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Taxation
et facturation téléphonique
1879-1889 Dans le contrat de location d'une ligne
de télégraphe ou de téléphone, il n'y avait
pas de tarification à la durée de conversation.
Les touts premiers centraux téléphoniques manuels ne comportaient
pas d'équipement pour facturer le temps des conversations, les
opératrices étaient seulement chargées d'établir
et d'interrompre les conversations entre abonnés.
Taxation et facturation sont étroitement liés, la taxation
est le moyen d'imputer un compte individuel ou un compteur afin d'établir
la facturation de l'abonné en fin de bimestre comprenant son
abonnement à la ligne et sa consommation en durée de conversation.
Pour toute la suite les conversations sont taxées à la
durée et nous le verrons la facturation à la durée
dépendra du type d'abonnement ...
1889 - Abonnements à Conversation
Taxée :
Dès la nationalisation le 1er septembre de la Société
Générale du Téléphone par la
loi du 16 juillet 1889 et l'instauration du monopole d'état sur
les conversations téléphoniques, concernant les télécommunications
manuelles, il est institué un système de taxation des
conversations assuré par les opératrices manuelles,
qui établissent des Tickets de papier où sont notés
le nom de labonné demandeur, celui du demandé et
son lieu de résidence, ainsi que la durée de la communication
qu'elle soit locale ou interurbaine.
Les tickets étaient exploités par les services de facturation
afin d'établir la distance entre les deux bureaux de raccordements
des abonnés considérés, et appliquer lun
des très nombreux tarifs unitaires fixés en fonction de
la distance.
La tarification par période indivisible de 3 minutes était
exprimée en francs (Taxation dite par « Unité de
Conversation »).
Le prix de chaque conversation est donc fonction
de la distance et de la durée, sachant que la durée minimale
facturée est de 3 minutes, et ce par multiple de 3 minutes indivisibles,
sachant que toute période de 3 minutes commencée est due
entièrement.
Dans ce système à Unités de Conversation, l'intervalle
de taxation est donc toujours fixé (à 3 minutes) ; ce
qui varie est le prix facturé de cet intervalle en fonction de
la distance (La Taxe Unitaire). Les montants sont
donc exprimés directement en francs pour chaque conversation
téléphonique comptabilisée.
Régulièrement, en général
au moins une à deux fois par an, les tarifs du téléphone
sont révisés à la hausse pour rattraper linflation
et sadapter également à lévolution du
réseau ainsi quà la politique tarifaire qui est décidée
par le gouvernement et ladministration des Postes et Télégraphes.
Au commencement : 1 Réseau local = 1 Circonscription
de taxe.
Durant cette période, et jusqu'en 1936, chaque réseau local
(en général constitué d'un seul centre téléphonique
manuel, et parfois par un ou deux petits centres satellites) constitue
à lui seul une circonscription de taxe locale.
Il y a donc une multitude de petits réseaux locaux téléphoniques
qui se construisent un peu partout, mais seulement où les territoires
sont suffisamment riches et/ou influents pour se l'offrir.
Nota sur l'utilisation de langues étrangères
:
dès le début du téléphone (manuel) en France,
il est strictement interdit d'utiliser une autre langue que le français
au téléphone, entre abonnés. Une première
dérogation à ce principe n'interviendra qu'en 1917.
Les tarifs d'abonnements sont multiples voire anarchiques
Les décrets et arrêtés s'empilent les uns sur les
autres rendant la gestion très ardue. Surgissent par arrêtés
successifs des tarifs d'abattement sur les communications locales ou pour
certaines destinations entre certains réseaux, ou des surtaxes
sur d'autres, des surtaxes suivant les bureaux et les heures de demande
des appels, des tarifs spécifiques pour les communications à
heures fixes, des tarifs d'abonnements suivant la taille des réseaux
locaux... La situation est tout sauf unifiée, tout sauf claire.
Elle n'est que le reflet d'un réseau originairement morcelé
et où le clientélisme politique influe trop sur l'administration
qui est encore dépourvue de sa toute puissance régulatrice.
De plus, au départ, les réseaux locaux portent bien leur
dénomination car ils ne sont même pas interconnectés,
les Liaisons Grande Distance sont encore un rêve à construire.
Les liaisons interurbaines, manuelles, seront elles aussi construites
au compte-goutte ville par ville.
Il existe donc jusques au début des années 1930 une relative
anarchie et d'énormes inégalités dans le déploiement
du maillage téléphonique sur le territoire national.
Vers 1895 : COMMENT SE FAISAIT LA TAXATION
TÉLÉPHONIQUE
Voici ce que l'on pouvait lire dans les annales télégraphiques
de 1895 : ou nous étions à l'étude de solution comme
l'exemple de l'Autriche ci dessous.
Les taxes globales, actuellement appliquées par la plupart des
administrations en ce qui concerne le service téléphonique
local, se distinguent par la simplicité
toute particulière que comporte leur décompte. Aux débuts
de la téléphonie, elles ont répondu pleinement aux
besoins du public et des entreprises; mais, en l'état actuel, il
sera difficile de les appliquer pendant longtemps encore.
Tant qu'on n'a pas possédé d'expérience sur le service
téléphonique pratique, sur l'extension et l'intensité
qu'il acquerrait, tant que les frais d'exploitation ont échappé
à toute évaluation même approximative, tant qu'on a
dû procéder à des changements incessants pour obtenir
un service irréprochable, et enfin tant qu'on a pu considérer
l'usage du téléphone comme un objet de luxe accessible seulement
aux classes aisées, il a paru juste de fixer les tarifs d'abonnement
à un chiffre uniforme pour tous les abonnés en élevant
suffisamment ce chiffre de manière à pouvoir assurer le service,
dans toutes circonstances, en réalisant un bénéfice
suffisant.
Mais le téléphone a conquis droit de cité dans le monde
des affaires, et il est devenu un véritable besoin pour un grand
nombre de classes; les dispositifs adoptés ont acquis un certain
degré de stabilité ; et, en même temps, on a la possibilité
de déterminer d'avance, avec un certain degré d'exactitude
suffisant, l'augmentation des frais d'exploitation qui est la conséquence
de l'accroissement du nombre des abonnés d'un réseau. Un état
de choses si profondément modifié est aussi peu compatible
avec le tarif actuellement en vigueur qu'un système exclusivement
global de droits le serait avec les conditions présentes des services
des chemins de fer, des postes et des télégraphes. La tarification
téléphonique actuelle offre les défauts suivants :
1** Pour les abonnés faisant fréquemment usage du téléphone,
les droits actuels sont trop bas, par rapport aux économies que leur
fait réaliser ce nouveau moyen de communication ; par contre, pour
les abonnés qui ne font que modérément usage du téléphone,
les mêmes droits sont trop élevés. En outre, les abonnés
d'un grand réseau payent trop peu en comparaison des abonnés
d'une petite ville. Il en résulte que les abonnés au téléphone
se recrutent actuellement surtout dans les cercles qui font un usage très
intensif de la correspondance téléphonique et qui, par suite,
formulent des exigences élevées au sujet de la capacité
de service des dispositifs d'exploitation^ et cela sans fournir en retour
de compensation correspondante ; par suite, le chiffre des abonnés
aura atteint son maximum, lorsque tous les membres de ces cercles se trouveront
reliés aux réseaux locaux ; quant aux grandes masses des centres
de population, l'on ne parviendra jamais, avec le tarif uniforme actuel,
à leur rendre accessibles les importants avantages offerts par le
trafic téléphonique;
2** Le rendement des réseaux téléphoniques ne peut
pas s'accroître dans les proportions désirables, proportions
effectivement atteintes par les autres services de communications, parce
que, avec l'accroissement du nombre des abonnés, les frais d'exploitation
augmentent beaucoup plus vite que les recettes résultant d'un tarif
global ;
3** Les réclamations relatives à l'imperfection du service
ne cesseront jamais sur les grands réseaux, malgré l'adoption
des dispositifs les plus parfaits , tant que chaque abonné pourra
faire usage du téléphone sans restriction aucune, c'est-à-dire
tant que, par la graduation des droits, on n'aura pas donné au téléphone
le caractère d'un moyen public de communication.
Ces défauts qui, avec le temps, entraveront le développement
ultérieur de la téléphonie et empêcheront sa
vulgarisation, l'on ne peut les éliminer qu'en créant un système
de tarif naturel, dans lequel il y aura un rapport exact entre le service
effectué et la compensation donnée en retour. Ce qui distingue
les correspondances téléphoniques locales du service postal,
du service télégraphique et même du service téléphonique
interurbain, c'est que, dans ces trois derniers services, toutes les facilités
offertes sont accessibles à tous contre versement de certaines taxes,
tandis que l'abonné au téléphone, lui, dispose à
l'exclusion de toute autre personne d'un appareil particulier et d'un fil
de raccordement avec le bureau central.
C'est là le seul trait qui différencie le service téléphonique
local ; et on peut en tenir compte en astreignant l'abonné soit à
rembourser les dépenses faites pour son usage exclusif sous forme
d'une taxe de construction perçue une fois pour toutes, soit à
acquitter chaque année une taxe principale. Nous n'examinerons pas
ici lequel, de ces deux modes de paiement, est préférable.
D'après les idées émises jusqu'ici à ce sujet,
on semble d'accord pour admettre comme préférable la perception
annuelle, sur les abonnés, d'une taxe fondamentale représentative
du service des intérêts et de l'amortissement des frais d'installation.
Par le paiement de la taxe fondamentale, laquelle sera plus ou moins élevée
suivant la longueur du fil de raccordement et la nature des appareils mis
à la disposition des abonnés, l'abonné s'est seulement
donné la possibilité de correspondre, à partir de son
domicile, avec d'autres abonnés. Si l'abonné fait plus ou
moins fréquemment usage de l'installation mise à sa disposition
exclusive, s'il réclame dans une mesure plus ou moins grande les
services du bureau téléphonique central, les faits doivent
trouver leur expression dans une deuxième taxe, la taxe d'exploitation.
Il s'agit donc de trouver la méthode la plus convenable afin de pouvoir
contrôler exactement l'emploi des téléphones par les
divers abonnés sans accroître le
travail du bureau central et de pouvoir déterminer en conséquence
la taxe d'exploitation à percevoir.
La méthode la plus simple pour atteindre ce résultat est sans
doute celle expérimentée depuis quelque temps en Suisse et
qui consiste à faire prendre note, par les employés du bureau
central, du nombre des conversations provoquées par chaque abonné.
Mais un pareil procédé impose au bureau central un surcroit
de travail qu'il n'est guère facile de tolérer à la
longue, il complique extraordinairement la comptabilité et, en outre
, il a le défaut de ne pas donner à l'abonné intéressé
la possibilité de contrôler, en tout temps, ses dépenses
de correspondance téléphonique et de mettre un terme aux abus
éventuellement commis par son personnel. Une autre proposition a
été formulée, d'après laquelle on déterminerait,
à certaines dates, le nombre des conversations téléphoniques
tenues, dans la journée, par l'abonné. Des chiffres obtenus,
on déduirait une moyenne annuelle et, sur la base des relèvements
ainsi effectués, on classerait les abonnés en différentes
catégories. Mais un pareil système laisse la porte ouverte
à des éventualités accidentelles et à des inexactitudes
qui pourraient amener des contestations délicates entre l'administration
publique et les particuliers.
La même observation s'applique aux propositions faites de classer
les abonnés d'après leurs professions, leur importance dans
le monde des affaires, etc. Pour ce qui est des dispositifs d'enregistrement
automatiques, remarquons que l'on a imaginé quantité dé
compteurs automatiques, de compteurs de conversations, d'enregistreurs du
temps employé, mais qui, d'une construction rudimentaire, enregistrent
uniformément tous les appels faits au bureau central ou bien encore
enregistrent la durée pendant laquelle les téléphones
ont cessé d'être accrochés. Sans parler des autres désavantages
que comportent les appareils précités et que nous examinerons
plus loin, la dernière particularité que nous venons de signaler
suffit à elle seule pour faire écarter ces compteurs et chronomètres.
L'application d'une taxe d'exploitation ne se justifierait que si la détermination
de l'emploi fait du téléphone repose sur des bases absolument
justes et inattaquables et si l'abonné n'est astreint à un
paiement qu'au cas où il aura reçu la contre-partie de son
débours. L'abonné paiera volontiers pour une conversation
qui aura eu lieu effectivement, mais non pour un appel demeuré sans
résultat.
Enfin, si l'on tient compte d'une autre proposition, d'après laquelle
on fixerait le prix de la conversation à un chiffre assez bas pour
que l'abonné reste indifférent à la taxation d'une
conversation en plus ou en moins, alors la détermination d'une taxe
par conversation n'a pas grand objet et, dans ce cas, mieux vaut maintenir
les taxes globales actuelles.
Les dispositifs techniques, qui permettront d'amener une solution de la
question des taxes téléphoniques et cela sans accroître
le travail du bureau central, doivent donc satisfaire aux conditions ci-après
:
« On peut adopter pour mesure de l'usage d'un poste téléphonique
soit le nombre des conversations effectives, soit leur nombre et leur durée
simultanément ». Il ne suffit pas d'enregistrer seulement la
durée des conversations, car il n'y a pas égalité dans
le travail réclamé du bureau lorsque l'abonné maintient
longtemps la même communication ou bien lorsque, durant le même
laps de temps, il demande dix ou vingt communications différentes.
Dans le service local, il y a avantage à tenir compte non seulement
du nombre, mais encore de la durée des conversations, car par là
on rappelle, en tout temps, l'attention de l'abonné sur la nécessité
de donner le signal de fin de conversation. En outre, il est de toute justice
de tenir compte de la durée des conversations; car une longue conversation
permet de régler plus d'affaires qu'un court entretien, en sorte
que, dans le premier cas, on rend à l'abonné un plus grand
service que dans le second. Par suite, l'adoption d'un système tenant
compte de la durée des conversations aura pour conséquence
d'encourager les abonnés à abréger, autant que possible,
leurs entretiens et à donner en temps voulu le signal de fin de conversation,
ce qui entraînera, dans le service général, une exactitude
plus grande, au grand avantage de tous les abonnés.
Une autre question qu'il convient d'examiner brièvement, c'est celle
de savoir s'il faut porter une seule conversation au compte des deux correspondants
ou
simplement au compte de l'abonné appelant. Il est de toute justice
de ne faire payer que l'abonné qui a demandé la communication,
car rarement l'abonné
appelé se trouvera en mesure de se refuser de prime abord à
correspondre avec d'autres abonnés et par suite on ne peut songer
à lui faire acquitter une taxe
pour des communications peut-être importunes.
Quand même une grande partie du trafic téléphonique
consisterait en conversations dans lesquelles ce serait l'abonné
appelé, et non le demandeur, qui y aurait le plus d'intérêt,
néanmoins, il faudrait maintenir le principe d'après lequel
l'abonné appelant acquitte la taxe voulue, tout en laissant aux intéressés
le soin de régler leurs comptes ensemble. C'est là d'ailleurs
le principe aujourd'hui en vigueur dans les relations postales et télégraphiques;
dans ces cas, c'est l'expéditeur qui, le plus souvent, acquitte la
taxe prescrite. Il découle de ces observations que la solution technique
de la question des taxes téléphoniques consiste à construire
des appareils susceptibles d'enregistrer automatiquement et exactement toute
conversation réellement effectuée et même encore la
durée de la mise en communication chez l'abonné qui aura provoqué
l'entretien.
Nous décrivons ci-après un Système de compteur qui
répond à ces desiderata, qui peut s'appliquer même sur
les plus grands réseaux sans entraîner beaucoup de frais, et
qui permet l'enregistrement automatique des conversations, soit quant à
leur nombre et à leur durée, soit ce qui simplifie considérablement
les dispositifs à introduire dans le bureau central quant à
leur nombre seulement, sans égard à la durée.
Le principe adopté consiste en ce que les courants, partant du bureau
central pour actionner les compteurs, sont émis sur la ligne d l'abonné
appelant dès que la communication se trouve réellement établie,
et qu'en outre, si la durée des conversations doit être notée,
cette émission se renouvelle ultérieurement d'elle même
à des intervalles de temps déterminés. Pour l'enregistrement
des émissions de courants marquant le nombre des unités de
conversation, on dispose de petits compteurs électriques placés
dans le bureau central ou dans les postes d'abonnés.
INSTALLATION DANS LE BUREAU CENTRAL.
Pour l'enregistrement des conversations comme nombre et comme durée.
Pour le double enregistrement précité, le système
repose sur les principes suivants :
a) Chaque conversation, jusqu'à concurrence d'une durée déterminée,
par exemple 6 minutes, est notée comme une unité de conversation
et chaque nouvelle période commencée de 6 minutes se
compte comme une autre conversation ;
b) Le comptage automatique des unités de conversation n'a jamais
lieu que pour l'abonné appelant ;
c) Le comptage a lieu dès que l'opérateur a effectué
la mise en communication de deux abonnés ;
il ne s'effectue pas si l'agent de service constate que la communication
demandée ne peut avoir lieu immédiatement pour un motif quelconque.
On atteint cet objectif multiple au moyen d'un jeu de clés
installé dans une partie quelconque du bureau et relié, par
des conducteurs, aux commutateurs centraux. Ce dispositif de contacts comporte
tout d'abord un arbre de transmission W [fig. 1 et 2), lequel tourne constamment
et lentement sous l'action d'un mécanisme d'horlogerie et qui, durant
le laps de temps susmentionné de 6 minutes, opère une révolution
complète ; cet arbre porte autant de roues à rochet qu'il
existe de paires de fiches de communication dans le commutateur central
en cause.
A côté de chaque roue d'accouplement, on voit, sur l'arbre
W, un disque fou sur l'arbre ar, lequel porte une encoche 1 et une came
n (qui ne se trouve pas dans le même plan que l'encoche ) , ainsi
qu'un cliquet K, avec son ressort correspondant . Contre le disque fou sur
l'arbre x s'appuie l'extrémité recourbée
ô, du levier d'armature H, grâce à la pression du ressort
lame f . L'électro-aimant M, dont les bobines ont environ 25 ohms
de résistance, se trouve intercalé dans le circuit d'une pile
locale B et le circuit de cet électro peut être fermé
en faisant basculer à l'intérieur du meuble le levier de la
clé correspondante . L 'opérateur faisait tourner le
levier bascule correspondant de sa table d'opérateur, comme on peut
le voir sur le schéma de conception, la bascule enlève ainsi
la communication de la terre, et établit le contact en E, en sorte
que le courant de la pile B s'écoule par l'électro-aimant
M qui alors attire son armature, et par là le comptage d'une unité
se trouve obtenu chez l'abonné appelant.
Dans la position de repos, le ressort-lame presse l'extrémité
du levier d'armature et la maintient dans l'encoche du disque mobile x alors
b appuie sur le bras h du cliquet K et maintient ce dernier éloigné
de la roue à rochet r, en sorte que les disques a: et r ne sont pas
solidaires, mais si on manuvre, après avoir établi une
communication, le levier de la clé qui correspond à la paire
de fiches, alors on enlève la communication avec la terre et on ferme
le circuit local en E (fig. 3); et l'armature A de l'électro-aimant
M (fig. 1) se trouve attirée; l'extrémité recourbé
A, de l'armature, dans ces conditions, sort de l'encoche, et le cliquet
K est amené par le ressort / en prise avec la roue r, en sorte que
le disque monté sur l'arbre W est entraîné par lui.
