1878-1890 Microphones
& Récepteurs téléphoniques, Bobines ... de
cette époque.
Depuis l'introduction de la téléphonie
dans le service public on remarque une grande activité parmi
les inventeurs, dans le but de perfectionner les appareils et installations
téléphoniques. Les nouveaux appareils sont déjà
si nombreux qu'il devient difficile de s'orienter.
Souvent les modifications sont d'une importance insignifiante, presque
nulle, et se restreignent à certaines différences dans
la forme, la dimension ou la matière employée, souvent
aussi le nouvel appareil vaut moins que ses prédécesseurs.
Maintes nouvelles inventions ne sont faites que dans le but d'éviter
les brevets existants et on remarque cette tendance surtout pour les
transmetteurs et récepteurs, les appareils les plus caractéristiques
et les plus importants de la téléphonie.
D'un autre côté on trouve naturellement aussi un certain
nombre de solutions heureuses qui marquent de véritables progrès.
Cette page est un complément de la page des 140
principaux concepteurs et constructeurs ou certains des appareils
présentés sont aussi décrits dans cette page qui
est une étude Suisse sur la téléphonie par M. le
Dr. Rothen, Directeur-adjoint des télégraphes suisses.
sommaire
C'est une des particularités de la téléphonie
que le premier appareil inventé ait été le récepteur;
mais ce récepteur est réversible et peut en même
temps servir comme transmetteur; il est sorti des mains de son inventeur
dans un état si parfait qu'il ne permet guère de perfectionnement.
Nous commencerons donc l'énumération et la description
des appareils par le récepteur, quoiqu'il eut été
peut-être plus logique de commencer par le transmetteur.
Selon nous, la plupart des inventeurs poursuivent une fausse route en
cherchant à augmenter la sensibilité du récepteur,
et il se présentera plus tard l'occasion d'expliquer pourquoi
nous sommes de cet avis.
Mais les inventeurs en jugent autrement et par différentes combinaisons
ils cherchent à arriver à leur but. Le moyen qui se présente
tout d'abord consiste à utiliser les deux pôles de l'aimant
et à y appliquer plus d'une bobine.
Pour la petite histoire, rappelons que Bell
a déposé le Brevet 174,465 BELL
d'émetteur-recepteur télégraphique
le 14 février 1876
C'est le premier téléphone qui fonctionnait
de la même manière en récepteur et transmetteur
éléctromagnétique.
Document
complet en pdf .
Bell navait pas réussi à transmettre une phrase
complète et audible dans son téléphone mais, fait
significatif, il avait modifié la description de son invention
au début de janvier pour y incorporer un émetteur à
résistance variable.
Le 7 et le 10 Mars 1876,
Bell et Watson réalisent une série d'expériences
avec un nouveau transmetteur non pas de type éléctromagnétique
comme décrit dans le brevet mais un transmetteur à
résistance variable à eau acidulée entrainant
une variation de résistance du circuit lorsque la membrane entre
en vibration.


Watson dans ses dernières années, tenant le téléphone
original. L'émetteur à micro liquide (à acide)
et le schéma original dans son notebook.
Le 8 mars, lui-même et Watson reprirent leurs expériences,
et le téléphone fut bientôt doté dun
porte-voix.
Replique
du microphone à acide
La première conversation téléphonique
de l'histoire est effectuée le 10 mars 1876, à Boston
entre Bell et son assistant Watson qui se trouvait alors dans
une autre pièce. Sur le site carnet
d'expérimentaion de A.G BELL jour après jour on peut
lire les commentaires sur ses recherches qui ont servit à déposer
son premier brevet.
Extrait page 40 du NOTEBOOK
de Bell

Fin avril 1876
Bell laisse de côté le premier transmetteur à résistance
liquide variable et revient à des expérimentations éléctromagnétiques,
le concept original. Watson a construit un ensemble dinstruments
dans le magasin de Williams en utilisant du bronze plutôt que
du bois et en les polissant comme des miroirs. Le modèle suivant
: "la box" est mise au point et le 10
Mai 1876 Bell réalise une conférence devant
l'Américan and Sciences de Boston à l'Athenaeum

Le 15 janvier
1877, Bell dépose à Washington son deuxième
brevet sur le téléphone incluant les différentes
améliorations. Il lui est attribué le 30 janvier sous
le no 186 787 dont voici une
reproduction :
et
( en pdf ) 
C'était le premier modèle commercial du téléphone
Bell à microphone électromagnétique.
Le 15 Mai 1877 - Bell Présente
le téléphone à main (hand telephone). Mentionné
dans une lettre de Theodore N. Vail à William A.
Childs, président de la Law Telegraph
Company. il
présente au public son invention sous une nouvelle forme imaginée
par le professeur Pierce : "the Hand
Telephone" ou "Téléphone à Main"
aussi appelé "butterstamp"
car sa forme évoquait bien les tampons pour mouler le beurre.



Ce modèle petit et léger servait aussi bien en écouteur
ou en microphone, il a longtemps été utilisé avec
deux appareils pour plus de confort, pour parler et écouter en
même temps.

En France le tout premier modèle Breguet
En Allemagne c'est celui de MM.
Siemens et Halske qui sert en Allemagne (sauf la Bavière
et le Wurtemberg) comme transmetteur et récepteur.
Modèles
Siemens & Halske
1877
Dans cette catégorie se range aussi le téléphone
de M. G. N. Torrence,
Un des pôles de l'aimant E est au centre de l'appareil et entouré
de la bobine G, l'autre pôle D s'épanouit en cercle non
fermé et touche le diaphragme à sa circonférence.
Ce diaphragme possède par conséquent deux polarités,
l'une au centre, l'autre à, la périphérie.
Le transmetteur Bôttcher
en Allemagne
C'est aussi au microphone magnétique comme Bell. La différence
de ce téléphone consiste en ceci : l'aimant m n'est
point placé dans la boîte à poste fixe, comme
cela a généralement lieu, mais se trouve suspendu
à l'aide de vis et de fils minces d'acier.
Cette disposition a pour effet de faire osciller l'aimant avec la
membrane c, ce qui augmente l'énergie, mais aussi par contre
le son se produit d'une façon moins nette et moins distincte
que dans les systèmes Bell, Ader, Fein et autres.

Si dans le téléphone Boettscher on pose l'oreille
tout contre le porte-voix, le son est moins dislinct, que si on
l'éloigné de 7 à 8 centimètres.
Les plaques polaires sur lesquelles sont posées les bobines
d'induction b ne sont point en fer massif, mais formées de
trois petites barres de fer cylindriques écartées
légèrement es unes des autres, ce qui leur permet
de changer plus facilement et plus vite de magnétisme. L'aimant
m estattiré vers le haut par les vis a et vers le bas par
la vis aï, de sorte que celui-ci est suspendu librement dans
la boîte, et les bouts qui portent les plaques polaires se
trouvent à peu près à un demi-millimètre
au-dessous de la membrane c. Ce téléphone est fait
entièrement en métal et il n'y a pas à craindre
qu'il joue, comme cela peut arriver avec les boîtes de bois;
on ne le règle qu'une fois pour toutes. La boîte est
pourvue de pieds, qui servent à la fixer. Pour parler, il
faut approcher la bouche du porte-voix le plus possible, par contre
l'audition est meilleureà une certaine distance, comme nous
l'avons déjà dit. Ce téléphone est d'un
mauvais usage dans les endroits où il y a beaucoup de bruit.
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sommaire
Quelques Récepteur différents du réversible
Bell
Le Récepteur Ochorowicz
a aussi deux bobines fixées sur les pôles d'un aimant qui
a la forme d'un cylindre fendu suivant une génératrice.
Sur le noyau de l'une de ces bobines est vissé un diaphragme,
tandis que devant l'autre bobine un second diaphragme libre est appliqué
selon la manière usuelle. Un cercle réunit les deux diaphragmes
et il se forme ainsi une espèce de boîte cylindrique qui
est fixée en un seul point et qui vibre dans sa totalité
quand des courants ondulatoires traversent les bobines. Ce téléphone
se distingue aussi par ses petites dimensions. (décrit dans la
page les appareils)
Récepteur
construit par MM. Château, père et
fils (France).
M. Henry Clay a employé
dans son téléphone trois pôles magnétiques
et trois bobines. (décrit dans la page les
appareils)

Le pôle nord est au centre, les deux extrêmes sont des pôles
sud. Le fil qui forme les trois bobines décrit un double coautour
des trois pôles et par suite le même courant renforce ou
affaiblit simultanément les trois pôles. Ce téléphone
est un peu lourd et mal commode pour la manipulation.
Le téléphone de M. P. Tutzauer, est munide 4 pôles
magnétiques, placés l'un à côté de
l'autre et alternant dans leur polarité.
(brevet allemand de classe 21 n° 23910 du 21 novembre 1882)

Entre ces pôles se trouvent 8 bobines, mais leurs spires sont
placées parallèlement à l'axe des prolongements
en fer doux qui couronnent les pôles. L'inventeur croit que, par
cet arrangement, l'effet sur les aimants des courants variables qui
se produisent dans les bobines est plus grand que dans la position ordinaire.
L'inventeur démontre également comment ses dispositifs
peuvent être combinés avec les inventions de W. E. Fein
(brevet allemand n° 10673, voir 1881 239 488) et de Schiebeck et
Plentz (brevets allemands n° 8522 et 10854, voir 1881 239 488).
Différents inventeurs vont encore plus loin dans le nombre
des aimants qui agissent sur la membrane du téléphone.
M. Eaton a exposé
à Philadelphie un téléphone ( téléphone
moléculaire) dont le champ magnétique était produit
par 6 aimants en fer à cheval, les pôles sud étaient
réunis au centre, les pôles nord à la périphérie
et entre les deux groupes de pôles similaires se trouvait une
bobine qui par ce fait produisait son influence dans les deux directions.
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Trois configurations sont représentées.
Dans la configuration (A), la dilatation et la contraction longitudinales
de la barre de fer agissent directement sur le diaphragme. Ce dernier
peut être constitué de n'importe quel matériau
isolant, tel que le mica.
Bien qu'un diaphragme magnétique puisse être utilisé,
il n'est pas nécessaire, car l'extrémité polaire
de l'électroaimant est toujours en contact avec le diaphragme.
Dans ce récepteur, un noyau en fer massif est utilisé,
mais de meilleurs résultats sont obtenus avec le noyau en
fil de fer illustré en (B), constitué de plusieurs
fils de fer doux regroupés en faisceau.
Le plus intéressant est illustré en (C) ; il utilise
un noyau en forme de ressort hélicoïdal, enroulé
de manière à ce que les spires successives soient
en contact. Ce noyau est présenté comme étant
bien supérieur aux deux autres, offrant des performances
comparables à celles d'un récepteur magnétotéléphonique
ordinaire.
Le noyau hélicoïdal est de préférence
fabriqué en fil d'acier à piano recuit.
Téléphone
EATON exposé
dans cette
page .
Le premier brevet US 204 141 est du 28 mai 1878, le second US 222
475 du 9 déc 1879 et le troisième US 237 838 du
15 fév 1881 .
(décrit dans la page les appareils)
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M. Graham a pour son téléphone
a adopté le même principe avec la seule modification que
la bobine est fixée à un ressort et est par conséquent
mobile jusqu'à un certain point.
téléphone
Graham
Dans cette catégorie de téléphones à plusieurs
pôles actifs se range aussi celui de M. Boisselot
qui est censé être le récepteur le plus sensible
qui exista .
(décrit
dans la page les appareils)
L'aimant a la forme d'un fer à cheval, mais il est courbé
de telle façon qu'il présente un grand développement
sous un volume restreint.
Les deux bobines indépendantes sont enroulées sur des
armatures système Maiche et permettent un réglage
parfait. C'est la maison Maiche et C ie à Paris qui a le débit
de ces téléphones.
Une autre catégorie de réceteur comprend ceux qui ont
plusieurs membranes.
Nous avons déjà mentionné celui de M. Ochorowicz
qui pourrait aussi être rangé dans cette catégorie.
Le téléphone double de M. Stevens se compose d'une
bobine par l'intérieur de laquelle passent les deux pôles
d'un aimant en fer à cheval. La bobine est libre autour d'un
axe diamétral; elle oscille donc quand des courants ondulatoires
la traversent et ses oscillations sont transportées par un
levier très léger sur deux membranes parallèles.
Deux faibles ressorts ramènent la bobine dans sa position normale.
Le téléphone de M. Pratt a deux membranes parallèles
entre lesquelles est fixée, à proximité des membranes,
la bobine sans noyau et sans joues. Les spires de la bobine sont retenues
à leur place convenable par une matière collante. La membrane
placée vis-à-vis de l'embouchure a un trou central qui
permet aux ondes engendrées par la membrane opposée de
parvenir aussi à l'oreille.
M. Ebel charge l'une des membranes d'une haute polarité
nord, l'autre d'une haute polarité sud, au moyen de deux aimants.

La bobine se trouve donc dans un champ magnétique puissant entre
les deux diaphragmes. Les oscillations de ces diaphragmes sont conduites
aux deux oreilles par les tubes flexibles D et D'.
Le téléphone de M. Ullmann a un aimant en forme
de tube fendu dans la direction de son axe. Les parties du tube à
côté de la fente sont les pôles auxquels sont fixées
deux bobines, au moyen de noyaux en fer doux. (décrit dans la
page les appareils)
La capsule qui les enferme consiste en deux , plaques élastiques
réunies par une couronne. Ces deux plaques sont polarisées
dans le même sens. Le système ressemble beaucoup à
celui de M. Ochorowicz.
Le téléphone de M. Schwindt, n'a bien qu'un seul
diaphragme, mais ses deux côtés agissent sur l'air qui
l'entoure.
Hugo Schwindt, Berlin. Brevet : Palier de diaphragme téléphonique
avec cavités arquées plates reliant les deux faces du
diaphragme à une ouverture acoustique. Breveté le : 10
juin 1883.
Le cornet D est placé latéralement à l'axe de l'aimant
droit M qui se compose d'un faisceau de lames, surmonté d'une
bobine S. La distance de la
membrane peut être réglée par la vis z. Les deux
cavités h et ef aboutissent dans l'embouchure commune.
Le couvercle de ce téléphone est assez compliqué
et tout l'arrangement nous paraît pécher contre les bons
principes en ce sens que les ondes d'un côté du diaphragme
neutralisent celles de l'autre côté.
Les téléphones sans diaphragme magnétique forment
une autre catégorie.
Sur le centre d'une membrane en matière quelconque, bois, ébonite,
laiton, porcelaine, est fixée une bobine avec trou central cylindrique.
Dans
ce trou entre le cylindre en fer doux qui surmonte l'aimant, mais sans
toucher la bobine. Cette dernière est donc attirée ou
repoussée par l'aimant suivant la direction et la force des courants
qui la traversent et ces mouvements sont transportés directement
sur la bobine.
Dans le téléphone de MM. Bassdno, Slater et Hollins,
le noyau en fer doux À de la bobine B est en contact magnétique
avec les pôles nord de 4 aimants en fer à cheval.

Aux pôles sud sont attachées, par des charnières,
deux armatures C x et C2 qui ne se touchent pas au centre mais par lesquelles
passe le fil d'acier e qui forme pour ainsi dire une troisième
charnière. Le centre des deux armatures peut donc s'enfoncer
et se relever suivant les ondes électriques traversant la bobine.
Sur le centre des armatures est fixée une tige i avec une plaque
bb en laiton sur laquelle
est collée une plaque en bois H H. Les mouvements de cette dernière
plaque engendrent les ondulations acoustiques. Ce téléphone
a été inventé surtout dans le but d'éviter
les brevets Bell, mais doit donner, suivant les rédacteurs du
Télégraphie Journal and Electrical Review, d'assez bons
résultats.
Du diaphragme non magnétique il n'y a qu'un pas au téléphone
sans diaphragme, et ce pas a été franchi par plusieurs
inventeurs.
Mentionnons le téléphone à marteau de M. de Locht-Labye,
où le diaphragme est remplacé par un épais bloc
en bois ou toute autre matière. Dans un cas spécial, ce
bloc avait une épaisseur de 11 mm .

Pantelephone 
Derrière lui se trouve un levier à deux bras de longueur
égale. L'extrémité d'un bras presse sur le centre
du bloc, tandis que l'extrémité de l'autre bras est munie
d'une armature qui se trouve devant un ou deux électro-aimants
polarisés par un fort aimant. Les variations dans le champ magnétique
produisent contre le bloc en bois des chocs qui se transforment en reproduction
de la parole. Ce téléphone a été essayé
entre Bruxelles et Anvers à travers une ligne qui représente
132 km. de fil télégraphique de 4mm de diamètre.
(décrit dans la page les appareils)
Souvent le caractère d'un téléphone n'est pas
bien défini, de sorte qu'il pourrait rentrer aussi bien dans
une catégorie que dans une autre.
Ce cas s'est déjà présenté plusieurs fois
pour les téléphones décrits, et pour d'autres le
choix de la catégorie est encore plus difficile.
Plus tard d'autres modèles de récepteurs seront inventés
que l'on retrouve dans la page les appareils.
sommaire
Les Transmetteurs ou microphones
Téléphones à piles et à transmetteurs
liquides
On a vu que M. Gray, dès l'année 1876,
avait imaginé un système téléphonique basé
sur les variations de résistance qu'éprouve un circuit
complété par un liquide, lorsque la couche liquide interposée
entre les électrodes varie d'épaisseur sous l'influence
des vibrations de la lame téléphonique mise en rapport
avec l'une de ces électrodes. Ce système a été
étudié depuis par plusieurs inventeurs, entre autres par
MM. Richemond et Salet, et voici les quelques renseignements
qui ont été publiés relativement à leurs
recherches.
«Un autre téléphone reproduisant les sons articulés,
et appelé par M. Richemond électro-hydro-téléphone,
a été breveté récemment aux États-Unis.
Il est sous certains rapports semblable à celui de M. Edison,
mais au lieu de mettre à contribution des disques de charbon
pour modifier la résistance du circuit, c'est l'eau qui est employée,
et cette eau est mise en rapport avec le circuit et la pile par l'intermédiaire
de deux pointes de platine, dont une est fixée sur le diaphragme
métallique qui vibre sous l'influence de la voix. Les vibrations
de ce diaphragme en transportant la pointe qui lui est adhérente
en des points différents de la couche liquide interpolaire, diminuent
ou augmentent la résistance électrique de cette couche,
et déterminent des variations correspondantes dans l'intensité
du courant traversant le circuit. Le téléphone récepteur
a d'ailleurs la disposition ordinaire.» (Voir le Telegraphic Journal
du 15 sept. 1877, p. 222).
«Il m'a paru intéressant, dit M. Salet, de construire
un téléphone dans lequel le mouvement de deux membranes
soient absolument solidaires, et pour cela j'ai mis à profit
la grande résistance des liquides.
M. Bell avait
déjà obtenu quelques résultats en attachant à
la membrane vibrante un fil de platine communiquant avec une pile, et
plongeant plus ou moins dans de l'eau acidulée contenue dans
un vase métallique relié lui-même par la ligne au
téléphone receveur. J'ai substitué au fil de platine
un petit levier d'aluminium portant une lame de platine; à une
très-faible distance de celle-ci s'en trouvait une seconde en
relation avec la ligne. Les vibrations de la membrane, triplées
ou quadruplées dans leur amplitude, ne sont pas altérées
dans leurs formes, grâce à la petitesse et à la
légèreté du levier; elles déterminent dans
l'épaisseur de la couche liquide traversée par le courant,
et par suite dans l'intensité de celui-ci, des variations, lesquelles
en occasionnent de semblables dans la force attractive de l'électro-aimant
récepteur. Sous son influence, la membrane recevante exécute
des mouvements solidaires de ceux de la membrane expéditrice.
Le son transmis est très-net et, résultat auquel on pouvait
s'attendre, le timbre est parfaitement conservé. Les consonnes
cependant n'ont pas tout le mordant de celles transmises par l'instrument
de M. Bell. C'est un inconvénient qui apparaît surtout
quand le levier est un peu lourd; on pourrait facilement le faire disparaître.
L'électrolyse produit en outre un bruissement continu qui ne
nuit guère à la netteté du son.
«Comme dans ce système on ne demande pas à la voix
de produire, mais seulement de diriger le courant électrique
engendré par une pile, on peut théoriquement augmenter
à volonté l'intensité du son reçu. En réalité
j'ai pu faire rendre au récepteur des sons très-forts,
et il me semble que cet avantage compense largement la nécessité
d'employer une pile et un appareil expéditeur assez délicat.
Malheureusement la transmission ne peut se faire à des distances
un peu considérables. Supposons qu'un certain déplacement
de la membrane expéditrice détermine dans la résistance
le même accroissement que cinq à six cents mètres
de fil: si la ligne a cinq cents mètres, l'intensité du
courant se trouvera réduite de moitié et la membrane recevante
prendra une nouvelle position notablement différente de la première;
mais si la ligne a cinq cents kilomètres, l'intensité
du courant ne sera modifiée que de un millième. Il faudrait
donc employer une pile énorme pour que cette variation se traduisît
par un changement sensible dans la position de la membrane recevante.»
(Voir Comptes rendus de l'Académie des sciences du 18 février
1878, p. 471.)
M. J. Luvini, dans un article inséré
dans les Mondes, du 7 mars 1878, a indiqué un système
de rhéotome de courant pour les téléphones
à pile qui, malgré sa complication, pourrait peut-être
présenter quelques avantages, en ce sens qu'il fournirait des
courants alternativement renversés.
Dans ce système, la lame vibrante transmettrice qui doit être
placée verticalement, réagit sur un fil mobile horizontal
replié rectangulairement et portant sur chacune de ses branches
deux pointes de platine plongeant dans deux godets remplis d'un liquide
médiocrement conducteur; les deux branches de ce fil, isolées
l'une de l'autre, sont mises en rapport avec les deux pôles de
la pile, et les quatre godets dans lesquels plongent les fils de platine,
communiquent d'une manière inverse à la ligne et à
la terre par l'intermédiaire de fils de platine immobiles fixés
dans les godets. Il résulte de cette disposition que, pour un
réglage convenable des distances entre les fils fixes et mobiles,
deux courants égaux se trouveront opposés à travers
le circuit de la ligne quand le diaphragme sera immobile; mais aussitôt
que celui-ci vibrera, les distances respectives des fils varieront,
et il en résultera, un courant différentiel dont l'intensité
sera en rapport avec l'étendue du déplacement du système
ou l'amplitude de la vibration, et dont le sens variera pour les mouvements
en dessus et en dessous de la ligne des nuds de vibration. On
aurait donc de cette manière les effets avantageux des courants
induits.
M. Charles Lever a construit un téléphone fondé
sur le principe de l'électromètre à mercure
de M. Lippmann.
Dans un tube étroit et vertical se trouve une colonne de mercure
sur laquelle est placé, aussi verticalement, un piston en aluminium
qui, avec sa pointe, touche un diaphragme dans son centre. L'espace
entre le diaphragme et le ménisque de mercure est rempli d'acide
sulfurique. Les courants traversent le diaphragme, le piston et le mercure,
et au point de contact entre le mercure et l'acide sulfurique se produit
la réaction qui opère une transformation du ménisque,
de laquelle résulte une variation de la pression du piston sur
le diaphragme et l'oscillation de ce dernier.
Dans son système téléphonique, M. Pratt a complètement
abandonné les arrangements usuels. La bobine n'a aucun noyau
et ne représente qu'une résistance de 4 ohms. Le diaphragme
mince est placé entre cette bobine et le cornet, tandis que de
l'autre côté une plaque épaisse est fixée
sur la bobine. Entre la bobine et la capsule cylindrique est ménagé
un espace de quelques millimètres qui, d'après l'inventeur,
joue un grand rôle dans le bon fonctionnement de l'appareil.
Téléphones à pile et à
arcs voltaïques.
Pour obtenir des variations de résistance encore plus sensibles
qu'avec les liquides et les corps pulvérulents, on a eu l'idée
d'avoir recours aux conducteurs gazeux échauffés, et on
a combiné plusieurs dispositifs de téléphones à
pile dans lesquels le circuit était complété par
une couche d'air séparant la lame vibrante d'une pointe de platine
servant d'excitateur à une décharge électrique
de haute tension. Dans ces conditions, cette couche d'air devient conductrice,
et l'intensité du courant qui la traverse est en rapport avec
son épaisseur. Ce problème a été résolu
soit au moyen de courants voltaïques d'une grande tension, soit
au moyen d'une bobine de Ruhmkorff.
Le premier système a été combiné par M.
Trouvé, et voici ce qu'il en dit dans le journal la Nature
du 6 avril 1878. «Une membrane métallique vibrante constitue
l'un des pôles d'une pile à haute tension; l'autre pôle
est assujetti devant la plaque par une vis micrométrique qui
permet de faire varier, suivant la tension de la pile, la distance à
la plaque, sans pourtant jamais être en contact avec elle. Cette
distance, toutefois, ne doit pas dépasser celle que pourrait
franchir la décharge de la pile. Dans ces conditions, la membrane
vibrant sous l'influence des ondes sonores a pour effet de modifier
constamment la distance entre les deux pôles et de faire ainsi
varier sans cesse l'intensité du courant; par conséquent
l'appareil récepteur (téléphone Bell ou à
électro-aimant) subit des variations magnétiques en rapport
avec les variations du courant qui l'influence, ce qui a pour effet
de faire vibrer synchroniquement la membrane réceptrice. C'est
donc sur la possibilité de faire varier entre des limites très-étendues
la résistance du circuit extérieur d'une pile ou batterie
à haute tension dont les pôles ne sont pas en contact,
que repose le nouvel appareil téléphonique. On pourra
aussi, pour faire varier les conditions de cette résistance,
faire intervenir une vapeur quelconque ou bien des milieux différents,
tels que l'air ou les gaz plus ou moins raréfiés.»
M. Trouvé pense obtenir de bons résultats avec sa pile
à rondelles humectées de sulfate de cuivre et de sulfate
de zinc, en en disposant les éléments, au nombre de quatre
ou cinq cents, dans des tubes de verre de petit diamètre. Pour
obtenir des courants de tension, il n'est pas besoin, comme on le sait,
que ces éléments soient de grandes dimensions.
M. de Lalagade a proposé un moyen analogue
en employant, pour la formation de l'arc, un courant dont la tension
est augmentée par l'interposition dans le circuit d'un fort électro-aimant.
Cet électro-aimant réagit d'ailleurs sur un électro-aimant
Hughes pour lui faire fournir des courants d'induction susceptibles
de faire fonctionner le récepteur. Suivant M. de Lalagade, une
pile de Bunsen ou à bichromate de potasse de 6 éléments,
suffirait pour obtenir un arc voltaïque continu entre la lame vibrante
d'un téléphone et une pointe de platine éloignée
suffisamment pour ne donner lieu à aucun contact. Il faudrait
cependant en déterminer un en commençant, pour provoquer
la formation de cet arc. Dans le système de M. de Lalagade, la
lame vibrante doit être munie à son centre d'une petite
lame de platine pour éviter les effets d'oxydation de l'étincelle.
Suivant l'auteur, les sons ainsi transmis et reproduits dans un téléphone
dont le système électro-magnétique serait monté
sur une caisse sonore, auraient une intensité plus grande qu'avec
les téléphones ordinaires, et il semblerait qu'on vous
parlerait dans l'oreille.
Les Téléphones à mercure.
Ces systèmes sont fondés sur ce phénomène
physique découvert par M. Lippmann, que si une couche
d'eau acidulée est superposée à du mercure et réunie
au moyen d'une électrode et d'un fil avec celui-ci, de manière
à constituer un circuit, toute action mécanique qui aura
pour effet de presser sur la surface du mercure et de faire varier la
forme de son ménisque, déterminera une réaction
électrique capable de donner lieu à un courant dont la
force sera en rapport avec l'action mécanique exercée.
Par réciproque, toute action électrique qui sera produite
sur le circuit d'un pareil système, donnera lieu à une
déformation du ménisque et par suite à un mouvement
de celui-ci, qui sera d'autant plus caractérisé que le
tube où se trouve le mercure sera plus petit et l'action électrique
plus grande. Cette action électrique pourra d'ailleurs résulter
d'une différence de potentiel dans l'état électrique
des deux extrémités du circuit mis en rapport avec la
source électrique employée ou d'un générateur
électrique quelconque

