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LES TICKETS TÉLÉPHONIQUES & LES CARTES DE COMMUNICATION
De 1883 à 1887, ladministration établit
des réseaux téléphoniques dans 84 villes ou villages
de France, mais cest vers la fin de 1884 quon commença
linstallation de cabines téléphoniques publiques
à Paris et dans quelques villes de province. Quatre ans plus
tard, ces cabines, qui existaient dans les bureaux de postes et télégraphes
et les bureaux centraux de la Société
générale des Téléphones, étaient
au nombre de 81, le service ayant été ouvert au public
le 1er janvier 1885.
De plus, cette Société remettait à tous ses abonnés,
sur la présentation de leur contrat dabonnement, des cartes
de communication leur donnant droit de communiquer gratuitement
dans tous ses bureaux de quartiers, mais dans ses bureaux seulement.
Enfin, chaque abonné avait droit à autant de cartes quil
possédait dabonnements.
Après neuf heures du soir, le public nétait à
cette époque pas admis toutefois à téléphoner
dans les cabines de Paris. Il faudra attendre le 1er avril 1887 pour
quun certain nombre de cabines soient mises à sa disposition
après cette heure dans quelques bureaux, et notamment toute la
nuit dans celui situé rue de Grenelle.
Cest en 1885 que le gouvernement soccupa de la réception
et de la transmission des dépêches télégraphiques
par téléphone.
Conformément à une convention passée le 15 février
1885 entre le ministre des Postes et des Télégraphes et
la Société générale des Téléphones,
les abonnés du réseau téléphonique de Paris
purent expédier et recevoir par téléphone leurs
dépêches télégraphiques. Un service téléphonique
fonctionnant jour et nuit fut établi à cet effet dans
le bureau télégraphique central de la rue de Grenelle.
Les télégrammes échangés dans ces conditions
étaient soumis à la taxe du tarif en vigueur ; mais les
abonnés qui voulaient profiter de cette mesure devaient contracter
un abonnement supplémentaire, dont le montant, fixé par
le ministère, était de 50 francs par an. Le texte des
dépêches adressées aux abonnés de ce service
devait être précédé du mot : TÉLÉPHONE.
Toute dépêche téléphonée était
en même temps confirmée par écrit par le service
ordinaire des tubes pneumatiques. Les dépêches étrangères
ne pouvaient être transmises par téléphone.
LADMINISTRATION DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES avait
été chargée de mettre ce nouveau moyen de communication
en pratique : le 12 août 1888, elle rendit compte de la manière
dont était résolu ce problème, dans une circulaire
dont voici un extrait :
« Les réseaux téléphoniques sont de deux
natures : les réseaux interurbains qui mettent deux villes en
relation ; les réseaux urbains qui « mettent en communication
les habitants dune même ville.
« La création des réseaux interurbains entraîne
de grandes dépenses et ne peut être entreprise que dans
la mesure des ressources budgétaire .
« Les bureaux urbains, au contraire, sont dune construction
prompte, facile, peu coûteuse, et leur exploitation assure un
rendement largement rémunérateur dans tous les centres
où ils répondent à un réel besoin .
« Par un Traité du 25, XT 1886, le Ministre des Postes
et Télégraphes a concédé pour 3 ans à
la SOCIÉTÉ DES TÉLÉPHONES lexploitation
de tous les réseaux téléphoniques urbains créés,
ou à créer sur toute «létendue du territoire
.
On trouvera dans l« HISTOIRE POSTALE DU TERRITOIRE DE BELFORT
» (1) des précisions sur les conditions dInstallation
des lignes téléphoniques .
Quant aux conditions de leur Exploitation, elles nous sont révélées
par M . FALLOT, lauteur de l« HISTOIRE POSTALE DU
DOUBS » (2), qui a bien voulu confier aux Documents Philatéliques
le fruit des recherches quil a faites dans les collections et
la documentation de la Maison de la Poste et de la Philatélie
.
(1) R .DE FONTAINES, 1961, pages 252 et suivantes .
(2) Prix littéraire 1973 de la Fédération des Stés
Phil. de France P .FALLOT, Don Dép. des P .T .T . 25018
Besançon CEDEX, 122
Mais rappelons dabord que le Journal Officiel
du 9 août 1875 avait annoncé louverture dun
concours pour la création dun nouveau type de timbres-poste;
il était précisé que :
« LArtiste dont le projet aura été choisi
pour devenir le type du timbre-poste français recevra un prix
de 1 . 500 francs .
« Deux indemnités lune de 500 francs, lautre
de 300 francs, seront « allouées aux auteurs de deux esquisses
qui seront classées en 2¢ et 3¢ ordre
« Les trois esquisses primées appartiendront à lAdministration
.
Ce fut le modèle présenté par J.A. SACE, artiste
modeste, peintre dhistoire, figurant daprès lauteur
« le Commerce et la Paix sunissant et régnant sur
le monde », qui fut classé premier et servit pendant 25
ans à la fabrication de nos timbres-poste .
Quant au deuxième projet primé, dû à M. CHAPLAIN,
célèbre graveur de médailles, membre de lInstitut,
et représentant une femme assise, il resta inemployé jusquen
1880 .
On décida alors de lutiliser à la place de type
Sage pour affranchir les nouvelles « Cartes-Télégrammes
» et cartes pour « Tubes Pneumatiques », bien connues
des Collectionneurs dEntiers Postaux .
.
Télégramme type Chaplain. Timbre
type Sage.
Ce fut encore le type Chaplain qui illustra à
partir de 1885 les TICKETS TELEPHONIQUES dont il va étre
question.
(N .D .L .R. ou Note De La Rédaction)
Date de naissance : 31 Décembre 1884 Date de décès
: 28 Décembre 1910.
Le timbre-téléphone
Le premier timbre-téléphone voit l'arrivé
en 1880 avec l'apparition du téléphone en 1879. Il succède
donc au timbre-télégraphe qui lui était
né en 1868.Il s'agit du premier mode de payement des communications
téléphoniques.
Pendant 26 ans furent utilisés des tickets téléphoniques,
appelés actuellement timbres-téléphone .
Or qui peut indiquer avec précision les dates de mise en service
des « tickets », les chiffres de tirage ? Chercher la totalité
de ces vignettes, cest se lancer dans une aventure aux difficultés
quasi-insurmontables ! Il est plus difficile de trouver le n° 30
du catalogue YVERT et TELLIER, 3 F vert, quun vermillon ou un
bleu de Prusse !
La définition des tickets est donnée par larticle
de l'Instruction 123 n° 519 sur le recouvrement et la comptabilité
des produits téléphoniques (édition de 1905) :
« Les tickets sont des figurines dune valeur conventionnelle
émises par lAdministration pour servir à la représentation
des taxes des communications échangées par lintermédiaire
des cabines .»
Comme les timbres-poste les tickets téléphoniques étaient
fournis aux bureaux par les Receveurs principaux approvisionnés
eux-mêmes par lAgent Comptable de la fabrication des timbres-poste
.
Il sagit donc bien de vignettes postales, et la circulaire du
28 décembre 1910 qui a supprimé lemploi des tickets
à partir du le janvier 1911 précise : « les tickets
seront renvoyés à lAgence Comptable de la fabrication
des Timbres-poste par lintermédiaire de la Direction .
Le public sera admis à échanger contre des Timbres ou
contre espèces les tickets restés en sa possession »
.
Avant ces tickets, eurent cours les formules typographiques répertoriées
sous les numéros 1 et 2 dont la date de mise en service est,
elle aussi, inconnue .
Il serait utile de dresser la liste des oblitérations rencontrées
sur ces formules, lieu et date, mais si ces timbres sont rares à
l'état neuf, ils le sont encore plus oblitérés
! Sagissait-il de formules émises par la Société
Générale des Téléphones, ou plutôt
dun mode dexploitation des réseaux créés
par lEtat dès 1883 ? Le mystère reste entier .
À noter que I'« Histoire des Timbres-poste français
» (MAURY 1949) ne fait pas état de ces formules .
Le rapport du 23 décembre 1892 létude
des tickets téléphoniques ne peut être dissociée
de lhistoire du téléphone et avant de sengager
dans le labyrinthe des décrets de la fin du x1x° siècle
il est bon de lire le rapport présenté au Ministre du Commerce
et de lIndustrie le 23 décembre 1892 par le Directeur Général
des Postes et des Télégraphes .
« ... Service téléphonique.
Lapparition du téléphone, pour le public européen,
date de lExposition universelle de 1878, et cest en 1879,
alors quil nexistait encore aucun réseau téléphonique
en Europe, que le Gouvernement français fut saisi dune demande
de concession .