Dans le fascicule XXII de la Zeitschrift fur Elektrotechnik de Vienne, 1893,
nous avons décrit un dispositif de contacts avec lequel la numération
des unités de conversation commence au moment où la seconde
fiche du fil souple de communication se trouve être levée.
Ce dispositif, sur les commutateurs simples, répondrait parfaitement
au desideratum en vue. En d'autres termes, il permettrait de ne compter
que les seules conversations effectuées, parce que l'opérateur
voit d'un coup d'il que la communication demandée est libre
ou occupée. Sur les commutateurs multiples naturellement le même
dispositif enregistrerait les appels au sujet desquels l'opérateur,
seulement après essai du fil demandé, constate que la communication
ne peut être pour le moment établie, mais cela à la
condition d'utiliser la seconde fiche. Comme il importe de n'imputer aux
abonnés que les seules conversations réellement survenues,
de manière à éviter des réclamations justifiées
de la part du public, et en outre afin d'obtenir la possibilité de
séparer complètement le dispositif de contacts du commutateur,
ce qui facilitera grandement l'emploi du compteur sur les réseaux
déjà existants, nous avons depuis apporté k notre appareil
la modification ci-après : le disque de contact x est accouplé
k l'arbre principal au moment où l'opérateur.
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Pendant
cette rotation, comme on voit sur la. fig 1, la came n rencontrant
la dent m, soulèvera un moment le ressort de contact c^ du
point de contact c^, et l'appliquera contre le ressort de contact
c^. Les pièces de contact c, et c^ sont intercalées
dans le fil souple qui relie les deux fiches d'une paire. Dans le
schéma de la partie figurée à titre d'exemple
d'un panneau d'annonciateurs pour fils simples (voir fig, 3), les
pièces c^ et c, se trouvent placées entre l'annonciateur
de fin de conversation A et le contact de repos de la clé d'écoute
T, affectés à l'abonné appelant. Ce ressort de
contact c^ se trouve relié avec une pile B, ayant un pôle
à la terre, laquelle doit actionner le compteur central du
poste d'opérateur en cause , ainsi que les compteurs de conversations
installés dans les postes d'abonnés. Lorsque deux abonnés
ont été reliés ensemble au moyen des fiches S
5 du conducteur , les compteurs se trouvent actionnés par le
fait que la came n applique le ressort de contact c^ contre c,; le
courant de la pile B, se rend alors d'un côté à
la terre, et de l'autre côté il traverse, le compteur
principal Z en passant par Cg et c^, les clés T^ et T,, le
conducteur , pour se rendre au compteur de l'abonné appelant
puis à la terre, tandis que le conducteur de l'abonné
demandé demeure isolé pendant ce court laps de temps.
La construction
de la clé à levier se trouve représentée
à la fig. 4.
Le levier-bascule K, qui doit, sur les panneaux d'annonciateurs en
usage en Autriche, assurer, lorsqu'il se trouve dans sa position normale
, la communication de l'âme du fil simple des fiches avec la
terre, est pourvu d'une deuxième pièce de contact. Cette
deuxième pièce est formée du levier h mobile
autour de l'axe a et du butoir c dans la position normale indiquée,
il interrompt le circuit local de l'électro-aimant correspondant;
dans la position de conversation, par contre, il ferme ce circuit
et, conséquemment, provoque l'attraction de l'armature A (fig-
1).
Il est maintenant facile de s'expliquer comment fonctionne le compteur
au cas d'une conversation.
Supposons que l'unité de conversation soit fixée à
6 minutes. Quand un abonné appelle, l'opérateur de service,
après avoir enfoncé sa fiche de droite (la blanche),
prend le numéro de l'abonné appelé, puis il insère
sa fiche de gauche (la noire) dans le jack de l'abonné demandé
et appelle ce dernier. S'il est impossible d'éveiller l'attention
de l'abonné demandé ou, pour un motif quelconque, d'établir
la communication désirée (par exemple parce que l'essai,
sur les commutateurs multiples, démontre que le fil demandé
est déjà occupé), l'opérateur avise l'abonné
appelant en conséquence et l'appel n'est pas compté.
Si au contraire l'abonné appelé répond à
l'appel et que la conversation puisse avoir lieu, l'opérateur
fait tourner le levier bascule correspondant, enlève ainsi
la communication à la terre, et établit le contact en
E, en sorte que le courant de la pile B s'écoule par l'électroaimant
M qui alors attire son armature, et par là le comptage d'une
unité se trouve obtenu chez l'abonné appelant.
Si la communication persiste encore
après 6 minutes, on obtient le comptage d'une nouvelle unité;
car les deux ressorts de contact c, et c sont pressés de
nouveau l'un contre l'autre pendant un instant par la came revenue
dans sa position normale ; par suite de cette manuvre , un
courant de courte durée se trouve envoyé au travers
du compteur central et du compteur individuel; pendant ce temps,
l'autre conducteur demeure isolé un court instant, et la
deuxième unité de conversation est enregistrée
sur le compteur de l'abonné appelant, etc.
De cette manière, les unités de conversation se trouvent
comptées automatiquement, sans intervention de l'opérateur
jusqu'à ce que le signal de fin de conversation soit donné
par les abonnés et que la communication se trouve interrompue
dans le bureau central.
Quand la communication est interrompue, le retour du levier-bascule
dans sa position normale entraîne le désembrayage du
disque x. De temps à autre, tous les trois mois ou six mois,
on relève les chiffres marqués par les compteurs et
on détermine, d'après ces chiffres, la somme à
payer par l'abonné à titre de droit d'exploitation.
Le même dispositif de contacts peut s'installer sans difficulté
sur tous les commutateurs dicordes; mais naturellement, dans chaque
cas, la construction des pièces détachées et
leur insertion doivent avoir lieu en conformité avec réorganisation
particulière et le schéma
des communications du commutateur en cause.
Avec les commutateurs monocordes, ce n'est pas un dispositif de
contacts pour chaque fil d'abonné, mais bien seulement dix
ou vingt de ces dispositifs par poste d'opérateur que l'on
doit installer sur l'arbre; puis, au moyen de commutateurs spéciaux,
lorsqu'on établit une communication, on introduit un de ces
dispositifs alors inoccupé sur le conducteur de l'abonné
appelant, et cela pour la durée de la conversation.
Sur les panneaux d'annonciateurs du système dicorde, on atteint
facilement le but en vue en doublant le dispositif de contacts qui
est composé des pièces et en disposant les ressorts
c à
côté l'un de l'autre de manière qu'ils soient
tous les deux simultanément séparés des pièces
de contact c, par la came n faite suffisamment large à cet
effet, et qu'ils soient amenés en contact avec les ressorts
c, qui se trouvent également placés à côté
l'un de l'autre.
Les deux ressorts c, et les. deux pièces de contact correspondantes
c, s'intercalent sur le cordon double de la paire de fiches; un
ressort c, est relié avec la pile mise à la terre
et l'autre ressort de même nom est mis en communication directe
avec la terre. En faisant tourner le levier-bascule comme précédemment,
on ferme le circuit local et, par suite, on embraye sur l'arbre
le disque de contact.
La came latérale w réunit les ressorts c, et les ressorts
Cj.
Par suite, le courant compteur va de la pile dont un pôle
est mis à la terre à l'un des ressorts c et au ressort
correspondant c, il pénètre sur le conducteur de l'abonné
appelant, dans l'appareil compteur de ce dernier, il passe sur le
conducteur de retour et se rend à la terre en traversant
le deuxième couple de ressorts c, et c^.
D'autre part, en utilisant la terre pour le courant de comptage
même sur les conducteurs dicordes, il devient possible d'employer
une pile commune dans chaque bureau central.
L'application de notre système aux commutateurs multiples
n'entraîne aucune complication; car, quelle que soit la construction
du commutateur, toujours une
paire de fiches est reliée par un cordon souple contenant
le conducteur dans lequel les contacts c^, c, et c, peuvent être
insérés; en outre, d'ailleurs, le dispositif de contacts
peut être installé en demeurant complètement
séparé du panneau d'annonciateurs.
Sur les grands réseaux qui comptent plusieurs bureaux centraux
et dans lesquels, pour l'établissement de certaines communications
, le concours de deux opérateurs ou d'un plus grand nombre
est nécessaire, il importe d'adjoindre, à chaque panneau,
qui contient des jacks de conducteurs d'intercommunication entre
les bureaux, un nombre de connecteurs sans dispositif de contacts,
correspondant au nombre de ces conducteurs.
Ce chiffre doit être indiqué nettement, faute de quoi
une seule et même unité de conversation pourrait se
compter deux ou trois fois.
Sur les grands réseaux, l'opérateur, appelé
par l'abonné, aurait à employer un fil souple avec
fiche pourvu d'un dispositif de contact, à introduire la
fiche blanche dans le jack de l'abonné appelant et la fiche
noire dans le fil d'intercommunication allant au bureau central
intéressé, mais cela tout en différant l'emploi
du levier bascule jusqu'à l'arrivée de l'avis de l'autre
bureau central que la communication désirée est établie.
Quant à l'opérateur du second bureau central, il doit
effectuer la mise en communication avec les fiches spécialement
réservées pour ne pas donner de contact. Si alors
on fait tourner les leviers-bascules dans les deux bureaux centraux,
le comptage d'une unité aura lieu chez l'abonné appelant.
On évitera complètement les erreurs dans le choix
des vraies paires de fiches, si les fils d'intercommunication entre
les bureaux centraux se trouvent amenés à chaque panneau
comme les fils d'abonnés et si les jacks locaux de ces fils,
dans chaque bureau, sont attribués exclusivement à
un agent, de sorte que les divers agents n'aient à manipuler
qu'une seule espèce de fils souples avec fiches.
Dans les bureaux centraux importants, il sera préférable
de réunir les dispositifs de contact dans un seul endroit,
de les relier par des câbles aux commutateurs , d'accoupler
tous les arbres entre eux, ainsi qu'avec l'arbre principal, et d'actionner
ce dernier par un petit moteur tournant à un nombre déterminé
de tours.
A un poste d'opérateur, on ne peut lancer simultanément
deux émissions du courant de comptage, car l'opérateur
ne peut jamais, juste au même moment,
établir deux communications.
Par suite, si un compteur totalisateur spécial (Z dans la
fig. 3) est intercalé sur le fil de mise en communication
entre la pile de compteur commune pour tout le bureau central et
les ressorts de contact d'un poste, ce compteur principal enregistrera
toutes les conversations qui seront transmises de ce poste dans
un certain laps de temps, résultat précieux pour les
opérations statistiques et pour le contrôle.
Comme, dans un bureau central, il ne peut se faire qu'autant d'émissions
dé courant simultanées qu'il y a de postes, la force
à donner à la pile de compteur se
déterminera d'après les principes que l'on applique
pour les piles télégraphiques communes.
Quant aux frais occasionnés par le dispositif de contacts
et par abonné même sur les petits réseaux, ne
sont pas très élevés.
Sur un grand réseau, les mêmes frais seront relativement
moindres et ils seront d'autant moindres que le bureau central aura
plus d'importance.
Ainsi que la description ci-dessus permet de le constater, le mécanisme
du dispositif de contacts proposé est assez simple pour donner
le résultat que l'on
en attend, c'est-à-dire pour pouvoir fonctionner exactement
durant des années, sans exiger la moindre réparation,
à condition toutefois que la construction
soit parfaite. Notre dispositif présente, en outre, cet avantage
qu'il peut s'adapter à des réseaux déjà
existants sans entraîner le moindre arrêt dans le service,
attendu qu'il suffit simplement de modifier quelques communications
de fils et de changer les leviers à bascule, ce qui peut
se faire de nuit et sans interrompre le travail.
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Installation à effectuer
dans le bureau central pour compter simplement les unités
de conversation sans avoir égard à leur durée.
Si l'on veut renoncer aux avantages, énumérés
au début, d'une taxation différente pour les conversations
courtes et longues, le système de contacts dans le bureau
central n'a plus de raison d'être. Dans ce dernier cas, il
suffit, en effectuant la dernière manuvre destinée
à l'établissement d'une communication, de lancer un
courant sur le fil de l'abonné appelant, ce par quoi l'appareil
enregistreur de ce dernier se trouvera actionné.
On arrive à cette fin de différentes manières
également avec les différentes espèces de commutateurs.
S'il s'agit des panneaux d'annonciateurs généralement
employés en Autriche, on tourne le levier-bascule (commutateur
à levier) déjà mentionné plusieurs fois,
aussitôt que les deux abonnés
attendent leurs appels réciproques ; il faut donc donner
à ce levier une forme telle que, pendant qu'il passe de sa
position normale à la position de conversation, pendant un
instant, le fil de l'abonné appelé se trouvé
isolé et que celui de l'abonné appelant soit en communication
avec la pile du compteur. Un commutateur de ce genre, devant se
mouvoir dans une seule direction, aurait en conséquence,
pour les conducteurs bifilaires par exemple, à prendre les
positions suivantes durant une révolution complète
:
a) Position normale. Les deux conducteurs bifilaires à
la terre;
b) Après une rotation de 90°. Les deux fils du
circuit de l'abonné appelé sont isolés, tandis
qu'un fil du circuit de l'abonné appelant est relié
à la pile du compteur et que le second fil communique avec
la terre;
c) Après une rotation de 180°(position de conversation),
Les deux circuits sont directement reliés ensemble
sans participation de la terre. Si le mouvement rotatoire de ce
commutateur a lieu autour d'un axe vertical, un mouvement par trop
rapide devient alors impossible, en sorte qu'on a la certitude d'obtenir
un contact compteur d'une durée suffisante. Suivant les apparences,
cette sorte de compteur offre une simplification sensible des dispositifs
nécessaires, dans le bureau central, pour obtenir le même
résultat. Mais si l'on songe que même les frais résultant
du dispositif de contacts décrit sous A reviendront à
un chiffre très minime par abonné, que ce dernier
n'exigera que fort peu d'entretien et que d'ailleurs les travaux
d'adaptation nécessaires sur les commutateurs déjà
en service seront à peu près les mêmes, on reconnaîtra
que la première forme, c'est à-dire celle qui enregistre
la durée des conversations, mérite la préférence,
étant donné qu'elle donne la possibilité d'astreindre
le public à une observation rigoureuse des règles
de service.
APPAREILS ENREGISTREURS.
Pour l'enregistrement des courants compteurs, on peut employer utilement
tout compteur électrique susceptible de réglage et
qui se met en mouvement assez lentement pour obéir à
des courants intenses et continus, mais non aux courants alternatifs
des appels magnéto. La différence de notre système
avec tous les autres compteurs de conversations ou enregistreurs
chronométriques, consiste en ce que la partie la plus importante
du dispositif enregistreur se trouve dans le bureau central tandis
qu'il suffit de pourvoir les nombreux postes d'abonnés de
compteurs simples et à bon marché circonstance
qui faciliterait dans une large mesure, au point de vue du prix
de revient, l'application du dit système. Comme type de compteur
simple, à bon marché et de fonctionnement sûr,
on peut citer l'appareil construit par la maison 0. Schâffler
de Vienne. Il peut enregistrer jusqu'à 10.000 conversations.
On obtiendra un appareil enregistreur encore moins volumineux en
appliquant le principe adopté dans l'horloge électrique
d'Arzberger, principe au sujet duquel nous n'avons pas à
entrer ici dans des détails. Le
compteur peut être intercalé dans le conducteur aussi
bien au bureau central que dans le poste de l'abonné et,
pour prévenir complètement tout affaiblissement de
l'effet acoustique, il est possible d'installer son électro-aimant
en pont, au moyen d'un condensateur à fil placé en
dérivation. Si l'on dispose les compteurs dans le bureau
central, on a l'avantage de ne pas se trouver dans la nécessité
de modifier les appareils d'abonnés déjà en
service qui appartiennent aux types les plus divers. Avec une pareille
innovation il serait tout indiqué d'installer dans un local
spécial, accessible au public, les enregistreurs pourvus
du numéro de chaque abonné et disposés sur
les fils d'abonnés entre le paratonnerre et le panneau d'annonciateurs
de manière que chaque abonné eût en tout temps
la possibilité de constater les indications fournies par
son compteur.
En outre, il faudrait adopter un dispositif permettant, en cas d'orage,
de mettre hors circuit tous les compteurs ou, en d'autres termes,
de mettre à la terre en avant des compteurs tous les fils
d'abonnés, ainsi que la chose est déjà possible
avec la plupart des paratonnerres présentement en usage.
Quant à insérer sans plus le compteur sur les appareils
de l'abonné entre le paratonnerre et le commutateur à
crochet, la chose est impraticable pour plusieurs motifs. Dans ce
cas, il peut arriver que le compteur ne fonctionne pas par suite
d'un accident ou d'une manuvre volontaire, ou encore que le
compteur soit mis en mouvement bous l'action d'un coup de foudre
ou de courants qui pénètrent sur la ligne lors d'un
essai ou d'un contact de fils. Pour rendre ces éventualités
impossibles, il faut insérer le compteur derrière
l'appareil sur le conducteur qui va à la terre ou sur le
fil de retour. En outre, il faut compléter le commutateur
automatique conformément aux indications données par
les schéma des fig. 5 et 6 (ces schémas ont été
établis en prenant comme point de départ les types
de téléphone utilisés en Autriche),

de manière que le compteur ne se trouve intercalé
sur le circuit que pour la durée de la conversation, c'est-à-dire
à partir du moment où le téléphone se
trouve détaché, jusqu'au moment du signal de fin de
conversation et soit mis en court circuit pendant le reste du temps.
Cette installation (fig. 5) consiste en principe en un levier de
détente L à trois branches, mobile autour de la goupille
(Zapfen) a, lequel, dans la position normale, s'applique contre
le levier à ressort de rappel J mobile autour de g; ce dernier
levier est isolé de la ligne. Alors le bras W du levier de
détente L presse le ressort et établit un contact
entre L et la borne K ce par quoi le compteur Z (fig. 6)
arrive à former un court circuit, si bien que, quand le téléphone
se trouve suspendu, ce compteur ne peut être actionné.
Lorsqu'on enlève le téléphone, le levier J
du commutateur à crochet s'éloigne du butoir c relié
à la sonnerie et à l'appel magnéto, et il s'applique
contre le buttoir d qui conduit au téléphone T. Le
ressort y fait alors tourner le levier de détente; par suite
le contact entre ce levier et le ressort est interrompu et le court
circuit du compteur est supprimé. L'abonné peut, même
dans cette position, faire à loisir usage de son appareil;
il peut appeler, recevoir des appels ou parler; seulement, il lui
est impossible d'arrêter le fonctionnement normal du compteur,
tant qu'il ne donne pas, au moyen de son appel magnéto, le
signal de clôture. Si, après avoir accroché
le téléphone, l'abonné tourne la manivelle
de son appel magnéto, il fait en même temps tourner
l'excentrique G qui est accouplé par un engrenage avec l'appel
magnéto et qui agit sur la branche Wg du levier de détente
en relevant ce dernier, de manière qu'il reprend sa position
primitive derrière le levier automatique J; par suite, le
contact entre le levier de détente et le ressort est rétabli
et le compteur se trouve de nouveau mis en court circuit. L'excentrique
G est agencé de manière que l'action de son point
le plus élevé coïncide avec le changement de
pôle de l'armature de l'appel magnéto ; il s'ensuit
que l'excentrique ne peut prendre une position de repos directement
au-dessous de l'extrémité du levier de détente.