On comprend facilement, d'après ces effets, que si on plonge
dans deux vases, remplis d'eau acidulée et de mercure, deux tubes
TT1 à bout effilé contenant du mercure M, et qu'on réunisse
entre elles, par des fils métalliques PP1, QQ1 d'abord, les deux
colonnes de mercure remplissant les tubes et, en second lieu, les couches
de mercure qui occuperont le fond des deux vases, on aura, si on a soin
de placer les tubes à une certaine distance de la surface du
mercure dans les vases, un circuit métallique complété
par deux électrolytes, dont l'un pourra accuser les effets mécaniques
ou électriques produits au sein de l'autre. Si donc on adapte
au-dessus des tubes deux lames vibrantes B, B1, et qu'on fasse vibrer
l'une d'elles, l'autre devra reproduire ces vibrations sous l'influence
des mouvements vibratoires communiqués par la colonne de mercure
correspondante. Ces vibrations seront en rapport elles-mêmes avec
les émissions électriques résultant des mouvements
de la colonne de mercure du premier tube, et qui sont déterminés
mécaniquement. Si un générateur électrique
est introduit dans le circuit, l'effet que nous venons d'analyser s'effectuera
sous l'influence des modifications dans le potentiel de ce générateur
sous l'influence des effets électro-capillaires. Mais si on n'emploie
aucun générateur, l'action résultera des courants
électriques déterminés par l'action électro-capillaire
elle-même. Dans ce dernier cas, cependant, l'appareil doit être
construit d'une manière un peu plus délicate, pour obtenir
des réactions électriques plus sensibles, et voici comment
M. A. Bréguet décrit
son appareil.
Le Transmetteur à mercure de Breguet
1878 Antoine Breguet a utilisé les forces électro-capillaires
et les courants électriques qu'elles produisent. Le phénomène
qui a conduit à la construction de cet instrument est réversible
; l'émetteur et le récepteur sont donc deux appareils
identiques.
La pointe d'un tube capillaire T, contenant du mercure, plonge dans
un récipient V. Ce récipient est rempli en partie de mercure
M' et en partie d'eau acidulée A ; le point capillaire n'atteint
pas le mercure, et ne plonge que dans lacide dilué.
Deux fils de platine P et Q communiquent respectivement avec le mercure
en T et celui en V. Si les deux fils sont reliés entre eux, le
niveau du mercure dans le tube capillaire s'établira à
une hauteur invariable. Mais si une pile est interpolée dans
le circuit des fils de platine, le niveau prendra une autre position
d'équilibre, en fonction de la différence de potentiel.
A chaque différence de potentiel correspondra un niveau défini
de mercure.
Au-dessus du mercure dans le tube se trouve une couche d'air dont la
pression varie évidemment à chaque fois que le niveau
de mercure lui-même varie.
L'appareil est réversible ; c'est-à-dire que si par quelque
modification de la pression S le niveau du mercure subit un déplacement,
une différence de potentiel, ou, en d'autres termes, une force
électromotrice, s'établira dans les deux conducteurs v
et Q.
Couplons maintenant deux appareils similaires en connectant les fils
P et P^ Q et Q^, comme le montre la figure. Si une pression est exercée
en S, une force électromotrice correspondant à cette pression
sera produite en le circuit, et cette force électromotrice produira
un changement dans le niveau du mercure dans le tube du deuxième
appareil, et par conséquent un changement dans la pression à
S^.
En parlant au-dessus du tube T, l'air contenu dans ce tube entre en
vibration. Ces vibrations sont communiquées au mercure, qui les
change en variations de force électromotrice, et ces variations
engendrent dans l'appareil récepteur des vibrations exactement
correspondantes de la masse d'air S^ ; de sorte que, si l'oreille est
placée au-dessus du tube Tj, tous les mots prononcés dans
le tube T seront faiblement entendus.
Ce principe restera dans l'état de laboratoire, le principe du
microphone à charbon de Hughes va rapidement prendre le relais.
«L'appareil consiste dans un tube de verre fin, de quelques centimètres
de longueur, contenant des gouttes alternées de mercure et d'eau
acidulée, de façon à constituer autant d'éléments
électro-capillaires associés en tension. Les deux extrémités
du tube sont fermées à la lampe, mais laissent pourtant
un fil de platine prendre contact de chaque côté sur la
goutte de mercure la plus voisine. Une rondelle de sapin mince est fixée
normalement au tube par son centre, et permet ainsi d'avoir une surface
de quelque étendue à s'appliquer sur la coquille de l'oreille
quand l'appareil est récepteur, et de fournir au tube une plus
grande quantité de mouvement sous l'influence de la voix, quand
l'appareil est transmetteur. Voici les avantages que présentent
ces sortes d'appareils:
«1° Ils ne nécessitent l'usage d'aucune pile;
«2° L'influence perturbatrice de la résistance d'une
longue ligne est presque nulle pour ces instruments alors qu'elle est
encore appréciable avec le téléphone Bell;
«3° Deux appareils à mercure accouplés comme
il a été dit plus haut, sont absolument corrélatifs,
en ce sens que, même des positions différentes d'équilibre
de la surface du mercure dans l'un d'eux, produisent des positions différentes
d'équilibre dans l'appareil opposé. On peut donc reproduire
à distance, sans pile, non-seulement des indications fidèles
de mouvements pendulaires, comme le fait le téléphone
de Bell, mais encore l'image exacte des mouvements les plus généraux.»
Nous croyons devoir faire toutefois nos réserves à l'égard
de cette assertion: que la résistance du circuit serait sans
influence sur ces téléphones. Nous ne le pensons pas et
voici pourquoi.
Selon l'idée de M. A. Bréguet, cette indépendance
tiendrait à ce que les effets produits ne sont seulement fonction
que des différences de potentiel déterminées dans
les conditions d'équilibre électrique du système.
Si l'on considère que les courants résultant de l'action
électrique de l'eau acidulée sur le mercure, se trouvent
annulés à travers le circuit par l'opposition des deux
systèmes l'un à l'autre, on comprend aisément que
les forces électro-motrices développées se trouvent
maintenues sur les deux appareils à peu près dans les
mêmes conditions que sur les pôles de deux éléments
de pile réunis par leurs pôles de même nom, et pour
qu'un courant se manifeste il suffit que la tension électrique
de l'une des sources soit affaiblie ou augmentée; mais alors
le courant différentiel qui en résulte et qui est seul
à agir, est soumis à toutes les lois qui régissent
la transmission des courants sur les circuits et, par conséquent,
doit être aussi bien affecté par la résistance du
circuit que tout autre courant.
Limprobable Transmetteur de CHICHESTER BELL beaucoup
plus tardivement.
Chichester Bell , était le cousin germain d'Alexander Graham
Bell. Il a déposé ce brevet et deux autres brevets américains
(336 082 et 336 083) le 16 février 1886. Je me demande
pourquoi ; le microphone à charbon existait depuis huit ans et
il aurait dû être clair qu'il était plus pratique
qu'un système impliquant des pompes et des réservoirs.
Principe : un jet étroit de liquide tombe verticalement
du tube A et crée une zone de contact de taille variable entre
deux électrodes.
Photo de gauche sur les figures 8 et 9, le principe de
fonctionnement semble être plutôt différent ; désormais,
le courant circule sur toute la longueur du jet et est modulé
par les variations du diamètre du jet. Les diagrammes sont initialement
mystérieux car aucun diaphragme de microphone n'est représenté.
L'idée énoncée dans le texte du brevet était
que le jet lui-même capterait les ondes sonores ambiantes ; Je
suppose que nous devons accepter l'assurance de Bell selon laquelle
cela a fonctionné, mais cela a dû être très
insensible par rapport aux versions utilisant un diaphragme.
Photo de droite Ce dispositif improbable utilise l'une
des configurations de microphone ci-dessus, apparemment la figure 6
de la figure 7. L'acide est stocké dans le réservoir
supérieur W. Le fluide commence à s'écouler lorsque
le récepteur est retiré du crochet 3, ouvrant la vanne
Z, et un liquide le jet émerge du tube A, comme dans le schéma
ci-dessus, et est sollicité par le son ; il n'y a pas de diaphragme
donc il devait être très insensible. Le liquide s'écoule
dans le réservoir inférieur X.
Le développement du microphone doit beaucoup
à David Edward Hughes (1831-1901).
S'appuyant sur les travaux de Willoughby Smith et de Sir
William Thomson, Hughes chercha à détecter les variations
de résistance d'un fil conducteur sous l'effet du son. Il découvrit
que ces variations n'apparaissaient que lorsque son fil d'essai tendu
se rompait et lorsqu'il mettait ses extrémités en contact.
Il constata qu'une pression légère mais constante était
la seule condition essentielle et, dans cette expérience, il
utilisa des aiguilles d'acier en contact avec des blocs de carbone.
Hughes ne breveta pas ses découvertes, ce qui permit à
des inventeurs ultérieurs de les exploiter sans le mentionner.
Les transmetteurs à condensateur
1887 Le bouton téléphone
de Herz
M. le Dr. Herz déjà connu
pour son téléphone à condensateur, a fait encore
un pas en avant dans la question du bouton-téléphone
en y appliquant, outre le téléphone récepteur,
un microphone.
Ce microphone, de dimensions très réduites et ressemblant,
dans son arrangement, au système de M. Dejongh, est logé
dans le socle du bouton-téléphone.
Son installation sur les réseaux de sonneries est toutefois
compliquée, voir
l'article dans "La
Lumière Electrique 1er janvier 1887"
|
  |
Les Transmetteur Dolbear
Dolbear pionnier Américain, dès
le début dans la compétion pour améliorer le telephones
de Bell, il se distingua en proposant (comme Herz) un transmetteur microphonique
à condensateur en 1881. (Voir
la page dédiée à Dolbear )
Téléphone électrostatique à condensateur,
brevet US 239 742 A,
le 5 avril 1881
et un Brevet "Mode of Transmitting Sound by Electricity".
US 240 578 le 26 Avr 1881

En 1882, Dolbear était en mesure de communiquer sur une distance
de 400 mètres sans fil en terre.
Son dispositif s'appuie sur la conduction électrique dans le
sol, qui est différente des transmissions radio ultérieures
qui utilisent le rayonnement électromagnétique.
Le Transmetteur Dembinski
M . Dembinski, capitaine de cavalerie, professeur déquitation
à lÉcole de guerre, à Bruxelles, sest
attaché à créer un appareil avec lequel on puisse
correspondre à de très grandes distances.
Le microphone imaginé par M. Dembinski consiste en une boîte
de bois de forme oblongue, fermée par un couvercle fixé
à charnières par le haut ou par un des côtés.
Ce couvercle a la forme dun châssis en bois, encadrant une
toile métallique à mailles serrées au travers de
laquelle le son de la voix peut passer; à lintérieur
de la boîte se trouvent un ou plusieurs tiroirs avec des charbons
disposés comme dans les autres transmetteurs, et placés
en circuit avec le fil primaire dune bobine dinduction.
Ces charbons, daprès M. Dembinski, peuvent être enlevés
si des réclamations se produisent de la part dantres inventeurs,
lappareil, fonctionnant sans ces charbons et pouvant donner les
mêmes résultats au point de vue de la clarté et
de la netteté dans la transmission de la parole.
Chaque tiroir est une boîte en bois garnie de noir de fumée
de pétrole, il se meut dans deux glissières disposées
latéralement. Une des particularités de lappareil,
cest lintroduction dune table de résonnance.
Cette table, qui forme lun des tiroirs de lappareil, se
compose dune mince feuille de bois de sapin garnie aussi à
lintérieur de noir de fumée de pétrole et
percée de deux ouvertures comme celles quon remarque sur
la tablette dun violon.
Des cordes vibrantes en cuivre ou en acier, tournées en spirales
G, sont fixées à des bornes métalliques H ou à
des clefs analogues aux clefs des pianos ou des violons, de manière
à pouvoir tendre ces ressorts pour quils produisent par
leurs vibrations les tons de la gamme complète. On peut
navoir quune partie de la gamme, mais, daprès
linventeur, il est toujours préférable davoir
la gamme entière. Sur le fond de lappareil sont tendus
dautres ressorts analogues et fixés de la même manière
que ceux décrits plus haut. Ces cordes sont destinées
à vibrer sous laction de sons émis, dans le but
de rendre leur action sur le microphone plus prolongée.
Linventeur insiste sur ce que lemploi des cordes vibrantes
donne un ensemble dune résonnance extrême, car non
seulement les tiroirs, mais la boîte elle-même constituent
autant de caisses de résonnance, et cest ce qui justifierait
dès lors, daprès M. Dembinski, la supériorité
de son transmetteur sur les autres microphones actuellement en usage.
Lappareil est muni dune ou de deux bobines dinduction
directement en circuit avec le microphone.
Comme récepteur et comme appel, on peut faire usage des modèles
et des systèmes connus. Toutefois, M. Dembinski a également
fait breveter un téléphone de son invention et a adopté
différents modèles pour ses appareils micro-téléphoniques.M.
Dembinski affirme que son microphone ne nécessite lemploi
que dun seul élément de pile.
De nombreuses expériences ont été faites depuis
plusieurs années, au moyen de cet appareil, notamment en Belgique,
entre Ostende et Arlon (314 kilomètres), puis en Angleterre,
en Espagne et en Italie. Les résultats de ces expériences
nont pas été publiés jusquici.
« Dans les essais exécutés au ministère des
Postes et Télégraphes, à Paris, dit M. Delahaye,
les transmetteurs étaient tous les deux dans le bâtiment
et se trouvaient à 40 ou 5o mètres lun de lautre.
Dans ces conditions, il était difficile de juger de la supériorité
de lappareil sur les autres téléphones, qui fonctionnent
tous bien à une aussi faible distance. Cependant, lappareil
Dembinski paraissait présenter une netteté et une sonorité
sensiblement plus grandes que celles des autres microphones. »
.
LE TRANSMETTEUR AU CARBONE.
Un microphone expérimental composé d'aiguilles
d'acier suspendues au contact de blocs de carbone gazeux, probablement
fabriqué par David Edward Hughes, en Angleterre, entre
1878 et 1890.
A doite un autre microphone à granulés dans un tube de
bambou, probablement fabriqué par David Edward Hughes, Angleterre,
1878-1890.
Le premier microphone permettant une téléphonie
vocale efficace fut le microphone à charbon (à contact
libre) (alors appelé émetteur). Il fut développé
indépendamment vers 1878 par David Edward Hughes en Angleterre.
Né à Londres, au Royaume-Uni, David
Hughes a étudié le fonctionnement de l'émetteur
à granules de carbone. Il a publié librement les comptes
rendus de ses recherches et n'avait aucune intention d'en tirer profit.
Hughes a découvert que l'émetteur fonctionnait grâce
aux variations de résistance des granules de carbone causées
par le son et non par la compression du carbone, comme d'autres le pensaient.
L'éminent inventeur de l'appareil imprimeur bien connu de ce
nom a fait récemment l'étonnante découverte que
certaines substances conductrices non homogènes, placées
dans un circuit avec une pile, possèdent la propriété
de convertir des vibrations sonores en courants ondulatoires d'électricité,
au moyen desquels non seulement on peut transmettre des notes et du
langage articulé à un téléphone éloigné
placé dans le circuit, mais même des sons, si subtils qu'ils
sont imperceptibles autrement, peuvent être amplifiés en
bruits éclatants
.
"Microphone transmettant le tic-tac d'une montre et tout autre
son."
La figure représente cet appareil que l'on peut certainement
considérer comme l'organe acoustique le plus sensible qui, après
l'oreille humaine elle-même, ait été jamais construit.
Il consiste simplement dans un petit crayon de charbon de gaz A (tel
qu'on en emploie dans la lampe électrique) appointi à
ses deux extrémités et légèrement maintenu
dans une position verticale (voir l'esquisse détaillée
de l'autre figure) .
Il n'a pas produit d'émetteur commercial, mais ses expériences
sur les émetteurs à granulés de carbone et à
crayon ont ouvert la voie à d'autres.
De nombreuses tentatives ont été vaines
pour trouver un substitut satisfaisant au carbone comme milieu à
résistance variable dans les transmetteurs téléphoniques.
Les brevets relatifs à l'utilisation d'électrodes en carbone
ont d'abord constitué l'un des piliers du grand monopole de la
compagnie américaine Bell Telephone. La théorie de l'action
du carbone dans le transmetteur a fait l'objet de nombreuses discussions.
Tout mouvement du diaphragme augmentant la pression entre les électrodes
diminue leur résistance, permettant ainsi le passage d'un courant
plus important. Une diminution de pression produit le résultat
inverse.
Quatre explications différentes ont été
avancées pour expliquer cette action :
- Premièrement, la résistance électrique
du carbone lui-même varie sous l'effet des variations de pression.
- Deuxièmement, un film d'air ou de gaz est présent
entre les électrodes,
et l'épaisseur de ce film varie sous l'effet des variations de
pression, ce qui fait varier la résistance. Cette théorie
est apparemment toujours défendue par M. Berliner.
- Troisièmement, la propriété particulière
du carbone de diminuer sa résistance avec l'augmentation de la
température est responsable de l'action, du moins en partie,
de la manière suivante : une augmentation du courant (due
à une pression accrue et à une résistance diminuée
entre les électrodes) provoque un léger échauffement
au point de contact ; cet échauffement provoque une diminution
supplémentaire de la résistance avec une augmentation
supplémentaire du courant ; et inversement, une diminution
momentanée du courant provoque une diminution de la température
avec une augmentation et une diminution supplémentaires correspondantes
de la résistance.
- Quatrièmement, la variation de résistance
est due à la variation de la surface de contact entre les électrodes,
c'est-à-dire à la variation du nombre de molécules
en contact réel. Cette variation de surface est parfaitement
visible dans le transmetteur liquide de Bell, et dans le cas des électrodes
solides, elle peut être illustrée par l'expérience
bien connue suivante :
Si l'on presse doucement une boule de billard sur une plaque de marbre
lisse recouverte de graphite, la surface de contact de la boule avec
la plaque sera indiquée par un petit point de graphite. Si l'on
laisse tomber la boule d'une hauteur considérable, on remarquera
que le point de graphite est beaucoup plus grand, ce qui indique que
la boule s'est considérablement aplatie sous l'effet de la pression
plus forte exercée.
Ceci démontre clairement la variation de la surface de contact
entre deux corps, due aux variations de pression entre eux. Bien entendu,
si les deux corps sont conducteurs d'électricité, la résistance
entre eux variera inversement et le courant directement en fonction
de la surface de contact.
Il semble très probable que parmi les explications ci-dessus,
la quatrième soit la bonne, et qu'aucune des autres ne contribue
sensiblement à produire les effets souhaités dans le microphone.
Quant à la première explication, selon laquelle la résistance
du carbone lui-même varie sous la pression, des expériences
ont été menées avec de longues tiges de carbone ;
avec des instruments de mesure de sensibilité ordinaire, aucune
différence n'a pu être détectée dans la résistance
d'une tige lorsque la pression exercée sur elle variait de zéro
à son point d'écrasement, en veillant à ce qu'aucun
autre contact du circuit ne soit soumis à la variation de pression.
Quant à la théorie de la couche d'air, le professeur Fessenden
l'a éclairé en démontrant que si la couche d'air
était à l'état gazeux ordinaire, sa résistance
serait presque infinie, tandis que si elle existait dans un état
condensé particulier dont nous savons peu de choses, mais dans
lequel l'air pourrait être considéré comme conducteur,
alors la loi de variation de résistance entre les électrodes
serait différente de ce qu'elle a été réellement
constatée. En revanche, le professeur Fessenden et MM. Ross et
Dougherty ont constaté que les courbes tracées avec les
résistances en ordonnées et les distances en abscisses
concordaient parfaitement avec la forme obtenue à partir de considérations
théoriques, la variation de résistance étant due
à la seule surface de contact.
Quant à la troisième explication, on peut dire que le
fait même que l'augmentation du courant soit nécessaire
pour provoquer une élévation de température semble
exclure l'hypothèse selon laquelle cette élévation
de température devrait entraîner une diminution de la résistance,
avec l'augmentation correspondante du courant, pour être efficace.
Les effets de chauffage du carbone sont relativement lents, et il semblerait
que les variations de température soient légèrement
en retard par rapport aux variations de courant qui les produisent,
ce qui serait préjudiciable à la transmission téléphonique.
Il est certainement très heureux que le carbone, une substance,
possède toutes les qualités qui le rendent particulièrement
intéressant pour la microphonie. Il produit une variation de
résistance avec des variations de surface de contact, tout bien
considéré, mieux que toute autre substance connue, possède
la propriété souhaitable de diminuer sa résistance
lorsqu'il est chauffé, et est élastique, non corrosif,
non fusible, bon marché et facile à travailler.
Les microphones à charbon ont êté utilisés
comme amplificateur, rendant possibles les appels téléphoniques
longue distance.
1880 Parleur microphonique de M. Fernandez Ianez.
Cet appareil qui a pu, étant grossièrement exécuté,
transmettre la parole sur une ligne de 115 kilomètres mal isolée,
paraît devoir surtout sa sensibilité à la manière
dont la plaque vibrante à-laquelle est fixé l'un des charbons
est adaptée à lappareil. :
Au lieu dêtre serrée dans le bois, derrière
lembouchure dans laquelle on parle, elle est simplement maintenue
par deüx anneaux .tubulaires de caoutchouc entre les-quels elle
se trouve, fortement enclavée, et qui la rendent extrêmement
sensible aux vibrations de l'air. Le charbon fixe lui-même est
maintenu sur la plaque vibrante par une petite plaqué de caoutchouc
qui sy trouve collée avec de la cire dEspagne, et
il porte une cavité sphérique dans laquelle est engagée
lextrémité arrondie du charbon mobile, lequel est
soutenu dailleurs de la même manière, du côté
opposé, par un second charbon et une plaque de caoutchouc, adaptés
à lextrémité dune longue vis de réglage.
Gette vis passe à travers un morceau de liège qui lui
sert décrou et qui occupe une cavité ménagée
dans le manche de lappareil, lequel ressemble un peu à
un téléphone ordinaire, mais avec moins de longueur. Naturellement
les deux charbons qui servent de crapaudines à la tige de charbon
mobile, sont mises en rapport avec les deux fils du circuit.
Les transmetteurs Edison
Dés le début 1877 les dirigeants de la Western
Union Telegraph Company se rendent compte
que Bell en inventant le téléphone, avait créé
un nouveau marché, dont il s'agissait de ne pas perdre la maîtrise.
La western Union prospecta les chercheurs succcéptibles de lui
fournir un autre appareil téléphonique que celui construit
par Bell. Pour ce faire , elle s'adressa aux laboratoirs Edison qui
se mirent aussitôt au travail.
D'une manière empirique, l'équipe Edison
avait en effet découvert que la résistance électrique
de la plombagine variait en raison inverse de la pression à laquelle
elle était soumise. Une pastille de plombagine intercalée
derrière la membrane vibrante d'un émetteur téléphonique
permettait donc de moduler un courant électrique, en fait Edison
avait inventé le microphone qu'il perfectionna par la suite en
remplaçant la plombagine par du charbon en poudre.
IL est très similaire aux microphones conçus par
Hughes qui restera officielemnt
l'inventeur du microphone à charbon
Lors d'une expérience réalisée en novembre 1877,
Edison utilisa une bande de papier poreux entre deux électrodes,
dont le diaphragme. Le papier était maintenu humide en le suspendant
dans un récipient rempli d'eau.
Fig 1
On constata que
le papier offrait une résistance variable sous pression et, bien
sûr, ne se tasseait pas. De plus, cette méthode n'était
pas pratique, car elle devait être montée à plat
pour maintenir l'eau dans le récipient.
Contrairement au Telefon de Reis, le contact ne se faisait pas par intermittence,
mais dépendait de la variation de pression, fournissant ainsi
un signal continu. Il était en réalité trop sensible
pour être utilisé dans un téléphone, car
il captait également toutes sortes de bruits de fond. .
Le 18 avril 1877, ces recherches aboutirent à la mise au point
d'un émetteur téléphonique à la plombagine,
Le 27 juin 1877, Edison essaya un pot rempli de carbone, avec une électrode
de carbone au fond et une autre, le diaphragme, au-dessus.
L'espace entre les deux était rempli de noir de fumée,
une poudre de carbone très molle. Bien que très simple,
le dispositif fonctionnait bien et démontrait la faisabilité
du principe de résistance variable. Cependant, le problème
de tassement, le carbone se tassant au fond du pot, diminuait l'efficacité
de l'émetteur. Bien que l'émetteur fonctionnait, il commençait
à présenter certains problèmes qui allaient compromettre
son développement en un instrument performant .
La différence essentielle étant que le carbone est remplacé
par du papier absorbant, humidifié avec de l'eau. Ce semi-conducteur,
comme le carbone, change de résistance sous l'effet de variations
de pression. Le papier est maintenu humide par capillarité grâce
à une bandelette dont l'extrémité plonge dans un
réservoir d'eau.
Fig 2
La figure du téléphone
conçue le 27 juin 187, montre une forme de téléphone
à transmission au carbone, ne nécessitant aucun réglage
et fonctionnant bien malgré sa simplicité de construction.
Il se compose essentiellement d'une métallique légère.
Le poids de la plaque supérieure assure une pression initiale,
que l'on fait varier en parlant dans l'ouverture du récipient.
Le bloc de carbone peut être remplacé par un disque de
tissu dont les pores ont été remplis de plomb noir pulvérisé.
Grâce à ce traitement, le tissu devient légèrement
conducteur.
fig 3
fig
4
L'instrument ainsi modifié est représenté à
la figure 3 (conçue le 20 septembre 1877).
À la figure 4 (conçue le 12 août 1877), le plombagine
pulvérisé P flotte sur le mercure M et est comprimé
entre la surface du mercure et un bloc métallique fixé
au centre du diaphragme.
fig 5
Une autre forme d'émetteur Edison est illustrée en figure
5, conçue le 5 juillet 1877.
La décision dEdison dutiliser le carbone sappuie
sur ses efforts pour comprendre les subtilités du des câbles
du télégraphe quil a vu en Angleterre en 1873. Afin
de mener des expériences en laboratoire, il construit des câbles
artificiels utilisant des rhéostats à haute résistance
constitués de tubes de verre remplis de carbone. Il a constaté
que ses câbles artificiels n'étaient pas fiables car la
résistance du carbone variait en raison du bruit et du mouvement,
mais ce type de résistance variable sensible était exactement
ce dont il avait besoin pour le téléphone.
Conçu en novembre 1877 , le 19 décembre 1877 Edison
dépose un brevet à Paris no 121 687 pour "des
perfectionnements dans les instruments pour contrôler par le son,
la transmission des courants électriques et de la reproduction
des sons correspondants au lointain" .

À la fin de 1877, Edison avait donc conçu un émetteur
dans lequel un petit bouton de carbone noir de fumée était
placé sous le diaphragme de l'émetteur.
Autre téléphone M. Edison
qui a imaginé un arrangement du microphone et permet de travailler
avec des courants relativement forts. Les deux points en platine du
contact variable sont enfermés dans une boîte qui est remplie
d'un liquide, par exemple de l'huile. Ce liquide empêche une vibration
trop vive des parties mobiles et ne laisse pas pénétrer
l'humidité jusqu'aux points de contact.
Émetteur à bouton de carbone Edison 1878
Le microphne Edison présente trois pièces principales,
une plaque vibrante, une pastille de charbon platinée, c'est
à dire recouverte d'une couche de platine, et d'une seconde pastille
de charbon
 |
La plaque vibrante ou diaphragme porte une couronne
garnie de trois pointes de charbon qui s'appuie sur la pastille
de charbon platinée. Celle-ci est en communication par une
bande qui l'entoure avec l'un des pôles d'une pile ; la seconde
pastille de charbon est mise en communication avec l'autre au moyen
d'un petit cordon métallique très flexible. Une vis
de pression qui s'appuie sur cette pastille permet de la presser
plus ou moins fort contre la première.
Ainsi dans tout le système, il n'y a réellement de
flexible que le diaphragme. Lorsqu'il rentre en vibration, il exerce
des pressions très variables contre les charbons, et le contact
de ceux-ci éprouve par là des variations continuelles
qui se reproduisent dans l'intensité du courant qui franchit
ce contact pour se rendre dans le circuit inducteur d'une bobine
d'induction, dont le courant induit est en communication avec le
fil de ligne et le circuit du téléphone récepteur. |
Un ancien et très-habile constructeur d'appareils
télégraphiques, M. Lippens, après avoir
vu et entendu fonctionner notre envoyeur Edison modifié, s'est
fait breveter pour un transmetteur qui, en principe, ne diffère
pas de celui dont je viens de parler. Cet appareil auquel l'inventeur
donne le nom de mégalophone, consiste en deux plaques
en ébonite placées aux deux extrémités d'une
boîte cylindrique, en regard l'une de l'autre et dans une position
verticale.

Au centre de chaque plaque est fixée une pièce en charbon
; une troisième pièce de la même matière
repose librement sur les extrémités des deux premières.
On parle devant une des deux plaques. Le mégalophone, comme les
autres parleurs, pour employer l'expressionadoptée par M. Hughes,
présentera des qualités qui le rapprocheront soit de l'envoyeur
Bell, soit du microphone Hughes, suivant que la pièce libre en
charbon sera plus ou moins mobile sous l'action des vibrations.
Le transmetteur Berliner
Parmi les premières formes d'émetteur granulaire, on trouve
celle conçue par Emile Berliner, appelée « Berliner
Universal ».
En 1877 Emile Berliner
né à Hanovre, Allemagne, immigre aux États-Unis
et s'est tout d'abord établi à New York, où il
a effectué de petits travaux afin d'assurer sa subsistance, puis
décide de déménager à Washington, D.C, car
on lui avait offert un emploi de commis dans une mercerie dont le propriétaire
était un compatriote allemand. C'est durant cette période
que M. Berliner a commencé à expérimenter avec
la technologie associée au téléphone nouvellement
inventé. Les figures ci dessous présentent deux vues différentes
d'une réplique exacte du modèle original de Berliner,
tel que déposé au bureau des brevets.
 |
Micro Berliner 4 mars 1877.  |
Sa construction était très sommaire. Le diaphragme
était une pièce circulaire en étain ordinaire et
la pièce de contact, une vis à bois en fer bleui. Le fonctionnement
de cet instrument (qui, au mieux, n'a jamais été satisfaisant
ni commercial) est le suivant : lorsque le diaphragme vibre, la pression
au point de contact, a (figure du haut), augmente ou diminue, faisant
ainsi varier la résistance du contact et provoquant des ondulations
correspondantes dans le courant.
Le 8 avril 1877, Berliner rédigea une première ébauche,
puis dépose en octobre 1877 le brevet U.S. Patent
199,141 "Telephone the transmitter", et accordé le
15 January 1878.
Puis Berliner déposa d'autres Brevets : U.S. Patent
222,652 Telephone (carbon diaphragm microphone), déposé
August 1879, accordé December 1879
U.S. Patent 224,573 Microphone
(loose carbon rod), déposé September 1879, accordé
February 1880