LAdministration des Postes et des Télégraphes accorda
les autorisations sollicitées qui, dailleurs, navaient
dautre caractère que celui de simples 124 permissions données
pour un délai restreint, et naliénaient aucun des
droits de lEtat .
Le 10 décembre 1880, sopéra la fusion des trois
sociétés concessionnaires, pour constituer la Société
Générale des Téléphones, dont
les pouvoirs dexploitation des réseaux expiraient le 8 septembre
1889 .
Huit jours avant cette échéance, I'Etat, usant des droits
que lui conféraient le cahier des charges et la loi du 16 juillet
1889, prenait possession, sous réserve des indemnités dues
aux concessionnaires, des réseaux exploités par cette société,
à PARIS et dans dix villes importantes des départements
et de I Algérie .
Dès 1883, lEtat avait construit et exploité plusieurs
réseaux urbains,en dehors des villes où la Société
des Téléphones sétait établie .
Il importait, en effet, dassurer le bénéfice des exploitations
téléphoniques aux villes secondaires délaissées
par cette société,
LEtat avait, de plus, rattaché à certains de ses réseaux
urbains, comme des satellites, des réseaux annexes, installés
dans les localités ou groupes de localités qui constituent,
en quelque sorte, la banlieue des grands centres industriels .
Dans un autre ordre de faits, il avait inauguré les communications
téléphoniques à grande distance, en reliant les réseaux
urbains entre eux ; cest ainsi que PARIS a été mis
successivement en relation téléphonique avec BRUXELLES,
LE HAVRE, REIMS, ROUEN, LILLE, LYON, MARSEILLE, etc .
Mais ces premiers travaux dessai navaient quun caractère
en quelque sorte préparatoire .
Lorganisation téléphonique en France ne date, en réalité,
que de la reprise de la concession à la Société Générale
des Téléphones ; on doit considérer cette uvre
comme lune des plus imporianies améliorations introduites,
depuis 1889, dans les services quadministre la Direction Générale
des Postes et des Télégraphes .
Depuis le 1er septembre 1889, en effet, tous les réseaux ne forment
plus quune seule exploitation placée dans la main de IAdministration,
qui travaille à coordonner et à développer ces éléments
divers, afin de faire entrer lemploi du téléphone
dans les habitudes de la population .
Pour se rendre compte de létat présent auquel on est
arrivé par des améliorations successives, toutes introduites
depuis les derniers mois de lannée 1889, il convient de considérer
séparément :
a) les réseaux urbains ;
b) les réseaux interurbains ;
c) les bureaux téléphoniques municipaux .
A . RÉSEAUX URBAINS,
A la date du 1er septembre 1889, les réseaux téléphoniques
urbains fonctionnant en France étaient soumis à deux régimes
différents dexploitation : lexploitation par lEtat
et lexploitation par l'industrie privée .
Cette situation créait une diversité très grande
de tarifs dabonnement ; ils étaient :
1° Dans les réseaux exploités par U'industrie privée
:
a) De 600 F pour les abonnements principaux à PARIS ;
b) De 400 F pour les abonnements principaux dans les autres réseaux
:
¢) De 200 F à PARIS et dans les réseaux des départements
pour les abonnements supplémentaires, comportant lusage dun
poste greffé .
Pour les abonnés propriétaires détablissements
publics, qui mettaient le téléphone à la disposition
de leur clientèle, labonnement, double de labonnement
normal, élevait à 1 . 200 F à PARIS, à 800
F dans les autres réseaux les redevances annuelles exigibles des
abonnés de cette catégorie .
Il nexistait aucun réseau dans les localités voisines
des diverses villes sièges des réseaux concédés,
et notamment dans la banlieue parisienne ;
2° Dans les réseaux exploités par lEtat :
A 200 F pour les abonnements principaux dans les réseaux comprenant
moins de 200 abonnés ;
A 150 F dans les réseaux comprenant plus de 200 abonnés
.
Les cercles et établissements publics acquittaient, comme dans
les réseaux concédés, un abonnement double de labonnement
normal .
D'autre part, et afin de développer dans des conditions économiques
pour les abonnés lusage du téléphone autour
des villes, sièges de ses réseaux, lEtat avait
prévu lorganisation de réseaux annexes, quil
rattachait au réseau principal ; on évitait ainsi aux abonnés
la dépense onéreuse de létablissement dune
ligne spéciale .
Les abonnés aux réseaux annexes acquittaient le même
abonnement que les abonnés au réseau principal, augmenté
dun supplément de 10 F par kilomètre de fil pour lusage
de la ligne de rattachement des deux bureaux centraux .
Aussitôt après la prise de possession, lAdministration
sest appliquée à unifier les conditions demandées
aux abonnés dun même réseau Les tarifs dabonnement
ont été fixés ainsi quil suit par des décrets
successifs
Dans le réseau souterrain de PARIS : 400
Dans le réseau souterrain de LYON : 300 , (Décret
du 31 mai 1890)
Dans les réseaux des villes comportant une population supérieure
à 25000 âmes (Décret du ? novembre 1890)
Dans les réseaux aériens des villes comportant une
population inférieure à 25000 âmes 180 (Décret
du 7 novembre 1890) 126
Le montant de labonnement principal est réduit de 50 % au
profit des établissements de lEtat, et de 25 % au profit
des établissements des dépar- tements et des communes .
Il est augmenté de moitié pour ceux des établissements
privés ouverts au public, tels que cafés, restaurants, etc
dont les propriétaires déclarent qu'ils veulent mettre
le téléphone à la disposition de leur clientèle
(Décret du 31 mai 1890) .
Le nombre des abonnés aux divers réseaux téléphoniques
a progressé dans une proportion importante .
De 11440 à la fin de lannée 1889, il a passé
à 18191 au 31 décembre 1891 .
Laugmentation est de 6751, soit 59 % en deux ans .
Pendant la même période, le nombre des abonnés du
réseau de PARIS est passé de 6255 à 9965, soit une
augmentation de 3710 abonnés en deux années .
Dautre part, le nombre des réseaux urbains exploités
par lEtat qui, au 31 décembre 1889, était de 40, sélevait
à 112 au 31 décembre 1891 .
On comptait, au 30 septembre 1892, 135 réseaux avec 20164 abonnés,
au lieu de 11440 au 31 décembre 1889 .
Enfin le montant des abonnements en cours, au 31 décembre 1889,
était de 3 880 000 F ; au 1e juillet 1892, il atteignait 6 125
366 F .
Les circuits téléphoniques aboutissent fréquemment
dans des villes qui noffrent pas les ressources locales nécessaires
pour justifier la création de réseaux téléphoniques
urbains .
Dans ces conditions, il eût été excessif dimposer
le paiement de labonnement normal de 150 F ou de 200 F, suivant
limportance de la population, aux personnes désireuses de
posséder, à domicile, un poste téléphonique
qui leur permit dutiliser, sans déplacement pour elles, le
circuit interurbain .
Pour remédier à cet inconvénient, un décret
du 23 mars 1891 a autorisé la création de réseaux
spéciaux dits RESEAUX A CONVERSATIONS TAXÉES .
Le tarif dabonnement est, dans ce cas, de 50 F .
Les conversations de toute nature quelles soient échangées
à lintérieur ou lextérieur du réseau,
sont taxées daprès le tarif des communications interurbaines,
cest-à-dire à raison de 50 centimes par 100 kilomètres
ou fractions de 100 kilomètres et par unité de 5 minutes
.
Moyennant un complément d'abonnement de 50 F dans les réseaux
souterrains, et sans être tenus à acquitter aucune redevance
supplémentaire dans tous les réseaux aériens, les
abonnés ont le droit de transmettre et de recevoir leurs télégrammes
par téléphone, sans dérangement pour eux .
Le nombre des télégrammes transmis de la sorte, dans la
seule agglomération parisienne a atteint 17 193 dans le courant
du mois doctobre 1892 .
Aux termes de l'article 18 de la police dabonnement, les abonnés
des divers réseaux urbains peuvent converser gratuitement à
partir des cabines téléphoniques .
Il leur est délivré une carte didentité .
Les particuliers sont admis également à correspondre, à
partir des cabines téléphoniques publiques, dans lintérieur
dun réseau, moyennant le paiement dune taxe de 50 centimes
à PARIS et de 25 centimes en province, par 5 minutes de conversation
.
Des abonnements annuels pour conversation par cabine sont donnés
au prix de :
80 F à PARIS,
60 F à LYON,
40 F dans les réseaux aériens .
On compte aujourdhui 376 cabines publiques ; le produit des taxes
des conversations sest élevé :
En 1889 à 68 007,50 F ;
En 1890 à 100 653,50 F ;
En 1891 à 210 722,50 F ;
et pour les neuf premiers mois de 1892 à plus de 250 000 F .
