et en électricité, la télégraphie
électromagnétique naissante devint sa spécialité.
De plus, la bonne relation avec l'abbaye d'Einsiedeln s'est
avérée être un coup de chance. Le père
Athanasius Tschopp (1803 1862), successeur du père
Kälin et professeur de physique au lycée du monastère,
traite de l'utilisation de l'énergie galvanique pour
la télégraphie. Cela donne à Theiler la
possibilité de «sauter dans le train en marche».
Tschopp invente le "télégraphe
copieur électromagnétique", qu'il appelle
lui-même "Typo-Télégraphe". Le
prototype du donneur de signal et du récepteur de signal
est construit par Meinrad Wendel Theiler. À ce stade,
le Conseil fédéral suisse jette les bases de la
construction de son propre système télégraphique
en Suisse. Le Conseil des gouverneurs du canton de Schwyz s'est
senti obligé de recommander l'invention du père
Athanasius Tschopp au "Haut conseiller fédéral".
Dans sa réponse, le Conseil fédéral reconnaît
les grandes réalisations de Tschopp et Theiler, mais
rejette l'introduction du nouveau système. La lettre
montre que l'invention revendiquée par Tschopp et Theiler
a été présentée par l'Américain
Blaikwell il y a quelques années et jugée trop
compliquée.
A cette époque, le Conseil fédéral
autorise le département Poste et Construction à
créer un atelier selon les spécifications de Steilheil
et à embaucher deux contremaîtres appropriés.
Theiler postule alors au poste annoncé de « chef
de l'atelier télégraphique » à Berne.
Cependant, la candidature de Theiler ne sera pas prise en considération.
Ils lui proposent un poste de "nettoyeur de batteries",
ce qu'il refuse bien entendu. Comme on le sait, Matthäus
Hipp et Karl Kaiser seront employés.
Theiler ne se décourage pas et continue d'essayer de
trouver des acheteurs pour son typo-télégraphe
perfectionné et se rend à Paris et à Londres
dans ce but. En juin 1854, il demanda un premier brevet pour
des "améliorations dans l'impression des télégraphes"
à Londres par l'intermédiaire de John Henry Johnson.
Un télégraphe fonctionnant selon le principe "start
- stop" est exposé au Science Museum de Londres.
A l'exposition professionnelle suisse de Berne
en 1857, son Typo-Telegraph a reçu la médaille
de bronze. Theiler s'installe ensuite à Londres avec
sa famille et y accepte un poste de « directeur des travaux
extraordinaires pour la construction de nouveaux appareils »
à l'Electric Telegraph Company. La même année,
il a reçu un brevet anglais pour "un télégraphe
à impression directe sans relais et batterie locale".
En 1858, il signe un contrat de licence avec la société
Breguet & Cie à Paris. Il reçoit
375 CHF pour le prototype et une redevance de 25 CHF pour chaque
appareil télégraphique construit en France.
Dès 1859, la famille retourna à
la maison "zum Paradies" à Einsiedeln pour
des raisons de santé. Meinrad W. Theiler construit des
télégraphes dans son atelier, principalement pour
l'exportation vers l'Angleterre.
En 1860, Matthäus Hipp quitte l'atelier télégraphique
suisse. Gustav Adolf Hasler devient le nouveau contremaître
et son ancien poste d'assistant doit être à nouveau
pourvu. Le 12 septembre 1860, Meinrad Wendel Theiler postule
à nouveau sans succès.
En 1861, Theiler retourna à Londres avec sa famille et
fonda son propre atelier à Islington sous le nom de société
"M. Theiler & Sons, Telegraph Engineers » et
entretient d'excellentes relations commerciales avec le General
Post Office (GPO). En 1861, deux autres brevets ont été
ajoutés :
Le 1er octobre 1866, MW Theiler et ses fils Richard et Meinrad
signèrent un contrat d'association dans lequel il était
stipulé qu'aucun des partenaires contractuels n'avait
le droit de vendre ses parts à des tiers et qu'il (MW
Theiler) restait le patron, comptable et trésorier de
la société.
À l'été 1873, il se rendit en Suisse pour
se faire soigner de ses maux d'estomac. Mais peu de temps après,
le 19 août 1873, il mourut d'un cancer de l'estomac. Son
entreprise à Londres est poursuivie avec succès
par ses deux fils.
A l'automne 1877, la "Society of Telegraph
Engineers" anglaise tint une assemblée générale
extraordinaire à Londres. Alexander Graham Bell, inventeur
du téléphone, donne une conférence. Lors
d'une réunion d'ingénieurs télégraphistes
au printemps 1878, le physicien David Eduard Hughes présenta
ses découvertes sur le microphone.
Ces deux événements incitent Richard et
Meinrad Theiler à se lancer dans cette nouvelle
technologie. Alors ils reçuent plusieurs brevets pour
des "récepteurs et émetteurs téléphoniques",
sur lesquels était basée la construction de leurs
propres téléphones avec le microphone Theiler.
À l'été 1880, Richard Theiler séjourne
en Suisse avec deux modèles de téléphones
afin d'établir des ventes en Suisse. Il visite l'administration
du télégraphe pour les convaincre en tant que
nouveau client. L'administration télégraphique
s'est intéressée à ces appareils et a ensuite
construit son premier réseau téléphonique
à Bâle en 1881 en utilisant les téléphones
fournis par Theiler.
Outre le système Theiler-Theiler déjà
mentionné, les systèmes Blake-Bell et Crossley-Bell
sont également utilisés en Suisse. Cependant,
le réseau téléphonique de Bâle est
le seul exploité avec le système Theiler-Theiler.
Les raisons sont d'ordre économique.
Le système Theiler-Theiler avec appel
par batterie nécessite six éléments pour
fonctionner, le Blake-Bell avec appel un seul élémrnt.
En 1894, la dernière d'un total de 287 stations basées
sur le système d'appel à batterie Theiler a été
remplacée par des appareils à appels à
courant alternatif. En 1880, Richard Theiler fonde également
sa propre entreprise en Suisse, qui ouvre ses portes le 22 novembre
1880. Elle s'appelle la «Société suisse
du téléphone». Les succursales proposent
des appareils et des accessoires pour des connexions téléphoniques
directes dans toutes les capitales suisses.
Au printemps 1883, Meinrad Theiler vend sa part
de l'entreprise à son frère. Richard a continué
à exploiter seul la Canonbury Road à Londres jusqu'au
début de 1891. En raison de sa santé fragile,
il vend l'entreprise à Elphinstone et retourne en Suisse
avec sa famille. En 1893, les opérations de Theiler ont
fusionné avec les Elliott Brothers et George Keith Buller
Elphinstone est devenu président de la société.
Avec cet acte, la société « Theiler »
appartient enfin à l'histoire.
Zellweger Inc.
Le 30 juin 1880, Alfred Zellweger rachète
la société Kuhn & Ehrenberg, basée
à Uster dans diverses constellations depuis 1875.
Les origines de la société Zellweger résident
dans la fondation de la société "Lufttelegraphen-Werkstätte"
par Jakob Kuhn de Zell im Tösstal et Jakob Wolfensperger
de Wetzikon en 1874. Le 4 octobre 1875, Kuhn acquit la propriété
de Florastrasse 202 (aujourd'hui 8) à Uster. Plusieurs
années plus tard, cet achat immobilier a incité
la direction de la société Zellweger AG à
appeler 1875 l'année de sa fondation.
La collaboration entre Kuhn et Wolfensberger n'a pas duré
longtemps. Wolfensperger quitte l'entreprise dès 1879.
Un peu plus tard, au début de 1880, Wilhelm Ehrenberg
vint à Uster et rejoignit l'entreprise de Jakob Kuhn
en tant qu'associé. La raison sociale est modifiée
en "Kuhn & Ehrenberg in Uster, Telegraphen-Werkstätte".
À peine six mois plus tard, la propriété
a de nouveau changé.
Alfred Zellweger de Trogen AR rachète l'entreprise et
cette fois Jakob Kuhn part en tant qu'associé, mais reste
actif dans l'entreprise en tant que contremaître. Ehrenberg
devient son nouveau partenaire. L'entreprise commence ses activités
sous un nouveau nom, "Factory for Electrical Apparatus
by A. Zellweger & W. Ehrenberg".
L'heure est propice, le domaine de l'électricité
est encore jeune. Dans les années qui ont suivi, l'entreprise
a fabriqué des éclairages électriques,
des téléphones, des sonneries, des microphones
à grain de carbone, des moteurs électriques, des
aimants et divers produits électriques pour le pays et
l'étranger. Zellweger est doué et développe
de nouveaux appareils. Il dépose un total de neuf brevets
.
Depuis 1881, Zellweger fabrique avec succès des téléphones
et des systèmes téléphoniques domestiques
manuels (interrupteurs à cordon) pour les systèmes
privés ainsi que pour l'administration fédérale
des téléphones. À cette époque,
les « téléphones d'État » étaient
exploités strictement séparément des systèmes
domestiques. Il n'est donc pas possible d'appeler le réseau
téléphonique public avec un système téléphonique
privé. A cet effet, le client doit faire installer chez
lui un deuxième appareil, modèle homologué
par l'Administration fédérale du téléphone.
L'administration fédérale du téléphone
a été son client le plus important tout au long
de sa vie. Les commandes régulières de téléphones
et de leurs composants garantissent à l'entreprise un
carnet de commandes solide et des emplois sécurisés.
En tant qu'agence suisse de la société allemande
Siemens & Halske, elle a également ses téléphones
dans sa gamme. Dans le catalogue de prix de 1900, il existe
également de nombreux appareils de la société
suédoise LM Ericsson. Selon Zellweger, ces appareils
sont fabriqués dans son usine.
Deux ans après la mort d'Alfred Zellweger,
la société est transformée en société
par actions le 1er juillet 1918. Les héritiers Zellweger
détiennent près d'un tiers des actions, mais ne
jouent jamais un rôle actif dans l'entreprise. En 1924,
ils vendent leurs actions et quittent l'entreprise.
À son apogée, l'entreprise emploie
des milliers de travailleurs. En 1987, la fusion des sociétés
Autophon, Hasler et Zellweger crée la société
de télécommunications Ascom Holding AG, basée
à Baar ZG. En 1993, Zellweger Uster AG, l'un des principaux
fabricants de machines textiles et d'électronique industrielle,
a fusionné avec Luwa AG. En 2003, les groupes Zellweger
et Luwa se séparent. La division électronique
textile (Zellweger Uster) avec environ 470 employés (Uster/Knoxville,
États-Unis) est scindée via un management buy-out
et s'appelle Uster Technologies AG. L'entreprise s'en tient
aux deux autres domaines, les systèmes d'avertissement
de gaz (Zellweger Analytics) et la technologie de ventilation
et de climatisation (Luwa).
La Compagnie de téléphone
zurichoise
La Zurich Telephone Company, une société
par actions américano-suisse, a construit le premier
réseau téléphonique de Suisse à
Zurich en 1880. Le Conseil fédéral lui a accordé
une autorisation d'exploitation limitée à cinq
ans. Malgré le risque financier et peu de chance de succès,
les pionniers de l'époque ont osé innover. C'est
le mérite incontesté de la compagnie de téléphone
zurichoise qui, avec courage et détermination, parmi
les premières en Europe, a posé la première
pierre d'un réseau téléphonique en Suisse.
Demande de concession pour la construction d'une
"station téléphonique centrale à Zurich"
Le 18 février 1878, le Conseil fédéral
suisse place le système téléphonique sous
le contrôle du gouvernement fédéral. Wilhelm
Ehrenberg, fabricant de téléphones à Neumünster-Zürich,
n'est pas du tout d'accord avec cela. Selon lui, cette décision
viole la liberté du commerce et des tissus de la Constitution
fédérale. Le 30 mai 1878, il porte plainte par
l'intermédiaire du cabinet d'avocats de Winterthur Brunner
& Ziegler et demande l'abrogation immédiate du décret.
En décembre de la même année, la plainte
de Wilhelm Ehrenberg est rejetée par l'Assemblée
fédérale. Cependant, il accepte d'octroyer des
licences aux lignes privées tant qu'elles ne nuisent
pas ou ne concurrencent pas le monopole télégraphique.
Le 16 avril 1880, Ehrenberg, entre-temps copropriétaire
de la société "Kuhn & Ehrenberg - Telegraphenwerkstätte
à Uster et Zurich", fut le premier à déposer
une demande de licence pour la construction et l'exploitation
d'une "station téléphonique centrale à
Zurich", qui comprenait un standard téléphonique
et un réseau téléphonique pour la ville
de Zurich et les communes environnantes. Contrairement à
la plainte d'il y a deux ans, cette fois l'application au chef
de département et à la direction du télégraphe
s'est avérée utile. Ils sont intéressés
par un essai à grande échelle par une entreprise
privée, probablement dans le but d'observer un développement
du marché sans risque.
Le 17 mai 1880, Ehrenberg reçut le brouillon
du document de concession, mais étonnamment, il ne répondit
pas à la lettre. Au lieu de cela, le 15 juillet, le conseiller
national Dr. J. Ryf et M. Paul F. Wild ont fait des représentations
au Conseil fédéral. Les deux messieurs aimeraient
que la concession soit demandée par M. W. Ehrenberg
désigné dans la lettre comme un agent de l' International
Bell Telephone Company . Parce que Ryf et Wild collaborent avec
l' International Bell Telephone Company de New York pour fonder
la compagnie de téléphone de Zurich de New York
. À ce moment, Armin Tenner, le directeur général
de l'International Bell Telephone Company pour l'Allemagne et
la Suisse, à Zurich. Sa présence n'est pas un
hasard et est clairement liée à la signature du
contrat. Ce qui s'est exactement passé entre le 16 avril
et le 15 juillet n'est pas connu. Il est à noter qu'Ehrenberg
ne s'est jamais présenté au Bundesrat en tant
qu'agent de l' International Bell Telephone Company .
Le 30 juillet 1880, le certificat de concession
accompagné d'une lettre est envoyé aux concessionnaires
de la compagnie de téléphone de Zurich . La licence
est valable pour une durée de 20 ans. Mais avant cela,
la compagnie de téléphone zurichoisepeut se réunir
en assemblée générale, le Conseil municipal
de Zurich devient actif par une lettre au Conseil fédéral.
Entre autres, le conseil municipal décrit ses inquiétudes
quant à la construction de nouvelles lignes téléphoniques
à travers la ville (paysage urbain, influences techniques
sur les équipements publics, etc.) et les communes périphériques
font sensation avec leur propre demande de licence. De plus,
le Département des postes et des chemins de fer a adressé
une requête au Conseil fédéral, dans laquelle
il a principalement critiqué la longue période
de concession de 20 ans. Le 22 mars 1881, après un processus
long et compliqué, la compagnie de téléphone
de Zurich obtient une licence de cinq ans.
Avec l'autorisation provisoire du conseil municipal,
la compagnie de téléphone de Zurich a commencé
la construction du système téléphonique
au 59 Rennweg le 27 août 1880. Quelques semaines plus
tard, le 2 octobre 1880, la société a commencé
à exploiter le premier réseau téléphonique
de Suisse. Les premiers postes pour la station centrale et les
abonnés ont été fournis par l' International
Bell Telephone Company , qui a également initialement
construit le réseau. Les deux cents premiers téléphones
ont probablement été fabriqués par la Post
& Co. de Cincinnati, Ohio, qui était l'un des fournisseurs
de la National Bell Telephone Company . Plus tard, un modèle
basé sur le principe de la Gilliland Electric Manufacturing
Company a été utilisé . Également
de Gilliland Electric Manufacturing Company.
Le docteur Victor Wietlisbach est le premier
directeur à diriger les affaires de la société
nouvellement créée. En 1884, il devient directeur
du département technique de l'Atelier fédéral
du télégraphe. Au cours de sa courte vie, il écrivit
de nombreux traités et livres techniques qui se firent
connaître bien au-delà des frontières du
pays. Après sa mort prématurée en 1897,
son ami, le professeur Dr. Robert Weber, a publié ses
notes détaillées sur le système téléphonique
dans un manuel.
Dans les années qui suivirent, la compagnie de téléphone
zurichoise exploita le réseau téléphonique
de la ville de Zurich et des communes environnantes. Comme l'entreprise
n'est pas autorisée à se développer en
Suisse, elle est également active à l'étranger.
En plus d'établir des connexions, l'entreprise propose
également des appels de réveil, la transmission
d'alarme et la prise de commande. Dès 1881, il est décidé
de mettre en place des téléphones publics pour
permettre à chacun d'accéder aux nouveaux moyens
de communication. La même année, 11 publiphones
sont mis en place.
Fin 1880, 144 abonnés étaient
connectés au central téléphonique du 59
Rennweg . À la mi-février 1881, le central téléphonique
était entièrement agrandi avec 200 connexions.
Grâce à l'accord conclu avec les communes d'Enge
et d'Aussersihl, d'autres communes externes signent également
le contrat et permettent à la compagnie de téléphone
zurichoise d'étendre son réseau. Le 10 février
1882, le deuxième standard téléphonique
de la Kappelergasse 18 est mis en service. Environ 2 000 connexions
sont déjà effectuées quotidiennement par
les huit opérateurs téléphoniques qui ont
été embauchés.