U.S. Patent 225,790
Microphone (spring carbon rod), déposé Nov 1879, acordé
March 1880
Cet émetteur était autrefois utilisé
dans une certaine mesure par la compagnie téléphonique
américaine Bell, mais il a ensuite été remplacé
par l'émetteur White pour les communications longue distance.
Le Microphone à contacts multiples de
M. Boudet
de Pâris.
 |
10
décembre 1878;
Brevet 127860. Perfectionnement du micro-téléphone
à contacts en charbon.
M. Boudet construit son microphone de la manière suivante.
Il prend un tube en verre de 10 centimètres de longueur et
d'un centimètre de diamètre intérieur.
Ce tube est fixé sur un socle dans une direction un peu inclinée.
Il est rempli de boules de charbon très dur, d'un diamètre
un peu moindre que celui du tube pour qu'elles puissent s'y mouvoir
librement. La première et la dernière boule reposent
contre des masses en cuivre qui, au moyen d'un ressort, exercent
sur les boules une pression plus ou moins forte et établissent
ainsi le contact entre elles. La masse supérieure de cuivre
communique avec un diaphragme en ébonite et une embouchure
ordinaire complète le microphone. Le courant local passe
par toutes les boules et il se produit des variations d'intensité,
suivant les différences de contact entre les boules qui résultent
des vibrations du diaphragme.
Comme ce microphone présente une assez grande résistance
intérieure, il faut employer une pile locale de 6 éléments.
Les expériences ont fourni des résultats satisfaisants |
Suivra le 7
octobre 1879 Brevet 139029. Nouvel
appareil microphonique.
M. Boudet de Paris a construit
un téléphone récepteur analogue à Ader dans
lequel la planchette de bois est remplacée par un diaphragme d'acier.
Cet appareil reproduit la parole avec le parleur microphonique du même
auteur en employant un seul élément Leclanché.
Ce microphone se compose dun tube de verre de 1 centimètre
de diamètre dans lequel sont placées six boules de charbon
de cornue dun diamètre un peu moindre, qui peuvent glisser
facilement à son intérieur sans éprouver de déplacement
latéral.
Ce tube, pris dans une bague, est articulé en son milieu, ce qui
lui permet de prendre toutes les inclinaisons.
A lune des extrémités du tube, est fixée une
embouchure de téléphone E portant une plaque débonite
de 1 millimètre dépaisseur et de 8 centimètres
de diamètre.
Une petite masse de cuivre fixée sur la plaque, pénètre
de quelques millimètres dans lintérieur du tube de
verre, et sappuie sur la première boule de charbon qüelle
embrasse en partie. A lautre extrémité du tube, se
trouve une seconde masse de cuivre à laquelle se trouve soudé
un petit ressort en spirale placé dans un étui , relié
à une vis de réglage . Cette vis de réglage se meut
dans un écrou en forme détrier fixé à
lextrémité du tube de verre. Le microphone ainsi disposé
fonctionne soit avec des courants directs, soit avec des courants induits.
Le microphone de M. Boudet de Pâris diffère des autres microphones
à contacts multiples en ce que les pressions exercées par
la membrane vibrante sont reproduites avec une intensité a peu
près égale sur chacun des contacts, à la façon
dont les chocs se transmettent, dans lexpérience bien connue
des billes de billard, les mouvements des boules dans le tube de verre
étant très-libres.
En plaçant le tube presque horizontalement, leffet de la
pesanteur se trouve presque complètement annihilé. Le ressort
en spirale et la vis rendent le réglage très-facile. Avec
six boules, lé microphone offre une résistance égale
à 36 ohms et fonctionne avec six éléments Gaiffe,
moyen modèle (peroxyde de manganèse et chlorure de zinc),
montés en tension. Avec des courants induits, une bobine dont le
fil inducteur a environ 1 ohm de résistance, la voix a pu franchir
des résistances de 150000 à 250000 ohms soit par des. bobines,
soit par des tubes deau.
Avec un téléphone récepteur à fil très-fin,
la voix a pu franchir une résistance artificielle de 480000 ohms.
Il est certain quen ligne cette résistance serait considérablement
réduite, par suite des effets secondaires produits sur la ligne,
par sa capacité et les inductions voisines.
En employant le courant direct, la voix cesse d'être entendue avec
une résistance de ioco ohms, et encore nest-elle bien nette
quavec" 800 ohms.
M. Boudet de Pâris a calculé que lintensité
du courant dans cette dernière expérience était de
10 milliwebers environ.
Avec les courants induits, lintensité dans le circuit inducteur
atteint et dépasse un dixième de weber.
Ces chiffres sont très-intéressants à connaître,
et ils montrent dans quel esprit scientifique malheureusement trop
rare, M. le docteur Boudet. de Paris poursuit ses recherchés.
Aout 1878 Nouvelle disposition de téléphone
récepteur.
M. Patocchi, inspecteur-adjoint du 6e arrondissement télégraphique
de l'Administration suisse, nous écrit la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
J'ai lu dans un journal de Milan qu'un professeur de Bologne avait imaginé
comme récepteur téléphonique en correspondance
avec le transmetteur à charbons de Hughes, un système
d'appareil qui permettait à plusieurs personnes d'entendre à
la fois très-facilement les sons reproduits. Le professeur dont
il s'agit ayant bien voulu, sur ma demande, me communiquer une description
détaillée de cet appareil, j'ai pu le construire moi-même
et je vous en adresse ici le dessin.
a a qui forme la caisse, est un simple tambour d'enfant ayant 15 centimètres
de hauteur et 15 centimètres de diamètre; b b est la peau
même de ce tambour ; c une plaque vibrante semblable à
celle des téléphones Bell; dd une bobine dont les fils
communiquent avec le transmetteur à charbons de Hughes; ee une
autre bobine dont les fils se rattachent à une pile locale de
deux éléments; ff un noyau en fer doux ;un ressort de
réglage, et h une vis qui permet d'élever ou de baisser
le noyau.
Avec ce simple appareil, j'ai obtenu dans de nombreuses expériences
des résultats très-satisfaisants. Plusieurs personnes
peuvent entendre à la fois, le chant, la musique, la parole,
etc. beaucoup plus distinctement qu'avec le téléphone
Bell ordinaire. Le problème de faire entendre à distance
la reproduction du son dans une salle entière a donc fait un
grand pas vers sa solution si même on ne doit pas déjà
le considérer comme résolu.
Agréez, etc. PATOCCHI.
:1880 Téléphone de M. Miiller
de Breslau.
Ce téléphone représenté en coupe longitudinale
dans la figure ci-contre, se distingue essentiellement des appareils
de ce genre construits jusquici, et en particulier du téléphone
Bell, par une petite tige en fer doux assujettie au centre de la plaque
vibrante, et vibrant avec cette plaque ; elle est entourée dune
bobine placée dans le même circuit que la bobine du barreau
aimanté, mais elle est enroulée en sens contraire. Afin
déviter une action perturbatrice directe sur laimant
ou sur la plaque vibrante (dans le cas où cette dernière,
ce qui nest pas nécesaire, serait en fer ou en acier),
la deuxième spirale est renfermée dans une forte carcasse
en laiton ou en maillechort qui sert en même temps à la
maintenir dans la boîte en bois extérieure. La bobine qui
entoure le noyau de fer est en bois ou en tout autre matière
nexerçant aucune influence sur laction magnétique
 |
Sous linfluence du barreau aimanté,
ce noyau de fer lui-même est transformé en un aimant
de polarité inverse et est attiré par le premier avec
une puissance déterminée. Si la bobine de laimant
est traversée par un courant électrique qui renforce
son magnétisme, ce même courant, en parcourant dans
une direction opposée la spirale de fil qui entoure le noyau
de fer, agit aussi en même temps, indépendamment de
linfluence directe de laimant, et fortifie le magnétisme
du premier et renforce par suite les effets magnétiques des
deux parties. Mais inversement un courant dirigé en sens
opposé affaiblira de la même manière ces mêmes
effets et, éventuellement, pourrait même les détruire
complètement. Dans ces conditions, lamplitude des vibrations
de la plaque vibrante doit être nécessairement plus
grande et le son produit plus fort que si cette plaque se trouvait,
comme dans le téléphone Bell, directement et exclusivement
sous linfluence de laimant.
Un renforcement analogue se produit si lon considère
le téléphone comme parleur. Les courants dinduction
engendrés par les vibrations de la plaque, et le changement
de lintensité magnétique dans les deux parties
qui sactionnent mutuellement, éprouvent dans ce téléphone,
soit dans un sens, soit dans lautre, un renforcement ; de
sorte que ce téléphone possède sur lappareil
Bell, autant davantages comme transmetteur que comme récepteur.
Lattraction du barreau aimanté sur le petit noyau de
fer doux tend à produire une certaine courbure de la plaque
vibrante. Pour remédier à cet inconvénient,
lorsque le téléphone est au repos, un petit ressort
en spirale (non représenté sur le dessin), tend à
éloigner le noyau de fer du barreau aimanté. assez
peu lun de lautre les deux parties terminales de cet
excitateur, pour que lintervalle puisse être rempli
par un crayon mobile de charbon de petit diamètre tendant
sabaisser sous linfluence de son propre poids. Ce charbon
glisse dans un tube qui lui sert de guide, et quand le courant vient
à traverser lexcitateur, ij porte à lincandescence
la partie du charbon qui se trouve intercalée entre les deux
parties métalliques, tout en en provoquant la combustion,
et il obtient ainsi un point lumineux qui présente peu de
résistance au courait. Lintensité lumineuse
de cet appareil nest pas très-grande, car sil
concentre en un point une quantité de chaleur relativement
grande, le contact du charbon avec les deux tiges de lexcitateur
qui doivent être assez larges pour ne pas fondre, détermine
un refroidissement qui sétend sur toute la partie incandescente.
Toutefois l'idée est nouvelle et cest à ce titre
que nous en parlons ici. |
Le téléphone RIGHI
Fait parti destéléphones qui parlent haut, cest-à-dire
que lon peut entendre sans porter lappareil à loreille.
C'est très certainement le téléphone décrit
par Patocchi.

Le récepteur est un téléphone de grande dimension
avec un diaphragme en papier parchemin portant une plaque de fer doux
dans sa parlie centrale, en face du noyau de laimant, qui est
beaucoup plus fort que dans les appareils ordinaires.Le transmetteur
présente comme pièce principale un petit vase I rempli
de plombagine en poudre et porté par un ressort R en communication
avec le circuit dune pile. Sur la plombagine pose un disque métallique
D en communication avec le même circuit et que lélasticité
du ressort R appuie contre le diaphragme L. Une vis de pression V permet
de modifier la pression de ce ressort. Cet appareil présente,
on le voit, quelque analogie avec les transmetteurs Edison et Blake.
Le disque métallique remplace la pastille de charbon métallisé
de lappareil Edison et le ressort R fait le même effet que
le manche élastique du disque à charbon de lappareil
Blake. En appliquant à ce transmetteur deux éléments
de pile Bunsen, on a pu faire entendre dans toute une salle les sons
dune trompette ou dune flûte; mais la voix humaine,
émise sur un ton ordinaire, ne sentendait guère
quà deux mètres.

Brevet 126074. B. de 15 ans, 12 août 1878 Righi. Perfectionnements
aux téléphones
Le Transmetteur Hunnings
Le premier transmetteur à granulés de carbone fut
inventé par le pasteur anglais, le révérend H.
Hunnings, en 1878 (spécification du brevet britannique n°
3647). La conception originale consistait en du coke sous pression entre
un diaphragme en platine et une plaque en laiton. Les conceptions ultérieures
utilisaient des granulés de carbone durs placés entre
deux électrodes en platine. Bien qu'il s'agisse d'une amélioration
par rapport aux autres transmetteurs à granulés de carbone,
il souffrait gravement du tassement des granulés. W. Deckert
reprit cette conception et la modifia afin de réduire considérablement
le tassement et d'offrir une reproduction sonore supérieure.
16 septembre 1878, Henry Hunnings en Grande-Bretagne
a breveté un émetteur Edison amélioré, qui
utilisait des granules de carbone au lieu de poudre. Cela a donné
une transmission plus forte et un tassement réduit du carbone
dans le bas de l'émetteur, un problème bien connu qui
a réduit le niveau de transmission . Ses amis, Edward Harrison
et Edward Cox-Walker, ont fabriqué le premier modèle "Hunnings
Micro-Telephone" qui s'est vendu au détail à 15 guinées
et le 27 janvier 1880, ils ont fait une démonstration publique
audacieuse à la Cleveland Institution of Engineers après
que le système eut été testé sur 45 miles
entre les gares de York et de Darlington.
Mais c'est une chose de déposer un brevet et c'en est une autre
de le faire fabriquer et d'en tirer un réel profit : pourtant
Edward Cox-Walker transforme le brevet Hunnings en un
produit manufacturé dans l'usine qu'il installe à Darlington
en 1880.
Micro Hunnings à droite
En 1881 Deckert réalise la modification, connue sous
le nom d' Hunning's Cone-Deckert.
La description suivante est tirée de "Electric Bells
and Telephones" Bernard E Jones, publié pour la
première fois par Cassell & Co. en 1916.
"Ces téléphones ont été utilisés
comme téléphones internes dans les laboratoires de
biologie de Harvard jusqu'en 1956. "
Cet instrument est représenté en demi-coupe par la
Fig. ci dessous.
Dans la forme originale représentée, le corps A et
le couvercle B sont en ébonite vissés ensemble. Le
corps est encastré pour accueillir le bloc de carbone, qui
est représenté en noir uni. Celui-ci est de plan circulaire
et a un dos conique, auquel est attachée une plaque de laiton
percée et taraudée pour recevoir la vis K, qui fixe
le bloc à l'intérieur du corps, et fournit également
l'une des connexions électriques. |
 |
| La face circulaire du carbone est
ondulée, ou plutôt parsemée de petites pyramides.
Face au bloc (mais pas en contact avec celui-ci) se trouve un disque
mince ou un diaphragme de carbone D, qui repose contre une bague
métallique H, et est fixé en position par la bague
vissée E en appui contre la bague de garniture F de feutre
ou de carton ciré . La connexion électrique avec le
diaphragme s'effectue à travers l'anneau métallique
évidé sur lequel il repose au moyen de la tige en
laiton représentée, rivetée et soudée
à celle-ci. Les fils vers la batterie et la bobine sont conduits
de I et K. Le couvercle B a une bague vissée interne pour
sécuriser le diaphragme en gaze métallique G, dont
la seule fonction est de protéger le délicat diaphragme
en carbone D contre les dommages accidentels. L'espace peu profond
entre le bloc clouté et le diaphragme en carbone est rempli
de carbone granulé, tamisé à une taille égale,
recouvert d'un film de graphite et «soigneusement tamisé
à l'abri de la poussière. Ces granulés polis,
calibrés et sans poussière constituent une liaison
partielle, imparfaite et variable entre le bloc arrière ondulé
et le diaphragme flexible lui faisant face. Théoriquement,
on pourrait supposer que ce garnissage granulé doit arrêter
la vibration du disque sous l'impact des ondes sonores; mais la
pratique a prouvé qu'une résilience encore plus que
suffisante est conservée par le disque (qui doit, en fait,
être en plus mis en sourdine ou contrôlé à
des fins téléphoniques ordinaires). |
 |
Les deux électrodes étaient en carbone.
L'électrode arrière a été marquée
pour produire une série de pyramides ou de cônes. Les cônes
maintenaient les granules bien étalés et leurs pics n'étaient
pas alignés de sorte que les granules étaient empêchés
de descendre en descente. Les pics centraux avaient de petites touffes
de soie pour amortir toute vibration du diaphragme.
Par la suite, il sera remplacé par le Transmitter Solid Back
.
Là où il y a innovation technologique,
les litiges ne sont pas loin. En 1882, la United
Telephone Company a poursuivi Harrison Cox-Walker Ltd pour contrefaçon
des brevets Bell Edison qu'elle détenait. Hunnings a comparu
comme témoin pour démontrer avec succès que sa
conception de microphone était différente de celle d'Edison,
mais le récepteur Cox-Walker était perçu comme
une copie de la conception d'Edison. Après de longues querelles
juridiques, le brevet de Hunnings a été vendu à
UTC pour 1 000 £ (environ 50 000 £ aujourd'hui). Le rôle
du microphone à charbon dans le développement du téléphone
n'était pas encore clair, mais grâce à de légères
modifications visant à éviter l'accumulation de granules,
la conception de Hunnings s'est imposée comme la forme dominante
d'émetteur téléphonique pendant un siècle,
grâce à un membre du clergé.
De nombreux autres instruments ont été conçus,
utilisant une ou plusieurs billes maintenues à divers endroits
entre des plaques de carbone.
Peu sont utilisés aujourd'hui, et tous les transmetteurs décrits
jusqu'à présent sont rapidement remplacés par l'instrument
Hunnings, qui, comme indiqué précédemment, utilise
des granules de carbone comme milieu à résistance variable.
Le transmetteur Bourseul
En 1879 Bourseul imagine
un microphone: "deux charbons de cornue cylindryques sont enfoncés
dans un manchon de caoutchouc très souple. Le manchon serre les
deux charbons qui s'y trouvent placés à 1/2 mm l'un de
l'autre. Il se forme ainsi un petit espace clos que je remplis de poudre
de coke". Bourseul après plus de 200 essais n'est toujours
pas satisfait,


Transmetteur Bourseul Brevet N° 201 002 du 28 sept 1889
Lappareil consiste, comme on le sait, dans deux planchettes de
bois montées parallèlement lune devant lautre
sur deux dés en caoutchouc, et qui sont réunies par deux
petits cylindres de charbon enveloppés par un tube de caoutchouc.
Au point de contact des deux charbons se trouve introduite une certaine
quantité de poudre de coke ou de poussière médiocrement
conductrice qui se trouve maintenue en place par le tube de caoutchouc,
et celui-ci a en même temps pour fonction de serrer lune
contre lautre les deux extrémités des charbons.
Aucune modification n'ayant été apportée
au transmetteur Bourseul, cet appareil ne remplit pas les conditions
exigées à dater du 1er janvier 1893 et, parconséquent,
n'est plus admis sur les réseaux de l'État.
Le nouveau Transmetteur Berliner
Parmi les premières formes d'émetteur granulaire, on trouve
celle conçue par Emile Berliner, appelée « Berliner
Universal ».
La situation juridique en Europe était différente de celle
des États-Unis, et de nombreux émetteurs étaient
en train dêtre créés qui auraient eu des problèmes
juridiques aux États-Unis. Le transmetteur à granulés
de carbone était largement utilisé, Berliner avait inventé
une version en 1893 qui présentait l'émetteur horizontalement
et alimentait le son dans un diaphragme à la base.
 |
Sur la figure, le diaphragme D est en carbone et monté horizontalement
dans un boîtier formé de deux pièces A et B
en caoutchouc dur. Un anneau en laiton R est fixé au-dessus
pour assurer un bon contact électrique. Un bloc cylindrique
de carbone est fixé à la tête élargie
f de la vis j montée sur le bloc B. Sur sa face inférieure
sont tournées plusieurs rainures concentriques en forme de
V. Les points formés entre ces rainures touchent presque
le diaphragme. Le carbone finement divisé c repose sur le
diaphragme et est confiné dans l'espace entre lui et le bloc
de carbone par un anneau en feutre F qui entoure ce dernier et appuie
légèrement contre le diaphragme. Au centre de la plaque
arrière est fixé un tube en caoutchouc souple r, suffisamment
long pour entrer en contact avec le diaphragme, sa fonction étant
d'amortir les vibrations du diaphragme. L'embouchure, M, est courbée
de manière à conduire les ondes sonores vers le centre
du diaphragme. Cet émetteur était autrefois utilisé
dans une certaine mesure par la compagnie téléphonique
américaine Bell, mais il a depuis longtemps été
entièrement remplacé par l'émetteur White pour
les communications longue distance. |


Cela a permis de produire un émetteur efficace largement utilisé
par les fabricants d'Europe occidentale. On l'appelait l'émetteur
universel de Berliner.
Le Transmetteur Blake
Aux Etats-Unis Le type d'émetteur presque universellement
utilisé jusque la, était celui conçu par Francis
Blake de Boston.
C'est ce qui a assuré à l'émetteur de Blake sa
place dans l'histoire. Thomas Watson avait désespérément
lutté pour trouver quelque chose de mieux que le modèle
d'Edison - et lorsque "Frank Blake est arrivé avec son émetteur,
nous l'avons acheté dit il". Bell disposait enfin d'un émetteur
« aussi bon, voire meilleur, que celui d'Edison » et était
donc confiant de poursuivre Western Union (par l'intermédiaire
du directeur de leur « American Speaking Telephone Company »)
pour violation de brevet - une bataille qu'ils ont (improbablement)
gagnée, lorsque Western Union a réglé à
l'amiable et a cédé tous ses brevets et toutes ses activités
téléphoniques à son petit rival .

Cet instrument est représente par un anneau ou cadre métallique
servant à maintenir le mécanisme de l'instrument. Il est
vissé au couvercle du boîtier A et comporte deux pattes
diamétralement opposées. Sur cet anneau est monté
le diaphragme, en tôle de fer assez épaisse, supporté
par un anneau de caoutchouc tendu sur son pourtour. Il est maintenu
en place par deux ressorts amortisseurs, chacun reposant sur un petit
bloc de caoutchouc souple , reposant sur le diaphragme en un point proche
de son centre. Ces ressorts amortisseurs ont pour but d'empêcher
une trop grande amplitude de vibration du diaphragme et de l'empêcher
de vibrer en plusieurs parties au lieu de vibrer d'un seul tenant. En
face du centre du diaphragme se trouve l'orifice du couvercle', creusé
de manière à former une embouchure. Le levier de réglage
est fixé au ressort ;' fixé à l'ergot de la bague
. L'extrémité inférieure de ce levier repose sur
une vis de réglage , située dans l'ergot, percée
et fendue comme illustré pour l'empêcher de se desserrer.
À l'arrière du diaphragme, en son centre, se trouve l'électrode
avant, constituée d'une petite barre en platine ; une extrémité
de la barre repose contre le diaphragme, tandis que l'autre extrémité,
arrondie, est en contact avec l'électrode arrière. L'électrode
e est supportée indépendamment par un ressort léger,
monté sur le levier , mais isolé de celui-ci. Ce ressort
tend à exercer une pression sur le diaphragme et à le
rapprocher de l'électrode arrière. L'électrode
arrière est constituée d'un bloc de carbone, , encastré
dans un bloc de laiton, d'un poids considérable, monté
sur un ressort, supporté par le levier de réglage,. Ce
ressort, d, a une tension opposée à celle du ressort,
et, étant plus fort que ce dernier, il maintient l'électrode,
en contact avec le diaphragme.
On constate qu'au lieu d'avoir une électrode maintenue en position
fixe tandis que l'autre est pressée contre elle avec une force
plus ou moins grande par les vibrations du diaphragme auquel elle est
reliée, les deux électrodes sont supportées de
manière à pouvoir se déplacer avec le diaphragme.
Cependant, l'électrode extérieure est tellement lestée
que son inertie offre une résistance suffisante aux vibrations
légères et rapides du diaphragme pour créer une
pression variable entre les électrodes et, par conséquent,
les variations de résistance du circuit. De cette façon,
la pression initiale entre les deux électrodes ne sera pas affectée
par les variations de température, et l'ajustement sera donc
plus durable.
Cet émetteur est très délicat et transmet la qualité
de la voix d'une manière inégalée. Il manque cependant
de puissance, surtout comparé aux instruments de conception plus
récente. De plus, il a tendance à vibrer ou à rompre
le contact lorsqu'il est sollicité par des bruits forts.

Le Transmetteur Crossley,
Louis Croley de Halifax au Royaume-Uni, a conçu un émetteur
basé sur l'émetteur à crayon de carbone de Hughes
(1879).
Le premier modèle
Émetteur téléphonique de type bureau Crossley,
fabriqué par Emmot et Blakey, Bradford, West Yorkshire, Angleterre,
1879
Brevet 140017. de 15 ans, 7 décembre Perfectionnements
dans les appareils et les dispositions pour lusage des téléphones
et des microphones.
Puis Il utilisa quatre crayons de carbone libres et les installa en
losange entre les creux de quatre blocs de carbone fixés sous
un fin diaphragme en pin ou en sapin.
 |
Cette figure, représente un
diaphragme constitué d'une fine planche de pin d'environ
1/8 " d'épaisseur, montée sur un anneau de support
K.
Quatre blocs de carbone F, G, H et I sont fixés à
ce diaphragme, dans les positions relatives indiquées. Ils
sont évidés pour recevoir les extrémités
coniques des crayons de carbone A, B, C et D, qui sont maintenus
librement entre eux. Les blocs H et G constituent les bornes de
l'émetteur. Le courant se divise au niveau du bloc H et passe
par les crayons A et C, en multiples électrodes, vers les
blocs F et I, puis par les crayons B et D, jusqu'à l'autre
électrode G. Les vibrations du diaphragme provoquent des
variations de l'intimité de contact entre les huit points
d'appui des quatre tiges, et produisent ainsi les fluctuations de
résistance souhaitées. Il s'agit d'une simple modification
du microphone Hughes, les principes étant les mêmes,
mais le contact multiple permet à un courant plus important
de traversent l'émetteur et produisent simultanément
des variations de courant plus importantes que dans la forme originale,
où un seul crayon était utilisé. De plus, le
risque de « cliquetis » est considérablement
réduit. |
En 1880 en France le système Crossley
est installé sur les réseaux de Lyon, Marseille, Bordeaux
et Nantes, puis sera commércialisé par la SGT jusuq'en
1890 pour la province. En France, Mourlon fabriquait également
des téléphones Crossley.
Le Crossley fut donc le premier téléphone à crayon
carbone mis en usage courant. Il ne faut pas oublier non plus que tout
cela s'est produit dans les trois ans suivant le brevet de Bell.

Crossley connaissait également Walter Emmot et
Edwin Blakey, qui tentaient d'introduire le téléphone
Bell au Royaume-Uni, mais avaient du mal à trouver un émetteur
efficace. L'instrument Crossley a été largement utilisé
pour les clients sur câbles privés et les premiers centraux
téléphoniques, et a été pendant quelques
années le téléphone standard utilisé par
la Poste (GPO), jusqu'à ce qu'il soit remplacé par le
téléphone Gower-Bell.
Crossley a fait la démonstration de son émetteur entre
Saltaire et Halifax, sur une distance de huit milles. Pour un récepteur,
il a utilisé des unités de type Bell et Ader à
des moments différents. Le téléphone a été
amélioré et mis en production par Emmott et Blakely dans
leur usine de Bradford. L'un des contacts d'Emmott était Walter
Preece, le surintendant électrique de la poste britannique.
Contrairement à de nombreux cadres supérieurs de la Poste,
Preece, après des réticences initiales, a vu le potentiel
du téléphone et l'a surveillé.
Le téléphone était maintenant
d'usage public, commercialisé par la United
Telephone Company et d'autres, comme la nouvelle West Riding
Telephone Company de Crossley. United était également
douloureusement conscient des limites de distance des téléphones
de Bell. En 1879, ils achetèrent le brevet du téléphone
de Crossley pour vingt mille livres. La poste britannique se tournait
également vers la nouvelle technologie à cette époque
et achetait un grand nombre de téléphones Crossley.
Blakey et Emmott d'Halifax ont utilisé cet émetteur dans
leurs téléphones et ont été le premier fabricant
à approvisionner GPO en 1881.
Les téléphones ont également été
remarqués à létranger. Ann Moyal, dans son
livre " Clear Across Australia ", rapporte que les Crossley
étaient utilisés sur des lignes privées entre les
ministères gouvernementaux à Melbourne dès 1881.
Ils sont également apparus en Amérique du Sud et peut-être
en Afrique du Sud, et semblent avoir été évalués
au Japon.
Trés utilisé en Angleterre le système Crossley
est aussi installé sur les réseaux français de
Lyon, Marseille, Bordeaux et Nantes, puis sera commércialisé
par la SGT jusuq'en 1890 pour la province. Ce Microphone Crossley
à charbon inspira Ader .
Après l'acquisition du brevet auprès de Crossley par l'UTC
pour 200 000 £,58 la NTC l'utilisa pour diffuser les sermons des
églises à ses abonnés, car il était capable
de capter et de transmettre clairement la parole même lorsque
l'orateur se trouvait à une certaine distance de l'appareil.5?
Il fut également utilisé en combinaison avec des récepteurs
Bell par les sociétés indépendantes de Preston
et de Sheffield, décrites au chapitre quatre.
Le Transmetteur de BASSOMPIERRE

En France, le transmetteur ADER
Crossley et Ader se sont tournés indépendamment vers les
travaux du professeur Hughes
pour améliorer l'appareil. Hughes avait développé
et publié, mais non breveté, un appareil qu'il appelait
un microphone. Il utilisait un crayon de carbone monté sans serrer
dans des blocs de carbone, collés à un diaphragme. Il
donnait le signal variable nécessaire à la transmission
de la parole. Elle avait aussi ses faiblesses.
Dès 1878 Après de nombreuse expériences comme on
peut lire dans une page dédiée,
Ader conviendra que le système récepteur de Bell avec
le microphone à charbon de Hughes est bien la meilleure solution.
1883 Ader construit un microphone composé de 10 bâtons
en charbon montés sur 3 traverses. Il est très simple
à fabriquer et pas onéreux, facile à installer,
ne necessite aucun réglage : il est donc très avantageux.

Brevet US274246A sera approuvé
le 20 Mars 1883
.. 

Le transmetteur Berthon
en France
Il se compose dun boîtier en ébonite AA, sur
le fond duquel sont superposées: une rondelle de caoutchouc
E, une plaque de charbon C, une seconde rondelle de caoutchouc F,
une seconde plaque de charbon D, et enfin une troisième rondelle
de caoutchouc G; le tout estassujetti par une bague nickelée
H, qui se visse à lintérieur du boîtier.
La plaque C porte en c un anneau qui fait saillie et forme une sorte
de cuvette dans laquelle on place de la grenaille de charbon.
Cette grenaille se meut librement entre les deux plaques de charbon,
dans lespace qui correspond à la cuvette.
Les deux plaques de charbon forment ce que lon pourrait appeler
les deux pôles du microphone; elles sont reliées au
circuit primaire du transmetteur.
La plaque supérieure est vernie extérieurement, et
cest devant elle que lon parle.
|
 |
Le Transmetteur DARSONVAL en France


Les trois prismes de charbon A, A,, D (fig. 39) sont boulonnés
sur la planchette de sapin XY. Entre ces trois prismes sont placés
quatre cylindres de charbon, tels que C, dont chacun est entouré
dune enveloppe de tôle nickelée c. Les quatre charbons
cylindriques sont mobiles entre les prismes qui leur servent de support;
ils sont montés par deux en dérivation et par deux en
série.
Un aimant en fer à cheval NS est fixé sur le ressort R.
Cet aimant a pour objet de régler la mobilité des charbons
en agissant sur leur gaine de tôle c. Pour cela, il faut que.
suivant les besoins, on puisse augmenter ou diminuer l'espace qui sépare
laimant des cylindres de char bon.
A cet effet, le ressort R qui supporte laimant NS est commandé
par une came excentrée B.
La came de réglage B est calée sur laxe bb qui se
prolonge dune face à lautre de l'appareil et qui
est absolument indépendant de laimant NS. Dun côté,
son extrémité est filetée et sengage dans
un écrou F fixé à lébénislerie
du transmetteur ; de lautre, lextrémité b
tra verse une pièce métallique E, également fixée
à lébénisterie ; mais, sur la face opposée,
b se termine par une tête de vis masquée par une contre-vis
Y, que lon enlève pour opérer le réglage.
Si, au moyen dun tournevis, on fait avancer ou reculer d'un pas
de vis laxe bb, ce qui ne déplace pas sensiblement la came
B dans le sens latéral, on fait exécuter à cette
came une révolution complète et, en raison de son excentricité,
on passe par toutes les positions de réglage que le microphone
est susceptible de recevoir ; ce réglage peut se faire pendant
la conversation.
Le transmetteur BREGUET en France
 |
Dans lun de ces derniers types, le
microphone est du système dArsonval, dont laimant
a (fig . 43) est réglable par une vis Y ; dans lautre
cest un microphone (poire) Breguet, dont les quatre
crayons de charbon sont associés par deux en dérivation
et par deux en série.
La clé dappel est intimement liée au
levier-commutateur et forme avec celui-ci un organe unique; seul
le bouton dappel PQ, taillé en biseau, est indépendant.
Le levier-commutateur est disposé en croix et monté
sur une plaque en ébonite MN.
La partie AB (fig. 44) coulisse dans les glissières E, F;
la partie CD se déplace entre les ressorts r K , r 2 , r
3 , r, t dune part, et les res sorls r 5 , r 6 , r 7 , r 8
dautre part. Les rondelles b1,b2 sont isolées des autres
parties du commutateur. En arrière de la pièce centrale
G (fig. 43 et 44) est vissée une forte goupille g , qui traverse
la plaque débonite MN par une ouverture H, ménagée
à cet effet. Cette goupille est en prise avec le crochet
mobile IKJ, qui pivote autour de la vis K fixée sur la plaque
MN.
Le jeu du crochet permet donc de faire remonter tout le système
ABCD ou de le laisser retomber, ce dernier mouvement de haut en
bas étant facilité par les ressorts antagonistes R1,
R 2
|
Lorsque le crochet IKJ est abaissé, le système
ABCD est relevé et la branche CD est en contact avec les
ressorts r 6 , r 7 , les autres ressorts restant isolés.
Lorsque le crochet IKJ est relevé, le système ABCD
est abaissé, et la branche CD est en contact avec les ressorts
r1, r 2 , r 3 , r 4 , les autres ressorts restant isolés.
Dans cette position, aucun appel ne peut se produire, et cest
en vain que 1 on agirait sur le bouton-poussoir L.
Ce bouton commande une pièce PQ, qui coulisse dans le pont
en métal 0 et qui est ramenée au repos par le ressort
à boudin, R ( fig . 43).
La pièce P est un plan incliné et est creusée
dune gorge p pour laisser passer la tête A de la tige
AB. La tige AB porte en nr,, a 2 deux galets. Les ressorts r 6 ,
r 7 sont garnis de deux isolants e1,e 2 .
|
 |
Transmetteur Breguet à petite distance .
Ce modèle , représenté par la figure 4 , a
la forme d'un pupitre au - dessous duquel la plaque microphonique est
retenue par un tube métallique re courbé en col de cygne
et à l'intérieur duquel passent les fils de communication
.
Sur la face supérieure du pupitre on voit le timbre d'une sonnerie
; sur la face antérieure se trouve la clé d'appel . La caisse
elle - même contient le mécanisme de la sonnerie , un paratonnerre
à papier , la bobine d'induction et le levier - commutateur .

Le microphone ( fig . 5 ) a la forme d'un hexagone dont six charbons cylindriques
forment les côtés .
Transmetteur Bréguet à grande distance .
L'appareil dit à grande distance ( fig . 8 ) a la même forme
que le précédent ; son mécanisme est peu différent
, mais les deux modèles se distinguent par leur agencement électrique
.