Ces chiffres témoignent hautement de lutilité de ce
service .
Un décret, en date du 1° mai 1891, a organisé, dans
les réseaux urbains, un service de MESSAGES TELEPHONES .
Dans lintérieur des réseaux, le public peut, moyennant
une taxe de 50 centimes pour cing minutes, expédier, par le téléphone,
un télégramme qui est reçu au bureau postal ou télégraphique
le plus voisin du destinataire et remis, par ses soins, à domicile.
Les abonnés peuvent, de leur domicile, expédier des messages
dans les mêmes conditions .
Ce service, organisé au mois de novembre 1890, dans un certain
nombre de bureaux de PARIS, a été étendu successivement
à tous les bureaux télégraphiques de la Capitale
.
Il a été accueilli par le public avec une grande faveur,
et le nombre des messages téléphonés a pris immédiatement
une grande importance ; il était de 8 990 en octobre 1891 et de
23 681 en octobre 1892 .
17 circuits téléphoniques ont été mis en service,
dans le courant de lannée 1890, et 65 en 1891 ; un grand
nombre dautres sont en cours de construction .
Au 1e* janvier 1890, les circuits téléphoniques en service
dans l'intérieur du territoire représentaient une longueur
de 1 940 kilomètres et un développement de 3 880 kilomètres
de fil .
Au 1% janvier 1892, ils représentaient une longueur de 4 587 kilomètres
et un développement de fil de 9 174 kilomètres .
La plupart des réseaux primitivement concédés à
la Société Générale des Téléphones
(LYON, BORDEAUX, MARSEILLE, ROUEN, etc ... ont subi une réfection
plus ou moins complète .
A PARTS, les travaux de transformation, qui doivent réduire de
12 à 4 le nombre des bureaux de quartier, se poursuivent activement
.
Lhôtel de la Rue Gutenberg, qui doit recevoir le principal
poste desservant le centre de PARIS, vient dêtre achevé
et le montage des appareils y est commencé (1) .
Partout les appareils trop imparfaits du début ont été
remplacés par dautres plus à hauteur des progrès
accomplis .
A PARIS, notamment, et dans les principales villes, les anciens commutateurs
à manuvre lente font place aux instruments du type dit MULTIPLE,
qui permettent un service beaucoup plus sûr et plus prompt .
Des tableaux de ce genre sont déjà en service à PARIS,
à LILLE, à MARSEILLE, et dautres sont en projet pour
LYON, BORDEAUX, NANTES, ete
B . RÉSEAUX INTERURBAINS .
Les premières lignes interurbaines construites aux frais de lEtat
et livrées au service, à la date du 31 décembre 1889,
étaient au nombre de 11, ayant un développement de 1 940
kilomètres .
La loi du 20 mai 1890, en inaugurant une sorte dassociation de lEtat
et des intéressés a permis de donner à ces travaux
une vive impulsion .
À la date du 30 septembre 1892, le nombre des circuits interurbains
en service était de 162 avec un développement de 8 882 kilomètres
.
Les principales villes reliées à PARIS sont : LILLE, VALENCIENNES,
ROUEN, LE HAVRE, REIMS, ÉPERNAY, CHALONS- SUR-MARNE, AMIENS, SAINT-QUENTIN,
MELUN, TROYES, NANCY, ÉPINAL, DIJON, LYON, MARSEILLE, BORDEAUX,
NANTES, TOURS, ORLÉANS, VICHY, VERSAILLES .
En outre des fils relient entre elles les villes de :
1° LILLE, ARMENTIERES, ARRAS, CALAIS, CAMBRAI, DOUAI, DUNKERQUE, FOURMIES,
HALLUIN, MAUBEUGE, ROUBAIX, TOURCOING, VALENCIENNES .
2° ROUEN, LE HAVRE, BOLBEC, CHARLEVAL, DIEPPE, ELBEUF, ETRETAT, FÉCAMP,
HONFLEUR, LILLEBONNE, LOUVIERS, PONT-AUDEMER .
3° REIMS, CHALONS-SUR-MARNE, ÉPERNAY, MÉZIÈRES,
CHARLEVILLE, SEDAN .
4° TROYES, BAR-SUR-SEINE, ROMILLY-SUR-SEINE .
5° LYON, SAINT-ÉTIENNE, SAINT-CHAMOND, VIENNE, MARSEILLE, AIX
.
6° BORDEAUX, PAUILLAC, ARCACHON, LIBOURNE .
7° NANCY, LUNEVILLE, TOUL, ÉPINAL .
De plus, trois circuits établis, à frais communs, par les
gouvernements français et belge, relient PARIS à BRUXELLES
; un autre va souvrir (1)
Le central Gutenberg devait être détruit par un incendie
en 1908 entre VALENCIENNES et MONS, et trois autres, créés
de compte à demi avec lAngleterre, relient PARIS à
LONDRES .
Il est à remarquer que ces trois circuits sont les seules lignes
téléphoniques sous-marines de quelque importance existant
dans le monde entier .
La taxation des conversations interurbaines a pour double base la durée
de la conversation et la distance des points reliés, sur le pied
de 50 centimes par cing minutes et par distance de 100 kilomètres
.
Le produit de ces taxes pour les circuits français a été
de : 138 885 F en 1889 ; et de 325 057 F, pour les neuf premiers mois
de 1892 .
Sur les circuits franco-belges, le produit est de 140 739 F, dont 84 443
F pour la France .
Sur les circuits PARIS-LONDRES, de 263 100 F dont 144 705 F pour la France
.
C . BUREAUX TÉLÉPHONIQUES MUNICIPAUX .
Un décret en date du 20 octobre 1889, a créé des
bureaux téléphoniques municipaux destinés à
relier, par un fil téléphonique, au bureau télégraphique
le plus voisin, les localités autres que les chefs-lieux de canton
.
Aux termes dun autre décret, en date du 9 juillet 1890, la
concession de ces bureaux est subordonnée au versement des frais
de premier établissement, dont la commune intéressée
doit faire lavance .
Cette avance est ensuite remboursée à la commune, au moyen
dune surtaxe de 25 centimes, appliquée, jusquà
complet remboursement de lavance Jaite au Trésor, à
tous les télégrammes originaires ou à destination
du bureau téléphonique municipal concédé .
Les communes ou les particuliers ont la faculté de sexonérer
de lapplication de cette surtaxe, en faisant à lEtat
labandon de la somme représentant les frais de premier établissement
.
Sous le régime de ces nouvelles dispositions, lAdministration
a mis en service :
10 bureaux en 1890,
70 bureaux en 1891,
53 bureaux dans les premiers mois de 1892 .
Enfin la création de plusieurs autres bureaux a été
décidée ; un grand nombre dentre eux sont en construction
.
En vue de donner de nouvelles facilités au public, je fais rechercher
les moyens de donner aux bureaux téléphoniques municipaux
le double caractère de bureaux recevant et expédiant les
télégrammes et de bureaux centraux de réseaux téléphoniques
municipaux .
Ils ont été pourvus de cabines téléphoniques
publiques et mis en relation directe, soit entre eux, soit avec les réseaux
voisins .
Les particuliers peuvent y être reliés par des fils spéciaux,
ce qui leur permet à la fois, de recevoir et de transmettre les
télégrammes sans quitter leur domicile ; ils peuvent encore
converser de leur domicile par les circuits urbains et interurbains auxquels
ils sont reliés .
Ce nouveau service est susceptible dune grande extension .
Cest ainsi que le bureau téléphonique municipal de
BLÉVILLE, relié au HAVRE a été muni dune
cabine publique, qui permet de communiquer verbalement avec tous les abonnés
du réseau du HAVRE et même de ROUEN, PARIS, ete
On
compte déjà plusieurs bureaux de cette catégorie
LES TARIFS
Ces quelques pages brossent un tableau intéressant du service téléphonique
de la fin du xrx siècle et nous permettent de nous reporter plus
facilement quatre-vingts ans en arrière, à une époque
où il nétait question ni de câbles coaxiaux,
ni de faisceaux hertziens, et encore moins de Télécommunications
Spatiales !
Etudions les décrets qui furent souvent à lorigine
de la création ou de la modification des tickets téléphoniques
.
DECRET DU 31 DECEMBRE 1884
ARTICLE 1 .
Toute personne peut, à partir des cabines téléphoniques
mises par lEtat à la disposition du public, correspondre,
soit avec une autre personne placée dans une cabine téléphonique
de la même ville, soit avec un abonné du réseau .
La taxe à percevoir pour lentrée dans les cabines
publiques est fixée par 5 minutes de conversation :
A PARIS à 0,50 F .
Dans toutes les autres localités de France, dAlgérie
et de Tunisie à 0,25 F .
ARTICLE 2 .