Fin 1883, Zurich est reliée à
sept réseaux téléphoniques mis en place
par l'Administration fédérale des télégraphes.
Il s'agit des communes de Thalwil, Horgen, Richterswil, Wädenswil,
Winterthur, Adliswil et Schaffhouse (via Winterthur).
Fin 1886, la compagnie de téléphone
de Zurich comptait 129 employés et ouvriers. En 1888
des agences sont ouvertes en Belgique et en Russie.
Le nombre d'appareils connectés ne cesse
d'augmenter et avec un téléphone pour 130 habitants,
le réseau zurichois a la plus forte densité téléphonique
d'Europe. Un fonctionnement sûr et sans problème
est la priorité absolue de l'opérateur. Par conséquent,
les appareils sont contrôlés tous les deux mois
chez les abonnés et les batteries sont remplacées.
Cependant, de nombreux dysfonctionnements sont dus à
une manipulation incorrecte ou particulièrement négligente
du téléphone par l'utilisateur.
Nationalisation des réseaux téléphoniques
en Europe
On a longtemps espéré que la concession, qui expirait
fin 1885, pourrait être prolongée. Mais en 1884,
il y avait des signes que le réseau serait définitivement
remis à la Federal Telegraph Administration. Pour survivre,
la compagnie de téléphone zurichoise s'étend
à l'étranger et construit et entretient des réseaux
téléphoniques en Belgique et en Italie. A la fin
de 1890, la compagnie de téléphone de Zurich compte
1462 abonnés à l'étranger. Les téléphones
qu'ils produisent eux-mêmes se retrouvent en Italie, en
Belgique, en Hongrie et en Amérique du Sud. Comme en
Suisse, les réseaux téléphoniques des autres
pays européens seront ensuite nationalisés. Au
début des années 1890, ils ont été
repris par la compagnie de téléphone de Zurichréseaux
exploités en Belgique à l'État. En Italie,
le gouvernement impose des exigences coûteuses pour la
poursuite de l'exploitation. Ils exigent que les réseaux
de la ville soient étendus et interconnectés et
interviennent de plus en plus dans les tarifs d'abonnement.
Au début de 1912, la compagnie de téléphone
zurichoise fusionne avec le consortium italien "Società
Nationale dei Telefoni" à Bergame et transfère
son siège social de Zurich à Bergame. Peu avant
le déclenchement de la Première Guerre mondiale,
la compagnie de téléphone zurichoise a renoncé
à sa licence en Italie et les abonnements ont été
transférés à la "Società Nationale
dei Telefoni".
L'entreprise manufacturière fondée
en 1881 par la compagnie de téléphone de Zurich
s'est transformée d'un petit atelier de réparation
en une usine majestueuse. Initialement, le domaine d'activité
se limitait à la fabrication de téléphones,
de produits connexes et de télégraphes domestiques
(Sonnerie). Des améliorations aux téléphones
et aux tables de commutation sont également apportées
avec l'expérience.
Au fil du temps, l'entreprise se développe et l'usine
construit une serrure électrique, construit des machines
dynamo-électriques et des lampes électriques.
En raison de la forte augmentation de la technologie d'éclairage,
des machines à incandescence, des lampes à arc
et des éléments galvaniques sont ajoutés.
L'atelier fournit également des machines à usage
galvanoplastique et métallurgique, des instruments de
précision et des appareils électro médicaux.
L'exposition électrique internationale
de Paris en 1881 montre que l'éclairage électrique
prend de l'importance. Par conséquent, la compagnie de
téléphone de Zurich décide le 19 septembre
1881 pour étendre le domaine d'activité à
l'éclairage électrique. À peine un an plus
tard, elle a pu remporter une commande importante et équiper
la gare de Zurich - le hall, le hall et le coffre à bagages
- de luminaires électriques. Le matériel d'éclairage
reste la propriété de l'entreprise et le client,
Nordostbahn, paie une redevance annuelle fixe pour l'installation.
La même année, l'entreprise de la ville de Zurich
est en mesure d'installer deux lampadaires sur la place de la
gare. D'autres commandes d'éclairage d'une teinturerie
de soie et d'un imprimeur de livres suivent peu de temps après.
La première installation d'éclairage en dehors
du canton se trouve sur la patinoire du «Ice Club»
Saint-Gall. Dans les années qui suivent, des installations
s'ajoutent dans toute la Suisse et dans l'Italie voisine. Des
usines individuelles sont également construites en Belgique,
Le 31 décembre 1922, la société
est radiée du registre du commerce suisse après
plusieurs années d'inactivité en Suisse.
1987 ASCOM
Entreprise suisse du secteur des télécommunications,
de la connectique et de l'automation; elle employait dans le
monde environ 11 600 personnes en 1997 (capital de 225 millions
de francs, chiffre d'affaires de près de 3 milliards).
Elle est issue en 1987 de la fusion d'Autophon Holding
SA (6000 employés en 1986, 800 millions de chiffre d'affaires)
avec Hasler Holding SA (6800 employés en 1986,
880 millions de chiffre d'affaires) et avec Zellweger
Télécommunications SA (850 employés
en 1986, 195 millions de chiffre d'affaires). Autophon
avait déjà repris en 1984 un autre pionnier de
la branche, l'entreprise bernoise Gfeller SA.
A la privatisation en 1865 de l'Atelier fédéral
de construction des télégraphes créé
en 1852, son directeur, Gustav Adolf Hasler, le reprit (avec
Albert Escher), sous la raison sociale de Telegraphenwerkstätte
von G. Hasler. Il en devint l'unique propriétaire en
1879. Son fils Gustav, qui le dirigea dès 1900, le transforma
en une société anonyme en 1909 et en fit une grande
entreprise. S'ajoutèrent alors aux activités initiales,
télégraphie et téléphonie, la technique
des hautes fréquences, les instruments de mesure, les
installations de sécurité ferroviaire, la signalisation
routière, les machines à affranchir et les systèmes
de défense contre avions. Autelca, entreprise créée
en 1948, fut reprise en 1952 et la transformation en Hasler
Holding SA intervint en 1963. Avant la fusion, le groupe Hasler
était la principale entreprise suisse des techniques
de l'information. Il avait pris, en 1986, une participation
de 30% dans Zellweger Télécommunications SA (secteur
détaché de Zellweger Uster), participation qu'Ascom
porta à 50% en 1987 et à 100% en 1989.
Christian Gfeller créa en 1896 à
Bümpliz un atelier mécanique qui construisait des
appareils téléphoniques et des timbres avertisseurs
pour le trafic ferroviaire et qui occupait 15 à 20 ouvriers
vers 1900. Il obtint une concession régionale pour les
installations électriques intérieures en 1911.
La fabrique d'appareils Gfeller SA, créée en 1924
à Flamatt (nouveau bâtiment à Bümpliz
en 1929), se lança la même année dans la
production de téléphones automatiques selon le
principe novateur de la commutation, puis dans celle de télécommandes
en 1931. L'entreprise enregistra un grand succès en 1977
avec Atlanta, le premier téléphone électronique
intégré. Autophon SA devint actionnaire minoritaire
en 1982, les deux entreprises se réunissant dans Autophon
Holding SA en 1984.
La future Autophon SA, première fabrique
suisse spécialisée en téléphonie
automatique, fut fondée en 1922 par des industriels soleurois
sous la conduite de Walter Hammer. Le premier président
du conseil d'administration fut Hermann Obrecht. En 1949, l'entreprise
occupait déjà 800 personnes. A la suite du rachat
des compagnies de téléphone privées de
Zurich et Berne, elle détint une forte position sur le
marché suisse. Elle fabriqua des appareils de télédiffusion
à partir de 1931, puis des téléviseurs
jusque dans les années 1960. L'entreprise accrut sa présence
à l'étranger par un réseau de distribution
dès 1952 et en ouvrant dès 1967 des centres de
production en France, Belgique, Italie et Allemagne. Les appareils
de radiotéléphonie (entre autres, le SE-125 pour
l'armée suisse) constituèrent également
un secteur de production important.
|
En 1952, Hasler AG reprend Autelca AG, fondée
peu de temps auparavant, et dix ans plus tard, elle devient Hasler
Holding AG.
Jusquà la fin des années 1980, Hasler Holding
AG est restée le principal fournisseur des PTT dans le secteur
des télécommunications et a fonctionné comme
un centre de développement et de production externalisé.

La Suisse d'après-guerre était divisée en
52 groupes de réseaux téléphoniques, desservis
par 17 directions téléphoniques de district (KTD).
Le KTD était responsable de l'acquisition de tous les investissements
techniques ainsi que de l'exploitation et de la maintenance. Dans
la plupart des cas, une seule technologie d'un fournisseur était
utilisée par groupe de réseau.
Si l'on compare la part suisse des lignes d'abonnés par système,
Hasler AG domine clairement le marché.
En 1979, 52 % des connexions étaient acheminées via
les systèmes Hasler. La position dominante de l'entreprise
bernoise n'était pas nouvelle. Déjà dans les
années 1950, le siège social de Hasler couvrait plus
de 50 % de la capacité de commutation de la Suisse. STR était
responsable de 32% des connexions en 1979 et Siemens Albis de 16%.
Les statistiques sont encore plus claires si l'on classe tous les
centraux téléphoniques existants par fournisseur : Hasler
AG a fourni un total de 68,3 % des centraux, STR 17,4 % et Siemens
Albis 14,3 %.
Dans certaines directions téléphoniques de district,
il ne semble y avoir aucune concurrence. À Bâle, par
exemple, il n'y avait que le siège social de STR, tandis que
Bellinzone, Coire, Fribourg, Lucerne, Neuchâtel, Olten, Saint-Gall,
Sion, Thoune et Winterthour reposaient entièrement sur le siège
social de Hasler. Siemens-Albis n'a pu conserver un monopole dans
aucune direction téléphonique régionale, mais
avait une position forte à Berne, Lausanne et Bienne.
Retour aux années 1920, l'entreprise Hasler ne disposait pas
du savoir-faire nécessaire pour construire de grands centraux
téléphoniques et se spécialisait initialement
dans les petits centraux ruraux. À partir des années
1950, Hasler maîtrise également la construction de grands
centres téléphoniques . Comme de nombreux petits centres
étaient initialement nécessaires dans les zones rurales,
Hasler s'est assuré ici une position dominante sur le marché.
Un autre fait n'est probablement pas négligeable pour la position
dominante de l'entreprise bernoise dans toute la Suisse: la technologie
de commutation Hasler n'était protégée par aucun
brevet étranger, le savoir-faire était «Swiss
Made». Même en temps de crise, l'entreprise a pu construire
ou étendre des centraux téléphoniques entièrement
automatisés au niveau national. L'anecdote suivante montre
clairement que cela était très important pour les PTT
: le mariage de Gustav Hasler est resté sans enfant. Les PTT
craignaient que le paquet d'actions Hasler ne finisse entre des mains
étrangères en cas de décès de l'actionnaire
majoritaire et confrontaient le patron bernois au problème.
Gustav Hasler a trouvé la solution en léguant par testament
ses actions à l'administration téléphonique suisse
en 1927.
Lorsque Gustav Hasler mourut en 1952, une autre solution fut trouvée.
Les actions Hasler furent transférées à la «
Fondation Hasler-Werke » en 1952-1953. Les PTT ont maintenu
leur influence au sein de la fondation, dont le but était de
promouvoir la recherche dans le domaine des technologies de la communication.
Par exemple, des cadres des PTT ont siégé à la
commission consultative de la fondation aux côtés de
personnalités des universités suisses.

En 1952, les téléphonistes n'étaient plus
nécessaires au centre automatique de Wil.
1954 Numérotation à 6 chiffres
sont introduits à Zurich, Berne, Bâle et Lausanne.
Le modèle de table 29 est remplacé par
le modèle 50 noir. Le modèle blanc crème a suivi
en 1955
1956 Le premier câble d'outre-mer entre la Suisse
(Berne) et les États-Unis (New York) est mis en service.
La caractéristique essentielle du réseau
téléphonique suisse réside dans son automatisation
intégrale. Seules, les communications internationales sont,
pour la plupart, établies en service semi-automatique par des
centraux manuels interurbains. L'exploitation semi-automatique généralisée
en France sous le nom d'automatique rural n'existe donc pas en Suisse
; les autocommutateurs installés dans les campagnes suisses
sont des autocommutateurs complets, assurant directement l'établissement
des communications à la commande du cadran d'appel équipant
les postes d'abonnés.
Au début, l'automatisation ne concernait que
la commutation d'appels locaux au sein d'un central téléphonique
local.
Jusqu'en 1959, tous les abonnés pouvaient joindre
eux-mêmes les interlocuteurs souhaités dans le pays.
Toutefois, les appels à létranger étaient
encore parfois transférés manuellement. 18 des 24 premiers
centraux téléphoniques automatiques étaient situés
en zone rurale. Le potentiel déconomies était
ici élevé.
Le 3 décembre 1959 à Schuls,
les PTT remplaçaient le dernier central manuel de Suisse
par un central entièrement automatique, faisant de la Suisse
le premier pays au monde à disposer dun réseau
téléphonique entièrement automatisé pouvant
atteindre même le village le plus éloigné.
Cette prouesse technologique novatrice scella également la
fin de la «demoiselle du téléphone».
Rappel : L'automatisation du transfert dappels
débuta en Europe peu après le tournant du siècle.
Ce sont les Administrations impériales des télégraphes
dAllemagne et dAutriche qui, au début du XXe siècle,
équipèrent pour la première fois leurs centraux
de sélecteurs rotatifs automatiques.
En automatisant partiellement le transfert dappels, elles voulaient
répondre à la croissance fulgurante du nombre dappels
téléphoniques sur leurs réseaux. Comme dans les
pays voisins, le nombre de communications téléphoniques
augmenta brusquement en Suisse au début du siècle. L«Administration
fédérale des Télégraphes et des Téléphones»
de lépoque a donc été amenée à
renouveler et à étendre progressivement ses centraux
téléphoniques manuels et à les adapter aux nouvelles
technologies de commutation.
Le premier central téléphonique semi-automatique de
Suisse fut mis en service à Zurich-Hottingen en 1917.
Après les premières expériences de transfert
dappels semi-automatique sur le réseau local de Zurich
et compte tenu de la croissance rapide et continue des communications
téléphoniques, lAdministration fédérale
des Télégraphes et des Téléphones décida
en 1920 dautomatiser entièrement le transfert dappels
dans lensemble des grandes villes. Les centraux téléphoniques
de Zurich, Lausanne, Genève, Berne et Bâle, notamment,
devaient, le plus rapidement possible, fonctionner de manière
entièrement automatique.
Le premier central téléphonique entièrement automatique
de Suisse fut mis en service à Lausanne le 29 juillet 1923.
Un an plus tard, le central de Genève Mont-Blanc était
également équipé dun système de
transfert dappels entièrement automatique. Saint-Gall
Winkeln suivit en 1925 et Zurich Hottingen commença
également à fonctionner de manière entièrement
automatique en 1926.
Les économies de personnel dans le transfert dappels
et linfatigable fiabilité des sélecteurs rotatifs
entraînèrent au cours des trois décennies suivantes
labandon progressif des centraux manuels également sur
tous les autres réseaux locaux de Suisse.
À la fin des années 1920, la nouvelle Entreprise des
postes, téléphones et télégraphes suisses
(PTT) décida de mettre en place les «indicatifs de ville»
pour permettre le transfert dappels automatique non seulement
sur les réseaux locaux, mais aussi entre les différents
réseaux. Tandis que les liaisons téléphoniques
vers un autre réseau local devaient auparavant être transférées
par deux opératrices (sur le réseau de lappelant
et sur celui de la personne appelée), les abonnés pouvaient
désormais établir eux-mêmes certaines communications
téléphoniques inter réseaux.
La première liaison téléphonique entièrement
automatique avec indicatif de ville a été établie
le 29 mars 1930 entre les réseaux locaux de Berne et de Bienne.
La même année, les abonnés purent également
passer eux-mêmes des appels téléphoniques entre
Bâle et Zurich.
Dans la mesure où les liaisons par le biais d«indicatifs
de ville» fonctionnèrent demblée parfaitement,
il fallait sattendre à ce que le transfert dappels
automatique soit mis en place aussi tôt ou tard pour des communications
entre des réseaux locaux des zones rurales.
lautomatisation croissante des centraux téléphoniques
modifia profondément la structure du réseau téléphonique
suisse. Disons pour simplifier que les PTT souhaitaient quautant
dappels que possible puissent être passés par un
minimum de lignes téléphoniques. Lautomatisation
rapide des centraux téléphoniques a considérablement
facilité la réalisation de cet objectif. En effet, alors
quen mode manuel, chaque central téléphonique
dun «réseau maillé» devait être
connecté directement à de nombreux autres centraux,
les appels transférés automatiquement pouvaient être
regroupés sur des nuds avant dêtre transmis
à leurs destinataires. Une fois automatisé, un tel transfert
dappels centralisé fonctionnait 24 heures sur 24 et moyennant
des coûts dexploitation considérablement réduits.