La disposition originale de ce système est due à MM . Mandroux
et Pecquet , appartenant tous deux à l'administration des Postes
et des Télégraphes . Les charbons microphoniques , au nombre
de deux , sont isolés l'un de l'autre et en relation avec des bornes
CM , CM ( fig . 9 et 10 ) . A ces bornes aboutissent les pôles de
même nom de deux piles absolument distinctes dont les seconds pôles
se réunissent sous la borne ZT de droite . Ces piles comprennent
, chacune trois éléments de Lalande et Chaperon .
Les extrémités des charbons qui ne sont pas reliées
aux pôles de la pile sont rattachées l'une à une vis
, l'autre à un commutateur automatique . Ce commutateur est un
levier coudé dont un ressort à boudin maintient la grande
branche abaissée . Cette branche reste isolée lorsque le
récepteur étant au crochet , le levier commutateur est abaissé
; en effet le ressort du levier ne touche plus cette branche qui , obéissant
à l'action de son res sort antagoniste , abandonne la vis butoir
placée au dessus Lorsqu'au contraire le levier commutateur se relève
, le ressort , en remontant , entraîne le levier coudé dont
la grande branche vient toucher la vis butoir , de sorte que ce levier
communique à la fois avec le ressort et avec la vis .
Le Transmetteur BOURDIN en France
Sa construction reste sensiblement la même; que les autres, le
fabricant s'est borné à appliquer les prescriptions de
la note administrative du 10 juin 1892. Il y avait deux modèles
: transmetteur vertical et incliné.
Modèle vertical

Le transmetteur est particulier avec 4 lames de charbon cylindro-coniques
inclinées en regard de 2 blocs de charbon,
Le microphone Bourdin, dont M. Dieudonné réclame la paternité,
se distingue par son originalité. Sur la plaque en sapin P (fig.
111), quatre lames de charbon C,C, C, Csont isolées l'une de
l'autre. Dans un évidement de la boîte, et en regard de
ces lames de charbon, deux blocs, également en charbon, sont
vissés sur une planchette fixe. On voit en D D' un plan de ces
blocs, en D" une coupe transversale.
Le transmetteur BANCELIN en France
Diposition de 6 charbons, 3 par 3 en paralléle relés sur
le point central M

Le Transmetteur Clamond 1887 en France
 |
Le microphone de CHARLES CLAMOND
brevet N° US372455 du 1 novembre
1887.
Citoyen de la République française, Clamond a inventé
certaines améliorations nouvelles et utiles aux microtéléphones
(brevetées en France le 14 août 1886, n° 177 967,
et en Belgique le 23 février 1887, n° 76 460).
C'est un émetteur à électrodes multiples, utilisant
des billes de carbone au lieu de crayons ou de pendentifs. A représente
le diaphragme vibratoire en carbone ; B une plaque de carbone comportant
un certain nombre de cavités cylindriques, 1 1, sur un côté.
Une bille de carbone, s, est insérée librement dans
chaque cavité. La profondeur des cavités est légèrement
inférieure à la moitié du diamètre des
billes, et le diaphragme est placé à l'avant de la
plaque de sorte que les billes, suivant leur tendance à rouler
hors des cavités, reposent contre sa surface intérieure
et également sur les bords de ces dernières |
L'transmetteur Gower.
L'émetteur Gower est une variante du
microphone à crayon de carbone Hughes, mais se compose de huit
tiges de crayon de carbone entre neuf blocs de carbone. Ceux-ci sont
disposés en étoile et huit blocs sont reliés à
deux bandes de cuivre.
Cela forme deux groupes de crayons, en série, chaque groupe étant
composé de quatre crayons parallèles. L'ensemble est fixé
sur une planche de pin de 23 cm x 12,7 cm x 3,2 mm d'épaisseur,
logée dans un boîtier similaire au Crossley, à la
différence que la planche peut être munie d'ouvertures
pour la parole ou d'un bec en porcelaine. L'émetteur est représenté
à gauche de l'image ci-dessous, marqué d'un « h
».
Utilisé par le BPO dans le téléphone Gower-Bell
.
Modèle
Anglais Gower-Bell
Gower Bell

Gower Bell Anglais .
Ces appareils sont très répandus en Angleterre et aux
colonies. Les Anglais annonce ce téléphone comme étant
des "Loud speaking téléphone" ou appareils
parlants haut.
Le transmetteur Burgunder
Le microphone est
du type Gower ; il se compose (fig . 46) de six crayons de
charbon A1, ..., A6, rayonnant en forme détoile autour
dun cylindre central B, également en charbon.
Ces crayons sengagent dans le cylindre B normalement à
sa surface latérale; chacun deux sengage aussi
dans un autre cylindre plus petit a 1 ...a 6 .
Les cylindres de charbon sont reliés entre eux par des lames
de cuivre ; il en est de même des cylindres a1 et a2, réunis
par b1 et b2.
Les cylindres a , ainsi que le cylindre B, sont boulonnés
sur la planchette microphonique MN, tandis que les crayons A restent
libres entre leurs points dappui.
Aux extré mités E, F, sont disposées deux pièces
métalliques qui prennent contact avec la pile microphonique
et le circuit pri maire de la bobine dinduction. 
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 |
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Le nouveau microphone de M.
Burgunder est à grenaille moulée. Dans
une coupelle métallique A (fig. 34) est placée de
la grenaille de charbon moulée de 0,5 millimètre de
diamètre. Cette coupelle porte deux oreilles qui permettent
de la visser sur une plaque vibrante en charbon B. Elle en est séparée
par une bague en caoutchouc, et les vis de liaison traversent des
canons en ébonite. La coupelle A ne communique donc électriquement
avec la membrane de charbon B que par lintermédiaire
de la grenaille. Cet ensemble microplionique est monté dans
un boîtier métallique , dans lequel la membrane B est
pincée entre deux bagues de plomb et immobilisée par
un anneau E que lon visse à lintérieur
du boîtier. A la partie inférieure du boîtier
est rapportée une pièce de contact F, isolée
par la rondelle en ébonite G, mais raccordée à
la coupelle A par un fil volant pincé sous deux vis. Les
prises de communication du circuit primaire sont assurées
par deux ressorts, dont lun sappuie sur le boîtier
lui-même et est ainsi relié à la membrane de
charbon ; lautre est appliqué sur le téton f
qui surmonte la pièce F. Le boîtier métallique
D est enfoncé dans lébénisterie de lappareil;
son couvercle H, qui porte lembouchure K, est vissé
par dessus, de sorte que le boîtier complet se trouve à
cheval sur la planche de fermeture et peut tourner facilement. On
évite ainsi le tassement de la grenaille. Ce microphone est
réglé une fois pour toutes par le constructeur. |
Le transmetteur BURNSLEY
 |
Les variations de contact entre deux
électrodes de charbon c et d sopèrent par les
vibrations de deux membranes m et m', également influencées
par le son émis à lembouchure A. L'intensité
du contact des deux électrodes est déterminée
par la tension du ressort R que lon peut régler à
volonté au moyen dune vis. On remplit quelquefois lespace
compris entre les diaphragmes dune sorte de matelas en bourre
de coton, destiné à amortir les vibrations anormales
de leurs faces en regard, sans nuire à leffet
des sons qui frappent plus directement leurs faces extérieures.
A. L'étroitesse du contact des deux électrodes est
déterminée par la vis de réglage
R. Un tampon de coton est parfois placé dans l'espace entre
les diaphragmes afin d'amortir les vibrations anormales de leurs
surfaces internes sans gêner l'effet des sons qui frappent
l'extérieur.
Le réglage de l'appareil s'effectue au moyen du ressort R,
ou par une inclinaison plus ou moins grande du plan qui supporte
l'une des électrodes. |
Le transmettteur E. Christiaen en Belgique
1885 M. Christiaen, de Passchendaele, près Roulers, a
imaginé un transmetteur microphonique représenté
par la figure ci-dessous et dont les crayons de charbons bb' taillés
aux deux extrémités en forme de pivots et légèrement
posés entre des charbons fixes aa a'a', sont rendus mobiles par
limpulsion quon peut imprimer au cadran mobile C, derrière
lequel ils sont établis. La taille des crayons en forme de pivots
leur donne une sensibilité extraordinaire. Il est à remarquer
que cette sensibilité est plus ou moins grande, suivant la position
verticale quoccupent les crayons. Le cadran mobile permet de leur
donner rme position en rapport avec lintensité quon
veut imprimer aux sons à transmettre.
Le réglage sobtient en desserrant les deux vis à
boutons a et a, fixées sur le cadran C et glissant dans un encadrement
à rainures en cuivre ou en nickel bb'. Lorsquon imprime
à ces vis un mouvement de droite à gauche ou de gauche
à droite (dans le sens indiqué par la flèche),
lopérateur imprime un mouvement similaire au cadran et
aux crayons qui y sont attachés.
Il résulte, daprès les expériences faites
au moyen de ce nouveau transmetteur par linventeur, que la transmission
de la parole peut se faire aussi bien pour lopérateur placé
à dix mètres de lappareil que pour celui qui en
serait distant de 30, 40 ou 50 centimètres.
Le microphone à torsion
L'appareil désigné sous
le nom de microphone à torsion de Dunand est une forme
qui paraît posséder quelques avantages; il se compose
de deux plaques AA', qui sont fixées dans une bague en bois,
dont la position préserve le système microphonique
de l'air et des poussières qui salissent fréquemment
les contacts des microphones ordinaires.
Chacune de ces plaques (membranes sonores) porte à son centre
un petit disque de charbon BB'. Entre ces disques on serre un petit
morceau de charbon ovale. Sur le centre de ce petit morceau de charbon
est enroulé un fil de laiton F, lequel, tendu diamétralement
sur la bague de bois, est attaché par son bout inférieur
avec cette bague et par son bout supérieur avec le bouton
E, que l'on tourne en partie de cercle afin de donner au fil un
certain degré de torsion, et, par suite, régler la
sensibilité du microphone. Cet instrument peut transmettre
en même temps dans le téléphone la parole ou
le chant de deux personnes, si l'une d'elles dirige sa voix sur
une des membranes sonores et l'autre sur l'autre membrane. |
 |
Le Transmetteur DEGRYSE WERBROUCK
1889 La forme des charbons microphoniques est celle des Ader : quatre
morceaux cylindriques, disposés verticalement, s'engagent dans
des pièces prismatiques placées horizontalement et boulonnées
sur la planchette vibrante en sapin, comme le montre la figure.
Les charbons cylindriques sont d'ailleurs montés par deux en
surface.

Ce qui caractérise le transmetteur Degryse-Werbrouck, c'est le
mode de réglage du microphone.
Ainsi qu'on peut le voir dans la 1igure 134 qui représente une
coupe, les charbons verticaux sont légèrement comprimés
par un tampon de coton cardé C. Le coton est collé sur
une plaquede liège L, montée elle-même sur un ressort
R qui tend à l'éloigner des charbons ; mais une vis V,
traversant le bâti de l'instrument, agit sur la plaque de liège
et l'empêche au contraire de s'écarter des charbons. On
conçoit qu'en combinant
l'action de la vis avec celle du ressort, on puisse obtenir un réglage
tel que les charbons conservent une certaine mobilité,sans que
cependant ils puissent se déplacer brusquement.
En résumé, le tampon de coton a pour objet d'éviter
les crachements, d'adoucir les sons et de donner plus de netteté
à la parole.
Depuis l'admission de cet appareil sur les réseaux
aériens et souterrains, M. Degryse-Werbrouck a été
invité par l'administration des Postes et des Télégraphes
à changer la disposition des bornes de son transmetteur, de façon
à la mettre complètement en harmonie avec les montages
Le téléphone De Lalande

En 1895, Dans « Le Dictionnaire dElectricité »,
le professeur et scientifique Julien LEFEVRE décrit cette invention:
"Afin déviter les vibrations parasites
M. LALANDE
a eut lidée dappliquer aux charbons des microphones
le système employé dans les instruments scientifiques
pour amortir les oscillations, et qui consiste à faire plonger
dans un liquide les parties vibrantes,
de façon à
obtenir la plus grande sensibilité en même temps quune
netteté parfaite« . Le liquide quemploie Félix
de LALANDE pour son invention est le mercure. Ce » nouveau microphone
» dit « Système LALANDE » est « admis
par ladministration des Postes et Télégraphes sur
les réseaux de lEtat. Il possède une puissance et
une netteté remarquable et ne donne pas de résonances
sur les circuits les plus étendus; il nest pas exposé
à se dérégler"
Le transmetteur DEJONGH Scientifique Belge,
le microphone est constitué de deux fois 4 crayons de charbon
montés en parallèle.



Le transmeteur De Jongh est une forme très pratique
et efficace d'émetteur à crayon de carbone.
Il est constitué d'un diaphragme en bois de pin de 17 cm. x 10
cm. sur lequel sont apposées deux séries de blocs de carbone
dont les surfaces sont polies. Chaque ensemble de blocs est relié
entre eux au moyen d'un fil flexible, solidement lié autour de
chaque bloc. Derrière le diaphragme, à une distance d'un
demi-pouce, est placée une planche de base dans laquelle sont
enfoncées deux rangées de broches en laiton, courbées
à un angle d'environ 45° et formant ce qui est pratiquement
une série de plans inclinés. Sur ces broches reposent
librement quatre crayons, également en carbone poli. Un coussin
en caoutchouc indien sépare le diaphragme de la planche de base.
Le transmetteur DUCOUSSO



Le microphone (fig. 67) est formé par une cuvette en charbon
AA, sur laquelle est vissée une coupelle métallique B,
divisée en trois compartiments bt , b 2 , b3 , dans lesquels
est placée la grenaille de charbon. La coupelle B est isolée
de la cuvette AA par une rondelle de mica g et par une lame débonite
h. Au-dessus de la cuvette AA, et appliquée sur ses bords, une
mince plaque de charbon, devant laquelle on parle, reçoit les
vibrations qui lui sont imprimées par les ondes sonores et, agissant
sur la grenaille, détermine les altérations de contact
qui produisent les effets microphoniques. Les deux ressorts d, cf, agissent
par pression sur la plaque de charbon et la maintiennent en place. Dans
la partie de notre dessin qui représente le microphone vu en
plan, lun de ces ressorts a été retourné
pour bien montrer sa forme; dans la partie qui figure une coupe de linstrument,
les ressorts cl, d occupent leur position normale.
La clé dappel (fig. 68), représentée
en plan et en élévation, comprend un massif en ébonite
MN, fixé sur le socle de lappareil par les vis .Dans la
partie AI du massif MX sont im mobilisés deux ressorts en maillechort
R 1. R 2 , qui, contournes en spirale, se terminent par une lige rectiligne
libre. Dans la partie N du massif MN sont incrustés quatre plots
métalliques, isolés les uns des autres ; ce sont les plots
de repos et les plots de travail de la clé. Les plots n 1,n 2
sont les contacts de repos; le contact de travail p 2 est seul représenté.
Le boulon dappel est formé par une tige métallique
T, guidée dune part par le massif MN dans lequel elle senfonce
et, de lautre, par lébénisterie du transmetteur
quelle traverse; un bouton-poussoir en os la termine. Elle porte
une barrette en ébonite EE, qui sappuie sur les ressorts
R n R 2 .

Le microphone DELVILLE en Belgique
Trophime Delville directeur et ingénieur de BTMC, développe un
nouveau type de microphone qui a été fabriqué à des dizaines de milliers
d'exemplaires.

L'émetteur de Trophime Delville de 1894 était une amélioration
belge inspirée du modèle anglais Hunnings. L'émetteur
Hunnings, tel que breveté, était rempli de poussière
de charbon grossière pour fournir la résistance variable
nécessaire. Il souffrait beaucoup du tassement. Bell, Edison
et d'autres chercheurs travaillant sur ce problème ont découvert
que des granulés de carbone, plutôt que de la poussière,
résolvaient le problème du tassement. Le microphone Delville
utilisait des granulés de charbon, soigneusement calibrés.
La Bell Telephone Manufacturing Company d'Anvers le qualifiait d'« émetteur
longue distance », car il était beaucoup plus sensible
que son émetteur Blake-Berliner standard.
L'émetteur "Solid Back" de Anthony
White
En 1890, Anthony White, ingénieur chez Bell, développa
l'émetteur qui allait devenir la norme chez tous les fabricants
jusque dans les années 1930.
Carbon-granule
long-distance transmitter
Anthony C. White, "Telephone," Patent No. 485,311, November
1, 1892; application filed March 24, 1892.
L'émetteur utilisait un petit bouton composé d'une coupelle
en laiton partiellement remplie de granulés de carbone de type
Edison et d'un piston fixé au diaphragme. L'électrode
avant et l'électrode arrière étaient constituées
de disques de carbone, dont les faces étaient polies à
la perfection. Les parois de la coupelle en laiton étaient recouvertes
de papier gommé afin d'éviter les courts-circuits et de
permettre au courant de l'émetteur de circuler d'une électrode
de carbone à l'autre. White déposa un brevet pour cet
émetteur le 24 mars 1892.
Par la suite, l'émetteur Blake et l'émetteur longue distance
furent remplacés par l'émetteur Solid Back. Plusieurs
versions de l'émetteur ont été produites par Western
Electric. Deux de ces modèles, largement utilisés, sont
le n° 229, introduit en 1895, et le n° 323, introduit en 1917.
Le n° 229 et les modèles apparentés sont dotés
d'un simple diaphragme à disque fixé au bouton de granulés
de carbone par un petit écrou fileté.
L'émetteur White , ou « Solid
Back », comme on l'appelle, donne une idée précise
de la construction des pièces.

La première figure montre la coupe de l'instrument complet. Les
sections de la pièce de pont, P, illustrées aux 2 figures,
sont prises sur des plans perpendiculaires. Cet instrument s'est révélé
remarquablement efficace en pratique, supportant un courant très
fort sans échauffement excessif. De plus, la tendance des granules
à se tasser en une masse compacte, communément appelée
« garnissage », est considérablement réduite.
Il s'agit sans conteste de l'un des émetteurs les plus performants
jamais mis au point, et son efficacité générale
est restée longtemps inégalée.
La partie avant, F, est en laiton et est maintenue, comme illustré,
dans la coque creuse, C, les deux pièces formant un boîtier
métallique complet pour les pièces actives de l'instrument.
Le diaphragme de réception du son, D, en aluminium, est enchâssé
dans un anneau en caoutchouc souple, e, maintenu en place par deux ressorts
amortisseurs, / /, comme dans l'émetteur Blake. IV est un bloc
métallique lourd, évidé, comme illustré,
pour loger les électrodes. Les parois circonférentielles
intérieures de ce bloc sont recouvertes d'une bande de papier,
i. Ce bloc est monté, comme illustré, sur un pont de support,
P, fixé à ses extrémités à la pièce
moulée avant, F.
L'électrode arrière, B, en carbone, est fixée à
la face de la pièce métallique, a, vissée dans
le bloc, /['. E est l'électrode avant, également en carbone,
portée par la face de la pièce métallique, b. Sur
la partie filetée élargie, p, de la pièce, b, est
glissée une rondelle en mica, m, maintenue en place par l'écrou,
u. Cette rondelle a un diamètre suffisant pour recouvrir entièrement
la cavité du bloc IV lorsque l'électrode est en place.
Après avoir introduit la quantité requise de carbone granulaire
dans la cavité et mis en place l'électrode avant, le capuchon
c est vissé sur le bloc W, comme illustré, et fixe fermement
la rondelle de mica in contre la face du bloc B, maintenant ainsi les
granules en place. Le diamètre des électrodes est légèrement
inférieur à celui de l'intérieur du bloc IV, tapissé
de papier, de sorte qu'un espace considérable est laissé
à la périphérie de la première, remplie
de granules de carbone. Cela empêche l'électrode libre
de se plaquer contre le bord de sa chambre et permet aux granules situés
directement entre les électrodes de se dilater lorsqu'ils sont
chauffés par le passage du courant. La partie filetée,
p', de la pièce b, traverse un trou au centre du diaphragme et
est fermement maintenue en place par les écrous t t'. M est l'embouchure
en caoutchouc dur, vissée dans une ouverture du bloc avant F.
Toute vibration du diaphragme est transmise directement à l'électrode
avant E, qui vibre grâce à l'élasticité de
la rondelle en mica m. L'électrode arrière est, bien entendu,
fixe, maintenue fermement par le pont P.
L'électrode arrière est reliée métalliquement
au châssis de l'instrument, formant ainsi une borne. L'autre borne
est montée sur un bloc isolant / et reliée par un fil
flexible à l'électrode avant E.
Cet émetteur a été utilisé sur toutes les
lignes longue distance des compagnies Bell et a fourni d'excellents
services. Les données suivantes concernant les dimensions et
les matériaux utilisés dans cet instrument vous seront
probablement utiles :
Membrane : aluminium, 5,1 cm de diamètre et 0,022 po
dépaisseur.
Joint en caoutchouc : 12,7 cm de large, 5,1 cm de long, très
souple et élastique.
Électrode avant : carbone dur et poli, 53,3 à 81,3
cm de diamètre, 2,5 à 40,6 cm dépaisseur.
Électrode arrière : carbone dur et poli, 28 à
40,6 cm de diamètre, 2,5 à 40,6 cm dépaisseur.
Membrane en mica : 68,8 cm de diamètre, très fine.
Chambre de lélectrode arrière : diamètre
intérieur 1,2 cm, profondeur 12,7 cm, espace libre entre les
parois de la chambre 2,5 à 81,3 cm.
Distance entre les électrodes : environ 1 cm.
Ressort damortissement : acier à ressort, 0,3 à
81,3 cm de large, 0,010 po dépaisseur, 43,2 à
40,6 cm de long ; plié à angle droit lorsquil
est retiré. Celui qui repose près du centre du diaphragme
est recouvert de caoutchouc souple et de feutre ; le ressort extérieur
est uniquement recouvert de caoutchouc.
Introduit en France par M.
Aboilard les transmetteurs SOLID-BACK , ont été
utilisé sur principalement sur des multiples pour les postes
d'opérateurs, et sur différents téléphones
LMT. Lappareil WERY combiné de ladministration est
un microphone solid back associé avec un récepteur Ader
n° 3.


Transmetteur Angelini
Royaume Unis : Le principe Angelini est similaire à celui de
l'émetteur Ader.
Cet émetteur a été utilisé sur scène
pour le système Electrophone au Royaume-Uni.
 |
Sa principale caractéristique
est la cellule microphone, formée au dos du diaphragme en
carbone A - A, par un bord rond en papier B - B, collé sur
A - A. Cette cellule est fermée par un disque de mica C -
C, serré à l'extrémité d'une vis isolée
D - D, entre deux disques métalliques E - E, dont le premier
est formé d'un bord semi-circulaire en platine F - F, le
reste du premier étant isolé, de sorte que seul ce
bord entre en contact conducteur avec les trois grains de carbone
de taille uniforme introduits dans l'évidement ainsi formé.
Le disque de mica permet une connexion très flexible et la
pression peut être réglée à volonté
par la vis D.
L'émetteur est fixé au support au moyen d'un manchon
encastré, G, s'insérant dans le collier, H, d'un support
séparé, la connexion étant réalisée
aux deux bornes, I et J, par les ressorts, K et L, ces derniers
étant isolés et s'appuyant sur l'extrémité
de la vis de réglage, D. La base, M, du support est en métal
épais et le poids de la partie supérieure, N, et de
l'émetteur est supporté par trois ressorts, S, S,
S, dont les centres sont fixés à N et les extrémités
proches serrées par des vis à M, tandis que les extrémités
éloignées sont libres de coulisser dans des évidements
formés dans M. Les ressorts absorbent les vibrations de la
scène. |
L'Émetteur Deckert
W. Deckert, d'Autriche, a modifié cet émetteur granulaire,
fabriqué par GEC et utilisé par la Poste britannique en
remplacement des émetteurs Gower de l'époque. Il est également
appelé émetteur Hunnings-Cone.
Certaines compagnies de téléphone privées ont également
utilisé cet émetteur pour remplacer leurs émetteurs
Blake d'origine, souvent en remplacement de l'émetteur Blake
d'origine. De ce fait, il est impossible de présumer qu'un boîtier
d'émetteur Blake contient réellement un émetteur
Blake !
La principale différence avec les autres transmetteurs à
granules de carbone réside dans la forme de la face avant de
l'électrode fixe formée de plusieurs pyramides à
base carrée. Les pyramides d'une rangée sont opposées
au centre des pyramides supérieures. Seule la partie centrale
de l'électrode de carbone est utilisée, la partie non
utilisée étant recouverte d'un épais tampon de
coton. Les extrémités des pyramides de la partie centrale
de l'électrode de carbone sont aplaties et de petites touffes
de soie y sont fixées. Celles-ci empêchent le court-circuit
de l'électrode de carbone avec le diaphragme extérieur
en carbone et contribuent à prévenir les vibrations et
le tassement des granules de carbone. À l'avant de l'embouchure
se trouve une membrane de Gauss métallique qui protège
le délicat diaphragme en carbone.
Cet émetteur n'est pas exempt de problèmes d'emballage
et est conçu de telle sorte qu'il peut être tourné
d'un demi-tour de temps en temps à titre préventif.

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Le microphone Deckert comprend une cuvette
en ébonite se séparant en trois parties vissées
l'une sur l'autre , savoir :
1 ° Un couvercle A ou embouchure analogue à celle du
récepteur ;
2 ° Un fond B ;
3º Une partie intermédiaire C , réunie au récepteur
et contenant les organes du microphone , ainsi que les communications
.
La figure suivante représente la face supérieure
de la partie intermédiaire C.
Au - dessous de l'embouchure A est une mince membrane de charbon
vernissée du côté sur lequel on parle .Lorsque
la pièce A est vissée sur la pièce C , la
membrane D touche les pointes des vis V , V ' , réunies
toutes les deux à l'un des cordons souples établissant
la communication avec la pile ; de ce chef , la membrane microphonique
D est en relation avec l'un des pôles de la pile , le pôle
positif , par exemple .
Le fond de la cuvette en ébonite C est garni d'un disque
de charbon mm ' réuni par la vis U à un second cordon
souple , relié lui - même au pôle négatif
de la pile . Ce disque mm ' a une forme originale : c'est un cercle
sur lequel s'élèvent seize troncs de pyramide à
base carrée ; les grandes bases font corps avec le disque
de charbon , tandis que chacune des petites bases est recouverte
d'un léger tampon de drap grossier . Une gorge nn creusée
dans lébonite , circonscrit l'assemblage que nous
venons de décrire ; cette gorge circulaire est remplie
par une matelassure de coton cardé . La partie qui sépare
la mem brane de charbon D du disque mm ' , ainsi que les espaces
laissés vides par l'ensemble des seize pyramides tronquées
, sont remplis par de la grenaille de graphite . Cette grenaille
se trouve en quelque sorte emprisonnée dans une chambre
dont l'anneau de coton car de forme la paroi latérale .
Les houppettes qui surmontent les troncs des pyramides composent
un cloisonnement dont le but est de diviser les parcelles de graphite
et d'amortir les mouvements que leur impriment les déplacements
de la plaque vi brante . Cette disposition a pour objet d'éviter
les crachements qui constituent l'un des principaux écueils
dans la construction des microphones .
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L'Émetteur Ericsson hélicoïdal
En 1880, LM Ericsson repensa l'émetteur Blake.
Ce nouveau modèle était plus petit que l'original et ses
réglages étaient effectués à l'aide d'une
vis micrométrique, ou hélice. D'où le nom d'émetteur
hélicoïdal.
L'émetteur est construit ainsi : le tube sonore en forme
de pavillon (s) comporte à sa base une membrane (w) munie
en son centre d'un disque de carbone (v). Ce disque est surmonté
d'un plot en platine, porté par une tige elle-même
comprimée par un ressort. Un second disque de carbone et
un plot en platine, similaires, sont disposés à l'extrémité
inférieure. La vis micrométrique (m) régule
la pression des contacts.
Le fonctionnement du microphone spiralé (ou hélicoïdal)
développé par Lars Magnus
Ericsson en 1879 et utilisé dans les téléphones
Ericsson de 1880 à 1886-1887, a ensuite été
remplacé par un microphone à granules de carbone plus
stable. Les deux modèles sont disponibles dans le catalogue
de 1886. Ce microphone à granules de carbone a été
breveté en 1888.
Des essais ont été réalisés avec un
microphone spiralé à combiné en 1885, puis
avec un microphone à tige de carbone (tiges d'arbre) en 1886,
et depuis 1888 avec un microphone à granules de carbone.
Le catalogue de 1886 ne mentionne aucun téléphone
avec combiné. |
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Eiffel tower; Dessin de Lars Magnus Ericsson, invention le microphone
hélicoïdal, 1880 ; et modèle 1881
Transmetteur à carbone (NT 10).
Ce transmetteur est très performant, mais il existe plusieurs
variantes.
L'image ci-dessous présente une vue en coupe de l'une des meilleures
variantes. L'émetteur est constitué d'un boîtier
en aluminium (a et b) en deux parties. La partie arrière (b)
présente un évidement dans lequel s'insère un bloc
de carbone rond de 22 mm (c) et de 6 mm d'épaisseur. La face
avant de ce bloc est percée de sept trous : un au centre, pour
la tête des longues vis de serrage et de connexion, et six autres
trous, comme illustré à droite de l'image (qui donne une
vue séparée du bloc de carbone).
Des touffes de coton sont insérées dans chacun des sept
trous. Une fois en place, ces touffes appuient sur le diaphragme en
carbone (o), en carbone fin de 5,7 cm de diamètre et de 100 mm
d'épaisseur. Une sorte de manchon de feutre souple (f) recouvre
le bord du bloc de carbone et est également pressé contre
le diaphragme (d) par les têtes de six ressorts en bronze, tous
reliés en leur centre et serrés au bloc de carbone. Six
évidements sont pratiqués dans ce dernier pour permettre
aux ressorts de travailler librement. Le bloc de carbone et la vis (s)
sont par ailleurs isolés du boîtier (b) par une rondelle
en mica (m) et une douille (h), ainsi que par une rondelle en ébonite
(w), à l'arrière.
Des anneaux de papier buvard (p) servent à serrer le diaphragme
et ils servent aussi à serrer devant une membrane de soie huilée
(k), qui empêche l'humidité du souffle, etc., d'atteindre
le diaphragme.
Environ cinq grains de carbone (g) sont placés dans l'évidement
à l'arrière du diaphragme. La résistance normale
de cet émetteur est d'environ 100 ohms et, en fonctionnement,
elle varie entre 50 et 170 ohms.

Une autre forme d'Ericsson est similaire à celle-ci en ce qui
concerne le bloc de carbone, etc. (à l'exception des six trous
extérieurs du bloc manquants) ; mais le diaphragme est en fer
ferrotype (environ 12 mils d'épaisseur), sur la face intérieure
duquel est fixée une fine coupelle métallique dorée,
dont la surface présente environ trente-huit empreintes en anneaux
concentriques. Ces empreintes sont des saillies sur l'autre face. Elles
pénètrent dans les grains de carbone, assurant un bon
contact et empêchant leur compactage.
Le transmetteur Kellog
La figure de gauche présente une vue en coupe de l'émetteur
standard de la Kellogg Switchboard & Supply Company, et la figure
de droite un détail de ses composants.