Des communications téléphoniques à distance peuvent
être mises à la disposition du public .
Les lignes auxquelles est appliquée cette mesure sont indiquées
par décision ministérielle .
La taxe à percevoir par 5 minutes de conversation de ville à
ville est fixée pour toute distance inférieure à
100 kilomètres à 1 F . etc ...
TICKET DE 25 CENTIMES n° 3 bleu sur chamois (catalogues Thiaude et
Yvert), TICKET DE 50 CENTIMES n° 4 rouge sur rose (catalogues Thiaude
et Yvert) .
Les premières lignes interurbaines furent ROUEN-LE HAVRE (ler janvier
1885), LILLE-DOUAI (18 mai 1885), LILLE-DUN- KERQUE (19 juillet 1885),
PARIS-REIMS (ler décembre 1885) .
PARIS-LE HAVRE fut mise en service le 8 mai 1887, PARIS- ROUEN le 25 juin
1887, PARIS-LILLE le 1¢* décembre 1887, PARIS- MARSEILLE le
6 août 1888, etc ...
La taxe de 1 F par 100 kilomètres (TICKET DE 1 F rouge sur azuré
n° 5 Thiaude et Yvert) a été appliquée également
à des liaisons dune distance supérieure .
Décret du 27 .10 .1885
PARIS-REIMS : 172 km 1 F ; puis PARIS- LILLE : 250 km, PARIS-ROUEN
: 136 km, PARIS-LE HAVRE : 228 km ;
Décret du 28 juillet 1888
PARIS-MARSEILLE : 888 km 3 F .
Première liaison internationale : PARIS-BRUXELLES .
Un décret en date du 28 décembre 1886 fixe le tarif de la
communi-cation à 3 F .
TICKET DE 3 F noir sur vert n° 6 (Thiaude et Yvert) .
En 1888 le service des Postes et Télégraphes est rattaché
au Ministère du Commerce et lintitulé « Ministére
des Postes et des Télégraphes » devient « Postes
et Télégraphes » .
TICKET DE 50 cts rouge sur rose n° 8 (Thiaude) 9 (Yvert) .
TICKET DE 1 F rouge sur azuré n° 9 (Thiaude) 10 (Yvert) .
TICKET DE 3 F noir sur vert n° 10 (Thiaude) 11 (Yvert) .
DECRET DU 19 OCTOBRE 1889 ET ARRETE DU 28 OCTOBRE APPLICABLE LE 1er
NOVEMBRE 1889
Simplification des taxes des conversations téléphoniques
interurbaines .
« La taxe élémentaire à payer par conversation
téléphonique interurbaine est fixée à 50 centimes
par 5 minutes et par 100 kilomètres ou fraction de 100 kilomètres
de distance calculée daprès le parcours réel
de chaque ligne .»
Exemple : PARIS-ROUEN 1 F .
PARIS-LE HAVRE : 1,50 F .
PARIS-MARSEILLE : 4,50 F .
DÉCRET DU 31 OCTOBRE 1890
« Il est créé pour les heures de nuit un tarifde conversation
à prix réduit dans le service de la correspondance téléphonique
interurbaine .
Ce tarif est fixé à : 30 centimes par 5 minutes et par 100
kilomètres ou fraction pour les conversations ordinaires et à
20 centimes pour les conversations par abonnement .»
TICKET DE 30 CENTIMES noir sur lilas n° 11 (Thiaude) 8 (Yvert) .
Un arrêté pris le même jour détermine les heures
dites de nuit : 21 heures à 7 heures et les circuits ouverts au
service de nuit à partir du 16 novembre 1890 : PARIS-LYON/PARIS-MARSEILLE/LYON-MARSEILLE/PARIS-
LILLE/PARIS-ROUEN/PARIS-LE HAVRE .
DECRET DU 5 SEPTEMBRE 1895 APPLICABLE LE 1er JANVIER 1896
Abaissement des taxes .Développement des relations entre localités
voisines .
ARTICLE 1 : La taxe à payer à lentrée dune
cabine téléphonique publique pour obtenir une communication
dans un réseau local est fixée uniformément à
25 centimes .
Cette taxe sapplique également à léchange
des conversations entre abonnés appartenant à un même
réseau à conversations taxées .
ARTICLE 2 : La taxe à payer par conversation téléphonique
interurbaine qui était fixée à 50 centimes par 100
kilomètres est réduite à 25 centimes lorsque la distance
entre les points reliés (parcours réel de la ligne télé-
phonique la plus courte) ne dépasse pas 25 kilomètres, TICKET
DE 25 CENTIMES bleu sur chamois n° 7 (Thiaude et Yvert) .
ARRÊTÉ DU 20 DÉCEMBRE 1895 APPLICABLE LE 1 JANVIER
1896
Diminution de la durée des communications interurbaines .
À partir du 1°" janvier 1896 la durée de lunité
de communication applicable aux conversations téléphoniques
interurbaines dont la taxe a été réduite exceptionnellement
à 0,25 par larticle 2 du décret du 5 septembre 1895
sera fixée à 3 minutes .
Les n° 3 et 7 sont surchargés, à 5 minutés dans
le service local, 3 minutes dans le service interurbain » et deviennent
les n°5 :
TICKET DE 25 CENTIMES bleu sur chamois n° 12 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 25 CENTIMES bleu sur chamois n° 13 (Thiaude et Yvert) .
Le n° 8 (Thiaude) ou 9 (Yvert) reçoit la même surcharge
; sa valeur est modifiée .
TICKET DE 25 CENTIMES SUR 50 CENTIMES rouge sur rose n° 14 {Thiaude
et Yvert) .
Impression dun nouveau ticket de 25 centimes :
TICKET DE 25 CENTIMES bleu et rouge sur chamois n° 15 (Thiaude et
Yvert) .
En 1897 la légende « Bulletin de Conversation » est
transformée en « Bulletin de Communication » .
TICKET DE 25 CENTIMES bleu sur chamois n° 16 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 30 CENTIMES brun-noir sur lilas n° 17 (Thiaude et Yvert)
.
TICKET DE 50 CENTIMES rouge sur rose n° 18 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 1 F rouge sur azuré n° 19 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 3 F noir sur vert n° 20 (Thiaude et Yvert) .
DECRET DU 16 NOVEMBRE 1897 La taxe des conversations locales est
ramenée à 3 minutes et le tarif passe de 25 à 15
centimes .
« Dans tous les réseaux (sauf celui de PARIS) la durée
de lunité de conversation pour la correspondance locale est
fixée à trois minutes, et la taxe de la conversation locale
unité est réduite à 15 centimes .
TICKET DE 0,15 SUR 25 CENTIMES bleu sur chamois, surcharge rouge ou noire
n° 21 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 15 CENTIMES noir n° 23 (Thiaude et Yvert) .
DÉCRET DU 29 DÉCEMBRE 1898
APPLICABLE LE 1er JANVIER 1899 Modification des taxes interurbaines .
ARTICLE 1 .
Lunité admise dans le service téléphonique
interurbain de jour et de nuit, tant pour la perception des taxes que
pour la durée des communications est la conversation de 3 minutes
.
ARTICLE 2 .
La taxe de lunité de conversation interurbaine de jour est
fixée ainsi quil suit :
Entre deux réseaux dun méme département
: 0,40 F .
Entre les réseaux de deux départements : 0,25 F par
75 km ou fraction de 75 km de distance mesurée à vol doiseau,
de chef-lieu de département à chef-lieu de département,
avec minimum de 0,40 et maximum de 3 F par unité de conversation,
ARTICLE 3 .
La taxe de lunité de conversation de jour est maintenue à
0,25 F entre 2 réseaux appartenant ou non au même département
et mis en relation par des lignes dont la longueur réelle n'excède
pas 25 km .
TICKET DE 40 CENTIMES brun-rouge n° 26 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 75 CENTIMES rose n° 28 (Thiaude et Yvert) .
DÉCRET DU 7 MAI 1901 APPLICABLE LE 1er OCTOBRE 1901
Diminution de la taxe de lunité de conversation et fixation
à 25 centimes de la taxe interurbaine cantonale .
ARTICLE 20 .
La taxe de lunité de conversation locale de jour et de nuit
est fixée à 15 centimes dans le réseau de PARIS,
10 centimes dans tous les autres réseaux .
ARTICLE 21 .
La taxe de lunité de conversation interurbaine de jour est
fixée ainsi qu'il suit :
Entre réseaux dun même département :
0,40 F .
Entre réseaux de départements différents 0,25
F par 75 km ou frac- tion de 75 km de distance mesurée à
vol doiseau de chef-lieu de département à chef-lieu
de département avec minimum de 0,40 et maximum de 3 F par unité
de conversation .