Après le succès des premiers «indicatifs de ville»,
les efforts des PTT, dans le domaine de lautomatisation, visèrent
donc à réduire le nombre de lignes, à regrouper
les transferts dappels sur des nuds de plus en plus gros
et à faire des économies de personnel dans les centraux.
Cest ainsi quun réseau automatisé en étoile
vit le jour qui, lorsque son automatisation fut achevée, le
3 décembre 1959, comptait environ un million de raccordements.

- Sur un réseau maillé, des centraux manuels sont raccordés
directement avec le plus grand nombre possible dautres centraux.
-Sur un réseau en étoile, des centraux entièrement
automatisés sont reliés par le biais de nuds spécifiques.
Dans les archives des PTT à Köniz figurent des sources
datant des années 1930 et 1940 qui révèlent que
peu de temps avant dêtre licenciées ou mutées
en raison de lautomatisation, les opératrices ont dû
apprendre aux abonnés à utiliser leurs téléphones
désormais équipés de cadrans.
De nombreuses opératrices durent aller de maison en maison
pour rassurer les abonnés et les aider à se servir de
leurs nouveaux téléphones.
Ces derniers avaient, en effet, tout simplement cessé de téléphoner
après lautomatisation des centraux téléphoniques
locaux. Ils avaient peur de commettre des erreurs de manipulation.
Sur dautres réseaux, les opératrices durent organiser
des «Formations publiques pour abonnés à des réseaux
automatiques», parfois avec des projections de films. En fonction
de la météo et de lavancement des travaux de récolte,
ces formations étaient plus ou moins bien fréquentées.
Loffice des téléphones de Coire attribua même
le manque dintérêt des abonnés pour ces
formations utiles à la «nature des Grisonnes et des Grisons».
Nelly Iseli-Dällenbach raconte de première main dans le
projet dhistoire orale des archives des PTT les difficultés
rencontrées par les abonnés dans le maniement de leurs
nouveaux téléphones. Les opératrices subitement
licenciées ou mutées en réponse à lautomatisation
et le rôle important dintermédiaires quelles
ont joué entre la nouvelle technologie et la majorité
de la population, méritent toute notre considération.
Dans les petits centres ruraux à faible trafic,
les machines ont rapidement remplacé les opérateurs
téléphoniques. Les coûts salariaux des opérateurs
téléphoniques actuels mais sous-employés pourraient
être réduits.
La résistance à l'automatisation promue par les PTT
est venue notamment des opérateurs postaux qui louaient aux
PTT des locaux dans lesquels ils exploitaient des centraux téléphoniques
manuels en plus du bureau de poste. Grâce à l'automatisation,
ils n'ont plus eu à payer de frais d'appel, ni de suppléments
de nuit et de dimanche. Les abonnés au téléphone
appréciaient la téléphonie automatique, qui garantissait
le secret des conversations : « de sorte que le facteur et l'opérateur
téléphonique, souvent mal payés, ne savaient
pas toujours tout ce qui se passait dans le village ».
L'automatisation de la téléphonie a fait des opérateurs
téléphoniques superflu à long terme. L'administration
des PTT s'est efforcée d'être prévenante envers
le personnel au cours de ce processus.
Les opérateurs téléphoniques ont continué
à travailler dans d'autres domaines d'activité des PTT.
Dès lors, les hommes principalement des monteurs
se retrouvent dans les centres de contrôle automatisés.
Avec la numérotation automatique, la téléphonie
est devenue plus populaire et courante.
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Le téléphone à Burgdorf
Selon une lettre du 25 octobre 1886 du propriétaire du
bureau de poste Hôtel à l'inspection télégraphique
de Berne, les installations téléphoniques doivent
être installées dans le bureau de poste de la Hohengasse.
L'extrait suivant décrit la situation à l'époque
:
«Selon une communication verbale de M. Werthmüller,
les travaux téléphoniques ont commencé
ici aujourd'hui et le standard doit être installé
à la poste. Maintenant, cependant, je crois qu'il est
de mon devoir d'attirer votre attention sur le fait que des
négociations peuvent être en cours concernant l'agrandissement
ou même la relocalisation de la Poste et du Télégraphe,
auquel cas il me semble judicieux de ne pas exagérer
ce qui précède les travaux s'accélèrent
jusqu'à ce que l'on sache si l'emplacement actuel sera
conservé ou déplacé. La raison en était
le téléphone, qui ne rentre pas du tout dans notre
bureau de poste bruyant. Les locaux actuels sont trop exigus
et aucune nouvelle installation ne peut être « entassée
» par manque de place et nous pouvons être accablés
par de nouvelles augmentations de service sans que l'un ou l'autre
service ne doive être altéré ou négligé.
Le colonel Flückiger du gouvernement fédéral
Oberbauinspektorat, qui a effectué une inspection pour
le compte de l'Oberpostdirektion.»
Le téléphone semblait être la raison pour
laquelle la poste et le bureau du télégraphe étaient
désormais également déplacés dans
des locaux plus grands à Hohengasse 39.
Initialement, le téléphone était exploité
par le personnel postal; en été à partir
de 7h et en hiver de 8h à 21h.
Les premiers téléphones étaient des appareils
muraux massifs en bois.
En 1894, un bureau téléphonique indépendant
est ouvert au 1er étage de la Hohengasse 39, juste au-dessus
de la poste principale. Des lignes aériennes vers les
centres voisins sont progressivement construites : la deuxième
ligne vers Berne en 1899 et la troisième ligne en 1903,
vers Sumiswald en 1892, vers Kalchofen (Hasle) et Fraubrunnen
en 1893, vers Langnau et Herzogenbuchsee en 1894, vers Koppigen
en 1900 et à Soleure en 1905. Burgdorf 1900 avait
déjà 177 lignes téléphoniques et
127 645 appels ont été commutés cette année-là
!
Le service de nuit a été introduit en 1912 et
le siège comptait 300 lignes d'abonnés.
En 1925, Burgdorf comptait 686 connexions d'abonnés
et depuis le bureau central de la ville haute, il y avait des
lignes vers l'ancien bureau de poste principal, y compris le
bureau de chèques sur la haute Kirchbergstrasse, vers
le Café de la Poste sur la moyenne Bahnhofstrasse et
vers le Café zur alten Poste sur Hohengasse.
Un an plus tard, une nouvelle ère pour les téléphones
a commencé avec le nouveau bâtiment de la poste
sur la Bahnhofstrasse.
Le 24 avril 1926, un standard téléphonique moderne
a été ouvert au 2ème étage dans
le système de batterie central avec 7 postes de travail,
où tous les types de connexions pouvaient être
effectués par les téléphonistes. Il y avait
100 lignes principales, dont 68 étaient en service, et
900 lignes d'abonnés.
Dans la téléphonie mondiale, il était possible
de passer des appels à l'étranger via des émetteurs
à ondes courtes (Angleterre) à partir de 1927
et à partir de 1940 via l'émetteur de Schwarzenburg
vers l'étranger.
Telefonzentrale
Burgdorf von 1949.
Depuis 1956, des appels sont passés vers l'Amérique
du Nord via un câble transatlantique, et en 1965, la première
connexion a été établie via le satellite
de communication "Early Bird" (Intelsat).
La prochaine grande étape de développement à
Burgdorf a eu lieu en 1949. Le 26 septembre, le central téléphonique
automatique System Hasler HS31 a été mis en service
dans le bâtiment principal de la poste.
Les échanges locaux, étatiques
et interurbains étaient hébergés au 2e
étage; 360 lignes pour le trafic longue distance et régional
ainsi que 3 000 raccordements d'abonnés, dont 2 000 occupés,
étaient prêts à l'emploi. Le groupe de réseau
034/Burgdorf a reçu des numéros à 5 chiffres
en raison de l'automatisation. La dame du téléphone
n'étant plus sollicitée, le service de renseignements
n°11 et le service de dépannage n°12 sont installés
au 1er étage de la poste.
En 1972, tous ces services spéciaux ont été
transférés à Berne. Après la Seconde
Guerre mondiale, il n'y avait toujours pas de téléphone
dans de nombreux appartements et en cas d'urgence, les gens
s'arrangeaient avec des voisins « modernes » dans
la même maison ou dans la maison la plus proche. Dans
toutes les grandes zones résidentielles, il y avait des
téléphones publics avec des machines à
pièces.
Tous les bureaux de poste et de nombreux hôtels et restaurants
avaient des téléphones avec compteur; Ici, vous
pouviez téléphoner aussi longtemps que vous le
vouliez et enfin payer au comptoir ou au buffet.
A partir des années 1950, le central téléphonique
est continuellement agrandi et renouvelé ; en 1953, Burgdorf
a reçu un nouveau système central Hasler HS52.
12 ans plus tard, les connexions d'abonnés ont été
étendues de 5000 à 6000 et augmentées de
1000 autres en 1968.
Au début des années 1970, le déménagement
aux 1er et 2e étages du nouveau bâtiment de la
poste de la Bahnhofstrasse 35 a eu lieu en février 1970
pour être mis en service.
Cela a été suivi par l'installation d'un nouveau
bureau de 180 connexions entrantes et 180 sortantes vers les
centres d'Affoltern, Hasle-Rüegsau, Sumiswald, Wasen, Wynigen
et Hindelbank et un bureau d'exploitation longue distance avec
numérotation directe vers les pays européens,
les USA et le Japon. A cela s'ajoute une nouvelle alimentation
électrique comprenant batterie et groupe diesel d'alimentation
de secours, répartiteur principal et diffusion téléphonique
ainsi que des équipements répéteurs bureautiques
et coaxiaux pour un total de 15 millions de francs.
De plus, de nouvelles stations de paiement de pièces
avec comptage d'impulsions temporelles ont été
mises en place.
L'ensemble de la reconstruction a été inauguré
le 25 février 1972.
Il y avait environ 2 millions d'abonnés
au téléphone dans toute la Suisse et en 1975,
Burgdorf en comptait environ 6 500; il y avait 23 téléphones
publics et les 10 étaient utilisés pour envoyer
des télégrammes.
Le 23 février 1990, le nouveau centre numérique
a été inauguré à l'ancien emplacement,
mais avec seulement 1/3 de l'espace requis.
Burgdorf est devenu centre de transit vers tous les centres
de Suisse et avec des lignes longue distance vers Berne, Bâle,
Bienne, Interlaken, Langenthal, Lucerne, Olten, Soleure, Thoune
et Zurich. Coûts du bâtiment, du centre, de la transmission
et de l'alimentation électrique : 17,3 millions CHF.
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L'automatisation du téléphone
en Ajoie
L'ancien
centre de Porrentruy
Le 24 mai 1949, un central téléphonique automatique
a été mis en service à Porrentruv,
l'ancienne et vénérable capitale de l'Ajoie.
Un peu plus de 60 ans se sont écoulés depuis l'époque
où treize courageux commerçants et particuliers
présentèrent à l'administration des télégraphes
d'alors une requête dans laquelle ils lui demandaient d'installer
à Porrentruv un central téléphonique. Il
faut croire que l'administration fit droit assez rapidement à
cette requête puisque, malgré le faible trafic auquel
il fallait s'attendre, le premier central téléphonique
de cette localité pouvait être mis en service le
10 novembre 1885 déjà. Il était équipé
pour vingt raccordements d'abonnés et fut, au cours des
temps, remplacé trois fois par des installations de plus
grande capacité.
Le dernier de ces trois centraux manuels servit pendant 23 ans
1/2 ans à l'écoulement d'un trafic en constante
augmentation. Depuis sa mise en service, le 21 juillet 1925, le
nombre des raccordements d'abonnés en activité a
presque triplé, c'est-à-dire qu'il a passé
de 326 en 1925 à 911 en 1948. Le nombre des conversations
échangées annuellement a passé de 375 000
en 1925 à plus d'un million en 1948.
Que de paroles furent transmises durant ces 23 années 1/2
par l'intermédiaire de ces fiches et de ces jacks aujourd'hui
usés et polis. Pendant les années mouvementées
de la dernière guerre en particulier, le central téléphonique
de Porrentruy dut faire face non seulement à une augmentation
considérable du trafic privé, mais aussi à
un trafic militaire intense.
Le nouveau central automatique, construit par la maison Hasler
S.A. à Berne, ne dessert pas seulement les abonnés
de Porrentruy. Comme central nodal, il doit également assurer
l'écoulement du trafic avec et entre les centraux ruraux
de l'Ajoie raccordés à Porrentruy. D'autre part,
Porrentruy est relié au groupe de réseaux de Delémont
par 24 circuits interurbains d'entrée et 24 de sortie.
Le nouveau central nodal de Porrentruy est équipé
pour le raccordement de 1600 abonnés. Pour l'écoulement
du trafic rural avec et entre les centraux terminus automatiques
de Bonfol, Boncourt, Bure, Chevenez, Charmoille, Cornol et Courgenay,
il pos-sède 64 lignes de jonction entrantes et autant de
lignes de jonction sortantes.
Le central automatique se compose de 53 bâtis de 220 cm
de haut, 72 cm de large et 40 cm de profondeur. Chacun d'eux pèse,
avec les accessoires, environ 300 kg. La salle de l'automate est
suffisamment grande pour que les équipements du central
puissent être plus que doublés, ce qui est d'une
grande importance étant donné l'accroissement constant
du trafic. Ce local est complété par d'autres locaux
contenant les installations de télédiffusion, le
distributeur principal, les batteries d'accumulateurs et l'installation
d'énergie. Cette dernière fournit au central un
courant continu de 48 volts et divers courants de signalisation
tels que le courant d'appel à 23 périodes et les
courants du son vibré et du signal d'occupation à
400 périodes.
Tous ces locaux plus un atelier de mécanicien et un appartement
de service se trouvent au premier étage du remarquable
Hôtel des Halles appelé aussi, selon sa première
destination, Halle aux blés. Ce magnifique édifice,
construit en 1766 sur l'ordre du prince de Montjoie par un architecte
parisien, renfermait à l'origine la halle au blé
et un hôtel pour loger les hôtes des princes-évêques.
Sous le régime français, il devint le siège
do la préfecture du Mont-Terrible puis, en 1800, celui
d'une sous-préfecture du Haut-Rhin. II est placé
aujourd'hui sous la protection de la Ligue suisse de sauvegarde
du patrimoine national. Les galetas immenses montrent aujourd'hui
encore l'importance que devait avoir le grenier d'alors.
L'édifice princier qui abrite maintenant non seulement
le téléphone mais aussi la poste et le tribunal
de district présente, à côté de ses
dimensions imposantes pour une petite ville de province, de remarquables
caractéristiques. C'est ainsi qu'on y voyait, il y a peu
de temps encore, dans le local où se trouvait le distributeur
principal, un superbe poêle de faïence peint à
la main. Le local de l'installation d'énergie sis à
côté de la salle de l'automate contient des voûtes
magnifiques. Là où l'on rencontrait jadis de nobles
prélats discutant avec des dignitaires de toute sorte,
on entend
aujourd'hui le bruissement et le cliquetis des chercheurs et relais
d'un central automatique moderne.
L'automatisation du central téléphonique de Porrentruy
avait été prévue à l'origine pour
l'année 1939. Elle dut être renvoyée à
cause de la deuxième
guerre mondiale qui éclata à ce moment-là.
La guerre terminée, on reprit les travaux préparatoires.
Depuis le moment où le fournisseur fut prié de présenter
des offres jusqu'à celui de la mise en service du central,
presque quatre années se sont écoulées. Pour
le profane, ces délais de livraison et de construction
peuvent paraître excessifs. Mais il faut tenir compte du
fait qu'il s'agissait non seulement de construire le central de
Porrentruy, mais de préparer en même temps pour l'exploitation
automatique intégrale tous les centraux terminus qui y
sont raccordés. Ces centraux ruraux avaient déjà
été automatisés il y a environ vingt ans,
mais leurs abonnés ne pouvaient téléphoner
automatiquement qu'en service local. Toutes les autres communications
devaient être établies par le central manuel de Porrentruy.
Quelques-uns des premiers automates Hasler, type HS 25, utilisés
dans ces centraux ruraux étaient vieillis, d'autres étaient
devenus trop petits, de sorte qu'il fallut presque tous les remplacer
par de nouveaux
centraux terminus Hasler, type HS 31.

On installa donc à Chevenez un nouveau central automatique
pour 300 raccordements, un pour 200 à Boncourt, un pour
150 à Bonfol et un pour 100 à Cornol. Le central
d'Aile fut supprimé et ses abonnés raccordés
au central de Courgenay où un nouveau central automatique
susceptible d'être agrandi fut installé dans une
jolie maisonnette. Cette maisonnette fut construite dans le temps
record de quatre mois.
Pour la plupart des vétérans de l'occupation des
frontières de 1914 à 1918, le nom de Courgenay est
un nom plein de souvenirs évocateurs. Les trois-quarts
des soldats suisses ont passé par cette localité
et beaucoup fredonnent encore «Gilberte de Courgenay»,
la mélodie bien connue.