Dans le schéma ci-joint des fils du poste d'abonné
{fig. 6), A indique le levier de contact pour la pile du microphone
, M le microphone, Q la bobine d'induction , Z le compteur (à
ce dernier , comme nous l'avons déjà dit , pour éliminer
l'influence de ses bobines sur la transmission des sons , on peut
adjoindre, disposés en parallèles, un petit condensateur
à fil (C) et E la borne de terre ou la borne du fli de retour.
Dans la position normale telle qu'elle est indiquée, le compteur
Z se trouve en court circuit par a, L. Si l'on enlève le
transmetteur téléphonique, le contact entre L et est
interrompu avec le téléphone décroché,
le courant compteur part de c et traverse IrfQ; quand le téléphone
est de nouveau accroché , le courant compteur part de c et
traverse Icgi pour passer au travers du compteur et se rendre eu
à la terre ou sur le fil de retour. Si l'on enferme toutes
les bornes d'entrée, de même que le compteur , dans
de petites boites qui sont ensuite plombées , il devient
impossible d'empêcher, par quelque artifice, le fonctionnement
du compteur. Même la mise hors circuit de l'ensemble des appareils
microtéléphoniques obtenu en enfonçant la fiche
de mise à la terre en cas d'orage (K fig, 6) n'empêche
pas le fonctionnement du compteur, tant que l'abonné ne met
pas aussi en court circuit le compteur, en faisant tourner l'appel
magnéto. Sans parler de la sécurité que l'on
peut ainsi obtenir dans le pointage des conversations, ce dispositif
complémentaire qui n'entraîne que des frais insignifiants,
peut être adapté aux appareils neufs, étant
donné qu'il fonctionne automatiquement , et aura en outre
cet avantage que les intéressés, dans leur propre
intérêt, donneront plus d'attention aux signaux de
fin de conversation.
En imaginant le système de compteur ci -dessus décrit,
on a eu pour principal objectif d'obtenir un comptage absolument
certain et effectué avec le contrôle de l'abonné
des conversations effectives et de rendre par suite possible une
tarification absolument juste de la taxe d'exploitation. Avec le
système ci-dessus, on n'a pas à craindre de complication
dans le service ; car les opérations à effectuer,
pour établir les communications, restent les mêmes
et, d'autre part , l'opération de comptage s'effectue sans
la coopération de l'opérateur. Même dans les
relations interurbaines ou quand il s'agit de l'acheminement de
télégrammes par téléphone, il ne peut
se produire d'erreur dans le comptage, si l'opérateur n'oublie
pas que, avec le dispositif indiqué, pour les appels venant
du dehors, il doit toujours utiliser la fiche de droite et, pour
les appels venant du bureau, la fiche de gauche.
Sur l'ordre du Ministère Royal Impérial du Commerce,
le système de compteurs que nous venons d'exposer se trouve
appliqué actuellement au réseau téléphonique
de Stockerau, près de Vienne, où on enregistre les
conversations comme nombre et comme durée.
Le système en question fonctionne dans la ville précitée
depuis le 18 décembre 1894 et y donne toute satisfaction.
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1896 - Abonnements Forfaitaires Locaux.
Suite au recensement de la population intervenu cette année-ci,
les villes de plus de 80.000 habitants basculent dans l'Abonnement Forfaitaire
Local. Moyennant, dans ces grandes villes, un abonnement annuel forfaitaire
concédé et significativement plus cher qu'un Abonnement
à Conversations Taxées, les abonnés ne payent pas
de taxes supplémentaires lorsqu'ils téléphonent à
d'autres correspondants dans leur réseau local.
À titre de comparaison actuelle, il s'agirait du forfait "tout
compris". Ce régime propre aux grandes villes sera progressivement
éteint entre 1920 et 1929.
1913 - Arrivée de l'Automatique Urbain.
Lorsque le premier réseau local à Nice, fut automatisé
(commutateur Strowger), il est décidé
que désormais les communications téléphoniques locales,
acheminées par voie entièrement automatique (donc sans faire
appel à la main d'uvre des opératrices) dans un même
commutateur téléphonique ne seraient plus taxées
par Unité de Conversation à intervalle régulier,
mais désormais par une Taxe Forfaitaire en francs et ce
sans limite de durée (en contrepartie d'un abonnement annuel).
Elle est comptabilisée automatiquement à chaque début
de conversation (lorsque l'abonné demandé décroche
son téléphone) sur un compteur élécto-mécanique
situé dans les locaux du commutateur téléphonique
automatique de départ. Ce n'était qu'un compteur du nombre
de communications pour chaque abonné, à cette époque
dans les centraux automatiques il n'était pas encore possible,
vu la complexité de cette technique, de compter au temps passé
en conversation.

Rangées de compteurs, un compteur par abonné.
À cette époque, le nombre d'abonnés au téléphone
est très réduit, l'abonnement étant réservé
aux classes les plus favorisées.
Pour pouvoir facturer chaque bimestre, un technicien était chargé
de photographier (par groupe de cent) les compteurs du central, afin de
transmettre les clichés aux services de facturation.
À cela, il faillait préciser qu'aucune liaison
existante entre deux villes ou entre deux centres téléphoniques
n'était automatisée (pas avant 1951).
En résumé, au début du téléphone automatique,
l'acheminement à 100% automatique n'est valable que pour appeler
son voisin de palier, de quartier, de sa ville, de quelques villages alentours
éventuels.
Dès que l'on veut joindre un abonné situé à
plusieurs kilomètres (seulement si la liaison interurbaine existe
déjà, sinon il existe alors le télégraphe
et le courrier postal parfaitement développé), il est nécessaire
de contacter une opératrice manuelle de l'interurbain, en composant
le 11, et de revenir ainsi au manuel taxé toutes les 3 minutes
par Unité de Conversation.
L'opératrice pouvait aussi être « jointe»
avec un poste téléphonique ancien dépourvu de cadran,
en actionnant 2 fois très rapidement, ou quelques le crochet du
combiné ou du cornet, puis quelques années plus tard, via
un bouton poussoir spécial installé en option sur les corps
de postes téléphoniques.
À Voir sur le site de l'INA un reportage
de 1972 sur la taxation téléphonique à cette
époque.
1913 - Abonnements Forfaitaires Locaux - gel
des souscriptions (concerne les petites agglomérations).
Concernant les petites agglomérations, où cohabitent soit
des Abonnements à Conversations Taxées, soit des Abonnements
Forfaitaires Locaux, le décret du 12 juin 1913 supprime les Abonnements
Forfaitaires Locaux à la date du 1er août 1913.
Les anciens abonnés conservent toutefois à titre transitoire
l'Abonnement Forfaitaire Local durant une certaine période.
1917 - Utilisation possible de la langue anglaise.
À partir du 14 septembre 1917, la Circulaire n°953 E. Tp. autorise,
en raison de la guerre, l'utilisation de la langue anglaise dans les (seules)
conversations urbaines (locales). Toutefois, l'utilisation de la
langue anglaise demeure interdite dans les conversations téléphoniques
interurbaines, et l'utilisation de toute autre langue demeure strictement
interdite au téléphone entre abonnés, dans n'importe
quel type de liaison.
Aux Amérique en décembre 1904
Un appareil américain, nommé calculographe, destiné
aux communications téléphoniques interurbaines, enregistre
automatiquement la durée de la conversation et la taxe à
percevoir. Lappareil est très simple. Il consiste en un cadran,
deux petits leviers et une ouverture dans laquelle on introduit de petits
cartons assez semblables aux tickets de chemins de fer. Quand quelquun
demande une communication interrurbaine, il est inscrit sur une liste
et reçoit un carton. Quand la communication est établie
et que la conversation commence , lemployé introduit le carton
dans le calculographe, celui-ci imprime automatiquement le commencement
de la conversation lorsqu'on appuie sur le levier de gauche. Une fois
la conversation terminée, il faut presser le levier de gauche et
la fin de la conversation est inscrite avec la taxe à payer. Cet
appareil sorte de taxemètre pour le téléphone
est très employé en Amérique. On le trouve
aussi appliqué en Allemagne, en Angleterre et au Japon et maintenant
en France.
Cet appareil peut d'ailleurs recevoir beaucoup d'applications pour le
contrôle dans les fabriques.
Son inventeur en 1904, Henry Abott a pris des brevets pour les compteurs
d'appels téléphoniques qui sont couplés aux lignes
téléphoniques.
C'est seulement en 1913 que les nouveaux centres manuels
interrurbain de Paris étaient dotés d'un Calculographe
à empreinte .
  
Alors que pour tous les centres manuels, les opératrices produisaient
manuellement un ticket pour chaque communication, sur ces nouveaux centres
le calculographe notait et imprimait sur une fiche, la durée
exacte des conversations (photo ci dessus).
L'opératrice insère une carte et tamponne l'heure à
laquelle l'appel a commencé, puis la tamponne à nouveau
lorsque l'appel est terminé.
Notez que le modèle 33 est uniquement connecté à
une source d'alimentation, pas aux lignes téléphoniques,
de sorte que la précision de la synchronisation dépendait
de l'opérateur.
L'empreinte était apposée sur des fiches (modèle
1392-19) que les opératrices des PTT, fiches qui étaient
transmises par tube pneumatique à la table de tri pour préparer
les factures. ( Détails
à lire dans la Nature de 1914 )
Ce système restera en service jusqu'à la généralisation
de l'automatique.
En 1913 la taxation des conversations téléphoniques
interurbaines est utilisée à l'aide du Téléphonomètre
et le Téléphonographe "Zénith"
Le système de taxation des conversations téléphoniques
interurbaines est basé, comme on le sait, non seulement sur la
distance entre les réseaux téléphoniques, mais principalement
sur la durée de la conversation. Quoiqu'il eût été
plus simple d'établir une taxe par minute, la plupart des administrations
ont préféré fixer dès l'origine une unité
de conversation d'une durée de trois minutes. Le fait que ce système
n'a pas encore été abandonné, malgré l'introduction,
depuis bon nombre d'années déjà, de calculographes
construits tout spécialement pour le calcul et le timbrage par
minute, prouve suffisamment que le tarif de trois minutes n'est pas adopté,
comme on l'admet généralement, pour faciliter l'annotation
et la mise en compte des conversations, mais bien pour des raisons économiques
et techniques spéciales.
Dans toutes les grandes stations centrales le trafic est par moments d'une
intensité telle que les lignes interurbaines, en partie inoccupées
durant certaines heures de la journée, ne suffisent plus au prompt
écoulement des conversations et que les abonnés doivent
attendre plus ou moins longtemps jusqu'à ce que les communications
soient disponibles. Il va de soi que ces retards occasionnent de fréquentes
réclamations et provoquent des demandes d'augmentation du nombre
des circuits. La prise en considération de semblables requêtes,
c'est-à-dire l'établissement prématuré de
nouvelles lignes interurbaines, aurait toutefois pour les administrations
intéressées de graves conséquences financières,
en raison des frais de construction extraordinaires et des frais d'amortissement
et d'intérêts qui en résulteraient.
Les administrations sont donc obligées de recourir à d'autres
moyens pour réduire la durée d'attente et éviter
des réclamations de ce genre. Il serait possible de remédier
aux inconvénients signalés par l'exploitation en duplex
ou exploitation simultanée des circuits.
Ces systèmes sont cependant très compliqués et d'une
application restreinte en raison des influences perturbatrices des lignes
à courant fort.
La mesure la plus simple, la plus efficace, et qui permet d'éviter
les graves inconvénients résultant de l'influence perturbatrice
des forts courants, consiste à fixer une limite à la durée
des conversations sur les lignes très chargées. Elle n'est
toutefois réalisable que si cette durée peut être
contrôlée exactement et si les abonnés peuvent être
avertis à temps que la durée normale de la conversation
va bientôt être dépassée.
Ces conditions peuvent être aisément remplies par l'emploi
du compteur-avertisseur pour téléphone Zénith, construit
spécialement à cet effet.
Non seulement il permet de contrôler à chaque instant la
durée de la conversation à 1/5 de minute près, mais
il donne en outre un signal d'avertissement assez tôt pour que la
conversation puisse se terminer sans précipitation et sans dépasser
la limite de taxe voulue.
Les avantages qu'offre le compteur Zénith dans le service téléphonique
interurbain sont les suivants :
1° Accélération du trafic pendant les heures très
chargées;
2° Exploitation plus avantageuse des lignes interurbaines;
3° Il évite les réclamations si fréquentes en
beaucoup d'endroits au sujet de la lenteur du service;
4° Il coupe court aux protestations relatives aux conversations ayant
légèrement dépassé la limite de taxe ;
5° Il assure la régularité du contrôle des conversations;
6° Il permet de se rendre compte rapidemement de l'omission du signal
de fin de conversation.
La boîte du compteur se compose d'une forte, douille cylindrique
polie en nickel (haute 25 mm diamètre 46 mm) fermée par
une lunette à glace. Le fond est emboîté dans un anneau
rond en fibre rouge de 60 mm de diamètre, muni de trois trous de
fixage et de deux vis de contast pour la transmission du courant au conducteur
des signaux.
Le cadran est divisé en 12 sections d'une minute chacune et en
60 sections d'un cinquième de minute. Les traits de séparation
correspondant à la position horizontale et verticale de l'aiguille
sont marqués par les chiffres 3, 6, 9 et 12. Ils indiquent les
limites de taxe. Une aiguille à minutes, bien visible, permet de
lire la durée des conversations. Dans la partie supérieure
du cadran se trouve en outre une aiguille à secondes, qui permet
de contrôler la marche du compteur. Au bas de la boîte est
fixé le levier d'arrêt avec poignée en fibre et butoir.
La longueur du compteur, y compris le levier, est d'environ 85 mm.
Les dimensions restreintes de l'appareil permettent de fixer, d'une façon
bien visible, un grand nombre de compteurs sur des surfaces très
restreintes, par exemple sur les commutateurs interurbains.
II résulte du présent exposé que l'emploi du compteur
avertisseur pour téléphone Zénith a pour but:
1° De signaler les limites de taxes ;
2° De contrôler la durée des conversations.
De ce fait, il trouve son emploi presque exclusif dans le service interurbain,
où il offre les plus grands avantages dans les moments d'affluence
du trafic. Les frais d'acquisition du compteur sont tellement minimes
comparativement à sa grande utilité qu'il est avantageux
de prévoir pour chaque circuit interurbain un compteur avec signal.
LE TÉLÉPHONOGRAPHE
Avec le téléphonomètre sur chaque ligne interurbaine,
l'employé constate sans écriture, sans effort de mémoire,
la durée des conversations ; il ne lui reste plus qu'à l'enregistrer,
qu'à l'inscrire sur le ticket. Or, c'est là encore un travail
qui doit être accompli mécaniquement en vue :
1° D'assurer un contrôle parfait et régulier;
2° D'employer plus utilement l'activité du personnel.
Les fabriques Zénith ont réalise ce progrès, elles
ont construit l'appareil complétant l'usage du téléphonomètre,
c'est le tèléphonographe. Il perfore le ticket d'autant
de trous qu'il y a eu de périodes de taxation pour une conversation.
L'appareil est actionné par le courant électrique du compteur
; il est intercalé dans le circuit du téléphonomètre
en dérivation sur la lampe signal et utilisé de la manière
suivante :
1° Dès qu'ne communication sur des lignes est assurée,
l'employée met en marche le téléphonomètre
appartenant à celte ligne et pose ensuite le ticket sur le plateau-bascule
du téléphonographe correspondant;
2° Lorsque la conversation est terminée, l'employée
soulève le plateau-bascule du téléphonographe, en
le laissant retomber en suite. Par ce mouvement, le ticket aura été
perforé d'un nombre de trous égal au nombre de périodes
de taxation qu'aura duré la conversation ; il ne restera plus qu'à
retirer le ticket du plateau bascule et ramener le téléphonomètre
à sa position initiale de zéro.
Le tarif de la « conversation taxée »
remplace dans lentre-deux-guerres un tarif initialement forfaitaire
: rémunérateur de lusage moyen et compris comme le
prix de laccès au service, ce dernier ouvrait droit, dans
le cadre de réseaux locaux, à un nombre illimité
de conversations. Or on entend désormais rémunérer
le travail de « mise en conversation » en taxant les appels
eux-mêmes à lunité, comme lont toujours
été les communications interurbaines. Dès 1910, le
Comité technique des Postes et Télégraphes sintéresse
au projet de substitution en Allemagne du tarif dit « à conversation
taxée » au régime forfaitaire, créant une taxe
de conversation et une taxe dabonnement . En 1916, le « Projet
dextension et damélioration du réseau téléphonique
français » envisage « la substitution du régime
de la conversation taxée au régime forfaitaire maintenu
jusquà présent à Paris et dans les villes de
plus de 80 000 habitants ». La taxe unitaire remplace effectivement
labonnement forfaitaire à partir de 1924 en France.
1920 - Abonnements Forfaitaires Locaux - gel des souscriptions
(concerne les grandes agglomération).
Concernant les grandes agglomérations où seuls sont admis
jusques à présent les Abonnements Forfaitaires Locaux, la
loi du 29 mars 1920 gèle les souscriptions de nouveaux Abonnements
Forfaitaires Locaux dans les réseaux de cette nature.
Tout nouvel abonné est systématiquement basculé dans
le régime des conversations taxées.
Les anciens abonnés conservent à titre transitoire l'Abonnement
Forfaitaire Local tant qu'ils ne demandent aucune modification ou avenant
dans leur abonnement au service téléphonique.
1924 - Abonnements à Conversations Taxées
- généralisation.
À partir de la publication de la loi du 22 mars 1924 portant réforme
des abonnements au service téléphonique et du décret
d'application du 10 janvier 1925 qui s'ensuit, le système tarifaire
est encore modifié.
En effet, désormais, les Abonnements Forfaitaires Locaux qui étaient
en vigueur depuis 1896 dans les villes plus de 80.000 habitants sont tous
appelés à disparaître à l'échéance
de 1928.
1925 Contrôlez le nombre de vos conversations
téléphoniques taxées.
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Le régime des conversations téléphoniques
taxées, a fait immédiatement se poser le problème
du comptage de ces conversations.
Il existe, certes, des compteurs automatiques qui enregistrent deux-mêmes
le nombre de communications demandées. Cependant, en attendant
que leur emploi se soit généralisé, cest
dans les centraux téléphoniques que sexécute,
automatiquement ou non, le dénombrement des conversations
qui doit servir de base pour établir la redevance de chaque
abonné.
Celui-ci peut-il contrôler ce travail et vérifier la
note qui lui est présentée ?
Il faudrait pour cela quil sastreignît à
noter, dune façon quelcone que, chaque communication
: opération fastidieuse qui nécessiterait la présence
dun petit bloc-notes et dun crayon à côté
de lappareil.
Cest pour rendre ce contrôle aisé
qu'a été créé le petit compteur représenté
ci contre.
Il suffit dappuyer, même légèrement, sur
le bouton situé sur le compteur pour voir sajouter,
automatiquement, dans les fenêtres rondes du cadran, une unité
au nombre déjà inscrit, en même temps que retentit
un petit timbre indiquant que linscription est faite. Un peu
dattention au début pour ne pas oublier dappuyer
sur le bouton et, bien vite, ce mouvement devient aussi automatique
que celui qui consiste à raccrocher le récepteur,
à la fin dune conversation.
Si on le désire, on peut assujettir le cadran sur lappareil
récepteur lui-même au moyen de trois vis.