Ces taxes sont réduites à 25 centimes pour les conversations
échangées par des lignes téléphoniques dont
la longueur totale nexcède pas 25 km et pour les conversations
échangées entre réseaux des localités faisant
partie dun même canton .
Cette taxe réduite est également applicable aux conversations
échangées entre le réseau dune ville siège
de plusieurs chefs-lieux de canton et les réseaux des localités
situées dans lun quelconque de ces cantons .
TICKET DE 10 CENTIMES violet n° 22 (Thiaude et Yvert) .
135 En 1906 les tickets de 25, 30, 50 centimes, 1 et 3 F paraissent sur
papier blanc ou crème, sans fond de sûreté, comme
les n°5 22,23, 26 et 28 .
TICKET DE 25 CENTIMES bleu n° 24 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 30 CENTIMES brun n° 25 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 50 CENTIMES orange n° 27 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 1 F rouge n° 29 (Thiaude et Yvert) .
TICKET DE 3 F vert n° 30 (Thiaude et Yvert) .
LES TICKETS
Dans un premier temps, le TIMBRES TÉLÉPHONE existe
en version typographique avec un talon.

A partir de 1885, il se transforme en « BULLETIN DE CONVERSATION»
puis en 1897 en « BULLETIN DE COMMUNICATION»
On distingue ces timbres entre autres par leurs couleurs : bleu sur chamois,
rouge sur rose, rouge sur azuré
- 1er janvier 1885
Bulletin de 71 mm. sur 34 mm.sur papier assez épais. Encadrement
formé dun double filet de couleur. A droite le timbre
de Chaplain semblable au timbre en usage sur les cartes pneumatiques.
A gauche inscriptions sur 6 lignes:
1°) Ministère des postes et télégraphes.
2°) TELEPHONES, 3°) BULLETIN DE CONVERSATION, 4°) de
5 minutes.
Les 2 dernières lignes portent pour les 25 et 50 cent. A partir
des cabines téléphoniques ouvertes au public, pour le
1 fr. Service téléphonique de longue distance et pour
le 3 fr. Sercice téléphonique international.
Fond de sûreté teinté sur lequel est imprimé
en blanc Ministère des postes et télégraphes.
Une ligne ondulée sépare les inscriptions du timbre.
Piq. 14 (fig. 94).
50 centimes, rose sur lilas rose.
1 franc, ronge sur gris bleu.
3 francs, noir sur vert.
- 1er jan vier 1887
25 centimes, bleu sur jaune orange.
- Décembre 1888
Les mêmes, linscription de la première ligne
est devenue POSTES ET TELEGRAPHES.
25 centimes, bleu sur jaune.
30 centimes, lilas foncé sur lilas clair.
50 centimes, rose sur lilas rose.
4 francs, rouge sur gris bleu.
3 francs, noir sur vert.
- 1er janvier 1896
Les mêmes. Surcharge en quatre lignes : 5 minutes dans le
service local. 3 minutes dans le service interurbain.
Le 50 cent, a reçu en plus la surcharge 25 sur son ancienne
valeur.
25 centimes, surcharge carmin, bleu sur jaune.
25 sur 50 centimes, surcharge bleue, rouge sur lilas rose.
- Fin 1896
Même type quen décembre 1888. Les inscriptions
sont modifiées POSTES E T TELEGRAPHES. Téléphones.
Bulletin de conversation.
5 minutes dans le sercice local. 5 minutes dans le service interurbain.
5 et3 minutes sont imprimés en rouge. Piq. 13 1/2.
25 centimes, bleu et rouge sur jaune orange pâle.
Laccès des cabines téléphoniques ne fut
ouvert au public que le 1er janvier 1885. Pour Paris, le prix d
ime conversation de 5 minutes était fixé jusquen
janvier 1896 á 50 cent., en province on ne payait que 25
cent, pour une communication locale. De ville à ville la
conversation coûtait 50 centimes par 100 kilomètres
avec un minimum de 1 franc. La taxe
pour Londres ou Bruxelles était de 3 fr.
En 1888 le ministère des Postes et Télégraphes
fut supprimé, la mention MINISTERE disparut sur les bulletins
téléphoniques.
En 1896 la taxe fut modifiée pour Paris et la province. La
conversation locale fut fixée uniformément à
25 cent, pour une durée de 5 minutes. Le prix pour une communication
avec une localité du service interurbain(rayon de 25 k.)
fut réduite de 25 cent., mais la durée de la conversation
fut ramenée à 3 minutes.
Enfin le minimum de perception pour les communications à
longue distance fut fixé à 50 cent, pour une distance
de 25 å 1(J0 kilomètres. La taxe par 100 kilomètres
ou fraction resta à 50 cent. |
a ) Impression .
En 1883, un nouveau moyen de communication rapide fut
ouvert au public ; le téléphone. On créa une série
de tickets, correspondant aux diverses destinations.
La première émission porte les mots : Ministère
des postes et des télégraphes.
25 centimes bleu sur fond chamois.
50 centimes carmin sur fond rose.
1 franc carmin sur fond azuré.
3 franc noir sur fond vert.
Les tickets, de 70 mm sur 34 mm, étaient imprimés par
feuilles de 36 (12 rangées de 3), tirées à plat
sur papier épais, dentelées ou non, non gommées
.
En 1888, le ministère des postes étant supprimé,
les émissions portent simplement : Postes et télégraphes.
Les valeurs sont les mêmes.
En 1891, on crée une valeur de 30 centimes, noir sur fond lilas,
pour le service téléphonique de nuit.
rouge sur rose
service téléphonique
à longue distance
Sur 50c. rouge sur rose
- surcharge bleue
International
1885
Voici quelques dates démission relevées
sur des documents manuscrits non officiels :
n° 13, 25 cts bleu sur chamois (7 surchargé) : 28
décembre 1895 .
Supprimé avril 1896 .
n° 22, 10 cts violet : 1T octobre 1901 .
10 23, 15 cts noir : 21 février 1898 .
n° 26, 40 cts brun-rouge : 12 septembre 1899 .
n° 28, 75 cts rose : 12 septembre 1899 .
Non dentelés : sont connues les valeurs suivantes (sur papier
mince) : 10 cts violet n° 22, 15 cts noir n° 23, 25 cts bleu
n° 24 .
30 cts brun n° 25, 40 cts brun-rouge n° 26 .
50 cts orange n° 27 .
En 1897, les tickets se transforment en « BULLETINS
DE COMMUNICATION » .
bleu sur chamois
brun gris
vert
A cete époque on trouva ce système de Ticket dans bien d'autres
pays.

Billet interurbain Allemand appelé Telephon-Billet
La guerre linguistique interne était depuis longtemps un sujet
de préoccupation en Allemagne ; bien avant le déclenchement
de la guerre, les courants nationalistes exigeaient la suppression de
tous les mots étrangers et leur remplacement par des termes nationaux.
Ainsi, par exemple, il ne fallait pas dire « Telephon », «
Billet », « rekommandierter Brief », « Lift »,
mais « Fernsprecher », « Fahrkarte », «
Einschreib-Brief », « Fahrstuhl ».
La lutte méthodique et organisée contre les mots étrangers
en allemand a commencé en 1885.
...
b) Utilisation .
La personne souhaitant téléphoner achetait son ticket à
un guichet et le remettait au préposé de la cabine qui le
lui rendait, oblitéré, à la sortie .
Les tickets devaient être annulés au moment où le
demandeur était admis à pénétrer dans la cabine,
cest-à-dire après que le préposé avait
constaté que la communication était établie (circulaire
n° 30 de 1899 relative à loblitération des tickets
téléphoniques) .
On rencontre parfois des moitiés de ticket .
L article 4 de l'instruction n° 519 déja citée en explique
lorigine : « Les tickets sont remis par le public au préposé
de la cabine qui les oblitére, le ticket est ensuite coupé
en deux parties .
Celle revêtue de la figurine (partie droite) est conservée
; lautre est remise à la partie versante, et lui sert de
récépissé .
Ultérieurement les tickets furent conservés en entier par
les préposés et mis à lappui de leur comptabilité
.
Une note circulaire du 22 janvier 1910 précise que les tickets
ne doivent plus être transmis à lAdministration Centrale,
mais conservés dans les Directions .
« Les tickets seront ensuite livrés à lAdministration
des Domaines avec les archives destinées à être mises
au pilon .
Telle est la réglementaire et triste fin des tickets téléphoniques
!
c) Oblitérations .
Les Tickets Téléphoniques furent dabord annulés
au moyen de cachets au contour ondulé, comportant ou non le mot
TÉLÉPHONE, par exemple LE HAVRE/Central, LYON/Central
généralement en bleu .