Dans le secteur de concentration voisin de St-Ursanne qui appartient
aussi à l'Ajoie, on a remplacé les trois centraux
d'Epauvillers, Ocourt et St-Ursanne par de nouveaux automates
Hasler, presque en même temps qu'on faisait les transformations
de Porrentruy. Jusqu'à maintenant, les abonnés raccordés
à ces trois centraux ne pouvaient téléphoner
automatiquement qu'en service local et seulement entre eux. Aujourd'hui,
ils peuvent atteindre automatiquement environ 95% des abonnés
suisses tout comme les abonnés du secteur de concentration
de Porrentruy. Le central de l'antique et pittoresque petite cité
de St-Ursanne, qui est raccordé au central principal de
Delémont, possède des lignes transversales
directes avec Porrentruy, à cause des relations étroites
qui existent entre St-Ursanne et l'Ajoie.
Plan
du groupe de réseaux de l'Ajoie
En relation avec les travaux entrepris pour l'automatisation,
il fallut poser dans cette région divers câbles ruraux,
en particulier un câble Delémont
Porrentruy par St-Ursanne, un câble rural PorrentruyChevenez,
un PorrentruyBonfol et un AileCourgenay. Tous les
travaux en relation avec l'automatisation tels que l'étude
des tracés des câbles, la pose des câbles,
le choix et la préparation des nouveaux locaux d'automates,
le calcul et le montage des nouveaux centraux, les essais de ces
derniers ainsi que l'échange de tous les appareils d'abonnés
dans le réseau local de Porrentruy, etc., exigèrent
une étroite collaboration des divers services de l'administration.
Les nouveaux câbles et équipements de centraux du
Pays de Porrentruy doivent maintenant suffire pour longtemps aux
exigences du trafic, car la densité téléphonique
n'est pas particulièrement dense en Ajoie. Le sol y est
plus ingrat que sur le Plateau et contraint les habitants à
vivre modestement. Cependant la densité des postes téléphoniques
de cette partie du Jura fait quand même bonne figure car
elle a doublé depuis dix ans et est aujourd'hui de 6 raccordements
par 100 habitants (Porrentruy seul 8%), la moyenne de la Suisse
étant de 11 raccordements par 100 habitants. Sur un nombre
supérieur à 500 000 abonnés suisses, on compte
par abonné une moyenne de 1310 conversations par an. La
loquacité
des habitants de l'Ajoie n'est q>as bien inférieure
à celle des autres habitants du pays puisque la moyenne
annuelle par abonné est de 1061 conversations.
Le connaisseur des centraux Hasler constatera à Porrentruy
diverses innovations. Tout d'abord, il sera frappé par
l'aspect extérieur agréable et la couleur claire
des bâtis et couvercles protecteurs. Pour la première
fois, les câbles n'ont plus été attachés
en bloc sur le râtelier, mais simplement posés et
maintenus entre des tiges métalliques fixées perpendiculairement
au râtelier.
L'automate se compose, comme on sait, d'un certain nombre d'unités
de centaines. Pour adapter les organes de connexion au trafic
et les utiliser rationnellement, on concentre les abonnés
à fort trafic sur des unités de centaines particulières,
tandis que d'autres unités sont réservées
aux abonnés ayant un trafic normal. Dans chaque série
de dix unités, quatre sont équipées chacune
de 12 chercheurs d'appel et 12 chercheurs de ligne, nombre qui
peut être porté à 16 au maximum. Dans une
de ces unités, on peut donc échanger aujourd'hui
simultanément 24 conversations, nombre qui passera plus
tard à 32. Les autres unités possèdent chacune
8 chercheurs d'appel et 8 chercheurs de ligne. Pour augmenter
la sécurité d'exploitation, chaque unité
de centaine est équipée de deux circuits de chercheurs
de cordons qui sont connectés automatiquement, à
tour de rôle, pour commander l'établissement de la
communication.
Si l'un des deux chercheurs est dérangé, l'autre
est connecté automatiquement. Cette commutation peut aussi
se faire à la main.
Autre innovation: les équipements d'indicateurs de taxes
ne sont plus montés séparément. Ils sont
réunis aux circuits de chercheurs d'appel et de
chercheurs de groupe et sont rendus ainsi plus visibles. Divers
fils de renvoi sont devenus superflus, ce qui facilite la localisation
des dérangements et permet de suivre l'établissement
d'une communication. Les compteurs d'abonnés ne sont plus
actionnés par l'impulsion positive de la terre du central,
mais par une source de courant continu de 48 volts, sans mise
à terre, ce qui augmente la sécurité de fonctionnement
de ces compteurs. Les courants perturbateurs étrangers,
provenant par exemple d'organes dérangés, ne peuvent
plus avoir d'influence sur le comptage.
En outre, le double circuit de l'émetteur d'impulsion de
taxe a augmenté encore la sécurité du comptage
auquel de tout temps on a voué la plus grande attention.
Dans ce montage, deux circuits travaillent simultanément,
environ 30 circuits de compteurs de durée par zone étant
attribués à chaque émetteur d'impulsion de
taxe. Si l'un de ces émetteurs d'impulsion est dérangé
ou s'il doit être mis hors service pendant les travaux d'entretien,
l'autre circuit engendre automatiquement les taxes d'impulsion
pour les 60 circuits de compteurs de durée par zone raccordés
au double circuit de l'émetteur d'impulsions de taxe.
Signalons enfin le nouveau chercheur à 30 positions développé
par la maison Hasler S.A. et utilisé dans le central de
Porrentruy . La première installation équipée
de chercheurs à 30 positions a été mise en
service en 1946. Les expériences faites depuis lors ont
été favorables. Ce nouveau
chercheur avec ses 30 positions de sortie présente de sérieux
avantages sur le chercheur à 50 positions.
Comme tous les chercheurs Hasler, ce nouveau modèle est
actionné par un contact interrupteur automatique. A l'avenir,
l'entretien de tout le central nodal automatique de Porrentruy
sera assuré par un seul monteur assisté occasionnellement
d'une téléphoniste.
Cette dernière a pour tâche d'établir régulièrement
des communications d'essai pour déterminer la sensibilité
aux perturbations des organes de connexion et de jonction avant
que l'abonné ne s'aperçoive du dérangement. |
|
Le téléphone automatique à
Frieswil
En 1891, la commune de Seedorf décida avec d'autres communes
de créer un central téléphonique manuel
à Aarberg. Il y aura désormais un poste téléphonique
public dans chaque communauté de section. À partir
de 1893, Frieswil possédait le premier téléphone
du village. La station communautaire est située dans
l'auberge Bären, à côté de l'aubergiste
Albert Brunner. Celui-ci est directement connecté au
réseau bernois.
Dans les années qui ont suivi, la demande de connexions
supplémentaires est apparue plutôt modeste. Outre
Albert Brunner, l'annuaire téléphonique de 1914
ne répertorie qu'une seule autre connexion. Un Ernst
Hurni, également propriétaire, possède
le deuxième téléphone à Frieswil.
Le central téléphonique a été inauguré
le 20 juillet 1940.
Désormais, les appels de Frieswil seront transférés
automatiquement. Le système Siemens A42
est initialement conçu pour 120 lignes d'abonnés.
Cependant, lors de l'inauguration, seules 61 connexions étaient
utilisées. Dans la période d'après-guerre,
la demande de connexions a considérablement augmenté.
Téléphoner fait désormais partie du quotidien.
En 1958, le central téléphonique de Frieswil a
été étendu à 200 connexions, en
1966 à 300 et en 1972 à 400 connexions.
1940
Le central local de Frieswil.
En 1981, le central téléphonique de Frieswil fut
fermé et la direction du téléphone de Berne
conserva le bâtiment et son contenu sur place, comme une
sorte de musée. Pour remplacer l'ancien central téléphonique,
les PTT ont construit en 1981 un nouveau bâtiment fonctionnel
dans la rue principale. Celui-ci est équipé du
système Siemens A52. Frieswil est désormais
le dernier réseau local de la direction téléphonique
du district de Berne à bénéficier de la
numérotation automatique internationale.
Le central téléphonique de Frieswil est un témoin
historique technique important de l'histoire des télécommunications
de la Suisse. Malgré la Seconde Guerre mondiale, téléphoner
devient de plus en plus une activité quotidienne, même
dans la vie privée. Les PTT font progresser l'automatisation
du réseau téléphonique, comme en témoigne
le central téléphonique mis en service en 1940.
Le bâtiment fonctionnel, à l'apparence extérieure
sans prétention, s'inspire du paysage urbain et s'y intègre
discrètement à la manière d'un petit bâtiment
sans ornements avec un toit à deux versants. Le central
téléphonique situé dans la rue principale
n'est pas reconnaissable comme tel au premier coup d'il.
Cela nétait pas non plus souhaitable en tant quinfrastructure
stratégique et sensible.
L'usine Siemens-Albis peut être considérée
comme un exemple du protectionnisme pratiqué à
l'époque. À partir des années 1920, les
grandes entreprises étrangères n'ont pu participer
au développement de l'infrastructure de télécommunications
suisse qu'en créant des filiales suisses.
Cela garantit la disponibilité du savoir-faire et des
installations de production correspondantes en Allemagne, même
en temps de crise. Cette circonstance est particulièrement
importante dans le contexte de la période de construction.
Le bâtiment d'un étage est divisé
en trois pièces : la zone d'entrée avec un porche,
la salle des batteries et la salle du commutateur automatique.

Le répartiteur des lignes d'abonnés, dans la
première pièce, le commutateur Siemens A52.
Pour l'alimentation électrique, le centre de contrôle
dispose de batteries au plomb, alimentées via un redresseur
avec une tension de fonctionnement de 60 V. L'introduction des
câbles de quartier et d'abonné des différents
villages desservis s'effectue par un conduit qui mène
sous terre directement à la salle des machines. Outre
Frieswil, le central téléphonique desservait également
les villages environnants de Jucher, Landerswil, Matzwil, Oberruntigen,
Oltigen, Ostermanigen, Salvisberg et Wölfisried. Les câbles
partent de l'arbre jusqu'aux têtes de câbles disposées
à côté du distributeur principal.
Trois cadres en acier de construction massive sont installés
dans la salle pour le commutateur supportant jusqu'à
300 connexions. Dans cette technique, seules 10 personnes pourraient
téléphoner en même temps pour 150 connexions.
Pour les 300 connexions d'abonné traitées dans
le central téléphonique de Frieswil, il y avait
300 présélecteurs (1 par abonné), 2x10
sélecteurs de groupe inverseurs (10 / 150 présélecteurs)
et 40 sélecteurs de ligne . Cela signifie que beaucoup
moins de sélecteurs de ligne techniquement complexes
doivent être installés. Pour l'interaction complexe
d'un central téléphonique automatique basé
sur le système Siemens A52, quatre composants de base
sont utilisés en plus de divers dispositifs auxiliaires
: le relais plat, le présélecteur, le sélecteur
de groupe et le sélecteur de ligne.

Disposition des sélécteurs, relais et compteurs
de taxation. Détail d'un sélecteur rotatif.
En plus de la position zéro, il dispose de 10 positions
de commutation et est conçu comme un sélecteur
rotatif avec une position zéro. En principe, il s'agit
d'une version simplifiée du sélecteur rotatif
à levage. En revanche, il na quun mouvement
de rotation. Structurellement, le présélecteur
se compose principalement du jeu de contacts fixes et du mécanisme
de commutation qui peut tourner autour d'un axe. Il comporte
quatre segments de contact (a', b', c', d'), qui comportent
à leur tour onze lamelles.
Les fils sortants a, b et c de la connexion sont connectés
aux 10 premières lattes des segments a', b' et c'. La
onzième lamelle sert à fermer l'électeur
si les dix sorties sont déjà occupées.
Le segment d' est utilisé pour que le sélecteur
puisse revenir en position zéro. Le dérailleur
arrière rotatif possède un axe fixe. Un ensemble
de bras de commutation composé de quatre bras de commutation
isolés les uns des autres est disposé autour de
cet axe de rotation. Il y a donc un bras de commutation par
segment de contact. Un tel bras de commutation est constitué
de trois balais de contact décalés de 120°
degrés. Le mouvement de l'induit est généré
par un électro-aimant et transmis à la roue de
commutation à l'aide de cliquets de poussée, qui
se déplace vers les différentes positions de commutation
et crée la connexion.
Les balais de contact du présélecteur sont connectés
électriquement aux sorties des sélecteurs de ligne.
Cela signifie qu'une connexion peut passer des appels sortants
et entrants.
Le présélecteur entre en fonctionnement dès
que l'abonné décroche le combiné du téléphone.
En combinaison avec des relais et des relais interrupteurs appropriés,
les présélecteurs constituent le premier niveau
de sélection. Ici, une ligne de connexion sortante libre
vers l'étage de sélecteurs suivant, le sélecteur
de groupe inverseur, est recherchée étape par
étape.
Si aucun niveau de numérotation libre n'est trouvé,
l'appelant entendra une tonalité d'occupation. Un sélecteur
dispose de 10 sorties vers les sélecteurs de groupe inverseurs.
Cet arrangement constitue le niveau de concentration.
Une caractéristique du système A42, ou des appareils
téléphoniques de Siemens de l'époque, est
le cadran rotatif de levage selon le système Strowger.
Contrairement au cadran Strowger original, ce développement
ultérieur est conçu pour être beaucoup plus
compact. Des sélecteurs rotatifs de levage en 100 pièces
sont utilisés à la fois pour les sélecteurs
de ligne et les sélecteurs de groupe. C'est l'un des
systèmes électromécaniques les plus courants
et les plus connus pour les centraux téléphoniques.
Ce sélecteur, également appelé sélecteur
carré, se compose principalement d'une partie statique
et mobile, du banc de contacts et du mécanisme de commutation.
Le banc de contacts forme la matrice de deux axes de 10 rangées
chacun, ce qui donne un total de 100 lames de contact. Il y
a trois jeux de contacts par sélecteur, un pour chaque
fil (a, b et c).
Les jeux de contacts sont disposés les uns au-dessus
des autres, de sorte que les différents bras de commutation
peuvent être actionnés via le même arbre
du dérailleur arrière. Le dérailleur arrière
est la partie mobile du sélecteur rotatif de levage.
Un arbre disposé verticalement est monté de telle
manière qu'il peut être à la fois soulevé
et tourné autour de son propre axe. Cela permet aux trois
bras de commutation, montés en permanence sur cet arbre
et isolés les uns des autres, de se déplacer le
long du banc de contacts disposé en demi-cercle autour
de l'arbre et d'atteindre chaque point de contact. Les mouvements
des bras de commutation sont générés par
deux électro-aimants. L'aimant de levage, dont l'armature
permet à un cliquet de s'engager dans les dents en forme
d'anneau de l'arbre, soulève progressivement les bras
de commutation vers le haut. Le mouvement de rotation est réalisé
par l'aimant rotatif, qui entraîne un cliquet, qui s'engage
dans les dents disposées verticalement sur l'arbre. Le
sélecteur dispose également de plusieurs contacts
de contrôle et d'un ensemble de relais de contrôle
montés sur le bloc sélecteur. Par exemple, le
processus de commutation et la position du sélecteur
sont surveillés.
Les brins de fil fixés aux bras de commutation sont connectés
aux contacts montés en permanence sur le mécanisme
de contact à l'aide de fines brosses en cuivre. Cette
matrice est essentiellement reprise de l'époque précédant
l'automatisation. Le bras de contact version automatisée
du bras dun opérateur téléphonique
recherche désormais le numéro souhaité
dans cette matrice. Deux axes sont disponibles. Le premier,
en levant le bras, traite les dizaines d'unités d'un
nombre, tandis qu'ensuite le mouvement de rotation exécute
les chiffres des unités. Plus précisément,
pour un numéro de téléphone, cela signifie
que si le numéro est 37, le bras monte d'abord de trois
champs puis effectue une rotation de sept unités. Une
fois la conversation terminée, les bras de commutation
sont sortis du mécanisme de contact par l'aimant permanent
de droite et ramenés dans leur position de repos par
un ressort.
En plus des principaux composants du processus de numérotation
décrits, divers appareils supplémentaires sont
disponibles.
La machine à signaux, un moteur électrique doté
de différents disques à cames, est utilisée
pour générer diverses tonalités de signalisation,
telles que le signal occupé. Il y a un compteur par connexion
pour la facturation. Il y a aussi des équipements auxiliaires
et des dispositifs de diagnostic pour la recherche de défauts
tels que le boîtier de test HT sur le tableau de distribution
principal et un sélecteur de groupe de mesure. Le local
dispose également d'installations de diffusion téléphonique
haute fréquence. Un petit bureau debout contient les
documents techniques et les formulaires nécessaires pour
documenter les défauts et les modifications techniques
ainsi que les outils spéciaux nécessaires à
la maintenance.
|
La sélection automatique par-delà
des frontières nationales a vu le jour dans la seconde
moitié des années 1960.