Cet instrument est l'un des plus soigneusement conçus et construits,
et donne d'excellents résultats en pratique.
La face avant, A, est en métal moulé, similaire à
celle utilisée dans l'émetteur à Solid Back et,
comme pour cet émetteur, toutes les pièces sont montées
dessus. Le diaphragme, B, est en aluminium et se distingue de celui
de tout autre émetteur actuellement sur le marché par
le fait qu'au lieu d'être plan, il présente en son centre
une coupelle, B, qui contient les électrodes et le milieu à
résistance variable. La formation de cette coupelle à
partir d'une fine feuille d'aluminium, qui, compte tenu des exigences
de son utilisation, doit être dure plutôt que tendre, s'est
révélée, comme l'auteur le sait par expérience,
un problème difficile en emboutissage des métaux, et est
intéressante pour cette raison, entre autres. L'électrode
avant, C, est composée d'une vis en laiton, r, à tête
élargie, sur laquelle est soudé un disque de carbone dur,
c'. Celui-ci est fixé par un écrou à la face intérieure
avant d'une chambre ménagée dans le diaphragme, d'une
manière facilement compréhensible d'après le dessin
assemblé. L'électrode arrière, D, est également
constituée d'un disque de carbone, d'', soudé à
un disque en laiton, d, doté d'une tige filetée allongée.
La tige de l'électrode arrière, D, traverse une rondelle
en mica, £, et une douille en laiton massif, F, à face
élargie, pour serrer la rondelle en mica contre la face arrière
de l'électrode. Ces pièces sont solidement serrées
ensemble au moyen d'un petit écrou (f).
Après avoir assemblé les pièces, la quantité
appropriée de charbon granulaire est versée dans la chambre
(b), au-dessus de l'électrode avant.
L'électrode arrière, munie de la rondelle de mica, est
ensuite mise en place.
La rondelle de mica est solidement rivetée au diaphragme à
l'aide d'une bague en aluminium (G) et de petits rivets (g). Sous la
tête de l'une des bagues est fixée une petite attache (g'),
permettant ensuite la connexion électrique avec l'une des bornes
de l'émetteur. Le diaphragme de l'émetteur est ainsi constitué,
supportant la chambre et les deux électrodes, la chambre étant
fermée en permanence par la rondelle de mica rivetée,
comme décrit. Le diaphragme ainsi assemblé est entouré
d'une bague en caoutchouc souple (b'), maintenue contre la pièce
avant par deux ressorts amortisseurs puissants, comme dans le cas d'un
émetteur arrière rigide. Le pont H est fixé à
ses extrémités à la face arrière de la face
avant A.
Ce pont porte en son centre la douille lourde h, dans laquelle s'insère
la douille F de l'électrode arrière. La vis h\ sert à
fixer l'électrode arrière au pont après son réglage.
Un bornier /, en caoutchouc dur, est fixé à l'arrière
du pont, sur lequel est montée une borne i, à laquelle
est soudé un fil partant de la pince g'. La cosse i constitue
donc une borne de l'émetteur, en contact électrique avec
l'électrode avant. L'autre borne est constituée par le
châssis de l'émetteur lui-même, en contact avec l'électrode
arrière par l'intermédiaire du pont H.
Dans ce transmetteur, l'action de piston des électrodes est obtenue,
comme dans d'autres formes, l'électrode arrière étant
maintenue rigide tandis que l'électrode avant vibre avec le diaphragme.
La rondelle flexible en mica permet un léger mouvement relatif
entre les deux électrodes, et ferme complètement la chambre
pour empêcher la fuite des granules ou la pénétration
d'humidité. Outre l'action de piston des électrodes, on
constate que la quasi-totalité de la masse des granules est agitée
par la vibration du diaphragme, ce qui permet d'obtenir une certaine
action microphonique. Il est cependant certain qu'il s'agit d'un transmetteur
extrêmement puissant.
Il a été développé par M. W. W. Dean après
une longue et minutieuse série d'expériences.
Le transmetteur Stromberg-Carlson
Fig. Les figures suivantes illustrent l'émetteur de la Stromberg-Carlson
Telephone Manufacturing Company.
La figure de gauche présente une vue en coupe de l'émetteur
assemblé, et la figure de droite détaille les différentes
pièces.

Ces pièces sont toutes contenues dans une coupelle en deux parties,
rivetées ensemble de façon permanente, comme illustré
en a, après l'assemblage de l'émetteur.
La fermeture définitive de la coupelle rend difficile toute altération
des pièces, qui restent donc généralement dans
leur état d'origine. La membrane D de cet émetteur est
en métal, mais devant elle se trouve une membrane auxiliaire
D' en soie, les deux membranes étant séparées par
un anneau d. À l'arrière de la membrane métallique
reposent deux ressorts amortisseurs à double bras, fixés
à l'arrière du boîtier et servant à maintenir
la membrane contre l'avant du boîtier et à empêcher
une amplitude de vibration trop importante. L'électrode avant,
E, est rivetée au centre du diaphragme. Elle est constituée
d'une pièce circulaire de gaze métallique tissée,
fortement plaquée or. L'électrode arrière, £',
est également en gaze métallique plaquée or, pressée
en forme de coupelle et conçue pour s'ajuster parfaitement à
la tête élargie du goujon fileté en laiton, F. Un
anneau métallique, G, est placé à l'intérieur
de la coupelle E avant sa mise en place sur la tête F, empêchant
ainsi la face intérieure de la coupelle en gaze métallique
d'entrer en contact avec la face de la tête du goujon F.
Une collerette, H, est serrée fermement sur la coupelle E après
sa mise en place sur la tête du goujon, ce qui permet de serrer
fermement la gaze sur le goujon.
Une rondelle épaisse en peluche très légère,
I, est collée à la face avant de la collerette, H, formant
pratiquement la paroi cylindrique de la chambre contenant le charbon
granulaire. Le carbone granulaire utilisé est suffisamment fin
pour traverser les mailles de l'électrode arrière E. Il
occupe l'espace entre la face arrière de cette électrode
et la face avant du plot F, cet espace étant dû à
la présence de la bague G. L'espace devant l'électrode
E' et entre celle-ci et l'électrode avant E est presque entièrement
rempli de carbone granulaire, comme illustré sur le schéma
d'assemblage. La partie filetée du plot F, qui porte l'électrode
arrière, s'engage dans un filetage interne de la douille en caoutchouc
robuste /, montée dans la collerette en saillie vers l'arrière,
partant de la coupelle. En tournant ce plot dans cette douille, le réglage
des électrodes de l'émetteur peut être effectué.
Une vis mécanique K, traversant une rondelle, comme illustré,
s'engage dans un trou taraudé à l'extrémité
du plot F, et fixe ainsi ce dernier dans la douille en caoutchouc.
Cet émetteur a été largement utilisé par
les clients de la société Stromberg-Carlson et a fourni
un service constant et de qualité, s'étant révélé
parfaitement fiable et remarquablement exempt des problèmes souvent
rencontrés par les émetteurs à charbon granulaire.
Le transmetteur Colvin
Cette figure présente un émetteur conçu par M.
F. R. Colvin, unique par son mode de fonctionnement.
Il a été
utilisé commercialement à grande échelle par M.
Colvin.
La coque est constituée de deux pièces
de bois, A et B, la première portant l'embouchure. L'espace réservé
à la membrane est suffisamment grand pour la maintenir très
lâchement et lui permettre de vibrer avec une grande liberté.
Sur la membrane, en aluminium, repose une cellule cylindrique creuse,
D, en matériau isolant (illustrée par la petite coupe
à gauche), portant deux électrodes métalliques,
E E', isolées l'une de l'autre. À ces électrodes
sont connectées les bornes du circuit, G G. La coque, D, est
fixée fermement à la membrane, C, par un boulon, F, fermant
ainsi la chambre contenant les granules. Pour empêcher l'humidité
d'atteindre la cellule, le joint entre la membrane et son bord est scellé
hermétiquement par un composé adhésif. La caractéristique
remarquable de cet instrument est que les deux électrodes, E
E', sont fixes l'une par rapport à l'autre, la variation de résistance
étant obtenue par la variation de pression entre les électrodes
et les granules de carbone, due à l'inertie de ces derniers,
ainsi qu'aux secousses des granules eux-mêmes et à la variation
conséquente de leur proximité de contact.
Le transmetteur Sutton
Cette figure montre un transmetteur typique d'un grand nombre d'instruments
fabriqués par diverses sociétés indépendantes.
Ce transmetteur particulier était appelé transmetteur
Sutton.
Les pièces à résistance variable comprennent une
paire de boutons de carbone, F et G, chacun entouré d'une gaine
de tissu, H et /, dont les bords contigus, h et i, sont effilochés
de manière à former un contact étroit mais élastique.
Ceux-ci forment avec les boutons, F et G, une chambre fermée
dans laquelle est placé le carbone granulaire. Le bouton F est
fixé au diaphragme K, comme illustré, tandis que le bouton
G est solidement fixé au boîtier de l'instrument et en
est isolé. Le fil O, partant du boulon L qui maintient le bouton
G en place, forme une borne de l'instrument, le boîtier lui-même
l'autre.
L'émetteur Ericsson
Fabriqué en Suède, est largement importé dans
ce pays comme accessoire du récepteur Ericsson.
Cet émetteur produit un son très clair et doux, et nécessite
peu d'énergie. Dans l'ensemble, c'est un instrument très
efficace, sauf lorsqu'une puissance importante est requise. Il est représenté
en coupe à la figure ci dessus, où a représente
le diaphragme récepteur du son, maintenu contre un épaulement
du boîtier en laiton c par deux fines lames ressorts, non représentées,
chaque ressort ayant deux branches, de manière à assurer
ses quatre points d'appui sur le diaphragme. Pour empêcher l'humidité,
notamment celle de la respiration, de pénétrer au-delà
du diaphragme, un fin disque b, en soie imprégnée de laque,
est placé devant le diaphragme.
La plaque métallique d, montée à l'arrière
du diaphragme, forme l'électrode avant et est plaquée
or à cet effet.
Le bord recourbé de la plaque d, entoure la partie avant d'un
anneau souple e, fixé sur le bloc de carbone , et empêche
les grains de carbone de tomber hors de la chambre. Cet anneau souple
est en feutre effiloché et permet ainsi la libre vibration du
diaphragme.
Le diaphragme est amorti par un ressort spiralé logé dans
une chambre au centre de l'électrode de carbone. Ce ressort repose
sur une touffe de coton ou de feutre, qui appuie à son tour sur
le centre de l'électrode avant.
Le transmetteur Western Telephone
L'émetteur de l'ancienne Western Telephone Construction Company
est probablement le plus simple jamais fabriqué.
L'ensemble
du boîtier avant (A) de l'émetteur est en laiton coulé
tourné.
Il est épaulé à l'intérieur pour former
un logement pour le diaphragme (D) et fileté pour s'engager dans
une coupelle isolante (B) portant l'électrode arrière
(C). Cette coupelle est vissée directement sur une bride du bras
de support (E), de l'intérieur. La vis centrale qui maintient
l'électrode arrière en place passe également dans
le bras, faisant ainsi de ce dernier une borne de l'émetteur.
L'électrode arrière (C) est de grande taille : 1
pouce de diamètre et § pouce d'épaisseur. La chambre
dans laquelle ce bloc est monté laisse un espace d'environ 1/4"
autour de l'électrode. Cet espace, ainsi que celui entre le diaphragme
et l'électrode arrière, contient du carbone granulaire.
Le diaphragme, D, est en carbone, généralement de 0,016"
d'épaisseur et de 2,3 à 16" de diamètre, la
partie libre ayant un diamètre de 1,13 à 16". La
distance entre l'électrode arrière et le diaphragme est
de 12,7 cm (5,64 po). La chambre n'est remplie qu'à moitié
de carbone granulaire, et seule la moitié inférieure du
diaphragme est donc activement engagée comme électrode.
Le transmetteur Ahearn
La figure suivante illustre un transmetteur breveté par M. T.
F. Ahearn, dont la surface de contact varie sans variation de pression.

£ est une électrode en carbone fixée au centre du
diaphragme métallique A et constitue l'électrode terminale
à laquelle est fixé le feu D. Cette électrode est
constituée d'une ou plusieurs plaques, de forme semi-circulaire
ou triangulaire, comme illustré.
L'électrode arrière G, de forme similaire, est portée
par le ressort I de manière à chevaucher et à reposer
sur l'électrode avant E. La pression entre les deux peut être
réglée à l'aide de la vis moletée, comme
illustré.
L'inventeur affirme que dans ce cas, aucune variation de pression ne
peut être causée par la vibration du diaphragme, mais que
les électrodes glissent simplement les unes sur les autres, la
forme des surfaces en contact amplifiant les variations de surface de
contact.
Les émetteurs conçus par Johnson,
D'Arsoncal et bien d'autres sont de ce type et ne diffèrent
que par la disposition et le nombre d'électrodes. Ils donnent,
en règle générale, des résultats plus puissants
que les émetteurs à simple paire d'électrodes,
mais la plupart d'entre eux présentent le grave défaut
de couper complètement le circuit lorsqu'ils sont soumis à
des bruits forts.
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De nombreux téléphones pratiques fonctionaient grâce
à la chaleur.
M. F. Krtlinger, de Vienne, a publié dans l'Angewandte
Elektricitaetslehre la description dun nouveau système
téléphonique fondé sur les variations d'intensité
de courants thermo-électriques dont la source de chaleur est
disposée de manière à être impressionnée
par la voix.
Pour obtenir ce résultat, lauteur emploie une pile thermo-électrique
à éléments allongés, dont un des côtés
est maintenu à une température relativement froide au
moyen dun liquide, et dont lautre côté est
actionné par la partie supérieure de la flamme dune
bougie maintenue à hauteur constante au moyen dun dispositif
analogue à celui des bougies de lanternes de voiture. En face
et à côté de la pile se trouve placée, dans
une position invariable, une embouchure téléphonique dont
le diaphragme est flexible et percé dune grande quantité
de trous de diverses grandeurs, et le tout est enveloppé dans
une caisse disposée de manière à empêcher
la résonance des bruits extérieurs, et à travers
laquelle passent seulement l'embouchure téléphonique et
les boutons dattache de la pile thermo-électrique. Avec
cette disposition, on comprend que les vibrations déterminées
par la voix ont pour résultat de changer les conditions normales
du courant dair chaud de la flamme, et de déterminer des
variations correspondantes dans la chaleur actionnant la pile; doù
il résulte des variations de même nature dans lintensité
du courant produit par la pile et, par suite, la reproduction de la
parole dans le récepteur téléphonique mis en rapport
avec ce courant. Il paraît que ce système, sans avoir donné
des résultats avantageux, a fourni des effets assez nets pour
montrer que la transmission de la parole est possible dans ces conditions,
ce qui présente évidemment un certain intérêt
au point de vue scientifique.
Le téléphone de M. Bergmann, auquel manque la bobine,
est curieux et incompréhensible. Il ne se compose que de deux
aimants en forme de tiges cylindriques et d'un diaphragme. Les deux
aimants se suivent et ont donc un axe commun. Un aimant est fixé
au centre du diaphragme et l'autre à la capsule. Les deux pôles
de nom contraire au milieu de la capsule ne se touchent pas mais sont
réunis par un fil métallique faisant ressort. Le courant
passe par les deux aimants et par le diaphragme, et l'inventeur prétend
que ses variations produisent les oscillations du diaphragme.
Le récepteur thermoélectrique, breveté par Bergmann
en 1890 et qui semble très pratique, est présenté
sur la figure suivante.
Ce récepteur comporte un diaphragme en carbone et une coupelle
métallique conique adjacente.
Des billes de carbone contenues dans la coupelle assurent un contact
lâche entre celle-ci et le diaphragme.
Le fonctionnement de ce récepteur repose sur la dilatation et
la contraction dues à l'échauffement des contacts lâches
lors du passage du courant.
Le téléphone de M. Spaulding, que
l'inventeur nomme krotophone", rappelle dans sa simplicité
et son caractère exceptionnel celui de M. Bergmann. La figure
suivante montre un récepteur krotophone simple breveté
en 1887 par Watkins.
Le mouvement du diaphragme de ce récepteur est produit par la
dilatation et la contraction des électrodes en contact permanent,
provoquées par l'effet thermique du courant aux jonctions des
électrodes. Comme illustré, une électrode est fixée
au diaphragme et toutes sont disposées de manière à
pouvoir être ajustées pour un contact lâche. Les
boutons sont de forme cylindrique et sont en matériau conducteur
recouvert de tellure, placés dans un tube de verre ou d'un autre
matériau isolant. Le courant traverse la série d'électrodes
et, aux contacts, les variations de dilatation ou de contraction du
tellure sont produites par les variations du courant transmis à
l'instrument. Des vibrations du diaphragme, correspondant à ces
variations de courant, sont produites. L'utilisation d'une batterie
dans le circuit permet d'amplifier l'effet en maintenant une température
de fonctionnement optimale pour l'instrument et en servant également
de batterie de polarisation.
Cet appareil, appelé « Krotophone »
( En grec, claquement, bruit; et voix)., peut servir à la fois
de récepteur et d'émetteur. Comme illustré, il
se compose d'un crayon de carbone pointu en contact avec un diaphragme
en carbone.
Breveté le 6 juillet
1886. SPÉCIFICATION faisant partie des Lettres Patentes n°
345 085, datées du 6 juillet
1886.
Demande déposée le 20 novembre 1885. Numéro de
série 193 175.
Le courant électrique qui traverse le contact chauffe les électrodes,
ce qui provoque leur dilatation et, par conséquent, la déformation
du diaphragme. Un courant fluctuant entraîne donc une fluctuation
synchronisée du diaphragme, générant ainsi des
ondes sonores dans l'air. L'inventeur affirme que l'allongement et la
contraction du crayon de carbone sont dus à la polarisation des
atomes ou des molécules de carbone, mais quel que soit le mécanisme,
des améliorations importantes sont possibles.
On appelle
cela un récepteur krotophone simple.
Les contacts libres sont chauffés et refroidis
lors du passage du courant téléphonique .
Ce récepteur est doté d'un diaphragme en carbone et d'une
coupelle métallique conique adjacente. Des billes de carbone
à l'intérieur de la coupelle assurent un contact lâche
entre celle-ci et le diaphragme.
Dans cet appareil, où le procédé consiste à
reproduire la voix humaine au moyen de mouvements moléculaires,
laimant et la plaque vibrante du téléphone Bell
sont remplacés par un crayon de charbon et une plaque de même
substance.
Le poste transmetteur est formé dune pile P reliée
à la terre et à un microphone A, non muni dune bobine
dinduction, dune ligne G et du krotophone. Cet instrument
se compose d'un crayon de charbon D logé dans un étui
en bois, dont l'un des bouts, taillé en pointe, s'appuie sur
une plaque de charbon J)'. Cette dernière est entourée
dun anneau KK et dune garniture en caoutchouc destinée
à empêcher la plaque de se casser. Une vis de réglage
F permet dassurer un contact parfait entre les deux charbons.
Comme on le voit, tout lappareil récepteur II est constitué
parles deux charbons DD' et la vis de réglage F.
La ligne C, reliée dans le poste transmetteur, au microphone
A, est attachée au poste récepteur H à la vis F,
et la plaque de charbon DD' est mise en communication avec la terre
T .
Pour expliquer le fonctionnement du krotophone, linventeur admet
que le courant, traversant le crayon D, comme un faisceau de lignes
parallèles, occasionne un mouvement moléculaire qui se
transmet aux molécules de la plaque D'par un rayonnement du courant
dans toutes les directions jusquà lanneau métallique,
doù il passe à la terre.
La diffusion du courant influence toutes les molécules placées
dans le voisinage de la plaque D', et le mouvement vibratoire qui en
résulte, occupant une grande surface, amplifie le son.
Le krotophone, daprès linventeur, offre sur les appareils
récepteurs magnétiques un avantage en raison de la simplicité
et de l'inaltérabilité des organes qui le composent ;
de plus, son fonctionnement est certain, et sa durée très
longue.
ET bien d'autres
Dans le téléphone de M. Philippson, qui ne présente
d'ailleurs rien de remarquable, l'inventeur a cherché à
augmenter l'effet de l'appareil par la condensation de l'air qui entoure
le diaphragme.
Le téléphone de M. Taylor se base sur l'attraction
de deux courants parallèles. Sur deux membranes parallèles
et bien rapprochées sont collées deux spirales plates
en fil de cuivre. Au milieu, entre les deux spirales, se trouve une
plaque en fer. Cette plaque a un trou central aussi bien que la membrane
la plus rapprochée du cornet d'audition. Ce téléphone
peu sensible demande une forte pile pour être mis en action.
Nous avons déjà fait la remarque que la plupart des téléphones
sont réversibles et peuvent servir aussi bien pour la réception
que pour la transmission. Mais il existe un certain nombre de téléphones
qui possèdent cette qualité à un plus haut degré
que les autres, et nous passons à la courte description de quelques-uns
des plus remarquables d'entre eux.
M. Charrière a reproduit une idée qui pour la première
fois avait été développée par MM. Siemens
et Halske. Les deux pôles d'un aimant en fer à cheval sont
munis de bobines juxtaposées entre lesquelles vibre le diaphragme.
L'une des deux bobines est fixe, l'autre peut être à volonté
rapprochée ou éloignée du diaphragme. On peut ainsi
établir un équilibre parfait des attractions. Une bobine
est percée d'un trou par lequel on entend les vibrations ou dans
lequel on parle.
M. Pabst a donné une construction analogue à son
téléphone. D'un côté du diaphramme se trouve
un aimant en fer à cheval muni de deux bobines, de l'autre côté
du diaphragme une bobine formant anneau, combinée avec les autres
bobines de telle façon que les actions sur le diaphragme s'additionnent.
Un autre arrangement, qui peut aussi être classé dans cette
catégorie, est celui de MM. Hartmann et Braun.
Deux aimants portent à leurs pôles S t et N2 deux bobines
m, devant lesquelles est placé le diaphragme P. Les deux autres
pôles N a et S2 sont armés de deux pièces en fer
doux et A 2 . La distance entre ces armatures et le diaphragme peut
être, réglée par les tiges K t et K 2 . Le diaphragme
peut être mis ainsi en équilibre pour aussi longtemps qu'aucun
courant ne passe par les bobines.
M. Lugo, dans le but de rendre son téléphone apte
à de grandes distances, y a ajouté un condensateur.
Le téléphone a la construction primitive de Bell, mais
autour de la bobine sont passées un grand nombre de feuilles
d'étain en forme d'anneaux entrecoupés par des anneaux
en papier paraffiné. Ce condensateur circulaire est intercalé
dans le circuit comme shunt de la bobine et augmente, suivant l'inventeur,
l'intensité du magnétisme, en même temps qu'il détruit
les effets nuisibles de la charge statique de la ligne.
Dans le téléphone de M.
J. P. Thompson, les principes sur lesquels est basé l'instrument
sont très nettement indiqués.

La figure représente les parties essentielles de l'instrument
dans deux directions différentes. B est un fort aimant, devant
lequel peut osciller un électro-aimant A à deux bobines
a; leurs noyaux a2 sont réunis par la pièce en fer doux
a4 . L'axe a5 pivote dans des supports quelconques ; l'axe et l'électroaimant
sont séparés par une matière élastique a
3 . A l'un des noyaux est fixée une légère tige
c qui, par son autre extrémité, est fixée au diaphragme
d . Ce diaphragme peut consister en une matière non magnétique.
Le jeu de cet appareil aussi bien comme transmetteur que comme récepteur
est si facile à comprendre que nous n'avons pas besoin de nous
y arrêter. Ce téléphone est, au point de vue instructif,
l'un des mieux réussis.
M. Gishorne a, dans son téléphone, deux aimants
en fer à cheval qui forment une espèce de rectangle, les
pôles de même nom se touchant. On a donc, au milieu d'une
arrête longue, un pôle nord et vis-à-vis, un pôle
sud. Les pôles sont, à l'intérieur du rectangle,
munis de bobines avec noyau creux en fer doux, les bobines sont juxtaposées
et bien rapprochées l'une de l'autre. Entre elles vibre le diaphragme
qui a une armature dans son centre. Au moyen de vis les noyaux peuvent
être rapprochés ou éloignés et on a ainsi
le moyen d'équilibrer le système à volonté.
L'Administration suisse utilise de préférence un des systèmes
primitifs qui, par des améliorations continues et un travail
très soigné, est maintenant arrivé à une
haute perfection et ne le cède à aucun autre téléphone
qui nous soit connu. Il a la forme usuelle. La capsule est en ébonite;
l'aimant est formé de quatre lames d'acier chacune ayant 115mm
de longueur, 16mm de largeur et 3 mm d'épaisseur. Ce magasin
magnétique est surmonté, du côté de l'embouchure,
d'un cylindre en fer doux de 7 mm de diamètre et de 18mm de longueur
qui forme le noyau de la bobine. Cette dernière
se compose de 2500 tours d'un fil de cuivre qui a undiamètre
de 0 mm ,15. La résistance totale ne doit pas dépasser
100 ohms. Le pôle en fer doux qui sort de la bobine doit pouvoir
soulever un poids d'au moins 400 grammes. Le diaphragme en fer doux
a un diamètre de 57mm et une épaisseur de 0 mm ,25. Il
est fixé entre le couvercle et la capsule, sans anneau élastique,
à une distance de 0mm ,5 du diaphragme.
sommaire
L'un des types de téléphones les plus
intéressants est le téléphone
moléculaire.
Le phénomène a été découvert par
Page en 1837, qui a perçu des sons provenant d'électroaimants.
Il a été démontré par la suite que ces sons
étaient causés par une contrainte magnéto-mécanique.
Des récepteurs ont été fabriqués sur le
principe de la dilatation et de la contraction longitudinales d'un fil
de fer tendu, magnétisé par un cône. Peukert a réussi
à produire un son suffisamment fort avec le champ d'une grande
dynamo pour être entendu dans toute une pièce. Des sons
ont également été perçus provenant de télégraphes.
Ces sons semblent être de nature moléculaire et se distinguent
de ceux produits par un diaphragme mince.
Un ingénieux type de récepteur téléphonique
moléculaire, breveté par Field en 1880,
est illustré à la figure suivante :
 |
Ingénieux téléphone moléculaire,
fonctionnant grâce à l'action d'un fil conducteur
relié au centre du diaphragme.
Ce fil vibre en harmonie avec le courant de communication, sous
l'effet de l'action du noyau de l'aimant, qui se dilate et se
contracte au gré des variations du champ magnétique.
Son fonctionnement repose sur la production de
vibrations dans une plaque résonante ou un diaphragme,
obtenues par multiplication du mouvement induit par l'allongement
et la contraction d'une barre de fer entourée d'une bobine
de fil, sous l'effet d'un courant électrique d'intensité
variable traversant cette bobine.
Des pièces polaires angulaires mobiles sont en contact
avec la barre, comme indiqué, et un fil, fixé au
diaphragme, passe autour et au-dessus de ces pièces polaires
et est attaché à son autre extrémité
à un support fixe réglable. Ainsi, le mouvement
vibratoire longitudinal du noyau magnétique est fortement
amplifié par l'effet de levier des pièces polaires
et transmis au diaphragme par le fil.
|
Un appareil moléculaire intéressant, breveté
en 1882 par Lockwood, est présenté figure suivante
:

Brevet US22882 Transmitter-Lockwood-Bartlett-Molecular-
juin Brevet 2 419 du 15, 1880.
Ses principales caractéristiques résident dans la construction
de la membrane et le mode de transmission de l'électroaimant.
La membrane est en liège ou en un matériau équivalent
non résonant et non magnétique. Elle est munie d'un bouton
central en carbone, formant une surface abrasive et non magnétique
sur laquelle repose et agit le bras recourbé de l'aimant.
Ce dispositif permet de transmettre les perturbations de l'aimant, du
fil conducteur ou du circuit aux molécules de liège, qui
y sont propagées par action mécanique. Ainsi, les perturbations
du courant ou de la polarité de l'aimant sont transmises au liège
avec une intensité considérablement accrue, ce qui les
rend plus facilement et distinctement audibles.
Dans le groupe des microphones qui copient plus ou moins le Berliner,
nous mentionnons d'abord le téléphone à pendule
de MM. Thomas et Kummer.

Il La membrane P est munie dans son centre d'un bouton en charbon derrière
lequel se trouvent deux ou trois cylindres en charbon C t C 2 C 3 suspendus
à des pendules de différentes longueurs. Le contact entre
ces pièces de charbon est établi par un ressort F qui
aboutit à une petite hémisphère i en platine. (Par
l'emploi du contact en platine, ce microphone se rapproche aussi de
celui de Blake.)
En employant des pendules de différentes longueurs, les inventeurs
ont eu pour but d'éviter les oscillations de même durée
des pièces mobiles. Quelquefois, au lieu d'un seul bouton, la
membrane en porte 3, à chacun desquels correspond un pendule
d'une longueur différente.
Le microphone de M. Kaltofen a encore plus de ressemblance avec
celui de Berliner. Le charbon mobile est suspendu à un aimant
en forme de tige auquel est opposé une vis en fer doux qui sort
du centre du diaphragme et joue le rôle de l'armature de l'aimant.
Par l'attraction réciproque, le charbon mobile est pressé
légèrement contre le charbon fixe et cette pression peut
encore être réglée par un poids excentrique qu'on
peut déplacer le long de l'aimant. La seule différence
consiste donc dans le choix du moyen employé pour exercer la
pression. M. Berliner emploie la gravitation, M. Kaltofen l'attraction
magnétique.
Le microphone de M. Maiche,
(décrit dans la page les appareils)
l'Electrophone
Maiche
Il se distingue si peu de ceux de Berliner ou de Theiler qu'on ne peut
guère le considérer comme une nouvelle invention.
La membrane M peut être d'une matière élastique
quelconque. A son milieu est fixé un charbon cylindrique C qui
communique avec le pôle positif de la pile locale. Un second charbon
cylindrique C' est suspendu derrière le premier de manière
que les axes des deux cylindres se croisent à angle droit. Un
contrepoids P permet de régler la pression d'un charbon sur l'autre,
La construction du microphone de M.
Journaux (décrit dans la page les
appareils) est peu différente; deux crayons pointus en charbon
sont placés dans des tubes obliques et descendent, par leur propre
poids, contre la plaque en charbon qui est fixée sur la membrane.

Le courant passe d'un crayon à l'autre par l'intermédiaire
de la plaque en charbon, les deux points de contact influencent donc
simultanément la résistance totale du circuit téléphonique.
Le microphone de M. Dembinsky a la forme d'un
pupitre comme le microphone Ader. A la place
de la membrane se trouve un tissu métallique qui laisse entrer
les ondes sonores dans l'intérieur de la boîte. Dans cet
intérieur sont placés deux étages de charbons cylindriques
croisés et assis sur des planches minces en bois de résonnance.
Une planche analogue, avec deux trous rappelant ceux du violon et munie
de cordes métalliques, se trouve au fond de la boîte et
est censée en renforcer l'effet.
M. G. Montanus a indiqué quelques améliorations
de la forme du microphone Crossley qui est connu sous le nom d'Ader
et qui est principalement employée par la Société
générale des téléphones à Paris.
Autour de la planchette vibrante en bois il y a un espace qui communique
avec l'intérieur de la caissette et qui empêche les vibrations
de cette dernière. Les charbons cylindriques mobiles sont pourvus
de petites goupilles placées verticalement à l'axe des
charbons. Ces goupilles empêchent par leur poids la rotation des
charbons, et par ce moyen l'inventeur veut supprimer les
crachements du microphone. Le même but est obteuu pas M. Hegelmann
qui donne aux charbons mobiles des pivots excentriques.
Dans le microphone de M. Sasserath, deux charbons cylindriques
a et b sont fixes et font contact d'un côté avec le diaphragme,
de l'autre côté avec le fond métallique de la boîte.