Par la suite, les cabines téléphoniques annexées
aux bureaux de poste utilisèrent les cachets ordinaires de ces
bureaux avec un T, parfois un zéro, ou une ou deux étoiles
à la place de la levée ou de lheure .
A Audincourt, il sagit de lemploi tardif de tickets en principe
sup- primés depuis le 1 .1 .11 .
Enfin, certaines cabines installées dans des localités sans
bureau de poste, ou postérieurement à 1906 ont employé
des cachets manuels de types modernes .

MISEREY : recette auxiliaire rurale 11 .1 .97, facteur receveur 1 .7 .99,
service téléphonique créé le 1 .8 .06 .
CHAFFOIS : pas de bureau de poste, service téléphonique
créé le 25 .3 .02 .
VANDONCOURT : pas de bureau de poste, service téléphonique
créé le 25 .8 .04 .
Voici, daprès la « Nomenclature des Cachets à
date manuels postérieurs aux types 17 bis et 24 de 1886 à
1969 », de M .LAUTIER, les types doblitérations rencontrées
:
Al A2 A3 A4
B2 B3 B4
C2
F2
Cachets tardifs 19 ou 25 oblitérations chemins de fer, Les couleurs
employées ont été variées : bleu, noir, vert,
violet .

Pour beaucoup plus de détails sur le sujet, il
y a un ouvrage de référence disponible
chez : JF-B Philatélie, 10 rue de Châteaudun 75009,
Directement sur
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1901 Suppression des tickets téléphoniques
Le Ministre des Postes vient de décider,
à la date du 1er ¦janvier, la suppression des tickets téléphoniques.
Dorénavant les taxes seront perçues en espèces a
la sortie de la cabine. Le public est atlmis a échanger contre
des timbres ou contre espèces les tickets réstés
eu sa possession.
Annoncé dans le Bulletin hebdomadaire
des Postes, Télégraphes et Téléphones, 6e
année.
La suppression des tickets par la généralisation
des appareils téléphoniques automatiques.
L'abaissement des tarifs téléphoniques.
La durée journalière du service dans les bureaux
composés.
LES
CABINES et CARTES D'ABONNEMENT TÉLÉPHONIQUES
En France, on a utilisé tour à
tour ou simultanément les termes de : téléphone
public, cabine téléphonique, téléphone
à prépaiement, Taxiphone, Publiphone.
Cette abondance de termes manifeste une hésitation sur lidentité
de ce que nous appellerons « téléphone public
», privilégiant dans notre définition une entrée
par les usages. Le téléphone public sera pour nous celui
qui, situé dans les lieux publics, est offert à lusage
public.
Mais cet usage est dépendant dune transformation technique
de lobjet par rapport au simple appareil à communiquer
à distance par la voix, puisque lobtention dune
communication est subordonnée à son paiement préalable.
Dès 1879 un simple poste Ader mural était mis à
la disposition du publique dans les bureaux de poste.
Service téléphonique
à l'exposition universelle de 1900 à Paris
Le public est admis à communiquer, à partir des
82 cabines mises à sa disposition dans les bureaux de l'Exposition
on en dehors de ces bureaux, avec tous les abonnés de Paris et
toutes les localités qui sont en relations téléphoniques
avec Paris. Des cartes permettant de téléphoner gratuitement,
à partir de ces cabines, avec tous les abonnés ou les
postes publics de Paris, valables pour toute la durée de fonctionnement
des cabines, sont délivrées séance tenante, au
prix de 20 fr, contre remise d'une photographie de l'intéressé
au bureau central de la Porte Rapp où au bureau ordinaire des
abonnements, rue de Grenelle. Les exposants et Les personnes établies
dans l'enceinte de l'Exposition peuvent, en outre souscrire des abonnements
au téléphone comportant l'usage d'un poste particulier
au prix de 150 fr pour une durée de six mois. Des messages téléphonés
peuvent être expédiés à partir de toutes
les cabines publiqnes de l'Exposition. Mais les messages à distribuer
dans l'enceinte doivent être téléphonés,
suivant le cas, au bureau central de l'Exposition ou au bureau
de l'annexe de Vincennes.
Les cabines téléphoniques des bureaux et des jardins,
les plus nombreuses, sont ouvertes, Vincennes excepté, de sept
heures du matin à onze heures du soir. Le service de ces cabines
est effectué par deux téléphonistes. Les autres,
situées dans les galeries, ne fonctionnent que de sept heures
du matin à sept heures du soir ; elles sont desservies pur un
téléphoniste. Parmi ces cabines, il convient d'en signaler
quatre d'un nouveau modèle, parfaitement agencées et éclairées
et bien isolées au point de vue acoustique. Les cabines de la
rive gauche sont toutes reliées au bureau central téléphonique
de la rue Gutenberg. Celles de la rive droite sont reliées avec
Desrernandes ou avec Passy suivant qu'elles sont situées dans
les Champs-Elysées ou au Trocadéro.
En 1881 les premières cabines téléphoniques publiques
sont implantées par la S.G.T ( Société
générale des téléphones ) à l'exposition
d'électricité et dans Paris.
Les premiers téléphones installés dans les cabines
sont horizontaux, obligeant les utilisateurs à se pencher en
avant. Le chapeau haut-de-forme que portaient les hommes à cette
époque s'en trouvait écrasé. L'ingénieur
Clément Ader, le précurseur de
l'aviation, travaille alors à la Société Générale
des Téléphones et met au point un téléphone
mural vertical.
Le régime de ces communications
a été fixé par décret du 31 décembre
1884, dont voici les termes
|
Le Président de la République
française.
Vu l'article 2 de la loi du 2l mars 1878 ;
Vu la loi du 5 avril 1878;
Sur le rapport du Ministre des Postes et des Télégraphe
;
Décrète :
|
|
Article premier.
|
Toute personne peut, à partir des cabines
téléphoniques mises par l'État à la
disposition du public, correspondre, soit avec une autre personne
placée dans une cabine téléphonique de la même
ville, soit avec un abonné du réseau.
La taxe à percevoir pour l'entrée dans les cabines
publiques est fixée, par cinq minutes de conversation : A
Paris, à 0 fr. 50
Dans toutes les autres localités de France, d'Algérie
et de Tunisie, à 0 fr. 25 |
|
Article 2.
|
|
Des communications téléphoniques
à distance peuvent être mises à la disposition
du public.
Les lignes auxquelles est appliquée cette mesure sont indiquées
par décision ministérielle.
La taxe à percevoir par cinq minutes de conversation de
ville à ville est fixée :
Pour toute distance inférieure à 100 kilomètres,
à 1 franc.
Cette taxe peut être réduite à 50 centimes
lorsque les deux villes entre lesquelles l'échange des
conversations par téléphone a lieu, ont été
classées, par décision du Ministre des Postes et
des Télégraphes, comme faisant partie d'un seul
et môme groupe téléphonique.
Les conditions dans lesquelles cette taxe est perçue, soit
sur la personne qui demande la communication, soit par moitié
sur chacune des deux personnes en correspondance, et en général
toutes les conditions d'exécution du service sont déterminées
par arrêtés du Ministre des Postes et des Télégraphes.
Fait à Paris, le 31 décembre 1884.
Signé : JULES GRÉVY.
Par le Président de la République,
Le Ministre des Postes et des Télégraphes,
Signé : AD. COCHERY.
|
 |
Avant la fin de 1884, on commença
l'installation de cabines téléphoniques publiques
à Paris et dans quelques villes de province. Ces cabines,
qui rendent tant de services, existent actuellement, à Paris,
dans tous les bureaux de postes et télégraphes et
les bureaux centraux de la Société générale
des Téléphones, au nombre de 82 à Paris,
et 77 dans les villes de province.
Ce service fut ouvert au public le 1er janvier 1885.
Fin 1885, Paris compte 35 cabines enregistrant chacune une trentaine
de communications hebdomadaires |
Ces cabines sont installées à lintérieur
des bureaux de poste ou dans des lieux publics, par exemple les cafés.
|
28 juillet 1885. DÉCRET créant
un abonnement annuel pour communications échangées
par l'intermédiaire des cabines téléphoniques
publiques.
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
Vu l'article 2 de la loi du 21 mars 1878;
Vu la loi du 5 avril 1878;
Vu le décret du 3i décembre 1884;
Sur le rapport du Ministre des Postes et des Télégraphes
DÉCRÈTE : .
ART. 1. Les abonnés aux réseaux téléphoniques
exploités par l'industrie privée, peuvent obtenir
la faculté de correspondre par l'intermédiaire des
cabines téléphoniques publiques, dans les limites
de chaque réseau urbain, moyennant le payement préalable
d'une taxe d'abonnement qui tient lieu de la taxe perçue
pour chaque communication, en vertu du décret du 31 décembre
1884.