Grâce à ce petit compteur, le contrôle
du nombre des conversations est donc mis à la portée
de tout abonné.
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Dans les faits, les Abonnements Forfaitaires sont tous basculés
progressivement jusqu'à leur extinction totale le 1er septembre 1929,
via des arrêtés successifs, dans le régime des Abonnements
à Conversations Taxées et ce même pour les Abonnements
Forfaitaires Locaux déjà souscrits.
Les premières villes de France à basculer dans le nouveau
système :
1er février 1925 : Paris (bureau par bureau), Reims.
16 février 1925 : Marseille, Nice, Toulon.
1er mars 1925 : Le Havre (à certifier).
31 mars 1925 : Mulhouse.
20 juillet 1925 : Saint-Étienne.
16 octobre 1925 : Nancy.
16 novembre 1925 : Tourcoing.
1er février 1926 : Lille, Roubaix.
1er octobre 1926 : Amiens.
16 novembre 1927 : Nantes.
1er janvier 1928 : Metz.
1er mars 1928 : Toulouse.
1er mai 1928 ; Bordeaux.
1er juillet 1928 : Lyon.
1er septembre 1929 : Rouen.
L'ancien régime téléphonique français
était basé sur le système de l'abonnement forfaitaire,
c'est-à-dire que la, taxe payée par l'abonné à
l'année, à l'Administration des Postes et Télégraphes,
était fixe et ne tenait aucun compte du nombre des conversations
de chaque abonné.
Un tel procédé était, évidemment, illogique
et inéquitable. Aussi, un nouveau système, dit « à
conversations taxées », a-t-il été adopté
dès 1925.
L'abonnement donne droit, à Paris, à 1.500 conversations par
an. Les communications supplémentaires sont, payées au tarif
unitaire ordinaire, avec un léger déscompte. La mise en uvre
de cette nouvelle méthode a nécessité l'établissement
de compteurs automatiques spéciaux et obligé l'administration
à tenir, pour chaque abonné, une comptabilité, particulière.
Jusquau 1er janvier 1925, le service téléphonique parisien
était organisé suivant le régime de labonnement
forfaitaire. La taxe, fixe par ligne, était payée par labonné
quatre fois par an et chacun était libre duser à sa
guise de la téléphonie.
Ce régime, profondément inéquitable dailleurs,
condamné par toutes les administrations ou compagnies téléphoniques
étrangères, imposait à un abonné, utilisant
sa ligne deux ou trois fois par jour, un tarif aussi élevé
quà celui qui demandait deux cents conversations.
Dans le premier cas, une téléphoniste eût suffi pour
desservir mille abonnés, alors que, dans le second cas, elle parvenait
à peine à en servir une douzaine.
Le régime forfaitaire avait eu, également, pour conséquence,
de constituer, sans aucun profit pour ladministration, des «groupes
de clients » non abonnés qui utilisaient les lignes des fournisseurs
: bouchers, boulangers, restaurateurs, crémiers, marchands de vins,
etc., mises bénévolement ou non à leur disposition.
Et le trahc augmentait sans cesse, linstitution clandestine prenant
de plus en plus dextension.
Enfin, lEtat navait pas tardé à reconnaître
que lexploitation des lignes à gros trafic était nettement
déficitaire ; sur certaines dentre elles, la perte atteignait
3.000 francs par an.
Cest alors que fut décidée la substitution du régime
à conversations taxées au régime forfaitaire.
La réglementation nouvelle fit couler beaucoup dencre dans
la presse à lépoque ; mais les esprits se calmèrent
peu à peu et, actuellement, chacun sy est soumis.
Cela ne veut nullement dire que tous les abonnés soient satisfaits
et disposés à chanter les louanges du nouveau régime.
Lhabitude de se plaindre, qui est le propre du « génie
» français, nest pas disparue, et les réclamations,
dailleurs de moins en moins nombreuses, en font foi. Un certain nombre
sont incontestablement justifiées, mais nous devons à la vérité
de dire que la plupart sévanouissent à la lumière
des faits.
Une courte incursion dans lorganisation téléphonique
actuelle permettra den faire comprendre le mécanisme, non seulement
au point de vue technique, mais aussi et surtout pour ce qui concerne la
comptabilité, car bon nombre dabonnés ne sont jamais
daccord, à ce sujet, avec les comptables administratifs.
Comment fonctionnent les compteurs téléphoniques
Nous avons déjà expliqué, le fonctionnement des compteurs
téléphoniques. Ce sont des électro-aimants dont larmature,
pourvue dun cliquet, actionne une roue à rochet qui commande
les disques des chiffres. Ces chiffres forment les nombres représentant
le total des conversations ; ils apparaissent sur lavant de lappareil,
derrière une petite fenêtre garnie dune lame de mica.
Le compteur de chaque abonné ne doit fonctionner que lorsque le correspondant
quil a demandé a décroché son récepteur.
Cest là le principe du système : aucune communication
autre que celle qui est demandée ne doit être enregistrée
et, au cours dune même conversation, le compteur ne peut fonctionner
quune seule fois. Il en est toujours ainsi sauf dans certains cas
particuliers que nous examinerons plus loin.
Voici ce qui se passe, électriquement, quand une communication demandée
est établie normalement :
Nous supposerons, pour plus de simplicité, que les deux correspondants
sont reliés à un même bureau.
Labonné demandeur étant à lappareil, la
téléphoniste a enfoncé sa fiche de réponse dans
son jack. Aussitôt, par lintermédiaire du relais de supervision
R, dont le contact est mis sur travail, le circuit de la batterie de 24
volts se ferme par le relais A, le contact 4 du relais B et la terre.
Le relais A a donc fonctionné et fermé le contact 1, qui prépare
la fermeture du circuit de comptage. En même temps, le contact 2 du
relais A a également préparé le fonctionnement du relais
B.
Lopératrice, après avoir fait le test, enfonce sa fiche
dappel dans le jack de labonné demandé. Lorsque
celui-ci a bouclé la ligne en décrochant son récepteur,
le relais de supervision S fonctionne, le relais B se trouve intercalé
dans le circuit de la batterie par le contact de travail du relais S et
le contact 2 du relais A. Le contact 3 du relais B se ferme pour établir
le circuit de comptage. Le compteur fonctionne.
Immédiatement après, lalimentation du relais A est coupée
par louverture du contact 4 du relais B qui vient au collage ; le
contact 1 a rompu en même temps le circuit du compteur, lequel ne
peut plus fonctionner. Et le relais B reste sur collage pendant toute la
durée de la conversation par le contact 5 qui ferme son circuit sur
la batterie de 24 volts et la terre (relais de supervision R). A ce moment,
quelles que soient les manuvres effectuées par labonné
demandé, le compteur restera en dehors du circuit.
Cependant, si le compteur doit fonctionner une deuxième fois, lorsque
labonné demandé appartient à lune des communes
du réseau suburbain, pour lequel les conversations sont taxées
à 0 fr. 60 au lieu de 0 fr. 30, lopératrice appuie sur
un bouton placé à portée de sa main et effectue un
nouvel envoi de courant dans le compteur, ainsi quon le voit sur notre
schéma. Le fait dappuyer sur le bouton rétablit le circuit
de compteur par une dérivation prise sur le circuit principal en
dehors du contact 1 du relais A.
Il y a lieu de remarquer que, pendant toute la durée de la conversation,
le contact 3 est fermé et il demeurera dans cette position tant que
lopératrice naura pas retiré sa fiche du jack
du demandeur.
Si lopératrice sest trompée en donnant un autre
abonné occupé, le compteur enregistrera une unité puisque
le circuit a été bouclé. Dans ce cas, labonné
demandeur devra rappeler, en agitant son crochet. Comme sa fiche na
pas été retirée du jack, le compteur est resté
bloqué et la nouvelle communication donnée ne sera pas enregistrée.
Il convient donc de ne jamais raccrocher son appareil si une fausse communication
a été donnée. Dans tous les cas, si une communication
enregistrée nest pas due, lopératrice établit
une fiche de détaxe.
Pour éviter les « pas libre » il faut multiplier le nombre
de lignes dabonnés.
Si un correspondant ne répond pas à un appel ou sil
nest pas libre, ladministration ne perçoit aucune taxe
de dérangement, bien que, souvent, plusieurs téléphonistes
soient intervenues dans les manuvres.
Or, de 16 à 18 % des demandes de conversation ne sont pas suivies
deffet par suite de «pas libre». Cest que, souvent,
un grand nombre de maisons importantes, dont le trafic téléphonique
augmente constamment, ne possèdent pas assez de lignes. Elles hésitent
à en faire installer une ou deux en plus sans se rendre compte combien
ceux qui les appellent sont mécontents de ne pouvoir obtenir une
communication. Bien des fournisseurs ont perdus des acheteurs éventuels,
découragés à la suite de 10 ou 15 appels infructueux.
C'est ce genre d'abonnés que l'administration s'adresse particulièrement.
Chaque abonné paye un minimum de 450 francs par an représentant
la taxe de 1500 conversations. Le surplus est compté au tarif de
0. fr 30 par conversation.
Mais si un abonné possède deux ou plusieurs lignes groupées,
sur lannuaire, sous une même rubrique, le décompte des
conversations seffectue en bloc. Cest ainsi que, si une ligne
accuse 1.400 conversations, une autre 1.800 et une troisième 1.200,
le total non assujetti à la taxe sera de 4.500, et la ligne à
1.800 conversations sera exonérée de la taxe supplémentaire.
Cette réglementation a été longuement étudiée
avant dêtre mise en pratique. Il est bien évident que
la répartition du trafic est grandement facilitée par le groupement
des lignes ; cest pourquoi une faveur lui est accordée. Ladministration
cherche uniquement à soulager le service par la suppression, aussi
complète que possible, des « pas libre », qui constituent
lentrave la plus préjudiciable à une distribution normale
du trafic.
Toujours dans le même but, il a été décidé
quune ligne mixte, cest-à-dire affectée aux conversations
de départ et darrivée, serait considérée
comme ayant atteint la saturation lorsquelle aurait servi à
léchange de 16000 conversations dans les deux sens. Mais les
lignes réservées exclusivement aux communications de départ
ne sont soumises à aucun maximum limitatif. Ceci sexplique
par le fait que lon cherche uniquement à réduire le
nombre des « pas libre », lesquels nintéressent,
que les communications darrivée.
Lorsque la « saturation » dune ligne est constatée,
on invite labonné à prendre une nouvelle ligne. Sil
sy refuse, la double taxe est appliquée à toutes les
conversations de départ au-dessus de 8000.
Quant aux lignes exclusivement réservées au service darrivée,
qui, surchargées, introduisent les « pas libre » dans
le service, elles font lobjet dune surveillance spéciale.
Dès que le nombre des « pas libre » atteint 25 % du trafic
total, et si labonné, avisé, se refuse à prendre
une autre ligne, on lui supprime lescompte.
A cette époque, cette réglementation ne peut être mise
en pratique dans tous les bureaux parce que beaucoup dentre eux ne
comportait pas les emplacements nécessaires. On préfère
réserver les places disponibles pour donner satisfaction aux demandes
dabonnements nouveaux..
Comment sont calculées les taxes et les détaxes
Tant que, au cours dune même année, le compteur na
pas enregistré 1500 conversations (réseau de Paris seulement),
aucune taxe supplémentaire nest perçue. Dès que
ce chiffre est dépassé, la taxation fonctionne en déduisant
du total des conversations enregistrées, y compris les 1500 premières,
5 % de ce total. Ces 5 % représentent les erreurs que les abonnés
nauraient pu faire rectifier.
Mais il est dautres « cas » que les abonnés ignorent.
Beaucoup dentre eux demandent les « réclamations »
à la suite dune ou de plusieurs réponses « pas
libre ». La réclamation est comptée comme conversation
si le « pas libre » est confirmé, tandis quelle
est détaxée si la ligne était ou est devenue
libre dans lintervalle de temps.
Dautres sadressent aux « Renseignements » pour demander
un numéro. Si ce numéro figure dans lannuaire, la conversation
est taxée et on ne la détaxe que si le numéro ny
figure pas (cas dun nouvel abonné, par exemple). Il est, dailleurs,
des abonnés peu nombreux, heureusement qui nouvrent
jamais leur annuaire ! Dès quils ont besoin dun correspondant,
ils sadressent directement aux « Renseignements », qui
le leur font donner, mais, et on ladmettra sans peine, la conversation
est taxée double.
Insistons sur ce fait quune conversation avec les « Renseignements
» est toujours taxée si labonné peut, trouver
ce quil désire à lannuaire.
On détaxe encore quand la conversation na pu avoir lieu, par
suite de « pas libre » avec un abonné de banlieue desservi
par la batterie locale parce que le compteur fonctionne avant que labonné
ait décroché son récepteur. Toutes ces détaxes
sajoutent aux 5 %.
Un léger escompte est consenti aux abonnés.
Voyons, maintenant, comment est calculé le comptage.
A un moment donné de lannée, le compteur marque, par
exemple, 2.854 conversations, dont on déduit les 5 %, soit 143. Il
reste donc 2.711 conversations, desquelles nous déduirons encore
11 détaxes effectuées par les opératrices. L'abonné
aura à payer 2.7001.500 acquittées au commencement de
lannée, soit 1.200 conversations à 0 fr. 30, qui représentent
3G0 francs. Sur cette somme, ladministration établit un escompte
de la manière suivante :
Les 100 premières conversations sont dues intégralement ;
Les 100 suivantes, de 100 à 200, bénéficient dun
escompte de 5 % ; pour celles comprises entre 200 à 300, lescompte
est de 10 % ; et de 20 % pour toutes les conversations au-dessus de 300.
La comptabilité calculera donc ainsi :
De 100 à 200, 5 francs descompte ;
De 200 à 300, 10 francs descompte ;
Enfin, 00 francs à 20 % donnent 12 francs descompte.
Le total de cette remise sélèvera donc à 27 francs.
De sorte que labonné naura à payer que 300
27 = 333 francs.
Le relevé du nombre de conversations ne peut être inexact.
Beaucoup dabonnés tiennent eux-mêmes une comptabilité
fidèle de toutes les conversations quils demandent et, au moment
ou ils reçoivent leur décompte, constatent parfois une différence
sensible à leur désavantage.
En règle générale, les écarts proviennent de
ce fait que, en labsence du directeur ou du chef de service, les employés
utilisent le téléphone pour leur propre compte et se gardent
bien de porter ces unités à la suite des autres. De très
nombreuses expériences ont été effectuées pour
convaincre les abonnés et, très souvent, le fait a été
reconnu exact.
On le voit, le comptage ne peut donner lieu quà des erreurs
provenant dune lecture trop rapide de la photographie, erreurs qui
peuvent être rectifiées lorsque labonné réclame
; elles se rétablissent doffice, dailleurs, au comptage
suivant puisque le compteur a inscrit le total sans être victime de
lerreur.
Ce nouveau système permet davantager labonné et
de mieux assurer le service.
Ladministration na pas pris que des mesures coercitives contre
les abonnés ; elle leur accorde des faveurs, comme, par exemple,
le calcul de lescompte sur la totalité des communications enregistrées
par chaque groupe de lignes, afin dinciter au groupement. Dans le
cas où un abonné augmente son nombre de lignes mixtes, il
est encore exonéré d'une partie des frais de premier établissement.
Lexonération totale est même accordée pour létablissement
de toute ligne darrivée nouvelle venant en surnombre.
Enfin, bien que lunité de durée de conversation soit
de trois minutes , il nen est pas tenu compte. La plus grande tolérance
est donc accordée. Cependant, si certains abonnés en usent
trop largement et trop souvent, lopératrice les avertit quune
taxe supplémentaire leur sera appliquée. Cette surtaxe est
généralement acceptée. Et si toutes ces mesures aboutissent
au développement du service téléphonique, elles ont
pour effet immédiat de faciliter lexécution de ce service
en réduisant le nombre des communications vides, avec les postes
occupés et avec le bureau des réclamations.
1926 - Début des communications interurbaines
manuelles à grande distance.
Par l'arrêté du 9 août 1926 , la première liaison
interurbaine à grande distance (Paris-Strasbourg) est ouverte à
l'exploitation publique. Le nombre de taxes (Unités de Conversations)
imputées est communiqué par l'opératrice après
la fin de l'appel, aux abonnés qui en font la demande préalable.
Nous pouvons penser que le choix géographique de
cette première mise en service ne relève pas du hasard,
mais bien au contraire de la volonté très claire de la France
de réaffirmer le destin de l'Alsace-Moselle dans la République
Française.
Toutes les communications interurbaines seront réglementées
drastiquement par l'article 5 du décret du 15 juillet 1926, à
savoir :
- abonnement pour communications à heures fixes (et non pas quand
l'abonné le souhaiterait à n'importe quelle heure)
-abonnement possible de moins d'un mois, ou alors renouvelable de mois
en mois.
-abonnement payable d'avance, tous les mois.
-droit pour l'Administration de limiter les conversations à 6 minutes,
pour pouvoir écouler les autres demandes à satisfaire.
1929 - Ouverture du Service de l'Heure.
Suite à l'instruction n°2444 E. Tp. du 5 décembre 1928
(BO P&T 1928 n°25, page 1054), les abonnés pourront à
l'avenir obtenir l'heure précise à la minute près
arrondie à la minute supérieure, les heures exprimées
en cycle de 0 à 24 heures, et ce pour le coût d'une communication
locale. L'heure sera délivrée par une opératrice
spécialisée qui répondra : « Il est XX heures
YY minutes au cartel du Bureau ». Le service de l'heure est donc
manuel à son ouverture initiale.
1932 - Gratuité des installations téléphoniques.
La loi du 15 juillet 1932 instaure, pour toute la France, la gratuité
des installations et des mises en service des lignes téléphoniques
situées dans un rayon de 4 km autour d'un centre téléphonique.
Cette mesure entraînera un grand afflux de demandes de souscriptions
et participeront ainsi à laccroissement des listes d'attente.
1932 - Réseau de Paris et zone suburbaine.
L'arrêté du 22 juillet 1932 fusionne le réseau téléphonique
de Paris intra-muros aux réseaux alentours dits de la zone suburbaine
de Paris des communes mitoyennes pour constituer un réseau local
unique dénommé Réseau de Paris.
Cette unification administrative et tarifaire suit tout simplement la
progression du maillage et de l'interconnexion des centres téléphoniques
automatiques de la zone la plus dense de France : Paris et sa proche banlieue
du département de la Seine. (équivalant aux départements
actuels des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne et Paris).
1936 - Circonscriptions de Taxes téléphoniques
Cantonales.
Elles sont créées par la loi de finance du 31 décembre
1936 concernant la répartition des réseaux locaux en circonscriptions
téléphoniques.
À cette époque, il est donc décidé que chaque
canton départemental constituerait une Circonscription de Taxe
dont son chef-lieu administratif des PTT serait le chef-lieu de canton
(sauf rare exception).
Désormais, il s'agit de la distance entre les chefs-lieux
des deux cantons d'une conversation qui sert à facturer en fonction
de la distance les conversations téléphoniques et à
entamer un processus de rationalisation de la facturation.
Cette réforme réduit le nombre des circonscriptions
métropolitaines à environ 4.000 et rationalise l'anarchie
précédente qui témoigne du développement des
réseaux téléphoniques locaux de la manière
erratique des débuts.