Le charbon c est supporté par une lame flexible h avec bride
élastique h Le diaphragme qui, par un anneau en caoutchouc est
isolé de la boîte, est en communication avec la pile par
le fil r, et le courant est obligé de passer par les trois cylindres
en charbon pour arriver à la boîte métallique et
de là à la borne r'.
Un microphone plutôt instructif, qui entre aussi dans cette catégorie,
est celui de MM. Colacicchi et Marini (Descrizione del micro-telefono
didattico. Rome, Sinimberghi, 1884), il a ceci de particulier que toutes
les parties de l'instrument sont à découvert et se prêtent
par conséquent bien à la démonstration. Les charbons
sont arrangés en étoile autour d'un bloc en charbon central
et pivotent à la périphérie dans deux demi-cercles
en charbon, desquels partent les fils du circuit. Tout l'arrangement
est élégant et soigné.
MM. Hartmann et Braun placent la pastille de charbon excentriquement
au ressort pour qu'on puisse la tourner quand un point est usé.
Par ce moyen on peut utiliser tout un cercle de la surface de la pastille
avant d'être obligé de lui donner une nouvelle surface
polie ou de la remplacer.
Dans le microphone Huiler, le contact en platine qui est fixé
au milieu du diaphragme communique avec l'un des bras d'un levier dont
l'autre bras communique par un ressort que l'on peut régler,
avec la lame supportant la pastille en charbon. Par ce levier double
la grandeur de la variation du contact entre le platine et le charbon
est doublée, car au moment où le platine est poussé
vers le charbon, le levier opposé faisant un mouvement en sens
inverse, attire le charbon contre le platine.
Un groupe important par le nombre de microphones qui y figurent et par
les bons résultats qu'on obtient,est celui où le contact
variable est établi par une matière granulée.
M. d'Argy a composé
un microphone de ce genre (décrit dans la page les
appareils), s'inspirant des idées émises par M.
Bourseul.
Entre deux plaques de charbon se trouve une couche mince de poudre de
coke ; en parlant contre une des plaques de charbon assez mince pour
qu'elle se mette en vibration, on produit, dans la poudre de coke, des
changements de pression qui font varier la résistance du circuit
microphonique. Au lieu d'une plaque de charbon, on peut prendre un morceau
de bois de résonnance ou autre matière élastique
et y coller une plaque mince de charbon ou seulement du charbon granulé.
Ce microphone est dû à M. d'Argy , auquel il a été
inspiré par le dispositif de M. Bourseul
.
Gravures issues du document
"les téléléphones
à haute voix"

Mildé-D'Argy
Un microphone analogue est celui de M. le Dr Hipp.
La figure en donne une coupe
verticale vue de côté.
La partie essentielle est la planche B B qui en g a un trou cylindrique.
Parallèlement aux plans verticaux de la planchette, la partie
creusée est couverte, de chaque côté, d'une membrane
en parchemin, de sorte qu'on obtient une espèce de capsule cylindrique.
Les surfaces intérieures des membranes en parchemin sont en partie
couvertes de feuilles de platine m. La capsule cylindrique g contient
une matière granulée dont la composition est le secret
dé l'inventeur. Cette matière fait contact avec avec les
deux feuilles de platine auxquelles sont soudés les fils qui
conduisent à la pile et sur la ligne. La capsule cylindrique
est entourée d'un bocal avec creux parabolique, de sorte que
les deux membranes sont en communication directe avec ce creux. E est
l'embouchure dans laquelle on parle, mais les ondes sonores n'arrivent
pas directement aux deux membranes; elles sont interceptées par
une membrane W en parchemin. L'action des ondes acoustiques est ainsi
doublée et on peut, par cette raison, appeler l'instrument un
microphone à double effet.
En 1882, la United Telephone
Company a poursuivi Harrison Cox-Walker Ltd pour contrefaçon
des brevets de Bell Edison qu'elle détenait. Hunnings est apparu
comme témoin pour démontrer avec succès que la
conception de son microphone était distincte de celle d'Edison,
mais le récepteur Cox-Walker était perçu comme
une copie de la conception d'Edison. Après de nombreuses querelles
juridiques, le brevet Hunnings a été vendu à UTC
pour 1 000 £. On ne savait pas alors quel rôle jouerait
le microphone en carbone dans le développement du téléphone,
mais avec de légères modifications pour éviter
l'emballage des granules, la conception de Hunnings est devenue la forme
dominante d'émetteur téléphonique pendant 100 ans.
Deux autres émetteurs fonctionnant sur un principe
similaire étaient les émetteurs Crossley et Johnson.
(décrits dans la page les appareils)
Tous deux utilisaient des crayons de carbone dont la résistance
variait en fonction de la pression exercée par l'utilisateur
sur une fine membrane de bois, sous laquelle était fixée
une extrémité de chaque crayon.
L'émetteur Johnson
était similaire en ce sens qu'il ne nécessitait aucun
réglage, (décrit dans la page les
appareils)
ce qui lui conférait un avantage pratique par rapport aux appareils
Blake. Il n'utilisait que deux crayons de carbone, alors que la plupart
des émetteurs basés sur le même principe que le
Crossley en utilisaient autant que possible. L'avantage était
que, bien que davantage de crayons puissent produire un son plus fort,
cela ne fonctionnait que lorsque les variations de courant produites
par chaque crayon se renforçaient mutuellement, sans interférence.
La simplicité du modèle à deux crayons de Johnson
le rendait plus robuste et réduisait les risques de distorsion
de la parole transmise. L'inventeur, William Johnson, était directeur
de la Sheffield Telephone Exchange and Electric Light Company de John
Tasker, et son émetteur fut largement utilisé par la compagnie
de Sheffield sur son central téléphonique et sur les lignes
privées installées dans tout le pays, remplaçant
les appareils Crossley.

Au centre et à droite Téléphones avec microphone
Johnson, fabriqué par Tasker, Sons and Company pour la Sheffield
Telephone Exchange and Electric Light Company,
M. Berliner aussi (décrit
dans la page les appareils) , qui s'est
fait connaître par son microphone à charbon suspendu, a
construit dernièrement un microphone à graphite granulé
qui donne de très bons résultats. Les parties essentielles
de ce microphone, d'une construction relativement simple, sont réunies
dans une capsule cylindrique en bois de 7 cm de diamètre et de
3 cm de hauteur. Le diaphragme occupe le fond de la capsule et est placé
horizontalement. Il consiste en un charbon artificiel et dur d'un diamètre
de 5cm et d'une épaisseur de 0mm ,85. Au centre, sur un espace
circulaire d'environ 2 cm de diamètre, le diaphragme est percé
de 14 à 15 petits trous de Omra ,5 de diamètre. Au dessus,
mais à une distance insignifiante du diaphragme, est appliqué
un bloc cylindrique en charbon de 35 mm de diamètre et d'environ
15 mm de hauteur. La face de ce cylindre qui est vis-à-vis du
diaphragme est sillonnée de trois rainures concentriques et profondes,
de sorte que le cylindre s'approche du diaphragme par des arêtes
circulaires aiguës. L'espace entre le cylindre et le diaphragme
est rempli de graphite granulé. Un manteau en feutre qui enveloppe
le cylindre et touche le diaphragme empêche le graphite de sortir
du cercle qui lui est assigné, et un petit tube de gomme de Para
qui presse légèrement sur le centre du diaphragme, adoucit
les vibrations de ce dernier. Au fond de la capsule est fixé
un tube en caoutchouc qui s'épanouit en forme d'entonnoir et
dans lequel on parle.
M. Ochorowich dont nous avons déjà discuté
le téléphone, a aussi inventé un microphone à
matière granulée où la chaleur qui se développe
pendant le passage du courant d'une pile Leclanché de 5 éléments,
paraît jouer un certain rôle.
Les microphones à matières pulvérulentes
se font remarquer par deux particularités.
D'un côté ils ne possèdent aucun arrangement de
réglage, et ne se dérèglent pas, mais il arrive
quelquefois que les poudres se tassent et que par conséquent
le microphone cesse de fonctionner. Dans ce cas on peut généralement
remédier au défaut en secouant le microphone. D'un autre
côté, plusieurs de ces microphones donnent des résultats
satisfaisants sans bobine d'induction et permettent par conséquent
une installation simplifiée dans ce sens qu'on peut supprimer
la pile microphonique chez l'abonné, en la plaçant à
la station .centrale où la surveillance est beaucoup plus facile.
Nous citons spécialement le microphone Hipp qui souvent est installé
de cette façon.
Dans le but de renforcer les effets du microphone, on a essayé
de multiplier les variations du courant par des bobines d'induction
doubles et par d'autres actions doubles. Il y a une série de
microphones qui se rangent facilement dans cette catégorie.
Le microphone de M. Freeman, rappelle dans ses parties essentielles
celui de Blake; a a est le diaphragme qui presse sur le levier à
deux bras b c, dont le centre fixe est en d. En b et c deux contacts
de platine pressent sur les pastilles en charbon e et f.

La bobine d'induction J se compose de trois couches différentes
de spires. Celles du centre qui entourent directement le noyau en fil
de fer doux, se composent d'un petit nombre de tours en fil gros; elles
forment une partie du circuit primaire. Vient ensuite le circuit secondaire
h avec fil fin et un grand nombre de tours, et les spires extérieures
i portent de nouveau le caractère de celles du centre, elles
forment la seconde partie du circuit primaire. La bobine est enveloppée
d'une calotte en fer doux qui produit sur les spires i le même
effet que le noyau sur les spires g. Le fil secondaire h est en communication
d'un côté avec la ligne L dans laquelle est intercalé
le téléphone T, de l'autre côté avec la terre.
Dans les fils primaires est intercalé la pile locale P, de façon
que deux circuits indépendants se forment l'un sur le chemin
P g e b m P, l'autre sur le chemin P i f c m P. Quand le diaphragme
vibre, les résistances de ces deux circuits sont alternativement
augmentées et diminuées, l'augmentation de l'un correspond
toujours à la diminution de l'autre. Un affaiblissement du courant
en g est donc toujours accompagné d'un renforcement en i et vice-versa.
Ces variations de courant agissent en sens inverse sur le circuit secondaire
h, leurs effets s'additionnent par conséquent et l'effet total
est augmenté.
L'inventeur croit que dans son système ce sont des courants intermittents
qui opèrent la reproduction de la parole, mais nous sommes de
l'avis qu'il se trompe sous ce rapport et qu'ici aussi, comme presque
toujours, il s'agit de courants ondulatoires, sans interruption complète
du circuit.
L'idée de M. Freeman a trouvé une autre solution
heureuse dans le système de la Société
générale des téléphones à
Paris.
Le microphone de M. Shaw est d'un genre analogue. Les deux contacts
sont fixés à une légère tige magnétique;
la pression plus ou moins forte peut se régler au moyen de vis
magnétiques qui s'approchent des pôles de la tige. Le diaphragme
est supprimé et au fond de l'embouchure on trouve à sa
place un bouchon en liège.
La figure en démontre les dispositions d'une manière schématique,
a a est le diaphragme, b et c sont deux blocs en charbon, l'un, b, est
directement fixé sur le centre du diaphragme, l'autre, c, est
fixé au premier au moyen du cerceau d en matière non conductrice;
les deux charbons, quoique séparés l'un de l'autre, sont
donc solidaires avec le diaphragme et suivent les mouvements de ce dernier.
Entre les deux charbons descend un cône métallique e qui,
étant suspendu convenablement, a une position indépendante
des charbons. Il est clair que si le diaphragme reçoit un choc
de gauche à droite, la pression entre & e te est augmentée,
celle entre c et e diminuée. Les effets contraires se produisent
si le centre du diaphragme se meut de droite à gauche. Les charbons
et le bloc métallique sont en communication avec trois hélices
différentes de la bobine d'induction J, et il se forme deux circuits
primaires P m n i b e h l P et P m o s c e h P dans lesquels le courant
de la pile traverse en sens inverse la bobine d'induction. L'effet sur
le fil secondaire serait donc nul si les variations étaient les
mêmes dans les deux circuits primaires, mais puisqu'elles sont
diamétralement opposées les unes aux autres l'effet est
doublé, t est la terre, l la ligne et T le téléphone
intercalé.
Dans le but d'éluder les brevets existants, on a inventé
une série de microphones sans diaphragme.
Nous mentionnons spécialement les idées de MM. Thompson,
Jolin et Drawbaugh.
MM. Thompson et Jolin ont
construit un téléphone (appelé valve transmitteur)
dans lequel l'aimant est remplacé par un électro-aimant
boiteux.
Le pôle qui n'est pas muni de bobine s'épanouit et entoure
la bobine. Le diaphragme est une membrane non magnétique sur
laquelle est fixée une armature circulaire.
Pour la petite histoire : En 1884, Silvanus
Phillips Thompson, professeur de physique à lUniversity
College de Bristol, et Philip Jolin, ingénieur électricien
également à Bristol, tentèrent de contourner les
restrictions de brevets de lUnited Telephone
Company en coinventant un nouvel appareil téléphonique.
Ils cherchèrent notamment à éviter lutilisation
dun diaphragme pour capter la voix de linterlocuteur, protégé
par le brevet de lémetteur Edison. Thompson et Jolin utilisèrent
à la place une petite bille métallique reposant sur trois
broches en carbone, au sommet dun tube vertical creux. Lorsque
lutilisateur parlait dans un embout buccal situé à
la base du tube, sa voix était transmise directement à
la bille. Les mouvements de la bille et son contact variable avec les
broches modifiaient alors la résistance du circuit et permettaient
ainsi la transmission de la parole.


 |
L'embout buccal débouchait sur un tube
courbé vers le haut, un peu comme le Berliner. Au sommet
du tube, trois crayons de carbone montés sur un trépied
supportaient une boule de carbone. La pression des ondes sonores
sur la balle fournissait la résistance variable nécessaire.
Ce style a été baptisé « Microphone
à Valve ». (micro sans diaphragme)
Le microphone de MM. Thompson et Jolin
est représenté en coupe verticale par la fig. 17.F
F' est un cylindre vertical, en charbon par exemple, qui en haut
est plus ou moins fermé par une boule E également
en charbon. Quand on parle dans l'embouchure h, les ondes sonores
passent par le tube H et près de D frappent contre la boule
et font varier le contact entre cette dernière et le cylindre.
Ce contact est intercalé d'une manière ou d'une
autre dans le circuit primaire de la bobine d'induction. Quelquefois
les inventeurs remplacent la forme de la boule par celle d'une
poire. Comme matière pour la boule ou poire, on a essayé
différents corps. Outre le charbon, le bronze sélénieux
paraît donner les meilleurs résultats. La reproduction
est faible mais claire. La bobine d'induction que les inventeurs
emploient est construite dans le genre de celle de la figure 16.
Le microphone est intercalé dans l'un des deux circuits
primaires, et dans l'autre est intercalé une résistance
artificielle d'une valeur à peu près égale
à celle du microphone. Le circuit primaire ne peut jamais
subir une interruption complète et par conséquent
il ne peut pas se produire des étincelles, d'où
il résulte que le microphone ne peut pas avoir de crachements.
Il n'y avait pas de diaphragme en tant que tel,
on a donc pensé que cela fonctionnerait autour des brevets
Hughes et Edison. La National Telephone Company, qui détenait
les brevets britanniques pour les émetteurs Bell, Edison,
Crossley, Blake et Hunnings, n'était pas d'accord. Les
tribunaux britanniques ont également statué que
la boule de carbone était un diaphragme et qu'ils violaient
ainsi les brevets. Ils ont également exclu l'émetteur
Swinton pour les mêmes raisons : le cadre
et le fil formaient eux-mêmes un diaphragme. La situation
juridique était confuse car d'autres modèles étaient
également proches de la contrefaçon et certains
brevets eux-mêmes étaient susceptibles d'être
contestés. La situation aux États-Unis nétait
pas si confuse, puisque les brevets pour la plupart des émetteurs
pratiques appartenaient à une seule société
: Bell.
|
Des témoignages indiquaient que les appareils fonctionnaient
bien sur les longues lignes privées, et la revue The Electrician
notait en 1887 leur efficacité contre les interférences
inductives : utilisés sur un fil longeant une voie ferrée
électrique, les bruits parasites qui rendaient inutilisables les
appareils Bell précédemment utilisés ne posaient
plus problème.
En effet, en produisant le téléphone Thompson démontrait
sa solution aux problèmes de clarté de la conversation.
Cet appareil offre ainsi un aperçu des discussions qui animaient
les techniciens de l'époque, cherchant à améliorer
la téléphonie. Dans une communication présentée
à la Société des ingénieurs télégraphistes
et électriciens en janvier 1887, Thompson émettait l'hypothèse
que la solution pour réduire les bruits de fond et les interférences
inductives qui perturbaient tant la communication sur la plupart des téléphones
consistait à diminuer la sensibilité du récepteur
et à augmenter la puissance de l'émetteur, masquant ainsi
efficacement les bruits inductifs. Cependant, William Preece était
d'un avis contraire : selon lui, la solution résidait dans
de meilleurs fils, et non dans de meilleurs appareils. Ce téléphone
illustre ainsi la manifestation concrète non seulement des tentatives
de contourner le monopole des brevets de l'UTC, strictement réglementé,
mais aussi d'un débat technique alimenté par la nécessité
d'améliorer la clarté de la parole pour les utilisateurs.
Son utilisation fut cependant de courte durée, car en 1889, l'UTC
obtint gain de cause, l'accusant de contrefaçon et exigeant la
restitution de tous les téléphones par leurs propriétaires...
Dans le microphone de M. Drawbaugh,
le contact variable est aussi formé par une boule reposant sur
un support en forme d'anneau, mais ce dernier est fixé au centre
d'un diaphragme d'où partent les vibrations.
1861
Modèle plus tardif de Drawbaugh
Le téléphone M. Hophins place son diaphragme horizontalement.
Au dessus s'élève le cornet courbé dans lequel on
parle. Au dessous le diaphragme porte un disque en charbon contre lequel
un autre disque en charbon est pressé par du mercure dans lequel
plonge la tige légère du second disque. On peut régler
la pression en élevant ou abaissant le niveau du mercure.
Téléphones du colonel Navez.
Le colonel d'artillerie belge Navez, l'auteur du chronographe balistique
bien connu, a cherché à perfectionner le téléphone
d'Edison en employant plusieurs disques de charbon au lieu d'un seul.
Suivant lui, les variations de résistance électrique produites
par les disques de charbon, sous l'influence de pressions inégales,
dépendent surtout de leur surface de contact, et il croit en
conséquence que plus ces surfaces sont multipliées, plus
les différences en question sont considérables, comme
cela a lieu quand on polarise la lumière avec une pile de glaces.
Les meilleurs résultats ont été obtenus par lui
avec une pile de douze rondelles de charbon. «Ces rondelles, dit-il,
agissent bien par leurs surfaces de contact, car il suffit de les séparer
par des rondelles d'étain interposées, pour détruire
toute articulation de la parole reproduite
29
30
Pour éteindre les vibrations musicales nuisibles qui accompagnent
les transmissions téléphoniques, M. Navez emploie, comme
lame vibrante du transmetteur, une lame de cuivre recouverte d'argent,
et pour lame vibrante du récepteur, une lame de fer doublée
d'une plaque de laiton, le tout soudé ensemble. Il emploie d'ailleurs
des tubes de caoutchouc munis d'embouchures et de conduits auriculaires,
pour la transmission et la réception des sons, et les appareils
sont disposés à plat, sur une table. À cet effet,
le barreau aimanté du téléphone récepteur
est alors remplacé par deux aimants horizontaux agissant par
un pôle de même nom sur un petit noyau de fer qui porte
la bobine et qui se trouve placé verticalement entre les deux
aimants. Il emploie naturellement une petite bobine de Ruhmkorff, pour
transformer l'électricité de la pile en électricité
d'induction.
Les figures représentent les deux parties de ce système
téléphonique. La pile de charbon est en C, fig. 29; la
lame vibrante en LL, et l'embouchure E, adaptée à un tube
en caoutchouc TE, correspond par le dessous à la lame vibrante.
La pile de charbons est réunie métalliquement au circuit
par une tige de platine EC, et la lame vibrante communique également
au circuit par l'intermédiaire d'un bouton d'attache. Dans le
téléphone récepteur, fig. 30, la partie supérieure
est disposée à peu près comme dans les téléphones
ordinaires; seulement, au lieu d'une embouchure, on a adapté
à l'appareil un conduit auriculaire TO. Les deux aimants qui
communiquent une polarité uniforme au noyau de fer N portant
la bobine d'induction B, sont en A, A' et ont la forme de fers à
cheval; on en voit un en coupe en D du côté droit, et l'autre
ne montre en C que la courbe du fer à cheval. Les deux boutons
d'attache de ce récepteur correspondent aux deux extrémités
du fil induit de la bobine d'induction supplémentaire, et les
deux boutons d'attache du transmetteur correspondent aux deux bouts
du fil primaire de cette bobine et à la pile qui est interposée
dans le circuit près de cet appareil.
Téléphones de MM. Pollard et Garnier.
Le téléphone à pile construit par MM. Pollard
et Garnier est différent de ceux qui précèdent,
en ce qu'il met simplement à contribution deux pointes de mine
de plomb portées par des porte-crayons métalliques, et
que ces pointes sont appliquées directement contre la lame vibrante
avec une pression qui doit être réglée.
Cette figure représente
la disposition qu'ils ont adoptée, et qui du reste peut être
variée d'une infinité de manières.
LL est la lame vibrante en fer-blanc au-dessus de laquelle se trouve
l'embouchure E, et P, P' sont les deux pointes de graphite munies de
leur porte-crayons. Ces porte-crayons portent à leur partie inférieure
un pas de vis qui, étant engagé dans un trou fileté
pratiqué dans une plaque métallique CC, permet de serrer
plus ou moins les crayons contre la lame LL. Cette plaque métallique
CC est composée de deux parties juxtaposées qui, étant
isolées l'une de l'autre, peuvent être mises en rapport
avec un commutateur cylindrique au moyen duquel on peut disposer le
circuit de diverses manières. Ce commutateur étant pourvu
de cinq lames, permet de passer presque instantanément d'une
combinaison à l'autre, et ces combinaisons sont les suivantes:
1 Le courant entre par le crayon P, passe dans la plaque et de là
dans la ligne;
2 Le courant arrive par le crayon P', passe dans la plaque et de là
dans la ligne;
3 Le courant arrive à la fois par les crayons P et P', se rend
dans la plaque et de là à la ligne;
4 Le courant arrive par le crayon P, va de là à la plaque,
puis dans le crayon P', et de là à la ligne.
On a donc de cette manière deux éléments de combinaison
que l'on peut utiliser séparément ou en les associant
en tension ou en quantité.
Lorsque les crayons sont bien réglés et donnent une transmission
bien régulière et de même intensité, on peut
étudier facilement les effets produits quand on passe de l'une
des combinaisons à l'autre, et l'on constate: 1 que pour un circuit
court, il n'y a pas de changement appréciable, quelle que soit
la combinaison employée; 2 que quand le circuit est long ou présente
une grande résistance, c'est la combinaison en tension qui a
l'avantage, et cela d'autant plus que la ligne est plus longue.
Ce système téléphonique, comme du reste les deux
précédents, met à contribution une machine d'induction
pour transformer les courants voltaïques en courants induits; nous
parlerons plus tard de cet accessoire important de ces sortes d'appareils.
Quant au téléphone récepteur, la disposition adoptée
par MM. Pollard et Garnier est à peu près celle de Bell.
Seulement ils emploient des lames de fer-blanc et des hélices
beaucoup plus résistantes. Cette résistance est, en effet,
de cent cinquante à deux cents kilomètres. «Nous
avons toujours reconnu, disent ces messieurs, que quelle que soit la
résistance du circuit extérieur, on a avantage à
augmenter le nombre des tours de spires, même en faisant usage
du fil no 42, qui est celui que nous avons employé de préférence.»
Téléphone à réaction
de M. Hellesen
M. Hellesen pensant que les vibrations produites par la voix sur un
transmetteur téléphonique à charbon, devaient se
trouver amplifiées si la pièce mobile du rhéotome
était soumise à une action électro-magnétique
résultant de ces vibrations elles-mêmes, a combiné
un transmetteur fondé sur ce principe representé ci dessous
, et qui a l'avantage de constituer lui-même l'appareil d'induction
destiné à transformer les courants voltaïques employés.

Cet appareil se compose d'un tube de fer vertical appuyé sur
une masse magnétique NS et entouré d'une bobine magnétisante
BB au-dessus de laquelle est adaptée une hélice d'induction
en fil fin II, mise en communication avec le circuit. À l'intérieur
du tube, se trouve un crayon de plombagine C, disposé dans un
porte-crayon qui peut être élevé ou abaissé
au moyen d'une vis de rappel V adaptée au dessous de la masse
magnétique. Enfin, au-dessus de ce crayon, est fixée une
lame vibrante en fer LL, qui est munie à son centre d'un contact
de platine communiquant à la pile; le circuit local est alors
mis en rapport avec le crayon par l'intermédiaire de l'hélice
magnétisante B, dont un bout est à cet effet soudé
sur le tube de fer.
Il résulte de cette disposition que les vibrations de la lame
LL, au moment de leur plus grande amplitude du côté du
crayon, tendent à s'amplifier par suite de l'action attractive
exercée sur la plaque, et la pression sur le graphite devenant
plus forte, accroît les différences de résistance
qui en résultent et, par suite, détermine des variations
plus grandes dans l'intensité des courants transmis.
Téléphone à réaction de MM. Thomson et Houston.
Appareil à peu près semblable au précédent,
la disposition téléphonique que nous venons de décrire
a été reprise dernièrement par MM. Elihu Thomson
et Edwin. J. Houston qui, dans l'English mechanic and World of science
du 21 juin 1878, c'est-à-dire deux mois après que M. Hellesen.
Dans cet appareil, en effet, le courant qui passe à travers le
corps médiocrement conducteur, anime un électro-aimant
muni d'une bobine d'induction, et cet électro-aimant réagit
sur le diaphragme pour augmenter l'amplitude de ses vibrations et créer
en même temps deux actions électriques agissant dans le
même sens; seulement la disposition du contact du mauvais conducteur
avec la lame vibrante est un peu différente. Au lieu d'un simple
contact par pression effectué entre cette lame et un crayon de
charbon, c'est un petit fragment de cette matière, taillé
en pointe, qui est fixé sur la lame vibrante et qui plonge dans
une gouttelette de mercure versée au fond d'une cavité
pratiquée à l'extrémité supérieure
du fer de l'électro-aimant. La disposition de l'appareil est
d'ailleurs la même que celle d'un téléphone ordinaire,
et c'est la tige de fer de l'électro-aimant qui représente
le barreau aimanté du téléphone Bell. Suivant les
auteurs, cet appareil peut être employé comme transmetteur
et comme récepteur, et voici comment les effets se produisent
dans les deux cas.
Quand l'appareil transmet, le fragment de charbon plonge plus ou moins
dans le mercure, et par suite des différences qui se produisent
dans les surfaces de contact suivant l'amplitude des vibrations de la
lame, le courant subit des variations d'intensité en rapport
avec ces amplitudes, et de ces variations résultent, dans la
bobine d'induction, des courants induits, qui réagissent sur
le téléphone récepteur comme dans l'appareil Bell,
et qui sont encore renforcés de ceux qui sont produits magnéto-électriquement
par le mouvement du diaphragme devant la bobine d'induction et le fer
de l'électro-aimant.
Quand l'appareil est employé comme récepteur, les effets
ordinaires se manifestent, car le fer de l'électro-aimant étant
aimanté par le courant, se trouve exactement dans les conditions
des téléphones Bell ordinaires, et les courants induits
lui arrivent de la même manière, seulement plus intenses.
MM. Thomson et Houston prétendent que ce système a fourni
des résultats excellents et que le son de la voix y est beaucoup
moins altéré que dans les autres téléphones.
M. Miles a, dans son microphone, remplacé les charbons
par deux plaques de calcopyrite qui ne s'oxydent pas. Les deux plaques
inclinées forment un angle d'environ 110° et se touchent
par deux arêtes. Le diaphragme est supprimé et l'ensemble
de l'arrangement est des plus simples.
M. Boisard a trouvé qu'une mince plaque en verre qu'on
met à la place du bois de résonnànce (du microphone
Ader, par exemple) améliore sensiblement l'articulation, qui
est plus nette qu'avec le bois et le verre et n'est jamais voilée.
Les transmetteurs comme les récepteurs ont ceci
de particulier qu'il est difficile de les comparer d'une manière
exacte comme on compare par exemple les forces électro-motrices
de deux piles ou la force mécanique des moteurs.
Les appréciations restent toujours individuelles; un observateur
trouve ce système meilleur, un second donne la préférence
à un autre et il est rare que plusieurs personnes puissent se
mettre d'accord sur la supériorité d'un système.
C'est d'ailleurs un fait admis qu'un certain nombre de systèmes
microphoniques donnent à peu près les mêmes résultats
et que les minimes différences qui existent toujours ne puissent
être discernées par une oreille peu exercée.
M. le Professeur Charles K. Cross a essayé d'expérimenter
les microphones d'une manière objective.
A cet effet il a fait passer les courants qui se produisent dans
le fil secondaire par un dynamomètre très sensible
de Kohlrausch dont la résistance était de 206 ohms. Les
expériences se portaient sur les voyelles a, 0, u, i et sur le
son d'un tuyau d'orgue donnant 512 vibrations à la seconde.
Les microphones expérimentés étaient ceux dEdison,
de Blake et de Hunnings.
Le tableau suivant donne les résultats obtenus en milli-ampères.