ART. 2, L'abonnement applicable à la correspondance par cabines
téléphoniques est fixé à quarante Francs
par an à Paris et à trente francs par an dans les
départements.
ART. 3. Les conditions dans lesquelles Cet abonnement est perçu,
et, en général, toutes les dispositions relatives
à l'exécution du service des cabines téléphoniques,
sont déterminées par arrêtés du Ministre
des postes et des télégraphes.
Fait à Paris, le 28 juillet 1885. JULES GRÉVY.
Par le Président de la République :
Le Ministre des Postes et des Télégraphes SARRIEN
DÉCRET fixant les conditions auxquelles les cercles et
les établissements publics peuvent mettre leurs téléphones
à lu disposition de leurs membres ou clients.
LE PRÉSIDENT DÉ LA RÉPUBLIQUE,
Vu les lois des 21 mars et 5 avril 1878;
Vu îe décret du 31 décembre 1884;
Sur le rapport du Ministre des Postes el des Télégraphes,
DÉCRÈTE :
ART. 1. Les cercles elles établissements publics, tels que
cafés, restaurants, hôtels, etc., abonnés aux
réseaux téléphoniques concédés
à l'industrie privée, sont autorisés à
mettre le téléphone à la disposition de leurs
membres ou clients, moyennant le payement d'un abonnement double
dé celui qui est fixé par le tarif applicable aux
abonnés ordinaires. Le deuxième abonnement perçu
par le permissionnaire revient intégralement à l'État.
ART. 2. Le Ministre des Postes et des Télégraphes
est chargé de l'exécution du présent décret.
Fait à Paris, le 28 juillet 1885. JULES GRÉVY.
Par le Président de la République :
Le Ministre des Postes et des Télégraphes SARRIEN
ARRÈTÈ fixant les conditions d'exécution du
décret du 28 juillet 1885 (abonnement aux cabines téléphoniques
publiques).
LE MINISTRE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES,
Vu le décret du 28 juillet 1885.
ARRÊTE :
ART. 1. Les abonnements aux cabines téléphoniques,
autorises par le décret du 28 juillet 1885, sont souscrits
exclusivement dans les bureaux de posté et de télégraphe
de la ville où ces abonnements sont utilisés. Sont
seuls autorisés à souscrire ces abonnements, les
abonnés aux réseaux téléphoniques
de là ville, moyennant justification de cette qualité.
DÉCRET fixant les conditions auxquelles les cercles et
les établissements publias peuvent mettre leurs téléphones
à lu disposition de leurs membres ou clients.
ARRÈTÈ fixant les conditions d'exécution
du décret du 28 juillet 1885 (abonnement aux cabines téléphoniques
publiques)
LE MINISTRE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES,
Vu le décret du 28 juillet 1885.
ARRÊTE :
ART. 1. Les abonnements aux cabines téléphoniques,
autorises par le décret du 28 juillet i*1885, sont souscrits
exclusivement dans les bureaux de posté et de télégraphe
de la ville où ces abonnements sont utilisés. Sont
seuls autorisés à souscrire ces abonnements, les abonnés
aux réseaux téléphoniques de là ville,
moyennant justification de cette qualité.
Les receveurs sont chargés d'encaisser le montant des abonnements
et de délivrer directement aux abonnés des cartes spéciales,
dont la présentation est
obligatoire pour obtenir, sans nouveau versement de taxe, la communication
au moyen des cabines publiques.
ART. 2. Ces cartes, conformes au modèle ci-joint, doivent
être revêtues du timbre du bureau d'émission,
de la signature de l'abonné et de celle du receveur. Elles
font mention de la période pendant laquelle la carte est
valable.
ART. 3. Les abonnements sont payables d'avance, au moment de la
délivrance de la carte et prennent fin au 31 décembre
de l'année dans laquelle ils sont souscrits.
L'abonnement de quarante francs par an pour Paris ou de trente francs
pour les départements n'est divisible que par trimestre.
Pour obtenir une carte valable à partir d'une date autre
que les 1er janvier, 1er avril, 1er juillet, î octobre,
l'abonné doit payer l'abonnement pour le reste de l'année,
à partir du commencement du trimestre qui comprend la date
de la délivrance.
ART. 4. Les abonnés sont admis à correspondre sur
la présentation de leur carte et après émargement
sur une feuille présentée par le préposé
au service des cabines.
Les cartes sont rigoureusement personnelles. Toute carte utilisée
par toute autre personne que le titulaire pourrait être retirée
et serait signalée, dans tous les bureaux desservis par le
réseau, comme n'étant plus valable, sans que cette
annulation puisse donner droit à aucun remboursement, et
sans préjudice des poursuites qui pourraient être exercées
contre les délinquants.
ART. 5. Le produit des abonnements aux cabines téléphoniques
entre dans le compte prévu par l'article 11 de l'arrêté
du 5 décembre 1884, relatif à la répartition
des recettes entre l'Etat et les permissionnaires.
Fait à Paris, le 28 juillet 1885. SARRIEN.
MODÈLE DE CARTE. RECTO
Cette carte est rigoureusement personnelle. Toute carte utilisée
par une autre personne que le titulaire pourra être retirée,
sans préjudice des poursuites de droit. |
Depuis cette époque toute personne est admise
à communiquer avec n'importe quel abonné au réseau
de Paris aux conditions suivantes :
Les personnes non abonnées au service téléphonique
du Paris, payent une taxe de 50 centimes pour cinq minutes de conversation.
Dans toutes les autres localités de France, d'Algérie
et de Tunisie, 23 centimes.
Toute personne était admise à communiquer
avec nimporte quel abonné au réseau de Paris
aux conditions suivantes : les personnes non abonnées au service
téléphonique de Paris payaient une taxe de 50 centimes
pour cinq minutes de conversation ; le gouvernement délivrait
aux abonnés de Paris, sur la présentation de leur contrat,
une carte dabonnement, dont le prix était de 40 francs
par an, et qui leur permettait de communiquer dans tous les bureaux
téléphoniques et bureaux de quartiers de la Société
générale des Téléphones indistinctement.
Chaque abonné a droit à autant de cartes qu'il a d'abonnements.
Les cercles et les établissements publics, tels que cafés,
restaurants, hôtels, etc, abonnés aux réseaux téléphoniques
concédés à l'industrie privée, sont autorisés
à mettre le téléphone à la disposition de
leurs membres ou clients, moyennant le payement d'un abonnement double
de celui qui est fixé par le tarif applicable aux abonnés
ordinaires.
Le deuxième abonnement perçu par le permissionnaire revient
intégralement à l'État.
Le produit des communications par cabine publique est entièrement
acquis à l'État dans les réseaux de l'État
; dans les réseaux de la Société, il se partage
entre l'État et la Société.
Après neuf heures du soir, le public n'était pas admis
toutefois àtéléphoner dans les cabines de Paris;
depuis le 1er avril 1887, un certain nombre de cabines ont été
mises à sa disposition après neuf heures dans les bureaux
suivants :
Toute la nuit : bureau n° 44, rue de Grenelle ;
Jusqu'à minuit : bureau n° 92, rue Boissy-d'Anglas .
...................................... 11, avenue de l'Opéra;
.......................................89, au Grand-Hôtel;
11 heures du soir: bureau n° 5, place de la République;
.......................................17, rue des Halles ;
.......................................26, gare du Nord ;
.......................................33, boni, de l'Hôpital;
.......................................45, av. des Ch.-Elysées
:
.......................................91, boul. Saint-Denis.


En 1889, le service du téléphone est nationalisé.
Jusqualors, les seuls téléphones à usage public
nécessitaient la médiation de la « gestionnaire »,
une employée des PTT qui devait à la fois recevoir les demandes
de communication des clients, appeler pour eux les destinataires, répartir
les clients dans les cabines, surveiller les fins de communication, veiller
à ce que personne ne parte sans payer, rendre la monnaie.
Ces communications, doublement médiatisées
par la machine et par lemployée des PTT, ne pouvaient être
obtenues quaux heures douverture des bureaux de Poste et dès
avant la guerre de 1914, ladministration sest préoccupée
de trouver une réponse au besoin de téléphone public
en utilisation autonome et, en tout premier lieu, de régler le
problème du paiement de la communication.
Une première solution, rapidement abandonnée, a été
de sen remettre à lhonnêteté des usagers
en plaçant à côté de lappareil un tronc
qui devait recevoir le prix des communications. Il sagit là,
observons-le, du point extrême de la non-intégration de deux
fonctions (communication et rétribution de lopérateur)
se traduisant par une simple juxtaposition de deux appareils aux fonctionnalités
complémentaires.
On peut imaginer lexistence dune communauté sociale
composée dindividus suffisamment honnêtes et soucieux
des lois pour quil ne soit pas nécessaire daller plus
loin que le tronc à côté du téléphone.