Le profil professionnel des téléphonistes a commencé
à évoluer en conséquence. Comme le service de
commutation manuelle nétait plus utilisé depuis
les années 1960, les opératrices téléphoniques
nétaient presque plus formées à la commutation
manuelle des appels.
1962 Premier satellite de communication commercial "Telstar
1", pour la première fois les appels téléphoniques
entre l'Europe et les États-Unis peuvent être effectués
via l'espace.
1966 À Montreux, les abonnés
au téléphone peuvent établir pour la première
fois des liaisons internationales grâce à la numérotation
automatique. Cette innovation arrêtera le travail de 5 000 opérateurs
d'ici 1975.
1971 Le premier téléphone tactile
est introduit en Suisse. Le PTT reçoit ses premiers téléphones
à bouton-poussoir de l'étranger. Les nombres peuvent
être saisis plus rapidement, plus clairement et plus facilement.
Le passage de la molette rotative au clavier modifie fondamentalement
l'apparence des appareils.
En 1976, les PTT ont commencé le développement
du "Système Intégré de Télécommunications
IFS" et ont voulu travailler avec l''industrie de la technologie
téléphonique pour développer son propre système
de télécommunications numériques. Cependant,
le projet a été abandonné en 1983 et à
partir de là, le système éprouvé internationalement
AX 10 a été utilisé.
1974 Les numéros de service sont à
3 chiffres. La Suisse compte plus de 2 millions d'abonnés téléphoniques.
1976 Les télécopieurs arrivent
sur le marché. Le nouveau service PTT permet de transmettre
des modèles papier sur le réseau de télécommunications
dans six bureaux télégraphiques publics (Bâle,
Berne, Genève, Lausanne, Lugano et Zurich). L'appareil a besoin
de six minutes pour une page A4. La taxe de base est de 7 CHF et un
supplément de 3 CHF doit être payé pour toute
livraison par courrier express.
En 1980 les PTT comptaient au total 1023 centres.
En 1986, les premiers centres de contrôle numérique
ont été mis en service.
Par la suite, les PTT ont éliminé de nombreux centraux
téléphoniques électromécaniques car la
technologie numérique nécessitait moins d'espace.
Les quatre standards du musée présentés ici restent
des témoins de la commutation d'appel électromécanique
et des atouts culturels techniques.
Le nombre de quatre centres comme reliques de la culture industrielle
est modeste puisque
En 1987, Hasler Holding AG fusionne avec Autophon
Holding AG et Zellweger Telecommunications AG pour former Ascom Holding
AG, la première entreprise suisse de télécommunications
de lépoque.
Au moment de la dissolution des PTT en 1997, seule
une fraction minime du trafic dappels internationaux était
encore commutée manuellement.
Suite à la libéralisation fin 1997, les PTT ont été
scindés en Poste et Swisscom.
La téléphonie ne cessa de s'étendre tout au long
du XXe s.; de 3,3 appareils pour 100 habitants en 1920, on passa à
11 en 1940, à 19 en 1950, à 31 en 1960, à 48
en 1970 et à plus de 70 en 1980.
....
La Poste Suisse a vécu sur le modèle
du service public pendant 150 ans, et elle a fait du bon travail si
lon excepte laspect financier.
La Poste a toujours été lourdement déficitaire
(jusquà un milliard de francs par année), un retard
quelle comblait grâce aux revenus générés
par le monopole du téléphone. Ce type de subventionnement
croisé est aujourdhui de lhistoire ancienne, et
je nai jamais entendu les défenseurs du service public
souhaiter un retour en arrière. Ce serait un non-sens, y compris
du point de vue de léconomie nationale.
Les PTT
On doit à la Constitution fédérale de 1848 lintroduction
de la régale du télégraphe dans celle des postes.
Ce principe a été confirmé à loccasion
de la révision de la Constitution fédérale
de 1874 et est toujours en vigueur. La base légale destinée
à régler ce qui par la suite est devenu le secteur des
télécommunications a été approuvée
par le Parlement le 14 octobre 1922. (LTT)
Cette loi a gardé sa validité jusquen 1992. Elle
a servi de base juridique pendant 70 ans au monopole des PTT.
Lorganisation de ladministration a suivi, souvent avec
du retard, lintroduction des nouvelles technologies. Lorganisation
de ladministration des télégraphes a été
fixée pour la première fois dans une loi datant du 20
décembre 1854.
Suite au développement du téléphone, une nouvelle
loi sur ladministration des télégraphes et des
téléphones a été approuvée par
le Parlement le 16 décembre 1907.
Mis à part des modifications apportées en mars 1914,
qui subordonnaient ladministration des postes et ladministration
des télégraphes et téléphones au Département
des postes et des chemins de fer, la loi de 1907 a gardé sa
validité jusquen 1960.
Bien que les PTT aient été initialisés en 1914,
cest avec ladoption de la loi sur lorganisation
de lEntreprise des Postes, Téléphones et Télégraphes,
qui plaçait la Poste et les Télécommunications
sous lautorité dun seul et même directeur
général, quils ont été consacrés.
Lentreprise des PTT, malgré son nom est toutefois restée
longtemps une pure administration, étroitement contrôlée
par la politique.
Lamendement de la loi de 1960 en 1961, crée trois départements,
La Poste, Les Télécommunications et le Département
présidentiel, avec chacun un directeur général
à sa tête. De même la création, par ordonnance
fédérale, dun Conseil dAdministration en
1970, ne change rien de fondamental à la conduite de lEntreprise.
Les directeurs généraux sont issus des partis gouvernementaux
; la présidence au PDC, la poste aux Socialistes et les télécommunications
aux Radicaux.
Cette répartition politique ne se limitait dailleurs
pas aux postes de directeurs généraux.
Sur le plan financier, il a fallu attendre 1970 pour que lEntreprise
des PTT dispose de son propre budget et dune comptabilité
propre, le tout restant toutefois soumis à lapprobation
du Parlement.
Pratiquement, le département des télécommunications
couvre le déficit de la poste et supporte les frais dun
département présidentiel qui enfle dannée
en année et alourdi les procédures dun secteur
qui, dès les années 80, sent les premiers effets de
la libéralisation. A cette époque, le réseau
national de télécommunication fonctionne à satisfaction,
mais la technologie utilisée est parfois obsolète (en
particulier dans le domaine de la commutation, où lélectromécanique
tarde à céder le pas à lélectronique)
et surtout, le coût des communications reste élevé,
plus spécialement pour ce qui concerne le trafic international.
Lorganisation des télécommunications suisses est
assurée par une direction générale située
à Berne et par 17 directions darrondissement des téléphones
implantées dans les régions .
Le service universel au temps du monopole
Pendant toute la période du monopole, la notion de service
universel na pas fait lobjet dune définition
très précise. Les services et facilités étaient
décrits dans des ordonnances actualisées périodiquement
au gré du développement technique.
En tant quunique prestataire de services, les PTT fournissaient
principalement sur lensemble du territoire national et quasiment
aux mêmes conditions :
Le téléphone, le télex, etc.
Lannuaire et le service des renseignements
Les cabines publiques
De par leur organisation décentralisée, les PTT procuraient
également des places de travail dans tout le pays et labsence
de concurrence permettait également une répartition
des commandes de matériel, offrant ainsi la possibilité
de prendre en considération des fournisseurs en fonction de
leur origine géographique.
Cest ainsi que le Valais et le Tessin en particulier ont vu
simplanter de petites unités de production de composants
pour centraux téléphoniques électromécaniques.
Les professions de monopole telles les téléphonistes
et les télégraphistes offraient également aux
jeunes provenant des régions périphériques, dintéressantes
possibilités de formation, débouchant sur des emplois
bien rémunérés et jouissant dun fort potentiel
de considération.
Période de transition
1. Limpulsion européenne
Il aura fallu 140 ans aux télécommunications pour passer
dun service unique, le télégraphe, à une
douzaine de services au début des années 80.
Le monopole des télécommunications qui régnait
en maître dans la quasi-totalité des pays développés
a vacillé pour la première fois en 1982 aux États-Unis,
suite à une décision de la Cour constitutionnelle, qui
sur plainte dun juge que rien ne destinait à la célébrité,
le juge Greene, estima le monopole dAT+T anticonstitutionnel.
Le processus de libéralisation amorcé aux USA au début
1984 par léclatement du géant AT+T en plusieurs
petites sociétés, les « baby Bell », qui
entrent en concurrence dans le domaine du trafic téléphonique
international de lAmérique du Nord, a des effets immédiats
en Europe, principalement en raison de la dissymétrie observée
sur les tarifs téléphoniques appliqués des États-Unis
vers lEurope.
En effet, ceux-ci évoluent dans un environnement concurrentiel,
alors que les tarifs appliqués entre lEurope et les États-Unis,
eux, sont fixés par des entreprises bénéficiant
de la protection du monopole.
Au Royaume-Uni, Madame Thatcher en recherche dargent vend au
secteur privé British Telecom, jusque là propriété
du secteur public et au bénéfice dune très
mauvaise image. Elle ouvre ensuite en 1985 le trafic téléphonique
à la concurrence, en procédant parallèlement
à une première et profonde restructuration de British
Telecom.
De son côté, la Commission des communautés européennes,
soucieuse dassurer un développement harmonieux des activités
économiques et dun marché compétitif dans
la communauté, empoigne le dossier des télécommunications
dès 1984, en publiant notamment en juin 1987 le livre vert
sur le développement du marché commun des services et
équipements de télécommunications, suivi en 1992
par la décision de libéraliser les télécommunications
à lintérieur de la communauté, y compris
les télécommunications téléphoniques internationales.
Le glas du monopole téléphonique en Europe sonnera définitivement
le 17 novembre 1994, avec la décision du Conseil des télécommunications
de libéraliser totalement la téléphonie vocale
pour le 1er janvier 1998. Ce mouvement déploiera à son
tour ses effets en Suisse.
2. Réformes fédérales
La dynamique européenne, alliée aux bouleversements
technologiques (technique numérique, fibre optique, spatial,
etc.), a très vite confronté les télécommunications
suisses à la nécessité dadapter ses structures
afin de revitaliser les investissements, réduire les coûts
et promouvoir les nouveaux services. En Suisse, les décisions
relèvent en dernier ressort de la démocratie directe.
Pour cette raison, le processus est souvent lent. Il a donc fallu
pour ce qui concerne notre pays, quau risque dêtre
totalement isolé, nous soyons quelque peu forcés par
les décisions adoptées par lUnion Européenne
et également par des accords plus généraux signés
dans le cadre de lUruguay Round (1986-1994).
Ainsi, après quelques réformes marginales adoptées
dans les années 1980, la première étape vers
un marché libéralisé est réalisée
avec lentrée en vigueur en 1992 de la nouvelle loi sur
les télécommunications (LTC), qui relègue aux
archives la loi sur la correspondance télégraphique
et téléphonique de 1922 (LTT).
Demi-mesure, la LTC de 1992 conserve aux seuls PTT le monopole des
services de base (services téléphoniques, télex,
transmission de données, etc.), mais libéralise les
services dits élargis ou à valeur ajoutée (commutation
de messages, service de mémorisation, etc.) et une grande partie
du marché des terminaux. Le réseau,lui, reste entièrement
entre les mains de lEntreprise des PTT.
La loi de 1992 sépare pour la première fois la fonction
dopérateur de celle de régulateur, en créant
un organisme étatique : lOffice fédéral
de la communication (OFCOM). Cet office soccupe de loctroi
de concessions, de normes techniques et de gestion de fréquences.
Le développement important du secteur des télécommunications
dans les années 90, suscitant tous les espoirs, mais expliquant
également tous les excès, de même que le décalage
grandissant entre la législation européenne et celle
appliquée en Suisse, ont rendu la LTC de 1992 très rapidement
obsolète.
En 1995 déjà, suite à différentes interventions
parlementaires, lOFCOM est chargé délaborer
un projet de révision de la LTC. Ce projet initial, amendé
et complété par de nombreuses contributions extérieures
à ladministration, aboutira à lactuelle
loi sur les télécommunications, la LT, en vigueur depuis
le 1er janvier 1998. Le référendum lancé par
le Parti du Travail contre la nouvelle loi na pas abouti.
Quasiment identique à la législation européenne,
à lexception de dégroupage du dernier kilomètre,
la LT libéralise les services téléphoniques vocaux
et les réseaux.
Les conditions sont maintenant réunies pour permettre la mise
en place dune réelle concurrence.
3. Mise en place de la concurrence, prix et nouveaux services
Dès que les premiers signaux relatifs à la libéralisation
du service téléphonique et du réseau apparurent,
plusieurs sociétés se constituèrent afin de simplanter
sur le marché helvétique, en tant que concurrentes à
lopérateur historique.
Les 3 principales furent les suivantes :
Newtelco
Cette société regroupait 5 entreprises, à savoir
:
les CFF
lUBS
Migros
British Telecom
Teledanmark
Devenue par la suite Sunrise, cette société est actuellement
propriété à 100 %
de Teledanmark.
Diax
Fruit de la volonté de 6 grandes entreprises délectricité
de se lancer dans le
marché des télécommunications, Diax regroupait
:
EOS
FMB
CKW
ATEL
EGL
NOK
Diax bénéficiait du savoir-faire en télécommunication
de son partenaire stratégique SBC Communications (USA). Après
des débuts enthousiastes, Diax fut rapidement confrontée
à des problèmes de trésorerie, qui conduisirent,
en octobre 2000, à son intégration dans la société
Sunrise
Global One
Fruit du regroupement des activités télécom de
France Telecom et de Deutsche Telecom, cette société
a eu une existence éphémère, principalement
due aux divergences apparues entre ces deux grands groupes au niveau
européen.
A cette époque France Telecom occupe le marché du mobile
grâce à sa filiale Orange, alors que Deutsche Telecom
est présent sur le marché de la téléphonie
fixe par le biais de la société T-Systems.
Au côté de ces 3 grandes entreprises, on a vu se créer
quantité de petites sociétés exerçant
leurs activités dans des créneaux plus ou moins lucratifs.
A ce jour, lOFCOM recense plus de 300 sociétés
actives dans le secteur des services des télécommunications
en Suisse.
Swisscom à elle seule détient environ 2/3 du marché
de la téléphonie fixe et 60 % du marché de la
téléphonie mobile. Le nombre de nouveaux services a
explosé depuis 1998 et les prix de la téléphonie
fixe ont été réduits denviron 50 %.
Linterconnexion entre opérateurs fonctionne sans numérotation
spéciale, de même que la portabilité des numéros.
De lavis général de toutes les parties concernées,
la concurrence fonctionne, les prix sont souvent inférieurs
à la moyenne européenne et les nouveaux services foisonnent.
Swisscom opérateur historique
; nouveau positionnement
1. Réorganisations successives
Les profondes mutations qui bouleversent en particulier le marché
mondial des télécommunications interpellent la Direction
générale des PTT, qui réagit une première
fois à la transformation des conditions cadres en lançant
le projet « Optimisation des structures de gestion » (OFS),
précédant la révision totale de la loi sur lorganisation
des PTT (Projet TOP). Le projet OFS entre en vigueur en 1993 et garde
pour les télécommunications la structure dune
direction générale et de 17 directions darrondissement
des télécommunications. Il vise à assurer la
transparence dans les questions financières, économiques
et politiques au travers de centres de responsabilité, en mettant
en place une gestion plus souple orientée vers la clientèle
et le marché. Il introduit aussi un management par objectif,
aplanit les structures de gestion, accélère les processus
de décision et améliore la
productivité en séparant clairement les tâches
opérationnelles des tâches stratégiques.
Ces différentes mesures, complétées par une série
de dispositions visant à la maîtrise des coûts,
ont jeté les premières bases dune approche de
marché tournée vers le client, au détriment dune
culture plus bureaucratique, tournée vers le respect des règles.
Le projet OFS, interne aux PTT, sera suivi de la réforme du
cadre juridique, le projet TOP.
Celui-ci consiste à mener à bien un double projet de
modification législative, visant à la révision
de la loi sur lorganisation de lentreprise des PTT, parallèlement
à la loi sur les télécommunications. Dès
1995, le Conseil Fédéral préconise la création
de deux entreprises autonomes, La Poste, avec un statut dentreprise
de droit public et les Télécommunications dotées
dun statut de société anonyme de droit public,
avec ouverture aux capitaux privés à hauteur de 49 %.
La tentative du Conseil dadministration de lépoque,
de créer deux sociétés autonomes, chapeautées
par un holding afin dassurer la viabilité financière
de la Poste, nest finalement pas retenue par le Parlement, qui
adopte au début 1997 deux lois bien distinctes : la Loi sur
lorganisation de la Poste et la Loi sur lorganisation
de lEntreprise Telecom encore en vigueur aujourdhui.
Ces décisions font lobjet de sévères critiques
de la part des milieux de gauche et des syndicats, qui voient la mise
en danger de la mission de service public et la précarisation
des emplois, avec la suppression du statut de fonctionnaire.
Le paquet des 4 lois sur les Télécommunications, la
Poste, lorganisation de la Poste et lorganisation de lEntreprise
Telecom, entre en vigueur le 1er janvier 1998. Après 142 ans
de cohabitation, le divorce entre la Poste et les Télécoms
est consommé.