Les réseaux locaux (qu'ils soient manuels ou automatiques)
sont désormais regroupés dans chaque canton en une Circonscription
de Taxe.
Le canton, créé sous la Révolution
Française, étant à cette époque très
important dans l'esprit collectif des habitants, cette décision
a pour avantage d'être claire pour les usagers du téléphone,
mais en revanche elle ne tient pas totalement compte des impératifs
techniques inhérents à la construction réelle du
réseau téléphonique, du relief géographique
et des impératifs engendrés etc...
1940 - Conséquences causées par la ligne
de démarcation.
L'organisation votée en 1936 subsistera 20 ans et traversera la seconde
guerre mondiale tant bien que mal du fait que certaines circonscriptions
et 14 départements seront découpés en deux et les lambeaux
seront rattachés aux départements voisins suite à l'établissement
de la ligne de démarcation séparant la Zone dite Libre de
la Zone Occupée et de la Zone Occupée Interdite.
Les 14 départements concernés sont :
- Ain (01)
- Allier (03)
- Charente (16)
- Cher (18)
- Dordogne (24)
- Gironde (33)
- Indre-et-Loire (37)
- Jura (39)
- Landes (40)
- Loir-et-Cher (41)
- Pyrénées (Basses) (64)
- Saône-et-Loire (71)
- Savoie (Haute) (74)
- Vienne (86)
1943 : Exploitation avec comptage multiple semi-automatique
à la durée.
À partir du mois de janvier 1943, début de la
disparition progressive des Tickets de taxation remplis par les opératrices
manuelles à la main, et leur remplacement par un système
de compteurs incrémentés par les opératrices à
l'aide de simples boutons comptabilisant le nombre d'Unités de
Conversations écoulées (par période de 3 minutes)
ainsi que leur taux qui est fonction de la distance de l'abonné
demandé.
Cette nouvelle évolution dite exploitation avec comptage multiple
semi-automatique à la durée, permet d'une part d'économiser
du papier, en continuelle pénurie depuis 1940, et d'autre part
de fiabiliser le système de taxation.
- de Janvier 1943 à Janvier 1947, la suppression
des Tickets de taxation commence par les communications entre Paris et
sa grande banlieue de Seine-et-Oise (vers les centres manuels que l'on
joignait par le 11, via le Bureau Régional Interurbain-Poissonnière
à Paris), et se poursuit par la Seine-et-Marne le 17 mai 1947.
- elle se poursuit à partir de 1949 par la totalité de la
province (vers les centres interurbains manuels que l'on joignait par
le 15, via des nouveaux Bureaux Régionaux avec imputation de taxe
semi-automatique.)
Rouen Régional : 7 mai 1949,
Bordeaux Régional : 2 avril 1950,
Nice Régional : 18 juin 1950,
Toulouse Régional : 8 juillet 1950,
Marseille Régional : 1er juin 1951,
Lyon Régional : 23 juin 1951,
Colmar Régional : 5 juillet 1951,
Angers Régional : 1er octobre 1951,
Montpellier Régional : 10 novembre 1951...
- elle se poursuit dès 1949 par les communications entre Paris
et la Province (vers les centres départementaux manuels obtenus
par le 10 suivis de l'indicatif départemental XY souhaité,
via Paris Interurbain Archives).
Cette évolution prépare donc, avant même
les débuts de l'automatisation des communications interurbaines
en 1951, le système de taxation automatisé à venir.
1945 : Tarification exprimée en Taxes de Base
(Taxation dite par « unité de conversation »).
La Taxe de Base est créée par décret du Gouvernement
Provisoire de la République Française n°45-289 du 22
février 1945.
La définition qui en est donnée est la suivante : la taxe
de base applicable aux conversations téléphoniques et à
certaines opérations du service téléphonique est
la taxe d'une conversation locale demandée à partir d'un
poste d'abonné.
Sa valeur initiale est alors fixée à 2,50 F par ce décret.
La Taxe de Base sert dorénavant à calculer
le prix de toute communication téléphonique, quelle
soit manuelle ou automatique.
- Cas du manuel : que la communication soit locale ou interurbaine, le
principe de taxation demeure identique, par Unité de Conversation
fixée à 3 minutes. Désormais la Taxation est exprimée
en nombre de Taxes de Base par unité de conversation, et ce en
fonction de la distance kilométrique entre les chefs-lieux de canton
des correspondants.
-Cas de l'automatique : Toute conversation obtenue par voie automatique
au niveau local est facturée au prix d'une Taxe de Base et ce sans
limite de durée.
Avant cette date, le coût d'une communication téléphonique
était toujours exprimé directement en francs.
La logique de taxation, même si elle est désormais exprimée
en Taxes de Base, reste identique à ce qu'il se faisait avant le
22 février 1945, mais permet de revaloriser de manière comptable
proportionnellement et plus aisément les tarifs en conservant mieux
son échelonnement et sa proportionnalité en fonction de
la distance.
1951 : Début de la taxation de l'Interurbain
Automatique.
Avec l'arrivée de l'Automatique Interurbain en commençant
par Paris, les liaisons interurbaines automatiques s'ouvrent au compte-gouttes.
Elles relient d'abord Paris à quelques grandes villes (Paris -
Fontainebleau, Paris - Orléans
et Paris - Lyon), dont les distances les séparant sont connues
et permettent de facturer de manière automatisée sans intervention
humaine les conversations suivant le système traditionnel des Unités
de Conversations de période fixée à 3 minutes, à
un taux qui est fonction de la distance de la ville appelée, directement
incrémentées sur des compteurs.
1956 : Circonscriptions de Taxes téléphoniques
Nouvelles.
Le décret n°56-823 du 14 août 1956 portant définition
de la Circonscription de Taxe téléphonique associé
à larrêté du 12 septembre 1956 organisant la
répartition des réseaux en circonscriptions de taxes téléphoniques
créent de nouvelles Circonscriptions de Taxe téléphoniques
se substituant aux anciennes Circonscriptions Cantonales.
Ainsi à cette date, le chef-lieu de circonscription
de taxe nest désormais plus forcément le chef-lieu
de canton, et des réseaux téléphoniques de cantons
voisins peuvent être rattachés à un autre canton.
Le chef-lieu de circonscription téléphonique
est désormais choisi par ladministration des PTT en fonction
de la construction et de létat réel du réseau
téléphonique.
Est à lorigine de cette rationalisation
Eugène Thomas, résistant, et déporté, reconnu
de tous comme étant un Secrétaire dÉtat des
Postes Télégraphes Téléphones si dynamique
quil reste souvent en fonction dans les gouvernements de la IVème
République même assez divergents de sa coloration politique.
Désormais, la France Métropolitaine
est divisée en 478 nouvelles Circonscriptions de Taxes téléphoniques.
Du point de vue technique, dans les années 60,
le coût d'une communication était une fonction quasi linéaire
de la distance : c'est pourquoi on comptait en France 11 paliers tarifaires
qui s'échelonnaient jusqu'à 500 km.
La Relève Bimestrielle de la Taxation des Abonnés.
Tous les deux mois, chaque Compteur de Taxes d'abonné
est donc relevé, au moyen d'appareils photographiques spéciaux,
couplés avec un masque métallique qui délimite bien
les compteurs à photographier à chaque cliché.
Volumineux dans les années 1920, ils deviendront plus légers
et maniables jusqu'à la 1991, année de suppression totale
de la méthode de taxation au compteur physique.
Comme pour le tout premier commutateur Strowger
de 1913, les baies de compteurs de tous les commutateurs éléctro
mécaniques étaient ordonnées de la même façon
(une centaine par cliché).
Ce système est caractérisé par l'Administration des
PTT comme étant rapide et sûr, en raison d'un double contrôle
comptable par comparaison des photographies avec les relevés du
bimestre précédent. La garantie quasi totale d'exactitude
des chiffres relevés est avancée par l'Administration des
PTT.
La photographie au service du relevé des compteurs
Naguère encore, le relevé des compteurs était effectué
par deux agents, lun grimpé sur une échelle en face
du bâti de ces compteurs, lisant les nombres, lautre, en bas,
les inscrivant sur une feuille volante.
Ce système présentait plusieurs lacunes. Le premier agent
pouvait commettre une erreur de lecture et le second mal comprendre un
nombre ou se tromper encore dans sa transcription. Ces erreurs étaient
difficilement réparables,
A cette méthode
a été substitué un procédé photographique
qui ne manque pas dingéniosité.
Lappareil photographique employé a été construit
spécialement dans ce but. Il est installé sur un châssis
susceptible de parcourir toute la longueur du bâti des compteurs,
comme une échelle mobile dans une bibliothèque et peut,
monter et descendre sur les deux longerons verticaux du châssis
en sy fixant à trois hauteurs différentes. Il prend
ainsi, successivement, la photographie de 100 compteurs (10 x 10) en une
seule opération, que lon répète jusquà
ce que tous aient été photographiés.
Quatre projecteurs, aux lampes électriques très puissantes,
éclairent les compteurs, mais dans des conditions telles quaucune
réflexion de leur lumière ne puisse se produire sur les
lames de mica qui en ferment les fenêtres.
Lorsque tous les compteurs ont été ainsi photographiés,
on développe les clichés et on en tire des agrandissements
qui facilitent la lecture. Les chiffres sont reportés sur le compte
de chaque abonné.
Ces appareils utilisés dès l'origine de la mise en service
des Commutateurs ROTARY 7A1 en Région
Parisienne sont très volumineux, et pourvus de 4 rampes d'éclairage
avec un total de 12 ampoules.
Dispositif léger avec un appareil photo
Foca Poste.
Photographie des compteurs sur un commutateur Rotary (un peu plus tardif
que le Strowger)
Ce modèle FOCA plus compact que le précédent, permet
de photographier 25 Compteurs de Taxes à chaque cliché,
avec un film de 40 poses.
L'éclairage, une seule grosse ampoule, est situé à
droite, intégré dans l'appareil.
Agrandir pour lire
en détail
,

Les appareils de type Poste, contrairement à leurs
homologues militaires, font partie d'une catégorie bien particulière
d'appareils. Ces modèles ayant pour rôle le relevé
des compteurs téléphoniques, leurs caractéristiques
sont adaptées à leur usage:
Obturateur monovitesse au 1/25 ème de seconde, fenêtre d'exposition
au format 24x30, dispositif d'avance du film et compteur de vue gradué
jusqu'à 42 adaptés au format, tétons de fixation
sur une boîte à lumière et boutons d'armement et de
rembobinage sur dimensionnés. Les séries construites à
base de boîtiers Standard conserveront leur levier de débrayage
et les objectifs sont généralement à mise au point
et diaphragme bloqués ( à f:9 ou f:6.3 sur les Oplar 3.5/5cm
et à f:8 sur les Oplar et Oplex 2.8/5cm). Le tirage des objectifs
est augmenté par allongement du fût à la construction
de l'objectif ou par ajout d'une bague d'épaisseur variable quelquefois
fixée par un pied (sorte de petite goupille de 0.7mm de diamètre).
On peut distinguer facilement deux variantes principales selon le type
de châssis: PF1Bis chromé et Standard laqué noir.
Ensuite, sur les châssis Standard, on retrouve au début des
appareils avec capot de PF1Bis portant une numérotation de PF1Bis
puis des appareils avec capot de PF1Bis portant un numéro de PF1Bis
plus une griffe numérotée de Standard et enfin des capots
toujours du modèle PF1Bis mais avec seulement un numéro
de Standard sur la griffe. Toutes les autres caractéristiques (type
de synchronisation flash, rehausse de bouton, modèle d'objectif...)
sont très variables et se retrouvent sur tous les modèles.
Les appareils Foca Poste n'étaient qu'un des éléments
d'un système complet pour effectuer le relevé puis la facturation
des consommations de téléphone. Ces systèmes de relevé
ont évolué avec les modèles de standards téléphoniques
et le système Lesca est le nom le plus connu à l'instart
des ensembles Alos utilisés par exemple avec des appareils Alpa
11A.
Les différents types de centraux téléphoniques
et appareils d'éclairage:
(informations et photographies: Mr M Lainé, collectionneur)
Tout d'abord, les différences entre les matériels de prise
de vue s'expliquent par la diversité des types de centraux téléphoniques.
L'aspect général sous forme de barres de compteurs présentaient
des particularités. Les autocommutateurs utilisés par l'administration
des Postes et Télécommunications pouvaient être les
modèles suivants: ROTARY (1940 à
1975), SRCT pour "Service des Recherches et
du Contrôle Technique des télécommunications"
(1950 à 1961), CROSSBAR (CP400 de 1956
à 1985) ou par la suite Pentaconta. Sur les suivant, les appareils
Foca ne sont plus utilisés.
Le premier modèle de système d'éclairage est à
lumière continue fournie par deux lampes de 220V/250W. Avec ce
support, le boîtier photographique n'a donc pas besoin de prise
de synchronisation. Le dispositif se présente donc sous forme d'un
châssis pyramidal avec à son sommet une platine de fixation
du Foca par ses quatre tétons et à sa base deux gros logements
ventilés pour les lampes. Une poignée permet la préhension
du dispositif.
Le premier modèle de système d'éclairage est à
lumière continue fournie par deux lampes de 220V/250W. Avec ce
support, le boîtier photographique n'a donc pas besoin de prise
de synchronisation. Le dispositif se présente donc sous forme d'un
châssis pyramidal avec à son sommet une platine de fixation
du Foca par ses quatre tétons et à sa base deux gros logements
ventilés pour les lampes. Une poignée permet la préhension
du dispositif.
Les types suivants sont
connus sous le nom de systèmes Lesca du nom de Georges Lesca, Technicien
Matériels Photographiques, ayant son atelier 21 rue des Bahutiers
à Bordeaux. Les systèmes Lesca sont composés de flashs
annulaires contenus dans une boîte à lumière qui prend
place sur un châssis pyramidal fermé ou ouvert sur une face.
Un des deux dispositifs présentés comprend en plus un accessoire
destiné sans doute à un type donné de standard téléphonique.
Différentes bagues allonge sont fournies par G Lesca suivant le
type de cône. Celle fournie avec l'appareil faisait 6.8mm et une
bague supplémentaire de 1.4mm devait être ajoutée
pour l'utilisation sur un cône SRCT. Un filtre gris polarisant marqué
"polarex 50" était aussi fourni. Ce filtre portait des
index de réglage sur sa monture. Il était quelquefois collé
sur la boîte à lumière ou monté avec un repère
de réglage. On peut penser qu'un tel filtre trouvait son utilité
dans l'élimination des reflets parasites sur les fenêtres
des compteurs ou pour modifier la colorimétrie et rendre plus visible
les chiffres des compteurs.
Relevé
des compteurs ROTARY 7B1 de la Région Parisienne.

Photographie des compteurs sur un commutateur pentaconta et d'un commutateur
Cp400
1960 : Tarification par impulsion périodique,
Taxe de Base par Taxe de Base.
Cette nouvelle méthode réservée aux communications
obtenues par voie automatique, est instituée par les décrets
et entre en vigueur le 1er septembre 1960. Le déploiement de ce nouveau
système de taxation sera progressif à partir de 1962.
Elle est l'inverse de ce qu'il s'est toujours fait jusqu'à lors.
Désormais, pour les communications automatiques, la logique de taxation
est complètement modifiée.
Dorénavant, même si les prix des communications demeurent basés
en partie sur la distance entre chefs-lieux, dans ce nouveau système,
il sagit désormais de l'intervalle de taxation qui varie en
fonction de la distance des abonnés, et désormais le prix
facturé à chaque intervalle demeure identique.
Chaque intervalle est facturé au prix fixe d'une Taxe de Base ; les
intervalles de temps exprimés en secondes entre deux taxes de base
sont d'autant plus courts que la distance entre les deux abonnés
est grande.
Les communications locales et de circonscription obtenues par la voie entièrement
automatique sont facturées une Taxe de Base en début de conversation,
sans limite de durée. De plus, pour la première
fois apparaissent, uniquement pour la voie automatique, les tarifs de nuit
à prix réduit.
Le 15 août 1962, Nancy est la première ville de France à
basculer dans ce nouveau mode de taxation périodique par ses deux
commutateurs L43.
Le commutateur CP400 de Haguenau, mis en service le 18 août 1962,
suit ce même jour. Il est le premier commutateur à l'état
natif fonctionnant en Taxation par impulsion périodique.
Paris commence progressivement sa conversion le 16 octobre 1962, avec le
premier central téléphonique Ségur (commutateurs ROTARY
7A1 Ségur, Suffren et ROTARY 7B1 Fontenoy). Le même jour, la
ville de Nevers suit, avec son commutateur L43.
1970 : Généralisation de la Taxation
par impulsion périodique.
Suite à la Décision du 28 décembre 1970 du Ministre
des Postes et Télécommunications, la taxation par impulsion
périodique est généralisée à l'ensemble
du territoire français, en ce qui concerne les communications établies
par voie entièrement automatique (ou semi-automatique de départ).
LA FACTURATION en France
Le CRIT Centre Régional de Comptabilité, renommé
CFRT Centre de Facturation et de Recouvrement des Télécommunications
est le centre régional où sont préparées les
futures factures.
Salle du Centre Régional de Comptabilité de Paris, 20 rue
de Navarin
À partir des tickets et des photographies de compteurs de taxe,
les opératrices transfèrent manuellement compteur par
compteur, les données de facturation. Puis ces données
sont transférées à l'ordinateur régional qui
traitera la facturation de chaque abonné.
Calculateur IBM (série 1400) du Centre Régional de Comptabilité
de Paris, avec des mémoires vives de tores magnétiques.
Un CFRT spécifique chargé de centraliser les données
de taxation provenant de tous les Commutateurs Internationaux Automatiques
de France Métropolitaine.
Le CFRT International retransmet ensuite ces données mises en forme
à chaque CFRT dont dépend chaque abonné .
La généralisation de la taxation par
impulsion périodique aura mis dix années.
1970 Taxation Électronique Centralisée
:
Une maquette de Taxation Électronique Centralisée
avait été mise en service au CNET le 15 juillet 1964.
Une expérimentation en service réel en France avait déjà
été engagée dès 1964 en Région Parisienne
: le Commutateur CP400 en service à Poissy en est alors le premier
équipé (Poissy A1 - WD06) à titre expérimental
dès sa mise en service.
En photo le dispositif
dans le Commutateur CP400 à Poissy.
Le dispositif à Taxation Électronique Centralisée
est mis en service en France à Toulouse, associé au
Commutateur de type PENTACONTA 1040 (Toulouse Jaurès 1 (TL507))
mis en service le 23 juin 1970, et hors service le 7 octobre 1986.
Ainsi progressivement, les nouveaux commutateurs en seront-ils équipés,
ainsi que les commutateurs réputés pas trop anciens et devant
servir encore de nombreuses années ; les baies de Compteurs de
Taxes électromécaniques ne seront progressivement plus utilisées
et se verront désinvesties.
Nota sur labus consécutif de communications
locales à taxation sans limite de durée par certains usagers
peu scrupuleux.
À la décharge de lAdministration des Télécommunications,
il faut préciser quhélas, il existait un nombre certain
de profiteurs qui abusaient du système de taxation des communications
locales sans limite de durée.
En effet, puisque dans ce type dappels téléphoniques
la Taxe de Base était payée en début de conversation,
et quensuite la communication nétait plus jamais taxée
et ce quelle que soit sa durée, des petits malins faisaient en
sorte de téléphoner dès le matin à leur arrivée
par exemple sur leur lieu de travail à leur conjointe, maîtresse,
amant, enfants, grands-parents, ami(e), etc. et de maintenir la conversation
pendant toute la journée et jusquau soir !