Mais force est de constater que le degré, insuffisant, de responsabilité
de la population, un élément éminemment social ou
culturel, a imposé un procédé technique liant lobtention
dune communication au paiement dune redevance, ce qui a finalement
donné naissance au téléphone public en tant quobjet
technique.
La cabine à pièce
Le premier stade de lintégration du concept a été
conçu en 1922 par lingénieur anglais F.W. Hall
qui vers 1923 a relié un encaisseur au téléphone.
Il ne sagissait en loccurrence que dun lien assez fragile,
un fil électrique, qui subordonnait lobtention dune
communication à une opération de paiement. Les deux parties
de lappareil (mais ne sagissait-il pas encore là de
deux appareils séparés ?), étaient visiblement bien
distinctes, bien que reliées par un mince fil.
Flairant une opportunité, William Gray a mis au point
un téléphone public fonctionnant avec des pièces
de monnaie et a déposé un brevet le 5 avril 1888.
Le premier prototype de Gray consistait en un boîtier recouvrant
l'ouverture du combiné et qui coulissait lorsqu'une pièce
était insérée. Cependant, il fut rejeté
car une seule pièce permettait de passer plusieurs appels et
que, si un autre poste était appelé, le destinataire devrait
également payer une solution manifestement loin d'être
idéale. Après plusieurs tentatives infructueuses, Gray
trouva une solution étonnamment simple : un « appareil
à pièces » utilisant une petite cloche pour
signaler l'insertion d'une pièce(brevet américain n° US408709A),
puis, quelques années plus tard, un « dispositif de
signalisation pour cabines téléphoniques payantes »
plus élaboré (brevet américain US454470).
Le concept a rapidement rencontré un vif succès et, en
1889, le brevet a été accordé. La Southern New
England Telephone Company a installé le premier téléphone
public à pièces dans les locaux de la Hartford National
Bank, sur State Street.
En 1891, Gray fonda la Gray Telephone Pay Station Company et commença
à installer des téléphones sur des poteaux et dans
des armoires à travers l'Amérique. Il continua à
perfectionner son invention, déposant finalement plus de 20 brevets
liés au téléphone public, notamment des innovations
concernant les appareils de télépéage, les monnayeurs,
les registres d'appels et les dispositifs de signalisation. Cent ans
plus tard, on comptait plus de 2 millions de téléphones
publics installés aux États-Unis.
En 1896 M. H. Menier, ayant remarqué que
« les cabines téléphoniques sont disposées
de façon à étouffer le son et aussi les personnes
qui y séjournent », a cherché à remédier
à la gêne des personnes forcées de rester parfois
10 minutes dans ces boîtes, tout en conservant le secret des conversations.
M. G. Maréchal décrit ainsi dans la Nature lappareil
réalisé :
« A la partie supérieure de la cabine est ménagée
une large ouverture au-dessus de laquelle est placée une caisse
ouverte à ses deux bouts. Dans celle-ci sont disposés
de distance en distance des cadres en bois, de la dimension de la caisse,
reposant sur des tasseaux et recouverts de drap. Au milieu de chacun
deux est ménagée une large ouverture ; dautres
cadres plus petits, également recouverts de drap et supportés
par des cordons attachés aux parois de la caisse, viennent sinterposer
entre les premiers. Cette disposition en chicane permet à lair
une large circulation, et lexpérience a démontré
quelle annule complètement les vibrations. »
Il serait à désirer que cette disposition soit bientôt
appliquée à toutes les cabines téléphoniques
publiques.
Le téléphone public est-il une simple déclinaison
du téléphone « ordinaire » ou un nouvel objet
technique ?
lobligation de présenter un système
de paiement intégré à la machine et celui de sa résistance
particulière à la fois aux intempéries et aux éventuelles
agressions des utilisateurs. A la fonction première de communication
sest ajoutée celle de paiement immédiat et intégré
à la machine, cest-à-dire une caisse recevant pièces
ou jetons, ainsi quune qualité de résistance particulière
aux agressions.
Enfin lobligation de protéger de la pluie lappareil
et les utilisateurs a donné naissance aux habitacles fermés.
Lobjet originel a donc été assez profondément
modifié. Lautomate destiné à permettre la transaction
financière a complexifié lappareil et en a alourdi
la forme. Lhabitacle est devenu un édicule urbain suffisamment
visible pour quil suffise à sa propre signalisation.
Ainsi, ces nécessités découlant directement de lutilisation
des téléphones dans les lieux publics ont suffisamment influé
sur lidentité technique de la machine pour quon puisse
dire quelles ont donné naissance à un projet puis
à un objet technique nouveau.
Plus tard, en 1924, un inspecteur des téléphones
français, M. Roussotte a amélioré
le dispositif en intégrant lencaisseur et le téléphone
dans un même boîtier. On a, grâce à cette intégration,
un premier degré de « concrétisation » dun
objet technique, objet qui a évolué à partir de «
labstraction » que constituait la juxtaposition de deux fonctionnalités
qui ninteragissaient pas lune avec lautre.
Dans cette logique, le téléphone « abstrait »
est le téléphone privé, doté du seul pouvoir
de faire communiquer à distance, et sa concrétisation est
issue de la rencontre avec une réalité du terrain, son utilisation
dans le cas concret dun site non protégé et dune
absence de médiation humaine. Dans le cas qui nous intéresse,
le premier téléphone public Hall/Roussotte peut être
considéré comme une étape imparfaite de concrétisation
puisquil sagit de deux systèmes juxtaposés :
un système communiquant et un système de paiement.
Lorsque le téléphone public a parachevé la synthèse
de ces deux fonctions par lintégration de deux systèmes,
il a atteint cette concrétisation qui a donné naissance
à un nouvel objet technique. Les fonctions de paiement seront alors
si bien liées aux fonctions de communication quon ne pourra
plus déterminer quels éléments de lensemble
remplissent chacun de ces deux rôles, désormais étroitement
imbriqués.
Ainsi, les nombreux modèles de téléphones publics
qui se sont succédé depuis celui de Hall, malgré
leur grande variété de conception, présentent-ils
ces mêmes caractères et leurs différences ne sont-elles
que des réponses particulières, propres à chaque
contexte, correspondant à ces exigences fondamentales que sont
la communication, la sécurité et le paiement. Lhabitacle,
par exemple, qui répond à lexigence de sécurité
(protection des appareils) autant quau confort de lutilisateur
a pu être une cabine en bois et verre complètement fermée,
un simple chapeau posé sur un pied ou accroché à
un mur dans les lieux semi-protégés, où même
être complètement absent dans les lieux fermés, comme
dans le cas des « pointphones » posés sur le comptoir
de certains cafés. La sécurité de ce dernier appareil
est alors assurée, mais pas le confort des utilisateurs qui doivent
téléphoner dans le bruit et en public. Quant à la
fonction de communication remplie par lappareil téléphonique
lui-même, elle a surtout été modifiée en même
temps que le réseau se perfectionnait en assurant automatiquement
les tâches auparavant dévolues à des opérateurs
(plus souvent des opératrices). Le téléphone a matérialisé
ces évolutions par la disparition de la manivelle et lintroduction
du cadran, par lutilisation puis labandon du bouton poussoir.
Le tableau 1 met en évidence la chronologie de lévolution
technique des téléphones publics et ses liens avec son histoire
sociale.
1913 En France
LADMINISTRATION des téléphones perd journellement
un grand nombre de clients; effrayés par la longueur de l'attente
dans les bureaux officiels, ils préfèrent verser le prix
de leur communication à un commerçant, cafetier ou autre,
qui leur prête l'usage d'une cabine privée.
Pour obvier à cet inconvénient, lEtat vient de décider
de mettre en service dans différents bureaux de poste de Paris
un certain nombre de cabines à paiement préalable
dont le fonctionnement n'exige le concours daucun agent.
Cet appareil est adapté pour la France par M. Roussote,
inspecteur des téléphones, sous la direction de M.Drouet,
ingénieur en chef et directeur des services téléphoniques
de la région de Paris.
Les premiers taxiphones de Paris fonctionnent avec des pièces de
25 centimes.
Pour obtenir une communication il suffit den introduire le prix
en monnaie ayant cours par les ouvertures pratiquées à
cet effet dans un tableau indicateur placé au-dessus de lappareil
et de porter le récepteur à son oreille.
Ce mode dexploitation permet de réaliser une économie
sensible sur les dépenses de personnel, tout en accélérant
les communications.
LAdministration des PTT décide de confier lexploitation
des cabines téléphoniques munies dappareils à
encaissement automatique à la compagnie
du taxiphone, créée en février 1923 pour
lachat et lexploitation des brevets concernant le taxiphone.
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