Fort de ces nouvelles conditions de base, Telecom PTT sattaque
à une nouvelle définition de ses structures avec le
projet « change Telecom », qui démarre en 1996
déjà et qui a pour objectif ladaptation des structures
de Telecom PTT aux nouvelles conditions résultant de louverture
des marchés au 1er janvier 1998.
Au niveau de la direction générale de Telecom PTT, cette
restructuration aboutira au 1er avril 1997 à la création
de trois nouveaux départements commerciaux (International,
Réseaux, Marketing & Produits), ainsi quà
une concentration sur 4 régions seulement des activités
régionales assurées jusqualors par 17 directions
darrondissement des télécommunications.
Le premier octobre 1997, Telecom PTT change de nom pour sappeler
Swisscom, qui deviendra Swisscom SA le 5 octobre 1998 lors dune
entrée en bourse parfaitement réussie à Zurich
et New York.
Dès son entrée en vigueur en 1998, le succès
rapide de la libéralisation des télécommunications
suisses entraîne la nouvelle Swisscom dans un « tourbillon
» de mini réorganisations successives visant à
la verticalisation des activités, à la transparence
et à la réduction des coûts.
Les 3 étapes principales sont :
Le projet « Progress », qui dès 1999 supprime
les 4 directions régionales et verticalise toutes les activités
Le projet « Fit for competition », qui consiste
en un programme de 16 initiatives pour réduire les coûts.
Le projet « Business set up », qui dès juillet
2002 met en place la structure « Holding » constituée
dun siège principal du groupe et de 6 sociétés
anonymes principales dont une, Débitel, exerçant ses
activités exclusivement en Allemagne, dans le secteur de la
téléphonie mobile (Debitel SA)
2. Swisscom aujourdhui
Avec un chiffre daffaire annuel de CHF 14,5 Mia et un bénéfice
net de CHF 824 Mio en 2002, Swisscom fait figure de bon élève
dans le concert des sociétés de télécommunications
en grande difficulté financière.
Propriété à raison de 63 % de la Confédération,
Swisscom dispose dune grande liberté daction dans
le cadre des objectifs stratégiques fixés tous les 4
ans par cet actionnaire majoritaire. Au bénéfice de
la concession du service universel pour une nouvelle période
de 5 ans, Swisscom bénéfice dune forte identification
du public, principalement en Suisse alémanique et dans les
campagnes, continuant ainsi à jouer un rôle clef pour
le développement économique du pays.
Leader du marché tant dans la téléphonie fixe
que mobile, Swisscom offre une gamme complète de produits et
de services de télécommunication. Opérateur
polyvalent, Swisscom procède à des investissements
ciblés dans les secteurs connexes en expansion, comme les services
IT et lInternet sans fil, tant en Suisse quà létranger.
Entreprise responsable, Swisscom prend fait et cause pour la jeunesse,
en offrant gratuitement Internet à toutes les écoles
suisses et ce jusquà fin 2005.
Employeur moderne, Swisscom est la seule entreprise de la branche
qui dispose dune convention collective de travail, offrant des
prestations davant-garde.
Soucieuse de lenvironnement, Swisscom est certifiée ISO
9001 et ISO 14001.
Acteur économique important pour le pays, Swisscom offre 900
places dapprentissage et 16 500 postes de travail en Suisse,
répartis dans quasi tous les cantons.
Libéralisation et personnel Comptant plus de 20000
employés en Suisse lors de louverture du marché
à la concurrence, Swisscom a vu ses effectifs se réduire
à quelque 16500 unités (état à lété
2003).
Héritier des nombreux avantages découlant du statut
de fonctionnaire ayant prévalu jusquà la fin de
lannée 2000, Swisscom a fait montre dimagination
et de détermination en investissant CHF 2 Mia dans les différents
plans sociaux, ce qui a permis de réduire les effectifs de
4000 unités en 4 ans et à des conditions économiquement
et socialement supportables pour les personnes concernées.
Parmi les mesures appliquées, on citera :
La mise à la retraite prématurée, sans
diminution des prestations et dès lâge de 55 ans,
de toutes les collaboratrices et collaborateurs nés en 1945
et avant.
La mise à la retraite partielle (50 %) dès 55
ans, dun certain nombre de collaboratrices et de collaborateurs
des classes dâge 1946 à 1950.
Le transfert à « lantenne emploi »,
pour une période de 1 à 2 ans selon la classe dâge,
de collaboratrices et de collaborateurs mis en surcapacité.
Loccupation dans la société « Work
Link », jusquà lâge de 60 ans, de collaboratrices
et de collaborateurs des classes dâge 1946-1950, qui après
avoir épuisé leur période à « lantenne
emploi » ne retrouvent pas de poste de travail.
La création dun fonds pour les collaboratrices
et collaborateurs désireux de créer leur propre entreprise.
Ce programme, qui sert de modèle à lUnion Européenne,
a permis à 96 % des personnes mises en surcapacité de
retrouver un emploi dans lannée, ainsi que la création
de 150 entreprises.
Grâce à ces mesures, une grande partie du personnel touché
par les restructurations successives a trouvé pour le moins
une solution acceptable aux problèmes économiques engendrés
par les réductions deffectifs et résultant de
la libéralisation du marché.
Sur le plan général et sans compter avec laugmentation
de compétitivité de léconomie suisse faisant
suite aux importantes diminutions de tarifs des télécommunications,
on peut affirmer que le nombre de postes de travail créés
par les nouveaux opérateurs et prestataires de services, dépassent
les réductions deffectifs opérées par Swisscom.
4. Service universel dans un environnement libéralisé
Alors quen période de monopole, les PTT assuraient ce
quil est convenu dappeler un service public, louverture
du marché a rendu nécessaire la définition de
la desserte de base ou service universel et lattribution dune
concession pour legarantir.
Assuré par Swisscom sur décision du Parlement de 1998
à 2002, le service universel tel que défini par le Conseil
fédéral a fait lobjet dune mise à
lenquête auprès des nouveaux opérateurs.
Seule entreprise à concourir, Swisscom, qui a renoncé
unilatéralement à toute indemnisation, assurera le service
universel sur la totalité du territoire jusquen 2007.
Le service universel comprend, pour chaque foyer établi sur
le territoire suisse, le droit de disposer dun raccordement
téléphonique analogique ou ISDN et déchanger
des communications en Suisse à des tarifs limités vers
le haut (prix plafond) sur ordonnance du Conseil fédéral.
Accessoirement, cette ordonnance sur le service universel fixe à
lopérateur en charge de celui-ci, lobligation de
mettre à disposition des communes suisses des cabines téléphoniques
publiques (nombre et localisation fixés conjointement avec
lOFCOM et les communes), déditer un annuaire comprenant
les numéros de téléphones de tous les clients,
quel que soit lopérateur choisi, et de gérer les
numéros durgence, le service des renseignements et des
services spéciaux pour malentendants et malvoyants.
En fait, on peut également affirmer que la libéralisation
du marché des télécommunications, par le biais
de ses effets positifs sur la création de nouveaux services,
a eu également des effets bénéfiques sur le service
universel, notamment en y introduisant la technique numérique
suite à une décision librement consentie par lopérateur
Swisscom.
Jusquà la libéralisation du marché
téléphonique suisse en 1998, les contrats de la direction
ont été principalement attribués à trois
grandes entreprises privées, à savoir Hasler
AG Berne, Standard Telephone & Radio AG Zurich et Siemens-Albis
AG Zurich.
Alors que Hasler est une société suisse,
les deux autres sont des ramifications de grandes sociétés
étrangères, à savoir Bell Telephone Manufacturing
Co. à Anvers et Siemens en Allemagne. Ces trois principaux
fournisseurs des PTT sous-traitent à leur tour la production
des différentes pièces à des entreprises plus
petites, à savoir Autophon AG Soleure, Autelca AG Gümligen,
Favag SA Neuchâtel, Gfeller AG Berne, Maag Zurich, Zellweger
Uster et dautres.
Sous le monopole des PTT, les activités de
toutes les entreprises de télécommunications suisses,
et pas seulement celles de Hasler, fonctionnent parfaitement. Rien
que pendant la seconde moitié du XXe siècle, les PTT
ont investi environ 50 milliards de francs suisses dans lindustrie
nationale des télécommunications, ce qui en fait les
plus gros investisseurs individuels en Suisse. Seule une fraction
de leurs commandes est passée à létranger.
Les «trois grands» (Hasler AG Berne, Standard Telephone
& Radio AG Zurich et Siemens-Albis AG Zurich) peuvent donc compter
sur une garantie dachat de facto pour leurs produits. Si lentreprise
dÉtat garantit aux entreprises suisses un marché
intérieur et les protège dune concurrence étrangère
excessive, elle réglemente également leur concurrence
mutuelle.
En outre, les petites entreprises bénéficient également
du pouvoir de régulation des PTT, car les trois grands ne se
voient souvent attribuer des contrats des PTT que sils collaborent
avec de petites entreprises de certains cantons.
En bref, le monopole des PTT sétend aux entreprises de
télécommunications suisses par le biais de garanties
dachat informelles et de lattribution prévisible
de contrats importants. Il est évident que lattribution
des marchés était soumise à une certaine dépendance
de parcours ; selon le fournisseur doù provient une centrale,
les produits associés devaient également être
fournis par les mêmes producteurs. Il nest cependant pas
clair selon quelle clé de répartition les contrats ont
été attribués aux différentes entreprises
et si une telle clé a jamais existé.
Lextension de facto du monopole au secteur privé
a cependant pris très tôt une expression institutionnelle
remarquable: à linstigation conjointe des PTT et de Hasler
AG, lentreprise publique sest associée dès
1927 à dix fournisseurs privés pour former Pro Telephon.
Ce groupe dintérêt composé du monopole dÉtat
et de fournisseurs privés sest fixé pour objectif
de promouvoir la diffusion de la téléphonie en Suisse
et, en même temps, les industries suisses concernées.
Après que le téléphone soit devenu une évidence
dans presque tous les foyers à la fin des années 60,
les membres de cette collaboration ont commencé à réorienter
cette coopération au sein de cinq commissions dexperts
permanentes vers le domaine de la recherche et vers une représentation
politique commune des intérêts.
En 1977, année anniversaire, cette réorientation et
lélargissement de la coopération ont conduit à
rebaptiser lassociation Pro Telecom.
À partir de la fin des années 1970,
les PTT se sont retrouvés de plus en plus sur la défensive
en raison de leurs liens étroits avec lindustrie privée
des télécommunications. Avec la consolidation dune
infrastructure efficace dans toute la Suisse, les voix en faveur de
la libéralisation du secteur des télécommunications
se sont progressivement fait entendre. Les lourdes structures bureaucratiques
des PTT sont remises en question par le public, qui craint que la
compétitivité internationale des grands fournisseurs
suisses ne soit compromise et espère que les prix pour les
consommateurs baisseront. Cependant, la libéralisation de la
téléphonie en Suisse nest mise en uvre que
de manière hésitante.
En raison de leur position dintérêt bien protégée,
notamment grâce au travail de Pro Telecom, les PTT et les entreprises
fournisseuses sont en mesure dexercer une grande influence sur
le processus législatif et de retarder la libéralisation.
Le 1er janvier 1998, le marché suisse des télécommunications
a été libéralisé par la loi sur lentreprise
de télécommunications et la nouvelle loi sur les télécommunications.
Avec lintroduction en bourse de Swisscom le 5 octobre de la
même année, les liens étroits entre lancienne
PTT et les entreprises privées de télécommunications
ont été formellement rompus.
Les sociétés qui ont fusionné en 1987 pour former
Ascom Holding AG ont ressenti limpact immédiat de la
perte de la garantie dachat de fait, nont pas pu se positionner
assez rapidement sur le marché libre et ont dû accepter
une forte réduction de leurs effectifs dans les années
suivantes.
Même si de nombreuses relations daffaires sont dissoutes
sur le papier, le réseau de relations est maintenu de manière
informelle: la Pro Telecom susmentionnée nest dissoute
quen 2003, lassociation des cadres du Senior Telecom Group
et le Club Bordeaux continuent d'exister.
NATEL Le réseau de téléphonie
sans fil
Les précurseurs du Natel remontent
au milieu du siècle dernier.
À partir de 1949 déja, les voitures pouvaient être
équipées de Radiovox, un système de l' Autophon
AG, qui utilisait la radiotechnique.
1958, les PTT introduisent un réseau de téléphonie
sans fil pour les véhicules dans lequel un petit nombre
de propriétaires de voitures se voient attribuer leur propre
numéro de téléphone pour leur véhicule.
 |
Cependant, à cette époque,
les PTT sont encore loin de la téléphonie
mobile au sens classique du terme. Ce réseau ne
permettait quune liaison unidirectionnelle: lorsque
lon composait un numéro de voiture à
la fin des années 1950, un bref signal optique
ou sonore était transmis au propriétaire
du véhicule, qui lui signalait quil devait
rapidement rappeler son bureau ou son domicile.
Au cours des deux décennies suivantes, le nombre
de voitures particulières immatriculées
en Suisse est passé denviron 403 000 (1958)
à près de 2 055 000 (1978). Dans le contexte
de cette croissance rapide, les PTT ont commencé
à planifier un réseau national de radiocommunication
mobile au début des années 70. Dès
lors, un «réseau téléphonique
automobile national» permettrait également
les connexions téléphoniques classiques
tout en conduisant. Bien que le développement du
téléphone mobile fût déjà
largement achevé en 1974, sa réalisation
dut être reportée en raison de la crise économique
émergente et dun grave déficit des
compagnies des PTT.
Il a fallu attendre jusquen avril
1978 pour que le premier des cinq sous-réseaux
de ce quon appelle le Natel A soit mis en service.
La mise en service du Natel A marque le début effectif
de la téléphonie mobile en Suisse. À
ce moment-là, les PTT partent du principe que le
marché des téléphones automobiles,
chers et encombrants, restera petit. Par conséquent,
le Natel A est conçu pour un maximum de 10 000
abonnés.
Une erreur lourde de conséquences: la capacité
de connexion du premier réseau de téléphonie
mobile était déjà atteinte en 1981.
Huit ans plus tôt que prévu. Avant même
que tous les sous-réseaux du Natel A puissent être
mis en service, les PTT sont obligés de développer
un réseau parallèle à léchelle
nationale capable de répondre à la demande
inattendue de connexions mobiles.
|
Le réseau parallèle Natel B, rapidement
mis en place, a été mis en service en 1983 et
doit offrir une connexion mobile à 8000 abonnés
supplémentaires. Mais un an seulement après son
introduction, des goulets détranglement commencent
à apparaître sur le deuxième réseau
mobile également et des interdictions de participation
doivent également être imposées ici. Pendant
ce temps, ceux qui ont réussi à se procurer lune
des connexions populaires sont aux prises avec les particularités
de la technologie des premières radiocommunications mobiles:
létablissement de lappel prend jusquà
une minute et en raison des problèmes de capacité,
la durée de lappel est automatiquement limitée
à trois minutes. Dans de nombreux cas, les connexions
échouent. En outre, lappelant doit toujours savoir
dans quelle région de Suisse se trouve linterlocuteur
mobile. En effet, chacun des cinq sous-réseaux possède
son propre indicatif régional. Les terminaux «mobiles»
savèrent également assez encombrants: le
premier téléphone portable qui peut être
transporté hors du véhicule est un téléphone
de douze kilogrammes rangé dans une valise.
Au milieu des années 1980, les réseaux
Natel A et Natel B fonctionnent à pleine capacité.
Il y a cependant toujours dimportants problèmes
au niveau des connexions et des appels. Compte tenu des limites
de capacité des deux réseaux atteintes trop tôt,
les entreprises des PTT sont confrontées à la
question de savoir comment répondre à long terme
aux besoins de téléphonie mobile en Suisse. La
réponse se trouve dans la reprise dun système
de téléphonie mobile cellulaire des pays scandinaves
(NMT), qui promet pour la première fois une utilisation
multiple des fréquences disponibles. La construction
de ce troisième réseau de téléphonie
mobile, appelé Natel C, a débuté en 1984.
Avec lintroduction du Natel C, les PTT sattendent
non seulement à une forte augmentation du nombre de connexions,
mais aussi à ce que les sous-zones interconnectées
du réseau mobile soient désormais capables de
reconnaître automatiquement lorsquun abonné
change de zone. Il nest donc plus nécessaire de
modifier les indicatifs de numérotation.
Avec lintroduction du Natel C en 1987,
la téléphonie mobile en Suisse a progressivement
perdu son caractère exclusif et est devenue accessible
à un public toujours plus large: au cours de lannée
de lancement, le nouveau réseau comptait 5500 abonnés,
un an plus tard, le nombre de clients sélevait
à environ 40 000, en 1990 les PTT comptaient déjà
125 000 connexions et en 1992, environ 200 000 Natel C. Avec
ce troisième réseau de téléphonie
mobile, les PTT sont déjà en mesure de couvrir
90% des régions peuplées et, à partir de
1992, une nouvelle connexion téléphonique sur
trois est destinée aux téléphones mobiles.