Non seulement labus contraire à toute saine
morale était caractérisé, mais il était réglementairement
impossible à facturer ou à sanctionner.
Le pire est que le cumul de ce type de comportements égoïstes
encombrait gravement les ressources disponibles du réseau téléphonique
en bloquant pendant des durées interminables des mailles dans les
commutateurs et des liaisons urbaines locales qui de ce fait se retrouvaient
monopolisées par une minorité dégoïstes
au détriment de la majorité des abonnés qui se retrouvaient
empêchés de communiquer
Ladministration, grâce à lélectronisation
et à linformatisation progressive du Réseau Téléphonique
Commuté et spécialement des commutateurs téléphoniques
locaux, a fini par découvrir le pot-aux-roses grâce à
létude statistique des bandes magnétiques de taxation,
et a finalement mis fin à ces abus en supprimant la tarification
sans limite de durée, non sans tergiverser, en 1981, 1984 puis
1985.
1981 : Fin de la taxation forfaitaire sans limite de
durée des communications locales obtenues par un téléphone
public.
Le décret n°81-1052 du 27 novembre 1981 met fin, en tant que
ceci concerne les téléphones publics à la facturation
des communications locales (comprises dans une même Circonscription
de Taxe) au coût d'1 Taxe de Base sans limite de Durée.
Désormais, toute conversation locale passée
depuis une cabine téléphonique publique est facturée
une Taxe de Base toute les 3 minutes (ce qui entraîne par la même
occasion la suppression des taxiphones urbains de modèle ancien,
qui ne peuvent encaisser qu'un seul jeton ou qu'une seule somme de monnaie
en début de conversation. Ils sont remplacés par des taxiphones
de type interurbain.
1983 : début de la facturation détaillée.
Après autorisation gouvernementale par arrêté du 9
février 1983, le service de Facturation Détaillée
(FADET) est ouvert progressivement à l'exploitation à
partir du 5 décembre 1983. Les premiers commutateurs à pouvoir
délivrer ce service en France seront les commutateurs de type Métaconta
- 11F. Progressivement, la Facturation Détaillée, alors
payante, sera généralisée à l'ensemble des
commutateurs semi-électroniques et électroniques temporels.
Nota : les quatre derniers chiffres des numéros de téléphones
(MCDU) sont alors systématiquement occultés (pour la paix
des ménages...)
Le décret n°83-258 du 30 mars 1983 paraît
et double le prix des communications locales passées à partir
d'un téléphone public. Mais en compensation, toute conversation
locale passée depuis une cabine téléphonique publique
est facturée une Taxe de Base toutes les 6 minutes.
1984 : Fin de la taxation forfaitaire sans limite de
durée des communications locales obtenues par un téléphone
ordinaire, pendant le plein tarif.
Le décret n°84-313 du 26 avril 1984 met fin à partir
du 15 février 1985 à la facturation des communications locales
(comprises dans une même Circonscription de Taxe) en plein tarif
au coût d'une Taxe de Base sans limite de Durée.
Désormais, les communications locales sont facturées une
Taxe de Base toutes les 20 minutes en plein tarif, mais demeurent taxées
d'une seule Taxe de Base en début de conversation sans limite de
durée durant les périodes de tarifs réduits.
1985 : Fin de la taxation forfaitaire sans limite de
durée des communications locales obtenues par un téléphone
ordinaire.
Le décret n°85-911 du 31 juillet 1985 supprime la taxation
sans limite de durée des conversations locales pour tous les tarifs
à partir du 1er décembre 1985.
Désormais, ces communications locales sont facturées une
Taxe de Base toutes les 10 minutes en plein tarif, et les tarifs réduits
ne permettent plus de bénéficier de la tarification d'une
Taxe de Base forfaitaire sans limite de durée.
Années 1980 Les contestations , analyse
de Christian VIGOUROUX
Qui ne connaît autour de lui, quelque abonné ayant reçu
un jour une facture de téléphone sur laquelle plusieurs
zéros supplémentaires étaient venus sinscrire
malencontreusement, transformant les centaines en centaines de milliers
de Fr. Dans de tels cas, le service reconnaît immédiatement
ses erreurs. Mais, plus irritantes sont les factures bimestrielles
deux, cinq ou dix fois plus importantes que les précédentes.
Labonné de bonne foi peut mettre en doute le bien fondé
de la facture mais le plus souvent sans résultat.
Il faut souligner que ces litiges sur les factures sont la rançon
dun considérable succès qui a élevé
le taux de foyers raccordés au téléphone de 27 %
en 1974 à 90 % en 1984. Il est loin, le temps où lon
pouvait voir le directeur adjoint des télécommunications
de Clermont-Ferrand arriver avenue de Ségur avec, dans sa serviette,
de succulents fromages pour convaincre les responsables de ladministration
centrale doctroyer quelques lignes supplémentaires à
lAuvergne... En outre, le ministère souligne depuis quelques
années la baisse du taux de contestation des taxes :
2,9 contestations pour 1 000 factures émises en 1983, 3,2 en 1984,
3,7 en 1985, 2,6 en 1986 et 1,88 en 1987
Ces chiffres valent ce que valent les statistiques : ils peuvent signifier
meilleure tarification ou résignation des abonnés.
Mais il reste que les rapports entre les télécommunications
et leurs clients connaissent une évolution juridique et technique
accélérée.
Cette histoire mérite dêtre brièvement retracée
entre les déboires dhier et les espoirs quil nest
pas illégitime de nourrir.
Les déboires : surprises et impuissance de lusager
1) Les factures téléphoniques nont pas bonne
presse. Au dos des bordereaux reçus, tous les deux mois, par les
abonnés figurent quelques explications. Mais elles ne portent ni
sur les tarifs, ni sur les tranches horaires, ni sur déventuels
conseils techniques permettant à chacun de comprendre ses dépenses
: sous la rubrique «remarques importantes » figurent la mention
de la «date limite de paiement » et le rappel que le «titulaire
dun abonnement est le seul responsable vis-à-vis de ladministration
de lusage qui est fait de linstallation ». Le décor
est planté. Il sagit moins de faire comprendre que de faire
payer. Or une facture lisible sera mieux admise. Le fisc la bien
compris qui multiplie les formules «pour calculer vous-même
votre impôt ».
Labonné, qui ne peut ou ne sait noter régulièrement
ses consommations, devient ainsi un contestataire potentiel quune
facture codée va transformer en réclamant à ladministration
puis, parfois, en requérant au juge administratif. A la longue
cohorte de ceux qui se plaignent de lhétérogénéité
de leurs factures sur une année, du montant de leurs factures durant
lété où ils sont absents, des possibilités
dinterférences entre lignes, il est invariablement répondu
quils doivent mieux surveiller leur entourage surtout quand ils
sont hors de chez eux. Lincompréhension atteint les sommets
quand labonné met sa ligne à disposition de ses propres
clients, quil sagisse dune entreprise de location dappartements
à la journée ou au mois à Paris, dun hôtel
du centre de Rouen ou dun taxiphone installé dans le hall
dune clinique privée . Dans de tels cas, lexploitant
peut être pris entre lincompréhension du service public
et celle de ses clients qui, bien sûr, ne se plaindront pas de pouvoir
appeler Los Angeles à un tarif sans concurrence si daventure
linstallation est temporairement défectueuse.
Dans une telle situation, rien ne sert de brandir les relevés du
compteur interne à lentreprise ou installé chez le
particulier qui en a fait la demande : ladministration répondrait
par son atout maître : le décret du 8 janvier 1955, aux termes
duquel : «les abonnés sont autorisés à faire
équiper leurs lignes téléphoniques de compteurs de
taxes installés près du poste dabonnement pour la
détermination des taxes dues par labonné, le compteur
installé au centre téléphonique fait seul foi ».
A la suite des recommandations du médiateur, les PTT qui ne commercialisent
plus directement ces compteurs à domicile depuis décembre
1986, vont renforcer linformation des 60 000 personnes disposant
de tels compteurs et demander aux industriels du secteur dindiquer
dans leurs notices la «transparence juridique » de ces appareils
qui ne font pas foi.
Eviter ou réduire les «surprises » de labonné,
cest économiser des litiges et donc améliorer le service
public.
Le premier système pour contrôler un défaut de facturation
ou technique, a été la machine Girard.
L'usager peut aussi demander la pose d'une machine Girard branchée
en dérivation sur sa ligne. Cet appareil enregistre sur une bande
de papier tous les chiffres composés au cadran du poste, la date,
l'heure de début et l'heure de fin de chaque communication (celle
de début seulement pour les tentatives de communication n'aboutissant
pas), les impulsions de taxation envoyées au compteur pour chaque
communication efficace, ainsi que l'heure d'envoi des impulsions . Il
est à noter que dans tous les cas des contrôles ainsi exercés,
le nombre des impulsions inscrites sur la bande a toujours correspondu
à la différence des index du compteur individuel à
la fin et au début du contrôle, ce qui confirme le bon fonctionnement
des compteurs.
Machine
sans son couvercle.
A l'issue de la période de contrôle, les indications de la
bande ainsi obtenue sont rapprochées de la comptabilité
tenue par l'abonné (tout abonné qui réclame est,
en effet supposé tenir une comptabilité rigoureuse de ses
appels ; pourtant, combien de réclamants n'en tiennent pas compte!)
. Il est alors facile do découvrir les omissions ou les erreurs
d'évaluation de taxes commises.. par l'abonné : il est très
rare que quelques omissions ne soient pas relevées mais, surtout,
la taxe globale des conversations interurbaines est rarement appréciée
à sa juste valeur, par méconnaissance des règles
exactes de taxation à la distance et à la durée .
Evidemment, de tels contrôles ne peuvent être pratiqués
fréquemment, ni pendant de très longues périodes,
car le nombre d'appareils enregistreurs mis à la disposition de
chaque centre téléphonique est nécessairement réduit
en raison de leur prix élevé .
Reconnaissant les inconvénients que présente pour les abonnés
l'imputation au compteur de la taxe des communications téléphoniques
interurbaines, l'administration comprend très bien leur désir
de pouvoir contr0ter directement et en permanence leur consommation téléphonique,
surtout au moment où, dans toute la France, se multiplient les
liaisons interurbaines automatiques.
C'est pourquoi ; dès 1955, un décret (du 8 janvier1955)
a autorisé les abonnés des réseaux où les
taxes des communications interurbaines sont imputées au compteur
à faire équiper leurs lignes téléphoniques
de compteurs de taxe installés près du poste d'abonnement,
c'est-à-dire à domicile . Chaque compteur fonctionne en
synchronisme avec, le compteur correspondant au centre téléphonique
et donne à la fois le nombre d'impulsions enregistrées pour
chaque communication (une impulsion = une taxe de base de 25 francs) et
le nombre total d'impulsions : Ces compteurs peuvent être installés
soit par l'industrie privée (compteurs Sodeco), et par l'administration.
Une taxe de 18.75 francs est jusqu'ici perçue pour l'équipement
du centre téléphonique correspondant en propre eu compteur
de taxes installé chez l'abonné, ainsi qu'une redevance
mensuelle d'abonnement de 100 francs. En outre, pour les compteurs fournis
par l'administration, s'y ajoute une taxe mensuelle d'entretien. Le nombre
des abonnés, ayant depuis demandé à bénéficier-de
cette possibilité est extrêmement faible . Aussi, afin de
développer l'installation de compteurs à domicile l'administration
vient-elle de prendre la décision de ramener de 18 .75 à
5 .00 francs la taxe perçue pour l'équipement initial malgré
le prix élevé de cet équipement complexe qui doit
permettre de retransmettre au domicille de l'abonné les impulsions
de comptage émises au centre téléphionique. C'est
d'ailleurs en raison de ce prix élevé que n'ont jusqu'à
présent été prévus pour recevoir des équipements
de ce type, que quelques très grands centres téléphoniques
(dont évidemment Paris en premier) . Mais tous les nouveaux centres
automatiques seront dorénavant installés avec de tels équipements
et les centres déjà en service en seront progressivement
équipés.
2) Car il peut arriver que ce service de télécommunication
ait quelques difficultés à communiquer. Quant à labonné,
il aura acquis le sentiment de son impuissance.
- En premier lieu, plane sur la discussion entre le service et lusager,
la menace de la coupure de ligne. Menace parfois disproportionnée
avec le litige qui peut se limiter à quelques centaines de francs.
Mais quelles que soient les conséquences pour labonné,
le «calendrier de recouvrement des factures » est organisé
avec une rigueur mathématique: jour J, envoi de la facture, J +
23, rappel; J + 30, pénalité de 10 %; J + 35, suspension
de la ligne; J + 40, lettre recommandée avant résiliation;
J + 50, au plus tard, résiliation. Les télécommunications
sont fortes dun pouvoir de sanction reconnu par larticle L.
36 du code des PTT : «le service de la correspondance privée
peut être suspendu par le ministre des PTT soit partiellement, soit
totalement, sur lensemble du réseau des télécommunications
». Et larticle D 337 ajoute que le service peut à tout
moment mettre fin à un abonnement. La liste des motifs de résiliation
est longue (D. 340 et suivants), mais lessentiel est évidemment
le non paiement des redevances dans les délais impartis. Face à
des textes aussi formels, le Conseil dÉtat na pu que
suivre ladministration pour admettre la légalité de
résiliations dabonnement, même si lusager faisait
valoir son âge et son état de santé et sans quil
soit besoin dadresser préalablement à labonné
un avis de mise en recouvrement . La fermeté dans lutilisation
de cette arme ultime quest la résiliation nest pas
neuve : une caricature du journal satirique l«Assiette au
beurre» de 1904 montre, devant une longue rangée de demoiselles
du téléphone bousculées par les appels, le commis
principal interroger son supérieur : «M. le directeur, ces
dames sont débordées et le public réclame ».
Réponse : «Coupez les communications et faites poursuivre
les récalcitrants! »
Rien nempêcherait douvrir une place plus large au sursis
de paiement éventuellement avec consignation et, dans des cas justifiés,
à loctroi de délais pour les situations difficiles.
- En second lieu, labonné se heurte au mur de la charge de
la preuve. Sur ce plan, le juge a pu hésiter puisque les tribunaux
administratifs se sont partagés. Le Conseil dÉtat
a pris en considération limpossibilité de faire peser
la charge de la preuve exclusivement sur lune des parties, ladministration,
car il ne saurait être question de créer à son encontre
une sorte de présomption de «défaut de décompte
normal » sur le modèle de la jurisprudence des travaux publics;
en effet, lusager se trouve en situation de faiblesse envers le
service technique, seul compétent pour mesurer le service rendu.
Aussi dans ses récentes décisions, le juge administratif
a-t-il tiré parti du caractère inquisitoire de la procédure
contentieuse pour diriger lui-même ladministration de la preuve.
Lusager devra apporter des «présomptions suffisamment
sérieuses » et ladministration produire documents,
fiches de contrôles et résultats des vérifications
techniques. Le juge est alors amené à tenir la balance entre
les indices de labonné et ceux de ladministration.
Pour le premier : montant de facture sans commune mesure avec les bimestres
précédents, dérangements et anomalies diverses, absence
du domicile. Pour ladministration : présomptions comme linexpérience
du nouvel abonné qui navait pas pris toute la mesure du coût
du service, utilisation du poste par un tiers en labsence de labonné
et surtout coïncidence entre les relevés du compteur et ceux
des bandes de contrôle.
Le débat est difficile car aux abonnés honnêtes et
réellement victimes de surfacturation, se mêlent nécessairement
les habitués du «service public à crédit »
: ainsi labonné qui refusait de payer parce que le fonctionnement
de son compteur avait été interrompu alors quil ne
contestait pas avoir normalement utilisé sa ligne.
- En troisième lieu, limpuissance de labonné
se renforce par les difficultés daccès au prétoire.
Dès que la requête porte sur un remboursement de taxe, le
juge considère quil est en présence dun litige
de plein contentieux. Le pourvoi nest pas dispensé du ministère
davocat comme le recours pour excès de pouvoir. Cette exigence
constante, soulève des difficultés pour les litiges portant
sur des sommes peu élevées et le médiateur mentionne
cette question dans ses propositions de réforme.
- En dernier lieu, il faut souligner pour mémoire
que les taxes téléphoniques ont trouvé leur juge.
Est donc épargné aux abonnés le détour par
le tribunal des conflits qui nétait pas rare dans les années
1978.
Désormais, le contentieux des usagers du téléphone
constitue un bloc presque complet de compétence administrative,
le juge judiciaire ne conservant que le contentieux de lexécution
forcée.
Si lon tentait un bilan de ces discussions administratives
et contentieuses autour des facturations téléphoniques,
il faudrait reconnaître quelles naboutissent que très
rarement à une modification de la décision initiale du service.
Cette immobilité, constatée tant par le médiateur
que par le juge administratif, peut résulter de la qualité
réelle de la facturation; elle peut aussi, dans certains cas, avoir
pour cause un certain retard de sens «commercial » du service
public. De là peut venir lespoir. Après les déboires
quil a connus, lusager peut retrouver un service soucieux
de mettre tous ses moyens techniques nouveaux à la disposition
de ses abonnés.
Les espoirs : redécouvrir labonné
Pour améliorer la satisfaction de lusager, il faut
agir avant comme pendant le litige.
1) Pour prévenir les réclamations, mieux vaut constater,
comme le faisait récemment le chef du groupement de contrôle
de gestion commerciale des télécommunications, que «lexigence
des abonnés a augmenté ». Les initiatives prises récemment
par le ministère autour de lidée de «charte
du consommateur » de télécommunications vont dans
le bon sens. Le contrat téléphonique est un contrat verbal
dadhésion dont les clauses sont peu connues des clients;
il sera donc remis à chaque abonné un document précisant
les droits et obligations, les tarifs, les possibilités de facturation
détaillée, les services annexés, le calendrier en
cas de non paiement et les modalités de réclamation.
On peut encore imaginer de parvenir, pour le téléphone,
à ce que le minitel offre dores et déjà : laffichage
du coût de chaque communication. Même si le «combiné
téléphonique anti-réclamation » nest
pas encore en service, ne doutons pas que lévolution accélérée
des techniques de télécommunications ouvrira, dans les prochaines
années, des voies nouvelles à la sécurité
financière des abonnés. Encore faut-il que les choix économiques
et commerciaux soient faits à temps, sans perdre de vue quun
usager «captif » peut cacher un client exigeant. Dautres
services publics à monopole suivent ce chemin.
2) Si la réclamation naît, elle doit être traitée
par des voies rapides, personnalisées et efficaces.
Rapides, car le calendrier du recours doit être aussi «serré
» que celui de la sanction suspension-résiliation.
Personnalisées, car les lettres-types informant lintéressé
«que les contrôles menés aussitôt nont
révélé aucune anomalie » auraient plutôt
pour effet de multiplier lardeur contentieuse de labonné.
Ignorant la nature de ces contrôles, leurs méthodes, leurs
dates et leurs résultats, celui-ci aura le sentiment dêtre
«débouté, sans autre forme de procès ».
Le ministre des PTT a rappelé à ses chefs de service, par
circulaire du 30 décembre 1986, la nécessité de traiter
de façon particulière chaque dossier de réclamation.