Ces chiffres nous démontrent clairement que l'ancien microphone
Edison à pastille de noir de fumée, quoique sa reproduction
soit très nette, donne des résultats relativement faibles
et que le microphone Hunnings est remarquable par la force des reproductions.
Il confirme ce que nous avons déjà dit plus haut, que
les microphones à matière granulée se rangent parmi
les meilleurs des microphones connus.
Petit bilan des transmetteurs granulaires dans las
années 1910
Dans les transmetteurs à charbon granulaire,
de nombreux problèmes ont été rencontrés
avec ce que l'on appelle communément le « tassement ».
Ce phénomène consiste en ce que les granules adoptent
entre eux une relation telle qu'ils forment une masse plus ou moins
compacte, empêchant ainsi le diaphragme de vibrer correctement
et ne jouant pas le rôle de milieu de résistance variable
aux vibrations dont il est capable. Cela peut être dû à
diverses causes. Parfois, lorsque les granules sont de tailles variables,
et notamment lorsqu'ils sont mélangés à une quantité
considérable de poussière fine, ils ont tendance à
s'organiser en couches selon leur taille, les plus petites se dirigeant
vers le bas. Dans cet état, la masse entière de granules
peut devenir très compacte, notamment au fond de la chambre,
la poussière fine tendant à remplir presque entièrement
les interstices entre les particules plus grosses. Une cause probablement
plus fréquente de bourrage est le coincement de quelques granules
entre les électrodes avant et arrière, empêchant
ainsi la vibration de l'électrode avant. Parfois, en réponse
à une onde sonore très forte, alors que le diaphragme
est à la limite de sa course de retour et que les électrodes
sont donc à la plus grande distance possible, la masse de granules
se dépose momentanément entre les électrodes, empêchant
le diaphragme de revenir à sa position initiale.
Ce phénomène peut être démontré sur
presque tous les émetteurs à charbon granulaire en plaçant
fermement les lèvres contre l'embouchure et en inspirant afin
de tirer le diaphragme vers l'avant. Une fois la pression relâchée,
l'instrument sera probablement complètement inactif.
Il s'agit d'une astuce fréquemment utilisée par les vendeurs
pour déstabiliser l'émetteur d'un concurrent. Pour éviter
en grande partie le risque de bourrage, la plupart des fabricants percent
désormais un trou sur le côté des embouchures, près
de la base, ou pratiquent des fentes dans l'embouchure près de
sa base afin d'empêcher la formation d'un vide partiel devant
la membrane. Presque tous les émetteurs, une fois bourrés,
peuvent être remis en état de marche par un coup sec, comme
avec le poing. Certains émetteurs, notamment ceux dont la chambre
est montée sur la membrane, comme le transmetteur Kellog, se
décompactent progressivement sous l'action des ondes sonores
émises lors de la parole. Cela est dû au fait que la chambre
entière vibre avec la membrane, ce qui a tendance à secouer
les granules plus efficacement que lorsque l'électrode avant
vibre seule. Afin d'éviter le bourrage, diverses formes de granules
de carbone ont été utilisées, notamment celles
de forme sphérique. Aucune de ces méthodes ne s'est toutefois
révélée aussi efficace en pratique que les formes
irrégulières obtenues par le simple broyage des charbons.
Il convient toutefois de veiller à obtenir des granulés
de taille uniforme, en n'acceptant que ceux qui passent à travers
un tamis à mailles d'une certaine taille et ceux qui ne passent
pas à travers un tamis à mailles légèrement
plus petites.
Avant que les transmetteurs n'atteignent leur perfection actuelle en
termes de conception et de construction, de nombreuses tentatives ont
été faites pour éviter le tassement au moyen d'agitateurs
mécaniques, dont certains fonctionnaient automatiquement. Un
type d'agitateur, largement utilisé, permettait de faire tourner
toutes les pièces de l'émetteur, y compris le boîtier
extérieur, par simple rotation de l'embout. Le transmetteur Western
était autrefois disposé de cette manière, ce qui
permettait de le retourner pour le remettre en place en cas de panne,
permettant ainsi aux granulés de se réorganiser. Une autre
solution pour obtenir automatiquement le même résultat
consistait à prévoir un mécanisme permettant de
faire tourner l'émetteur petit à petit, à chaque
coup du crochet de l'interrupteur. Un cliquet était monté
sur le pourtour du boîtier de l'émetteur, engagé
par un cliquet porté par le crochet de l'interrupteur. Tous ces
dispositifs se sont avérés inutiles et ont été
abandonnés. Ils reposaient sur des principes erronés,
leur objectif étant de corriger un problème plutôt
que de le prévenir. De plus, ils introduisaient une complexité
inutile que toute la tendance du progrès téléphonique
vise à éliminer.
Tardivement lL'Émetteur à induction
de Turnbull et Warnke
Bien que l'émetteur à induction de Bell ait finalement
été remplacé dans les téléphones
commerciaux, le concept de Bell était solide, et
une variante très importante de ce modèle est apparue
plus tard dans des applications militaires et industrielles.
Cet émetteur à induction a été conçu
par Arthur Turnbull et Herbert Warnke dans les années 1930
et est toujours utilisé par la marine américaine.
Il est similaire au récepteur à armature magnétisée
de Nathaniel Baldwin. Turnbull et Warnke ont obtenu un brevet pour leur
conception en 1941.
La figure
illustre l'émetteur Turnbull, utilisé de manière
limitée aux États-Unist.
Sur cette figure, A représente le diaphragme en bois fin, au
dos duquel est monté le support, B.
Pivotant sur une tige b, portée par ce support, se trouvent plusieurs
tiges de carbone ou pendants a, qui reposent à leur extrémité
inférieure contre une tige de carbone c, portée par un
support C, également monté sur le diaphragme. Les tiges
b et C constituent les bornes du transmetteur, et le courant passe de
l'une d'elles à travers les pendants en carbone, de manière
multiple, vers l'autre. Les variations de résistance se produisent
principalement au niveau des contacts entre la tige C et les pendants
a, bien qu'il existe un effet supplémentaire entre les pendants
et la tige de support b, en particulier si cette dernière est
en carbone.
Daté du 10 juin 1941 : « Telephone Instrument »
Arthur Turnbull, Jr., et Herbert R. Warnke, brevet n° 2 245 511,
; demande déposée le 4 décembre 1937.

Transmitter from a U.S. Navy H-203/U handset.
Ce modèle plus moderne utilise deux aimants en barre, comme le
montre une vue partiellement démontée de la figure cidessus.
Les aimants sont constitués d'un alliage d'aluminium-nickel,
dont les propriétés magnétiques dures sont supérieures
à celles de l'acier à haute teneur en carbone classique.
Les pièces polaires et l'armature sont constituées d'un
acier au silicium, dont les propriétés magnétiques
douces sont supérieures à celles du fer. La figure 2-4
présente une coupe centrale des pièces actives, vue de
côté (à l'endroit, bien sûr). Une bobine simple
est enroulée autour d'une bobine tubulaire aplatie percée
d'un trou en forme de piste de course plutôt que de cercle. L'armature,
magnétiquement douce, court au centre de la bobine. Elle est
fixée à une extrémité et fixée à
une membrane ondulée par un long boulon fin à l'autre
extrémité.
En fonctionnement, la partie haute pression de l'onde sonore pousse
l'extrémité libre de l'armature près du pôle
Sud de la pièce polaire inférieure, de sorte que l'armature
est magnétisée par son pôle Nord à cette
extrémité libre. Ensuite, pendant la partie basse pression
de l'onde sonore, l'armature est tirée vers le haut près
du pôle Nord de la pièce polaire supérieure, de
sorte que l'armature est magnétisée par son pôle
Sud à son extrémité libre. Le champ magnétique
variable dans l'induit induit un courant électrique dans l'enroulement
de la bobine induction magnétique et ce courant
véhicule les caractéristiques de l'onde sonore (fréquence
et amplitude).
La conception de Turnbull et Warnke est remarquablement puissante.
Dynalec annonce des performances satisfaisantes de plus de 50 km pour
le combiné n° H-203/U, qu'elle fabrique pour la Marine américaine
(Dynalec 2011). Stromberg-Carlson et d'autres ont également fabriqué
ce combiné. La puissance de sortie de l'émetteur de ce
combiné a été mesurée par l'auteur en fonctionnement
normal et comparée à celle d'un émetteur Western
Electric F1 équipé de batteries locales de 3 volts fonctionnant
normalement. L'émetteur F1 produisait une tension de sortie environ
quatre fois supérieure à celle de l'émetteur H-203/U,
à environ 1 300 cycles par seconde pour le même niveau
sonore. Ainsi, la puissance de sortie de l'émetteur alimenté
par le son n'est inférieure que d'environ 12 décibels
à celle de l'émetteur F1, bien que ce dernier ait une
réponse en fréquence plus plate.
Utilisation actuelle :
Outre les installations téléphoniques traditionnelles
dans des conditions variables selon les régions et les pays,
les microphones à charbon peuvent encore être utilisés
aujourd'hui dans certaines applications de niche, bien que les fabricants
cessent leur distribution. Par exemple, le Shure 104c était encore
très demandé à la fin des années 2010 en
raison de sa grande compatibilité avec les équipements
existants.
Le principal avantage des microphones à charbon par rapport aux
autres microphones réside dans leur capacité à
produire des signaux audio de haut niveau à partir de très
faibles tensions continues, sans nécessiter d'amplification ni
de piles supplémentaires. Grâce à son alimentation,
le microphone à charbon offre un gain de puissance. Ceci peut
être facilement démontré en connectant une pile,
un microphone et un écouteur en série. Si le microphone
et l'écouteur sont mis en contact, le système oscille.
Ceci n'est possible que si le gain de puissance autour de la boucle
est supérieur à l'unité. Les performances basse
tension du microphone sont particulièrement utiles dans les zones
isolées desservies par de très longues lignes téléphoniques,
où la résistance électrique des fils peut entraîner
d'importantes chutes de tension continue.
La plupart des téléphones électroniques nécessitent
au moins trois volts continus pour fonctionner et deviennent donc souvent
inutilisables dans de telles situations, tandis que les téléphones
à émetteur à charbon continuent de fonctionner
jusqu'à une fraction de volt. Même lorsqu'ils fonctionnent,
les téléphones électroniques souffrent également
de ce qu'on appelle l'« effet falaise », qui les fait cesser
brutalement de fonctionner lorsque la tension de la ligne descend en
dessous du niveau critique. En particulier, cela signifie qu'un téléphone
sur une ligne partagée peut avoir tendance à monopoliser
tout le courant de la ligne , coupant ainsi les autres. Avec des microphones
à charbon, tous les récepteurs de la même ligne
continueront de fonctionner, mais avec un rendement réduit .
Les microphones à charbon sont également largement utilisés
dans les applications critiques pour la sécurité, telles
que l'exploitation minière et la fabrication de produits chimiques
, où des tensions de ligne plus élevées ne peuvent
être utilisées en raison du risque d'étincelles
et d'explosions . Les systèmes téléphoniques à
charbon sont également résistants aux dommages causés
par les transitoires à haute tension , tels que ceux produits
par la foudre , et aux impulsions électromagnétiques du
type de celles générées par les explosions nucléaires
. Ils sont donc toujours utilisés comme systèmes de communication
de secours dans les installations militaires critiques.
sommaire
MODIFICATIONS APPORTÉES À LA CONSTRUCTION
DES TÉLÉPHONES BELL.
Les modifications que nous avons étudiées
précédemment se rapportent au principe même de l'appareil;
celles qui nous restent à étudier ne sont que des modifications
dans la forme et la disposition des différents organes qui constituent
le téléphone Bell lui-même, et qui ont été
combinées en vue d'augmenter l'intensité et la netteté
des sons produits.
Les Téléphones à diaphragmes
multiples.
Si l'on considère que les courants induits déterminés
dans un téléphone, résultent des mouvements
vibratoires du diaphragme, et que ceux-ci sont provoqués
par les vibrations de la couche d'air interposée entre ce diaphragme
et l'organe vocal, on en déduit naturellement que si ces vibrations
de la couche d'air réagissaient sur plusieurs diaphragmes accompagnés
isolément de leur organe électro-magnétique, on
pourrait déterminer simultanément plusieurs courants induits
qui, étant associés convenablement, pourraient fournir
des effets d'autant plus intenses sur le récepteur, que les sons
qui seraient engendrés résulteraient de plusieurs sources
sonores combinées.
Plusieurs inventeurs, en partant de ce raisonnement, ont combiné
des appareils plus ou moins ingénieux que nous allons maintenant
passer en revue, sans pouvoir cependant indiquer celui qui le premier
a réalisé cette idée.
Elle est, en effet, tellement simple, qu'elle est venue vraisemblablement
à l'esprit de plusieurs inventeurs au même moment, et nous
voyons que tandis que M. Trouvé
indiquait en France, au mois de novembre 1877, ce perfectionnement,
on le mettait en essai en Amérique et on le discutait en Angleterre,
et même on ne le regardait pas, dans ce dernier pays, comme appelé
à donner des résultats favorables;
voici, en effet, ce que dit M. Preece à
cet égard, dans un mémoire publié par lui le 4
avril 1878, et intitulé: On some physical points connected with
the telephone.
«Tous ceux qui se sont occupés de perfectionner le téléphone
n'ont éprouvé que des désappointements et des insuccès
désespérants. Un des premiers essais de ce genre fut entrepris
par M. Willmot qui pensait obtenir un bon résultat en augmentant
le nombre des diaphragmes, des hélices et des aimants, en réunissant
les hélices en séries et en les faisant agir simultanément
afin d'augmenter l'énergie des courants développés
sous l'influence de la voix; mais l'expérience montra que quand
l'appareil agissait directement, l'effet vibratoire de chacun des diaphragmes
décroissait proportionnellement à leur nombre, et l'effet
général restait le même qu'avec un seul diaphragme.
L'instrument de M. Willmot a été construit au commencement
d'octobre 1877, et celui de M. Trouvé n'en est qu'une
dérivation.»
D'un autre côté, nous voyons que si, en
Angleterre, les téléphones à membranes multiples
n'ont pas produit de bons résultats, il n'en a pas été
de même en Amérique, car les téléphones les
plus en usage dans ce pays sont précisément ceux de MM.
Elisha Gray et Phelps, qui sont à plusieurs diaphragmes.
Il y a évidemment dans la disposition de ces appareils des détails
de construction qui peuvent paraître insignifiants, théoriquement,
et qui ont pourtant une grande importance au point de vue pratique,
et nous croyons que c'est surtout à cette circonstance que les
appareils de ce genre doivent leur réussite ou leur non réussite.
Ainsi, par exemple, il paraît que les vibrations de l'air, déterminées
dans l'embouchure, doivent être dirigées sur les diaphragmes
normalement à leur surface et par l'intermédiaire de canaux
distincts; il faut que les espaces vides autour des diaphragmes, soient
assez étroits afin d'éviter les échos et les interférences,
à moins que la caisse ne soit assez grande pour que ces effets
ne soient pas à craindre. Il faut surtout que les matières
employées pour la fixation des organes ne soient pas susceptibles
de jouer, et c'est pour cela qu'on emploie de préférence
le fer ou l'ébonite.
Ce qui paraît certain, c'est que quand l'appareil est bien construit,
il donne des effets supérieurs aux téléphones
Bell, et, s'il faut croire le Telegraphic Journal, un appareil
de ce genre expérimenté devant la Société
royale de Londres le 1er mai 1878, aurait déterminé des
effets d'une intensité proportionnelle au nombre des diaphragmes.
Cet appareil avait été combiné par M. Cox Walker
de New-York, et possédait huit diaphragmes. C'est d'après
lui, la disposition qui donne les meilleurs résultats.
Nouveau Système de M. Elisha Gray.
Le dernier système de M. Elisha Gray, que nous représentons
fig. 34, est un de ceux qui ont donné les meilleurs effets. Il
est constitué, comme on le voit, par deux téléphones
juxtaposés auxquels correspondent deux tuyaux V, issus d'une
embouchure commune E. L'un de ces téléphones est vu en
coupe sur la figure, l'autre en élévation, et ils correspondent
aux deux branches d'un aimant en fer à cheval nickelisé
NUS, qui peut servir d'anneau pour le suspendre. Dans le côté
de la figure qui montre la coupe, on peut voir en B la bobine d'induction
et en A le noyau magnétique qui est en fer doux et vissé
sur l'extrémité polaire S de l'aimant; la lame vibrante
est en LL, et, comme on le voit, le tuyau de l'embouchure y aboutit
normalement à sa surface.
Dans un autre modèle, il existe quatre téléphones
juxtaposés au lieu de deux, et il donne des effets encore plus
marqués.
Système de M. Phelps.
Ce système n'est qu'une dérivation du précédent,
mais il y a deux modèles; dans le grand, qui permet d'entendre
comme si la personne avec laquelle vous entrez en correspondance parlait
à haute voix et de très-près, les deux téléphones
sont placés parallèlement l'un devant l'autre et de manière
à présenter verticalement leur diaphragme.

(décrit
dans la page les appareils) 
La distance entre les deux peut être réglée à
volonté. Les courants ondulatoires dans la bobine produisent
des rapprochements entre la tige polarisée et l'aimant et par
conséquent des oscillations du diaphragme. C'est un arrangement
inverse de celui qui a été adopté pour le premier
téléphone de ce groupe.
L'intervalle compris entre ces deux lames est occupé par un tuyau
vertical terminé inférieurement par un tuyau horizontal
correspondant aux centres des deux diaphragmes, et c'est sur ce tuyau
qu'est adaptée l'embouchure qui ressort extérieurement
de la boîte carrée où est renfermé l'appareil.
Les bobines d'induction et les noyaux magnétiques qui les traversent
sont placés suivant l'axe du système, et semblent constituer
une sorte d'axe de roue qui se trouve polarisé par les pôles
d'un aimant en fer à cheval dont on peut régler la position
par rapport à la surface des diaphragmes au moyen d'écrous
mobiles. On dirait en voyant l'appareil, une sorte de tore de gyroscope
soutenu par un axe horizontal sur deux piliers issus d'un aimant en
fer à cheval aplati.
Le petit modèle de M. Phelps a la forme d'une tabatière
oblongue ou en ellipse dont les deux centres sont occupés par
deux systèmes téléphoniques actionnés par
un même aimant. Celui-ci est placé horizontalement au-dessous
de la tabatière, et ses pôles correspondent aux noyaux
magnétiques des bobines. Ces noyaux sont constitués par
des tubes de fer fendus longitudinalement pour faire disparaître
les réactions d'induction insolites, et les diaphragmes de fer
sont appuyés sur cinq ressorts à boudin qui tendent à
les soulever au-dessus du système magnétique. Du côté
opposé, ces diaphragmes sont munis de bagues en matière
demi-élastique, qui empêchent les vibrations centrales
des lames de se compliquer de celles des bords. Sur ces lames est ensuite
appliqué le couvercle qui est creusé de cavités
très-évasées et peu profondes, avec couloirs de
communication qui constituent la caisse sonore. L'embouchure correspond
à l'une des cavités, et l'autre est fermée par
un petit bouchon métallique que l'on retire pour régler
l'appareil quand besoin en est. Les vibrations de l'air se trouvant
transmises par les couloirs aux deux cavités, les deux téléphones
fonctionnent simultanément quoique, à première
vue, un seul des téléphones semble être appelé
à produire l'effet. Suivant M. Pope, la perfection de cet appareil
tient à la simultanéité des effets produits sur
les deux appareils, à la petite bague semi-élastique qui
circonscrit les contours de chaque lame vibrante et qui joue le rôle
du marteau de l'oreille, c'est-à-dire celui d'étouffoir,
aux fentes longitudinales du noyau tubulaire magnétique et à
la petitesse des cavités laissées au-dessus des lames
vibrantes. L'appareil est d'ailleurs en ébonite et strié
sur sa surface pour lui donner plus de fixité dans la main.
Système de M. Cox Walker.
Ce système, dont nous avons dit précédemment
quelques mots, a exactement la disposition de celui de M. Elisha Gray.
Les aimants qui agissent sur les diaphragmes sont en fer à cheval,
et des conduits séparés, issus d'une embouchure commune,
dirigent les vibrations de l'air sur les diaphragmes. Ceux-ci, par exemple,
ne sont que des parties circonscrites d'un même diaphragme, limitées
circulairement par des embouchures correspondantes aux conduits d'air,
et qui sont assez comprimées sur leurs bords pour limiter le
champ de la vibration.
Système de M. Trouvé.
M. Trouvé a rendu très-simple la disposition des
téléphones à double diaphragme en combinant son
appareil de manière à faire réagir sur plusieurs
lames l'aimant droit de Bell par ses deux pôles à la fois.
À cet effet, il emploie un aimant tubulaire et enroule l'hélice
sur toute sa longueur, comme on le voit fig. 35. Cet aimant est maintenu
dans une position fixe au centre d'une petite boîte cylindrique
dont les bases sont taillées de manière à former
légèrement entonnoir, et ce sont elles qui servent d'embouchure
et de cornet acoustique. Elles sont en conséquence percées
d'un trou central plus large en a, du côté où l'on
parle, que du côté opposé b. Entre ces bases et
les pôles de l'aimant sont disposées deux lames vibrantes
en fer M, M' dont l'une, M, est percée d'un trou a, de même
diamètre que la partie creuse de l'aimant et plus petit par conséquent
que celui de l'embouchure. Enfin entre ces deux lames se trouve échelonnée
une série d'autres lames n, n, n disposées parallèlement
de manière à laisser passer, au travers, l'aimant et son
hélice
Quand on parle devant l'embouchure a, les ondes sonores, en rencontrant
les bords de la lame M, la mettent en vibration, et continuant leur
route dans l'intérieur du tube aimant, viennent faire vibrer
la lame pleine M' qui vibre alors synchroniquement avec la lame M. Il
en résulte sur l'aimant tubulaire une double action inductrice
qui se traduit par des courants induits développés dans
l'hélice, et qui sont d'autant plus énergiques, que chacune
des lames renforce les effets magnétiques produits au pôle
opposé à celui qu'elles actionnent, comme cela a toujours
lieu avec les aimants droits dont le pôle inactif est garni d'une
armature. Cet avantage peut même être constaté avec
les téléphones ordinaires quand on met seulement en contact
la vis qui tient l'aimant avec une masse de fer doux.
Avec la disposition de M. Trouvé, les courants induits déterminés
sont donc plus énergiques; mais suivant l'auteur, les sons reproduits
seraient aussi plus forts par la multiplicité des effets vibratoires
et par l'amplification des effets magnétiques résultant
de la disposition plus avantageuse des pièces magnétiques.
«L'oreille placée en a, dit M. Trouvé, perçoit
directement les sons produits par la première lame M, et ceux
de la seconde lui arrivent par l'intérieur du tube aimant. Cette
nouvelle disposition est des plus heureuses pour comparer expérimentalement
les résultats fournis par un téléphone à
membrane unique (téléphone Bell), et ceux fournis par
un téléphone à membranes multiples. En effet, il
suffit d'écouter alternativement aux deux faces de ce téléphone,
pour s'apercevoir immédiatement de la différence d'intensité
des sons perçus. Ceux recueillis en a, du côté de
la membrane percée, paraissent sensiblement doubles en intensité
de ceux recueillis en b du côté de la membrane pleine qui
constitue le téléphone ordinaire.
«La différence est encore plus frappante si, en transmettant
ou recevant un son invariable d'intensité à travers un
téléphone multiple, on empêche à plusieurs
reprises la membrane pleine M' de vibrer.»
Avant cette disposition, M. Trouvé en avait imaginé une
autre qu'il présenta à l'Académie des sciences,
le 26 novembre 1877 et qui est celle à laquelle nous avons fait
allusion au commencement de ce chapitre. Il la décrit en ces
termes:
«Pour augmenter l'intensité des effets produits dans le
téléphone Bell, j'ai substitué à la membrane
unique de ce téléphone, une chambre cubique dont chaque
face, à l'exception d'une, est constituée par une membrane
vibrante. Chacune de ces membranes, mise en vibration par le même
son, influence un aimant fixe également muni d'un circuit électrique.
De cette sorte, en associant tous les courants engendrés par
ces aimants, on obtient une intensité unique qui croît
proportionnellement au nombre des aimants influencés. On peut
remplacer le cube par un polyèdre dont les faces seraient formées
d'un nombre indéfini de membranes vibrantes afin d'obtenir l'intensité
voulue.»
Système de M. Demoget.
Plusieurs autres systèmes de téléphones à
membranes multiples ont encore été proposés:
L'un d'eux, imaginé par M. Demoget, consiste à placer
en avant et à un millimètre de la plaque vibrante du téléphone
ordinaire de Bell, une ou deux plaques vibrantes semblables, en ayant
soin de percer dans la première et au centre, un orifice circulaire
d'un diamètre égal à celui du barreau aimanté,
et dans la seconde un orifice d'un diamètre plus grand.
Suivant l'auteur, on augmente ainsi non-seulement l'intensité
des sons transmis, mais encore leur netteté.
«Par cette disposition, dit M. Demoget, la masse vibrante magnétique
en regard de l'aimant étant plus grande, la force électro-motrice
des courants engendrés est augmentée, et par conséquent
les vibrations des plaques du deuxième téléphone
sont plus perceptibles.»
Modifications dans la disposition des organes téléphoniques.
Les formes que l'on a données au téléphone Bell
ont été, comme on l'a déjà vu, très-diversifiées,
mais celles que l'on a adoptées pour ses organes constituants
l'ont été encore plus, sans amener de notables améliorations.
Voici ce que dit à cet égard M. Preece
dans le travail intéressant dont nous avons parlé plus
haut «En augmentant ou en variant les dimensions et la force des
aimants, on n'a obtenu que peu ou point d'améliorations, et le
plus grand effet obtenu a été réalisé par
l'emploi d'aimants en fer à cheval disposés comme l'a
indiqué Bell lui-même.
Le téléphone a certainement été introduit
en Europe avec sa disposition théorique la plus parfaite, quoique
Bell travaille encore à l'améliorer.» Cet avis est
aussi celui de M. Hellesen qui a fait comme M. Preece
beaucoup d'expériences à cet égard, ce qui n'empêche
pas beaucoup de personnes d'annoncer qu'ils ont découvert le
moyen de faire parler un téléphone devant toute une assemblée.
De ce nombre nous citerons M. Righi de Milan, qui prétend avoir
obtenu de merveilleux résultats; mais nous avons vu que M. Bell
y était également parvenu. Si ce n'est le microphone de
M. Hughes, nous ne voyons pas de progrès bien marqués
réalisés dans ces nouvelles inventions.
Néanmoins nous croyons utile d'indiquer les dispositions nouvelles
qui ont été proposées, et parmi elles nous en citerons
une dans laquelle, au lieu d'un aimant droit, on emploie un aimant en
fer à cheval, entre les pôles duquel est placée
la lame vibrante. Ces pôles sont, à cet effet, munis de
semelles de fer, et l'une d'elles est percée d'un trou, qui correspond
à l'embouchure de l'appareil. Les deux branches de l'aimant sont
d'ailleurs munies d'hélices magnétisantes. Quand on parle
à travers le trou, la lame en vibrant détermine dans les
deux hélices des courants induits qui seraient de sens contraire
si les deux pôles étaient de même nom, mais qui se
trouvent être de même sens, en raison de la nature contraire
des pôles magnétiques. La lame vibrante joue alors le même
rôle que les deux lames de l'appareil de M. Trouvé, que
nous avons décrit précédemment.
D'un autre côté, un inventeur anonyme, dans une petite
note insérée dans les Mondes, du 7 février 1878,
écrit ce qui suit: «L'intensité des courants produits
dans le téléphone, étant proportionnelle à
la masse de fer doux qui vibre devant le pôle de l'aimant, et
d'autre part, la plaque étant d'autant plus sensible qu'elle
est plus mince, j'emploie, au lieu de la plaque ordinaire, une plaque
réduite par l'acide azotique à la plus faible épaisseur,
et je la fixe à un cercle de fer doux qui la tient tendue et
fait corps avec elle. Ce cercle se trouve logé dans une ouverture
circulaire ménagée à l'intérieur du pavillon.
Pour un même téléphone, l'intensité est très-sensiblement
augmentée quand on ajuste un système semblable à
la place de la plaque ordinaire, ne fut-ce qu'à une des extrémités
de la ligne.»
Afin de permettre d'employer des lames vibrantes d'une
épaisseur extrêmement faible, M. E. Duchemin
a imaginé de mettre à contribution des lames de mica très-minces,
saupoudrées de fer porphyrisé qu'il fixe au moyen d'une
couche de silicate de potasse. On pourrait, d'après l'auteur,
correspondre à voix basse avec ce système, mais on aurait
l'inconvénient de crever la lame en parlant trop haut.
M. le professeur Jorgensen, de Copenhague,
a construit aussi un téléphone Bell produisant des sons
très-intenses et qui lui a permis de constater des effets très-curieux.
Dans cet appareil, l'aimant est constitué d'une manière
analogue aux électro-aimants tubulaires de Nicklès. C'est
d'abord un aimant cylindrique muni à sa partie supérieure
d'un noyau de fer doux sur lequel est adaptée la bobine; puis
un tube aimanté constitué par une bague d'acier qui enveloppe
le premier système magnétique et qui est relié
avec celui-ci par une culasse de fer. Enfin, au-dessus des extrémités
polaires de ce système, se trouve la lame vibrante qui est disposée
comme dans les téléphones ordinaires, et qui présente
une grande surface. Quand cette lame n'avait qu'un millimètre
d'épaisseur, on pouvait entendre la parole dans toute une chambre;
mais quand on mettait l'oreille près de la lame vibrante, les
sons n'avaient plus aucune netteté; la parole était confuse
et semblait répercutée comme quand on parle dans un espace
trop sonore et sujet à produire beaucoup d'échos; on était
en un mot étourdi par les sons produits. En prenant une plaque
plus épaisse de 3 ou 4 millimètres, par exemple, le téléphone
ne produisait plus que les effets des téléphones ordinaires,
et il fallait mettre l'oreille contre l'instrument.
M. Marin Maillet, de Lyon, a de son côté
imaginé, pour augmenter les sons reproduits par le téléphone,
de les faire réfléchir par un certain nombre de réflecteurs
qui, en les concentrant à leur foyer sur un résonnateur
pouvaient les amplifier considérablement. Cette idée n'ayant
pas été accompagnée d'expériences ne présente
à la vérité rien de sérieux.
sommaire
Les bobines d'induction
Il va sans dire que la bobine d'induction joue un grand rôle dans
la force et la netteté des reproductions, un rôle beaucoup
plus important qu'on ne croit généralemant, et pour nous
c'est une chose certaine, que beaucoup de microphones pourraient encore
être améliorés sensiblement, si l'on choisissait
des bobines d'induction convenables.
Dans ces bobines, le nombre des tours de chaque circuit est l'essentiel
et la résistance est seulement un phénomène secondaire
; la longueur et la grosseur des bobines est donc aussi à prendre
en considération. Nous avons fait construire pour le microphone
Blake dix bobines différentes qui ont été essayées
par M. Abrezol, chef du réseau téléphonique de
Genève sur différentes distances variant de 0,5 à
107 kilomètres. La construction des bobines était la suivante
:
Au moyen d'un commutateur, on pouvait, sans perte de temps, intercaler
l'une quelconque des dix bobines dans les circuits du microphone, ou
passer, en peu d'instants, par toutes les bobines, pour que l'observateur
puisse conserver l'impression produite d'une expérience à
l'autre.
Les résultats ont été comparés avec un bon
microphone Blake de provenance américaine (fabricant M. Williams,junior,
à Boston), dont la résistance du fil primaire était
de 1,05 ohms, celle du fil secondaire de 180 ohms.
En indiquant par le chiffre 1 la force et la netteté de ce microphone-étalon
de Boston, les dix bobines donnaient les résultats suivants:
Les résultats de ce tableau sont sensiblement concordants.
On voit tout de suite que les bobines N° 1 et 10 sont à rejeter.
Les bobines 4, 6 et 9 donnent les meilleurs résultats; la bobine
N° 4 est la seule qui
dans toutes ces circonstances ait donné des reproductions à
la fois plus fortes et pltts nettes que le microphone étalon.
La netteté de la reproduction se perd peu à peu avec l'augmentation
de la résistance du circuit primaire, le son devient diffus,
résonnant, probablement à cause de vibrations complémentaires
qui se produisent à la suite d'extra-courants. Cet effet diminue
d'ailleurs au fur et à mesure que la distance augmente, et la
reproduction devient nette à 85 et 107 km. quand elle est résonnante
à de plus courtes distances. Sous ce rapport la bobine N°
9 est surtout remarquable; à de grandes distances elle dépasse
le N° 4, mais puisque le même microphone doit servir aussi
bien à l'intérieur d'un réseau qu'à de grandes
distances, il faut choisir une moyenne et on ne peut pas rester dans
rincertitude. Il faut donc choisir le N° 4.
En Suisse on a par conséquent adopté une bobine d'induction
construite dans les conditions suivantes: circuit primaire 180 à
185 tours d'un fil de 0mm ,6 ayant une résistance de 0,5 ohms;
circuit secondaire 4100 à 4300 tours d'un fil de 0mm,15 ayant
une résistance de 250 ohms. Le diaphragme doit avoir 70mm de
diamètre et 0mm,5 d'épaisseur. Son bord est entouré
d'un ruban en gomme de Para. Un ressort en acier, entouré de
gomme de Para, presse près du centre sur le diaphragme pour adoucir
les vibrations. En temps chaud, la gomme se colle facilement au diaphragme
et rend le microphone presque inutilisable. Pour éviter cette
détérioration, on intercale entre la gomme et le diaphragme
un petit morceau de feutre.
Il est très probable que la bobine qui donne le meilleur résultat
dans le microphone Blake ne se comporte pas aussi bien dans les microphones
d'autres systèmes; il faudrait donc multiplier les expériences
faites avec un seul système microphonique pour jeter plus de
lumière sur cet appareil d'une importance prépondérante
dans les installations téléphoniques.
sommaire
Appareils accessoires des stations téléphoniques.
Nous comprenons dans ce sous-chapitre tous les appareils qui, en dehors
du transmetteur et du récepteur, constituent l'ensemble d'une
station téléphonique.
Il y a parmi ces appareils des parties indispensables comme les systèmes
d'appel, les sonneries, les piles, etc., qui ne devraient pas, à
vrai dire, figurer sous le titre général d'appareils accessoires;
nous avons toutefois conservé ce titre uniquement à cause
de sa brièveté.
En laissant de côté l'appel à sifflet de MM. Siemens
et Halske, les systèmes d'appel peuvent être classés
en deux catégories très distinctes; l'appel à pile
et l'appel magnéto-électrique.
Le premier a pour lui le prix plus modique de la première installation
et une manipulation plus simple. Par contre il fait plus facilement
défaut que l'appel magnéto-électrique ; une pile
de plusieurs éléments est assez encombrante et demande
un entretien qui peut devenir coûteux. Enfin il ne répond
pas aux exigences d'une station appartenant à un réseau
téléphonique et dont les appels doivent avoir lieu tantôt
à une distance de quelques centaines de mètres seulement,
tantôt à 10 ou 20 kilomètres.
Pour répondre à ces différents usages, il serait
indispensable d'employer un grand nombre d'éléments dont
l'entretien deviendrait des plus pénibles. Donc si l'appel à
pile peut servir pour des installations isolées et pour la téléphonie
domestique, il ne saurait suffire pour les réseaux téléphoniques.
On a cherché à remédier aux inconvénients
de l'appel à pile en employant des relais, mais l'introduction
de ce nouvel appareil avec le levier d'armature à deux ressorts
auxiliaires de contact complique le système, et il vaut mieux
rompre franchement avec l'appel à pile et adopter l'appel magnétoélectrique.
Cet appareil, dont la construction est presque partout la même
et est pour ainsi dire devenue typique, est enfermé dans une
boîte avec un commutateur automatique et une sonnerie.
La machine magnéto-électrique se base sur le principe
de l'armature de MM. Siemens et Halske; elle se meut dans un champ magnétique
de grande intensité formé par 2 à 4 forts aimants
en fer à cheval. Deux blocs en fer doux qui garnissent les pôles
du magasin magnétique forment une cavité cylindrique dans
laquelle l'armature opère ses rotations. Le point capital d'un
bon inducteur magnétoélectrique consiste dans l'intensité
du champ magnétique et dans le rapprochement entre les pôles
de l'armature et les parois des blocs en fer doux. Dans un bon inducteur
cette distance est si faible qu'on ne peut guère passer entre
les deux un papier mince. La combinaison de l'axe de la manivelle avec
celle de l'armature se fait de différentes manières.
Les appareils Post emploient une espèce de courroie entre
deux roues; c'est une corde en gomme de Para. Dans d'autres cas la grande
et la petite roue sont dentées et font engrenage ; plus souvent
les roues sont remplacées par des disques dont le grand, qui
est en communication directe avec la manivelle, entraîne par frottement
le petit fixé sur l'axe de l'armature. Le système qui
nous paraît être le plus durable et le plus convenable,
est un grand disque double, qui pince avec ses deux joues élastiques
le disque simple et plus épais de l'armature.
Un réglage de la position de l'axe de la manivelle permet d'ajuster
l'instrument à nouveau, quand les surfaces de frottement sont
plus ou moins usées. L'armature présente une résistance
de 500 à 1500 ohms, il convient donc de l'exclure du circuit
quand on ne s'en sert pas. A cet effet elle est shuntée par un
circuit auxiliaire sans résistance qui au moyen d'un arrangement
ingénieux est interrompu au moment où l'on met la manivelle
en mouvement.
La sonnerie magnéto-électrique est placée au dessus
de la machine magnéto-électrique. Le commutateur automatique
est représenté par le levier auquel on suspend le récepteur.
Quand ce dernier est suspendu, le commutateur est baissé et fait
contact avec un ressort qui intercale la machine magnéto-électrique
et la sonnerie dans le circuit de la ligne et laisse isolés les
circuits du transmetteur et du récepteur. Lorsque l'on décroche
le récepteur, le commutateur remonte, entraîné,
par un ressort et entre en contact avec 2 ou 8 autres ressorts, suivant
le système adopté, et par ce fait le récepteur
est intercalé dans le circuit de la ligne; en même temps
le circuit local du transmetteur se ferme pendant que l'inducteur et
la sonnerie sont isolés .
Pour garantir un bon fonctionnement du commutateur automatique, il est
indispensable que toutes les surfaces de contact soient garnies de platine.
Outre cela les fils de communication qui passent par les charnières
de la boîte ne doivent pas être soudés à ces
dernières mais y être fixés par des vis pour faciliter
le démontage de l'appareil en cas de dérangement.
La sonnerie employée en Suisse dans les boîtes d'appel
magnéto-électrique est représentée dans
ses parties essentielles par la figure suivante.