Les terminaux deviennent également de plus en plus petits
et légers, ce qui signifie quen 1992, pratiquement
plus aucun téléphone portable nest monté
dans les véhicules.
Au début des années 1990, la téléphonie
mobile suisse a été numérisée. En
mars 1993, les PTT introduisent le réseau mobile cellulaire
numérique Natel D, qui est basé sur la norme internationale
pour les réseaux radio numériques (GSM). Par rapport
aux réseaux précédents, le Natel D peut
être utilisé pour diviser les conversations des
participants en paquets dinformations numériques
individuels. Une disposition optimisée de ces paquets
permet de transmettre jusquà huit appels sur la
même fréquence. Les premiers SMS peuvent être
envoyés à partir de septembre 1995. Grâce
à la procédure ditinérance et à
la conclusion rapide de contrats correspondants avec des pays
étrangers, le Natel peut être utilisé dans
de plus en plus de pays. La qualité sonore via les appareils
mobiles diffère de moins en moins de celle du réseau
fixe classique, ce qui se reflète à son tour dans
le nombre dutilisateurs: en 1996, il y avait un demi-million
dabonnés dans toute la Suisse (300 000 Natel C,
200 000 Natel D). Un an plus tard, le nombre de téléphones
mobiles a déjà doublé et les communications
sont passées au réseau mobile numérique
(200 000 Natel C, 800 000 Natel D). À la fin de lexploitation
des PTT en 1997, la téléphonie mobile numérisée
était accessible au grand public.
Lhistoire du mot Natel est aussi digne
dintérêt. En Suisse, le Natel a non seulement
survécu à la transformation de lancien téléphone
de voiture ou dans une valise en un appareil portable multimédia,
mais aussi à la libéralisation des PTT qui sont
devenus Swisscom. La popularité et la durabilité
du terme Natel peuvent sexpliquer, entre autres, par le
fait que les PTT ont détenu le monopole de la téléphonie
mobile pendant deux décennies décisives. Ce monopole
a permis au nom de produit des PTT de simposer progressivement
dans la population comme un nom générique pour
tous les types de téléphones mobiles. Il semble
significatif que le mot allemand «Handy» ne commence
à simposer en Suisse quau tournant du millénaire.Après
la suppression du monopole de la téléphonie mobile,
Swisscom a fait protéger le mot «Natel» par
le droit des marques et la utilisé jusquen
2017 pour ses offres tarifaires de téléphonie
mobile.
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Les numéros de service
Les numéros de service sont des numéros
courts à deux ou trois chiffres.
Ils apparaissent pour la première fois dans les annuaires
téléphoniques suisses de lannée 1925.
Tandis que le numéro 10 permet par exemple de faire passer
des télégrammes, le 15 informe sur les taxes et
les coûts des appels. Mais pourquoi a-t-on besoin de ces
numéros de service?
Tant que les liaisons téléphoniques sont établies
manuellement dans une centrale, toutes les informations ou renseignements
peuvent être demandés directement auprès de
cette dernière. Or, entre 1921 et 1959, le réseau
téléphonique suisse est automatisé.
Ce processus rend nécessaire la création de numéros
spéciaux reliant directement labonné aux téléphonistes.
Le numéro 11 du service des renseignements qui deviendra
plus tard le 111 savère particulièrement
important : il est créé pour toute sorte de requête
ou demande daide.
Le numéro 12 sert à signaler des problèmes
techniques dus à la ligne ou à la liaison téléphonique.
Quant au numéro 14, il permet détablir les
liaisons en dehors du réseau automatique ; dès les
années 1950, cela concerne en premier lieu les appels internationaux.
Publicité
pour les premiers numéros de service
Pour promouvoir les numéros de service, les PTT publient
régulièrement des brochures publicitaires. Cette
brochure de 1963 démontre dans quelle mesure les images
stéréotypées peuvent être utilisées
à des fins publicitaires: les télégrammes
sont le domaine de lhomme daffaire, les renseignements
celui de la femme au courant de tout et les liaisons internationales
concernent surtout lhomme de type méditerranéen
qui appelle sa famille au Sud.
Les numéros de service sont également mis à
disposition de tiers. Dès 1928, les abonnés lausannois
peuvent par exemple appeler directement les pompiers au numéro
18. Jusquau milieu des années 1940, tous les numéros
à deux chiffres sont attribués à un service.
Pour décharger les services de renseignements, une mécanisation
des informations régulières et constantes devient
nécessaire.
Ainsi, dès les années 1950, on introduit par exemple
les prévisions météo (162), le service de
linformation téléphonique (168) ou le bulletin
de létat des routes (163).
Le service de réveil téléphonique, grâce
auquel chaque abonné peut se faire réveiller toutes
les dix minutes personnellement par une téléphoniste
jusquen 1959, est également très apprécié.
Pour répondre à une demande grandissante, les PTT
intègrent dès les années 1960 lhorloge
parlante au service de réveil. Dès 1969, une station
réveil entièrement automatique est introduite.
En 1957, les PTT uniformisent les numéros
de service à trois chiffres et introduisent une nouvelle
réglementation : le service fourni doit répondre
à un intérêt public général
et être garanti vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Portrait de la parfaite téléphoniste' 1965
Jusque dans les années 1990, l'apprentissage de téléphoniste
était réservé aux femmes. Plusieurs brochures
publicitaires sont publiées pour valoriser les qualités
de ce métier.
Swisscom offre toujours des numéros de service, qui donnent
à tout moment des informations sur le temps, les évènements
sportifs et autres. Avec lintroduction de lInternet
dans les années 1990 et les Smartphones dans les années
2000, des forums sur Internet et des applications mobiles ont
repris la fonction de beaucoup de numéros de service.
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Nouveaux défis
1. UMTS
Avec lintroduction de la téléphonie mobile, lutilisateur
a personnalisé son numéro dappel.
Le succès de la norme GSM et lintroduction du roaming
(itinérance) a permis linterconnexion des réseaux
dans la plus grande partie des pays du monde.
Les besoins grandissants en vitesse de transmission, afin de permettre
notamment la transmission rapide dun grand flux de données
et dimages, ont présidé à létablissement
dune nouvelle norme, la norme UMTS. Particulièrement
gourmande en fréquences, cette nouvelle norme a également
donné loccasion aux États, seuls détenteurs
du droit dattribution des fréquences, de vendre des licences
aux opérateurs.
En Europe, souvent mis aux enchères, le prix de ces licences
a parfois atteint des sommes astronomiques, endettant fortement leurs
acquéreurs (DM 120 Mia en Allemagne). Leffondrement des
valeurs technologiques a mis plusieurs opérateurs en grande
difficulté parce quils narrivent plus à
assumer la dette et à investir dans les infrastructures permettant
la mise en valeur des licences UMTS.
De plus, lutilité des réseaux UMTS nétant
pas encore unanimement reconnue, les applications tardent à
se concrétiser. Ceci dautant plus quavec lamélioration
des réseaux existants (GSM), une grande partie des nouvelles
applications peut être réalisée.
Jugeant le prix demandé exorbitant, Swisscom a adopté
une attitude prudente face à lUMTS, en renonçant
dacquérir une licence en Allemagne pour sa société
Débitel. Comme ses concurrents, elle a bénéficié
de prix raisonnables pour les licences acquises en Suisse, en raison
principalement de la lenteur de lOFCOM à mettre celles-ci
en vente (le nombre de requérants ayant diminué fortement
avant la mise aux enchères).
Il nen reste pas moins que, concurrence oblige, Swisscom construit
à grand frais un réseau UMTS
2. Régulation
En libéralisant le marché, le législateur a crée
parallèlement un organe de régulation (OFCOM) ayant
entre autres tâches le devoir daider les nouveaux arrivants
à gagner des parts de marché, détenues jusqualors
par lopérateur historique.
La régulation mise en place dès 1998 pour libéraliser
le marché des télécommunications en Suisse est
unanimement considérée comme un succès. Les effets
principaux étant une chute significative des prix des communications
et la création de nombreux nouveaux services.
La régulation actuellement en place contraint Swisscom à
ne pas gagner de parts sur le marché intérieur. La situation
souvent difficile dopérateurs étrangers surendettés
rend problématiques les acquisitions hors frontières.
Les initiatives telles Eurospot tentent dapporter une réponse
à cet épineux problème.
Il nen reste pas moins que dans le secteur Telecom, toute initiative
destinée à conquérir des marchés demande
dimportants investissements, dont la rentabilité peut
être remise en question par une décision du régulateur
national.
3. Progrès technique
Le progrès technique reste fulgurant dans la branche des télécommunications,
réduisant dautant la durée de vie des services
et des équipements.
Alors que le télégraphe a rendu de bons et loyaux services
pendant 150 ans, letélex a duré 60 ans et avec le développement
du courrier électronique, le téléfax risque bien
de ne pas dépasser une durée de vie de 30 ans.
Dans le domaine de la téléphonie mobile, les réseaux
onéreux à la construction deviennent rapidement obsolètes
(Natel B, C, D), ce qui demande des périodes damortissement
de plus en plus courtes.
En résumé, lopérateur qui ninvestit
pas dans les nouveaux services est appelé à disparaître
rapidement, mais lopérateur qui investit prend le risque
de faire un mauvais choix et partant, de se retrouver rapidement en
difficulté financière.
4. Visions futuristes
Toute entreprise qui veut perdurer se doit dêtre en mesure
dimaginer le futur et de tenter dapporter une réponse
à la question de savoir ce que la société attend
du secteur des télécommunications à lhorizon
2020 et quelle pourrait être la réponse de Swisscom
à ce sujet ?
Bien que toute tentative de réponse nous paraisse dangereuse,
nous pouvons nous risquer à mentionner les quelques éléments
suivants :
la communication deviendra multisensorielle
la surveillance des fonctions vitales du corps humain pourra
se faire de manière continue, tout en laissant au patient son
indépendance dans les
déplacements
les possibilités de formation, travail, etc. à
domicile seront grandement améliorées
lintégration des handicapés sera facilitée
(suppléer la défaillance de sens par les nouvelles technologies)
mobilité et personnalisation de la communication seront
les maîtres mots.
Ces nouvelles possibilités de communiquer auront indéniablement
des conséquences sur notre comportement, notamment :
la communication orale se développera au préjudice
de la communication écrite
la vie et les contacts seront plus spontanés et indépendants
du lieu
la limite entre communication privée et professionnelle
sera encore plus floue quaujourdhui
Cette évolution présente également des aspects
positifs, à savoir :
la suppression des barrières géographiques (régions
périphériques)
la difficulté grandissante à monopoliser linformation
(plus de démocratie)
lamélioration de la qualité de vie des
handicapés.
Comme chaque médaille à son revers, il y a lieu de sattendre
aux effets négatifs suivants :
la qualité et la quantité de la communication
écrite vont souffrir
être atteignable en tout temps et en tout lieu apportera
un stress supplémentaire
détérioration de la sphère privée
communication plus rationnelle et moins émotionnelle
augmentation du fossé Nord Sud / Riche
pauvre / Jeune vieux.
La numérisation des télécommunications
en Suisse se réalise en plusieurs étapes.
Dès 1969, des voies de transmission sont numérisées.
Depuis le milieu des années 1980, les centraux téléphoniques
commencent à lêtre également. En 1988, cest
au tour de la numérisation des raccordements, du téléphone
et du fax par exemple. Succédant aux PTT-Telecom, Swisscom
se tourne fin 2017 vers la téléphonie par Internet.
Cest ainsi que le chapitre Integrated Services Digital Network
(ISDN) prend fin.
La construction dune infrastructure de communication se développe
en parallèle à la croissance dune demande de services
nouveaux, plus rapides et fiables.
Avec lessor économique et les changements sociétaux
de la période daprès-guerre, les PTT se voient
confrontés à une pression de plus en plus importante
: ils doivent adapter leur service et leurs prestations aux besoins
dune société dinformation en émergence.
Cette pression en matière dinnovation a débuté
il y a déjà plus de 50 ans avec différents projets
de rationalisation.
Elle a permis le début de lère numérique.
Dans les années 1960, le département de la recherche
des PTT a développé sa vision dun réseau
téléphonique numérique. Les progrès dans
le domaine de la microélectronique et des ordinateurs permettent
de concevoir des systèmes de transmission plus efficients et
performants. A la fin de la conceptualisation dune telle idée,
il est souhaité dintégrer les différents
services : toutes les formes de nouvelles, quelles soient de
langues, de données ou dimages, sont transmises au sein
dun même réseau.
Derrière le développement de la technique analogue vers
celle du numérique se cachent de jeunes ingénieurs du
département de la recherche qui sont familiarisés au
Pulse-Code-Modulation (PCM). Avec le PCM, un signal vocal analogue
et continu est codé et transmis sous la forme dimpulsions
binaires. Lavantage central de ce système se trouve dans
la résistance aux perturbations, même sur de longues
distances de transmission.
Le département des télécommunications
des PTT souhaite être à la tête de la technologie
et y rester. Ses activités sont comparées à la
situation de la recherche internationale. Cest notamment la
raison pour laquelle les démarches des ingénieurs sont
prises très au sérieux.
Après un échange en 1967 entre les PTT et les entreprises
suisses Hasler, Siemens-Albis et Standard Telephon & Radio de
lindustrie des télécommunications, un «
groupe de travail Pulse-Code-Modulation » est créé.
Ce dernier travaille de 1969 à 1983 au développement
national du « Système de télécommunication
intégré » (IFS).
Ce système pilote la transmission de conversations modulées
par PCM et souhaite éliminer les problèmes dinterface
entre les centraux analogues et ceux nouvellement numérisés.
En 1976, une installation pilote de lIFS basée
dans la Mattenhof à Berne transmet électroniquement
et par ordinateur pendant plusieurs mois des conversations entre le
Bollwerk et les offices principales du groupe réseau de Berne.
Pourtant, le projet se heurte à des complications et des frictions
se forment au sein du groupe de travail. Malgré les coûts
de développement et de personnel en hausse, la livraison de
centraux de transit a du retard. Les exigences dun tel système
national ne sont plus sous contrôle.
En 1983, les responsables du système doivent admettre que les
tentatives de sauvetage sont vaines. Dans les médias, les coûts
de ce système sont estimés à plus de 200 millions
de francs et au sein du conseil national, on débat à
propos du futur de lindustrie suisse des télécommunications.
Lébranlement de ce développement
ne conduit toutefois par à labandon de la numérisation.
Les capacités de lIFS sont considérées
comme trop importantes au sein du marché des télécommunications.
Il se développe alors une possibilité de communication
abonné-abonné complétement numérisée.
Pour cela, tous les services (transmission de signaux linguistiques
ou non) sont diffusés sous la forme dun flux continu
de bits au sein du même raccordement.
Larrêt du projet IFS accélère la transformation
du secteur des télécommunications. Les PTT achètent
à létranger des systèmes testés
et les intègrent dans le réseau indigène.
Avec « Swissnet I » en 1988, les PTT permettent
la réalisation dun standard international, lIntegrated
Services Digital Network (ISDN), en Suisse. Fin 2017, lISDN
est complétement remplacé par la téléphonie
par Internet.
La Poste Suisse a vécu sur le modèle
du service public pendant 150 ans, et elle a fait du bon travail si
lon excepte laspect financier.
La Poste a toujours été lourdement déficitaire
(jusquà un milliard de francs par année), un retard
quelle comblait grâce aux revenus générés
par le monopole du téléphone. Ce type de subventionnement
croisé est aujourdhui de lhistoire ancienne, et
je nai jamais entendu les défenseurs du service public
souhaiter un retour en arrière. Ce serait un non-sens, y compris
du point de vue de léconomie nationale.
Le Chemin de fer rhétique , l'aventure
Siemens.
En Suisse le Chemin de fer rhétique (RhB) est
mondialement connu et le canton des Grisons serait inconcevable sans
lui. Albula et Bernina, ses lignes plus que centenaires, font partie
du patrimoine mondial de lUnesco. Les premiers contacts commerciaux
avec Siemens remontent à 1898. Le premier grand projet
est réalisé un quart de siècle plus tard, lorsque
la ligne Landquart Klosters est électrifiée en
1922 avec la participation de Siemens. Aujourdhui, le Chemin
de fer rhétique, le plus grand chemin de fer alpin de Suisse,
transporte plus de deux millions de voyageurs et huit millions de
touristes par an.
Les solutions Siemens sont utilisées par le RhB dans
de nombreux domaines. La technologie moderne de commande des trains,
avec postes daiguillage et systèmes de sécurité
des trains, garantit des trajets sûrs et ponctuels sur lensemble
du réseau. En outre, la vidéo permet de sécuriser
les gares et de localiser et corriger rapidement les pannes délectricité
sur le réseau ferroviaire de 384 kilomètres grâce
à la technologie Siemens.