Efficaces, car le nombre des factures des PTT justifierait des
formes nouvelles de discussion : quil sagisse dappel
au sein de ladministration elle-même, lorsque lagence
commerciale locale a dit son dernier mot, ou quil sagisse
dapprofondir des expériences de commissions indépendantes
statuant avant tout contentieux. A cet égard, il serait probablement
dommage que ladministration abandonne trop rapidement toute perspective
de mise en place de commissions de conciliation : lexpérience
de 1983-1984 à la direction opérationnelle de Melun na
pas répondu aux espoirs des PTT. Dautres tentatives dont
le bilan serait contradictoire, pourraient donner un résultat différent.
3) Reste le domaine sensible de la charge de la preuve. En cette
matière, lévolution ne viendra pas tant du juge ou
du légiste que de lingénieur et du financier. Les
deux «atouts » du service sont «GESTAX »
et «FADET »...
Le premier, linstrument denregistrement de la consommation
quotidienne téléphonique avec mémorisation sur 6
mois, permet de renseigner les abonnés directement et plus
tard par minitel sur le montant de leur facture. Le système
a été testé à Fontainebleau
et Alençon et était opérationnel en 1988.
Par le second, la facturation détaillée, plus de
600 000 abonnés reçoivent une facture qui détaille
appel par appel leur consommation. Pour éviter les situations de
vaudeville, seuls les 4 premiers chiffres sont indiqués, assez
pour connaître le coût et la région ou le pays de lappel,
pas assez pour identifier linterlocuteur de labonné.
Le coût de ce service a baissé (8 F par mois depuis octobre
1986) mais il nest pas encore utilisé comme il pourrait lêtre.
Notons que «FADET » permettra aux techniciens des télécommunications
de rejoindre leurs collègues de la Poste qui, depuis des lustres,
adressent à leurs clients de comptes postaux, un relevé
pour chaque opération.
Si lon ajoute que les possibilités techniques permettront
dautres services comme lidentification de toutes les communications
chères ou la photographie hebdomadaire des compteurs, lon
mesure que la question des preuves va se trouver posée dans des
termes renouvelés dans les prochaines années. Anticipant
cette évolution, le ministère a décidé une
modification de larticle D. 293-1 du code des PTT afin que, pendant
les 6 mois suivant lémission de la facture, ladministration
tienne à la disposition du client tous éléments justificatifs
de cette facture. Compte tenu de ces évolutions, il serait possible
denvisager pour la facturation et les redevances téléphoniques.
Au terme de ce survol de la facturation du téléphone, il
serait vain de tenter une ordonnance pour guérir la «maladministration
». Le malade nest pas en péril. Mais le service public
devra utiliser tous ses outils pour satisfaire labonné. Le
droit sera lun de ces moyens. Lois et règlements sur le téléphone
pourront mieux protéger le consommateur, assurer la clarté
du contrat; le service doit sassurer de la qualité de la
personne qui sollicite labonnement. Mais la période à
venir sera, plus encore que celle passée, un temps de jeu complexe
entre le droit et la technique :
la technique évolue : gageons que ce quelle a pu supprimer
(la clarté limpide des tickets rédigés par lopératrice
remplacée en 1945 par limputation au compteur), elle saura
le restituer sous une autre forme;
le droit continue à jouer son rôle en remettant heureusement
la technique à sa place: des différences de tarif du réveil
par téléphone, uniquement fondées sur la nature manuelle
ou automatique du central de rattachement, portent atteinte à légalité
des usagers. Le droit sollicite aussi le technicien en sanctionnant les
retards de vérifications de lignes en dérangement ou les
suspensions de lignes sans motif.
Quelles que soient leurs progrès, droit et technique ne suffiraient
pas si lapproche commerciale ne venait pas renouveler à la
fois la qualité du service et la communication avec labonné.
Ici finira la maladministration et commencera la bonne facturation au
service du public.
1985 : L'application informatique GESTAX
Conçue, développée et mise en exploitation par 4
techniciens du Centre Principal d'Exploitation de Fontainebleau
et l'aide du CNET qui a fournis le premier
mini ordinateur SM90 sous Unix conçu par le Cnet.
Cette application connéctée à un petit boitier éléctronique
conçu sur mesure par le Cnet, l'ARDS automate de recopie de données,
aspire chaque message de taxation issu des centres téléphoniques
éléctroniques comme les E10, Mt25 ... Au début les
messages étaient prélevés sur les bandes magnétiques
de taxation.
Ces données étaient stockées 6 mois et analysées
chaque nuit afin de fournir journalièrement aux services commerciaux
les résultats d'analyses de comportement des consommations téléphoniques
de chaque abonné. La dernière version permettait aussi de
produire localement une facturation détaillée au jour le
jour ainsi qu'une facturation détaillée inversée
quand les conversations étaient locales, alors que la facturation
détaillée de l'époque n'était disponible qu'en
fin de bimestre.
Avec votre serviteur Jean Godi, et Christian Nicouleau, Gilles Barzic
et Patric Laumonier, ce projet parmi les 92 présentés
au jury national des suggestions des télécoms a été
retenu et récompensé de 20 000 fr, en présence du
ministre des PTT J. Dondoux. L'application GESTAX est présentée
en démonstration au SICOB 1986 où elle remporta un vif succès.
Jean

(A cette époque j'étais tout jeune ).
Après le Cpe de Fontainebleau suivent de peu Alençon, Montargis,
Saint-Malo ... plus de déploiement en 1986.
GESTAX permet :
- Une gestion aisée des données de taxation à distance,
à partir des bureaux de comptabilité, ou des agences.
En effet, l'on ne dérange plus l'équipe des techniciens
de commutation pour aller faire un relevé manuel dans les Commutateurs
électroniques ou électromécaniques ( Commutateurs
PENTACONTA, CP400 ... certains de ces systèmes les plus anciens
en seront équipés à partir de 1989).
- De pouvoir rapidement vérifier via un terminal distant
(Télétype ou Minitel ) le relevé compteur journalier
en cas de contestation de la part d'un abonné , faisant tomber
le taux de 4 contestations pour 1.000 lignes à inférieur
à 1 pour 1.000, et mettre fin aux mauvaises surprises en fin de
bimestre. En 1991 avec la généralisation le taux de réclamation
de facturation sera été a divisé par 10.
- D'être alerté dès le lendemain en cas de
consommation anormale, qui pouvait être synonyme d'une fraude extérieure,
ou d'un abus d'utilisation par un membre d'une famille, d'un employé
... , afin d'alerter rapidement l'abonné de ce qui paraît
être une anomalie,
À partir du 1er janvier 1988 et la naissance de la marque FRANCE
TÉLÉCOM, l'application GESTAX a été renommée
GESCOMPTE.
1986 : L'Unité Télécom (UT) remplace
la Taxe de Base (TB).
Par le décret n° 86-1064 du 29 septembre 1986, la Taxe de Base
créée par décret du GPRF n°45-289 du 22 février
1945 devient lUnité Télécom (UT) à partir
du 1er octobre 1986.
1987 : Nouvelle modification de la Tarification Locale.
Désormais, à partir du 1er novembre 1987, les communications
locales sont facturées une Unité Télécom toutes
les 6 minutes en plein tarif.
1991 : Gescompte : Fin
de la Taxation mémorisée sur les compteurs mécaniques.
Déjà généralisée depuis 1988 sur l'ensemble
des commutateurs électroniques, les commutateurs électromécaniques
de type crossbar voient eux aussi en fin 1991 la mémorisation de
la taxation de chaque abonné être informatisée via
l'application de Gescompte.
Désormais, la traditionnelle photographie des compteurs
électromécaniques individuels d'abonnés installés
au Centre Téléphonique appartient au passé, et permet
statistiquement une division par 10 des réclamations sur la facturation.
Après la réforme tarifaire, les Zones Locales
Élargies de province nont plus en général qu1
seul tarif régional, parfois 2 et marginalement 3.
Seule exception, la région Île-de-France pour laquelle la
réforme entraîne moins de conséquences, la plupart
de ces ZLE conservant 4 tarifs régionaux.
De plus, les Circonscriptions Tarifaires de moins de 150.000 abonnés
sont progressivement fusionnées, de telle manière qu'il
n'en existe désormais que 412 en métropole depuis le 4 octobre
2011 (plus 18 pour les Dom et certains Com).
1993 L'évolution récente de la tarification téléphonique
En France, comme ailleurs en Europe, les territoires nationaux sont
découpés en circonscriptions tarifaires.
Généralement, le tarif appliqué à un appel
téléphonique dépend de la distance qui sépare
les circonscriptions où se trouvent les deux interlocuteurs.
Du point de vue technique, dans les années 60, le coût d'une
communication était une fonction quasi linéaire de la distance
: c'est pourquoi on comptait en France 11 paliers tarifaires qui s'échelonnaient
jusqu'à 500 km.
Grâce aux importants progrès techniques, notamment avec le
développement des satellites et des fibres optiques, on assiste
à une chute du poids de la distance dans les coûts. Cette
chute, répercutée sur les tarifs, a entraîné
la suppression progressive des paliers les plus lointains.
Depuis 1979 et la disparition du palier « 100 à 200
km », il ne reste plus que 6 paliers : au-delà de 100 km,
le même tarif est appliqué sur tout le territoire national.
Les autres grands pays européens, plus avancés dans cette
évolution, à part l'Italie, ne proposent plus que trois
paliers tarifaires ; ce qu'ils ont obtenu non seulement par un rapprochement
de la limite du palier le plus cher, mais aussi, à l'autre extrémité
de l'échelle tarifaire, par une extension de la zone locale où
s'applique le tarif le moins cher.

- Chute du rôle de la distance
II n'est pas impossible que la poursuite de cette évolution conduise
à la « postalisation » du tarif téléphonique,
c'est-à-dire, comme pour la Poste, à un tarif unique sur
tout le territoire national.
En attendant, la chute du rôle de la distance se manifeste aussi
dans les prix. En France, alors que le prix des appels locaux est stable
depuis 1986, celui des appels à longue distance ne cesse de décroître.
Le tarif national le plus cher est passé progressivement d'une
U.T. (Unité Télécom) toutes les 12 secondes en 1985
à une U.T. toutes les 17 secondes, aujourd'hui, soit une baisse
de 33 %, et même de 44 %, pour les clients qui récupèrent
la T.V.A.
- Accroissement du rôle du temps
Parallèlement à la chute du rôle de la distance, on
assiste à l'accroissement du rôle du temps. En effet, le
coût d'un appel supplémentaire dépend surtout de l'heure
à laquelle il s'écoule. S'il survient aux heures creuses
de la journée, le coût marginal est pratiquement nul ; en
revanche, s'il survient au moment où le réseau est déjà
saturé, il ne pourra pas aboutir. C'est un manque à gagner
pour l'opérateur à moins que celui-ci ne surdi- mensionne
ses équipements pour permettre aux appels de s'écouler normalement
pendant les quelque vingt à trente minutes que dure la pointe.
Le coût de ces appels est donc extrêmement élevé.
Pour résoudre ce problème, les techniciens ont fait appel
aux tarifica- teurs. Ceux-ci ont créé la modulation horaire
des tarifs afin d'assurer auprès des clients la promotion des heures
creuses et d'écrêter les pointes de la courbe de charge.
Voici les grilles, aux jours ouvrés, de cinq opérateurs
européens :
C'est en France et en Italie dont les grilles offrent quatre tarifs répartis
sur six ou sept plages horaires que le facteur temps est le mieux intégré
aux prix.
Par ailleurs, tous les pays européens, la Grèce exceptée,
ont renforcé le rôle du temps par l'introduction de la tarification
à la durée des communications locales, alors que celles-ci
avaient longtemps bénéficié d'un tarif unique pour
une durée de communication illimitée.
- Développement de nouveaux paramètres
La diversification des tarifs se développe avec l'apparition de
nouveaux paramètres, comme le volume de trafic écoulé.
En France, Trafic Plus, créé en 1985, propose
une réduction du prix des communications nationales moyennant un
abonnement plus élevé.
En 1993 , cet abonnement est de 1 300 F T.T.C. par mois, ce qui équivaut
au prix de deux heures de trafic par jour, au tarif le plus cher. Ce service
est donc avantageux pour les entreprises qui dépassent ce volume
de trafic sur une même ligne.
Une autre manière de faire bénéficier les clients
de l'effet de volume est d'offrir, comme en Grande-Bretagne, des tarifs
réduits sur les axes les plus fréquentés. Les «
low cost routes » concernent plus d'une centaine de liaisons entre
les principales agglomérations de ce pays.
1993 : Création des premiers tarifs préférentiels
Primaliste.
Le 29 novembre 1993, le service Primaliste entre en vigueur. Il sagit
du premier service permettant, grâce à lélectronisation
« intelligente » du réseau téléphonique
commuté, contre abonnement mensuel supplémentaire de 30
francs, de bénéficier dune réduction de 15
% sur les 5 correspondants préalablement choisis par labonné
sur le territoire métropolitain. Le tarif nest plus seulement
fonction du jour, de lheure dappel et de la distance, mais
désormais, sur option, au choix de lidentité de labonné
demandé. Ce service est particulièrement utile aux personnes
appelant très fréquemment un nombre limité de correspondants.
Point sur la situation
- Un niveau des prix satisfaisant
L'évolution des coûts du téléphone grâce
à la baisse du poids de la distance, et à une meilleure
prise en compte du temps ou du volume, a donc conduit à une baisse
des prix des communications au cours de ces dernières années.
Les clients eux-mêmes admettent volontiers que le niveau du prix
du téléphone en France est satisfaisant. Et, s'ils croient
en revanche, au vu de leur facture, que ce prix n'a cessé d'augmenter,
comme celui des autres services publics, c'est sans doute parce qu'ils
téléphonent davantage.
Le graphique suivant montre que la France, pour le prix de ses communications,
se situe dans la moyenne européenne.

- Une modulation horaire bien comprise
La régulation de la courbe de charge par la modulation horaire
est un autre aspect positif de la tarification en France.
Le graphique suivant met en évidence la différence (zone
hachurée) entre le trafic constaté en 1984, lorsqu'il n'y
avait qu'un seul tarif réduit commençant à 19 h 30,
et le trafic écoulé en fonction de la modulation horaire
actuelle.
Le trafic d'une courbe à l'autre a augmenté de 8,6 % ce
qui témoigne d'une nette amélioration de l'utilisation du
réseau, avec une meilleure répartition de la charge entre
18 h et 21 h, et une moindre sous-utilisation avant 8 h 00, entre 12 h
30 et 13 h 30, et entre 21 h 30 et 24 h 00.
En conséquence, et à investissement égal
pour France Télécom, les clients qui ont bien compris le
signal tarifaire, bénéficient d'un prix moyen de trafic
plus bas, pour un trafic plus fluide, donc pour une meilleure qualité
de service.

- Une structure de tarifs inadaptée
Mais, la structure des tarifs en France est mal adaptée au nouvel
environnement concurrentiel, car elle est trop éloignée
des coûts réels. Comparés à ceux des autres
pays d'Europe, les frais fixes sont très bas, les communications
locales bon marché, les appels lointains encore chers, ce qu'illustrent
les graphiques suivants.
A noter, et à prendre comme référence la position
de l'opérateur British Telecom (B.T.), particulièrement
attentif à se rapprocher de la vérité des prix depuis
la création de son concurrent britannique Mercury (M.Y.).
Les pays méditerranéens, Italie, Espagne, Portugal, Grèce,
présentent une structure tarifaire éloignée des coûts,
ce qui peut s'expliquer par des réseaux en plein développement,
phase où les frais d'abonnement et le prix des communications locales
sont relativement bas pour attirer la clientèle, et le prix du
trafic longue distance élevé pour faire face à de
lourds investissements.
La France qui du point de vue tarifaire se situe encore dans ce groupe,
a donc du chemin à faire pour adapter la structure de ses tarifs
à la maturité de son réseau, comme l'ont déjà
entrepris ses voisins « nordiques ». En réalité,
une tarification éloignée des coûts de revient engendre
des transferts : par exemple les villes payent les raccordements des campagnes,
et les professionnels, gros consommateurs d'interurbain, subventionnent
les appels de proximité des résidentiels, transferts qui
justifient auprès des clients la nécessité de rééquilibrer
les tarifs.
- Les inconvénients d'une géographie tarifaire complexe
La géographie et les règles tarifaires en vigueur sont issues
d'un système cohérent, mis en place en 1956. Au fil des
années, ce système tarifaire a subi des modifications partielles
pour suivre les évolutions administratives, techniques ou économiques.
Après, il en résulte un système compliqué,
injuste et aberrant qui nécessite une réforme globale d'harmonisation.
C'est un système compliqué : il est fondé sur le
découpage du territoire national en 465 circonscriptions, et sur
l'application de six différentes cadences d'impulsion, gérées
par de multiples règles conduisant à neuf cas de tarification
(sans compter les exceptions).

II existe deux critères pour mesurer la distance : "d",
distance entre les chefs-lieux de circonscription lorsque cette distance
ne dépasse pas 50 km, "D", distance entre préfectures
qui s'appliquent sur quatre paliers de distance ; les autres critères
sont indépendants de la distance et font intervenir l'appartenance
à la même circonscription, l'appartenance aux zones périphériques
de Paris ou de Marseille ; le caractère limitrophe des circonscriptions,
l'appartenance au même département. Ces règles déjà
complexes souffrent encore d'exceptions : ainsi, pour l'application des
tarifs inter-départementaux l'Ile-de-France est considérée
comme un seul département avec Paris pour chef-lieu ; de même,
la Drôme et l'Ardèche ne forment qu'un seul département
avec Valence pour chef-lieu.
C'est un système injuste : les circonscriptions, créées
dans les années 50 à partir de la notion administrative
de canton et celle, technique de réseau, sont très disparates
en forme, en superficie, en nombre d'abonnés, et donc en nombre
de correspondants que l'on peut virtuellement atteindre au tarif local.
Bougé (49) ne compte que 2 700 abonnés, alors que la circonscription
de Paris qui englobe les départements de la petite couronne, en
compte 3 600 000 ! La plus grande partie (75 %) des 465 circonscriptions
actuelles a moins de 1 500 km2 et moins de 50 000 abonnés.
Injuste aussi parce que la limite entre deux circonscriptions crée
un saut brusque de tarif, évidemment très mal perçu
par les interlocuteurs qui, bien que proches géographiquement,
se trouvent de part et d'autre de cette limite.
C'est un système aberrant : il n'y a pas toujours
concordance entre les limites de circonscription et celles des départements
: Redon, partagée entre trois départements en est l'exemple
le plus étonnant ; parfois aussi, comme c'est le cas pour la ville
nouvelle de Marne-la-Vallée, la limite traverse une même
commune. Mais surtout, la double règle de mesure de la distance
introduit des distorsions importantes entre les distances réelles,
perçues par le client, et le tarif appliqué.
La cartographie des tarifs autour de Millau fait ressortir
les incohérences du système.
La zone qui, à partir de Millau, bénéfice
du tarif de voisinage à une U.T. toutes les 24 secondes, est complètement
excentrée vers le Nord et l'Ouest, alors que les circonscriptions
du Sud et de l'Est dont celle de Montpellier, ne sont accessibles qu'au
tarif le plus élevé.
Dans les faits, téléphoner à Montpellier (distante
de 84 km) coûte aussi cher aux habitants de Millau que d'appeler
Brest ou Strasbourg. Cela tient au fait que Rodez est assez proche des
préfectures situées au Nord-Ouest de l'Aveyron, alors que
plus de 100 km la sépare des autres chefs-lieux du département.