L'électro-aimant e a une résistance d'environ 150 ohms.
Une particularité du système est l'aimant mm qui décrit
une courbe autour des deux bobines. Un pôle de cet aimant est
en contact magnétique avec le pivot de l'armature a et magnétise
cette dernière par influence; l'autre pôle
est parfaitement libre et se tient à une certaine distance du
pont en fer doux pp qui combine les deux noyaux des bobines. Les écrous
c et contre-écrous c' permettent de régler la distance
entre l'armature et les noyaux. Deux ressorts délicats, fixés
sur l'armature, évitent le collage de l'armature à l'un
ou l'autre pôle de l'électro-aimant. Cette sonnerie est
très sensible et fonctionne encore avec des courants de 3 à
5 milli-
ampères.
Chaque aimant de l'inducteur magnéto-électrique doit supporter,
par l'action simultanée de ses deux pôles, un poids d'au
moins 1500 grammes. La résistance de l'armature ne doit pas dépasser
1000 ohms et la sonnerie doit, d'un côté, fonctionner même
à travers une résistance de 20 000 ohms et, de l'autre
côté, ne pas se coller quand elle est actionnée
à travers une résistance extérieure zéro.
Un accessoire des stations téléphoniques qui a plus d'importance
qu'on ne le croit généralement c'est le cordon double
par lequel le récepteur est mis en contact avec le système.
Un service téléphonique convenable dépend essentiellement
de la qualité de ces cordons, qui prêtent à de fréquents
dérangements. Un des meilleurs cordons paraît être
celui de M. J. H. Farnham ; les conducteurs se composent d'un ressort
à boudin et d'oripeau. Ce cordon est employé dans le réseau
de Boston et sur 1200 pièces il y en a trois seulement qui se
soient dérangées dans une période de 6 mois.
L'Administration suisse a éprouvé, dans les premières
années, une peine inouïe à obtenir des cordons doubles
satisfaisants. Elle a essayé nombre de systèmes et de
plusieurs provenances, mais les cordons se dérangeaient toujours
en trop grand nombre. Finalement elle a indiqué la fabrication
suivante: le centre de chaque cordon est formé d'une forte corde
en coton, de 21 /2 mm de diamètre; cette corde est complètement
enveloppée d'une spirale formée de 30 fils de cuivre chacun
ayant 0,1 mm de diamètre; le tout est enveloppé d'une
tresse en coton et d'une seconde tresse en soie de double moulinage.
Chaque cordon aboutit à ses deux extrémités dans
une tige métallique avec il rectangulaire. L'attache du
cordon à cette tige est l'essentiel, car c'est là le point
le plus faible sous le rapport de la solidité mécanique
et de la conductibilité électrique.
La corde en coton passe la première dans l'il de la tige
et y est fixée solidement. Après viennent les 30 fils
de cuivre qui remplissent l'il et entourent une partie de la tige
en spirale multiple. Ils sont arrêtés dans cette position
par un bandage en cuivre. La soudure entre les fils et la tige n'a pas
réussi et a été abandonnée. Quand l'attache
entre le cordon et la tige est ainsi achevée, on recouvre l'il
des deux tresses et on le passe dans un tube métallique qui est
étranglé des deux côtés de l'il. Ces
cordons doubles sont en service depuis environ un an et n'ont presque
jamais
manqué.
Il est souvent utile d'entendre l'appel à deux
différents endroits, par exemple dans le bureau et le magasin.
Dans ces cas, on a recours à des sonneries sup-plémentaires
(extension bells) qui peuvent être des sonneries magnéto-électriques
(décrites plus haut, avec les appels magnéto-électriques)
quand elles sont intercalées directement dans la ligne, ou des
sonneries à courant continu quand elles sont actionnées
par des
courants locaux. Dans le dernier cas, on peut employer tout genre de
sonnerie et nous n'avons à noter aucun progrès bien remarquable
parmi les systèmes connus depuis longtemps. Nous voulons pourtant
mentionner une sonnerie qui est remarquable par sa forme, c'est celle
de MM. Woodhouse et Rawson, représentée par cette
figure :

Le timbre affecte la forme d'un bourdon d'église et peut être
suspendu de la même manière.
Dans la direction de l'axe et à la place du battant descend un
électro-aimant E dont les deux pôles p et p1 attirent l'armature
A. Le contact est coupé en e, armature et marteau pivotent autour
du point i.
Les combinateurs
Il arrive très souvent qu'une station téléphonique
doive être mise en communication avec deux autres stations, de
telle façon que quand elle est en communication avec l'une, l'autre
soit mise en sonnerie et que les deux stations extrêmes puissent
être mises en communication directe entre elles sans que la station
intermédiaire puisse surprendre la conversation.
Nous avons déjà décrit les arrangements qu'on peut
employer à cet effet, mais il existe plusieurs autres solutions
heureuses. La Bell téléphoné manufacturmg Cie
a indiqué un arrangement qui se distingue par sa simplicité.
La figure suivante montre les parties essentielles de ce combinateur.
Sur une planchette isolante sont montées les goupilles métalliques
a, b, c, d et g. Les lignes pointillées indiquent les conducteurs
entre ces goupilles,M est un levier à deux bras, d'une matière
non conductrice, qui se meut autour d'un pivot au centre. En i ce levier
porte un bouton, par lequel on le transporte dans ses différentes
positions. Au levier sont fixés, en dessous, deux ressorts, dont
l'un, du côté droit, peut glisser sur les goupilles b et
c et l'autre, du côté gauche, sur les goupilles a, d et
g. T indique le téléphone de cette station intermédiaire,
s est la sonnerie supplémentaire, n et n' sont deux indicateurs
de fin de conversation, L' et L" sont les deux lignes aux sta-
tions extrêmes. En plaçant le levier sur les goupilles
b et d, la ligne L" est mise sur téléphone et la
ligne L' sur sonnerie s, quand le levier est mis sur c et g, la ligne
L' est sur téléphone et la ligne L" sur sonnerie
s, et quand le levier est placé sur a les appareils de la station
intermédiaire sont exclus, sauf les indicateurs de fin de conversation
et les lignes L' et L" sont reliées directement entre elles.
Dans la position du levier indiquée par le dessin, les deux lignes
sont isolées (pour mesurer leur isolation). Au lieu de deux indicateurs
nri, un seul suffirait. Comparé avec notre système, ce
combinateur a l'avantage de la plus grande simplicité de la sonnerie
magnéto-électrique et de contacts visibles, mais d'un
autre côté les indicateurs
restent toujours intercalés dans les lignes même quand
la station intermédiaire est en communication avec une autre,
et ces électro-aimants intercalés dans le circuit téléphonique
affaiblissent sensiblement la clarté de la reproduction et sont
par conséquent à éviter autant que faire se peut.
Un autre combinateur très simple est celui de MM. Hartmann et
Braun à Bockenheim-Francfort s/M., que nous représentons
par la figure suivante :
ou a, b et c
sont trois blocs en métal fixés sur une planchette; à
ces blocs sont soudés quatre lames métalliques faisant
ressort. Les lames Z et V sont plus fortes que les lames l" et
V", de sorte qu'elles éloignent les dernières des
butoirs g et g 4 au moyen des boutons isolants i et i' et entrent à
leur place en contact avec ces butoirs.
Les butoirs sont, par la ligne pointillée, en communication électrique
avec la sonnerie magnéto-électrique s. L' et L" sont
les bornes des deux lignes, T est la terre et A conduit vers les appareils
téléphoniques de la station intermédiaire. H est
un levier à deux bras dont le bras le plus court se bifurque
en deux tiges de contact qui peuvent agir sur les ressorts Z et V. Quand
on meut le levier H à gauche, le ressort V est poussé
à droite, quitte le butoir g' et permet au ressort V4 à
entrer en contact avec g4. Des changements analogues s'opèrent
quand le levier H est poussé à droite. Les trois blocs
a, & et c sont munis chacun d'un parafoudre, au moyen des vis pointues
v et v 4 qui s'approchent du bloc b jusqu'à une fraction de millimètre.
Dans la position du levier H, représentée par la figure,
le téléphone de la station intermédiaire est exclu,
les deux stations extrêmes sont en communication directe et la
sonnerie s est seule intercalée pour donner le signal de la fin
d'une conversation. Quand le levier est poussé à droite
la ligne L' est, par a, Z, H, en communication avec les appareils de
la station intermédiaire, tandis que la ligne L", par c,
g', s, g , Z'", va à la terre à travers la sonnerie
s. Dans la position gauche du levier H, la ligne L" est en communication
avec les appareils et L' va à la terre à travers la sonnerie
s.
Souvent les abonnés demandent des combinaisons qui ne peuvent
pas être données par les combinateurs décrits jusqu'à
présent. Pour satisfaire à ces demandes, nous avons imaginé
un combinateur s'adaptant à un nombre quelconque de stations
et qui est apprécié à cause de la simplicité
de sa manipulation.

Nous donnons par la figure ci dessus une vue perspective d'un de ces
appareils, destiné à relier 10 stations avec une station
intermédiaire. Dans le haut du tableau se trouvent 15 bornes
dont l'une conduit aux appareils téléphoniques de la station
intermédiaire, une autre au ressort avec lequel le commutateur
automatique est en contact quand le récepteur est suspendu, une
troisième à la terre, deux à la sonnerie et à
la pile locale et les 10 autres aux 10 stations téléphoniques
communiquant avec la station intermédiaire. Sur la planchette
du devant de la boîte il y a en haut 10 clapets des stations,
formant deux rangées de 5, et en dessous deux clapets de fin
de conversation. Viennent ensuite trois commutateurs en une ligne horizontale.
Le commutateur central à grand bouton a trois positions, la gauche,
la droite et la verticale. Les deux commutateurs latéraux ont
chacun deux positions, la position horizontale et la position oblique.
En dessous de ces trois commutateurs sont disposés 10 springjacks
correspondant aux dix clapets. Deux paires de cordons pendant du fond
de la boîte et se terminant en fiches complètent l'arrangement.
Quand tout est au repos, les clapets sont fermés, les commutateurs
latéraux sont dans leur position horizontale, le commutateur
central regarde à gauche ou à droite, les quatre cordons
pendent. La position représentée est prise au moment où
la station 4 est en communication avec la station 7, et en outre la
station intermédiaire entend si les deux stations ont pu entrer
en conversation.
Cette figure
explique l'arrangement intérieur, a et b sont les clapets des
stations 4 et 7, a' et b' les springjacks y appartenant, c est le clapet
gauche de fin de conversation (clearing-out relay), d est le commutateur
gauche, g le commutateur central, h et i représentent la paire
gauche des cordons, M conduit au ressort de contact o du commutateur
automatique,, de l'appel magnéto-électrique, T conduit
au téléphone de la station intermédiaire. Supposons
que la station 4 veuille parler avec la station 7. Le clapet a tombe.
La station intermédiaire place la fiche i (le commutateur g étant
sur i) dans le springjack a' et demande à la station 4 ce qu'elle
veut. La communication avec la station 7 étant demandée,
la station intermédiaire place la fiche h dans le springjack
b' et, tenant toujours son récepteur à l'oreille, elle
sonne d'abord la station 7 avec l'appel magnéto-électrique
et place alors le commutateur d sur o . Quand les deux stations 4 et
7 se sont rencontrées, la station intermédiaire s'exclut
en tournant le commutateur g à droite.
Pendant que les stations 4 et 7 conversent entre elles, on peut encore
établir une seconde communication avec la paire droite de fiches,
mais pour s'exclure des 4 stations à la fois il faut que la station
centrale place le commutateur g verticalement. Tous les clapets, en
tombant, ferment le circuit de la pile locale et de la sonnerie. Pour
rendre nos indications plus claires nous avons, dans la figure, supprimé
ces communications.
1880 Système de poste téléphonique,
de M. C. Delou.
Ce système, construit par M. Breguet, fonctionne déjà
depuis plusieurs mois dans plusieurs hôtels et usines à
la satisfaction, paraît-il, de ceux qui lemploient. En voici
la.description que nous en envoie lauteur.
« La disposition du poste consiste en une simple boîte en-forme
de tabernacle, destinée à être posée
contre un mur, sur un bureau, etc. Elle renferme la sonnerie, et reçoit
le téléphone, un simple Bell. Mais la porte
de la boîte est construite de telle sorte quelle butte contre
la couronne du téléphone, lorsque celui-ci est mis à!
sa place dans la Boîte; cest le téléphone
qui sert darrêt à la porte. Lorsque le téléphone
est retiré de la boîte, la porte peut senfoncer un
peu davantage, de 11/2 à 2 centimètres de course en plus.
La porte de la boîte est rappelée par un ressort qui tend
à la fermer, et ce même ressort, introduit dans le circuit,
joue le rôle de commutateur, en sorte que la pression qui ferme
la boîte sert en même temps à assurer les contacts.
Le commutateur reçoit donc son mouvement de la porte. Il est
susceptible de trois positions, et vient toucher successivement trois
contacts.
« Lorsque le téléphone est dans la boite èt
celle-ci fermée par son ressort, le commutateur touche au contact
du milieu qui correspond à la sonnerie. Si donc le correspondant
attaque par sa pile, le courant envoyé par lui arrive par la
ligne, va au ressort du commutateur, de là au contact de la sonnerie,
à la sonnerie, enfin au bouton de terre.
« Si on ouvre la boîte pour prendre le téléphone,
le commutateur abandonne le contact de sonnerie et passe à celui
de pile. Lç courant de la pile du poste arrivé à
ce contact, passe dans le ressort, de là à la ligne, et
va attaquer la sonnerie du correspondant.
« Le téléphone étant en main, la boîte
refermée par laction de son ressort, la porte, nétant
plus butée par le téléphone, va plus loin, et le
commutateur touche au contact de téléphone. Les courants
téléphoniques séchangent directement, un
des fils du téléphone étant en rapport avec la
ligne par le commutateur, lautre avec le bouton de terre. Il suit
de là que, sans avoir même connaissance des manuvres
accomplies, les correspondants font jouer les commutateurs.
« Je veux parler : il faut bien que jouvre ma boîte
pour prendre mon téléphone. Par cela même que je
louvre, jattaque la sonnerie de mon correspondant. Celui-q
vient, ouvre à son tour sa boîte ; mais son courant
ne va pas à ma sonnerie ; car, ayant pris mon téléphone
en main, et la boîte étant refermée, cest
mon téléphone qui est dans le circuit ; mon correspondant
prend son téléphone, et laisse refermer sa boîte
: son téléphone est aussi dans le circuit, et nous correspondons.
« Si au contraire cest mon correspondant qui mattaque,
mon commutateur étant sur sonnerie, je reçois son appel,
je viens, jouvre ma boîte, je prends mon téléphone
et le porte à mon oreille pour recevoir son message. Lorsque
les interlocuteurs ont fini leur conversation, au moment où ce
dernier renferme son téléphone dans la boîte, un
coup de sonnette retentit, et il est cette fois le signal de la fin
de la correspondance. »
Quant aux piles, malgré maints efforts, l'élément
Leclanché à plaques agglomérées n'estjpas
encore détrôné. Ce système de pile présente,
tant d'avantages qu'il sera difficile de trouver quelque cbose qui s'adapte
mieux aux besoins de la téléphonie. Les nouvelles piles
qui sont recommandées par ci par là ne sont presque toujours
que des modifications de la pile Leclanché où la nouveauté
se restreint à la forme ou à quelques moindres détails.
Les Américains ont indiqué quelques formes heureuses,
des couvercles en bois goudroné ou en ébonite, des charbons
multiples, etc. Un inventeur belge, M. Warnon, a remplacé les
plaques agglomérées par deux petits sacs remplis de peroxyde
de manganèse et de morceaux de charbon. D'autres entourent le
bloc en charbon de péroxyde de manganèse à moitié
hauteur du vase, couvrent le dernier d'un disque d'amianthe et y déposent
une couronne de zinc qui, à sa surface supérieure, est
munie d'une rainure dans laquelle se trouvent quelques gouttes de mercure.
MM. Gent et Cie ont donné à leur vase en verre pour l'élément
Leclanché un bord relativement large qui permet de le munir d'une
rainure dans laquelle on verse un liquide isolant, par exemple de la
glycérine ou de l'huile. Ce liquide est censé empêcher
le grimpage des sels en dehors du vase. Plusieurs essais ont été
faits pour construire des piles soi-disant sèches et hermétiquement
fermées, se basant sur le principe Leclanché.
Il paraît que la nouvelle matière appelée cofferdam
facilite beaucoup la construction de ces piles.
Nous mentionnons celles de M. Wolf et de M. le Dr. Gassner.
Le vase extérieur de ces piles est le pôle négatif.
Les deux systèmes ont été essayés par nous,
l'élément Gassner a surtout donné de bons résultats,
sa résistance intérieure n'était que de 0,4 ohms
et sa force électro-motrice de 1,45 volts. Reste à savoir
quelle durée auront ces éléments. On pourrait citer
encore une série de modifications plus ou moins utiles, mais
nous les passons sous silence, le mérite de beaucoup d'entre
elles étant bien discutable.
Nos expériences avec plus de 8000 éléments Leclanché
nous ont démontré que cet élément demande
des matières de toute première qualité pour qu'il
fonctionne bien. Le contact entre la borne positive et l'électrode
charbon laisse quelquefois à désirer si la tête
en plomb n'est pas appliquée avec beaucoup de soins.
Les plaques agglomérées qui sont simplement cuites au
lieu d'être comprimées au moyen d'une presse hydraulique,
ne valent pas grand chose. Les zincs doivent être d'un métal
aussi pur que le commerce peut le fournir et l'amalgamation doit s'opérer
avec du mercure vif. La pureté du sel d'ammoniaque est d'une
importance prépondérante. Nous avons essayé maints
échantillons de sels soi-disant purs et toujours le zinc était
attaqué à circuit ouvert; nous ne sommes parvenus à
des résultats satisfaisants qu'en employant du sel d'ammoniaque
pharmaceutique. Pour les brides aussi, toute matière inférieure
à la première qualité de la gomme de Para est à
rejeter. Sur un nombre de 6000 éléments Leclanché
nous avons fait une statistique et constaté l'usure suivante
par élément et par année, si les matières
sont de première qualité: zinc 26 grammes, sel d'ammoniaque
57 grammes, brides en gomme de Para 0,241 pièces.
M. Roberts a construit une pile pour le service téléphonique
qui diffère de la pile Leclanché surtout par son liquide.
Ce liquide est une solution de permanganate de potasse et de certains
sels alcalins. L'inventeur prétend que le zinc n'est pas plus
attaqué à circuit ouvert que dans l'élément
Leclanché, mais que la force électro-motrice est supérieure,
allant de 1,7. jusqu'à 1,9 volts, tandis que la résistance
intérieure ne dépasse pas 0,5 à 0,7 ohms. Il prétend,
en outre, que la solution s'évapore très lentement et
ne produit pas de sels grimpants. La solution a une couleur rouge-foncée
qui se change en jaune quand l'élément commence à
s'épuiser. Cette pile se polarise assez facilement comme toute
pile à un seul liquide et ne peut donc pas fournir un courant
continu. Le contact électrique entre le charbon et sa borne est
assuré de la manière suivante:
Dans la partie supérieure du charbon est appliqué un trou
vertical dans lequel descend la tige de la borne ; autour de celle-ci
est versé un métal à l'état liquide qui
s'épanouit en passant à l'état solide et établit
par pression un contact entre la tige et le charbon; la tête est
alors enveloppée de paraffine chaude. La pile Roberts présente
un extérieur propre et est bien fermée par un couvercle.
Les parafoudres sont un accessoire indispensable des stations
téléphoniques et d'une façon ou d'une autre ils
ne manqueront jamais. Dans les stations américaines la protection
contre la foudre est excessivement simple et peu coûteuse: une
vis pointue qui est en communication avec la ligne et une plaque en
communication avec la terre, quelquefois aussi deux plaques dont l'une
est dentelée et se rapproche par ses pointes de la seconde plaque.
Mais même ces parafoudres primitifs paraissent remplir leur but.
En Suisse,les parafoudres anciens, sont encore en usage et ont fait
leurs preuves. M. v. Rysselberghe a adopté pour son système
de télégraphie et téléphonie simultanée
un parafoudre construit d'après le système suisse à
une seule ligne; il a seulement remplacé les rainures par un
papier paraffiné pour rendre l'instrument plus sensible aux moindres
décharges atmosphériques. Quant à cette sensibilité
des parafoudres, il y a des limites des deux côtés qu'on
ne peut guère dépasser impunément. Lorsqu'ils sont
trop sensibles ils se dérangent aux moindres décharges,
et quand ils sont trop peu sensibles les bobines des clapets et des
sonneries sont exposées à être brûlées.
Il faudrait examiner chaque parafoudre au point de vue de sa sensibilité
avant de le mettre en service. Pour cet examen on peut opérer
de la manière suivante: On prend un petit appareil d'induction
médical sans condensateur, dont on peut varier la tension du
courant secondaire par la distance des bobines ou un tube en laiton
; on intercale dans le circuit primaire un élément Leclanché
et dans le circuit secondaire le parafoudre à essayer et un récepteur
téléphonique. On commence avec la position qui fournit
les courants induits les plus faibles et on passe peu à peu aux
courants plus forts. Il arrive un moment où l'espace isolant
entre les deux plaques est percé, ce qui se remarque d'une manière
bien distincte dans le téléphone. On peut ainsi régler
tous les parafoudres à la même sensibilité.
MM. Hartmann et Braun, de Bockenheim-Francfort s./M. , ont tout dernièrement
construit un petit parafoudre qui rappelle dans sa construction le parafoudre
allemand à fil fusible.

Le fil de ligne entre par la vis L qui est les parafoudres en communication
avec le ressort r. Ce ressort presse sur la pièce métallique
p, à laquelle est soudé un fil fin et isolé, qui
est enroulé en spirale dans le tube métallique t et se
visse du côté droit au disque d qui presse contre la lame
m et conduit le courant par A aux appareils. Quand le fil fin est brûlé,
on retire le cylindre entier du tube t pour y mettre un nouveau fil.
En attendant, le ressort r et la lame m font contact directement et
la ligne n'a point d'interruption.
Arrangements spéciaux des stations téléphoniques.
Les stations téléphoniques doivent quelquefois répondre
à des besoins spéciaux et demandent, par conséquent,
des installations qui sont en dehors du cadre des appareils que nous
avons décrits.
Un abonné désire, par exemple, pouvoir indiquer son retour
quand il est obligé de s'absenter de son bureau ou magasin. A
cet effet, M. J.-M. Pendleton a imaginé un arrangement automatique,
dont l'essentiel est le suivant: A la station téléphonique
est ajouté un mouvement d'horlogerie, qui est déclanché
par un appel téléphonique et met en mouvement une roue
à contacts. Le mécanisme s'arrête de lui même
quand une série de contacts a passé. On peut donner à
la roue de contacts différentes positions, de 1 jusqu'à
12 contacts. Supposons que l'abonné espère pouvoir retourner
à son bureau à 4 heures. Avant de le quitter, il place
sa roue sur 4 contacts et quand un autre abonné l'appelle pendant
son absence, le mouvement d'horlogerie est déclanché,
la roue établit ses quatre contacts et tout s'arrête ensuite
de nouveau. Les 4 contacts lancent 4 courants distincts sur la ligne
et l'abonné appelant sait tout de suite qu'il serait inutile
de répéter l'appel avant 4 heures. Le temps de l'abonné
et de la station centrale est ainsi épargné. Le mouvement
d'horlogerie peut répondre à environ 300 appels avant
de devoir être remonté à nouveau et avant ce moment
même apparaît sur la boîte un disque avec l'inscription
"remontez."
Quelquefois les stations téléphoniques sont arrangées
pour recevoir des indications exactes du temps, soit qu'à un
moment donné un signal spécial arrive, soit qu'une pendule
de l'abonné se trouve automatiquement mise à l'heure.
M. le Professeur W. F. Barret a fait un rapport à la British
Association sur son système du contrôle périodique
des pendules. A la station centrale est placée une horloge normale,
qui est réglée d'après les indications d'un observatoire
astronomique. Cette horloge combine le circuit de l'abonné avec
une pile, chaque fois que l'aiguille des minutes atteint le chiffre
XII. A la station de l'abonné une pendule quelconque est disposée
pour recevoir le signal de toutes les heures arrivant de l'horloge normale.
Cette pendule doit avancer de quelques secondes par heure sur le vrai
temps; elle change aussi le circuit téléphonique quand
l'aiguille des minutes atteint le chiffre XII et intercale à
la place du téléphone un électro-aimant, dont l'armature
peut agir sur l'aiguille des minutes. En conséquence de la petite
avance, la pendule de l'abonné a donc déjà ouvert
le circuit de l'électro-aimant correcteur, avant que l'aiguille
de l'horloge normale ait complètement atteint le chiffre XII.
Le courant passe aussitôt par l'électro-aimant de l'abonné
et l'armature arrête l'aiguille des minutes sur XII. Au moment
où l'aiguille de l'horloge normale est parfaitement verticale,
le contact est rétabli avec le téléphone, l'armature
chez l'abonné retombe dans la position de repos et l'aiguille
des minutes est lâchée et recommence son mouvement. Comme
cette correction se répète à chaque heure, la pendule
de l'abonné ne peut jamais différer sensiblement du temps
vrai. Pour avoir des indications du temps encore plus précises,
à une petite fraction de secondes près du temps vrai,
on peut combiner avec l'armature de l'électro-aimant un signal
visible, qui facilite l'observation du moment de la rupture du courant.
Un autre système pour donner aux abonnés le temps exact
est le répétiteur du temps de M. Oram; l'abonné
peut recevoir l'heure exacte à tout instant. Ce système
intéressant est en usage dans les réseaux de Chicago et
de Cincinnati.
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