1907: Siemens soutient lélectrification
Siemens a participé aux essais délectrification
du réseau ferroviaire suisse avec la livraison de la locomotive
n° 3 pour la piste dessai Seebach-Wettingen de la Maschinenfabrik
Oerlikon et a construit la caténaire de 13 kilomètres
dAffoltern à Wettingen. A cette époque, une guerre
des réseaux faisait rage entre le courant alternatif triphasé,
le courant continu et le courant alternatif monophasé. Siemens
a fourni le système de courant alternatif monophasé
de 15 kV, qui est toujours en service aujourdhui.
1908: Protos à la puissance trois
Dans la première moitié du XXe siècle, Siemens
utilise le nom «Protos» dans diverses industries. En 1908,
Siemens reprend lusine de moteurs «Protos» et construit
à Berlin des automobiles Siemens. Au milieu des années
1920, lentreprise abandonne la production dautomobiles.
Sous la marque «Protos», Siemens commence à produire,
à partir de 1925, des appareils ménagers et du petit
électroménager tel que sèche-cheveux, réfrigérateurs
et machines à laver. En 2015, Siemens vend sa participation
dans Bosch-Siemens Hausgeräte GmbH, mettant ainsi fin à
son engagement dans ce secteur. Et troisième point: Siemens
& Halske acquiert en 1922 la société «Protos
Telephonwerke AG» basée à Albisrieden pour 800
000 francs suisses. Aujourdhui encore, lentreprise régionale
Siemens Suisse a toujours son siège dans ce quartier.
1911: Lesprit pionnier dans les Grisons
Les premières années qui ont suivi le début du
siècle dernier ont été dominées par lélectrification
des chemins de fer, mise en uvre sur les lignes de lEngadine
à partir de 1911. Le Chemin de fer rhétique a été
lun des premiers promoteurs de lélectrification
du réseau et, un rapport indique que la possibilité
dune exploitation électrique, au moins «sur certaines
parties plus plates du réseau» est en cours détude.
Dès 1898, la Banque des chemins de fer suisses clarifie le
financement dune ligne Thusis Engadine Chiavenna.
La banque demande à Siemens & Halske à Berlin une
expertise sur lutilisation possible de lélectricité
pour lexploitation de cette ligne.
Les ingénieurs de Siemens y indiquent que lélectrification
offrirait certains avantages. Tout dabord, parce que le charbon
est cher et que la consommation est élevée en raison
des fortes pentes à gravir. Dautre part, parce quil
y aurait suffisamment dénergie hydroélectrique
disponible et que les trains en descente pourraient récupérer
lénergie électrique. Et pourtant, lexpertise
se solde par une décision négative. Dabord, lutilisation
des capacités était trop différente entre lhiver
et lété, de sorte que les trains à vapeur
pouvaient mieux faire face à une plus grande affluence. Ensuite,
les ingénieurs avaient exprimé des doutes quant à
la sécurité dexploitation dans les zones de haute
montagne jusquà 2000 mètres au-dessus du niveau
de la mer, car aucune expérience significative nétait
disponible. Lutilisation de locomotives à vapeur assurait
une plus grande sécurité dexploitation.
Quelques années plus tard la situation était mûre
après létablissement, en 1906, de nouveaux éclaircissements
et études par différents experts. Ainsi, entre 1911
et 1913, Siemens-Schuckertwerke réalise lensemble de
la ligne aérienne de contact pour les lignes Engadine.
Mais lélectrification du trafic ferroviaire avait également
progressé dans dautres régions du pays. Ainsi,
le chemin de fer Berne-Lötschberg-Simplon, inauguré dans
son intégralité en 1913, a été la première
ligne principale de chemin de fer alpin électrifié.
Sur la ligne BLS entre Spiez et Frutigen, il circulait trois automotrices
sur lesquelles Siemens avait fourni un certain nombre de composants
électriques. En 1913 également, Siemens-Schuckertwerke
installait léquipement électrique de 14 motrices
du train Steffisburg-Thun-Oberhofen, y compris les collecteurs en
forme de lyre et les accouplements en trompette.
1914: De serrurier à inventeur
En pleine Première Guerre mondiale, le nouveau tunnel Hauenstein
entre Bâle et Olten est mis en service. Louvrage, inauguré
le 8 janvier 1916, augmentait massivement la capacité ferroviaire
sur laxe nord-sud. Lun des problèmes était
la sécurité des trains: le tunnel de huit kilomètres
de long était utilisé par des trains à vapeur,
ce qui rendait impossible la présence dun poste de bloc
de section avec du personnel. La solution a été trouvée
par un ingénieur de Langenthal, âgé de 36 ans.
En 1915, Rudolf Zaugg déposait une demande de brevet pour le
premier compteur dessieux entièrement fonctionnel. «Au
début du bloc de section, les essieux du train doivent être
comptés et à la fin du bloc, ils sont de nouveau comptés.
Si la soustraction est nulle, le bloc de section est libre.»
Ce qui parait simple exige une précision extrême: les
contacteurs et les compteurs dessieux doivent fonctionner en
permanence même lorsque la vitesse à laquelle
les trains passent devant le point de mesure au milieu du tunnel peut
atteindre 100 km/h.
Rudolf Zaugg doit probablement le succès de la mise en uvre
de son idée à son parcours professionnel: le jeune homme
avait acquis ses compétences en génie mécanique
et électrique de manière très peu conventionnelle.
Bien que, après ses études secondaires, son père
lait envoyé à lEcole professionnelle de
Burgdorf en 1895, il ne sy est pas plu. Donc, un an plus tard,
il apprend le métier de serrurier chez Eichmeister Zbinden
à Langenthal, une «solution de fortune» comme il
disait lui-même.
A cette époque, un projet impressionnant était en cours
de réalisation à Wynau, près de là. Siemens
construisait la première grande centrale électrique
fluviale de Suisse sur les rives de lAar, et le jeune homme
de 16 ans souhaitait appliquer ce quil avait appris: «...bientôt
je me suis présenté pour aider aux installations»,
comme il lécrit dans une lettre à son neveu en
1940. A cette occasion, le jeune serrurier fit la connaissance de
plusieurs ingénieurs et spécialistes de Siemens. Son
parcours dapprentissage professionnel la ensuite conduit
notamment à Bruxelles, où il a travaillé pendant
plusieurs mois pour Siemens & Halske. Au bout de trois ans, le
jeune homme est rentré en Suisse et sest vraiment mis
aux études: en 1900, il sort diplômé de lEcole
professionnelle de Burgdorf et trouve un emploi à la Centralbahn.
A 25 ans, il passe à lInspection supérieure du
télégraphe des Chemins de fer fédéraux
et suit des cours de mathématiques à lUniversité
de Berne. En 1910, il réussit lexamen dingénieur
à lAcadémie de Wismar et travaille ensuite aux
CFF; il y met en uvre de nombreuses idées et améliorations
et invente son compteur dessieux. Hier comme aujourdhui,
les compteurs dessieux qui font dailleurs partie
de la gamme Siemens sont des éléments centraux
de tout système de sécurité ferroviaire moderne.
1914: LEurope regarde Zurich
En 1914, lensemble du trafic téléphonique de service
dans la gare centrale de Zurich et les liaisons avec les gares environnantes
sont automatisés. La dernière technologie Siemens a
été utilisée pour ce projet. Les CFF ont été
la première administration ferroviaire en Europe à introduire
une telle innovation révolutionnaire. Le système a connu
un tel succès quun grand nombre dautres commandes
ont été passées auprès de Siemens.
1920: Ouverture du bureau technique à Berne
Le bureau technique de Berne a été fondé dans
le but daméliorer les contacts avec lAdministration
fédérale du télégraphe et du téléphone.
Les domaines des systèmes de commutation publics, des systèmes
de transmission, des systèmes de commutation dabonnés
et de la technique de signalisation télex et ferroviaire ont
été traités à partir de là. La
succursale de Berne employait au total 270 personnes, principalement
des ingénieurs et des techniciens.
1920: Une idée brillante
En 1919, le bureau technique de Zurich a réussi un coup audacieux:
les experts de Siemens ont rédigé à lintention
de lObertelegraphendirektion un mémorandum sur les systèmes
téléphoniques entièrement automatiques.
De tels systèmes étaient utilisés avec succès
à la Basler Lebensversicherung et à la gare centrale
de Zurich. La brochure a donné aux autorités bernoises
une nouvelle idée commerciale: elle souhaitait louer à
ses clients des postes téléphoniques automatiques privés.
Le 18 octobre 1920, Siemens a été en mesure dassembler
chez Gebrüder Sulzer AG, à Winterthur, le premier système
PTT entièrement automatisé, appartenant à ladministration.
Désormais, tout le monde pouvait utiliser son téléphone
pour traiter tous les appels internes et les communications officielles
externes. La demande a rapidement augmenté et Siemens a ouvert
le premier bureau technique dans la capitale fédérale,
au 7 de la Laupenstrasse.
Trafic téléphonique à Zurich
Le 7 juin 1921, les performances, aux caractéristiques entièrement
nouvelles, de lusine Sulzer ont incité lObertelegraphendirektion
à déposer une demande pour la construction dun
central local entièrement automatisé et dun bureau
de télécommunications à Lausanne. Une semaine
plus tard, Siemens obtenait la commande. La centrale avec sélecteur
automatique de Strowger, comptant 8000 raccordements, est entrée
en service en 1923. Ce projet marque le début de lautomatisation
nationale du réseau téléphonique public en Suisse.
1920 La ville de Genève est riche en histoires et beaucoup
dentre elles sont liées aux Nations Unies. Lascension
de la ville en un lieu de renommée mondiale a commencé
en novembre 1920, quelques mois après la fondation de la Société
des Nations, lorsque sa toute première Assemblée générale
a été planifiée. Ce qui manquait encore à
lépoque, cétait une infrastructure efficace.
Une liaison téléphonique a dû être établie
très rapidement entre le central téléphonique
de Lausanne et le nouveau siège genevois de la Société
des Nations. Siemens & Halske AG a obtenu le contrat et posé
un câble Pupin de 60 km de long. Cela a permis daméliorer
considérablement la qualité de la voix et la capacité
de transmission. Il sagissait à la fois du premier câble
souterrain longue distance en Suisse et dune partie de lidée
ambitieuse de relier la centrale fédérale par des câbles
posés dans des canalisations.
Cependant, au début des travaux de construction, on ne savait
pas exactement où les experts Siemens allaient tirer le câble
Pupin. Jusquen août
1920, la Société des Nations navait pas
encore trouvé de site convenable. Lors de sa recherche de locaux
adaptés, en août 1920, le secrétaire général
Eric Drummond a été enthousiasmé par limposant
Hôtel National, situé directement sur le lac Léman.
Le bâtiment, inauguré en 1875, était resté
vide pendant longtemps et avait été rénové
peu de temps auparavant. Les architectes qui avaient été
chargés de la rénovation ont dû le modifier à
la hâte. Juste à temps avant la réunion plénière,
Siemens a également mis en service la nouvelle liaison Pupin.
A lHôtel National, les chambres avaient entre-temps été
transformées en bureaux, les salles de réception en
salles de réunion et les aires de service en locaux de stockage.
1922: Un cadran à 25 chiffres
11 481 francs, cest le prix du standard téléphonique
interne que Siemens installe en août 1922 chez Pfenniger &
Cie AG, une usine textile de Wädenswil. Le système disposait
de 25 raccordements chaque téléphone de bureau
avait donc 25 numéros sur le cadran. Le central a fonctionné
jusquen 1940 et se trouve aujourdhui au musée Siemens
à Albisrieden. Les usines textiles, par contre, ont disparu.
Lindustrie textile de Wädenswil a pris de lampleur
au début du XXe siècle grâce au remplacement du
travail à domicile par le travail en usine. Puis, en raison
du déclin de lindustrie textile, lusine de Pfenninger
a cessé ses activités en 1976. En 1978, lautre
entreprise locale, lusine textile de Wädenswill, a également
dû fermer ses portes.
1922: Albisrieden devient important
En 1922, la société «Siemens Elektrizitätserzeugnisse
AG» (SEAG) est créée à Zurich, lui sont
intégrés les quatre bureaux techniques existants. La
même année, Siemens & Halske rachète la société
«Protos Telephonwerke AG» dAlbisrieden avec ses
60 collaborateurs. Cétait la première fois que
Siemens disposait dun site de production en Suisse. En 1924,
le nom est modifié en «Telephonwerke Albisrieden AG»
et en 1935 un an après lintégration dAlbisrieden
dans la ville de Zurich la société est rebaptisée
«Albiswerk Zürich AG». Ses produits sont vendus dans
toute la Suisse par lintermédiaire du réseau de
vente SEAG.
1923: 200 000 francs pour une bonne cause
Lentreprise familiale Siemens a toujours entretenu un réseau
international. Après que Carl, le frère de Werner, a
déménagé en Russie en 1853 pour le compte de
lentreprise et a été anobli par le tsar, la famille
faisait partie de lélite russe. Ses filles, Charlotte
et Marie, ont grandi en Russie et ont épousé les barons
Alexander von Buxhoeveden et Georgi von Graevenitz. Diadèmes,
servantes et prospérité telle était la
vie des deux femmes. Mais seulement jusquà la Première
Guerre mondiale. Le mari de Charlotte, au service du tsar, est assassiné.
Brusquement, Charlotte, déjà mère à cinq
reprises, est obligée de fuir la Russie. Finalement, elle obtient
la citoyenneté du Lichtenstein. Sa sur Marie connaît
le même sort. Sa résidence près de Saint-Pétersbourg
est prise par les bolcheviques. Marie était alors en vacances
en Italie. Les deux surs recréent laborieusement une
nouvelle vie en dehors de la Russie. Peu après la fin de la
guerre, elles récupèrent finalement lhéritage
de Carl von Siemens, précédemment bloqué. Marquées
par leur fuite et par la guerre, elles investissent 200 000 francs
suisses et concrétisent la vision de leur père en fondant
la Fondation Werner Siemens à Schaffhouse en 1923. Lobjectif
de la fondation est dapporter un soutien financier aux descendants
de Siemens tombés dans le besoin à la suite des bouleversements
politiques et économiques en Allemagne et en Russie. Au fil
des ans, la Fondation Werner Siemens modifie ses objectifs et se concentre
sur le financement de léducation et la promotion de la
recherche. Aujourdhui, il sagit dune fondation mixte:
lappui aux membres de la famille Siemens continue. Dans sa partie
philanthropique, la Fondation soutient également les innovations
exceptionnelles et les jeunes talents de la technologie et des sciences
en accordant des bourses détudes et des dons.
1924, lédifice fut rebaptisé
«Palais Wilson». Il a été utilisé
par la Société des Nations jusquen 1937. Ensuite,
jusquà sa dissolution en 1946, lOrganisation a
occupé le nouveau Palais de la Société des Nations,
construit sur le terrain de lAriana Park. Le Palais Wilson abrite
aujourdhui le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits
de lhomme.
1925: A lépoque déjà,
un marché en pleine croissance
Après que Reiniger, Gebbert & Schall ont rencontré
des difficultés financières, Siemens & Halske a
pris une participation majoritaire dans lentreprise, début
1925. Trente ans plus tôt, lavenir économique de
lentreprise dErlangen était encore plus prometteur.
En 1895, le physicien Wilhelm Conrad Röntgen découvre
les rayons qui portent son nom et déclenche une révolution
médicale. Un an plus tard, les sociétés Siemens
& Halske et Reiniger, Gebbert & Schall prennent conscience
des possibilités de la nouvelle technologie. Il savère
que les rayons X avaient également un effet sur les tissus
et les entreprises commencent à produire des systèmes
à rayons X à des fins médicales. Les sociétés
entretiennent détroites relations entre elles. Avec la
reprise de la majorité des parts par Siemens & Halske en
1925, la première pierre est posée pour Siemens Medical
Technology. Par la suite, dautres développements suivent,
tels que les systèmes de radiographie en forme de boule, qui
apportent une manipulation plus facile et un faible encombrement au
sol, et contribuent ainsi au développement de la radiographie
dans le monde entier. Au fil des décennies, lentreprise
na cessé de se développer et elle est désormais
cotée à la Bourse de Francfort sous le nom de «Siemens
Healthineers».
1927: Courant fort sous leau
En 1927, Siemens fournit et pose un câble à huile sous-marin
de 10 000 volts à travers le bassin lacustre du lac des Quatre-Cantons
pour la centrale électrique de Lucerne, reliant ainsi les deux
quartiers sur les deux rives du lac. Etant donné que des lignes
de courant non protégées provoquent des courts-circuits
dans leau, il est difficile de concevoir un câble résistant
à leau, y compris après de nombreuses années
dutilisation. A Zurich aussi, où le développement
rapide de la banlieue a nécessité plus dénergie,
Siemens a assuré lalimentation électrique de la
ville. En 1928, lentreprise pose un câble sous-marin haute
tension dans le lac de Zurich entre Erlenbach et Thalwil. Les lignes
sous-marines sont plus économiques que la pose de câbles
le long de la rive jusquà lautre côté
du lac. Des décennies plus tard, les deux câbles ont
été retirés parce quils ne répondaient
plus aux exigences actuelles, notamment en ce qui concerne la pollution
environnementale.
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