Mesurer la longue distance comme on le fait aujourd'hui, par l'éloignement
des préfectures, peut conduire à des situations critiquables
voire cocasses :
- ainsi, une communication Millau-Bédarieux (54 km) supporte le
prix le plus cher, car Rodez est à plus de 100 km de Montpellier
(133 km précisément)
- en revanche, Millau-Souillac (155 km) bénéficie du palier
24 secondes car Cahors-Rodez (91 km) n'atteint pas les 100 km.
Rappelons, ici, à titre d'explication sinon de
justification, que ce système a été mis en place
il y a plus de 30 ans, à une époque où les échelons
de distance s'étendaient jusqu'à 500 km. Alors, la prise
en compte de la distance entre chefs-lieux de département était
une réelle et astucieuse simplification. C'est la suppression progressive
des paliers de distance, sans que soit remit en cause le critère
de mesure, qui a conduit à la situation aberrante actuelle.
Les réformes envisagées
Pour remédier aux inconvénients de la situation actuelle,
le Service de la Tarification de France Télécom a depuis
longtemps imaginé, étudié et proposé diverses
solutions.
En 1980-1982, il anime le groupe de travail « Modernisation de la
Tarification Téléphonique », dont la plupart des objectifs
ont été réalisés (modulation horaire des tarifs),
ou sont en cours de réalisation (début d'un rééquilibrage
structurel et d'une diversification des tarifs) comme le montre plus haut
le chapitre sur l'évolution récente de la tarification téléphonique.
Un autre objectif important, simplifier la tarification de voisinage,
a fait l'objet d'études approfondies, menées en collaboration
avec les Régions, l'I DATE, et la Faculté d'Orsay dont l'aboutissement
est un dossier bien argumenté, proposant une solution originale,
: créer des Zones Locales Elargies ou Z.L.E.
En 1986, le rapport du Conseiller d'Etat Claude Lasry, qui reprend les
grandes lignes de cette proposition, avait été remis au
Ministre.
- Mais c'est seulement en novembre 1991 que la mise en place des Z.L.E.
est inscrite au Contrat de Plan signé entre France Télécom
et l'Etat.
- Le principe des Z.L.E. et les solutions européennes
1994 : Création des Zones Locales Élargies.
Après la nomination de M. Jean-Pierre Borie en tant que Directeur
du Projet des Zones Locales Élargies, par la Décision n°44/DG/93
du 22 avril 1993 du Directeur Général M. Charles Rozmaryn,
Après la première présentation du projet ZLE le 13
mai 1993, présidée par le Directeur du Réseau et
de l'Exploitation M. Jean-Pierre Poitevin qui explique les enjeux des
ZLE,
Après une enquête réalisée dans toutes les
Directions Régionales entre le 15 mai et le 4 juin 1993 sur les
besoins nécessaires en redimensionnements éventuels des
mémoires des Traducteurs, où il appert que :
- MT25 et Métaconta 11F : ressources mémoire suffisantes
;
- E10N1 : certains Traducteurs doivent recevoir une extension de mémoire
(ajout de carte(s)) ;
- E10N3 : la quasi-totalité des Traducteurs doivent recevoir une
extension de mémoire (ajout de carte(s)) ;
- E10B3 : ressources mémoire suffisantes, mais extension des fichiers
de traduction à réaliser ;
- AXE Spatial et AXE10 : (pas d'information trouvée à ce
jour) ;
- Crossbar Pentaconta et CP400 : non concernés par le passage en
tarification ZLE. Coût d'adaptation trop coûteux, sachant
que leur suppression est actée avant le 31 décembre 1994.
Après l'accord du Comité Interministériel d'Aménagement
du territoire intervenu le 12 juillet 1993,
Après une répétition générale réalisée
dans la nuit du 12 au 13 décembre 1993, la France bascule
en ZLE le 15 janvier 1994 à 8h00.
Le système de tarification des communications téléphoniques
est réformé en profondeur d'un point de vue géographique.
Il est, juste avant cette refonte, un des plus compliqués
du monde, avec 1 tarif local à lintérieur de chacune
des 425 Circonscriptions Tarifaires étant de la taille approximative
dun arrondissement de cantons (plus 20 circonscriptions pour les
Dom et certains Tom), 4 tarifs régionaux différents autour
de cette circonscription et un tarif national (anciennement : interurbain).
Le but est de créer des Zones Locales Élargies au
tarif local pour chaque Circonscription Tarifaire, en y incluant
ses circonscriptions limitrophes, ce qui donne une zone dune superficie
proche de celle dun département où désormais
chaque abonné pourra joindre, en moyenne, 440.000 correspondants
au tarif local contre 60.000 auparavant.
En revanche, le tarif local double : il passe à 1 Unité
Télécom toutes les 3 minutes en plein tarif.
Une des raisons invoquées pour créer les ZLE et remanier
le tarif local est de réduire les effets de frontière hérités
du découpage devenu trop ancien, ce qui ne correspondait plus à
la réalité démographique du pays (la population ayant
plus de relations installées en dehors de leur voisinage direct
du fait de la généralisation de lautomobile) et qui
était jadis basé sur des impératifs technologiques
disparus depuis (comme le manque passé de faisceaux de liaisons
interurbains et de grandes distances).
Une autre raison est de tenir compte quavec lélectronisation
du réseau désormais acquise, la distance pèse de
moins en moins dans le prix dune communication tandis que la durée
y pèse de plus en plus.
Les sauts de tarif de part et d'autre des limites de circonscriptions
étant ce qui apparaît le plus irritant aux abonnés,
des solutions originales ont été mises en place en Europe.
Il s'agit d'étendre le tarif le moins cher, réservé
actuellement aux appels à l'intérieur d'une même circonscription,
aux appels échangés avec les circonscriptions voisines.
Cette nouvelle zone locale ainsi définie est aussi dite «
glissante », c'est-à-dire telle que les abonnés, situés
de part et d'autre d'une limite, s'appellent toujours au tarif local.
Carte de la Zone Locale
Élargie Île-de-France (à partir de Paris) depuis le
15 janvier 1994.
ZLE : Les solutions européennes
En Europe, les zones locales élargies existent en deux versions
:
- en Allemagne Fédérale : un abonné
peut appeler, au tarif local, sa propre circonscription ainsi que toutes
celles dont le chef-lieu est à moins de 20 km. Cette méthode
convient à des circonscriptions élémentaires petites,
cas de la R.F.A. qui en compte 3 750 d'une surface moyenne de 70 km2.
La zone locale type offerte à l'abonné allemand est, grâce
aux zones locales élargies, de 1 270 km2, et lui permet d'atteindre
130 000 abonnés ;
- en Grande-Bretagne, la zone d'appel local est constituée
de la circonscription de départ et de toutes les circonscriptions
limitrophes ; partant d'un territoire découpé en 639 circonscriptions,
les « charging groups », d'une taille moyenne de 380 km2 et
34 000 abonnés, on aboutit à de vastes zones locales de
2 700 km2 et de 250 000 abonnés, en moyenne.
Outre la R.F.A. et la Grande-Bretagne, les zones locales élargies
existent en Suède (autour des grandes villes) et aux Pays-Bas.
Des solutions adaptées et spécifiques sont à l'étude
en Italie, en Espagne, en Suisse.
- Les effets des Z.LE. en France
La mise en place des Z.L.E. apportera un remède aux inconvénients
de la géographie tarifaire décrits plus haut :
- concrètement, l'espace de proximité sera en moyenne sept
fois plus étendu : de 1 200 km2 et 55 000 abonnés (pour
une circonscription moyenne) à 8 000 km2 et 400 000 abonnés
(pour une Z.L.E. moyenne) ;
- les inégalités seront considérablement atténuées
: la plus petite Zone Locale devrait atteindre 50 000 abonnés,
contre 2 700 abonnés actuellement pour la plus petite circonscription
;
- la Préfecture accessible aujourd'hui au tarif le plus bas pour
seulement la moitié des abonnés le deviendra pour 88 % d'entre
eux ;
- l'effet du saut de tarif aux limites des circonscriptions sera supprimé
par l'application du principe dit « glissant » ou en «
écaille de poisson » à la Zone Locale Elargie ;
- enfin, mesures corollaires à l'application des Z.L.E., les règles
de tarification seront simplifiées : au lieu des neuf cas de tarification
actuels, compliqués de deux critères pour mesurer la distance,
on aura, outre le tarif local, cinq cas tarifaires correspondant exactement
à cinq paliers de distance, et un seul critère - la distance
entre chefs-lieux de circonscriptions - pour mesurer cette distance.

La réforme vue de Millau illustre la plupart de
ces améliorations :
- notable extension de la Zone Locale ;
- recentrage des paliers de tarif autour de Millau ;
- accessibilité de Montpellier au tarif de voisinage
En France, cette importante réforme qui doit remettre
en ordre la géographie tarifaire a le mérite d'être
favorable aux clients dans leur ensemble, et d'une grande simplicité
d'application. En particulier, il ne sera pas nécessaire de modifier
les limites actuelles des circonscriptions (sauf en Ile-de-France comme
nous le verrons ci-dessous). D'ailleurs, les travaux d'A. Piatier, prolongements
de sa « Radioscopie des communes de France » réalisée
en 1974 sur les flux sociaux économiques, ont montré qu'il
y avait une étonnante adéquation entre la zone d'influence
d'un pôle urbain et le territoire couvert par une circonscription.
Les flux entre circonscriptions, lorsqu'ils existent, manifestent l'existence
d'un super pôle, et sont, dans ce cas, parfaitement pris en compte
par la ZLE de ce super pôle.
- Le cas particulier de l'Ile-de-France
L'Ile-de-France représente une exception dans le système
général, source à la fois de privilèges et
de difficultés. D'une part, pour les communications locales, la
circonscription de Paris correspond à l'ancien département
de la Seine, et comprend donc, outre la ville de Paris actuelle, la majeure
partie des trois départements qui l'entourent, soit 3 600 000 abonnés
qui peuvent se joindre au tarif local.
D'autre part, pour les communications de voisinage, deux zones périphériques
ayant des limites situées à environ 20 et 30 km de Paris
bénéficent depuis 1964 d'un tarif préférentiel
(respectivement 120 et 72 secondes) avec la capitale.
Enfin, pour les communications interurbaines avec la province,
la distance en Ile-de-France est toujours mesurée à partir
de Paris, quel que soit le département de départ. Cela conduit
à des incohérences telles qu'un appel Provins-Troyes (67
km) coûte deux fois plus cher qu'un appel (Pro- vins-Pont-Audemer
(222 km).
Ici, la simple application des Z.L.E. ne peut suffire
à restructurer la tarification de façon satisfaisante. De
nombreuses études dans le cadre de groupes de travail réunis
régulièrement depuis 1977 ont conclu à un redécoupage
nécessaire de l'Ile-de-France en 30 circonscriptions, qui devrait
améliorer fortement la situation des abonnés de banlieue
et de grande banlieue, et cela, sans léser les abonnés de
Paris et de la première couronne, grâce à l'application
des Z.L.E.
- Le Contrat de Plan
Le Contrat de Plan de quatre ans qui encadre la politique tarifaire de
France Télécom impose une baisse moyenne de 3 % par an,
par rapport au niveau de prix du P.I.B. (Produit Intérieur Brut),
et cela, pour toute la durée du Contrat, c'est-à-dire jusqu'en
1994.
Si, comme on peut l'envisager, l'augmentation du prix du P.I.B. est de
l'ordre de 3 % par an, il suffirait à France Télécom
pour respecter le Contrat de Plan, de ne pas modifier ses tarifs en francs
courants. Or, pour rester conforme aux recommandations de la C.E.E., il
serait souhaitable que France-Télécom révise la structure
de ses tarifs sous l'éclairage de la vérité des prix.
Cela suppose une augmentation des frais fixes (raccordements
et abonnements) ; une hausse du prix des communications locales ; et la
poursuite de la baisse des communications interurbaines et internationales.
Bien entendu, les baisses doivent compenser les hausses pour respecter
l'évolution quasi nulle en francs courants (et de l'ordre de -
12 % en francs constants) prévue sur les quatre ans.
Ainsi, au terme du Contrat de Plan, en 1994, on devrait aboutir à
:
- un tarif local plus cher (de l'ordre d'une U.T. toutes les 3 ou 4 minutes),
compensé par un tarif de voisinage moins cher, grâce à
la mise en place des Z.L.E. ;
- un tarif lointain (une U.T. toutes les 18 ou 19 secondes) moins cher
et une baisse du tarif international talonné par la concurrence
;
- un abonnement plus cher (40 ou 45 F par mois sur l'ensemble du territoire)
et des frais de raccordements en hausse.
Conclusion
En France et en Europe, deux raisons, la maturité des réseaux
et un environnement de plus en plus concurrentiel, concourent à
faire évoluer les tarifs en tenant davantage compte de la réalité
des coûts.
Ainsi voit-on se développer des paramètres concernant le
volume, la durée des appels et l'heure à laquelle ils s'écoulent,
tandis que le rôle de distance s'amenuise.
En France cette évolution conduit parallèlement à
envisager des mesures de remise en ordre de la géographie et des
règles tarifaires, dont la plus originale, déjà adoptée
par plusieurs pays voisins, est la mise en place des Zones Locales Elargies.
Cette réforme, inscrite au Contrat de Plan entre France Télécom
et l'Etat, relève donc aussi d'un souci d'harmonisation européenne.
Dans quelques années, le même principe de tarification sera
sans doute appliqué aux relations frontalières, et l'Europe
progressera ainsi dans les faits.
1997 : Tarification à la seconde (description).
Le 1er octobre 1997 marque labandon par comptage à intervalles
réguliers des Unités Télécom pour un nouveau
système de facturation des communications à la seconde près
sur la base dun prix à la minute (mais moyennant un crédit-temps
à chaque début de communication à prix fixe, crédit-temps
compris entre 8 et 180 secondes suivant la destination demandée).
Cet événement est dénommé « tarification
à la seconde ».
La tarification à la seconde apparaît plus
juste, car lon ne paye que ce que lon consomme (après
le crédit temps à coût fixe facturé au début
de chaque communication). Auparavant, tout intervalle de temps commencé
entre deux impulsions de taxation était dû davance
et en totalité et ce même si labonné raccrochait
son téléphone bien avant larrivée de lUnité
Télécom suivante.
De plus, la tarification à la seconde est plus précise car,
étant donné que jusqualors, les baisses successives
de tarifs (distances et plages horaires) ont été faites
en rallongeant la durée entre chaque impulsion, les intervalles
devenant statistiquement de plus en plus longs entraînaient une
distorsion de plus en plus importante entre la réalité consommée
et la réalité facturée.
Concernant le cas de la facturation des communications par paquet dUnités
Télécom forfaitaires (dans le cas de service à coût
fixe comme lhorloge parlante) : ces communications sont désormais
imputées directement en francs sur la facture.
Enfin, en plus dêtre un argument commercial en terme publicitaire,
la tarification à la seconde permet une facturation plus aisée
à mettre en uvre au niveau des calculateurs et permet aussi
la multiplication avec souplesse du nombre doffres tarifaires.
Après 1997 il n'y aura plus de changement pour la taxation et la
facturation pour le téléphone fixe.
La taxation à distance ou Télétaxe
/ Télécomptage
Ce service de retransmission des impulsions de taxes est
primordial pour le fonctionnement des taxiphones et publiphones interurbains,
qu'ils soient à pièces ou à cartes prépayées
et aux particuliers (bar, restaurants ...) proposant un service de téléphone
et de payement selon la durée.
Mise en service : depuis la parution du décret n°52-1231
du 13 novembre 1952 à titre expérimental, puis remplacé
par le décret n°55-53 du 8 janvier 1955, service actuellement
en vigueur par lavis NOR : PMEI1314577V paru au journal officiel
du 13 juin 2013 et par larrêté du 31 octobre 2013 NOR
: PMEI1325257A relatifs au service universel, les commutateurs téléphoniques
sont également en mesure de retransmettre, via la ligne téléphonique,
les impulsions de comptage (facturées et mémorisées
par le commutateur au cours de toute conversation payante) et ce pour
toute ligne téléphonique au domicile des abonnés
qui souscrivent au service spécifique de Dispositif de Renvoi des
Impulsions de Comptage sur un compteur spécial prévu à
cet effet.
En interne à Orange, ce service est codifié par lappellation
TTX, et seul le compteur installé au centre téléphonique
fait foi.
Le 1er dispositif 50 Hz : Le commutateur envoie
par la ligne téléphonique des impulsions périodiques
modulées en mode commun à la fréquence de 50 Hz,
via la terre utilisée en 3ème fil fantôme (ou réel
lorsque la terre chez labonné est très mauvaise).
Ce système est également utilisé pour assurer lencaissement
des publiphones à jeton ou à monnaie des classes urbaine
et interurbaine, dont une grosse part des travaux relatifs à la
taxation à distance et aux appareils à encaissement dans
les années 1950 sont dus à M. Jean Briend, Ingénieur
en Chef à la Direction Générale des Télécommunications.
La première impulsion de taxation est dédoublée par
une inversion de la polarité de la ligne téléphonique,
afin de permettre le fonctionnement des plus anciens types de téléphones
à encaissement de monnaie ou de jeton qui font appel à un
électro-aimant dencaissement spécifique.
Le procédé 50 Hz bien que devenu marginal, existe toujours
: en cas de ligne téléphonique de grande longueur, il est
le seul procédé à pouvoir couvrir les longues distances.
Premier modèle de Compteur de Taxes au domicile de l'abonné
au téléphone. Système 50
2ème dispositif 12 KHz : à partir de
Juillet 1977 (date de découverte) et jusquen 1983, pour cause
de fraude massive dite « fraude au 50 Hz » dans les téléphones
publics, le dispositif à 50 Hz est progressivement remplacé
par une modulation dimpulsions périodiques de 12 KHz réalisée
entre les deux fils de chaque ligne téléphonique connu depuis
sous la dénomination : Dispositif de Renvoi dU.T post 83.
En plus des publiphones à monnaie ou à jeton, les publiphones
à cartes reliés à une ligne analogique utilisent également
ce dispositif.
La première impulsion de taxation à 12 KHz est également
dédoublée par linversion de polarité pour permettre
le fonctionnement des anciens téléphones à monnaie
ou à jetons.
Le premier modèle supportant la taxation à 12 KHz reprend
le même boîtier que le second modèle en système
50 Hz.
Compteur de taxes téléphoniques installé chez l'abonné
La retransmission des impulsions de taxation à distance nécessite
le rajout déquipements supplémentaires contigus au commutateur
qui nécessitent un câblage intermédiaire supplémentaire
au répartiteur dabonnés lors de la mise en service du
dispositif.
Depuis le 1er décembre 1986, l'administration n'installe plus de
compteurs de taxes à domicile ; il revient désormais à
l'abonné de s'acheter et d'installer son propre compteur de taxes.
Depuis le 1er janvier 1988, l'administration n'assure plus la maintenance
des compteurs de taxes installés chez les abonnés ; il revient
depuis lors à l'abonné d'entretenir son propre compteur de
taxes (ou le modèle administratif préinstallé) à
ses frais.
En revanche, le Dispositif de Retransmission des Impulsions de Taxes au
domicile de l'abonné demeure toujours disponible actuellement, et
il reste possible d'y souscrire.
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